ÉTUDES dans les ECRITURES

 

“ Le Sentier du juste est comme la lumière

resplendissante qui augmente son éclat

jusqu'à ce que le jour soit en sa

perfection. ” — Prov. 4: 18.

VOLUME V

LA RÉCONCILIATION

ENTRE

DIEU ET L'HOMME

 

; Car Dieu est un, et le Médiateur entre Dieu et les

hommes est un, l'Homme Christ Jésus, qui s'est

donné lui-même en rançon pour tous, témoi-

gnage [qui devait être rendu] en son propre

temps. Mais aussi, nous .nous glorifions en

Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ,

par lequel nous avons maintenant

reçu la réconciliation. ” (1 Tim.

2 : 5,6 ; Rom. 5 : 11)

 

 

Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque

(Branche française)

BETHUNE (P.-de-C.)

France

Edition 1962


 

 

 

CETTE ŒUVRE EST DÉDIÉE

Au Roi de? Rois et Seigneur des Seigneurs

DANS L’INTERET DE

SES "SAINTS CONSACRES"

QUI ATTENDENT L'ADOPTION

ET DE

“ TOUS CEUX QUI, EN TOUS LIEUX,

INVOQUENT LE SEIGNEUR”

"LA FAMILLE DE LA FOI"

ET DE

LA CREATION QUI SOUPIRE ET SOUFFRE LES

DOULEURS DE L'ENFANTEMENT, EN ATTENDANT la REVELATION des FILS de DIEU

 

“ Pour qu'il apparaisse clairement à chacun, quelle est

la dispensation du mystère caché en Dieu dès le

commencement des siècles. ” “ Selon les richesses

de la grâce de Dieu qu'il a répandue avec abon-

dance sur nous par toute sorte de sagesse et

d'intelligence, nous faisant connaître le

secret de sa volonté par un effet de sa

bienveillance, selon le bienveillant

dessein qu'il (Dieu) avait formé

en lui-même pour le mettre à

exécution dans la plénitude

des temps. II puisse en-

core se faire lui-même

la Tête de toutes

choses dans le

Christ.”

(Eph. 3 : 4, 5, 9 ; 1 : 8-10)

 

Copyright 1937 .

propriété littéraire

du Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque

R. G. Jolly, Fondé de pouvoir

Philadelphie (Pie) E.U.A.

 

INTRODUCTION DE L'EDITEUR

 

C'EST avec une grande joie que l'Editeur se trouve providentiellement à même de restituer à l'Eglise ce cinquième volume des Etudes dans les Ecritures (*). Cet ouvrage est considéré par beaucoup comme le chef-d'œuvre de notre Pasteur. Les sujets qu'il traite sont certainement parmi les plus beaux et sont même les plus beaux parmi les sujets doctrinaux de la Bible ; en effet, les sujets sur Dieu, Christ, le Saint Esprit, l'Homme et la Rançon ne constituent-ils pas la matière des principales doctrines de la Révélation divine ? Par la grâce de Dieu, l'auteur eut le don de présenter ces sujets sublimes et profonds et, en même temps, de le faire dans un style tellement clair et simple qu'il les rend accessibles aux gens instruits comme aux gens de modeste savoir. Il leur suffit, pour les comprendre, d'avoir un cœur humble, docile, affamé, honnête et pieux. C'est à ceux-là seuls que le Seigneur s'est plu à révéler Sa Vérité, même dans ses plus merveilleux détails. C'est pourquoi ce volume est particulièrement apprécié par ceux qui aiment la vraie doctrine de Dieu. Ce fait, aussi bien que le contenu du livre, nous procure la grande joie et le privilège de le rappeler à l'existence pour en faire don au peuple de Dieu, après tant d'années, pendant lesquelles sa publication a été délibérément supprimée par ceux dont la fidélité à la charge d'économes aurait dû veiller à sa publication permanente.

 Les vues présentées dans ce volume étaient si correctes au moment où elles furent écrites que nos notes, au nombre de deux seulement, ne sont insérées qu'à titre de preuves complémentaires et cela, au point de vue linguistique, pour la précision des pensées exprimées dans les paragraphes auxquels se rapportent les notes. L'une des considérations qui confirmèrent fortement à notre esprit que Jésus employait l'auteur comme Son œil et Sa bouche, par lesquels Il donnait la Vérité de la Parousie à l'Eglise, est le fait que n'étant pas un helléniste ni un hébraïsant, les rectifications de traductions défectueuses qu'il suggéra étaient correctes ; ceci fut spécialement

(") Traduit sur le texte original de l'édition anglaise 1916. — Trad.

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remarquable dans les cas — généralement ceux où les rectifications furent faites — où les termes examinés avaient deux ou plusieurs significations. Comme il n'était ni un helléniste, ni un hébraïsant, on ne peut s'expliquer qu'il choisit toujours la signification exacte que par le fait que Jésus, l'unique Interprète de la Bible, lui donna, comme Son œil et Sa bouche pour Son Eglise, la signification exacte des termes en question. En conséquence, c'est avec plaisir que nous remettons ce livre aux frères, en demandant à tous de se joindre à nous en prière pour que la bénédiction divine soit sur lui.

 Votre frère et serviteur,

 Paul S. L. JOHNSON.

 Philadelphie, Pie, E.U.A., le 28 Mars 1936.

 

VI

 

PREFACE DE L’AUTEUR

 

CE VOLUME, dans. sa première édition, fut publie en 1899. II est maintenant, dans les diverses langues des pays civilisