LA NOUVELLE CRÉATION

ÉTUDE I

“ A UN COMMENCEMENT ”

* * *

Divers commencements. — La terre était. — Une semaine de création nécessaire à son agencement. — Durée des jours époques. — Considérations du professeur Dana au sujet des conjectures incertaines émises par des savants. — La continuité des espèces réfute la Théorie (ou Hypothèse - Trad.), de Evolution. — Les pigeons de M. Darwin. — Une hypothèse cosmogonique. — Témoignages fidèles des professeurs Silliman et Dana. — Le premier jour-époque de la Création. — Le second. — Le troisième. — Le quatrième. — Le cinquième. — Le sixième. — L'homme, seigneur de la terre, créé à l'aube du septième jour-époque. — “ Le lieu de rencontre de la géologie et de l'histoire ” d'après Sir J.W Dawson, LL.D. (Doctor of Laws), F.R.S. (Fellow of the Royal Society). — Le septième jour-époque de la semaine de la création. — Sa durée. — Son repos. — Son objet et son résultat. — Sa fin sera le temps du Grand Jubilé céleste et terrestre.

* * *

Nombreux sont les agents de l’Eternel et innombrables les moyens dont il dispose ainsi qu'en témoigne chaque détail de sa création ; toutefois, derrière tout cela se retrouvent sa sagesse et sa puissance personnelles créatrices. Il est le seul Créateur et, comme l’Ecriture l'affirme

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“ Toute son œuvre est parfaite ”. Il se peut qu'il laisse des anges déchus, des hommes pervers abîmer ou utiliser à de mauvaises fins son œuvre parfaite. Il nous assure cependant qu'il ne sera pas toujours toléré que le mal détruise et nuise, et que finalement, lorsqu'il l'aura jugulé puis détruit, nous discernerons qu'il ne l'a permis que pour mettre à l'épreuve, examiner, affiner, polir certains êtres humains, tout en faisant resplendir devant toutes ses créatures intelligentes sa sainteté propre, son caractère miséricordieux et son plan.

Lorsque dans le livre de la Genèse, nous lisons : “ A un commencement Dieu créa les cieux et la terre ” il convient de se souvenir que le commencement dont il est question n'est pas celui de l'Univers mais, plus simplement celui de notre planète.

Ce fut à ce moment-là que “ les étoiles du matin éclatèrent en chants d'allégresse ” et que tous les fils angéliques de Dieu “poussèrent des cris de joie ” -- quand le Seigneur fonda la terre, qu'il fit de la nuée son vêtement et de l'obscurité ses langes ” ( Job 38 : 4-11 ) (*). (*) Comme pour les volumes précédents, nous nous servons de la version Darby sauf indication contraire – Trad.

La Bible, cependant, parle d'un commencement antérieur à celui-là, d'un commencement précédant la création des fils angéliques de Dieu ainsi qu'il est écrit : “ Dans un commencement était la Parole [Logos] et le Logos était avec le Dieu et le Logos était un dieu. Il était au commencement avec le Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui ” ( Jean 1 : 1-3 ). Voir Diaglott , sous le texte grec ; voir volume V, chap. 3). L'Eternel (**)(**)Version catholique romaine Crampon : “ Yahweh ” ; version anglaise : “ Jéhovah ”. Versions fses protestantes : l'Eternel ” Trad. - étant lui-même de toute éternité n'a pas eu de commencement, “ L'Unique Engendré ” détient par rapport à toutes les autres créatures, la haute distinction d'être “ le commencement de la création de Dieu ”, “ le premier-né de toute la création ” (Apoc. 3 : 14 ; Col. 1 : 15). D'autres commencements vinrent par la suite à mesure que furent créés un par un les divers ordres angéliques. Tous ces commencements appartenaient au passé, de sorte que les armées angéliques purent en effet exulter lorsque les créations de notre terre décrites en Genèse, eurent, elles aussi, leur commencement.

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En examinant avec soin les expressions de la Genèse, nous discernons qu'une distinction y est faite entre la création des cieux et de la terre (verset 1 ) et leur organisation ultérieure, et les créations qui suivirent de la vie végétale et de la vie animale. Ce sont ces opérations subséquentes qui sont décrites comme étant le travail que Dieu fit au cours de six époques appelées jours. Le verset 2 nous apprend que tout au début du commencement du premier jour de cette semaine de création, la terre était, quoique sans forme (sans ordre) et vide, désolée, obscure. On doit noter clairement ce détail important. Si on le saisit, on discerne aussitôt qu'il corrobore les conclusions actuelles de la géologie, et comme nous serons obligés de contester les déductions de géologues sur certains points, il est bien que nous reconnaissions promptement et laissions de côte tout ce qui n'a pas besoin d'être discuté pour défendre la Bible. La Bible n'apporte aucune précision sur le temps qui s'est écoulé entre le commencement où Dieu créa les cieux et la terre et le commencement de la semaine de la création au cours de laquelle la terre fut rendue habitable pour l'homme. Les géologues ne sont pas d'accord entre eux sur la durée de cet intervalle. Quelques extrémistes vont, dans leurs spéculations extravagantes, jusqu'à parler de millions d'années.

Venons-en à la période de création — à l'agencement, la préparation de nos cieux et de la terre pour en faire le Paradis de Dieu destiné à devenir la demeure éternelle de l'homme. Remarquons tout d'abord qu'il n'est déclaré nulle part que ces “ jours ” sont des jours de vingt-quatre heures. Nous ne sommes donc pas obligés de les limiter dans leur durée. Nous trouvons dans la Bible que le mot jour signifie époque ou période. Le fait que la plupart du temps ce mot exprime une durée de vingt-quatre heures, ne prouve rien. N'est-il pas parlé dans la Bible du “ jour de la tentation dans le désert ” ? Ce jour, pourtant, dura quarante ans ( Psaume 95 : 8-10 ). Quelquefois, un “ Jour ” ou un “ temps ” représente une période d'un an ( Nomb. 14 : 33,34 ; Ezéch. 4 : 1-8 ). L'Apôtre affirme de son côté qu'un jour est, devant le Seigneur, comme mille ans ” ( 2 Pi. 3 : 8 ).

Très certainement ces jours époques ne furent pas des jours solaires, car d'après le récit, le soleil ne fut visible que le quatrième jour — qu'à la quatrième époque.

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Bien que la durée de ces jours-époques ne soit pas indiquée, nous croyons que nos lecteurs conviendront que nous sommes autorisé à supposer que ce furent des périodes uniformes, puisqu'elles sont des parties identiques de la seule semaine de création. Si, donc, nous pouvons obtenir une preuve raisonnable quant à la durée de l'un de ces jours, nous serons pleinement justifié en admettant que les autres furent de la même durée. Nous avons acquis une preuve satisfaisante que l'un de ces “ jours ” de la création fut une période de sept mille ans et que, par conséquent, la semaine entière de la création serait de 7000 x 7 = 49 000 ans. Ce nombre, infime en comparaison de ceux avancés et supposés par les diverses théories géologiques, est, croyons-nous, amplement raisonnable pour réaliser ce qui est montré comme ayant été accompli, c'est-à-dire pour aménager et emplir la terre qui existait déjà, mais “ sans forme (sans ordre) et vide (nue) ”.

Parlant des données qu'utilisent les savants pour former leurs conjectures, et de la méthode de calcul qu'ils emploient, le Prof. Dana dit :

“ Une grande incertitude plane toujours sur tous les calculs effectués pour déterminer la durée d'une époque à partir de l'épaisseur des formations ( ou couches géologiques - Trad.). Il faut en effet tenir compte du tassement progressif [affaissement régulier] des terrains. Si l'on tire des conclusions d'après les estimations de l'épaisseur des alluvions [terre déposée par les eaux], au cours d'un nombre donné d'années — disons au cours des 2000 dernières années — cette source de doute affecte le calcul tout entier à partir de sa base même et le rend presque (sinon complètement) sans valeur... Lorsqu'on base l'estimation sur la quantité de détritus [fins résidus] déversés par un fleuve, cette estimation est de plus grande valeur, mais dans ce cas, il y a là une source de grande incertitude ”.

Examinons la question du point de vue de la Bible : nous croyons qu'elle est la révélation divine. Nous sommes pleinement persuadé que toutes divergences entre son témoignage

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et les conjectures des géologues sont autant d'erreurs de ces derniers dont les philosophies n'ont pas encore atteint une base ou un développement complètement scientifique.

Il n'est pas besoin non plus de supposer que celui qui a écrit la Genèse connaissait à fond les sujets qu'il rapporte : la durée de ces jours et le résultat précis [de chacune des créations successives - Trad.] : nous acceptons le récit de la Genèse comme une partie de la grande révélation divine — la Bible —, et nous trouvons que son exposé sublime en quelques phrases se trouve remarquablement corroboré par la plupart des recherches scientifiques exactes, alors qu'au contraire les “ livres religieux ” des païens ne contiennent que des déclarations absurdes sur ce sujet.

Il y a une sorte de grandeur dans la simplicité de cette première phrase de la révélation : “ Au commencement Dieu créa.” Elle répond à la première question de la raison : D'ou suis-je venu et à qui dois-je mon origine ? Il est bien regrettable en vérité que certains des plus brillants esprits de notre époque de lumière se soient détournés de cette idée d'un Créateur intelligent pour admettre une force aveugle régie par une loi d'évolution et de survivance des plus aptes. Hélas ! non seulement cette théorie a rencontré adhésion générale dans les plus hautes institutions du savoir, mais graduellement on l'incorpore dans les livres le classe de nos écoles primaires.

A la vérité, ils ne sont pas bien nombreux ceux qui sont assez imprudents pour nier absolument l'existence d'un Créateur. Cependant, même les fervents, sous l'influence de cette théorie, sapent l'édifice de leur propre foi aussi bien que celui des autres lorsqu'ils affirment que la création est simplement le règne de la Loi naturelle. Sans remonter trop loin en arrière, ils supposent que notre soleil a lancé dans l'espace d'énormes quantités de gaz qui finirent par se solidifier et formèrent notre terre, puis que, plus tard, un protoplasme se forma ; une petite larve ( un microbe ) surgit, ils ne savent pas comment. Il leur faut bien concéder qu'un pouvoir divin a été nécessaire pour donner l'impulsion première à ce petit commencement de vie, mais ils cherchent activement quelque loi naturelle pour expliquer cela également, de façon à ne plus avoir aucun besoin d'un Dieu-Créateur.

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On affirme même qu'ils sont sur le point de la découvrir. Ces “ savants ” songent à la nature et en parlent comme si elle était Dieu : “ ses ” oeuvres, “ ses ” lois, “ ses ” bienfaits (*), etc., un Dieu aveugle et sourd en vérité ! (*) Les oeuvres, les lois, les bienfaits, etc., de la Nature - Trad.

Ils prétendent qu'en vertu des lois de la Nature, le protoplasme évolua en microbe ou en larve ou en ver qui se tortilla, se tordit et se reproduisit et, ensuite trouvant qu'une queue lui serait utile, en développa une. Plus tard, un autre ver issu du premier et encore plus intelligent que lui trouva que des nageoires lui viendraient à point et en produisit. Plus tard encore, un autre, pourchassé par un de ses semblables affamé, et sautant hors de l'eau pour lui échapper, eut l'idée que ses nageoires plus développées seraient des ailes ; il aima le nouveau genre et se tint donc hors de l'eau, puis il décida que des jambes et des orteils feraient bien son affaire et il les développa. D'autres membres de la famille “ ver ” suivirent d'autres “ notions ” dont il semble qu'ils aient eu à leur disposition une provision inépuisable ainsi qu'en témoigne la prodigieuse variété d'animaux qui nous entoure. Cependant, le moment vint où l'un des descendants du premier ver parvenu au stade de développement du singe, conçut une idée géniale. Il se dit : Je supprimerai ma queue, je ne me servirai plus de mes mains en guise de pieds, je me débarrasserai de mes poils, je me formerai un nez, un front, un cerveau ayant le sens moral et la capacité de réfléchir. Je porterai un complet fait par un tailleur, un chapeau haut de forme en soie, je me nommerai Prof. Darwin, L.L.D., et j'écrirai l'histoire de mon évolution.

Bien sûr M. Darwin fut un homme capable puisqu'il sut imposer sa théorie à ses semblables. Néanmoins, le fidèle enfant de Dieu qui a confiance en un Créateur personnel et qui n'est pas si prompt à mettre de côté la Bible qui Le révèle, ne tarde pas à discerner le sophisme de la théorie de M. Darwin.

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Il ne suffit pas en effet que M. Darwin ait remarqué que parmi ses pigeons il lui était possible de provoquer l'éclosion de jeunes présentant certaines particularités : plumes aux pattes, huppes, en forme de couronnes sur la tête, gorges proéminentes, etc. D'autres que lui s'étaient livrés à des expériences analogues sur des volailles, des chiens, des chevaux etc. Des horticulteurs avaient aussi fait des expériences sur des fleurs et des arbustes, etc. et obtenu des résultats semblables. Ce qu'il avait de nouveau chez M. Darwin — c'était la théorie d'après laquelle toutes les formes de vie ont évolué à partir d'un même commencement (ou d'un commencement commun — Trad.).

Or, les expériences de M. Darwin avec ses pigeons, tout comme celles d'autres éleveurs fantaisistes, n'ont fait que confirmer la déclaration biblique d'après laquelle Dieu a fait chaque créature selon son espèce. Il y a de prodigieuses possibilités de variétés dans chaque espèce, mais on ne peut mélanger des espèces ni former de nouvelles espèces. L'hybridation n'est possible qu'entre espèces voisines et chacun sait que la nouvelle espèce ainsi formée n'est pas apte à se reproduire. En outre, M. Darwin doit avoir remarqué, comme d'autres expérimentateurs l'ont fait, que ses pigeons “ phénomènes ” devaient être rigoureusement tenus à l'écart des autres de leur espèce sous peine de les voir perdre rapidement leurs particularités. Cependant, dans la nature, nous voyons les diverses espèces, chacune “ selon son espèce ”, entièrement séparées les unes des autres et tenues séparées sans aucune clôture artificielle, etc., — tenues séparées par la loi de leur Créateur. En tant que croyants en un Créateur personnel, nous pouvons être certains que la spéculation humaine est passée à côté de la vérité dans la proportion où elle a ignoré notre Dieu, sa sagesse et sa puissance exposées dans la Genèse.

Il n'est peut-être rien, qui ait fait plus pour obscurcir et saper la foi en un Dieu Créateur et au récit de la Genèse comme

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révélation, que l'idée d'après laquelle les jours époques du premier livre de la Bible auraient été des jours de vingt-quatre heures. Les diverses couches stratifiées de roche, et de limons prouvent sans conteste, que de longues périodes furent nécessaires pour aboutir aux changements considérables qu'elles accusent. Aussi, lorsque nous avons compris que la Bible enseigne qu’un jour biblique est une ère ou époque, tout s'éclaire : le témoignage des roches géologiques vient confirmer exactement l'exposé de la Bible, notre foi s'en trouve grandement affermie ; nous sentons que cette foi n'est pas plus liée à nos conceptions personnelles qu'à celles d'autres hommes, mais qu'elle repose sur la Parole du Créateur abondamment attestée par la nature elle-même.

UNE HYPOTHÈSE COSMOGONIQUE

Pour aider certains de nos lecteurs, nous allons exposer brièvement l'une des conceptions formulées à propos de la période de la Création, et connue sous le nom de “ Théorie de Vail ” ou “ Théorie de la voûte ” qui intéresse spécialement l'auteur. Nous tacherons, par la suite, de découvrir l'harmonie qui existe entre cette hypothèse et le compte rendu de Genèse 1 : 1 à 2 : 3 .

Et tout d'abord, commençons par la condition indiquée en Genèse 1 : 2 ; “ La terre était ” désolée, vide, ténébreuse. L'homme sage n'essaiera pas de deviner ce que Dieu n'a pas révélé sur la manière dont il a procédé pour rassembler les atomes de la terre. Ce qui n'est pas révélé appartient à Dieu et il est prudent d'attendre patiemment ce qu'il dévoilera par la suite quand le moment sera venu. Armé du pic et de la pelle, l'homme à l’œil scrutateur a trouvé que la croûte terrestre est formée de diverses couches ou strates superposées, toutes témoignant qu'elles furent jadis malléables et humides, sauf les roches primitives sur lesquelles ces couches, ou strates, sont construites avec plus ou moins de régularité. Ces roches de base indiquent clairement qu'elles furent jadis malléables et fluides à cause d'une chaleur intense. Les savants sont même généralement d'accord pour affirmer que, à peu de profondeur sous la “ croûte ” terrestre, la terre est encore brûlante et en état de fusion.

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Ces roches primitives ou ignées (granit, basalte, etc.) doivent avoir été, à un certain moment, portées à une température si élevée que tous les éléments combustibles qu'elles contenaient ont dû être brûlés. Et puisque ces roches de profondeur constituent la partie inférieure de l'écorce terrestre, nous avons toute raison de penser qu'il fut un temps où la terre entière était une masse d'un blanc incandescent. A ce moment, l'eau et les minéraux (qu'on trouve maintenant dans les couches supérieures, ou strates, déposées dans l'eau, doivent avoir été changés à l'état gazeux et ont entouré la terre d'une voûte impénétrable atteignant des kilomètres d'épaisseur dans toutes les directions. La rotation de la terre sur son axe doit avoir imprimé à cette masse gazeuse un mouvement semblable en même temps qu'elle la concentrait plus particulièrement dans la région de l'équateur. A mesure que la terre se refroidissait, la température de cette masse gazeuse allait aussi en diminuant et ses éléments constitutifs passaient de l'état gazeux à l'état solide et liquide, les minéraux plus lourds gravitant en strates vers le bas. A cette phase de sa formation, la terre devait probablement ressembler à la façon dont se présente actuellement la planète Saturne entourée de ses “ anneaux ”.

Tandis que le refroidissement s'accentuait, ces anneaux, séparés et plus ou moins éloignés les uns des autres acquirent un mouvement de rotation différent de celui de la terre et gravitèrent ainsi de plus en plus près d'elle. L'un après l'autre, ils furent précipités sur la surface de la terre. Après la formation du “ firmament ” ou “ étendue ” ou “ atmosphère ”, ces déluges provenant des “ anneaux ” qui descendaient, atteignirent naturellement la terre à partir des deux pôles, points les plus distants de l'équateur, points ou la force centrifuge se fait le moins sentir en opposition à la région de l'équateur où elle atteint son maximum.

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Le brisement de ces “ anneaux ”, à de longs intervalles, provoqua de nombreux déluges et accumula couches stratifiées après couches stratifiées à la surface de la terre. L'afflux des eaux des pôles vers l'équateur dispersa inégalement les sables siliceux, les limons ou alluvions et les minéraux. Ces eaux, fortement minéralisées, couvraient ainsi toute la surface de la terre exactement comme cela est décrit au début du récit de la Genèse.

Au cours de chacun de ces longs “ jours ” de sept mille ans, un certain travail se développa ainsi que le relate Genèse. Il est possible que chacun d'eux se termina par un déluge apportant des changements radicaux et préparant la voie à d'autres étapes de création et de préparation pour l'homme. Cette théorie de Vail avance que le dernier de ces “ anneaux ” n'était formé que par de l'eau ne contenant ni impuretés ni minéraux en dissolution, une eau pure. Ce dernier “ anneau ” ne s'était pas encore rompu ni abattu sur la terre lorsque Adam fut créé, mais entourait complètement notre planète tel un voile translucide au-dessus de l'atmosphère. Il servait, comme le fait le verre blanchi d'une serre, à égaliser la température en sorte que le climat aux pôles devait être très peu différent (s'il l'était) de l'équateur. Dans de telles conditions, les plantes tropicales poussaient partout comme le montre la géologie. Les orages, qui résultent des changements rapides de la température devaient être inconnus à cette époque et, pour des raisons analogues, il ne devait pas pleuvoir.

Le récit des Écritures s'accorde avec ces données, disant qu'il n'y eut pas de pluie avant le déluge, que la végétation était arrosée par une vapeur s'élevant de la terre, autrement dit que le climat était celui d'une serre chaude et humide (Genèse 2 : 5,6 ). Après le déluge qui survint au temps de Noé, de grandes modifications s'opérèrent et en particulier une diminution importante de la durée de la vie humaine.

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Lorsque se rompit le voile d'eau en suspension dans l'air, la condition de serre chaude cessa : la région de l'équateur, la ligne imaginaire suivie par le soleil, devint plus chaude, en même temps qu'aux pôles le changement dut être terrible, une transition presque instantanée de la température d'une serre chaude à celle du froid polaire.

On a trouvé, dans la région arctique, des preuves de ce refroidissement subit de la température. Deux mastodontes complets ont été retrouvés enveloppés complètement d'une glace solide et claire qui a dû les surprendre et les geler sur le champ. On a trouvé aussi des tonnes de défenses d'éléphants dans les mêmes plaines gelées de la Sibérie qui n’est pas précisément un lieu d'habitat rêvé pour les éléphants et les mastodontes, etc. Dans la même contrée et toujours dans, la glace, on a également retrouvé une antilope. Mais ce qui montre que l'effet de surprise a dû être immédiat, c'est qu'on a trouvé dans l’estomac de l'animal de l'herbe non digérée, de l'herbe qui venait d'être mangée par la bête quelques instants seulement avant d'être gelée à mort — et cela dans un pays où à l'heure actuelle, aucune herbe ne peut pousser.

Cette soudaine chute torrentielle d'eau — cette rupture soudaine de l'enveloppe qui maintenait l'équilibre entre la chaleur de la terre et celle du soleil — produisit les immenses champs de glace et les banquises des régions polaires desquels se détachent chaque année des centaines d'icebergs flottant jusque vers l'équateur. Pour autant qu'on puisse en juger, tel a été le processus pendant des siècles pour aller maintenant en diminuant. A ce stade nous en sommes à l'époque glaciaire des géologues lorsque d'énormes icebergs portés par des courants rapides, creusèrent de profondes crevasses, à travers l'Amérique du Nord et qu'on peut encore observer dans les collines ; l'Europe du nord-ouest porte le même témoignage dans les siennes. Cependant, il n'en a pas été de même dans l'Europe du sud-est, en Arménie et dans les pays limitrophes —

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le berceau de notre race, là où l'arche fut également construite, et près duquel, sur le Mont Ararat, elle se posa finalement. D'après les professeurs Wright et Sir T.W. Dawson L.L.D., FRS. et d'autres géologues, toutes ces contrées de l'Arabie auraient été l'objet d'un affaissement général du sol suivi d'un relèvement de celui-ci. Il semblerait que ce témoignage implique que l'arche ait flotté dans un remous relativement calme par rapport à la ruée générale des eaux. C'est ce que paraissent indiquer les couches de sédiments extrêmement épaisses que l’on retrouve dans toute cette contrée. Il est évident que toute la terre fut submergée par les eaux arrivant des pôles Nord et Sud, tandis que le berceau de la race fut d'abord le siège d'une dépression suivie au moment convenable d'un relèvement de terrain. Voici ce qu'a écrit sur cette question le Prof. G.F. Wright, géologue bien connu du collège d'Oberlin (O.) tel que le journal de New-York en date du 30 mars 1901 l'a publié.

CONFIRMATION DU DÉLUGE

“ Le Prof. George Frédéric Wright, du Collège d'Oberlin, bien connu pour ses travaux en géologie, est rentré d'un voyage en Europe. Il est l'auteur des “ Glaciers de l'Amérique du Nord ” et d'autres traités de géologie se rapportant à l'époque glaciaire. Il vient d'achever un voyage d'étude, au cours, duquel il s’est surtout préoccupé d’examiner certaines formations géologiques et de relever des indices en particulier en Sibérie, bien que ses explorations l'aient conduit dans d'autres parties de l’Asie et en Afrique.

Le but principal du voyage du Professeur Wright était de répondre, si possible, à une question très controversée entre géologues, savoir si la Sibérie avait été, à l'époque glaciaire, recouverte de glaces tout comme l'Amérique du Nord et des parties de l'Europe.

“ De très nombreux géologues, y compris bon nombre d'éminents savants russes, croient que la Sibérie était recouverte de glace.

[23] . LE COMMENCEMENT

“ Comme résultat de ses études actuelles, le Prof. Wright croit, au contraire, qu'aux temps très reculés où l'Amérique du Nord était couverte de glace, la Sibérie était couverte d'eau.

“ Or, l'eau et la glace furent pratiquement des moments du déluge biblique.

“ Lisez d'abord un condensé de la description du déluge d'après la Genèse.

“ Et le déluge fut sur la terre quarante jours ; et les eaux crûrent et soulevèrent l'arche, et elle fut élevée au-dessus de la terre.

“ Et, les eaux se renforcèrent et crûrent beaucoup, sur la terre ; et toutes les hautes montagnes qui sont sous tous les cieux furent couvertes.

“ Tout ce qui avait le souffle de vie dans ses narines, de tout ce qui était sur la terre sèche, mourut... Il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche.

“ Les eaux se renforcèrent sur la terre, cent cinquante jours ” Genèse 7 : 17-24 .

Écoutez maintenant ce que dit le Prof. Wright

“ Je n'ai trouvé aucune trace du phénomène glaciaire au sud du 56e parallèle. Je ne suis pas allé plus au nord ; mais d'après d'autres choses, je suis convaincu que, là, le pays fut couvert de glace comme le fut l'Amérique où l'on en trouve des traces jusqu'à la latitude de New-York.

“ Nous n'avons pu relever d'indication accusant un affaissement étendu de toute cette région comme ici par exemple.

“ A Trébizonde, sur les bords de la Mer Noire on relève la preuve d'une dépression d'environ 210 mètres comme l'indiquent certaines couches de sable sur les collines.

“ Ce fut au centre du Turkestan que les eaux atteignirent leur plus grande hauteur puisque là nous retrouvons les mêmes couches de sable à plus de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer.

[24] . LE COMMENCEMENT

“ La partie sud de la Russie est recouverte du même dépôt de terre noire que nous trouvons au Turkestan.

“ Il existe d'autres preuves encore que les eaux ont autrefois recouvert cette partie du globe. En particulier, la présence de phoques dans le lac Baïkal (Sibérie) situé à 480 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les phoques que nous y avons trouvés sont de la même espèce que ceux qu'on rencontre dans l'Arctique et qu'on retrouve aussi dans la Mer Caspienne.

“ La seule hypothèse qui s'impose donc est que ces phoques sont restés pris lorsque les eaux se sont retirées. La découverte la plus sensationnelle de toutes fut petit-être celle qui fut faite à Kiev sur le Dniepr où l'on retrouva des outils de pierre 16 mètres au-dessous du dépôt de terre noire ce qui montre que l'eau y vint après la création de l'homme.

“ Ceci nous a donc permis de déterminer l'époque où cette dépression a eu lieu. Après que l'homme eut paru dans cette partie du globe, il s'est produit un affaissement de 250 mètres à Trébizonde, tandis que dans le Turkestan du sud des eaux montèrent jusqu'à plus de 600 mètres. Les outils trouvés étaient du même genre que ceux découverts en Amérique du Nord avant la période glaciaire ce qui semble établir que la dépression se produisit là quand l'avalanche de glace arrivait ici.

“ En fait, c'était pratiquement le déluge. ”

Connaissant la fin dès le commencement, l'Eternel plaça l'homme sur la terre en temps opportun. Le dernier des anneaux s'abattit au temps convenable en un déluge qui détruisit la race perverse aux jours de Noé et fut le point de départ de notre économie actuelle connue dans les Écritures sous le nom de : “ présent monde mauvais ”. La disparition de cette gaine d'eau qui entourait la terre, non seulement introduisit les saisons très différentes de l'été et de l'hiver et rendit possibles les violentes tempêtes, mais l'arc-en-ciel put aussi paraître.

[25] . LE COMMENCEMENT

On ne l'aperçut en effet pour la première fois qu'après le déluge, puisque, auparavant, les rayons directs du soleil ne pouvant pas pénétrer la voûte, ne pouvaient former d'arc-en-ciel. — Genèse 9 : 12-17 .

Depuis que nous avons écrit ce qui précède, nous avons relevé dans la revue “ Scientific American ” la lettre suivante du Prof. Vail lui-même :

“ A PROPOS DU MAMMOUTH GELÉ ”

“ A Monsieur le Rédacteur du “ Scientific American ”

“ J'ai lu avec grand intérêt dans votre numéro du 12 avril la note concernant la découverte récente, par le Docteur Herz, du corps d'un mammouth pris dans les glaces en Sibérie orientale. Cette découverte est, à mon sens, plus qu'une “ pierre de Rosette ” (*) sur le sentier du géologue Elle constitue le témoignage le plus convaincant à l'appui du l'hypothèse suivante : toutes les époques glaciaires et tous les déluges que la terre ait jamais vus, furent provoqués par l'abaissement progressif et successif des premières vapeurs de la terre qui demeuraient autour de notre planète, comme des nuages vaporeux demeurent actuellement autour des planètes Jupiter et Saturne.

(*)Pierre trouvée au cours de l'expédition de Bonaparte en Egypte, et qui permit à J. François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens - Trad.

“ Permettez-moi de suggérer à mes collègues géologues que les restes des vapeurs d'eau terrestre peuvent avoir tourné autour de la terre, comme la voûte de la planète Jupiter, et cela jusqu'à des époques géologiques très récentes. Ces vapeurs doivent s'être condensées plus particulièrement au niveau des régions polaires en raison d'une résistance moindre et d'une attraction plus grande s'y exerçant, et cela très certainement sous forme d'immenses avalanches de neiges tellurio-cosmiques. Une voûte comme celle-là, véritable toit du monde, doit avoir tempéré le climat jusqu'aux pôles et procuré ainsi des pâturages au mammouth et à ses congénères de la région arctique, faisant de cette partie du globe une terre de serre sous un toit de serre.

[26] . LE COMMENCEMENT

Si l'on admet ceci, il faut conclure aux proportions énormes et à l'efficacité des avalanches qui s'abattirent de la voûte et désolèrent un monde exubérant de vie. Il semble que le mammouth du Dr Herz (comme pour beaucoup d'autres retrouvés dans la glace et ayant encore de l'herbe non digérée dans l'estomac) prouve qu'il fut soudainement surpris par une chute écrasante de neige. Dans ce cas, la présence d'herbe non encore mâchée dans la bouche établit sans équivoque que l'animal a été frappé à mort dans un tombeau de neige. Si cela est admis, nous avons là ce qui peut avoir été une source tout à fait possible de neiges glaciaires, et nous pouvons avec joie mettre de côté l'idée peu philosophique que la terre se serait refroidie afin d'avoir son manteau de neige, alors qu'au contraire les neiges s'abattirent sur elle provoquant son refroidissement.

“ Au temps où la terre était encore une masse fluide incandescente, l'eau des océans devait exister sous forme de vapeurs très haut dans le ciel ainsi qu'une quantité incommensurable de minéraux et de métaux à l'état de sublimation. Si nous admettons que ces vapeurs formèrent un système d'anneaux qui reprirent contact avec la terre au cours des âges, certains d'entre eux, alors même que l'homme avait déjà paru, nous pouvons expliquer beaucoup de choses demeurées à ce jour obscures et mystérieuses.

“ Déjà, en 1874, j'ai exposé quelques-unes de ces idées sous forme de brochure, et c'est dans l'espoir que les penseurs de ce vingtième siècle voudront bien les examiner que je rappelle ici la “ Théorie de la Voûte ”.

Isaac N. Vail. ”

LA SEMAINE DE LA CRÉATION

Avec cette vue générale de la création présente à l'esprit, tournons-nous maintenant vers le récit de la Genèse et essayons de le mettre en accord avec ces hypothèses. Et tout d'abord, remarquons que la Semaine de la Création comporte quatre parties :

(1) Deux jours ou époques (d'après nos calculs 2 fois 7 000 ans soit 14 000 ans) furent employés à préparer la terre pour la vie animale.

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(2) Les deux jours suivants ou époques (soit 2 fois 7 000 ans = 14000 ans également) furent employés pour produire la végétation et les formes inférieures de la vie (coquillages, etc.) et déposer le calcaire, le charbon et d'autres minéraux.

(3) Les deux jours-époques, suivants (encore 7 000 x 2 = 14 000 ans de plus selon nos calculs) virent apparaître des êtres vivants qui se meuvent (dans la mer et sur la terre), la végétation, etc. continuant à se développer, le tout préparant l'introduction de l'homme, l'image terrestre de son Créateur, “ couronne de gloire et d'honneur ”, pour être le roi de la terre.

(4) La création de l'homme, l'acte final, eut lieu à la fin du sixième jour ou époque, et au commencement du septième, selon qu'il est écrit “ Et Dieu eut achevé au septième jour son oeuvre qu'il fit et il se reposa ”.

DEUX TÉMOIGNAGES FIDÈLES

Le professeur Silliman déclare :

“ Chaque aspect important de la planète dans sa structure correspond à l'ordre des événements rapportés dans l'histoire sacrée... Cette histoire [la Bible] fournit une explication d'importance égale à celle de la philosophie et de la religion et nous trouvons dans la planète elle-même la preuve que le récit [de la Bible] est vrai.”

A propos de l'exposé de la création d'après la Genèse, le Prof. Dana déclare :

“ Dans cette succession, nous n'observons pas simplement un ordre dans les événements semblable à celui que nous fournit la science, mais il y a dans cet arrangement [ou disposition Trad.] une organisation et une prophétie à longue portée qu'aucune philosophie n'aurait pu atteindre, même en ayant été mise au courant des faits. ”

Plus loin, il ajoute :

“ Aucun esprit humain ne fut témoin des événements, et personne, à cette aurore du monde, à moins d'être doté d'une

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intelligence supra-humaine, n'aurait pu concevoir un tel plan ni n'aurait placé la création du soleil, source de lumière pour la terre, si longtemps après la création de la lumière, au quatrième jour, et ce qui est également singulier entre la création des plantes et celle des animaux alors que cette lumière solaire est d'importance vitale aux unes comme aux autres. Personne n'aurait pu atteindre aux profondeurs de la philosophie qui se dégage du plan tout entier. ”

LE PREMIER JOUR-ÉPOQUE DE LA CRÉATION

Et l'esprit de Dieu planait (*) sur la face des eaux. Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut.

[(*) Cr., Seg., Martin “ se mouvait ” (voir Note Cr.) ; Zadoc Kahn “ planait ” Maredsous : id. ; Ref. Concordance Strong 7 363 (racine primitive : “ couver ”). ]

La nature et la cause physique de la lumière elle-même ne sont encore qu'imparfaitement connues. On n'a pu encore [écrit en 1904 (copyright) - Trad.] apporter de solution vraiment satisfaisante à la question : Qu'est-ce que la lumière ? (**) (**)

Voir E Volume 2 “ Création ”, Chap. VI - Trad, Nous savons cependant qu'elle est essentielle à toute la nature. Nous ne sommes donc pas surpris de la trouver à l'origine de l'activité divine lorsque celle-ci commença à oeuvrer sur la terre désolée et nue afin de la préparer pour l'homme. La nature de l’énergie divine que représente le mot “ couvait ”, paraît avoir été un principe vitalisateur (“ vitalizing ”), peut-être des forces électriques lumineuses comme les aurores boréales ou lumières polaires. Il est également possible que l'énergie ait précipité quelques-uns des lourds anneaux composés d'eau et de minéraux, en sorte qu'on put commencer à distinguer la lumière et l'obscurité, le jour et la nuit sans toutefois pouvoir discerner encore ni les étoiles ni la lune ni le soleil à travers les lourds anneaux, ou sortes de “ maillots ” qui entouraient encore la terre.

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“ Et il y eut soir, Il y eut matin — premier jour ”. comme pour les jours solaires hébreux, il en fut ainsi pour ces jours-époques, le soir vint d'abord, accomplissant graduellement le dessein divin jusqu'à son achèvement, puis un autre jour de 7 000 ans, assigné à une autre oeuvre commencerait obscurément et progresserait jusqu'à son achèvement. Cette période (ou ce “ jour ”), la science la qualifie de période Azoïque, ou sans vie.

LE SECOND JOUR-ÉPOQUE- DE LA CRÉATION

Et Dieu dit : Qu'il y ait une étendue [firmament atmosphère] entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit l'étendue, et sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au dessus de l’étendue. Et Dieu appela l'étendue [ firmament ou atmosphère] Cieux.

Ce second jour-époque de 7 000 ans fut entièrement consacré à la formation d’une atmosphère. Celle-ci, selon toute probabilité, se développa d'une manière parfaitement naturelle comme le font la plupart des oeuvres merveilleuses de Dieu, bien qu'elles n'en soient pas moins des oeuvres qu'il a conçues, ordonnées, créées. La chute de l' “ anneau ” d'eau et de minéraux permit à la lumière d'arriver à la terre au cours du premier jour-époque. Cet “ anneau ” entrant en contact avec la terre encore chauffée et recouverte d'eaux bouillantes et fumantes, produisit divers gaz qui, en s'élevant, formèrent une masse gazeuse, ou firmament, ou atmosphère, tout autour de la terre, tendant à retenir vers le haut les eaux des “ anneaux ” encore existants. Ce “ jour ” pour autant que les Écritures l'indiquent, appartiendrait aussi à la période azoïque où la vie est absente.

Cependant, la géologie conteste cela, en prétendant que les roches formées à cette époque portent la trace de l'existence de vers et d'immenses quantités de coquillages ainsi qu'en témoignent les énormes bancs de calcaires.

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Les géologues appellent cela l'Age paléozoïque des premières formes de la vie, la période silurienne. Ceci n'est pas en contradiction avec le récit biblique qui ne tient tout simplement pas compte de ces formes inférieures de la vie.

Et il y eut soir, et il y eut matin : le second jour s'acheva sur la réalisation complète de la volonté divine de séparer par une atmosphère les eaux constituant les nuages et les vapeurs, etc. des eaux recouvrant la surface de la terre.

LE TROISIÈME JOUR-ÉPOQUE DE LA CRÉATION

Et Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous des cieux se rassemblent en un lieu et que le sec paraisse. Et il fut ainsi. Et Dieu appela le sec Terre, et le rassemblement des eaux Mers. Et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu dit : Que la terre produise l'herbe, la plante portant de la semence, l'arbre fruitier produisant du fruit selon son espèce, avant sa semence en soi sur la terre. Et il fut ainsi.

La géologie confirme pleinement ce récit. Elle nous fait remarquer que la croûte terrestre se refroidissant, le poids des eaux tendait à la faire se crevasser, se boursoufler, se plisser. Certaines parties s'affaissant formèrent des dépressions et devinrent les profondeurs des mers ; d'autres parties furent soulevées de force et constituèrent des chaînes de montagnes, non pas soudainement, mais d'une manière graduelle, une chaîne surgissant après une autre. Nous ne devons pas supposer que tous ces changements eurent lieu dans les sept mille ans de ce troisième jour-époque, mais plutôt qu'ils commencèrent nécessairement à ce moment pour préparer la végétation. Il est évident que la géologie a raison lorsqu'elle affirme que certaines grandes modifications de cette nature sont comparativement de date récente.

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Même depuis un siècle nous avons eu de petits exemples de cette puissance et nous ne serions pas surpris si, au cours des prochaines années, il se produisait d'autres secousses de la nature, car nous vivons une époque de transition, à l'aurore de l'Age millénaire, pour lequel des changements de conditions sont l’indispensable.

A mesure que les eaux s'écoulèrent dans les mers, la végétation s'entendit — chaque plante selon son espèce portant sa graine destinée à assurer la reproduction de son espèce seulement. Cette règle est si rigoureusement établie par les lois du Créateur que, en horticulture, bien qu'on puisse créer et porter à la perfection de superbes variétés, on ne peut cependant arriver à modifier l'espèce. Les différentes familles de plantes, ne se mélangeront, ne fusionneront pas plus que les diverses familles d'animaux. Ceci témoige non seulement d'un Créateur, mais d'un Créateur intelligent.

La géologie reconnaît que la végétation a précédé l'apparition des formes plus élevées de la vie animale. Elle reconnaît également qu'à cette époque la végétation fut extrêmement exubérante, que des mousses, des fougères et des vignes atteignaient alors des dimensions considérables et croissaient plus rapidement que maintenant, parce que l'atmosphère était extrêmement chargée en gaz carbonique et en azote qu'elle ne l'est de nos jours ce qui explique pourquoi des animaux qui respirent n'auraient pas pu vivre alors. Les plantes qui mesurent actuellement quelques centimètres seulement dans nos contrées et à peine un mètre même à l'équateur, atteignaient alors des hauteurs de douze à vingt-quatre mètres avec parfois des troncs de soixante à quatre vingt dix centimètres de diamètre ainsi qu'en font foi les fossiles. Sous les conditions qui doivent avoir caractérisé cette époque, leur croissance a dû non seulement atteindre des proportions énormes mais encore avoir été très rapide.

C'est à cette période, prétendent les géologues, que nos gisements de houille se sont formés : les plantes et les mousses, ayant une grande affinité pour le gaz carbonique, mirent en réserve le carbone constituant le charbon,

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préparant ainsi elles-mêmes nos gisements actuels de houille, tout en purifiant l'atmosphère en vue de la vie animale des jours-époques à venir. Ces immenses tourbières et lits de mousses furent à leur tour recouverts de sable, d'argile, etc., bouleversés par de nouveaux soulèvements et de nouveaux affaissements de l'écorce terrestre, submergés par les vagues des marées et par d'autres “ anneaux ” d'eau venant à se rompre et à se précipiter sur la terre. En fait, le même processus a dû souvent se reproduire aussi, car nous trouvons des couches de houille séparées par diverses strates d'argile, de sable, de calcaire, etc.

Et il y eut un soir, et il y eut un matin, le troisième jour époque de 7 000 ans accomplit sa part de préparation du monde suivant le dessein de Dieu. Les géologues appellent cette période le Carboniférien en raison de ses gisements de charbon, de pétrole, etc.

LE QUATRIÈME JOUR-ÉPOQUE DE LA CRÉATION

Et Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des cieux [le firmament, l'atmosphère] pour séparer le jour d'avec la nuit, et qu'ils soient pour signes et pour saisons [déterminées] et pour jours et pour années ; et qu'ils soient pour luminaires dans l'étendue des cieux pour donner de la lumière sur la terre. Et il fut ainsi. Et Dieu fit [briller — il s'agit d'un verbe différent de celui qui signifie créer] les deux grands luminaires, le grand luminaire pour dominer sur le jour [pour indiquer le jour] et le petit luminaire pour dominer sur la nuit ; et les étoiles.

Les travaux commencés dans un jour-époque se poursuivaient dans le jour-époque suivant. Il nous parait raisonnable de supposer que la lumière du premier jour devint de plus en plus distincte durant les deux jours suivants, à mesure que, anneau après anneau, les eaux situées au-dessus du firmament (ou atmosphère) rejoignaient celles qui étaient déjà à la surface du globe.

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Ainsi, vers le quatrième jour-époque on pouvait apercevoir le soleil, la lune et les étoiles — non pas aussi nettement qu'aujourd'hui, par un beau temps clair, après qu'au déluge de Noé, le dernier “ anneau ” se fût rompu et fût précipité sur la terre mais assez distinctement quand même, comme au travers d'un voile de vapeur d'eau, comme maintenant par un temps de brume ou de brouillard. Depuis longtemps, le soleil, la lune et les étoiles éclairaient le voile extérieur de la terre. Maintenant, le moment était venu de rendre ces lumières visibles au firmament, de laisser devenir plus distincts les jours marqués auparavant par une lumière grisâtre et blafarde comme nous voyons certains matins pluvieux où le soleil, la lune et les étoiles sont cachés par des nuages. Ainsi par sa course, l'astre du jour pourrait-il indiquer les moments du jour pour l'homme et la bête lorsqu'ils seraient créés, et en attendant, commencer à oxygéner l'air pour le rendre respirable aux animaux à respiration. Plus tard, au cours de ce même jour de 7 000 ans, la lune et les étoiles parurent à leur tour pour influencer les marées et servir à indiquer le moment de la nuit pour la commodité de l'homme.

Nous ne devons pas supposer que le développement de la vie végétale cessa pendant le quatrième jour, mais plutôt qu'il alla en s'intensifiant, l'influence accrue du soleil et de la lune contribuant à produire encore d'autres variétés de plantes, d'arbustes et d'arbres. La géologie indique aussi des progrès à cette période : des insectes, des mollusques, des crabes etc. On retrouve des empreintes de poissons arêtes et écailles — également dans les couches de houille. Mais tout cela n'apporte aucune contradiction. Il est bien évident en effet, que les couches de charbon continuèrent à se former après le troisième jour et à se prolonger jusque dans l'époque appelée Reptilienne. Ce “ jour ” correspond surtout à ce que la géologie désigne sous le nom des “ Trias ”. “ Et il y eut soir, et il y eut matin ” — le quatrième jour de sept mille ans, soit 28 000 ans depuis le début de cette oeuvre, s'achevait, témoin d'un grand progrès dans la préparation de la terre pour l'homme.

[34] . LE COMMENCEMENT

LE CINQUIÈME JOUR-ÉPOQUE DE LA CRÉATION

Et Dieu dit : Que les eaux fourmillent d'une pullulation d'êtres (*) vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre devant l'étendue des cieux. Et Dieu créa les grands animaux des eaux (**), et tout être vivant qui se meut dont les eaux four- -millent, selon leurs ESPECES, et tout oiseau ailé selon son ESPÈCE. Et Dieu vit que cela était bon. (*) Note Darby : “ hébreu [nephesh] : âme, ici et vers. 21, 24 et 2 : 19 ” - Trad.

(**) Ou monstres marins - Trad. Note D. : “ ailleurs aussi : serpents, crocodiles ”.

La profusion de vie qu'on trouve de nos jours dans les eaux chaudes des mers du sud permet d'imaginer ce que fut la prolifération des créatures vivantes ( de la méduse à la baleine) dans les eaux chaudes des océans de la terre. Les reptiles (amphibies), vivant en partie dans l'eau et en partie sur la terre, appartiennent à cette époque. Alors les îles et les continents actuels apparaissaient graduellement, puis disparaissaient parfois, tantôt recevant de nouveaux déluges d'anneaux plus ou moins importants se rompant encore, tantôt lavés par les vagues de la marée. Il n'est pas étonnant qu'on trouve des restes de coquillages, etc., même sur les montagnes les plus élevées. Il n'est pas étonnant non plus que les immenses couches de calcaire qu'on rencontre dans toutes les parties du monde soient parfois appelées “ Cimetières de coquillages ” parce qu'elles sont formées presque exclusivement de coquillages conglomérés. Quel fourmillement doit avoir représenté la reproduction intensive de ces inimaginables trillons de petites créatures naissant et mourant en abandonnant leurs imperceptibles coquilles ! Nous lisons que Dieu les bénit en favorisant leur multiplication. Oui, même une existence si inférieure et si éphémère est une faveur, une bénédiction.

N'allons pas au-delà des affirmations scripturales. La Bible n'affirme pas que Dieu créa séparément et individuellement les myriades d'espèces de poissons et de reptiles. Elle dit simplement que l'influence (l'esprit) de Dieu, couvait au-dessus des eaux et, selon le dessein divin, rendait celles-ci fécondes, en sorte que la mer produisait ses créatures de diverses espèces.

[35] . LE COMMENCEMENT

Rien de précis n'est dit à ce sujet. Une espèce peut, sous des conditions différentes s'être développée et en avoir constitué une autre, ou même, partant du même protoplasme original des ordres différents peuvent avoir été formés sous des conditions différentes. Aucun humain ne le sait, et il est peu sage d'être dogmatique sur ce sujet. Il ne nous appartient pas de contester que même le protoplasme du limon paléozoïque ait pu ou n'ait pu se former sous une action chimique exercée par les eaux marines très riches en minéraux. Ce que nous prétendons, par contre, c'est que tout ce qui est venu à l'existence a été le résultat d'intentions ou de dispositions prises par Dieu, et par conséquent fut de création divine, quels que fussent les moyens et les agents utilisés. Et nous affirmons que ceci est démontré tant par les faits de la nature que par les déclarations de la Genèse : de quelque manière qu'aient été produites les créatures de la mer, elles furent amenées à la condition où chacune se trouve fixée, de sa propre espèce. Telle est l’œuvre de Dieu, quels qu'aient été les moyens employés.

Ce jour, ou époque, correspond très bien à “ l'ère des reptiles ” des savants. Et il y eut soir, et il y eut matin cinquième jour — soit 35 000 ans depuis le début de cette oeuvre de préparation de la terre pour en faire la demeure de l'homme et son royaume.

LE SIXIÈME JOUR-ÉPOQUE DE LA CRÉATION

Et Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et [ tout ] ce qui rampe, et les bêtes de la terre selon leur espèce. Et il fut ainsi. Et Dieu fit les bêtes de la terre selon leur espèce et le bétail selon son espèce, et tous reptiles du sol selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon (D.).

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A cette époque les choses sur la terre se stabilisaient; la croûte terrestre s'était épaissie de centaines de pieds [1 pied = 30 cm environ - Trad.] de sables, d'argiles, de coquilles, de charbon et de divers autres minéraux rassemblés, certains provenant de roches réduites en miettes, rejetées par des tremblements de terre, d'autres provenant des “ anneaux ” qui avaient autrefois entouré la terre ; d'autres enfin provenant de dépôts animaux et végétaux ; en outre, au cours de ces 35 000 années, la terre avait dû se refroidir considérablement. Une étendue suffisante de la surface de la terre émergeait maintenant de la mer, bien drainée par des chaînes de montagnes et des vallées et prête à recevoir les animaux inférieurs qui sont divisés ici en trois catégories : (1) les reptiles terrestres, les créatures à sang froid et qui respirent à température variable (lézards, serpents, etc.) ; (2) les bêtes de la terre ou bêtes sauvages, par opposition aux animaux domestiques, particulièrement destinés à devenir les compagnons de l'homme désignés ici sous l'appellation de : (3) bétail. A cette époque aussi, l'air devait être débarrassé des éléments impropres à des animaux qui respirent. Ces éléments avaient été absorbés par la végétation luxuriante de la période carbonifère, tout comme les hydrocarbones contenus en excès dans les eaux des océans avaient été fixés par les coquillages minuscules, de façon à préparer ces eaux pour la multitude des créatures marines qui respirent.

Ici encore, il n'est nul besoin de nous quereller inutilement avec les Évolutionnistes. Nous concéderons que si Dieu l'avait choisi ainsi, il aurait pu amener à l'existence toutes les différentes espèces de la vie animale en les transformant de l'une à l'autre, de même qu'il aurait pu développer chaque espèce séparément en partant des masses gluantes de protozoaires.

Nous ignorons quelle méthode il a adoptée, car ni la Bible ni les roches ne nous renseignent à ce sujet. Par contre, ce qui est clairement révélé, quel que soit le moyen choisi par Dieu pour le faire, c'est qu'il a fixé les espèces animales chacune “ selon son espèce ” de telle manière qu'elles ne changent pas — d'une manière telle que tout le génie de l'esprit humain n'a jamais, réussi à les aider à changer.

[37] . LE COMMENCEMENT

Telle est la marque, le sceau du Créateur intelligent sur son ouvrage. Si la “ Nature ” ou “ force aveugle ” avait été le créateur, nous la verrions encore travaillant laborieusement et aveuglément, tantôt évoluant vers un plan plus élevé ou tantôt rétrogradant; nous ne verrions pas une fixité des espèces telle que nous la voyons tout autour de nous dans la nature.

Nous pouvons raisonnablement admettre que ce fut tout à la fin du sixième jour-époque que Dieu créa l'homme, parce que cette création fut la dernière et il est en effet bien précisé que l'Eternel acheva son oeuvre créatrice, non pas le sixième mais le “ septième jour ” — le partage de l'homme en deux personnes, deux sexes, constituant, évidemment, l'acte final.

Et Dieu dit : Faisons [l']homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout [animal] rampant qui rampe sur la terre. Et Dieu créa l'homme [voir note Darby à son image, il le créa à l'image de Dieu, il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit ; et Dieu leur dit : Fructifiez, et multipliez, et remplissez [emplissez : Trad.] la terre et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux et sur tout être vivant qui se meut sur la terre (D.).

Si, comme nous l'avons remarqué précédemment, les termes du récit biblique n'interdisent pas la possibilité pour les plantes, les créatures aquatiques et terrestres de s'être plus ou moins développées ou d'avoir évolué dans leurs diverses espèces, il peut être bon que nous remarquions combien les termes sont différents en ce qui concerne la création de l'homme.

Il ressort clairement du récit que cette dernière est due à l'exercice direct du pouvoir créateur divin, tandis que touchant les autres créatures, le récit implique plutôt un développement :

“ Que la terre produise l'herbe ”, etc.

“ Que les eaux foisonnent d'un fourmillement d'êtres vivants ”, etc.

“ Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail ”, etc.

Il y a deux récits de la création : celui que nous venons juste de considérer, qui traite le sujet d'une manière brève et dans son jour-époque, et un autre qui lui fait suite en Genèse 2 : 4-25 .

[38] . LE COMMENCEMENT

En d'autres termes, la division des chapitres n'a pas été faite à la bonne place. Les deux récits auraient dû constituer chacun un chapitre. Le second est un commentaire du premier et explique certains détails. “ Ce sont ici les générations ” ou développements des cieux, de la terre et de leurs créatures, à partir d'un temps où il n'y avait encore aucun arbrisseau [Cr. - Trad.] ni herbe. Le premier récit, qui est aussi le principal, emploie le mot “ Dieu ” pour désigner le Créateur. Le second récit ou récit-commentaire fait ressortir que ce fut l'Éternel (*) Dieu qui réalisa l’œuvre entière — “ lorsqu’ ” il fit les cieux et la terre — bloquant le tout en un seul jour-époque plus long encore renfermant l’œuvre des six jours-époques déjà énumérés.

(*) La version cathol. rom. Crampon “ Yahweh Dieu ” ; la version anglaise : “ The Lord God ” [ Le Seigneur Dieu] ou “ Jéhovah ” ; les versions fses protest. : “ L'Éternel Dieu ” - Trad.

Le mot Dieu du premier chapitre vient du mot hébreu ordinairement employé Élohim, mot collectif pluriel qu'on pourrait traduire par Dieux, et qui signifie, comme nous l'avons déjà vu : “ des puissants ” (**). L'“ Unique Engendré ” du Père était sûrement son agent exécutif dans cette oeuvre créatrice et il peut avoir eu comme associée une armée d'anges pour exécuter les détails et à qui le nom d'élohim pourrait être appliqué ici comme en d'autres passages des Écritures (**).

(**)[ Voir volume V, pages 63 et 64.] Il est donc convenable que le second récit, ou commentaire, attire notre attention sur le fait que Jéhovah, le Père de tous, fut le Créateur, quels qu'aient pu être ses représentants ou instruments honorés. Il peut être utile d'examiner ici les détails supplémentaires donnés dans le second récit relatif à la création de l'homme.

On lit :

Et l'Eternel Dieu forma l'homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie et l'homme devint une âme vivante (D.).

Dieu fut glorifié dans toutes ses oeuvres antérieures et dans chaque créature, si humble fût-elle, même si aucune d'entre elles n'était pas à même de le remercier, ou de l'apprécier, ou même de le connaître.

[39] . LE COMMENCEMENT

Dieu, dans son plan, avait prévu tout cela dès le commencement et faisait des préparatifs pour l'homme dont il se proposait de faire le chef-d’œuvre de la création terrestre, ou animale. Il n'est pas dit à propos de l'homme comme au sujet des créatures de la mer — Que les eaux foisonnent ”, ni quant aux animaux terrestres inférieurs “ Que la terre produise ”, mais au contraire qu'il était une création spéciale de son auteur, “ faite à son image ”. Peu importe de savoir s'il fut fait à l'image des Élohim ou à l'image de Jéhovah, car les Élohim n'étaient-ils pas également des “ fils de Dieu ”, à sa ressemblance par leur faculté de raisonnement et leur sens moral ?

Nous ne devons pas comprendre cette “ image ” comme étant une reproduction de forme physique, mais plutôt une image morale et intellectuelle du grand Esprit, adaptée convenablement à ses conditions terrestres et à sa nature terrestre.

Quant à la “ ressemblance ”, elle se rapporterait plutôt à la domination de l'homme qui devait être le roi de la terre et des créatures qui y fourmillent, à l'instar de Dieu qui est le Roi de l'univers entier. Ici se situe le champ de bataille entre la Parole de Dieu et la prétendue Science moderne devant laquelle le monde entier et plus particulièrement les érudits, les maîtres de la pensée dans tous les séminaires de théologie et les ecclésiastiques occupant les chaires les plus doctes, plient le genou, adorent le Dieu scientifique appelé “ Evolution ”. Les deux conceptions sont diamétralement opposées : si la théorie de l’évolution est exacte, la Bible est fausse depuis la Genèse jusqu'à l'Apocalypse. Si la Bible est vraie, comme nous le soutenons, la théorie de l’évolution est totalement fausse dans toutes ses déductions concernant l'homme.

Ce n'est pas le seul récit de la création de l'homme à l'image de Dieu d'après la Genèse qui doit régler la contestation, si fortes que soient les déclarations de la Parole : la conception tout entière de la Bible soutient le récit de la Genèse ; elle doit donc ou bien rester valable comme le récit lui-même, ou bien s'écrouler avec lui.

[40] . LE COMMENCEMENT

En effet, si l'homme avait été créé autrement que pur, parfait et mentalement bien doué, il n'aurait pas pu être, sincèrement, appelé une “ image de Dieu ”. Son Créateur n'aurait pu le mettre à l'épreuve en Eden pour manifester sa dignité à la vie éternelle sa désobéissance en mangeant le fruit défendu n'aurait pu être considérée comme péché et condamnée, comme elle le fut, par une sentence de mort ; il n'aurait pas été nécessaire non plus de l'avoir racheté de cette sentence.

En outre, “ l'homme Christ-Jésus ” est représenté comme avant été l'“ anti-lutron ”, le prix de la rançon (ou prix correspondant) pour la culpabilité du premier homme. Il faut donc qu'il soit considéré comme un exemple, ou illustration, de ce que fut le premier homme avant de pécher et d'être condamné à mort par Dieu.

Nous n'ignorons pas qu'il existe de nos jours, comme par le passé, beaucoup d'hommes naturels au caractère noble que, malgré cela, Dieu ne reconnaît que comme pécheurs, sans aucune position devant lui, à moins que, repentants, ils s'approchent de lui dans le mérite du sacrifice de Christ et qu'ils obtiennent son pardon. Ceux qui viennent vers lui dans ces conditions ne sont admis que par un effet de sa grâce, couverts par la robe de la justice de Christ. Nous sommes informés que l'issue doit être une résurrection, ou rétablissement dans la perfection avant que quiconque puisse être personnellement et entièrement acceptable par le Créateur. Pourtant c'est ce même Créateur, qui communiait avec Adam avant sa chute et l'appelait son fils, qui déclare qu'Adam et nous, ses enfants devinrent des “ enfants de colère ” condamnables en raison du péché. Adam n'était pas cela quand il fut créé “ fils de Dieu ”. Luc 3 : 38.

Aussi sûrement que “ tous les saints prophètes, depuis le commencement du monde ” ont annoncé que le Millénium à venir sera le temps de rétablissement de toutes choses, aussi sûrement la théorie de l’évolution s'oppose violemment aux déclarations de Dieu par l'intermédiaire de tous les saints prophètes. En effet, si la théorie de l’évolution était exacte, le rétablissement, loin d'être un bienfait pour la race humaine, serait un crime contre elle.

[41] . LE COMMENCEMENT

Si, par une force aveugle ou tout autre processus évolutif, l’homme s'est d'abord par de sérieux et laborieux efforts du protoplasme à l'huître, de l'huître au poisson, du poisson au reptile, du reptile au singe, du singe à l’homme primitif et de l'homme primitif à ce que nous sommes alors ce serait, pour Dieu, faire à la race humaine un tort effroyable que de la rétablir dans ce qu' Adam était , ou peut-être même à pousser le rétablissement loin encore jusqu' au retour au protoplasme. Dans cette affaire il n'est pas de solution de moyen terme, et plus tôt les enfants de Dieu se décideront d'une manière positive en faveur de sa Parole, mieux cela vaudra pour eux. Ainsi ne risqueront-ils pas d'être entraînés par l'une ou l'autre des théories négatrices de la rançon et évolutionnistes, répandues maintenant et qui tendent à tromper les élus mêmes, s'il était possible. Que Dieu soit reconnu pour vrai, même si cela prouve que tout Evolutionniste est un menteur — Romains 3 : 4.

Nous ne pouvons entrer ici dans les détails de la création d'Adam pour discuter de son organisme ou corps, de son esprit ou souffle de vie et voir comment l'union de ces deux parties a fait de lui un être vivant ou âme. Cette question a déjà été examinée dans un volume précédent (*).

(*)Volume V Chap. XII.

La multiplication de la postérité du premier couple humain n'a évidemment aucun rapport avec la transgression comme certains l'ont affirmé, mais elle constituait au contraire un des aspects de la bénédiction divine. L'unique relation entre la descendance adamique, la chute et le châtiment qui a suivi, a consisté, comme cela est déclaré, en une augmentation des conceptions et des douleurs de la mère correspondant au labeur et à la sueur du visage de l'homme. Cela a pesé d'autant plus lourdement que la race dégénérait et s'affaiblissait de plus en plus au mental comme au physique. Le but de cette fécondité aura été atteint quand il sera né un nombre suffisant d'êtres pour peupler (et non remplir) la terre. Il en est déjà né assurément un nombre considérable —

[42] . LE COMMENCEMENT

peut-être cinquante [ vingt (** ] milliards (**) Volume I, édition anglaise de 1914. Appendice : “ Examen d'une critique des espérances du Millénium, (édition fse du Vol. 1, p. 430). — dont une bonne partie dort maintenant dans, la grande prison de la mort. Ce nombre n'est nullement excessif, car la surface actuelle des terres, si elle était aménagée pour l'homme, comme en définitive elle le sera, contiendrait le double ou le triple de cette population. Et encore, nous ne faisons pas entrer en ligne de compte l'apparition éventuelle de nouveaux continents surgis des profondeurs de la mer tout comme les continents actuels ont émergé dans le passé.

Des savants à l'esprit sceptique cherchent depuis longtemps à prouver que l'homme existait déjà sur la terre bien avant la période fixée par le récit de la Genèse. Le moindre ossement retrouvé dans les couches profondes d'argile ou de graviers est examiné avec minutie dans l'intention d'apporter au savant une réputation mondiale comme étant l'homme qui a donné un démenti à la Parole de Dieu. Nous avons signalé le caractère problématique de telles preuves (*) comme la découverte de pointes de flèches dans les graviers d'une époque primitive. (*)

[43] . LE COMMENCEMENT

Nous n'ignorons pas la théorie de l'homme pré-adamite et la tentative d'expliquer ainsi l'existence (les races différentes de la famille humaine. Cependant, nous restons fidèle à la Bible comme révélation de Dieu et par conséquent à toutes les conjectures des hommes. Elle affirme la solidarité de la famille humaine dans des termes qui ne prêtent à aucune équivoque disant : “ Dieu a fait d'un seul sang toutes les nations ” ( Actes 17 : 26 ). Elle déclare aussi qu'Adam fut le “ PREMIER HOMME ” ( 1 Cor. 15 : 45,47 ). L'histoire du déluge est des plus explicites pour indiquer que huit personnes seulement furent sauvées dans l'arche, toutes (la famille de Noé) descendaient d'Adam. Il tant plutôt rechercher l'explication des différents types humains ou races humaines, dans les différents climats, coutumes, alimentation, etc et plus particulièrement dans le fait que des familles humaines se sont cantonnées dans certaines contrées, éloignées les unes des autres et que des modes de vie différents se sont implantés et fixés avec le temps. On sait, par exemple, que des Européens vivant depuis longtemps parmi les peuples de l'Inde ou de la Chine acquièrent certaines ressemblances à leurs voisins, et que leurs enfants, nés dans ces pays ressemblent davantage encore aux autochtones tant par la pigmentation de la peau que par des traits caractéristiques. L'entourage de la mère pendant la période de gestation n'est sûrement pas sans exercer une influence. Ainsi il existe en Chine un groupement dont les membres se disent être les descendants ; de Juifs dispersés lors des tribulations qui terminèrent l'Age judaïque en l’an 70 environ après J.C. Ces Juifs sont devenus si complètement chinois qu'il est impossible de retrouver en eux le caractère juif — la race la plus tenace. Dans certains cas, au moins, on a pu établir qu'il s’agissait du travail d'Indiens contemporains qui les avaient fabriquées là où ils avaient trouvé des silex appropriés.(**) (**) Voir volume II, pp. 26, 27.

Il n'y a pas très longtemps, lors d'une réunion de l'Institut de philosophie Victoria, on déclara “ qu'une analyse très sérieuse des diverses théories de l’évolution avait été entreprise par le Professeur Stokes, F.R.S. [Fellow of the Royal Society - Trad.] Sir J.R. Bennett, Vice-Président R.S. [Royal Society - Trad.] et le Professeur Beale F.R.S. et d'autres, et qu'aucune preuve scientifique n'avait pu être fournie qui pût accréditer la théorie d'après laquelle l'homme aurait évolué à partir d'un règne inférieur d'animaux. Le Professeur Virchow avait déclaré pour sa part qu'il n'existe aucun fossile-type qui soit le témoin d'un stade inférieur dans le développement de l'homme et qu’en fait les progrès réalisés dans l'anthropologie préhistorique ont, en réalité, établi une séparation plus nette encore entre l'homme et le reste du règne animal. Le Professeur Barraude, paléontologiste distingué, fut d'accord pour dire que dans aucune de ses recherches il n'avait trouvé de fossile attestant une transformation d'une espèce en une autre. Il semblerait donc qu'aucun homme de science n'ait jusqu'à présent découvert un maillon qui unisse l'homme au singe, le poisson à la grenouille, le vertébré à l'invertébré. Il n'existe pas non plus de preuve qu'une espèce quelconque, fossile ou autre, ait perdu ses caractéristiques particulières pour en acquérir de nouvelles appartenant à d'autres espèces.

[44] . LE COMMENCEMENT

Ainsi par exemple, bien que le chien et le loup se ressemblent, il n'existe aucun lien entre eux, et parmi des espèces éteintes, il en fut de même : il n'y eut aucun passage graduel de l'une à l'autre. En outre, on ne doit pas considérer en aucune façon que les premiers animaux qui existèrent sur la terre étaient inférieurs à ceux d'aujourd'hui ou plus dégradés ”.

Nous citons brièvement l'extrait suivant d'un résumé que fait Sir J.W. Dawson, L.L.D., F.R.S. Doctor of Laws ; Fellow of Royal Society - Trad.] de ses récentes découvertes concernant “ Le lieu de rencontre de la Géologie et de l'Histoire ”. Il dit :

“ Nous n'avons trouvé aucun maillon de dérivation reliant l'homme avec les animaux inférieurs qui l'ont précédé. Il nous apparaît comme un nouveau point de départ dans la création, sans aucune liaison directe avec la vie instinctive des animaux inférieurs. Les premiers hommes ne sont pas moins hommes que leurs descendants, et dans la mesure des moyens dont ils disposaient, ils ont été, autant qu'eux, des inventeurs, des innovateurs, des créateurs de nouveaux modes de vie. Nous n'avons même pas été capables de retracer son histoire jusqu'à l'âge d'or de son innocence [celui du Paradis. Lorsque nous le trouvons dans les cavernes et dans les couches de gravier, il est déjà un homme déchu, en désaccord avec tout ce qui l'entoure, il est déjà l'adversaire des autres créatures et se forge contre elles des armes de destruction plus efficaces que celles dont la nature a doté les bêtes sauvages carnivores... Pour ce qui est de son organisme, l'homme est incontestablement un animal, il est de la terre, terrestre. Il appartient également à l'embranchement des vertébrés, à la classe des mammifères mais, dans cette classe, il constitue non seulement une espèce et un genre complets, mais même une famille (ou ordre) distincte. Ainsi, un “ abîme ” le séparera-t-il de tous les animaux qui se rapprochent le plus de lui. Même si nous admettons — ce qui n'est pas encore prouvé — que dans le cas d'animaux inférieurs une espèce ait dérivé d'une autre, nous sommes incapables de produire “ les maillons qui manquent ” pour rattacher l'homme à un groupe quelconque d'animaux aux inférieurs... Il n'est peut-être pas de fait établi avec plus de certitude par la science que celui de l'existence relativement récente de l'homme par rapport aux âges géologiques.

[45] . LE COMMENCEMENT

Non seulement nous ne trouvons aucune trace de ses restes dans les plus anciennes formations géologiques, mais nous ne trouvons aucun reste des animaux qui se rapprochent le plus de lui, et les conditions du monde dans ces périodes rendaient celui-ci impropre à la résidence de l'homme. Si, suivant le système géologique conventionnel, nous divisons l'histoire de la terre en quatre grandes périodes ou époques qui vont depuis les roches les plus anciennes qui nous soient connues, l'époque éocène ou archéenne, jusqu'à l'époque moderne, nous ne trouvons des restes humains, ou de ses oeuvres, que dans la dernière des quatre périodes, et dans sa dernière partie. A vrai dire, il n'y a de preuve indiscutable de la présence de l'homme qu'à partir du début de la période moderne... Il n'y a qu'une seule espèce humaine, bien qu'il y ait de nombreuses races et variétés. Ces races ou variétés, semblent s'être développées très tôt et ont montré une fixité remarquable dans leur découverte ultérieure... Le récit de la Genèse a anticipé l'histoire moderne, Ce livre ancien est à tous égards, digne de confiance. Il est aussi éloigné que possible des mythes et légendes du paganisme antique. ”

Le Professeur Pasteur, le grand bactériologue, fut un adversaire déclaré du Darwinisme. Voici comment il s'exprimait :

“ Un jour, la postérité rira de la folie des philosophes matérialistes modernes. Plus j'étudie la nature, plus je suis stupéfait devant les oeuvres du Créateur. Je prie pendant que je suis occupé à mon travail dans le laboratoire. ”

Virchow, le savant russe, bien que n'étant pas un chrétien déclaré, était également opposé à la théorie de Darwin qui prétend expliquer la formation d'êtres organisés en partant d'une matière inorganique. Il déclara : “ Tout essai de constituer une chaîne de transition allant de l'animal à l'homme a abouti à un échec complet. Le fameux chaînon [ou maillon - Trad.] intermédiaire n'a pas été trouvé et ne sera pas trouvé. L'homme ne descend pas du singe.

[46] . LE COMMENCEMENT

On a établi au delà de tout doute possible, qu'au cours des cinq derniers mille ans il ne s'est produit aucun changement appréciable dans l'espèce humaine. ”

D'autres naturalistes ont également élevé la voix contre les conceptions darwiniennes.

Face à tous ces faits, comme elles apparaissent stupides ces tentatives occasionnelles de tel ou tel “ Docteur ” ou “ Professeur ” jouant à l’érudition en discutant des “ maillons qui manquent ” ou en suggérant que les petits orteils du pied humain deviennent inutiles et “ tomberont ” bientôt “ naturellement ” tout comme la queue des singes est déjà tombée ! N'avons-nous pas des momies bien conservées depuis près de quatre mille ans ? N'avons-nous pas des statues grandeur nature presque aussi anciennes ? Les sujets portent-ils une queue ? Leurs petits orteils sont-ils différents des nôtres d'aujourd'hui ? La tendance générale de toute la nature n'est-elle pas à la dégénérescence ? La sagesse de l'homme et son aide ne sont-elles pas nécessaires pour conserver le plus possible la perfection des plantes et des races d'animaux ? Et pour ce qui concerne l'homme, la grâce de Dieu n'est-elle pas nécessaire à son élévation, ne constitue-t-elle pas une barrière contre cette déchéance profonde qu'on peut constater dans “ les ténèbres de l'Afrique ” ? Et ceci n'est-il pas d'accord avec l'Écriture ? Rom. 1 : 21,24,28 .

Il est opportun que le peuple du Seigneur garde bien à l'esprit cette exhortation de l'apôtre Paul à Timothée : “ 0 Timothée... fuis les discours vains et profanes et l'opposition de la connaissance faussement ainsi nommée ” (1 Tim. 6 : 20 ).

Pour comprendre clairement n'importe quelle vérité, il nous faut la considérer du point de vue de la révélation divine. Il nous faut “ voir la lumière à Sa lumière ”. Alors, considérant toutes choses dans la nature sous la direction du Dieu de la nature, l'esprit et le cœur en seront comme élargis, nous serons remplis d'admiration et d'adoration à mesure que nous découvrirons, comme en une vue panoramique, la gloire, la majesté et l'empire de notre Créateur Tout-Puissant.

[47] . LE COMMENCEMENT

“ Et il y eut soir et il y eut matin. ” Le sixième jour, à son terme, 42 000 ans après que “ l'ouvrage ” fut commencé, la terre était prête à recevoir l'homme qui devait l'assujettir, bien que, dans l'ensemble, elle dût encore être améliorée.

Connaissant par avance la désobéissance de sa créature (ainsi que son plan tout entier en relation avec la sentence de mort la rédemption et la libération définitive du péché et de la mort pour tous ceux qui auront profité de leurs expériences), Dieu n'attendit pas que la terre fût tout à fait prête pour créer l'homme, mais il prépara simplement un Paradis, un jardin d'Eden qu'il rendit parfait à tous égards en vue de la courte épreuve du premier couple parfait, laissant aux hommes, condamnés au travail, le soin d'assujettir ” la terre et d'apprendre en même temps de précieuses leçons et de faire des expériences utiles.

LE SEPTIÈME JOUR-ÉPOQUE DE LA SEMAINE DE LA CRÉATION

Et Dieu eut achevé au septième jour son oeuvre qu'il fit ; et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre qu'il fit.

En remarquant la succession progressive des six jours et en nous souvenant que le nombre sept représente en lui-même l'achèvement et la perfection, il est tout naturel que nous nous attendions à ce que le septième Jour- Époque soit plus merveilleux que les autres. Et nous l'estimons ainsi ; mais notre compréhension quant à sa mission importante se trouve limitée — jusqu'au “ temps convenable ” — par la déclaration générale que Dieu se reposa de toute son oeuvre au septième jour. Qu'il est étrange qu'il dût laisser l’œuvre créatrice au moment où elle semblait justement prête à s'achever, comme si un ouvrier après avoir préparé tous les matériaux d'une construction, renonçait à son activité future, en ne mettant pas à exécution ses intentions premières !

[48] . LE COMMENCEMENT

Cependant, le sujet tout entier se dévoile dans sa grandeur lorsque nous saisissons que l'Eternel Dieu se reposa de son oeuvre créatrice, cessa de la poursuivre, parce que, dans sa sagesse il avait prévu que ses desseins pourraient être mieux exécutés par d'autres moyens. Dieu vit qu'il valait mieux permettre à sa créature Adam d'exercer son libre arbitre, de succomber à la tentation dans le péché et d'en subir le juste châtiment, la mort, avec sa longue période de 6 000 ans de vie mourante, de luttes, tel un condamné, dans un mauvais milieu. Dieu vit qu'il était préférable de le laisser en tant que condamné, faire sa part dans l'assujettissement de la terre ; qu'étant donné les circonstances il serait profitable à l'homme d'amener la terre, par le travail, à la condition paradisiaque promise, qu'il serait utile que l'homme discernât les principes fondamentaux de la justice divine, l'excessive culpabilité du péché, et qu'il serait ainsi préparé à recevoir la grâce qui sera offerte au monde au temps convenable.

Toutefois, l'une des raisons majeures pour lesquelles l'Eternel cessa l’œuvre créatrice, fut sans nul doute qu'elle pourrait être accomplie par un autre — par son Unique Engendré, d'une manière telle qu'elle glorifierait non seulement le Fils, mais le Père également, en révélant la perfection des attributs divins comme aucun autre moyen ne pourrait le faire. En donnant son Fils pour être le Rédempteur de l'homme, Dieu mit en relief non seulement sa Justice divine qui en aucune manière ne pouvait violer le principe : “ le salaire du péché c'est la mort ”, mais il fit ressortir également son Amour, sa compassion pour ses créatures déchues allant jusqu'au sacrifice de son Fils en faveur de l'homme. A la fin, sa Sagesse et sa Puissance seront également révélées, lorsque chaque détail de son plan aura été réalisé.

On pourrait faire remarquer que le fait pour le Père de cesser d'achever le plan de création afin que le Fils puisse accomplir cette oeuvre durant le Millénium par la voie du “ rétablissement ” ne diffère en rien des opérations créatrices antérieures puisque toutes celles-ci étaient du Père et par le Fils, sans qui “ pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait ”. A cela, nous répondons : Si, il y a une différence. La fonction du Fils dans l’œuvre du rétablissement par lequel ce septième Jour-Époque se terminera et apportera la perfection terrestre, sera totalement différente de celle qu'il eut dans ses oeuvres antérieures.

[49] . LE COMMENCEMENT

Dans toutes les créations antérieures, le Fils agit simplement en lieu et place de l’Eternel [Jéhovah - Trad.], faisant usage de forces et d'énergies qui n'étaient en aucun sens les siennes, mais dans cette oeuvre grandiose future, il emploiera une puissance et une autorité qui lui appartiennent, qui lui ont coûté 34 années d'humiliation dont le terme fut sa crucifixion. Par cette transaction, que la sagesse et l'amour du Père avaient préparée dans son plan, le Fils “ acheta” le monde, acheta le père Adam et toute sa race, sa propriété (la terre) ainsi que son titre de monarque “ à la ressemblance de Dieu ”. Le Père trouva son plaisir à honorer le “ Premier Engendré ” et fit donc son plan dans ce sens, il se reposa, c'est-à-dire cessa de créer afin que le Fils pût ainsi l'honorer et être honoré par lui.

Dieu se reposa, non dans le sens de récupérer des forces après une fatigue, mais dans celui de cesser de créer. Il assista à la ruine a la chute, à cause du péché, de sa créature terrestre la plus noble et cependant il ne fit rien pour empêcher le déroulement de l'exécution de la sentence de mort ni amorcer le moindre acheminement vers un rétablissement. En vérité, par la loi qu'il imposa, il empêcha toute occasion pour sa miséricorde et sa clémence de s'exercer envers Adam et sa race, sauf par l'entremise d'un rédempteur. Le châtiment étant la mort, et cela sans limite (la mort éternelle, la “ destruction éternelle”), et étant donné l'impossibilité que Dieu mente, que le Juge Suprême de l'univers revienne sur son propre et juste décret, il était dès lors impossible que le Créateur devînt directement le restaurateur de la race, ou qu'à un sens ou degré quelconque, il continuât son oeuvre créatrice à l'égard de l'homme condamné ou de son domaine, la terre.

Ainsi donc l'Eternel, Dieu, manifesta sa confiance en son propre grand plan des Ages et en son Fils Unique engendré à qui il en confia la pleine exécution. Cette confiance du Père en son Fils, l'Apôtre la prend en exemple pour nous montrer comment notre foi devrait étreindre l'Oint au point de lui confier tout ce qui nous touche de près, tant nous-mêmes que nos amis et le monde en général.

[50] . LE COMMENCEMENT

“ Nous qui avons cru, dit l'Apôtre, nous entrons dans le repos... Celui qui est entré dans son repos lui aussi s'est reposé de ses oeuvres, comme Dieu s'est reposé des siennes propres. ” Les croyants, à l'exemple de Dieu, ont en Christ, cette parfaite confiance qu'il dispose à la fois de la capacité et de la volonté d'exécuter tous les grands projets de l'Eternel en faveur de notre race et, en conséquence, reposent non pas d'une fatigue physique mais de toute inquiétude, de toute anxiété, de tout désir d'agir en lieu et place de Christ ou d'essayer d'atteindre au résultat par tout autre moyen.

Si le repos de notre Créateur, ou son renoncement à venir promptement au secours de ses créatures déchues, peuvent plus ou moins apparaître comme une marque d'indifférence ou de négligence, il n'en fut réellement pas ainsi ; l'intervention en faveur de l'homme par un Médiateur a été tout simplement jugée être le mode le meilleur et le plus sage. A ceux qui pourraient suggérer que l’œuvre du rétablissement aurait dû commencer plus tôt, nous répondons que le règne du Péché et de la Mort, soit une période de 6 000 ans, n'a pas été trop long pour que naisse un nombre suffisant d'individus pour “ peupler la terre ”, pas trop long pour apprendre à tous combien le péché est excessivement pécheur [ Rom. 7 : 13 ] et extrêmement lourd le salaire qu'il porte en lui, pas trop long pour que les hommes essayent de se relever par eux-mêmes et éprouvent l'inutilité de leurs tentatives et de leurs moyens. Bien que ce fût plus de 4 000 ans après que le péché et la mort furent entrés dans le monde que le Seigneur vint à son premier avènement pour racheter (*)(*) Ed. 1937 : “ pour fournir le prix de la rançon... ” - Voir Reprints, p. 5880 (W.T. 1er avril 1916) - Trad. le monde et s'assurer le droit juste et équitable d’intervenir pour bénir, relever et rétablir tous ceux qui accepteraient sa grâce, cependant l’Ecriture déclare que cet événement se produisit au temps marqué par Dieu : “ Au temps marqué Dieu a envoyé son Fils. ” De fait, on pourrait encore avancer que ce moment ne devait pas davantage être le réel temps marqué, à moins de considérer les

[51] . LE COMMENCEMENT

choses dans l'optique divine qui envisageait d'appeler, de rassembler, de préparer une Église élue destinée à participer avec le Rédempteur à cette grande oeuvre millénaire de bénédiction du monde. Dieu, prévoyant que cette élection exigerait cet Age de l'Évangile tout entier, envoya son Fils pour l’œuvre rédemptrice juste au temps convenable afin de l'accomplir à temps.

LA PÉRIODE DU REPOS OU CESSATION D'ACTIVITÉ CRÉATRICE ÉNERGÉTIQUE DIVINE RELATIVEMENT A LA TERRE

Combien de temps s'est écoulé depuis que l’Eternel a cessé de créer ou s'est reposé de son œuvre créatrice ? Nous répondons qu'il y a maintenant un peu plus de six mille ans. Combien de temps durera encore son repos (ou interruption) ? Jusqu'à la fin du Millénium — règne de mille ans du grand Médiateur procédant au “ rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps ” ( Actes 3 : 21 ). La confiance de l'Eternel dans l'exécution de son plan, qui l'a conduit ainsi à le remettre entièrement aux soins de Jésus, s'avérera-t-elle avoir été pleinement justifiée ? La conclusion sera-t-elle satisfaisante ? L’Eternel qui connaît la fin dès le commencement nous assure qu'elle le sera et que le Fils, aux frais duquel le plan est en voie d'exécution “ verra du fruit du travail de son âme [et] sera satisfait ” ( Esaïe 53 : 11 D ). En vérité, tous les croyants qui se reposent, par la foi, dans l’œuvre (passée et future) de leur Rédempteur, peuvent avoir une entière assurance de foi que Dieu tient en réserve pour ceux qui l'aiment, et spécialement pour l'Église, “ des choses que l’œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, qui ne sont point montées au cœur de l'homme ”. Ils peuvent également avoir l'assurance de foi qu'il a en réserve la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l'amour, de la miséricorde et des bénédictions du rétablissement pour tous ceux du monde non-élu qui, dans leurs jours de grâce du Millénium, accepteront de tout cœur les merveilleuses dispositions divines.

[52] . LE COMMENCEMENT

Six milliers d'années passées, et un millier d'années à venir, ces sept mille ans de “ repos ” de l'Eternel nous conduiront au temps où le règne millénaire du Fils prendra fin parce qu'il aura accompli ses desseins : le rétablissement à l'image divine de ceux des humains qui seront bien disposés et obéissants, et la restitution à l'homme, redevenu parfait, de la terre son domaine, son royaume. Lorsque le trône et le règne du Médiateur auront atteint leur but, et que tous ceux qui corrompent la terre auront été anéantis, le Fils remettra le Royaume à Dieu le Père ” — en le remettant à l'humanité à laquelle il était destiné à l'origine selon qu'il est décrit (*)(*) Voir volume 1, 365 ; vol. V, p. 558 ; vol. IV, pp. 683, 712-713 (1re éd. fse complète, 1968) ( Matthieu 25 : 31,34 ). “ Alors le Roi leur dira... Venez, les bénis [approuvés] de mon Père ; héritez du Royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde ” — dès la création du monde. 1 Cor. 15 : 25-28 .

C'est la durée de ce Septième Jour-Epoque, si distinctement marquée par l'histoire et la prophétie, qui nous permet de trouver celle de tous les autres Jours-époques de la Semaine de la création. La période entière de sept fois sept mille ans, soit quarante neuf mille ans conduira, lorsqu'elle sera échue au grand cinquantième millénaire qu'elle introduira ; comme nous l'avons déjà montré (*),(*) [ Voir volume II, chap. VI.], ce grand cinquantenaire est important dans les Écritures parce qu'il indique de grands points culminants dans le divin plan. Les jours de sabbat d'Israël se multipliant par 7 (7 x 7= 49) conduisaient au cinquantième jour, c'est-à-dire à la Pentecôte avec son repos dans la foi ; les années sabbatiques d'Israël, soit 7 x 7= 49 années, introduisaient la cinquantième année ou année du Jubilé ; le cycle plus large encore de 50 x 50 marquera le Millénium comme Grand Jubilé de la Terre. Et maintenant, nous trouvons finalement que le Sabbat (ou système des sept jours), appliqué sur une échelle plus vaste encore, à propos de la création de la terre, depuis le début de son aménagement jusqu'à son parfait achèvement, est de 7 fois 7000 ans ou 49 000 ans, aboutissant à l'introduction de la grande époque où il n'y aura plus ni soupirs, ni pleurs, ni peines et ni mort, parce que l’œuvre créatrice de Dieu sera alors achevée, tout au moins en ce qui concerne cette terre.

[53] . LE COMMENCEMENT

Il n'est pas surprenant que cette date soit marquée comme celle d'un Jubilé. Les fils angéliques de Dieu “ éclataient de joie ” (Job 38 : 7 ) à l'aurore de la semaine de la création de la terre, et après avoir assisté degré par degré à son développement, ils virent finalement l'homme, son roi, créé à l'image de Dieu. Puis, par la désobéissance, vint la chute dans le péché et dans la mort, ensuite les terribles expériences des anges déchus qui ne gardèrent pas leur état primitif, et l'histoire sanglante et égoïste de l'homme sous le règne du Péché et de la Mort. Alors se succèdent la rédemption, le choix de l' “ Oint ” (tête et corps) par le sacrifice, et l'établissement du Royaume messianique avec son merveilleux rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps. Il n'est pas surprenant, en vérité, que, lorsque toutes les créatures intelligentes de l'Eternel auront ainsi compris toute la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur non seulement de l'Amour de Dieu, mais encore de sa Justice, de sa Sagesse et de sa Puissance , il y ait une Jubilation dans le ciel et sur la terre.

C'est alors que toutes les créatures de Dieu, tant au ciel que sur la terre, pourront entonner le Cantique nouveau :

“ Grandes et merveilleuses sont tes œuvres
Seigneur Dieu Tout-Puissant !
Justes et véritables sont les voies,
0 Roi des nations !
Qui ne te craindrait, Seigneur,
Et qui ne glorifierait ton nom ?
Car seul tu es saint.
“ Car toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi ;
Parce que tes faits justes ont été manifestés. ”

Apoc. 15 : 3 et 4 (D.).

[54] . LE COMMENCEMENT

“ Car ainsi dit l'Eternel qui a créé les cieux, le Dieu qui a formé la terre et qui l'a faite, celui qui l'a établie, qui ne l'a pas créée [ pour être ] vide qui l'a formée pour être habitée. ” Esaïe 45 : 18 .

“ Et j'entendis toutes les créatures, qui sont dans le ciel, et sur la terre... et sur la mer disant : A celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, la bénédiction, et l'honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles. ” — Apoc 5 : 13 .

Depuis que nous avons ce qui précède, a paru, en date du 19 nov. 1902, sous la signature du Prof. G. Frédéric Wright D.D., L.L.D. [Doctor of Divinitv, Doctor of Laws] l'article suivant traitant de la création d'après le récit de la Genèse.

LE RÉCIT HISTORIQUE (*) DE LA GENÈSE

(*) “ Record ” - Trad.

“ Le premier chapitre de la Genèse, qui traite de la création du monde, est un document des plus remarquables. Il est remarquable, tant par l'habileté avec laquelle il évite tout conflit possible avec les découvertes scientifiques que par son bon effet au point de vue littéraire. Si l'on en juge par l'influence qu'il a exercée, il est peu probable qu'aucune autre page de littérature puisse lui être comparée. Son but évident est de discréditer le polythéisme et de faire ressortir l'unité de la Divinité. Il le fait en niant l'existence d'une pluralité de dieux, tant en général qu'en particulier, et en affirmant que c'est l'unique éternel Dieu d'Israël qui a fait les cieux, la terre et tout ce qu'elle renferme, et que les idolâtres ont l'habitude d'adorer.

“ On peut constater que ce chapitre est sublime dans le fait que le polythéisme et l'idolâtrie prévalent partout où son influence ne se fait pas sentir. L'unité de Dieu et son adoration comme étant le seul Créateur de toutes choses ne se sont maintenues que par celles des nations qui ont accepté ce chapitre comme une révélation vraie et divine.

[55] . LE COMMENCEMENT

COMPATIBLE AVEC LA SCIENCE

“ En même temps, les progrès de la science ont servi à augmenter plutôt qu'à diminuer l'admiration que nous avons pour cette remarquable partie du grand livre de la révélation divine. Les authentiques découvertes de la science trouvent toutes à s'inscrire dans ce cadre à la fois vaste et large. Les termes de ce chapitre ont été choisis avec une sagesse si remarquable pour éviter tout conflit avec la science moderne qu'un géologue aussi réputé que le Prof. J. D. Dana, du Yale Collège, a affirmé avec force qu'il était impossible de l'expliquer autrement que par le principe de l'inspiration divine.

“ Dès le tout premier verset, toute controverse sur l'âge de la terre, et à vrai dire du système solaire, se trouve réglée par la déclaration toute simple que le ciel et la terre furent créés au “ commencement ” sans préciser aucunement à quel moment remonte ce commencement. Or, que le système solaire ait eu un commencement, la science moderne le prouve si clairement que l'évolutionniste le plus impertinent ne peut le contredire. La doctrine moderne de la conservation de l'énergie prouve que l'actuel ordre de choses n'a pas toujours existé. Le soleil se refroidit. Sa chaleur s'irradie rapidement et va se perdre dans l'espace vide. En un mot, le système solaire est en déclin et il est aussi clair que le plein midi que le processus ne peut avoir existé depuis toujours. Même l'hypothèse des nébuleuses implique un commencement et aucune intelligence humaine n'a jamais pu mieux exprimer ce fait que le premier verset de la Bible.

LA CRÉATION FUT GRADUELLE

Ce premier chapitre tout entier de la Genèse est basé sur le principe d'un développement progressif dans cette méthode de création. L'univers n'est pas venu à l'existence d'une manière instantanée. Il n'a pas été achevé dès le début. Au commencement, nous avons simplement les forces physiques qui doivent servir à former la structure grandiose par un développement graduel, ou si l'on préfère le dire ainsi :

[56] . LE COMMENCEMENT

par un processus évolutif (-!-) (-!-) voir E volume 2 : Création (en anglais, à paraître en français —Trad. Et ceci est également vrai, quel que soit le sens qu'on puisse attribuer au mot “ jour ” (en hébreu “ yom ”). Pourquoi un Créateur Tout-Puissant aurait-il besoin du six jours même de vingt-quatre heures pour créer le monde ?

La réponse est que le Créateur non seulement possède une puissance souveraine mais il est aussi infiniment sage et il a jugé bon de choisir une méthode de création qui part du blé en herbe, puis de l'épi, puis du grain mûr dans l'épi.

“ Qu'il y ait un plan divin d'évolution (*)(*) Comme cela a déjà été indiqué, ce n'est qu'au sujet de la création de l'homme que la théorie de l'Évolution s'oppose à la Bible, et ce n'est que pour attaquer ce point précis que cette théorie existe ou trouve des partisans. c'est ce que fait ressortir ce chapitre tout entier. La création commence en amenant à l'existence les formes les plus simples de la matière et se poursuit en exerçant sur elles l'énergie qui engendre la lumière(**)(**)Voir E. volume 2 . Création (à paraître) - Trad.. Viennent ensuite la séparation de la matière qui constitue la terre, la délimitation entre la terre et l'eau, l'isolement de l'eau répartie à la surface du globe d'avec celle qui se trouve en suspension dans l’air. Si quelqu'un désire ergoter sur le mot “ firmament ” et insister sur sa signification littérale, il se trouve immédiatement arrêté par la définition du texte ( Genèse 1 : 20 ) qui précise que les oiseaux sont faits pour voler au-dessus de la terre dans la pleine étendue du ciel [ou firmament (***)(***) Voir E. volume 2, chap. VIl - Trad. du ciel ]. L'élément qui retient l'eau des nuages est celui dans lequel les oiseaux peuvent voler.

[57] . LE COMMENCEMENT

CRÉATION DE LA VÉGÉTATION

“ A la troisième époque, la terre se couvrit de végétation, la forme la plus simple de la vie, laquelle une fois introduite, porte en elle la possibilité de développement ultérieur de toutes les familles végétales. Les termes dans lesquels est annoncée la création des plantes ont un sens si large qu'ils laissent même le champ libre à la théorie de la génération spontanée, laquelle est encore une des questions controversées en biologie. Considérées sous cet angle, comme elles sont remarquables ces paroles : “ Et Dieu dit : Que la terre produise l'herbe... et la terre produisit l'herbe. ”

“ Cette manière d'expression remarquable se trouve à propos de l'introduction du cinquième jour de développement au sujet duquel on peut lire ( Genèse 1 : 20 ). “ Et Dieu dit : Que les eaux foisonnent d'un fourmillement d'êtres vivants [ voir note D.]... ” Et encore pour introduire l’œuvre du sixième jour, la même phrase apparaît ( Genèse 1 : 24 ). “ Et Dieu dit aussi : Que la terre produise des êtres [ note D. : héb. : âme, ici et vers. 21 ] vivants selon leur espèce ”. Si l'on persistait à interpréter ces paroles au pied de la lettre, nous trouverions ce que ni la science ni la théorie ne voudraient accepter.

UN CRÉATEUR SPÉCIAL

“ Lorsqu'il s'agit de la création de l'homme, la Bible ne s'exprime plus de la même manière. Il y est dit que Dieu fit l'homme à sa propre image et souffla en lui le souffle de vie. Il n'est pas nécessaire de discuter ici de ce que peut sous-entendre cette expression quant au mode de création de l'homme. Toutefois, elle correspond bien à la haute dignité de l'être humain comparé au reste de la création animale. Les traits les plus caractéristiques de l'homme sont mis en lumière par les deux récits qui nous parlent du début de son entrée dans la vie. Non seulement il est dit que l'homme est fait à l'image de Dieu, mais aussi qu'il est apte à dominer sur les bêtes des champs et qu'il a le don de la parole, par lequel il peut les nommer. De plus il a son libre arbitre qui connaît la différence entre le bien et le mal ; bref, il possède une nature morale qui le place dans une classe à part.

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“ Si tant de choses ont pu nous être dites au sujet de la création sans que rien ne fût absurde ni fantastique, et sans que rien ne créât le moindre heurt avec la science moderne, c'est bien la preuve la plus évidente qu'elles furent données par inspiration divine. Même Milton, avec toute son érudition et l'avantage que lui procurait ce récit, ne put suffisamment mettre un frein à son imagination pour ne pas donner quelque chose de grotesque à son entière conception de la création du règne animal. Hormis la main de l'inspiration, qu'est-ce qui aurait pu diriger et guider ainsi celui qui écrivit lu premier chapitre de la Genèse ?

L'HOMME CREE ET NON ÉVOLUE

“ Il y a une différence considérable entre le volume et le développement du cerveau de l'homme et ceux du cerveau des représentants inférieurs de l'ordre des “ primates ”.

“ Plus grande encore est la différence au point de vue physiologique et psychologique. L'homme possède un langage grammatical. Il peut exprimer ses pensées par des phrases ordonnées qu'il peut transcrire par des signes de son propre choix sur le papier ou sur quelque autre substance. L'homme dispose d'une oreille sensible aux harmonies musicales ce que n'a aucun animal. Ceci implique dans la structure des organes de l'ouïe une délicatesse qui n'est rien de moins que merveilleuse. Parmi ses qualités mentales, celle du raisonnement scientifique ou inductif est des plus remarquables, comparée avec les capacités mentales de la création animale.

“ Dans son important ouvrage sur “ Evolution mentale ”, Romanes croit trouver chez les animaux inférieurs tous les rudiments de la capacité mentale de l'homme, mais ils sont tellement rudimentaires qu'ils laissent l'abîme entre l'homme et l'animal aussi considérable qu'auparavant. En rassemblant toutes les manifestations d'intelligence chez les animaux, il trouve que ces derniers manifestent autant d'intelligence qu'un enfant de l'âge de 15 mois.

[59] . LE COMMENCEMENT

Or cette intelligence ne se trouve pas dans une seule même espèce, une espèce étant avancée à ce degré sur tel point, une autre l'étant sur tel autre...

RAISON CONTRE INSTINCT

“ Quel que puisse être, chez le chien, le développement du sens de l'odorat, il ne servirait à rien à celui qui entreprendrait de lui enseigner la géologie. Si perçante que soit la vue de l'aigle, elle ne lui permet pas d'étudier l'astronomie. Ce serait en vain qu'on conduirait un chien de par le monde pour lui apprendre jusqu'où s'étendait la calotte de glace à l'époque glaciaire. Il n'a pas la faculté de pensée qui lui permette de faire des rapprochements entre les blocs erratiques des États-Unis et les bancs de rochers du Canada, ou entre les pierres rayées des plaines de Russie et les montagnes des pays scandinaves d'où elles ont été entraînées par les raclages des glaces. De telles déductions sont entièrement au-dessus de la capacité de la gent canine.

APTITUDE POUR LA RELIGION

“ Nulle part cette supériorité de l'esprit humain n'apparaît d'une façon plus frappante que dans son aptitude à s'élever aux idées religieuses par le moyen de la lecture. Il y a bien des représentations extraordinaires de cochons savants auxquels on peut, par quelque procédé, enseigner à choisir sur des cubes quelques lettres afin de déchiffrer quelques mots simples, mais on ne peut enseigner à aucun animal à parler d'une manière intelligible. Le perroquet lui-même ne fait pas exception à cette règle car, en fait, ses paroles sont une simple répétition de sons qu'il ne comprend pas. On pourrait encore bien moins enseigner à un animal à lire ou à écouter avec intelligence un discours ou un sermon.

“ D'un autre côté, la Bible est un livre aux genres littéraires extrêmement variés : elle contient les plus hautes et les plus éloquentes envolées poétiques qui aient jamais été écrites, et présente les plus sublimes conceptions de Dieu et de la vie future auxquelles on ait jamais pensé.

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Elle a été traduite dans presque toutes les langues de la terre et elle y a trouvé, dans toutes, les figures de langage appropriées pour présenter effectivement ses idées...

“ C'est ainsi que, considéré du point de vue intellectuel le plus élevé, on voit le mieux la position unique de l'homme dans la création animale. Intellectuellement, il est unique en son genre. Le nom scientifique du genre auquel l'homme appartient est “ homo ”, mais il est de l'espèce “ homo sapiens ”, c'est-à-dire un corps humain possédant une sagesse humaine...

“ Alfred Russell Wallace, qui découvrit le principe de la sélection naturelle, et la publia en même temps et indépendamment de Darwin, signalait diverses particularités physiques chez l'homme qui ne pouvaient provenir de la sélection naturelle seule, mais qui indiquaient l'intervention d'une puissance supérieure directrice.

VÊTEMENTS ET OUTILS

“ Au nombre de ces particularités, il cite chez l'homme l'absence de toute couverture protectrice naturelle. De tous les animaux, seul l'homme porte des vêtements. Il tisse les fibres des plantes pour en faire une couverture ou bien il dépouille d'autres animaux de leurs peaux et s'en sert pour protéger son propre corps nu contre les inclémences du temps. Les oiseaux ont des plumes, les moutons portent des toisons, les autres bêtes ont des fourrures qui les protègent admirablement, L'homme seulement est sans cette protection à moins qu'il ne se la procure par l'usage de son intelligence. Ce n'est qu'en y réfléchissant que nous nous rendons compte de toute l'intelligence qu'impliquent les efforts de l'homme pour se vêtir. Même pour une chose aussi simple que celle de dépouiller un animal de sa peau pour s'en faire un vêtement, il lui faut d'abord inventer des outils. Il n'a jamais été possible d'enlever la peau d'un animal quelconque sans avoir à se servir de quelque couteau.

[61] . LE COMMENCEMENT

“ Et ceci nous amène à donner une autre bonne définition de l'homme : un animal qui se sert d'outils. A ce point de vue, l'éléphant et le singe sont des animaux qui s'en approchent le plus. On a vu un éléphant saisir une brosse avec sa trompe et arriver ainsi à brosser des parties de son corps qu'il ne pouvait atteindre autrement. On a vu le singe soulever une porte en se servant d'un bâton comme d'un levier. Toutefois, jamais aucun animal n'a su comment façonner un outil alors qu'il n'y a aucune tribu humaine si arriérée soit-elle, qui ne façonne des outils les plus curieux et les plus compliqués.

“ Les pirogues des races les plus inférieures sont façonnées d'une manière la plus ingénieuse, et parfaitement adaptées à leurs besoins. L'instrument à tailler le silex implique un esprit inventif et l'exercice d'une grande habileté pour sculpter. Les méthodes ingénieuses grâce auxquelles les peuples sauvages obtiennent du feu à volonté par frottement feraient honneur à l'homme civilisé, tandis que l'usage de l'arc, de la fronde et du boomerang démontre une capacité inventive et un degré très élevé qui n'a pas son équivalent chez les animaux.

APTITUDE MUSICALE

“ En outre, Wallace présente la voix humaine comme un développement qui surpasse, et de loin, tout ce que peut produire la sélection naturelle. Les singes n'ont pas le sens musical et leurs organes vocaux n'ont pas de capacité musicale, tandis que les races humaines, même les plus primitives, possèdent les deux. Les “ chants folkloriques ” sont la grande source où nos grands compositeurs vont chercher leurs thèmes. Feu Théodore F. Seward commentant, après les avoir transcrits, les complaintes et les chants des nègres dans les plantations, dit que, dans leur harmonie et leur développement, ils sont tous conformes aux règles scientifiques de la composition musicale.

[62] . LE COMMENCEMENT

Quel que puisse être le grand avantage de cette capacité musicale pour l'homme pleinement développé, nous ne pouvons concevoir quelle en aurait été l'utilité pour un animal au stade de développement inférieur où nous trouvons le singe. La voix musicale qui attire le singe n'a pas la moindre ressemblance avec celle qui charme l'homme ou la femme.

“ En outre, le volume du cerveau humain est hors de toute proportion avec les besoins intellectuels de la création animale la plus élevée au-dessous de l'homme, et sans l'intelligence de l'homme, serait plutôt un embarras qu'une aide. C'est pourquoi cerveau et intelligence ont dû exister simultanément dès l'origine afin de présenter un avantage que la sélection naturelle pouvait saisir, garder et développer.

Il est difficile de voir quel avantage il y aurait eu pour un singe d'avoir le pouce de son membre postérieur transformé en gros orteil qui ne pourrait plus être employé à saisir des choses, mais ne lui serait utile que s'il marchait dans une position verticale. On ne voit pas bien quel avantage ce serait pour un singe d'avoir ses membres de devant raccourcis, comme ils le seraient s'ils étaient transformés en bras humains. Il est difficile de voir quel avantage aurait tiré le singe des changements dans l'emplacement de l'os de la hanche et du cou qui auraient entravé sa marche à quatre pattes et l'auraient obligé à marcher debout sur deux jambes.

“ A tous ces égards, la difficulté pour nous de comprendre l'origine de l'homme par la sélection naturelle se trouve accrue si nous sommes obligés de supposer que ce fut un développement très graduel et que ces changements conduisant a la perfection de l'organisation de l'homme commencèrent à un degré imperceptible ou presque, car des modifications aussi lentes n'auraient pu être d'aucun avantage. Pour avoir un sens, il faudrait qu'elles aient été importantes, que les transformations au mental comme au physique aient marché de pair suivant quelque loi d'harmonie pré-établie.

“ Le mystère de l'origine de l'homme n'a pas été le moins du monde éclairci par l'hypothèse darwinienne ni par aucune lumière nouvelle projetée par des théories évolutionnistes.

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Dans le domaine de la géologie, chacun reconnaît que l'homme est la plus récente des espèces qui sont venues grossir la population terrestre, tandis que, mentalement, il domine tellement les animaux inférieurs, que pour cette raison même sinon pour une autre, il est unique en son genre. Le mystère est de savoir comment il vint en possession de ce degré élevé de pouvoir mental avec un corps physique et une constitution physiologique si parfaitement adaptés à son usage. Ceux qui prétendent qu'il provient de quelque manière des couches intérieures d'êtres intelligents vont au devant de difficultés philosophiques dix fois plus grandes que ceux qui acceptent la simple déclaration de la Bible, savoir que son âme est le souffle divin — l'image même de Dieu ”.

DIEU révélera son oeuvre
Dieu met un mystère troublant,
Autour de son ouvrage ;
Ses pas marquent le flot tremblant,
Il chevauche l'orage.

Du fond de l'insondable sein
De son art infaillible,
Il sort dessein après dessein
Et tout lui est possible.

Vous, saints craintifs, levez le front
Le ciel vous inquiète ?...
Les noirs nuages couvriront
De bienfaits votre tête.

Ne jugez pas Dieu par vos sens
Mais croyez en sa grâce ;
Sous des abords durs et glaçants,
Règne une douce face.

Ses plans voient le jour arriver
De leur fin graduelle ;
Si le bouton âcre est trouvé,
La fleur sera plus belle,

L'impie est sûr d'égarement,
Devant Son oeuvre il erre ;
Dieu est son propre truchement,
Lui seul la rendra claire.

(Hymne 63)

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[65] . LE COMMENCEMENT

La Nouvelle Création

ETUDE Il

LA NOUVELLE CREATION

La Nouvelle Création séparée et distincte de toutes les autres. Pourquoi choisie au sein de la création humaine plutôt que parmi les autres. Objet de son élection. Mission présente et Mission future. Comment engendrée et née à la nouvelle nature L’union intime de tous ses membres, ensemble et avec leur Chef, Tête et Epoux - Développement et épreuves des membres Le sixième sens ou sens spirituel de la Nouvelle Création au sujet du discernement. Dans les choses spirituelles A quel nom 1a Nouvelle Création doit elle répondre pour être loyale à son Seigneur et ne se séparer d’aucun de ses frères ?

Les Ecritures présentent souvent l’Eglise de l’Age de l’Evangile comme une Nouvelle Création. Ses membres définitifs, les vainqueurs, sont spécifiquement désignés comme nouvelles créatures” en Jésus-Christ (2 Corinthiens 5 : 17 ).

Malheureusement, il est devenu courant chez certains chrétiens consacrés comme chez d’autres, de lire les paroles de l’inspiration divine d’une manière confuse et

[66] LA NOUVELLE CREATION

embrouillée en sorte qu’on ne perçoit plus guère leur réelle importance et que le lecteur lui-même ne retire qu’une faible partie du bien de la consolation et de l’instruction qu’il aurait pu y puiser s’il disait plus raisonnablement, en se disciplinant davantage, avec le désir de mieux pénétrer le sens de la révélation divine. Il apparaît que, dans une large mesure, celui qui lit la Parole ne le fait pas dans le but d’être instruit par elle, mais pour la forme, comme pour s’acquitter d’un devoir ou prendre un peu de repos. Lorsqu’on veut plus ample explication on a recours à des commentaires ou à des catéchismes. Ces derniers, ainsi que les ecclésiastiques, instructeurs vivants, devraient être des aides propres à communiquer aux pèlerins en route vers Sion une connaissance plus approfondie du caractère de Dieu et de son Plan. Or, par malheur et très souvent ils sont l’inverse. Très souvent ils obscurcissent le jugement, apportent la perplexité, interprètent mal la divine Parole en sorte que ceux qui s’en rapportent à eux s’éloignent de la lumière plutôt qu’ils ne s’en approchent.

Ces errements ne sont certes pas intentionnels. Les auteurs de livres comme ceux qui enseignent font sans doute de leur mieux et donnent ce qu’ils ont de meilleur. Le commencement de ces confusions a de lointaines origines. Il y a plus de 1800 ans, lorsque les apôtres “furent endormis ”, l’ennemi, Satan, eut la haute main dans l’Eglise, le champ du Seigneur et conformément à la parabole, il sema l’ivraie de l’erreur à profusion (Matthieu 13 : 24,36 à 43 ). Ces erreurs tordirent plus ou moins le sens et mélangèrent chaque notion vraie de la révélation divine en sorte que avant que le quatrième siècle n’eut pointé le champ du Seigneur était pratiquement devenu un champ d’ivraie dans lequel ne se trouvait plus qu’une faible proportion de froment véritable. Les ténèbres de l’erreur s’appesantirent de plus en plus sur l’Eglise. Pendant dix siècles le “ Mystère de l’Iniquité” prévalut et d’épaisses ténèbres recouvrirent les peuples. La plupart des gens instruits du “ monde chrétien ” appellent aujourd’hui ces dix siècles “l’âge des ténèbres ”. Ce fut au milieu de cette obscurité que

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le Mouvement de la Réformation prit naissance. La lumière que les Réformateurs firent briller commença à éclairer les ténèbres et Dieu merci, est allée s’intensifiant depuis lors ! Cependant, il n’est pas étonnant que les Réformateurs eux-mêmes, nés et élevés au milieu de ces ténèbres épaisses, plus ou moins intoxiqués par elles, n’aient pas réussi à se débarrasser instantanément des erreurs grossières de leur époque. Au contraire, passer de l’obscurité complète dans la pleine et claire lumière eut plutôt relevé du miracle.

Le malheur pour ceux qui ont suivi les Réformateurs pendant les trois siècles derniers, a été de penser qu’il leur suffisait d’accepter les dogmes formulés pendant cette période de la Réformation, de s’y tenir, et de refuser d’aller de l’avant vers une luminosité plus grande. Tant pour eux que pour nous, tout en honorant les Réformateurs et nous réjouissant de leur fidélité, il convient de se rappeler qu’ils n’étaient pas les lumières de l’Eglise, qu’ils n’étaient pas donnés à l’Eglise pour lui servir, de guides mais n’étaient tout au plus que des aides. Les guides établis par Dieu sont, d’abord, notre Seigneur lui-même ; ensuite ses apôtres choisis et inspirés ; finalement les hommes de Dieu qui, dans le passé, ont parlé et écrit sous la direction de l’Esprit Saint pour notre instruction. Ce fut parce que les Réformateurs reçurent, de par le Seigneur, un éclair de véritable lumière qu’ils purent se rendre compte, en partie, de l’opacité des ténèbres qui les entouraient. Par là même, ils furent rendus capables de f aire l’héroïque effort par lequel ils se sont signalés pour y échapper et retrouver la lumière de la connaissance de Dieu qui brille sur la face de Christ et qui, par ses paroles et celles de ses apôtres, devient une lampe à nos pieds, une clarté sur notre sentier, et illumine le chemin des justes “jusqu’à ce que le jour soit à sa perfection ”. Si donc, maintenant, on veut suivre le Seigneur et marcher avec la lumière, il convient sans ignorer pour autant les moyens dont on peut bénéficier, soit oralement soit par la page imprimée — de ne retenir de ces derniers que ce qui permet de mieux

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apprécier le message inspiré des Ecritures. “ S’ils ne parlent pas selon cette Parole, c’est parce qu’il n’y a pas de lumière en eux ”.

Dans des études précédentes nous avons vu que notre Seigneur Jésus, longtemps avant de devenir “ l’homme Jésus-Christ ” avait été “ le commencement de la création de Dieu ". Nous avons compris que les créations successives de Dieu avaient été faites par ce Fils Bien-aimé — les chérubins, les séraphins, les anges et Tous les différents échelons, d’êtres spirituels à propos desquels peu de chose, à la vérité, a été révélé. Nous venons de terminer l’étude de la création terrestre et, à la lumière de la révélation divine, nous avons perçu la grandeur de son achèvement pendant “1e temps de rétablissement de toutes choses ” Cependant les Ecritures parlent d’une Nouvelle Création, que nous allons considérer maintenant, et qui est entièrement séparée et distincte à la fois des ordres angéliques et de la nature humaine. Le Père Céleste trouva bonne toute l’œuvre qu’il avait faite. Comme il est dit “ Toute son œuvre est parfaite ”, et chaque nature d’être, chaque degré dans l’échelle des êtres en général, est parfait en lui-même ou le deviendra lorsque arrivera le temps du grand Jubilé dont il a été question dans de chapitre précédent. Le fait qu’il y ait plusieurs ordres ou sortes d’êtres ne signifie pas que le Créateur n’ait pas été satisfait de son ouvrage et qu’il ait essayé de faire quelque chose de plus relevé ou de mieux adapté. Il convient plutôt d’y voir un effet de “ la sagesse infiniment variée de Dieu ” . La profusion que nous constatons dans la nature à propos des variétés de fleurs, de verdures, d’arbres et même d’animaux le montre assez, ce qui n’empêche pas que chaque plante, chaque animal soit parfait à son propre niveau. Ce n’est pas parce que Dieu ne fut pas satisfait d’avoir fait la rose qu’il fit l’œillet ou la pensée. Toutes les fleurs sont belles en forme, en coloris, en parfum et montrent à quel degré de diversité peut atteindre la conception et le génie divins. Ainsi en est-il, parmi les créatures intelligentes — toutes des fils de Dieu — sur des plans d’existence différents.

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Considéré à ce point de vue on comprend que, quelque soit le nombre de créatures que Dieu puisse appeler à l’existence, il ne saurait germer de jalousie entre elles. Chacune étant parfaite à l’échelon et dans la sphère qu’elle occupe, ne peut qu’être satisfaite de sa condition qu’elle préfère à toute autre. De même qu’un poisson doit sans doute être plus heureux d’être poisson qu’oiseau, inversement l’oiseau se trouve bien comme il est, de même, lorsque l’humanité aura recouvré la perfection humaine dans des conditions édéniennes, elle en sera absolument comblée et ne souhaitera pas connaître la vie angélique à quelque degré que ce soit pas plus qu’elle ne convoitera la plus élevée de toutes les natures d’êtres, celle qui sera attribuée à la nouvelle création, la “nature divine” (2 Pierre 1 : 4 ).

Les anges non plus d’ailleurs ne rêveront pas de devenir chérubin, séraphin ou homme ni d’être promus à la nature divine. Tous en fin de compte, comprendront que la nature divine est la plus élevée de toutes, qu’elle détient des possibilités et des capacités qui la classe au dessus de toutes les autres. Pourtant, Dieu a arrangé les choses de telle manière que chaque être se sente à l’aise dans sa perfection, dans le cadre qui lui est propre et soit satisfait de sa condition.

Lorsque l’Eternel se proposa la Nouvelle Création participant à la nature divine (2 Pierre 1 : 4) — participant à sa “gloire, honneur et immortalité” (Romains 2 : 7 ) il détermina que nul ne pourrait accéder à une position aussi élevée et être éprouvé ENSUITE ; mais qu’au contraire tout membre de cette Nouvelle Création devrait d’abord soutenir l’épreuve, faire la preuve de sa loyauté au Créateur et aux principes fondamentaux de sa juste seigneurie avant d’être exalté et admis dans cette Nouvelle Création, à la nature divine. Nous venons de voir que l’épreuve de l’homme, pour ce qui est de sa dignité à jouir de la vie éternelle, avait été préparée : la perfection dans laquelle il fut créé à l’origine, sa chute, sa rédemption, son relèvement et le rétablissement de tous les membres de sa race qui en seront trouvés dignes.

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Nous avons vu également que les anges ont été créés dans la perfection propre à leur nature et furent de même par la suite éprouvés et testés. Or, il est évident qu’un arrangement semblable, c’est-à-dire création parfaite d’abord et épreuve ensuite, ne pouvait être retenu au sujet des Nouvelles Créatures. Pourquoi ? Parce qu’un des éléments les plus importants de la nature divine consiste dans l’immortalité. Or l’immortalité est une condition dans laquelle la mort est impossible (1). Ainsi créer des êtres sur le plan divin, immortels, pour les éprouver ensuite, ce serait — au cas où l’un d’entre eux ne demeurerait pas absolument intègre devant Dieu — créer des êtres qui seraient devenus d’immortels transgresseurs qu’il eut été impossible de supprimer et dont l'Eternelle existence aurait fait tache dans le bel univers que Dieu veut. Considérons donc la grande sagesse de Dieu dans son comportement à l’égard de cette classe —la plus favorisée parmi toutes ses créatures — qu’il éprouve parfois à l’extrême tandis qu’elle se trouve dans une situation où la mort demeure possible.

Supposons nous en pensée près du grand Créateur, amis intimes vivant dans son entourage. L’Eternel s’interroge au sujet de cette Création Nouvelle. Parmi tous ces fils, à quelle nature d’être ferai-je appel, et à qui proposerai-je ce privilège à nul autre pareil d’être promu à cet échelon suprême ? Déjà tous sont à mon image — homme, anges, chérubins, séraphins et l’archange —tous seront heureux dans leur propre sphère lorsque mon Plan sera exécuté et que les épreuves auront pris fin. Mais à qui donc offrirai-je cette bénédiction supérieure de “participer à la nature divine ”? Naturellement l’Unique Engendré a dû se présenter tout le premier à la pensée du Père. Déjà il était le plus haut placé, le chef de toutes les myriades venant immédiatement après lui, le dieu, le puissant par qui tout fut fait et qui, dans les moindre détails, avait manifesté sa fidélité et son attachement à son Père et Créateur.

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A lui donc d’abord serait offerte l’occasion d’atteindre à la nature divine, à la gloire, l’honneur et l’immortalité. “ Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui ” — “ qu’il soit en tout le premier ” (Colossiens 1 : 18,19 ). Déjà il était premier par rapport à toutes les autres créatures. Etant demeuré fidèle il était naturellement premier sur le tableau d’avancement pour tout honneur et dignité qu’il plairait au Père d’attribuer. “ Il sera donné à celui qui a et il sera dans l’abondance ” et la fidélité aura sa récompense même ai elle passe par le chemin de l’épreuve, de l’expérience et de la discipline la plus rigoureuse. Même en ayant été un fils particulièrement loyal et dévoué il ne pouvait accéder à cette nature divine sans que sa foi et son loyalisme aient été soumis à l’épreuve la plus dure.

Cette esquisse de la Nouvelle Création, le choix de l’Unique Engendré pour en devenir le chef — soumis aux épreuves, disciplines, humiliations et autres expériences nécessaires pour démontrer son excellence — tout cela avait déjà été déterminé dans le conseil divin avant que l’homme fut créé. Dieu savait d’avance que sa créature humaine faillirait ; il avait décidé que la sentence en serait la mort ; et il avait envisagé d’imposer comme épreuve à son Fils, de devenir, de son propre consentement, le Rédempteur de l’humanité. Grâce à un sacrifice aussi immense que celui-là il manifesterait jusqu’à l’évidence son loyalisme et sa confiance dans le Père. Il devenait ainsi dans le programme divin “ l’Agneau immolé avant la fondation du monde ”. Loin de l’obliger à devenir le sauveur de l’homme, loin d’être injuste envers son Fils dans une telle exigence, le Père le préparait à la souveraine exaltation — bien au-dessus des anges, des principautés, des puissances et de tout nom qui se puisse nommer, partageant à la fois sa propre nature et son trône. Hébreux 1 : 4 ; Ephésiens 1 : 21.

Considéré sous cet angle on peut comprendre, conformément à ce que dit l’Apôtre, que notre Seigneur ait entrepris d’être notre Rédempteur “ en vue de la joie qui lui était réservée ” (Hébreux 12 : 2 ). Cette joie n’était

[72] LA NOUVELLE CREATION

pas seulement la perspective d’occuper la position la plus en vue dans la Nouvelle Création, au-dessus de toutes les autres, bien qu’on puisse raisonnablement supposer que cela en fut une partie. Remarquons cependant que dans la prière qu’il adressa à son Père, notre Rédempteur, sous le poids de l’épreuve mais dans une modestie exemplaire, ne fit aucune allusion à cette haute dignité, à la gloire et à l’immortalité qui lui avaient été promises et qu’il anticipait. Au contraire, dans une simplicité et une humilité touchantes il demanda à retrouver la position qu’il occupait précédemment comme s’il avait estimé suffisamment honorable d’avoir été choisi par le Père pour continuer la réalisation du plan divin comme il avait déjà été l’agent réalisateur de tout ce qui avait été créé (Jean 1 : 3 ). Ses simples paroles furent : “ Père, glorifie moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fut ” (Jean 17 : 5 ). Mais la réponse du Père était lourde de sens quand il dit : “ Je t’ai glorifié (honoré) et je te glorifierai (honorerai) encore ” Jean 12 : 28 .

Mais il y a plus. Le Père avait déterminé en lui-même que la Nouvelle Création ne serait pas formée d’un seul être mais qu’il aurait des “ frères” (Hébreux 2 : 17 ). Qui seraient ces frères? D’où proviendraient-ils ? des chérubins? des séraphins ? des anges? ou de l’homme? A quelque classe d’êtres qu’ils appartiennent il leur faudra être soumis aux mêmes épreuves que l’Unique Engendré parce qu’ils sont appelés à partager sa gloire, son honneur et l’immortalité. L’épreuve est celle de l’obéissance “ jusqu’à la mort ” (Philippiens 2 : 8 ). Or, tous ceux qui doivent avoir part comme lui à la nature divine doivent connaître les mêmes épreuves, les mêmes souffrances et demeurer fidèles jusqu’à la mort . Si la proposition avait été formulée à une classe d’anges quelconque il eut fallu envisager un autre mode d’exécution du plan divin que celui que nous voyons en cours d’accomplissement. Les anges — nous l’avons vu — ont eu leur expérience et ont appris par l’observation plutôt que par contact direct avec le péché et la mort. Pour que des anges

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puissent mourir, il faudrait qu’une condition de péché réel, persécution de l’un par l’autre, etc. ou toute autre situation susceptible de créer des conditions de mortalité possible, existe vraiment parmi eux. Ou encore il faudrait que, comme notre Seigneur, ils abandonnent leur nature et deviennent des hommes “ pour souffrir la mort ”. Dieu n’a pas adopté ce mode d’action.

Selon son dessein le péché et son châtiment, la mort, devaient être expérimentés par l’humanité, il détermina de choisir le reste de la Nouvelle Création parmi les hommes. Ainsi, non seulement l’épreuve de son Unique Engendré se trouverait liée à l’humanité, au péché et à la mort qui y règnent, mais encore tous ceux qui deviendraient co-participants avec lui dans la Nouvelle Nature auraient connu de semblables expériences, de pareilles épreuves. L’Unique Engendré, appelé Jésus, puis plus tard le Christ c’est-à-dire l’Oint, deviendrait un modèle, un exemple à suivre par les autres membres de la Nouvelle Création qui devraient imiter son caractère, être des “ COPIES de l’image de Son Fils” (Romains 8 : 29 ). Dans le cas dont nous discutons comme en d’autres on peut remarquer qu’une idée directrice d’économie conduit le déroulement de l’action divine. L’installation du péché et de la mort à un seul étage de la création suffit : elle apporte aux hommes une grande expérience et un enseignement ; elle donne aux anges une leçon visuelle ; elle constitue l’épreuve cruciale de ceux qui seront admis dans la Nouvelle Création.

Le fait que les écrits du Nouveau Testament — autrement dit, les enseignements de Jésus et des apôtres s’adressent à cette classe de “nouvelles créatures et à ceux qui, par la foi et l’obéissance prennent la même orientation, en a induit bon nombre à supposer — ce qui est contraire aux Ecritures — que ces déclarations concernaient toute l’humanité. On a perdu de vue que l’appel de l’actuel Age de l’Evangile était un “ haut appel ”, un “ appel céleste ” (Philippiens 3 : 14 ; Hébreux 3 : 1). Ne pas discerner que Dieu a un plan de salut pour le monde

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entier et un autre plan de salut spécial quelque peu différent du précédent pour l’Eglise de cet Age de l’Evangile, a créé de grandes confusions dans l’esprit des commentateurs. Ils ne distinguent pas la classe élue et les bénédictions qui lui sont particulières, de la beaucoup plus nombreuse classe non-élue et les bienfaits qui doivent lui venir par l’intermédiaire des élus. Ils ont supposé que, une fois l’élection achevée, le Plan de Dieu était terminé alors qu’en réalité il ne faisait que commencer à intéresser plus directement le reste de l’humanité et le salut de rétablissement concernant le monde entier — tout au moins ceux qui accepteront les conditions du Seigneur.

Ce flottement dans la pensée, ne pas se rendre compte qu’il existe deux saluts ayant des objectifs différents celui de l’Eglise, pour une nature nouvelle, la nature divine, et celui du monde pour le retour à la perfection intégrale de la nature humaine — ont conduit et ont contribué à créer une grande confusion dans l’esprit au point de mélanger ce qui, dans les Ecritures, s’applique à ces deux saluts différents. On parle de ceux qui sont sauvés tantôt d’un point de vue, tantôt d’un autre. On en parle comme d’êtres spirituels dans la gloire, l’honneur et l’immortalité en même temps qu’on les confond avec des êtres humains, de chair, d’os, etc. vivant dans la condition spirituelle. D’autres concentrent leur pensée sur le rétablissement humain et imaginent une terre —paradis retrouvé où le Seigneur et les siens demeureraient dans ce qu’ils appellent des corps spirituels sans bien se rendre compte de ce que veut dire le mot spirituel. Ils devraient savoir en effet qu’un corps spirituel — ou comme l’on dit un “esprit — est organisé pour la vie dans des conditions d’ordre spirituel et qu’un corps matériel, formé d’éléments terrestres ne pourrait être pour lui qu’une entrave. De même le corps humain est organisé en vue de la vie dans les conditions terrestres et serait un monstre s’il était éthéré à quelque degré que ce soit. Il ne semble d’ailleurs pas que le Créateur ait voulu de tels mélanges.

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On ne peut se rendre compte de la beauté et de l’équilibre du plan divin qu’en comprenant la Nouvelle Création. Ses membres en perspective sont appelés par Dieu à se tenir en marge, à part de l’humaine nature, étant l’objet d’un “appel céleste ” ou “haut appel”. Outre qu’ils ont à affermir leur vocation et leur élection, ils ont à effectuer à l’égard de l’humanité hors de laquelle ils sont choisis, un double travail. 1) Tout d’abord ils doivent collaborer avec Dieu au rassemblement de la classe élue en apportant au monde un message ayant valeur de témoignage et en souffrant, au titre de membres du sacerdoce de propitiation, en raison de leur propre fidélité et de l’aveuglement des hommes.

2) Ensuite avec leur Seigneur et Chef, ils doivent former un sacerdoce divin, royal, spirituel, à qui seront remis les intérêts et les affaires du monde en vue du redressement et du relèvement de tout être humain de bonne volonté, en assurant la médiation entre Dieu et l’homme, en établissant parmi les hommes un royaume de justice conformément au programme divin qui veut l’éducation et le rétablissement de la créature humaine.

On comprendra facilement qu’aucune autre classe d’êtres n’est plus désignée pour répondre à l’intention divine de gouverner et de bénir le monde. Leur communauté d’origine avec l’humanité, “ enfants de colère comme les autres”, leur permet de connaître les faiblesses, les imperfections, les tentations et les épreuves auxquelles l’humanité a été soumise en raison du péché et des lois de l’hérédité. Ils sont ainsi préparés à devenir des conducteurs pondérés et miséricordieux d’autant plus que leur perfection dans la nature divine les qualifiera pour prendre des décisions à la fois justes et indulgentes en tant que juges du monde au jour du jugement (1).

Tandis que ce grand œuvre de redressement, de gouvernement, de bénédiction et de jugement des hommes et des anges déchus sera confié plus particulièrement à


Voyez volume 1, chapitre VIII — Le jour du Jugement.

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ces Nouvelles Créatures, mieux préparées à ce travail qu’aucune autre classe d’êtres dans tout l’univers parce que préparées par le Seigneur lui-même, néanmoins leur mission ne s’arrête pas là. Au contraire, les mille ans du règne Millénial ne seront qu’un commencement dans le domaine de l’activité de ces Nouvelles Créatures. A la fin, lorsque le Royaume sera remis à “ Dieu le Père” et aux hommes qui seront redevenus les représentants de Dieu dans l’administration de la terre, un champ d’action plus vaste s’ouvrira devant la Nouvelle Création. N’est-il pas écrit que le Père Céleste a non seulement élevé Son Fils à la nature divine comme lui-même mais a également partagé son trône avec lui et que le Fils s’est assis avec le Père sur son trône ? (Apocalypse 3 : 21 ). Et quand bien même — c’est une façon de parler — il abandonnerait cette position officielle pendant l’âge du Millenium pour s’occuper plus spécialement des affaires de la terre qu’il s’est acquise, il ne s’ensuivrait nullement qu’après avoir achevé complètement l’œuvre que de Père lui avait donnée à faire, il soit moins glorieux ou occupe une position moins digne que celle qui lui fût attribuée lorsque, après avoir payé par son sacrifice, la rançon du péché il monta au ciel.

Nous ignorons quels autres grands travaux futurs le Créateur peut projeter pour son Unique Engendré et Fils bien-aimé qu’il “a établi héritier de toutes choses ”, mais nous tenons de notre Maître lui-même que lorsque nous aurons été glorifiés, nous lui serons semblables, que nous le verrons tel qu’il est, que nous partagerons se gloire et que “nous serons toujours avec le Seigneur ”. Ainsi donc, quelle que soit l’activité future réservée à l’Unique Engendré et “héritier de toutes choses ” nous serons avec lui, nous auront part à son œuvre, à sa gloire, comme nous aurons aussi eu part à sa nature. Ce qui précède repose sur les déclarations de la Parole écrite de Dieu. Cependant il n’est pas sacrilège de consulter le grand livre de la nature à la lumière du plan divin. Les différentes planètes ou mondes qui gravitent comme nous dans l’immensité ne sont certes pas en formation en

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vain. Il arrivera que d’autres créations s’y opéreront. Lorsque viendra le temps, celui qui a été premier en toutes choses le sera encore quand il s’agira d’utiliser la divine puissance là où elle sera nécessaire. Pas n’est besoin de supposer qu’il faudra, sur les autres planètes, renouveler l’expérience du péché. Au contraire, soyons assurés que de règne du péché sur la terre, ainsi que ses affreuses conséquences, pourront et seront utilisés par le Seigneur comme une leçon éternelle au profit même d’êtres qui sont encore à créer dans les autres mondes et qui apprendront par oui dire plutôt que par expérience.

Une fois Satan, tous ses émissaires, toutes les influences mauvaises et trompeuses supprimés ; avec l’Eglise glorifiée, rendue sage par l’expérience, occupée à instruire les créatures parfaites des autres mondes ; avec le concours d’instructeurs, pris sur cette terre, et mis au fait pour avoir connu un contact personnel avec le péché ainsi que le relèvement et la bénédiction du Seigneur, comment ces êtres n’apprendraient-ils pas à connaître le bien, le mal et les salaires différents qui les accompagnent ! Ceux qui les enseigneront pourront leur parler de la grande rébellion de Satan, de celui qui a égaré l’humanité à l’extrême, de la terrible chute dans le péché et la misère, de la rédemption de la haute récompense attribuée au Rédempteur et à ses co-héritiers, des heureux privilèges, de rétablissement accordés aux humains. Ils leur apprendront que tout cela doit servir de leçons et d’exemples pour toute la création de Dieu et pour toujours. Ces indications exerceront sans doute une retenue et seront un frein contre le péché en même temps qu’une invitation à garder un caractère conforme à la divine loi d’amour.

Comme il a déjà été montré (1), l’œuvre de ces “ Nouvelles Créatures ”, actuellement, revêt un aspect double. Leur engendrement par l’esprit saint fait d’elles des sacrificateurs. Cependant l’entendement seul est engendré; le corps est encore de la terre, terrestre, et, comme le

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dit l’apôtre “ Nous portons ce trésor (la Nouvelle Nature) dans des vases de terre afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non pas à nous” (2 Corinthiens 4 : 7 ). L’esprit ou volonté nouvellement engendré, c’est tout ce qu’il y a à présent pour représenter la nouvelle nature et c’est tout ce qu’il y aura jusqu’à la Première Résurrection où cette nouvelle volonté devenue un nouveau caractère, recevra un corps convenable, un corps céleste, un corps spirituel parfait, complet, d’une conformité absolue à la volonté divine. En même temps, la puissance divine, l’esprit saint, opérant dans nos esprits et faisant de nous des “Nouvelles Créatures ”, des sacrificateurs, nous achemine vers le sacrifice et nous fait comprendre que nos intérêts humains, nos visées humaines, nos préférences humaines, etc... sont les choses qu’il convient de sacrifier chaque fois qu’elles s’opposent aux aspirations et aux normes telles que Dieu les a fixées aux “Nouvelles Créatures ”. C’est ainsi que la victoire de la Nouvelle Créature s’obtient au prix du sacrifice de sa propre nature humaine. Cette victoire glorifie Dieu ainsi que son pouvoir de créer en nous le vouloir et le faire” par ses promesses, d’une manière telle qu’il ne pourrait l’être davantage même si tous nos efforts naturels s’accordaient à ses exigences au point qu’aucun sacrifice ne serait nécessaire. De même que la foi, la consécration et le sacrifice des “Nouvelles Créatures” répond à, correspond à et se trouvait représenté dans le corps sacerdotal Aaronique d’Israël et dans ses sacrifices figuratifs, ainsi, explique l’apôtre, le sacerdoce futur de ces nouvelles créatures était illustré par le glorieux sacerdoce de Melchisédek.

Melchisédek n’était pas un sacrificateur qui officiait en tunique de lin ; c’était un prêtre qui était en même temps un roi “ Un prêtre sur son trône”. Comme tel, sa position était figurativement plus élevée que celle d’Aaron. Car Aaron était fils d’Abraham et Abraham, si grand qu’il fût, paya la dîme à Melchisédek qui le bénit. L’apôtre s’appuie sur cette allégorie pour expliquer que le sacerdoce du sacrifice est inférieur au sacerdoce qui

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se double de l’office royal, en gloire et en honneur. Melchisédek représentait donc ces nouvelles créatures engagées dans l’œuvre du Royaume Millénial (Christ, le chef et les membres de son corps). Pour lors, la phase sacrificielle de l’œuvres era close ; l’aspect régalien, souverain, éducateur, aura commencé. Et ce sacerdoce royal sera tout à fait compétent pour réaliser la promesse divine : “ toutes les familles de la terre seront bénies ”, et tous ceux qui le voudront pourront rentrer dans la communauté d’idées et de sentiments qui unissent indissolublement le Créateur aux lois de son empire. Genèse 22 : 18 ; Galates 3 : 16,29.

Tous les symboles et les types par lesquels le Seigneur illustre (la relation intime qui unit son Unique Engendré, le Sauveur, à l’Eglise élue, appelée et préparée à devenir de “ Nouvelles Créatures” jointes à lui dans la nature divine, font tous ressortir au plus haut point l’affinité, l’intimité, l’unité qui existera entre eux. Il semble que le Seigneur se soit rendu compte que sa créature humaine d’esprit humble ait peine à croire en un intérêt aussi marqué, en un amour aussi profond de la part du Créateur, au point de proposer une invitation à occuper une position aussi excellente dans toute la création, immédiatement après Son Fils et après lui-même. C’est pourquoi, à plusieurs reprises et par plusieurs allégories il réitère cette proposition de façon à faire taire tout scepticisme, doute ou incertitude quant à la réalité et à la vérité de ce “haut appel ”. Rafraîchissons-nous la mémoire par quelques-unes d’entre elles. Dans l’une notre Seigneur est figuré sous les traits d’une “pierre angulaire” de pyramide tandis que l’Eglise élue est composée de pierres vivantes, amenées vers lui, façonnées conformément aux lignes directrices du sommet et dans le même caractère de manière à constituer, avec lui, la grande structure pyramidale que Dieu érige pendant cet Age de l’Evangile, qui doit bénir le monde dans l’âge prochain, et par laquelle il sera glorifié à toute éternité.

Cette image de la pyramide se trouve en relation étroite avec une autre figure: celle du Temple.

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Le Temple bâti par Salomon était un type du plus grand temple spirituel qu’avec une sagesse plus grande encore Dieu est en train de construire (1 Pierre 2 : 5 ). Il est rapporté que dans la construction du Temple, chaque poutre, chaque pierre avait sa place marquée d’avance et était préparée en conséquence. Ainsi en est-il des membres de l’Eglise de la Nouvelle Création ses membres sont spécialement préparés en vue de la place qu’ils auront à occuper dans l’avenir. De même que cette manière de faire permit de construire le Temple sans qu’on entendît “ le bruit du marteau ”, sans choc ni heurt, ainsi, sous la direction du divin architecte, l’Eglise, la Nouvelle Création, à la fin de cet Age de l’Evangile naîtra d’entre les morts comme son Seigneur, à sa résurrection, au début de l’âge, fut le “premier-né d’entre les morts”. 1 Rois 6 : 7.

Une autre figure est celle du corps humain et de ses membres. C’est l’apôtre Paul qui se sert de cette illustration pour établir l’étroitesse des liens qui unissent les élus au Seigneur, la Tête de l’Eglise qui est son corps (Romains 12 : 4,5 ; 1 Corinthiens 12 : 12 ). De même que la tête commande au corps, pense pour lui, projette pour lui, veille sur lui et se sert de l’un ou l’autre membre pour aider les autres, ainsi de Seigneur agit-il dans son Eglise. Il surveille et place les différents membres du corps comme il lui plaît de manière à apporter un soutien à ceux qui travaillent à “ affermir leur vocation et leur élection ” en les assurant d’autre part que, tant qu’ils demeurent dans cette attitude correcte du cœur dans l’humilité et la fidélité, “ toutes choses concourront à leur plus grand bien” parce qu’ils aiment Dieu et sont appelés selon son dessein ”.

Une autre figure encore représentant l’accord existant entre Christ et son Eglise est celle d’un capitaine et de ses soldats, d’un berger et de son troupeau. Mais parmi toutes ces images qui suscitent en nous l’heureuse idée d’une union étroite entre le chef de la Nouvelle Création et ses frères, l’Eglise, il n’en est peut-être pas une qui fasse mieux ressortir l’intérêt et l’amour que

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nous porte le Maître sinon celle de l’Epoux et de l’Epouse. C’est un noble Epoux en effet que l’Unique Engendré pour tous ceux qui discernent la grandeur de son caractère et sa fidélité! Le sentiment de l’Eglise qui est son corps a bien été exprimé prophétiquement: “ Il se distingue entre dix mille et toute sa personne est pleine de charme ”. Reprenant cette illustration l’apôtre s’adresse à l’Eglise et dit: “ Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure ” (2 Corinthiens 11 : 2 ). Il fait allusion ici à la coutume juive dans le mariage, tout à fait différente de celle que nous connaissons dans nos pays. De nos jours on considère les fiançailles comme un engagement susceptible d’être modifié au cas où l’une ou l’autre des parties venait à s’apercevoir que l’union n’est pas heureuse ou bénéfique. Mais le mariage juif, ordonné par le Seigneur, était sans doute un type de l’union entre Christ, l’Epoux, et l’Eglise son Epouse. Chez les Juifs, les fiançailles équivalaient au mariage réel; elles donnaient lieu à un contrat écrit dans lequel les témoins de l’époux et de l’épouse faisaient état de la dot, etc... Les fiançailles avaient valeur de mariage bien que la coutume ait voulu que la noce proprement dite ainsi que l’union réelle n’ait lieu qu’environ une année plus tard. Ainsi en est-il des promesses échangées, ou contrat, entre le Seigneur, le céleste époux, et ceux qu’il accepte comme siens. Ni de son côté ni du nôtre il ne saurait être question de contrat plus ou moins sérieux. Il s’agit au contraire d’une union réelle du cœur d’amour, de dévouement. Toute résiliation de notre contrat d’alliance revêtirait une sérieuse importance. A propos de l’Epoux l’apôtre déclare:

“ Celui qui vous a appelés est fidèle et c’est lui qui le fera ” (1 Thessaloniciens 5 : 24 ). C’est donc sur nous que tout repose.

A la fin de l’âge notre Seigneur, l’Epoux, vient chercher son Epouse. Mais il n’accepte que les “ vierges sages ” Ceux qui, après avoir conclu une alliance, sont devenus insensés dans le sens qu’ils auront vécu dans l’insouciance, ne seront pas estimés dignes d’être

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acceptés; ils seront ignorés sur le chapitre du mariage la porte sera fermée pour eux comme l’indique la parabole (Matthieu 25 : 1-12 ) ils seront tenus à l’écart des grands privilèges et des bénédictions qui fussent devenus leur s’ils étaient demeurés fidèles. Cependant, bien que leur infidélité puisse leur valoir de passer par le grand temps de trouble et leur fasse manquer de prendre part au Royaume et à la nature divine, il n’y aura pas lieu d’envisager pour eux — et nous nous en réjouissons —une éternité de tourments. Dieu merci, la lumière de Sa Parole est devenue plus claire maintenant ! Le fait “ d’affermir sa vocation et son élection ” vaudra de grandes et éternelles richesses de grâce à ceux qui auront été sérieux dans leur comportement. Quant aux autres qui auront vécu leur alliance dans le laisser-aller et qui se seront laissés contaminer par le monde et son esprit, la perte de ces avantages ne sers pas un châtiment négligeable.

Pour la plupart ces “ nouvelles créatures en Jésus-Christ ” se dégagent des classes sociales les plus humbles plutôt que des classes supérieures et l’on peut dire à ce sujet que le monde ne nous connaît pas comme il ne l’a pas connu. Cependant, l’Eternel, qui regarde au cœur et non à l’apparence extérieure, apprécie à un très haut degré les fidèles de cette phalange qui doit former la Nouvelle Création. Non seulement il affirme que tout ce qui les concerne est dirigé d’En haut et que tout concourt en définitive à leur bien mais il explique dans les grandes lignes comment s’effectue cette direction. N’est-il pas écrit que les anges sont des esprits envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut et que “ l’ange de l’Eternel campe autour de ceux qui le craignent et les arrache au danger ” ? Ces anges gardiens du petit troupeau ont toujours accès auprès du Père et même, figurativement parlant, il ne peut tomber un cheveu de la tête des élus que le Père n’en soit informé. C’est en complet accord avec ces tendres assurances que l’Ecriture déclare: “ Le Seigneur connaît ceux qui sont siens" et encore: “ Ils seront à moi

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dit l’Eternel au jour où je rassemblerai mes plus précieux joyaux ”.2 Timothée 2 : 19 ; Malachie 3 : 17 :

En raison de son appel à une nouveauté de vie, il est dit au sujet de la Nouvelle Création : “ Il faut que vous naissiez de nouveau ” il convient d’envisager ce sujet voisin. La naissance naturelle de l’être humain suggère la pensée de la nouvelle naissance de la Nouvelle Création. La naissance naturelle débute par un engendrement suivi d’une période de formation et, finalement la naissance intervient. Ainsi en est-il en ce qui concerne la Nouvelle Création (1) tout d’abord, nous devons être engendrés par la Parole et l’Esprit de Dieu ; (2) ensuite nous devons prendre vie, être activé par l’esprit de vérité reçu ; (3) et si le développement progressif se poursuit, si la Parole de Dieu abonde en nous, si nous ne devenons pas oisifs ni stériles ni infructueux, nous parviendrons à la naissance, — à une participation à la Première résurrection comme membres du corps de Christ. Au sujet de cette résurrection, de cette mutation complète de la condition humaine et terrestre aux conditions célestes et spirituelles de la nature divine, nous aurons bientôt (1) davantage à dire. Pour l’instant nous considérons plus particulièrement la question de l’engendrement. La Parole précise que l’engendrement de ces fils de Dieu provient “non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu ” (Jean 1 : 13 ). L’apôtre Paul également souligne la même pensée lorsque, parlant de la classe élue des “ Nouvelles Créatures ”, de leur Tête. Jésus-Christ et de l’honorable condition à laquelle elles ont été appelées, il dit : “Nul ne s’attribue cette dignité s’il n’est appelé de Dieu comme le fut Aaron ”. - Hébreux 5 : 4 .

Les Ecritures distinguent toujours entre ces Nouvelles Créatures ” élues et le reste de la famille humaine en général. Ici nous pouvons envisager les deux côtés de l’a question. 1) Traitant de la rédemption du monde,

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l’apôtre fait du sacrifice de propitiation deux parts, l’une intéressant l’Eglise, l’autre concernant le monde. Il dit: “ Il est une victime expiatoire pour nos péchés (les péchés de l’Eglise) et non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier” (1 Jean 2 : 2 ). 2) Le même apôtre établit une distinction entre les épreuves et les difficultés que connaît l’Eglise dans la vie présente et celles du reste du monde entre l’espérance de l’Eglise élue et l’espérance du monde. Il dit : “ Nous aussi qui avons les prémices de l’esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption (délivrance) de notre corps ” du corps unique, l’Eglise, dont Christ est la Tète et dont la délivrance est promise lors de la Première Résurrection à sa seconde venue (Romains 8 : 23 ). Nous ne gémissons pas au même titre que le monde car nous avons reçu du Seigneur et par notre engendrement par son esprit ce qui neutralise l’effet des déceptions, des épreuves et des difficultés du temps présent. Nous avons reçu les glorieuses espérances et promesses qui sont une ancre à nos âmes pénétrant au delà du voile. Dans nos malheurs et nos chagrins nous ne nous désolons pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Au sujet du monde et de ce qu’il espère l’apôtre écrit Toute la création soupire et est comme en travail jusqu’à maintenant ”. Les humains n’ont que peu de choses pour panser ou améliorer les blessures, les coups, les maux qui sont leur lot actuel et qui ne font que leur faire sentir toute l’acuité du péché et ses funestes conséquences : la dégénérescence et la mort. Mais au delà de l’espoir du monde, comme le dit l’apôtre, la création “attend la manifestation des fils de Dieu ” (Romains 8 : 19,22 ). Les hommes n’attendent pas et n’espèrent pas être du nombre des fils de Dieu, mais ils attendent les bienfaits que ces fils de la Nouvelle Création, investis de la gloire et de la puissance du Royaume Millénial, apporteront à la terre d’après la promesse divine de bénir toutes les familles humaines.

L’appartenance à la Nouvelle Création n’est garantie en aucun sens par l’appartenance à une organisation

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humaine quelconque. Seule l’union avec le Seigneur en tant que membre de son corps mystique entre en ligne de compte. Comme il est écrit: “ Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ” (2 Corinthiens 5 : 17 ). Pour devenir membre du Corps de Christ il est indispensable que les choses anciennes c’est-à-dire les choses de la terre — les ambitions, les visées, les espoirs, l’orgueil sous toutes ses formes, les vanités et les folies — soient passées et n’aient plus droit de cité dans la volonté bien qu’à l’occasion elles exercent encore une attraction sur nous. C’est le nouvel esprit que le Seigneur considère comme “ Nouvelle Créature ” ; c’est le progrès, le développement de ce nouvel esprit qui l’intéresse et qu’il promet de récompenser.

Les Ecritures montrent que, pour demeurer en Christ, il faut plus que le simple fait de se consacrer. La consécration ouvre la porte et ne fait que nous mettre dans le chemin en nous assurant des promesses divines, pour cultiver les fruits de l’esprit et atteindre finalement à la gloire céleste avec notre Seigneur. Mais pour conserver cette position dans le corps de Christ il faut dès maintenant produire des fruits, donner des preuves d’amour et de dévouement, ainsi que le Maître l’a exprimé lui-même dans sa parabole du vrai cep: “ Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’il porte encore plus de fruit ” (Jean 15 : 2 ). Il semblerait donc que le fait d’avoir été accepté par le Seigneur comme Nouvelle Créature en Jésus-Christ depuis un certain nombre d’années, impliquerait une croissance plus ou moins régulière en grâce, en connaissance et an fruits de l’esprit. S’il en était autrement notre position devant lui serait compromise, un autre pourrait prendre notre place parmi les élus et la couronne qui nous était destinée pourrait être attribuée à un autre qui apprécierait davantage les privilèges qui lui sont offerts, qui manifesterait plus de zèle à obtenir les choses glorieuses que Dieu a promises à ceux qui l’aiment et

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qui serait par conséquent plus disposé à compter les choses de cette terre connue une perte afin de gagner Christ — obtenir une place dans la compagnie des élus. L’idée de cette position en Christ, illustrée par l’image d’une croissance dans les fruits de l’esprit, est repris par l’apôtre Pierre lorsqu’il dit : “ En faisant cela vous ne broncherez jamais. C’est ainsi, en effet, que l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée ” (2 Pierre 1 : 10,11 ). En d’autres termes et comme l’exprime l’apôtre Paul, tout ceci veut dire que le nouvel esprit, la Nouvelle Créature doit se conformer si entièrement à la volonté de Dieu, qu’elle cherchera jour après jour à “ dépouiller le vieil homme, ses affections et ses désirs ”. Car la Nouvelle Création est représentée sous la figure d’un homme nouveau — Christ, la Tête ; l’Eglise, le Corps — qui doit croître et parvenir — toujours figurativement parlant — à la parfaite stature de l’homme en Jésus-Christ. Chaque membre de ce Corps doit se fortifier et se développer complètement — se fortifier non pas d’une force personnelle mais se fortifier en celui qui est notre Tête vivante dont la justice compense nos fautes involontaires.

L’homme garde le contact avec ce qui l’entoure au moyen de ses cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût. Les Nouvelles Créatures disposent également de ces sens tant que le nouvel esprit demeure dans son vase de terre. Néanmoins, ces sens ne suffisent pas à la Nouvelle Création qui a besoin de percevoir les choses spirituelles qui ne se voient pas, qui ne se sentent pas, qui ne se touchent pas et que l’organisme humain ne goûte ni n’entend. A cela le Seigneur a pourvu par son esprit comme le dit l’apôtre : L’homme animal ne reçoit pas les choses de l’esprit de Dieu.., et il ne peut les connaître parce que c’est spirituellement qu’on les discerne ”. “ Des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues et qui ne sont point montées au cœur de l’HOMME (par un sens quelconque ou pouvoir de perception) des choses que Dieu

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a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées (à la Nouvelle Création) par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu 1 Corinthiens 2 : 9,10,14 .

Ce sens spirituel peut être considéré comme un sixième sens attribué à ces engendrés à la Nouvelle Création. On peut aussi penser qu’ils ont reçu une série complète de sens spirituels — cinq sens supplémentaires correspondant à leurs sens naturels. Petit à petit “ les yeux de leur intelligence” s’ouvrent et de plus en plus aux choses que l’œil naturel ne peut voir. L’oreille de la foi enregistre et celle-ci augmente au point que chacune des promesses de la Parole divine devient des plus significatives et prend corps. L’enfant de Dieu. en arrive même comme à toucher le Seigneur et son invisible puissance; il goûte combien le Seigneur est bon et aime à offrir ses sacrifices, ces prières d’encens qui sont d’une agréable odeur à l’Eternel. De même que les sens naturels peuvent être améliorés, ainsi en est-il des sens spirituels. Cette amplification de l’acuité des sens spirituels (ou tout au moins les efforts faite pour y parvenir) sont antan d’étapes marquant notre élévation en grâce, notre croissance comme nouvelle créature embryonnaire jusqu’à la naissance dans la résurrection, jusqu’à la formation de nouveaux nous-mêmes dans la gloire, l’honneur et l’immortalité de la nature divine..

QUEL NOM DONNER A LA NOUVELLE CREATION ?

A un certain point de vue voici une question bien particulière et étrange. L’Eglise étant fiancée au Seigneur, unie à lui comme épouse, il peut paraître extravagant de se demander quel nom elle portera. Aucun nom ne peut mieux convenir à une épouse que celui de son époux. Le fait même de proposer un autre nom que celui-là montre qu’on se fait une fausse idée de la nature du sentiment qui unit le Seigneur à ceux qui lui sont fidèles, aux membres de son Corps ”, à l’Epouse, la

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Femme de l’Agneau ”. Le nom que donne l’Ecriture l’Ecclésia c’est-à-dire l’Assemblée, le Corps, l’Eglise de Christ, paraît suffire amplement. Si l’on veut autre chose, les Ecritures donnent encore: L’Ecclésia de Christ ou Eglise de Christ, “ L’Ecclésia de Dieu ou Eglise de Dieu (Romains 16 : 16 ; Actes 20 : 28). Les deux noms sont synonymes parce que notre Seigneur et le Père ont un seul et même intérêt en nous. Comme l’Eglise est le Corps de Christ dont il est la Tête, ainsi l’Eglise tout entière, Tête et Corps, est la formation ointe par le Père et par laquelle il lui pliait d’accomplir toute l’œuvre rédemptrice exposée dans les plus grandes et plus précieuses promesses de sa Parole. D’un autre côté l’apôtre précise un nom et désigne les fidèles comme L’Eglise du Dieu vivant comme s’il voulait opposer cette Eglise, corps ou groupement dont Christ est le chef à d’autres corps, groupements ou systèmes religieux qui ne reconnaissent pas le vrai Dieu et que le vrai Dieu ne reconnaît pas davantage comme son Ecclésia ou Eglise.

La tendance à se donner d’autres noms que ceux qu’ont donnés le Seigneur et les apôtres remonte assez loin dans le passé. Tout comme de nos jours certains sont disposés à dire “ Je suis de Luther ”, “Je suis de Calvin”, “ Je suis de Wesley ”, ou “ Je suis de Knox” tout en prétendant tous être de Christ, le même penchant existait déjà dans l’église primitive ainsi qu’en témoigne l’apôtre dans sa Lettre aux Corinthiens (1 Corinthiens 3 : 4 à 6 ). L’esprit de parti ou sectaire s’était infiltré parmi les frères de Corinthe. Non satisfaits de porter les noms de Christ et de Dieu ils cherchaient à y ajouter quelque chose et se déclaraient chrétiens d’après Paul, chrétiens selon Pierre et chrétiens d’après Apollos. L’apôtre, par inspiration, réprouve cet esprit et signale que ce n’est pas l’esprit saint mais l’esprit charnel qui conduit à diviser le corps en suivant tel ou tel autre serviteur du Seigneur au lieu de Christ lui-même. L’argumentation de l’apôtre se rapporte aussi bien à notre époque. Sa question : “ Christ est-il divisé ! ” revient à dire : Y a-t-il plusieurs corps

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de Christ ? Y a-t-il plusieurs églises de Christ ou une seule? Et s’il n’y en a qu’une pourquoi la subdiviser? “ Qui donc est Paul ? Qui est Apollos? Qui est Pierre ? ”. De simples serviteurs de la Tête de l’Eglise dont il s’est servi pour le bien de son corps son Ecclésia. S’ils n’avaient pas accepté, il en aurait trouvé d’autres qui auraient accompli le travail. Ainsi la louange, l’honneur pour tous les bienfaits dispensés par le ministère des apôtres, reviennent en réalité à la Tête de l’Eglise qui a pourvu de cette manière aux nécessités des siens. Ce n’est pas à dire que nous ne devions ni reconnaître ni estimer ceux que le Seigneur reconnaît et honore. Ce qu’il ne faut faire à aucun prix c’est les admettre comme chefs de l’Eglise ni diviser l’Eglise en sectes ou partis — suivre des hommes. L’utilisation, par le Seigneur, des apôtres ou tous autres serviteurs, n’a jamais eu pour effet de diviser l’Eglise mais au contraire d’en rassembler les membres, d’agréger les croyants consacrés à la seule Tête, au seul Seigneur, par la seule foi et le seul baptême.

Que dirait l’apôtre s’il vivait de nos jours devant les multiples divisions et les dénominations de toutes sortes ? Sans doute dirait-il que cela témoigne d’un esprit charnel très accentué, autrement dit d’une assez large mesure de l’esprit du monde. Ce qui ne veut pas dire que tous ceux qui se trouvent dans ces systèmes soient charnels et tout à fait dépourvus de l’esprit du Seigneur. Mais, dans la proportion où nous sommes animés de l’esprit du Seigneur, dans la proportion où nous sommes libérés de cet esprit charnel et de ses tendances, dans la même proportion nous nous sentirons en désaccord avec tous les clivages sectaires qui nous entourent. Selon que l’esprit du Seigneur abonde en nous, il nous conduira à accepter de moins en moins tout antre nom qui ne soit pas celui du Seigneur lui-même jusqu’à ce que, sous sa direction, nous trouvions l’unique Eglise, l’Eglise des premiers-nés dont les noms sont écrits dans les cieux et l’unique moyen d’être introduit dans cette Eglise, par le baptême, clans le corps du Maître, son Ecclésia, par le baptême dans sa mort qui nous unit à lui et à chacun de ses membres en un seul esprit.

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Il ne nous appartient pas de modifier le sentiment de toute la chrétienté sur ce chapitre. C’est une affaire qui dépasse le cadre du pouvoir humain. Mais il nous appartient, individuellement, d’être personnellement fidèle à l’Epoux. Celui qui prononce le nom du Seigneur doit s’éloigner de l’iniquité sous toutes ses formes, dans sa foi comme dans son comportement et dans ses habitudes. Celui-là ne cherchera pas une étiquette différente du nom de l’Epoux, et si on l’interroge à ce propos il aura plaisir à ne connaître que son nom et son nom seul le seul nom qui soit donné sous le ciel et parmi les hommes par lequel nous puissions être sauvés. Ceci étant, nous ignorerons tout nom de secte et toute institution sectaire pour demeurer libres dans le Seigneur. Bien sûr, nous ne devons pas rejeter ceux qui ont l’esprit du Seigneur et demeurent attachés aux systèmes sectaires. Au contraire, si le Seigneur dit “ Sortez du milieu d’elle, mon peuple, de peur que, ne participant à ses péchés vous ne participiez aussi à ses fléaux ”, c’est que plusieurs de ses enfants se trouvent dans Babylone, égarés a propos de sectes et de leurs noms. C’est à nous de faire briller notre lumière, laissant tout au Seigneur quant aux résultats.

Non seulement nous désavouons tout nom rappelant celui d’un homme mais nous désavouons aussi tout nom qui soit effectivement ou soit susceptible de devenir un nom de secte ou de parti dont l’effet serait de séparer certains enfants de Dieu d’autres qui sont également siens. Evitons les appellations de “ Eglise chrétienne ” ou Eglise de Dieu déjà employées pour identifier des fois et des communions particulières. Employons plutôt et répondons à tous les noms en usage dans les Ecritures Disciples, Eglise de Dieu, Eglise de Christ. Eglise du Dieu vivant, Eglise qui est à Corinthe, Eglise qui est à... etc... Nous ne pouvons éviter que certains nous comprennent mal, pas plus que nous n’avons

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à leur en vouloir s’ils nous appliquent des désignations qu’ils trouvent judicieuses suivant la coutume en usage. Ils peuvent par exemple nous appeler les “ Restitutionnistes ”, les Auroristes”, les “ Milllénaristes,, etc... Nous ne devons pas RECONNAITRE ces noms dans le sens de nous les appliquer à nous-mêmes. L’esprit de douceur, de patience, de paix et d’amour nous empêchera de prendre ombrage si l’on nous applique des noms comme ceux- là. Nous présumerons au contraire qu’il n’y a là nulle malveillance et y répondrons gentiment et sans esprit de combativité. Nous ferons comprendre que nous pensons être mis en cause mais que nous préférons décliner toute revendication de nom de secte ou de parti pour nous on tenir au seul nom de chrétien pris dans son sens le plus large et le plus complet c’est-à-dire que nous ne reconnaissons d’autre chef que notre Seigneur Jésus-Christ et d’autre organisation que celle qu’il a instituée — l’Eglise du Dieu vivant, Ecclésia ou Corps de Christ dont les noms sont écrits dans les cieux.

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L’Appel

de la Nouvelle Création

ETUDE III

L’APPEL DE LA NOUVELLE CREATION

Les “ appelés ” sont seuls éligibles. Quand cet appel du “ Grand salut ” a-t-il commencé L’appel à la repentance n’est pas l’appel à la nature divine. L’appel juif et l’appel de l’Evangile. Pourquoi il n’y a pas beaucoup de “ grands ” de “ sages ” de “ puissants" qui soient appelés. L’exaltation récompense de la véritable humilité. Le caractère, condition de l’appel. Pendant le Millénium le monde ne sera pas appelé mais recevra des ordres. Le temps de l’appel de l’Evangile est limité. —- La Nouvelle Création appelée ou attirée par Le Père. Christ notre sagesse. Christ notre justification Différence entre la justification réelle ou estimée telle. La “ Nouvelle Création ” a-t-elle besoin de la justification? La base de la justification. La justification des Anciens Dignitaires différente de la nôtre La justification pendant l’Age millénial. Christ fait sanctification pour nous. La sanctification pendant l’âge millénial. Deux consécrations distinctes dans les prototypes lévitiques. Pas d’héritage dans le payes. La grande multitude.

Sanctification des deux parts. La part de l’homme. La part de Dieu – Les expériences varient avec les tempéraments. - La sanctification n’est ni une perfection ni une émotion. — “ Qui guérit toutes tes maladies ”. —Aller au trône de la grâce est une nécessité. Comment ta justification rejoint la sanctification. — La consécration depuis la clôture du “ haut appel ” — Le salut ou délivrance de l’Eglise.

L’occasion de devenir membre de la Nouvelle Création et d’avoir part à ses privilèges, à son exaltation, à sa gloire, n’a pas été jetée à la volée au monde humain en général mais simplement adressée à une classe “appelée ”. Et ceci ressort positivement des Ecritures. Autrefois, Israël fut appelé par l’Eternel pour devenir son peuple particulier, séparé des autres peuples ou nations de la terre, selon qu’il est écrit : “ Je vous ai choisis, vous seuls, parmi toutes les familles de la terre ”(Amos 3 : 2). L’appel d’Israël, pourtant, n’était pas le “ haut appel ” ou “ appel céleste ”. C’est pour cela qu’il n’est fait aucune allusion aux choses célestes dans aucune des promesses réservées à ce peuple. Leur appel tendait à créer une condition préparatoire, un état d’esprit qui devait préparer un reste parmi cette nation à recevoir et à profiter du haut appel au “ grand salut annoncé d’abord par le Seigneur et qui nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu ” (Hébreux 2 : 3 ).

Ainsi ce n’est pas dans l’Ancien Testament mais dans le Nouveau qu’il faut rechercher les clauses du haut appel ou appel céleste. Cependant à mesure que nous comprenons les “ choses profondes de Dieu ”, il est possible de dégager des relations et des bontés qu’il a eues pour Israël, certaines leçons typiques utiles à la postérité spirituelle qui, elle, a fait l’objet de l’appel céleste. Et, comme l’exprime l’apôtre, Israël selon la chair et ses lois, le comportement de Dieu à son égard, étaient autant d’indications, d’ombres ou de types des choses meilleures réservées à ceux qui sont appelés à devenir membres de la Nouvelle Création.

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Puisque, conformément au plan divin, Christ devait être en tout le premier, il était nécessaire qu’il devînt le premier, le chef, le Souverain sacrificateur, le conducteur de cette Nouvelle Création de fils de Dieu, le capitaine de leur salut et leur exemple, celui qui leur servirait de modèle et de qui ils suivraient les traces. On comprend pourquoi les Anciens Dignitaires ne pouvaient en aucun sens, avoir une part quelconque dans cette Nouvelle Création. Les paroles de notre Seigneur au sujet de Jean-Baptiste le confirment : “ Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui” (Matthieu 11 : 11 ). Et tandis qu’il exalte la foi et la noblesse de caractère de ces Saints du passé, l’apôtre fait cette remarque : “ Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas sans nous à la perfection ”.Hébreux 11 : 40.

Il convient de se rappeler que nul ne peut être appelé tant qu’il demeure sous l’effet de la condamnation du péché d’Adam. Pour être l’objet de ce “ haut appel” il faut d’abord pouvoir être libéré, justifié de la sentence adamique. Or, cette justification ne pouvait être accordée à Israël selon la chair sur la base du sacrifice des taureaux et des boucs parce que le sang de ces animaux ne pouvait effacer le péché et n’était en fait qu’une image des sacrifices plus excellents qui satisfont effectivement les exigences de la Justice contre notre race. Il n’était donc pas possible que l’appel pût commencer avant que notre Seigneur Jésus eut payé le prix de la rédemption - — “ il nous a achetés par son sang précieux ”. Les apôtres eux-mêmes ne furent appelés et acceptés dans cette Nouvelle Création que d’une manière conditionnelle jusqu’au moment où le Rédempteur ayant payé le prix et étant monté au ciel, eut offert celui-ci en leur faveur. Alors, et pas avant, le Père, le Jour de Pentecôte, reconnut directement ces croyants et les ENGENDRA de son Esprit Saint pour devenir de “ nouvelles créatures”. Notre Seigneur avait en effet dît aux

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Pharisiens pendant son ministère “ Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs ” (Matthieu 9 : 13 ). Il y a même une grande différence entre appeler des hommes à la repentance et les appeler en vue du haut appel à la nature divine comme co-héritiers de Christ. A ce haut appel aucun pécheur n’est convié. Il importe donc que nous — qui sommes “par nature des enfants de colère ” — soyons d’abord entièrement justifiés de toutes choses par le sang précieux de Christ.

Et ceci s’accorde avec le préambule de l’épître aux Romains (1 : 7) adressée à tous ceux qui, à Rome, sont “ bien aimés de Dieu, appelés a être saints ” —~ participant de la nature divine. L’introduction à l’épître aux Corinthiens débute ainsi : “ A l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre” (1 Corinthiens 1 : 2 ). Un peu plus loin (verset 9 ) l’exclusivité de cet appel est encore accentuée par la mise en cause de son auteur: “ Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son fils, Jésus-Christ, notre Seigneur”. Cette manière d’expression implique une association, une unité. La pensée qui s’en dégage c’est que l’appel a pour but de trouver parmi les hommes ceux qui seront unis au Rédempteur — deviendront “ un” avec lui — comme Nouvelles Créatures, partageant avec lui la gloire, l’honneur et l’immortalité qui lui ont été attribués en récompense de sa fidélité.

Ici l’apôtre nous rappelle que nous serons co-héritiers avec Christ sous certaines conditions, si toutefois “ nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui” (Romains 8 : 17). Dans le même chapitre de la première épître aux Corinthiens (verset 24 ) l’apôtre montre que l’appel dont il parle n’est en aucun sens le même que celui qui avait été auparavant réservé aux Juifs. Il précise même que tous ne sont pas appelés. Il dit: “ Pour ceux qui sont appelés, Christ est puissance de Dieu et sagesse de Dieu ” — tandis que pour les non-appelés

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Juifs il est un scandale, une pierre d’achoppement et pour les non-appelés Grecs, une folie. Dans sa lettre aux Hébreux (9 : 14,15) l’apôtre établit que l’appel de cet âge de l’évangile ne pouvait être promulgué avant que notre Seigneur fut devenu, par sa mort le “ garant ” de la Nouvelle Alliance. Il explique : “ C’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance (l’Alliance de la Loi) ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis”.Hébreux 7 : 22 .

PAS BEAUCOUP DE NOBLES, DE SAGES OU DE PUISSANTS PARMI LES APPELES

On pourrait peut être penser que cet appel particulier, restreint par essence, doit s’adresser aux plus distingués d’entre notre race déchue — aux plus nobles, aux plus vertueux, aux plus talentueux. Or, l’apôtre détruit cette idée lorsqu’il fait remarquer : “ Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu ” (1 Corinthiens 1 : 26 à 29 ). L’explication à cet état de fait, l’apôtre la trouve dans l’intention divine de faire en sorte que personne ne puisse se vanter de mériter, d’une façon quelconque, les bénédictions dont il est l’objet. Toute cette action se déroule à l’intention et des anges et des hommes pour leur montrer la puissance de Dieu, capable de changer des caractères bas et méprisés jusqu’à en faire des caractères nobles et purs, non par la violence, mais par la puissance transformatrice de la vérité qui crée, chez les appelés, et grâce aux promesses et aux espérances qui leur sont adressées, le vouloir et

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le faire selon son bon plaisir. Cette manière de faire favorisera non seulement la gloire du Père mais encore l’humilité et le bien éternel de ceux qu’il bénira. Plusieurs fois, à travers le Nouveau Testament, nous rencontrons des déclarations affirmant que l’appel et le salut ne sont un effet ni de l’homme ni de ses aptitudes mais sont dus uniquement à la grâce de Dieu, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi l’appel exerce plus d’attrait sur les cœurs simples et sans détours que sur les grands personnages.

L’orgueil est un facteur qui intervient pour une large part dans notre nature déchue et avec lequel il faut compter. Ceux qui sont moins marqués par la déchéance que la majorité, qui ont une nature plus noble que la moyenne, s’en rendent compte, ressentent une certaine supériorité par rapport aux autres, et sont souvent portés à s’en enorgueillir. Ceux-là, même s’ils recherchent le Seigneur et aspirent à sa faveur, pourraient s’imaginer que le Seigneur les accueillerait dans de meilleures conditions que les autres. Or, la norme de Dieu est la perfection et tout ce qui n’est pas parfait est jugé inacceptable. Et tout être placé sous le coup de la condamnation est dirigé vers le même Rédempteur, vers le même sacrifice pour les péchés, qu’il ait été peu ou très atteint par la chute. Il est bien certain que de telles conditions d’acceptation sont davantage faites pour attirer les petits et les faibles de la famille humaine plutôt que les nobles et les importants. Les premiers ressentent davantage leur besoin d’un sauveur parce qu’ils sentent davantage le poids de leurs propres imperfections ; tandis que les autres, moins dégradés, satisfaits d’eux-mêmes dans une certaine mesure, ne sont pas tellement disposés à s’incliner devant la croix de Christ, à accepter une justification qui se présente sous la forme d’un don gratuit et à s’approcher, sur cette base et sur cette base seule du trône de la grâce céleste pour en obtenir miséricorde. Ils sont plus portés à s’en remettre à leur jugement personnel et à rechercher ce sentiment d’approbation intérieure qui les empêchera en réalité de passer par la porte étroite pour suivre l’étroit chemin.

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Evidemment Dieu favorise l’humilité de ceux qu’il invite à devenir membres de la Nouvelle Création. L’apôtre ne dit-il pas “ Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu afin qu’il vous élève au temps convenable ”(1 Pierre 5 : 6 ). Paul montre le modèle Jésus-Christ - comment il s’est humilié, acceptant de descendre à une nature plus basse et souffrant la mort, la mort ignominieuse de la croix, etc... En raison de cette obéissance et de cette humilité Dieu l’a souverainement élevé. Et Pierre en tire la leçon “ Dieu résiste aux orgueilleux et il fait grâce aux humbles ” (1 Pierre 5 : 5 ). Considérez votre appel, frères : il n’y a pas beaucoup d’importants, de suffisants, de raffinés qui soient appelés ; il y a plutôt des pauvres au sens où le monde le comprend, mais riches en foi. Si Dieu récompense l’humilité il récompense aussi la foi. Il veut avoir comme nouvelles créatures ceux qui ont appris à se confier en lui, qui acceptent sa grâce et qui forts de la force qu’Il communique, remportent la victoire à laquelle Il les appelle.

‘LE CARACTERE, CEPENDANT, EST UNE CONDITION DE L’APPEL

Bien que Dieu n’appelle pas les sages, les puissants, les nobles, il ne faut pas en conclure que son peuple soit un ramassis d’êtres vils ou ignorants au sens le plus péjoratif d’une dégradation abjecte. Tout au contraire le Seigneur porte très haut l’étendard devant ceux qu’il appelle. Ils sont appelés à la sainteté, à la pureté, à la fidélité aux principes de justice. Ils sont appelés à garder ces choses dans leurs cœurs et à les traduire dans leurs vies à la gloire de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière (2 Pierre 1 : 3 ; 1 Pierre 2 : 9). Le monde ne peut que les connaître selon la chair et, à ce point de vue, ils peuvent ne pas avoir plus d’apparence extérieure que d’autres. Le contraire serait plutôt vrai. Mais leur acceptation par le Seigneur ne dépend pas de leurs dehors mais de leurs esprits, de leurs entendements, de leurs intentions, de leurs “ cœurs ”.

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Dès lors, à partir du moment où ils acceptent la grâce de Dieu en Christ, sont pardonnés de leurs péchés et se consacrent à l’Eternel, ils sont considérés comme débarrassés, lavés des souillures qui sont le lot de tous les enfants d’Adam. Figurativement, ils sont revêtus de la robe du mérite de Christ qui couvre toutes leurs imperfections. C’est le nouvel esprit, la nouvelle volonté qui est la “ Nouvelle Créature ”, acceptée de Dieu, appelée, et c’est elle seule qui entre en considération.

A la vérité, le nouvel esprit, à mesure qu’il se développe, apparaît comme empreint de noblesse, d’honorabilité, de droiture. Petit à petit il acquiert un certain pouvoir sur le corps en sorte que ceux qui ne reconnaissent pas les nouvelles créatures — tout comme d’ailleurs ils n’ont pas reconnu le Maître — peuvent malgré tout s’étonner de leurs bonnes œuvres, de leur comportement, de leur esprit de bon sens, bien que parfois ils puissent prétendre y trouver quelque méprisable motif. Malgré que le nouvel esprit croisse graduellement selon la pensée du Seigneur et en dépit des efforts accomplis pour glorifier Dieu dans des corps et des esprits qui lui appartiennent, il ne sera jamais possible d’arriver à un contrôle absolu des corps mortels. — 1 Corinthiens 6 : 20 .

Examinons ensemble quelques-unes de ces qualifications et limitations relatives au caractère dans la Nouvelle Création ”. S’adressant à l’un des appelés — et, à travers lui, à tous les autres — l’apôtre écrit : “ Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle à laquelle tu as été appelé ” (1 Timothée 6 : 12 ). Les nouvelles créatures ne doivent pas s’attendre à obtenir la victoire et la grande récompense sans un combat contre l’adversaire et contre le péché qui s’infiltrent si facilement dans toutes leurs associations, ni contre les faiblesses de leur propre chair quoique cette dernière soit couverte du mérite de la justice de Christ aux termes de l’Alliance de Grâce. Le même apôtre reprend, ailleurs, son exhortation à “ marcher d’une manière digne de Dieu qui VOUS APPELLE à son royaume et à sa gloire ”

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(1 Thessaloniciens 2 : 12 ). La nouvelle créature n’a pas à se préoccuper uniquement de son appel et de sa récompense définitive dans le Royaume et la gloire; elle doit se rappeler que, dans la vie présente, elle est devenue un représentant de Dieu et de sa justice et qu’elle doit marcher conformément à ces principes. Nous lisons encore: “ Puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite selon qu’il est écrit : Vous serez saints car je suis saint ” (1 Pierre 1 : 15,16). Dans la même épître (2 : 9) on peut encore lire: “ afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ”.

Les Israélites selon l’esprit de la Nouvelle Création n’ont pas été mis sous le joug de lois spécifiques comme l’avaient été les Israélites selon la chair. Ils sont soumis à la “ loi de la liberté ” de manière que leur amour pour le Seigneur se manifeste, non seulement en évitant volontairement de faire ce qui n’est pas approuvé par le Seigneur, mais encore en sacrifiant volontairement leurs droits et leurs intérêts humains au service de la vérité et de la justice pour le Seigneur et pour les frères. La déclaration apostolique : “ Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté mais à la sanctification ” (1 Thessaloniciens 4 : 7 ) est bien dans la ligne. Il dit ailleurs : “ Vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair” (Galates 5 : 13). Ne tirez pas de cette liberté comme une autorisation à faire le mal mais considérez la plutôt comme le moyen de sacrifier vos droits actuels au service de la vérité afin de devenir des prêtres du sacerdoce royal qui régneront bientôt dans le Royaume de Dieu, comme cohéritiers de Christ, dispensant au monde les bienfaits divins.

Nombreux sont les textes des Ecritures qui témoignent du fait que l’appel à devenir de “ Nouvelles Créatures" est un appel qui mène à la gloire, l’honneur et l’immortalité (Philippiens 3 : 14 ; 2 Pierre 1 : 3 ; etc...). Mais partout le Seigneur indique que le chemin qui conduit

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à cette gloire est un étroit sentier d’épreuves, de sacrifice. Ainsi seuls ceux qui sont engendrés de l’esprit et même remplis de l’esprit pourront sortir victorieux à la fin et atteindront aux choses glorieuses auxquelles ils ont été appelés. L’accès de ce chemin a été rendu possible aux appelés par celui qui a fait la promesse : “ Ma grâce te suffit, car ma force s’accomplît dans la faiblesse ”.

Il n’est pas à croire que plusieurs appels existent puisque l’apôtre déclare : (Ephésiens 4 : 4) Vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ” Il est donc faux qu’on puisse penser pouvoir exercer un choix quelconque dans cette affaire. A la vérité, en ce qui concerne le monde dans l’âge prochain, il n’y aura pas d’appel. Dieu ne cherchera pas alors à sélectionner une classe spéciale séparée et distincte des autres en vue d’une position particulière. Pendant l’Age Millénial au lieu d’appeler le monde, le Seigneur ordonnera. Il commandera l’obéissance aux lois, et aux principes de justice. Il sera exigé de chaque créature qu’elle obéisse au gouvernement d’En haut sous peine de corrections, voire de suppression définitive, comme il est écrit “ Celui qui n’écoutera pas (n’obéira pas) à ce prophète sera retranché du milieu du peuple ” il mourra de la Seconde Mort de laquelle il n’y a aucun espoir de retour.

Et il n’y a pas non plus de second appel pendant l’Age de l’Evangile bien que, comme nous l’avons déjà vu, il existe une seconde classe de sauvés, choisie pendant cet âge — la Grande Multitude (Apocalypse 7 : 9-14 ) “ que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue ”. Cette Grande Foule servira Dieu dans son temple et devant le trône par opposition à l’Epouse qui sera sur le trône et fera partie du temple comme pierres vivantes. Or, les membres de cette seconde multitude ne sont l’objet d’aucun appel séparé et distinct. Ils auraient pu, aussi aisément et avec beaucoup plus de satisfaction, parvenir aux gloires de la nature divine s’ils s’étaient d’eux-mêmes

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soumis à une obéissance plus prompte et plus franche. Ils sortent quand même vainqueurs, à la fin, ainsi qu’en témoigne le fait de leur donner des palmes ; mais leur manque de zèle s’est trouvé être un facteur qui les a empêchés d’appartenir à la classe des plus que vainqueurs. Ils ont ainsi compromis leur héritage et leur gloire éternels comme membres de la Nouvelle Création tout en se privant au surplus d’une bonne partie de la joie, de la paix et du contentement d’esprit auxquels participent les plus que vainqueurs même dans la vie présente. La place à laquelle ils parviendront, comme nous l’avons déjà vu, sera sans doute semblable à plus d’un égard à l’échelon les anges.

Une autre pensée qui vient se greffer sur cette notion de l’appel est que son temps est limité. L’apôtre affirme “ Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut ”. “ Aujourd’hui si vous entendez sa voix n’endurcissez pas votre cœur ” (2 Corinthiens 6 : 2 ; Hébreux 3 : 15). Ce temps favorable, cette période ou époque favorable a commencé à la consécration de notre Seigneur Jésus. Il fut appelé. Il ne s’est pas attribué cette dignité et a continué depuis. “ Nul ne s’attribue cette dignité ” (Hébreux 5 : 4 ). Téméraire serait en effet l’homme qui aurait la prétention d’avoir droit à un changement de la nature humaine à la nature divine, qui voudrait abandonner sa condition de membre de la famille d’Adam dans son état de déchéance pour prendre part avec Christ à toutes les richesses de gloire et d’honneur dont il est devenu en réponse à l’appel qui lui fut adresse. L’héritier légitime à perpétuité.

La conclusion de cet appel ou “ jour du salut” ou “ temps favorable ” viendra aussi certainement qu’il a commencé. Un nombre positif, défini, a été fixé par Dieu pour constituer la Nouvelle Création ; aussitôt que ce nombre sera complet l’œuvre de cet Age de l’Evangile sera accompli. Ceci revient à dire que, dès que le nombre prévu aura été appelé, l’appel cessera. Il ne serait en effet pas logique de la part de Dieu d’appeler, ne

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serait-ce qu’un seul individu de plus que ce qu’il a prédestiné, même en sachant d’avance combien d’appelés ne seraient pas obéissants jusqu’au bout, n’affermiraient pas leur vocation et leur élection et devraient en conséquence être remplacés par d’autres. Il semblerait rationnel de penser que le Tout Puissant n’a même pas l’air de plaisanter avec ses créatures au point de proposer une seule invitation qui ne serait pas susceptible d’aboutir si elle venait à être acceptée. Les Ecritures laissent à penser que pour ce nombre élu, limité de membres du Sacerdoce Royal il a été pourvu à un nombre de couronnes. A celui qui accepte l’appel du Seigneur et se consacre à lui sur cette base, il est attribué une couronne qui lui est réservée. Il serait donc outré de supposer que le Seigneur appellerait quelqu’un, que ce quelqu’un accepterait l’appel mais qu’aucune couronne n’étant disponible il lui faudrait attendre qu’un autre perde la sienne. L’exhortation du Seigneur “ Tiens ferme... afin que personne ne prenne ta couronne ” paraît impliquer non seulement qu’il y a un nombre limité de couronnes mais encore qu’à la fin de cet âge il viendrait un temps où ceux qui n’ont pas vécu conformément à leur alliance seraient rejetés tandis que d’autres seraient prêts à les remplacer. — Apocalypse 3 : 11 .

Comme nous le comprenons, l’appel général en vue de l’association à notre Rédempteur comme membres de la Nouvelle Création de Dieu, a pris fin en 1881. Cependant nous pensons qu’un grand nombre de personnes (dans toutes les dénominations de la chrétienté probablement vingt à trente mille) ayant fait à cette époque une consécration complète de leur être, ne sont pas demeurés fidèles à leur alliance par le sacrifice. L’un après l’autre, une fois leur épreuve achevée, ont été éliminés, en cas d’infidélité, de la compagnie des élus, pour que d’autres qui entre-temps se sont consacrés, tout en n’étant pas de l’appel général, puissent de ce fait être admis dans la communion de Christ et des siens. Si ces derniers deviennent à leur tour infidèles ils sont de même écartés tandis que d’autres, attendant déjà dans une attitude de

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consécration, leurs sont substitués Considéré dans cette optique, il n’est évidemment pas nécessaire de supposer que l‘appel général se soit prolongé depuis 1881. Ceux qui sont admis maintenant peuvent goûter leurs privilèges sans relever de l’appel général qui a cessé en 1881. Ils sont reçus à l’essai et selon que l’occasion se présente, prennent la place de ceux qui se retirent. Nous pensons que ce va et vient de sorties et d’entrées continuera jusqu’à ce que le dernier membre du nouvel ordre de création aura été trouvé digne et que toutes les couronnes auront été attribuées pour l’éternité.

L’apôtre déclare : “Vous frères vous n’êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ” (1 Thessaloniciens 5 : 4 ). D’accord avec les textes qui précèdent nous avons tendance à croire qu’en ce temps de moisson de l’âge de l’Evangile l’attention des consacrés au Seigneur sera attirée par une certaine connaissance de la vérité sur le divin plan des âges, la présence du Fils de l’Homme et l’œuvre de la moisson. Nous pensons que, sous cet angle, la “ vérité présente ” constituera une épreuve qui manifestera les réelles conditions de cœur parmi les consacrés, tout comme le message de la présence du Seigneur et la moisson de l’âge juif ont mis à l’épreuve l’Israël selon la chair lors de la première venue. Nous sommes persuadés que ceux qui, à l’heure actuelle, ont des idées claires sur la vérité et la comprennent, témoignent d’une sincérité évidente dans leur foi au sang précieux et d’une consécration profonde au service du Seigneur et à qui il est accordé d’avoir une vue d’ensemble sur le plan divin, ceux-là devraient être considérés comme apportant la preuve qu’ils ont été acceptés par le Seigneur comme héritiers en perspective avec Jésus-Christ même s’ils se sont consacrés après 1881. Si leur consécration remonte à une date plus reculée, avant la cessation de l’appel, on peut en déduire qu’après un laps de temps aussi prolongé ils en arrivent quand même à l’attitude convenable dans le domaine de la consécration et que la connaissance de la vérité présente leur a été communiquée telle une bénédiction et

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une démonstration qu’ils s’ont parvenus à la communion d’esprit avec le Seigneur. S’ils ne se trouvaient pas au nombre des consacrés en 1881 ou avant, il faut en conclure qu’ils ont été accueillis dans la classe élue en remplacement d’autres qui ont été appelés mais dont le zèle a fait défaut qui n’ont été ni froid ni bouillant et ont en conséquence été rejetés. Ces derniers connaîtront le temps de trouble qui approche et qui leur apprendra par la discipline et le châtiment les leçons qu’ils auraient pu apprendre par la Parole de Dieu. Par un temps de grande tribulation ils acquerront une place dans la Grande Multitude ” alors qu’ils auraient pu parvenir, de plein gré et dans la joie, quoique par la tribulation également, à une place avec Christ sur le trône.

COMMENT DIEU APPELLE

“ C’est par lui que vous, êtes en Jésus-Christ, lequel de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice (justification) et sanctification et rédemption (délivrance) 1 Corinthiens 1 : 30 .

CHRIST, NOTRE SAGESSE

La sagesse vient en premier lieu parce que le plus important des échelons qui mènent au salut. Le témoignage du Sage s’accorde avec ce qui précède lorsqu’il dit : “ La Sagesse est la chose principale.., au prix de tout ce que tu possèdes, acquiers l’intelligence ”. Si bien disposés que nous soyons, si faibles ou si forts, la sagesse demeure essentielle chaque fois qu’il s’agît de prendre une décision. C’est un principe reconnu par tout le monde et chacun essaie d’acquérir toujours plus de connaissances ou de sagesse. Même ceux qui s’engagent dans les voies les plus insensées y parviennent généralement par des cheminements qui ne leur paraissent pas du tout déraisonnables. Ce fut le cas pour Eve. Elle désirait connaître, devenir sage, et le fait que le fruit de l’arbre défendu lui paraissait être le moyen d’acquérir cette sagesse la poussa à désobéir au Créateur. Comme il est

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nécessaire de disposer d’un conseiller sage pour guider dans les sentiers d’une sagesse agréable et paisible

Et si Eve, toute parfaite qu’elle fût, aurait eu besoin d’un guide sûr à bien plus forte raison nous, qui sommes ses enfants imparfaits. En nous appelant à faire partie de la Nouvelle Création notre Père Céleste a prévu tous nos besoins. Il a prévu que notre propre sagesse ne nous suffirait pas et que la sagesse de l’Adversaire et de ses rusés acolytes se tournerait contre nous pour donner à la lumière l’apparence des ténèbres et aux ténèbres l’apparence de la lumière. Pour cette raison et d’après notre texte, Christ est notre sagesse. Avant de venir à Dieu, avant de recevoir le bénéfice de la propitiation par laquelle nous devenons des fils, nous avons besoin d’aide, de direction, de sagesse, de faculté de compréhension qui nous permette de discerner ce à quoi le Seigneur a pourvu par son Fils.

Pour écouter la sagesse qui vient d’en haut, un cœur fervent est nécessaire. Il faut être modeste sans quoi nous serions portés à nous croire plus que ce que nous sommes, à ne pas reconnaître nos propres faiblesses, souillures et indignités au regard de la norme divine. Il faut aussi avoir une certaine honnêteté, une certaine candeur, pour savoir admettre les défauts, qu’un esprit humble discerne. Partant de là ceux qui souhaitent retrouver la paix avec Dieu et être justes devant lui, sont invités par lui-même à regarder à Jésus le Sauveur. Même en ne comprenant qu’imparfaitement le fond de la propitiation accomplie à notre endroit, il faut quand même se rendre compte que nous “n’étions par nature que des enfants de colère comme les autres ”, autrement dit des pécheurs ; que le sacrifice de Christ a été juste, que Dieu y a pourvu et l’a accepté en notre faveur ; que par ses meurtrissures nous pouvons être guéris et que par son obéissance nous pouvons être agréés, par le Père nos péchés lui ayant été imputés et ayant été portés par lui en sorte que sa justice et son mérite ont pu nous recouvrir comme une robe de justice. Il faut comprendre

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cela du cœur et c’est ainsi que Christ est fait pour nous sagesse — avant de nous décider en toute connaissance pour être ensuite, après avoir reconnu son mérite, justifié devant le Père, reçu, sanctifié puis délivré et glorifié. Cependant, Christ ne cesse pas d’être notre sagesse lorsque franchissant le pas suivant, il devient notre justification. Nous avons encore besoin de lui. Il continue d’être notre Sagesse, notre sage Conseiller. Sous sa direction nous apercevons que la plus sage voie à suivre est celle de la pleine consécration suivie d’une vie de sanctification en faisant la volonté du Père. En tout la sagesse demeure la chose principale. A toutes les étapes de notre vie de consécration ou de sanctification à toutes les étapes du voyage vers la Cité Céleste nous avons besoin de la sagesse d’En haut, laquelle, comme l’apôtre l’exprime “est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie ” (Jacques 3 : 17 ). La sagesse de conception humaine gravite autour de sentiments égoïstes, d’entêtement, de considération personnelle, de satisfaction de soi, d’honorabilité parfaite. Tout cela dit l’apôtre engendre un esprit d’envie amère et de dispute. Cette sagesse-là n’est pas d’En haut, elle est “terrestre, sensuelle, diabolique”. La sagesse céleste, au contraire, s’accorde avec le caractère divin dont la marque distinctive est l’amour qui “ne se vante point, ne s’enfle point d’orgueil, ne recherche peint son intérêt, ne se réjouit peint de l’injustice mais se réjouit de la vérité”.

Mais il existe un classement dans le mode d’opération de cette sagesse. Tandis qu’elle agit sur tous les plans que mentionne l’apôtre Jacques, cependant ceux-ci ne revêtent pas une égale importance. La sagesse d’en haut est paisible, pacifique, dans le sens qu’elle désire la paix et s’emploie à la créer; pourtant elle ne considère pas la paix comme une condition première mais la pureté — “d’abord pure, ensuite pacifique”. C’est la sagesse terrestre qui veut la “paix à tout prix” et recommande à la conscience de se tenir tranquille pour

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conserver une paix confortable. La sagesse qui est pure est aussi simple, sans artifice, honorable, ouverte. Elle aime la lumière ; elle n’appartient pas aux ténèbres ni au mal ni à quoi que ce soit qui ait besoin d’être caché elle considère au contraire que ce que l’on cache, comme ce que l’on tient secret, a souvent de mauvaises racines. Elle est paisible pour autant que la paix ne s’obtienne pas au prix de l’honnêteté et de la pureté. Elle recherche la paix, l’accord, l’unité. Puisque la paix ne vient pas en premier lieu, la sagesse ne peut qu’être en paix moralement et conformément à ce qui est honnête, pur et bon.

Cette sagesse d’en haut est encore modérée. Elle n’est ni rude ni incorrecte pas plus dans ses plans que dans ses méthodes. Sa modération, néanmoins, vient après la pureté et la paisibilité. Ceux qui la possèdent ne sont pas d’abord, modérés, puis purs et pacifiques, mais premièrement purs, sanctifiés par la vérité. Ils veulent la paix ; c’est pourquoi ils sont modérés et conciliants. Cependant, ils ne peuvent être conciliants que si la pureté, la paix, la modération sont satisfaites. Ils ne peuvent être conciliants s’il s’agit de tremper dans une mauvaise action. L’esprit de sagesse d’en haut interdit un tel comportement.

La sagesse d’en haut est pleine de miséricorde et de bons fruits: elle se réjouit d’exercer la miséricorde car la miséricorde est un élément essentiel du caractère divin qu’il importe d’imiter. Il est certain que le cœur dans lequel la sagesse d’en haut s’est installée, développera la miséricorde et mûrira tous les bons fruits du Saint Esprit du Seigneur. Mais tandis que cette miséricorde s’exercera à l’endroit de l’ignorant ou de celui qui perpètre le mal sans intention mauvaise, elle ne pourra sympathiser avec celui qui fait le mal de propos délibéré. L’esprit de sagesse n’est pas fait d’abord de miséricorde mais de pureté. La miséricorde de cette sagesse ne peut donc intervenir qu’au bénéfice des pécheurs ignorants ou involontaires.

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La sagesse d’en haut est encore “ exempte de duplicité” ou de “partialité ”. La partialité implique l’injustice. Or, la pureté, la paix, la modération, la miséricorde et les bons fruits de l’esprit de sagesse d’en haut nous conduit à ne faire acception de personne si ce n’est au niveau du caractère. L’apparence extérieure de l’individu, la couleur de sa peau, etc... n’entrent pas en ligne de compte pour l’esprit du Seigneur. L’esprit de sagesse qui vient d’en haut est impartial et recherche ce qui est pur, paisible, modéré, véridique où que ce soit et sous quelque dehors que ce soit.

La sagesse d’en haut est, de plus, “ sans hypocrisie”. Elle est si pure si pacifique, si modérée, si conciliante et miséricordieuse envers tous, que là où elle existe il n’est aucun besoin d’avoir recours à l’hypocrisie. Et tandis qu’elle se trouve en état de rupture avec tout ce qui est péché, qu’elle n’accepte d’engagement qu’avec ce qui est pur, paisible et modéré, on conçoit que dans ces conditions l’hypocrisie ne puisse intervenir.

Sur chacune de ces considérations Dieu nous a donné la sagesse d’en haut par son Fils, non seulement par le message de son œuvre rédemptrice mais encore par la démonstration qu’il a apporté des grâces de l’Esprit et de l’obéissance au Père, nous enseignant ainsi par la parole et par l’exemple. De plus, cette sagesse nous est communiquée par les apôtres, les représentants de Christ et par leurs écrits — ainsi que par tous ceux qui, ayant reçu cet Esprit de sagesse d’En haut, cherchent à faire briller leur lumière chaque jour pour glorifier leur Père qui est aux Cieux.

CHRIST, NOTRE JUSTIFICATION

Nous avons déjà, jusqu’à un certain point, discuté de la réconciliation entre Dieu et l’homme par laquelle notre Seigneur Jésus, a été fait la Justification (1) de


(1) Voir volume V. chapitre XV.

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tous ceux qui le reconnaissent et l’acceptent. Ce mot de Justification, souvent imparfaitement compris a besoin d’être examiné plus particulièrement. La première idée qui se dégage de ce mot Justification est celle de (1) justice, d’un niveau en droit; (2) que quelque chose est au-dessous de ce niveau, au-dessous de ses exigences (3) remettre à ce niveau ce qui est déficient. On pourrait illustrer ceci par une balance. Sur un des plateaux, un poids représenterait la Justice ; sur l’autre plateau, un objet quelconque figurant l’obéissance humaine devrait faire équilibre à la Justice. De ce côté l’écart est plus ou moins important. Il faut le combler en y ajoutant ce qui manque pour en assurer la justification ou compensation. Plus particulièrement, Adam fut créé, à l’origine, parfait, en complète harmonie avec Dieu. Telle était sa condition normale, régulière, juste dans laquelle il aurait dû persévérer. Or, par le péché, il encourut la sentence divine de condamnation et fut rejeté parce qu’il n’était plus conforme à la règle divine. Depuis lors sa postérité est “née dans le péché et a été formée dans l’iniquité”. Elle est venue à la vie sur un plan encore plus bas que celui de son père Adam — plus bas que le niveau exigé par la Justice divine. Partant de là, il est bien inutile qu’aucun être humain sollicite du créateur une nouvelle pesée, une nouvelle épreuve, pour se rendre compte si oui ou non il est à même d’atteindre au niveau de l’infinie justice. Une épreuve de ce genre serait en effet superflue. Car si l’homme parfait Adam, par sa désobéissance, n’a pas su maintenir sa position, à combien plus forte raison nous qui, dès le départ, sommes imparfaits, tombés, ne pourrons nourrir aucun espoir de satisfaire aux exigences de la Justice, autrement dit, de nous faire équilibre à nous-mêmes et de nous justifier devant Dieu. “Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu”.

Si donc, pris dans l’ensemble, et en tant que race, nous sommes tous injustes, tous imparfaits ; si personne ne peut, par ses œuvres, répondre devant la Justice, on comprend que le psalmiste ait écrit “ Ils ne peuvent

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se racheter l’un l’autre ni donner à Dieu le prix du rachat” (Psaume 49 : 8 ). Personne ne peut combler la déficience du prochain car, non seulement il n’a aucun poids, aucun mérite, aucune vertu à donner mais il n’en a pas assez pour lui-même puisque “tous ont péché et sont privés”. Nous demandons donc: Dieu peut-il agréer ou accueillir des injustes pécheurs, des êtres déchus, qu’Il a déjà condamnés et déclarés indignes de sa faveur, indignes de la vie éternelle? Or, Il nous montre qu’il a un moyen de réaliser cette impossibilité — un moyen qui lui permet de demeurer égal à lui-même tout en justifiant celui qui croit en Jésus. Il montre qu’Il a établi Christ comme Médiateur de la Nouvelle Alliance et que Christ a acheté le monde par son sang précieux — par son sacrifice. Lorsque le moment sera venu, pendant l’Age Millénial, Christ assumera son grand pouvoir, régnera sur la terre dont il bénira toutes les familles par la connaissance de la vérité en leur offrant l’occasion d’un retour à la condition qu’avait connu Adam avant sa chute, à l’image de Dieu — avec, en plus, les leçons de l’expérience. Cette œuvre consistant à ramener l’humanité à la perfection sera une œuvre de justification — de justification réelle, par opposition à la justification estimée telle, la “justification par la foi” imputée à l’Eglise au cours de l’Age de l’Evangile. La justification réelle commencera en même temps que le règne Millénial du Seigneur et progressera pas à pas jusqu’à ce que “tout homme” ait joui de toutes les occasions nécessaires pour recouvrer tout ce qui avait été perdu par Adam. Remercions Dieu pour cette période de justification positive — où tout sera rendu authentiquement conforme à la règle — où les hommes de bonne volonté et obéissants seront effectivement hissés de l’imperfection à la perfection — au physique comme au mental et au moral!

Mais pour l’instant nous considérons surtout la Nouvelle Création ainsi que les dispositions prises par Dieu pour la justification de cette fraction de l’humanité appelée à la mature divine, à la gloire et à l’immortalité. Tout comme le monde, les membres de cette Nouvelle

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Création ont besoin d’être justifiés parce qu’ils sont par nature “des enfants de colère comme les autres”. De même que Dieu ne peut avoir de rapport avec le monde soumis au péché et à la sentence de mort, il ne pouvait pas davantage — sur une base identique — traiter avec ceux qu’il appelle à former la Nouvelle Création. Si le monde doit être justifié — rendu juste par un retour à la perfection — avant que Dieu ne reprenne contact avec lui, comment l’Eglise, appelée à devenir cohéritière avec son Fils ne devrait-elle pas elle aussi, être d’abord justifiée? Il est évident qu’une justification demeure une condition essentielle à notre appel à la Nouvelle Création. Mais comment la justification peut-elle s’appliquer à nous? Devons-nous être rétablis à la perfection absolue, véritable — physiquement, mentalement et moralement? - —Non, sans doute. Dieu n’a pas envisagé une justification intégrale à notre endroit, mais il a pourvu à une justification d’un autre genre que les Ecritures appellent “justification par la foi” — qui n’est pas une justification effective mais reconnue comme telle. Dieu admet que tous ceux qui, pendant ce règne du péché et de la mort, entendant le message de sa grâce et de sa miséricorde en Christ, se rangeront du côté de la sagesse d’en haut, se repentiront et répareront leurs torts dans la mesure du possible, ceux-là verront leurs imperfections couvertes par le mérite de Christ. Dans ses rapports avec eux le Seigneur les considérera comme justes, justifiés par la foi.

Cette justification consentie ou justification par la foi est valable pour autant que la foi persiste et se démontre par la continuité dans les efforts à réaliser la volonté du Seigneur. Si la foi et l’obéissance viennent à cesser, la justification cesse également. Par contre elle ne cesse pas si le pas suivant, la sanctification est franchi.

Elle nous accompagne, en tant que Nouvelles Créatures, et nous couvre, non seulement de la condamnation adamique, mais de toutes les faiblesses et imperfections en paroles, en pensées, en actions, imputables à la chair, en raison de l’hérédité, à condition que la volonté ne soit pas

[114] LA NOUVELLE CREATION

engagée. Elle continue de couvrir les enfants du Seigneur jusqu’à la fin de leur voyage, à travers les vicissitudes et les épreuves qui leur sont nécessaires puisque candidats et membres en perspective de la Nouvelle Création. Dans cet esprit l’apôtre assure “Il n’y a donc aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent non selon la chair mais selon l’esprit”. Et cela malgré que ce trésor de la nouvelle nature soit dans un vase de terre, constamment terni par les fautes involontaires dont la moindre suffirait à nous rendre indignes de la vie éternelle à quelque degré que ce soit si nous n’étions couverts des mérites de notre robe de noce, la robe de la justice de Christ, la justification reconnue telle, la justification par la foi. Nous aurons besoin de cette justification et elle demeurera notre vêtement, notre robe, tant que nous demeurerons en Christ et dans la chair. Mais elle n’aura plus de raison d’être lorsque nos épreuves auront pris fin, que nous aurons été accueillis en vainqueurs et qu’il nous aura été donné d’avoir part à la Première Résurrection.

Comme l’apôtre l’explique — il est semé corruptible, méprisable, infirme mais il ressuscite incorruptible, dans la force, dans la gloire, conforme à notre Seigneur, l’Esprit vivifiant qui est l’expresse image de la personne du Père. Lorsque cette perfection sera acquise il n’y aura plus besoin d’une justice imputée puisque nous serons alors vraiment justes, réellement parfaits. Il n’importe que la perfection de la Nouvelle Création soit sur un plan plus élevé que celui du monde; autrement dit, au regard de la justification, cela n’entre pas en ligne de compte. Ceux qui recevront la grâce de Dieu sous la forme d’un rétablissement à la perfection dans la nature humaine seront également justes ou parfaits lorsque cette œuvre sera achevée mais justes ou parfaits sur un plan d’existence inférieur au plan spirituel. Ceux qui sont maintenant appelés à la nature divine et qui sont justifiés par la foi avant le temps de manière à rendre possible leur appel et leur épreuve comme f ils de Dieu, ne seront vraiment justifiés, rendus parfaits qu’à la Première Résurrection

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lorsqu’ils auront atteint cette plénitude de vie et de perfection où ne subsistera plus la moindre trace de l’imperfection actuelle.

LA BASE DE NOTRE JUSTIFICATION

Sur ce sujet il s’est créé une confusion dans beaucoup d’esprits en raison d’une certaine négligence ou omission dans le rapprochement des déclarations de la Parole de Dieu. Ainsi par exempte, puisque l’apôtre affirme que nous sommes “justifiés par la foi“ (Romains 5 : 1 ; 3 : 28 ; Galates 3 : 24 ) certains prétendent que la foi a une si grande valeur devant Dieu qu’elle couvre nos imperfections. D’autres relèvent la parole de l’apôtre que nous sommes “justifiés par la grâce Dieu ” (Romains 3 : 24 ; Tite 3 : 7) et affirment que Dieu justifie qui il veut, d’une manière tout arbitraire, sans se préoccuper d’aucune qualité, mérite, foi ou œuvres de personne. D’autres encore font intervenir la déclaration scripturaire que nous sommes “justifiés par son Sang (Romains 5 : 9 ; Hébreux 9 : 14 ; 1 Jean 1 : 7) pour en déduire que la mort de Christ a justifié tous les hommes sans mettre en cause leur foi et leur obéissance. Une autre catégorie s’appuie sur le texte où il est dit que Christ a été ressuscité pour notre justification ”(Romains 4 : 25 ) et s’en prévaut pour prétendre que la justification nous vient par la résurrection de Christ. D’autres enfin, s’appuyant sur le texte de Jacques 2 : 24 où il est dit que “l’homme est justifié par les œuvres ”, trouvent qu’après tout, devant Dieu, nos œuvres sont déterminantes pour ou contre nous.

Le fait est que toutes ces expressions sont vraies et représentent différents aspects de la même question, de même qu’on peut voir un grand bâtiment de face, de derrière, de côté ou sous des angles opposés. En s’exprimant comme ils l’ont fait, les apôtres, dans des circonstances distinctes, ont présenté le même sujet à des points de vue divers. Il nous appartient de les rassembler, de les comparer et de dégager la vérité sur le sujet de la justification.

[116] LA NOUVELLE CREATION

Tout d’abord, nous sommes justifiés par la grâce de Dieu. Le Créateur n’était pas dans l’obligation de faire quoique ce soit pour nous libérer du juste châtiment qui pèse sur nous. Ce fut un effet de sa propre faveur ou grâce que, prévoyant la chute avant notre création, il eut compassion de nous et pourvut, dans son plan, à notre rédemption, par l’Agneau immolé dès avant la fondation du monde. Cette question de notre réconciliation avec le Père, par quelque moyen qu’il lui ait plu de la réaliser, était au demeurant un effet de sa seule grâce.

En second lieu, nous sommes justifiés par le sang de Christ, par son œuvre rédemptrice, par sa mort. Ainsi, la grâce du Créateur se manifesta envers nous en prenant toute disposition nécessaire: “ Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, goûta la mort pour tous” et paya ainsi le rachat d’Adam. Puisque le monde entier est condamné en Adam, la mort de Christ aura pour effet l’annulation du péché du monde entier. Pour réunir ces deux considérations nous dirons que la grâce de Dieu n’opère que par cette unique voie et que “ celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie et demeure sous le coup de la sentence de condamnation ”. -—1 Jean 5 : 12.

Troisièmement, il est également vrai que Jésus-Christ ait été ressuscité des morts pour notre justification. Il entrait dans le plan divin, non seulement que le Messie soit de rédempteur du peuple mais encore qu’il devînt le bienfaiteur et celui qui relèvera tous ceux qui désireront se rapprocher du Père. Si donc la mort de Jésus était d’une importance essentielle pour servir de base à notre réconciliation il n’aurait pu devenir l’instrument de notre bénédiction et de notre rétablissement s’il était resté dans les liens de la mort. C’est pourquoi le Père qui avait pourvu au prix rédempteur par sa mort, pourvut

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aussi à sa résurrection d’entre les morts pour qu’il devienne, lorsque le moment sera venu, celui par qui s’opérera la justification de l’homme — le retour de l’humanité à une condition de recevabilité par Dieu.

Quatrièmement nous (l’Eglise) sommes justifiés par la foi dans le sens des dispositions prises par le Seigneur pendant cet âge et qui ne sont pas celles d’une justification ou rétablissement réels mais simplement un rétablissement estimé tel et par la foi. Ceci, évidemment, ne peut s’appliquer qu’à ceux qui exercent la foi. Ni notre foi ni notre incroyance n’ont d’influence sur ce que Dieu a décidé, sur ce qu’il a déjà réalisé ni sur ce qu’il accomplira en son temps. Mais notre participation aux faveurs qui nous sont offertes en avance sur le monde dépend de notre foi. Pendant l’Age Millénial la longueur et la largeur du divin plan de salut sera connu de tout le monde. Le Royaume de Dieu sera établi sur la terre et Celui qui a racheté l’humanité et a reçu le pouvoir de communiquer aux humains la connaissance de sa vérité, justifiera pour de bon, réellement , rendra la perfection à tous ceux qui le désireront et accepteront la faveur divine conformément aux normes fixées par Dieu.

A la vérité on peut dire que, même alors, la FOI sera indispensable dans le sens du relèvement vers la vraie justification. “ Sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu”, ce qui veut dire que même les bénédictions du rétablissement seront accordées en raison de la foi. Evidemment, la foi qu’il faudra alors manifester sera d’une autre nature que la foi qui habite maintenant ceux “qui sont appelés à être saints”, “co-héritiers avec Jésus”, de “Nouvelles Créatures”. Lorsque le Royaume de Dieu sera complètement installé, que Satan sera lié et que la connaissance de l’Eternel aura rempli la terre, tous se rendront compte que les promesses divines, auront été réalisées. A ce moment la connaissance, la vue, saisira ce qui ne peut être discerné maintenant que par la foi. Pourtant la foi sera nécessaire

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malgré tout pour s’acheminer vers la perfection. Ainsi la perfection réelle, qui ne sera acquise que vers la fin de l’Age Millénial, ne sera obtenue que par ceux qui, avec persévérance, auront joint leurs œuvres à l’exercice de leur foi. Bien qu’il soit écrit, parlant de cette époque: “ Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres” par opposition à la période actuelle de jugement de l’Eglise “ selon votre foi”, cependant leurs œuvres n’iront pas sans la foi, de la même façon que notre foi ne va pas sans les œuvres dans la mesure de nos possibilités.

La déclaration de l’apôtre d’après laquelle Dieu justifiera les païens par la FOI (Galates 3 : 8) veut dire - le contexte le montre - que la réconciliation, fruit du rétablissement, ne sera pas en elle-même le résultat de l’Alliance de la Loi mais de la grâce par la Nouvelle Alliance en laquelle il faudra croire, qu’il faudra accepter et à laquelle il faudra se soumettre si l’on veut en profiter. Maintenant, en raison de leur foi, par une justification reconnue telle, les croyants retrouvent sur l’heure la communion avec le Père; mais dans l’âge prochain et en dépit de conditions plus favorables, la foi n’agira plus dans le sens d’une justification reconnue mais dans celui d’une justification effective, d’un retour à la communion avec Dieu qui ne deviendront positifs qu’à la f in du Millénium. Entre-temps le monde sera aux mains du Grand Médiateur dont la tâche consistera à faire comprendre aux hommes ce qu’est la volonté divine, à s’occuper d’eux, à les redresser, à les rétablir dans la mesure où ils lui obéiront jusqu’au moment où il les aura ramenés à une position de justice réelle. Alors il les présentera, sans défauts au Père lorsqu’il lui remettra le Royaume. — 1 Corinthiens 15 : 24 .

Pour l’instant le Seigneur recherche une classe particulière qui constituera la Nouvelle Création. Personne n’a été invité à cet appel céleste si ce n’est ceux qui ont connu la grâce de Dieu en Christ et ont accepté l’arrangement

[119] L’APPEL DE LA NOUVELLE CREATION

divin par la foi. Ceux-là ont une telle confiance dans l’ultime résultat du Plan de Dieu que leur foi dans ce Plan exerce une influence, une orientation sur le cours de leur vie terrestre au point qu’ils estiment comme transcendante la vie à venir et que la vie actuelle et ses intérêts leur apparaît comme une perte. A notre sombre époque où le mal prévaut et lance comme un défi à la sagesse, à l’amour et à la puissance du Créateur, les croyants sont considérés par Dieu comme s’ils vivaient pendant le Millénium, comme s’ils passaient déjà par le rétablissement à la perfection humaine. Cette position, considérée comme acquise, ne l’est en fait que pour offrir en sacrifice cette perfection humaine à laquelle ils parviendraient bientôt sous la direction d’en haut. De cette manière ils peuvent présenter leurs corps (considérés comme parfaits) et tous leurs privilèges de rétablissement, leurs espoirs, leurs buts terrestres, en sacrifice vivant. Ce faisant, ils échangent ceux-ci contre les espérances et les promesses célestes auxquelles ils sont attachés ce dont ils donnent la preuve en acceptant les conditions de souffrance et de perte de leurs intérêts humains et des honneurs qu’ils pourraient recueillir de leurs semblables.

Cinquièmement, cette classe maintenant justifiée par sa foi, ne doit évidemment pas la renier en commettant des actes volontairement contraires. Elle doit savoir que, tandis que Dieu traite avec elle d’après sa foi, ne lui imputant pas ses transgressions prises en charge par son Rédempteur au Calvaire — ne lui imputant pas ses offenses mais ne tenant compte que de l’esprit, de la volonté ou intention et non de ce que fait la chair —néanmoins, le Seigneur considère qu’il importe que la chair soit assujettie au nouvel esprit autant que faire se peut, “ autant qu’il dépend de nous” et que toute œuvre bonne soit réalisée selon les occasions et les possibilités. A ce niveau et dans ce sens, nos œuvres entrent en ligne de compte dans notre justification. Elles deviennent un témoignage, une preuve de la sincérité de notre dévouement. Cependant, notre jugement par le

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Seigneur ne se formule pas sur la base de nos œuvres mais sur celle de notre foi. Si nous étions jugés d’après nos œuvres nous serions tous “ privés de la gloire de Dieu”. Mais lorsqu’elles sont jugées d’après leurs cœurs leurs intentions, les Nouvelles Créatures peuvent être approuvées par Dieu aux termes de l’Alliance de Grâce par laquelle le mérite du sacrifice de Christ couvre leurs souillures involontaires. Assurément on ne peut trouver à redire au fait que le Seigneur nous demande de porter les fruits de justice que nous sommes en mesure de produire dans les conditions d’imperfection actuelle. Il ne demande pas plus mais il ne faut pas attendre qu’il accepte et récompense moins que cela.

Pour imager cette opération générale de la justification par la grâce, par le sang, par notre foi ainsi que sa relation avec les œuvres, considérons le service des tramways électriques. La centrale énergétique pourra jusqu’à un certain point illustrer la source de notre justification la grâce de Dieu. Le fil qui transporte le courant figurera imparfaitement notre Seigneur Jésus, l’agent actif du Père dans notre justification. Les véhicules représenteront les croyants et les trolleys seront l’image de la foi qui doit demeurer au contact du fil conducteur d’une manière permanente. (1) Tout dépend du courant électrique. (2) Vient ensuite en importance le fil qui apporte le courant. (3) Sans la perche de la foi qui touche et assure le contact avec le Seigneur Jésus, le moyen de notre justification, nous n’aurions à prétendre à aucune bénédiction. (4) La bénédiction qui nous vient du contact avec le Seigneur Jésus peut correspondre à l’éclairement du véhicule par le courant dont la présence se trouve ainsi manifestée; mais (5) le mécanicien conducteur et son rhéostat figurent la volonté humaine tandis que (6) le moteur lui-même représente notre activité, notre énergie fécondée par l’énergie qui nous vient par la foi. Tout cela réuni est nécessaire à notre progrès qui consiste à parcourir le circuit pour parvenir en définitive au “ dépôt” lequel, dans cette image, correspond à notre place dans la Nouvelle Création et la maison de

[121] L’APPEL DE LA NOUVELLE CREATION

notre Père laquelle comporte de nombreuses demeures ou conditions assignées aux nombreux fils de nombreuses natures.

LA JUSTIFICATION ET LES ANCIENS DIGNITAIRES

En jetant un coup d’œil en arrière et par les déclarations apostoliques nous apprenons que, dans un lointain passé et avant que le sang précieux eut été versé pour notre justification, des anciens dignitaires ont paru:

Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, David et plusieurs autres saints prophètes qui ont été justifiés par la foi. Puisqu’ils n’ont pu avoir foi dans le sang précieux, quelle sorte de foi a pu les justifier ? Nous répondons par ce qui est écrit: “ Ils crurent en l’Eternel qui le leur imputa à justice (justification)”. Dieu ne leur avait pas révélé comme il nous l’a révélé, la philosophie de son Plan. Nous pouvons comprendre comment Il peut demeurer juste tout en justifiant celui qui croit en Jésus mais eux ne pouvaient être tenus pour responsables de ne pas avoir cru ce qui n’avait pas encore été révélé. Pourtant ils ont cru ce que Dieu avait révélé à leur époque et qui renfermait, en somme, tout ce que nous avons maintenant, mais sous une forme réduite, de la même manière qu’un gland contient un chêne en puissance. Enoch annonça la venue du Messie et les bénédictions qui en résulteraient. Abraham crut en l’Eternel qui lui avait dit que sa postérité serait tellement favorisée que, par elle, toutes les nations seraient bénies. Cette promesse impliquait une résurrection des morts puisque bien des générations étaient déjà descendues dans la tombe. Or Abraham crut que Dieu était capable de ressusciter les morts. Il 1e croyait même tellement que lorsqu’il fut mis à l’épreuve il consentit à se séparer d’Isaac sur qui pourtant reposait la promesse, pensant que Dieu était capable de le ressusciter des morts. Jusqu’à quel point lui et d’autres pénétrèrent exactement les moyens grâce auxquels Dieu établirait son Royaume dans le monde, ramènerait la justice éternelle en justifiant

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tous ceux qui obéiraient au Messie, nous l’ignorons. Mais nous avons les paroles mêmes de notre Seigneur d’après lesquelles nous apprenons qu’Abraham du moins, avec une clarté suffisante, a entrevu la venue du Jour Millénial et peut être même l’idée du sacrifice pour les péchés que Jésus allait offrir. Il dit : “ Abraham a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu et il s’est réjoui ” Jean 8 : 56 .

Bien des personnes n’assimilent pas la différence qui existe entre la justification d’Abraham et autres figures du passé, justification à l’amitié avec Dieu avant que celui-ci eut complété la fondation de cette amitié sur le sacrifice de Christ, et la justification à la vie de cet Age de l’Evangile. Elle est pourtant sensible bien que, dans le domaine des bénédictions qui s’y rattachent, la foi ait été de part et d’autre nécessaire. Tous étaient assujettis à la sentence de mort et par conséquent personne ne pouvait être libéré de cette sentence, “ justifié à la vie” (Romains 5 : 18 ) tant que le grand sacrifice pour les péchés n’ait été accompli par notre Rédempteur. Comme l’apôtre le précise, ce sacrifice était nécessaire d’abord pour que “ Dieu demeurât justedans cette affaire (Romains 3 : 2,6 ). Mais la Justice, prévoyant l’exécution du Plan de rédemption, ne pouvait faire objection à ce qu’il fût annoncé d’avance; c’était au contraire le signe de la faveur divine envers ceux qui possédaient la foi requise et les justifiaient, en proportion, à un certain degré d’amitié avec Dieu.

L’apôtre parle d’une “ justification qui donne la vie” (Romains 5 : 18 ). Cette “ justification pour la vie” constitue la voie, le moyen agrée par Dieu et par Christ qui sera éventuellement ouverte à tous les hommes. C’est à cette justification pour la vie que ceux qui sont appelés à la Nouvelle Création sont considérés maintenant comme y étant parvenus, en avance sur le monde et par l’exercice de la foi. Non seulement c’est une justification qui leur permet de rentrer en accord avec Dieu et d’être considérés par lui comme des amis et non plus comme des

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étrangers, et des gens du dehors, mais c’est une justification qui, par la même foi, les met à même de saisir les droits à la vie que leur assurent le rétablissement et le sacrifice du Rédempteur, dans le but de sacrifier ces droits à la vie terrestre au titre de co-sacrificateurs et en association avec le Souverain sacrificateur de notre profession, Jésus-Christ.

Tandis que les Anciens Dignitaires purent retrouver l’accord avec Dieu par la foi dans l’accomplissement d’un plan qui ne leur fut révélé qu’en partie et n’avait même pas encore reçu un commencement d’exécution, il semblerait impossible que la Justice divine consentît à outrepasser de telles limites tant que la propitiation pour le péché n’eût été effectivement réalisée par le sacrifice de Christ. Et ceci s’accorde avec la déclaration de l’apôtre d’après laquelle “ Dieu... a eu en vue quelque chose de meilleur pour nous (l’Eglise de l’Evangile, la Nouvelle Création) afin qu’ils (les humbles et fidèles — Anciens Dignitaires) ne parvinssent pas sans nous à la perfection” (Hébreux 11 : 40 ). Et c’est également d’accord avec la déclaration de notre Seigneur au sujet de Jean-Baptiste qui, bien que considéré comme le plus grand prophète qui soit paru, cependant, puisqu’il est mort avant que le sacrifice de propitiation ait été effectivement accompli, le plus petit dans le Royaume de la classe céleste, la Nouvelle Création justifié à la vie (après que le sacrifice pour le péché ait été offert) et appelé à souffrir et à régner avec Christ, serait plus grand que lui. — Matthieu 11 : 11 .

Nous avons déjà examiné le fait que Christ et l’Eglise dans la gloire effectueront, en faveur du monde une œuvre de justification (restauration) pendant l’Age Millénial. Ce ne sera pas une justification par la foi (justification admise comme telle) comme l’est la nôtre maintenant mais une justification effective — par les œuvres, dans le sens que, bien qu’une certaine foi y soit adjointe, l’épreuve finale se fera sur la base des œuvres “ selon leurs œuvres” (Apocalypse 20 : 12 ).

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Pour le moment la Nouvelle Création doit marcher par la foi et non par la vue. Sa foi est éprouvée et doit “ demeurer ferme comme voyant celui qui est invisible”, comme croyant des choses qui, malgré les apparences extérieures, demeurent improbables à l’esprit naturel, voire déraisonnables. Mais cette foi qui repose sur nos œuvres imparfaites repose aussi sur les œuvres parfaites du Seigneur et se trouve ainsi acceptable par Dieu d’après le principe que si, en dépit de conditions mauvaises, nous nous efforçons, au mieux de notre pouvoir, de plaire au Seigneur et de partager l’esprit de Christ au point de prendre plaisir à souffrir pour ce qui est juste, ceci démontre que, dans des conditions meilleures, nous ne serions pas moins loyaux et fidèles. Quand la connaissance de l’Eternel aura rempli la terre et que l’obscurité et la bruine qui entourent maintenant le peuple de Dieu auront disparu ; quand le grand Soleil de Justice aura inondé le monde de la lumière de vérité dans l’appréciation absolue de Dieu, de son caractère et de son plan ; quand les hommes verront agir la faveur et l’amour de Dieu et la réconciliation par Christ dans le sens du relèvement graduel de tous ceux qui chercheront, à revenir vers Dieu ; quand le rétablissement mental, physique et moral sera devenu évident, alors la foi revêtira un aspect considérablement différent de la foi aveugle demandée maintenant. Alors les hommes ne verront plus “ comme dans un miroir (avec plus ou moins de netteté)”. Par contre la foi ne sera plus tendue comme elle l’est maintenant pour apercevoir les évidences des choses glorieuses réservées actuellement à ceux qui aiment Dieu, car ces choses seront plus ou moins connues des hommes. Tandis qu’alors les hommes croiront en Dieu et auront foi en lui, il y aura une énorme différence entre croire ce que l’on voit et dont on peut se rendre compte et la foi qu’exerce la Nouvelle Création à propos de choses invisibles. La foi que Dieu recherche actuellement dans son peuple est précieuse à sa vue parce qu’elle sert de pierre de touche et marque une catégorie peu nombreuse et particulière; c’est pourquoi il la récompense particulièrement. Lorsque l’Age Millénial sera en

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cours et en action il ne sera plus possible de douter des faits positifs qui existeront alors. Il sera donc hors de propos de continuer à offrir une récompense spéciale à ceux qui ne douteront pas.

Si la connaissance de l’Eternel remplira toute la terre et s’il n’y aura plus besoin de dire à quiconque connais l’Eternel ! cependant l’homme aura à subir l’épreuve, non de la foi, mais des œuvres et de l’obéissance, car “ il arrivera que celui qui n’écoutera pas (n’obéira pas à) ce prophète sera retranché du milieu du peuple” (Actes 3 : 23 ). C’est maintenant, pendant le temps d’obscurité qui entoure l’accomplissement du plan divin, tandis que le péché abonde et que Satan est le prince de ce monde, que notre Seigneur récompense la foi. Il dit “Qu’il vous soit fait selon votre foi “ (Matthieu 9 : 29) et encore “ La victoire qui triomphe du monde c’est notre foi” (1 Jean 5 : 4 ). Mais pour ce qui concerne l’épreuve du monde, son jugement dans l’Age Millénial ou Jour du Jugement, il est dit que tous seront jugés d’après leurs œuvres appuyées par la foi. Il leur sera fait selon leurs œuvres et seront approuvés ou désapprouvés à la fin de l’Age Millénial. — Apocalypse 20 : 12 .

Comme nous l’avons vu, la justification c’est le retour du pécheur en complet accord avec son Créateur. Nulle part, nous ne lisons qu’il soit besoin, pour le pécheur, d’être justifié devant Christ mais plutôt que, par les mérites de Christ, il doit être justifié devant le Père. En examinant la raison pour laquelle il en est ainsi nous serons mieux à même de comprendre le sujet dans son ensemble. En fait le Créateur est le représentant de sa propre loi. Dès le commencement il a placé Adam et sa race sous cette loi en précisant que sa faveur, sa bénédiction et la vie éternelle dépendaient de leur obéissance, mais que par contre leur désobéissance entraînait de plein droit la suppression de toutes ces faveurs. Il n’y a pas à revenir là-dessus. C’est pourquoi, avant que l’humanité retrouve son harmonie avec Dieu et la vie éternelle, elle doit, d’une manière ou d’une autre revenir à un accord

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complet avec son Créateur, revenir à cette perfection seule capable de soutenir le regard scrutateur de l’inspection divine et l’épreuve déterminante de l’obéissance. Ainsi le monde, pour ainsi dire, se trouve hors de la zone d’influence du Tout-Puissant dont les lois sont telles que, dans ces conditions, un arrangement assurant une rédemption et un rétablissement devient nécessaire, autrement dit une justification, un retour à la perfection des bonnes volontés et des obéissants grâce au Rédempteur opérant en Médiateur.

Le Médiateur, bien que parfait, n’a pas de loi propre à faire respecter. Il n’a prononcé aucune sentence contre Adam et sa race qui l’empêche d’user de clémence à l’endroit de leurs imperfections. Tout au contraire il a acheté le monde dans son état de péché et d’imperfection en se rendant parfaitement compte de sa condition. Il prend l’humanité telle qu’elle est et, au cours de l’Age Millénial, traitera chaque être humain selon son cas particulier, exerçant la miséricorde à l’égard des faibles, réclamant davantage des forts, se mettant à la portée de tous et adaptant les règles de son Royaume à tous les cas d’espèce, aux tares, aux faiblesses, etc... qui se présenteront. “ Le Père.., a remis tout jugement au Fils” (Jean 5 : 22 ). Le Fils montrera à l’humanité le niveau élevé de la loi divine auquel elle doit atteindre pour devenir juste et acceptable devant Dieu à la fin de l’Age Millénial. Mais il ne sera pas intransigeant à l’égard de ce niveau et ne tiendra pas pour transgresseur celui qui n’y parviendra pas absolument parce qu’il aura besoin de grâce et de démence pour couvrir ses manquements même involontaires et non prémédités. La propitiation pour toute violation de la loi parfaite et immuable de Dieu aura été faite avant même qu’il ne prenne en mains les rênes du gouvernement.

Déjà Christ a payé le prix par son sacrifice. Déjà il a appliqué une partie de ce mérite en faveur de la maison de la foi. A la fin de cet Age de l’Evangile il appliquera le reste du mérite de l’offrande pour le péché en faveur

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de “ tout le peuple” tout le monde humain. Grâce à la typologie du Jour des Expiations Dieu a montré que le sacrifice serait accepté. La preuve en sera que Christ et son Eglise assumeront le gouvernement du monde dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler une loi martiale, une loi despotique qui mettra de côté les lois ordinaires en raison des exigences et appliquera sa loi d’une manière appropriée, non pas envers ceux qui se trouvent dans une condition parfaite par rapport aux règles de l’empire de Jéhovah, mais en rapport avec la situation de rebellions et d’anarchie créée dans le monde par le péché. Cette domination d’urgence dans laquelle le Roi sera également juge et souverain prêtre, a pour objectif, comme nous l’avons vu, de rendre juste le monde qui, pour l’instant n’est même pas reconnu, de le justifier par des œuvres dignes du niveau normal et par une épreuve finale basée sur la foi. Cette justification effective sera réalisée non pas au commencement de l’Age Millénial mais sur sa fin.

La justification par la foi du temps présent a pour but de permettre à ceux que Dieu a appelés pour un service spécial, de prendre part à l’Alliance Abrahamique au titre de Postérité de la promesse comme co-sacrificateurs et partant co-héritiers avec Jésus. Et même avec ceux-ci, Dieu ne peut passer directement aucun contrat. Même après avoir été justifiés par la foi et en vertu de leur Rédempteur, ils sont encore considérés comme incompétents et ne sont agréés que dans le Bien Aimé — en Christ. Leurs contrats d’alliance par le sacrifice, s’ils ne sont endossés par lui, sont nuls et non avenus.

Il devient donc bien évident que l’unique objet de cet Age de l’Evangile est de tirer de l’humanité un petit troupeau qui composera la Nouvelle Création. Il se démontre aussi que le fait de justifier des croyants, à la vie et par la foi, n’existe que dans le but de leur donner devant Dieu une position qui leur permette d’envisager les obligations d’alliance exigées des candidats à la Nouvelle Création. Comme nous l’avons déjà noté, ils ne

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sont acceptés en vue de la Nouvelle Création qu’à la condition de se sacrifier. Et puisque Dieu ne peut recevoir en sacrifice ce qui est impur, nous qui appartenons à une race souillée et condamnée ne pouvons être acceptables qu’après avoir été d’abord lavés de tout péché. De cette manière, comme l’apôtre l’exprime, nous pouvons “ offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de notre part un culte raisonnable”.Romains 12 : 1 .

Face à tout ceci, que dire de ceux qui ont foi en Dieu et sont justifiés en conséquence, mais qui, se rendant compte que, aller plus avant dans la voie du Seigneur, c’est consentir au sacrifice de soi, à l’abnégation, etc..., s’abstiennent, ne pénètrent pas par la porte étroite et ne s’engagent pas dans le chemin resserré d’une consécration pleine et entière — jusqu’à la mort? Dirons-nous que Dieu est courroucé contre eux? — Non. Il est plutôt à supposer que, jusqu’à un certain point, leurs progrès dans les sentiers de la justice a fait qu’ils ont plu à Dieu et ont même reçu une certaine bénédiction. L’apôtre dit: “ Etant donc justifiés par la foi nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ”. Cette paix implique un discernement partiel du plan divin au sujet de l’effacement futur des péchés du croyant (Actes 3 : 19 ) ; elle sous-entend aussi une adhésion aux principes de justice car la foi justifiante est toujours réformatrice. Nous nous réjouissons avec ceux qui sont parvenus jusque là et qui déjà possèdent cet avantage sur les masses humaines que le dieu de ce siècle a aveuglées en sorte qu’elles ne voient pas maintenant et n’apprécient pas la grâce de Dieu en Christ. Nous les pressons de demeurer dans la faveur divine en s’acheminant vers la complète obéissance.

“ NE PAS RECEVOIR LA GRACE DE DIEU EN VAINE

Quelle que soit la joie que nous puissions éprouver à propos de ces croyants, quelles que soient la paix et la

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joie qu’ils puissent ressentir du fait qu’ils s’efforcent de marcher dans la voie de la justice, en évitant le chemin étroit du sacrifice ils “ reçoivent la grâce de Dieu en vain” (2 Corinthiens 6 : 1 ). Car la grâce de Dieu reçue par eux sous la forme de la justification, est la marche qui leur permet d’accéder aux plus grands privilèges, aux bénédictions supérieures du haut appel à la Nouvelle Création. Ils reçoivent la grâce de Dieu en vain parce qu’ils n’utilisent pas cette occasion unique dont l’équivalent n’a jamais été offert à personne et qui, pour autant que les Ecritures paraissent l’indiquer, ne sera plus jamais offerte à nouveau. Ils reçoivent la grâce de Dieu en vain parce que l’occasion d’avoir part au rétablissement qui leur sera offerte dans l’âge prochain sera de même accordée à tous les autres membres de la race rachetée. La grâce de Dieu pendant cet âge c’est de connaître sa bonté en avance sur le monde et, par la justification, de parvenir à l’appel et à la participation au prix glorieux qui doit être attribué au Corps du Christ élu, au sacerdoce royal.

Si nous jetons un coup d’œil sur le “ monde chrétien” ainsi appelé il paraît évident que la grande masse de croyants même sincères ne soit jamais allée au delà du stade préliminaire de la justification. Ils ont “ goûté que le Seigneur est bon” et cela leur a suffi. Ils auraient dû plutôt s’éveiller plus complètement, avoir plus faim et soif de justice et de vérité, tendre à une connaissance plus approfondie du caractère et du plan divins, croître davantage en grâce, en connaissance et en amour, parvenir à une meilleure compréhension de ce que Dieu réclame de ses enfants, ce que nous allons d’ailleurs bientôt envisager sous le sous-titre de la Sanctification.

Pour autant qu’on puisse en juger, ces croyants justifiés ne tirent avantage de cette justification dans la vie présente qu’autant qu’ils y trouvent un réconfort puisqu’ils apprennent que Dieu usera de bonté à leur égard dans ses relations futures avec eux.

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En réalité leurs connaissances sont si rudimentaires que leur état d’esprit est bien précisé par les vers du poète

Souvent ma pensée s’interroge
Et voudrait qu’Il se révélât
Mon cœur même parfois déroge
Suis-je sien ou ne le suis-je pas.?

En fait, bien que Christ ait été leur sagesse au point de leur faire sentir leur besoin d’un Sauveur et même de leur découvrir un certain aspect du salut qu’il apporte, cependant il ne semble pas que l’intention divine soit de continuer à être leur sagesse et à les guider dans “ les choses profondes de Dieu ” à moins que par la consécration ils ne deviennent ses disciples suivant ses traces. Le croyant justifié n’est en aucun sens une nouvelle créature même si, percevant quelque peu les voies de Dieu et ses exigences il se borne à vivre une vie morale, raisonnable, honnête selon ce monde. Il est encore de la terre, terrestre. Il n’est pas allé au delà pour échanger ses droits (assurés en Jésus) humains et terrestres contre les choses d’En haut sur lesquelles, par la justification, le Seigneur leur a ouvert la porte. Tout comme dans le type il n’était pas permis aux Lévites de pénétrer dans le sanctuaire du Tabernacle ni même de jeter un regard à l’intérieur sur les objets qu’il contenait, ainsi les croyants justifiés ne peuvent scruter les choses profondes de Dieu ni sentir et en apprécier toute la grandeur si tout d’abord ils ne deviennent membres du Sacerdoce royal par une complète consécration d’eux-mêmes.

S’attendre à être pris en considération et favorisé plus spécialement par le Seigneur pendant l’Age Millénial parce qu’on aurait déjà été l’objet de sa faveur pendant la vie présente et cela en vain, pour rien, revient à espérer une bénédiction particulière parce qu’une bénédiction précédente aurait été négligée et tenue pour nulle. Ne serait-il pas plutôt conforme au comportement de Dieu dans le passé de voir que ceux qui n’ont pas été favorisés pendant cet Age de l’Evangile le seraient davantage dans l’Age futur ? Et ne serait-ce pas beaucoup

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plus d’accord avec la parole du Maître “Il y a des derniers qui seront les premiers et des premiers qui seront les derniers ”. En fait l’apôtre semblerait plutôt marquer que lorsque la Nouvelle Création aura été constituée et que l’Age Millénial aura été introduit, la faveur spéciale de Dieu retournera au peuple d’Israël à qui elle fut retirée au commencement de l’Age de l’Evangile. — Romains 11 : 25 à 32 .

Ceux qui, avant cet âge, ont été justifiés à l’amitié avec Dieu, qui ont gardé cette justification et qui trouveront leur récompense dans le fait de devenir “princes sur toute la terre ” sous le contrôle du Royaume céleste, ne l’ont gardée qu’au prix d’abnégations quant aux choses de la terre (Hébreux 11 : 35 ). Les justifiés de l’âge présent qui demeureront dans la ligne de la justification et utiliseront celle-ci pour ce à quoi elle est destinée, ne le pourront que par le sacrifice de la chair. Le petit troupeau, fidèle dans toute la mesure du possible, laissera sa vie au service de la vérité et des frères pour devenir conforme au Prince de son salut. La seconde classe, considérée par ailleurs comme la “Grande Multitude ”, devra malgré tout gagner sa récompense au prix du sacrifie de sa chair, mais, ayant montré moins de zèle dans l’accomplissement de ce sacrifice, perdra la grande récompense de la Nouvelle Création et de ses privilèges royaux. Ces trois classes paraissent être les seules à tirer avantage, au delà de la vie présente, des occasions spéciales offertes pendant cet âge de la justification par la foi.

Le Royaume, à la lumière d’une connaissance plus approfondie et sur le plan des œuvres, pour différentes raisons, en appellera évidemment avec plus de force à Israël selon la chair. Lorsque son aveuglement aura pris fin, il deviendra extrêmement zélé pour l’Oint de l’Eternel et dira comme dans la prophétie: “C’est notre Dieu en qui nous avons confiance et c’est lui qui nous sauve” (Esaïe 25 : 9 ). Mais tandis qu’Israël sera le premier à prendre contact avec le nouvel ordre de choses,

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les bénédictions du Royaume, Dieu merci, s’étendront rapidement au reste du genre humain au point que toutes les nations pourront devenir des enfants d’Abraham puisqu’elles auront part aux grâces, qui lui ont été promises selon qu’il est écrit : “Je ferai de toi le père d’une multitude de nations ; en ta postérité toutes les familles de la terre seront bénies ”.

CHRIST FAIT SANCTIFICATION POUR NOUS

La sagesse et la connaissance de l’Eternel nous sont venues en raison du sacrifice de Jésus en notre faveur. La justification nous a été donnée par son mérite lorsque, après avoir accepté la réconciliation offerte, nous nous sommes tournés du péché vers la justice. De même notre sanctification est par lui. Personne ne peut se sanctifier de lui-même c’est-à-dire se faire de lui-même accepter et adopter dans la famille de Dieu, la Nouvelle Création, et être engendré de son esprit (Jean 1 : 13; Hébreux 5 : 4 ). Comme le mérite de Christ a été nécessaire à notre justification, il est indispensable qu’il nous accepte comme membres de son corps, et nous assure d’une aide continuelle pour que notre appel et notre élection soient affermis. L’apôtre condamne ceux qui ne “s’attachent pas au Chef” (Colossiens 2 : 19 ) car il est essentiel que chaque membre de l’Eglise reconnaisse Jésus-Christ non seulement comme Rédempteur mais encore comme Chef, représentant, guide, instructeur et protecteur du Corps de l’Eglise. Le Seigneur insiste sur cette nécessité de demeurer sous sa garde. Plusieurs fois il dit : “Demeurez en moi... Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi” (Jean 15 : 4 ). “Si vous demeures en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et cela vous sera accordé” (Jean 15 : 7 ). L’apôtre souligne cette même nécessité de demeurer en Christ lorsqu’il dit : “C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant” (Hébreux 10 : 31).

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Il explique ce qu’il veut dire en empruntant au langage prophétique cette phrase: “Car notre Dieu est aussi un feu dévorant ”. L’amour de Dieu tout autant que sa justice est ardent contre tout péché. Or “toute injustice est un péché”. “Il ne peut voir (reconnaître, admettre, tolérer) le péché”. Il n’agit donc pas dans le sens de protéger les pécheurs mais dans le sens de les aider à sortir de la maladie et de la sentence de destruction qui pèse sur eux.

Et ceci nous assure — d’accord avec plusieurs déclarations de l’Ecriture — que le moment vient où le péché et les pécheurs avec tout ce qui gravite autour du péché la peine, la douleur et la mort cesseront d’exister. Dieu merci, nous pouvons nous réjouir même de ce trait distinctif du caractère divin, qu’il soit un feu dévorant, puisqu’il a pourvu à un refuge en Christ pour le temps de nos imperfections involontaires, et qu’il a pourvu aussi à notre délivrance définitive du péché, de la mort et de toute faiblesse pour nous réveiller . Sa glorieuse ressemblance : en ce qui concerne la Nouvelle Création à la perfection de la nature divine et à sa plénitude; pour ce qui est de la “Grande Multitude ” à la perfection sur un plan d’existence voisin de celui des anges pour être les envoyées, les compagnes de l’Eglise glorifiée —“suivie des jeunes filles, ses compagnes qui sont amenées auprès de toi ” (Psaumes 45 : 15 ). Les Anciens Dignitaires ensuite, parfaits sur le plan humain, images de Dieu dans la chair, représentants glorieux du Royaume céleste, intermédiaires par lesquels la bénédiction divine visitera toutes les familles de la terre. Plus tard lorsque les méthodes d’éducation et les épreuves de l’Age Millénial auront conduit les hommes de bonne volonté et obéissants à la perfection de la nature divine et à sa plénitude; d’un loyal attachement à l’Eternel, alors on pourra dire qu’ils auront recouvré la perfection humaine et seront redevenus des images de Dieu dans la chair. Chez eux la volonté divine sera si parfaitement comprise et exécutée — et cela de grand cœur — que l’Eternel cessera d’être pour eux un feu dévorant. Ils auront en effet perdu toute

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leur gangue sous la règle du grand Médiateur à qui tout a été confié par l’amour et la sagesse du Père. Alors Christ “verra le travail de son âme et sera satisfait” des résultats.

Sanctification veut dire mise à part pour un service saint. Les pécheurs ne sont pas appelés à la sanctification mais à la repentance. Les pécheurs repentants ne sont pas astreints à la consécration mais doivent croire en Jésus-Christ le Seigneur pour parvenir à la justification. La sanctification ne s’impose qu’à ceux qui sont justifiés, qui croient aux promesses faites par Dieu, centrées en Christ et rendues certaines par son sacrifice de rançon. Ceci ne veut pas dire que la sanctification ne soit pas ce qui convienne à toute l’humanité. Cela signifie tout simplement que Dieu a prévu que tant qu’un homme se trouverait dans la position d’un pécheur non repenti il serait complètement inutile de l’inviter à se mettre à part pour vivre une vie de sainteté. Il doit tout d’abord se rendre compte de son état de péché c’est-à-dire de sa condition de rupture avec Dieu et s’en repentir. Cela ne veut pas dire que le pécheur repenti ne doive pas en venir à la sanctification, à sa mise à part pour une vie de sainteté, mais bien plutôt qu’une sanctification qui ne tiendrait pas compte de la justification n’aurait aucune portée. Dans l’ordre des dispositions prises par Dieu il nous faut d’abord reconnaître la bonté divine à l’égard de nos péchés, accepter son pardon comme un don gratuit en Christ. Sur cette base nous nous trouverons dans une attitude favorable pour envisager la consécration et nous sanctifier à son service. En outre il ne faut pas oublier l’objet de tout cet arrangement de l’Age de l’Evangile. L’appel à la repentance, la bonne nouvelle d’une justification possible, l’invitation faite au justifié de se sanctifier, de se consacrer à Dieu, sont autant d’éléments faisant partie de l’unique grand dessein que Dieu est en train de réaliser : le développement de la Nouvelle Création. Dieu a déterminé que ceux qui feraient partie de la Nouvelle Création seraient tous des sacrificateurs — appartiendraient tous au “Sacerdoce Royal”

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et auraient tous quelque chose à lui offrir à l’exemple de notre Souverain Sacrificateur qui “s’est offert lui-même” (Hébreux 7 : 27 ; 9 : 14). Les membres du sacerdoce doivent tous s’offrir, à Dieu, eux aussi. L’apôtre dit: “Je vous exhorte frères (frères parce que justifiés et admis de cette manière dans la communion de Dieu) par les compassions de Dieu (le pardon des péchés déjà expérimenté) à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable” (Romains 12 : 1 ). Remarquons donc que, puisque nos corps ne sont pas effectivement “saints ”, il est nécessaire qu’ils soient estimés tels avant de pouvoir être “acceptables à Dieu”, comptés comme “saints”. Autrement dit il faut être justifiés par la foi en Christ avant d’avoir quoi que ce soit de saint et d’acceptable à placer sur l’autel de Dieu. Et ce quelque chose d’acceptable doit être mis sur l’autel de Dieu, sacrifié et accepté de lui, venant des mains de notre grand souverain sacrificateur avant de pouvoir être compté comme incorporé au “Sacerdoce Royal”.

La sanctification sera exigée par le grand Roi pendant l’Age Millénial. Le monde entier sera invité à se sanctifier, à se mettre à part à se séparer de toute impureté, de quelque péché que ce soit pour obéir à la volonté divine présentée sous la forme du Royaume et dans la personne de ses princes. Il se peut que certains observent une sanctification ou sainteté de la vie toute extérieure sans que celle-ci pénètre le cœur. Ceux-là pourront réaliser des progrès tant au mental qu’au moral et au physique jusqu’à la perfection. Et ce faisant ils jouiront des bienfaits et des joies qui caractériseront cet âge glorieux du rétablissement jusqu’à son terme. Mais si la sanctification ne va pas au delà et ne fécond pas leurs pensées et les intentions intimes de leurs cœurs ils ne résisteront pas aux conditions éternelles de l’au-delà de l’Age Millénial où rien ne sera admis qui ne soit rigoureusement conforme à la règle divine en pensée, en parole et en acte.

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Nous parlons ici de la sanctification en tant que principe général et de son action sur le monde dans l’avenir. N’oublions pas cependant que les Ecritures ont surtout été écrites “pour notre instruction” — pour l’instruction de la Nouvelle Création. Lorsque sera venu le temps de l’instruction du monde dans le sens de la sanctification, le Grand Maître, le Soleil de Justice sera là pour inonder la terre de la connaissance de Dieu. Il n’y aura plus de Babel aux théories et doctrines confuses car le Seigneur a promis qu’en ce jour là : “Je donnerai au peuple des lèvres pures, afin qu’ils invoquent tous le nom de l’Eternel, pour le servir d’un commun accord” (Sophonie 3 : 9 ). C’est à la Nouvelle Création seule que l’apôtre s’adresse lorsqu’il déclare que “Jésus Christ, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et délivrance”. Accordons donc une attention soutenue aux choses qui ont été écrites pour notre instruction et qui nous sont évidemment nécessaires si nous voulons affermir notre appel et notre élection pour faire partie de la Nouvelle Création.

De même que le Seigneur dit aux Israélites typiques: “ Sanctifiez-vous et Je vous sanctifierai” (Lévitique 20 : 7,8 ; Exode 31 : 13) ainsi il invite l’Israélite selon l’esprit à se consacrer, à s’offrir à Dieu grâce à et par les mérites de la réconciliation en Christ. Le Seigneur n’accepte que ceux qui se comportent dans ce sens pendant le “temps favorable”. Il les met à part comme saints, écrit leurs noms dans le livre de vie de l’Agneau (Apocalypse 3 : 5 ) leur attribue des couronnes de gloire d’honneur et d’immortalité qu’ils recevront effectivement s’ils demeurent fidèles à tous leurs engagements, ce qui n’est au demeurant que leur “service raisonnable” —Apocalypse 3 : 11 .

Dans le type, la consécration des Lévites se trouvait être, dans une certaine mesure, une consécration pour manifester une volonté de suivre la justice mais n’était

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pas une consécration en vue du sacrifice. Mais, pour ceux qui acceptent l’appel de Dieu pour faire partie du Sacerdoce Royal, le franchissement du pas de la sanctification était symbolisé dans le type par l’installation d’Aaron et de ses fils dans la fonction sacerdotale — une consécration en vue du sacrifice. Ceci était figuré par leurs robes blanches de lin fin qui représentaient la justice ou justification, par l’huile d’onction et par l’office de sacrificateur auquel tous les prêtres prenaient part. —Hébreux 8 : 3.

Dans les symboles du Lévitique il est fait état de deux sortes de consécration (1) la consécration générale de tous les lévites (2) la consécration particulière d’un nombre restreint de lévites promus au rang de sacrificateurs ou prêtres. La première de ces consécration figure la consécration générale que tous les croyants font et qui consacre une vie de sainteté et d’obéissance à Dieu. Par la grâce de Dieu et par Christ cette consécration leur apporte la “justification de la vie” et la paix avec Dieu. C’est ce que tous les croyants véritables comprennent et qu’ils expérimentent au cours de cet âge. Mais, comme l’apôtre l’exprime, “le but du commandement, c’est un amour venant d’un cœur pur” (1 Timothée 1 : 5 ). Dieu prévoit que notre acceptation d’une première consécration, notre acceptation des termes de notre justification pendant l’âge présent, nous conduira en définitive comme à un but, à la seconde consécration en tant que prêtres pour le sacrifice.

Et comment cela? Parce que une vie de sainteté — à part de celle adoptée d’ordinaire par le monde — et d’obéissance à Dieu sous-entend un “amour venant d’un cœur pur” pour Dieu et pour les autres hommes. L’amour pour Dieu ne peut qu’être un amour “de tout notre cœur, de toute notre pensée, de tout notre être, de toute notre force”. Un tel amour n’attend pas qu’on lui donne des commandements mais va au devant des occasions de servir. Il dit : “Seigneur, que faut-il que je fasse? “. Tous les “véritables Israélites” fidèles à la première

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venue de Christ avaient cette première consécration de base représentée par celle des lévites. C’est à eux que le Seigneur adressa l’appel spécial de l’Evangile, celui qui conduit à la consécration à la mort, au sacrifice des intérêts terrestres pour les richesses célestes, à devenir des disciples suivant les traces de Jésus, le Capitaine de leur salut sur le chemin qui conduit à la gloire, l’honneur et l’immortalité. Ceux qui répondirent à cette invitation furent agréés comme sacrificateurs, membres du corps du Souverain Sacrificateur de notre profession et “ Fils de Dieu” Jean 1 : 12.

Pendant tout l’âge de l’Evangile la même filière a prévalu. Tout d’abord c’est la consécration pour l’obéissance et la justice qui fait de nous des lévites corrélatifs. On découvre ensuite que la justice comporte en elle-même un amour suprême pour Dieu, un désir de connaître et de faire sa volonté. Plus tard on se rend compte que, pour l’instant, tout ce qui nous entoure est dévié, tordu, en désaccord avec ce que Dieu a voulu et qu’en fait, être en accord avec Dieu c’est être en désaccord avec toute injustice tant celle qui habite en nous que celle qui existe chez les autres. On interroge Dieu à l’effet de savoir pourquoi il nous a appelés, pourquoi il a agréé notre consécration alors que selon toute apparence, rien de tout cela ne devient effectif que si nous acceptons notre propre sacrifice. A ce cri Dieu répond : “Vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation” (Ephésiens 4 : 4 ). Il précise que cet appel a pour objet le co-héritage avec notre Seigneur dans la gloire, l’honneur et l’immortalité du Royaume (Luc 12 : 32 ; Romaine 2 : 7) et que le chemin est étroit et difficile parce qu’il est indispensable de passer les épreuves avec succès. (Matthieu 7 : 14 ; Romains 8 : 17). Ce n’est qu’après avoir entendu l’appel de Dieu en accord avec l’expression de l’apôtre “Je vous exhorte donc frère... à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable”, après avoir répondu à cet appel et après nous être consacrés jusqu’à la mort que nous avons

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été accueillis comme sacrificateurs du Sacerdoce Royal”, membres du Grand Souverain Sacrificateur Jésus-Christ Nouvelles Créatures.

Les croyants qui, après s’être rendu compte que “ le but du commandement c’est l’amour provenant d’un cœur pur”, refusent d’aller jusqu’à ce but, refusent de répondre à l’appel au sacrifice, refusent par conséquent de se soumettre à ce que Dieu a envisagé en les justifiant, ceux-là échouent dans leur alliance d’obéissance à la justice en raison de l’étroitesse du chemin et repoussent la “seule espérance de leur vocation”. Ne reçoivent-ils pas la grâce, de Dieu (la justification pour la vie) en vain ? Quand on jette un coup d’œil en arrière vers les Anciens Dignitaires, qu’on pense à ce qu’il leur en a coûté pour “recevoir le témoignage qu’ils étaient agréables à Dieu ” et garder cette justification à l’amitié (Hébreux 11 : 5,32-32 ) peut-on espérer que la justification à la vie accordée pendant cet âge de l’Evangile à ceux qui deviennent des lévites antitypiques, soit maintenue à ceux qui manifestent un moindre degré de loyalisme de cœur au Seigneur et à la justice? La conclusion s’impose à coup sûr. Ceux qui ont été agréés comme croyants justifiés (lévites antitypiques) et qui, “ comptant le prix” (Luc 14 : 27,28 ) auquel les entraînera leur consécration déjà conclue pourtant, se récusent, refusent d’apporter foi au secours promis par le Seigneur, négligent d’accomplir leur “service raisonnable” en faisant une consécration intégrale — jusqu’à la mort — ceux-là ont reçu la faveur de Dieu en vain. On ne peut sûrement pas considérer qu’ils ont gardé cette justification à la vie ni même la justification à la communion spéciale avec Dieu. Par leur attitude ils se retirent de leur position privilégiée de lévites antitypiques et ne doivent par conséquent plus être considérés sous cet angle.

Parmi ceux qui apprécient la faveur divine et dont les cœurs répondent en toute loyauté aux privilèges qui découlent du service raisonnable de la consécration et

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qui acceptent l’alliance d’obéissance à Dieu et à la justice jusqu’à la MORT, il y a deux classes

(1) Les lévites antitypiques qui, joyeusement, délibérément donnent leurs vies” dans la recherche des moyens de servir le Seigneur, les frères et la Vérité qui considèrent comme un plaisir et un honneur de sacrifier les avantages terrestres, le temps, l’influence, les moyens et tout ce qui fait la vie pressente. Ces sacrificateurs volontaires, sacrificateurs antitypiques seront glorifiés et, avec leur Seigneur, formeront le “Sacerdoce royal”. Leurs sacrifices accomplis ils ne seront plus corrélatifs d’Aaron et de ses fils offrant des sacrifices pour le peuple mais de Melchisédek — prêtre-roi —répandant sur le monde pendant le Millénium, les bienfaits assurés par les “sacrifices plus excellents” offerts au cours du Jour de Propitiation antitypique — l’Age de l’Evangile.

(2) Une autre catégorie de croyants loyaux de cœur répondent et consacrent joyeusement leur tout au Seigneur. Ils ne reculent pas devant leur service raisonnable” et apportent ainsi la preuve qu’ils sont dignes d’être des lévites antitypiques puisqu’ils ne reçoivent pas la grâce de Dieu en vain. Mais hélas, bien qu’ayant répondu à l’appel et ayant part à “la seule espérance de notre vocation” ainsi qu’à tous les privilèges réservés aux élus, cependant leur amour et leur zèle ne sont pas assez ardents pour les contraindre à accomplir le sacrifice qu’ils avaient promis de faire. A cause de cela ils manquent de placer ou de maintenir leur sacrifice sur l’autel. On ne peut les considérer comme des “ copies” ou images de notre Grand Souverain Sacrificateur qui prit une joie extrême à réaliser la volonté du Père. De ce fait ils ne peuvent être assimilés aux plus que vainqueurs qui auront part avec leur Seigneur au Royaume céleste au titre de membres du “Sacerdoce royal”. Ils manquent d’affermir leur vocation et leur élection en ne réalisant pas complètement les termes de leur alliance.

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Et qu’en est-il donc de ceux-ci ? Ont-ils tout perdu du fait qu’ils ont couru pour le prix et l’ont manqué en n’arrivant pas à surmonter l’épreuve de zèle et d’amour qu’ils auraient dû vaincre ? Non Dieu merci. Si, soumis à des épreuves cruciales, leur foi et leur zèle n’ont pas été jugés suffisants pour les ranger parmi les sacrificateurs, néanmoins, s’étant consacrés jusqu’à la mort, leur foi et leur zèle suffisent à démontrer la sincérité de leur cœur en tant que lévites. Par contre il ne suffit pas qu’ils se soient pleinement consacrés ; ils doivent montrer que leur cœur aime Dieu et qu’ils ne le renieraient à aucun prix malgré qu’ils ne soient pas assez fidèles pour aller jusqu’au sacrifice à son service. Quelle épreuve montrera qu’ils sont dignes d’une portion de lévite dans le Royaume? Et comment sera-t-elle appliquée?

Nous avons déjà fait allusion à cette Grande multitude de véritables consacrés au Seigneur dont l’image se trouve rapportée en Apocalypse 7 : 13 à 15 . “Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes et ils les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pour cela qu’ils sont devant (et non pas SUR) le trône de Dieu et le servent jour” et nuit (continuellement) dans son temple (l’Eglise). Celui qui est. assis sur le trône dressera sa tente sur eux (se les associera ainsi qu’à son Epouse glorifiée, dans la condition spirituelle et ses services). “Vierges folles ”. Elles ont laissé échapper l’occasion de devenir membres de l’Epouse; néanmoins elles sont vierges, pures dans les intentions de leurs cœurs. Elles manquent le prix mais obtiennent plus tard, et par de sévères épreuves, d’avoir part au festin nuptial de l’Epoux et de l’Epouse, “ les vierges ses compagnes qui la suivent ” Elles sont aussi amenées devant le Roi. “ On les introduit au milieu des réjouissances et de l’allégresse. Elles entrent dans le palais du Roi” (Psaume 45 : 16). En tant que lévites elles ont manqué de s’assurer le prix de la Royale Sacrificature, mais elles sont encore lévites et peuvent servir Dieu dans son temple glorifié, l’Eglise, sans être ni des “colonnes” ni

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des “ pierres vivantes ” dans ce temple (Apocalypse 3 : 12 ; 19 : 6,7. Psaume 45 : 15 et 16 ). Le verset qui suit la dernière citation attire notre attention sur les Lévites typiques du passé qu’Israël selon la chair appelait “ les pères et affirme qu’ils seront récompensés en devenant princes sur toute la terre ”~

Les trois fils de Lévi (Kehath, Guerschon et Mérari) paraissent, représenter quatre classes.

(1) Moïse, Aaron et toute la famille sacerdotale d’Amram (fils de Kéhath) dont les tentes s’élevaient devant (côté est) le Tabernacle. Ils avaient la charge de toutes les questions religieuses — leurs frères, les lévites mêmes — étant leurs aides ou serviteurs honorés.

(2) (2) Campée sur le côté sud se trouvait la famille de Kéhath, leurs proches parents qui, eux, avaient la charge des objets sacrés — les autels, le chandelier, la Table et l’Arche.

(3) (3) Campés au nord du Tabernacle se trouvaient les lévites de la famille de Mérari qui suivaient dans l’ordre et qui avaient la charge des planches recouvertes d’or du tabernacle, des pieux et des bases, etc...

(4) (4) A l’arrière se trouvaient les lévites de la famille de Guerschon. Ils avaient la charge des services les moins importants — celui de transporter, etc... les cordages, les toiles, rideaux et portes, etc...

Ces familles de lévites bien distinctes peuvent très bien représenter quatre classes différentes de justifiés quand l’œuvre de réconciliation sera achevée : les saints ou Sacrificature Royale, les Anciens Dignitaires, la Grande Multitude et le monde relevé. Comme il arrive souvent en matière de typologie ou symbolique, les noms ont un sens :

(1) La famille d’Amram titulaire de la dignité sacerdotale. Le nom Amram veut dire peuple élevé ou exalté. Quel nom bien adapté pour la figure du petit troupeau dont le chef est Jésus-Christ ! Hautement élevé ” Grandeur” tels sont les indicatifs des Ecritures se rapportant à ces sacrificateurs.

(2) (2) KEHATH signifie allié, camarade. C’est de la famille de Kéhath que les fils d’Amram furent choisis pour devenir une nouvelle maison de sacrificateurs.

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La famille kéhathite de lévites pourrait donc représenter les anciens Dignitaires dont la foi, l’obéissance, le loyalisme à Dieu, le bon vouloir à souffrir pour la cause de la justice, ont été manifestés et avec qui nous nous sentons si apparentés. Ils ont été vraiment les alliés du Seigneur et les nôtres et, à certains égards, se sont approchés plus près de Christ que d’autres.

(3) MERARI veut dire amer. La famille mérarite de lévites semble illustrer la grande multitude des engendrés de l’esprit qui n’ont pas gagné le prix du Sacerdoce Royal, ont été sauvés comme au travers du feu et sont parvenus par une grande tribulation ” et des expériences. Amères à la position d’honneur et de service qui sera la leur.

(4) GUERSCHON a le sens de réfugies, secourus. La famille guersehonite de lévites paraîtrait illustrer avec à propos, l’ensemble des humains sauvés qui seront tous secourus et délivrés de l’aveuglement et de l’esclavage de Satan.

Ainsi donc, tant dans l’ordre que dans le rang, en premier lieu parmi ces lévites antitypiques ou justifiés, il y aura le Sacerdoce Royal à qui sera confié le soin d’administrer le Royaume Millénial. A leur droite seront leurs plus proches parents — les Anciens Dignitaires qui deviendront princes sur toute la terre”. A leur gauche se trouveront leurs frères fidèles de la Grande Multitude (1). Et pour finir viendront tous ceux qui seront libérés du péché et de la mort pendant le Millénium et dont le loyalisme aura été démontré dans la grande épreuve qui terminera l’Age Millénial. — Apocalypse 20 : 7 à 9 .


(1) La dernière pensée de l’auteur est que certains textes des Ecritures paraissent enseigner que les ANCIENS DIGNITAIRES n’auront pas la préséance mais occuperont un rang inférieur ~ la GRANDE MULTITUDE pendant le Millenium mais recevront la nature spirituelle et de plus grands honneurs à la fin.

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Toutes ces classes de lévites, seront celles qui auront été éprouvées et auront affirmé dans leurs épreuves le loyalisme de leurs cœurs. Mais ceci n’implique pas que ceux qui sont, maintenant, justifiés par la foi, en avance sur le monde, qui négligent ou refusent d’aller jusqu’au bout, jusqu’au but du commandement — l’amour venant d’un cœur pur — et qui reçoivent par conséquent cette grâce de Dieu en vain n’auront pas une nouvelle occasion. Si en comptant le prix de la participation au service sacerdotal du sacrifice, ils déclinent l’offre qui leur est faite, il est bien certain qu’on ne puisse songer a louer ou récompenser une appréciation aussi sommaire que la leur du service raisonnable envers Dieu, mais ceci ne signifie pas que leur manque de sagesse doive justement encourir un châtiment. Autrement l’appel à la gloire, l’honneur et l’immortalité ne serait plus une grâce mais une nécessité, non plus une invitation mais un commandement, non plus un sacrifice mais une obligation. La mise en suspens ou annulation de leur justification leur laisse une part avec le monde racheté et les place dans la situation où ils se trouvaient avant d’accepter Christ par la foi, sauf que leur connaissance en augmentant, augmente aussi leur responsabilité pour ce qui est de faire le bien. En d’autres termes l’épreuve pour la vie ou la mort éternelle dans le temps présent ne concerne que ceux qui, de plein gré, ont consacré tout leur être au Seigneur “ jusqu’à la mort”. Le reste de l’humanité n’est pas encore en jugement pour la vie ou la mort éternelle et ne le sera pas avant que le Royaume Millénial ait été établi. Pourtant, même maintenant, chaque être humain en proportion de l’éclairement de son esprit, construit ou détruit son caractère et rend sa position, dans les conditions futures de l’Age Millénial et par rapport aux perspectives de la vie éternelle, soit meilleure soit plus mauvaise selon qu’il obéit à ou fait taire sa conscience.

Pour ce qui est de ceux qui se sont consacrés sans réserve la chose se présente sous un jour différent. Par leur consécration pleine et entière, jusqu’à la mort ,

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ils ont renoncé en totalité à la vie terrestre, l’ont échangée contre une vie sur le plan spirituel qu’ils recevront s’ils sont fidèles jusqu’à la mort et pas autrement. Pour eux, devenir déloyal ou infidèle est synonyme de mort éternelle comme il en sera d’ailleurs pour tous les êtres humains, qui, à la fin du Millénium, manqueront à la justice et à la fidélité.

Aucun lévite n’avait droit à aucune possession ou héritage dans la terre de Canaan. Ce fait est significatif. Ayant tout abandonné pour servir le Seigneur, étant dans leur cœur en accord avec les règles de son empire, les conditions imparfaites de l’état actuel de péché ne sont pas leur lot. Le pays de Canaan figurait un état de luttes et d’épreuves, de combats et de victoires sur les ennemis et les maux qui assaillent etc... plus particulièrement pendant le Millenium. Mais Dieu a pourvu à un héritage meilleur, parfait, d’où le péché est exclu pour tous ceux qu’Il justifie complètement au titre de lévites antitypiques. Les premiers à entrer en possession de cet héritage plus excellent seront les sacrificateurs qui auront part à la première résurrection et recevront la perfection dans la nature divine. Les “ Anciens Dignitaires ” viendront ensuite et entreront dans leur parfait héritage par la résurrection comme êtres humains parfaits (1). La Grande Multitude suivra dans l’ordre et sera rendue parfaite sur le plan spirituel. Après viendra la classe de Guerachon, éduquée, relevée, éprouvée pondant le Millénium. Elle entrera dans son héritage par une résurrection graduelle, un relèvement de la mort à la vie pour y accéder dans une pleine mesure vers la fin du Millénium.

Seuls les croyants qui se consacrent jusqu’à la limite extrême jusqu’à la mort — sont engendrés de l’Esprit saint et considérés comme membres du Grand Souverain Sacrificateur. Les figures typiques s’accordent avec cette

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donnée car les lévites en général ne recevaient pas la sainte huile d’onction, image du Saint Esprit, mais les sacrificateurs, les prêtres seuls. Ils étaient tous aspergés d’huile mêlée au sang ce qui montre que le saint esprit dispensé aux membres de Christ ne leur est accordé qu’en vertu du sang répandu (1) le sacrifice de Jésus-Christ qui les justifie et (2) leur engagement à prendre part au sacrifice avec Christ — en déposant leurs vies à son service. — Exode 29 : 21 .

L’onction du Souverain Sacrificateur était encore à part. Elle représentait l’unité, la solidarité de l’Eglise élue. Car cette onction n’était répandue que sur celui qui devait assumer la dignité sacerdotale comme sacrificateur principal — sur Aaron seul d’abord — et sur chacun de ses fils comme ceux-ci remplissaient l’office de prêtre principal pour être “à mon service dans le sacerdoce (Exode 28 : 41 ; 40 : 13,15). Christ-Jésus notre Seigneur, la Tête de l’Eglise qui est son corps a été “ oint d’une huile de joie (le saint esprit) au-dessus (la tête est au-dessus) de tes égaux” ou co-héritiers, les membres du “ Sacerdoce Royal”. Ce saint esprit lui a été communiqué en totalité et “ nous avons tous reçu de sa plénitude (abondance) et grâce pour grâce”. Ce fut un “ don ineffable” d’être pardonné et justifié par le mérite de son sacrifice. Et maintenant même il paraît impossible de croire que nous soyons appelés à devenir co-héritiers avec lui du Royaume et que notre consécration soit scellée, par une aspersion de sang et d’huile en ayant part à l’onction de notre Tête.

Le Seigneur a guidé le prophète David pour nous donner une description écrite de l’onction déversée en totalité sur notre Tête pour s’écouler ensuite de lui jusqu’à nous (Psaume 133 : 1 à 3 ; 45 : 8 ; Luc 4 : 18 ). Les membres de l’Eglise sont les “frères” que l’esprit oblige à “ demeurer ensemble dans l’unité ” Tous ceux qui sont un avec la Tête doivent se trouver en relations de sympathie avec les autres membres de l’Eglise qui est son corps et ce n’est qu’en proportion où ils le sont qu’ils

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reçoivent le saint esprit d’onction (1). Cette huile d’onction sainte représentait le saint esprit et l’éclairement qu’il apporte à ceux que Dieu accepte comme membres en perspective du Sacerdoce Royal, la Nouvelle Création, membres qui sont scellés” c’est-à-dire marqués par l’esprit saint qui lui a été donné ainsi que nous l’avons montré précédemment (2).

Tous ceux qui sont marqués du saint esprit comme membres probables de la Nouvelle Création, le Seigneur l’affirme: “ ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde”. Je vous ai choisis (hors du monde) et je vous ai établis afin que vous alliez et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure”. “Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait” (Jean 15 : 16,19 ; 17 : 16). Et, bien que jusqu’à un certain point, le monde puisse se rendre compte des signes distinctifs qui marquent la sanctification, il ne faut pas attendre qu’il approuve ou admire. Tout au contraire il considérera plutôt le résultat de cette action du saint esprit sur les nouvelles créatures comme autant d’évidences de faiblesse ou de débilité. Le monde appréciera et louera ce qu’il considère comme une vie énergique et bien remplie — sans plus de justice qu’il n’en faut. Le Seigneur explique pourquoi le monde n’applaudit pas ses disciples, parce que les ténèbres haïssent la lumière, parce que le niveau, le plan sur lequel ils évoluent en pensée, en parole et en action est tellement plus élevé que le plan humain en général, qu’il constitue une réprobation plus ou moins vive à l’adresse des hommes. Le monde aime plutôt être félicité, flatté et tout ce qui le contrarie sous ce rapport, il l’écarte s’il ne s’y oppose pas. Cette animadversion des sages


(1) Vomne V, chapitre IX.


(2” Voir Volume V, chapitre IX.

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de ce monde de chrétienté est un aspect de l’épreuve du Sacerdoce Royal, car si la consécration n’a pas de puissantes racines dans le cœur, non seulement le chrétien manquera l’amitié du monde mais souhaitera à tel point son approbation qu’il ne réussira pas à réaliser dans un esprit convenable le sacrifice des intérêts terrestres qu’il aura entrepris et, de ce fait, ne deviendra ni sacrificateur ni membre de la Nouvelle Création. Ceux-là, en raison même de leurs bonnes intentions, pourront être acheminés par le Seigneur et par de sévères épreuves, à la destruction de la chair qu’ils n’auront pas eu le zèle de sacrifier. Ils pourront être jugés dignes d’avoir part aux bénédictions et récompenses réservées à la Grande Multitude qui sortira de la grande tribulation et servira devant le trône sur lequel le petit troupeau siègera avec le Seigneur.

La sanctification ne se compose pas seulement de deux parties : la part de l’homme qui se consacre absolument et la part de Dieu qui accepte sans réserve, elle comporte aussi un élément de progrès. Notre consécration au Seigneur qui doit être sincère et complète pour pouvoir être admise, s’accompagne d’une somme de connaissance et d’expérience relativement restreinte. Il nous faut donc croître jour après jour dans la sanctification en même temps qu’en connaissance. Au début, nos cœurs étaient remplis, nous rejetions toute volonté propre ; or, nos cœurs étaient petits. A mesure qu’ils s’élargissent la sanctification doit suivre et les combler. L’apôtre nous exhorte à être “remplis de l’esprit” et encore “que l’amour de Dieu soit répandu dans nos cœurs et y abonde de plus en plus” . Cet élargissement du cœur, c’est ce que notre Rédempteur a exprimé dans sa prière pour nous : “Sanctifie-les par ta vérité ; ta Parole est la vérité”.Jean 17 : 17.

C’est la Parole ou message de Dieu, “sagesse” de Dieu par Christ, qui a commencé à manifester en nous la faveur divine et nous a conduit pas à pas au moment de notre consécration. Et c’est encore cette même Parole,

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ce message de Dieu par Christ, qui élargit nos cœurs et les remplit. Alors que Dieu apporte la vérité qui nous comble et nous sanctifie, il nous appartient de montrer que nous avons faim et soif de cette vérité sanctifiante dont nous nous nourrirons chaque jour pour devenir forts dans le Seigneur et dans la puissance de sa force. Il ne suffit pas de se consacrer au Seigneur. Ce qu’il désire ce ne sont pas de flegmatiques candidats à la Nouvelle Création mais des candidats qui auront été entraînés, disciplinés et éprouvés dans le sens de former, de tremper les traits du caractère soumis à l’épreuve d’un complet loyalisme envers Dieu. Ainsi ces nouvelles créatures seront trouvées fidèles à celui qui les a “appelés”, dignes d’entrer dans les joies glorieuses de leur Seigneur par la Première Résurrection.

De même que la justification a apporté un profond sentiment de paix avec Dieu ainsi en est-il de l’étape suivante de la pleine consécration au Seigneur de toute notre vie, de nos espoirs et de nos désirs. Echanger ses espoirs, ses ambitions, son bien être terrestres contre les célestes, apporte un grand et souverain réconfort, un immense repos du cœur qui s’accentue à mesure qu’on se rend compte de la portée des promesses infiniment supérieures et précieuses que Dieu a faites à la Nouvelle Création. Ces promesses se trouvent condensées dans celle-ci : “Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein” (Romains 8 : 28 ). Telle est bien la seconde bénédiction au vrai sens du terme. Non pas qu’elle veuille marquer que tout irait bien du côté matériel mais plutôt qu’elle communiquerait au cœur un repos complet dans une confiance parfaite en Dieu en faisant siennes les grandes promesses des Ecritures.

Par suite de différences dans les tempéraments il doit nécessairement se produire des différences dans les expériences propres à chacun sur ce chapitre de la pleine consécration. Pour les uns, le complet abandon au Seigneur, le fait de se savoir l’objet d’un soin particulier

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comme membres de la future Eglise élue, leur apporte une joie sereine et le repos du cœur tandis que chez d’autres, d’une nature plus exubérante, c’est une joie qui explose de toutes manières. Il convient de se rappeler ces dissemblances de complexions et de sympathiser avec ceux dont les expériences diffèrent des nôtres en nous rappelant que des disparités analogues existèrent parmi les apôtres ; que certains d’entre eux — Pierre, Jacques et Jean — furent plus démonstratifs que les autres même lors de la Pentecôte. Que les frères pas trop expansifs apprennent la modération que l’apôtre recommande et que, par ailleurs, ceux qui sont d’une nature plus froide et plus prosaïque prient et cherchent à apprécier davantage pour devenir plus communicatif, lorsqu’il s’agit d’annoncer les louanges de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Rappelons-nous que Jacques et Jean, deux des apôtres particulièrement chers à notre Maître, appelés “ fils du tonnerre” justement à cause de leur zèle et de leur impétuosité, eurent besoin, en une circonstance du moins, d’être rappelés à l’ordre pour leur faire souvenir de quel esprit ils étaient animés (Luc 9 : 54,55 ). L’apôtre Pierre, autre disciple cher et zélé, approuvé pour avoir promptement reconnu le Messie, est considéré comme un adversaire en raison d’une activité intempestive. Le Seigneur a pourtant marqué sa prédilection pour les tempéraments ardents de ces trois disciples qui l’approchèrent de plus près, qui l’accompagnèrent sur la montagne de la Transfiguration et dans la chambre où reposait la fille de Jaïrus que le Maître réveilla du sommeil de la mort, et qui furent aussi plus près de lui, que les autres dans le jardin de Gethsémané. La pensée qui se dégage de tout ceci c’est que le zèle est agréable au Seigneur et rapproche de Lui, mais qu’il a besoin d’être éclairé par Sa Parole et son esprit pour ne pas manquer d’égard envers notre Chef.

Sanctification ne veut pas dire perfection humaine comme certains l’ont expliqué à tort. Elle ne modifie ni la qualité ni le fonctionnement de notre cerveau, ni n’enlève miraculeusement les tares qui peuvent affliger nos

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corps. C’est une consécration ou renoncement à notre volonté propre laquelle, par Christ, est acceptée par le Seigneur comme parfaite. C’est aussi une consécration de notre corps en sacrifice — “ jusqu’à la mort ”. Ce corps, nous l’avons vu, n’est pas rendu effectivement parfait en raison de la justification par la foi, mais simplement reconnu parfait sous l’angle de notre volonté, de notre cœur, de nos intentions. La nouvelle volonté, comme le recommande l’apôtre, doit assujettir la force, les talents dont dispose le corps pour les amener dans la ligne du Seigneur. Elle doit aussi chercher à exercer sur tous ceux qui l’approchent une heureuse influence orientée dans le même sens. Ceci ne veut pas dire que dans l’espace de quelques courtes années cinq, dix, vingt, cinquante — de la vie présente, on soit capable d’amener son propre corps imparfait (ou les corps imparfaits des autres dont nous sommes un spécimen chacun pour notre compte) à la perfection. Tout au contraire l’apôtre affirme, par rapport à l’Eglise, que dans la condition de mort il est “semé dans la corruption, semé dans la faiblesse, semé méprisable, semé corps naturel (imparfait)” ; que ce n’est qu’à la Résurrection que nous aurons de nouveaux corps, pleins de force, parfaits, glorieux, immortels ; que nous serons parvenus à la perfection que nous cherchions et que le Seigneur nous a promise si dans notre vie présente de faiblesse et d’imperfection nous lui manifestons le loyalisme de nos cœurs.

De quelque manière que ce soit, le loyalisme du cœur envers le Seigneur se concrétisera sous la forme d’un effort continu pour soumettre le comportement de nos vies, nos pensées intimes et les intentions de nos cœurs, à la volonté divine (Hébreux 4 : 12). Tel est notre premier devoir, notre devoir de tous les jours et cela jusqu’à la fin parce que “ce que Dieu veut c’est notre sanctification”. “Soyez saints ; car Je (le Seigneur) suis saint” (1 Thessaloniciens 4 : 31 Pierre 1 : 16). La sainteté absolue doit être l’objectif que nos ESPRITS peuvent et

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doivent considérer, qu’ils doivent essayer de vivre mais auquel nous ne parviendrons jamais tant que nous serons soumis aux fragilités de nos natures déchues et aux attaques du monde et de l’Adversaire. Cependant, jour après jour, nous sommes “enseignés de Dieu” et parvenons à une connaissance plus approfondie de son caractère. A mesure que celle-ci emplit nos cœurs, le nouvel esprit se fortifie et prend une option toujours plus importante sur les faiblesses de la chair quelles qu’elles soient. Ces faiblesses ne sont pas toutes pareilles pour tous les membres du corps.

La véritable sanctification du cœur au Seigneur créera un désir d’être à son service d’apporter la bonne nouvelle à d’autres, de se promouvoir les uns les autres dans la foi, de faire du bien à tous les hommes quand l’occasion s’en présente et plus particulièrement à la maison de la foi. La véritable sanctification c’est que, de toutes façons notre vie consacrée au Seigneur, soit dépensée au bien des frères (1 Jean 3 : 16 ) chaque jour, au fur et à mesure des occasions qui se présentent; c’est que notre amour pour le Seigneur, pour les frères, pour nos familles, pour l’humanité, emplisse nos cœurs en même temps que nous nous développons en grâce, en connaissance et en obéissance à la Parole divine et à l’exemple du Maître. Toutes ces préoccupations au service des autres sont autant de moyens d’action qui, sous la direction du Seigneur, contribuent à former notre propre sanctification. Comme l’acier affûte l’acier, ce que nous faisons pour les autres rejaillit sur nous-mêmes. Et tout en approchant de cet état d’âme où nous aimons notre prochain comme nous-mêmes — surtout la maison de la foi — rappelons nous que ce qui est à la base de tout ceci doit être un amour suprême pour notre Créateur et Rédempteur, un ardent désir d’être et de faire ce qui lui est agréable. Ainsi donc notre sanctification doit d’abord être pour Dieu, intéresser notre cœur et notre volonté et trouver un moyen d’expression dans l’intérêt que nous portons aux frères et à tous les hommes.

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SANCTIFIE PAR LA VERITE

Il ressort de ce qui précède que la sanctification que Dieu veut — la seule admise pour prendre place dans la Nouvelle Création — ne sera possible qu’à ceux qui, à l’école de Christ, sont enseignés par lui, “ sanctifiés par la vérité”. L’erreur ne sanctifie pas, et l’ignorance ne sanctifie pas davantage. De plus il ne faut pas commettre l’erreur de supposer que toute vérité, dans un domaine quelconque, tend uniformément à la sanctification. Tandis que la Vérité prise au sens le plus général est grande en elle-même et est appréciée par tous ceux qui aiment la vérité et repoussent l’erreur dans la même proportion cependant les paroles du Maître apportent une précision: ce n’est que Ta vérité” qui sanctifie. Le monde entier est entré en compétition à qui trouvera la vérité. Les géologues fouillent une partie du terrain de recherches, les astronomes une autre, les chimistes une autre encore, les médecins aussi, les hommes d’état également, etc... Or, aucun de ces compartiments de recherche après la vérité ne mène à la sanctification. Ils conduisent même en règle générale dans une direction opposée. Ce qui s’accorde avec la déclaration de l’apôtre: “ Le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu” (1 Corinthiens 1 : 21). Au cours des quelques brèves années de notre existence, dans notre condition imparfaite et déficiente où nos moyens d’acquisition se trouvent réduits il n’est pas possible d’accéder à toute la vérité dans tous les domaines. Ceux qui réussissent sont ceux qui se sont spécialisés dans une partie ou dans une autre. Celui qui s’intéresse à l’astronomie aura bien assez à faire en ne s’occupant que de cela. Il lui restera peu de temps pour approfondir la géologie, la chimie, la botanique, la médecine ou même la plus élevée de toutes les sciences: “ ta vérité”, celle du divin Plan des Ages. C’est dans cet ordre d’idées que l’apôtre, qui était pourtant un homme très instruit pour son époque, recommande à Timothée de se “ garder des philosophies humaines” (théories et sciences) fausses. Le mot science est synonyme de vérité

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et il est bien certain que l’apôtre ne suspectait pas la sincérité des hommes de science de son époque. Il voulait plutôt dire — ce que la science elle-même confirme d’ailleurs — que bien qu’il y ait dans chaque science une certaine somme de vérité, cependant il n’est aucune théorie humaine appelée science qui soit l’expression d’une vérité absolue. Les différentes sciences ne sont à tout prendre que les meilleures suppositions des chercheurs les plus attentifs sur tel ou tel plan. Il arrive même — l’histoire le prouve — que parfois leurs déductions se contredisent. Les savants d’il y a cinquante ans ont rejeté la science d’autrefois et leurs conclusions, leurs raisonnements sont à leur tour repoussés par les savants d’aujourd’hui.

Non seulement l’apôtre Paul n’était pas un sot, mais un homme qui s’était dévoué absolument à son Seigneur et Maître, un membre du Sacerdoce Royal mieux qualifié par ses dons naturels pour suivre les traces du grand Souverain Sacrificateur qu’aucun de ceux qui l’accompagnaient. Il était encore un des “ douze apôtres de l’Agneau”, choisi en remplacement de Judas. A ce titre il fut l’objet d’une direction divine particulière — surtout en matière d’enseignement — désigné par le Seigneur pour devenir l’instructeur de la maison de la foi pendant tout l’Age de l’Evangile. Les paroles d’un pionnier de la foi tel que lui, l’exemple qu’il donne d’une consécration complète, est d’un grand poids quand on vient à considérer le chemin dans lequel nous nous sommes engagés en tant que consacrés, membres acceptés du Sacerdoce Royal. Il nous exhorte à rejeter tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si étroitement, à courir avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte en ayant les regards sur Jésus, le chef de notre foi, en attendant qu’il en soit le consommateur (Hébreux 12 : 2 ). Et tel un conseil il résume sa propre expérience dans cette courte phrase : “Je fais une chose”. J’ai trouvé que ma complète consécration au Seigneur ne permettait pas la dispersion de mes dons, pas même pour étudier toutes les sortes de vérités qui se présentent.

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La vérité de la révélation divine qui a pénétré mon cœur et a pris la direction de mes dons naturels déjà sanctifiés et consacrés, m’a montré le chemin ; si je veux obtenir le grand prix je dois y apporter toute mon attention de même qui recherchent des avantages terrestres doivent s’en préoccuper exclusivement. “Je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière (ce à quoi je voulais parvenir lorsque je faisais mes études, oubliant mes ambitions légitimes en tant que citoyen de Rome et homme d’un savoir exceptionnel, oubliant l’attrait des sciences diverses ainsi que les lauriers qu’elles attribuent à qui les cultivent) et me portant vers ce qui est en avant (gardant ma foi, mon espérance et mon amour tendus vers la perspective d’une association avec mon Seigneur sur le plan divin et dans l’œuvre du Royaume pour la bénédiction du monde ” “ Je cours vers le but pour remporter le prix de la vocation céleste ”Philippiens 3 : 13,14 .

L’EMOTION N’EST PAS LA SANCTIFICATION

Il existe chez les chrétiens une grande confusion dans les idées pour ce qui est de reconnaître les preuves ou évidences d’approbation que le Seigneur accorde à ceux qui suivent ses traces. Les uns se trompent lorsqu’ils attendent une manifestation extérieure dans le genre de celle qui s’est produite et fut donnée à l’Eglise, tout au début, à la Pentecôte (1). D’autres s’attendent à ressentir en eux-mêmes d’heureuses sensations lesquelles, si elles ne se produisent pas, portent avec elles la déception et un doute qui dure toute la vie pour ce qui est de leur acceptation par le Seigneur. Ces espérances reposent pour une large part sur ce qu’en disent des frères d’une nature généralement plus exubérante. Il importe donc que nous sachions que les Ecritures ne garantissent nulle part des manifestations de cette nature, que nous sommes tous appelés à une seule espérance par notre vocation”, que les mêmes promesses de pardon des péchés passés,


(1) Voir vol V, chapitre IX

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du sourire du Père, de son aide dans la course pour obtenir le prix qu’il offre, de sa grâce assurée au moment du besoin, sont pour tous ceux qui ont rempli les conditions de l’appel. Les enfants de Dieu diffèrent beaucoup entre eux pour ce qui est de la manière qu’ils reçoivent une promesse quelconque, soit matérielle soit spirituelle, qu’elle vienne de l’homme ou qu’elle vienne de Dieu. Certains sont plus émotifs que d’autres et par conséquent plus démonstratifs tant en gestes qu’en paroles tout en parlant des mêmes choses. Outre cela, le comportement du Seigneur à l’égard de ses enfants n’est pas invariable. Pour autant que nous le sachions, lorsque à trente ans, le grand chef de l’Eglise, notre Seigneur Jésus, se donna tout entier, jusqu’à la mort, pour réaliser la volonté du Père, et fut oint de l’esprit saint sans mesure, il ne semble pas qu’il y ait eu la moindre manifestation d’exubérance à son endroit. Pourtant, on ne peut douter qu’il ait eu la certitude d’avoir adopté la meilleure ligne de conduite, que le Père l’approuvait et qu’il aurait en définitive la bénédiction d’En haut quelques que soient les expériences que cela pouvait entraîner. Au lieu de se laisser aller au sommet de la joie il fut conduit par l’esprit dans le désert et ses premières expériences comme nouvelle créature engendrée de l’esprit, furent celles d’une extrême tentation. L’Adversaire put l’assaillir. Il tenta de le détourner de son dévouement à la volonté de son Père en lui suggérant des plans et des manières d’opérer pour réaliser l’œuvre qu’il était venu accomplir mais des plans qui ne l’entraîneraient pas à une mort sacrificatoire. Et nous croyons qu’il en est de même pour certains disciples du Seigneur au moment et pour un certain temps après leur consécration. Ils sont submergés de doutes et de craintes — autant de suggestions en provenance de l’Adversaire — contestant la sagesse et l’amour divins face à cette nécessité de sacrifier les choses de la terre. Ne nous jugeons point mutuellement là-dessus et si quelqu’un se réjouit en un transport de ses sentiments que tous les autres consacrés se réjouissent avec lui. Par contre, si quelqu’autre, après s’être consacré, se trouve face à l’épreuve et à la tentation dans son entourage,

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que les autres sympathisent avec lui et se réjouissent en considérant combien son expérience ressemble à celle de notre Maître.

Les chers hommes de Dieu, John et Charles Wesley étaient sans aucun doute des consacrés. Cependant leurs conceptions quant aux résultats de la consécration, si elles firent du bien à certains firent, dans un certain sens, du mal à d’autres ; car, en créant un climat d’attente émotionnelle non conforme à l’Ecriture et que tous d’ailleurs ne pouvaient expérimenter, c’était, par le découragement, leur apporter le trouble. Ce fut une grave erreur de leur part de supposer et d’enseigner que la consécration au Seigneur fait naître dans tous les cas et au même degré la même joie débordante. Ceux qui sont nés de parents chrétiens, élevés dans l’ambiance d’un foyer chrétien, instruits de la vie dans l’optique de la foi de leurs parents au contact de la Parole de Dieu et qui, dans ces circonstances, à l’âge où l’on réfléchit personnellement, se décident à faire la volonté de Dieu on se consacrant à l’Eternel, il est peu probable que ceux-là connaissent la même joie démonstrative que celui qui, jusqu’alors est demeuré en dehors, étranger aux choses saintes.

Pour ce dernier, la conversion est un changement radical, un retournement vers Dieu de toutes les tendances et des forces de la vie qui auparavant s’en écartaient vers le péché et l’égoïsme. Mais l’autre dont les sentiments ont été, dès sa plus tendre enfance, orientés vers le Seigneur et sa justice par des parents pieux, ne connaîtra pas de cassure aussi nette, de modification aussi violente dans ses sentiments ni rien de semblable. Enfants de parents croyants ils ont été protégés par la faveur divine jusqu’au jour de leur responsabilité personnelle. Leur acceptation à ce moment là correspond à une reconnaissance de leur appartenance passée à Dieu, de leur consécration, de leurs dons, de leurs forces et de leur influence engagés au service du Seigneur, de sa vérité et de son peuple. Ils doivent se rendre compte que leur

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consécration n’étant que leur service raisonnable et qu’ayant offert à Dieu leur humanité déjà justifiée, ils peuvent d’autant plus faire leur les grandes promesses des Ecritures qui n’appartiennent qu’aux consacrés et à leurs enfants. Si, en plus de cela, il leur est donné de pénétrer plus avant dans l’intelligence des Ecritures ils ne peuvent qu’y voir une évidence supplémentaire de la faveur divine envers eux sous le rapport du haut appel de cet Age de l’Evangile et ne peuvent que s’en réjouir.

La manière d’expression de l’apôtre “ Nous marchons par la foi et non par la vue” s’applique à toute l’Eglise de cet Age de l’Evangile. Ce que le Seigneur veut c’est affermir notre foi en sorte que nous ayons confiance en lui, même si nous en venions à le perdre de vue. Pour cela il laisse nombre de questions dans une obscurité relative à vues et à jugements humains. De cette manière la foi trouve à se développer comme il ne serait pas possible si des signes et des merveilles frappaient nos sens. Notre compréhension doit s’élargir vers Dieu grâce aux promesses de sa Parole — par un discernement de la vérité — et faire naître en nous la joie de la foi dans ce que nous n’avons encore ni vu ni reconnu.

Cette compréhension même est graduelle explique l’apôtre. Il prie pour ceux qui font déjà partie de l’Eglise de Dieu, “saints” ou consacrés, en sorte que leur entendement soit ouvert, qu’ils puissent comprendre avec tous les saints (aucun autre ne le pouvant) la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de la connaissance et de l’amour de Dieu. Cette pensée que les bénédictions spirituelles réservées à la Nouvelle Créature ne concernent pas ses sens terrestres mais uniquement sa foi, se trouve illustrée dans les images du Tabernacle dont le voile, obturant l’entrée du lieu saint”, cachait, même à la vue des lévites (types des justifiés), le mobilier sacré, prototypique des vérités profondes. Celles-ci ne sont connues ou appréciées que par ceux qui ont été admis dans le lieu saint, les membres du Sacerdoce Royal

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Il est assez fréquent que l’exubérance sentimentale qui s’empare de certains ; (étant donné leur tempérament) les abandonne de la même manière. Mais les bénédictions et les joies qui peuvent les animer constamment s’ils demeurent dans le Seigneur et continuent à suivre ses traces, sont les pures joies de la foi que les nuages et les troubles provenant de la terre ne peuvent obscurcir. Ces joies, Dieu veut qu’elles ne soient jamais assombries sauf, peut être, pour un instant comme ce fut le cas pour notre Maître lorsque, sur la croix, il s’écria: Mon Dieu! Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné! ”. Prenant la place de l’homme sur qui pèse la sentence il était nécessaire que notre Maître goûtât à l’expérience d’Adam en tant que pécheur, ne fut-ce qu’un moment. Et qui peut dire si un moment aussi noir ne peut pas être le lot des plus dignes disciples de l’Agneau? Des passages comme ceux-là ne peuvent sûrement durer bien longtemps. L’âme qui se confie en l’Eternel dans ces sombres moments se sentira payée de retour lorsque cette épreuve de foi sera passée et que le soleil de la présence du Seigneur sera revenu.

Mais tout autre est la raison de l’obscurité que suggère ces lignes du poète


“Qu’aucun nuage s’élevant de la terre


“Ne te cache à mon cœur


“Ne m’enlève ta paix”.

Les nuages qui s’interposent entre les enfants de Dieu, leur Père Céleste et leur Frère aîné, sont souvent nés de la terre. Ils proviennent du fait que nous permettons à nos affections de graviter autour des choses de cette terre plutôt que de les centrer sur les choses d’en haut nous négligeons notre voue de consécration ; nous négligeons de nous dépenser au service du Seigneur, de donner notre vie pour les frères et de faire du bien à tous les hommes quand l’occasion s’en présente. Dans ces moments-là nous nous écartons du Seigneur et de sa direction, les nuages s’amoncellent vite et, avant peu la

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clarté de la communion, de la foi, de la confiance et de l’espoir s’en trouve obscurcie. C’est un instant où l’âme est malade et tourmentée. Le Seigneur permet de telles afflictions sans pour cela nous ôter sa faveur. Lorsqu’il nous voile sa face c’est pour mieux nous faire sentir combien nous serions seuls et malheureux sans sa présence qui éclaire notre sentier et rend légers les fardeaux de la vie. Le poète l’a exprimé dans ces vers

“Heureux de contempler Sa face
“Il est mon Roi, Il est mon tout
“Il est celui dont tout l’amour m’enlace
“Celui qui me maintient debout.
“Auprès de cet amour sans borne
“Un palais n’est plus qu’un jouet
“Le cachot lui-même n’est plus morne
“Quand, dans ses murs, Jésus est’ près”.

“ QUI GUERIT TOUTES TES MALADIES ”

“Mon âme, bénis l’Eternel et n’oublie aucun de ses bienfaits ! C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies ; c’est lui qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde ; c’est lui qui rassasie de biens ta vieillesse et te fait rajeunir comme l’aigle”. Psaume 103 : 2 à 5 .

Tandis que le Seigneur permet que les Nouvelles Créatures soient atteintes de maladies du genre de celles dont nous venons de parler, il se tient prêt à les guérir dès que ces Nouvelles Créatures reviennent à l’attitude de cœur convenable. Il faut s’approcher du trône de la grâce céleste dès qu’il s’agit de ces maladies de l’âme - faiblesse, défaillance de la Nouvelle Créature — de manière que la vie spirituelle, la santé, reviennent à la chaleur de la faveur divine. L’apôtre nous encourage à nous “approcher avec assurance (avec courage et confiance) du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoins !

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(Hébreux 4 : 16). Toutes les Nouvelles Créatures ont connu des expériences à cet égard et celles qui en profitent se fortifient dans le Seigneur. Même leurs trébuchements, leurs défaillances, leurs besoins d’appeler à l’aide et de s’appuyer par la foi sur le bras du Seigneur, deviennent de puissants moyens de bénédiction spirituelle et produisent de meilleurs résultats que s’ils ne connaissaient ni épreuves ni difficultés, si le Seigneur ne leur faisait pas sentir qu’il s’écarte d’eux lorsqu’ils deviennent froids, trop préoccupés d’autres choses ou négligents de leurs privilèges spirituels. Chaque fois qu’une Nouvelle Créature sent le besoin de rechercher aide et miséricorde, elle se rappelle l’œuvre de réconciliation du Rédempteur. Elle réalise que le sacrifice de Christ ne couvre pas seulement les péchés passés — celui d’Adam et les siens propres avant de venir au Père par les mérites de son Fils mais encore toutes les souillures d’ordre mental, moral et physique à condition qu’elles ne soient pas volontaires. Ainsi pendant tout son cheminement sur l’étroit sentier, la Nouvelle Créature se voit continuellement rappeler qu’elle a été rachetée à un grand prix, celui du précieux sang de Christ. Et ses expériences, même ses insuccès, la rapproche toujours du Seigneur: Rédempteur quand on considère son œuvre passée. Aide et Libérateur quand on considère son œuvre présente.

Bon nombre de Nouvelles Créatures n’ont pas appris comment agir lorsqu’elles sont atteintes d’une de ces maladies de l’âme. Elles sont plutôt enclines à se dire “J’ai mal fait et ne puis m’approcher du trône de la grâce avant d’avoir démontré au Seigneur la pureté de mes intentions en obtenant une victoire”. Ce faisant, elles remettent à plus tard ce par quoi elles devraient commencer. Chercher à gagner une victoire par sa propre force en ayant l’esprit déjà affaibli par une défaite précédente, ce n’est pas se mettre dans la bonne condition pour “combattre le bon combat de la foi” soit contre soi même soit contre l’Adversaire. Le revers est alors plus que probable. Même on prendra graduellement l’habitude de cesser de faire appel au Seigneur, d’accepter les

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nuages qui cachent le clair soleil de la faveur divine et d’estimer en fin de compte que, dans son cas individuel il ne peut en être autrement.

Il conviendrait au contraire d’adopter une manière de procéder tout à fait inverse. Aussitôt qu’on s’est rendu compte d’avoir manqué soit en paroles soit en action et qu’on s’est efforcé de réparer le tort commis dans la mesure du possible, recherchons immédiatement le Seigneur par la prière, avec foi et sans douter. Ne pensons pas que le Seigneur cherche à nous faire des reproches ou à nous juger avec rudesse. rappelions nous plutôt que c’est sa bonté et sa miséricorde qui ont fait qu’il a pourvu à notre Rédemption tandis que nous étions pécheurs . Il est certain qu’après être devenus ses enfants et avoir été engendrés de son esprit, cherchant et tombant, en dépit de nos meilleurs efforts à marcher sur ses traces — selon l’esprit et non selon la chair — il est bien certain que son amour pour nous doit nous entourer plus encore que lorsque nous étions “des enfants de colère comme les autres”. Rappelons nous que comme un père humain aime ses enfants, ainsi le Seigneur est pitoyable pour ceux qui le craignent. Considérons nos amis humains, leur sympathie, leur amour, leur compassion pour en tirer une analogie et disons-nous que Dieu est plus secourable et fidèle qu’aucune autre de ses créatures. Il invite à avoir foi et confiance en Lui et récompense cette foi et cette confiance. Tous ceux qui ont une foi suffisante pour rechercher tout de suite le Seigneur ont assez de foi pour aller à lui chaque jour exposer leurs épreuves, leurs difficultés, leurs erreurs. Mais ceux qui laissent s’accumuler les nuages, qui n’ont pas recours à cette invitation de rechercher auprès du trône de la grâce le retour à la paix et à l’harmonie, ceux-là finiront par être considérés comme indignes d’occuper une place parmi la classe particulière que le Seigneur choisit. “Ce sont là les adorateurs que le Père demande” — ceux qui l’aiment et se confient en lui. “Sans la foi il est impossible de lui être agréable”. “Et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi”. — Jean 4 : 23 ; Hébreux 11 : 6 ; 1 Jean 5 : 4 .

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Evidemment, le chemin n’est pas sans ses difficultés mais le Seigneur pourvoit au secours et aux conseils nécessaires, par Sa Parole et par les frères qu’Il “établit” dans le corps à cet effet (1 Corinthiens 12 : 18 ). N’est-ce pas une aide par exemple de comprendre en quoi pèche le comportement auquel nous avons fait allusion? en n’ayant pas recours à la prière pour obtenir miséricorde avant d’avoir de quoi nous justifier, c’est montrer que nous n’apprécions pas à sa juste valeur la grande leçon que Dieu apprend à l’humanité depuis des siècles, que nous sommes tous imparfaits, que nous ne pouvons faire ce que nous voudrions et qu’il fallait qu’un Rédempteur vint pour nous tirer de ce mauvais pas. Celui qui essaie de se justifier lui-même tente l’impossible et plus tôt il l’apprend mieux cela vaut. Nos rapports avec le Seigneur doivent être journaliers. Que la difficulté soit d’importance ou seulement légère, si le cœur du consacré est sensible et habitué à une communion ininterrompue avec le Seigneur, il éprouvera de la joie à se réfugier promptement dans la prière dès que l’obstacle se présente sans attendre même la fin de la journée. Ne remettons pas au lendemain alors que le trône de la grâce nous est accessible à tout instant. L’ignorer c’est montrer un état d’esprit contraire à celui de la Parole du Seigneur.

L’entrave pour certains réside dans le fait qu’après avoir prié ils n’ont pas l’impression d’avoir reçu ce qu’ils recherchaient : le pardon des péchés et la réconciliation avec le Père. Cette entrave peut avoir trois causes : (1) le manque de foi ; et puisque, pour l’instant, l’action du Seigneur porte sur la foi, on ne peut rien obtenir sans elle. “ Qu’il te soit fait selon ta foi”.

(2) Il se peut encore qu’on n’ait pas réparé le tort qu’on a commis, qu’on n’ait pas fait amende honorable à l’égard de celui à qui on a causé préjudice ; enfin si l’offense est contre le Seigneur lui- même, il est assez difficile de retrouver sa paix si au préalable on ne lui a pas confessé sa faute et demandé son pardon. (3) Enfin il n’est pas rare que la raison en soit l’absence d’une pleine consécration à l’Eternel. Comment en effet rechercher la

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paix de Dieu, la joie, le clair soleil de sa faveur — rechercher en réalité les bénédictions figurées par la lumière du chandelier d’or et la Table des Pains de propositions du Tabernacle — si l’on est en dehors de ces choses, en dehors de la consécration, en dehors du Sacerdoce Royal; si l’on est demeuré un lévite qui a pour autant reçu la grâce ou privilège du temps présent en vain.

Le remède au manque de foi consiste à la cultiver par l’étude de la Parole de Dieu, par un rappel de sa bonté passée et du moment, par une réalisation du fait qu’il est “infiniment” plus miséricordieux que nous ne pourrions le penser. Dans le second cas le remède réside en une prompte remise en ordre des excuses sérieuses et s’il est nécessaire une compensation pour les dommages causés; après quoi, un retour au trône de la grâce dans une pleine assurance de foi. Pour ce qui est du troisième cas, le moyen est de faire cette consécration que le Seigneur réclame de tous ceux qui veulent goûter aux privilèges spéciaux de cet Age de l’Evangile.

Considérons maintenant une autre catégorie de consacrés malades au spirituel. Ceux-ci apparemment justifiés par la foi et sincères dans leur consécration paraissent faire peu ou pas du tout de progrès dans le contrôle de leur individualité. En fait et dans quelques exemples il semblerait que leur foi dans la bonté et la miséricorde divines, rompant les liens de la crainte, les ait laissés plus exposés à la tentation des faiblesses de la chair qu’ils ne l’étaient auparavant alors qu’ils connaissaient moins le Seigneur. Leurs expériences sont dures non seulement pour eux-mêmes mais elles affectent également toute la maison de la foi qu’ils approchent. Leur vie paraît être une succession de chutes et de repentances, les uns toujours impécunieux, les autres moralement et socialement répréhensibles.

Quel est le remède à cet état de chose ? Assurément il faut attirer leur attention sur le fait que la Nouvelle

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Création ne sera pas simplement constituée par ceux qui acceptent les abnégations, les sacrifices dans les choses de la terre et de marcher non selon la chair mais selon l’esprit mais par ceux qui, en raison de leur ténacité dans l’effort volontaire à observer leur alliance, seront estimés vainqueurs par Celui qui lit dans les cœurs. Il faut leur dire que le comportement normal de tous les consacrés consiste — étant libérés par le Fils — à profiter de toutes les bénédictions découlant de sa faveur divine en se mettant au service des autres, en s’imposant à eux-mêmes des restrictions des limitations dans leurs paroles, leurs conduites, leurs lignes de pensées, et en désirant ardemment, et par la prière, l’aide qui leur est promise et que l’apôtre a vigoureusement rapportée dans ces paroles: “Ma grâce te suffit car ma force s’accomplit dans la faiblesse”. Chaque fois qu’ils se seront rendus coupables d’un méfait, non seulement ils devront faire amende honorable envers qui ils auront faibli mais encore se confesser au Seigneur et obtenir par la foi, son pardon. Qu’ils s’engagent à faire plus attention dans l’avenir et se donnent à eux-mêmes des limites se rapportant à leurs irrégularités.

Ainsi veillant et priant, mettant une garde aux actes et aux paroles, “amenant toute pensée captive” à la volonté de Dieu en Christ (2 Corinthiens 10 : 5 ) ils pourront rapidement se confirmer à eux-mêmes et aux frères la sincérité de leurs cœurs. Ils marcheront dans la vie avec une telle circonspection qu’on pourra voir, non seulement qu’ils ont été avec Jésus mais encore qu’ils ont reçu ses enseignements, ont recherché et utilisé son aide pour lutter victorieusement contre leurs propres défauts. Ce sont des cas où ces frères ou sœurs vivent dans le désordre” comme le dit l’apôtre c’est-à-dire contrairement à l’exemple du Seigneur et des apôtres. Nous examinerons dans un autre chapitre quelles sont les instructions du Seigneur au sujet du comportement des frères vis-à-vis de ceux qui, faibles selon la chair, déshonorent et jettent le discrédit sur la cause du Maître.

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Remarquons toutefois que tant qu’ils donnent des marques de repentance sur leur conduite, qu’ils témoignent du désir de leur cœur de faire mieux à l’avenir et de demeurer dans la foi, nous devons continuer à les considérer comme frères. Cependant il se peut qu’il soit nécessaire de ne leur témoigner qu’une amitié réservée tant qu’ils n’ont pas donné une preuve tangible d’un changement dans leur genre de vie. Néanmoins il faut continuer à les encourager à croire que le Seigneur use de miséricorde envers ceux qui se confient en lui et recherchent ses sentiers, sans toutefois leur donner à penser qu’ils ont des chances d’appartenir à la classe des vainqueurs, à moins qu’ils marquent un zèle si ardent pour la justice qu’il devienne évident que leur chair est absolument soumise au Nouvel Entendement.

Nous avons rencontré des chrétiens chétifs et affamés au spirituel, désirant ardemment goûter une communion profonde avec le Seigneur mais ne sachant comment y parvenir et y demeurer à vrai dire ils possédaient la Bible mais s’en rapportaient trop aux docteurs et aux catéchismes, etc... Suivant les traditions des hommes et non la Pensée ou l’Esprit de Dieu ils ne recueillaient pas la nourriture spirituelle nécessaire. Résultat : ils n’étaient pas satisfaits dans leur formalisme sans pour cela apprendre comment approcher le Seigneur de tout son cœur parce qu’ils ignoraient sa bonté, les richesses de sa grâce en Jésus-Christ, le grand plan de salut en faveur du monde, l’appel de l’Eglise à une nouvelle nature. Cette condition d’inanition spirituelle exige, tout d’abord, le “lait non frelaté de la Parole ” et, par la suite, la “nourriture solide” de la révélation divine. Il ne faut ni sous estimer ni négliger ce genre de personnes même si, s’étant rendu compte du vide de la chrétienté en général, elles ont cherché quelque chose d’autre voire même certaines distractions du monde, etc... Nous en avons connues qui en étaient arrivées au stade d’une indifférence apparente pour les choses spirituelles après avoir vainement tenté de trouver de quoi satisfaire les besoins de leur cœur. Un jour, comprenant la “Vérité présente”

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elles se sont développées en connaissances et en grâces spirituelles d’une façon des plus remarquables. Nous pensons qu’il existe bon nombre de personnes de ce genre dans les différentes dénominations et qu’il est du privilège de ceux qui ont déjà reçu la lumière de la Vérité présente de leur tendre la main, de les tirer de l’obscurité dans la lumière, de l’état de famine spirituelle en celui d’une surabondance de grâce et de vérité. Pour devenir l’instrument du Seigneur en un pareil cas il est doublement nécessaire de rechercher dans la Parole la grâce et la sagesse d’en haut pour l’exercer avec douceur, dans la vérité et la persévérance.

LA JUSTIFICATION SE CONFOND DANS LA SANCTIFICATION

Nous avons déjà indiqué que la justification ne consiste pas simplement à reconnaître mentalement que Christ est mort pour racheter l’homme et que cette mort est devenue la base d’une réconciliation entre Dieu et la race humaine. Il y a plus. Devenir un croyant justifié sous entend une certaine consécration . La justification implique la reconnaissance du fait que le péché est foncièrement mauvais (Romains 7 : 13) et la volonté d’en finir avec lui, d’être libéré de son emprise, libéré de la sentence qui le frappe ; le désir, en un mot, de retrouver l’accord avec le Créateur et sa loi de justice. La justification suppose encore que le croyant a engagé son entendement, sa volonté dans la voie de la justice dans toutes les affaires de la vie. La foi au Rédempteur, jointe à une telle décision de consécration produit la justification sans pour cela que l’idée de sacrifice en découle. Dieu a le droit de demander que toutes ses créatures se rangent du côté de la justice et haïssent l’iniquité et dans le cas contraire qu’elles lui deviennent étrangères — ses ennemis. Dieu ne demande pas que nous sacrifions nos vies à son service ni pour aucune autre cause. Dans les Ecritures le Sacrifice est présenté comme un acte volontaire et aucune loi ne le demande

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bien que, comme le déclare l’apôtre ce soit un “service raisonnable”. “Je vous exhorte, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnableRomains 12 : 1 .

Pour certains, la consécration au sacrifice peut intervenir rapidement après avoir engagé sa foi au Seigneur et s’être décidé à marcher dans les sentiers de la justice. Mais elle doit suivre. Elle ne peut précéder car, comme nous l’avons déjà vu, nous devons être justifiés par la foi avant d’avoir à offrir à Dieu quelque chose qu’il puisse accepter sur son autel en co-sacrifice avec celui de notre Rédempteur. D’autres demeurent un certain temps dans la position de “justifié” avant même que soit envisagée l’idée d’une consécration pleine et entière c’est-à-dire du sacrifice des intérêts terrestres au service du Seigneur et de sa cause. Quoiqu’il en soit, dans les conditions actuelles, ceux qui se sont engagés dans la voie de la justification, de la justice et du retour à l’harmonie avec Dieu ne tarderont pas à rencontrer de l’opposition sur leur chemin soit du dedans, soit de la part du monde, soit de l’Adversaire.

Le sentier de la justice monte graduellement en devenant plus abrupt, plus difficile. Suivre ce sentier dans les conditions de péché actuelles aboutit nécessairement à la perte, au sacrifice des intérêts matériels, des ambitions, des amitiés terrestres, etc... C’est d’ici que partent tous les chemins. Celui-ci, qui monte et conduit à la gloire, l’honneur et l’immortalité, on ne peut y accéder que par la porte basse de l’humilité, de l’abnégation et du sacrifice de soi. Une fois qu’on y est engagé on s’aperçoit que le sol en est raboteux. Cependant des esprits invisibles aident les pèlerins. Les promesses de Christ notre Guide, brillant de loin en loin les encouragent, les assurent du ministère de la grâce et de l’aide nécessaire jusqu’à la fin du voyage. En persévérant, ils se rendront compte que tout concours à leur bien, à leur admission dans la Nouvelle création et à leur participation au

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glorieux œuvre du Royaume Millénaire. A cette porte qui marque la consécration totale jusqu’au sacrifice — jusqu’à la mort — de nombreux croyants justifiés stationnent un certain temps. Ils comptent le prix avant d’entrer. Ils écoutent la voix qui, dans la Parole, les invite et fortifient leurs cœurs pour entreprendre le voyage sur la foi des assurances qui leur sont données.

En dehors de cette porte se trouvent bien des chemins de traverse grâce auxquels bon nombre s’imaginent vainement trouver un passage plus facile pour arriver à la gloire, l’honneur et l’immortalité. Il existe des centaines de ces sentiers dont quelques uns montent un peu et réclament un certain don de soi ; d’autres descendent vers les biens et les perspectives du monde. Mais sur aucun de ces sentiers on ne trouve les promesses qui inspirent ceux seuls qui se sont courbés et sont entrés par la porte du sacrifice sur “l’étroit sentier” de la communion avec le Maître dans le renoncement aux aspirations de la terre pour parvenir à une union intime avec Christ dans la gloire qui doit suivre.

La joie et la paix viennent à partir du moment où l’on a foi dans le Seigneur, où l’on accepte la réconciliation qu’il offre, où l’on se résout à suivre la justice et à tourner le dos au péché. Cette joie et cette paix sont complètes jusqu’au jour où l’on parvient à cette porte basse qui mène au chemin étroit. Mais quand vient le moment où cette poursuite de la justice entraîne le sacrifice du moi et que ce sacrifice n’est pas consenti et qu’on n’entre pas par la porte, la joie et la paix de la faveur divine s’en trouvent obscurcies. Elles ne seront pourtant pas retirées complètement tant que le croyant justifié ne cherchera pas d’autres moyens de servir la justice mais continuera à l’aimer, à apprécier la faveur divine. La plénitude de la joie et de la paix ne peut être leur partage puisqu’ils ne font que comprendre, sans aller au delà, qu’une complète consécration au Seigneur n’est qu’un “culte raisonnable”, c’est-à-dire une reconnaissance d’un retour rationnel de la faveur divine déjà obtenue par le pardon des péchés.

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Bon nombre continuent pendant des années dans cette attitude tandis que d’autres s’écartent et vont rebattre les sentiers du monde. Or, personne ne devient candidat à la Nouvelle Création s’il n’entre au préalable par la porte étroite du sacrifice de soi. Pendant bien longtemps le Seigneur ne leur retire pas ces privilèges spéciaux qui ne leur ont été accordés que pour les diriger jusqu’à la porte étroite. En n’y entrant pas c’est, comme s’ils déclaraient qu’ils ont “reçu la grâce de Dieu (le pardon des péchés et l’acheminement jusqu’à cette porte) en vain puisque, parvenus à cette condition ils refusent ou négligent de profiter de la “seule espérance de notre vocation”. Le Seigneur pourrait leur dire à juste titre:

Je vous retire immédiatement tout privilège particulier. En réalité, vous n’êtes pas plus dignes de ma faveur que le reste du monde. Vous disposerez pendant l’Age Millénial des mêmes circonstances et des mêmes occasions que toute l’humanité, mais n’attendez de ma part ni privilèges, ni soins, ni attentions particulières dans la vie présente, ni préférence dans la vie à venir. Cependant il ne le fait pas de suite et use d’une longue patience à l’égard de beaucoup.

Les grandes et précieuses promesses de la Parole de Dieu comme par exemple celle qui nous assure que “tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu”, sont pour ceux qui, ayant reçu la faveur divine, ayant été conduit à la porte du sacrifice, y sont entrés d’enthousiasme. Ceux-là aiment Dieu plus que tout plus qu’eux-mêmes. “Tout est à eux, et ils sont à Christ et Christ est à Dieu”. Ils sont entrés à l’école de Christ et toutes les leçons, les encouragements, les disciplines de la vie seront en définitive ordonnés en vue de leur préparation au Royaume. Ces leçons, ces bénédictions ne sont pas destinées à ceux qui ne veulent pas aller dans cette école et refusent de plier leurs volontés à celle du grand Docteur.

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Pour parler net, ceux qui ont reçu la grâce de Dieu en vain n’ont aucune raison, aucune base pour s’approcher du Seigneur même par la prière. Pourquoi en effet s’attendre à être l’objet de soins et de privilèges spéciaux de sa part, quand on a refusé de répondre aux bienfaits déjà reçus? Imaginerait-on par hasard que, du fait d’avoir reçu des bénédictions du Seigneur dans le sens de la sagesse et de la justification, celui-ci soit en quelque sorte contraint d’en accorder davantage? Ne conviendrait-il pas plutôt de penser qu’ayant reçu ces bénédictions avant le temps de la faveur générale pour toute la race rachetée on a reçu plus que sa part? Ne faudrait-il pas plutôt penser que, traitant avec indifférence la volonté du Seigneur, ses miséricordes et ses faveurs iraient à ceux qui, n’ayant pas bénéficié de ces privilèges n’ont pas dédaigné pour autant l’offre gracieuse du Seigneur? Mais l’Eternel est patient et sa miséricorde est immense. C’est pourquoi, tant que l’on demeure dans la foi, il est probable que le Seigneur ne rejette jamais complètement.

Que faire quand on se trouve dans cette situation et qu’on désire cependant appartenir au Seigneur et jouir de ses faveurs? La conduite à tenir est de se consacrer pleinement à Dieu, de lui remettre sa volonté propre en toutes choses: ses aspirations, ses espoirs, ses perpectives, ses moyens. Les amitiés terrestres mêmes devraient être toutes abandonnées au Seigneur. En échange, accepter la direction de sa Parole, de son Esprit, de sa Providence comme la loi de son être et la règle de sa conduite future, assuré que tout contribuera au bien non seulement dans la vie à venir en de glorieux résultats mais encore dans la vie présente en de plus riches bénédictions du cœur.

Et comment faire? — Avec cœur, avec respect, dans la prière. Le contrat devrait être passé définitivement avec le Seigneur et, si possible, à haute voix. On demandera ensuite la grâce, la miséricorde, la bénédiction divines, l’aide nécessaire pour accomplir ce sacrifice.

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Et que faire si l’on se sent “attiré vers Dieu” sans toutefois l’être assez pour consentir à cet abandon complet de notre volonté? Le mieux est d’exposer le fait au Seigneur par la prière, de Lui demander son aide dans l’étude de la Vérité de manière à mieux se rendre compte, en premier lieu combien un tel culte est raisonnable ; en second lieu combien est certaine la bénédiction qui doit en résulter ; en troisième lieu combien est engagée sa fidélité dans l’accomplissement des promesses faites à la classe qui se sacrifie. On peut encore demander au Seigneur qu’il rende capable de peser et d’évaluer exactement les choses de la terre, de faire en sorte qu’on se rende compte et, si besoin est, qu’on expérimente le caractère passager et peu satisfaisant de tout ce qui a rapport à l’égoïsme des temps actuels, — tout ce a quoi tend l’esprit humain — de manière à se consacrer effectivement en appréciant le privilège de s’affectionner aux choses d’en haut et non à celles d’en bas, de sacrifier ces dernières pour les premières.

Une autre question se soulève. Etant donné que le “haut appel” est clos et que par conséquent celui qui se consacre ne peut être pleinement assuré de pouvoir obtenir le prix de la nouvelle nature, de sa gloire, de son honneur et de son immortalité, quelle incidence ceci peut-il exercer sur la consécration? Notre réponse est que cela ne peut faire intervenir aucune espèce de différence. De quelque façon que ce soit, la consécration demeure la seule ligne de conduite raisonnable pour les enfants de Dieu. La consécration entière et rien de moins sera exigée de tous ceux qui voudront vivre et jouir des bienfaits de l’Age Millénial. Pour ce qui est des occasions et des récompenses en résultant, nous avons déjà expliqué que, à notre compréhension, nombreux seraient ceux qui pourraient encore être admis à avoir part au “haut appel” en prenant les places de ceux qui s’étant consacrés, n’ont pas “couru de manière à remporter “le prix et ont été exclus de la course. Mais il est bien certain que personne ne peut être admis à jouir de ces privilèges ai, au préalable il n’est entré par la porte étroite de la consécration et du sacrifice

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On peut très probablement dire de tous ceux qui ont franchi la porte étroite, qu’ils n’ont ni bien vu ni bien compris tout de suite la portée des hautes bénédictions que Dieu envisage pour sa Nouvelle Création fidèle. Ils ont considéré d’abord que leur service n’était que raisonnable et ce n’est qu’après qu’ils se sont mieux rendu compte de la longueur, de la largeur; de la hauteur, de la profondeur de la bonté divine et des faveurs du haut appel. Ainsi en est-il de ceux qui entrent maintenant. Ils ne peuvent entrevoir les choses spirituelles et célestes tant qu’ils n’ont pas accepté d’accomplir leur culte raisonnable dans une consécration entière. Et nous pouvons être assurés que tous ceux qui se consacrent et s’immolent à la cause du Seigneur, même après que la classe céleste aura été complétée, verront que Dieu dispose encore d’autres bienfaits de nature différente allant à ceux qui s’en remettent à lui. Peut-être seront-ils comptés au nombre des anciens Dignitaires qui ont manifesté cette disposition au sacrifice de soi avant qu’il soit question du “haut appel”.

CONCEPTIONS ERRONEES DE LA SANCTIFICATION

Considérant la grande imprécision des idées parmi les chrétiens au sujet du divin plan, la justification et la sanctification auxquelles les Ecritures convient, il n’est pas étonnant qu’une confusion si considérable prévale. Une erreur retenue il est vrai par un très petit nombre d’enfants de Dieu et cela à leur propre dommage c’est de prétendre à une sainteté et une perfection réelles. “Je n’ai pas péché depuis des années ” disent-ils. Ceux-là se rangent sous la même étiquette que les pharisiens du temps de Jésus. S’estimant justes et méprisant les autres, forts de leur propre justice ils négligèrent les privilèges et les bienfaits que leur offrait le Seigneur par son œuvre rédemptrice.

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Ces gens “sans péchés” et “saints” ont en réalité l’esprit détourné — en raison même de leur erreur de la foi en Dieu, de la foi dans son œuvre de rachat, de la foi apportée au mérite de son sacrifice. Pourquoi en effet s’en remettre à son mérite ou à sa grâce s’ils peuvent réaliser et accomplissent effectivement la loi de Dieu comme elle doit l’être? De fait ils manquent de respect pour le Seigneur et ont d’eux-mêmes une opinion très avantageuse. Un respect mieux compris pour le Seigneur leur permettrait de voir sous une meilleure optique sa grandeur, sa majesté, le niveau élevé de sa sainteté et la perfection de son caractère. Une estimation plus sobre de leur propre valeur les convaincrait rapidement (comme elle convainc les autres) qu’ils sont bien en deçà de l’élévation divine en paroles, en actions et en pensées.

Une autre catégorie de soi-disant “saints” ne vont pas jusqu’à un extrême aussi absolu pour ce qui est de prétendre à être sans péché. Cependant tout en reconnaissant leur imperfection, ils revendiquent la condition de sainteté, de sanctification intégrale, etc... puisqu’ils évitent le péché et cherchent à vivre sans pécher, etc... Comme nous l’avons déjà montré, nous abondons dans le sens que tous les véritables consacrés doivent chercher à éviter le péché de toutes manières. L’erreur de ceux dont nous faisons la critique consiste dans le fait qu’ils considèrent que éviter de faire le mal est le seul objet et le but de leur consécration. Ils sont tout à fait à côté de la question car aucune créature n’eût jamais le droit de commettre le mal. Ainsi donc, s’abstenir de pécher — s’abstenir de faire ce qu’on n’a pas le droit de faire ne peut en aucun sens être appelé ou considéré comme un “sacrifice”. La Parole de Dieu ne nous invite nulle part à sacrifier des péchés. Ces chers amis dont la consécration se borne à éviter le péché ne vont pas plus loin en réalité que les justifiés. Ils ne sont pas encore entrés par la porte basse du sacrifice de soi qui est plutôt le renoncement volontaire à ce qui est juste, légitime et normal pour mieux servir le Seigneur et sa cause.

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CHRIST, FAIT, POUR NOUS, REDEMPTION

Le mot rédemption, ici, est employé dans le sens de délivrance, de salut considéré comme résultat de l’œuvre rédemptrice, d’une rançon versée, d’un prix correspondant acquitté. L’idée contenue dans ce mot nous transporte à l’acte final de la victoire de l’Eglise, la naissance de la Nouvelle Création, bien qu’on puisse y voir également toutes les délivrances dont les fidèles sont les objets tout au long du chemin étroit pour aboutir au “ salut éternel ” dans la gloire, l’honneur et l’immortalité de la Première Résurrection.

L’apôtre nous assure que le sacrifice de notre Seigneur a obtenu pour nous une “rédemption éternelle”, une délivrance éternelle de l’esclavage du péché et de la sentence qui s’y attache : la mort (Hébreux 7 : 25 ; 9 : 12). Cette rédemption concerne le monde dans son ensemble. En son temps le Seigneur accordera à tous ceux qui voudront retrouver l’accord avec les exigences divines une Rédemption éternelle du péché et de la sentence qui frappe celui qui le commet: la mort. Mais comme nous l’avons déjà vu (1), cette délivrance éternelle qui, dans l’âge prochain, intéressera le monde entier en mettant chaque être humain en état de connaître la vérité sous la règle du Royaume de Dieu, est, à présent, exclusivement applicable à la maison de la foi et, parmi ceux-ci, positivement à ceux qui gravissent le sentier du sacrifice sur les traces du Souverain Sacrificateur comme membres du “Sacerdoce Royal ”. Leur “rédemption éternelle” du péché et de la mort sera acquise au titre de membres de la Nouvelle Création couronnés de gloire, d‘honneur et d’immortalité.

Examinons quelques autres textes dans lesquels le même mot grec APOLUTROSIS (délivrance, salut) est traduit par rédemption. Notre Seigneur, parlant du salut


(1) Voir les “ Figurcs du Tabernacle ” page 92.

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qui doit nous venir par la Première Résurrection, dit à ceux qui, vivant à la fin de l’âge, discerneront les signes des temps: “Levez vos têtes car votre Rédemption approche” (Luc 21 : 28 ). L’apôtre exhorte la même classe de nouvelles créatures et dit: “N’affligez pas le saint esprit de Dieu par lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption (Ephésiens 4 : 30 ). Ces textes ne se rapportent pas à l’œuvre de rédemption effectuée par le sacrifice de notre Seigneur mais aux résultats de cette œuvre à mesure qu’ils deviendront effectifs avec le perfectionnement de l’Eglise qui est son Corps dans la Première Résurrection. Dans la même épître (1 : 7 ) l’apôtre déclare : “Nous avons la rédemption par son sang”. Ici il parle évidemment des bienfaits dont nous jouissons dans la vie présente en raison des mérites du sacrifice de Jésus qui couvre nos fautes et produit au delà de toute mesure un poids éternel de gloire en créant en nous le vouloir et le faire selon le bon plaisir de Dieu. La pensée que nous aimerions dégager c’est que Christ est fait pour nous délivrance dans le temps actuel, nous donnant la victoire dans les combats présents comme il nous donnera la complète victoire lorsqu’il nous rendra parfaits et à sa ressemblance.

La même pensée est encore exprimée par le même apôtre lorsqu’il nous assure (Romains 3 : 24 ) que nous sommes justifiés gratuitement par sa grâce (et que nous continuons de l’être tant que nous demeurons en Christ) “par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ ”. Cette rédemption sera complète, pour ce qui nous concerne, lorsque nous lui serons faits semblables, que nous le verrons tel qu’il est et que nous partagerons la gloire au jour de la rédemption (délivrance). Dans la même épître (8 : 23 ) l’apôtre parle encore de l’achèvement de notre rédemption ou délivrance, comment nous devons l’attendre jusqu’au moment fixé par Dieu. Après avoir établi que “la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.., dans l’attente de la manifestation des fils de Dieu (la Nouvelle Création glorifiée) il ajoute : “Et ce n’est pas elle seulement mais

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nous aussi (les appelés et les engendrés pour la Nouvelle Création) qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes en attendant l’adoption, la Rédemption (délivrance) de notre corps” — du corps de Christ, l’Eglise, dont Jésus est la Tête et nous, les membres en perspective. Et ceci sera l’a conclusion de l’œuvre de rédemption à notre endroit, car bien qu’ayant part à nombre de bénédictions et d’avantages dans le présent, notre rédemption ne sera pas complète ou définitive avant ce moment là. — Romains 8 : 20 à 23.

Au sujet de notre condition présente — la part dans la rédemption qui déjà est nôtre — notre Seigneur déclare “Celui qui croit en moi a la vie éternelle” (Jean 6 : 47) et l‘apôtre: “Celui qui a le Fils a la vie” (1 Jean 5 : 12 ). Cette croyance nous ne devons pas comprendre qu’elle soit simplement un acquiescement mental à certains faits se rapportant au divin plan de salut, mais plutôt une foi dans le sacrifice de propitiation accompagnée d’une conduite orientée dans le sens de l’opposition au péché en un mot d’une foi vivante se manifestant par une obéissance du cœur. De même il ne faut pas comprendre que ces textes signifient que les croyants ONT la vie éternelle dans le plein sens du terme, telle qu’ils l’auront éventuellement par une participation à la Première Résurrection. Il convient plutôt d’entendre par là que les croyants consacrés sont engendrés à une nouveauté de vie, que la vie nouvelle a commencé en eux dans le sens que leurs volontés acceptées de Dieu sont considérées par lui comme des commencements de nouvelles créatures qui deviendront réelles par la vertu de la Première Résurrection.

Les déclarations précédentes s’accordent avec ce que dit l’apôtre : “Nous sommes sauvés en espérance” —par la foi — considérés comme sauvés et non pas absolument sauvés. C’est pourquoi nous devons attendre avec patience l’achèvement de la bonne œuvre que Dieu a commencée en nous — attendre “la grâce (salut) qui nous sera apportée lorsque Jésus-Christ apparaîtra” —

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“lorsqu’il viendra pour être glorifié dans ses saints”. 1 Pierre 1 : 13 ; 2 Thessaloniciens 1 : 10 .

La rédemption (délivrance) qui est en Jésus-Christ —celle dont nous jouissons maintenant aussi bien que celle qui sera bientôt achevée en nous — est partout identifiée dans l’Ecriture au sacrifice que notre Seigneur a consenti en notre faveur. Tandis que sa mort constituait le prix libérateur de la sentence qui pèse sur nous, sa résurrection était indispensable. Un Sauveur mort n’aurait pu aider le racheté à retrouver ce qui était perdu. Les expériences que fit le Seigneur lui-même sur le plan du sacrifice, le qualifie hautement pour mener à bien la grande délivrance de la création gémissante qu’il s’est acquise par son sang. L’apôtre le signale: “Ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés” — il peut les délivrer des tentations qui autrement risqueraient de les dominer. “ Il ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir”. Il se peut que nous connaissions la chute, mais tant que nous nous confions en lui il ne permettra pas que nous soyons définitivement rejetés —dans la seconde mort. Hébreux 2 : 18 ; 1 Corinthiens 10 : 13 .

Nous laisser trébucher peut constituer parfois un de ses moyens pour nous inculquer quelque leçon importante à propos de nos faiblesses et de notre besoin de regarder à lui comme à un Berger aussi bien que comme à un Rédempteur. Sentir notre faiblesse pour devenir fort dans le Seigneur et dans la puissance de sa force. Il se tient devant nous comme notre Souverain Sacrificateur qui a connu nos infirmités et possède le pouvoir de secourir à l’heure de la tentation. Il est “indulgent pour les ignorants et les égarés ”. Il peut –“ sauver parfaitement” ceux qui s’approchent de Dieu par son intermédiaire et demeurent en lui en une foi vivante qui implique l’obéissance dans la mesure de la compréhension. Réjouissons-nous donc en notre Rédempteur et Sauveur

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présent, le Libérateur qui nous affranchira bientôt de la tombe par la résurrection, le Consommateur de notre foi. — Hébreux 2 : 17 et 18 ; 4 : 15 et 16; 5 : 2 ; 7 : 25 et 26.

O toi, Dieu de mon salut
Mon Rédempteur, mon Maître
Par ton pouvoir j’accède au but
Que tu m’as fait connaître.

Sur tes traces, ô mon Sauveur
Je veux marcher, te suivre
Par ton aide je suis sans peur
Pour toi seul je veux vivre.

Autour de moi je veux crier
Combien ta grâce est grande
Du péché tu m’as retiré
Accepte mon offrande.

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LA NOUVELLE CREATION PREDESTINEE

ETUDE IV

LA NOUVELLE CREATION PREDESTINEE

L’Election, idée générale La pensée correcte Aucun préjudice au non élu Distinction entre “les élus” et “les élus mêmes “ — “Il y a un péché qui mène à la mort” Une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant” La. Grande Multitude Leurs robes blanchies dans le sang de l’Agneau La vigne choisie et ses sarments Elections diverses dans le passé -— Aucun de ces choix ne fut éternel Jacob et Esaü, des images “ J’ai aimé Jacob” “J’ai haï Esaü” Pharaon Je t’ai suscité à dessein” - Dieu ne contraint jamais la volonté Pharaon ne fut pas une exception à cette règle “Dieu endurcit le cœur de Pharaon” La nation d’Israël élue Quel avantage a le Juif? Il est grand de toute manière” La “ Nouvelle Création” élue Ce que signifie la “grâce” “ La garde royale” comme illustration Prédestinés à “être conformes à l’image de son Fils” “Appelés selon son dessein” Qualifications et caractéristiques des “appelés “ — “Si Dieu est pour nous” Paraphrase de l’argumentation de l’apôtre Affermir sa vocation et son élection La course “ Je cours vers le but” “Sachant que vous avez été élus ”.

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La doctrine de l’élection, telle qu’on la comprend généralement n’attire personne parce que pleine de partialité et d’injustice. C’est le résultat d’une fâcheuse compréhension de la Parole divine sur ce sujet. L’élection, d’après les Ecritures et telle que nous allons nous efforcer de l’exposer sera à coup sûr reconnue par tous comme l’une des plus importantes doctrines de la Bible. Non seulement fondée sur la grâce, elle l’est aussi sur la justice et l’équité et est absolument dépourvue de partialité. Brièvement exprimée, la conception erronée de l’élection prétend que Dieu, après avoir condamné toute la race humaine à l'Eternelle torture, s’est déterminé à sauver, au sein de notre race, un “petit troupeau” seulement, abandonnant tout le reste des hommes aux horreurs indicibles auxquelles la prescience divine les a prédestinés avant leur création. La Confession de Westminster faisant autorité en la matière déclare tout particulièrement que ce “petit troupeau élu” ne l’est pas en raison d’une quelconque dignité ou mérite de sa part, mais par l’effet de la seule volonté souveraine de Dieu.

La pensée correcte sur l’élection, celle que la Bible soutient dans toutes ses pages est tout le contraire de ce qui précède. La mort (et non pas la vie éternelle dans les tourments) telle est la sentence qui frappe notre espèce dont chaque spécimen se trouve compris dans la désobéissance du premier homme. La grâce de Dieu a été manifestée dans la rédemption qui est en Jésus- Christ lequel a racheté le monde par son sacrifice qui est une “propitiation (satisfaction ) pour nos péchés (ceux de l’Eglise) et non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier” (1 Jean 2 : 2 ). Dieu envisagea que son Fils Unique pourrait avoir le privilège de racheter la race au prix de sa propre vie. En récompense il serait hautement élevé à la nature divine (1)

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et “bénirait toutes les familles de la terre ” en réveillant les humains du sommeil de la mort, en leur faisant connaître la vérité, en aidant les bien disposés et les obéissants à retrouver toute la perfection de la vie humaine dans des conditions plus qu’édéniennes.

Dieu détermina aussi qu’un certain nombre de “saints” seraient co-héritiers avec son Fils dans la gloire, l’honneur et l’immortalité de la Nouvelle Création et dans l’œuvre de rétablissement de la race humaine. l’Age de l’Evangile dans lequel nous sommes n’a pas eu pour but de relever l’humanité mais d’appeler, de tirer de son sein un petit troupeau qui formerait les “élus mêmes” de Dieu après avoir subi les épreuves de foi, d’amour et d’obéissance propres à “affermir leur vacation et leur élection”. (2 Pierre 1 : 10 ).

Sous cet angle, l’appel et l’élection du “petit troupeau n’est pas insupportable et ne porte aucun préjudice aux non élus qui ne sont pas davantage condamnés parce que non appelés, parce qu’ils seraient passés à côté. Quand, dans ce pays, il est procédé à des élections, il n’est fait aucun tort à la grande majorité de ceux qui ne sont pas élus. Les élections ordinaires ont pour but de dégager les personnalités aptes à remplir une fonction importante dans le sens du bien-être général, par des lois et une administration sages. De même la bénédiction que Dieu accorde n’est pas au détriment des non-élus mais intervient au contraire dans le sens d’un bienfait pour eux. Les élus en effet doivent être les juges, rois et sacrificateurs de l’Age Millénial. Sous leur administration toutes les familles de la terre seront bénies.

Il existe bien des passages scripturaires où il est fait allusion aux “élus” et aux “élus mêmes”. On peut comprendre que cette dernière expression, par son accentuation “même”, s’applique à tous ceux qui sont parvenus à une condition plus affirmée de communion avec


(1) Volume V, chapitre 5.

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Dieu au point d’avoir l’espoir, la perspective de l’immortalité étant membres de l’Eglise glorifiée, bien qu’il y ait toujours possibilité de s’écarter et de cesser d’appartenir à la classe élue. En d’autres termes, tous les consacrés qui ont accepté le haut appel de Dieu à la Nouvelle Création sont comptés au nombre des élus quand leurs noms sont inscrits sur le livre de vie de l’agneau et qu’une couronne leur est attribuée. Mais comme la déloyauté peut conduire à l’effacement de ces noms et à l’attribution de leurs couronnes à d’autres (Apocalypse 3 : 5,11 ) ils cesseraient de compter parmi les membres de l’Eglise élue. Les “élus mêmes” au contraire seraient ceux qui parviendraient au but auquel Dieu a appelés les fidèles de cet Age de l’Evangile — ceux qui “affermissent leur appel et leur élection“ par la fidélité aux termes et conditions de l’alliance conclue, jusqu’à la mort même.

Les Ecritures attirent notre attention sur deux classes qui n’affermissent pas leur vocation et leur élection. L’une d’elles — pas nombreuse comme nous avons quelque raison de le croire — non seulement perdra la récompense réservée aux élus mais perdra la vie elle-même — dans la seconde Mort.- L’Apôtre Jean parle d’eux lorsque, discutant de la classe de l’Eglise il dit : “Il y a un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier “ (1 Jean 5 : 16 ). Il est inutile de prier ou d’espérer pour ceux qui commettent le péché qui conduit à la mort. Ce genre de péché est celui que les Ecritures appellent encore péché contre le Saint Esprit de Dieu. Il n’est pas exempt de préméditation. Il n’est pas commis par ignorance. Il est au contraire le résultat de le persistance dans ce qui, à l’origine tout au moins, a été reconnu comme mauvais. Ce péché voulu, finit par devenir une grosse aberration, le Seigneur abandonnant finalement ces pécheurs volontaires à l’erreur qu’ils ont préférée à la vérité. — 2 Thessaloniciens 2 : 10 à 12 .

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(Jude 11 à 16 ; 2 Pierre 2 : 10 à 22 ). Il fut un temps qu’ils étaient au nombre des membres de l’Eglise élue. (Aucun d’eux ne fait partie du monde puisque ce dernier ne se trouve pas actuellement en jugement ou à l’épreuve et ne le sera que pendant la dispensation Milléniale. Au lieu de marcher selon l’Esprit sur les traces du Maître, sur le chemin du sacrifice, ils “marchent selon leurs convoitises, ont à la bouche des paroles hautaines et admirent les personnes par motif d’intérêt”. Se recherchant eux-mêmes ils tâchent de plaire aux hommes et s’éloignent de leur alliance de consécration jusqu’à la mort (Jude 16). Ce qu’en dit Pierre est plus explicite. Il déclare que ces gens s’étaient retirés des souillures du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ mais s’y sont engagés de nouveau et ont été vaincus”, pareils au “chien qui retourne à ce qu’il a vomi et à la truie lavée qui se revautre dans le bourbier”. Il les compare à Balaam oubliant la voie de la justice pour quelques avantages matériels. Et ce qu’il en dit laisse à penser que cette classe se trouvera principalement parmi ceux qui enseignent l’Eglise, surtout à la fin de cet âge et qu’ils n’auront pas crainte de parler mal, “d’injurier les dignités” — ceux que Dieu a honorés et “établis” dans le corps. 2 Pierre 2 : 1,10 .

L’épître aux Hébreux parle à deux reprises de cette classe qui s’éloigne et cesse de faire partie du nombre des élus. Tout d’abord (6 : 4 à 9 ) l’apôtre semble considérer ceux qui, après avoir goûté le don céleste et les puissances du siècle à venir, après avoir eu part au Saint-Esprit et avoir été agréés comme membres de la classe élue, retombent dans le péché et abandonnent les sentiers de la justice, non pas en raison de faiblesses humaines inévitables ou de séduction de l’Adversaire, mais par un engagement délibéré de la volonté et en toute connaissance. Ceux-là dit l’apôtre ne peuvent être renouvelés à la repentance. Ils ont reçu leur part du grand sacrifice de la rançon et ont choisi de mépriser la faveur de Dieu. Ils ont usé et abusé de leur part dans la propitiation et il ne leur reste rien. Ayant pris volontairement position, les appels de la justice n’ont plus aucune prise sur eux.

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Dans un autre chapitre (10 : 26,27,31 ) l’apôtre paraît considérer une autre catégorie. Celle-ci, au lieu de retomber dans le péché et dans un comportement condamnable, abandonne la foi qui justifie et est indispensable au maintien d’un accord justifié devant Dieu. On remarquera que, dans les deux cas, c’est la volition qui détermine la gravité du mal : “Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité (après avoir été favorisé de Dieu en Christ en fait de sagesse, justification et sanctification) il ne reste plus de sacrifice pour les péchés” . Le sacrifice de Christ fut offert en faveur de tous pour le péché originel, pour le péché d’Adam et de ses faiblesses héréditaires transmises à nous qui sommes sa descendance. Notre Seigneur n’a offert aucun sacrifice ayant valeur de rachat pour le péché volontaire, de propos délibéré, venant strictement de nous-mêmes. C’est pourquoi si nous péchons volontairement il ne reste plus rien à appliquer à nos transgressions voulues. Il nous appartient de payer le prix de nos propres fautes volontaires. Si nous commettons des péchés a caractère nettement intentionnel on ne peut invoquer la faiblesse ou la tentation. Perpétrés après avoir eu une conception très précise de notre position devant Dieu, ils conduisent à la mort — à la Seconde Mort — celle de laquelle il n’existe aucun espoir, — mais une attente terrible de jugement de sentence, de colère qui réduira tous les adversaires de Dieu, tous ceux qui, sciemment s’opposent à lui, à la justice et font obstruction à son plan de restauration de cette justice par la rédemption qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.

Au verset 29 l’apôtre paraît envisager le cas de ceux qui, après avoir compris exactement en quoi consistait l’œuvre propitiatrice de Christ en tant que Rédempteur, n’en tiennent plus aucun compte, considèrent comme profane (tout à fait ordinaire) le sang précieux qui scelle la Nouvelle Alliance et méprise ainsi l’Esprit de la grâce

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— de la grâce de Dieu qui est à l’origine de cette propitiation et de la participation avec notre Sauveur à son sacrifice et à sa récompense. Ceux qui, dans le passé, méprisèrent Moïse et la Loi dont il était le médiateur moururent sans miséricorde, bien que la sentence de mort prononcée contre eux n’ait point été une sentence qui devait être éternelle. Mais ceux qui méprisent le Moïse antitypique et qui, par voie de conséquence, méprisent le privilège de la communion au sang de Christ, méprisent Dieu qui est l’auteur de cette disposition en leur faveur — ceux-là sont jugés dignes d’un châtiment plus sévère que celui qui frappa les violateurs de l’Alliance de la Loi. Il sera plus sévère dans le sens que ce sera une condamnation à mort de laquelle il n’y aura aucune Rédemption, aucune résurrection, aucun relèvement — la Seconde Mort. Il n’est pas étonnant que l’apôtre nous avertisse en sorte que nous prenions garde à la manière dont nous nous comportons à l’égard des dispositions prises par la grâce divine. Il nous assure que tomber en dehors du soin protecteur, de l’Avocat que Dieu a établi — Jésus — reviendrait à rien de moins que de tomber entre les mains du Père, le Grand Juge qui n’accepte aucune compromission avec le péché, ne reconnaît aucune circonstance particulière, mais qui a pourtant pourvu à la miséricorde en faveur des pécheurs par la rédemption en Jésus-Christ notre Seigneur.

LA GRANDE MULTITUDE

Comme il a été donné à entendre, en dehors de ceux qui, tombant de leur position d’élus, vont dans la Seconde Mort, il existe une autre catégorie qui n’affermit pas davantage sa vocation et son élection mais qui ne relève pas de la Seconde Mort parce que n’ayant pas péché volontairement en donnant dans l’immoralité grave ou en reniant la valeur du sang précieux. Cette classe dont nous avons déjà parlé sous l’appellation de “Grande Multitude”, sortira de la grande tribulation ; ses membres laveront leurs robes et les blanchiront dans le sang de

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l’Agneau. Bien qu’obtenant la nature spirituelle et l’honneur d’avoir part au souper de noces de l’Agneau au titre d’invités, ils manqueront le grand prix qui doit échoir aux élus mêmes — les fidèles vainqueurs qui suivent Jésus sur ses traces avec joie et de tout leur cœur (Apocalypse 7 ). La Grande Multitude ne réussit pas à maintenir sa place parmi les élus — parmi les “élus mêmes” — par suite d’un zèle insuffisant pour le Seigneur, la Vérité, les frères, et parce qu’en partie “encombrée des soucis de cette vie”. Néanmoins puisque son cœur est demeuré attaché au Sauveur, parce qu’elle garde sa foi au sang précieux, qu’elle y tient ferme et ne le renie pas, le Seigneur Jésus, notre Avocat et chef de notre salut, qui conduit les élus à la gloire par les chemins du sacrifice volontaire, la conduit également vers une bénédiction spirituelle — la perfection sur un plan spirituel inférieur — parce qu’elle s’est confiée en lui et n’a renié ni son nom ni son œuvre.

Le Seigneur parle de l’Eglise élue l’a Nouvelle Création, dans sa parabole de la vigne. La vigne c’est lui, et ses disciples fidèles consacrés qui marchent sur ses traces en sont les sarments. Il fait remarquer que le fait d’être un sarment n’est pas le gage d’une immunité dans les épreuves et les difficultés Tout au contraire le Père, qui est le Vigneron, fera en sorte que nous ayons des épreuves de foi, de patience, de dévouement destinées à nous tailler, de manière que nos affections soient moins portées sur les choses, les espérances et les ambitions de la terre. Ainsi nous abonderons en fruits de l’Esprit douceur, patience, gentilles, longanimité amitié fraternelle, amour. Ces choses seront en nous, s’y développeront de plus en plus en sorte qu’une entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ nous sera pleinement accordée comme membres de la Nouvelle Création 2 Pierre 1 : 11 .

Mais il ne suffit pas d’être au nombre des sarments que supporte la vigne. L’Esprit de la vigne doit être en nous — la bonne volonté à porter le fruit de la Vigne

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doit régner dans nos cœurs. Le Vigneron nous laissera un certain temps parmi les sarments pour se rendre compte si nous allons ou non porter du fruit avant de nous retrancher comme inutiles. Il ne recherchera pas des grappes mûres sur les nouveaux rameaux pas plus qu’il ne s’attendra à y trouver des raisins verts. Il recherchera d’abord la petite promesse du bourgeon à fruits puis la floraison et la formation de la grappe, ensuite le fruit vert puis sa maturité. Le Vigneron a longue patience quand il s’agit du développement de ce fruit de la Vigne “que la droite de mon Père a plantée” (Psaume 80 : 15 ). Mais si, après un temps raisonnable, aucun fruit ne se dessine, il retranche le rameau devenu un suçoir”, parce qu’il grossirait aux dépens de la Vigne comme un parasite plutôt que de produire du fruit. C’est ainsi que notre Seigneur marque l’utilité absolue d’affermir sa vocation et son élection en produisant le fruit de la sainteté dont la récompense sera la vie éternelle.

ELECTIONS DIVERSES DANS LE PASSE

Envisageons maintenant quelques élections d’un autre genre dont parlent les Ecritures afin que nos entendements soient plus élargis, plus éclairés sur ce sujet avant de considérer la forme d’élection toute particulière sur laquelle notre intérêt converge — celle de la Nouvelle Création. Il nous faut distinguer entre les élections qui ont précédé la première venue de notre Seigneur et l’élection de la Nouvelle Création dont il est le Chef et le Guide. De cette dernière il est dit “Vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation” ; mais les élections des temps reculés servaient d’autres buts et avaient pour objectif l’accomplissement d’autres desseins divins. Abraham fut élu pour devenir une figure de Jéhovah tandis que sa femme Sara était l’image de l’alliance Abrahamique par laquelle le Messie devait venir. La servante Agar fut élue pour devenir la représentation de l’alliance de la Loi tandis que son

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fils Ismaël figurait les Israélites selon la chair. Bien que né le premier il ne devait pas être cohéritier avec Isaac, le fils de la promesse. Isaac fut élu pour être le type de Christ et sa femme Rébécca pour être le type de l’Eglise, l’Epouse, la femme de l’Agneau, tandis que le serviteur d’Abraham, Eliézer, fut élu pour être le type du saint esprit dont la mission est d’inviter l’Eglise, de l’accompagner, de l’aider et de la mener, avec les vierges, ses compagnes, vers Isaac.

Ces élections n’eurent pas de répercussions ni ne concernèrent en aucun sens l’avenir éternel d’aucune des personnes on cause. Dans la mesure où elles furent utilisées par le Seigneur, elles reçurent très probablement des bienfaits compensateurs dans leurs vies. Dans la proportion où elles entrèrent dans l’esprit du plan de Dieu elles goûtèrent la paix et la joie, d’amples compensations aux sacrifices et aux épreuves qu’avait pu leur occasionner leur intervention, leur élection et leur service au titre de personnages figuratifs. Raisonnant de ce sujet, l’apôtre montre qu’aucun préjudice injuste n’a été causé à Israël du fait que Dieu s’est tourné vers les nations pour trouver chez elles le nombre complémentaire de membres de la Nouvelle Création. Il fait ressortir que le Tout-Puissant accorde des faveurs et qu’il lui appartient en propre de décider à qui ces faveurs iront. Il rappelle que Dieu a répandu sur l’Israël selon la chair, l’Israël historique, certaines faveurs, des privilèges particuliers on tant que nation, que ses pères ont été choisis pour servir d’images et ont été bénis en conséquence. Mais que le Seigneur ne saurait être tenu d’aucune manière à leur continuer des complaisances préférentielles et d’ignorer les autres qui n’en sont pas moins dignes. Au contraire, il est normal que le Seigneur suspende ses grâces envers ceux qui n’en profitent pas pour les attribuer à d’autres. Romains chapitres 9,10 et 11 .

Et qui plus est, l’apôtre explique que le Seigneur n’ignorait pas à quelle fin aboutiraient ses bontés envers Israël. Après avoir profité de ses grâces, les Juifs ne se trouveraient

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pas sauf un petit reste” — Romains 9 : 27-32 ) dans la condition convenable pour recevoir la plus grande des bénédictions qui furent jamais offertes : le prix du haut appel” à prendre part à la Nouvelle Création. Pour illustrer sa pensée il attire l’attention sur les deux fils d’Isaac. Il montre qu’en manière d’image et pour prouver que Dieu avait prévu quelle serait la situation quelques centaines d’années plus tard, il opéra un choix arbitraire entre les deux fils de Rébécca, Jacob et Esaü. Le Seigneur fit de ces deux jumeaux deux types : l’un pour représenter ses fidèles, la Nouvelle Création ; l’autre pour figurer l’Israël selon la chair qui préfère ce qui concerne la vie présente, vend ses privilèges célestes pour un plat de lentilles : les bonnes choses qu’offre la terre. D’ans le cas de Jacob et d’Esaü, l’élection, le choix de Jacob pour servir d’image des vainqueurs lui fût un bien quoiqu’il lui en coûtât. L’élection Esaü pour figurer ceux qui ont l’esprit tourné vers les choses de la terre qu’ils préfèrent aux choses célestes, ne lui causa aucun préjudice. Cela ne signifiait en aucune façon qu’il irait en enfer ou qu’il souffrirait quoi que ce soit dans la vie présente. Tout au contraire, il fut favorisé tout comme les hommes, de nos jours, jouissent parfois de biens que le Seigneur juge bon de ne pas accorder à ses Nouvelles Créatures élues parce que néfastes pour leurs intérêts spirituels. Il retira certains intérêts matériels à Jacob afin que, dans ses désappointements, etc... celui-ci devienne une figuration appropriée de la classe qu’il représentait. D’autre part Jacob eut des joies et des bonheurs qu’Esaü n’eut pas et qu’il n’aurait d’ailleurs pas appréciés. De même maintenant, la Nouvelle Création ressent les épreuves et les déceptions communes à notre époque, mais connaît une paix, une joie dont l’homme en général n’a pas conscience.

La déclaration : “ J’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü (Romains 9 : 13 ) est pour beaucoup difficile à admettre parce que le mot haï sous entend un antagonisme injustifié. Le sens courant de ce terme marquerait qu’Esaü a fait une chose quelconque plus mal que d’autres parce

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qu’il y était poussé dès avant sa naissance, “avant qu’il n’ait fait ni bien ni mal”. Or le mot “haï”, de toute évidence voulait dire AIMER MOINS comme dans cet autre exemple de Deutéronome 21 : 15-17 (1). Jacob fut favorisé de l’Eternel et Esaü le fut moins. Les, deux comme l’explique l’apôtre étaient des figures de l’Israël selon la chair et de l’Israël selon l’esprit. La faveur divine envers Israël selon la chair représenté par Esaü fut moindre que la faveur réservée à Israël selon l’esprit, qui naquit après l’autre, et que Jacob illustra. Ainsi compris, tout devient clair et rien ne heurte.

“ JE T’AI FAIT SUBSISTER POUR CECI ”

Pour prouver que le Seigneur a toujours conservé son autorité et sa souveraineté dans les affaires humaines avec pleine reconnaissance de son droit à agir comme il lui plaît, l’apôtre évoque le cas de Pharaon qui était roi d’Egypte au temps de la libération d’Israël. Il cite les paroles de l’Eternel rapportées par Moïse (Exode 9 : 16):

“Je t’ai laissé subsister afin que tu voies ma puissance et que l’on publie mon nom par toute la terre ” . “Ainsi il fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut ” . Romains 9 : 17,18 .

Il y a quelque temps le gouvernement français :remit à des hommes de science plusieurs prisonniers que le tribunal avait condamnés à mort pour se livrer à des expériences et mesurer l’influence que pourrait exercer la peur sur la nature humaine. L’un, d’entre eux fut mis dans une cellule et on lui dit que la veille un prisonnier y était mort de la petite vérole, qu’il contracterait vraisemblablement la même maladie et en mourrait avant le matin. La prédiction se vérifia, bien que la cellule n’ait jamais été occupée par un malade atteint de petite vérole.


(1) D’après la traduction plus littérale de Darby: “Si un homme a deux femmes, l’une aimée et l’autre haïe...,. —Trad.

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On banda les yeux à un autre prisonnier et on lui passa un bras au travers d’une mince cloison. On lui dit que dans l’intérêt de la science on allait le saigner jusqu’à ce que mort s’ensuive pour se rendre compte du temps qu’il faudrait pour perdre tout son sang par une petite blessure pratiquée à une artère du bras. On se contenta de l’égratigner ce qui ne lui coûta que quelques gouttes de sang et on s’arrangea de manière qu’un mince filet d’eau portée à la température du corps lui coula le long du bras tandis qu’il pouvait entendre le liquide lui gouttant des doigts dans un récipient placé au-dessous. Il mourut au bout de quelques heures. On crierait contre quiconque aurait recours à de pareils procédés s’il s’agissait de gens à qui on n’aurait rien à reprocher. Mais personne ne pourrait raisonnablement trouver à redire à cette manière de faire lorsqu’il s’agit d’individus dont la vie est tombée sous le coup de la loi. C’est ce qui se passe à propos du comportement du Seigneur à l’égard de la famille humaine. Si l’homme était resté obéissant à Dieu, il n’aurait pas été frappé d’une sentence de mort et aurait conservé certains droits dont il ne jouit plus maintenant. En tant que race nous sommes tous pécheurs et condamnés à mort (Romains 5 : 12 ). Or, il a plu au Seigneur de manifester sa puissance et sa sagesse à l’égard de ces condamnés d’une manière pour les uns et d’une autre pour 1es autres, à son gré — comme il a choisi, élu, de le faire. Déjà nous avons fait la même remarque à propos des Amalécites, des Nittites et des Cananéens qu’Israël devait détruire. Israël représentait les fidèles du Seigneur qui, dans la dispensation future, anéantiront ceux qui commettent le mal sciemment et les ennemis de toute justice. Le même principe se retrouve dans la destruction de Sodome et de Jéricho, dans les hécatombes par la peste de milliers d’Israélites, dans la mort d’Uzza qui ne fit qu’étendre la main pour tenter de remettre l’arche d’aplomb oubliant pour un instant Sa sainteté et l’ordre de l’Eternel.

Le comportement du Seigneur à l’égard de Pharaon, les plaies sur les Egyptiens y compris la mort des

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premiers-nés des hommes et des bêtes, l’anéantissement des armées égyptiennes dans la Mer Rouge, tout cela est dans la même ligne. Les Egyptiens, en tant que membres de la race humaine, étaient tous sous la sentence de mort laquelle pouvait intervenir sans la moindre injustice à n’importe quel moment, même pour contribuer à répandre la dignité de l’Eternel et à étaler sa puissance à propos de la délivrance de son peuple type d’Israël. D’un autre côté Dieu favorisa singulièrement quelques-uns de ces condamnés humains : Abraham, Moïse et d’autres, se servant d’eux pour créer des images de ce qu’il accomplirait par la suite, sans pour cela les libérer — Abraham, Moïse, Pharaon et les autres — de ce qui les lie à la mort, laissant cela à l’œuvre de rédemption qui est en “Jésus-Christ notre Seigneur.

Si Dieu a exercé une autorité souveraine parmi ses créatures condamnées, s’il a décidé — élu — que tel passerait par telle expérience et tel autre par une autre, que tout cela constituait autant d’images préparant, comme l’apôtre le fait remarquer, à la grande élection de la Nouvelle Création pendant cet Age de l’Evangile, il importe de se rendre compte qu’en aucun cas Dieu n’a obligé où n’a pesé sur la volonté de l’individu pour réaliser ce qu’il avait projeté. Car il serait contraire à la divine manière d’user de contrainte sur la volonté des êtres. En choisissant Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et autres pour servir de types, l’Eternel choisissait des hommes dont les mentalités s’accordaient avec ses plans et ses révélations, sans les obliger en rien s’ils avaient voulu autrement. De la même manière, en choisissant d’autres hommes pour illustrer les tendances et les principes opposés tels que Ismaël, Esaü, les Cananéens, les Sodomites, les Egyptiens, le Seigneur ne faisait que se servir des penchants naturels de ces hommes. Ce que nous aimerions faire ressortir c’est que Dieu n’a exercé aucune pression sur la volonté d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, etc... pas plus que sur la volonté de ceux qui commirent le mal et mirent en évidence certains mauvais principes. Le Seigneur agit avec des catégories particulières d’êtres d’après leurs propres inclinations.

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En déclarant à Pharaon qu’il l’avait suscité à dessein dans un but précis, il ne faut pas comprendre que Dieu avait formé en Pharaon un caractère méchant, qu’il l’avait “ suscité” dans le sens de le mettre dans l’obligation de se montrer méchant. Comprenons plutôt que parmi tous les prétendants au trône d’Egypte, selon la coutume de ce pays, il favorisa peut être par la mort de certains membres de la famille royale plus susceptibles que lui d’accéder au pouvoir, la montée au trône de ce Pharaon là, en raison même de son caractère entêté de façon que son combat contre Dieu et contre Israël justifie la venue des plaies que Dieu avait prévues, non seulement pour marquer sa faveur à Israël et sa fidélité aux promesses faites à Abraham, à Isaac et a Jacob, mais encore parce que ces plaies sur l’Egypte devaient, sous un certain angle, servir d’images des plaies par lesquelles cet Age de l’Evangile prendra fin — les trois premières et “les sept derniers fléaux”. Apocalypse 15 : 1 .

Ce qui chiffonne l’esprit de beaucoup dans cet exemple de Pharaon c’est la déclaration de l’Ecriture : L’Eternel endurcit le cœur de Pharaon pour qu’il ne laissât pas sortir le peuple”. A un premier examen ceci pourrait paraître se trouver en contradiction avec ce que nous venons de dire, que Dieu n’intervient pas dans l’exercice de la volonté humaine. On peut le comprendre pourtant quand on se rend compte de la manière dont Dieu endurcit le cœur de Pharaon. La façon de procéder de l’Eternel avait pour résultat de rendre Pharaon plus obstiné qu’à l’instant précédent. C’était la bonté de Dieu qui endurcissait Pharaon. Dieu écoutait sa prière, le délivrait de la plaie, acceptait sa promesse de laisser aller le peuple, en un mot se montrait miséricordieux. Si Dieu avait maintenu la première plaie jusqu’à ce qu’Israël put partir, cette seule plaie aurait suffi pour accomplir la délivrance. Comme le Seigneur débarrassait le peuple et le pays de la plaie, Pharaon s’imaginait que l’affaire était passée, qu’il ne s’en produirait peut être plus d’autre et ainsi, petit à petit, la bonté de Dieu le confirmait dans son hostilité. De ce point de vue, la

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liberté de la volonté de Pharaon n’en est que plus évidente. On ne peut pas accuser non plus le Seigneur d’avoir trempé dans tous ces malheurs. “Toute son œuvre est parfaite ”. Même la bonté de Dieu qui devrait conduire les hommes à la repentance, du fait des conditions d’imperfection actuelles, se trouve parfois avoir sur eux une influence toute contraire.

LE PEUPLE ELU D’ISRAEL

Tous les chrétiens familiarisés avec la Bible savent que Dieu a choisi — élu — Israël parmi tous les peuples du monde pour être son peuple et être un type de l’Israël selon l’esprit. Le prophète Amos (3 : 2) situe bien la question quand il dit: Je vous ai choisis vous seuls parmi toutes les familles de la terre”. Par la bouche du prophète Esaïe (45 : 4) le Seigneur dit à Cyrus, le roi des Mèdes qui devait faire cesser la captivité d’Israël et autoriser celui-ci à rentrer dans son pays : “ Pour l’amour de mon serviteur Jacob, et d’Israël; mon élu, je t’ai appelé par ton nom”. Le fait de voir dans cette déclaration une allusion figurative à Christ et la délivrance de l’Israël spirituel de la Babylone mystique, n’a rien à voir avec cet autre fait qu’Israël est considéré ici comme un “élu”. Dans son argumentation claire et logique exposant comment la faveur divine passe de l’Israël selon la chair à l’Israël selon l’esprit (Romains 9 à 11 ) l’apôtre fait ressortir que cette faveur fut pour un temps accordée à l’Israël historique dans son rôle de peuple figurativement élu de Dieu. Mais que le Seigneur avait prévu et annoncé d’avance que la faveur particulière dont il avait été l’objet lui serait retirée pour être attribuée à un autre Israël selon d’esprit formé et admis à cette place représentée par Jacob.

L’apôtre établit comment Israël, peuple élu et favorisé de l’Eternel pendant un temps, fut, pour cette raison avantagé de toutes manières” par rapport à toutes les autres nations du monde. C’était aux Juifs qu’appartenaient les promesses.

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C’étaient eux les branches de l’olivier franc. Mais Dieu retrancha les branches naturelles devenues étrangères à la racine de la promesse et au tronc qu’avaient représenté Abraham, Isaac et Jacob. Ainsi “ Israël n’a pas obtenu ce qu’il cherchait mais l’élection (les dignes — Jean 1 : 12,13 ) l’a obtenu tandis que le reste est tombé dans l’aveuglement ”. A l’origine, la nation tout entière était élue pour recevoir les faveurs de choix de l’Eternel. Cependant seuls les fidèles se trouveraient dans la bonne condition de cœur pour devenir des Israélites selon l’esprit quand le moment serait venu. Tels furent les “élus mêmes” de cette nation qui, à la fin de cet âge, purent entrer dans la dispensation plus élevée, passant de la maison des serviteurs dans celle des fils (Hébreux 3 : 5 ; Jean 1 : 12 ). Et l’apôtre poursuit et explique que nous qui étions des Gentils, des “gens du dehors”, étrangers aux alliances et aux promesses faites à Israël, avons manifesté, par la grâce de Dieu, une foi et une obéissance semblables à celles d’Abraham. C’est pourquoi nous sommes maintenant considérés comme L’EPOUSE de Christ, la véritable postérité d’Abraham. Nous prenons la place des branches retranchées et avons part aux promesses qui leur étaient destinées. Mais, bien que ces rameaux retranchés aient été traités en ennemis au cours de cet Age de l’Evangile, néanmoins “en ce qui concerne l’élection ils sont aimés à cause de leurs pères; car Dieu ne se repent ni de ses dons ni de son appel”. Romains 11 : 28,29 .

Cet exposé de l’apôtre nous informe donc que quelques traits caractéristiques de l’élection à l’origine subsistent à l’endroit de l’Israël’ selon la chair en dépit de son rejet de la faveur principale dont il aurait pu jouir dans le cadre du plan divin en tant que nation : celle de devenir l’Israël spirituel élu. Et puisque les promesses faites à Abraham, à Isaac, à Jacob et aux prophètes doivent se réaliser et qu’ils doivent devenir “princes” ou représentants du Royaume spirituel par toute la terre pendant l’Age Millénial, il n’est pas douteux que tout ceci concoure à l’avantage de nombre d’Israélites qui se trouvent

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actuellement dans une condition d’isolement et d’obscurité. Ils pourront et se mettront très rapidement au pas sous la direction de leurs conducteurs du passé et cela plus vite que le reste du monde. C’est ainsi qu’Israël, comme peuple, prendra la tête parmi les nations au début du Millénium. “Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous”. Romains 11 : 22 .

LA NOUVELLE CREATION ELUE

Nous en arrivons maintenant à la partie essentielle de notre étude, au clair cependant sur certaines élections du passé et au courant du fait que bon nombre d’entre elles figuraient en type, étaient une ombre de l’œuvre magistrale de Dieu : l’élection de la Nouvelle Création. Déjà tous avons noté que cette élection ne porte pas préjudice aux non-élus mais au contraire leur apportera des bienfaits quand le moment sera venu. On pourrait même ajouter, dans le même ordre d’idées, que ni la Justice ni l’Amour ne pourraient objecter quoique ce soit au fait qu’une bienveillance particulière soit accordée à certains et pas à d’autres, même si les favorisés ne devaient pas devenir par la suite des moyens de bénédictions pour les moins favorisés ou ceux qui ne l’ont pas été du tout. Tel est le sens profond du mot grâce ou faveur. La grâce implique l’attribution d’une chose que la stricte Justice ne réclame pas. Or, ces mots de “grâce” et de faveur” se trouvent souvent répétés dans l’Ecriture à propos de la classe élue de l’Age de l’Evangile. “C’est par grâce que vous êtes sauvés” et autres passages analogues nous font bien sentir qu’il n’y avait aucune obligation de la part du Tout Puissant de soustraire la race d’Adam à la sentence de mort ni d’offrir à personne la vie éternelle par une rédemption. Bien plus, Dieu n’était nullement obligé de proposer à aucune créature un haut appel à participer à la Nouvelle Création. Tout procède de la faveur divine — “et grâce sur grâce”, faveur ajoutée à une autre faveur. Celui qui ne conçoit pas cette pensée clairement, n’apprécie pas ce qui se passe à sa juste valeur.

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L’apôtre Pierre avance que nous avons été “élus selon la prescience de Dieu le Père “ Il ne s’arrête pas là et continue “par la sanctification de l’esprit afin qu’ils deviennent obéissants et participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ” (1 Pierre 1 : 2). Ceci signifie que Dieu a prévu l’existence de la classe de la Nouvelle Création, qu’il s’est déterminé par avance à en justifier les membres par la foi au sang de Christ, qu’il a vu par avance que ceux qui constitueraient cette classe seraient obéissants et atteindraient à la sanctification par la Vérité. Rien dans les Ecritures n’autorise à penser que Dieu connaissait d’avance les individus qui composeraient la classe élue, exception faite de la Tête de l’Eglise. Il est dit que Dieu connut d’avance que Jésus serait son Elu. Nous ne voulons pas dire que le Seigneur n’était pas en mesure d’identifier les individualités qui formeraient la classe élue, mais simplement que, quelles que soient ses aptitudes sous ce rapport, il n’a pas déclaré qu’il avait l’intention d’en user. Il disposa que Christ serait le Rédempteur du monde et que sa récompense serait d’être élevé comme premier membre Seigneur et Chef de la Nouvelle Création. Il ordonna aussi qu’un nombre déterminé serait choisi parmi les hommes pour devenir ses co-héritiers dans le Royaume — participants avec lui à la Nouvelle Création. Nous avons toute raison de croire que ce nombre fixé des élus est celui qui se trouve plusieurs fois donné dans l’Apocalypse (7 : 4 ; 14 : 1) savoir 144.000 “rachetés D’ENTRE les hommes ”

L’élection ou prévision, dès avant la fondation du monde, à l’effet de choisir un tel corps offre quelque analogie avec le choix ordonnancé d’un certain corps militaire de l’armée britannique dénommé “The King’s Own” (1). Cette garde est formée d’hommes choisis pour


(1) Ce que nous appellerions la garde personnelle du Roi ”.

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leur corpulence et leur prestance. La taille, le poids, etc... sont fixés d’avance, de même que le nombre d’hommes constituant cette troupe de choix, et tout cela avant même que les soldats qui en feront partie ne soient nés. De même qu’un décret royal a fixé les conditions physiques à remplir et le nombre d’hommes à admettre dans les rangs de cette troupe, ainsi une décision royale du Créateur a déterminé, limité, le nombre de ceux qui constitueraient la Nouvelle Création et défini, non les mensurations physiques mais les qualités morales et les mesures du cœur nécessaires. Individuellement, les noms de ceux qui prennent rang parmi “The King’s Own” n’interviennent en rien. De même le Créateur n’a pas fixé par avance les individualités qu’il jugerait acceptables comme Nouvelles Créatures en Christ dans les conditions prescrites.

Un texte des Ecritures dont on se souvient qu’il n’est que partiellement cité attire précisément notre attention sur les idées que nous venons d’émettre. Le voici “ car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés”. Il n’est pas logique de considérer un texte de la Parole divine sans se préoccuper du contexte immédiat. Lorsqu’on lit la suite du texte toute la question s’éclaire. “Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestines à être semblables a l’image de son fils (autrement dit, à être des copies de son Fils) afin que Son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères”. Romains 8 : 29 .

Ainsi comprise, la prédestination est tout à fait différente de celle dont on se faisait une idée précédemment et que répandaient les pionniers de la doctrine de l’élection dans le passé. D’après leur conception il faudrait que le passage scriptural soit ainsi conçu car ceux qu’il a connus d’avance il les a aussi prédestinés à échapper aux tourments éternels pour vivre éternellement dans la gloire. Comme cela change d’avec la vue raisonnable et pondérée de l’Ecriture ! Dieu a prédestiné que son Fils Unique serait la Tète de cette Nouvelle Création. Longtemps

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avant d’appeler quiconque, il détermina que personne ne deviendrait membre de la Nouvelle Création, si ce n’est ceux qui deviendraient conformes à son Fils. Comme elle est belle, comme elle est raisonnable la doctrine de l’élection selon les Ecritures ! Qui pourrait trouver à redire à propos de la Sagesse, de la Justice et de l’Amour d’une élection conçue dans ce sens avec des conditions sur la ressemblance au caractère de Jésus et en vue du grand travail que Dieu a marqué? — co-partenaires avec Christ dans la bénédiction de toutes les familles de la terre.

“ APPELES SELON SON DESSEIN ”

Romains 8 : 28-30

Pour étudier ce sujet nous ne pouvons mieux faire que de suivre à la lettre ce que l’apôtre a écrit et la logique de son raisonnement. Dans les versets qui précèdent (22 et 23) l’exposé du but poursuivi par Dieu lorsqu’il appelle la Nouvelle Création. Celle-ci est appelée à recevoir une bénédiction exceptionnelle et aussi à dispenser la bénédiction à d’autres, à la création qui souffre et gémit dans l’attente de la manifestation des fils de Dieu élus et membres de la Nouvelle Création (versets 21 et 22 ). L’apôtre s’attache à montrer que tout concourt en faveur de cette classe que Dieu appelle à la Nouvelle Création, que tel est même le sens des déceptions actuelles, des épreuves, des vexations, des oppositions venant du monde, de la chair et de l’Adversaire — que ces expériences sont destinées à produire en nous des fruits paisibles de justice et “au delà de toute mesure le poids éternel de gloire” à laquelle nous avons été appelés et à laquelle nous aspirons. L’apôtre rappelle les grâces du Seigneur à l’endroit de ces appelés au bien de qui toutes choses convergent. Il ne nous faut penser à notre appel que dans le cadre de notre Frère aîné. Personne ne pouvait le précéder et ce n’est qu’en suivant ses traces que nous pouvons espérer partager sa gloire. La prédestination selon Dieu d’après laquelle ces frères

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de Christ doivent tous être des copies de leur Frère aîné pour avoir part à la Nouvelle Création, ne laisserait aucun espoir qu’aucun membre de la famille humaine ne puisse jamais atteindre à cette gloire. Mais le Seigneur montre par ailleurs les dispositions qu’il a prises en notre faveur par la rédemption qui est en Jésus-Christ, en sorte que les faiblesses de la chair que nous héritons et qu’il nous est impossible de maîtriser complètement, soient couvertes par le mérite du sacrifice du Rédempteur. Ainsi le Seigneur peut admettre que nous ne soyons pas des images de Son Fils lorsqu’il était homme dans un sens absolu et peut nous accepter dans l’esprit de sa prédestination s’il trouve en nous des images quant au cœur, à l’intention et à la volonté. Et tandis que nos volontés gouvernent la chair dans la mesure du possible, notre Seigneur Jésus, par sa “grâce qui nous suffit”, couvre nos manquements non intentionnels..

Poursuivant la description de cette classe d’appelés prédestinée l’apôtre écrit : “Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés il les a aussi glorifiés”. On comprend généralement mal ce passage. Le lecteur pense que l’apôtre retrace ici les expériences chrétiennes comme à l’ordinaire, comme nous les avons reprises dans le chapitre précédent lorsque nous nous sommes attachés à montrer comment Christ a été fait pour nous sagesse, justification, sanctification et délivrance. Or l’apôtre prend ici les choses par l’autre bout. Il voit l’Eglise complète, l’élue de Dieu en Christ sa Tête — l’Eglise, les “ élus mêmes dans la gloire. Il reprend en remontant le cours du développement de l’Eglise, la Nouvelle Création. Il montre que personne ne peut parvenir à cette haute position d’élu de Dieu s’il n’y a été appelé par la grâce de Dieu, que les appelés doivent avoir au préalable été justifiés car Dieu n’appelle, n’invite que des croyants à courir sur la piste pour le grand prix. Et ces justifiés doivent —avant leur justification — avoir été honorés (et non pas “ glorifiés” comme dans nombre de traductions),

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honorés par Dieu qui leur a communiqué une connaissance de lui-même et de la personne de son cher Fils —le Chemin, la Vérité et la Vie.

C’est un honneur plus grand que beaucoup le supposent que d’avoir entendu parler de la grâce de Dieu dans le temps présent. Le salut étant un don de Dieu qui doit être répandu en long et en large dans le monde pendant l’Age Millénial, c’est un honneur particulier que d’avoir connaissance de la grâce de Dieu et de l’occasion de ne plus être séparé de lui dans le temps présent et en avance sur le monde. Etant ainsi honorés, ayant reçu la connaissance nécessaire à notre justification par la foi, nous sommes prêts à gravir le second degré qui, ainsi que nous l’avons vu, conduit à la sanctification d’accord avec l’appel, lequel, par la fidélité, nous achemine vers “la gloire qui doit être manifestée en nous” faisant de nous des membres “élus mêmes” de la Nouvelle Création.

“ SI DIEU EST POUR NOUS ”

Suivons l’apôtre dans sa discussion de cette question de l’élection et paraphrasons son langage : — Ne voyons nous pas, frères, que Dieu poursuit l’exécution d’un plan à la fois grand et merveilleux? Ne voyons nous pas que, ayant décidé le choix d’une certaine classe en vue d’une coopération à ce plan, il nous favorise en ce qu’il nous en révèle les conditions, nous justifiant et nous appelant de cet appel céleste ? Ceci veut dire que dieu est pour nous, qu’il souhaite que nous fassions partie de cette classe élue et qu’il a pris toutes dispositions nécessaires pour nous permettre d’y arriver. Ne ressentons nous pas parfois que, bien que le Seigneur soit pour nous, Satan, le péché, nos propres faiblesses transmises par voie d’hérédité se liguent contre nous cherchant à nous faire tomber dans des pièges ? Réfléchissons que, du moment où le Tout Puissant est pour nous, rien de tout ce qui nous est contraire ne doit nous

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faire craindre ou trembler car il a le pouvoir de nous faire tout traverser. Regardons en arrière comment il a usé de bonté envers nous tandis que nous étions encore des pécheurs en pourvoyant à notre rédemption en Jésus-Christ. Pensons que s’il a fait tout cela alors que nous étions des pécheurs il fera beaucoup plus maintenant que nous sommes devenus ses enfants, maintenant que nous avons entendu sa voix, que nous avons accepté son Fils, que nous nous confions en lui et que nous avons été justifiés par ses mérites, maintenant que nous avons entendu l’appel à la nature divine, que nous nous sommes consacrés et avons déposé notre petit tout sur l’autel. Certainement Dieu nous favorisera et fera pour nous davantage bien que nous ne sachions pas ce qu’il pourrait faire de plus que ce qu’il a déjà fait dans le don de son Fils. Nous pouvons être assurés que celui qui ne change pas nous aime encore, est encore pour nous et que son pouvoir sera mis en œuvre pour que tout concoure à notre bien spirituel et à notre admission définitive dans la Nouvelle Création si nous demeurons en Lui dans la foi, dans l’amour et dans l’obéissance du cœur quels que faibles et imparfaits que puissent être nos efforts pour dominer notre corps. Soyons assurés qu’en nous donnant son Fils et en nous ouvrant le chemin qui conduit à son appel pour la Nouvelle Création, le Seigneur a tout prévu en Christ et pour chacun de nos besoins qui pourraient se faire sentir. En lui il nous a librement tout accordé.

Quelqu’un suggérerait-il que la Loi nous condamnerait malgré Dieu ? Réfléchissons au fait que c’est Dieu qui nous a condamnés dans sa Loi ; que c’est le même Dieu qui, en tant que Justicier, nous a condamnés, a maintenant prononcé notre justification. Par sa grâce et par Jésus-Christ notre Seigneur, il nous a “justifiés de ce dont la Loi ne pouvait pas nous justifier”. Et puisqu’il en est ainsi “qui peut accuser les élus de Dieu ”, ceux qu’il a favorisés à ce point! Qui peut nous condamner sur la base de nos faiblesses involontaires ou de nos fragilités? A ceux-là nous pouvons répondre:

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Christ est mort et même il est ressuscité ; il est à la droite de Dieu et intercède pour nous ; il a fait intervenir son mérite personnel en notre faveur pour couvrir nos imperfections. Romains 8 : 34 .

Prétendrait-on encore qu’il puisse survenir quelque chose qui soit susceptible de nous séparer de l’amour de Dieu, de Christ, de son amour et de sa miséricorde que nous soyons livrés à nous-mêmes et que nous fassions naufrage par rapport à notre foi et à notre avenir ? Nous répondons : Au contraire Christ a pour nous un amour profond, autrement il ne nous aurait pas rachetés. Tout son comportement à notre égard a été dicté par l’amour et nous ne permettrons à rien de nous séparer de cet amour. Si la tribulation nous assaille ce ne pourra être que pour nous rapprocher du Seigneur seul capable de nous secourir. Et si la détresse, la persécution, la faim, la misère ou tout autre péril s’abat sur nous, cesserons-nous, par crainte, d’aimer le Seigneur, renierons-nous son nom, sa cause, ne suivrons-nous plus ses traces pour adopter quelque mode de vie plus facile ? Assurément non, car c’est par ces expériences que nous devons sortir vainqueurs. Et comment pourrions nous être vainqueurs si nous n’avions rien à vaincre — si notre chemin était parfaitement uni, sans la moindre déclivité à gravir ? Nous avons reçu les miséricordes et les bénédictions divines et maintenant Il nous éprouve pour voir à quel point nous sommes dignes de demeurer dans son amour et d’être l’objet de ses faveurs..

Il est tout disposé à nous y voir rester et a pris toutes dispositions sans contraindre nos volontés. Je suis persuadé et j’ai confiance que nous sommes tous déterminés à ne permettre à rien de nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Christ — ni la crainte de la mort, ni l’amour de la vie, et qu’aucune autre créature ne pourra jamais intercepter ni détourner de nous la faveur divine, ni les anges, ni les dominations, ni aucune puissance à présent créée ou qui pourrait l’être. Dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs, acceptés comme fils de Dieu sus le plan divin par celui qui nous a aimés.

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“ AFFERMIR NOTRE VOCATION ET NOTRE ELECTION ”

2 Pierre 1 : 10,11

C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection; car en faisant cela (ce qui a été dit précédemment, de faire tous ses efforts pour joindre à la foi la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience, la piété, la gentillesse pour les frères, l’amour, toutes choses qui, si elles sont en nous et y abondent ne nous laisseront point oisifs ni stériles) vous ne broncherez jamais. C’est ainsi en effet, que l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée”.

Dans cette question de l’élection on peut remarquer que les initiatives successives appartiennent à Dieu. C’est lui qui :

1) Décide la formation d’une Nouvelle Création.

2) Invite un certain nombre d’êtres à développer le caractère nécessaire.

3) Prend toutes dispositions de manière que les invités puissent accéder à une condition acceptable dans le cadre de l’appel.

D’autre part ceux qui deviendront des élus doivent progresser par un cheminement normal. Les appelés pour qui tous ces arrangements ont été pris doivent : 1) Accepter l’appel et s’engager à une pleine consécration. 2) Etre tellement pénétrés de l’esprit de cet appel et apprécier à tel point les bontés dont ils sont les objets, qu’avec zèle ils se conformeront aux conditions et aux limitations qui s’y rapportent.

Comme nous l’avons déjà vu, ces conditions sont, en bref, de ressembler dans le cœur au cher Fils de Dieu. Une analyse plus approfondie de cette ressemblance

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montre, comme l’exprime l’apôtre Pierre, que nous devons porter les fruits de l’esprit de sainteté. Dieu est saint et celui qui est son élu doit être animé de son esprit, de sa disposition d’affinité pour la justice et de son opposition à l’iniquité. Dans le texte qui précède l’apôtre développe les divers éléments de ce saint esprit de Dieu. Il s’attache à montrer que nous ne parvenons pas à sa ressemblance parfaite (la perfection de l’amour) au commencement de notre course, mais que c’est plutôt le BUT qui marque la fin de la course. L’amour est le terme global qui renferme tous ces aspects du caractère qui sont en réalité des formes d’amour différentes.

On a suggéré que ces fruits de l’esprit de Dieu pourraient être définis comme ci-dessous, ce à quoi nous adhérons de tout cœur:

1) Joie. — Amour triomphant.
2) Paix. — Amour tranquille.
3) Longanimité. — Amour qui supporte.
4) Bienveillance. — Amour pour autrui.
5) Bonté. — Amour en action.
6) Fidélité — Amour sur le champ de bataille de la vie.
7) Douceur. — Amour dans la résignation.
8) Tempérance (modération). — Amour dans la retenue.

Lorsque nous avons pris le départ sur la piste, résolus, parce que Dieu nous avait justifiés par sa grâce et nous avait invités à courir pour le prix du haut appel à la Nouvelle Création, voici ce que nous avons dit tout d’abord : Nous écarterons les fardeaux et les entraves que créent les ambitions terrestres en consacrant nos volontés au Seigneur et en prenant la résolution de ne faire qu’une chose rechercher et obtenir par la grâce du Seigneur les faveurs auxquelles Il nous a appelés. Au même moment nous nous sommes décidés à rompre —pour autant que nous en soyons capables — avec les péchés qui nous enveloppent facilement — quels qu’ils

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puissent être — qu’ils soient ou non les mêmes que ceux des autres engagés dans la même course, et de courir fidèlement cette course, selon les règles, pour le grand prix.

L’entrée sur la piste correspond à notre consécration. Ce fut le départ. Nous nous étions consacrés au Seigneur pour être conduits par son esprit d’amour et cependant nous nous rendions compte qu’en raison de la chute nous manquions singulièrement de ces éléments de caractère que le Père approuverait. Malgré tout nous avons couru et avons persévéré à vouloir parvenir à la ressemblance au caractère de son Fils, ce qui est sa volonté à notre égard et la condition de notre communion avec lui. A cet égard nous différons de notre Seigneur qui, étant parfait, n’a pas eu à gravir de degrés successifs pour parvenir à la perfection dans l’amour. Dès le début il fut rempli de l’esprit. Dès le début il se trouvait déjà au but. Son épreuve à lui consista à démontrer s’il demeurerait ou non attaché à ce but de l’amour parfait pour Dieu, pour son peuple, pour ses ennemis. En ce qui nous concerne nous avons besoin de courir, de faire effort pour l’atteindre.

On pourrait diviser la course sur le stade en quatre parties ou périodes. Dans la première nous voyons dans l’amour une exigence divine que nous essayons de satisfaire bien que nous ne soyons capable de l’envisager que sous l’angle du devoir. Nous éprouvons envers Dieu un amour par devoir parce qu’il est notre Créateur et qu’il a le droit de requérir notre obéissance, notre amour, notre dévouement ; un amour par devoir aussi envers notre Seigneur Jésus parce qu’il nous a aimés et qu’il est juste que nous lui rendions son amour; un amour par devoir enfin à l’égard de nos semblables parce que c’est la volonté de Dieu.

La seconde période de la course nous pousse un peu plus avant, un peu plus près du “ but ”, en sorte que ce que nous considérions comme un amour par devoir,

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nous en arrivons à y voir autre chose de plus profond qu’un simple devoir. Nous sentons que ce que Dieu commande au titre de devoir sont de BONNES CHOSES, que les plus nobles principes que nous ressentions confusément sont liés à la Justice, à l’Amour, à la Sagesse que le Seigneur recommande, nous propose et que nous commençons à apprécier. Nous en arrivons à aimer Dieu non parce que c’est notre devoir envers notre Créateur mais surtout parce que nous trouvons en lui l’origine de ces aspects supérieurs de caractère qui nous sont fixés et qu’il est la personnification de toute grâce et de toute bonté. Ceux qui parviennent à cette seconde période de la course n’aiment plus seulement le Seigneur parce qu’il nous a aimés le premier et parce qu’il est de notre devoir de l’aimer en retour, mais parce que notre entendement s’est éveillé et que nous avons été frappés de la majesté de son caractère tout empreint de la longueur, de la largeur, de la hauteur et de la profondeur de la Justice, de la Sagesse, de l’Amour et de la Puissance de notre Créateur.

Nous appellerons la troisième période de cette course sur le stade l’amour pour les frères. Au début nous avons éprouvé pour les frères un amour par devoir tout comme pour le Père mais à un degré moindre et parce qu’ils ont fait moins pour nous. Nous les avons estimés surtout parce que le Père le voulait ainsi. Mais lorsque nous en sommes arrivés à une considération plus exacte des principes de justice et de la personnalité du Père, lorsque nous en sommes arrivés à nous rendre compte que le Père lui-même nous aime en dépit de nos fautes involontaires, nos cœurs ont commencé à s’élargir et à s’agrandir à l’égard des frères. Petit à petit nous en sommes venus à ne plus voir leurs imperfections, leurs défauts, leurs erreurs. Nous avons au contraire remarqué leurs efforts, les désirs évidents de leur cœur à marcher sur les traces de Jésus et selon les règles du caractère divin. L’amour pour les frères s’est précisé dans nos expériences. Hélas! Bon nombre parmi, le peuple de Dieu ne sont pas encore parvenus à ce troisième stade de la

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course pour le prix du haut appel. Il y a grand besoin à développer la gentillesse fraternelle, la longanimité, la patience que les Ecritures recommandent sans cesse et qui se trouvent bien plus fréquemment mises à l’épreuve sur le plan des frères que dans nos rapports avec le Père et notre Seigneur. Nous connaissons la perfection du Père et du Fils et nous savons qu’aucune imperfection ne résidé en eux. Nous sentons leur magnanimité à notre égard et nos infériorités devant eux. Or, nous voyons chez les frères, telle faiblesse chez l’un, telle autre chez l’autre et la tentation est grande hélas de dire: “Laisse moi retirer la paille de ton œil” au lieu de réfléchir au fait que trouver des reproches à faire à un frère c’est donner la preuve que nous portons nous-mêmes une fameuse poutre d’impatience avec laquelle nous ferions mieux de nous expliquer. A mesure que nous approchons de la fin de cette troisième période nous enlevons petit à petit la poutre qui encombre nos yeux ce qui revient à dire que nous nous rendons compte de nos propres souillures et que nous en apprécions davantage les richesses de la grâce de notre Seigneur à notre égard. Ceci influe sur nos cœurs et produit plus de douceur, de patience, de gentillesse envers tous. Alors il nous est possible de négliger, de couvrir une multitude de péchés, une multitude d’imperfections chez les frères pour autant qu’ils demeurent des frères et aussi longtemps qu’ils se confient dans le sang précieux et cherchent à courir la même course pour obtenir le même prix.

La quatrième période de notre course est l’Amour parfait — envers Dieu, envers nos frères, envers tous les hommes — et c’est celle que nous devons tous tâcher d’atteindre le plus rapidement possible. Ne faisons pas de sur place aux différents moments de notre course mais courons avec patience, persévérance et énergie. Il y a tel sens dans lequel nous ne devons pas “aimer le monde ni les choses qui sont dans le monde” et il y a tel autre sens où nous devons aimer et “pratiquer le bien envers tous et surtout envers les frères en la foi” (Galates 6 : 10 ). Cet amour va même jusqu’à nos ennemis. Il n’annule en

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rien ni ne diminue notre amour pour Dieu et les principes fondamentaux de son caractère, notre amour pour les frères . Il les intensifie plutôt et, dans son ardeur, nous rend capables d’enclore dans un amour fait de bienveillance et de sympathie, toute la pauvre création gémissante qui souffre les douleurs de l’enfantement et attend la révélation des fils de Dieu. “Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ou qui vous persécutent” tel est le commandement du Maître. Ce n’est pas avant d’avoir atteint ce degré d’amour — l’amour pour les ennemis qu’il nous est permis de penser que nous sommes parvenus au but que le Seigneur a proposé à tous ses disciples. Ce n’est qu’après y être arrivés que nous sommes des copies du cher Fils de Dieu.

Nous devons atteindre à ce summum d’amour avant d’être estimés dignes d’une place dans la Nouvelle Création, et il ne faut pas croire que les disciples du Maître ne parviennent à ce but qu’au moment de leur mort. Bien au contraire. Il importe dans notre expérience chrétienne, d’y arriver le plus tôt possible et de nous rappeler la parole de l’apôtre : “Tenez fermes après avoir tout surmonté !” (Ephésiens 6 : 13).

Les épreuves d’amour nous sont nécessaires après avoir atteint le but. Maintenir dans nos vies ce but”, ce niveau le plus élevé contribuera à fortifier nos caractères dans de notables proportions. En cela nos expériences rejoindront celles de notre Seigneur car, s’il n’eut pas besoin de courir pour parvenir au but, il dût y combattre le bon combat de la foi pour ne pas s’en laisser détourner ni céder aux diverses tentations du monde et de l’Adversaire. “ Je cours vers le but” dit l’apôtre. Chacun de nous doit de même demeurer fermement attaché à ce but, à cet idéal, après l’avoir atteint et faire en sorte que dans les épreuves que le Seigneur permettra à notre endroit, nous soyons considérés par lui comme vainqueurs, non par nous-mêmes mais par la force et l’aide de notre Rédempteur.

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Nous connaîtrons des séductions pour tenter de nous détourner de l’amour parfait envers le Père, ou tout au moins pour consentir à réduire la plénitude de l’hommage et de l’obéissance que nous lui devons. Des tentations nous viendront aussi sur le plan des frères pour nous suggérer de ne pas accepter que notre amour pour eux aille jusqu’à couvrir une multitude d’égarements, de ne pas tolérer d’être provoqué par ceux que nous avons appris à aimer et avec les faiblesses de qui nous avons appris à sympathiser. Des idées contraires nous viendront à propos de nos ennemis après que nous aurons appris à les aimer, nous suggérant que ce sont des cas exceptionnels et qu’il y a des limites. Heureux serons-nous si dans ces tentations nous tenons fermes, attachés au but, nous efforçant de retenir cette position à laquelle nous sommes parvenus et combattant le bon combat de la foi en gardant la vie éternelle qui est nôtre par Jésus-Christ.

“ SACHANT QUE VOUS AVEZ ETE ELUS ”

“ Nous savons, frères bien aimés de Dieu, que vous avez été élus, notre Evangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit saint et avec une pleine assurance ”. 1 Thessaloniciens 1 : 4,5 .

Nous avons montré ailleurs ce qui constitue le signe, la marque, que nous sommes enfants de Dieu : l’engendrement par le Saint Esprit, le scellement, la vivification (1). Nous ne le répéterons pas. Nous attirerons simplement l’attention sur le fait que celui qui a part à l’élection donne des évidences dont il peut se rendre compte pour lui-même mais que les frères qu’il côtoie discernent eux aussi. Cette élection comporte une puissance et un message. Ce message de l’élection, ou appel, ou “ parole”, n’est pas seulement l’Evangile ou bonne nouvelle à la classe élue ; c’est plus encore, c’est la puissance


(1) Volume V. chapitre 9.

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de Dieu suscitant en eux le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Elle apporte aux élus le saint esprit et une grande assurance et eux, de leur côté, sont prêts, coûte que coûte, à faire retentir la Parole du Seigneur.

L’apôtre parle de cette classe élue de la Nouvelle Création dans sa lettre aux Colossiens (3 : 12. à 14) . Il les invite à mettre de côté les anciennes conceptions pour en adopter de nouvelles qui reconnaîtraient les élus non d’après leur nationalité ou leur dénomination, mais uniquement en Christ au titre de la Nouvelle Création élue. Il dit “ Comme des élus de Dieu, saints et bien aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez vous les uns les autres et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par dessus toutes ces choses revêtez vous de la charité (amour) qui est le lien de la perfection ”.

Parlant de l’Eglise élue dans son ensemble, notre Seigneur fait comprendre que des épreuves lui sont réservées et même qu’elles seront plus sévères vers la fin de cet Age de l’Evangile au point de séduire tout le monde sauf les élus mêmes ”. Matthieu 24 : 24 (1).

Il y a un encouragement dans cette promesse, non pas qu’elle veuille dire que les élus mêmes” jouiront d’une intelligence exceptionnelle qui les rendrait capables de discerner les subtilités de l’Adversaire pendant ce mauvais jour. Et non pas non plus qu’ils auraient acquis une telle perfection dans le contrôle de leurs vases de terre qu’ils ne pourraient point errer dans leur comportement. La promesse veut plutôt dire qu’une grâce suffisante, une sagesse suffisante , une aide suffisante seront accordées à ceux qui demeurent en Christ lorsque le besoin s’en fera sentir. Quelle consolation pour tous ceux qui ont cherché leur refuge dans l’espérance que


(1) Voir volume IV, c.hapitre 12.

[214] LA NOUVELLE CREATION

donne l’Evangile! Quelle confiance cela nous donne de savoir que nous sommes ancrés au delà du voile c’est-à-dire en Christ ! Une prédestination comme celle-là fortifie et console. Comme l’exprime l’apôtre “ En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, lorsque les temps seraient accomplis de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté afin que nous (la Nouvelle Création) servions à la louange de sa gloire nous qui d’avance avons espéré en Christ ”. Ephésiens 1 : 4 à 12 .

“C’EST PAR BEAUCOUP DE TRIBULATIONS QU’IL NOUS FAUT ENTRER DANS LE ROYAUME DE DIEU ”

La nécessité de l’effort et de la victoire sur soi-même dans l’édification du caractère que Dieu a fixé pour l’appel de la Nouvelle Création “ élue” n’est pas sans correspondance dans le domaine de la nature elle-même. Voici à ce propos une illustration

“ On raconte qu’un grand collectionneur d’insectes avait réussi â obtenir un cocon d’une espèce de papillon de nuit très rare. Il l’avait gardé suspendu dans sa bibliothèque tout l’hiver. Au printemps il trouva un jour l’insecte faisant des efforts pour en sortir. Le trou était si petit et le bombyx si désespéré, semblait-il, contre la fibre serrée, qu’il agrandit le trou avec la pointe de ses ciseaux. Le superbe bombyx, énorme, sortit, mais il ne put jamais voler. Quelqu’un lui apprit par la suite que cette lutte de l’insecte était indispensable pour introduire, par force, les sucs et humeurs dans ses grandes

[215] LA NOUVELLE CREATION PREDESTINEE 215

ailes. Lui éviter ces efforts était une bonté mal comprise. L’effort était précisément le salut du bombyx. La leçon se comprend facilement. Les luttes que les hommes engagent pour assurer leur bien-être matériel développent leur caractère somme il ne pourrait l’être sans cela. Il est bon, aussi qu’il en soit de même lorsqu’il s’agit de l’enrichissement spirituel”.

Nous avons déjà exposé (1) que les Ecritures enseignent explicitement la doctrine de la “ grâce librement offerte à tous” qui entrera en vigueur dès que le nombre des élus aura été complété et qu’ils auront été glorifiés. Pendant le Millénium, la Postérité d’Abraham” bénira toutes les familles de la terre en leur offrant l’occasion d’acquérir des caractères parfaits, un relèvement complet et la vie éternelle.

Comme en un bois épais et sous un noir ombrage
Le soleil tout ,à coup lance un rayon brillant
Ainsi l’esprit de Dieu perce l’obscur nuage
Dont le cœur entourait le cœur de son enfant.

Hélas ! ils sont nombreux les moments de nos peines;
Souvent nos durs sentiers traversent le désert
Mais là même, ô Jésus ! jaillissent tes fontaines
Là même ton rocher nous reçoit à couvert

O chrétien voyageur ! ne crains pas la tempête
Ne crains pas du midi les pesantes ardeurs
Ne vois-tu pas Jésus qui dès longtemps apprête
Le refuge où bientôt vont cesser tes langueurs?

Non, dans les sombres jours de ta marche pénible
Jamais, ô racheté, tu n’es seul ici-bas
Ton Berger, ton Sauveur, se tient, quoique invisible,
Sans cesse à tes côtés et veille sur tes pas.

Quoi ! peut-il ignorer que ton âme est souffrante
Lui qui de ton fardeau voulut porter le poids?
Te refuserait-il sa force consolante,
Lui qui pour tes péchés mourut sur une croix?

Avance donc en paix: poursuis vers ta patrie
Le chemin que ton Dieu t’a lui-même tracé,
Et pense que pour toi, dans le ciel, Jésus prie
Lorsqu’ici tu te plains, de fatigue oppressé.

[216] LA NOUVELLE CREATION

[217] L’ORGANISATION DE LA NOUVELLE CREATION

[218] LA NOUVELLE CREATION

L’Organisation

de la Nouvelle Création

ETUDE V

L’ORGANISATION DE LA NOUVELLE CREATION

Les “pierres vivantes” pour Le temple spirituel —~ Nouvelle Création de nom et Nouvelle Création véritable Le “ Mystère de Dieu” et te “ Mystère de l’iniquité” L’organisation du Grand Antichrist Les Ecritures dignes de foi Liberté au monde et à la chrétienté De l’ordre hors de la confusion “Au temps convenable” “Les fins des âges ” Le cep planté par le Père “Les douze apôtres de l’Agneau” Paul successeur de Judas Nombre des apôtres limité à douze La mission apostolique - Les apôtres: caractères trempés L’apôtre Paul “en rien inférieur ans autres apôtres” L’inspiration des douze -— Surveillance divine sur les écrits des apôtres “Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” Harmonie des évangiles Les clefs de l’autorité infaillibilité apostolique- Quelques objections considérées — “ Un seul est votre Maître” La véritable Eglise est te “ troupeau de Dieu” Apôtres, prophètes, évangélistes, docteurs L’organisation prévue par le Seigneur pour la Nouvelle Création absolument complète Il est aussi son surveillant Les dons de l’esprit ont pris fin quand ils n’étaient plus nécessaires Unité de “la foi donnée aux saints une fois pour toutes ” L’unité dans la force, idée antichrétienne Evêques, Anciens, Diacres Ce que veut dire exactement le mot “ prophète” L’humilité essentielle dans l’Anciennat Autres qualifications nécessaires Diacres, Ministres, Serviteurs Docteurs dans l’Eglise Beaucoup devraient pouvoir enseigner — “ Frères, qu’il n’y en ait pas beaucoup parmi vous qui enseignent ” Vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne Celui qu’on enseigne ” et “Celui qui enseigne Rôle de la femme dans l’Eglise Les femmes co-ouvrières “Qu’elle soit couverte ”.

La Nouvelle Création n’atteignent sa perfection ou achèvement qu’à la Première Résurrection, son organisation ne sera vraiment complète qu’à ce moment là. L’image que nous offre la construction du temple l’illustre bien ; Pierres vivantes, nous sommes appelés maintenant, invités à prendre place dans le temple de gloire et, comme l’apôtre explique (1 Pierre 2 : 5 ), Jésus, le représentant du Père, nous forme, nous cisèle, nous polit, nous rend propre à prendre place dans le glorieux Temple de l’avenir - où Dieu se rencontrera avec le monde. Dans le temple prototypique édifié par Salomon, toutes les pierres furent préparées d’avance dans la carrière eu vue de la place qu’elles devaient occuper. Ainsi en est-il pour nous, tout le travail de préparation se fait au cours de la vie présente. Dans le type les pierres, toutes taillées, furent mises en place sans qu’on entendit le bruit du marteau. Il en est de même pour le temple réel. Les pierres vivantes qui, maintenant, subissent joyeusement la préparation du Seigneur, seront complètement ordonnées sous ses directives lorsqu’elles lui seront unies au-delà du voile, sans confusion, sans qu’il y ait besoin de mise au point finale.

Cependant les Ecritures reconnaissent l’existence d’une unité ou parenté entre ces pierres vivantes dans le temps de leur préparation. Elles vont même plus loin et admettent

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une organisation transitoire qui permet à chaque membre du Royaume à venir de collaborer avec le grand Docteur et Maître Constructeur dans l’œuvre préparatoire consistant à “s’édifier l’un l’autre sur la très sainte foi ”, à s’aider l’un l’autre dans la formation des caractères conformément aux normes du modèle: notre Seigneur Jésus. En examinant de prés les dispositions prises par Dieu pour le temps actuel, on peut être surpris de découvrir quelle grande liberté le Seigneur a laissée à chaque membre individuel de la Nouvelle Création. Mais quand on comprend que le Seigneur recherche des adorateurs de bonne volonté, des sacrificateurs bien disposés, poussés par amour pour Dieu et pour le Bien à sacrifier leurs vies pour les frères et dans un esprit de collaboration avec le Maître, alors il devient clair que la manière divine de laisser la plus grande liberté est au fond la meilleure méthode, celle qui démontre le mieux la loyauté du cœur, qui travaille le mieux le caractère et prouve la bonne volonté de suivre la Loi d’Amour en compagnie des autres, faisant aux autres ce que nous aimerions qu’ils fassent pour nous.

Une ‘liberté comme celle-là, tout en demeurant relative, est bien propre à servir l’objectif que suit le Seigneur dans le temps actuel, c’est-à-dire la sélection du petit troupeau, son perfectionnement, son instruction en vue du Sacerdoce Royal de l’avenir. Par contre elle serait hors de propos et insuffisante s’il s’agissait de la conversion du monde telle qu’on l’envisage en général. C’est à cause de cette doctrine fausse, de cette supposition d’après laquelle Dieu aurait donné mission à l’Eglise de conquérir le monde et de lui soumettre toutes choses au cours de l’âge actuel, que bon nombre de personnes au jugement équilibré se sont étonnées de la simplicité de l‘organisation de l’Eglise par le Seigneur et les apôtres. Se rendant compte qu’un tel arrangement était inadapté à la conversion du monde, des hommes ont entrepris d’instituer une autre organisation qu’on retrouve dans les différentes formes ecclésiastiques de la chrétienté. Parmi celles-ci la Papauté est la plus subtile et

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la plus puissante qui soit. Le système Méthodiste Episcopal est aussi très important quoique sur un plan supérieur. Il régit d’autres masses. C’est l’organisation de ces deux grands ensembles qui assuré leur succès et leur force dans “ le monde chrétien ”. A mesure que nous avancerons dans notre étude nous verrons que toutes ces “ Eglises” humaines sont en elles-mêmes toutes différentes de l’Eglise que le Seigneur a établie. Leurs moyens ne sont pas ses moyens; leurs buts ne sont pas son but. Et de même que les cieux sont élevés au-dessus de la terre, les voies et les objectifs de l’Eternel sont plus élevés que ceux de l’homme (Esaïe 55 : 8 et 9 ). Avant peu, ceux qui ont le cœur droit verront à quel point ils ont erré en abandonnant la simplicité qui est en Christ pour essayer d’être plus sage que Dieu dans la conduite de son œuvre. Les résultats feront ressortir sa sagesse et la folie de l’homme.

LA NOUVELLE CREATION: LA NOMINALE ET LA REELLE

De même que dans le peuple typique tous étaient Israélites d’appellation mais que bien peu étaient de véritables israélites ”, il n’est pas étonnant de trouver, dans l’antitype, une Eglise de nom et une Eglise véritable, une Nouvelle Création de nom et une Nouvelle Création véritable. Depuis que le Christianisme est devenu populaire, “l’ivraie” ou imitation de blé a envahi le champ, s’efforçant de paraître pour du froment authentique. Si difficile que soit pour l’homme, incapable de lire dans les cœurs, de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le froment et l’ivraie, le Seigneur nous avise qu’il connaît les cœurs et qu’Il “connaît ceux qui lui appartiennent ”. Et même Il nous recommande de ne pas confondre les véritables brebis et les loups en habits de brebis, les sarments qui portent de bons fruits et les ronces et les épines qui tenteraient de se faire passer pour de vrais sarments du véritable cep. Le Seigneur ne

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permet toutefois pas d’aller au-delà de ce jugement d’ordre général qui n’est en sorte qu’un examen libre du comportement extérieur Il dit : “Ne jugez de rien avant le temps ”. Parmi ceux en qui vous discernez de réels sarments de la vigne n‘essayez pas de décider le temps qu’il leur faudra pour produire des fruits mûrs. Laissons cela au Père, le Vigneron qui taille et supprime en définitive tout sarment ou membre qui ne porte pas de fruit”. Laissons au Vigneron le soin de tailler sa “vigne”, le soin de corriger les membres consacrés de l’Eglise de Christ. Abandonnons lui l’autorité d’excommunier puisque c’est lui qui a planté, qui a arrosé et favorisé la croissance de tout sarment attaché au vrai cep. On doit retrouver le même esprit dans les sarments ou membres que dans la vigne elle-même et il convient d’encourager et d’aider chacun dans sa croissance. L’amour doit présider aux relations entre sarments et ce n’est que dans la mesure où la Parole donne des instructions précises - et pas un mot de plus — que le sarment peut critiquer, réprimander ou faire quoi que ce soit à l’encontre d’un autre sarment. L’esprit d’amour doit plutôt tendre à la miséricorde, à la bonté, à la patience jusqu’aux limites mêmes indiquées par le Vigneron, lesquelles, ainsi que nous l’avons déjà montré, sont libérales et visent à développer le caractère en chaque sarment.

Les organisations humaines sont bien différentes et ce dans la proportion où elles ont ignoré ou abandonné la simplicité de l’arrangement divin. Elles ont constitué des règlements arbitraires revenant à décider qui il faut considérer comme membres ou sarments de la vigne et qui ne doit pas être admis dans la communion. Elles ont fait intervenir des questions financières, élaboré des statuts que les Ecritures n’ont pas envisagés, posé des credo et des confessions que les Ecritures ignorent, infligé des pénitences en cas d’infraction dont les Ecritures ne parlent pas. Elles ont codifié l’excommunication ou retranchement, etc... ce qui est contraire à toute autorisation donnée à la véritable Eglise qui est le Corps de Christ, la vraie Vigne, la Nouvelle Création.

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Déjà nous avons attiré l’attention sur le fait que l’Eglise de Christ est appelée dans les Ecritures, le Mystère de Dieu (1) parce que, contrairement à ce qu’on attendait, l’Eglise devait être le corps messianique qui sous la direction de son chef oint, Jésus gouvernerait et bénirait le monde. Ce mystère ou secret, maintenant révélé aux saints fut caché au cours des âges et des dispensations passés (Ephésiens 3 : 3 à 6 ). C’est le mystère de Dieu qui sera bientôt achevé lors de l’aboutissement de la Nouvelle Création à la fin de cet Age de l‘Evangile. Nous avons aussi fait remarquer que les Ecritures renferment sous le vocable de Babylone un système de contrefaçon (mère et filles — les unes plus ou moins corrompues que les autres, contrefaçons plus ou moins grossières) qu’elles désignent sous le nom de Mystère de l’Iniquité”. Nous ne voulons pas dire que les fondateurs de ces systèmes de contrefaçons les ont sciemment organisés dans le but formel de détourner le peuple de Dieu. Il convient plutôt de se rappeler que, d’après les Ecritures, c’est Satan qui a “trompé le monde”, faisant paraître le bien mal et le mal bien, la lumière pour les ténèbres et les ténèbres pour La lumière. Satan agit maintenant dans les fils de la rébellion, (Esaïe 5 : 20Ephésiens 2 : 2). Tout comme il offrit à Jésus de collaborer avec lui. Il se félicite de travailler avec tous les disciples de Christ quand il peut arriver à les séduire et à les écarter des traces du Maître. De même qu’il tenta de persuader notre Seigneur qu’il existait de meilleurs chemins — des chemins qui nécessiteraient moins de sacrifice personnel et moins d’abnégation que ceux préconisés par le Père — pour aboutir tout de même à la bénédiction de toutes les familles de la terre, ainsi, pendant tout l’âge de l’Evangile, il s’est efforcé de convaincre tous les frères vraiment consacrés du Seigneur qu’il valait mieux adopter ses plans et ne pas s’en tenir d’une façon rigoureuse aux plans et aux règles du Seigneur. Il voudrait les entraîner à se croire plus sages et notamment qu’ils pourraient mieux servir le Seigneur par


(1) Volume I. chapitre V.

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d’autres méthodes que celles prévues dans les Ecritures. Il voudrait les gonfler de sentiments de zèle et d’orgueil pour l’œuvre qu’ils réalisent dans le cadre de leurs systèmes et de leurs sociétés. L’Adversaire n’eut aucun succès auprès du Maître dont la réponse fut invariablement: “ Il est écrit ”. Mais il n’en va pas de même avec ses disciples. Bon nombre, bon nombre négligent ce qui est écrit, négligent l’exemple et les paroles du Maître, négligent les paroles et l’exemple des apôtres, et s’évertuent à accomplir pour Dieu ce qu’ils espèrent et croient qu’il approuvera et dont ils pensent que cela tournera à se louange.

Comme ils s’apercevront s’être admirablement illusionnés lorsque, bientôt, ils verront le Royaume tel que Dieu l’a conçu dès l’origine et tel qu’il l’a formé par sa propre action conforme à sa propre volonté. Ils découvriront qu’il vaut mieux veiller à se laisser enseigner du Seigneur que de tenter de l’enseigner, de réaliser son œuvre à sa manière plutôt que de travailler pour lui d’une façon qu’il n’agrée pas. Le succès des entreprises humaines —. la Papauté, le Méthodisme et autres dénominations, toute proportion gardée — contribue à faire de ces systèmes des puissances d’égarement ”.

Le Seigneur n’est pas intervenu et n’a pas empêché la croissance de l’ivraie dans le champ de blé pendant cet Age de l’Evangile. Au contraire, il a averti son peuple que le blé et l’ivraie croîtraient ensemble jusqu’à la moisson ”. Alors, il serait présent, il surveillerait la séparation, rassemblerait le blé dans son grenier (la condition glorifiée) et ferait lier l’ivraie en bottes réservées au grand temps de trouble qui terminera l’âge et les détruira en tant qu’ivraie c’est-à-dire en tant qu’imitation de nouvelles créatures, sans pour cela les détruire physiquement entant qu’êtres humains. En fait “l’ivraie est souvent respectable, morale, de “ bonnes gens” comme on dit. Même dans les religions païennes, on rencontre aussi de la bonté, quoique moins que parmi “l’ivraie”, laquelle se trouve avantagée du fait

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d’un contact étroit avec le blé et du fait aussi d’un discernement partiel de l’Esprit de Dieu.

L’apôtre Paul signale que ce Mystère de l’Iniquité (“ Babylone”, Confusion, Chrétienté) était déjà à l’œuvre parmi le peuple de Dieu de son vivant. Tant que l’apôtre Paul et les autres apôtres vécurent son action était évidemment réservée. Tant que les apôtres furent là, avec l’Eglise, ils purent démasquer les faux docteurs par l’intermédiaire desquels l’Adversaire cherchait secrètement en privé, à introduire d’infâmes hérésies susceptibles de miner la foi des fidèles, et de les détourner de l’espérance, des promesses et de la simplicité de l’Evangile (2 Pierre 2 : 1 ). L’apôtre Paul parle aussi dans un sens général de ceux qui font métier d’iniquité et il en nomme, Hyménée et Philète et autres, qui se sont détournés de la vérité” et renversent la foi de quelques-uns (2 Timothée 2 : 17 ). Le même apôtre mit ou garde d’Eglise, par les Anciens d’Ephèse, contre ces faux docteurs et les erreurs qu’ils colportaient. Il dit qu’après sa mort il s’introduirait parmi eux des loups cruels qui n’épargneraient point le troupeau (Actes 20 : 29 ). Ceci confirme remarquablement la prédiction du Seigneur dans la parabole (Matthieu 13 : 25,39 ). Le Seigneur marque que ces faux docteurs et leurs fausses doctrines furent les agents de l’Adversaire qui sema l’ivraie tout au travers du blé que lui et les apôtres avaient planté. Il dit: “Tandis que les hommes (les serviteurs particuliers, les apôtres) dormaient, un ennemi vint et sema de l’ivraie ”.

Il ne s’écoula pas longtemps, nous pouvons en être certains, après que les apôtres se furent endormis, que l’esprit de rivalité conduisît pas à pas à l’élaboration du grand système Antichrist : la Papauté, cette organisation ainsi que nous l’avons déjà vu (1), ne s’est pas établie instantanément mais petit à petit. Ce fut vers le quatrième siècle qu’elle commença à prendre une autorité. Le grand Antichrist s’épanouit avec un tel succès que depuis

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ce moment jusqu’à l’époque de la Réformation” il ne fut pratiquement plus question d’avoir la droit de se dire chrétien ou d’être considéré comme orthodoxe et fidèle si l’on ne se ralliait pas d’une manière ou d’une autre ce système. Tout autre n’avait plus droit d’exister si ce n’est en cachette et s’il en a été fait des comptes-rendus ceux-ci ont vraisemblablement été détruits. Il est très probable que les fidèles de cette époque, tout comme ceux qui, de nos jours, marchent à la lumière de la vérité présente, furent si insignifiants tant en nombre qu’en influence que personne ne songea à parler d’eux devant la grande et rayonnante organisation qu’ils s’étaient efforcés de combattre et qui s’était si rapidement élevée aux places prépondérantes dans le temporel comme dans le domaine spirituel.

Depuis la Réformation” l’Adversaire s’est de nouveau signalé en faisant dériver chaque nouveau départ (chaque nouvelle tentative pour retrouver la vérité) en un autre antichrist, tant et si bien que nous avons maintenant non seulement la mère des prostituées des origines mais encore ses nombreuses filles” (1). Face à tout ceci nous ne rechercherons de l’histoire de la véritable Eglise que ce qui s’en trouve dans le Nouveau Testament qui a été conservé comme une chose sainte et dans son intégrité en dépit de quelques interpolations sans importance comme dans Jean 21 : 25 et 1 Jean 5 : 7.

Nous attirerons l’attention sur certains faits qui prouveront que les Ecritures ont été conservées comparativement intactes, et attesteront, en même temps, que les nombreux systèmes qui prétendent avoir été établis par le Seigneur et les apôtres différent essentiellement de celui qu’ils ont réellement institué et dont le récit nous est donné dans le Nouveau Testament.

1) — Si l’Eglise primitive avait été organisée à la manière de la Papauté ou autres dénominations actuelles,


1) Volume 111, pages 42, 153, 155.


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les récits qui on ont été faits eussent été tout à fait différents de ce qu’ils sont. On y eut trouvé quelque allusion à la grande cérémonie d’installation des apôtres dans leur fonction par notre Seigneur. Il aurait siégé tel un Pape recevant les apôtres en robes pourpres comme cardinaux etc... Nous aurions des déclarations nettes et précises sur l’observance du vendredi et l’abstention de viande, etc... On parlerait d’eau bénite aspergée sur les apôtres et les foules ainsi que du signe de la croix. On n’aurait pas oublié Marie, la mère du Seigneur. Il aurait été donné des précisions sur sa prétendue immaculés conception; elle aurait été présentée comme “ mère de Dieu” et Jésus lui-même lui aurait rendu hommage et aurait appris à ses apôtres comment s’approcher de lui par elle. Il aurait été fait quelque allusion aux “cierges ”, où, quand et comment les utiliser. Il y serait parlé de prière pour les saints, de la “messe” ; comment Pierre rencontrant des autres disciples fut admis comme Pape, comment ils se sont prosternés devant lui, comment il célébra la messe pour eux tous sur une simple déclaration qu’il avait le pouvoir de recréer le Christ dans le pain pour le sacrifier une nouvelle fois en faveur des transgressions individuelles. Il y serait parlé du lieu où fut enterré Etienne, comment Pierre ou les autres “ bénirent” sa tombe pour qu’il reposât en terrain consacré”, comment il lui mirent un “cierge” en main tandis qu’ils débitaient des prières. Nous aurions des déclarations sur les différente ordres du clergé, pourquoi les laïques ne doivent pas être considérés comme frères” mais céder le pas aux ecclésiastiques. Il serait fait mention de dignités hiérarchiques parmi ces derniers: Révérend, Très Révérend, évêques, archevêques, cardinaux, papes; comment parvenir à ces hautes positions où l’on s’honore l’un l’autre, où c’est à qui est le plus grand.

Le fait que rien de tout cela n’est même relevé par les apôtres est une toute première évidence que les systèmes qui ont introduit, en tout ou en partie, de tels cloisonnements dans l’Eglise, de telles autorités, de tels offices, etc… n’ont pas été institués ni par les apôtres, ni sous

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leur direction, ni par le Seigneur qui les a établis et qui a reconnu leur travail — Jean 15 : 16Actes 1 : 2Apocalypse 21 : 14 .

2) — Et cela prouve encore que la Bible n’a pas été forgée par ces faiseurs de religions qui auraient sûrement pas négligé de la farcir de références et d’allusions dans le genre de celles que nous venons d’exposer.

3) — Forts de cette évidence que de système “ mère” et ses nombreuses “filles ” du jour présent n’ont pas été ni voulus ni institués par le Seigneur et ses apôtres, mais ne sont que le résultat de multiples déviations de la simplicité de leurs enseignements et ne sont par conséquent que de pures institutions humaines essayant d’être plus sages que Dieu dans la réalisation de l’œuvre divine, ayons pleine confiance dans la Parole de notre Dieu et soyons attentifs aux plus petits détails qu’elle signale sur ce sujet comme sur tous les autres.

Au cours des six mille ans de l’histoire du monde jusqu’à nos jours, Dieu a abandonné aux hommes le soin de résoudre par eux-mêmes, et en faisant de leur mieux, les problèmes de la vie. L’homme a été créé avec des facultés d’entendement qui le portent à honorer et à adorer son Créateur. Ces qualités n’ont pas été absolument effacées par La chute. La “dépravation totale” n’est pas un fait exact en général. De même que Dieu a permis aux hommes d’exercer leurs facultés dans le sens qu’ils ont choisi, il les a aussi laissés libres de leurs penchants sur le plan moral et religieux. A part le cas de l’Israël historique, de l’Israël spirituel et des influences qu’ils ont pu exercer de par de monde, Dieu a laissé celui-ci seul, libre de faire de son mieux quant à son propre développement, etc... Dans son ignorance et son aveuglement, l’homme est devenu la proie des velléités de Satan et des anges déchus qui, par diverses formes de superstitions, de fausses religions de magies, etc... ont détourné les masses humaines de la vérité. L’apôtre explique la situation. Les hommes dit-il, n’ont pas reconnu Dieu et ne

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l’ont pas glorifié à ce titre. Ils ne lui ont manifesté aucune reconnaissance mais se sont égarés dans leurs pensées et leur cœur inintelligent s’est obscurci. Et Dieu les a abandonnés à eux-mêmes. Il les a laissés choisir le chemin qu’ils préféraient. Ainsi ils finiraient par mesurer leur degré de déchéance, laquelle deviendrait comme la matérialisation de ce qu’est le péché et leur apprendrait combien il est insensé de suivre les conseils qui ne viennent pas du Créateur.

Comme nous l’avons déjà vu, le Seigneur ne se propose pas de laisser l’humanité dans cette condition de faiblesse et d’avilissement Par la Nouvelle Création et le moment venu, la connaissance de l’Eternel parviendra à chaque être humain avec pleine occasion de comprendre la vérité et d’accéder aux bénédictions rendues centaines par la rédemption. Mais le point sur lequel nous voulons insister c’est que si Dieu a laissé les nations païennes à elles-mêmes, Il a aussi laissé la prétendue chrétienté” à elle-même. Il laisse les hommes qui ont reçu une certaine partie de la lumière de la révélation divine, utiliser cette lumière comme ils l’entendent — se faire la main pour apporter des améliorations au plan divin, organiser des sociétés, etc... Ceci ne signifie pas qu’il n’ait pas le pouvoir d’intervenir ni qu’il approuve ces plans, ces institutions plus ou moins opposées l’une à l’autre soit sur le plan strictement humain ou sur le plan religieux. Toutes ces tentatives constitueront un chapitre particulier de l’expérience humaine qui deviendra bientôt une réprobation muette pour beaucoup, lorsqu’ils s’apercevront du grand résultat du plan de Dieu et qu’ils verront comment il a suivi rigoureusement la ligne qu’il s’était tracée, accomplissant ses desseins, ignorant pratiquement les conceptions des hommes, s’en servant parfois et œuvrant aussi en complète opposition avec elles. Ainsi fit-il à la conclusion de ‘l’âge juif lorsqu’il laissa une fraction de ce peuple persécuter et crucifier le Seigneur et ses apôtres. De même qu’alors il y eut de “véritables Israélites” qui, par la suite, furent bénis, relevés et rendus participants des souffrances de Christ pour

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partager ensuite sa gloire, il y a aussi, probablement, maintenant, de véritables Israélites” spirituels qui, à l’exemple de Paul, seront libérés des pièges de l’Adversaire.

Un autre point digne de remarque c’est que le Seigneur dispose d’un temps spécial pour commencer son Royaume, un temps spécial au cours duquel la Nouvelle Création est développée et préparée pour le service. Il semble qu’il soit dans les intentions divines qu’une lumière particulière brillât au commencement et à la fin de cette période. L’apôtre le donne à entendre lorsqu’il parle de “nous, qui sommes parvenus à la fin des âges” (1 Corinthiens 10 : 11 ). Ce fut au cours du chevauchement des âges juif et de l’Evangile que le Chemin, la Vérité et la Vie furent tout d’abord manifestés; ensuite s’étendirent les “âges de ténèbres”, et maintenant au moment du chevauchement des âges de l’Evangile et Millénial, la lumière brille comme jamais auparavant sur les choses nouvelles et anciennes ”. Tandis qu’il semble bien que, au début de l’âge, ceux dont le cœur était tourné vers le Seigneur reçurent une lumière particulière et que, maintenant aussi, ceux qui se trouvent dans les mêmes conditions, sont favorisés par la lumière de la Vérité présente pour être sanctifiés par elle, il ne faut pas croire qu’une même clarté était nécessaire pour se sanctifier au cours des siècles passés dont plusieurs furent connus sous le nom “d’âges de ténèbres ”. Point n’est besoin d’imaginer que le Seigneur soit jamais resté sans témoins quoique les pages de l’Histoire aient pu les ignorer. Cette ignorance provenait de leur propre obscurité, étrangers qu’ils pouvaient être à ces grands systèmes anti-chrétiens, qu’ils désapprouvaient tout en s’y trouvant peut-être mêlés. Ainsi l’appel du Seigneur manifeste vraiment qu’il faut attendre que bon nombre de ses enfants soient DANS Babylone, confus et désemparés par son sectarisme. “Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande!”. “Sortez du milieu d’elle , mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n’ayez point de part à ses fléaux ” Apocalypse 18 : 2,4 .

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Après ce coup d’œil rapide sur l’Eglise et son histoire venons on à l’Eglise telle qu’elle fut instituée à l’origine par notre Seigneur. De même qu’il n’y a qu’un seul Esprit de l’Eternel animant ceux qui lui appartiennent ainsi il n’y a qu’un seul chef, ou centre de l’Eglise et ce centre est Jésus. Il convient pourtant de se rappeler que, dans toute son œuvre, le Père eut sa large part, et qu’il affirma à maintes reprises que son œuvre était accomplie au nom du Père et par son autorité. “Toute plante que mon Père n’a point plantée sera déracinée ” (Matthieu 15 : 13 ). La véritable Eglise, la Nouvelle Création, est plantée par le Père. Notre Maître a dit: Je suis le vrai cep vous êtes les sarments et mon Père est le vigneron. Plus tard il remarque qu’il y a une “vigne de la terre”, une Eglise de nom, une église fausse qui n’a pas été plantée par le Père et qui sera déracinée. Le fruit de la vraie vigne, c’est l’Amour. Il est précieux aux yeux du Père. Mais le fruit de la vigne de la terre, c’est l’égoïsme sous toutes ses formes. Il sera rassemblé dans le grand pressoir de la colère de Dieu, dans le grand temps de trouble qui terminera cet âge. — Jean 15 : 1 à 6Apocalypse 14 : 19.

Tout scrutateur de la Bible n’a pas été sans observer que notre Seigneur et les apôtres n’ont jamais admis de division d’ans l’Eglise et ont délibérément ignoré tout ce qui de près ou de loin apparentait au schisme. Pour eux l’Eglise était une et indivisible : une seule foi, un seul Seigneur, un seul baptême. A ce point de vue on la désignait comme l’Eglise, l’Eglise de Dieu, l’Eglise du Dieu vivant, l’Eglise de Christ, l’Eglise des premiers nés. Ses membres étaient appelés “ Frères ”, “ Disciples”, Chrétiens”. Ces noms sont indistinctement employés soit à propos de l’ensemble de l’Eglise ou des petits rassemblements même de deux ou de trois — que ce soit à Jérusalem, à Antioche ou ailleurs. La variété de ces noms et leur utilisation on général montre assez qu’aucun d’entre eux n’était destiné à devenir un nom propre. Tous faisaient ressortir la grande idée que notre Seigneur et ses apôtres avaient continuellement exprimée, c’est-à-dire

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que l’Eglise (Ecclésia, assemblée, corps) des disciples du Seigneur, sont ses “élus” — pour avoir part à sa croix, apprendre maintenant les leçons nécessaires pour lui être associés bientôt dans la gloire.

Il eut fallu que cette habitude fut continuée. Or, elle fut modifiée pendant les âges de ténèbres (moyen âge). Quand l’erreur se fut développée, l’esprit de secte s’introduisit et il s’ensuivit des désignations particulières:

Eglise de Rome, Eglise baptiste, Eglise luthérienne, Eglise d’Angleterre, Sainte Eglise catholique, Eglise Méthodiste, Eglise chrétienne, Eglise presbytérienne, etc... Tout ceci est charnel comme le dit l’apôtre (1 Corinthiens 3 : 3,4 ). La Nouvelle Création émergeant de ces grosses ténèbres qui ont si longtemps couvert le monde voit clair également sur ce point. Observant l’erreur et même l’apparence du mal, non seulement elle sort du sectarisme, mais refuse tous ces noms non scripturaux tout on répondant volontiers aux noms bibliques

Examinons maintenant les bases de l’unique Eglise établie par le Seigneur.

LES DOUZE APOTRES DE L’AGNEAU

L’apôtre déclare que personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé: Jésus-Christ (1 Corinthiens 3 : 11 ). Sur ce fondement, notre Seigneur, au titre de représentant du Père, a commencé à édifier son Eglise et, pour ce faire, a appelé douze apôtres, non pas arbitrairement mais après réflexion de même que les douze tribus d’Israël ne se sont pas trouvées au nombre de douze accidentellement mais conformément au plan de Dieu. Non seulement le Seigneur n’a pas choisi plus que ces douze pour occuper la position à laquelle il les avait destinés, mais il n’en a jamais autorisés davantage et l’a prouvé on remplaçant par l’apôtre Paul, Judas, qui avait découvert son indignité de prendre rang parmi les douze.

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Remarquons encore de quels soins le Seigneur a entouré les apôtres, sa sollicitude pour Pierre, sa prière pour lui à l’heure de l’épreuve, comment plus tard il l’appela pour paître ses brebis et ses agneaux. Notons aussi son attitude devant Thomas qui doutait, comment il se mit en demeure de bien lui démontrer le fait de sa résurrection. De tous les douze, il n’en perdit aucun sinon le fils de perdition et encore la défection de celui-ci était-elle préconnue du Seigneur et annoncée dans l’Ecriture. Il n’est pas possible de reconnaître le choix de Matthias rapporté dans le livre des Actes comme étant le choix du Seigneur lui-même. Sans doute était-il “un brave homme mais il fut choisi par les onze qui n’avaient aucune autorité pour ce faire. Ils avaient reçu ordre de demeurer à Jérusalem et d’y attendre d’être revêtus de la puissance du Saint Esprit à la Pentecôte. Ce fut au cours de cette attente et avant d’avoir reçu l’esprit, qu’à tort, ils tirèrent au sort et choisirent Matthias pour prendre la place de Judas. Le Seigneur ne les réprimanda pas de s’être mêlé de ses affaires. Il ignora purement et simplement leur choix et, à son heure, introduisit l’apôtre Paul en déclarant : C’est un instrument que j’ai choisi”. Plus tard l’apôtre écrivit lui-même qu’il avait été choisi dès le sein de an mère pour être un serviteur particulier et qu’il n’était en rien inférieur aux apôtres par excellence. — Galates 1 : 15 ; 2 Corinthiens 11 : 5.

De ce qui précède on peut voir que nous sommes tout à fait en dehors des vues de la Papauté, de l’Eglise protestante épiscopale, de l’Eglise catholique apostolique, des Mormons et de tous ceux qui prétendent que le nombre des apôtres n’a pas été limité à douze et que depuis leurs jours ils ont eu des successeurs qui ont parlé et écrit avec une autorité égale à la leur. Nous réprouvons cette conception et notons pour preuve que le Seigneur a plus particulièrement choisi les douze, le rappel du nombre douze dans le domaine, sacré se rapportant à cette élection pour culminer dans l’image symbolique de l’Eglise glorifiée dont parle l’Apocalypse au chapitre 21 . Là, la nouvelle Jérusalem — symbole du nouveau gouvernement

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Millénial, l’Eglise, l’Epouse unie à son Seigneur — se trouve bien délimitée. C’est une figure à propos de laquelle il est précisé que les douze fondements de la cité sont précieux et portent les noms des “DOUZE apôtres de l’agneau”, ni plus ni moins. Quelle meilleure preuve pourrions-nous souhaiter qu’il n’y eut jamais plus de douze apôtres de l’agneau et que tous les autres n’ont été comme le dit l’apôtre Paul que de “faux apôtres”. — 2 Corinthiens 11 : 13 .

Et quel besoin y a-t-il d’en avoir un plus grand nombre? Ces douze ne s’ont-ils pas encore avec nous, par leur témoignage, par le fruit de leurs travaux, d’une meilleure manière que pour ceux qui furent personnellement à leur contact pendant leur ministère. Nous possédons les comptes-rendus de leurs actes, les paroles du Seigneur, ses miracles, etc... Leurs discours et exposés des différentia sujets de la doctrine chrétienne, dans leurs épîtres, nous les possédons encore sous une forme des plus commodes. Et tout cela “suffit ”, explique l’apôtre, “pour que l’homme de Dieu soit accompli”. En, une autre circonstance le même apôtre déclare: “Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu sans en rien cache ” Que faut-il de plus? — 2 Timothée 3 : 17Actes 20 : 27.

Tout aussitôt après ses quarante jours de méditation d’épreuve, par l’adversaire, dans le désert, et après avoir décidé de son orientation notre Seigneur commença à prêcher l’évangile du Royaume et à inviter des hommes à le suivre qui devinrent par la suite ses disciples. Ce fut au nombre de ces disciples qu’il choisit les apôtres (Luc 6 : 13 à 16). Tous provenaient des couches humbles de la société. Plusieurs d’entre eux étaient pêcheurs mais tous étaient connus, sans malveillance d’ailleurs, pour des hommes du peuple sans instruction”. (Actes 4 : 13 ). Selon toute apparence les douze furent appelés d’entre Les “disciples ou partisans qui avaient épousé la cause du Seigneur et la confessaient sans avoir pour autant abandonné leurs occupations journalières. Les douze furent invités à s’associer au ministère de l’Evangile et

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pour cela, il nous est dit qu’ils quittèrent tout et le suivirent (Matthieu 4 : 17 à 22 ; Marc 1 : 16 à 20 ; 3 : 12 à 19 ; Luc 5 : 9 à 11). Les “soixante-dix” qui reçurent une mission par la suite ne furent jamais reconnus comme apôtres. Luc rapporte un compte-rendu traitant spécialement du choix des douze. Un instant auparavant, dit-il, notre Seigneur se retira sur la montagne pour prier — évidemment prendre conseil du Père au sujet de son œuvre et de ses collaborateurs. Il passa toute la nuit en prière et quand il fut jour Il appela auprès de lui ses disciples (en grec MATHETES, ceux qui apprennent, les élèves) et en choisit douze parmi eux qu’il nomma Apôttes (en grec, APOSTOLOS — envoyés). C’est ainsi que les douze furent séparés et distincts au nombre des disciples. — Luc 6 : 12,13,17 .

Les autres disciples, non choisis en vue de l’apostolat furent également bien aimés du Seigneur et sans doute approuvèrent-ils le choix des douze reconnaissant ce choix conforme à l’intérêt de l’œuvre en général. Il n’est rien précisé des raisons qui guidèrent le Seigneur dans son choix mais l’allusion dans sa prière nous a été conservée lorsqu’il dit : “ Ils étaient à toi et tu me les as donnés”, et encore : Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés si ce n’est le fils de perdition : Judas. Dans quel sens, à quel échelon le Père fit choix des Douze nous importe peu. Sans doute étaient-ils tous humbles et leur basse extraction, leurs expériences de la vie, avaient contribuée à faire d’eux, non seulement des hommes, n’ayant pas d’eux-mêmes une idée trop avantageuse, mais avaient trempé en eux un caractère de détermination et de persévérance comme rien d’autre n’aurait pu le faire. Cette sélection des Douze, lorsqu’elle se fit, au lieu d’attendre la Pentecôte (moment de l’engendrement de l’Eglise), avait pour objectif de les rapprocher spécialement du Seigneur, de les mêler plus intensément à son œuvre, d’entendre son message, pour devenir, le moment arrivé, des témoins uniques de l’œuvre de Dieu, des paroles de vie prononcées par Jésus, pour le peuple de Dieu tout entier. — Luc 24 : 44 à 48Actes 10 : 39 à 42.

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LA MISSION APOSTOLIQUE

On ne trouve nulle part la plus petite allusion au fait que les apôtres devaient être des seigneurs sur l’héritage de Dieu, qu’ils devaient se considérer comme différents des autres croyants, affranchis de la loi divine ou favorisée pour ce qui est de leur héritage éternel. Ils devaient au contraire rappeler continuellement que vous êtes tous frères et qu’un seul est votre Maître : Christ ”. Ils devaient toujours rappeler la nécessité d’affermir sa vocation et son élection et, qu’à moins d’obéir à la Loi d’amour et d’être humble comme de petits enfants, on ne pourrait entrer dans le Royaume Ils ne reçurent aucun titre officiel, aucune instruction leur enjoignant de porter des vêtements différents des autres ou de prendre des attitudes particulières. Ils devaient simplement être des exemples pour le troupeau en sorte qu’en voyant leurs bonnes œuvres on glorifie de Père et qu’en les imitant on imite aussi le conducteur pour parvenir à la même gloire, au même honneur, à la même immortalité, participants de la même nature divine, membres de la même Nouvelle Création.

Leur mission était une mission de service. Ils avaient à servir les autres, servir le Seigneur et déposer leurs vies pour les frères. Ces services devaient se centrer sur la propagation de l’Evangile. Ils avaient part à la pré-onction qui déjà s’était posée sur leur Maître, la même onction destinée à toute la Nouvelle Création, a tout le Sacerdoce Royal et dont le prophète parle en ces termes: “L’Esprit de l’Eternel est sur moi parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres.., pour relever ceux dont le cœur est abattu”, etc... — Esaïe 61 : 1,2 —- Luc 4 : 17 à 21 -— Matthieu 10 : 5 à 8Marc 3 : 14 et 15 —- Luc 10 : 1 à 17.

Bien qu’ils n’eurent pas directement part à cette onction avant la Pentecôte, ils en eurent un avant-goût du fait que le Seigneur leur conféra une part de la puissance

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de son Esprit Saint lorsqu’il les envoya prêcher. Mais même en cela, l’occasion de s’en enorgueillir leur fut ravie lorsque, plus tard, le Seigneur en envoya soixante dix autres pour faire une œuvre semblable à la leur et doués du même pouvoir de faire des miracles on son nom. L’œuvre réelle des apôtres ne commença donc point, au sens propre du mot, avant d’avoir reçu le Saint Esprit à la Pentecôte. Là ils furent l’objet d’une manifestation spéciale de la puissance divine. Non seulement ils reçurent l’Esprit et les dons de l’Esprit mais il leur fut attribué le pouvoir de communiquer ces dons à d’autres. Ce pouvoir très spécial les distingua de tous les autres dans l’Eglise. Les autres croyants étaient comptés comme membres du corps oint de Christ, participants de son Esprit et engendrés de cet Esprit à une nouveauté de vie, etc..., mais personne ne pouvait recevoir un don ou signe particulier à moins qu’il ne lui soit conféré par un des apôtres. Ces dons d’opérer des miracles, de parler en langues étrangères et de les interpréter, etc... ne constituaient pas un empêchement ni ne remplaçaient les fruits de l’Esprit qui devaient croître et se développer en chacun des fidèles comme conséquence d’obéissance aux instructions divines: croître en grâce, en connaissance et on amour. L’attribution de ces dons qu’on pouvait recevoir tout en demeurant un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit désignait les apôtres comme des serviteurs exceptionnels, des représentants du Seigneur dans la fondation de l’Eglise. — 1 Corinthiens 12 : 7 à 10 ; 13 : 1 à 3.

En choisissant ces apôtres et on les instruisant notre Seigneur avait en vue la bénédiction et l’enseignement de tous ses disciples jusqu’à la fin de l’âge. Ceci paraît évident si l’on s’en rapporte aux termes de sa prière qui marqua la fin de son ministère et dans laquelle il dit: J’ai fait connaître ton nom aux hommes (apôtres) que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles (doctrines) que tu m’as données et ils les ont reçues... C’est pour eux que

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je prie. Je ne prie pas pour le monde mais pour ceux que tu m’as donnés parce qu’ils sont à toi... Ce n’est pas pour eux (les apôtres) seulement que je prie, mais encore pour tous ceux qui croiront on moi par leur parole (toute l‘Eglise de l’Evangile) afin que tous soient un (dans le but poursuivi et dans l’amour) comme toi, Père, tu ce en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous; (et montrant alors le but ultime de cette élection, des apôtres et de la Nouvelle Création tout entière, il ajouta) : pour que le monde (aimé de Dieu bien que pécheur et racheté par le précieux sang) croie que tu m’as envoyé ” — pour racheter le monde et le rétablir . — Jean 17 : 6 à 9,20,21 .

Bien que sans instruction, les apôtres étaient très assurément de forts caractères. Grâce à l’éducation du Seigneur, leur insuffisance en fait de sagesse à la manière du monde, fut plus que comblée parun esprit de bon sens”. Il n’est pas étonnant que l’Eglise primitive les ait unanimement reconnus comme guides dans la voie du Seigneur, des “ colonnes dans l’Eglise” dont l’autorité venait immédiatement après celle du Seigneur lui-même. Le Seigneur les avait d’ailleurs préparés à occuper cette position de plusieurs manières.

Ils avaient été journellement avec lui et étaient en mesure, par conséquent, de témoigner de tout ce qui concernait son ministère, ses enseignements, ses miracles, ses prières, sa sympathie, sa sainteté, son esprit de sacrifice jusqu’à la mort et, pour finir, de sa résurrection. L’Eglise primitive avait besoin de tous ces témoignages. Et non seulement l’Eglise primitive mais encore tous ceux qui, depuis lors, ont été appelés par le Seigneur et ont répondu à son appel, tous ceux qui ont cherché en lui un refuge et se sont confiés aux grandes espérances centrées dans son caractère, dans sa mort sacrificatoire, dans son exaltation suprême et dans le plan de Dieu qu’il a pour mission d’accomplir. Tous ont eu besoin de ce témoignage personnel dans tous ces domaines pour en recueillir une foi vivante et une puissante consolation..

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Soixante-dix autres disciples furent envoyés pour proclamer la présence du Seigneur et la moisson de l’Age juif. Leur travail était, à beaucoup d’égards, différent de celui des douze. A dire vérité, si le Seigneur paraît avoir mis si fréquemment les apôtres à part, c’est pour que nous ayons, avec l’Eglise tout entière, pleine confiance en eux. Eux seule étaient présents avec lui lors de la dernière pâque lorsqu’il institua le mémorial de sa mort. Eux seuls étaient avec lui en Gethsémané. Ce fut à eux qu’il se manifesta plus particulièrement après sa résurrection. Ce fut d’eux que le Saint Esprit se servit comme porte-parole le Jour de Pentecôte. Les onze étaient de Galilée” et comme certains en firent la remarque : Ne sont-ils pas tous Galiléens ! Actes 2 : 7Luc 24 : 48 à 51Matthieu 28 : 16 à 19 .

Bien qu’après sa résurrection. notre Seigneur se révélât à environ cinq cents frères, les apôtres furent mêlés à l’événement plus que d’autres. Ils devaient être des “témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont tué en le pendant au bois. Dieu l’a ressuscité le troisième jour... et Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple”, etc... Actes 10 : 39 à 45 ; 13 : 31 ; 1 Corinthiens 15 : 3 à 8 .

L’apôtre Paul, sans être un témoin aussi direct que les onze fut quand même un témoin de la résurrection de notre Seigneur puisqu’il lui fut donné de se rendre compte, le temps d’un éclair, de sa glorieuse présence. Comme il le dit lui-même ; Après eux tous il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton (avant le temps) (1 Corinthiens 15 : 8,9 ). L’apôtre Paul n’avait pas plus le droit qu’un autre de voir le Seigneur dans sa gloire avant le reste de l’Eglise, lors de sa seconde venue, lorsque tous ses fidèles seraient changés, seraient comme lui et le verraient tel qu’il est. Mais pour que l’apôtre soit un Témoin il lui fut donné cette vision rapide et même des visions et des révélations de plus qu’aux autres. Peut-être même que, de cette manière, la lacune d’un manque de contact personnel avec le Maître fut-elle largement comblée.

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Ses expériences spéciales ne furent pas pour son propre avantage, mais surtout, du moins le présumons nous, pour Le bien de l’Eglise entière. Il est certain que les expériences, les visions, les révélations, etc... accordées à l’apôtre qui remplaça Judas, ont été plus utiles que celles de n’importe quel autre apôtre.

Non seulement elles lui firent connaître et apprécier les choses profondes de Dieu”, des choses qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer (2 Corinthiens 12 : 4 ) mais la lumière qu’elles firent jaillir dans l’entendement de l’apôtre s’est réfractée, par ses écrits, sur l’Eglise, depuis lors jusqu’à maintenant.

Ce furent ces visions et ces révélations qui permirent à l’apôtre Paul de pénétrer la situation, d’apprécier la nouvelle dispensation, de reconnaître avec une telle précision la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur du caractère et du plan de Dieu. Et ce fut parce qu’il comprit lui-même clairement toutes ces choses qu’il fut à même de les expliquer dans ses discours et dans ses épîtres d’une manière telle qu’elles furent en bénédiction pour toute la maison de la foi tout au long de l’âge. A vrai dire, même de nos jours l’Eglise pourrait plus facilement se passer des témoignages de tous les autres apôtres que de celui de l’apôtre Paul. Nous sommes bien heureux cependant d’avoir le témoignage dans son entier, heureux de l’apprécier dans son ensemble y compris les caractères nobles de la totalité des douze. Notons les déclarations qui marquent son apostolat. Tout d’abord les paroles du Seigneur: Cet homme est un instrument que j’ai choisi pour porter mon nom devant les nations, devant les rois et devant les fils d’Israël” (Actes 9 : 15 ). L’affirmation personnelle de l’apôtre : Je vous déclare, frères, que l’Evangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme mais par une révélation de Jésus-Christ (Galates 1 : 11 et 12 ) et encore : Celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis (des Juifs) a aussi fait de moi l’apôtre des païens” (Galates 2 : 8 ). Non seulement son zèle pour

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le Seigneur et les frères, son bon vouloir à sacrifier sa vie pour eux en dépensant son temps et ses forces à leur service, constituent la preuve de sa dignité à prendre rang parmi les apôtres et sur un pied d’égalité avec eux, mais lorsque son autorité apostolique dans l’Eglise fut mise an cause et contestée par certains, il sut défendre son ministère, invoquant la bénédiction dont il avait été l’objet de la part du Seigneur et les révélations qu’il lui avait données montrant par là qu’il n’était en rien inférieur” aux autres. — 1 Corinthiens 9 : 12 Corinthiens 11 : 5,23 ; 12 : 1 à 7,12Galates 2 : 8 ; 3 : 5.

Il n’entrait pas dans les intentions du Seigneur que les apôtres travaillassent exclusivement parmi les Juifs. Les textes montrent plutôt le contraire, il apprit aux onze que son œuvre et leur message intéressait le peuple tout entier, qu’ils devaient demeurer à Jérusalem, y attendre d’être revêtus de la puissance d’en-haut et ensuite de commencer à annoncer ce dont ils avaient été les témoins Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre” (Actes 1 : 8 ). Ce témoignage se propagea du vivant des apôtres et continue encore. Ils prêchent encore. Ils instruisent encore les fidèles, les encouragent, les avertissent les réprimandent. Leur mort n’a pas suspendu leur ministère. Ils parlent encore, ils témoignent encore, ils sont encore des porte-paroles du Seigneur à ses disciples.

L’INSPIRATION DES APOTRES

Il est normal d’avoir confiance dans les apôtres et de voir on eux de fidèles témoins dont le témoignage porte le sceau de l’honnêteté puisqu’ils n’ont recherché ni la richesse ni la gloire parmi les hommes mais ont au contraire tout sacrifié dans leur zèle pour leur Maître ressuscité et glorifié. Leur témoignage cependant serait, relatif s’il ne se signalait que par ce seul côté. Mais les

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Ecritures font remarquer que le Seigneur s’est servi d’eux et en a fait ses instruments inspirés. Il les a guidés tout particulièrement dans le témoignage, dans les doctrines, dans les coutumes. etc... qu’ils eurent pour mission d’établir dans l’Eglise. Non seulement ils ont témoigné des choses qu’ils ont vues et entendues mais encore des enseignements qu’ils ont reçus par le Saint Esprit. En cela ils furent des dispensateurs fidèles. Qu’on nous regarde comme... des dispensateurs des mystères de Dieu” dit Paul (1 Corinthiens 4 : 1 ). La même idée se retrouve quand notre Seigneur dit aux douze: Je vous ferai pêcheurs d’hommes” et encore “ Pais mes brebis ”, Pais mes agneaux”. L’apôtre explique que le mystère (les vérités profondes de l’Evangile au sujet du haut appel de la Nouvelle Création, le Christ) caché au cours des âges antérieurs est maintenant révélé à ses apôtres et prophètes par l’Esprit. Et le but de cette révélation est de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère (sous quelles conditions il est possible d’avoir part à la Nouvelle Création) caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses (Ephésiens 3 : 3 à 11 ). Et pour ce qui est de l’Eglise, comment elle doit être édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ étant la pierre angulaire, l’apôtre ajoute: A cause de cela (à cause de l’édification de l’Eglise, le temple de Dieu) moi Paul, (je suis) le prisonnier de Christ pour vous païens”. Ephésiens 2 : 20,22 ; 3 : 1.

Le Consolateur devait vous enseigner toutes choses et vous rappeler tout ce que je vous ai dit” et vous annoncer les choses à venir, (Jean 14 : 26; 16 : 13). A un certain point de vue cette promesse était sans doute applicable à toute l’Eglise mais elle l’était en tout premier lieu aux apôtres. A la vérité, elle se réalise encore à l’endroit de toute l’Eglise mais par les apôtres, leurs paroles écrites demeurent toujours les intermédiaires par lesquels l’esprit saint nous enseigne les choses nouvelles et anciennes. Conformément à cette promesse nous pouvons déduire que l’inspiration apostolique revêt un triple aspect.

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1) Rafraîchissement de la mémoire leur permettant de se souvenir et de rapporter les enseignements personnels du Maître.

2) Direction dans l’appréciation de la vérité dans sa relation avec le divin plan des âges.

3) Révélation spéciale des choses à venir, des choses à propos desquelles notre Seigneur avait dit: J’ai encore beaucoup de choses à vous dire mais vous ne pouvez les supporter maintenant ”.Jean 16 : 12 .

Point n’est besoin de supposer que le rafraîchissement de mémoire expérimenté par les apôtres impliquait la dictée rigoureuse des mots exacts ou de l’ordre scrupuleux dans lequel les paroles de notre Seigneur furent prononcées. Les écrits apostoliques ne paraissent pas laisser l’impression d’avoir été rédigés sous la dictée. Malgré tout, la promesse du Seigneur comporte en elle-même la garantie nécessaire de l’exactitude des déclarations. Dans chacun des quatre évangiles nous retrouvons l’histoire de la naissance et du ministère de Jésus et pourtant, on trouve en chacun d’eux, la marque de la personnalité de l’écrivain. Chacun, dans un style qui lui est propre, rapporte ce qui lui a paru le plus important et, sous la direction du Seigneur, il se trouve que ces récits différents reconstituent une histoire aussi complète que nécessaire à la stabilisation de la foi de l’Eglise, à l’identification de Jésus comme Messie des prophètes, à l’accomplissement des prophéties qui le concernent ainsi que les faits saillants de sa vie et de ses enseignements. Si l’inspiration avait été verbale (une dictée mot à mot) il n’eut pas été nécessaire que plusieurs hommes en refassent le récit. Par contre il est à remarquer que, bien que chaque écrivain ait pu donner libre cours à son mode d’expression et faire son choix dans l’a relation des événements qu’il jugeait importants, le Seigneur, par son esprit, a conduit les choses de manière que rien de marquant ne fut omis, que tout ce qui était utile fut fidèlement rapporté afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre”. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que le récit de l’apôtre Jean complète celui des trois autres — Matthieu, Marc et Luc et qu’il parle surtout de circonstances et d’incidents sérieux que les autres ne relèvent pas.

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La promesse du Seigneur, de guider, par l’Esprit Saint, les apôtres et par eux la Nouvelle Création dans toute la vérité” implique que cette direction serait d’un ordre général plutôt que dans un sens individuel ou personnel. L’accomplissement de cette promesse d’après les relations qui en sont faites, prouve à l’évidence qu’il en est ainsi. Bien que les apôtres, à l’exception de Paul, eussent été des hommes sans manières et sans instruction, leurs écrits n’en sont pas moins remarquables. Ils étaient capables de confondre la sagesse des sages théologiens de leur époque et depuis lors jusqu’à présent. Si éloquente que soit l’erreur, elle ne peut tenir devant la logique des déductions tirées de la Loi, des Prophètes et des enseignements du Seigneur. Les Docteurs de la Loi, Juifs par excellence, furent étonnés eux-mêmes et les reconnurent pour avoir été avec Jésus”. Car ils avaient assimilé sa doctrine et imité son esprit. — Actes 4 : 5,6,13 .

Les épîtres apostoliques ne sont autre chose que la réunion de ces arguments logiques basés sur les écrits inspirés de l’Ancien Testament et sur les déclarations du Seigneur. Ceux qui, au cours de cet âge de l’Evangile, se sont laissés conduire par le même esprit, en suivant la même argumentation transmise par le Seigneur et par ses porte-paroles, ont abouti aux mêmes conclusions conformes à ce qui est vrai. C’est ainsi que notre foi repose non sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu (1 Corinthiens 2 : 4,5 ). Ces enseignements, tout aussi bien que leur cadre historique, ne laissent pas l’impression d’avoir été dictés mot à mot, ni que leurs auteurs furent, à leur manière, de simples secrétaires du Seigneur, écrivant mécaniquement comme les prophètes des temps antiques (2 Pierre 1 : 21 ). Les idées claires des apôtres provenaient plutôt d’un éclairement de la pensée qui les mettaient à même de voir et de pénétrer les buts divins pour les exposer ensuite avec clarté de la même manière que, depuis lors, les enfants de Dieu, suivant la même ligne, ont pu croître on grâce, en connaissance et en amour pour comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de

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L’amour divin et de connaître l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance (toute conception humaine)”. — Ephésiens 3 : 18,19 .

Nous avons toutes raisons de croire que ce qu’ils ont enseigné, tout comme leurs compte-rendus, ont été surveillés par le Seigneur de telle sorte que les mots impropres ont été évités et que la vérité exposée sous la forme que nous Lui connaissons constitue vraiment une “nourriture au temps convenable” à l’usage de la maison de la foi depuis les temps apostoliques jusqu’à nos jours. Cette surveillance divine entourant les apôtres était sous entendue par les paroles du Maître lorsqu’il disait: Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel” (Matthieu 18 : 18 ). Il ne faut pas comprendre par que le Seigneur ferait abstraction de ses prérogatives pour obéir aux ordres des apôtres. Il convient plutôt de penser que ceux-ci devaient être guidés à ce point par l’Esprit Saint, que leurs décisions dans l’Eglise sur ce qu’il fallait considérer comme règle impérative ou facultative étaient valables, et que l’Eglise en général devait considérer les conclusions des apôtres comme aussi péremptoires que si elles étaient formulées par le Seigneur lui-même.,

SUR CETTE PIERRE JE BATIRAI MON EGLISE

Dans la même ligne de pensée, après que l’apôtre Pierre eut rendu son témoignage que notre Seigneur était le Messie, Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis que tu es Pierre (PETROS, une pierre, un rocher) et que sur cette pierre (PETRA un rocher, la grande vérité fondamentale solide comme un roc que tu viens d’exprimer) je bâtirai mon Eglise ”. Le Seigneur lui-même est le constructeur tout comme il se déclare aussi être le fondement. “ Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a

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été posé: Jésus-Christ ”, (1 Corinthiens 3 : 11 ). Il est le grand Rocher et le fait, pour Pierre, de le reconnaître comme tel devenait un témoignage de base, une déclaration fondamentale de l’action principale qui souligne le plan divin. C’est ainsi que l’apôtre Pierre l’a compris et c’est ainsi qu’il l’explique (1 Pierre 2 : 5,6 ). Tous les vrais croyants consacrés, dit-il, sont des PIERRES vivantes” qui doivent s’approcher de Jésus-Christ, le grand Rocher du plan de Dieu, pour former un saint temple de Dieu en union avec lui — le fondement. Pierre, donc, déclinait toute prétention à être la pierre fondamentale et se rangeait tout simplement parmi toutes les autres pierres vivantes” (Grec, LITHOS) de l’Eglise, malgré que PETROS, rocher, veuille dire une pierre de plus grande dimension que LITHOS et que tous les apôtres, eux aussi pierres de base, aient dans le plan divin et dans l’ordre plus d’importance que leurs frères. — Apocalypse 21 : 14 .

LES CLEFS DE L’AUTORITE

Dans le même ordre d’idées, le Seigneur dit à Pierre: Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux... ”. etc... Ainsi la même autorité octroyée aux apôtres dans l’ensemble se trouva exprimée plus spécialement à l’endroit de Pierre avec le privilège supplémentaire de détenir les clefs — avoir le pouvoir, l’autorité d’ouvrir. Nous nous souvenons de la manière dont l’apôtre Pierre se servit des clefs du Royaume et ouvrit l’œuvre de la nouvelle dispensation, tout d’abord pour les Juifs à la Pentecôte et plus tard pour les Gentils dans la maison de Corneille. Le Jour de la Pentecôte, tandis que le Saint Esprit était répandu, nous lisons que Pierre se tenait avec les onze”. Il prit l’initiative, il ouvrit, les autres suivirent et l’invitation de l’Evangile fut lancée ouvertement parmi les Juifs. Dans le cas de Corneille le Seigneur envoya des messagers à Pierre et, par une vision, le poussa à les suivre. Il devint ainsi l’instrument qui ouvrit la porte de la miséricorde, de l’a liberté et du privilège aux Gentils

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afin qu’eux aussi puissent entrer et avoir part au haut appel à la Nouvelle Création. Tout cela s’accorde avec ce que nous avons reconnu être dans les intentions du Seigneur à propos du choix des douze apôtres. Et plus les enfants de Dieu voient dans ces douze hommes les représentants particuliers de la nouvelle dispensation, plus ils trouvent dans leurs paroles l’expression vraie au sujet de la Nouvelle Création, mieux ils sont disposés à accepter leurs déclarations et plus difficilement enclins à admettre les enseignements qui s’opposent à leur témoignage. “S’ils ne parlent pas ainsi, c’est parce qu’il n’y a pas de lumière en eux”. — Esaïe 8 : 20 .

La dernière proposition de la promesse de notre Seigneur est celle-ci : “ Il (le Saint Esprit du Père) vous montrera les choses à venir”. Cette phrase implique une inspiration spéciale au bénéfice des apôtres et, par voie de conséquence, une bénédiction et un éclairement du peuple de Dieu, grâce à leurs écrits, jusqu’à la fin de cet âge. Ils devaient donc être non seulement de saints apôtres mais encore des prophètes, des voyants renseignant l’Eglise sur les événements à venir. Point n’est besoin de supposer que tous les apôtres furent utilisés à un égal niveau dans tout ou partie de ces différents modes de service. Le fait est que quelques-uns d’entre eux furent honorés davantage non seulement dans leur mission d’apôtres mais encore en pressentant les choses à venir. L’apôtre Paul en signale quelques-unes : la grande apostasie dans d’Eglise; la révélation de “l’homme de péché” ; le mystère de la Seconde venue de Christ, que nous ne dormirons pas tous mais que nous serons tous changés; le mystère caché dans tous les âges et dans toutes les générations, que l’Eglise, y compris les Gentils, deviennent co-héritiers de la promesse faite à Abraham et que sa postérité bénirait toutes les familles de la terre, etc... etc... Il annonce encore qu’à la fin de l’âge des conditions difficiles prévaudront dans l’Eglise, que les hommes aimeront les plaisirs plus qu’ils n’aimeront Dieu, qu’ils auraient une forme de piété tout en reniant ce qui en fait la force, qu’ils seraient traîtres à leurs engagements, etc...

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et que des “loups ravisseurs” (hauts critiques destructeurs) n’épargneraient pas le troupeau du Seigneur. Tous les écrits de l’apôtre Paul sont émaillés des visions et des révélations qu’il reçut, en tant que voyant ce qui, de son jour, était encore à venir, et qui de ce fait ne pouvait être expliqué complètement mais qui se manifeste maintenant aux saints par les types et les prophéties de l’Ancien Testament que l’on saisit, grâce aux expressions de l’apôtre, parce que le temps est venu de les comprendre.

L’apôtre Pierre, de son côté, voyant lui aussi, prédit la venue de faux instructeurs dans l’Eglise, qui, en privé et en secret, introduiraient de pernicieuses hérésies allant même jusqu’à nier que le Seigneur les a rachetés. Plongeant le regard jusqu’à notre époque il prophétise que “dans les derniers jours il y aura des moqueurs... disant: Où est la promesse de sa Présence (celle de Christ)”. Et encore “le jour du Seigneur viendra comme un voleur d’anis la nuit”, etc...

L’apôtre Jaques, lui aussi, prophétise sur la fin de cet âge et déclare: “A vous maintenant, riches! Pleurez et gémissez à cause des malheurs qui viendront sur vous. ...Vous avez amassé des trésors pour les derniers jours”,

L’apôtre Jean fut le voyant ou prophète le plus remarquable de tous les apôtres. Ses visions, formant le livre de l’Apocalypse, situent les choses à venir dans un cadre très particulier.

L’INFAILLIBILITE APOSTOLIQUE

De ce qui précède nous sommes autorisés à croire que les apôtres furent guidés par le Seigneur et par son Esprit de telle manière que leurs déclarations publiques étaient faites sous l’inspiration divine pour le bien de l’Eglise et n’étaient pas moins infaillibles que celles des

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prophètes sous l’a dispensation précédente. Bien que rassurés sur la véracité de leur témoignage et sur le fait que leurs déclarations à l’Eglise ont reçu le sceau de l’approbation divine, il est bon d’examiner avec soin cinq circonstances différentes, mentionnées dans le Nouveau Testament, habituellement considérées comme contraires à la pensée que les apôtres n’ont pas erré dans leurs enseignements. Voyons-les l’une après l’autre.

1) — Le reniement de Pierre, immédiatement avant la crucifixion du Maître. II n’est pas douteux que Pierre ait commis un acte répréhensible dont il s’est d’ailleurs sincèrement repenti. Cependant nous ne devons pas perdre de vue que bien qu’il se soit laissé aller à une action aussi injustifiable après avoir été choisi comme apôtre, ceci se passa avant d’avoir été oint du Saint Esprit à la Pentecôte, c’est-à-dire avant d’avoir été investi par Dieu dans sa fonction d’apôtre au sens le plus complet. De plus, l’infaillibilité apostolique dont nous avons parlé ne concerne que leurs enseignements en public et leurs écrits mais n’a aucun rapport avec les incidents et les à côtés de leurs vies puisque, sans conteste, ils étaient aussi affectés par les imperfections de leurs vases de terre, affectés par la chute dont tous les enfants d’Adam ont souffert. Ce que l’apôtre en dit: “Nous possédons ce trésor dans des vases de terre”, s’appliquait évidemment à lui-même comme aux autres apôtres, comme à tous les membres de l’Eglise ayant reçu le même Saint Esprit. Notre participation individuelle dans de grand œuvre de réconciliation de notre Maître couvre ces souillures de la chair contraires à nos désirs comme Nouvelles Créatures.

L’office apostolique pour le service du Seigneur et de l’Eglise se trouvait tout à fait en marge des faiblesses de leur chair et leur fut confié, non parce qu’ils étaient humainement parfaits, mais alors même qu’ils étaient au contraire “des hommes de la même nature” que nous (Actes 14 : 15 ). Leur office ne leur apporta pas le rétablissement — la perfection de leurs corps mortels mais

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seulement un nouvel entendement, une nouvelle compréhension, et le saint esprit pour les guider. Il ne rendit pas Leurs pensées et leurs actions parfaites mais simplement les gouvernèrent pour que les déclarations publiques des douze fussent infaillibles — la Parole du Seigneur. C’est d’ailleurs la forme d’infaillibilité que revendiquent les papes. Quand le pape parle EX CATHEDRA c’est-à-dire officiellement, il est conduit par Dieu et ne peut se tromper. Cette certitude essentielle des papes repose sur le fait qu’ils s’estiment êtres des apôtres. Ils ne font qu’oublier que les Ecritures enseignent qu’il n’y a que douze apôtres de l’agneau”.

2) En une certaine circonstance Pierre “dissimula” — fut répréhensible parce qu’il adoptait une attitude susceptible d’une double interprétation (Galates 2 : 11 à 14 ). On argue de ceci pour prouver que les apôtres n’étaient pas infaillibles en conduite. Nous. en convenons, puisque les apôtres eux-mêmes le reconnaissent (Actes 14 : 15 ) mais nous répétons qu’il ne fut pas permis à ces faiblesses humaines d’entacher leur œuvre ni leur utilité en tant qu’apôtres qui “ont prêché l’Evangile par le Saint Esprit envoyé du ciel” (1 Pierre 1 : 12Galates 1 : 11,12), non avec la sagesse des hommes mais avec l’a sagesse d’En-haut (1 Corinthiens 2 : 5 à 16 ). Cette erreur de Pierre, Dieu la corrigea sur le champ par l’apôtre Paul qui, avec douceur mais avec fermeté “lui résista en face parce qu’il était répréhensible”. Les deux épîtres de Pierre établissent suffisamment qu’il accepta la remontrance et que, par la suite, il sut vaincre sa faiblesse d’une préférence à l’égard des Juifs. On n’y trouve aucune trace de nouvelles tergiversations à ce sujet ni d’attiédissement dans sa fidélité envers le Seigneur.

3) On affirme que les apôtres croyaient que le retour du Seigneur s’opérerait très bientôt, peut être de leur vivant, et que sur ce point ils ont erré, prouvant par là, qu’il ne faut pas trop se rapporter à leurs enseignements. Nous répondons que le Seigneur a déclaré qu’il laissait les apôtres clans l’incertitude sur le moment de

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son retour et de l’établissement du Royaume, leur disant simplement et à tous de veiller de manière que lorsque l’événement se produirait ils puissent s’en apercevoir et ne soient pas dans les ténèbres comme le monde. Lorsqu’après la résurrection du Maître, ils s’enquirent à ce sujet, il leur fut répondu “Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité”. Trouverons-nous donc à redire aux apôtres à propos d’une question que le Seigneur a déclaré être pour un temps le secret divin? Sûrement pas. Par contre, nous trouvons que, sous l’a direction de l’esprit à propos des “choses à venir ”, les apôtres furent très circonspects dans le choix de leurs expressions lorsqu’ils abordèrent le sujet du moment de la seconde venue de Christ. Loin d’attendre cet événement de leur vivant, leurs écrits laisseraient plutôt croire le contraire.

Par exemple, l’apôtre Pierre précise qu’il a écrit ses épîtres pour que son témoignage accompagne l’Eglise après sa mort, ce qui prouve à l’évidence qu’il n’espérait pas vivre jusqu’au moment de l’établissement du Royaume (2 Pierre 1 : 15 ). Tout en déclarant “le temps est court” l’apôtre Paul ne prétend pas en fixer la durée. A la vérité, considéré ‘sous l’angle d’une semaine de sept jours de mille ans — dont le septième serait celui du Royaume — plus des quatre sixièmes du temps d’attente s’étaient déjà écoulés et le temps était avancé. De la même manière, sur le plan humain, lorsque le jeudi arrive, on dit : la semaine sera bientôt passée. Paul parlai aussi du moment de son départ, qu’il était disposé à quitter cette vie et même qu’il le souhaitait. Il remarqua que le jour du Seigneur viendrait comme un voleur dans la nuit. Il redressa quelques fausses conceptions sur le sujet disant : “Nous vous prions frères de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens et de ne pas vous laisser troubler soit par quelque inspiration, soit par quelque parole ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous comme ai le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant et qu’on ait vu

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paraître l’homme du péché, le fils de la perdition ” etc... “Rappelez-vous que je vous disais ces choses lorsque j’étais encore chez vous. Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps ”.

4) — On objecte que Paul qui a écrit : “Moi, Paul, je vous dis que si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien” (Galates 5 : 2 ) fit circoncire Timothée (Actes 16 : 3 ). Et l’on demande : N’a-t-il pas donné un faux enseignement contredisent ses propres paroles? Nous répondons: Non. Timothée était juif et sa mère était juive (Actes 16 : 1). La circoncision était une coutume nationale chez les Juifs. Elle était antérieure à la Loi de Moïse et fut encore observée après que Christ eut “effacé l’acte (de l’alliance de la Loi) en le clouant à la croix”. La circoncision, fut donnée à Abraham et à sa postérité quatre cent trente ans avant que la Loi fut prescrite à la nation d’Israël au Mont Sinaï. Pierre était l’apôtre des circoncis (c’est-à-dire des Juifs) et Paul l’apôtre des incirconcis (c’est-à-dire des Gentils) — Galates 2 : 7 et 8.

Son argumentation de Galates 5 : 2 ne s’adressait pas à des Juifs. Il s’adressait à des Gentils qui ne désiraient et même ne pensaient à la circoncision que parce que quelques faux docteurs jetaient la confusion dans leur esprit en leur disant qu’ils devaient observer l’a Loi tout en acceptant Christ ce qui aboutissait à leur faire ignorer la Nouvelle Alliance.

L’Apôtre leur fait remarquer que, se faire circoncire pour cette raison (ou par tout autre raison analogue) équivaut à répudier l’alliance de la Grâce et par conséquent toute l’œuvre de Christ. Il n’objectait rien au fait que les Juifs continuassent d’observer leur coutume nationale de la circoncision. Ceci ressort d’ailleurs de ce qu’il écrit dans sa première lettre aux Corinthiens au chapitre 7 versets 18 et 19 et dans son comportement au sujet de Timothée. Non pas qu’il soit indispensable que Timothée ou tout autre Juif fut

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circoncis. Mais cela n’était pas incompatible et comme il avait surtout affaire à des Juifs, cela ne pouvait qu’offrir un avantage et leur donner confiance. Par contre nous voyons la ferme résistance de Paul lorsqu’on proposa que Tite — un grec pur sang se fit circoncire. -— Galates 2 : 3,5 .

5) L’épisode concernant Paul, rapporté au livre des Actes chapitre 21 versets 20 à 26 , est, dit-on, contraire à la doctrine qu’il professe et accuse des variations dans ses conceptions et ses pratiques. On prétend que c’est en raison de son comportement équivoque à ce moment qu’il fut emprisonné et envoyé à Rome. Cette manière de voir n’est pas du tout soutenue par les faits et circonstances que rapportent les Ecritures. Le récit témoigne que, dans toute cette affaire, Paul eut la sympathie et l’approbation de tous les autres apôtres et que par dessus tout le Seigneur ne lui retira pas sa faveur. En agissant comme il l’a fait il suivait le conseil des autres apôtres. Un prophète l’avait averti, avant qu’il vînt à Jérusalem (Actes 21 : 10 à 14 ) que des liens et la prison l’attendaient. Obéissant à la conviction de son devoir il brava toutes ses adversités prédites. Au cœur même de d’épreuve nous lisons que: le Seigneur apparut à lui et dît : Prends courage, car de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome”. Plus tard le Seigneur lui manifeste encore sa faveur comme on peut le lire : “Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César et voici Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi ”. Actes 23 : 11 ; 27 : 23,24.

Devant tout ceci, force nous est de chercher à comprendre la conduite de Paul dans ce cadre de la digne droite, noble et hardie qu’il a toujours suivie dans une œuvre et un témoignage que non seulement Dieu ne désavoua pas mais qu’il approuva pleinement. En examinant le texte de Actes 21 : 21-27 on peut observer (verset 21 )

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que Paul n’a jamais dit que les convertis Juifs ne devaient pas circoncire leurs enfants pas plus qu’il n’a jamais répudié la Loi mosaïque. Il l’a plutôt rehaussée en dégageant les plus grandes et les plus nobles réalités que la loi de Moïse ne faisait que pressentir par des types. Ainsi donc, loin d’écarter Moïse il l’a exalté ainsi que la Loi puisqu’il dit: “ La Loi est juste et le commandement saint, juste et bons ”. Mais il a montré que, à cause de la Loi, la connaissance du péché s’est trouvée accrue; que la Loi était si élevée qu’aucun homme imparfait ne pouvait atteindre à son niveau; que Christ, en l’accomplissant, a gagné la récompense qu’elle promettait, et que, maintenant, sous d’Alliance de la Grâce, il offrait la vie éternelle et la bénédiction, en don, à ceux qui ne pouvaient réaliser la loi mais qui, par la foi, acceptaient en couverture de leurs imperfections, sa propre obéissance et son sacrifice parfaits, pour devenir ses disciples sur le sentier de la justice.

Certaines cérémonies appartenant à la dispensation juive les jeûnes, la célébration des nouvelles lunes, des sabbats et des fêtes — étaient des types des vérités spirituelles appartenant à l’âge de l’évangile. L’apôtre expose que l’Evangile de la Nouvelle Alliance ne les impose ni ne les défend : la Cène et le Baptême sont les seules manifestations à caractère symbolique qui nous soient ordonnées et qui soient nouvelles. — Colossiens 2 : 16,17Luc 22 : 19Matthieu 28 : 19 .

L’un de ces rites symboliques juifs, la purification ”, fut observé par Paul et les quatre Juifs dans le cas qui nous occupa. Etant Juifs ils avaient le droit, s’ils le voulaient, non seulement de se consacrer à Dieu en Christ mais encore d’en réaliser le symbole par cette purification. C’est ce qu’ils firent, les hommes qui accompagnaient Paul ayant décidé, quant à eux et en supplément de faire le vœux de s’humilier devant le Seigneur et son peuple en se faisant raser la chevelure. Ces cérémonies symboliques n’étaient pas gratuites. Ce qu’elles coûtaient consistait en une “offrande, d’argent — tant par tête, pour couvrir les dépenses du Temple.

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L’apôtre Paul n’a jamais enseigné aux Juifs qu’ils étaient libres quant à la Loi. Au contraire, cette Loi dominait sur eux tant qu’ils vivaient. Il montre pourtant que, si un Juif accepte Christ, “ meurt avec lui” , cela clôt les revendications de la Loi sur ce Juif qui devient l’homme libre de Dieu en Christ (Romains 7 : 1 à 4 ). Par contre il a appris aux convertis d’entre les Gentils qu’ils n’avaient jamais été assujettis à l’Alliance de la Loi juive, et que, pour eux, pratiquer les cérémonies et les rites juifs, équivalait à s’en remettre à ces symboles pour leur salut plutôt que de regarder et de se confier entièrement au mérite du sacrifice de Christ. Et à cela tous les apôtres acquiesçaient. — Voir Actes 21 : 25 ; 15 : 20,23 à 29.

Notre conclusion sera que Dieu s’est merveilleusement servi des douze apôtres, qu’il a fait d’eux des ministres tout à fait capables de dispenser sa vérité les guidant de façon surnaturelle sur les sujets à propos desquels ils ont écrit. Ainsi, rien de ce qui devait être utile à l’homme de Dieu ne fut omis et les mots dont ils se sont servis dans leurs écrits d’origine ont été choisis avec un soin et une sagesse tels que les apôtres eux-mêmes ne l’ont pas toujours compris. Loué soit Dieu d’avoir donné à notre foi une base aussi sûre.

LES APOTRES N’ETAIENT PAS DES SEIGNEURS SUR L’HERITAGE DE DIEU

Les apôtres doivent-ils être considérés, dans un sens quelconque, comme des Seigneurs dans l’Eglise? En d’autres termes lorsque le Seigneur et chef de l’Eglise s’en est allé, l’un d’eux a-t-il pris la place du chef? ou ont-ils formé ensemble une Tête composée pour prendre sa place et prendre en mains les rênes du gouvernement?

Ont-ils été, l’un ou l’autre d’entre eux, ce que les papes de Rome prétendent être en tant que leurs successeurs, les vicaires ou substituts de Christ dans l’Eglise qui est son corps?

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A l’encontre d’une hypothèse comme celle-là nous avons la déclaration nette et précise de Paul : “Il y a un seul corps” et “ un seul Seigneur ” ‘(Ephésiens 4 : 4 et 5 ). Ainsi donc, parmi les différents membres du corps, qu’elle que puisse être l’importance de certains d’entre eux, l’unique Seigneur et chef doit être reconnu. Ce point, le Seigneur l’a aussi établi lorsque s’adressant à la foule et à ses disciples il dit : “Les scribes et les pharisiens aiment.., à être appelés Rabbi ; mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi car un seul et votre Maître et vous êtes tous frères” (Matthieu 23 : 1,2,6 à 8 ). S’adressant aux apôtres Jésus dit encore : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les dominent. il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous qu’il soit votre serviteur, et quiconque veut être le premier parmi vous qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’Homme est venu non pour être servi mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs ”. — Marc 10:42 à 45 .

Rien ne permet de dire que l’Eglise primitive ait jamais considéré les apôtres comme des seigneurs dans l’Eglise pas plus que ceux-ci aient jamais assumé une telle autorité ou dignité. Leur comportement était très éloigné de l‘idée papale d’une seigneurie ou de celle qu’ont adopté les grands chefs des sectes chrétiennes. Par exemple, Pierre ne s’est jamais appelé prince des apôtres” comme le font les catholiques d’aujourd’hui. Pas plus lui que les autres ne se sont jamais attribué le moindre titre ni n’ont jamais reçu l’hommage de l’Eglise. Ils se connaissaient l’un l’autre sous leur nom: Pierre, Jean, Paul, etc... ou encore comme Frère Pierre, Frère Jean, etc... et tous les membres de l’Eglise se saluaient de la même façon en s’appelant frères et sœurs en Christ. (Voir Actes 9 : 17 ; 21 : 20 -— Romains 16 : 23 ; 1 Corinthiens 7 : 15 ; 8 : 112 Corinthiens 8 : 182 Thessaloniciens 3 : 6,15Philémon 7 : 16). Il est encore écrit que le Seigneur lui-même n’a pas eu honte de les appeler ses “frères” (Hébreux 2 : 11 ) tant il est loin de toute attitude dominatrice dans l’exercice de sa véritable seigneurie ou autorité.

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Ces grands serviteurs de l’Eglise primitive ne portaient pas de robes particulières, ni croix, ni rosaire, etc. Ils ne quêtaient pas la révérence ni l’hommage des gens. Comme le Seigneur de leur avait appris, le plus grand parmi eux était celui qui servait le plus. Lorsque la persécution dispersa l’Eglise hors de Jérusalem, “les onze” y demeurèrent bravement, disposés à faire tout ce qui se présentaient, et sachant bien qu’à l’heure de l’épreuve l’Eglise, de loin, regarderait vers eux, à Jérusalem, pour y puiser aide et réconfort. S’ils avaient fui toute l’Eglise aurait été déçue et frappée de panique. Jacques périt par l’épée d’Hérode ; Pierre, promis à un même destin, fut emprisonné et enchaîné à deux soldats (Actes 12 : 1 à 6 ) Paul et Silas étaient battus, jetés en prison et mis aux fers. Paul supportait “un grand combat d’afflictions” (Actes 16 : 23,242 Corinthiens 11 : 23,33 ). Avaient-ils l’air de seigneurs et se comportaient-ils en seigneurs? Assurément pas.

Pierre est très explicite sur ce point lorsqu’il conseille aux anciens de nourrir le troupeau de Dieu. Il ne dit pas votre troupeau, vos gens, votre église comme bon nombre de conducteurs religieux de nos jours, mais le troupeau de Dieu, non pas comme Seigneur de l’héritage, mais comme modèles du troupeau, en humilité, en fidélité, en zèle, en piété (1 Pierre 5 : 1 à 3 ). Paul, de son côté : “ Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort on quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ.., nous sommes méprisés… nous souffrons la faim, la soif, la nudité, nous sommes maltraités, errants çà et là; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons; calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous. (1 Corinthiens 4 : 9

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à 18). En tout ceci ils ne ressemblaient pas à des seigneurs, n’est-ce pas? S’opposant à l’idée que quelques frères nourrissaient de prendre de l’ascendant sur l’héritage de Dieu, Paul s’adresse à eux avec ironie: Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner”. Plus loin il leur conseille de prendre le meilleur chemin, celui de l’humilité. Il dit : “ Soyez mes imitateurs”. Et encore: “Qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu" 1 Corinthiens 4 : 8,16,1 .

Le même apôtre ajoute : “Selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l’Evangile ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu qui sonde nos cœurs. Jamais, en effet, nous n’avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez jamais nous n’avons ou la cupidité pour mobile, Dieu on est témoin. Nous n’avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres; nous aurions pu nous produire avec autorité comme apôtres de Christ, mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous de même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants (1 Thessaloniciens 2 : 4 à 7 ). Les apôtres ne lancèrent ni bulles ni anathèmes mais exhortèrent avec amour: “Calomniés, nous parlons avec bonté”. “Je t’exhorte aussi cher collègue ”. “Ne réprimande pas brutalement le vieillard mais exhorte-le ”. 1 Corinthiens 4 : 13Philippiens 4 : 31 Timothée 5 : 1 .

L’Eglise primitive avait de l’égard pour la piété, la sagesse et la connaissance spirituelle supérieure des apôtres. Les estimant, comme ils l’étaient en réalité, comme des ambassadeurs spécialement choisis par le Seigneur, les premiers chrétiens s’asseyaient à leurs pieds tels des élèves, sans pour cela être animés d’esprits passifs ne se posant aucune question, mais disposés au contraire à éprouver les esprits et à vérifier le témoignage apporté (1 Jean 4 : 11 Thessaloniciens 5 : 21Esaïe 8 : 20). Les apôtres, tout en les enseignant, encourageaient cette

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disposition d’esprit qui réclamait une raison pour étayer l’espérance. Ils étaient d’ailleurs préparés pour la satisfaire, non avec des discours persuasifs de sagesse humaine (philosophies et théories) mais par une démonstration d’esprit et de puissance en sorte que la foi de l’Eglise ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu (1 Corinthiens 2 : 4,5 ). Ils ne cultivèrent pas un respect aveugle et superstitieux destiné à rejaillir sur eux.

Ceux de Bérée, est-il écrit, avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique. Ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement et examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était conforme ”. L’objectif constant des apôtres consistait à faire remarquer que l’Evangile qu’ils annonçaient était bien le même que, plus confusément, les anciens prophètes avaient prédit. Mais “ il leur fut révélé que ce n’était pour eux-mêmes mais pour nous (le corps de Christ) qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses que vous ont annoncées maintenant ceux (les apôtres) qui vous ont prêché l’Evangile par le Saint Esprit envoyé du ciel (1 Pierre 1 : 10 à 12 ). C’était le même Evangile de vie et d’immortalité mis en évidence par le Seigneur lui-même. C’était sa plus grande amplification ainsi que tous les détails particuliers découverts à l’Eglise par leur intermédiaire sous la direction de l’Esprit Saint, soit par des révélations particulières, soit par des moyens plus ordinaires — les deux furent employés — et tout cela en accomplissement de la promesse que le Seigneur avait faite à ses apôtres et par eux à l’Eglise entière: J’ai encore beaucoup de choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant ”

Il était donc normal que les Béréens sondassent les Ecritures pour se rendre compte si le témoignage des apôtres était d’accord avec celui de la Loi et des prophètes et avec les enseignements du Seigneur. Jésus invitait aussi à vérifier son témoignage par comparaison avec la Loi et les prophètes. Il disait: Sondez les Ecritures…

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... car ce sont elles qui rendent témoignage de moi ”. Tout le témoignage divin doit être harmonieux, qu’il vienne de la Loi, des prophètes, du Seigneur ou des apôtres. Leur accord est la preuve qu’ils sont d’inspiration divine. Dieu merci, ce concert existe: les écrits de l’Ancien et du Nouveau Testaments forment ce que le Seigneur appelle lui-même la harpe de Dieu (Apocalypse 15 : 2 ). Les diverses assurances de la Loi et des prophètes sont autant de cordes à cette harpe. Pincées par les doigts des serviteurs et scrutateurs de la vérité divine elles produisent les sons les plus agréables que jamais oreilles mortelles n’ont entendus. Loué soit Dieu pour le merveilleux cantique de Moïse et de l’Agneau que les témoignages des saints apôtres, des prophètes et du Seigneur Jésus lui-même, le principal de tous, nous a appris.

Si le témoignage du Seigneur et des apôtres doit s’accorder avec celui de la Loi et des prophètes, nous pouvons également nous attendre à les voir rendre témoignage aux choses nouvelles tout comme aux choses anciennes car les prophètes ont annoncé qu’il en serait ainsi (Matthieu 13 : 35 Psaume 78 : 2Deutéronome 18 : 15,18Daniel 12 : 9). Et c’est ce dont on peut se rendre compte. Non seulement ils ont exposé les vérités cachées de l’ancienne prophétie mais ils ont découvert les nouvelles révélations de la vérité.

APOTRES, PROPHETES, EVANGELISTES, INSTRUCTEURS

Comme on le pense généralement dans la chrétienté, le Seigneur aurait laissé, à propos de l’organisation de l’Eglise, une structure trop sommaire pour le but qu’Il avait assigné et Il aurait abandonné à ses enfants le soin de s’organiser au plus sagement dans cette affaire. Bon nombre d’hommes aux tendances d’esprit assez diverses se sont orientés vers des ordonnances plus ou moins strictes, ce qui fait que les chrétiens, un peu partout dans le monde, ont fonctionné sur des bases plus ou moins

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rigides, chaque système arguant de ses avantages particuliers par rapport au système voisin. Tout ceci est faux ! Il n’est pas pensable que Dieu, ayant préconnu cette Nouvelle Création avant la fondation du monde, ait négligé son œuvre au point de laisser son peuple fidèle sans une claire intelligence de sa volonté, sans un arrangement propre à assurer son bien-être. L’esprit humain se porte naturellement soit vers l’anarchie soit vers une rigidité voisine, de l’esclavage. L’arrangement divin évite ces deux extrêmes, trace à la Nouvelle Création une organisation d’une grande simplicité d’où est banni tout ce qui, de près ou de loin, s’apparente à l’esclavage. L’Ecriture rappelle à chaque chrétien : C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude Galates 5 : 1 .

Pour exposer cet arrangement divin il faut s’en tenir rigoureusement aux textes de la Parole et ignorer purement et simplement l’histoire ecclésiastique en se rappelant que l’apostasie prédite a commencé dès les temps apostoliques pour se développer rapidement après la mort des apôtres et culminer tout d’abord dans l’élaboration du système papal. En prenant peur base le récit biblique. on peut considérer en plus des exposés du Nouveau Testament, les cérémonies de la Loi, en se rappelant toutefois que ces figures représentaient non seulement des choses se rapportant à cet Age de l’Evangile mais encore à l’Age Millénial. Ainsi par exemple, le Jour de Propitiation et son cérémonial illustrait comme nous l’avons déjà vu, l’Age de l’Evangile. Ce jour-là le Souverain Sacrificateur ne portait pas ses vêtements de cérémonie mais ses vêtements de service ou robes de lin ce qui démontrait qu’au cours de cet Age de l’Evangile ni le Seigneur ni l’Eglise n’occupèrent une place de choix au regard des hommes. Leur attitude fut toute de pureté, de justice, illustrée par les robes de lin lesquelles, au regard de l’Eglise, symbolisaient la justice de son Seigneur et Chef. Une fois le Jour de Propitiation passé, le Souverain Sacrificateur revêtait ses vêtements de gloire, les-

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quels figuraient la gloire, la dignité de l’autorité de Christ et de son pouvoir pendant l’Age Millénial. Dans cette illustration l’Eglise est unie à son Seigneur. La tête du Souverain Sacrificateur était l’image de notre Seigneur et Maître, tandis que son corps représentait l’Eglise. Les vêtements de gloire et d’honneur figuraient les dignités du Sacerdoce Royal tout entier lorsque le temps de l’exaltation sera venu. La hiérarchie papale qui prétend à tort que le règne de Christ s’opère par voie de délégation, que les papes sont ses représentants, que les cardinaux, les archevêques et les évêques constituent l’Eglise dans la gloire et la puissance, tente d’exercer le pouvoir civil et religieux dans le monde. Elle contrefait la gloire et la dignité de la Nouvelle Création élue en faisant porter à ses ecclésiastiques des vêtements particuliers et des ornements. Le véritable Sacerdoce Royal, lui, est encore sous la robe de service, la robe blanche du sacrifice, attendant le véritable Seigneur de l’Eglise et la réelle exaltation à la gloire, l’honneur et l’immortalité lorsque le dernier membre des élus aura achevé sa part dans l’œuvre du sacrifice.

C’est le Nouveau Testament que nous devons consulter pour y trouver les directives concernant l’organisation et les règles qui gouvernent l’Eglise pendant les jours de son humiliation et de sacrifice. Le fait que ces règles ne se trouvent pas rassemblées en un chapitre spécial ne doit pas nous faire supposer qu’elles ne constituent pas, malgré tout, un système complet. Il faut lutter contre cette habitude de jugement, cette notion courante de ce qu’est une loi. Au titre de fils de Dieu, le Seigneur a donné à l’Eglise une loi parfaite de liberté car les enfants de Dieu “ne sont plus des serviteurs, mais des fils. ” Pour cette raison les enfants de Dieu doivent apprendre l’usage de la liberté des fils en montrant une obéissance absolue et volontaire à la loi et aux principes d’amour.

L’apôtre se sert d’une image de la Nouvelle Création qui explique tout le sujet, celle du corps humain dont la tête représente le Seigneur tandis que les différents

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organes et membres du corps représentent l’Eglise. Dans sa première épître aux Corinthiens, chapitre 12 , il traite ce sujet à fond et dans une grande simplicité. Il explique “Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ (un corps ou assemblage composé de nombreux membres). Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres ”. L’Apôtre continue et attire l’attention sur le fait que “le bon fonctionnement d’un corps humain dépend dans une large mesure de l’unité, de l’harmonie et de la collaboration de tous ses membres. Ainsi en est-il de l’Eglise ou corps de Christ. Si un membre souffre de maladie, d’infirmité ou de malformation, tous les membres s’en ressentent, qu’ils le veuillent ou non, et si un membre se porte bien et fonctionne dans les meilleures conditions tous les autres en bénéficient. Il remarque (verset 23 ) que nous cherchons à dissimuler ou à cacher les faiblesses, les tares, etc... de nos organismes, que nous recherchons même à les rendre moins apparentes voire à les supprimer et qu’il doit on être ainsi de l’Eglise ou Corps de Christ. Les membres les plus mal partagé doivent faire l’objet d’un soin spécial et être couverts par la charité — l’amour, afin qu’il n’y ait bas de division (schisme) dans le corps mais que les membres aient également soin les uns des autres , du plus humble “au plus estimé. —- Verset 25 .

D’ans la ligne de ces idées essentielles, l’organisation de l’Eglise, conformément à la volonté du Seigneur, est une organisation très complète. De même que dans la nature, ainsi en va-t-il sous la grâce. Là où l’ensemble est entier, point n’est besoin de tuteurs ou de barres d’appui. L’arbre forme un tout ; sa structure se suffit à elle-même depuis la racine jusqu’à la cime, et les branchez n’ont nul besoin d’être soutenues par de savants assemblages, cordages, écrous, règlements imprimés et statuts. Ainsi en est-il du Corps de Christ si bien ajusté, accordé et uni suivant les directives du Seigneur, il ne

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sera pas utile de faire appel à aucun moyen pour en garder les membres étroitement liés les uns aux autres, pas besoin de règles, de credo ou toute autre méthode spectaculaire. Le même Esprit sert de lien. Tant que l’esprit de vie demeure, l’unité du corps demeure également et cette union sera forte ou fragile selon que l’Esprit du Seigneur abondera.

L’apôtre va plus loin. Il montre que Dieu est le super intendant des affaires de cette organisation, la Nouvelle Création, qu’Il a lui-même conçue et inaugurée. Il dit Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Et Dieu a ETABLI dans l’Eglise (Ecclésia, corps) premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs; ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues ”. Ce pourrait être une pensée nouvelle — pour ceux qui ont l’habitude de se placer eux-mêmes, en placer d’autres ou d’être placés par d’autres dans des positions en vue, honorifiques ou de confiance ou de service dans l’Eglise, de se rendre compte que Dieu a promis de confier cette surveillance à ceux qui regardent vers lui afin d’être dirigés par Sa Parole et son Esprit.

Si cette manière de penser prenait le pas, comme il y en aurait peu qui oseraient rechercher les positions en vue ou intrigueraient à la manière des hommes politiques pour s’assurer les situations honorifiques! Se rendre compte de la vigilance divine sur l’Eglise véritable c’est d’abord la distinguer parmi les multiples systèmes religieux et c’est ensuite chercher à connaître, avec révérence et humilité, quelle est la volonté de Dieu en matière d’arrangements, de services et de serviteurs de cette véritable Eglise.

L’apôtre pose l’a question Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? ” Impliquant par là même que le nombre on serait plutôt restreint

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et que celui qui répondrait à ces conditions devrait encore donner quelque évidence d’une nomination divine, exercer son ministère, effectuer son service, non pour complaire à l’homme, mais pour plaire au grand Maître de l’Eglise, à son Chef et Seigneur. L’apôtre attire l’attention sur le fait que ces différences dans l’Eglise correspondent aux différences mêmes qui existent entre les membres d’un corps humain, que chaque membre est nécessaire et ne doit pas être méprisé. L’œil ne peut pas dire au pied, ni à l’oreille, ni à la main Je n’ai pas besoin de vous. Si tous étaient un seul et même membre où serait le corps? Car le corps n’est pas un seul membre mais plusieurs ”. Versets 1,9,14 .

A vrai dire il n’existe plus maintenant cette même variété de membres dans l’Eglise et comme l’apôtre le signale: Les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour ceux qui ne croient pas”. De même les miracles. Lorsque les apôtres, qui possédaient le pouvoir de conférer ces dons de l’Esprit furent morts, Lorsque ceux qui avaient reçu ces dons par leur intermédiaire furent morts à leur tour, ces miracles — dons —comme nous l’avons déjà vu, cessèrent dans l’Eglise. Mais il y subsistait une œuvre correspondante à la portée de chacun : l’occasion de servir le Seigneur, la Vérité et les autres membres du Corps de Christ, et cela suivant les capacités naturelles de chacun. Ces manifestations miraculeuses prirent fin mais l’éducation dans la vérité, dans la connaissance du Seigneur et dans les grâces de l’Esprit les remplacèrent. Tandis que ces dons mineurs de guérison, de parler en langues, de les interpréter, de faire des miracles existaient au sein de l’Eglise, l’apôtre exhortait les frères à “aspirer aux dons les meilleurs”.

Les chrétiens ne pouvaient raisonnablement aspirer à devenir apôtres puisqu’il n’y en avait que douze. Par contre ils pouvaient désirer devenir des prophètes interprètes ou docteurs. Et pourtant” ajoute l’apôtre je vais encore vous montrer une voie par excellente”

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(verset 31). Il s’attache à établir que, bien au-dessus de tous ces dons et services dans l’Eglise, il y a la possession, dans une large mesure, ce qui est un honneur, de l’esprit qui anima le Maître — l’esprit d’amour. Il signale que le plus humble membre de l’Eglise qui a atteint à l’amour parfait est parvenu, à la vue du Seigneur, à une position plus élevée et plus noble que n’importe quel apôtre, prophète ou docteur qui serait “en reste de cette grâce suprême. Il déclare que, quels que soient les dons, si l’amour fait défaut, tout est vide et néant pour le Seigneur. En fait, on peut être certain que personne ne pourrait demeurer longtemps dans la fonction d’apôtre, de prophète ou docteur dans l’Eglise — et cela avec l’approbation du Seigneur — sans parvenir à ce stade de l’amour parfait ou tout au moins sans chercher à y arriver. Autrement il serait entraîné vers les ténèbres et deviendrait peut être un prédicateur de l’erreur plutôt qu’un prédicateur de la vérité — un serviteur de Satan qui éprouverait les frères.

Dans sa lettre aux Ephésiens (4:1 à 16) l’apôtre reprend cette idée de l’unité de l’Eglise sous l’aspect d’un corps aux membres nombreux, dirigé par une seule Tête, Jésus-Christ, et animé par un seul esprit, l’esprit d’amour. Il en exhorte les membres à marcher d’une manière digne de leur appel dans l’humilité, la douceur, la patience, se supportant l’un l’autre avec amour et s’efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Dans ce chapitre l’apôtre précise qu’aux différents membres du corps s’ont dévolus des services particuliers. Il établit également quel est l’objet de ce service et dit : Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère (pour les préparer au glorieux ministère ou service du Royaume Millénial) et de l’édification (formation) du Corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait à la mesure de la stature

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parfaite de Christ, afin que... professant la vérité dans l’amour, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. C’est de lui et grâce à tous les liens de son assistance que tout le corps bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties et s’édifie lui-même dans l’amour “. Ephésiens 4 : 11 à 16 .

Notons au passage l’image dont se sert l’apôtre, celle d’un corps humain petit et non encore tout à fait épanoui. Il nous apprend que la volonté divine est que tous les membres parviennent à un développement complet, à une complète croissance en force — l’état d’homme fait correspondant à celui de l’Eglise dans sa condition pleine et normale. Poussant l’allégorie jusqu’à la fin et tout au long de l’âge actuel, il ressort que l’un après l’autre, tous les membres se sont endormis dans l’attente de la transcendante organisation du matin Millénial dans la première résurrection. Cependant, d’autres ont toujours pris la relève en sorte que l’Eglise n’a jamais fait défaut, bien qu’à toutes les époques il y ait toujours eu des plus forts et des plus faibles. Malgré tout chaque membre s’est constamment efforcé de faire tout ce qui était en son pouvoir pour édifier le corps et en affermir les membres en vue de leur perfectionnement dans les grâces de l’Esprit jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi ”.

L’unité de la foi est désirable en elle-même. Il faut tâcher d’y parvenir mais non dans le sens de l’unité comme on l’envisage le plus souvent. L’unité doit se faire dans la ligne de “ la foi donnée aux saints une fois pour toutes ”, dans toute sa pureté et sa simplicité, dans la pleine liberté pour chacun d’adopter des conceptions différentes à propos de questions d’ordre secondaire, et sans qu’aucune exclusive ne vienne empêcher les imaginations humaines, théories diverses, etc... L’idée d’unité, d’après l’Ecriture intéresse les principes fondamentaux de l’Evangile

1) Notre rédemption par le sang précieux de Christ et notre justification par la foi dans la vertu purificatrice de ce sang.

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2) Notre consécration sanctification, mise à part pour le service du Seigneur, de la vérité et des frères.

3) En dehors de ces principes essentiels sur lesquels l’unité doit se faire, il ne peut exister de communion scripturale. Sur tout autre point la liberté de conception la plus complète doit être reconnue, tout en recherchant pour soi et les autres l’optique du plan divin la plus poussée et la plus détaillée qui soit. Ainsi, chaque membre du Corps de Christ, tout en gardant sa liberté personnelle, se trouve dévoué au Chef et à tous les membres du Corps à tel point qu’il lui plaît de tout leur sacrifier, “même la vie.

Nous avons déjà pris en considération l’œuvre particulière des apôtres, leur nombre limité et comment ils continuent leur service dans l’Eglise en servant de porte paroles du Seigneur à son peuple. Voyons maintenant les autres services de l’Eglise, ce que l’apôtre appelle les dons du Seigneur à l’ensemble du Corps ou Ecclésia.

Le Seigneur a pourvu aux apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs pour le bien, tant actuel qu’éternel, de l’ensemble des siens. Il appartient à ceux qui s’attendent à Lui pour être leur Chef, leur Instructeur, le Conducteur de l’Eglise qui est son corps, d’observer, de rechercher, de remarquer ses dons dans tous les domaines, de les accepter, de les utiliser, s’ils veulent tirer profit de la bénédiction promise. Ces dons ne sont pas imposés à l’Eglise et ceux qui les négligent lorsqu’ils leur sont offerts, subissent une perte en conséquence. Le Seigneur les a établis dans l’Eglise dès l’origine et a donné ainsi le modèle - type et idéal de l’arrangement de l’Eglise. Il laisse cependant son peuple libre de suivre ce modèle et d’en tirer tout le bien possible ; ou au contraire de l’ignorer et d’aller au devant de difficultés et de désappointement. Nous qui désirons être conduits et enseignés par le Seigneur, cherchons à voir comment il a établi les différents membres dès le début, quels dons de cette espèce il a dispensé à son peuple depuis lors.

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Nous pourrons de cette manière apprécier les dons de cette nature qui se trouvent à notre disposition pour les utiliser à plein dans d’avenir.

L’apôtre explique qu’il est agréable au Seigneur qu’il n’existe point de schisme dans le Corps — point de divisions, de clivages., de séparations. Si l’on adopte des méthodes humaines, les divisions sont inévitables, sauf à l’époque où la Papauté était triomphante alors que son système était devenu puissant et qu’il avait recours aux dures méthodes de la persécution à l’endroit de ceux qui n’étaient pas d’accord avec elle. Mais cette unité là est une unité de force, une unité de contrainte, une unité extérieure de pure forme et non pas une unité de cœur. Ceux que le Fils a affranchis ne peuvent donner leur adhésion à des unités de ce genre dans lesquelles la liberté individuelle se trouve anéantie. Ce qui ne va pas dans les diverses dénominations protestantes, ce n’est pas qu’elles soient trop libérales et se soient de ce fait fragmentées considérablement, mais plutôt qu’elles ont gardé en assez bonne proportion l’esprit de l’institution mère, sans en avoir la poigne dont elle se servit, il fut un temps, pour réprimer et supprimer la liberté de pensée. Nous en surprendrons sans doute beaucoup en disant que, loin de penser qu’il existe trop de divisions et de subdivisions dans le genre de celles que nous trouvons de toutes parts, l’Eglise de Christ a besoin de plus de liberté encore, en sorte que chacun de ses membres soit libéré et indépendant de tout lien, credo, confession, etc... d’origine humaine. Si tous les chrétiens se tenaient dans la liberté dont le Seigneur les a affranchis (Galates 5 : 1Jean 8 : 32), si chaque chrétien demeurait fermement attaché au Seigneur et à sa Parole, on retrouverait vite l’unité originelle dont parlent les Ecritures. Tous les véritables enfants de Dieu, tous les membres de la Nouvelle Création se trouveraient inévitablement attirés l’un vers l’autre, unis l’un à l’autre par les liens d’amour autrement plus solides que ceux qui tiennent les hommes au sein de systèmes et de sociétés ayant leur origine dans d’autres conceptions. L’amour de Christ nous presse (nous tient ensemble). 2 Corinthiens 5 : 14 .

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Tous les membres de la famille, aaronique pouvaient être appelés aux services du sacerdoce, Il y avait pourtant certaines limitations, certaines restrictions, certaines non qualifications sous ce rapport. Il en va de même au sujet du Sacerdoce royal effectif. Tous sont sacrificateurs, tous sont membres du Corps oint. L’onction confère à chacun la pleine autorité d’annoncer et d’enseigner la bonne nouvelle selon qu’il est écrit : L’esprit de Eternel est sur moi parce qu’il m’a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres et réconforter ceux dont le cœur est abattu ”, etc... Bien que ces paroles se soient plus précisément appliquées à la Tête du Christ, de la Nouvelle Création, du Sacerdoce Royal, elles intéressent aussi tous les autres membres, en sorte que, dans un sens général, tout entant de Dieu consacré à son Maître, trouve dans son onction par l’Esprit Saint, l’autorisation et même la mission de prêcher la Parole, “d’annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ”. 1 Pierre 2 : 9 .

De même que les sacrificateurs typiques devaient être exempts de défauts corporels et avoir atteint un âge déterminé, ainsi ou est-il parmi les membres du sacerdoce Royal. Certains d’entre eux manquent des qualifications que d’autres possèdent pour le service public. Il appartient à chacun de s’examiner en toute modestie (Romains 12 : 3,6 ) pour se rendre compte de la nature des dons que l’on possède, ce qui conditionne le degré de responsabilité dans leur utilisation. Pareillement il importe que tous les membres apprécient les qualifications tant naturelles que spirituelles ainsi que les aptitudes des autres membres, pour juger de la volonté divine en conséquence. Dans le type, l’âge était un facteur important. Dans le cas des sacrificateurs antitypiques, l’équivalence, pourrait se rapporter à l’expérience et au développement du caractère. Le strabisme du type pourrait trouver son pendant dans un manque d’acuité visuelle et de compréhension concernant

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les choses spirituelles qui rendrait impropre au service public au sein de l’Eglise. Dans le même ordre d’idées les différents défauts qui constituaient un empêchement pour les sacrificateurs figuratifs représenteraient les inaptitudes morales, physiques ou intellectuelles diverses parmi les membres du Sacerdoce Royal véritable.

Mais comme les sacrificateurs disgraciés de la nature, dans le type, jouissaient des mêmes privilèges que les autres pour ce qui était de leur subsistance, de leur participation aux pains de propositions, à la chair des sacrifices, etc... ainsi en est-il dans l’antitype. Les inaptitudes qui pourraient s’opposer à ce qu’un membre du Corps de Christ devînt un serviteur public de l’Eglise et de la vérité, ne sauraient être un obstacle à son développement spirituel pas plus qu’elles ne pourraient le priver du privilège commun d’avoir part à la table spirituelle du Seigneur ni d’avoir accès au trône de la grâce. Personne ne pouvait accéder à l’office de souverain sacrificateur s’il présentait une malformation physique ou n’avait pas l’âge requis. De même ceux qui servent la vérité “ par la parole et la doctrine ne doivent pas être des novices mais des membres du Corps que la maturité de caractère, de connaissance et de possession des fruits de l’Esprit qualifie pour un service de cette importance. Ils doivent être considérés comme des anciens — non pas nécessairement anciens par le nombre d’années de vie, mais anciens dans le sens d’un esprit mûr au regard de la vérité, aptes à conseiller et à donner aux frères un avis qui s’inspire de la Parole de Dieu.

En comprenant ainsi le mot Ancien on se rend compte du côté raisonnable de l’Ecriture qui reconnaît comme Ancien” tous ceux qui exercent un ministère spirituel par rapport à la vérité, que ce soit le service d’un apôtre, d’un prophète, d’un évangéliste, d’un pasteur ou d’un docteur. Pour remplir normalement un service comme celui-là, il faut être reconnu Ancien dans l’Eglise. C’est pour cela que les apôtres se déclaraient eux-mêmes Anciens (1 Pierre 5 : 12 Jean 1). Quand il est question

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des ministres ou serviteurs de l’Eglise et du choix dont ils étaient l’objet, on trouve trois noms différente dans nos versions bibliques.

EVEQUES, ANCIENS, PASTEURS

Ces trois appellations ont pourtant prêté à erreur en raison de la mauvaise application qui en a été faite dans les églises de dénominations diverses. Il est donc nécessaire d’expliquer que le mot évêque veut tout simplement dire surveillant et que tout Ancien établi était reconnu surveillant d’une activité grande ou petite. Ainsi par exemple, en une certaine occasion l’apôtre rencontra les Anciens de l’Eglise d’Ephèse. En les quittant il leur dit: Prenez garde à vous-mêmes ainsi qu’à l’Eglise sur laquelle le Saint Esprit vous a établis surveillant Actes 20 : 28,

Sous la direction du Seigneur un certain nombre, parmi ces anciens, ont reçu un plus grand champ d’action, une plus grande zone d’influence dans l’Eglise au point qu’on peut les considérer sous l’angle plus réel de surveillants generaux . Tels furent tous les apôtres. L’apôtre Paul en particulier eut la haute main, la plus haute autorité de surveillance parmi les Eglises de la gentilité c’est-à-dire en pays païens —— Asie Mineure et en Europe méridionale. Cette position de surveillant général ne fut pas réservée aux seuils apôtres. Dans sa providence, le Seigneur en suscita d’autres pour servir l’Eglise au même titre — non pour un gain sordide mais dans une conscience pure ” — dans un réel désir de servir le Seigneur et les frères. Au début Timothée fut engagé dans ce service sous la direction de l’apôtre Paul qu’il représenta quelquefois et qui le recommanda à plusieurs assemblées ou Ecclésias du peuple de Dieu. Au reste, le Seigneur était et est encore en mesure d’envoyer de tels surveillants au gré de son choix pour le bien de son troupeau. Quant au peuple de Dieu, il devrait

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être tout à fait compétent pour juger de la valeur de l’avis donné par de tels surveillants. Ceux-ci en imposent généralement tant par leur vie, leur manière d’agir, leur esprit d’abnégation, l’absence de tout désir de paraître et de s’enrichir, que par leur enseignement qui soutient l’examen de ceux qui, intelligemment, scrutent la Bible et sondent tous les jours les Ecritures pour voir si ce qu’on leur dit est conforme à la lettre et à l’esprit de la Parole. Comme nous l’avons déjà vu c’est ainsi que l’on procédait à l’égard de l’enseignement des apôtres. Eux-mêmes d’ailleurs invitaient les frères à faire ainsi, recommandant, la prudence sans verser toutefois dans l’entêtement ou la disposition à tout critiquer. Actes 17 : 11 .

Pour autant que nous puissions en juger d’après l’histoire de l’Eglise, l’esprit de rivalité et le désir d’être encensé ont rapidement pris la place de l’esprit d’obscur dévouement et d’abnégation. D’un autre côté la crédulité et la flatterie ont assez vite remplacé l’examen fréquent des Ecritures. Le résultat fut que les surveillants devinrent des dictateurs, eurent petit à petit la prétention d’égaler les apôtres, etc... jusqu’à ce que, finalement, une rivalité se soit établie entre eux se traduisant par les appellations de chef - évêques ou archevêques. Bientôt après l’esprit de compétition entre archevêques aboutit à l’élévation de l’un d’entre eux à la position de pape. Le même état d’esprit a depuis lors prévalu à un degré plus ou moins accentué, non seulement au sein de la Papauté elle-même, mais encore parmi ceux qui, trompés et illusionnés par son exemple, se sont écartés de la simplicité de l’arrangement prévu à l’origine. La conséquence c’est qu’aujourd’hui une organisation répondant à celle de l’Eglise primitive — c’est-à-dire sans nom de secte, sans gloire, sans honneur, sans autorité de la part de quelques-uns sur la masse, sans distinction entre clergé et laïcs, —n’est pas considérée comme une organisation. Nous préférons cependant nous ranger parmi ceux qu’on n’estime guère, nous en tenir strictement à l’exemple de la primitive Eglise pour jouir dans la même proportion des mêmes libertés et des mêmes bienfaits.

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Tous les Anciens de l’Eglise doivent, à ce titre surveiller, prendre soin de veiller aux intérêts de Sion, les uns sur le plan local, d’autres sur un plan plus étendu et dans un sens plus général. Chacun d’eux pouvait servir le troupeau selon son talent et suivant ses capacités. Tel pouvait être évangéliste si ses qualités personnelles et ses conditions de vie lui permettaient d’aller partout prêcher la vérité aux débutants et trouver ceux qui avaient une oreille pour entendre la Bonne Nouvelle, etc... Tel autre pouvait servir le troupeau comme pasteur (berger) en raison de ses qualifications particulières du point de vue social le mettant à même de veiller sur les intérêts des enfants de Dieu, personnellement et individuellement, les visiter chez eux, les encourager, les fortifier, maintenir l’union entre eux et les défendre contre les loups en habit de brebis qui mordent et dévorent. Les Prophètes eux aussi avaient besoin de qualités particulières pour assurer le service auquel ils étaient destinés.

On ne se sert plus du mot prophète aujourd’hui au sens large qu’il revêtait dans les temps anciens. De nos jours ce mot désigne plutôt un voyant, celui qui prédit ce qui va arriver. Strictement, un prophète est un homme qui parle en public — un orateur. Celui à qui il est donné des visions ou des révélations peut être un prophète dans le sens qu’il les exprime ou les expose devant d’autres. Mais les deux idées sont différentes. Dans le cas de Moïse et d’Aaron, Moïse était le personnage le plus important puisqu’il était le représentant de Dieu. Aussi l’Eternel lui dit-Il: “Vois, je te fais dieu (puissant ou supérieur) pour Pharaon; et Aaron sera ton prophète” ton interprète, ton porte - paroles (Exode 7 : 1 ). Nous avons déjà vu que plusieurs apôtres furent des voyants dans le sens qu’il leur fut donné une connaissance des choses à venir. Nous remarquerons maintenant qu’ils furent presque tous prophètes également, c’est-à-dire prédicateurs publics, en particulier les apôtres Pierre et Paul. Mais il y en eût d’autres et an grand nombre qui parlèrent en public et furent par conséquent des prophètes. Barnabas par exemple en fut un. Il est encore écrit: “Jude et Silas qui étaient eux-mêmes prophètes (orateurs publics) les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours. - Actes 15 : 32 .

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Il n’est pas d’exemple dans l’Ecriture où telle personne, inapte à remplir telle ou telle mission, doive être considérée comme établie par le Seigneur dans la condition pour laquelle elle ne se trouve pas qualifiée. Tout au contraire, il est du devoir de chaque membre du corps de Christ de servir les autres de tout son talent au mieux de ses capacités — et cela en demeurant assez modeste et assez humble, sans avoir de soi “une trop haute opinion mais on reconnaissant la valeur réelle des talents que le Seigneur a accordés. L’Eglise elle-même ne doit pas reconnaître comme lui appartenant ceux qui désirent être les plus grands sur ce point particulier. Au contraire la modestie doit être une des qualités essentielles pour ce qui concerne l’anciennat ou même dans tout autre service d’une activité quelconque. Si donc deux frères également talentueux se présentent, que l’un d’entre eux soit ambitieux ou prompt à se mettre en avant tandis que l’autre serait modeste et effacé, l’esprit du Seigneur, qui est un esprit de sagesse et de bon sens, enseignera au peuple de Dieu à préférer le frère plus humble comme étant celui que le Seigneur favoriserait et aimerait voir occuper la position prépondérante dans le service.

On conçoit assez facilement que les boucs” ou les brebis à caractère de bouc du troupeau du Seigneur, aspirent à conduire et à commander, tandis que les véritables brebis, celles qui reconnaissent la voix du Maître, connaissent son Esprit et cherchent à faire sa volonté, acceptent docilement que les éléments à caractère de bouc prennent la tête parmi elles. Il est bon d’être en paix avec tous les hommes mais si, pour avoir la paix, nous méconnaissons la Parole et l’Esprit du Seigneur, il est certain qu’il en résultera un plus ou moins grand dommage. Il est bon d’avoir la nature docile de la brebis, mais il est également nécessaire que les brebis aient du

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CARACTERE si elles veulent être au nombre des vainqueurs. Si elles ont du caractère, elles se rappelleront les paroles du Grand Berger: “Mes brebis entendent (obéissent à) ma voix.., et me suivent ”. Elles ne suivront point un étranger... parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers” (Jean 10 : 5,27). Il est donc du devoir de chaque brebis d’étudier de près l’enseignement et le comportement d’un frère avant de contribuer à faire de lui un surveillant, soit sur le plan local soit sur un plan d’action plus étendu. Il faut d’abord qu’il possède les réelles qualifications d’un Ancien dans l’Eglise, qu’il ait des idées claires sur les doctrines fondamentales de l’Evangile: la réconciliation, la rédemption par le sang précieux de Christ, la consécration pleine et entière à lui-même, à son message, à ses frères, à son service. Bien —sûr il faut manifester de la charité et de la sympathie pour les plus faibles agneaux de même qu’aux brebis faibles mentalement et moralement; mais ce serait faire violence à l’arrangement divin que de les choisir pour en faire des conducteurs ou anciens. Il n’y a pas lieu d’éprouver de sympathie pour les boucs ou les loups en habits de brebis tendant à conquérir les places et l’autorité dans l’Eglise.

Il vaut mieux pour une Ecclésia d’être privée de tout serviteur public que d’être conduite par un bouc” à la langue dorée qui ne conduirait sûrement pas les cœurs vers l’amour de Dieu ” mais dans des impasses de séduction. Le Seigneur en a averti l’Eglise et l’apôtre en a parlé en ces termes : “ Il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses (des doctrines fausses et d’égarement) pour entraîner les disciples après eux”. L’apôtre précise que bon nombre les suivraient dans leurs dissolutions et que la voie de la Vérité serait calomniée à cause d’eux. — Actes 20 : 302 Pierre 2 : 2.

C’est ce que nous voyons autour de nous. Bon nombre se prêchent eux-mêmes plutôt que de prêcher l’Evangile, la Bonne Nouvelle du Royaume. Ils attirent les disciples

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dans leurs sillages et dans celui de leurs dénominations plutôt que de les attirer pour les unir au Seigneur comme membres de son corps. Ils cherchent à devenir des Têtes d’Eglises plutôt que de faire en sorte que tous les membres du corps regardent au Seigneur comme à leur Tête. Nous devrions nous détourner de tous ceux-là et les véritables brebis ne devraient pas les encourager dans leur chemins de traverse. L’apôtre Paul dit même qu’ils ont une apparence de piété tout en ayant renié ce qui on fait la force (2 Timothée 3 : 5 ). Ils apportent une grande attention aux jours, aux formes, aux cérémonies, aux autorités ecclésiastiques, etc... Ils sont très estimés parmi les hommes mais sont en abomination devant Dieu, dit l’apôtre. Non seulement les vraies brebis doivent être attentives pour reconnaître la voix du vrai Berger et pour le suivre mais elles doivent encore se rappeler qu’elles n’ont ni à suivre, ni à appuyer, ni à encourager ceux qui, par égoïsme, travaillent pour eux-mêmes. Celui que l’Eglise estime digne de sa confiance au titre d’Ancien devrait être connu depuis suffisamment longtemps pour justifier cette confiance. C’est ce qui explique pourquoi l’apôtre dit : il ne faut pas que ce soit un nouveau converti ”. Un nouveau converti pourrait en effet faire tort à l’Eglise tout comme à lui-même on s’enorgueillissant, en s’éloignant de ce fait du Seigneur, du bon esprit et du chemin étroit qui mène au Royaume.

L’apôtre Paul (1) donne un avis explicite sur ceux qui pourraient être reconnus par l’Eglise au titre d’anciens. Il décrit avec détail ce que devrait être leur caractère, etc... Dans sa lettre à Timothée sur le même sujet il confirme ses indications précédentes en des termes légèrement différents (1 Timothée 3 : 1 à 7 ). S’adressant à Tite qui était aussi de toute évidence un autre surveillant général (Tite 1 : 5 à 11 ) il précise leurs devoirs relativement à l’Eglise. A propos de la même question l’apôtre Pierre s’exprime de la manière suivante : Voici les


(1) Voir 1 Timothée 3 : 2 ; 5 : 17; 1 Thessaloniciens 5 : 12 ; Jacques 5 : 14.

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exhortations que j’adresse aux anciens qui s’ont parmi vous, moi ancien comme eux,,, Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde... non pour un gain sordide mais avec dévouement; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage mais en étant les modèles du troupeau ”. 1 Pierre 5 : 1 à 3 .

Les Anciens doivent être généreux, de bonnes mœurs, n’avoir qu’une femme. S’ils ont des enfants, on remarquera si les parents ont exercé une saine influence sur leur propre famille. S’ils ne se sont pas occupé et ont manqué à leurs devoirs envers leurs propres enfants, il est à présumer qu’ils soient aussi insouciants dans leurs conseils et leurs ministères parmi les enfants de Dieu dans l’Ecclésia, dans l’Eglise. L’ancien ne doit pas avoir deux paroles; il ne doit être ni bruyant ni querelleur. Il doit jouir d’une bonne réputation même parmi ceux qui n’appartiennent pas à l’Eglise, non pas que le monde aimera jamais ni n’appréciera les saints à leur juste valeur, mais dans le sens que le monde lui-même ne puisse rien lui reprocher qui soit contraire à l’honnêteté, à la justice, à la moralité, à la véracité. Il n’existe aucune limitation quant au n’ombre des anciens dans une Eglise ou Ecclésia.

En plus de ce qui vient d’être dit, l’Ancien doit être apte à l’enseignement”, c’est-à-dire qu’il doit être à même d’expliquer, d’exposer le plan divin et par conséquent capable d’aider le troupeau de Dieu par la parole et par la doctrine. Il n’est pas indispensable, pour être ancien, de posséder les talents requis d’un prophète” lequel est appelé à parler en public. Il se peut que, dans la même Eglise, plusieurs soient à même d’enseigner et d’être anciens, et que personne ne possède l’aisance oratoire nécessaire pour exposer le plan divin devant un auditoire important. Il faut faire confiance au Seigneur qui suscitera les serviteurs nécessaires. Si aucun ne se découvre c’est probablement parce qu’il n’en est pas besoin . Nous remarquerons ici que certaines des Ecclésias ou assemblées parmi les plus prospères sont précisément

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celles où il n’existe pas de compétence transcendante au regard de la parole en public, mais où, par contre, l’étude biblique est de règle plutôt qu’une exception. Les Ecritures montrent que telles était la manière de faire dans l’Eglise primitive. Quand les premiers chrétiens se réunissaient, l’occasion s’offrait d’une manifestation des différentes aptitudes : l’un parlait, d’autres priaient, la plupart, si pas tous, chantaient. L’expérience paraît établir que les groupes du peuple de Dieu qui observent le mieux cette façon d’opérer, reçoivent les plus grandes bénédictions et développent les caractères les mieux équilibrés. Ce que l’on entend si bien exprimé que ce soit, ne se grave pas dans le cœur avec autant d’efficacité que lorsqu’on y prend part soi-même comme c’est le cas dans une étude biblique bien conduite à laquelle il faut encourager tout le monde à participer activement.

D’autres anciens, n’ayant peut-être pas tellement d’aptitudes pour l’enseignement, peuvent se trouver par contre tout à fait dans leur élément dans la prière et dans les réunions de témoignage qui devraient être une particularité des assemblées du peuple de Dieu. Celui qui possède le don d’exhorter doit exercer ce talent là plutôt que de l’enfouir et d’essayer d’en pratiquer un autre pour lequel il n’a aucune disposition naturelle. L’apôtre dit: Que celui qui exhorte, s’attache à l’exhortation ”, qu’il y consacre toutes ses possibilités. De même que celui qui enseigne (qui a le don d’exposer clairement et de rendre la vérité accessible) apporte toute son attention à son enseignement.

De même que le mot évêque ou surveillant est susceptible de sens multiples, ainsi en est-il du mot pasteur. Personne ne peut être pasteur, surveillant, berger, s’il n’est Ancien. Le pasteur ou berger d’un troupeau est le surveillant de ce troupeau. Les deux mots sont pratiquement synonymes. Le Seigneur Jéhovah est notre Pasteur ou Berger au sens le plus étendu du terme (Psaume 23 : 1 ). Son Fils Unique, notre Seigneur Jésus, est le grand Berger et Evêque (surveillant) de nos âmes — pour tout le troupeau et partout.

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Les surveillants généraux et Pèlerins” sont tous bergers ou pasteurs: ils s’occupent des intérêts du troupeau dans son ensemble. Chaque Ancien local est un pasteur, berger, surveillant, sur le plan de la localité. On se rend compte ainsi que les anciens dans l’Eglise doivent tout d’abord présenter les qualités nécessaires qui les rendent propres à l’exercice de l’anciennat ; ensuite leurs dispositions naturelles doivent décider de la branche d’activité dans laquelle ils peuvent le mieux servir la cause du Seigneur. Pour les uns, ce sera dans le cadre de l’œuvre d’évangélisation. Pour les autres ce sera dans l’œuvre pastorale, parmi les brebis déjà évangélisées, déjà consacrées, déjà dans la bergerie, soit localement soit sur un champ plus vaste.

On peut lire Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d’un double honneur surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement” (1 Timothée 5 : 17,18 ). On a fait état de cette déclaration dans l’église nominale, pour établir une classe d’Anciens, Directeurs. Elle a revendiqué pour tons les anciens une position de juridiction d’autorité, si pas de dictature parmi les frères. Une telle idée de la direction” est contraire à tout ce que les Ecritures présentent sur ce sujet. Timothée qui occupait la position de surveillant général, d’Ancien par conséquent, reçut de l’apôtre le conseil suivant: Ne réprimande pas rudement un ancien mais exhorte comme un frère”, etc... “ Il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous”. Rien ici ne sanctionne une règle autocratique, un usage dictatorial. La douceur, la gentillesse, la patience, la bonté fraternelle, l’amour, doivent être les marques distinctives de ceux qu’on reconnaît comme anciens. Ils doivent, à tous égards être les exemples du troupeau. Si donc ils étaient d’humeur dictatoriale, leur exemple tendrait à faire de tous les membres des dictateurs eux aussi. S’ils sont d’un naturel fait de douceur, de patience, de gentillesse et d’amabilité, la force de l’exemple appellera une inclination similaire. Une traduction plus littérale du

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texte sous considération laisserait plutôt à penser que l’honneur serait rendu aux anciens on proportion de leur fidélité dans les responsabilités du service qui sont assumé. On pourrait donc rendre ce passage comme il suit: “ Que les principaux anciens soient estimés digne d’un double honneur, surtout ceux qui sont penchés sur le pénible travail de la prédication et de l’enseignement.

DIACRES, MINISTRES, SERVITEURS

De même que petit à petit on en est arrivé à mal comprendre le mot évêque qui veut simplement dire surveillant et non seigneur ou maître, on a aussi perdu de vue le sens du mot diacre qui signifie littéralement serviteur ou encore ministre. L’apôtre se déclare, avec Timothée, ministres de Dieu” (2 Corinthiens 6 : 4 ). Le mot traduit ici par ministres est le mot grec DIAKONOS qui veut dire serviteurs. L’apôtre écrit encore : Notre capacité vient de Dieu. Il nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance” (2 Corinthiens 3 : 5 et 6 ). Ici encore le mot grec DIAKONOS est traduit par ministres et veut dire serviteurs. En fait, l’Apôtre déclare que lui-même et Timothée étaient des diacres (serviteurs) de Dieu et des diacres (serviteurs) de la Nouvelle Alliance. Il en résulte que tous les véritables anciens dans l’Eglise sont aussi des diacres ou serviteurs de Dieu, de la vérité et de l’Eglise. Pourrait-i1 en être autrement s’ils s’ont reconnus comme anciens?

Nous ne voulons pas laisser accréditer l’idée qu’il n’y aurait eu aucune différence dans l’Eglise primitive à l’égard du service. Tout au contraire. Ce que nous vouions faire ressortir c’est que, même les apôtres et les prophètes, qui étaient anciens dans l’Eglise, étaient également diacres c’est-à-dire serviteurs, ainsi que le Seigneur l’a exprimé : Le plus grand parmi vous sera votre Serviteur (DIAKONOS)” (Matthieu 23 : 11 ). Le caractère et la fidélité du serviteur doivent déterminer du degré d’honneur et d’estime dans lequel chaque membre doit

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être tenu au sein des Ecclésias de la Nouvelle Création. Il se trouvait dans l’Eglise des serviteurs que leurs talents ne qualifiaient pas pour le rôle d’anciens parce que moins aptes à enseigner ou insuffisamment expérimentés. De même, en dehors des fonctions attribuées par l’Eglise, les apôtres et les prophètes (enseignants), en diverses circonstances, choisirent certaines personnes qui devinrent leurs serviteurs ou aides ou encore diacres. Ainsi par exemple lorsque Paul et Barnabas œuvraient ensemble ils eurent pendant un temps avec eux Jean Marc qui les servait, les aidait. Lorsque Paul et Barnabas se séparèrent, Barnabas prit Jean avec lui tandis que Paul et Silas prenaient Luc avec eux pour les servir, les aider. Ces aides ne se considéraient pas comme les égaux des apôtres, ni comme des égaux, en matières de service, de ceux possédant plus de talents et d’expériences qu’eux. Ils se réjouissaient tout simplement du privilège d’aider et de servir sous la direction de ceux en qui ils voyaient des serviteurs de Dieu et de la vérité qualifiés et agréés Ils n’avaient pas besoin d’être choisis par l’Eglise pour servir les apôtres. L’Eglise choisissait ses serviteurs ou diacres et les apôtres choisissaient les leurs. Il n’y avait là aucune contrainte. C’était une question d’option. Jean et Luc envisagèrent sans doute qu’ils pouvaient mieux servir le Seigneur de cette manière que d’aucune autre façon susceptible de se présenter à eux. Ce fut donc de leur plein gré et sans la moindre réserve qu’ils acceptèrent. Ils auraient pu refuser de la même façon s’ils avaient cru pouvoir mieux faire en orientant leurs talents dans un sens différent.

Quoi qu’il en soit, ce mot diacre s’applique, dans le Nouveau Testament, à certains frères se rendant utiles au titre de serviteurs du Corps de Christ, et honorés en conséquence, sans être aussi bien qualifiés que d’autres pour devenir anciens. Cependant leur choix en vue d’un service spécial dans l’Eglise implique à leur endroit la droiture dans le caractère la fidélité à la vérité, le zèle pour le service du Seigneur et de son troupeau. Dans l’église primitive, lorsqu’on procédait à la distribution

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de nourriture, etc... aux pauvres du troupeau, tout au début, les apôtres eux-mêmes s’en occupaient. Par la suite, lorsqu’il s’éleva des réclamations prétendant que certains étaient négligés, les apôtres soumirent la question à l’ensemble des croyants c’est-à-dire à l’Eglise. Ils dirent: Choisissez parmi vous des hommes susceptibles de bien s’acquitter de cette tâche tandis que nous continuerons à donner notre temps, nos connaissances et nos talents au ministère de la Parole. — Actes 6 : 2 à 5 .

On se rappellera que sept serviteurs ou diacres furent alors choisis. Parmi eux se trouvait Etienne qui devint plus tard le premier martyr, le premier à avoir l’honneur de suivre les traces du Maître jusque dans la mort. Le fait, pour Etienne, d’avoir été choisi par l’Eglise pour être un diacre, ne l’empêchait en aucune manière d’annoncer la Parole de quelque manière que ce soit et selon les occasions qui lui on étaient offertes. On peut se rendre compte de la parfaite liberté qui existait dans l’Eglise primitive. L’ensemble de la communauté chrétienne, reconnaissant les compétences de ses membres, pouvait leur demander d’assurer un service précis. Mais tant la requête que l’acceptation ne constituaient en aucun sens un esclavage et n’empêchait personne d’œuvrer dans une autre voie comme l’occasion s’en présentait. Le diacre Etienne, fidèle dans le service des tables et dans les règlements des paiements pour le compte de la communauté, etc... fut béni du Seigneur qui lui donna des occasions de montrer son zèle et ses capacités à prêcher l’Evangile d’une façon plus démonstrative. Sa carrière administra la preuve que le Seigneur le reconnaissait comme un ancien dans l’Eglise avant que les frères ne s’en fussent rendus compte. Il n’est pas douteux que s’il avait vécu davantage, les frères auraient également reconnu en lui les qualifications d’un ancien capable d’exposer la vérité et l’auraient admis comme tel.

Ce que nous voulons faire ressortir c’est la liberté complète de chacun de faire valoir ses talents comme il s’en sent capable, comme Evangéliste, par désignation

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directe de l’Ecclésia de la Nouvelle Création ou non. (Etienne, cependant, n’aurait pu enseigner dans l’Eglise sans avoir été choisi par l’Eglise dans cette intention). Cette liberté absolue de la conscience individuelle et des dons personnels, l’absence de tout lien ou de toute autorité restrictive, est l’un des signes distinctifs qui caractérisaient l’Eglise primitive et que nous ferions bien d’imiter dans son esprit et dans sa manière d’expression. Si l’Eglise a besoin d’anciens qualifiés et compétents pour enseigner, d’évangélistes pour prêcher, elle a aussi besoin de diacres pour assurer des services d’un ordre différent comme huissiers introducteurs, trésoriers ou tout autre. Ce sont des serviteurs de Dieu et de l’Eglise honorés en conséquence. Les anciens sont également des serviteurs dont le service se place sur un plan plus élevé, celui de la parole et de la doctrine.

DOCTEURS DANS L’EGLISE

Comme nous venons de le voir, l’aptitude à enseigner est la qualification nécessaire à tout ancien dans l’Eglise. Nous pourrions multiplier les citations tirées des Ecritures pour établir que saint Paul se considérait non seulement comme un Apôtre, comme un ancien et serviteur, mais encore comme un docteur, un professeur qui enseigne “non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit” (1 Corinthiens 2 : 13 ). Il n’enseignait ni les langues, ni les mathématiques, ni l’astronomie ni aucune autre science sinon celle qui se rapporte à l’Evangile, à la bonne nouvelle du Seigneur. Tel est le sens du texte que nous venons de citer et il est bon que les enfants de Dieu s’en tiennent strictement à cela. Non seulement ceux qui enseignent et prêchent la Parole, mais encore ceux qui écoutent, doivent ne pas perdre de vue que ce n’est pas la sagesse de l’homme qu’il faut mettre en avant mais la sagesse divine. Ainsi l’apôtre exhorte Timothée et lui

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dit: “Prêche la parole” (2 Timothée 4 : 2 ). “ Déclare ces choses et enseigne-les” (1 Timothée 4 : 11 ). “Enseigne ces choses et recommande-les” (1 Timothée 6 : 2 ). Allant même plus loin, l’apôtre précise que dans l’Eglise, non seulement les anciens mais tout le monde, doit faire en sorte que ceux qui enseignent des doctrines fausses, des philosophies, une fausse science” ne soient pas reconnus ni autorisés à enseigner l’Eglise. Il fixe constamment que, si quelqu’un enseigne autrement ”, etc... il convient de s’en écarter ; autrement dit, de ne pas donner son appui à ce qui serait un Evangile différent de celui qui a d’abord été reçu, qui vous a été annoncé par ceux qui vous ont prêché l’Evangile par le Saint Esprit envoyé du ciel”. 1 Timothée 6 : 3 à 5Galates 1 : 8.

Il s’en trouve qui sont capables d’enseigner, capables d’exposer, en clair, le plan divin dans le privé, mais qui n’ont aucun don pour parler en public, pour prophétiser ”. Il ne faut pas décourager ceux qui ne peuvent parler pour le Seigneur et pour sa cause que dans la conversation. Bien au contraire, il faut les inciter à profiter de toutes les occasions qui s’offrent à eux de s’adresser à ceux qui ont une oreille pour entendre et leur annoncer les vertus de notre Seigneur et Roi. Ici encore il convient de distinguer entre enseigner et annoncer (prêcher) (Actes 15 : 35 ). Prêcher c’est parler on public. L’enseignement se distribue généralement sur un plan d’ordre plus restreint — dans un groupe d’études bibliques ou dans une conversation particulière. Les meilleurs prédicateurs, orateurs publics ou prophètes ont reconnu que leur œuvre auprès du public se trouvait mieux mise au point lorsqu’elle était complétée par des exposés moins académiques, devant des auditoires moins nombreux où l’on pouvait expliquer les choses profondes de Dieu d’une manière plus intime.

Le don de l’évangélisation, savoir secouer les cœurs et l’es esprits des hommes pour les inciter à rechercher la vérité, est un don particulier que tous ne possèdent pas

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aujourd’hui pas plus qu’au temps de l’Eglise primitive. Bien plus, les conditions de vie très différentes ont plus ou moins modifié le caractère de cette activité. De nos jours et comme conséquence d’une instruction plus répandue, le travail d’évangélisation peut largement se faire par la page imprimée. Nombreux sont ceux qui, actuellement, se trouvent engagés dans cette œuvre, distribuant des tracts, en colportant les publications de l’AURORE DU MILLENIUM. Le fait que ces évangélistes travaillent suivant les méthodes de leur époque plutôt que d’après les méthodes du passé, ne dessert pas plus ce genre d’activité que les voyages rapides, grâce à la vapeur et à l’électricité, plutôt que d’aller à pied ou à dos de chameaux. L’évangélisation consiste avant tout à présenter la vérité — le divin plan des âges — la Parole de Dieu — la bonne nouvelle de grande joie ”. A notre jugement toute œuvre d’évangélisation ne vaut que par cela. Il y en a beaucoup qui possèdent le talent, les qualifications nécessaires pour s’engager dans ce service et qui ne sont pas aptes à assurer d’autres services que celui-là. De nombreux moissonneurs ne sont pas encore allés dans la vigne, pour qui nous prions constamment, en sorte que le Seigneur de la moisson les y envoie — leur donne d’entrevoir les privilèges et les occasions de s’engager dans le ministère de l’évangélisation

Lorsque l’évangéliste Philippe eut fait ce qu’il pouvait pour les gens de Samarie, Pierre et Jean leur furent envoyés (Actes 8 : 14 ). Ainsi en va-t-il pour nos colporteurs évangélistes. Après avoir éveillé l’esprit de leurs auditeurs ils peuvent attirer leur attention sur les ETUDES DES ECRITURES par lesquelles ils peuvent apprendre d’avantage sur les voies da Seigneur. De même que Pierre et Paul, Jacques et Jean, messagers et représentants du Seigneur adressèrent des épîtres à la maison de la foi, conduisant, conseillant et encourageant le troupeau, ainsi la littérature de la vérité visite les amis individuellement collectivement et régulièrement. Elle cherche à affirmer leur foi, à former et à cristalliser leurs caractères dans la voie du Seigneur et de ses apôtres.

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BEAUCOUP DEVRAIENT POUVOIR ENSEIGNER

L’apôtre a fait à certains la remarque suivante Vous en effet, qui depuis longtemps (depuis que vous avez connu la vérité) devriez être des maîtres (comme conséquence d’un manque de zèle pour le Seigneur et d’un certain esprit de mondanité) vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu” (Hébreux 5 : 12 ). Cette déclaration implique que, en général, l’Eglise tout entière, le sacerdoce dans son ensemble, les membres de la Nouvelle Création, devraient être familiarisés avec la Parole de leur Père au point d’être toujours prêts à répondre à quiconque demande raison de l’espérance qui est en eux (1 Pierre 3 : 15 ). Nous constatons une fois de plus que, du point de vue de l’Ecriture, l’enseignement n’est pas réservé à un clergé, que tout membre de la Nouvelle Création est un membre du Sacerdoce Royal, donc oint pour annoncer et partant valablement autorisé à faire connaître la bonne nouvelle à ceux qui ont une oreille pour entendre — chacun de la manière dont il se sent capable, avec exactitude et clarté. Mais ici intervient une autre déclaration particulière faite par un autre apôtre.

“ QU’IL N’Y AIT PAS PARMI VOUS UN GRAND NOMBRE DE PERSONNES QUI SE METTENT A ENSEIGNER ”

Jacques 3

Que veut dire ceci? L’apôtre lui-même répond: Car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement —les tentations et les responsabilités augmentent proportionnellement à mesure qu’on se signale, qu’on devient remarquable dans le Corps de Christ. L’apôtre ne veut pas dire qu’il ne faut “pas que personne enseigne, mais que celui qui croit posséder le don d’enseigner se souvienne que c’est une responsabilité “de s’avancer comme porte parole de Dieu ” — de s’assurer que rien ne soit dit qui puisse prêter à équivoque sur le caractère et le plan divins, ce qui déshonorerait Dieu d’une part tout en causant un certain dommage à ceux qui écouteraient d’autre part.

Ce serait un bien pour l’Eglise si tous reconnaissaient l’excellence de ce conseil et obéissaient à cette sagesse d’en haut. Il y aurait sans doute beaucoup moins d’enseignement qu’il ne s’en distribue maintenant mais l’effet produit tant sur ceux qui enseignent que sur ceux qui écoutent tendrait non seulement à plus de respect pour le Seigneur et la Vérité de sa Parole mais à plus de libération quant aux erreurs ambiguës. Dans le mène ordre d’idées, les paroles de notre Maître donnent à entendre que certains dont les enseignements n’auront pas été absolument conformes au plan divin seront pourtant admis dans le Royaume, mais à une position inférieure à celle qui aurait été la leur s’ils avaient été plus scrupuleux et n’avaient enseigné rien d’autre que le message divin. Il dit.: Celui qui violera d’un de ces moindres commandements et enseignera ainsi aux hommes, sera appelé le plus petit dans le Royaume des Cieux”.Matthieu 5 : 19 .

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“ VOUS N’AVEZ PAS BESOIN QU’ON VOUS ENSEIGNE ”

“Que l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous. Vous n’avez pas besoin que quelqu’un vous enseigne mais comme son onction vous enseigne toutes choses et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés”.

“Pour vous, vous avez reçu l’onction de la part de celui qui est saint et vous connaissez toutes choses”. — 1 Jean 2 : 27,20 .

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Etant donnés les nombreux textes des Ecritures qui encouragent l’Eglise à apprendre, à croître on grâce et en connaissance, à s’édifier mutuellement dans la très sainte foi, à espérer que le Seigneur suscite des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des docteurs, etc... cette déclaration de l’apôtre Jacques parait étrange si elle n’est pas bien comprise. Pour quelques-uns elle a été une pierre d’achoppement. Nous sommes persuadés cependant que le Seigneur n’a pas permis que ceux dont des cœurs se trouvaient dans la bonne condition fussent ébranlés par elle. La note dominante de l’Ecriture tout au contraire règle sur règle, précepte sur précepte — ainsi d’ailleurs que les expériences de la vie, suffisent amplement pour convaincre toute personne réfléchie qu’il existe quelque chose de foncièrement mauvais dans la traduction de ce passage et dans les idées qui en ont généralement été retirées. Ceux que ce texte a embarrassés sont surtout les suffisants, ceux que l’amour-propre conduit à préférer que le Seigneur les traite séparément, à part de tout le reste de la Nouvelle Création. Or, ceci contredit formellement la pensée générale des Ecritures pour lesquelles le Corps est un dont tous les membres sont tous réunis en un seul et tirent leur subsistance et leur force par et en relation avec les autres membres. Ce que le Seigneur veut c’est rendre ses enfants interdépendant l’un de l’autre, de manière à prévenir tout schisme dans le corps. C’est pour cette raison qu’il nous a exhortés, par son apôtre, à ne pas négliger nos assemblées et à nous rappeler qu’il lui est particulièrement agréable de rencontrer l’Ecclésia, le corps, dans n’importe quel endroit, même si “deux ou trois seulement se réunissent en son nom.

En examinant ce texte, nous trouvons que d’apôtre combat une erreur qui s’implantait dans son temps, une erreur grossière qui, au nom de la vérité, au nom du christianisme, sous le couvert d’être disciples de Christ, vidait de son sens la révélation tout entière. Ce système d’erreur, dit-il, ne fait pas parti de la véritable Eglise ni ne relève de ses doctrines. Au contraire, c’est l’anti-christ qui est opposé à Christ tout on se prévalant de son

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nom, mettant ainsi à la voile sous un faux pavillon. Parlant d’eux, il explique : ils sont sortis du milieu de nous mais ils n’étaient pas des nôtres (soit qu’ils n’aient jamais été de véritables chrétiens ou qu’ils aient cessé de l’être) ; car s’ils eussent été des nôtres ils seraient demeurés avec nous ”. Il dévoile leur erreur, savoir que les prophéties se rapportant au Messie étaient figuratives et ne devaient jamais trouver d’accomplissement dans l’humanité. Une telle conception “était la négation de la déclaration de l’Evangile que le Fils de Dieu avait été fait chair, avait été oint du Saint Esprit lors de son baptême, était devenu le Messie et nous avait rachetés.

La pensée de l’apôtre était la suivante: celui qui est devenu vraiment chrétien, celui qui, à quelque degré que ce soit, a compris le plan divin doit tout d’abord admettre qu’il est un pécheur au même titre que tous les autres hommes et qu’il a besoin d’un Sauveur; ensuite, que Jésus, le Oint a racheté tous les êtres humains par le sacrifice de sa propre vie. Vous n’avez pas besoin dit l’apôtre, que personne vous enseigne cette vérité de base. Vous n’auriez pu être chrétiens si vous aviez ignoré cette vérité fondamentale de la religion chrétienne que Christ est mort “pour vos péchés selon les Ecritures et est ressuscité pour votre justification — et de même pour notre justification, pour notre sanctification qui en est la conséquence, pour notre espérance de la gloire, tout cela dépendant du fait et de la valeur du sacrifice de Christ en notre faveur. Il explique qu’on aurait pu, avant que le Fils ne fut manifesté, se confier et croire au Père sans croire au Fils, mais que maintenant celui qui nie le Fils de Dieu nie également le Père et que personne ne peut confesser le Fils de Dieu sans confesser en même temps le Père lui-même et son dessein, lequel gravite autour du Fils qui en est l’agent exécutif.

Nous, de même, aujourd’hui, pouvons voir exactement ce que l’apôtre a voulu dire. Celui qui a été engendré du Saint Esprit doit d’abord avoir cru au Seigneur Jésus

[290] LA NOUVELLE CREATION

qui était l’Unique Engendré du Père ; qu’il fut fait chair qu’il était saint, innocent et séparé des pécheurs ; qu’il se donna lui-même pour notre rançon ; que son sacrifice fut agrée du Père ainsi qu’en témoigne sa résurrection comme Roi de gloire et Sauveur. Sans cette foi là, personne ne pourrait recevoir le Saint Esprit, l’onction. C’est pourquoi quiconque a reçu l’onction n’a pas besoin qu’on perde son temps à discuter de la question de savoir si Jésus était ou n’était pas le Fils de Dieu, s’il fut ou non le Rédempteur, s’il a été ou non le Messie Oint qui accomplira au temps marqué par Dieu les grandes promesses des Ecritures. Si la même onction que nous avons reçue demeure on nous, elle nous confirmera la vérité de ces choses . Demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés ”. Quiconque ne demeure pas on lui tout comme le sarment d’une vigne — se desséchera certainement. Mais celui qui lui reste attaché demeure également dans son esprit et ne peut le renier.

Quant à vous, vous avez une onction venant de celui qui est Saint, et vous le savez tous (version de Stapfer et Diaglott). Au cours de la Dispensation juive le Saint Esprit fut représenté par une huile sainte versée sur la tête du Souverain Sacrificateur et se répandant sur le reste de sa personne. De même celui qui appartient au Corps de Christ est sous l’onction, sous l’influence de l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur il y a douceur, onctuosité, lubrification. Sa tendance générale va dans te sens de la paix avec tout autant que cela est possible et autant que le permet la fidélité à la justice. Il s’oppose à la friction à la colère, à la malice, à la haine, à l’animosité. Ceux qui se trouvent sous son influence se réjouissent d’être enseignés de l’Eternel, et loin de se quereller à propos de son plan et de sa révélation, ils les acceptent promptement et trouvent ainsi l’onctuosité promise, la douceur, la paix, la joie, la sainteté de l’entendement.

Ceux qui ont reçu l’Esprit de Dieu à cet égard et ont éprouvé la paix, la joie et la tranquillité du cœur, savent que ces faveurs proviennent du fait que le Seigneur

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intervient en ce qui les concerne depuis qu’ils ont cru on Jésus et l’ont accepté comme l’Oint du Seigneur. Cette onction constitue donc une preuve, non pas seulement pour soi, mais surtout pour les autres, qu’on appartient au Corps de Christ. Par contre, ceux qui n’éprouvent pas cette paix et cette joie intérieures mais dont le cœur est plein de malice, d’animosité, de haine, et se complaît dans la bisbille, la dispute, les démêlés, ne connaissent pas cette manifestation de l’onction, la douceur qui accompagne l’Esprit d’En-haut. A la vérité nous ne nous ressemblons pas tous, et cette douceur peut dans les affaires courantes de la vie ne pas s’extérioriser aussi vite chez les uns que chez d’autres. Très vite, dans l’expérience chrétienne, cette douceur se traduira dans le cœur, démontrant ainsi que nous avons été avec Jésus, que nous avons appris de lui et que nous partageons son Esprit. Elle ne tardera pas ensuite à être remarquée par les autres dans la vie quotidienne.

Comme nous le voyons, rien dans les Ecritures ne contrarie la teneur générale de la Parole de Dieu relativement à la nécessité des explicateurs dans le sens d’apprendre la pensée de Dieu par leur intermédiaire. Non pas que nous prétendions que Dieu a besoin des explicateurs et ne pourrait pas instruire édifier les membres de la Nouvelle Création par quelque autre moyen, mais parce que sa Parole déclare que tel est le moyen qu’il a choisi, SA méthode pour instruire l’Eglise, le Corps de Christ, en sorte qu’il n’y ait pas de différend dans le corps, chacun apprenant à sympathiser, à collaborer, à aider l’autre.

Déjà nous avons considéré que ces docteurs ou explicateurs ne doivent pas être tenus pour infaillibles mais que ce qu’ils disent doit au contraire, être pesé, comparé aux normes divines — à ce qu’ont dit de Seigneur et les apôtres, les saints prophètes des âges passés qui ont parlé et écrit poussés par l’esprit saint et dans notre intérêt à nous qui sommes parvenus à la fin des temps. Nous en arrivons maintenant à la déclaration de l’apôtre

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“Que celui à qui l’on enseigne la Parole fasse participer celui qui enseigne en toutes bonnes choses ” Galates 6 : 6 .

“ CELUI A QUI L’ON ENSEIGNE ” ET “ CELUI QUI ENSEIGNE ”

Le texte comme tous les autres se rapportant au même sujet, montre que Dieu veut que l’instruction de ses enfants se fasse l’un par l’autre et que le plus humble de son troupeau doit penser par lui-même de manière à développer une foi individuelle aussi bien qu’un caractère personnel. Hélas! que ce point important est généralement perdu de vue parmi ceux qui se réclament de Christ! il est vrai que ce texte reconnaît l’existence d’un maître et des élèves. Mais les élèves doivent se sentir libres de faire participer, de faire connaître à celui qui les enseigne tout ce qui peut venir à leur connaissance se rapportant au sujet en discussion, non pas pour se substituer à celui qui enseigne mais tel un scrutateur intelligent envers son frère également scrutateur mais plus ancien que lui. Les élèves ne doivent pas être des machines, ils ne doivent pas avoir peur de faire participer...; mais en posant des questions, en attirant l’attention sur ce qui pourrait paraître être une application contestable de l’Ecriture ou quoi encore..., ils contribuent pour leur part à maintenir le Corps de Christ et ses enseignements dans la ligne de l’exactitude. Ils doivent être des critiques. Au lieu de décourager les membres à agir dans ce sens, au lieu de leur dire qu’ils ne doivent pas faire d’observations à celui qui enseigne ni raisonner ses exposés, ils sont au contraire invités à user de l’esprit critique, et à questionner.

Il ne faut pas s’imaginer pourtant que le Seigneur souhaite voir se développer un esprit de critique, une disposition à contester ou à trouver constamment à redire. Un tel état d’esprit est non seulement contraire à l’Esprit

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Saint mais il peut devenir très dangereux. Celui qui, dans un esprit de contradiction, propose un cas hypothétique ou supposé qu’il ne croit pas être vrai, tout simplement dans d’intention d’embarrasser celui à qui il s’adresse ou même dans le seul but de créer un climat de controverse, etc... travaille contre lui-même en même temps qu’il fait tort aux autres. L’honnêteté vis à vis de tout ce qui est vrai est une condition essentielle au progrès. Objecter à ce que l’on croit être vrai ou même soutenir pour un temps ce que l’on croit être une erreur, par plaisanterie ou pour tout autre raison, offense sûrement le Seigneur et attire quelque juste rétribution. Combien s’en est-il trouvé qui se sont mis à “parler avec sous-entendus” contre ce qu’ils croyaient pourtant être la Vérité et qui se sont trouvés, embarrassés, entraînés, aveuglés pendant tout le temps qu’a duré leur conduite équivoque! Après le Seigneur, la vérité est le bien le plus précieux qui soit au monde. Il ne faut pas ruser avec elle. Il ne faut pas jouer avec elle. Toute négligence dans ce domaine entraîne toujours quelque dommage. — Voir 2 Thessaloniciens 2 : 10 et 11 .

Il est bon de remarquer que l’expression faire participer” peut revêtir un sens très large et ne pas concerner seulement la participation dans les idées, les sentiments, etc... On peut la comprendre aussi dans le sens que celui qui est enseigné et reçoit des bienfaits spirituels peut participer d’une manière ou d’une autre au soutien de ceux qui enseignent, en donnant au Seigneur, aux frères, à la vérité, une partie des fruits de son travail et de ses dons. Telle est la nature même de la sainte disposition de la Nouvelle Création. On apprend très tôt dans l’expérience chrétienne la signification des paroles du Maître: “Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir”. Pour cette raison tous ceux qui sont animés de cet esprit sont heureux de donner de leurs biens matériels au service de la vérité dans la proportion où ils reçoivent les bénédictions spirituelles. Comment donner et avec quelle sagesse, c’est ce que nous envisagerons plus tard dans un autre chapitre.

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LA FEMME DANS L’EGLISE

Il serait peut être plus opportun d’examiner ce sujet après avoir discuté de la relation générale de l’homme et de la femme dans l’ordre que Dieu a voulu. Pourtant du point de vue qui nous intéresse actuellement, il est ici à sa place. Ce que nous en dirons par la suite corroborera, croyons-nous, ce que nous en disons maintenant.

Rien n’est plus clair que, dans le choix de son Ecclésia pour la Nouvelle Création, le Seigneur ignore les sexes. Hommes et femmes sont baptisés et deviennent membres du “seul Corps dont Jésus est la Tête. Les uns et les autres sont donc également susceptibles d’avoir part à la Première Résurrection, à Sa gloire, à son honneur et à son immortalité sous la condition générale “Si nous souffrons avec lui nous régnerons aussi avec lui ”. Le Seigneur et les apôtres n’ont pas eu des termes spéciaux pour parler de l’un ou de l’autre. C’est pourquoi toute limitation à l’égard de la femme, pour ce qui concerne le caractère et l’œuvre d’extension du service de d’Evangile, doit se comprendre comme se rapportant simplement au temps présent, tandis que nous sommes encore dans la chair, sans y voir ni supposer une préférence divine pour les hommes. Nous allons essayer de montrer que les distinctions entre les sexes se trouvent plutôt dans la ligne du symbolisme ou de la typologie. L’homme représente, symbolise, Jésus-Christ le Chef de l’Eglise, tandis que la femme figure l’Eglise, l’Epouse, soumise au chef que Dieu lui a donné.

L’amour de notre Seigneur pour sa mère, pour Marthe et Marie et autres “saintes femmes qui le servirent ”, ressort à l’évidence des récits évangéliques indépendamment de l’affirmation que Jésus les “aimait” (Jean 11 : 5 ). Cependant lorsqu’il choisit ses douze apôtres et plus tard les soixante-dix”, il ne choisit aucune femme. On ne peut croire qu’il fut là question d’un oubli, car, tout au long des seize siècles précédents, les femmes appartenant

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à la tribu de Lévi, furent toujours tenues à l’écart de toute fonction publique. On ne peut pas non plus expliquer la chose en supposant que les femmes se trouvant au nombre des amis de notre Seigneur n’étaient pas suffisamment instruites puisque ceux qui furent choisis étaient connus pour des hommes du peuple sans instruction”. Force nous est donc de conclure que, dans la pensée divine, seuls parmi les “frères” les hommes devaient être choisis pour être les serviteurs publics spéciaux et les ambassadeurs de l’Evangile. Ici nous remarquerons que l’arrangement divin est à d’inverse de la méthode suivie par le Grand Adversaire qui, tout en étant prêt à se servir de l’un ou l’autre sexe pour perpétrer son œuvre, a toujours trouvé dans la femme son représentant le plus efficace.

La première femme fut le premier instrument dont se servit Satan: un instrument de réussite en vérité puisqu’il perdit le premier homme et plongea toute la race dans le péché et la mort. Les sorcières du passé, les médiums spirites, la “science chrétienne de notre époque sont autant de confirmations que l’œuvre de Satan se traduit dans les faits par les femmes presque autant que l’œuvre de Dieu fait intervenir des hommes. De plus la méthode divine va à l’encontre de la tendance naturelle qu’ont les hommes à estimer particulièrement les femmes dans les questions religieuses accordant volontiers au beau sexe plus de pureté, de spiritualité, de communion avec Dieu. Cette tendance se signale tant dans les annales du passé que dans celles du présent. En Egypte, c’était la déesse Isis. Il y avait également la déesse assyrienne Astarté, la déesse grecque Diane et Junon et Vénus et Bellone sans compter la Mariolâtrie qui, depuis des siècles et encore maintenant compte énormément pour plus des deux tiers de ceux qui se réclament de Christ en dépit de la plus expresse démonstration que c’est l’homme qui doit parler et représenter le Seigneur dans son Eglise.

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En dehors de cette signification symbolique , la Paroles de Dieu n’apporte aucune autre raison de distinguer entre les sexes et nos suppositions à ce sujet peuvent être ou ne pas être correctes. D’après nous cependant certains types de femmes parmi les plus nobles présentent quelques tendances du cœur et de l’esprit qui ne les désignent pas pour tenir des services religieux publics. Par exemple, par nature, et fort heureusement, la femme est animée du désir de plaire, d’être l’objet d’approbation et de félicitations. Cette qualité est d’un prix inestimable à la maison. C’est à elle qu’on doit une table appétissante et une maison agréable à habiter toute différente des chambres des vieilles bonnes ou des vieux célibataires. La vraie femme est heureuse de s’occuper à rendre sa famille heureuse. Elle est heureuse quand les siens apprécient ses efforts culinaires et autres et le lui disent. Il est bien certain qu’il ne faut jamais ni contester les louanges qu’elle mérite et qui lui sont dues, que sa nature demande et qui sont indispensables à sa santé et à son épanouissement.

Mais si la femme quitte sa sphère — déjà si vaste et si importante par elle-même que le poète a eu raison de dire La main qui tient le berceau est celle qui gouverne le monde ” — si elle affronte le public au titre de conférencier, professeur ou écrivain, elle se place dans une situation critique. En effet, certaines particularités de son sexe — nous en avons déjà mentionné une — qui tendent à faire d’elle une vraie femme, attirante pour de vrais hommes, concourraient, dans des conditions contraires a la nature, à altérer sa féminité en lui donnant des allures masculines. La nature a imposé aux sexes leurs mesures et leurs limites, non seulement dans les contours physiques et la chevelure, mais aussi dans les qualités du cœur et de la tête, adaptant l’un à l’autre avec un tel bonheur que si l’on ignorait ses lois, on irait finalement à l’encontre de son propre avantage, quelque bénéfiques que les changements puissent apparaître pour un temps.

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Le désir de Louanges que la nature a si généreusement accordé à la femme et qui, bien exercé, lui est si utile dans la tenue du foyer et de la famille, lui devient presque à coup sûr un piège si elle vient à se trouver devant un public, dont elle recherchera l’approbation, soit de l’Eglise, soit du monde. Vouloir briller, vouloir paraître plus sage ou plus capable que d’autres, est le danger qui guette tous ceux qui affrontent un public. Il n’est pas douteux que ce sentiment ait fait trébucher des hommes qui, s’enorgueillissant, sont tombés dans le piège que leur tendait l’Adversaire. Or, le fond de caractère de la femme la rend particulièrement vulnérable sur ce chapitre. Dans son désir de paraître, non seulement elle tomberait elle-même mais elle en ferait tomber d’autres. En s’écartant de la droite ligne, l’Adversaire apporterait nécessairement une huile falsifiée dont la fausse lumière pourrait conduire à l’écart du chemin du Seigneur. Ainsi l’avertissement de l’apôtre: “Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement (Jacques 3 : 1) aurait d’autant plus sa raison d’être s’il s’adressait à des sœurs. A la vérité le danger serait si réel qu’aucun élément féminin n’a été établi en vue de l’instruction des autres et que l’apôtre a écrit: “ Je ne permet pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence”. 1 Timothée 2 : 11,12

Cette déclaration péremptoire et précise ne peut cependant pas vouloir dire que les sœurs de la Nouvelle Création ne peuvent jamais apporter de bénédiction en racontant les vérités bibliques. Le même apôtre parle dans les meilleurs termes de saintes femmes de son époque qui aident dans le ministère. Il parle par exemple de Priscille et de son mari comme “compagnons d’œuvre” ou co-ouvriers” (Romains 16 : 3 ). C’est plus que simplement pourvoir aux besoins de l’apôtre en le recevant dans leur maison. Ils l’aidaient dans son travail, non seulement pour faire des tentes mais surtout dans l’œuvre principale du ministère de l’Evangile. Plus loin (verset 6 ) il mentionne les services de Marie qui a pris beaucoup de peine pour nous ”. Sans doute n’était-elle pas une

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compagne d’œuvre. Les services qu’elle rendit à l’apôtre et qu’il se plaît à reconnaître étaient des services d’ordre personnel — laver son linge peut être ou raccommoder ses vêtements. Le service de Priscille, au contraire, est du même ordre que celui d’Urbain (verset 9 ). Le fait que le nom d’Aquilas vient après celui de sa femme tendrait à établir que, des deux, la femme était la plus active. Tryphène et Tryphoise (verset 12 ) qui travaillent pour le Seigneur étaient deux autres sœurs dont les noms sont parvenus jusqu’à nous.

Toute interprétation des paroles de l’apôtre qui aboutirait à contester aux sœurs l’occasion de travailler pour le Seigneur ne serait pas exacte. C’est dans les rassemblements de l’Eglise (deux ou trois ou plus) en vue d’un culte de louange et d’édification mutuelle que les sœurs doivent s’effacer et ne pas essayer de prendre la direction ou se mettre à enseigner. C’est cela qui constituerait une usurpation de l’autorité sur l’homme, sur qui, tant par la loi de nature que par le commandement, le Seigneur a placé la responsabilité de l’orientation des différents ministères, sans doute pour de bonnes raisons, que nous les admettions ou non.

Les restrictions qu’apporte l’apôtre concernent de toute évidence les réunions du genre de celles décrites en 1 Corinthiens 14 . Les sœurs assistaient à ces réunions et avaient part aux bénédictions qu’on en retire. Elles s’unissaient aux chants et cantiques spirituels ainsi qu’aux prières faîtes par l’un ou l’autre. L’apôtre voulait avant tout inculquer la nécessité d’introduire un certain ordre dans les rassemblements en sorte qu’ils soient profitables pour tous au maximum. Il insiste pour que pas plus qu’un ne parle ou prophétise à la fois et que tous les autres écoutent ; et même que dans une assemblée pas plus que deux ou trois ne parlent de manière qu’il n’y a pais trop d’idées émises au cours d’une même réunion. De même celui qui parlait en langue étrangère devait attendre que quelqu’autre fût à même de l’interpréter.

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Les femmes ne devaient pas parler dans les réunions de ce genre. Mais, à la maison, en dehors des lieux de rassemblements, elles pouvaient interroger leurs maris ”. Elles pouvaient exposer leurs conceptions ou poser des questions par l’intermédiaire des frères (hommes) qu’elles connaissaient le mieux leurs maris, si possible, ou les frères avec qui elles conversaient sur le chemin du retour du lieu de réunion à la maison, etc... A la maison ici, veut dire au sein de la famille ou entre amis La pensée qui se dégage paraît donc être la suivante: Que les femmes posent leurs questions par les hommes de leurs connaissances. L’apôtre précise : Il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises selon que le dit aussi la loi”.1 Corinthiens 14 : 34 à 36 .

De toute évidence il se trouvait dans l’Eglise de Corinthe des partisans de l’idée des droits de la femme prétextant que, dans l’Eglise, les deux sexes avaient des droits identiques. Non seulement l’apôtre réfute cette idée mais il réprimande leur audace tendant à introduire des habitudes non admises dans les autres communautés du peuple de Dieu. Il dit : Est-ce de chez vous que la parole (message) de Dieu est sorti? Ou est-ce A vous seuls qu’elle est parvenue (venant d’ailleurs) ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur ” — et non pas l’expression de mon opinion personnelle ou de mon propre caprice. Nous donc aussi, tout comme les Corinthiens, pouvons avoir notre propre jugement sur cette question, mais avons à nous soumettre à ce que dit l’apôtre comme étant le commandement du Seigneur. Et que si quelqu’un conteste le bien fondé de l’apôtre à ce propos qu’il soit conséquent avec lui-même et rejette l’apôtre totalement.

Il est bon, ici, d’attirer l’attention sur les paroles de l’Apôtre lorsqu’il parle des dons accordés par le Seigneur à l’Eglise à la Pentecôte. Il dit : Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres

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comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du Corps de Christ (Ephésiens 4 : 11 et 12 ). Dans le grec, l’article indique le genre : masculin, féminin ou neutre. Ce texte est donc excellent pour décider dans quel sens particulier le Seigneur a, par le Saint Esprit, déterminé le genre des serviteurs actifs donnés à son Eglise. Que remarque-t-on dans le texte ci-dessus et quel genre marque le texte grec? La réponse est que l’article tous (pluriel, accus, masculin ) se trouve devant les mots apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et qu’il n’y a pas d’article devant le mot docteurs qui, selon toute apparence concerne les aides” (1 Corinthiens 12 : 28 - D) ou que l’on peut encore comprendre comme se rapportant à des apôtres-hommes, prophètes-hommes, évangélistes-hommes, pasteurs-hommes, tous étant docteurs.

Remarquons cependant que le fait, pour une sœur, d’attirer l’attention de l’assemblée sur ce qu’ont dit le Seigneur ou les apôtres à propos d’un sujet en discussion et sans exposer ses idées personnelles, ne peut être considéré comme un acte d’enseignement, ni une prise d’autorité sur l’homme. Elle ne fait, en ce cas, que rappeler les paroles d’instructeurs reconnus et autorisés. De même, pour une sœur, le fait de se référer ou de lire à d’autres, tel livre ou tel autre de nos publications sur les Ecritures, ne peut être assimilé à un enseignement provenant d’elle-même mais plutôt de l’auteur du livre considéré. Comme on peut le voir la méthode suivie par te Seigneur sauvegarde son troupeau en même temps quelle pourvoie amplement à ses besoins.

Il est possible que tous obéissent au commandement divin mais, très certainement, personne n’en saisira la portée s’il ne réalise que, dans le mode d’expression biblique, la femme représente l’Eglise, et l’homme représente le Seigneur, le Chef ou Maître de l’Eglise (Voir Ephésiens 5 : 231 Corinthiens 11 : 3). Comme l’Eglise ne doit pas essayer d’instruire le Seigneur, la femme, qui

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figure l’Eglise, ne doit pas assumer le rôle d’instructrice vis à vis de l’homme qui, lui, représente le Seigneur. Cette idée, une fois acquise, aucune sœur ne doit se sentir diminuée et aucun frère ne doit se rengorger. Tous auront plutôt à la pensée que le Seigneur est l’unique docteur, que les frères doivent se garder d’exprimer une sagesse de leur cru mais simplement présenter aux autres ce que le Maître donne comme vérité. Appliquons ainsi ce passage de l’Ecriture (1 Timothée 2 : 11,12) au Seigneur et à l’Eglise : Que l’Eglise écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à une église d’enseigner ni de prendre de l’autorité sur Christ mais elle doit demeurer dans le silence”.

QU’ELLE SOIT COUVERTE

Déjà nous avons indiqué (1) que le Souverain Sacrificateur représentant Christ, le Souverain Sacrificateur de notre profession, — revêtu de ses vêtements sacerdotaux, avait seul le droit d’aller la tête découverte. Les autres sacrificateurs figurant l’Eglise, le Sacerdoce Royal” devaient avoir la tête couverte par des bonnets” Ce type enseigne exactement ce que nous venons de voir. Dans les assemblées de la Nouvelle Création, le Seigneur, le Souverain Sacrificateur antitypique, est représenté par les frères, tandis que l’Eglise ou Sacerdoce Royal est représentée par les sœurs lesquelles, comme le précise l’apôtre, doivent de même porter une coiffure. La signification est la même et marque le service de l’Eglise à son Seigneur. C’est ce que détaille l’apôtre en 1 Corinthiens 11 : 3 à 7,10 à 15 .

On a prétendu que, puisque l’apôtre présente la longue chevelure de la femme comme une coiffure que lui aurait donnée la nature cela n’allait pas plus loin. Or, le verset 6 pose un principe contraire. L’apôtre a voulu exprimer que, non seulement les femmes devraient laisser croître leur

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chevelure comme la nature l’a voulu mais que, de plus, elles doivent porter une coiffure, laquelle, d’après le verset 10 , a une valeur de SIGNE, de reconnaissance symbolique d’être soumise à l’acceptation de l’autorité de l’homme, tout comme l’Eglise entière est soumise à la loi de Christ. Le verset 5 paraît dès l’abord contredire à l’exigence que les femmes gardent le silence dans les Ecclésias. Nous pensons toutefois que si, dans le service général de l’Eglise, l’élément féminin ne doit jouer aucun rôle public, dans les réunions plus fermées de prières et de témoignages et non dans un but d’enseignement doctrinal, il ne saurait y avoir d’objection à ce que les sœurs y participent la tète couverte.

A ce propos qui vise à perpétuer la coutume chez les sœurs de se couvrir la tête, l’apôtre le recommande mais ne le présente pas comme un commandement divin. Il ajoute au contraire “Si quelqu’un se plaît à contester (sur cette question) nous n’avons pas une telle coutume (une règle positive dans l’Eglise) ”. Ce n’est pas un sujet de première importance, bien que toutes celles qui cherchent à faire la volonté de Dieu devraient ne pas négliger ce détail plus que d’autres, dès l’instant qu’elles en discernent la propriété en tant que symbole. Les mots “à cause des anges paraissent faire allusion. aux anciens choisis, qui représentent le Seigneur, la Tête dans les Ecclésias. Apocalypse 2 : 1 .

Pour nous résumer nous suggérons que l’interprétation la plus libérale possible soit donnée aux paroles inspirées de l’apôtre relativement à l’étendue de la liberté des sœurs dans les affaires de l’Eglise. Voici quel est, à notre jugement, ce qui en ressort:

1) Les sœurs jouissent de la même liberté que les frères dans ce qui concerne l’élection des serviteurs de l’Eglise, Anciens et Diacres.

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2) Les sœurs ne peuvent être anciens ou instructeurs dans l’Eglise parce que l’apôtre déclare: “Je ne permets pas à la femme d’enseigner” (1 Timothée 2 : 12 ). Cependant il ne faut pas interpréter cette restriction dans le sens d’empêcher les sœurs de prendre part aux réunions ne revêtant pas un caractère de prédication telles les réunions de prières et de témoignages, d’études béréennes, etc... parce que l’apôtre dit que si une sœur prie ou prophétise (parle) elle doit le faire la tête couverte reconnaissant par là que le Seigneur, le Grand Docteur, est particulièrement représenté dans la personne des frères (1 Corinthiens 11 : 5,7,10 ). Une participation comme celle-là n’a pas besoin d’être considérée comme un enseignement. Les frères eux-mêmes, à ce moment, n’enseignent pas non plus. Comme le dit l’apôtre: “Tous sont-ils docteurs ? ”. Non. Les docteurs ou Anciens sont choisis spécialement et toujours parmi les hommes. — Ephésiens 4 : 112 Timothée 2 : 241 Corinthiens 12 : 28,29 .

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Ordre et Discipline

dans la Nouvelle Création

ETUDE VI

ORDRE ET DISCIPLINE

DANS LA NOUVELLE CREATION

Ce que veut dire L’ordination Seulement douze ministres plénipotentiaires “ Clercs” et “Laïques” Le choix des Anciens et des Diacres - Etablir des Anciens dans chaque Ecclésia - Qui peut élire les Anciens et comment - La majorité ne suffit pas Différents ministères Un ministère doit-il étire payé? Discipline dans l’Ecclésia Où l’on se croit à tort appelé à prêcher “Avertissez ceux qui vivent dans le désordre” L’avertissement ne doit pas être l’affaire de tous Les reproches publics doivent être rares “Que personne ne rende à autrui le mal pour le mal Exciter d la charité Nos assemblées ” “Variété et caractère de nos réunions - La doctrine, encore nécessaire Occasions de poser des questions Exemple de réunions utiles “Que chacun soit persuadé en son propre esprit Services funèbres Dîmes, collectes, aumônes.

Pour examiner ce sujet il est bon d’avoir l’unité de ’Eglise présente à l’esprit. Si, dans son ensemble et de par le monde, l’Eglise est une, chaque groupement de croyants représente le tout. Chaque Ecclésia doit donc considérer le Seigneur comme son chef et reconnaître les douze apôtres comme étant les douze étoiles, les lumières, les enseignants, que le Seigneur a spécialement tenus par la main et dirigés, se servant d’eux pour instruire l’Eglise en tous lieux, dans chaque assemblée et pendant toute la durée de l’âge de l’Evangile.

Chaque assemblée ou Ecclésia même composée de deux ou trois personnes — doit se faire un devoir de reconnaître quelle est la volonté du Maître en toutes choses. Elle doit se sentir à l’unisson avec toutes les chères Ecclésias d’une “ même foi ” dans le sacrifice du Rédempteur et dans les promesses de Dieu, se réjouir de ce qui leur arrive de bien et admettre que le Seigneur, surveillant général de son œuvre, peut, aujourd’hui comme à toutes les époques, utiliser des moyens particuliers pour le service de l’Eglise tout entière en même temps qu’il emploiera certains membres dans les petites assemblées locales. S’attendant à l’Eternel et discernant le caractère de ses serviteurs —- humbles, zélés, de bonne réputation ayant des idées claires sur la Vérité, marquant à l’évidence qu’ils ont reçu l’esprit et se trouvent sous son onction elles seront prêtes à COMPTER SUR les dispositions générales nécessaires aux besoins de l’Eglise et à chercher à prendre part à la bénédiction collective, à la dispensation de la “ nourriture au temps convenable” promise par le Maître. Elles se rappelleront également qu’Il a promis une bénédiction particulière à la fin de cet âge, qu’il attribuerait des choses nouvelles et des choses anciennes à la maison de la foi, par les moyens appropriés dont il ferait choix. Matthieu 24 : 45 à 47 .

Les moyens, les méthodes qu’il utilisera pour envoyer ces bienfaits, il les surveillera et les dirigera lui-même.

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Tous les membres du Corps, d’accord avec la Tête doivent avoir confiance et attendre l’accomplissement de ses promesses tout en “ éprouvant les esprits ” — éprouvant les doctrines d’où qu’elles viennent. Cette épreuve ou examen n’implique pas une méfiance à l’égard de ceux en qui l’on reconnaît des éléments conduits par le Seigneur pour répandre la Vérité. Elle témoigne plutôt en faveur d’une fidélité au Seigneur et à la Vérité, au-dessus de tout ce que les hommes peuvent dire. Elle montre aussi que les membres n’écoutent pas la voix de l’homme mais celle du Grand Berger, qu’ils se régalent de ses paroles et les aiment — aiment à se les redire et à (se) les assimiler. Ces membres là se fortifient plus rapidement dans le Seigneur et dans la puissance de sa force que d’autres, étant plus attentifs à la direction et à l’instruction de Dieu.

Cette unité générale du corps, cette sympathie universelle, cet enseignement uniforme répandu par un même canal auquel le Seigneur a pourvu en vue du rassemblement de ses joyaux à sa seconde présence (Malachie 3 : 17 ; Matthieu 24 : 31) ne contrarie pas la reconnaissance d’un certain ordre qui doit exister dans chaque groupe ou Ecclésia. Si petit que soit de groupe, l’ordre y est nécessaire. Par ce mot “ordre ” nous n’entendons nullement cependant évoquer une rigidité ou un formalisme. L’ordre qui opère le mieux et à la satisfaction de tous est celui que ne fait pas de bruit parce qu’on n’en soupçonne pas le mécanisme. Même si la réunion ne rassemble que trois, ou cinq ou dix personnes, il faudrait néanmoins demander au Seigneur la direction nécessaire pour trouver parmi elles ceux qui seraient susceptibles d’être reconnus comme anciens parce que plus avancés dans la Vérité et possédant les qualifications d’un Ancien comme nous les avons déjà exposées d’après la Parole inspirée: clarté dans la conception de la Vérité, aptitude à l’enseigner, vie sains reproche du côté moral, disposition à maintenir l’ordre sans friction inutile comme dans sa propre famille par exemple, etc...

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Si le petit groupe se laisse ainsi conduire par la Parole de l’Esprit de Dieu, ce qui résulte de l’élection des serviteurs, après y avoir mûrement réfléchi, devrait être admis comme représentant la pensée du Seigneur, les personnes choisies au titre d’anciens étant, selon toute probabilité, les meilleurs éléments de l’assemblée. Cependant, il convient d’y apporter du soin en sorte que de tels choix ne se fassent pas sans mûre considération et sans prière. C’est pourquoi, on ne peut que recommander d’annoncer la chose suffisamment d’avance, et de faire en sorte que seuls ceux qui prétendent être, de nouvelles créatures (hommes et femmes) soient appelés à exprimer la pensée du Seigneur — par le vote. Il faut avoir dépassé le stade de la repentance , de la restitution au prochain dans la limite du possible, de l’acceptation du sacrifice de Christ comme condition essentielle à un retour à l’harmonie avec Dieu, et avoir franchi le pas de la consécration pleine et entière au Seigneur, pour avoir part à l’onction et aux privilèges accordés à la “ maison des f ils ”. Eux seuls sont compétents pour apprécier et exprimer la pensée, la volonté du Chef du Corps de l’Eglise. Eux seuls forment l’Eglise, le Corps de Christ, tandis que les autres, qui n’ont pas encore doublé le cap de la consécration mais se confient néanmoins dans le sang précieux, doivent être considérés comme appartenant à la “ maison de la foi ” dont on espère le progrès et au bien de laquelle on s’emploie.

ORDONNER DES ANCIENS DANS CHAQUE ECCLESIA

“ Ils firent nommer des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les ‘recommandèrent au Seigneur ”. Actes 14 : 23 .

Cette manière d’expression et autres références aux anciens dans toutes les églises, établit que telle était la coutume invariable dans l’Eglise primitive. Le mot “ anciens comprend les évangélistes, les pasteurs, les

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docteurs et les prophètes (ceux qui parlent en public). Il importe donc que nous sachions ce que signifie ce mot nommer ” ou “ ordonner ”. Habituellement il éveille l’idée d’une cérémonie d’installation. Mais tel n’est pas le sens du terme grec KIROTONKO qu’on trouve ici. Il veut dire “élire, designer par mains levées ”, manière de voter d’ailleurs encore en usage. Cette définition est donnée dans la concordance analytique de la Bible du Professeur Young. Comme on pourrait suspecter la tendance presbytérienne de cet ouvrage, mous citerons encore la définition de la Concordance Exhaustive de Strong ” qui était méthodiste et qui spécifie le sens de la racine de ce mot : “ Celui qui lève la main, qui vote (en levant la main) ”.

Notre Seigneur se sert d’un mot grec tout différent lorsqu’il dit à ses apôtres “ Moi je vous ai choisi et je vous ai établis ordonnés (Jean 15 : 16 ). C’est de ce même mot, TITHEMI, que se sert l’apôtre lorsque parlant de sa propre ordination il dit : “J’ai été établi (ordonné, dans la version anglaise seulement) comme prédicateur et apôtre ” (1 Timothée 2 : 7 ). Or, cette ordination, l’apôtre déclare qu’elle ne provient “ ni de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père ” (Galates 1 : 1 ). Tous les membres du Corps Oint, unis à la Tête et animés de son Esprit, sont par la même semblablement ordonnés (établis) non pas dans la fonction d’apôtre comme le fut Paul, mais comme ministres ou serviteurs de la Vérité chacun selon ses talents et les occasions dont il dispose (Esaïe 61 : 1 ) — les douze seulement ayant été établis (ordonnés) au titre d’apôtre, de représentants spéciaux de ministres plénipotentiaires.

Pour en revenir à l’ordination ou nomination des anciens par le vote de l’assemblée (Ecclésia) de la Nouvelle Création, à “ main levée ”, ainsi que nous l’avons déjà exposé, on remarquera que telle était l’habituelle manière de faire. L’apôtre se sert du même mot grec lors qu’il raconte comment Tite est devenu son assistant. Il dit: qui a aussi été choisi par les églises pour

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être notre compagnon de voyage ”. Cet “ a été choisi ”traduit le grec KIROTONFO qui veut dire élire à main levée ”. De plus, le “aussi ” semblerait indiquer que l’apôtre lui-même a été choisi par un vote similaire, non pas choisi comme apôtre, mais comme missionnaire —représentant des églises en cette occasion et peut-être même à leur frais.

Il est évident que les tournées de l’apôtre n’ont pas été toutes patronnées par l’église d’Antioche (2 Timothée 1 : 15 ). L’Eglise primitive laissait tout le monde libre d’exercer ses dons et de s’organiser conformément à sa conscience. Les Ecclésias (assemblées) pouvaient accepter ou refuser les services des apôtres, même comme représentants. De leur côté les apôtres pouvaient également vouloir ou ne pas vouloir s’engager, chacun exerçant son propre jugement on toute liberté.

N’existe-t-il pas pourtant d’ordination d’anciens, dans le Nouveau Testament, qui soit autre chose qu’une élection? N’y a-t-il rien qui paraîtrait conférer une autorité, une autorisation de prêcher, dans le sens que le mot ordonner revêt actuellement dans le langage ecclésiastique de toutes les dénominations lorsqu’il s’agit de l’installation officielle, de l’ordination d’évêques, de prédicateurs, etc... C’est ce que nous allons examiner.

Le mot ordonner, au regard des Anciens, ne se retrouve dans la version anglaise qu’en un autre endroit seulement et traduit un autre mot grec différent, KATHESTEMI qui veut dire : placer, établir ”. Ce mot se trouve dans Tite 1 : 5 : afin que tu mettes on ordre ce qui reste à régler et que, selon mes instructions, tu établisses (tu ordonnes — vers. ang.) des anciens dans chaque ville ”. D’après ce texte il semblerait que Tite avait autorité pour établir ces anciens sans tenir compte des desiderata des assemblées (églises, Ecclésias). C’est sur cette conception que repose toute la théorie épiscopalienne de l’ordre ecclésiastique. Les Catholiques, les Episcopaliens, les Méthodistes, prétendent tous que

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leurs évêques disposent de l’autorité apostolique d’établir, de nommer des anciens dans les églises, sans manifestation par un vote à mains lavées de la part de l’assemblée.

C’est ce texte qui constitue le bastion défenseur de cette idée. Or, il se révèle bien faible quand on prend en considération le “ selon mes instructions ” qui marque que l’apôtre n’aurait assurément pas donné à Tite l’autorisation, “ l’instruction ” d’opérer autrement que ce que lui (l’apôtre) avait l’habitude de faire. Or, la procédure de l’apôtre, traduite exactement, est très explicite: Ils firent nommer, par vote à main levée, des Anciens dans chaque église et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur ”. Actes 14 : 23 .

Sans doute, les avis de l’apôtre, les avis de Tite qui avait été spécialement recommandé en tant que ministre fidèle de la Vérité, devaient être non seulement souhaités mais encore recherchés par les frères et très généralement suivis. Malgré cela, l’apôtre et ceux qui suivirent son exemple ne visèrent à rien d’autre qu’à laisser, la responsabilité où Dieu l’avait placée c’est-à-dire sur l’Ecclésia dont le devoir consiste à “ éprouver les esprits (enseignements et enseignants) pour savoir s’ils sont de Dieu ” (1 Jean 4 : 1 ). “ Si quelqu’un ne parle pas selon cette Parole, c’est parce qu’il n’y a pas de lumière an lui”. “Détournez-vous d’eux conseille l’apôtre. Il ne faut pas voter pour eux ni les accepter comme anciens, docteurs, etc...

De toute façon la position de l’Ecclésia devait nécessairement être prise en considération, qu’elle l’exprime par un vote ou non. A supposer que Tite ait installé des anciens sans tenir compte de la pensée des frères, combien de temps aurait duré la paix dans l’assemblée? Quel service pastoral ou autre, un Ancien, imposé à l’encontre des sentiments de l’église, pourrait-il rendre? — Pratiquement aucun.

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C’est aux intrigues des ecclésiastiques et non aux enseignements de notre Seigneur et de ses douze apôtres qu’il faut imputer la division des saints en deux catégories le clergé” et “ les laïques ”. C’est l’esprit clérical et l’esprit de l’antichrist qui cherchent encore à dominer sur l’héritage de Dieu de toutes façons possibles selon le degré d’ignorance prévalant dans les églises. Le Seigneur et les apôtres ne reconnaissent pas les Anciens mais l’Eglise (l’Ecclésia) comme étant le Corps de Christ. L’honneur ou dignité qui rejaillit sur les Anciens fidèles comme serviteurs du Seigneur et de l’Eglise, n’a rien à voir avec le fait qu’ils se considèrent comme Anciens ou le soient par d’autres Anciens. Ils doivent être connus de l’assemblée qui les choisit. Les membres de l’assemblée doivent, à la lumière de la Parole divine, reconnaître leurs grâces chrétiennes, leurs aptitudes, là où elles font défaut cette position ou cet honneur ne pourrait leur être octroyé. Ainsi donc, aucun Ancien n’exerce aucune autorité par lui-même. En fait, la tendance à ignorer l’Eglise, le Corps de Christ, et à estimer son jugement personnel comme supérieur à celui de l’ensemble, constitue la preuve par excellence qu’un tel frère ne se trouve pas dans les dispositions convenables, pour devenir Ancien. Etre humble, admettre l’unité de l’Ecclésia comme Corps de Christ demeurent les principes essentiels pour assurer ce service .

Et aucun frère ne peut assumer d’obligation publique dans l’Eglise au titre de conducteur ou de représentant, etc... sans avoir été l’objet d’une élection, même si le résultat de cette dernière ne faisait aucun doute. La méthode scripturale de nommer des anciens dans toutes les églises consiste en un vote à main levée par l’assemblée. Vouloir une élection de ce genre avant de servir, c’est aller dans le sens de l’ordre recommandé par les Ecritures. Elle fortifie l’Ancien en même temps qu’elle rappelle à l’Ecclésia quels sont ses devoirs et ses responsabilités lorsqu’elle choisit ses anciens au nom et dans l’esprit du Seigneur, exprimant le choix de Dieu, la volonté de Dieu. En plus de cela, cette manière d’opérer,

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selon l‘Ecriture, intéressé les membres de l’Ecclésia à ce que disent et font les Anciens qui les servent et les représentent. Elle constitue un barrage à l’opinion trop courante que les anciens sont les chefs et doivent gouverner les églises, en même tempe qu’elle met un point final aux conceptions qui consistent à parler du troupeau comme “ mon troupeau” plutôt que comme “ le troupeau du Seigneur que je sers ”.

Pourquoi donc ces questions pourtant si simplement scripturales, ne sont-elles pas plus généralement comprises et exposées ? Parce qu’il plaît à l’humaine nature d’être honorée et préférée et qu’elle accepte rapidement les conditions d’erreur qui favorisent ces sentiments. Parce que les gens y ont été habitués depuis dix-sept siècles et qu’en fait ils les préfèrent à la liberté à laquelle Christ les a appelés. Et puis, bon nombre ont éprouvé une telle confiance dans les coutumes de Babylone qui devaient être bonnes, qu’ils n’ont jamais étudié la parole de Dieu à ce propos.

DUREE DE L’ANCIENNAT

Rien n’étant dit, par inspiration au sujet de la durée du mandat d’un Ancien, nous sommes donc libres d’exercer notre raison et notre jugement à cet égard. Bien des personnes pourraient être anciens, des frères avancés dans l’Eglise, être utiles et hautement appréciés, et pourtant ne pas se trouver au nombre des anciens acceptés par l’Ecclésia pour la représenter comme évangélistes, docteurs, pasteurs. Les “femmes âgées” 1) dont les apôtres parlent favorablement en maintes circonstances, sont mentionnées sans la moindre suggestion qu’aucune d’entre elles ait jamais été choisie comme “ anciennes” ou docteurs pour enseigner dans l’assemblée (Ecclésia). Parmi ceux qui ont été choisis pour le service de


1) La place de la femme dans l’Eglise est envisagée dans l’étude V

[314] LA NOUVELLE CREATION

l’Ecclésia, il peut s’en trouver qui cessent d’offrir les qualifications requises tandis que d’autres, sous l’impulsion divine, peuvent accéder à plus d’activité dans le service de l’Eglise. Une année, une fraction d’année — soit un semestre ou un trimestre paraissent être des périodes de services appropriées la plus courte si la personne est moins expérimentée, la plus longue si, au contraire, elle est suffisamment expérimentée et connue. En. l’absence de règle et même d’avis ou de suggestion, il appartient à chaque assemblée de décider au mieux quelle peut être la volonté du Seigneur dans chaque cas.

DU NOMBRE DES ANCIENS

Le nombre des anciens n’est pas limité par les Ecritures. Raisonnablement cela doit dépendre de l’importance de l’Ecclésia et du nombre d’éléments capables. Il ne faut tenir personne pour un croyant, pour quelqu’un qui soit entièrement consacré, sans que par ses paroles et ses actes il ait donné des preuves tangibles de sa foi et de sa consécration, et cela longtemps avant de le choisir comme Ancien). Nous sommes d’avis d’accepter tous ceux qui présentent toutes les qualifications désirées et de partager les différents services entre eux. Si un zèle réfléchi les anime, quelque œuvre de mission ou d’évangélisation les réclamera bientôt ainsi qu’une partie du temps de chacun. Chaque Ecclésia devrait devenir un séminaire théologique d’où partiraient des instructeurs de valeur sans cesse occupés à élargir les champs d’activité. L’Ancien qui manifesterait de la jalousie à l’égard d’autres et qui voudrait les empêcher de remplir leur ministère, ne devrait pas être estimé digne de continuer le sien, et même il ne faudrait choisir ni un incompétent ni un novice pour satisfaire sa vanité. L’Eglise, les membres du Corps de Christ doit voter comme elle croit que son Chef aimerait la voir voter.

Il serait peut être bon de donner un avertissement pour ce qui est d’élire un Ancien quand personne ne présente

[315] ORDRE ET DISCIPLINE

les qualités nécessaires telles qu’elles sont définies pair l’apôtre: Mieux vaut ne pas avoir d’Anciens que d’en avoir qui ne soient pas à la hauteur de leur tâche. En attendant qu’un frère se désigne à l’attention des autres membres, les réunions peuvent revêtir un caractère d’études avec la Bible et avec Frère Russell présent par les Etudes des Ecritures — votre Ancien élu, si vous le préférez ainsi.

QUI PEUT ELIRE LES ANCIENS ET COMMENT?

Seule l’Ecclésia (le corps — hommes et femmes), les Nouvelles Créatures, peuvent voter. La maison de la foi ” en général, les croyants qui ne sont pas aller jusqu’à la consécration, n’ont rien à voir dans une élection de ce genre parce que, ce que l’on recherche, c’est le choix du Seigneur, par son “corps ”, animé de son Esprit. Tous les membres du Corps consacré doivent voter. Chacun d’eux a le droit de proposer des noms lors d’une réunion spéciale convoquée à cet effet, de préférence une semaine avant le vote de manière à laisser le temps de la réflexion.

Quelques-uns ont insisté dans le sens qu’il était préférable que le vote se fasse au bulletin secret de manière que chacun soit plus libre d’exprimer un choix réel A cela nous répondons que quel que soit l’avantage d’un tel procédé, il se trouve compensé par un sérieux inconvénient puisqu’il aboutit en fait à perdre le bénéfice de la discipline et de la formation du caractère que contribue à développer la méthode apostolique du vote “à main levée ” Que chacun apprenne à être direct et sans détour tout on demeurant aimable et patient. Le vote — on s’en souvient est le choix du Seigneur exprimé par les membres de son corps dans la mesure où ils le discernent. Personne n’a le droit de se dérober à ce devoir ni de favoriser tel ou tel de préférence à tel autre, à moins de croire avoir à le faire et d’exprimer ainsi la pensée du Seigneur.

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LA MAJORITE NE SUFFIT PAS

Dans les décisions des assemblées humaines la voix de la majorité fait loi. D’évidence, il ne devrait pas en être ainsi dans l’Ecclésia ou Corps du Seigneur et il serait à souhaiter, autant que possible qu’une unanimité se dégageât. Le frère sur le nom de qui, se réalise une simple majorité peut à peine se sentir persuadé que tel est bien le choix du Seigneur” pas plus d’ailleurs que l’assemblée elle-même. Il vaudrait mieux rechercher une autre candidature qui réunirait les suffrages de tous ou presque, par des votes successifs, semaine après semaine, jusqu’à ce qu’on ait trouvé, ou qu’on se soit décidé à y renoncer, ou encore que tous s’accordent pour que deux ou trois ou plus, capables de servir, le fasse à tour de rôle, de manière à rejoindre les idées de chacun. Là où un amour ardent pour la Seigneur et la Vérité domine; si l’on prie pour être guidé ; si, devant des compétences égales, on préfère voir honorer un autre que soi, on trouvera très simple de distinguer la volonté divine. “ Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire ”. Efforcez-vous de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix ”. Philippiens 2 : 3 ; Ephésiens 4 : 3.

Il conviendrait de procéder de même lorsqu’il s’agit du choix des aides, diacres et diaconnesses, dont le bon renom est indispensable. (Voir 1 Timothée 3 : 8 à 13 ). Ceux-ci peuvent en effet être appelés à rendre n’importe quel service et à cause de cela doivent posséder, autant que possible, les mêmes qualifications que les anciens, y compris l’aptitude à l’enseignement et les grâces de l’Esprit.

VARIETE DE MINISTERES

Comme nous l’avons déjà vu, les anciens peuvent être particulièrement qualifiés pour telle activité plutôt que pour telle autre.

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Les uns excellent dans l’exhortation, d’autres dans l’enseignement, d’autres encore pour prophétiser c’est-à-dire parler en public, comme évangélistes pour intéresser les incroyants, comme pasteurs pour veiller aux différents intérêts du troupeaux sur le plan local ou sur un plan plus général. Ce que l’apôtre Paul dit aux anciens de l’Ecclésia d’Ephèse dresse un tableau général du ministère auquel chacun doit s’adapter et à l’égard duquel chacun est économe de ses propres talents. Ses paroles méritent d’être prises sérieusement en considération et dans la prière par tous ceux qui acceptent les responsabilités d’un ancien pour un travail quelconque dans l’œuvre. Il dit : “ Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint Esprit vous a établis surveillants (mot qu’on traduit souvent à tort par évêques) pour paître (nourrir) l’Eglise (Ecclésia) du Seigneur” (Actes 20 : 28 ). C’est qu’en effet les anciens ont tout d’abord besoin de se surveiller eux-mêmes de peur que le petit honneur qui rejaillit sur eux en raison de leur position ne les rende orgueilleux, ne leur fasse prendre des allures de seigneurs, de peur en un mot qu’ils n’a s’attribuent à eux-mêmes l’autorité et l’honneur qui n’appartient qu’au Chef au Grand Berger. Nourrir le troupeau est l’affaire du Seigneur ainsi qu’il est écrit : “ Comme un berger, il paîtra son troupeau ” (Esaïe 40 : 11 ). Lors donc que quelqu’un est choisi pour devenir Ancien, c’est pour qu’il puisse représenter le Grand Berger des brebis et être l’instrument, l’intermédiaire par lequel le Berger fait parvenir aux siens la “ nourriture au temps convenable”, “ des choses nouvelles et des choses anciennes ”. “ Malheur aux pasteurs (bergers ) qui détruisent et dispersent le troupeau de mon pâturage dit l’Eternel. C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël, sur les pasteurs (bergers ) qui paissent mon peuple: Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, vous n’en avez pas pris soin; voici, je vous châtierai à cause de la méchanceté de vos actions, dit l’Eternel... J’établirai sur elles des pasteurs qui les paîtront; elles n’auront plus de crainte, plus de terreur”. Jérémie 23 : 1,2,4 .

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IMPOSITION DES MAINS DE L’ASSEMBLEE DES ANCIENS

1) “Ne néglige pas le don qui est ou toi et qui t’a été donné par prophétie avec l’imposition des mains de l’assemblée des anciens ”. 1 Timothée 4 : 14 .

2) “Ils les (les six diacres choisis par l’Eglise) présentèrent aux apôtres qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains”. Actes 6 : 6 .

3) “ Dans l’Eglise d’Antioche... le Saint Esprit dit Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir” . Actes 13 : 1 à 3.

4) n’impose les mains à personne avec précipitation et ne participe pas aux péchés d’autrui ”. 1 Timothée 5 : 22 .

5) “Lorsque Paul leur eut impose les mains, le Saint Esprit vint sur eux et ils parlaient en langues et prophétisaient (prêchaient) ”. Actes 19 : 6 .

6) “Alors ils (les apôtres) leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint Esprit ”. Actes 8 : 17-19 .

7) “ ..ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains ”. 2 Timothée 1 : 6 .

Nous avons ici rassemblé les textes portant témoignage à l’imposition des mains dans l’Ecclésia de la Nouvelle Création. Les trois derniers (5, 6, 7) signalent l’attribution de “dons ” répandus dans l’Eglise primitive. Les apôtres imposaient les mains à tous les croyants consacrés et ceux-ci recevaient un ou plusieurs dons, celui des “langues ” par exemple ou d’autres. “ A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune ” 1). Les quatre premiers textes (1, 2:, 3, 4) revêtent

[319] ORDRE ET DISCIPLINE

un caractère d’ordre général, comme un signe d’approbation ou d’admission, mais non pas comme un signe d’agrément ou d’autorisation.

1) Timothée, le “ fils ” spirituel de Paul dans le ministère avait déjà été baptisé et avait déjà reçu la communication d’un don du Saint Esprit par les mains de l’apôtre Paul (voir 7) lorsqu’il se rendit avec lui à Jérusalem (Actes 21:15-19 ). Là, “ Jacques et tous les anciens”, apôtres, anciens, reconnaissant sans aucun doute le dévouement de Timothée et sa collaboration étroite avec Paul, s’unirent dans une bénédiction commune et lui imposèrent les mains en manière d’approbation. Le récit laisse à penser que ceci ne se passa pas comme d’habitude ni que tous les compagnons de Paul furent l’objet d’une manifestation semblable, mais “par prophétie” c’est-à-dire qu’ils y furent amenés par quelque prédiction ou instruction venant du Seigneur.

2) Les diacres dont il est question n’avaient pas reçu la mission, n’avaient pas été autorisés à prêcher par imposition des mains des apôtres. Ils n’avaient pas été élus pour parler en public mais pour servir aux tables. Malgré cela, ils avaient déjà, de par leur onction du Saint Esprit, toute autorité de parler au mieux de leurs facultés et des occasions qui leur étaient offertes. D’ailleurs, sans qu’il soit question d’une autorisation quelconque ou d’une ordination par quiconque, nous trouvons Etienne, l’un de ces diacres, prêchant d’une ardeur telle qu’il fut le premier après le Maître à sceller son témoignage de son sang. L’imposition des mains n’avait donc évidemment d’autre signification que l’approbation et la bénédiction apostoliques.

3) L’imposition des mains à Paul et Barnabas ne pouvait pas être le signe extérieur d’une autorisation de prêcher puisque déjà, ils avaient été reconnus anciens et avaient enseigné dans l‘Eglise d’Antioche pendant plus


1)Voir volume V, chapitre 8.

[320] LA NOUVELLE CREATION

d’un an. En outre, ils avaient tous deux prêché ailleurs auparavant. (Comparer Actes 9 : 20-29 et 11 : 26). Cette imposition des mains ne pouvait signifier que l’endossement, le patronage de l’œuvre missionnaire que Paul et Barnabas étaient sur le point d’entreprendre — que l’Ecclésia d’Antioche se déclarait solidaire de la mission engagée et peut être même prenait en charge les dépenses qui en résulteraient.

4) Ici l’apôtre donne à entendre que l’imposition des mains de Timothée à un collaborateur dans l’œuvre signifie que lui, Timothée, s’en porte garant de telle manière que si l’autre échouait lamentablement, Timothée pourrait se sentir en partie responsable. Il doit donc, autant que possible, s’assurer qu’il n’use pas de son influence pour introduire un élément qui ferait tort aux brebis du Seigneur, soit sur le plan moral, soit sur le plan de lia doctrine.

Il ne peut être question de courir des risques mais bien plutôt de s’entourer de toutes garanties avant de donner une lettre de recommandation ou de souhaiter bonne chance au public. Cet avis de l’apôtre vaut encore aujourd’hui pour tout le peuple de Dieu et cela d’autant plus qu’il s’agit de quelqu’un exerçant une grande influence. Mais rien dans tout ceci n’implique qu’il fallait l’assentiment de Timothée pour avoir le droit d’annoncer l’évangile. Ce droit est accordé par le Seigneur à tous ceux qui reçoivent l’onction de l’Esprit Saint.

UN MINISTERE DOIT-IL ETRE RETRIBUE?

La coutume du ministère rétribué si généralement répandue et que bon nombre de personnes considèrent comme inévitable et indispensable, n’était pas d’usage dans la primitive Eglise. Pour autant qu’on puisse on jugez d’après les textes notre Seigneur et les douze qu’il avait choisis étaient pauvres, sauf peut-être Jacques, Jean et Matthieu qui devaient être un peu plus aisés. Habitués

[321] ORDRE ET DISCIPLINE

aux offrandes volontaires pour les Lévites, les Juifs étaient naturellement portés à aider tout ce qui revêtait un caractère religieux et leur paraissait venir de Dieu. Les disciples avaient un trésorier général Judas (Jean 12 : 6 ; 13 : 29) et n’ont évidemment jamais manqué de rien bien qu’ils n’aient jamais sollicité d’aumônes. Absolument aucune allusion à la question matérielle n’est faite dans les comptes-rendus des actes du Maître. Il s’en rapportait à son Père et plusieurs femmes de bien pourvoyaient à leurs besoins. Voir Matthieu 27 : 55,56 ; Luc 8 : 23.

Si les sermons et les paraboles de notre Seigneur avaient été farcis de demandes d’argent, ils auraient perdu leur prix et leur saveur. Rien n’en appelle comme le désintéressement tangible du Maître et de ceux qu’il s’était choisis, à l’exception de Judas dont l’avarice causa la perte (Jean 12 : 5,6 ). L’amour de l’argent, du tape à l’œil, le système de mendicité organisée de Babylone se retournent contre son énorme influence. Mais le détachement des richesses qu’on rencontre chez les enfants de Dieu maintenant tout comme au moment de la première venue du Maître, parle mieux en leur faveur auprès de ceux qui les observent, même s’ils ne partagent pas tout à fait leurs vues. Il est très remarquable que le Seigneur ait mis en route l’œuvre de sa “ moisson ” sans qu’une seule demande d’argent n’ait été formulée. Et nous avons confiance qu’il n’en sera jamais autrement puisque nous croyons que telle est la pensée du Seigneur.

Que ceux qui ont soif de luxe et de richesses les recherchent dans les entreprises commerciales et les professions lucratives. Mais que personne ne devienne ministre de l’Evangile de Christ s’il est animé pair un autre mobile que celui de l’amour pour Dieu, pour Sa vérité et pour ses frères, un amour qui ira jusqu’à se réjouir de sacrifier l’aisance, la fortune et les honneurs, non pas à regret mais de bon cœur. Hélas! le christianisme de nom s’est répandu et s’est mondialisé. Ses serviteurs ont été honorés de titres pompeux comme Révérant,

[322] LA NOUVELLE CREATION

Très Révérend, Excellence, Très Saint Père, Docteurs en Théologie est ces honneurs et ces titres ont été accompagnés d’émoluments calculés, non pas d’après les besoins du ministre, mais sur la base commerciale de son aptitude à attirer de vastes auditoires et de riches personnes. Ce qui devait arriver est arrivé . “Les prêtres enseignent pour un salaire et les prophètes prédisent pour de l’argent. Et ils osent s’appuyer sur l’Eternel, ils disent: L’Eternel n’est-il pas au milieu de nous? Le malheur ne nous atteindra pas ”. Ses gardiens sont tous aveugles, sans intelligence; ils sont tous des chiens muets, incapables d’aboyer ; ils ont des rêveries, se tiennent couchés, aiment à sommeiller (aiment leurs aises ). Ce sont des chiens voraces, insatiables; ce sont des bergers qui ne savent rien comprendre; tous suivent leur propre voie, chacun selon son intérêt, jusqu’au dernier ”. “ ...Mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables (flatteries et louanges) ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables”. Michée 3 : 11 ; Esaïe 56 : 10,11 ; Philippiens 3 : 2 ; 2 Timothée 4 : 3,4.

On pourrait dire qu’il faut éviter les deux extrêmes — les rémunérations trop importantes ou pas de rémunération du tout — et rappeler les paroles du Seigneur : “ Tout ouvrier est digne de son salaire ”, ainsi que celles de l’apôtre : Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grosse affaire si nous moissonnons vos biens temporels ? ”. Cependant il convient de se rappeler que ces déclarations de l’Ecriture, si directes soient-elles, ne visent pas à des rétributions princières mais à de strictes et indispensables nécessités. C’est d’ailleurs ce que l’apôtre fait ressortir lorsqu’il rappelle le principe : “ Tu ne muselleras pas le bœuf quand il foule le grain ”. Le bœuf devait être libre de satisfaire à ses besoins vitaux mais pas plus. Et l’apôtre nous donne la raison expliquant la grande réussite de son ministère lorsqu’il dit : “ Je ne vous serai point à charge ; car ce ne sont pas vos biens que je cherche mais vous-mêmes.., et je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je, en

[323] ORDRE ET DISCIPLINE

vous aimant davantage, être moins aimé de vous ”. 2 Corinthiens 12:14,15 .

Suivre le Maître ne nous conduira pas dans la direction des appointements, pas plus que l’imitation de Paul, son principal apôtre. Ce dernier, tout on reconnaissant que ce n’est pas faire violence à la justice que d’accepter une rémunération matérielle pour des services spirituels, expose sa propre Ligne de conduite:

“Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. Vous savez vous-mêmes que ces mains (celles de l’apôtre) ont pourvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré de toutes manières que c’est on travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles et se rappeler les paroles du Seigneur qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’a recevoir ”. Actes 20 : 33-35.

“ Mais nous n’avons point usé de ce droit (sur vous, de recevoir des biens matériels en échange des biens spirituels) ; au contraire, nous souffrons tout, afin de ne pas créer d’obstacle à l’Evangile de Christ ”. (1 Corinthiens 9 : 12 .). “Et lorsque j‘étais chez vous et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge à personne; car les frères venus de Macédoine ont pourvu (volontairement) à ce qui me manquait ” 2 Corinthiens 11 : 9 .

Nous sommes aujourd’hui tout à fait dans les mêmes conditions que les apôtres à cet égard et notre fidélité à la cause devrait nous conduire à les imiter en cela comme sur les autres questions. Le Seigneur, les apôtres et leurs compagnons qui voyagèrent et donnèrent tout leur temps au ministère de la vérité acceptèrent les participations volontaires des frères à leurs dépenses. Comme nous l’avons déjà donné à entendre, il est très probable que l’imposition des mains par l’Eglise d’Antioche sur Paul et Barnabas au moment de se mettre en route pour leur premier voyage missionnaire, ait voulu dire que l’Eglise assumerait leurs frais de route et prendrait part à leur travail dans la même proportion.

[324] ORDRE ET DISCIPLINE

Rien dans ce qui est écrit ne donne à penser — soit directement ou indirectement — que les anciens servant l’Eglise sur place, recevaient un salaire, ou une indemnité compensatrice pour leurs frais. Nous croyons au contraire qu’on trouvera avantageux, dans chaque Eglise locale, d’utiliser les services volontaires des membres fréquentant l’assemblée — peu ou très nombreux, brillants ou ternes. Cette méthode scripturale est saine du point de vue spirituel. Elle tend à faire sortir tous les membres d’eux-mêmes et à les inviter à exercer leurs dons spirituels. Elle rapproche du Seigneur, le Grand Berger, plus que l’autre méthode consistant à louer les services de quelqu’un. Si le nombre des instructeurs qualifiés augmente, on peut imiter l’exemple de l’Eglise d’Antioche et en envoyer au titre de missionnaires, de colporteurs, de pèlerins, etc...

Néanmoins, si une assemblée considérait que son champ d’activité est important et qu’il serait avantageux qu’un frère donnât tout son temps à l’œuvre de mission, si cette assemblée, de bon gré et sans contrainte, décide de lui donner l’argent nécessaire pour couvrir ses frais, nous ne connaissons aucun texte qui s’opposât à son acceptation. Mais l’Ancien qui sert et l’Ecclésia qui se porte garant ne doivent pas aller au-delà de ce qui est raisonnable et nécessaire comme dépenses vitales pour le serviteur et ceux qui dépendent de lui. Ensemble ils doivent veiller en sorte que TOUS les membres de l’Ecclésia s’exercent surtout ceux qui possèdent des qualifications à l’anciennat. S’il en était autrement l’esprit de Babylone, d’ecclésiasticisme, s’implanterait à coup sûr.

DISCIPLINE DANS L’ECCLÉSIA

Matthieu 18 : 15-18

L’application d’une règle n’est pas la fonction des seuls anciens, mais de l’Eglise tout entière. S’il apparaît que quelqu’un a commis une erreur ou une faute grave,

[325] ORDRE ET DISCIPLINE

ce qu’il a fait de mal devrait lui être signalé par celui qui a subi le dommage ou par celui qui, le premier, s’est rendu compte du méfait. Si celui qui est en tort ne rectifie pas se ligne de conduite mais persévère dans sa faute ou sa mauvaise action, on pourrait demander à deux ou trois frères non prévenus d’écouter l’exposé des faits et de donner leur avis aux contestants. (Ceux-ci peuvent être ou ne pas être anciens ; s’ils l’étaient cela ne conférerait aucun caractère plus sérieux sauf si leur jugement se révélait plus mûr et leur influence plus décisive dans le sens du règlement du différent) si ce comité restreint décide à l’unanimité en faveur de l’une ou l’autre des parties, la partie adverse devrait admettre ses torts et les réparer dans la mesure du possible et cela rapidement soit en restituant soit en rectifiant ses propos. Et l’on ne devrait plus parler de rien. Ce serait une affaire classée. Si, au contraire, l’un des contestants persiste dans sa mauvaise voie, celui qui, au départ, a soulevé le différend, ou l’un de ceux qui ont été appelés pour juger de la question, ou mieux encore l’ensemble de ce petit comité, peut alors (mais pas avant) en appeler à l’Ecclésia, au Corps, à l’Eglise. Il est donc bien évident que les Anciens ne doivent en aucun sens être les juges des membres. C’est à l’assemblée locale ou Eglise qu’il appartient d’entendre et de juger.

Les deux premières démarches dont il a été question plus haut ayant été effectuées, les faits ayant été certifiés aux anciens, il incombera à ceux-ci de provoquer une réunion générale de l’Ecclésia des consacrés qui siégera comme un tribunal . On y entendra le cas et on prendra une décision au nom et dans le respect du Maître. Tout devrait être si clair et celui qui a été désavoué devrait être l’objet de tant de générosité, que la décision devrait pouvoir être unanime on presque. Ainsi seraient préservées la paix et l’unité du Corps (l’Ecclésia). Même il est toujours possible de se repentir au moment précis où la condamnation de l’Eglise est sur le point d’intervenir. Car, là est le but de toute cette procédure, provoquer le repentir et l’amendement, en un mot ramener le transgresseur.

[326] ORDRE ET DISCIPLINE

Le but à atteindre n’est pas du tout son châtiment. Il ne nous appartient pas de punir. C’est l’affaire de Dieu. “ A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit l’Eternel (Romains 12 : 19 ). Si, à un moment quelconque, le coupable fait un retour sur lui-même, ce sera pour tous ceux qui sont animé par l’Esprit du Seigneur une occasion de rendre grâce et de se réjouir. Et seuls ceux-là sont membres de son Corps. Romains 8 : 9 .

Et si le transgresseur refuse d’écouter, d’obéir à la décision de l’Eglise tout entière, on n’essaiera même pas de lui infliger quoi que ce soit. Que faire alors ? L’Eglise doit tout simplement se retirer et s’abstenir de toutes marques de fraternité à son égard. C’est ainsi que l’offenseur sera “comme un païen et un publicain” Matthieu 18 : 17 .

A aucun moment, les fautes commises ne doivent être rendues publiques, ce qui serait une occasion de scandale pour le coupable, pour l’Eglise et pour le Seigneur qui est son Chef. Il ne convient pas non plus d’en parler en termes malveillants même après la séparation de même que nous n’avons pas à déblatérer ni à railler les païens et les publicains, mais plutôt “ ne dire de mal de personne” et “faire du bien à tous les hommes (Tite 3 : 2 ; Galates 6 : 10). L’amour insiste pour la plus stricte obéissance à ces deux dernières exigences en faveur de “ tous les hommes ”. Et à bien plus forte raison à l’égard d’un frère ”, membre de la même Ecclésia. Non seulement il ne faut lui créer aucun dommage par des déclarations fausses ou inexactes mais encore cacher ses faiblesses non seulement à un monde qui n’est pas sympathique mais aussi à la maison de la foi ” et à l’Eglise, tant qu’il ne devient pas absolument nécessaire de le dire à l’Eglise ”. A tout moment l’esprit d’amour espérera que le pécheur agit sous le coup d’une compréhension fâcheuse et priera pour que la sagesse et la grâce détournent le pécheur de sa mauvaise voie pour sauver (si possible) une âme de la mort. Jacques 5 : 20 .

[327] ORDRE ET DISCIPLINE

Ah! si le Saint Esprit, l’esprit d’amour pouvait habiter chaque membre de l’Ecclésia dans une plénitude telle qu’on ne pourrait supporter, sans en être chagriné, une conversation malveillante à propos de n’importe qui et surtout à propos d’un autre chrétien! La moitié des causes de friction — peut-être davantage — serait évitée du même coup et la manière de procéder dont il a été question précédemment et que le Seigneur lui-même a préconisée, ne conduirait pas à de fréquentes épreuves devant l’Eglise. Tout au contraire, écartant les raisons aux animosités, elle imposerait un certain respect pour le jugement de l’Eglise, équivalant au jugement du Seigneur, et la voix de l’Eglise n’en serait que mieux entendue et obéie. De plus, dans l’ordre et dans l’amour, on peut être certain que chacun, dans la mesure du possible, chercherait à “s’occuper de ses propres affaires”, n’essaierait pas de reprendre ou de redresser son frère, ni de porter le cas devant un comité ou devant l’Eglise à moins que la chose ne revête quelque importance soit pour lui-même, pour l’Eglise ou pour la Vérité.

Il est constant que dans la plupart des cas de troubles dans l’Eglise (comme d’ailleurs dans toute société et dans les familles) il n’y a pas, à l’origine, la volonté de faire tort ni même de faire tort sans le vouloir. On s’est tout simplement mal compris ou on a mal interprété les intentions ou les mobiles d’autrui. Souvent la langue est la cause, de tout le mal. Il importe donc — c’est le bon sens — de mettre une garde à la porte de ses lèvres tout comme à son cœur d’où procèdent les mauvais sentiments que les lèvres expriment et qui mettent le feu aux passions extrêmes. La Nouvelle Création l’Eglise — a reçu des instructions précises de son Seigneur et Maître sur cette importante question. C’est son esprit d’amour qui doit animer celui qui, seul, en privé, va trouver celui qui lui fait mal sans en avoir parlé à personne au préalable. Il ne va pas le (ou la) voir pour lui faire des reproches sur sa conduite, le gronder, le châtier, mais pour obtenir que le mal cesse et peut-être quelque compensation pour le dommage éprouvé.

[328] ORDRE ET DISCIPLINE

En parler aux autres, avant comme après, n’est pas faire preuve de gentillesse. C’est même contraire à la Parole et à l’Esprit de notre chef. Le fait même de prendre avis équivaut à en parler. N’avons nous pas l’avis du Seigneur qu’il importe de suivre? Si le cas était très particulier on pourrait prendre l’avis de l’ancien le plus éprouvé on demeurant dans le domaine des suppositions de manière à ne découvrir ni le fond du problème ni celui qui le provoque.

A moins que le trouble ne soit très sérieux, le premier appel personnel au responsable, soit qu’il écoute ou évite d’entendre, de céder, doit pouvoir mettre un terme au différend. S’il faut aller plus loin, on ne donnera aucune explication préalable à ceux qui seront appelés à conférer tant qu’ils ne seront pas en présence de l’accusateur et de l’accusé. De cette manière on évitera les paroles tendancieuses ou de médisance ; les frères appelés à trancher la question viendront avec des esprits non prévenus et seront mieux à même de conseiller sagement les deux parties, car les torts peuvent être partagés et même se retourner contre l’accusateur. De toutes façons, l’accusé ne peut qu’être favorablement impressionné par cette manière de faire et être disposé à reconnaître le bien fondé des décisions prises même si les torts lui sont effectivement imputés. Que celui à qui le petit comité n’a pas donné raison admette ses torts ou non, l’affaire demeure encore strictement privée et il ne faut en parler à personne tant qu’elle ne vient devant l’Eglise si toutefois cela en vaut la peine. Mais, pour la première fois elle sera évoquée devant les saints et seulement devant eux. Dans la mesure où ils sont saints ils auront à cœur de ne rien dire de plus que ce qui est nécessaire sur les faiblesses et les manquements de quiconque 1).

Pour ce qui est de l’application des conclusions du tribunal de l’Eglise, chacun doit tout garder pour lui-même et discerner le bien fondé de la décision qui sera


1)Voir en plus l’étude IX — “ Si ton frère a péché contre toi

[329] ORDRE ET DISCIPLINE

intervenue. Le retrait de l’amitié fraternelle est une mesure de correction dans la justice que le Seigneur a présente. Elle sert de protection pour l’Eglise, pour écarter ceux qui vivent dans le désordre et non selon l’esprit d’amour. Il ne faut pas la considérer comme une mesure définitive de séparation. Elle n’intervient que jusqu’au moment où celui qui en est l’objet aura reconnu son tort et aura fait amende honorable dans les limites de ce qu’il peut faire.

ACCUSATIONS CONTRE LES ANCIENS

“ Ne reçois point d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur la déposition de deux ou de trois témoins;”. 1 Timothée 5 : 19 .

Dans cette déclaration l’apôtre tient compte de deux principes.

1) Un Ancien est un élément qui a déjà été reconnu par l’assemblée comme ayant un bon et noble caractère, dévoué à Dieu et défenseur de la Vérité.

2) De tels éléments, en raison même de leur position dans l’Eglise, se trouvent marqués par l’Adversaire et deviennent les principaux objets de ses attaques, objets de jalousie, de malice, de haine de la part de certains. Notre Seigneur nous en a avertis : “ Ne vous étonnez pas si le monde vous hait ”. Il m’a haï avant vous ”. “ S’ils ont appelé le Maître Beelzébul, à bien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison ! ”. (Matth. Jeu 10 : 25 ; 1 Jean 3 : 13 ; Jean 15 : 18 ). Plus le frère est dévoué et capable, plus il devient à l’image de son Maître, plus son choix comme Ancien est judicieux et plus il est fidèle, plus il est certain d’avoir des ennemis non pas seulement Satan et ses messagers mais encore tous ceux qu’il pourra abuser et tromper.

Ces raisons devaient suffire à garantir un Ancien contre toute condamnation sur la base de ce que peut rapporter une seule personne, si par ailleurs sa vie apparaissait comme normale. Quant aux oui-dire ou autre

[330] ORDRE ET DISCIPLINE

rumeur il ne fallait même pas s’y arrêter. Aucun frère, copartageant du même joug, au courant de la règle donnée par le Seigneur (Matthieu 18 : 15 ) ne pourrait se mettre à faire circuler des bruits malveillants ni avoir confiance dans la parole de ceux qui veulent ignorer les directives du Maître. Pour être écoutés les accusateurs devaient avoir été témoins. Et même si deux témoins ou plus devaient accuser il n’y aurait pas d’autre procédure pour en entendre que celle qui a été exposée précédemment. Toute personne accusant un Ancien devait d’abord aller le voir seule. Si sa démarche n’aboutissait pas, elle devait la renouveler en compagnie de deux ou trois autres qui devenaient ainsi témoins du refus de rentrer dans l’ordre. Alors, si l’affaire n’aboutissait pas encore, elle pouvait être portée devant l’Eglise par Timothée ou par tout autre.

En fait, par cette accusation devant deux ou trois témoins qui était une règle valable pour tous les membres, l’Apôtre réclamait, pour l’Ancien, le même droit et le même privilège que celui qui était garanti à n’importe quel frère. Il se peut que certains étaient portés à croire que, puisque l’Ancien devait jouir d’une bonne réputation tant dans l’Eglise qu’au dehors, on pouvait le poursuivre pour le plus petit motif étant donnée sa position influente. L’Apôtre précise que l’Ancien doit jouir des mêmes circonstances et conjonctures que les autres.

Cette présence de témoins est une notion qui a besoin d’être profondément enracinée dans l’entendement des Nouvelles Créatures. Ce que l’on prétend avoir appris ou ce que l’on raconte dans une pensée de médisance ou de calomnie ne doit même pas être pris en considération et ne doit pas être reçu. Si deux ou trois, se conformant aux instructions du Seigneur, portent une accusation contre quelqu’un sans hargne devant l’Eglise, même à ce moment ils ne doivent pas être crus. C’est alors seulement que vient le moment où l’Eglise l’ecoute la chose, écoute les deux parties en présence de l’une et de l’autre. Alors elle décide et avertit de telle

[331] ORDRE ET DISCIPLINE

manière que le coupable sera aidé vers un retour à ce qui est juste et non pas poussé dans les ténèbres du dehors.

OU L’ON SE CROIT A TORT APPELE A PRECHER

Bien des personnes déclarent avoir été APPELEES par le Seigneur à prêcher l’Evangile. Peut être même que l’instant d’après, elles ajouteront qu’elles n’ont jamais su pourquoi, qu’elles n’ignorent pas qu’elles n’ont aucune aptitude spéciale pour ce genre d’occupation ou que les circonstances ont paru toujours empêcher qu’elles s’y engagent. Si on les questionne sur la nature de cet appel on s’aperçoit souvent que c’était une idée comme cela, une imagination pure. A un certain moment (peut être même avant de devenir chrétien) on a ressenti l’impression qu’il fallait se mettre au service de Dieu et que le plus haut idéal du service divin c’était d’être connu le prédicateur dont on écoutait les sermons quand on allait en famille aux offices d’une église de confession quelconque. Chez d’autres, c’est le désir d’approbation qui entre on ligne de compte. On s’est dit : Comme j’aimerai porter la robe et être à même de recevoir l’hommage, les titres, les émoluments d’un prédicateur fut-il de seconde ou de troisième zone ! Et même si l’on possède une assez bonne dose d’amour de soi, on peut aller jusqu’à s’imaginer que puisque les apôtres choisis étaient “ des hommes sans instruction ”, qui sait si Dieu n’a pas des intentions particulières en raison même d’un manque de capacité et d’éducation. Dieu a certainement favorisé de telles personnes, en même temps que sa cause, en ne permettant pas la réussite d’ambitions personnelles qu’elles considéraient comme un appel du Seigneur à la prédication.

Comme nous l’avons déjà montré, tous les membres de la Nouvelle Création sont appelés à prêcher, non pour satisfaire leurs visées ou donner libre cours à leur imagination, mais pour mettre en avant la Parole qui appelle tous ceux qui ne reçoivent pas la grâce de

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Dieu en vain à “ annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière”. (1 Pierre 2 : 9 ). Cet appel concerne donc tous ceux qui sont engendrés de l’esprit de Vérité homme ou femme, esclave ou libre, riche ou pauvre, instruit ou non, noir, métis, rouge, jaune ou blanc. De quelle plus belle mission que celle-ci : “ Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau ”, “ une louange à notre Dieu ” aurions-nous besoin d’être investis? Psaume 40 : 4 ; 107 : 43.

Il est vrai que le Seigneur a appelé et choisi spécialement les douze apôtres en vue d’un travail particulier. Il est également vrai qu’il a disposé que, dans la mesure où son peuple écouterait ses paroles, il “ établirait les membres du Corps comme il lui plairait, l’un à tel service, l’autre à tel autre, “ à chacun selon sa capacité ”. (Matthieu 25 : 15 ). Mais il avertit aussi que bon nombre tenteront de “ s’installer ” eux-mêmes comme prédicateurs et que le devoir de l’Eglise consiste à s’attacher et à regarder uniquement à Lui, le Chef et te Conducteur sans favoriser en rien les frères ambitieux qui se recherchent eux-mêmes. Négliger ce devoir conduira à sous estimer l’importance de ses paroles, à manquer dans le sens de l’amour et de l’obéissance, ce qui contribuera à l’amoindrissement spirituel de l’Ecclésia et de celui qui s’est institué prédicant.

La règle du Seigneur à ce propos se dégage clairement : Celui qui s’abaisse sera élevé et celui qui s’élève sera abaissé” . (Luc 14 : 11). L’Eglise doit suivre cette règle cette tendance de l’Esprit, dans tout ce à propos de quoi elle cherche à connaître la volonté de son Seigneur pour la réaliser. Le Seigneur a pour principe d’avancer celui dont le zèle, la fidélité, la persévérance à bien faire se sont manifestés dans les petites choses. Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi. dans les grandes ”. (Luc 16 : 10 ). “ Tu as été fidèle on peu de choses, je te confierai beaucoup”. (Matthieu 25 : 21,23 ). On ne se bouscule pas au bas des marches qui conduisent aux honneurs. Celui qui le veut ne tardera pas à trouver des occasions

[333] ORDRE ET DISCIPLINE

de servir de Seigneur, la Vérité et les frères dans les plus humbles circonstances, dans celles que dédaignent et ne voient pas les vaniteux en quête de services plus honorables à la vue des hommes. Le fidèle prend plaisir à rendre n’importe quel service et c’est à lui que le Seigneur ouvrira les portes ou occasions de servir de plus on plus grandes. C’est ainsi que sa volonté, exemplifiée par la sagesse d’En-haut, sera suivie scrupuleusement par chaque membre de la Nouvelle Création, surtout lorsqu’il sera question d’un vote, de lever la main comme membre du Corps de Christ traduisant la volonté de son Chef.

Un frère qui cherche à se complaire, même capable, devrait être laissé de côté et un frère moins capable, mais modeste, lui être préféré comme Ancien. Une réprobation de ce genre sera un bien pour tous, même si aucune explication n’est donnée sur les raisons qui ont poussé à voter de la sorte. Et si un Ancien, capable, manifestait un esprit dictatorial ou avait tendance à se considérer au-dessus de l’Eglise, d’un niveau supérieur, ou tirant son droit d’enseigner directement de Dieu et non pas par l’intermédiaire de l’Ecclésia (Eglise), ce serait lui rendre service en même temps que faire son devoir à son égard que de l’écarter pour un temps de tout service particulier ou de ne lui confier qu’un service moins en vue jusqu’à ce qu’il ait compris la réprobation et se soit dégagé du piège de l’Adversaire.

Rappelons-nous que, comme toutes les autres facultés, l’ambition est utile dans l’Eglise aussi bien que dans le monde. Toutefois sur le plan de la Nouvelle Création, ce ne doit pas être une ambition égoïste qui vise à se grandir ou à s’assurer une prépondérance, mais l’ambition saine de servir le Seigneur et les siens, même les plus humbles. Tous, nous savons comment l’ambition a conduit Satan à sa perte —- perte de la faveur de Dieu et du service de Dieu pour devenir l’ennemi de son Créateur et l’adversaire de toute réglementation juste. De la même manière, tous ceux qui s’engagent sur la même voie et tiennent le même langage que lui : Je monterai au-

[334] LA NOUVELLE CREATION

dessus des étoiles de Dieu. (Je m’établirai moi-même au-dessus des autres fils de Dieu). Je serai semblable au Très-Haut (un gouverneur au milieu d’eux, un usurpateur de l’autorité divine sans avoir été autorisé à l’exercer et contrairement aux principes divins) ”, il est certain que ceux-là ne seront pas approuvés de l’Eternel et souffriront de l’éloignement du Seigneur dans la même proportion l’influence qu’ils exerceront, comme celle de Satan sera pernicieuse. Et de même que Satan serait un docteur qui ne présenterait aucune garantie, de même ceux qui sont animés de dispositions pareilles aux siennes ne peuvent que conduire dans les ténèbres au lieu de la lumière puisqu’ils ne se trouvent pas dans la bonne attitude pour recevoir cette lumière et en faire profiter d’autres.

Ainsi donc, si un frère, quel qu’il soit se sent certain d’avoir été appelé à prêcher en public alors qu’aucune occasion de service ne se présente à lui dans les formes prescrites ; s’il a quelque propension à s’imposer à l’Eglise sans la demande presque unanime de cette dernière; si, ayant été choisi comme Ancien, il cherche à conserver une position qu’il considère comme lui revenant de droit sans votes réguliers de l’Eglise sollicitant la continuité de son service, on peut être persuadé, soit que le frère ne comprend pas le sérieux de la question, soit qu’il est animé d’un état d’esprit qui le rend impropre à tout service dans l’Ecclésia. De toute manière il sera bon d’opérer un changement à la première occasion de procéder à une élection. Comme il a déjà été suggéré, le premier dimanche de l’année ou le premier dimanche d’un trimestre sont des moments appropriés et des dates faciles à retenir.

AVERTISSEZ CEUX QUI VIVENT DANS LE DESORDRE

Nous vous en prions aussi frères avertissez ceux qui vivent dans le désordre consolez les esprits abattus supportez

[335] ORDRE ET DISCIPLINE

les faibles usez de patience envers tous. Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; mais poursuivez toujours le bien soit entre vous soit envers tous les hommes”. 1 Thess. 5 : 14,15 .

Cette exhortation ne s’adresse pas aux anciens seulement mais à toute l’Eglise y compris les anciens. Elle tient compte du fait que, bien, que l’Eglise dans son ensemble, en tant que Nouvelle Création de Dieu, jouisse d’une position de perfection comme nouvelles créatures en Jésus-Christ, cependant chacune d’elle et toutes ensemble traînent après elles les imperfections de la chair. Elle exprime de plus ce que nous savons déjà tous, qu’il existe des différences dans les degrés et les sortes d’imperfections. Tout comme dans une famille ordinaire, les parents ne doivent pas traiter tous leurs enfants de la même manière mais tenir compte des particularités de chacun d’eux; ainsi dans la famille de Dieu, il existe des différences de dispositions telles qu’une considération spéciale pour l’une ou pour l’autre s’impose. Remarquer les imperfections de l’une ou de l’autre dans un esprit de critique aboutirait à nous faire tort à nous-mêmes, à développer en nous cette manie de trouver à redire à tout en nous rendant vigilants lorsqu’il s’agit des défauts et des imperfections d’autrui et sans doute aveugles lorsqu’il s’agit de nos propres côtés faibles. Une critique de ce genre est tout à fait étrangère à l’esprit et au sens de l’exhortation de l’apôtre.

Ceux à qui elle s’adresse sont ceux qui ont été engendrés de l’esprit de vérité, l’esprit de sainteté, l’esprit d’humilité, l’esprit d’amour. Ceux-là qui sont occupés à croître dans les grâces de l’esprit se critiqueront surtout eux-mêmes en même temps que leur amour pour les autres les inclinera à l’indulgence et à l’excuse pour eux, dans la mesure du possible. Et tandis que l’esprit d’amour pardonne les offenses et les faiblesses des frères, il va plus loin encore et leur fait du bien, conformément à la Règle d’or de l’Amour, sans qu’il soit question de se quereller, de se chicaner, de se gourmander, de se

[336] ORDRE ET DISCIPLINE

reprocher, de se chamailler, de se tracasser les uns les autres. Avec gentillesse, douceur et patience on cherchera à excuser les défaillances des uns et des autres, on s’aidera l’un l’autre à les surmonter en se rappelant ses propres imperfections de quelque nature que ce soit.

Il ne faut pas ni favoriser ni encourager dans leur mauvaise voie ceux qui vivent dans le désordre. Il conviendrait plutôt de leur rappeler avec bonté que Dieu est un Dieu d’ordre et que si nous voulons vivre comme lui et gagner sa faveur il nous faut observer sa règle et son ordre. Il faudrait les avertir que rien n’est plus éloigné de l’ordre divin que l’anarchie et que, puisque les peuples de la terre eux-mêmes reconnaissent que La plus mauvaise forme imaginable de gouvernement vaut mieux que l’anarchie, à bien plus forte raison le peuple do Dieu qui a reçu un esprit de bon sens, l’esprit saint, doit-il admettre le bien fondé du principe d’ordre dans l’Eglise. L’apôtre nous invite également à nous soumettre les uns aux autres dans l’intérêt de la cause du Seigneur. Si nous étions tous parfaits et que nous comprenions tous parfaitement la volonté de Dieu, nous penserions tous exactement de la même manière et il n’y aurait aucune nécessité de se soumettre l’un à l’autre. Mais puisque nos jugements ne sont pas tous semblables il devient indispensable de prendre les autres en considération, leurs points de vue, leurs observations, leurs idées. Et même de céder à tel ou tel dans l’intérêt du bon accord, de tout céder si besoin est pour que soit préservée l’unité de l’esprit dans les liens de la paix dans le corps de Christ, sauf, bien entendu, si une raison fondamentale et supérieure s’y opposait.

Ceux qui vivent dans le désordre ou l’extravagance ne sont peut être pas tout à fait à blâmer. Bon nombre de personnes sont nées comme cela et ont tendance à l’excentricité dans leur toilette et leur comportement général. Cette extravagance fait partie de leurs faiblesses. Considérons les donc avec sympathie et bienveillance sans cependant permettre à leur bizarrerie de faire tort à

[337] ORDRE ET DISCIPLINE

L’Eglise de Dieu, de mettre obstacle à son action, de créer un empêchement à l’étude et au service de la Vérité. Dieu ne demande pas que son peuple fasse preuve d’une douceur équivalant à la faiblesse vis-à-vis des personnes originales. Gentiment, aimablement mais fermement il faut leur rappeler que l’ordre étant la première loi des cieux, celui-ci doit être en honneur parmi ceux qui s’attachent aux choses d’En-haut, et que ce serait une faute pour une assemblée de tolérer qu’un ou deux ou d’avantage de ses membres fassent violence aux dispositions divines exprimées dans la Parole et que l’assemblée à laquelle ils appartiennent a unanimement admises.

L’AVERTISSEMENT NE DOIT PAS ETRE L’AFFAIRE DE TOUS

Ce serait une grosse erreur de supposer que l’apôtre, s’adressant en ces termes à l’Eglise, ait voulu dire que chaque membre de l’Eglise était qualifié pour avertir ou réprimander ceux qui ont besoin de l’être. Avertir avec sagesse et d’une manière qui soit utile, est une affaire très délicate et bien rares sont ceux qui ont naturellement la bonne manière de s’y prendre. Lorsqu’une assemblée élit ses anciens, elle choisit ceux qui sont reconnus pour avoir atteint un certain niveau de développement spirituel conjointement avec les qualifications naturelles susceptibles de les désigner pour être de bons représentants de l’assemblée. Et ceci non seulement pour ce qui est de la conduite des réunions, etc... mais encore pour maintenir l’ordre dans les réunions, admonester ceux qui vivent dans le désordre avec sagesse, bienveillance et fermeté. Les deux versets qui précèdent témoignent que telle était bien la pensée de l’apôtre. Il dit

“ Or nous vous prions frères, de connaître ceux qui travaillent parmi vous, et qui sont à la tête parmi vous dans le Seigneur et qui vous avertissent, et de les estimer très haut en amour à cause de leur œuvre. Soyez on paix entre vous”. 1 Thessaloniciens 5 : 12,13 (D).

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Si l’on s’est appliqué à rechercher la sagesse d’En-haut et à la suivre dans le choix des anciens de l’assemblée, il en résulte que ceux qui ont été élus l’ont été en raison de la haute estime dont ils étaient les objets. Et puisqu’il ne faut pas choisir de nouveaux convertis, il s’ensuit que les anciens sont ceux qui se sont signalés par leur travail et que les frères ont distingués comme ayant reçu une grande mesure du saint esprit d’amour, de sagesse et de douceur outre certaines qualités et aptitudes naturelles pour ce service. Le “soyez en paix entre vous” de l’apôtre veut dire que, ayant élu des anciens pour représenter l’assemblée, celle-ci doit les laisser accomplir la mission pour laquelle ils ont été choisis sans que personne ne se mêle de réprimander ou d’avertir, etc... Comme nous l’avons déjà vu les enfants de Dieu ne doivent pas se juger l’un l’autre personnellement. Seule l’assemblée entière peut exclure l’un de ses membres de l’intimité fraternelle et des privilèges de la réunion des frères. Et ceci même — nous l’avons vu — ne peut se faire qu’après avoir procédé aux différentes démarches à titre privé, après que tous les efforts pour faire rentrer dans l’ordre ont échoué et si les intérêts supérieurs de l’Eglise se trouvent menacés par la mauvaise conduite de l’offenseur. Dans le texte que nous étudions l’apôtre recommande à l’assemblée de “connaître ”, c’est-à-dire de reconnaître, d’admettre de regarder vers ceux qu’elle a désignés pour la représenter, pour veiller aux intérêts de l’Eglise et s’occuper d’avertir les déréglés jusqu’au moment où les choses deviendront assez sérieuses pour qu’il faille les porter devant l’Eglise siégeant comme un tribunal.

LES REPROCHES PUBLICS DOIVENT ETRE RARES

Dans certaines circonstances il devient nécessaire que cet avertissement ou admonestation soit donné publiquement devant l’assemblée ainsi que le conseille l’apôtre à Timothée: “ Ceux qui pêchent (publiquement), reprends-les devant tous afin que les autres aussi éprouvent de la crainte” (1 Timothée 5 : 20 ).

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Un reproche fait en public, comme celui-là, implique nécessairement un péché d’une nature particulièrement grave et que tout le monde connaît. Certes, pour les petits manquements aux règles du bon ordre, les anciens, conformément à la règle d’or de la loi d’amour, veilleront à exciter à la charité et aux bonnes œuvres. Dans cet ordre d’idées ils devraient ne pas ignorer qu’un mot dit, seul à seul, ferait beaucoup plus qu’un reproche public lequel risquerait de blesser, de formaliser une nature sensible, sans aucune nécessité, et alors que l’amour dicterait une manière d’être toute différente. Et même si un Ancien se trouve dans l’obligation de réprouver publiquement une conduite blâmable, il doit le faire avec tact et amabilité, dans le désir de corriger et d’aider le coupable à se ressaisir plutôt que de le discréditer aux yeux de tous et de le rejeter ostensiblement. Il n’appartient pas à l’Ancien de réprimander quelqu’un au point de l’exclure des privilèges de l’assemblée. La réprimande allant jusqu’à cet extrême, ainsi que nous l’avons vu, ne peut venir que de l’Eglise tout entière, après un exposé complet au cours duquel l’accusé aura toute occasion de s’expliquer, de s’amender et d’être pardonné. L’Eglise, l’Ecclésia, les consacrés du Seigneur, représentent, dans leur ensemble, le Seigneur lui-même tandis que l’Ancien n’est que le représentant de l’Eglise, la meilleure conception que l’Eglise se soit faite du choix du Seigneur. Ainsi donc, d’Eglise, et non les Anciens, juge en dernier ressort toutes les questions de ce genre. C’est pourquoi toute action d’un Ancien est toujours sujette à caution et peut être revue ou corrigée par l’Eglise conformément à la conception du jugement élaboré en commun quant à la volonté de Dieu.

Pendant que nous en sommes à considérer cet aspect du sujet, nous pourrions nous arrêter un instant pour examiner jusqu’à quel point l’Eglise, soit directement ou indirectement par (l’intermédiaire de ses anciens, peut exercer ce devoir de réprimande à l’adresse des déréglés allant éventuellement jusqu’à les exclure de l’assemblée.

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Il n’appartient pas à l’Eglise d’exclure définitivement. Le frère qui en a offensé un autre, membre comme lui du Corps de l’Eglise, fait un retour sur lui-même et dit Je me repens de ma mauvaise attitude et promets de mieux faire à l’avenir ” ou tout autre propos équivalent, doit être pardonné, complètement, librement, avec autant de cœur que le Seigneur pardonne nos transgressions à tous. Personne d’autre que le Seigneur lui-même n’a le pouvoir ni l’autorité de retrancher quiconque pour toujours — le pouvoir de supprimer le sarment de la vigne. Il nous est dit qu’il existe un péché qui mène à la mort et pour lequel il est inutile de prier (1 Jean 5 : 16 ). Et l’on peut penser qu’un péché comme celui-là, où la volonté se trouve engagée au point d’encourir la Seconde Mont, serait si flagrant, si incontestable, si criant, que ceux qui vivent dans la communion du Seigneur l’apprécieraient sans équivoque. Nous n’avons pas à juger du cœur de personne car nous n’avons pas le pouvoir de lire dans les cœurs mais si nous sommes en présence d’un cas où le péché qui mène à la mort se commet sciemment, volontairement nous pouvons être certains que la manifestation en deviendra probante: par des déclarations positives reniant le sang précieux de la propitiation ou par de grosses immoralités si le sujet s’est remis à vivre selon la chair et, comme le dit l’Ecriture, est devenu “ comme la truie lavée qui est retournée dans son bourbier". C’est en vue de cas semblables dont il est encore parlé dans l’épître aux Hébreux chapitre 6 versets 4 à 8 et chapitre 10 versets 26 à 31 que l’apôtre nous recommande de n’avoir aucun lien, de ne pas manger avec eux, de ne pas les recevoir dans nos maisons, ni de les saluer (2 Jean 9 à 11 ) parce que s’associer à eux, autrement dit, les saluer, revient à se ranger au nombre des ennemis de Dieu, à prendre part à leurs mauvaises œuvres ou à répandre leurs doctrines fausses suivant le cas.

En ce qui concerne les autres “ ceux qui vivent dans le désordre ”, c’est bien différent. Tel frère ou sœur exclu ne doit pas être traité en ennemi, ni même être considéré comme tel mais plutôt comme un frère égaré.

[341] ORDRE ET DISCIPLINE

Comme le dit l’apôtre un peu plus loin et dans la même épître “ Si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre (s’il est désordonné, non décidé à se soumettre à la règle de l’ordre pourtant raisonnable, logique et généreuse) notez-le et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il en éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi mais avertissez-le comme un frère” (2 Thessaloniciens 3 : 14 et 15 ). Dans ce cas-ci qui semblerait sous-entendre quelque opposition ouverte et publique de la part du frère aux règles données par l’apôtre agissant comme porte-parole du Seigneur, il conviendrait que l’assemblée le réprimandât, si toutefois elle décidait que le frère s’est tellement écarté de la ligne à suivre qu’il ait besoin d’être admonesté. Et s’il ne se range pas aux sages indications données par notre Seigneur et par son apôtre, il faudrait le considérer comme n’étant plus du même avis au point que la communion des frères lui soit retirée jusqu’à ce qu’il consente à se plier aux mêmes exigences raisonnables que tous. Il ne s’agit pas de le croiser dans la rue en faisant semblant de ne pas le connaître, mais d’être simplement courtois à son égard. L’exclusion ne se rapporte qu’aux privilèges de l’assemblée et à toute autre réunion ou association de frères, etc... ne concernant que les fidèles. C’est également ce qu’impliquent les paroles du Maître : “ Qu’il soit pour toi comme un païen et comme un publicain ”. Il n’a certes pas voulu inviter ses disciples à traiter durement un païen ou on publicain ni même à le désobliger, mais simplement à ne pas avoir de relations avec lui en tant que frère, à ne pas rechercher son intimité et comme Nouvelle Créature, à ne pas lui accorder la nôtre. Les membres de la maison de la foi doivent être unis entre eux par un courant d’amour et de sympathie allant de l’un à l’autre et faisant de cette maison un seul bloc. C’est de la privation de cette chaleur, de ces bienfaits, que le frère exclu doit souffrir jusqu’à ce qu’il se sente dans l’obligation de réformer sa conduite pour réintégrer le cercle de famille et retrouver la cordialité, la vraie fraternité qui doit régner au sein des membres du Corps de Christ.

[342] ORDRE ET DISCIPLINE

CONSOLEZ LES ESPRITS PUSILLANIMES

Poursuivons l’examen des paroles de l’apôtre dans notre texte pour remarquer que l’Eglise doit encore réconforter, consoler, ceux dont l’esprit est pusillanime. Et ceci nous amène à découvrir que le fait de recevoir le saint esprit ne transforme pas nos corps mortels au point de vaincre entièrement leurs faiblesses. Il en est dont l’esprit est faible et timide tout comme d’autres ont des corps peu robustes. Chacun a besoin de sympathie dans le cadre de sa propre faiblesse. Ceux dont l’esprit était disposé à la pusillanimité ne devaient pas en être guéris comme par miracle. Pas plus d’ailleurs qu’il ne faille conclure que tous ceux dont l’esprit n’est pas capable de saisir toute la portée, la longueur la largeur, la hauteur est la profondeur du plan divin, ne peuvent pas faire partie du corps pour cela. Au contraire. Et tout comme le Seigneur ne recherche pas pour son Eglise que des hommes physiquement bien développés, forts et robustes, de même il ne recherche pas que ceux dont l’esprit est vif et fort, capables de raisonner et d’analyser à fond chaque trait particulier du plan divin. Certes il se trouvera dans le corps des éléments qualifiés à ce point, mais d’autres seront d’un esprit timoré et faible qui ne leur permettra pas de parvenir à un niveau moyen de connaissance.

Que f aire pour eux? Comment les consoler, les réconforter? Nous répondons que les Anciens, lorsqu’ils exposent la Vérité, et même tous les membres de l’Eglise dans leurs relations entre eux, se doivent de réconforter ces éléments-là, non pas nécessairement en faisant ressortir leur infériorité et en ayant l’air de les en excuser mais plutôt par un comportement général qui n’espérerait pas trouver le même avancement, le même discernement intellectuel chez tous les membres de la famille de Dieu. Personne ne devrait prétendre que ceux qui ont contre eux de telles incapacités, n’appartiennent pas au Corps.

[343] ORDRE ET DISCIPLINE

L’idée est très voisine si l’on considère cette autre façon de traduire: “ Consolez les esprits abattus ”. Certains manquent, par nature, de courage et d’entrain. Tout en étant d’une égale bonne volonté et de cœurs également loyaux, ils ne peuvent, autant que d’autres membres du Corps “ être forts dans le Seigneur” ni “ combattre le bon combat de la foi ” ouvertement. Le Seigneur considère sans doute leur volonté, leur intention d’être courageux et sincères et les frères doivent faire de même s’ils veulent devenir des vainqueurs.

Il importe de reconnaître que le Seigneur juge ses enfants d’après leur cœur et que, si ces âmes faibles, ces esprits abattus, ont ou assez d’idée et de volonté pour saisir les principes fondamentaux du plan divin de rédemption par Christ ainsi que leur justification devant Dieu par la foi au Rédempteur, et si, sur cette base, ils sont allés jusqu’à consacrer leur tout au Seigneur, ils doivent être traités de toutes façons de manière à leur permettre de sentir qu’ils sont absolument et complètement membres du Corps de Christ. Bien plus, le fait de n’être pas capable d’exposer ou même de ne pouvoir discerner intellectuellement les détails du plan divin, de ne pouvoir en discuter aussi courageusement que d’autres, ne doit pas être considéré comme un indice mettant en doute leur acceptation par le Seigneur. Il convient plutôt de les encourager à persévérer dans la voie du sacrifice au service de Dieu en faisant ce que leurs mains trouvent à faire à la gloire du Seigneur et pour le bien de son peuple... de les encourager on rappelant que, lorsque viendra le temps, tous ceux qui demeurent en Christ et produisent les fruits de son Esprit en marchant sur ses traces, recevront des corps nouveaux, dotés de capacités parfaites, grâce auxquels il leur sera possible de connaître comme ils auront été connus. Mais auparavant le Seigneur nous assure que sa force se manifeste d’autant plus que nous sommes plus faibles.

[344] ORDRE ET DISCIPLINE

SUPPORTEZ LES FAIBLES

Ce conseil implique que, dans l’Eglise, il s’en trouve de plus faibles que d’autres, non seulement plus faibles au physique mais aussi plus faibles au spirituel. Dotés d’organismes humains déchus, ils éprouvent, en tant que nouvelles créatures, de sérieuses difficultés à croître dans le domaine spirituel. Ces éléments-là ne sont pas à rejeter du Corps, au contraire. Si le Seigneur les a estimés dignes d’avoir connaissance de sa grâce, c’est qu’il peut en faire des vainqueurs par celui qui nous a aimés et nous ai rachetés par son sang précieux. Il faut les supporter, les soutenir par les promesses des Ecritures. Si nous sommes faibles par nous-mêmes, nous pouvons être forts dans le Seigneur et dans la puissance de sa force, en rejetant sur lui tous nos soucis et, par la foi, en saisissant sa grâce, en sorte qu’à l’heure de la tentation la promesse se réalise : “ Ma grâce te suffit ; ma force s’accomplit dans la faiblesse ”. Toute l’assemblée peut aider à cette œuvre de soutien et de réconfort, bien que, évidemment, celle-ci incombât surtout aux anciens sur qui reposent une charge et une responsabilité spéciales, étant les représentants choisis de l’Eglise et du Seigneur lui-même par voie de conséquence. Tout en dissertant des différents membres du Corps et après avoir parlé des pasteurs et docteurs, l’apôtre mentionne le don de “ secourir ” (1 Corinthiens 12 : 28 ). De toute évidence il serait très agréable au Seigneur que chaque membre de l’Eglise s’employât à venir en aide de toutes manières, non seulement à seconder les anciens choisis et représentant l’Eglise, mais encore à s’assister les uns les autres en faisant du bien à tous les hommes lorsque l’occasion s’en présente, surtout à la maison de la foi.

[345] ORDRE ET DISCIPLINE

USEZ DE PATIENCE ENVERS TOUS

En obéissant à cette exhortation d’user de patience envers tous et en toutes circonstances, les Nouvelles Créatures se rendront compte que non seulement elles observent le comportement qu’elles se doivent l’une à l’autre mais encore qu’elles développent en elles-mêmes l’une des plus grandes grâces de l’esprit saint : la patience. La patience est un fruit de l’Esprit qui trouvera à s’exercer en de très nombreuses circonstances de la vie, tant à l’endroit de ceux qui sont en dehors de l’Eglise qu’à l’égard de ceux qui lui appartiennent. Et il est bon de se rappeler que tout le monde a un droit sur notre patience. Nous ne nous en rendons compte qu’à partir du moment où nous saisissons vraiment la condition de la création qui gémit dont parle l’Ecriture. Alors surgit l’histoire de la chute et de toutes ses conséquences rejaillissant sur tous. Alors nous discernons la patience de Dieu à l’égard des pécheurs, son grand amour pour assurer leur rédemption, les dispositions prises par Lui non seulement pour bénir et retirer l’Eglise du bourbier et de d’horrible fosse du péché et de la mort mais encore tout le genre humain. Alors nous nous rendons compte que la grande difficulté du monde c’est que les hommes sont victimes des menées et intrigues de notre Adversaire, le “ dieu de ce monde ” qui les aveugle et les mystifie. 2 Corinthiens 4 : 4 .

Ce genre d’instruction de connaissance, ne produirait— il pas on nous la patience! Et si nous avons de la patience pour le monde, à combien plus fortes raisons devons nous on éprouver à l’égard de ceux qui ne sont plus du monde et qui, par la grâce de Dieu, ont goûté son pardon en Jésus-Christ, ont été accueillis dans sa famille et cherchent à suivre ses traces. De quelle patience aimante et à toute épreuve ne devrions nous pas témoigner envers ces co-disciples, membres du Corps de Christ ! Nous ne pourrions très certainement que manifester une patience inépuisable envers eux. Il est même avéré que notre Seigneur et Maître ne manquerait pas de désapprouver et même de réprimander celui qui agirait autrement envers les siens. De plus, nous avons aussi grand besoin de patience vis-à-vis de nous-mêmes en raison des conditions actuelles défavorables, de nos faiblesses et de nos luttes contre le monde, la chair et l’Adversaire. Apprécier tout cela comme il le faut contribuera à noue rendre plus patients envers tous.

[346] ORDRE ET DISCIPLINE

PRENEZ GARDE QUE PERSONNE NE RENDE LE MAL POUR LE MAL

Ce CONSEIL déborde le cadre individuel. C’est un ordre donné à l’Eglise tout entière et applicable à chaque assemblée d’enfants de Dieu. Il suppose que si quelqu’un appartenant à la maison de la foi manifeste quelque disposition à se venger, à rendre la pareille, à rendre le mal pour le mal soit à l’égard des frères ou envers ceux du dehors, l’Eglise n’a pas à jouer le rôle de mêle tout en prenant acte d’un tel comportement. Le devoir de l’Eglise est de prendre garde à cela, de voir à cela. “ Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mat” veut dire: Veillez en sorte que cet état d’esprit règne parmi vous et entre frères. Si donc les Anciens venaient à apprendre que la conduite de certains se trouvait on opposition à cet ordre de l’apôtre, il leur incomberait de rappeler gentiment aux frères ou aux sœurs quelle est la directive de la Parole de bien et si ces derniers refusent d’écouter il sera du devoir des Anciens de porter le cas devant l’assemblée, etc... etc... Telle est la charge de l’Eglise d’avoir à connaître de la conduite répréhensible de quiconque de ses membres. Et non seulement nous devons ainsi prendre garde, veiller l’un sur l’autre, avec bienveillance, pour éviter tout retour en arrière mais encore veiller pour qu’au contraire, tous marchent de l’avant vers ce qui est bien. Il est bon de signaler tout progrès réalisé et de s’en réjouir, de marquer “notre approbation non seulement sur le plan individuel mais également dans le cadre des assemblées des enfants de Dieu. En faisant ainsi, comme l’apôtre le suggère, nous pourrons toujours nous réjouir avec raison. En s’aidant mutuellement les membres du Corps de Christ s’élèveront dans l’amour, croîtront dans la ressemblance à leur chef et deviendront de jour on jour plus aptes au co-héritage avec Lui dans le Royaume.

[347] ORDRE ET DISCIPLINE

VEILLONS “LES UNS SUR LES AUTRES POUR NOUS EXCITER A L’AMOUR ET AUX BONNES ŒUVRES

Hébreux 10 : 24

Quelle expression aimable et excellente que celle-ci! Tandis que, dans la vie courante, on cherche à trouver en faute, à décourager les autres ou même à tirer parti de leurs infériorités, par égoïsme, la Nouvelle Création est invitée à faire exactement le contraire, à apprendre à mieux connaître (les autres pour éviter de dire ou de faire ce qui est susceptible de blesser inutilement, de provoquer la colère, etc... dans de but d’occasionner l’amour et le bien.

Et pourquoi pas? Toute la manière d’être et de faire du monde, de la chair et du diable ne porte-t-elle pas à l’envie, à l’égoïsme, à la jalousie, à tout ce qui détermine le mal dans la pensée, la parole ou l’action? Pourquoi donc les nouvelles créatures en Christ ne s’abstiendraient-elles pas de telles tendances tant à leur égard propre qu’à l’égard d’autrui pour s’engager dans une voie diamétralement opposée — dans la voie de l’amour et des œuvres bonnes? Il est bien certain que cet avis tout comme toutes les autres exhortations de la Parole de Dieu s’avèrent aussi raisonnables que profitables.

NOTRE REUNION

“ Ne désertons pas nos réunions comme quelques-uns on ont pris l’habitude, mais exhortons nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour”. Hébreux 10 : 25 .

L’invite du Seigneur, par son apôtre, de se réunir, s’accorder avec ces propres paroles :

[348] LA NOUVELLE CREATION

“ Là où deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu deux” (Matthieu 18 : 20). L’objet de ces rassemblements est bien précisé. Ils doivent contribuer au progrès mutuel dans les questions spirituelles, fournir l’occasion de croître dans l’amour pour le Seigneur et l’un pour l’autre, de se développer dans les bonnes œuvres de toute nature qui honoreraient notre Père, exalteraient le sentiment de fraternité, et porteraient à faire du bien à tous les hommes selon que l’occasion s’en présente. Ceux qui prétendrait aimer Dieu et haïrait son frère, ne saurait pas ce qu’il dit et s’illusionnerait lui-même (1 Jean 4 : 20 ). Ils s’abuseraient aussi, croyons nous, ceux qui diraient “ Il me tarde d’être avec le Seigneur et de jouir de sa présence ”si, dans le même temps, ils négligeaient de se rencontrer avec les frères et d’apprécier leur compagnie et leur amitié.

[349] ORDRE ET DISCIPLINE

Il est dans la nature des choses de rechercher la société et l’expérience atteste la vérité du proverbe “ Qui se ressemble, s’assemble ”. Si donc on n’apprécie pas la compagnie de ceux dont l’esprit est orienté vers le spirituel, si on ne la recherche pas, si on ne la goûte pas, on peut voir I& des indications révélatrices de la condition spirituelle de la personne en cause. L’homme en général aime et recherche la société et la compagnie. Il a des projets et s’associe à d’autres dans le domaine des affaires et des distractions, quand bien même ses espérances et ses buts soient très restreints en comparaison de très grands et très riches espoirs de la Nouvelle Création. A mesure que nos entendements se transforment par le renouvellement de l’Esprit Saint, notre besoin de compagnie n’est pas supprimé mais simplement orienté dans de nouvelles directions où se découvre un autre champ non moins merveilleux pour la recherche, la discussion l’amitié, la joie. L’histoire du péché, de la création qui gémit dans le passé comme au présent, l’intervention de Dieu pour la rédemption et la délivrance du genre humain, notre haut appel au co-héritage avec le Seigneur, les signes annonciateurs de notre libération etc... quel domaine exceptionnel pour l’exercice de la pensée, pour l’étude dans l’amitié et la communion.

Il n’est pas étonnant que nous affirmions que celui qui n’estime pas le privilège de se réunir avec d’autres pour s’entretenir de ces sujets est, à certains égards, malade spirituellement, qu’il soit capable ou non de diagnostiquer son mal. Il se peut qu’il soit atteint d’une sorte d’orgueil ou de suffisance qui le conduise à se tenir les arguments suivants: Je n’ai pas besoin d’aller à l’école de Christ avec tout le monde et de recevoir le même enseignement que tous ses autres disciples.. Le Seigneur me donnera des leçons particulières à la maison il m’enseignera à part des leçons plus approfondies et plus spirituelles. A la vérité il en est bien peu qui paraissent affligés de cet égoïsme spirituel au point de s’imaginer qu’ils valent mieux que les autres frères du Seigneur et que celui-ci se départirait de sa manière de faire habituelle et des directives de sa Parole, pour les servir tout exprès, tout simplement parce qu’ils se prennent plus au sérieux qu’ils ne le devraient et qu’ils en ont exprimé le “désir. Ces frères là devraient se rappeler qu’ils n’ont pas l’ombre d’une promesse de bénédiction par le Seigneur tant qu’ils demeureront dans cette disposition de cœur et garderont leur ligne de conduite. Tout au contraire “ le Seigneur résiste aux orgueilleux et fait grâce aux humbles ”. Il bénit ceux qui prennent garde et obéissent à ses instructions. “ Si vous m’aimez, gardez mes commandements ”. Pour ceux qui se trouvent dans la bonne condition du cœur, il leur suffit que le Seigneur ait ordonné de se réunir en son nom qu’il ait promis des bénédictions spéciales à si peu que ce soit, d’eux ou trois qui lui obéissent. Il leur suffit de savoir que l’Eglise représente son Corps, qu’elle doit progresser en un solide assemblage pourvu de nombreuses jointures et s’édifier, “ chaque membre selon ses forces ”, dans toutes les grâces et fruits de l’Esprit. Parfois la difficulté ne réside pas en un égoïsme spirituel pur mais en une négligence partielle de la Parole de Dieu, en trop de confiance dans l’intelligence individuelle supposant que La

[350] ORDRE ET DISCIPLINE

promesse “ ils seront tous enseignés de Dieu ” sous entend un enseignement particulier. Cependant l’habitude des apôtres et de leur enseignement, l’expérience des enfants de Dieu, contredisent une telle pensée.

D’un autre côté, il ne faut pas rechercher le nombre, l’étalage, la popularité; mais se rappeler que la bénédiction promise par le Seigneur concerne “ deux ou trois assemblés en mon nom” et que, par l’apôtre, il est question exclusivement de “ ces réunions”. Ce n’est pas un esprit de secte que le Seigneur et l’apôtre expriment ici. Ils ne veulent pas parler de réunions, d’assemblées ordinaires et publiques mais d’assemblées chrétiennes, de réunions entre ceux qui ont connu la grâce de Dieu et ont accepté celle-ci en se consacrant complètement à lui et à son service. Il ne convient pas d’inviter d’une manière pressante ceux du monde à assister à ces réunions. Ils ne sont pas “des nôtres ”, tout comme “ vous n’êtes pas du monde ”. Si on les attirait soit par de la musique ou tout autre moyen l’esprit dans lequel a été donné cet ordre de se réunir serait méconnu. Car là où s’infiltre et abonde l’esprit du monde, le désir de plaire et d’attirer à soi, l’objet même de la réunion serait très rapidement perdu de vue. Cet objet c’est de “ s’édifier les uns les autres dans la très sainte foi, ” de “ s’édifier réciproquement ”, de “ s’exciter les uns les autres à la charité et aux bonnes œuvres”. Jude 20 ; 1 Thessaloniciens 5 : 11 ; Hébreux 10 : 24.

Que ceux dont l’esprit est tourné vers le mal s’assemblent; que ceux qui sont de bonne moralité s’assemblent selon leurs affinités; que les engendrés de l’esprit s’assemblent également en vue de leur édification et conformément aux directives de la Parole de Dieu. Si ceux-ci le négligent, que les conséquences fâcheuses n’en soient pas imputées au chef de l’Eglise ni à ses apôtres fidèles qui ont dit avec précision ce qu’il fallait faire et en ont eux-mêmes donné l’exemple.

[351] ORDRE ET DISCIPLINE

Il ne faut pas déduire de ce qui précède que l’entrée aux réunions de l’Eglise doit être interdit à ceux du dehors surtout s’ils manifestent assez d’intérêt pour désirer entrer, voir ce qui s’y fait, entendre ce qui s’y dit, les exhortations aux bonnes œuvres, à la charité, les explications de la divine Parole de la Promesse, etc...

L’Apôtre l’envisage en termes positifs dans sa première épître aux Corinthiens chapitre 14 verset 24 . Ce qu’il faut comprendre c’est que “ notre réunion” ne doit vas être une assemblée d’incroyants que l’on tâche constamment de sermonner pour les convertir. L’homme de la rue doit pouvoir y assister librement sans doute et, observer tranquillement l’ordre et la nature des liens qui unissent les enfants de Dieu en sorte que, tout en ne comprenant qu’en partie, il se rende compte de l’état d’esprit qui anime les chrétiens, juge personnellement de ses erreurs et établisse une comparaison entre celle-ci et l’harmonie des idées scripturales exposées au sein du peuple de Dieu. — Voir le texte de 1 Corinthiens 14 : 23 à 26 .

Ceci nous conduit à considérez- le

CARACTERE GENERAL DES REUNIONS

du peuple de Dieu. Et tout d’abord remarquons que, sur cette question comme à propos des autres “sujets, il n’existe pas de lois et de règlements rigides et intangibles”, d’où liberté absolue de s’adapter aux conditions variables de temps et de lieux, liberté de se laisser guider par l’esprit de bon sens, de rechercher la sagesse d’En-haut, de témoigner de son attachement et de ses efforts pour ressembler au caractère du Maître sous la discipline de la Loi d’Amour. Cette Loi d’Amour conduira à une grande prudence lorsqu’il s’agira d’innovations, de changements à apporter aux coutumes de l’Eglise primitive. S’il faut absolument apporter quelque modification ce ne sera pas sans hésitation et encore cherchera-t-on à garder intact l’esprit d’exhortation et d’instruction qui animait la première Eglise.

[352] ORDRE ET DISCIPLINE

Dans cette Eglise nous avons l’exemple des apôtres considérés comme enseignants. Nous avons l’exemple des anciens dans l’œuvre pastorale, dans l’œuvre d’évangélisation, dans l’œuvre de prophétisation c’est-à-dire l’exercice de la parole en public. Au chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens, une image nous permet de comprendre que chaque membre de l’Eglise était encouragé, par les apôtres, à développer tout talent, tout don naturel qu’il pouvait “posséder pour l’employer à la cause du Maître et servir les frères. En s’exerçant de cette manière on se fortifie dans le Seigneur et dans la Vérité, on aide les autres qui vous aident à leur tour. Cet exposé d’une réunion ordinaire de l’Eglise aux temps apostoliques ne peut être suivi parfaitement et dans le détail! aujourd’hui en raison même des dons de l’Esprit accordés pour un temps à l’Eglise naissante pour convaincre ceux du dehors et encourager les premiers chrétiens en un temps où, sans ces dons il leur eût été impossible de s’édifier et de s’affermir. Cependant nous pouvons retirer de cette manière de faire du début du christianisme certaines leçons utiles et de grande valeur dont peuvent s’inspirer les petites assemblées du. peuple de Dieu réunies un peu partout selon les circonstances.

L’idée essentielle qui se dégage est celle d’une assistance mutuelle: “ s’édifier réciproquement dans la très sainte foi ”. Il n’appartenait pas à un seul ou même à plusieurs anciens de faire un discours régulièrement ni de se réserver exclusivement l’œuvre d’édification. Chaque membre faisait sa part, celle des anciens demeurant la plus importante en raison de leurs capacités et de leurs dons naturels. Et cette, manière de faire devait assurément se révéler très utile et apporter un avantage non seulement à ceux qui écoutaient mais à tous ceux qui y prenaient une part active. Et qui ne sait que celui qui s’exprime avec le plus de difficulté, le plus illettré même, n’est pas capable, si son cœur déborde pour le Seigneur,

[353] ORDRE ET DISCIPLINE

d’énoncer de précieuses pensées bienfaisantes pour tous. Les activités d’une assemblée, comme l’apôtre les expose, étaient évidemment un exemple de la manière dont se déroulait une réunion en général à l’origine. Le texte montre qu’elle était variée. Et si nous devions adapter cette description de réunion à notre époque actuelle, l’un pourrait exhorter, un autre expliquer, un autre prier, un autre encore proposer un cantique, lire un poème traduisant ses sentiments et ses expériences, le tout dans la ligne du sujet examiné au cours de la réunion. On pourrait encore citer des textes se rapportant au sujet en discussion et ainsi le Seigneur se sert de chacun et de tous en vue de l’édification commune de l’instruction commune.

Nous ne pensons pas du tout qu’il n’y avait jamais de prédication dans l’Eglise primitive. Au contraire, partout où les apôtres se rendaient, on voyait en eux des éléments particulièrement qualifiés pour exposer la Parole de Dieu et qui ne seraient là que pour peu de temps ; aussi est-il probable qu’on leur laissait presque tout le soin de la prédication en public indépendamment des autres réunions à caractère plus restreint tout en étant ouvertes à tous. Cette même manière de travailler adoptée par les apôtres devait aussi être employée par ceux qui n’étaient pas apôtres comme Barnabas, Timothée, Apollos, Tite, etc... et même par quelques-uns qui, profi tant des mêmes facilités, s’en servirent pour influencer dans le mauvais sens comme Hyménée, Philète et d’autres.

Quand le Seigneur ne pose pas lui-même d’indications précises, il ne convient pas que nous ni d’autres n’apportions une règle. Nous offrons néanmoins quelques suggestions dans le sens des besoins spirituels de l’Eglise qu’il est nécessaire d’assurer

1) L’enseignement est nécessaire: dans les questions d’ordre plus spécialement prophétiques et aussi pour ce qui est des doctrines dans leur application au développement des vertus chrétiennes.

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2) En raison même des différentes manières de s’exprimer, plus ou moins heureuses, des uns et des autres; en raison aussi de la plus ou moins grande facilité de comprendre et des différents degrés de perception spirituelle entre ceux qui sont encore des enfants en Christ et ceux qui sont parvenus déjà à un développement plus marqué tant en connaissance qu’en vertu, il est souhaitable que des occasions soient offertes où chacun pourrait et serait même encouragé à exprimer ce qu’il comprend des leçons qu’il a apprises tant par la lecture que par audition, de manière que si sa conception était inexacte ou pas tout à fait au point, elle puisse être rectifiée par les autres.

3) Il devrait exister de fréquentes réunions régulières où une occasion complète et raisonnable serait donnée à quiconque d’exposer ce qu’il pourrait croire être une manière différente de voir la vérité que celle peut être généralement reconnue et admise par l’Ecclésia.

4) Non seulement il devrait y avoir dans toutes les réunions du peuple de Dieu un moment de recueillement intérieur pour tous mais l’expérience montre qu’il est utile que chacun, devant ses frères, confesse en parole, soit par le témoignage ou par la prière, son attachement au Seigneur.

LA DOCTRINE EST ENCORE NECESSAIRE

Voici notre première proposition Nous vivons an un temps où l’on se moque des doctrines en général et où bon nombre de gens prétendent que la doctrine et la foi ne sont rien à côté des œuvres et des principes moraux. Nous ne pouvons être de cet avis parce que cette conception se trouve en opposition à la Parole divine qui met la foi en première ligne et les œuvres en second. C’est notre foi que le Seigneur accepte et c’est selon notre foi qu’il nous récompensera bien qu’il sache parfaitement qu’une foi bien équilibrée produira autant d’œuvres

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bonnes que les faiblesses du vase de terre le permettront. Voici la règle de foi partout mise on relief dans l’Ecriture: “ Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu “ La victoire qui triomphe du monde c’est votre foi” (Hébreux 11 : 6 ; 1 Jean 5:4 ). Ainsi donc, personne ne peut être un vainqueur sans avoir foi en Dieu et dans ses promesses. Pour avoir foi dans les promesses divines il faut d’abord les comprendre. Et la possibilité de se fortifier dans la foi dépend du degré de compréhension du Plan des Ages ainsi que des grandes et précieuses promesses qui s’y rattachent. Ainsi la doctrine d’enseignement — est une chose importante, non seulement du point de vue de la connaissance que les enfants de Dieu doivent posséder et dont ils doivent jouir par privilège sur ce que le monde connaît de Dieu, mais surtout en raison de l’influence que cette connaissance est appelée a exercer sur les espérances, les buts et le comportement. Quiconque a cette espérance en lui se purifie comme lui-même est pur ”, (1 Jean 3 : 3 ) est une expression scripturale qui confirme tout à fait ce qui précède. Celui qui veut s’efforcer de se purifier, d’assainir sa conduite, doit, pour y réussir, commencer comme les Ecritures commencent elles-mêmes, par le cœur puis progresser en utilisant les promesses inspirées comme moyen de purification. Or ceci sous-entend une compréhension des doctrines de Christ.

Il est vital d’établir une différence une distinction très nette entre les doctrines de Christ et les doctrines des hommes. Les doctrines de Christ ont été formulées par lui-même et ses apôtres inspirés dans le Nouveau Testament. Les doctrines des hommes se retrouvent dans les divers credo dont bon nombre déforment sérieusement et parfois grossièrement les doctrines du Seigneur quand ils ne s’opposent pas l’un à l’autre. De plus il n’est pas pensable de recevoir d’emblée toute la doctrine. Comme l’apôtre le dit, nous recevons le trésor de la grâce de Dieu dans de pauvres vases de terre fuyants. Si donc nous cessons de recevoir nous cessions aussi de conserver c’est la raison pour laquelle il est utile d’acquérir ligne

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sur ligne, précepte sur précepte , de revoir, de réviser notre étude du divin plan des âges en nous aidant de tous les moyens que la providence divine met à notre disposition tout en prenant garde au conseil de l’apôtre de ne pas être des auditeurs oublieux mais de se mettre à l’œuvre, à l’œuvre de la Parole. Jacques 1 : 22-25 .

Notre seconde proposition peut ne pas être immédiatement si bien saisie que la première. Il se peut que la plupart pensent — sinon tous — que ceux qui sont le mieux à même d’expliquer la vérité clairement, couramment, exactement, devraient être les seuls à le faire tandis que les autres devraient écouter et apprendre en silence. Cette conception est exacte à plus d’un égard. Et nous ne voudrions pas suggérer que n’importe qui soit autorisé à enseigner, soit considéré comme instructeur et que ses déclarations fassent autorité surtout s’il est incapable d’instruire ou n’a pas des idées nettes sur le plan divin. Mais il existe une grande différence entre établir de tels éléments pour enseigner comme c’est le cas des anciens — et tenir une réunion où tous les membres de la Nouvelle Création auraient l’occasion de faire connaître leurs idées brièvement ou de poser des questions étant donné que lieurs questions, l’exposé de leurs doutes ou leurs manières de s’exprimer peuvent ne pas aller dans le sens des tendances généralement accueillies par l’assemblée. Au cours de réunions de ce genre des idées erronées peuvent être exprimées sous forme de questions, non pas dans le but de les enseigner ni pour les imposer mais pour les voir passer au crible de la critique si “elles en ont besoin ou reconnues si elles sont dignes de l’être. Cependant, des rencontres de ce genre ne devraient avoir lieu qu’en présence d’éléments avancés dans la Vérité et capables d’expliquer, par l’Ecriture, la raison de leur position propre et de montrer, encore mieux si possible, la ligne marquée par le Seigneur. On pourrait peut être se demander quel avantage il peut y avoir à procéder de cette façon? Nous répondons que nous on avons souvent vu l’utilité. Il est souvent difficile — parfois même impossible — d’exposer

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un sujet sous une forme très simple et très directe, tout comme il est également impossible que toutes les intelligences, bien que sans détour, apprécient une même illustration ou embrassent un sujet avec une égale clarté. D’où la valeur des questions et d’une grande variété dans la manière de présenter une même vérité, tout comme le Seigneur lui-même dans ses multiples paraboles où il propose les mêmes questions sous des aspects différents, ce qui contribue pour beaucoup à donner du tout une idée plus complète et plus harmonieuse. Nous avons même remarqué qu’une manière plus grossière et plus à la bonne franquette de présenter un sujet réussit parfois mieux à pénétrer dans les esprits qu’un style plus académique et plus recherché: l’incompétence de l’orateur rejoint dans un certain sens, le cheminement pénible du raisonnement et du jugement de l’auditeur. Réjouissons nous si l’Evangile est annoncé et pénètre dans les cœurs affamés par n’importe quel moyen, comme l’apôtre le dit d’ailleurs: Quelques-uns prêchent Christ par esprit de dispute ou par vaine gloire. Nous ne pouvons que nous réjouir que quelqu’un parvienne à la véritable connaissance de Dieu, même si nous ne pouvions que regretter les mauvais mobiles qui y ont conduit ou encore l’imperfection de la présentation. C’est le Seigneur, la Vérité les frères que nous aimons et que nous voulons servir. C’est pourquoi il convient d’être satisfaits de tout ce qui contribue au résultat désiré et de prendre nos dispositions de manière à ne pas intervenir dans ce que nous reconnaissons être un fait positif. Tout ceci ne veut pas dire qu’il faille choisir et établir pour enseigner, au sein de l’assemblée des éléments imprécis ou incompétents ni qu’une présentation peu claire atteigne mieux son but en général. Bien au contraire. Cependant nous ne devons pas méconnaître complètement ce qui se révèle parfois être un moyen de bénédiction ou a reçu la consécration de l’usage par la primitive Eglise.

En égard à notre troisième proposition : quelle que soit l’assurance que nous puissions avoir de posséder la vérité, il ne serait pas sage de barrer la route à toute

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possibilité d’interrogation ou d’expression libre d’une manière si absolue qu’on on arrivât à exclure tout ce qui pourrait être considéré comme de l’erreur par celui qui préside la réunion ou par l’assemblée tout entière. Il ne doit exister d’exclusive que sur le seul point suivant les rassemblements des nouvelles créatures ne se font pas pour y discuter de questions sociales, scientifiques , ou philosophiques mais uniquement pour y étudier la révélation divine. Et dans l’étude de cette révélation divine, l’assemblée devrait d’abord et toujours distinguer entre les principes fondamentaux de la “doctrine de Christ (qu’aucun membre ne peut modifier, altérer, ni consentir à voir y porter atteinte) et la discussion de questions secondaires qui doivent s’aligner sur les doctrines de base. Elles doivent pouvoir être examinées en tous temps au cours de réunions spéciales. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille sans cesse y revenir et qu’il faille permettre à un membre de l’assemblée de tourner toutes les réunions et tous les sujets pour retomber sur son dada particulier. Que ce dada soit considéré et discuté une bonne fois en présence de quelqu’un qui soit bien au courant de la Vérité ; et si l’assemblée écarte cette proposition comme non conforme aux Ecritures, et que le promoteur de la question ne soit malgré tout pas convaincu, qu’il s’abstienne tout au moins d’attirer à nouveau l’attention de l’assemblée pendant un certain temps un an peut être - après quoi il pourrait, sans risquer d’être ennuyeux, réclamer un nouvel examen qui pourrait être consenti ou pourrait ne pas l’être suivant que l’assemblée trouve ou ne trouve pas que le sujet on vaille la peine.

Ce sur quoi nous insistons c’est que, à moins qu’il n’existe une issue quelconque, deux écueils sont à craindre. D’abord, le danger de connaître une situation semblable à celle des églises de la chrétienté où il est impossible de s’adresser à leurs fidèles au cours de leurs réunions, tout moyen d’accès se trouvant minutieusement filtré. Ensuite, si quelqu’un caresse une théorie qui en appelle à son jugement comme une vérité d’importance — quelque fausse ou irrationnelle qu’elle puisse être —

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il ne sera pas content tant qu’il n’aura pas pu exposer son idée et y reviendra obstinément. Mais quand il aura eu une occasion raisonnable de s’expliquer, même s’il n’est pas convaincu de son erreur, il ressentira lui-même l’inconvenance qu’il y aurait à importuner ceux qui, après l’avoir entendu, ont rejeté sa conception.

Quatrième proposition. Si étrange que cela puisse paraître, croître on connaissance peut diminuer da dévotion. Nos capacités sont si menues et le temps que nous consacrons aux choses religieuses est si limité que si notre attention est toute tendue dans une seule direction elle s’amenuise dans les autres domaines. Le chrétien ne doit pas être tout en tête et rien pour le cœur, ni tout pour le cœur et rien pour la tête. “ L’esprit de bon sens” nous pousse à développer tous les fruits et toutes les vertus qui complètent et affirment un caractère équilibré. De nos jours la tendance générale en est au sens opposé: celui de la spécialisation. Tel ouvrier fait ceci, tel autre fait cela en sorte que bien peu d’ouvriers connaissent à fond, et comme autrefois, le métier qu’ils exercent La nouvelle créature doit résister à cette tendance et “ suivre avec ses pieds des voies droites” en conséquence, de peur que, se bornant à un seul élément de grâce, elle en arrive à négliger l’exercice d’autres facultés ou privilèges donnés par Dieu.

Chaque être humain présente à un degré plus ou moins élevé des dispositions au dévouement à une cause. Les facultés essentielles de l’esprit que sont la vénération et la spiritualité appellent à leur aide les qualités de conscience, d’espérance, d’harmonie, etc... Si nous les négligeons, l’intérêt que nous prenons, l’amour que nous éprouvons pour la Vérité ira en diminuant, et, au lieu que nos cœurs aillent au Seigneur, poussés par une appréciation plus vive de son amour et par un désir plus intense de lui plaire, de l’honorer et de le servir, il se trouvera que les qualités d’arrière plan, prenant le pas sur les facultés essentielles, on glissera dans le sens des philosophies à caractère strictement intellectuel qui

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engendrent l’esprit de combativité, de négation, d’ambition, de contestation et de vaine gloire. Pour cette raison, la Nouvelle Création a besoin, non seulement qu’une réunion comporte une partie consacrée à l’adoration à la prière et à la louange, mais encore, croyons-nous qu’un culte particulier orienté dans le sens de l’exercice de la piété, ait lieu chaque semaine. Au cours de cette réunion spéciale, une place serait faite au témoignage sur le plan des expériences chrétiennes. Non pas un témoignage consistant à revenir quelque vingt ans et plus en arrière pour raconter l’histoire d’une première conversion,, etc... mais un témoignage récent reflétant la condition du cœur pour le moment et pendant la semaine écoulée. Des témoignages de ce genre sont utiles à ceux qui écoutent. Ils les encouragent parfois en leur rappelant des expériences favorables ou les réconfortent en leur montrant par les épreuves, les difficultés, les perplexités, etc... des autres qu’ils ne sont pas seuls à les connaître et parfois même à succomber.

C’est ainsi que chacun peut pénétrer toujours plus le sens des paroles de l’apôtre: “ Ne soyez pas surpris comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver (1 Pierre 4 : 12 ). Tous les enfants de Dieu connaissent des épreuves et des difficultés. Ils apprennent de cette manière à sympathiser avec d’autres, et, à mesure que les liens de sympathie augmentent, l’empressement à venir en aide augmente également, de même que l’esprit d’amour - l’esprit saint; Ces réunions à mi-semaine peuvent se centrer sur un texte proposé à l’assemblée du dimanche précédent. Ce texte servirait de base et chacun noterait et signalerait les expériences de la vie s’y rapportant au cours de la semaine. Bien sûr on peut jour après jour, profiter des leçons et des expériences sur des plans bien différents; mais la plupart, sans y penser, sans même les remarquer, laissent passer ces grandes leçons et il leur faut des épreuves plus larges et plus amères alors qu’il leur aurait suffi de prendre garde à ce que le Seigneur leur apprend chaque jour par ses soins.

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Pour donner un exemple, supposons que le centre d’intérêt de La semaine ait été “ La paix de Dieu avec le texte: “ Et que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence (compréhension) garde vos cœurs” (Philippiens 4 : 7). Chaque frère, chaque sœur, pendant la semaine, remarquera à quel point ce texte a trouvé son application dans son cas particulier, ce qui a paru interrompre ou faire obstacle à cette paix suprême en apportent l’inquiétude et le mécontentement. Ces expériences réflexions, leçons, acquises par l’un et l’autre, exposées devant tous par ceux qui le peuvent et par ceux qui le peuvent avec moins de bonheur, non seulement rappelleraient à tous les présents leurs propres expériences pendant la première moitié de la semaine mais pendant la deuxième moitié y ajouteraient celles des autres. Ceci ne pourrait que contribuer à élargir le champ des liens de sympathie déjà existant on soulignant mieux les avantages de la paix sur la discorde, le bien qu’apporte la paix de Dieu dans le cœur, et comment il est possible de garder cette paix au sein du tumulte, de la confusion, du danger, des conditions sur lesquelles nous ne pouvons rien. Le caractère d’adoration de ces réunions ne fera qu’ajouter au profit qu’on en retirera. Quiconque se rend compte avec acuité de ses défauts personnels et fait tout ce qu’il peut pour croître dans les grâces de l’Esprit, cherchera à se rapprocher du Seigneur dans son désir de lui plaire et d’être animé sans cesse par son Esprit 1).

Dans ces réunions comme dans toutes les autres, il apparaît que l’ordre et la méthode sont susceptibles d’apporter le plus grand bien. Non pas un ordre qui détruise la vie et la liberté d’une réunion mais la préserve au contraire on s’opposant à l’anarchie, au, désordre par une contrainte aimable, sage et douce. Ainsi il faudrait que le caractère de la réunion soit déterminé à l’avance tandis que le devoir de celui qui la dirige consiste à La conduire


1)Des réunions du genre que nous décrivons en ce moment se tiennent dans des centaines d’assemblées. Bien souvent les sujets choisis sont pris dans la Manne quotidienne.

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d’une manière raisonnablement affable vers le but fixé. Il demeure entendu que ces réunions la ne sont pas des réunions de questions, ni des réunions pour la discussion ou la prédication. D’autres réunions sont prévues pour cela où tous ceux qui le désirent sont les bienvenus. Cette réunion-là a un objectif bien défini. Pour la tenir dans sa ligne et éviter les discussions ou les réponses de l’un à l’autre, celui qui la conduit — et qui a été choisi pour représenter l’assemblée tout entière —doit être seul à répondre ou à faire des remarques quand il y a nécessite . Il lui appartient de veiller à ce que certains témoignages ne soient tellement longs qu’ils en deviennent fatiguants, empêchent celui des autres et risquent de faire durer la réunion plus qu’il n’est raisonnable et qu’il n’a été fixé. Tous ces détails qui incombent à celui qui dirige, impliquent qu’il soit un Ancien dans l’Eglise. Quiconque ne serait pas suffisamment expérimenté, risquerait, même avec les meilleures intentions, d’être trop relâché ou trop strict en appliquant la règle. Il pourrait frustrer la réunion du caractère qu’elle doit revêtir par trop d’indulgence ou, heurter quelque frère ou sœur à l’étiquette par une insuffisante correction dans le langage ou la convenance. Oui, celui qui conduit cette réunion devrait être un Ancien ou quelqu’un capable de l’être ce qui veut dire suffisamment avancé dans la connaissance de la Parole et apte à enseigner pour pouvoir donner à bon escient une parole d’encouragement, un conseil, un avis utile en réponse aux témoignages donnés. Une parole dite à propos, comme elle est agréable ! ”, et est souvent plus utile que tout un discours. Proverbes 15 : 23 .

Bien que, dans ce qui précède, nous ayons signalé les besoins à satisfaire par des réunions de nature différentes et appropriées nous nous sommes surtout arrêtés à la dernière, celle que, soit dit en passant, nous considérons comme la plus importante de toutes, celle qui contribue le plus à la croissance on spiritualité. Voyons maintenant quels peuvent être de bons aménagements par rapport aux autres réunions. Celles-ci doivent s’adapter aux

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circonstances, conditions et importance du rassemblement de l’Ecclésia ou Corps. Si l’assemblée comporte environ cinquante membres et que certains d’entre eux soient aptes à parler en public et à exposer la Vérité d’une manière compréhensible, nous pensons qu’une réunion avec allocution par semaine, où l’on inviterait les amis, les voisins et d’autres, serait profitable. Mais si personne n’est vraiment qualifié pour présenter, sur un sujet scripturaire un discours qui se tienne, logique, raisonnable, mieux vaut s’abstenir de tenir une réunion de ce genre. Ou alors répartir le temps et partager la tâche entre plusieurs frères ayant quelque faible talent et qui pourraient à tour de rôle parler sur un même sujet. Ou bien encore ces Anciens pourraient alterner : celui-ci tel dimanche avec un texte et tel autre le dimanche suivant; ou encore deux Anciens ce dimanche avec deux textes différents et ainsi de suite. Il semble que les intérêts essentiels de toute l’Eglise soient sauvegardés quand tous les frères, selon leurs capacités, s’y trouvent mêlés avec la pensée que l’humilité et les idées claires sur la Vérité demeurent l’essentiel et non le beau langage et les finesses oratoires.

Mais, à notre jugement, le genre de réunion le plus important, le plus utile aussi après le culte d’adoration dont nous avons parlé précédemment, c’est celui où toute la réunion des croyants a sa part sous la direction d’un président de séance, tantôt l’un, tantôt l’autre. Pour une réunion comme celle-là on peut proposer à la discussion soit un sujet soit un texte de l’Ecriture. Examinant le sujet par avance, celui qui conduira la réunion pourra le couper et le répartir entre plusieurs frères en leur faisant connaître ce qu’ils auront à développer, si possible une semaine d’avance, de manière que ceux-ci viennent à la réunion préparés à soumettre des idées chacun dans le cadre qui lui aura été assigné. Ces principaux préposés à l’examen du sujet choisi (deux peut être, six ou même d’avantage selon le nombre des compétences dont on dispose, l’importance de l’assemblée, l’étendue du sujet) trouveront un grand secours dans l’examen des ETUDES

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et des TOURS ” avec les meilleures traductions des Bibles. Qu’ils présentent donc la question; avec des mots à eux ou encore qu’ils trouvent des extraits bien choisis d’articles dans les TOURS ” ou les ETUDES” qu’ils liront en les accompagnant de quelques remarques appropriées.

Après que la réunion aura commencé par la louange et la prière, celui qui préside rappellera les sujets qui seront examinés ce jour-là. Lorsque chacun des frères, invités à le faire aura présenté ce qu’il aura trouvé sur le sujet qui lui a été attribué, la discussion sera ouverte devant toute l’assemblée qui posera des questions, relèvera des expressions, soit pour soit contre ce qui a été présenté. Si l’assemblée ne semble pas disposée à la discussion mais a besoin qu’on s’étende davantage, le président de séance y pourvoira par d’habiles questions. Seul, le président interviendra auprès des frères qui auront parlé, ou essaiera de répondre et d’harmoniser leurs déclarations. Evidemment il pourra demander à ceux qui auront fait l’exposé de préciser leurs positions et d’expliquer plus à fond leurs raisons. Ceux qui parleront adresseront leurs remarques au président de séance et jamais de l’un à l’autre directement. On évitera ainsi toute question personnelle ou raison d’altercation. Le président n’a d’autre part à prendre dans la discussion que celle que nous avons signalée mais doit pouvoir, à la f in, rassembler les idées principales et résumer le sujet dans son ensemble et d’après son propre point de vue avant que la réunion ne se termine par la louange et l’action de grâce.

Chaque point peut être complètement élucidé et le sujet suffisamment retourné pour que chacun puisse en avoir une vue d’ensemble assez claire. Dans le cas de sujets plus complexes, le président aurait profit à résumer et à donner son opinion après que chaque partie de sujet aura été exposée. Nous ne connaissons pas de formule mieux adaptée à une étude complète de la Parole divine. Nous la considérons comme beaucoup plus profitable que la prédication courante dans la plupart des rassemblements du peuple de Dieu.

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Une réunion de ce genre satisfait à tous les besoins énoncés précédemment sous les numéros 1, 2 et 3. Pour ce qui est du premier point, ceux qui ont à préparer une partie du sujet ont toute occasion d’exercer leurs capacités. Le second point est également satisfait puisque chaque auditeur peut poser ses questions, émettre ses suggestions après que le frère chargé d’envisager telle partie de sujet en aura terminé avec elle. Quant au troisième point, il trouve aussi sa place dans ce genre de réunion perce que le ou les sujets de la semaine devraient être choisis de préférence par toute l’assemblée, et non par celui qui conduit la réunion, au moins une semaine avant la mise en discussion.

Un membre quelconque du groupement devrait pouvoir présenter sa question ou son sujet. L’esprit d’amour, de sympathie et de bonne considération devrait pénétrer tout le monde au point que tout sujet acceptable puisse être entendu comme il convient même si l’on demande à discuter d’un sujet qui soit on apparence contraire aux idées générales de l’assemblée, tout on demeurant dans les limites des principes fondamentaux de l’Evangile, il convient d’accorder à celui qui propose le sujet et en demanda la discussion un temps raisonnable pour le présenter. Il sera même le présentateur principal à cette occasion dans un temps limité, disons à trente minutes, ou plus ou moins suivant, l’importance du sujet et l’intérêt que le groupe y prend. Lorsqu’il en aura terminé, la question sera discutée entre les autres membres du groupe. On accordera quelques minutes à l’initiateur de la question pour répondre aux objections qui lui auront été faites et le président de séance aura le mot de la fin an clôturant la réunion.

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Une autre formule de réunion qui s’est révélée très intéressante pour l’étude de la Parole est le Cercle béréen pour l’étude de la Bible. Ce ne sont pas des réunions où l’on ne fait que lire mais où l’on étudie le plan divin sous tous ses aspects, point par point. Les différents volumes des Etudes des Ecritures traitant des sujets comme ils le font dans un ordre suivi, constituent (avec la Bible) des livres de texte pour ces études bibliques. Cependant, dans l’intérêt même de la réunion, il est nécessaire que celui qui la conduit et les membres du groupe établissent une différence très nette entre lire et étudier. Pour autant qu’il s’agisse de la lecture, il vaudrait mieux que les amis lisent eux-mêmes chez eux. L’objet de ces études consiste à envisager une certaine partie de sujet condensée en un ou plusieurs paragraphes qu’on videra absolument en apportant des textes des Ecritures, etc... Si possible chacun des présents exprimera sa pensée sur le paragraphe considéré avant d’aller plus loin. Certains de ces “ Cercles béréens ” ont passé jusqu’à un an ou deux dans l’étude d’un seul volume des Etudes des Ecritures — et ce avec intérêt et profit.

QUE CHACUN AIT, EN SON ESPRIT UNE CONVICTION SOLIDE

Romains 14 : 5

Tous les esprits clairs sont heureux d’être fixés positivement, si possible, sur chaque détail de la Vérité. Et, déclare l’apôtre, chaque membre de l’Eglise doit s’efforcer d’y parvenir pour son propre compte, en son esprit ”. On a tort cependant d’essayer d’appliquer cette règle excellente mais tout individuelle à une Eglise ou assemblée dans une étude biblique lorsqu’on voudrait obliger tout le monde à conclure dans un sens rigoureusement pareil. Naturellement on peut souhaiter que tous puissent “ voir de leurs yeux ”, mais cela n’est pas raisonnable quand on se souvient que nous sommes tous déchus de la perfection non seulement au physique mais encore au mental, que nos défauts se signalent dans tous les domaines ainsi qu’en témoignent les multiples formes

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des crânes des gens qu’on côtoie. Le degré d’instruction ou d’éducation que nous avons reçu constitue d’importants facteurs lorsqu’il s’agit de favoriser ou de mettre empêchement à une conformité de vues.

Mais l’apôtre ne dit-il pas que nous devrions tous être unis dans une même pensée? que nous serons tous enseignés de Dieu en sorte que nous serons tous animés d’un esprit de bon sens? que nous devons tous croître en grâce et en connaissance nous édifiant l’un l’autre dans la foi?

Tout ceci est vrai mais cela ne veut pas dire que ce résultat soit atteint au bout d’une réunion. Non seulement les enfants de Dieu ont des têtes inégalement développées, des différences dans l’expérience et le savoir mais sont, en plus, d’âges différents comme nouvelles créatures: des enfants, des adolescents, des adultes. Il ne doit donc pas nous surprendre que, certains soient plus lents que d’autres à comprendre, plus lents à se faire une conviction solide en leur esprit à propos des “ choses profondes de Dieu ”. Certes ils doivent tenir aux connaissances fondamentales , savoir, que nous sonnes tous des pécheurs, que Jésus-Christ notre Chef nous a rachetés par son sacrifice accompli au Calvaire, que nous sommes maintenant à l’école de Christ pour y recevoir instruction et y être formés pour le Royaume et son service, que personne n’est admis dans cette Ecole si ce n’est par une complète consécration de son tout au Seigneur. Ces choses là, tous doivent les voir, les reconnaître tout à fait et toujours. S’il en était autrement on ne pourrait même pas les considérer comme “des frères - bébés dans la Nouvelle Création. Cependant nous avons tous besoin de patience l’un pour l’autre, nous avons besoin qu’on supporte les originalités de l’un et de l’autre — et par dessus tout cela amour doit travailler à augmenter les grâces de l’Esprit à mesure que nous nous rapprochons de sa plénitude.

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Ceci étant, toutes les questions, toutes les réponses, toutes les remarques dans les réunions où plusieurs prennent la parole — doivent concerner toute l’assemblée présente et non viser personnellement tel ou tels. Pour cette raison, il faut toujours s’adresser au président de séance qui représente tout le monde sauf si, pour plus de commodité, le président invite celui qui a la parole à faire face à l’auditoire et à s’adresser directement à lui. Après avoir exposé son point de vue, on doit pouvoir entendre tranquillement le point de vue des autres sans qu’un débat s’institue ou que le premier revienne à la charge et redise ce qu’il a déjà dit. Après quoi, que chacun se confie au Seigneur qui guide, enseigne et montre la vérité sans insister pour que tous voient chaque détail comme on le voit soi-même ni même comme le plus grand nombre le voit. Voici la règle à suivre : Sur les questions essentielles : l’unité ; sur les questions d’importance secondaire : la charité.

Nous admettons cependant que chaque détail dans ce qui est vrai a son importance, que la plus petite parcelle d’erreur est néfaste et que les enfants de Dieu doivent prier et s’efforcer d’atteindre à l’unité dans la connaissance sans espérer y parvenir par la contrainte. L’unité d’esprit sur les principes de base, voilà ce qui importe. Si cette unité-là existe on peut avoir confiance que le Seigneur guidera tous ceux qu’elle anime dans toute la vérité nécessaire pour le moment. C’est sous ce rapport que ceux qui conduisent le troupeau du Seigneur ont le plus besoin de sagesse, d’amour, de force de caractère et de voir clairement la Vérité, de manière qu’à la fin de chaque réunion celui qui en a assumé la direction soit à même de résumer les idées tirées de l’Ecriture et de laisser tous les esprits sous cette bienfaisante influence, dans un langage clair, positif, aimable sans jamais être dogmatique, sauf sur les questions fondamentales.

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SERVICES FUNEBRES

Dans les moments de deuil, tandis que plus ou moins de solennité s’installe parmi ceux qui assistent aux obsèques, le corps inerte et froid, les cœurs brisés, les larmes, le crêpe, etc... tout contribue à faire sentir que la mort n’est pas l’amie de l’homme mais son ennemi. De telles occasions sont favorables pour présenter la Vérité et il convient d’en tirer parti. Nombreux sont ceux qui, intéressés maintenant à la Vérité Présente ont eu leur attention éveillée par un discours entendu Lors d’un enterrement. Bien plus, certains seront présents et écouteront dans une circonstance comme celle-là qui, en tout autre temps craindraient de déplaire à leurs amis s’ils venaient à assister ouvertement à nos réunions ordinaires. Pour cette raison nous conseillons de profiter de ces occasions dans la plus large mesure possible. Si le défunt est un croyant et que sa famille ne soit pas favorable, il se peut qu’il ait exprimé un dernier souhait à l’effet qu’un représentant de nos idées parle à la foule des assistants lors de ses funérailles. Si c’est un enfant et que ses parents soient tous deux dans la Vérité, la question ne se pose pas. Mais si l’un d’eux est sympathisant et l’autre pas, c’est du père que cela dépend. Bien que la femme ait tout à fait le droit de faire connaître son point de vue à son mari et que celui-ci doive aux suggestions de Sa compagne une considération raisonnable, ce ne doit pourtant pas être une raison d’éluder sa propre responsabilité vis-à-vis de Dieu en tant que chef de famille.

Dans bien des petits groupes il se trouve des frères tout à fait qualifiés pour faire un discours intéressant et profitable, tout à fait approprié aux circonstances, sans qu’il soit besoin d’indications venant de notre part ou de personne. Mais dans la plupart des cas il ne se trouve personne qui puisse assumer cette charge. Pour cette raison nous donnons les indications suffisantes pour se tirer d’affaire. Le frère qui conduira le service sera choisi de préférence parmi des étrangers à la famille du défunt.

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Cependant s’il n’y avait absolument personne Il ne saurait y avoir d’incongruité à ce qu’un fils, un mari, un père conduisît le service. A moins d’avoir une grande habitude du public et de connaître parfaitement le sujet, le mieux serait d’adapter au cas particulier et aux circonstances les réflexions qui vont suivre — d’en écrire le texte et de le lire devant l’assistance. Ce texte, d’une écriture très lisible ou encore tapé à la machine à écrire, sera lu plusieurs fois à haute voix avant de le faire devant le public de manière que le débit en soit régulier, bien articulé et aussi intelligible que possible. Nous irons même jusqu’à dire que s’il ne se trouve absolument aucun frère susceptible de faire le nécessaire, rien ne s’opposerait à ce qu’une sœur fasse cette lecture à la condition de porter une coiffure quelconque sur la tête.

Voici ce que nous proposons quant à la manière de conduire le service ainsi que le texte d’une allocution pour les obsèques d’un frère dans le Seigneur

1) Débuter par le chant d’un cantique choisi expressément et qu’on chantera sans éclat : “ Plus près de toi, mon Dieu ”, “ Le Rocher des siècles ”, “ Il me conduit ”. “ Beaucoup donnent mais mon pour toujours ” ou d’autres encore.

2) Si un membre de la famille faisait partie d’une église et tiendrait à ce qu’un ecclésiastique de son choix dise quelques mots, on pourrait lui laisser lire quelques versets de l’Ecriture sur la résurrection, faire la prière ou même les deux. Si personne ne demande rien dans ce sens, on passe directement de 1) à 3).

3) ESQUISSE D’ORAISON FUNEBRE

Chers amis. — Nous voici rassemblés pour rendre un dernier hommage à la mémoire de notre ami et frère, et confier ses restes à la tombe: la poussière à la poussière

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et la cendre à la cendre. En dépit du fait que rien en ce bas monde ne soit plus commun que la mort et son cortège de maladie, de douleur et d’affliction il s’avère impossible à des êtres intelligents de prendre son parti des déchirements des liens d’amitié, du foyer, de d’amour, des affections de toute nature. Et la plaie demeure vive malgré que l’apôtre ait déclaré que, comme chrétiens, nous ne nous “ désolons pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance ”. Que pourrait-on faire de mieux, aujourd’hui, si non de reconsidérer cette grande espérance apportée par l’Evangile comme le baume de Galaad capable de guérir les douleurs de la terre comme rien d’autre ne le pourrait.

Mais avant de voir l’espérance de l’Evangile, l’espoir d’une résurrection des morts, l’espoir d’une vie future dans des conditions infiniment plus heureuses que les présentes, il n’est pas hors de propos de se demander pourquoi nous avons besoin d’une espérance comme celle-là, pourquoi la mort ne nous est-elle pas tout simplement épargnée plutôt que de nous donner une espérance de résurrection des morts ? Pourquoi Dieu ne nous laisse-t-il vivre que quelques jours ou quelques années et encore gonflées de misères? Pourquoi sommes-nous fauchés comme l’herbe tombe et se dessèche? Pourquoi les liens du cœur se brisent-ils, les arrangements de foyers et de familles sont-ils retournés par la mort, la grande ennemie de notre race qui, depuis plus de six mille ans, a supprimé des milliards d’êtres humains, frères en humanité, tous enfants d’Adam ? Pour les esprits qui réfléchissent, il n’est pas de question plus palpitante.

L’incroyance affirme que n’étant au fond qu’à l’échelon animal supérieur, nous naissons, nous vivons et nous mourons comme la bête brute et qu’il n’existe pas de vie future. Cette perspective donne le frisson et bien qu’incapable de prouver le contraire par une expérience personnelle, la voix de Dieu se fait entendre qui “ parle de paix par Jésus-Christ notre Seigneur ”. Le message

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de paix que le Rédempteur donne à ses disciples ne nie pas les faits; il ne prétend pas que la peine, la douleur la mort n’existent pas. Bien au contraire. Il dit : “ Je suis la résurrection et la vie ”. Il affirme que tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sortiront ” Que ce démenti à l’incroyance a de douces résonances ! Il apporte l’espoir et cet espoir fait naître la paix d’autant plus profonde que nous apprenons à mieux connaître et à nous confier en Dieu et dans son Fils dont nous avons entendu les paroles et qui réalise les desseins de son Père.

Mais si l’Eternel se propose une résurrection et si cette promesse de résurrection produit la paix, le repos, l’espérance... pourquoi Dieu a-t-Il tout d’abord abandonné l’homme à la destruction pour dire ensuite à l’humanité, par la résurrection et par le psalmiste (Psaume 90 : 3 ) “ Fils des hommes, retournez ! ”. Pourquoi ne pas les avoir laissés en vie? Pourquoi ne pas avoir empêché la douleur et la mort? A cela nous répondons que les Ecritures - et les Ecritures seules — expliquent les conditions actuelles. Elles seules jettent quelque lumière sur ce sujet. Elles font connaître, qu’à l’origine, Dieu créa notre race parfaite, absolument équilibrée, à son image et à sa ressemblance. Par la désobéissance nos premiers parents ont déchu de cet état de noblesse sont passés sous le coup de la sentence qui frappe le péché, c’est-à-dire la mort. Cette décision qui frappait Adam a atteint toute sa race par les moyens naturels. La pente du péché s’est accentué avec les générations et la maladie, la souffrance et la mort ont suivi au même rythme.

On a dit que le salaire du péché d’Adam consistait en une éternité de tourments; que nous tous et l’humanité tout entière étions condamnés à ce châtiment barbare et indescriptible pour prix du péché originel; que seuls ceux qui deviennent disciples de Jésus pourront échapper à l'Eternel tourment de l’enfer. Mais, chers amis, la Parole de Dieu ne dit rien de semblable,

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rien d’aussi irrationnel, injuste et méchant. Elle dit au contraire que le salaire du péché c’est la mort, que la vie éternelle est un don de Dieu et que personne ne peut recouvrer ce don sans s’unir d’une manière vitale au cher Fils de Dieu. Même le méchant à qui la vie éternelle sera refusée ne souffrira pas éternellement. Et la déclaration de l’Ecriture vient, très nette et très raisonnable : “ Dieu détruira tous ses méchants ” Psaume 145 : 20 .

Remarquons comme tout ceci fut précisé en termes claire à Adam lors de son épreuve. C’est à ce moment là et dans ce lieu même qu’il faut remonter pour retrouver la déclaration du Père céleste sur le châtiment infligé par sa juste colère. Il avait pris toutes dispositions heureuses en faveur de nos premiers parents en les entourant, dans le Paradis, de nombreuses variétés d’arbres fruitiers entretenant la vie. Il ne les éprouvait sur le chapitre de l’obéissance qu’en leur défendant de manger, de goûter ou même de toucher d’un certain arbre entre tous. Leur désobéissance entraîna leur expulsion du Paradis — éloignement des arbres qui conservaient la vie, ce qui, petit à petit fut à l’origine des conditions mortelles que nous connaissons encore, et ceci, en s’accentuant. Personne n’ignore en effet que la moyenne de la vie de l’homme aujourd’hui est bien inférieure à celle d’Adam qui “ vécut neuf cent trente ans ”.

Voici les termes dont s’est servi le Seigneur et qui sont rapportés dans le livre de la Genèse : “ Le jour où tu en mangeras, tu mourras ”. Ce “ jour ” — l’apôtre Pierre l’explique — était un jour dans le cadre de l’Eternel. “ Il est une chose, bien aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que devant te Seigneur, un jour est comme mille ans ”. Ce fut dans ce “jour” qu’Adam mourut et aucun de ses enfants n’a passé cette limite. Après qu’Adam eut perpétré son acte, la sentence prononcée par l’Eternel démontre qu’il n’avait nullement l’intention de tourmenter sa créature et que sa malédiction ne visait à rien de moins qu’à lui retirer

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la vie avec toutes les conséquences résultant d’une condition devenue mortelle. Voici ce que l’Eternel dit à Adam : “ Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes à la poussière d’où tu as été formé car tu es poussière et tu retourneras à la poussière ”. Genèse 2 : 17 ; 3 : 19 ; 2 Pierre 3 : 8 .

On est assurément très soulagé de se rendre compte que cette doctrine terrible des tourments éternels de l’enfer pour le premier couple et toute leur descendance, est une doctrine fausse qui ne provient pas de la Bible mais des “ âges de ténèbres ”. Dans toute la Parole de Dieu, rien ne le fait supposer. Ecoutons plutôt l’explication qu’en donne l’apôtre Paul en tous points conforme au récit de la Genèse. Il dit (Romains 5 : 12 ) : “ Par un seul homme te péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort ; ainsi la mort s’est étendue à tous les hommes parce que tous ont péché ”. Que peut-il y avoir de plus raisonnable, de plus convaincant, de plus satisfaisant que cette explication divine de la mort? — le résultat d’une offense, du péché. Mis à l’épreuve, Adam a perdu tous ses droits et privilège en raison de sa désobéissance. Il est passé sous le coup de cette malédiction entraînant la maladie, la souffrance, les chagrins, les troubles et la mort. Nous-mêmes, sans qu’il soit besoin d’aucune épreuve, (il devient inutile de nous éprouver; nous qui héritons, par nature, des tendances et de l’état d’abaissement consécutifs au péché) sommes frappés par cette sentence divine contre le péché: la mort. Même en tant que race nous descendons graduellement dans la faiblesse, la maladie, la souffrance, les tracas et dans la tombe.

Cette explication en impose à nos jugements. Elle fait comprendre que l’enfant qui n’a vécu qu’une heure, un jour une semaine ou un mois tombe sous le coup du processus mortel au même titre que ceux qui vivent quelques années de plus et se joignent personnellement à la transgression des lois de la justice. “ Je suis né dans le péché,

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formé dans l’iniquité et ma mère m’a conçu dans le péché ”, telle est la déclaration de l’Ecriture à ce propos. Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu”.

Et alors, où est l’espoir ? Quel secours peut-il être apporté à une aussi lamentable condition ? Que peut-on faire pour ceux qui souffrent et meurent dans le monde ? Et que peut-on faire pour les quelques cinquante mille millions d’êtres déjà descendus dans la prison de la mort? Par nous-mêmes nous n’y pouvons très certainement rien. Six mille ans d’efforts humains pour lutter contre la maladie, la souffrance et la mort se sont avérés désespérément inutiles. Et ceux qui ont quelque espérance la possèdent parce qu’ils regardent au Seigneur, au Dieu de leur salut. Il a proposé un moyen de salut et la Bible est la révélation du grand Plan des Ages que Dieu réalise pas à pas Le premier acte fut celui de la rédemption du paiement de la peine à nous infligée — la peine de mort. Jésus en acquitta le prix. “ Il est mort, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu ”. Absolument personne, parmi la race condamnée, ne pouvait prétendre à se racheter lui-même et comme l’annonçait le prophète: “ Personne ne peut donner à Dieu le prix du rachat ”. Cependant l’extrémité où l’homme se trouvait acculé est devenue la conjoncture de Dieu. Il envoya Jésus qui donna pour nous sa vie intacte, sa vie “pure, innocente, séparée des pécheurs ” et par conséquent en marge de la race mourante. Cette vie, Dieu l’a acceptée tel un prix correspondant et compensateur de la vie perdue d’Adam. Elle nous couvre tous, nous qui sommes de la postérité d’Adam et qui n’avons pas été frappés personnellement mais en raison “ de la désobéissance d’un seul homme ”. C’est ainsi que Dieu peut demeurer juste grâce à l’obéissance de Jésus-Christ notre Seigneur. De lui il est écrit qu’il “ s’est donné lui-même en rançon pour tous, témoignage rendu en son propre temps ”. 1 Timothée 2 : 6 .

Remarquons en passant, chers amis, que notre Seigneur Jésus n’a pas seulement racheté l’Eglise mais encore,

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ainsi que l’affirme l’Ecriture : “ Il est la propitiation (satisfaction) pour nos péchés (les péchés de l’Eglise) et non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier ” (1 Jean 2 : 2 ). Dieu merci, nous touchons ici à ce qui constitue la base de la grande espérance qui nous rend capables de ne pas nous désoler comme ceux qui n’ont pas d’espoir ou qui ne possèdent qu’un espoir fragile non fondé sur l’affirmation positive dis la Parole divine.

Mais, dira quelqu’un, voilà déjà bien longtemps que Jésus est mort. Pourquoi donc le péché et la mort règnent-ils encore et continuent-ils à engloutir la famille humaine? A cela nous répondons que, pendant quatre mille ans, Dieu a différé l’envoi du sacrifice et qu’il diffère encore la réalisation de la bénédiction qui doit en résulter et qui s’accomplira certainement lorsque le moment de Dieu sera venu. La raison de ce délai est double, d’après l’Ecriture.

Tout d’abord de laisser s’écouler un temps suffisant pour permettre la multiplication de la famille humaine et le peuplement de toute la terre, laquelle, revenue à la perfection de l’Eden, deviendra dans son ensemble le Paradis de Dieu rétabli sur une plus grande et plus vaste échelle. Tout au long de cette longue période les hommes font l’expérience du contact avec le péché et la mort. Ils en retirent une grande leçon, celle de mesurer à quel point le péché, le mal est condamnable et ne doit pas être recherché. Dés que le moment du Seigneur sera venu —ce que nous croyons n’être plus très lointain il accomplira sa promesse et établira son Royaume dans le monde. Ce royaume liera Satan, mettra un terme à toutes les forces et les influences qui tendent vers le péché et la mort et fera en sorte que la connaissance de l’Eternel remplisse la terre. C’est de cette manière que Christ bénira le genre humain et le relèvera pas à pas, degré par degré, jusqu’à la perfection intégrale à laquelle il fut crée, à l’image de Dieu, en Adam. On appelle Royaume Millénial cette ère de bénédiction.

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C’est pour sa venue que le Seigneur nous a enseigné à prier: “ Que ton règne arrive que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel”. Il faudra ce jour de mille ans de bénédiction et de restitution pour rétablir la justice sur toute la terre et sur une base solide, et également pour remettre le genre humain à l’épreuve de manière à déterminer ceux qui, par leur obéissance à Christ, seront estimés dignes de la vie éternelle, et ceux qui, le sachant et le voulant et en raison de leur penchant pour le péché, seront frappés de la Seconde mort, de la “ destruction éternelle hors de la présence du Seigneur et de la gloire de sa puissance ”. Ces bénédictions de l’Age Millénial ne concerneront pas seulement les seize cent millions d’êtres qui peuplent actuellement la terre mais encore les cinquante milliards qui ont paru et sont allés dans la tombe, la grande prison de la mort d’où notre Seigneur Jésus les sortira ainsi qu’il le déclare : “ Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts”. Apocalypse 1 : 18 .

En second lieu, le Seigneur a différé sa bénédiction à la Terre pour rassembler et tirer de l’humanité, pendant l’Age de l’Evangile un “ petit troupeau ”, une “ classe élue ”, des disciples, des saints. Il recherche un “ peuple particulier ”, un “ sacerdoce royal ”, qui doit lui être adjoint dans ce Royaume Millénial, non pas pour avoir part, avec le reste du monde, à la restitution des prérogatives terrestres, Si parfaites ou glorieuses soient-elles, ou encore au rétablissement dans la condition édénique quelque agréable qu’elle fût, mais pour connaître une faveur plus grande encore, celle d’être comme son Seigneur, des êtres spirituels participant de la nature divine, au—dessus des anges, des principautés et des puissances et partageant sa gloire. Qu’elle espérance magnifique que celle-là et comme elle parle aux cœurs de ceux qui ont entendu l’invitation, sont devenus disciples du Maître et s’efforcent de suivre ses traces comme il nous en a donné l’exemple! Quelle perspective d’atteindre à cette gloire, à cet honneur, à cette immortalité offerts à l’Eglise dans la première résurrection ! Et quel privilège de collaborer

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avec le Maître à répandre la faveur divine sur toute la création gémissante en invitant ceux qui le voudront à venir vers l’eau de la vie pour s’y abreuver gratuitement! Alors dans le Royaume, l’Esprit et l’Epouse diront “ Viens” car il y aura alors une Epouse, les noces de l’Agneau ayant eu lieu à la fin de l’Age de l’Evangile — “ et que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement (Apocalypse 22 : 17 ). Ces deux raisons là ne sont-elles pas une explication valable au délai qu’apporte Dieu à la réalisation de ce qui aurait pu se faire dès que le sacrifice rédempteur du calvaire fut accompli ? Il y a tout lieu de se réjouir de cette disposition qui nous offre l’occasion d’être appelés et d’affermir notre vocation et notre élection.

Tel est, en bref, l’exposé de la glorieuse espérance qui animait le frère dont nous honorons aujourd’hui la mémoire. Cette espérance, il la possédait comme une ancre dans l’âme. Elle l’a rendu capable de demeurer ferme du côté du Seigneur et dans les rangs de ceux qui confessent le Maître et le suivent en portant leur croix chaque jour. Il possédait de nobles qualités que sans doute nombre d’entre vous se plaisent à reconnaître. Cependant nous ne formulons pas notre espoir et notre joie à son sujet en supposant qu’il fut parfait, mais parce que nous savons que Jésus-Christ était son parfait Sauveur, qu’il se confiait en lui et que ceux qui se confient en lui ne seront jamais confus mais sortiront vainqueurs. Sans doute notre cher frère possédait de solides qualités que nous ferions bien d’acquérir. Mais nous n’avons guère besoin de modèle d’ici-bas. Dieu lui-même nous a donné son Fils en glorieux exemple et nous avons comme notre frère, à l’imiter. Il est bon de ne pas regarder à l’un l’autre mais au modèle parfait, à Jésus. Il est bon de passer au-dessus des imperfections naturelles communes à tous les humains. Elles sont les conséquences de la chute. Mais il importe de se rappeler que les disciples du Maître sont couverts par la robe de sa justice et “acceptés dans le Bien-aimé ”.

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Pour terminer, chers amis, tirons la leçon de la brièveté de la vie présente et rappelons nous que si Dieu réserve au monde, dans l’avenir, de grandes faveurs, nous qui avons déjà entendu parler de sa grâce et de son salut en Jésus-Christ, jouissons de privilèges spéciaux, d’occasions particulières et, en conséquence de responsabilités plus engagées selon notre degré de connaissance.

Comme l’apôtre le déclare: Celui qui a cette espérance en Lui se purifie comme lui-même est pur ”. Si nous désirons être avec le Seigneur, partager sa gloire et lui être associés dans son œuvre future, il est indispensable que nos caractères soient transformés, que nos cœurs soient changés et que nous devenions, non seulement pur de cœurs, c’est-à-dire d’intention, de volonté, d’aspiration vers Dieu,, mais encore, dans la mesure du possible, dans les paroles et dans les actes et pour autant qu’il se peut que le nouvel esprit, dans les diverses circonstances, domine nos corps altérés par la chute. Rappelons-nous encore de demeurer en Jésus, couverts de la robe de ses mérites et de cultiver dans nos cœurs les grâces de son Esprit. Sous ce rapport, les bonnes résolutions sont d’un puissant secours. Dans cette circonstance particulière, dans le cours de pensées sérieuses et pourtant auréolées de joie, prenons à nouveau celle de nous efforcer de suivre le Maître de plus près, de faire briller davantage, par notre vie, la lumière de sa vérité et de sa faveur. Que chaque jour que nous vivons parmi les autres hommes, nous tâchions de les rendre meilleurs et plus heureux. En faisant ainsi nous glorifierons Dieu dans nos corps et nos esprits qui lui appartiennent. Amen.

4) On pourra, après le discours, dire une prière faite soit par l’orateur lui-même soit par quelque autre frère dans la Vérité. Il ne faut jamais inviter un ecclésiastique quelconque à faire la prière après le discours. Car il est à peu près certain qu’il s’adresserait aux hommes et non à Dieu et tâcherait de détruire dans l’esprit des auditeurs le bon effet que le discours aurait pu produire. Dans la prière on remerciera surtout l’Eternel pour sa

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faveur en Jésus-Christ. On lui demandera de bénir tous ceux qui sont présents et plus particulièrement les membres de la famille éprouvée.

5) Le service pourra s’achever par une ou deux strophes d’un cantique approprié comme il a été signalé précédemment.

6) Nous suggérons cependant que quelques mots de simple prière soient prononcés au bord de la fosse après que le cercueil y aura été descendu.

MODIFICATION DU DISCOURS POUR L’ADAPTER AUX CAS PARTICULIERS

Le texte du discours qui précède peut évidemment servir dans le cas d’une sœur. Il suffit de substituer le mot “Sœur au mot “ Frère ”. S’il s’agit d’une personne qui n’ait pas manifesté d’attachement particulier au Seigneur par une pleine consécration, on pourra y apporter les quelques retouches utiles que toute personne apte à discourir en public trouvera facilement.

S’il s’agit d’un enfant de parents croyants ou incroyants, on pourra adapter et parler du défunt comme “notre jeune ami, retranché du monde des vivants alors qu’il n’était encore qu’un bourgeon, moissonné prématurément sous la faucille de la grande faucheuse, la mort”. Si c’est un bébé, on pourra retenir le texte : “ Retiens ta voix de gémir et tes yeux de verser des larmes dit l’Eternel: ils reviendront du pays ennemi” (Jérémie 31 : 15-17 ). Dans le cas d’un tout jeune enfant, on pourra insister sur ce fait que personne ne contestera, que les enfants en bas âge n’ont pas pu connaître de péché qui mène à la mort et qu’ainsi la déclaration de l’Ecriture se trouve vérifiée : c’est en raison de l’offense d’un homme et non pas à cause de la désobéissance de tous que le péché est entré dans le monde avec la mort pour résultante.

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DîMES, COLLECTES, ETC...

Pour autant que nous le sachions, aucune des petites assemblées d’enfants de Dieu de cette doctrine ” (Actes 22 : 4 ) n’a recours aux collectes publiques. Dés le début nous avons opiné dans le sens d’éviter les collectes, non pas que nous pensions qu’il y ait quoi que ce soit de mauvais dans le procédé, ni qu’aucun texte de l’Ecriture ne le condamne, mais parce que la question, argent est devenue si importante dans toutes les dénominations religieuses de la chrétienté qu’à notre avis, il vaudrait mieux, pour la gloire de Dieu, de l’ignorer complètement. Ceux qui, toute leur vie, ont été importuné par des demandes d’argent en arrivent facilement à croire que l’œuvre de prédication et d’enseignement se fait en grande partie dans une intention lucrative — si pas tout à fait, du moins dans une considérable mesure.

Non seulement les Ecritures donnent à entendre que le plus grand nombre des disciples du Seigneur viendront pour la plupart des pauvres dans ce monde mais notre expérience personnelle le confirme aussi. Il n’y a pas beaucoup de riches, de grands, de nobles mais surtout des pauvres de ce monde, riches en foi ”. Certains d’entre eux — nous en sommes persuadés — qui viennent dans les réunions où la Vérité Présente est annoncée, remarquent très positivement l’absence de cet esprit du monde tout préoccupé de questions financières. Dans bien des cas, ce détail même a contribué à déterminer certains en faveur de la Vérité. Même ceux dont les yeux s’ouvrent à la lumière de la Vérité Présente s’animent d’un tel zèle pour sa cause et désirent tellement faire briller leur lumière à la gloire du Seigneur, que bien des tièdes chrétiens sont portés à se dire : Mais qu’y a-t-il? Dans quel but? Quel pourcentage ou quel profit ont-ils à

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essayer de nous intéresser, à nous prêter des livres et à passer leur temps à attirer notre attention sur des sujets bibliques qu’ils présentent à leur manière. En assistant aux réunions et en constatant l’absence des collectes habituelles ou autres sollicitations, les nouveaux intéressés se trouvent d’autant plus convaincus que seul, l’amour pour le Seigneur, la Vérité et son troupeau, est à l’origine des efforts déployés pour mettre la Vérité à leur portée. S’ils avaient quelque préjugé défavorable quant à la Vérité, ils ne pourraient trouver dans ces manifestations de sincérité, de bienveillance et de générosité conformes à la manière d’être divine, que des démonstrations de l’Esprit du Seigneur, l’esprit d’amour.

Tout en nous faisant le défenseur de ce principe et en le recommandant vivement à tous les enfants de Dieu de partout, il est de notre devoir, d’autre part, d’attirer l’attention sur le fait que quelque misérable, ignoble ou égoïste que nous ayons pu être lors de notre acceptation par le Seigneur et de notre consécration à lui, nous ne pourrions demeurer dans “ l’Eglise dont les noms sont écrits dans les cieux ”, avec le Seigneur, le chef de cette Eglise, si, dans une sérieuse mesure nous ne dominions pas nos instincts égoïstes. Nous n’ignorons pas que l’égoïsme et l’avarice sont étrangers à l’esprit de notre Père céleste et de son Fils; et qu’ils doivent demeurer étranger à tout ce qui concerne les enfants de Dieu —à tout ce qui doit offrir un air de famille dont la marque essentielle est l’amour — la bienveillance. Celui chez qui, par hérédité ou ayant connu un milieu ou une éducation inférieurs, l’esprit de mesquinerie ou de ladrerie s’est implanté, et qui a été accepté comme membre probatoire de la Nouvelle Création, aura très rapidement à soutenir un combat sur ce terrain. Ainsi que l’apôtre l’explique, l’entendement de la chair entrera en conflit avec l’entendement de l’esprit, la nouvelle créature, et il faut que cette dernière ait le dessus si l’on veut réellement atteindre à la position souhaitée parmi les vainqueurs. Il faut vaincre l’esprit d’égoïsme et d’avarice et développer en soi la bonté, la libéralité, la générosité autant dans le

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cœur que dans l’action. Il se peut même qu’au moment de la mort, des natures comme celles-là aient à lutter contre elles-mêmes mais il ne doit pas y avoir de doute quant à la tendance générale de la pensés, de la Nouvelle volonté. D’ailleurs ceux qui les connaissent bien se rendront compte, d’après leur comportement si le nouvel esprit a remporté la victoire sur l’esprit charnel et égoïste.

Notre pensée donc sur ce chapitre des collectes et des questions financières dans les assemblées de l’Eglise, ne va pas dans le sens de décourager le fait de donner. Nous avons plutôt observé que ceux qui donnaient largement au Seigneur, spontanément et de grand cœur se trouvaient les plus favorisés par lui dans les questions spirituelles. On remarquera que nous n’interprétons pas l’adage: “ Dieu aime celui qui donne avec joie ” dans le sens exclusif des dons en espèces. Celui-ci concerne toutes les sortes de dons et de sacrifices que le peuple de Dieu a le privilège d’offrir sur l’autel du sacrifice et qu’il plaît au Seigneur d’agréer par les mérites du Rédempteur. A la vérité, partout et chaque fois que la question nous a été posée: Continuerai-je à développer mes affaires pour être à même de donner plus largement le fruit du travail de mes mains et de mon cerveau et contribuer ainsi à répandre la vérité ou devrai-je plutôt restreindre mon activité dans ce sens, de manière à disposer de plus de temps et m’engager plus directement au service de la Vérité en la publiant parmi les amis et les voisins, etc ?... Nous avons invariablement répondu que notre temps et notre influence au service de la Vérité ont plus de prix aux yeux de Dieu que les dons en argent.

Si donc quelqu’un est capable de bien présenter la Vérité et si, en même temps, il sait aussi gagner de l’argent par des moyens honnêtes et légitimes, nous pensons qu’il est préférable pour lui d’exercer le métier qui lui rapporte dans une sage limite de manière à consacrer le plus possible de son temps, de son attention et de son énergie à l’exercice de son don, plus important, celui qui

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consiste à savoir répandre la Vérité. Et ceci est également vrai pour toutes les activités relatives à la diffusion de la Vérité par la page imprimée, par le colportage, etc...

Les enfants de Dieu parvenus à un certain degré de développement à la ressemblance divine savent bien qu’il y a “ plus de bonheur à donner qu’à recevoir ”. Dieu est le grand Donateur. Il donne à chaque instant. Toute la création, dans chacun de ses compartiments est le résultat de cette bienveillance divine. Il a donné son Fils unique et encore la vie, le plaisir, l’avantage de lui être intimement uni. Il a donné à ses fils que sont les anges des faveurs innombrables. Il a accordé à notre race dans la personne de son chef Adam, la vie et tous les féconds bien-être de ce monde lesquels, même dans la condition présente de dégradation sont quand même merveilleux. Non seulement il nous a donné des facultés sensitives qui nous permettent de nous rendre compte des odeurs et saveurs agréables, des couleurs éclatantes et de leurs mélanges, etc..., mais il a encore pourvu dans la nature et ce, avec magnificence, à la satisfaction de ces sens, dans le fruit, dans la fleur, dans la pierre précieuse et le ciel étoilé. En tout il a été prodigue dans ses bontés à l’égard de l’homme.

Et lorsqu’on en vient à penser aux bienfaits que Dieu réserve au “ petit troupeau ” de la Nouvelle Création ainsi qu’il le révèle dans sa Parole, on ne peut qu’admettre qu’ils dépassent infiniment tout ce que nous aurions pu demander ou penser. “ Des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, qui ne sont pas montées au cœur de l’homme mais que Dieu réserve à ceux qui l’aiment et qu’il nous a révélées par Son Esprit ”. Ainsi donc, vouloir le bien des autres, leur donner, les aider, leur faire du bien, tout cela fait parti de la ressemblance divine. Qu’y a-t-il d’étonnant, par conséquent, à apprécier davantage le fait de donner que celui de recevoir ?

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Tandis que nous apprenons à estimer les choses spirituelles, que notre communion avec le Seigneur s’intensifie et que nous partageons son esprit, dans la proportion où son esprit d’amour, de bonté, de générosité se répand dans nos cœurs, nous prenons plaisir, dans une proportion égale, à faire du bien à tous les hommes et plus particulièrement à la maison de la foi. L’amour dans nos cœurs comme dans celui du Père Céleste ne recherche pas uniquement son propre intérêt et son bien être, mais se préoccupe constamment de rechercher tels bienfaits qui pourraient s’étendre aussi à d’autres, ce qui pourrait éclairer et égayer la vie des autres, ce qui pourrait les consoler dans leurs souffrances et les aider dans leurs besoins. En fait, c’est dans la proportion où ce nouvel esprit nous pénètre, dans la proportion où nous nous transformons par le renouvellement de notre esprit et que nous allons de gloire en gloire, que nous nous rendons compte de la grande besogne que Dieu a prévue pour nous dans l’avenir, l’œuvre divine consistant à bénir toutes les familles de la terre et d’être ses agents dans la dispensation des bienfaits du ciel pour tous ceux qui veulent rentrer an accord avec l’Eternel. Et ainsi les nouvelles créatures, tout on se développant et tout en appréciant les gloires personnelles promises, en arrivent à réfléchir davantage aux privilèges qui seront les leurs, en vertu de leur co-héritage avec leur Seigneur, dans le relèvement de la pauvre création gémissante, de tous ceux qui le voudront, jusqu’à la perfection humaine compromise par la chute d’Adam, à laquelle tous participent.

Cet esprit d’amour, ce désir de donner, d’aider les autres, nous conduit, non seulement à un élan de générosité dans la pensée, mais encore dans le comportement. Il nous pousse à employer notre temps et notre influence au bien des autres de façon qu’ils se réjouissent à la lumière de la Vérité présente tout comme nous-mêmes nous sommes réjouis. Ce même esprit nous entraîne, si nous n’avons pas le don d’expliquer ou d’enseigner, à faire usage du temps dont on dispose pour distribuer

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des traités qu’on accompagnera d’une réflexion appropriée si brève soit-elle. Il nous entraîne plus loin encore, si nous disposons d’argent, à l’utiliser au service du Seigneur dans la propagation de l’Evangile. Nous croyons que le Seigneur considère, aujourd’hui comme dans le passé, l’esprit qui animait la pauvre veuve mettant ses deux pièces dans le trésor du Temple. Son abnégation, traduite dans le geste de cette petite offrande, la fit considérer par le Maître et également dans l’estimation du Père, comme une donatrice de premier plan et selon son cœur “ Elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre ” (Luc 21 : 4 ). A sa manière elle avait agi dans le même sens que le Seigneur lui-même. Non seulement il donnait aux autres de quoi vivre mais il donnait aussi sa vie au service des autres, jour après jour, heure après heure jusqu’à ce que, finalement, au Calvaire, il accomplit son œuvre de la manière la plus complète.

Nous nous sommes demandé pourquoi le Maître n’a ni dit ni paru dire que la pauvre veuve avait fait plus que son devoir. Puisqu’elle n’avait que deux pièces, elle aurait pu les garder ou tout au moins en garder une pour ses besoins. S’il s’agissait de tout autre que du Seigneur lui-même ou de l’apôtre qui a rapporté le fait sans exprimer la moindre idée de prudence à cet égard, nous nous sentirions tout à fait libre d’ajouter ce mot de précaution élémentaire. Mais, à tout prendre, il en est bien peu qui ait besoin qu’on le leur signale. Il en est bien peu à qui il faille faire remarquer qu’il ne faut pas donner jusqu’à ce qu’il leur faut pour vivre. Il s’en trouve peut être quelques-uns. Et nous sommes persuadés qu’il en serait d’eux comme de la pauvre veuve : le Seigneur s’approcherait d’eux d’une manière ou d’une autre pour suppléer à ce que nous serions tenté d’appeler un excès de générosité. Mieux vaut faire erreur dans ce sens que dans l’autre. “ Celui-ci donne libéralement et acquiert des richesses (si pas des richesses matérielles, au moins des richesses spirituelles) ; celui-là épargne outre mesure (est trop prévoyant, trop, précautionneux, trop conservateur)

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et s’appauvrit (parfois dans les biens matériels mais toujours et à coup sûr dans les biens spirituels) ”. Proverbes 11 : 24

Le Seigneur n’ayant rien imposé à son peuple dans le domaine de la générosité et ayant laissé cette question sur le cœur de ceux qui lui ont consacré leur tout , il va de soi que cette consécration mesure leur comportement — leur sacrifice leur abnégation. La question se pose donc à chacun de nous individuellement : Dans quelle limite dois-je donner mon temps, mon influence, mon argent au Seigneur? Si cette demande est formulée par celui ou celle qui s’est déjà pleinement consacré et est devenu une nouvelle créature, il ne peut exister qu’une réponse: il n’a rien a donner puisqu’il a déjà tout donné au Seigneur. S’il a gardé quelque chose, il n’a donc pas fait consécration pleine et entière et n’a pu être pleinement accepté du Seigneur.

Admettons que nous ayons tout donné au Seigneur, comment allons nous déterminer ce que Dieu veut quant à la manière de remettre ce don? A cela nous répondons que chacun doit se considérer comme établi par le Seigneur pour GERER son propre temps, influence, argent, etc... Chacun doit rechercher à utiliser au mieux ce dont il dispose à la gloire du Maître. Et puisqu’on a le privilège de recourir au trône de grâce, on peut, en cas de doute sur l’utilisation de ses talents, demander la direction de Dieu qui donne avec libéralité sa sagesse à qui la lui demande et sans faire de reproches. Guidé par cette sagesse d’En-haut et selon que notre amour et notre zèle pour le Seigneur augmente, grâce à la connaissance de la Vérité et à la pénétration de son esprit, nous nous prendrons à donner de plus en plus de temps, de plus en plus d’influence de plus en plus de tout ce qui dépend de nous pour le service de la Vérité allant même jusqu’à prendre des dispositions pour que, une fois les obligations personnelles et de famille satisfaites, nous soyons à même d’augmenter nos offrandes et nos sacrifices.

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Comme chacun sait, Dieu avait institué chez les Juifs un système de dîme d’après lequel le dixième du produit soit des récoltes, des troupeaux ou de l’argent, devait être mis à part comme appartenant au Seigneur et réservé aux usages sacrés. Mais ceci n’était qu’un arrangement valable pour “la maison des serviteurs ”. Le Seigneur a laissé “ la maison des FILS” sans aucune loi ou règlement de cette nature. Ceci implique-t-i1 qu’il espère moins des fils que des serviteurs ? Assurément non. Le fils qui serait moins intéressé aux affaires de son père que ne le serait un serviteur ne serait pas digne d’être fils et perdrait certainement sa place, remplacé par un autre qui serait davantage animé par l’esprit de filiation. Dans le cas de la maison des fils, ce n’est pas un dixième mais tout qui est consacré, sacrifié, utilisé au service du Seigneur et de sa cause, selon que les occasions paraissent ouvrir des voies possibles. Ainsi nous avançons toujours, mettant notre vie, notre tout, au service de la Vérité 1).

L’apôtre attire notre attention sur ce point dans au lettre aux Philippiens (4 : 17) . Tout en les assurant que leurs dons volontaires étaient à la fois utiles et appréciés, il ajoute : “ Ce n’est pas que je recherche les dons; mais je recherche le fruit qui abonde pour votre compte ”. Il savait que s’ils avaient été engendrés de l’esprit saint, celui-ci porterait des fruits dans le sens des œuvres bonnes et de la générosité. S’ils donnaient des preuves de cette générosité, c’est que leur croissance spirituelle était certaine, ce qui intéressait surtout l’apôtre. Il en est de même aujourd’hui. Le Seigneur nous dit que tout l’or et l’argent lui appartiennent ainsi que tout le bétail sur les collines. Il n’a nul besoin de nos efforts ni de notre argent, mais dans l’état actuel des choses et parce que c’est notre avantage, que cela aide à notre développement,


1)Les obligations des consacrés à l’égard de leur famille et la manière de concilier ceci avec le don de leur tout au Seigneur, est envisagée au chapitre XIII.

[389] ORDRE ET DISCIPLINE

il permet que son œuvre soit le résultat des efforts concertés de tous les siens et de tous les moyens qu’ils trouveront à mettre en œuvre pour le glorifier.

Comme cet arrangement est heureux! Quelles bénédictions ces dispositions n’ont elles pas déjà rapportées au cher peuple de Dieu Nous ne doutons pas qu’elles soient toujours présentes jusqu’à la fin de notre course en sorte que nous jouirons tous du privilège d’engager nos talents, quels qu’ils soient, au service du Seigneur. Après l’exemple de la pauvre veuve et de ses deux pièces, il n’en est pas qui soient si pauvres qu’ils ne puissent montrer à Dieu le profond désir de leur cœur. Il semble que le Seigneur estime, comme il la d’ailleurs exprimé en un endroit que celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes et plus importantes. Et c’est à ceux-là qu’il aura tendance à confier non seulement les grandes perspectives de l’avenir mais encore les grandes occasions du présent.

Notre avis est donc que la question argent, autant que possible et cela tout à fait soit laissée de côté dans les réunions générales de l’Eglise. Si la flemme de l’Esprit de Dieu est entretenue et qu’elle brûle activement en nous, nous nous préoccuperons de faire notre part dans l’entretien de l’assemblée, non seulement dans les dépenses courantes de l’Eglise - le loyer, peut être, ou tout autre dépense - mais pour porter la lumière qui a enrichi notre âme à ceux qui sont encore assis dans les ténèbres. Nous préconisons encore, à ce propos d’argent, de ne rien demander aux non intéressés, bien que nous ne trouvions aucune raison de refuser ce qu’ils pourraient nous offrir. C’est à tout le moins un geste qui marquerait leur sympathie et qui leur vaudrait sans doute éventuellement, soit dans la vie présente, soit dans la vie future, une faveur, une reconnaissance, de la part de celui qui a déclaré que, même un verre d’eau froide, donné à l’un de ses disciples en son nom ne perdrait pas sa récompense. Matthieu 10 : 42 ; Marc 9 : 41.

[390] LA NOUVELLE CREATION

CONFIE A DIEU TA ROUTE

Confie à Dieu ta route:
Il sait ce qu’il te faut.
Jamais le moindre doute
Ne le prend en défaut.
Quand. à travers l’espace
Il guide astres et vents
Ne crois-tu pas qu’Il trace
La route à ses enfants?

Tout chemin qu’on t’impose
Peut devenir le sien
Chaque jour il dispose
De quoiqu’autre moyen
Il vient: Tout est lumière !
Il dit : Tout est bienfait!
Nul ne met de barrière
A ce que sa main fait.

Consens à lui remettre
Le poids de ton souci
Il règne. Il est le Maître
Maintenant et ici
Captif, pendant tes veilles
De vingt soins superflus
Bientôt tu t’émerveilles
De voir qu’ils ne sont plus.

Mais peut être une crainte
Toi qui gémis encore
T’enserre en son étreinte
“ Dieu néglige non sort ”
Il garde l’espérance
Il prépare en secret
La seule délivrance
A quoi tu n’es pas prêt.

Bénis, ô Dieu! nos routes
Nous les suivrons, heureux,
Car, toi qui nous écoutes
Tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres
J’y marche pair la foi
Même au travers des ombres,
lis conduisent à ‘toi.

[391] LA NOUVELLE CREATION

SUR TOI JE ME REPOSE

1. Sur Toi je me repose,
O Jésus mon Sauveur!
Ah ! faut-il autre chose
Pour un pauvre pécheur
Conduit par ta lumière,
Gardé par ton amour,
Vers la maison du Père
Marchant de jour en jour.

2. Ma misère était grande!
Mais tu m’as pardonné;
Sainte et vivante offrande
Pour moi tu t’es donné;
Et de toute souillure
Par le sang de ta croix
Mon âme devient pure,
Tu l’as dit je le crois.

3. Moi-même en sacrifice
Immolé désormais,
Seigneur à ton service
Me voici pour jamais
Qu’importe ma faiblesse,
Puisque je t’appartiens !
Tu n’as point de richesse,
Qui ne soit pour les tiens.

[392] LA NOUVELLE CREATION

TON DESIR SEUL

1.Combien ma peine est extrême
Qu’autrefois sans cœur chrétien,
J’ai dit fier à Jésus même:
“ Seul mon désir, non le tien ”.

2. Puis l’ayant compris, sublime,
Mort sur la croix pour mon bien,
J’ai murmuré plus intime
Mon désir avec le tien ”.

3. En sentant son amour tendre
Etre un sûr baume, un soutien,
J’ai concédé sans me rendre “
Moins mon désir que le tien”.

4.Mais, d’une douceur exquise,
D’une ampleur que n’atteint rien;
Ton amour, Christ, me maîtrise
“ Non mca désir, seul le tien ”.

[393] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

La Loi

de la Nouvelle Création

ETUDE VII

LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

Octroyer une loi implique de POUVOIR l’observer — La loi divine écrite à l’origine — Une loi de vie ne pouvait être donnée à une race déchue La rédemption, résultat non de la loi mais de la grâce — L’alliance de la Loi accomplie et la Nouvelle Alliance scellée par l’unique sacrifice de Christ — La Loi du Sinaï ne concerne que l’Israël selon la chair La loi de la Nouvelle Alliance — Le commandement qui préside au développement des saints — La Nouvelle Création séparée et distincte sur le plan de la relation et de l’alliance avec Dieu — Croître dans l’appréciation de la Loi parfaite — Courir vers le but et s’y tenir ferme — La Règle d’or — La loi parfaite de la liberté.

Quand une autorité compétente impose une loi, cela implique la possibilité, de la part de celui qui en est l’objet, d’observer cette loi ou que des dispositions ont été prises pour régler les cas de non observance. Le fait de donner une loi présuppose la probabilité de sa violation.

[394] LA NOUVELLE CREATION

En conséquence, une loi comporte toujours la prévision de pénalités encourues. Ainsi, dans le cas d’Adam qui — nous est-il rapporté — fut créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et sur qui passa la sentence ou malédiction pour désobéissance à la volonté divine, on peut déduire qu’une loi suffisamment explicite doit lui avoir été communiquée. Autrement, son Créateur n’aurait pu, en toute justice, le condamner en tant que transgresseur. Les Ecritures précisent que le péché de l’Eden fut une désobéissance à un ordre divin. L’équité de la sentence de mort prononcée contre Adam et, à travers lui, par le jeu des lois de nature contre sa postérité, implique qu’il connaissait parfaitement la loi à laquelle il était soumis et qu’il la viola sciemment. Autrement la faute en incomberait à celui qui a prescrit le règlement:

Qu’Adam se soit trouvé on état de recevoir la loi divine et de s’y soumettre se trouve confirmé par le fait qu’aucune disposition bienveillante ne fut prévue en cas d’infraction — aucun médiateur. La pénalité lui fut appliquée intégralement.

Rien ne permet de supposer que le Créateur communiqua à Adam et à Eve un code gravé sur la pierre ou par quelque autre moyen. Une telle codification étant nécessaire aujourd’hui en raison des insuffisances humaines, nombreux sont ceux qui ne voient pas de quelle manière l’homme parfait Adam a pu être régi par une loi parfaite qui fut à l’origine de son épreuve et devint l’instrument de sa condamnation. C’est une erreur de croire que les lois doivent nécessairement être consignées par écrit, sur le papier, la pierre ou autrement, et de ne pas réaliser qu’une forme supérieure d’écriture ait pu être employée lorsque l’homme fut créé dans une relation si étroite avec les principes de justice qu’il on fut pétri ou qu’en tout état de cause la loi divine — l’appréciation du bien et du mal — fut comme écrite dans son organisme parfait. C’est dans ce sens que la loi de Dieu est écrite dans la personnalité de Dieu lui-même, dans celle de tous les anges et qu’elle le fut dans la fibre même d’Adam et d’Eve. Ils n’étaient pas enclins au péché.

[395] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

Ils étaient au contraire portés vers la justice. Ils étaient justes et se trouvaient dans une ambiance parfaite. Ils étaient conscients de leurs obligations envers leur Créateur et du courant de leurs responsabilités. Ils connaissaient, non pas vaguement mais avec précision, l’objet de ses commandements. Leur transgression a donc été sans excuse. On pourrait, par miséricorde, leur trouver des excuses, faire valoir leur inexpérience, etc... sur le plan du châtiment. Mais le fait de n’avoir peut être pas tout à fait mesuré la portée du salaire du péché ne modifie en rien cet autre fait qu’ils faisaient la différence entre la bonne ligne de conduite et la mauvaise. Ils savaient qu’ils faisaient bien en obéissant à Dieu et mal en lui désobéissant. Et ceci n’a rien à voir avec l’appréciation des malheurs consécutifs à leur désobéissance qu’ils ont pu se faire. L’Apôtre confirme le récit de la Genèse dans tous ces détails lorsqu’il dit “ qu’Adam ne fut pas séduit” — qu’il se fit transgresseur, le sachant et le voulant, et encourut la malédiction, la sentence frappant tout péché volontaire que son Créateur lui avait signifiée auparavant: la mort.

En regardant autour de nous de nos jours, on peut se rendre compte que le monde en général a perdu énormément cette ressemblance à Dieu dans laquelle nos premiers parents furent créés à l’origine. Les gens ont perdu dans une très large mesure cette perception intuitive du bien et du mal. La loi divine, autrefois enracinée dans la nature humaine, s’est terriblement effacée au cours des six mille ans passés du “règne du péché et de la mort”. Grâce à ses rapports avec quelques membres de la famille humaine, Dieu a fait revivre cette loi originelle dans bien des cœurs et y a retracé plus ou moins profondément les grands principes de justice. Malgré cela et même chez les plus civilisés et les plus christianisés on n’ose pas formuler de jugement certain quant au pour et au contre de bien des questions Nous avons donc encore besoin d’avoir devant nous certains modèles divins qu’il nous soit possible de consulter et sur lesquels on peut aligner se conception du bien et du mal pour la

[396] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

rapprocher de la norme divine. Toutefois on retrouve fréquemment chez les plus dégradés du monde païen des restes de conscience et certaines idées plus ou moins grossières sur le bien et le mal. Ce sont des débris faussés et tordus de la loi originelle de l’être humain lorsqu’il fut créé à “ l’image de Dieu ”. L’apôtre discute de cet état de choses parmi des païens lorsqu’il écrit : leurs pensées s’accusent et se défendent tour à tour ”. il déclare qu’ils “ montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur ” ce qui subsiste de la loi originelle, preuves fragmentaires qu’elle fut autrefois innée à la nature humaine. — Romains 2 : 15 .

Il existe dans la société humaine des lois à l’adresse des criminels et des dois pour ceux qui ne le sont pas:

1) des lois civils qui garantissent la vie, la paix, da liberté, etc... à ceux qui s’y conforment et menacent ceux qui les violent de privation de liberté par la prison

2) des lois intéressant ceux qui sont reconnus coupables et les traitent avec plus ou moins de sévérité ou d’indulgence sans que jamais pourtant la liberté leur soit rendue.

Il en va de même avec la loi divine. Nous avons tout d’abord la loi originelle qui devint la pierre de touche de l’épreuve d’Adam. Ce dernier disposait de la vie, de la paix, du bonheur, de tout ce qui lui était utile, et la loi lui garantissait tous ces biens aussi longtemps qu’il demeurerait dans l’obéissance envers son Créateur. La peine de mort était prévue dans le cas contraire, “ Mourant, tu mourras ” et devait s’étendre par voie d’hérédité à la descendance. Dès sa transgression Adam devint donc un coupable, un condamné, privé des perspectives de vie dont il jouissait l’instant auparavant, privé de sa demeure édénique, privé de liaison avec son Créateur. La terre non aménagée devint son pénitencier et la tombe sa prison à perpétuité. La loi qui le concernait auparavant n’avait plus d’objet dans le sens qu’elle ne représentait plus pour lui aucune expectative de vie mais l’avait déjà condamné à mort. Il ne relevait plus de la loi de vie, aucun de ses enfants ne naissait sous cette loi de vue.

[397] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

Sans plus aucun espoir de parvenir à la vie éternelle: tous étaient prisonniers. Dans un sens figuratif le péché et la mort étaient devenus leurs capteurs, leurs tourmentateurs, leurs geôliers.

Mais si la loi originelle ne pouvait plus jouer en leur faveur puisqu’elle avait déjà exprimé sa vengeance contre eux, par contre ils se trouvaient encore soumis à certaines lois de nature, Celle-ci entr’autres: toute violation de leur conscience, tout engagement plus marqué dans ce qu’ils reconnaissaient être le mal précipitait leur déchéance et leur mort; d’autre part, plus ils s’efforçaient de se rapprocher de ce qu’ils reconnaissaient être le bien, rendait plus favorable le climat de leur condition de prisonniers sans que pour cela le moindre espoir d’échapper pût être escompté.

L’apôtre demie à entendre qu’il n’était pas possible que Dieu donna une loi de vie à notre race tombée. Les humains étaient condamnés à juste titre et, aussi longtemps que la sentence subsistait, aucune loi ne pouvait être donnée dont d’observance aurait pu permettre d’échapper à la mort. Avant qu’aucune loi de ce genre puisse être donnée à la famille humaine il fallait que la malédiction ou condamnation de la première loi produisît son effet puis fût levée. après cela, d’autres dispositions pourraient être prises comportant des offres de vie éternelle sous centaines conditions mais pas avant que propitiation pour la première transgression n’eut été faite et que l’annulation de la sentence n’eut été prononcée. L’Eternel a donné à entendre son intention de pourvoir à quelque moyen de propitiation pour le péché, de façon à donner à l’humanité une autre occasion de vie éternelle au lieu de celle qui fut offerte à Adam et que celui-ci perdit pour lui et toute sa postérité. Cependant les promesses divines demeuraient extrêmement vagues, tout juste assez pour faire naître l’espérance. Pour cette raison, la famille humaine, prisonnière du Péché et de la Mort, est considérée, vue sous l’angle des promesses divines, comme des “captifs pleins d’espérance”.

[398] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

L’une de ces allusions à une propitiation se retrouve dans les termes dont se servit l’Eternel lorsqu’il prononça la sentence, lorsqu’il déclara que la postérité de la femme écraserait la tête du serpent (Genèse 3 : 15 ). Par cette figure de langage, l’Eternel annonçait un renversement des puissances du Mal, une victoire qui viendrait à la famille adamique et par son intermédiaire. Cette postérité de la femme, comme nous le savons tous a trouvé sa réalisation dans le Christ. Quatre mille ans après la chute, Dieu envoya son Fils, “né d’une femme” — par conséquent membre de, identifié à la race condamnée — “afin que par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tous” — subît la peine pour tous, renversât le cours de la malédiction, la sentence de mort, pour que chaque être humain jouisse d’une condition juridique qui puisse permettre qu’une loi de vie lui soit appliquée, loi dont l’observance lui vaudrait la vie éternelle.

Avant d’envoyer son Fils et de réaliser, par lui, la rédemption de l’homme, Dieu observa une attitude particulière envers Abraham et sa famille connue plus tard sous le nom d’Israël. Pour commencer, l’Eternel fit à Abraham, à Isaac et à Jacob certaines promesses plus ou moins explicites par lesquelles il les informait de ses intentions bienveillantes de bénir toutes les familles de la terre. Un message de cette importance, venant de la part du grand Juge qui avait condamné la race voulait dire beaucoup. Il annonçait soit une violation de la Justice, soit la levée de la malédiction ou sentence, ou encore que la Cour Suprême de l‘Univers avait un projet grâce auquel elle demeurerait juste tout en exerçant la miséricorde envers ceux qui s’en montreraient dignes et s’aligneraient sur ses directives. Les Patriarches se réjouirent de ces promesses et entrevirent avec plus ou moins de netteté une vie future par une résurrection des morts, ce qui serait une bonne chose non seulement pour eux et leur descendance mais encore pour chaque être humain.

[399] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION 399

Dans la ligne de cette promesse faite à Abraham, l’Eternel donna à ses descendants, les Israélites, une Loi particulière au Mont Sinaï. Cette Loi constituait la base d’une Alliance avec eux. S’ils observaient cette Loi, alors toutes les promesses seraient leurs. Cette Loi fut reconnue être parfaite, juste et bonne dans tous ses détails. Mais comme les Israélites étaient, eux aussi, déchus, imparfaits, il fut nécessaire, d’abord, qu’un médiateur, Moïse, fut établi; et qu’ensuite il fut trouvé un moyen grâce auquel les infractions à cette Loi, commises par le peuple, pussent être figurativement remises une fois chaque année. Une disposition de ce genre permettrait ainsi à la masse de persévérer dans son effort à observer la Loi, génération après génération. L’institution de cet office de médiateur — Moïse — et des sacrifices typiques pour les péchés, tout cela montre que le peuple à qui cette Alliance et cette Loi avaient été données, n’était pas considéré comme capable d’y obéir avec toute la rigueur possible. Il y a ici contraste évident avec la Loi originelle en Eden qui ne prévoyait aucun médiateur ni aucune disposition en cas de faute. Et ce fait là atteste absolument qu’Adam était parfait, à l’image et à la ressemblance de son Créateur, capable d’une obéissance stricte à la Loi divine. Il prouve en outre que la race, entre temps, avait beaucoup dégénéré, puisque La Loi mosaïque tenait compte de la nature humaine déchue.

L’apôtre assure, d’autre part, qu’aucun Juif, sauf notre Seigneur Jésus, ne réussit jamais à observer la Loi sans aucune défaillance. Lui seul, donc, Jésus, avait gagné, ou aurait pu obtenir le bénéfice de l’Alliance de la Loi conclue avec Israël. Voici ce que dit l’apôtre : “Nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la Loi”. Cette Loi servait donc un double but:

1) montrer que personne n’est à la hauteur de la loi divine et que personne n’est recevable devant Dieu ;

2) 2) déclarer en outre que notre Seigneur Jésus était parfait puisqu’il sut satisfaire aux exigences de la Loi, ce dont aucun être imparfait n’était capable. En accomplissant la Loi, il devenait l’unique héritier de l’Alliance faite avec Abraham. Il

[400] LA NOUVELLE CREATION

était ainsi désigné comme la postérité prédite d’Abraham par laquelle toutes des familles de la terre seraient bénies. Cette Alliance, atteignant son summum en Jésus Christ, prit fin, tout au moins en ce qui concerne la parution de la postérité promise. Car, en examinant de plus près cette promesse, nous la trouvons double à certains égards puisqu’elle désigne une postérité spirituelle et aussi une postérité terrienne, comme il est écrit “ Ta postérité sera comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer ” — Genèse 22 : 17 .

Ayant accompli l’Alliance, Jésus détient en son pouvoir toute la question de la bénédiction des familles de la terre. Conformément au plan divin selon lequel il agit et agira, il lui plaira d’utiliser quelques membres de la postérité terrienne, de l’Israël selon la chair, comme agents ou intermédiaires dans cette œuvre de bénédiction. De ce fait, d’Alliance, sur le plan de l’Israël naturel, n’est pas tout à fait écartée. Au contraire, comme d’apôtre le déclare, une faveur attend l’Israël selon la chair après que le Royaume des Cieux aura été établi à la seconde venue du Seigneur. Il dit : “ Dieu ne se repent pas de ses dons ni de son appel ”, “ En ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères ”, “Afin que par la miséricorde qui vous a été faite (à l’Eglise), ils obtiennent aussi miséricorde" , “ Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous”. Il veut dire que le Libérateur qui viendra de Sion pour la bénédiction du genre humain, détournera d’abord les iniquités de Jacob et ainsi, Jacob — l’Israël selon la chair coopérera à la bénédiction du monde Romains 11 : 26 à 32 .

Ainsi donc, jusqu’à la première venue du Maître, le monde se trouvait sans loi, sauf celle de la nature — la loi qui règle notre condition de décrépitude et d’emprisonnement, celle d’après laquelle nous pouvons précipiter notre fin et nos misères sans pouvoir y échapper ou d’après laquelle, bien que la mort soit à notre endroit une chose sûre et certaine, nous puissions, dans une certaine mesure différer son exécution ou en atténuer les rigueurs.

[401] LA LOI DE LA NOUVELLE. CREATION

Nous avons vu également que l’unique autre Loi ou Alliance fut celle dont Israël fut l’objet et à propos de laquelle Moïse a dit expressément qu’elle ne concernait aucun autre peuple. “ Ce n’est point avec nos pères que l’Eternel a conclu cette alliance mais avec nous, nous qui nous trouvons ici, aujourd’hui, tous vivants” (Deutéronome 5 : 3 ). Nous avons vu encore que cette Loi, loin de justifier l’Israélite, et loin de lui assurer la jouissance des bienfaits de l’Alliance garantis par cette Loi, n’a fait que mettre en relief l’échec de tous sauf un — l’homme Jésus-Christ, notre Seigneur et Rédempteur. Voyons la question de plus près pour nous rendre compte de qu’elle manière la Loi divine opère maintenant.

Notre Seigneur Jésus remplit - c’est-à-dire accomplit — le contrat sinaïtique de la Loi divine par sa mort. Le fond de cette Loi du Sinaï peut se résumer ainsi :“ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même ”. Le Père céleste avait tout arrangé de manière que son Fils bien-aimé, quittant la gloire de sa condition spirituelle pour une mutation au degré inférieur de l’homme parfait vivant dans le milieu d’hommes imparfaits, apprécia tout d’abord la volonté du Père de devenir le rédempteur de l’homme. Il ne lui en était pas fait obligation. Il était tout à fait libre de choisir de se complaire à lui-même. Mais en agissant ainsi il n aurait pas accompli la Loi qui commande d’aimer Dieu par dessus tout — plus que soi — et de prendre plaisir à exécuter la volonté divine au point d’y sacrifier de plein gré sa volonté propre et même sa vie.

C’est du moins ce qu’impliquent les paroles: “ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ta pensée”. Un amour pour Dieu aussi profond que celui-là n’hésite pas à déposer sa vie, tout son être, sa vigueur en sacrifice vivant pour la réalisation du plan divin. Comme l’apôtre l’explique, s’étant trouvé être humain et pénétrant la portée du programme divin, Jésus se donna sans réserve pour être le sacrifice de l’homme. Et il le fit avec joie comme il est écrit :

[402] LA NOUVELLE CREATION

“Je veux faire ta volonté ô mon Dieu, et ta loi est au fond de mon cœur” (Psaume 40 : 9). Sans doute l’amour pour les hommes auxquels il était apparenté du fait de sa naissance, fut aussi un facteur. Cependant les aimer comme lui-même n’allait pas jusqu’à se sacrifier pour eux. Aller jusqu’à ce point c’était aimer les hommes plus que soi. Ce fut donc son obéissance à cette première partie de La Loi qui fut à l’origine du sacrifice de l’homme Jésus-Christ. Et comme nous le voyons tout ceci gravitait autour de l’Alliance de la Loi, car il était né sous la Loi et soumis à ses exigences. Il n’aurait pu devenir héritier de cette promesse abrahamique sans cette obéissance jusqu’à la mort.

La mort réalisa autre chose. Outre le fait de se démontrer digne, d’être considéré comme la postérité promise d’Abraham, avec la compétence de bénir le monde, il assura la Rédemption d’Adam et de sa descendance de la sentence de mort prononcée contre lui à l’origine. Dans les dispositions divines, les deux faits s’établirent simultanément, grâce au même sacrifice. Cependant il faut distinguer clairement entre les deux. Non seulement notre Seigneur accomplit l’Alliance de la Loi par son obéissance jusqu’à la mort, mais encore il garantit une Alliance Nouvelle par cette même mort. Comme nous l’avons vu, l’Alliance de la Loi déterminait sa dignité personnelle tandis que la Nouvelle Alliance se rapporte à l’humanité. La sentence de mort pesait sur la race humaine et la bénédiction permanente ne pouvait lui être assurée que si, d’abord, la peine originelle était accomplie et levée. Avant cela personne n’avait ni n’était susceptible d’avoir le droit de secourir la race adamique et de la relever de La mort à la vie: la sentence divine lui était appliquée et Dieu ne pouvait d’aucune manière innocenter le coupable aux dépens de sa propre Loi. Admirons l’arrangement divin qui, dans la même action, non seulement éprouva le Rédempteur quant à sa dignité de devenir le libérateur, celui qui relèvera l’humanité, mais encore paya la rançon d’Adam et par voie de conséquence celle de toute sa descendance entraînée à sa

[403] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

suite dans le péché et dans la mort! Nous avons déjà traité (1) ce sujet et nous n’irons pas ici dans le détail.

Nous nous bornons ici à envisager la Loi divine. La Loi du Sinaï ne concernait que la postérité d’Abraham. Le reste du monde était laissé sans Dieu, sans espérance, sans but, sans encouragements, sans promesses — des étrangers et des gens du dehors (Ephésiens 2 : 12 ). L’Alliance du Sinaï a pris fin pour ce qui est de la grande épreuve et du prix qui lui était attaché. Nous avons encore considéré qu’une nouvelle alliance avait été garantie (Hébreux 7 : 22 ) et rendue efficace par le sang de Christ. Nous nous demandons maintenant si oui ou non, cette nouvelle alliance est entrée en action, et, dans l’affirmative, si une nouvelle Loi l’accompagne de même que la Loi du Sinaï servait de complément à l’Alliance de la Loi. Nous répondons que La Nouvelle Alliance n’est pas devenue effective pour ce qui est du monde. Elle n’entrera en vigueur et ne jouera à plein qu’à la seconde venue de Christ. Alors, comme nous venons de le voir, l’Israël selon la chair, se trouvera parmi les premiers humains à profiter de l’Alliance Nouvelle.

La Nouvelle Alliance ne parlera pas seulement de paix sous le rapport de la malédiction originelle en la déclarant annulée par le Rédempteur, ainsi que la possibilité de revenir au Père, par lui, et par une obéissance possible, d’être affranchi de la condamnation première, mais encore elle usera de miséricorde envers l’Israël naturel condamné supplémentairement par l’Alliance de la Loi. Elle fera connaître à chaque créature qu’il a été pourvu, non seulement à une rédemption pour les péchés passés, mais encore que toutes les faiblesses et les imperfections qui entravent l’humanité seront prises en considération ; que les hommes seront traités d’après ce qu’ils sont réellement ; qu’ils seront aidés, par les lois du Royaume médiational de Christ à se relever, petit à petit, des conditions de mort mentale, morale et physique jusqu’à l’épanouissement complet de la perfection humaine qui leur permettra

(1) Voir volume V. chapitres 14 et 15.

[404] LA NOUVELLE CREATION

d’affronter l’épreuve devant le Tout Puissant pour démontrer s’ils sont dignes ou non de la vie éternelle sous les lois de son empire. Cette nouvelle alliance comporte donc toute la somme de miséricorde et de faveur que Dieu veut accorder au monde humain pendant l’Age Millénial. C’est l’alliance du pardon, de la faveur et du relèvement pour tous ceux qui, une fois leurs yeux ouverts et leurs oreilles débouchées, profiteront de cette grâce de Dieu en Jésus-Christ.

LA LOI DE LA NOUVELLE ALLIANCE

Une Loi accompagnera cette Nouvelle Alliance. Ce sera la même Loi divine qui ne change pas mais se présente différemment suivant les moments. Ce sera encore la même Loi d’opposition au péché, de faveur et de bénédiction pour ce qui est juste. Cette norme absolue existera toujours pour le monde pendant l’Age Millénial et il faudra que chacun atteigne et se rapproche le plus possible de cette norme. Cependant il y aura des facilités pour celui qui aura choisi d’obéir et selon ses faiblesses. Celle-ci disparaîtront petit à petit sous les influences bienfaisantes du climat de relèvement qui existera alors et à mesure qu’il progressera dans la voie de l’obéissance. Il est écrit à ce propos : Mais voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là, dit l’Eternel, Je mettrai ma Loi au dedans d’eux et je l’écrirai dans leur cœur... et je ne me souviendrai plus de leur péché”Hébreux 8 : 10 ; Jérémie 31 :33,34.

Dans ces textes, il est question de l’effacement des péchés et iniquités passés, et de l’œuvre graduelle de l’Age Millénial consistant à retracer, à réécrire, la Loi divine dans le cœur des hommes qui le voudront. Cette réécriture de la Loi de Dieu dans le comportement des hommes, n’est qu’une autre manière d’annoncer “le rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes” qui s’accomplira au grand jour du règne de Christ. N’oublions pas cette autre déclaration positive Et il arrivera que celui qui

[405] LA LOI DE LA NOUVELLE CREATION

n’écoutera pas ce Prophète (celui qui n’acceptera pas que cette Loi divine soit à nouveau écrite dans son caractère) sera retranché du milieu du peuple”Actes 3 : 23 .

Mais revenons un instant sur nos pas. Nous avons envisagé l’action de la Nouvelle Alliance pendant l’Age Millénial, pendant le temps où Celui qui a racheté l’humanité exercera son pouvoir et son autorité de grand Prophète, de grand Maître occupé à relever le monde et à réécrire la Loi divine dans le cœur des hommes. Voyons maintenant ce qui s’est passé entre temps, entre le moment de la cessation de l’Alliance de la Loi réalisée en Jésus-Christ et celui de l’inauguration de la mise on place de la Nouvelle Alliance dans l’Age Millénial. Existe-t-il pendant ce temps une Alliance quelconque régie par une Loi en relation avec elle? Nous répondons qu’au cours de cet intervalle de l’Age de l’Evangile, le Seigneur choisit les membres de la Nouvelle Création, qu’une Alliance se trouve maintenant on vigueur et qu’une Loi la gouverne. Pour comprendre ceci il faut se rappeler les paroles de l’apôtre : La Loi a été ajoutée à cause des transgressions, jusqu’à ce que vint la postérité à qui la promesse avait été faite”. Ainsi, l’Alliance de la Loi donnée au Sinaï, fut une ajoute à une Alliance précédente. Cette dernière ne pouvait être que l’Alliance abrahamique qui avait eu force pendant quatre cent trente ans avant que l’Alliance de La Loi ne fut ajoutée. L’apôtre attire l’attention sur ce fait que ” la Loi survenue quatre cent trente ans plus tard ne pouvait annuler l’Alliance précédente ni la rendre inefficace — Galates 3 : 19,17 .

Ainsi donc, lorsque l’Alliance de la Loi fut accomplie par notre Seigneur Jésus, l’ancienne Alliance abrahamique demeura tout comme avant que l’Alliance de la Loi ne fut ajoutée. Cette Alliance abrahamique est celle qui règle la formation de la Nouvelle Création. En voici les termes: “ En toi et en ta postérité, toutes les familles de La terre seront bénies”. L’apôtre explique que cette postérité d’Abraham dont il est question dans la promesse c’est Christ — Jésus—Christ notre Seigneur. Puis il ajoute: “Si donc vous êtes à Christ (Si vous êtes devenus

[406] LA NOUVELLE CREATION

membres du Corps de Christ) vous êtes la postérité d’Abraham et héritiers selon la promesse” ou Alliance— Galates 3 : 16,29 .

Et voici nos déductions car l’apôtre dit plus loin “Vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse” dans un sens tout différent que l’étaient les Juifs sous la Loi. Il marque nettement la distinction entre cet Israël selon l’esprit et l’Israël naturel. Il précise que les descendants de Jacob ne sont pas les enfants d’Abraham dont la promesse fait état mais que les enfants de la foi constituent la Postérité. Il explique qu’Abraham était une figure du Père céleste; que Sara, sa femme représentait cette Alliance de laquelle devait procéder tant de bienfaits. Mais, comme Sara fut stérile pour un temps et ne porta pas la postérité promise, ainsi l’Alliance de Dieu fut stérile pendant près de deux mille ans et ne commença à produire la Postérité de la Promesse que lorsque notre Seigneur ressuscita des morts. A ce moment La Tête de la Postérité d’Abraham naquit, et plus tard, l’Isaac antitypique, sera délivré (“ naîtra d’entre les morts”) dans la condition spirituelle. Alors la Postérité étant formée, la Promesse ou Alliance pourra se réaliser : toutes les familles de la terre seront bénies.

Ce fut au cours de la stérilité de cette première Alliance qu’une autre Alliance fut ajoutée : l’Alliance juive du Sinaï ou Alliance de la Loi. Elle produisit des enfants, une postérité charnelle ne se rapportant pas à la promesse et inapte à la remplir. L’apôtre montre que cette Alliance de la Loi était représentée par la servante de Sara, Agar, et que les Juifs soumis à l’Alliance de la Loi étaient représentés en Ismaël, son fils. Comme le fils de la femme servante (Agar) ne devait pas hériter avec le fils de la femme libre (Sara), cela voulait dire que les Juifs assujettis à l’Alliance de la Loi n’hériteraient pas de la promesse faite à Abraham laquelle devait aller à l’Israël selon l’esprit. Toute cette question est joliment exposée ou détail par l’apôtre dans sa lettre aux Galates (chapitre 4) . Son argumentation est dirigée contre ceux qui prétendaient à tort que les chrétiens devaient se faire Juifs et se soumettre à l’a loti de M6ise pour hériter de La promesse faite à Abraham.

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Au contraire, dit l’apôtre Paul tous ceux qui se mettent sous la Loi se mettent sous le joug de la servitude alors que la Postérité spirituelle d’Abraham doit être libre comme l’était Isaac — ce qu’Ismaël n’était pas. Il va plus loin et affirme que si un païen, qui n’a rien à voir avec la Loi, se considère comme assujetti à cette Loi, il se sépare lui-même de la véritable Postérité d’Abraham et se range au nombre des Ismaélites antitypiques. Voici ce qu’il écrit : “Moi, Paul, je vous dis que si vous vous faites circoncire Christ ne vous servira de rien. Et je proteste encore à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la Loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la Loi ; vous êtes d’échus de la grâce ”. De toutes ses forces il insiste auprès des Juifs qui ont été libérés de la Loi par la mort de Christ, et auprès des Gentils qui n’ont jamais connu l’Alliance de la Loi mais ont accepté Christ et l’Alliance de la grâce. “ Demeurez donc fermes dans la liberté par laquelle Christ nous a affranchis et ne vous laissez pas mettre sous le joug de la servitude”Galates 5 : 1 à 4.

C’est donc la “Nouvelle Création” avec Christ comme Tête qui constitue la Postérité d’Abraham conformément à cette Alliance première ou abrahamique grâce à laquelle le monde doit être béni par la rédemption et le rétablissement. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que, soit dans le type lui-même, soit dans les figures utilisées par le Seigneur et les apôtres, cette Nouvelle Création soit comparée à un homme accompli dont la tête est Jésus-Christ tandis que les membres de l’Eglise sont les membres do son Corps (Ephésiens 4 : 13 ; Colossiens 1 : 18). “Pour vous frères, comme Isaac, vous êtes enfants de La promesse” — membres de l’Isaac réel dont Jésus est le Chef. Notre Seigneur se représente aussi sous les traits d’un époux, et son Eglise fidèle comme sa fiancée, attendant la célébration du mariage pour devenir son épouse. L’apôtre se sert de la même illustration quand il écrit: “Je vous ai fiancés à un seul époux pour vous

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présenter à Christ connue une vierge pure” (Apocalypse 21 : 2 ; 2 Corinthiens 11 : 2). Cette même image du mariage entre Christ et l’Eglise se retrouve également dans le type lui-même. Abraham envoya son serviteur Eliézer (représentant le saint esprit) dans le but de trouver une épouse pour Isaac. Rébécca, acceptant l’offre, fut conduite vers Isaac et devint se femme. Nous sommes de même appelés à devenir héritiers de Dieu et cohéritiers avec Jésus-Christ notre Seigneur dans un héritage incorruptible qui ne se peut ni souiller ni flétrir. Qu’elle que soit l’image considérée, l’idée force est la même : le Christ, Tête et Corps, Epoux et Epouse faits un, est l’héritier de l’Alliance abrahamique, de toutes les promesses et de toutes les grâces qu’elle comporte.

L’Apôtre signale encore que le Mont Sinaï et la Jérusalem terrestre représentaient l’Israël selon la chair qui manqua d’atteindre à la bénédiction spirituelle. Le reste de l’Israël naturel qui fut trouvé digne de cette bénédiction spirituelle, fut séparé de l’Israël selon la chair, pour devenir membres du véritable Israël de Dieu, cohéritiers, avec le Christ ressuscité, des choses célestes que Dieu tient en réserve pour ceux qui l’aiment. Ce reste de l’Israël selon la chair et tous ceux appartenant à la même classe spirituelle que Dieu a appelés du milieu des Gentils, relèvent de symboles plus élevés que le Sinaï et Jérusalem. Pour eux c’est la Montagne de Sion et la Jérusalem céleste, dont l’Apocalypse chapitre 21 fournit une description symbolique qui s’attache à en montrer la gloire.

La Nouvelle Création se trouvant dans l’arrangement et les alliances de Dieu, séparée et distincte, non seulement du monde en général mais encore de l’Israël selon la chair ; et n’étant pas soumise d’autre part à l’Alliance die lia Loi ou du Sinaï mais relevant de l’Alliance première, nous nous demandons quelle Loi régit l’Alliance abrahamique, quelle Loi par conséquent gouverne la Nouvelle Création? L’apôtre répond à cette question: “Nous ne sommes pas sous la Loi mais sous la grâce” . Quoi donc! Est-ce possible? Les Nouvelles Créatures en Jésus-Christ n’auraient-elles à obéir à aucune Loi d’ordonnances?

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Les dix commandements du Décalogue ne leur seraient-ils pas applicables? Pour répondre à ceci nous poserons une autre question : Les Dix Commandements avaient-ils force de loi sur Abraham ou sur Isaac, si la réponse est négative, si l’on reconnaît que ces commandements ne leur ont pas été donnés et que par conséquent ils ne se trouvaient pas obligés par l’Alliance de la Loi, notre réponse est que les Commandements n’ont pas été donnés non plus à la Nouvelle Création et que tous ceux qui rentrent en accord avec Dieu connue membre de la classe spirituelle appelée Corps de Christ et “Nouvelle Créatures en Jésus-Christ” sont libres à l’égard de la condamnation et libres à l’égard de l’Alliance de la Loi.

La position de cette Nouvelle Création devant Dieu et relativement à sa Loi, etc... est séparée et distincte de celle des autres. Elle jouit devant Dieu d’un statut nouveau - par la foi - d’un état de justification, de droiture reconnue ainsi que nous l’avons déjà vu. Cette rectitude reconnue, imputée grâce au mérite du sacrifice de Christ, ne couvre pas seulement les imperfections passées, mais continue — telle une robe de justice qui recouvre et justifie — à cacher les fautes involontaires, les taches faites en parole, en pensée ou en action. Les Nouvelles Créatures sont toutes figurativement représentées vêtues de vêtements blancs — la justice des saints, la justice imputée du Rédempteur, leur Chef. Elles sont acceptées dans l’état de membres du Corps de Christ sur la base de leur confession d’Amour. Leur consécration est comme une déclaration d’après laquelle elles apprécient à ce point la miséricorde et la grâce de Dieu manifestées dans la mort de son Fils et leur justification par Lui, qu’elles aiment le Dispensateur de toutes les faveurs dont elles sont l’objet et prennent plaisir à offrir leurs corps en sacrifice vivant conformément à l’invitation divine.

Cette consécration ou sacrifice d’intérêts, d’espoirs, de visées, d’ambitions de cette terre, trouve son point de départ non dans la crainte ni dans la recherche égoïste d’une récompense, mais dans un amour sincère issu d’une appréciation de l’amour divin, dans un amour réfléchi

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qui veut se donner à Dieu et collaborer à la réalisation de son dessein. Ces déclarations d’amour et de dévouement une fois acceptées par le Seigneur, celui-ci communique son esprit et ceux à qui il leur a été communiqué deviennent enfants de Dieu, engendrés de l’esprit saint. “ Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté (quelle sorte de changement nous connaîtrons lorsque nous recevrons les nouveaux corps de résurrection promis par le Seigneur) mais nous savons que lorsqu’il paraîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est (et cette pensée nous satisfait) ” 1 Jean 3 : 2 .

Le Père céleste a-t-il soumis ses fils angéliques à la Loi du Sinaï? Les avertit-il de ne point avoir d’autres dieux, de ne pas se tailler d’images et de les adorer, de ne pas convoiter, voler, porter de faux témoignage, ni de se rendre coupable de meurtre, etc...? Notre réponse est négative. Il n’a assurément pas imposé une telle loi à ses fils angéliques. Alors pour quelle raison l’imposerait-il à la Nouvelle Création? Le Père céleste n’a-t-il pas accepté ces nouvelles créatures comme ses fils? Ne leur a-t-il pas donné son esprit? Dès lors, peut-il être nécessaire de proposer des lois de cette nature à ceux que le saint esprit anime et chez qui il a vaincu la disposition naturelle ou volonté égoïste ? Il peut être légitime d’assujettir des serviteurs à des règlements parce qu’ils ne sont pas directement intéressés au bien général de la famille qu’ils servent et peuvent ne pas partager complètement l’esprit ou disposition de leur maître. Mais imaginez un maître de maison parfait, des fils parfaits, animés du même esprit que leur père, prenant plaisir à faire ce qu’il veut et à collaborer avec lui dans la réalisation de ses desseins, comment pourrait-il se faire qu’un tel père astreignît ses fils à l’observance de règles?

“Moïse fut en vérité fidèle comme serviteur sur toute sa maison ”. Cette maison de serviteurs fut à juste titre placée sous la juridiction de la Loi mosaïque ajoutée par suite des transgressions jusqu’à l’apparition de la Postérité promise . En tant qu’homme, Jésus ne brigua aucune gloire et fut soumis, comme un serviteur, à la Loi

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Il put ainsi démontrer non seulement que la Loi était juste mais il put encore établir sa propre perfection et sa capacité de racheter le monde. Ce fut quand il se releva d’entre les morts et devint “les prémices de ceux qui sont morts”, qu’il devint aussi le premier né d’entre plusieurs frères, le chef de la Nouvelle Création. Selon la chair, il était assujetti à la Loi, mais la Nouvelle Créature, le Seigneur ressuscité, n’est pas soumis à la Loi. Il est devenu le Chef de la nouvelle maison de fils. “Christ est fidèle comme Fils sur sa maison (de fils) et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin, etc... ”. Et bien que nous soyons encore dans la chair, en tant que nouvelles créatures nous n’appartenons plus à la chair et ne sommes plus traités comme si nous étions encore de la chair. Dieu ne nous considère pas comme le reste du monde mais comme de nouvelles créatures séjournant provisoirement dans la chair comme dans un tabernacle ou tente et attendant l’adoption, la délivrance de notre corps entier pour être avec notre Chef glorifié et semblables à lui. “ Mais vous, vous n’êtes pas (considérés par Dieu comme) des êtres charnels, mais spirituels, s’il est vrai que l’esprit de Dieu habite en vous” Romains 8 : 8 et 9 .

Personne ne peut se faire une idée sur cette question à moins de l’envisager du point de vue divin. Ces nouvelles créatures engendrées de l’esprit saint ne pourraient envisager d’avoir tout autre dieu que le véritable. Elles ne pourraient songer à se tailler des images pour les adorer, à blasphémer le nom de Dieu. Elles ne pourraient penser à voler les autres mais bien plutôt à donner. Elles ne pourraient porter de faux témoignage contre quiconque puisque l’amour qui est en elles les porte à couvrir et à cacher les fautes non seulement des frères, mais encore du monde en général. Il ne saurait être question qu’elles tuent un de leurs semblables: elles donneraient plutôt la vie aux autres avec abondance. Même le saint esprit qui les anime les engagerait à donner leur vie pour les frères tout comme le même saint esprit a poussé le Capitaine de notre salut à se donner en rançon pour tous. Ne voyons nous pas que si Dieu avait donné à la Nouvelle

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Création, à la maison des fils, une Loi du genre de celle qu’il a donnée à la maison des serviteurs, c’eut été une anomalie tout à fait incohérente? Les membres de cette “maison de fils” ne pourraient relever de cette loi que s’ils perdaient l’esprit saint et cesseraient d’être la Nouvelle Création. “ Si quelqu’un n’a pas l’esprit (la pensée, la disposition) de Christ, il ne lui appartient pas”Romains 8 : 9 .

Mais comment se peut-il que ces nouvelles créatures ne soient sous aucune loi sans une règle quelconque à observer? A cela nous répondons que la norme la plus élevée de la Loi divine c’est l’Amour. Les commandements de Dieu sont si précis si pénétrants si scrutateurs du for intérieur le plus secret de l’être - jointures et moelles - qu’ils ne peuvent être obéis dans un sens intégral et absolu que par l’Amour. S’il était possible de supposer chaque détail de la Loi observé au sens le plus rigoureux qui soit si l’esprit de dévouement à Dieu par amour pour lui est absent la Loi divine n’est pas satisfaite. Tout au contraire l’Amour accomplit la Loi et là où l’Amour règne, on s’intéressera de chaque élément de l’arrangement divin, pour s’y conformer, au mieux des possibilités de la créature, non par contrainte mais avec joie et dans l’amour.

Un tel amour pour Dieu et sa justice, la Nouvelle Création l’a confessé lors de sa consécration. L’Amour est devenu sa Loi et cette Loi d’Amour la tient, liée, jusqu’à la mort. Toute défaillance dans l’obéissance à cette Loi constitue, au même degré, une violation de la relation d’Alliance. Par contre, tout acte de soumission à cette Loi d’amour — d’après la connaissance reçue et la capacité — devient un sacrifice de soi, une victoire sur l’esprit du monde, les faiblesses de la chair et l’opposition de l’Adversaire. La grâce du Seigneur pourvoit aux fautes involontaires et en fait sortir vainqueur par son nom et par son mérite. Mais la désobéissance volontaire à cette Loi d’Amour, sa violation délibérée et constante, entraîne la perte de l’esprit d’adoption, l’extinction du saint esprit, ce qui veut dire que la Nouvelle Créature est morte, a cessé d’exister.

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L’apôtre entreprend l’examen du comment la grâce met le poids à toutes nos imperfections en posant une question singulière à laquelle il répond : “ Allons-nous demeurer dans le péché afin que la grâce abonde. Evidemment non. Nous qui sommes morts au péché comment pourrions-nous vivre encore en lui” (Romains 6 : 1,2 ). En acceptant le pardon en Christ nous avons formulé que nous en avions assez du péché et que, pour autant que cela dépendait de notre volonté, nous étions morts au péché et avions commencé une vie nouvelle dans la justice. Notre vie en Dieu et dans sa justice, comme Nouvelles Créatures, implique notre mort au péché. Si donc, volontairement et dans notre cœur, nous redevenions vivant quant au péché et à l’injustice, cela voudrait dire que nous sommes morts comme nouvelles créatures, que Dieu ne nous reconnaît plus comme appartenant à son peuple de nouvelles créatures en Jésus-Christ grâce à qui, les choses anciennes avaient été effacées et pour qui - du moins dans le vouloir — elles étaient devenues nouvelles.

Et il est tout à fait à propos de noter ici la différence qui existe entre un simple trébuchement de la chair et un abandon volontaire de la grâce après avoir goûté la bonne Parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, après avoir reçu l’esprit saint — chute dont il est impossible de se relever (Hébreux 6 : 4 à 6 ; 10 : 26). Il est essentiel d’établir une nette différence car les deux cas n’ont rien de commun entre eux. Nous trébuchons dans la chair quand nos corps mortels sont surpris en faute par la faiblesse qu’entraîne l’hérédité ou par les attaques de l’Adversaire. Mais en aucun cas notre volonté, notre cœur n’ont consenti, en tout ou en partie, de compromission avec la chair. On ne peut que déplorer de tels achoppements et s’efforcer de lutter contre eux, etc..., bien que, parfois, par la grâce de Dieu, ils se révèlent être d’un grand secours dans le développement du caractère. Nous apprenons grâce à eux, à ne pas nous fier à nous-mêmes, à ne pas nous targuer de notre force mais à nous rendre compte que la victoire qui triomphe du monde s’obtient par la foi. Lors donc qu’avec chagrin

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la nouvelle créature constate qu’elle a failli, elle doit tâcher de se fortifier contre la faiblesse à laquelle elle a succombé, devenir plus forte dans le Seigneur et dans la puissance de sa force pour être moins susceptible de broncher à l’avenir.

Ainsi, pas à pas, nous apprenons à ne pas mettre notre confiance dans la chair mais à regarder à l’Eternel de qui procède l’aide dont nous avons besoin au moment opportun. Rappelons-nous que, dans ces moments, nous sommes toujours de nouvelles créatures, et que, nous confiant toujours par la foi, au mérite du sacrifice de Christ, nous efforçant toujours de remplir notre Alliance d’Amour jusqu’au sacrifice de nous-mêmes, “le Père lui-même nous aime” comme l’a affirmé le Maître. Il nous faut reprendre courage et nous rappeler que la nouvelle créature ne pèche pas, que le péché ne lui est pas imputé et qu’aussi longtemps qu’elle fait effort contre lui, personne ne peut accuser l’élu de Dieu. “ C’est Dieu qui justifie... Christ est mort ” — Romains 8 : 33,34 .

PROGRESSER DANS L’APPRECIATION DE LA LOI PARFAITE

Bien que la Loi d’Amour ait été la base de notre Alliance avec le Seigneur 1orsque nous sommes devenus de nouvelles créatures, il faut convenir que nous ne l’avons pas comprise à fond tout de suite. Nous sommes allés depuis à l’école de Christ où nous avons appris le sens profond qui s’attache au mot Amour dans sa plénitude dans la croissance en vertus et en connaissance, en ajoutant à notre foi, l’amour sous ses différents aspects: douceur, patience, bonté fraternelle, etc... Nous sommes mis à l’épreuve sur le plan de l’Amour qui deviendra la pierre de touche lors de notre examen. Seuls ceux qui atteindront à l’Amour parfait, à l’Amour qui se sacrifie, seront estimés dignes de faire partie de la Nouvelle Création, des membres du Corps de Christ.

COURIR VERS LE BUT ET Y DEMEURER FERME

Empruntant une autre image, l’apôtre illustre nos expériences du présent par une piste de course. Il nous

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exhorte à nous débarrasser de tout fardeau, du péché qui nous tenaille, de toute faiblesse de la chair, de toute ambition de la terre, pour courir, avec patience, dans la lice qui nous est ouverte dans l’Evangile, atteindre le but et nous y tenir ferme après avoir tout surmonté: fidèle au terme complet en Christ (Philippiens 3 : 13,14 ; Hébreux 12 : 1 ; Ephésiens 6 : 13 ). Cette figure éveille la pensée d’un parcours de course avec sa première, seconde, troisième et quatrième étapes, ses obstacles, ses mauvais passages, ses embûches. Elle nous montre aussi à nous-mêmes prenant le départ dans cette course, avec le désir d’arriver au but de l’Amour parfait et sachant bien que, faute d’y parvenir nous ne serons pas des copies du cher Fils de Dieux, que, partant, nous ne pourrons, au sens le plus large, plaire à Dieu et ne pourrons être faits cohéritiers avec Jésus dans son Royaume. Le parcours de la course, c’est l’Amour, depuis la ligne de départ jusqu’à la ligne d’arrivée. Nous prenons le départ animés d’un amour reconnaissant envers Dieu pour sa miséricorde manifestée pour nous en Christ par le pardon de nos péchés. C’est cet amour par devoir qui, au début de la carrière, nous conduit à offrir nos corps en sacrifices vivants. Nous tenons le raisonnement suivant : puisque Dieu a tant fait pour nous, il est normal et nous devons lui montrer à quel point nous estimons ce qu’il a fait. Christ a donné sa vie pour nous, nous devons donner notre vie pour les frères.

Cet amour par devoir, obligé, est tout à fait juste raisonnable, vrai mais il ne suffit pas. Il doit nous acheminer vers une forme d’Amour plus élevée. Pendant ce temps nous sommes parvenus au terme de la première étape. Nous éprouvons toujours cet amour par devoir mais déjà nous apprécions plus profondément l’Amour divin.. Nous nous rendons compte que l’Amour manifesté par Dieu n’est pas égoïste mais est l’expression de son caractère tout de noblesse et de magnanimité. Nous entrevoyons quelque peu la justice divine, sa sagesse, sa puissance, son amour, et tout en réfléchissant à ces qualités de notre Créateur, nous en venons à les aimer. Dès lors nous pratiquons ce qui est juste, non pas simplement parce que c’est notre devoir, mais parce que nous aimons ce qui est juste.

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En poursuivant notre course nous parvenons à la seconde étape. Et nous nous apercevons qu’entre temps nous n’avons pas seulement appris à aimer la justice mais que, dans la même proportion, nous en arrivons à haïr le péché. Nous sentons croître en nos cœurs une inclination pour le programme de Dieu qui veut refouler la grande vague du péché qui a recouvert le monde et lui a valu son salaire de mort. Cette seconde étape crée en nous une énergie et fait jaillir l’étincelle qui nous rend actif pour la justice et contre le péché.

Notre Amour grandit et nous nous acheminons vers la troisième étape. Lorsque nous y arrivons notre amour par devoir, augmenté de l’amour pour les principes de justice, s’est étendu non seulement au caractère divin mais se prend d’aversion pour tout ce qui fait tort à l’humanité et contredit au caractère et au dessein divins. Parvenus à ce stade nous éprouvons une plus grande sympathie pour autrui, nous commençons à partager le sentiment de Dieu d’hostilité envers le péché, d’amour pour tous ceux qui recherchent la voie qui conduit à la Justice et à la sainteté. Là nous voyons les frères sous un jour différent. Nous les voyons comme nouvelles créatures et nous faisons la différence entre eux et leurs corps mortels dont les imperfections nous sautent aux yeux. Nous apprenons à les aimer et à sympathiser avec eux en dépit de leurs faiblesses et de leurs errements. Notre amour pour eux devient tel qu’il nous plaît de sacrifier notre vie, chaque jour, à chaque heure, de mettre de côté nos propres intérêts plaisirs, préférences, et de donner notre temps, notre influence, et quoi encore, pour les aider et les servir.

Cependant nous poursuivons notre course et tendons vers le but car il existe une forme supérieure d’amour que nous devons atteindre, la quatrième et dernière étape , “le prix de la vocation céleste”. De quel Amour s’agit-il ? Que peut-il y avoir de plus grand que de se sacrifier par amour pour les frères dans le cadre d’un complet

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dévouement à Dieu et aux principes de justice? A cela nous répondons que ce genre d’Amour, porté au summum, est celui dont a parlé le Maître quand il a dit que nous devions apprendre à aimer même nos ennemis. Ce fut tandis que nous étions ennemis, étrangers et gens de dehors pour Dieu, on raison de nos œuvres mauvaises que “ Dieu a tellement aimé le monde”. Ce fut tandis que nous étions encore des pécheurs qu’Il a donné son Fils unique, en notre faveur. Tel est le modèle de l’amour parfait en deçà duquel il ne faut pas demeurer. Quiconque veut être agréé par le Seigneur comme membre de la Nouvelle Création et reçu dans la gloire doit accéder à cet amour des ennemis.

Non pas qu’il faille aimer ses ennemis comme on aime les frères. L’idée n’est pas là. Dieu n’aime pas ses ennemis comme il aime ses fils, ses amis. Jésus n’a pas aimé ses ennemis autant que ses disciples. Dieu a aimé ses ennemis dans le sens qu’il était prêt et disposé à faire pour eux tout ce qui pouvait l’être. Jésus a aimé ses ennemis en leur faisant du bien et de grand cœur. Il ne leur a pas porté d’inimitié ou de rancune en réponse à leur haine. Il est prêt au contraire à répandre sur eux ses bienfaits, le moment venu, de façon qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité et que, même ceux qui l’ont percé, le voient et pleurent sur Lui lorsque Dieu aura mis en eux un esprit de prière et de supplication (Zacharie 12 : 10 ). Nous devons aimer nos ennemis de la manière dont le Seigneur le dit lui-même : “ Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous outragent ou qui vous persécutent” (Matthieu 5 : 44). Nous ne devons permettre à aucune amertume, aucune animosité, aucune rancune d’aucune sorte d’habiter dans nos cœurs. Nous devons être remplis d’amour au point que, même un ennemi, ne doit pouvoir éveiller en nous de sentiment mauvais ou malveillant.

Quelle longanimité et bonté fraternelle représente une élévation de caractère telle que même un ennemi ne soit capable de faire naître la malice, la haine, l’antipathie et c’est là le ‘but” que nous devons atteindre comme

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Nouvelles Créatures. Nous avons prétendu apprécier cet esprit d’amour et y être acquis. Nous avons consacré nos vies en accord avec ses principes. Nous sommes maintenant mis à l’épreuve pour voir jusqu’où nos déclarations tiendront. Dans sa bonté le Seigneur nous accorde le temps de courir cette course, de développer ce caractère. “ 1l connaît nos faiblesses, il se souvient que nous ne sommes que poussière”. Néanmoins il est essentiel de mous conformer à cet arrangement si nous tenons à devenir, cohéritiers avec le cher Fils de Dieu comme membres de la Nouvelle Création.

Notre Seigneur Jésus, le Chef de notre salut n’eut pas besoin de courir cette course, n’eut pas besoin de progresser dans cette acquisition des différentes physionomies de l’amour. Parfait, il les possédait toutes dès le début de sa carrière. Son épreuve se fit sur le point de savoir s’il demeurerait fermement attaché aux principes, s’il continuerait à aimer Dieu et la justice par dessus tout, s’il aimerait les frères au point de donner sa vie pour eux et ses ennemis au point de prendre plaisir à leur faire du bien, s’il ne se détacherait pas de l’idéal de l’amour parfait. Nous savons à quel point il donna la preuve de sa fidélité à la règle d’Amour à tous ses degrés puisqu’il donna sa vie, non seulement pour ses amis mais encore pour ses ennemis qui le crucifièrent. Cette expérience doit aussi être la nôtre. Nous devons atteindre au niveau idéal de l’Amour parfait dans nos cœurs même si, dans notre chair, nous ne sommes pas toujours capables d’en exprimer les sentiments profonds.

Certains arrivent à effectuer la course très rapidement. Ils passent l’une après l’autre ces bornes jalonnant les étapes et arrivent rapidement à l’Amour parfait. D’autres, moins zélés on ayant les regards moins attentivement fixés sur l’Auteur de notre foi, ne réalisent que de plus lents progrès dans la course. Pendant des années ils se cantonnent dans l’amour par devoir ou vont peut être un peu plus loin et aiment le caractère divin ainsi que les principes de justice. Il y en a relativement peu qui aillent au delà jusqu’à l’amour des frères, jusqu’à accepter avec joie l’abnégation pour servir la maison de

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la foi. Moins encore vont jusqu’à l’Amour parfait ,l’amour des ennemis qui, non seulement empêche de leur faire injure, en parole ou en action, mais se satisfait du bien qui leur arrive. Si le Seigneur a usé de patience à notre égard en nous accordant tout le temps nécessaire pour parvenir au “ but”, réjouissons-nous de sa compassion et redoublons d’énergie pour atteindre le “ prix de la vocation” ou nous rappelant que le temps est court et que rien de moins que ce caractère d’amour parfait ne sera agréé du Père dans la Nouvelle Création.

De même que notre Seigneur fut mis à l’épreuve au “but’, ainsi chacun d’entre nous sera mis à l’épreuve une fois que nous l’aurons atteint. Il n’est donc pas question d’arriver à ce “ but’ dans les derniers jours de la vie mais aussi tôt que possible. Notre zèle et notre amour pour Dieu et pour les frères se mesurera à la vitesse avec laquelle nous parviendrons à toucher ce “but”.

Ce que l’apôtre dit: “Tenez ferme après avoir tout surmonté” (Ephésiens 6 : 13 ) semble signifier qu’après être parvenus au “‘but” de l’Amour parfait, nous serons soumis à quantité d’épreuves de foi, de patience et à propos de tous les différents aspects de l’Amour. Le monde n’est pas un ami qui nous encourage à la vertu ou nous aide dans la bonne direction. Satan demeure notre Adversaire capable de susciter tout obstacle dans le but de nous détacher de la position acquise. Telle est notre épreuve. Il est indispensable de retenir avec fermeté ce à quoi nous sommes arrivés, de “courir droit au but”, dût-il nous en coûter la vie -— donnant notre vie au service de Dieu pour les frères et faisant du bien à tous selon que l’occasion nous en est offerte. “Celui qui nous a appelés est fidèle” et il nous a promis le secours et l’aide, chaque fois qu’il on sera besoin, dans ce domaine. Sa grâce nous suffit — 1 Thessaloniciens 5 : 24 ; 2 Corinthiens 12 :9).

Comme nous l’avons vu, cette Loi d’Amour est aussi celle qui commande aux fils angéliques de Dieu. Leur obéissance à la volonté divine, la bonne entente entre

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eux, repose sur elle. Au cours de l’Age Millénial des lois et des ordonnances, des règlements et des exigences seront imposés au monde des hommes pour les conduire aux douces influences du Royaume. Ceux qui, à la fin de cet Age Millénaire seront jugés dignes de la vie éternelle seront allés — on peut en être sûr — au delà de la simple obéissance contrainte aux lois et aux ordonnantes: la Loi de Dieu aura été écrite dans leurs cœurs, cette Loi d’Amour qui fait partie du caractère divin. Ces fils du rétablissement, sur le plan humain acceptés par l’Eternel, seront également animés par cet esprit d’amour sans lequel il n’est pas possible de plaire à Dieu, celui-ci ne recherchant que des adorateurs qui le servent en esprit et en vérité. On peut donc voir que si le ciel aussi bien que la terre doivent être soumis à une loi et s’y ranger absolument, le niveau divin de la discipline est infiniment plus élevé que nos idées et conceptions terrestres imparfaites. Un seul mot: Amour, exprime toute la Loi divine à laquelle tous les fils de Dieu, sur tous les plans d’existence, seront subordonnés. Qu’ils sont merveilleux et glorieux le caractère et les desseins de notre Dieu. L’Amour est l’accomplissement de sa Loi et l’on ne peut concevoir de Loi plus élevée que celle-là.

Jusqu’ici nous avons envisagé le sujet au demeurant dans l’abstrait. Or, la Nouvelle Création, tout en demeurant dans ce tabernacle de chair, plus ou moins sujette à ses faiblesses, à ses résistances, etc... doit observer, dans les rapports de ses membres entre eux et à l’égard du monde, une règle de conduite ordonnée par cette Loi d’Amour, le Commandement nouveau donné par le Seigneur à ses disciples. On l’a appelé avec à propos

LA REGLE D’OR

L’or - nous l’avons déjà vu — symbolise ce qui est divin. La règle d’or est donc une règle divine et la règle divine est une Loi d’Amour. L’idée la plus voisine de cette Loi d’Amour que l’homme non régénéré puisse se faire, l’idéal le plus élevé qu’il puisse en avoir se retrouve dans la pensée : “ Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais

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pas qu’on te fît”. Cette bonté est au fond négative. La Règle d’or de l’Amour que le Seigneur donne à la Nouvelle Création et que celle-ci est seule à pouvoir apprécier ou comprendre pour l’instant est de nature plus solide “ Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent ”. Cette bonté là est positive. C’est de l’Amour en action, agissant. Que des membres de la Nouvelle Création se trouvent en faute à l’égard d’un point quelconque de cette Règle d’or, la Loi de leur être même, ce ne sera pas sans un sérieux regret et sans tristesse à moins qu’ils ne soient de “ tout jeunes enfants” sur la route nouvelle. Et si toute infraction à cette règle engendre le mécontentement et la peine, c’est la preuve que la transgression n’a pas été volontaire, n’est pas venu du cœur, n’a pas été le fait de la Nouvelle Créature, mais s’est trouvé être le résultat d’un concours de circonstances, d’un entraînement de la nature contraire aux désire de l’esprit, à l’intention. Il n’empêche que dans la proportion où le nouvel esprit vit selon Dieu et exécute sa volonté avec zèle, il sera prompt à garder le “ vase de terre” dans lequel il habite. Il revêtira l’armure de Dieu qui lui permettra de combattre le bon combat contre ses propres faiblesses. S’il a commis une erreur, en parole ou en action, il s’obligera à un dédommagement avec intérêt si possible, de telle sorte que le “ vase de terre” rencontrant un vif désaveu, devienne à l’avenir moins virulent dans son opposition au nouvel entendement.

Cette loi de la Nouvelle Créature intéresse sa relation avec Dieu. Elle sent toute la portée de l’expression: “ Aimer l’Eternel de tout son cœur, de toute sa pensée, de tout son être, de toute sa force”. Elle n’y trouve pas de place pour elle-même sauf dans la mesure où elle se confond avec Dieu. Cette même loi règle encore son rapport avec les frères. Comment aimerions-nous en effet Dieu que nous ne voyons pas (si ce n’est par la foi), si nous n’aimons pas les frères, animés de l’esprit de Dieu, que nous voyons de nos yeux? (1 Jean 4 : 20,21 ). A mesure que la Nouvelle Créature avance dans sa liaison avec eux, qu’elle fait pour eux et à leur endroit tout ce qu’elle voudrait qu’ils fassent pour elle et à son endroit,

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elle s’aperçoit qu’une telle manière d’être entraîne une importante transformation de la vie et que la loi à laquelle elle s’est soumise n’a rien à voir avec la loi ou règlement des hommes.

Elle aimerait que les frères soient cordiaux à son égard et lui parlent gentiment, aussi leur parlera-t-elle et agira-t-elle envers eux de la même manière. Elle aimerait qu’on supportât ses imperfections, ses faiblesses et qu’on recouvrit ses défauts du manteau de la charité, aussi fera-t-elle de même pour eux. Elle n’aimerait pas que les frères parlassent mal d’elle, même si cela était vrai1, aussi leur témoignera-t-elle une attention franche et ouverte, ne “ dira de mal de personne ” et “ fera du bien à tous les hommes ”, plus particulièrement à la maison de la foi. Elle n’aimerait pas que d’autres attendent d’elle plus qu’elle ne peut raisonnablement faire ou offrir, aussi n’attendra-t-elle pas des autres plus qu’ils ne peuvent raisonnablement faire. En suivant le même principe dans les relavions avec le monde et ses occupations, tout le cours de la vie se trouve modifié petit à petit. Comme l’apôtre le fait remarquer, ce changement intervient à mesure que nous “ contemplons la gloire du Seigneur ”, dans la proportion où nous nous exerçons à observer et à imiter la grandeur du caractère divin mû lui-même par cette Règle d’or de l’Amour- — 2 Corinthiens 3 : 18.

Selon que notre nouvel entendement notre nouvelle volonté, engendrée par l’esprit saint, progresse, nous sommes graduellement “ changés de gloire en gloire ” dans le domaine du cœur. Transformés dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos volontés, dans nos intentions et autant que possible dans notre comportement extérieur nous devenons “ mûrs ”, conformément à la promesse divine, pour le grand changement final de la résurrection lorsque ce qui est semé dans la faiblesse et la corruptibilité sera relevé dans la puissance et dans la gloire pour devenir une Nouvelle Création spirituelle: le Christ de Dieu. Les apôtres nous donnent de sages et précieux avis, des exhortations, des suggestions que les frères reprennent à leur compte et répètent parce qu’ils sont utiles à notre correction, à notre amélioration, etc...

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En fait, la Loi, toute la Loi sous laquelle la Nouvelle Création a été placée par son chef, est cette Loi d’Amour, la Règle d’or. Tout bien considéré cela voudrait dire que bien des actes exécutés maintenant par la Nouvelle Création ne devraient plus l’être, tandis que bien des points négligés jusqu’ici devraient être réalisés avec zèle et continuité.

LA LOI PARFAITE DE LA LIBERTE

Si quelqu’un avait tendance à croire que la Nouvelle Création est laissée trop libre par le Seigneur, sans retenues et règlementations appropriées, il changerait vite d’avis en se rendant compte de la longueur, de la hauteur, de l’extrême portée de cette Loi de Dieu résumée brièvement par ce seul mot: Amour. “ Une loi de liberté ”comme l’apôtre l’appelle (Jacques 1 : 26 ). Or, cette loi de liberté Dieu ne l’applique qu’à la Nouvelle Création engendrée de son Esprit. Elle ne peut s’appliquer à personne d’autre. Les autres se trouvent encore, soit sous la Loi de Moïse comme serviteurs, indignes de la “ liberté par laquelle Christ nous a affranchis ”, nous les fils; ou encore sous la condamnation de la loi universelle, condamnation à mort, et comme tels, sont toujours considérés comme étrangers et gens du dehors, sans Dieu et sans espérance dans le monde. Ils ne connaissent pas la grâce de Dieu qui apportera, le moment venu, le salut au monde, mais qui, pour le présent, n’a été manifestée qu’à un nombre relativement restreint, l’immense majorité continuant à être distraite par l’Adversaire pour ne pas entendre le message de l’amour et de la rédemption divins. Il enténèbre les esprits et bouche les oreilles de la majorité des humains par des doctrines de démons, etc... — 2 Corinthiens 4 : 4 ; 1 Timothée 4 : 1.

La Liberté n’est pas pour ceux dont l’esprit est mal disposé ainsi qu’en témoigne la société elle-même quand elle emprisonne. De même la Loi parfaite de la Liberté n’est pas pour ceux dont l’esprit est tourné vers le mal mais pour ceux dont l’esprit est tourné vers le bien —Pour ceux qui sont parfaits Le monde ne sera

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pas abandonné à une Loi d’Amour pendant le Millénium mais dirigé avec justice et miséricorde dans le cadre d’une loi d’obéissance aux règles du Royaume. Ce ne sera pas avant la fin du Royaume, lorsque les méchants volontaires auront été retranchés dans la seconde mort, que l’humanité, qui aura dès lors établi sa perfection, son accord avec les normes divines, retrouvera la Loi de la Liberté, l’Amour et Sa Règle d’or. Tant que les humains montreront par leur attitude qu’ils ne sont encore que des enfants mineurs, ils demeureront plutôt sous un régime de serviteurs (Hébreux 13 : 17 ). La Nouvelle Création relevant actuellement de cette Loi de Liberté, n’y est soumise que parce que, pour elle, “ les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles,. Elle a la haine du péché et l’amour pour la justice. Elle se sert de sa liberté, non pour se satisfaire elle-même non pour se complaire, mais pour sacrifier ses intérêts terrestres en collaboration avec l’Eternel pour effacer le péché, en débarrasser le monde et le délivrer de son salaire de mort. Les engendrés à cet esprit nouveau à cette nouvelle disposition — l’Esprit de Dieu, — ceux qui sont devenus élèves à l’école de Christ, sont enseignés par lui et marchent sur ses traces... ceux-là et ceux-là seuls peuvent relever de la Loi de Liberté. S’ils venaient à perdre leur esprit d’adoption, ils cesseraient d’être des fils et ne demeureraient plus sous cette Loi de Liberté.

Ceux qui maintenant, apprennent à user de cette liberté par laquelle Christ les a rendus libres; ceux qui, par la consécration, se rangent sous cette Loi d’Amour et donnent leur vie pour les frères, pour la cause de la vérité et de la justice, ces fidèles-là seront estimés dignes de devenir les agents et cohéritiers du Seigneur avec son Fils bien-aimé dans le grand œuvre de relèvement du monde. Et comme elle est nécessaire cette qualification pour ce grand travail! Comme il est nécessaire que ceux qui seront les éducateurs, les aides, les juges et les conducteurs du monde en bénissant toutes les familles de la terre pendant l’Age Millénial, soient entraînés à plein et mis à l’épreuve sur le plan de l’Amour pour devenir des Sacrificateurs royaux compatissants et fidèles.

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ETUDE VIII

LE REPOS OU SABBAT

DE LA NOUVELLE CREATION

Un changement dans l’attitude de Dieu commence à la croix. Le fait que les apôtres prêchaient dans les synagogues le jour du sabbat ne signifie pas que Le sabbat juif ou tout autre formule s’impose à la Nouvelle Création. Le bâtiment dans lequel on prêche l’Evangile n’a rien de commun avec le message. Le jour n’importe pas. Origine de l’observation du premier jour de la semaine comme sabbat chrétien. On a commencé à l’observer longtemps avant l’empereur Constantin. Presque toutes les apparitions du Seigneur ressuscité ont eu lieu le premier jour. il y a lieu de se féliciter de l’habitude générale d’observer le dimanche. Cependant ce n’est pas un ordre divin. La France et le nombre sept. Le sabbat d’Israël était un type. Quand le sabbat de la Nouvelle Création a-t-il commencé et comment il se poursuit.

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Les réflexions qui ont fait l’objet du chapitre précédent nous ont démontré qu’aucune loi ou règlement n’est imposé à ceux qui sont su Jésus-Christ sauf la toute fondamentale Loi d’Amour. Nous avons vu clairement que la Nouvelle Création, l’Israël selon l’Esprit, ne se trouve en aucun sens sous l’Alliance de la Loi, “ajoutée à cause des transgressions ” et quatre cent trente ans après, à l’Alliance par laquelle la Nouvelle Création est acceptée dans le Bien-aimé. Il est vrai que notre Seigneur Jésus, dans les jours de sa chair, observa strictement le septième jour de la semaine conformément à la Loi de Moïse. Mais il le fit sans prendre garde aux ajoutes compliquées des Scribes et des Pharisiens. Il le fit parce que, être humain, il était Juif, né sous la loi mosaïque, et par conséquent soumis à ses exigences. Il l’accomplit et, suivant la pittoresque expression de l’apôtre, il “la cloua à la croix ”, la rendant ainsi sans objet en ce qui le concernait comme en ce qui concernait tous les Juifs venant au Père par lui. Tous les Juifs qui n’ont pas accepté Christ demeurent encore sous la juridiction de leur Alliance de la Loi. Et l’apôtre explique qu’ils ne peuvent s’en libérer qu’en acceptant Christ, la f in de la Loi — qu’en croyant. — Romains 10 : 4 .

Pour ce qui est des Gentils, nous avons déjà vu qu’ils n’avaient jamais relevé de la Loi de Moïse et n’avaient donc pas à y être dégagés. Et nous avons vu aussi que notre Seigneur Jésus — la Nouvelle Créature engendrée à son baptême et née de l’esprit à sa résurrection — était la vraie postérité d’Abraham, l’héritier de toutes les promesses qui lui avaient été faites. Juifs et Gentils, venant à lui par la foi et allant au Père par lui, une fois engendrés de l’Esprit saint, appartiennent de même à la Nouvelle Création et deviennent cohéritiers avec Jésus dans l’Alliance Abrahamique dont aucun membre n’a affaire à l’Alliance ajoutée de la Loi de Moïse. Ainsi, bien que l’homme Christ Jésus ait été sous la Loi et dans l’obligation d’observer le septième jour qui en était un des principes importants, de telles contraintes ont pris fin pour ses disciples comme d’ailleurs pour lui également

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dès l’instant de sa mort. En toute justice, il mit un point final à la Loi, pour tous les Juifs qui l’acceptèrent et qui, grâce à lui, moururent avec lui à l’Alliance de la Loi pour devenir vivants quant à l’Alliance Abrahamique.

Il n’est pas surprenant qu’il ait fallu, même aux apôtres, un certain temps pour se rendre compte du changement qui intervenait, du passage de la dispensation de la Loi à la dispensation de la Grâce — l’âge de l’Evangile. De même il leur fallut un certain nombre d’années pour s’apercevoir, qu’avec la mort de Christ, le mur de séparation entre Juifs et Gentils avait été balayé; que les Gentils, pas plus que les Juifs, ne devaient être considérés comme impurs, parce que Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, avait goûté la mort pour tous et que, par conséquent, quiconque approcherai du Père, qu’il soit Juif ou Gentil, pourrait être agréé par lui et accepté dans le Bien aimé. Des années même après la première réunion des apôtres, au cours de laquelle cependant Pierre et Paul témoignèrent de la grâce de Dieu à l’égard des Gentils à qui il accordait également les dons du Saint Esprit, le don miraculeux des langues, etc... tout comme à ceux qui avaient été témoins de l’effusion de l’esprit sur les Juifs à la Pentecôte, nous trouvons encore Pierre hésitant, cédant aux instances des croyants Juifs au point de s’écarter des croyants païens pour les traiter en impurs. Il s’attira en faisant ainsi une réprimande de l’apôtre Paul qui comprenait mieux que les autres apôtres la situation créée par la nouvelle dispensation. Si un apôtre lui-même eut besoin d’une admonestation pour l’aider à combattre ses propres préjugés raciaux, on peut aisément concevoir qu’il fallut des années à la masse des croyants — Juifs pour la plupart avant de se rendre compte du changement complet qui était intervenu dans l’attitude divine depuis la croix.

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On sait que les Juifs, non seulement ceux de Palestine mais encore ceux de la dispersion dans le reste du monde, avaient coutume d’observer le jour du sabbat. Bien qu’à l’origine celui-ci n’ait été rien d’autre qu’un jour de repos, une cessation de travail, il devint rapidement un jour mis à part pour la lecture de la Loi et des prophètes et d’exhortation dans les synagogues. C’était un jour où tout travail était suspendu dans toute l’étendue de la Palestine. Les Juifs convertis, nouvellement venus au christianisme, se rassemblèrent tout naturellement le jour du sabbat pour étudier la Loi et les prophètes à la lumière du point de vue nouveau de leur accomplissement en Christ, et pour s’exhorter dans leur attachement à cette conception nouvelle d’autant plus qu’ils voyaient s’approcher le jour, le grand jour de l’Eternel, le jour Millénial les temps de restitution dont ont parlé tous les saints prophètes depuis le commencement du monde . Les apôtres et les évangélistes qui voyageaient hors de la Palestine, à la recherche d’oreilles attentives au message de l’Evangile, parmi les Juifs qui étaient déjà dans l’attente du Messie, les rencontraient surtout au cours de leurs rassemblements habituels du septième jour. Et rien, dans la révélation divine, ne leur interdisait de prêcher l’Evangile le septième jour de la semaine aussi bien que le premier et n’importe quel autre jour. On peut, être sûr au contraire que ces évangélistes des premiers temps annoncèrent la Parole incessamment, partout où ils allaient et en tonte occasion à quiconque avait une oreille pour entendre.

L’Apôtre qui avait dît que Christ avait mis un terme à ‘l’Alliance de la Loi en la clouant à la croix, n’a jamais dit le moindre mot à l’Eglise primitive et pour autant que les textes nous renseignent d’un règlement qui obligerait à observer plus particulièrement le septième jour de la semaine de préférence à aucun autre jour. Tout au contraire, ils se conforment tous à l’idée que l’Eglise est une Création Nouvelle formée sous une première Alliance et que, telle une maison de fils, la Nouvelle Création n’est pas sous la Loi mais sous la Grâce. Ces maîtres inspirés signalèrent par maintes déclarations la liberté de la Nouvelle Créature disant :

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“Que personne donc ne vous juge au sujet du manger et du boire, ou au sujet d’une fête d’une nouvelle lune ou des sabbats c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps (la réalité) est en Christ ”. Colossiens 2 : 16,17 .

Ils voulaient que l’Eglise comprenne que toutes les ordonnances relatives aux fêtes et aux jeûnes, aux époques, aux saisons, aux jours, faisaient partie du système général de figures que Dieu avait institué au sein de l’Israël typique et qui n’étaient que l’ombre des meilleures choses à venir applicables, celles-là, à l’Israël selon l’esprit. Pour les Juifs, ces réglementations étaient des réalités imposées à eux par décret divin. Mais pour la Nouvelle Création ce ne sont que des ombres figuratives, des jalons qui pointent vers le grand accomplissement et rien de plus. Le fait que les apôtres tiraient parti du jour du sabbat et des synagogues juives pour faire connaître l’Evangile de Christ ne peut être considéré comme une acceptation, par eux, du système juif et de la Loi juive comme un joug sur la Nouvelle Création. Nous-mêmes aujourd’hui si l’occasion nous en était offerte, prêcherions Christ dans les synagogues, non seulement le premier jour de la semaine mais encore le septième, le jour du sabbat juif. Nous serions même tout disposés à annoncer Christ dans un temple païen lors d’un jour rituel païen sans pour cela accepter les doctrines païennes ni leurs rites.

Au sujet du premier jour de la semaine que les chrétiens observent à la manière d’un sabbat ou d’un jour de repos, il est inexact de prétendre que, ce jour a été mis à part et considéré comme un sabbat chrétien par ordonnance de l’Eglise catholique romaine. A dire le vrai, au temps de l’empereur Constantin, plus de deux siècles après que les apôtres se furent endormis, le formalisme s’était introduit dans l’Eglise dans des proportions notoires. De faux docteurs avaient petit à petit cherché à assujettir les disciples du Seigneur à la caricature tandis que se répandaient les intrigues ecclésiastiques

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et la superstition. Il est exact qu’à cette époque une loi fut promulguée parmi les chrétiens de non, à l’effet de réserver le premier jour de la semaine pour l’observation des devoirs religieux, etc...: le travail manuel était interdit sauf dans les campagnes où la rentrée des récoltes était considérée comme un travail de nécessité urgente. Il est aussi exact que ce petit début de contrainte et l’allusion que le premier jour de la semaine avait, pour les chrétiens, remplacé le septième jour de la semaine chez les Juifs, implantèrent de plus en plus l’idée que le commandement de Dieu aux Juifs à propos du septième jour était valable pour les chrétiens à propos du premier.

Cependant on observait le premier jour de la semaine longtemps avant l’édit de Constantin, non comme une obligation, mais librement, comme un privilège. Le fait seul que notre Seigneur soit ressuscité des morts le premier jour de la semaine a suffi pour en faire un jour tout désigné parmi ses disciples comme ayant marqué le réveil de leurs espérances. A ceci il convient d’ajouter que le jour de sa résurrection il rencontra ses disciples et leur expliqua les Ecritures comme quelques-uns en ont fait la remarque “ Notre cœur ne brûlait-il pas au- dedans de nous tandis qu’il parlait avec nous dans le chemin et nous découvrait les Ecritures?” (Luc 24 : 32 ). Ce fut ce même premier jour de la semaine où il avait rejoint les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, que les deux Marie l’avaient vu près du sépulcre, qu’il était apparu à Marie Madeleine sous les traits d’un jardinier et s’était fait reconnaître aux apôtres réunis, etc... Ils attendirent toute une semaine avant d’être témoins de nouvelles manifestations de leur Maître ressuscité, mais pas avant le retour du premier jour de la semaine suivante où il apparut à nouveau aux onze. Il semble donc que presque toutes les apparitions de notre Seigneur aux frères aient ou lieu le premier jour de la semaine. Et il n’est pas surprenant que, sans le moindre commandement du Seigneur ou des apôtres, l’Eglise primitive se soit prise de l’habitude de se réunir le premier jour de la semaine pour se rappeler la joie ressentie à la nouvelle de la résurrection de Christ et pour se souvenir aussi que leur cœur brûlait au-dedans d’eux, ce même jour tandis qu’il leur expliquait les Ecritures.

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Les premiers chrétiens continuèrent même à pratiquer la fraction du pain toujours le même jour. Ce n’était pas le souper de Pâque, la Cène, mais un rappel du moment d’Emmaüs où il rompit le pain tandis que leurs yeux s’ouvraient et qu’ils le reconnaissaient; un rappel du moment où dans la chambre haute, il rompit également le pain devant ses disciples pour les convaincre qu’il était vraiment leur Seigneur ressuscité bien que changé (Luc 24 : 30,35,41 à 43 ). Ce fractionnement du pain lisons-nous, se faisait avec bonheur et dans la joie, non pour se souvenir de sa mort, mais de sa résurrection. Le pain rompu dans les circonstances ne représentait pas son corps brisé ou son sang répandu, mais la vérité vivifiante qu’il leur distribua grâce à laquelle leurs cœurs furent nourris des grandes espérances de l’avenir garanties par sa résurrection d’entre les morts. (On ne parle jamais de la “coupe ” lorsqu’il est question de la “ fraction du pain ”). Ces rassemblements le premier jour de la semaine étaient des occasions de se réjouir à la pensée qu’un nouvel ordre de choses avait commencé avec la résurrection de Jésus.

Tandis que l’Eglise se libérait graduellement de son étroite liaison avec le Judaïsme, surtout après la ruine de Jérusalem et la rupture générale du système juif l’influence du sabbat du septième jour s’évanouit. L’Eglise s’attacha plus ou moins au premier jour de la semaine, au repos spirituel de la Nouvelle Création qui avait commencé avec la résurrection de notre Seigneur dans la gloire, l’honneur et l’immortalité.

Quant au monde païen en général, Dieu ne lui avait donné aucune loi ni règlement. Il ne restait aux hommes que ce qui subsistait de la loi originelle écrite dans leur nature et encore terriblement altérée, presque effacée

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par le péché et la mort. Un seul mot y a été ajouté .Repentez-vous!, parce qu’une nouvelle occasion de vie est offerte — qu’on peut y accéder maintenant et plus tard pendant le Millénium — et que toute action ou toute pensée où la volonté est engagée aura sa répercussion sur l’issue finale du cas de chacun. A ceux qui sont étrangers à Christ il n’est adressé qu’un seul “ Repentez-vous ”. Car ce n’est qu’à celui qui se repent que Dieu parle selon qu’il a des oreilles pour entendre et un cœur pour obéir à sa volonté.

Pour ce qui est des millions de chrétiens de nom, ils ont manqué, non seulement de discerner le caractère réel de la grâce de Dieu et l’appel de la Nouvelle Création, mais encore de comprendre la loi à laquelle obéit cette Nouvelle Création. Ils ont en outre mal interprété ses libertés, ses symboles, etc... Les Eglises ont élaboré et enseignent au monde des notions fausses sur le baptême, la Cène, etc... aussi bien qu’à propos du sabbat, de la Loi de Dieu et de son Alliance avec la Nouvelle Création. De toute évidence il n’a jamais été dans les intentions du Seigneur que la “ Chrétienté ” de nom comprenne ou apprécie la vérité sur ces sujets pour le moment. Comme l’apôtre le signale “ce sont des choses que l’œil n’a pas vues, que l’oreille n’a point entendues et qui ne sont pas montées au cœur de l’homme (naturel), des choses que Dieu a en réserve pour ceux qui l’aiment ”. On n’a pas davantage saisi la pensée et le dessein divins à l’endroit du “ petit troupeau ”. “ Mais Dieu nous les (ces choses) a révélées par son Esprit, car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu (ce qu’il veut à notre égard pour le présent et pour l’avenir) ” Faute de comprendre l’esprit du Haut Appel, la Loi parfaite de la Liberté qui s’applique aux élus ; incapables même de les goûter puisque n’ayant pas l’esprit du Seigneur, il n’est pas surprenant que des formalismes et des cérémonies, des jeûnes, des pénitences des renoncements d’une sorte ou d’une autre, des jours saints et de sabbat soient devenus autant de menottes et de chaînes sur le monde de la Chrétienté. Et il n’est pas surprenant non plus que bon nombre

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d’enfants de Dieu, “ d’élus ” du “ petit troupeau ”, aient été pris par ces contraintes et se soient sentis dépouillés dans la mesure correspondante de la véritable liberté des fils de Dieu.

Ce n’est pas que nous tirions argument contre le premier jour de la semaine. Tout au contraire, nous nous félicitons de ce que, grâce ô la divine providence, ce jour soit observé si généralement dans tout le monde civilisé. Par ce fait même les quelques consacrés, du Seigneur jouissent de privilèges et d’avantages ; dont ils ne disposeraient pas si cette coutume était moins répandue. La Nouvelle Création, partout, se réjouit sans doute beaucoup de pouvoir mettre à part un jour sur sept pour se rassembler et goûter la communion fraternelle, etc... Et ce serait un préjudice certain pour les enfants de Dieu si cet usage venait à disparaître. Pour cette seule raison, si pas pour une autre, il importe que ceux qui appartiennent au Seigneur, non seulement profitent de ce jour, sobrement, dans l’exercice et la détente spirituels, mais soient encore favorables au maintien de cette habitude populaire générale.

Tout comme certains se sont trompés en pensant que le septième jour de l’Alliance Juive concernait tous les hommes comme une espèce d’obligation, d’autres se sont fait les mêmes illusions à propos du premier jour, s’imaginant que, par ordre divin, celui-ci était revêtu de cette sorte de solennité qui marquait le septième jour au sein de la communauté juive soumise à l’Alliance de la Loi comme “ maison de serviteurs ”, “ sous la Loi ” et non sous la grâce. A la vérité, il se trouve bon. nombre de personnes pas trop religieuses par elles-mêmes qui font grand cas de telles pratiques, et trouveraient à redire à de vrais enfants de Dieu qui négligeraient leurs exercices pieux le premier jour de la semaine ou se livreraient ce jour-là à quelque travail ordinaire. Pour toutes ces raisons nous pensons qu’il serait regrettable que ceux qui comprennent le mieux la liberté par laquelle Christ

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affranchit, fassent mauvais usage de cette liberté et qu’ils fassent trébucher d’autres pour ce motif. Mieux vaut s’en servir pour Dieu, pour les autres, pour l’occasion qu’elle fournit de croître en grâce, en connaissance et dans toutes les vertus de l’Esprit. Nous pensons que dans toutes les limites raisonnables, il est bon que les enfants de Dieu et, dans leur rayon d’influence, leurs familles — non seulement les jeunes enfants mais aussi les adultes — observent normalement le dimanche. Tous devraient comprendre qu’il est utile qu’un tel jour soit réservé, non seulement aux exercices religieux, mais encore qu’il est nécessaire d’avoir un jour pour se reposer du travail manuel. Ceci n’est pas seulement vrai pour l’Eglise mais pour tout le monde.

Bien que tout à fait libre à l’égard de la Loi juive, on peut se rendre compte que puisque cette idée de repos hebdomadaire est venue de l’Eternel, il doit y avoir, outre le sens typique dans le cadre des ordonnances d’Israël, un côté éminemment pratique. Ainsi par exemple, une signification typique s’attache à la désignation de certaines viandes animales classées comme pures et bonnes pour la consommation tandis que d’autres sont impures et impropres à la nourriture. Et, bien que nous ne sachions pas exactement pourquoi telle nourriture est réputée malsaine et contraire à la santé, nous avons toute raison de croire que tel est le cas par exemple de la viande de porc, de lapin, d’anguilles, etc... Certes, nous ne violons aucune loi en en mangeant puisque nous ne sommes pas Juifs. Malgré tout il est prudent d’observer une certaine réserve sous ce rapport et de voir jusqu’à quel point elles peuvent ne pas nous convenir. Car les lois de la santé s’imposent à nous pour autant que nous soyons capables de les discerner.

Dans le même ordre d’idées, le repos, un jour sur sept, préconisé dans la législation d’Israël, ne comportait pas seulement une leçon figurative mais était en outre une sage mesure dans les conditions humaines actuelles.

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On admet généralement — en dehors de toute considération religieuse — qu’un repos tous les sept jours est avantageux non seulement pour l’espèce humaine mais aussi pour les bêtes de somme. On prétend même que la nécessité de suspendre parfois un travail continu s’applique également au matériel: les trains de chemins de fer par exemple. Nous empruntons ce qui suit à la revue “ THE LONDON EXPRESS ”:

“Il peut paraître étrange d’entendre certaines personnes parler d’un “ essieu fatigué ”, d’un “ rail fatigué ”. On a cette manière d’expression dans les chemins de fer et les ateliers de mécanique. Avez-vous jamais songé qu’un métal inerte puisse devenir fatigué! Pourtant les experts en mécanique vous diront que le travail fatigue le métal et que celui-ci a besoin de repos tout comme vous. Pourquoi l’essieu s’est-il rompu? demande le chef du matériel. “ Fatigue du métal ” répond le vérificateur. La réponse est fréquente et se justifie souvent. Il arrive qu’un axe se rompt, qu’une roue cède sous un choc moindre que les chocs habituels tandis que l’examen le plus minutieux ne révèle aucune faille ou malfaçon. Et ceci conduit les mécaniciens à rendre responsable la fatigue du métal . Les tendons de l’acier peuvent se fatiguer tout comme des muscles de chair et le métal qu’on ne laisse jamais reposer cessera son travail et pourra devenir la cause d’un grand danger. C’est du moins ce que les mécaniciens prétendent. Ils affirment on outre que, sans repos, la cohésion des molécules métalliques entre elles va en diminuant jusqu’au point de rupture. Alors survient l’accident”.

En France, après la Révolution et la période d’incroyance qui s’en est suivi, on en vint à supprimer le sabbat biblique — un jour sur sept — pour le remplacer par un jour de repos sur dix. Mais cette nouveauté n’eut pas de lendemain. Et bien que les Français eussent voulu tout ramener au système décimal, ils se rendirent bientôt

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compte que la Nature avait ses lois et marquait le nombre sept de quelque mystérieuse façon. On sait par exemple que l’évolution d’une fièvre est marquée par le septième, les quatorzième, le vingt et unième, le vingt-huitième jour et que si aucune issue favorable ne se signale avant le trente-cinquième jour, la mort intervient bientôt après. Cela non plus on n’a pas pu le modifier, ni faire en sorte que les fièvres se rangent au système décimal.

Ainsi donc, loin de plaider contre le dimanche chrétien, nous y trouvons un avantage pour l’homme de la rue comme aussi un avantage spirituel pour la Nouvelle Création. Nous sommes d’avis de ne rien faire pour que soit abandonné ce grand bienfait qui nous vient indirectement de la Loi juive. A la vérité, nous serions heureux si tous pouvaient comprendre que ce jour soit un jour d’adoration volontaire dédié à l’Eternel. Mais puisque la majorité des hommes ne l’entend pas ainsi, nous ne pouvons qu’admettre que cet erreur sans conséquence sur le sujet travaille à leur avantage.

La Nouvelle Création n’a pas besoin d’avis spécial quant à l’utilisation de ce jour. Les nouvelles créatures ont donné toutes leurs vies au Seigneur et à son service. Ne marchant pas selon la chair mais selon l’esprit, elles chercheront surtout à profiter de cette occasion favorable de glorifier Dieu dans leurs corps et leurs esprits qui lui appartiennent. La louange, l’action de grâce, la méditation, l’exhortation seront à l’ordre du jour. Nous n’insistons pas pour que le jour du Seigneur ou dimanche soit réservé au culte religieux à l’exclusion de tout autre chose. Dieu n’a rien commandé de ce genre et personne n’a un droit quelconque de le faire. Mais là où est notre cœur, là où vont nos sympathies et notre amour, nous prendrons plaisir à nous rendre. Et nous sommes persuadés que chaque membre de la Nouvelle Création trouvera sa grande joie et son immense plaisir dans la communion avec le Seigneur et les frères, oubliant très rarement de se réunir avec eux, ce à quoi les Ecritures nous exhortent sans rien nous commander. — Hébreux 10 : 25 .

[437] LA NOUVELLE CREATION

Ce que nous faisons volontairement pour le Seigneur sans y étire commandé est la marque évidente de notre amour et de notre fidélité envers lui. Et sans doute accepte-t-il cela en conséquence. Bon nombre de membres de la Nouvelle Création ont des enfants ou des proches confiés à leurs soins. Il est bon de leur montrer les avantages de ce jour de repos ainsi que les loisirs raisonnables dont ils peuvent tirer parti. On ne trouvera rien dans la Parole de Dieu qui puisse justifier cette espèce d’esclavage tyrannique qui s’est implanté dans certains foyers chrétiens, sous le nom de sabbat puritain, ou le moindre sourire est considéré comme un péché, ou le fait d’embrasser son enfant est un crime, ou une simple promenade et un calme repos sous les arbres dans la contemplation de la nature est une profanation, comme si le fait d’admirer la Nature n’est pas un hommage au Dieu de la Nature. Tout en se tenant à l’écart d’une conception aussi fausse, il est bon de ne pas aller à l’extrême opposé comme font la plupart : plaisanteries lourdes et gros rires, jeux, musique profane et autres travaux qui peuvent être exécutés un autre jour. Les enfants de la Nouvelle Création devraient montrer en tout et partout cet esprit de sobre bon sens que Dieu a promis à leurs parents par le Saint Esprit et la Parole de Vérité. Observer d’une manière rationnelle, dans la dignité, le premier jour de la semaine comme un jour de repos, d’élévation intellectuelle et morale dans l’amitié au sein de la famille et parmi les membres de la famille de Dieu — la Nouvelle Création — ne peut que résulter en bien.

On peut encore considérer l’observation du dimanche sous l’angle des lois élaborées par les autorités de ce monde. Dans de nombreux pays le repos hebdomadaire du dimanche fait l’objet d’une loi. Les enfants de Dieu doivent obéir aux lois, pas moins mais plutôt plus que d’autres dans tout ce qui n’entre pas on conflit avec

[438] LA NOUVELLE CREATION

leurs consciences. Si donc les pouvoirs civils venaient à ordonner deux ou trois jours de repos par semaine, la Nouvelle Création. se devrait de les observer en considérant qu’une pareille faveur concourt à son développement spirituel. Mais comme ce serait en fait une disposition d’origine strictement humaine, il n’y aurait pas lieu de s’y trouver obligé au delà de la limite où l’opinion générale considère la loi comme satisfaite.

LE SABBAT TYPIQUE D’ISRAEL

Nous avons déjà remarqué que l’obligation du sabbat de la Loi juive donnée au Sinaï n’a été imposée à aucune autre nation qu’Israël et n’a eu force de loi sur aucun autre peuple que les Juifs. On l’observa pour la première fois, d’après les Ecritures, après que le premier trait de la Loi juive la pâque eût été instituée. Lorsque les Israélites furent sortis d’Egypte et eurent atteint le désert, ils eurent à observer un jour de repos en corrélation avec le ramassage de la manne avant, de parvenir à la montagne du Sinaï où le Décalogue fut promulgué. Rien n’avait été dit ni à Adam, ni à Enoc, ni à Noé, ni à Abraham, Isaac ou Jacob au sujet d’un sabbat, soit directement soit indirectement. La seule mention qui soit faite d’un “ sabbat ” est à propos de la création lorsqu’il est dit, que Dieu se reposa le septième jour. Et nous avons vu que ce jour n’était pas un jour de 24 heures mais de sept mille ans.

En donnant cet ordre d’un jour de repos tous les sept Jours à Israël, l’Eternel établissait une relation entre ce laps de temps de 24 heures et son repos à lui sur un plan plus élevé. Et ceci nous mène à la déduction qu’outre le bienfait retiré par le peuple d’Israël d’une journée de repos, il devait comporter en supplément un sens typique, pour la Nouvelle Création comme d’ailleurs il en existe de nombreux par rapport à ce peuple et à sa Loi.

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Le septième jour, le septième mois la septième année étaient des moments exceptionnels sous la Loi. Le septième jour on cessait le travail pour un repos du corps; Le septième mois était celui de la propitiation pour le péché où l’en était libéré — ou repos par rapport au péché ; la septième année était celle de la libération de l’esclavage et de la servitude. Plus encore, ainsi que nous l’avons déjà vu (1), la septième année se multipliant par elle-même (7 X 7 = 49) conduisait à la cinquantième ou année du Jubilé au cours de laquelle prenaient fin toute espèce de créance ou d’hypothèque, tout gage ou nantissement, où l’effet de tout jugement rendu à propos de personnes ou de propriété soit suspendu, et où chaque famille retrouvait sa condition première, libérée des charges qui lui avaient été imposées en raison de ses erreurs et de s’es méfaits passés, etc... Déjà nous avons considéré que la réalité exprimée par le type de l’année jubilaire d’Israël, était le Royaume Millénial et son grand temps de rétablissement de Toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes, réalité infiniment plus vaste que l’était le type et qui intéresse l’humanité tout entière.

Remarquons maintenant le septième jour typique. Tout comme la septième année, il conduit (7 X 7 = 49) à un cinquantième jour exprimant la même idée que le septième mais en l’amplifiant.

Quelle bénédiction intéressant l’Israël spirituel, la Nouvelle Création, représentait ce septième jour de repos ou sabbat pour l’Israël naturel? L’apôtre répond à cette question (Hébreux 4 : 1 à 11 ) lorsqu’il écrit : “ Craignons donc tandis que la promesse d’entrer dans son repos (sabbat) subsiste encore, qu’aucun de vous ne vienne à en perdre le bénéfice... Pour nous qui avons cru. nous entrons dans le repos (de sabbat) ... Or, puisqu’il est encore réservé à quelques-uns d’y entrer et que ceux à qui


1) Volume II. chapitre 6.

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d’abord la Bonne Nouvelle a été annoncée n’y sont pas entrés à cause de leur incroyance, il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu, car celui qui entre dans le repos de Dieu, se repose de ses œuvres comme Dieu s’est reposé des siennes. Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance ”. Ici l’apôtre nous enseigne deux leçons.

1) Que notre privilège est d’entrer dans le repos dès maintenant, puisqu’en réalité, tous ceux qui ont accepté le Seigneur dans leur cœur, se reposent et se confient en lui, jouissent, dans le présent, du sabbat ou repos antitypique, le repos de la foi.

2) Pour conserver ce repos actuel et le prolonger jusque dans le sabbat éternel, “ Le repos pour le peuple de Dieu ”, le Royaume céleste, il est indispensable de demeurer dans la faveur de l’Eternel en demeurant dans la foi et l’obéissance à son égard.

Il n’est pas nécessaire de préciser aux membres de la Nouvelle Création comment et quand ils sont entrés dans le repos de la foi, comment et quand la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence a commencé à régner dans leurs cœurs et quand la pleine confiance en lui a commencé à dissiper leurs craintes et leurs soucis. C’est au moment où nous avons tout à fait accepté et reconnu notre Seigneur Jésus comme Souverain Sacrificateur ayant accompli le sacrifice grâce auquel nos transgressions sont couvertes par le mérite imputé du Rédempteur et Messie. Ce soulagement s’est intensifié quand nous avons reconnu en lui le chef de la Nouvelle Création, l’héritier de la promesse faite à Abraham, nous-mêmes étant appelés par Dieu à lui être associés dans ce Royaume de bénédictions. Le repos parfait, la jouissance du sabbat, est venu lorsque nous avons remis notre tout au Seigneur dans l’acceptation joyeuse de au direction promise dans le “ chemin étroit ” qui conduit au Royaume. Là, nous nous sommes reposés de nos œuvres, de tout effort, de toute tentative à nous justifier nous-mêmes, en nous reconnaissant imparfaits, indignes de la clémence divine et incapables de nous en montrer

[441] LA NOUVELLE CREATION

dignes par nous-mêmes. Là, nous avons accepté avec reconnaissance la miséricorde divine répandue sur nous par la rédemption qui est en Jésus-Christ notre Seigneur, nous avons attendu la grâce promise “ au temps du besoin ” et sommes devenus des disciples du Maître, marchant sur ses traces, “ jusqu’à la mort ” même.

L’apôtre précise que nous sommes entrés dans le repos comme Dieu s’est reposé de ses œuvres. Dieu se reposa de son œuvre créatrice lorsqu’il l’eût achevée en faisant l’homme à son image. Depuis il a toléré que le péché et la mort défigurassent sa création. Il n’a pas encore levé le bras de sa puissance pour empêcher les choses d’aller plus avant, ni lier ni restreindre l’activité de Satan, le maître trompeur. Dieu se repose. Il attend. Il laisse au Messie le soin d’accomplir. Nous entrons par la foi dans le repos de Dieu dès l’instant où nous reconnaissons en Christ, l’Oint de Dieu qui a reçu la puissance de mener à bien l’œuvre tout entière, celle qui nous concerne (la Nouvelle Création, les membres de son Corps) et aussi l’œuvre de bénédiction et de relèvement du monde des hommes — pour quiconque acceptera la miséricorde divine à travers lui.

Nous s’avons bien à quel moment a commencé notre repos en tant qu’individus membres de la Nouvelle Création. Il est bon aussi de jeter un regard en arrière et de remarquer l’instant où a commencé ce repos par rapport à la Nouvelle Création prise dans son ensemble. Les apôtres ont goûté en partie le repos et la sécurité pendant que le Seigneur était avec eux dans la chair. Mais ce n‘était pas le vrai repos. Il se réjouissaient parce que l’époux était au milieu d’eux. Ils trouvaient leur joie en lui bien qu’ils ne comprissent pas toute l’étendue de son amour et de son œuvre. Lorsque le Maître mourut, leur repos, leur joie, leur paix s’envolèrent. D’après leurs propres termes la cause de leur désappointement était celle-ci “ Nous avions cru que ce serait lui qui délivrerait (rachèterait) Israël ”. Ils étaient déçus. Lorsqu’il fut

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ressuscité, qu’il leur fut apparu pour leur prouver la réalité de sa résurrection, leurs doutes et leurs craintes commencèrent à faire place à l’espérance. Cependant leur joie et leur paix ne leur revinrent pas en entier. Ils étaient perplexes. Mais ils écoutèrent et obéirent à son ordre de demeurer à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de la puissance.

Ils attendirent! Et combien de temps? Nous répondons sept fois sept jours — quarante neuf jours — et le jour suivant, le cinquantième, le jour de sabbat et de Jubilé, Dieu accomplit à leur égard ce qu’il avait promis on accordant à ceux qui avaient accepté Jésus d’entrer dans son repos — le plus grand sabbat de la Nouvelle Création. Ils entrèrent dans son repos en recevant la bénédiction de Pentecôte qui parlait de “ paix par Jésus-Christ ”. Celle-ci leur fit connaître que, bien que Jésus soit mort pour les pécheurs, bien que monté dans les lieux célestes et invisible à leurs yeux, il était cependant approuvé par Jéhovah, que son sacrifice pour le péché avait été accueilli et qu’ils pouvaient se reposer dans le mérite de l’œuvre qu’il avait accompli, se reposer dans l’assurance que toutes les promesses divines seraient oui et amen en lui et par lui, dans l’assurance du pardon des péchés et de leur agreement par le Père. Cette bénédiction de la Pentecôte leur donna en outre la certitude que toutes les grandes et précieuses promesses dont Jésus est le centre seraient réalisées; qu’ils y auraient une part glorieuse lorsque le grâce aurait affiné leurs cœurs, s’ils faisaient la preuve de leur fidélité aux termes de leur contrat en “ affermissant leur vocation et leur élection ”, on demeurant en Christ, dans la soumission à la volonté divine.

Dès lors, tous les membres de la Nouvelle Création qui ont reçu l’esprit saint, sont entrés dans le repos réel, antitypique. Au lieu d’observer un septième jour de repos physique, ils goûtent un perpétuel repos du cœur, de la pensée, de la foi au Fils de Dieu. Et pourtant ce repos

[443] LE REPOS OU SABBAT

de la foi n’est pas une fin, n’est pas l’ultime antitype. Le grand “ repos qui reste pour le peuple de Dieu ” ne viendra qu’à la fin pour tous ceux qui achèveront leur course dans la joie. Entre temps le repos de la foi doit continuer et demeurer l’ardente expectative, l’assurance du repos de l’au-delà. Pour le conserver, l’obéissance en pensée, en parole et en action dans la mesure de nos possibilités ainsi que la confiance dans la grâce d’En-haut sont indispensables. C’est ainsi que nous pourrons être forts dans le Seigneur et dans la puissance de sa force pour suivre ses traces. Notre sécurité confiante repose sur le fait qu’il peut et qu’il souhaite de nous voir sortir plus que vainqueurs pour nous donner une part dans le grand œuvre du Jubilé antitypique.

[444] LA NOUVELLE CREATION

L’ETERNEL MON BERGER

L’Eternel mon Berger m’abrite des orages,
Je ne manque jamais de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Près des calmes eaux mon soutien.

Il restaure mon âme au bord du précipice,
Et si je m’écarte oublieux,
Il me mène aux sentiers meilleurs de la justice
Pour garder son non glorieux.

Dans mon pèlerinage en la sombre vallée,
Nul mal ne me met en émoi,
Sa houlette m’est tendre et son bâton supplée
A tout quand il est près de moi.

Il dresse devant moi la table qu’il m’accorde
En face de mes ennemis.
Il oint d’huile ma tête et ma coupe déborde,
A lui je veux être soumis.

Le bonheur et la grâce escorteront ma marche
A travers mes terrestres jours.
Aimé de l’Eternel, j’habiterai son arche,
Dans la paix, la gloire toujours.

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[446] LA NOUVELLE CREATION

LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

ETUDE lX

LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

Jéhovah, le grand Juge de l’Univers Tout bienfait, toute faveur, etc... proviennent de Jéhovah par le Fils La Nouvelle Création associée et co-héritière avec Christ Tout pouvoir m’est donné dans le ciel et sur la terre ” Le jugement du Père condamnant l’humanité est déjà exprimé Le jugement pendant le Millénium, jugement de miséricorde et d’assistance. Le jugement final exécutoire, un jugement de justice sans miséricorde - Le jugement de la Nouvelle Création pendant l’Age de l’Evangile La Nouvelle Création jugée par la par faite Loi d’amour Surveillance du Chef glorieux sur son Corps “Vous serez jugés de la manière dont vous aurez jugé les autres” Nous devrions nous juger nous-mêmes convenablement — “ Celui qui me juge, c’est le Seigneur” L’Eglise doit juger de certaines questions “Si ton frère commet une faute contre toi ”, pardonne soixante dix fois sept fois Offenses contre l’Eglise Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Christ.

Le monde humain., nous l’avons vu (1), a été jugé indigne de la vie éternelle par le Juge suprême, Jéhovah, lorsque Adam, son ancêtre, succomba sous l’épreuve. “ Par un homme le péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort (pénalité ou sentence contre le péché) et ainsi la mort a passé sur tous les hommes parce que tous ont péché ” (Romains 5 : 12 ). L’échec d’Adam, la sentence de mort qui intervint alors, passa sur tous ses enfants. Sa chute, sa faute, son péché, s’est étendu d’une manière naturelle et avec une force accrue à sa descendance. Cette condamnation, juste de toutes manières, devenait, partant, irrévocable. Le grand Juge de l’Univers, après avoir reconnu que l’homme était indigne de la vie éternelle, ne pouvait pas désavouer son propre verdict, déclarer le mal, bien et ce qui était indigne, digne de la vie éternelle. D’antre part, nous avons vu qu’il eut compassion de nous et que, dans un bienveillant dessein formé avant la fondation du monde, il envisagea et prit des dispositions en vue de la rédemption de toute la race (2), pour lui accorder une nouvelle épreuve, un nouveau jugement, en prévoyant aussi que son Fils bien aimé, dont l’œuvre de rachat rendrait la réconciliation possible, deviendrait le Médiateur de cet arrangement nouveau pour la bénédiction et le relèvement de l’humanité. Et nous avons vu aussi que la période consacrée au jugement et au relèvement de ceux qui obéiront, c’est l’Age Millénial, le Jour de Jugement du monde, son jour d’épreuve, au cours duquel chacun aura l’occasion non seulement de parvenir à la connaissance de l’Eternel, de rentrer en accord avec lui, mais encore de démontrer par son loyalisme et son obéissance, sa dignité de vivre éternellement. A cet effet, l’apôtre écrit: “ Dieu a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice par l’homme qu’il a désigné (1) ” Actes. 17 : 31 .


(1)Volume 1, chapitre 7.


(2) Volume V

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On ne peut mettre en doute que Jéhovah Lui-même soit le Juge suprême et que sa Loi soit la norme souveraine qui serve de base à toute décision pour ce qui est d’accorder ou de refuser la vie éternelle. L’apôtre parle en effet “ du Juge qui est le Dieu de tous ” et qui se retrouve conjointement avec Jésus le médiateur dans la même phrase (Hébreux 12 : 23,24 ). Il dit encore : “ Le Seigneur jugera son peuple” et “ A moi la vengeance, à moi la rétribution dit l’Eternel ” (Romains 12 : 19 ; Hébreux 10 : 30). L’Eternel dont il est parlé dans ces citations tirées de l’Ancien Testament (Psaume 50 : 4 ; Deutéronome 32 : 35,36 ) est Jéhovah. Derechef l’apôtre précise encore : “ Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes (du monde) ” (Romains 2 : 16 ; 3 : 6). Dès les toutes premières origines Jéhovah a été le Législateur et le Juge. Il conservera toujours cette position par rapport à toutes ses créatures. Il n’abandonnera pas cet honneur à un autre (Esaïe 42 : 8). Il affirme par les Ecritures qu’il est le Berger de son peuple. “ L’Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien ” (Psaume 23 : 1 ). Il se désigne comme le Rédempteur de son peuple: “ Et toute chair saura que je suis l’Eternel, ton sauveur, ton rédempteur ” (Esaïe 49 : 26 ). Au sens le plus élevé du terme Jéhovah, l’Eternel en personne, occupe le centre de tout le plan de salut et de tous ses détails. Toute autre façon de voir la question est incomplète.

Cependant, tout comme il a plu an Père de créer toutes choses par le Fils (Jean 1 : 1) — il lui plaît également d’exalter en toutes choses notre Seigneur Jésus comme son instrument particulièrement honoré. De ce point de vue on peut dire que tout bienfait toute autorité, toute grâce ou faveur procède du Père par le Fils et que,

[448] LA NOUVELLE CREATION

de ce fait, la Nouvelle Création, unie au Fils; devient avec lui ministre et co-héritière de la grâce de Dieu.

C’est dans un sens aussi complet que le Père céleste “ se repose de ses œuvres” et emploie le Fils en sorte que notre cher Rédempteur a pu dire: “ Le Père ne juge personne mais il a remis tout jugement au Fils ”(Jean 5 : 22 ). Le Maître prononça ces paroles avant d’avoir achevé au Calvaire l’œuvre que le Père lui avait donnée à faire, mais il parlait comme si cette œuvre était déjà terminée. Ainsi que nous l’avons déjà examiné sa propre épreuve qui devait établir sa dignité à accomplir le travail que le Père avait assigné, dépendait de sa fidélité jusqu’à la mort. Il démontra donc qu’il était digne de devenir un souverain sacrificateur fidèle et miséricordieux. Il scella de son sang une alliance nouvelle en faveur de l’humanité. Il ouvrit le nouveau chemin qui conduit à la vie et reçut “ les clefs de la mort et du sépulcre” le droit de dire “ Sortez” aux captifs de la grande prison de la mort, le droit de bénir et de relever tous ceux qui entendront sa voix et y obéiront. Exactement, ce fut au moment de la résurrection de notre Seigneur que le Père remit tout jugement au Fils et c’est alors qu’il déclara : “ Tout pouvoir (autorité) m’a été donné dans le ciel et sur la terre ” (Matthieu 28 : 18 ). La première fois qu’il montra cette autorité fut au moment, où il chargea ses apôtres de mission, où il leur ordonna de commencer le travail de rassemblement des membres de la classe de l’Epouse, l’Eglise, l‘Ecclésia, ses co - membres de la Nouvelle Création.

Le jugement du Père sur l’humanité ayant déjà été formulé en une condamnation générale, tout nouveau jugement de sa part sous les lois de la stricte justice ne pouvait rien apporter de nouveau à la race réprouvée: “ tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Il n’y a pas de juste, pas même un seul”; or, la norme divine n’accepte rien de moins que l’absolue justice, la perfection. L’arrangement divin prévoyait donc que notre

[449] LE JUGEMENT

Seigneur Jésus serait le Médiateur, l’intermédiaire, celui qui ayant satisfait à la Justice représenterait la race déchue, celui à travers qui la justice du Père verrait l’homme et qui en serait le garant. Jésus occupera cette position de médiation entre Dieu et les hommes tant qu’il aura réalisé l’œuvre prévue, tant qu’il aura ramené dans la pleine harmonie avec l’Eternel toute créature qui, après avoir retrouvé la connaissance de son créateur et de ses lois équitables, aura décidé de vivre et d’agir en complet accord avec elles. Bien plus, ce “ tout jugement” comportera l’exécution de ses propres arrêts, car il ne récompensera pas seulement les obéissants mais il “ détruira tous ceux qui corrompent la terre ”. Il détruira les pécheurs volontaires, tous ceux qui n’écouteront pas sa voix, ses ordres, ses instructions, il fera disparaître tout péché, toute insubordination, y compris le dernier ennemi : la mort. — 1 Corinthiens 15 : 25-28 ; Apocalypse 11 : 18 ; 2 Thessaloniciens 2 : 8 ; Hébreux 2 : 14.

Le jugement se fera en partie au titre de Médiateur pendant le Millénium excusant les imperfections humaines, corrigeant et récompensant avec mesure et en partie au titre de vicaire ou représentant de l’Eternel, à la fin du Millénium lorsqu’il attribuera la vie éternelle à ceux qui en seront dignes et frappera les indignes de destruction. Ce dernier jugement exécutoire s’opérera dans la ligne de la stricte justice, sans miséricorde, les circonstances atténuantes et l’indulgence ayant joué au cours de son règne Millénial en faveur de tout être humain. Le Corps de Christ, l’Eglise, lui sera associée dans tout acte de bénédiction, de jugement, de conduite, de correction, etc... au cours de cet Age Millénial de commisération et d’assistance comme aussi peut être dans le prononcé et l’application des approbations et des châtiments.

Avant de procéder à l’examen particulier du jugement ou épreuve de la Nouvelle Création pendant l’Age de l’Evangile, avant l’Age Millénial, il importe de se bien

[450] LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

pénétrer de la pensée que toutes ces procédures ou jugements, etc.. procèdent du Père quoique exercés par le Fils et par l’Eglise. Dans le même ordre d’idées et à propos de la résurrection des morts, il est dit que Dieu a ressuscité des morts et par sa puissance notre Seigneur Jésus et qu’il nous ressuscitera de même, déclarations qui ne s’opposent pas à celles du Maître lorsqu’il déclare “ Je le ressusciterai au dernier jour ”, “ Je reviendrai et vous prendrai avec moi, “ Je suis la résurrection et la vie”. 1 Corinthiens 6 : 14 ; Jean 6 : 39 ; 14 : 3 ; 1l : 25.

Le jugement ou épreuve de la Nouvelle Création doit avoir lieu pendant cet Age de l’Evangile, avant que le Millénium ne soit complètement amorcé car c’est la Nouvelle Création, Tête et Corps, qui doit effectuer le travail, réaliser l’œuvre de l’Age Millénial. D’accord avec ceci le Seigneur affirme que nous ne viendrons pas “ en jugement (krisis, épreuve) avec le monde (nous n’aurons pas de part dans le jour Millénial de jugement ou épreuve pour le monde) mais nous sommes (déjà) passés de la mort à la vie (en avance sur le monde) ”, justifiés par la foi et l’obéissance comme membres de son Corps (Jean 5 : 24 ). Ainsi donc le temps actuel, la vie présente est, pour chaque consacré, son jour de jugement, son jour d’épreuve pour déterminer si oui ou non il sera estimé digne de la vie dans les conditions de son appel et de sa consécration. Les paroles de l’apôtre s’accordent avec ce qui précède lorsqu’il dit: “ le jugement (KRIMA, décision finale) va commencer par la maison de Dieu" (1 Pierre 4 : 17 ). Comme l’apôtre le suggère, cela donne à la Nouvelle Création une haute idée des exigences divines, des conditions pour obtenir la vie éternelle, quand on se rend compte que, même ceux qui ont oublié le péché pour mettre leurs cœurs à la recherche et à l’exécution de la volonté divine ont qu’en même besoin de passer par un temps d’épreuve pour être testés, et perfectionner en eux un caractère susceptible d’être approuvé par le Seigneur.

[451] LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

QUI EST LE JUGE DE LA NOUVELLE CREATION? ET D’APRES QUELLE LOI OU MODELE DE MESURE EST-ELLE JUGEE?

A cela nous répondons que nous sommes jugés par la parfaite Loi d’Amour de notre Père céleste. Nous avons été justifiés par lui “ c’est Dieu qui justifie ”. C’est à lui que nous avons formulé nos vœux de consécration et toute la Nouvelle Création, la Tête aussi bien que les membres, relève du Père, du “ Dieu qui est le juge de tous ”. Et ceci n’altère ni ne modifie en aucune façon ce que nous avons déjà considéré à propos de la manière de faire du Père à notre égard. S’il nous accueille et nous permet d’avoir accès au trône de la grâce céleste, c’est parce qu’il nous a rendus acceptables dans son Bien-aimé - grâce à notre Seigneur et Chef sous la robe de justice de qui nous pouvons nous approcher du Père ou obtenir sa faveur. Tout pouvoir, toute autorité passe par le Fils, l’agent ou représentant du Père. C’est pourquoi, bien, que dépendant directement du Père, c’est par notre avocat que nous obtenons audience auprès de lui, de la même manière que dans les tribunaux, un avoué représente son client. Pendant l’Age Millénial le monde n’aura pas directement affaire au Père par l’intermédiaire d’un Avocat, il aura au contraire directement affaire au Christ jusqu’à la f in, jusqu’au moment où ceux qui auront été ramenés à la perfection seront présentés au Père.

Les membres de la Nouvelle Création sont engendrés du Père. Ils sont ses enfants et non pas les enfants du Christ. C’est le Père qui châtie tout fils, qu’il agrée. C’est aussi au trône de grâce du Père que nous sommes invités à nous adresser par la prière: le chemin qui a été frayé pour nous par Jésus notre Rédempteur. Et cependant les termes dont s’est servi notre Rédempteur sont exacts au sens de plus absolu: “Nul ne vient au Père que par moi”. Les liens qui unissent le Seigneur Jésus à l’Eglise sont de la nature de ceux qui unissent une

[452] LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

Tête à son corps. La Tête prend connaissance, juge et décide pour le bien du corps. Elle le mène, prévient ses difficultés, lui apporte aide et soutient lui donne la force et entoure un membre en se servant fréquemment du concours d’autres membres du Corps qui deviennent par la même occasion ses ministres ou serviteurs. Mais puisque dans cette œuvre tout se fait au nom du Père, sous la direction du Père, on peut considérer que tout vient du Père et par le Fils. — 1 Corinthiens 8 : 6.

Il n’y a pas d’incompatibilité avec ce que nous lisons: “ Si vous invoquez comme Père celui qui juge sans acception de personnes, etc... ” ou encore “ Mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’il porte encore plus de fruit ”(1 Pierre 1 : 17 ; Jean 15 : 1,2). Mais que la médiation de notre chef soit un fait et que le travail d’éducation – émondage - s’opère en nous, par son intermédiaire, au titre d’agent du Père, est évident, d’après la déclaration du même apôtre : “C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ”. Car cela revient à dire que nous ne sommes pas directement entre les mains du Dieu vivant, ni directement soumis à la juridiction de sa loi inflexible. Nous sommes en Jésus-Christ, couverts par son mérite. C’est à travers lui, notre Chef, notre Maître, c’est sous l’égide de l’alliance Abrahamique activée par son sang, que nous sommes pris en considération.

LA SURVEILLANCE DU CHEF GLORIEUX SUR SON CORPS

Il serait impossible de douter de l’amour et du soin de notre Chef glorifié à l’endroit de son Eglise — de son “ Corps ”, de son “Epouse ” — même s’il n’avait fait aucune déclaration explicite à ce sujet. Mais c’est

[453] LE JUGEMENT DE LA NOUVELLE CREATION

dans son dernier message aux fidèles qu’il se présente tel celui qui s’assit comme un fondeur ou purificateur des lévites antitypiques et du Sacerdoce royal. Ecoutons ce qu’il dit aux sept églises d’Asie Mineure représentant les sept époques de l’histoire de l’unique Eglise

“ Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi... sinon JE viendrai à toi et j’ôterai ton chandelier ”. “Sois fidèle jusqu’à la mort et Je te donnerai la couronne de vie ”. “ J’ai quelque chose contre toi... repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt et je les combattrai avec l’épée de ma bouche ”. “ A celui qui vaincra Je lui donnerai à manger de la manne cachée · “ Ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel... Je lui ai donné du temps pour se repentir... je la jetterai... dans une grande tribulation... Je ferai mourir de mort ses enfants et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres... A celui qui vaincra et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations ”. “ Je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant Dieu... Celui qui vaincra... Je n’effacerai pas son nom du livre de vie”. “ Voici ce que dît celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, celui qui ferme et personne n’ouvrira ” . “ Je te donne de ceux de la, synagogue de Sa~an... Je les ferai venir se prosterner à tes pieds et connaître que je t’ai aimé. Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi , Je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier”. “ Celui qui vaincra, Je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu “~ “ Parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, Je te vomirai de ma bouche”. “ Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche... Je reprends et Je châtie tous ceux que j’aime ; aie donc du zèle et repens-toi ”. Apocalypse 2 et 3 .

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Rappelons aussi les paraboles du Seigneur sur les “ mines ” et les “talents” dans lesquelles il montre qu’à son retour il récompensera ses fidèles. A ceux qui par la persévérance à bien faire auront recherché la gloire, l’honneur et l’immortalité, il accordera la vie éternelle tandis qu’il réservera aux autres la colère au jour de la colère. Une autre parabole fait ressortir l’attribution des récompenses aux serviteurs selon leur degré de fidélité lorsqu’elle présente “ l’homme de haute naissance” revenant d’avoir été investi de l’autorité royale et châtiant ses ennemis. Et pourtant l’apôtre attribue au Père et le fait de récompenser et le fait de punir. L’explication en est donnée dans cette phrase du Maître: “ Moi et mon Père sommes un”, nous œuvrons à l’unisson pour tout.

“NE JUGEZ POINT AFIN QUE VOUS NE SOYEZ POINT JUGES. CAR ON VOUS JUGERA DU JUGEMENT DONT VOUS JUGEZ ”

Matthieu 7 : 1,2

Les juges compétents de l’Eglise sont le Père et le Fils, ce dernier agissant comme représentant du Père qui lui a remis tout jugement (Jean 5 : 22,27 ). Les Nouvelles Créatures n’ont pas compétence pour se juger les unes les autres pour deux raisons :

1) Peu d’entre elles comprennent à fond ni n’évaluent la divine Loi d’Amour qui commande tout.

2) D’évidence, il en est peu qui voient clair dans leur propre cœur. Beaucoup se jugent soit trop sévèrement ou avec trop d’indulgence et devraient, en toute modestie, se retirer lorsqu’il s’agit de juger du cœur d’un autre dont on ne peut qu’apprécier imparfaitement les mobiles. C’est en raison de notre inaptitude à juger que le Seigneur — tout en nous assurant que ce sera une de nos prérogatives dans le Royaume après que la Première résurrection nous y aura qualifiés — interdit tout jugement particulier parmi ses disciples et les menace même que s’ils persistent à se juger l’un l’autre ils

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ne doivent pas s’attendre à plus de clémence ou d’indulgence qu’ils n’en témoignent aux autres (Matthieu 7 : 2 ; Luc 6 : 38). La même pensée se retrouve dans cette simple prière : “ Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés”. Matthieu 6 : 12 .

Cette règle n’est pas une règle arbitraire qui pourrait vouloir dire que le Seigneur soit susceptible d’être injuste ou difficile à notre égard si nous sommes âpres vis-à-vis des autres. Au contraire, elle recèle un principe certain. Nous sommes par nature, des enfants de colère, des vases promis à la destruction. Et bien que le Seigneur se propose dans sa miséricorde de nous bénir et de nous relever de nos péchés, de nos faiblesses et de nous rendre parfaits par notre Rédempteur, il ne le fera que si nous acceptons sa Loi d’Amour et si nous y conformons notre cœur. Il n’a pas dessein d’admettre dans sa famille des non-régénérés, des “ enfants de colère ”. Si l’on veut trouver une place dans la maison du Père aux nombreuses demeures (plans d’existences) (Jean 14 : 2 ) il faut cesser d’être des enfants de colère pour devenir des enfants d’Amour être transformé de gloire ou gloire par l’Esprit de notre Seigneur, l’esprit d’Amour. Quiconque se refuse à développer cet esprit d’amour et le contrarie même en s’obstinant à juger sans aménité les autres disciples, donne la preuve qu’il ne croît pas en connaissance et en vertu, qu’il n’est pas changé de gloire ou gloire dans la ressemblance du cœur à ce Juif de son Maître, qu’il n’est pas un authentique disciple du Seigneur et ne doit pas espérer obtenir plus de miséricorde qu’il n’en montre lui-même dans son propre comportement. Son imitation du Maître (dans l’amour) se manifestera dans sa bonté et sa générosité ou pensées ou paroles et en actions à l’égard de ses semblables.

Ah! si tous les engendrés de l’esprit, les “nouvelles créatures” pouvaient se convaincre que cet esprit de jugement (de condamnation) hélas si répandu parmi le peuple de Dieu mesure le manque d’esprit d’amour — le

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manque d’esprit de Christ -— lequel, s’il était tout à fait absent, montrerait que “ nous ne lui appartenons pas ” (Romains 8 : 9 ). Plus vite on se rendra compte de ce fait, plus vite s’opérera (la transformation “ de gloire en gloire” si essentielle à notre acceptation définitive comme membres de la Nouvelle Création.

Peu d’enfants de Dieu réalisent à quel point ils jugent parfois les autres et cela avec une âpreté telle que si le Seigneur leur rendait la pareille ils ne parviendraient jamais au Royaume. On pourrait craindre que l’affirmation du Maître d’après laquelle nous serions jugés selon l’indulgence que nous montrerions aux autres, nous pousserait à trop de bienveillance et que le “ ne soupçonne pas le mal ” pourrait nous conduire à une clémence extrême. Que non! Tout en nous, dans notre nature déchue, mous entraîne dans un sens contraire. Voilà plus de dix-huit siècles que le Seigneur nous a fait cette proposition généreuse de nous juger avec la même complaisance que nous témoignerions aux autres et pourtant combien pourraient prétendre à beaucoup de mansuétude ? Il est bon que chacun de nous examine son penchant à juger autrui et qu’il le fasse dans la prière.

L’esprit charnel, non régénéré est égoïste et dans la proportion où il est pour soi et est contre les autres, porté à se trouver des excuses ou à se donner raison, porté par contre à désapprouver ou à condamner les autres. Et ceci fait tellement parti de nous-mêmes qu’elle en devient une habitude inconsciente comme lorsque nous sourcillons ou que nous respirons. Elle augmente avec l’instruction.. Celle-ci élève en effet l’esprit, lui fait entrevoir des idéals plus nobles et comme on mesure d’après ces derniers on trouve à redire à tout. On prend plaisir à rapporter les erreurs, les fautes d’autrui tout en ignorant les siennes propres sur le même plan ou sur d’autres. Parfois même on parle des autres pour se cacher soi-même où donner l’impression d’être supérieur. C’est de l’hypocrisie mais tel est le penchant naturel de notre nature

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déchue. Le nouvel entendement, engendré de l’Esprit d’en-haut le saint esprit d’amour, entre en conflit, dès les premiers moments, avec ce vieil esprit d’égoïsme, et cela sous la direction de la Parole du Seigneur, sous la nouvelle Loi d’Amour, la Règle d’or, à laquelle nous devons nous conformer toujours plus à mesure que nous nous développons en grâce et en connaissance. Pour commencer, toutes les nouvelles créatures ne sont que des “ enfants en Christ ”. Elles n’entrevoient la Loi nouvelle que vaguement... mais s’il n’y a pas progrès et si la Loi d’amour n’est pas comprise ou qu’on n’y atteigne pas, on ne remportera pas non plus le grand prix.

La Loi d’amour dit: C’est une honte que de découvrir au monde les faiblesses ou les fautes des frères ou des autres ; il est honteux que la pitié et la sympathie ne trouvent pas immédiatement un mot à dire pour les défendre tout au moins s’il est trop tard pour cacher complètement ! Notre noble et généreux Maître déclara en une certaine circonstance : “ Que celui qui est sans péché jette la première pierre ”. Une personne sans aucune faille personnelle pourrait à la rigueur assumer de se faire l’exécuteur de la Justice, de tirer vengeance des méchants, de les faire connaître, etc... Or, notre Maître, sans péché, avait tant d’amour dans le cœur qu’il était plus disposé à excuser et à pardonner qu’à punir et à réprimander. Il en ira sans doute de même avec tous les engendrés de son esprit. Tandis qu’ils tâchent de lui ressembler ils seront les derniers à demander vengeance, les derniers à châtier on paroles ou autrement tant que le Grand Juge ne l’aura pas ordonné. Or, au contraire, il nous instruit de ne “ juger de rien avant le temps ” et déclare : “ A moi la vengeance ”.

L’apôtre a admirablement défini l’esprit d’amour. Il dit en effet :. “ L’amour (la charité) est patient et plein de bonté ” pour celui qui a des torts. “ L’amour n’est point envieux” du succès des autres, ne cherche pas à leur enlever ni à diminuer la réputation qu’ils méritent .

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“ L’amour ne se vante point et ne s’enfle point d’orgueil” il ne rabaisse donc pas les autres pour essayer de briller davantage. Il “ ne fait rien de malhonnête ”, ce, qui veut dire qu’il ne connaît pas de désirs intempestifs et égoïstes et évite les méthodes extrêmes. L’amour “ne cherche point son intérêt ”, ne convoite pas l’honneur, la richesse, le bon renom d’autrui, il s’en réjouit au contraire et y ajouterait plutôt que de diminuer ces avantages. L’amour “ ne s’irrite point ” même s’il s’agit d’un juste châtiment : il se rappelle de la détresse où se trouve toute la race humaine du fait de la chute et lui témoigne plutôt de la sympathie que de la colère. L’amour “ ne soupçonne point le mal”: non seulement il n’inventera pas ni n’imaginera le mal mais il sera disposé à douter du bien fondé de toutes les “ médisances” auxquelles par principe il demeure étranger (comparer 1 Timothée 6 : 4 ). L’amour “ ne se réjouit point de l’injustice mais il se réjouit avec la Vérité (ce qui est droit) ”. Il prendra donc plaisir à faire connaître les nobles paroles, les actions généreuses ; par contre il évitera de rapporter les propos malveillants, les actions répréhensibles. L’amour “excuse tout ” , recouvre tout d’un manteau de sympathie, car rien ni personne n’est parfait ni ne peut soutenir une inspection rigoureuse. L’amour va au devant, recouvert d’un manteau de bienveillance toujours prêt à servir. L’amour “ croit tout ” et n’est pas disposé à chicaner sur les bons mobiles ou les bonnes intentions qu’il est toujours prêt à admettre. L’amour “ espère tout ” et se refuse à voir une dépravation totale et absolue tant qu’il subsiste un espoir de retour. L’amour “ supporte tout ”. Il est impossible de fixer une limite au-delà de laquelle il se refuserait au cœur vraiment repentant. “L’amour ne périt jamais”. D’autres vertus, d’autres dons peuvent disparaître après avoir rempli leur rôle; mais l’Amour est si essentiel, qu’une fois compris, il doit toujours demeurer en nous — éternellement. L’amour est plus grand que tout. — 1 Corinthiens 13 : 4 à 13 .

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Si le fait de rapporter ce qui est vrai dans une intention malveillante c’est manquer à la Loi d’Amour et à la Règle d’Or, que dire de la plus déplorable, de la plus coupable, de la plus criminelle habitude si courante non seulement parmi les hommes et les chrétiens de nom, mais aussi chez de véritables chrétiens, de répandre ce qui n’est pas toujours tout à fait vrai. Honte ! Honte ! s’il se trouve parmi les enfants de Dieu des éléments qui ignorent à ce point l’instruction du Maître de ne “ dire du mal de personne ”, des éléments qui ne soient pourtant pas des “ bébés novices ” dans la connaissance de la Loi d’amour et qui méconnaissent à ce point son message. Si l’on ne doit accepter d’entendre — avec les preuves les plus probantes à l’appui, sur la déposition de deux ou trois témoins, et encore avec réticence — une accusation contre un frère ou un voisin, combien moins de la colporter ou de calomnier sur un simple soupçon ou sur un ouï-dire

NOUS DEVRIONS NOUS JUGER

“ Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés (punis, châtiés par le Seigneur) ”. — 1 Corinthiens 11 : 31 .

La Règle d’Or devrait régler cette disposition ou “ commérage ” sur les autres et sur leurs affaires. Quel calomniateur aime à être calomnié ! Quelle commère aime qu’on connaisse de ses affaires, de ses difficultés, de ses faiblesses et qu’on en parle soit en petit comité ou à l’oreille? Le “ monde ” n’a guère autre chose à faire qu’à gloser sur le dernier scandale. Quant à la Nouvelle Création il lui vaut mieux de garder le silence jusqu’à ce que l’amour et le plan de Dieu lui apportent la réalisation du thème chanté autrefois par les anges: “ Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre, bonne volonté envers les hommes ”. Alors seulement les paroles de leurs bouches et la méditation de leurs cœurs seront agréables à l’Eternel et un bienfait pour ceux qui les approcheront.

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Parlant de la langue, l’apôtre fait remarquer que ce petit membre a une importance extrême. Elle peut prononcer des paroles aimables qui ne mourront jamais mais se perpétueront au contraire et seront en bénédiction aux vivants et, par eux, aux êtres qui leur succéderont et ne sont pas encore nés. Par contre, “ pleine d’un venin mortel ” elle peut répandre des idées empoisonnées qui empliront d’amertume la vie des uns, fleuriront ou briseront la vie des autres. L’apôtre dit : “ Par elle nous bénissons (honorons) le Seigneur notre Père et par elle nous maudissons (faisons mal) les hommes... De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère ? ”. — Jacques 3 : 8 à 11 .

Puisque “ c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ”, lorsque nous bavardons sur le compte des autres, que nous nous “ mêlons ” de leurs affaires, cela prouve qu’une bonne partie de nos cœurs, sinon la totalité, est vide en ce qui concerne l’amour et la grâce de Dieu. Cette seule pensée devrait nous conduire immédiatement au trône de la grâce et à la Parole pour y être rempli de l’esprit ainsi que le Seigneur l’a promis à ceux qui en ont faim et soif. Si plus que le simple papotage et l’oisif verbage, nous prenons plaisir à entendre et à dire du mal des autres, la condition du cœur est plus mauvaise encore. Il déborde d’amertume, d’envie, de malice, de haine, d’esprit de contestation, et, ajoute l’apôtre, tout cela “ sont des œuvres de la chair et du diable ” (Galates 5 : 19 à 21 ) Dieu veuille que nous puissions étonner et éveiller la “ Nouvelle Création ” là-dessus on disant que ni vous faites ces choses vous broncherez sûrement et qu’aucune entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ne vous sera accordée.

Devenir apte au Royaume nous conduit par contre dans une direction tout opposée. “ Ajoutez, dit l’apôtre Pierre, à votre foi la patience, la bonté fraternelle ,

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l’AMOUR; car si vous faites ces choses vous ne brancherez jamais et l’entrée dans le Royaume vous sera pleinement accordée ” (2 Pierre 1 : 5 à 11 ). L’apôtre Jacques est, lui aussi, très explicite sur ce sujet quand il déclare: “Si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et NE MENTEZ PAS CONTRE LA VERITE. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en-haut; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique ” (Jacques 3 : 14,15 ). Quiconque possède en lui cet esprit amer et de calomnie est animé d’un esprit tout contraire à l’Esprit de Christ, l’Esprit saint, l’Esprit d’amour. Que celui-là ne mente ni à lui-même ni aux autres, qu’il ne se glorifie pas dans sa honte et ne mette pas les ténèbres pour la lumière, l’esprit de Satan à la place de l’Esprit du Oint.

Allant plus loin dans son exposé, l’apôtre signale que la raison de la confusion et de l’agitation qui ont troublé les enfants de Dieu à toutes les époques, réside dans le fait de cette condition de cœur impure ou sanctifiée on partie seulement . “Là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, dit-Il il y a du désordre (instabilité, remue-ménage) et toutes sortes de mauvaises actions ” (Jacques 3 : 16). Si l’un permet à ces mauvaises herbes de la vieille nature déchue de se répandre, elles deviendront non seulement nuisibles mais finiront par étouffer et par faire périr les belles et agréables fleurs des grâces de l’Esprit.

JUGEMENT PERSONNEL CONVENABLE

Parlant de notre croissance propre en tant que Nouvelle Création, de notre jugement personnel, de notre autocritique, l’apôtre Paul déclare: “ Ayant donc de telles promesses, bien aimés, purifions nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu ” (2 Corinthiens 7 : 1 ). “Que chacun s’examine soi-même ”, qu’il remarque les faiblesses

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et les souillures de sa nature charnelle d’échue et tâche de se purifier en “ mettant de côté ” les œuvres du “ vieil homme ” pour être renouvelé, transformé de gloire on gloire à l’image du cher Fils de Dieu, notre Exemple comme notre Rédempteur et Maître. Cependant l’apôtre Paul nous engage non seulement à purifier notre chair autant que faire se peut mais encore nos esprits nos entendements, de manière que l’esprit nouveau, la Sainte détermination ou volonté règne en maître et que toute pensée soit emmenée captive envers la volonté divine exprimée par Christ et matérialisée en lui.

Il serait vain d’essayer de purifier la chair et de tenir sa langue en bride si l’on négligeait le cœur, l’entendement, l’esprit où les pensées germent et ne manifestent leur souillure que par des paroles ou des actions. Ce n’est que par la prière et la persévérance qu’on peut parvenir à cette purification nécessaire pour avoir part au Royaume, “ achever en sanctification dans la crainte de Dieu ”. Non pas que nous puissions espérer atteindre à une purification absolue de la chair. C’est la purification absolue de la volonté, du cœur, de l’esprit que le Seigneur réclame. Et ceci implique une purification de la chair et de la langue poussée aussi loin que possible. Là où il voit un cœur pur et sincère envers lui, où son esprit et sa Loi d’amour sont observés, il donnera, le moment venu, le corps nouveau approprié. “ Heureux ceux qui ont le CŒUR pur car ils verront Dieu ”. Matthieu 5 : 8 .

Et comme elles ont leur place ici tes paroles de l’apôtre (2 Thessaloniciens 3 : 5 ). “ Que le Seigneur dirige vos cœurs dans l’amour de Dieu ”, cet amour doux, paisible, patient, longanime, qui ne recherche pas son intérêt, ne s’enorgueillit pas, ne porte pas envie, ne pense ni ne dit de mal, mais a confiance et est plein de considération pour les autres conformément à la Règle d’Or. Il est nécessaire que nos cœurs soient dirigés dans cet amour puisque en tant que Création Nouvelle nous marchons dans un chemin nouveau — non selon la chair

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mais selon l’esprit. Le Seigneur seul est notre guide, notre directeur compétent bien qu’il puisse se servir de plusieurs de ses membres comme porte-paroles. “ Tes oreilles entendront une voix derrière toi (la voix du passé) qui dira: Voici le chemin, marchez-y ”. Esaïe 30 : 21 .

JE NE ME JUGE PAS MOI-MEME... CELUI QUI ME JUGE, C’EST LE SEIGNEUR ”

Il y en a peu parmi la Nouvelle Création — remarquablement peu en vérité — qui paraissent disposés à se juger sans ménagement. Avec raison ils se reprochent leurs manquements, leurs faiblesses et désirent être débarrassés de toute tache. Mais d’autre part ils oublient — et on cela ils ont tort — que le Seigneur ne nous connaît pas et ne nous juge pas d’après la chair mais selon l’esprit, l’intention, la volonté, le désir et l’effort. A la vérité ils se rapprochent trop de la prière du pharisien. “Je te loue de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes ”, et pas assez des paroles inspirées du Maître qui sont la base même de son acceptation et de la propriété du sang précieux pour la purification de tout péché. Ils oublient; dans leur raisonnement que s’ils étaient parfaits ou susceptibles de faire parfaitement les choses ils n’auraient besoin ni de Sauveur ni d’Avocat. Ils oublient que “ c’est par grâce que nous sommes sauvés ” et non par don œuvres de la chair.

Ces personnes là ont besoin de s’appliquer à elles-mêmes les paroles de l’apôtre: “ Il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même, car je ne me sens coupable de rien; mais ce n’est pas pour cela que je suis institué. Celui qui me juge (et qui juge chacun) c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur qui mettra on lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins (intentions) des cœurs ”.1 Corinthiens 4 : 3 à 5 .

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Nous nous en remettons à l’Eternel sans nous fier à notre pauvre nature déchue. Nous avons connu la grâce et la miséricorde de Dieu envers ceux qui, se confiant an Lui, s’efforcent de marcher conformément à l’esprit d’amour tout en étant incapables d’atteindre à ses exigences d’une manière parfaitement rigoureuse. Nous n’espérons donc pas être parfaits dans la chair mais être parfaits dans l’esprit, dans l’intention. Nous espérons que notre foi et notre zèle seront comptés (par le mérite de notre Rédempteur) comme faisant le poids à nos actuelles souillures que nous haïssons et contre lesquelles nous luttons jour après jour. En réfléchissant à tout cela nous nous demandons parfois: Dieu nous aime-t-il vraiment nous qui étions par nature des enfants de colère comme les autres? Est-il pour nous, disposé à nous aider et à nous faire crédit sur le vu d’un désir et d’un effort sincères quand bien même nous aboutissions à un échec partiel ou complet.? — Oui, et le Seigneur répond : “ Le Père lui-même vous aime ”. Et l’apôtre ajoute : Si Dieu nous a aimés tandis que nous étions encore des pécheurs, au point de donner son Fils unique pour notre rédemption, “ ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses (utiles dans notre course pour le prix qui nous est offert dans l’Evangile) ?”. S’il nous a aimés alors que nous étions des pécheurs, il nous aime davantage encore maintenant qu’il nous a agréés dans se famille, maintenant qu’il décèle dans nos cœurs l’ardent désir de faire sa volonté. Ayons donc foi et approchons nous avec courage du trône de la grâce céleste pour obtenir miséricorde et trouver grâce au temps du besoin. — Hébreux 4 : 16 .

Il est utile de donner ici un mot d’avertissement à propos de l’autre face de la question. Nous avons tous connu des cas où l’humilité, le doute, la crainte, l’hésitation sur le plan de la grâce divine, ont été remplacés par une attitude de farouche certitude de soi, un aveuglement total sur ses fautes, un esprit pharisaïque qui se trouve être meilleur que les autres. Hélas! nous craignons que cette condition des plus déplorables soit sans

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espoir! La foi est utile mais ce doit être la foi en Dieu et non on soi. Une déviation de cette nature provient généralement d’une méconnaissance de la Loi d’amour, la Règle d’or. Si l’amour pour le Seigneur, l’amour de son dessein bienveillant, l’amour pour les frères de la Nouvelle Création, l’amour sympathique pour le monde des hommes, vient à se corrompre, il engendre l’amour de soi, l’importance qu’on s’accorde à soi-même, l’honneur pour soi, la glorification de soi. Méfions-nous de ces chemins de traverse qui éloignent de Dieu, de son esprit, de son Royaume. S’il est vrai que les conducteurs de groupes soient plus particulièrement menacés par ce piège, d’autres aussi y sont exposés. Il se trouve même des éléments n’ayant aucune qualification pour instruire les autres et qui pourtant sont enflés d’orgueil, ne savent rien, et “ ont la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons ” .. Il convient de s’en écarter. “ C’est une grande source de gain que la piété avec le contentement ”.1 Timothée 6 : 4 à 6 voir aussi 1 Jean 3 : 9 et 10 .

L’EGLISE DEVRAIT JUGER DANS QUELQUES CAS

Si, individuellement, nous ne devons ni juger ni condamner mais attendre le moment du Seigneur qui manifestera sa décision au sujet de chaque membre de son corps, de la “ Nouvelle Création ”, cependant dans certains cas, l’Eglise (l’assemblée — l’Ecclésia) a le devoir de juger. Ainsi par exemple, l’apôtre fait état d’un cas de fornication, admis par l’intéressé comme contraire aux mœurs et connu par tous les membres de la communauté chrétienne de l’endroit. Il déclare qu’en accueillant dans son sein un tel libertin l’Eglise a un tort. Il invoque son autorité apostolique pour excommunier le transgresseur, le retrancher de la communauté des croyants, le livrer, figurativement parlant, à Satan, aux châtiments, pour détruire en lui son animalité de manière que l’esprit,

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le nouvel entendement puisse être sauvé au jour du Seigneur, à la fin de cet âge. — 1 Corinthiens 5 : 5 .

Seul le Seigneur lui-même ou un de ses apôtres (les douze, dont Paul fut le dernier, choisi à la place de Judas pouvaient avoir le droit, l’autorité nécessaire pour procéder de la manière indiquée. Il n’y avait qu’un apôtre comme Pierre pour se comporter comme il l’a fait dans le cas d’Ananias et de Saphira (Actes 5 : 1 à 11 ). L’apôtre Paul explique sa position et dit: “ Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques — non pas d’une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les voleurs, ou avec les idolâtres; autrement il vous faudrait sortir du monde . Il veut faire comprendre que c’est une chose d’avoir des relations avec les non-régénérés et une chose absolument différente de les admettre au titre de co-membres de la Nouvelle Création. S’abaisser au niveau du transgresseur n’est pas lui rendre un bon service. Il vaut mieux pour lui de s’apercevoir que son impureté le sépare en fait des enfants de Dieu. S’il est vraiment engendré de l’esprit de Dieu il se rendra plus vite et mieux compte de sa situation, profitera de la leçon et se repentira. L’Eglise avait fait preuve d’une charité mal comprise vis-à-vis de l’offenseur et avait risqué une démoralisation générale parmi ses membres, sans compter une contagion possible parmi les croyants des autres assemblées qui auraient pu avoir connaissance de ce qui se passait à Corinthe.

L’apôtre délimite brièvement le devoir des fidèles, dans des cas analogues. Nous paraphrasons comme il suit: Ce que je vous ai écrit c’est de ne pas avoir de relations avec un homme qui se dit “ frère ” et qui soit impudique ou cupide, ou idolâtre, ou brigand, ou ivrogne, ou escroc... de ne même pas manger en leur compagnie. A vrai dire je n’essaie pas de juger le monde mais je vous invite d’une manière pressante, en tant qu’Eglise, à juger de ceux que vous acceptez comme

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frères. Dieu jugera ceux du dehors. Votre devoir est d’éloigner les méchants de votre milieu. — 1 Corinthiens 5 .

L’apôtre va plus loin et critique le fait que lorsque des frères ont entre eux des différends, ils songent à s’adresser aux tribunaux plutôt que de supporter le dommage avec patience s’il est supportable; sinon, de porter le cas devant l’Eglise qui statuera en dernier ressort. Puisque Dieu choisit les membres de l’Eglise pour devenir les juges futurs de l’humanité, dit-il, seraient-ils moins équitables, moins honorables et justes dans leurs décisions que le monde, maintenant? On doit pouvoir avoir confiance, sous ce rapport, dans le plus petit membre de l’assemblée. N’y a-t-il pas parmi vous un élément à la sagesse, à l’intégrité de qui tous pourraient se rapporter, et à la décision de qui les contestants pourraient se ranger?

“ Pourquoi ne souffrez vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne consentiriez-vous pas à subir quelques dommages si toutefois vous considérez la décision tant soit peu arbitraire? Pourquoi ne pas accepter de perdre quelque chose plutôt que de perpétuer les disputes ou d’avoir recours aux tribunaux en s’accusant l’un l’autre? Que non, dit l’apôtre, je m’aperçois que non seulement vous ne voulez pas supporter quelque irrégularité pour la cause de la paix et du bon accord dans le corps de Christ mais encore, et ceci est pire, quelques-uns parmi vous sont prêts à faire tort et à frustrer même leurs frères. Ne recherchez-vous pas le Royaume comme Eglise de Dieu’? Et “ ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le Royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux ni les ravisseurs, n’hériteront le Royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous

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avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’esprit de notre Dieu ”. 1 Corinthiens 6 : 1 à 11 .

Cette nomenclature des offenses graves — susceptibles d’empêcher l’entrée dans le Royaume est une indication des sortes de vices qui en appellent à l’exclusion de la fraternité dans l’Eglise. C’est pourquoi il est dit: “ Otez le méchant du milieu de vous ”, quel qu’il puisse être s’il se rend coupable de péchés aussi grossiers que ceux-là.

“ SI TON PURE A PECHE CONTRE TOI ”

Ceci n’entre-t-il pas en contradiction avec le commandement du Maître. “ Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés ” ? Ou plutôt ne faut-il pas d’abord juger pour sa part celui qui a commis la faute puis divulguer, rappeler ce qu’il a fait de mal, “ médire ” même à son sujet en sorte que toute l’Eglise sache et répudie le coupable?

En aucune façon et les instructions divines se tiennent parfaitement quand on les comprend bien. Si A et B ont ensemble un différend et que A se croit lésé par B, il ne doit pas juger B dans le sens de le condamner. Tout ce qu’il peut dire c’est ceci : “ Il existe un désaccord entre nous et je suis persuadé avoir raison; mais B peut aussi être certain d’avoir raison et croire qu’il ne m’a pas fait tort . A ne peut pas se retirer de B pour cette raison. Le faire équivaudrait à le juger et à le condamner. Par contre il peut se dire: “ l’affaire est sans importance extrême comme souvent entre frères; je vais la laisser tomber en croyant que B, frère dans le Seigneur, ne peut pas avoir eu l’intention de me faire tort et qu’il se peut, au fait, que ce soit lui et non pas moi qui soit dans le vrai ”.

[469] LE JUGEMENT

Cependant, s’il ne peut arriver à en prendre son parti, il ne doit encore pas juger, décider, que c’est lui qui a raison et que B a tort. Il doit aller voir B, lui expliquer son point de vue et si possible parvenir à un arrangement cordial et fraternel peut être au prix de concessions mutuelles. S’ils ne peuvent se mettre d’accord, il peut demander à deux ou trois frères parmi les plus sages de l’Eglise, C et D, (frères dans la sincérité de qui B, aussi bien que lui-même, auront toute confiance) de l’accompagner et retourner voir B pour réexaminer la question — non pas pour condamner B, car A lui-même ne doit pas encore l’avoir jugé, mais pour entendre les faits en présence de A et de B et leur donner leur avis. Normalement ceci devrait suffire à la satisfaction de tous si tous ont l’esprit d’amour et veulent mutuellement se faire du bien comme membres du corps oint Mais si malgré tout la paix n’est pas encore rétablie, il ne doit encore pas y avoir jugement ou condamnation. Deux ou trois n’ont pas le pouvoir de “ juger ” mais seulement l’Eglise.

Si, après avoir pris avec lui C et D, ces derniers ont donné un avis contre A et favorable à B il conviendrait d’en rester là. Dans ces conditions A ne peut pas porter le différend devant l’Eglise. En le faisant malgré tout il monterait à l’évidence qu’il est personnel et têtu. Les instructions du Seigneur ne lui permettent pas d’aller plus loin (Matthieu 18 : 15 ). Mais si cela ne lui suffit pas, nous ne connaissons aucun principe qui l’empêche de s’adresser à deux ou trois autres frères non avertis E, F et G pour retourner voir B, recommencer à exposer l’objet du litige et obtenir leur avis.

Si, au contraire, après s’être fait accompagner de C et D dans sa démarche auprès de B ceux-ci se sont range à l’avis de A, ont reconnu que B qui avait fait tort et avait refusé de l’admettre; si, après un temps raisonnable, B persiste dans son refus ou néglige d’apporter réparation, A peut, conjointement avec C et D, demander

[470] LA NOUVELLE CREATION

la réunio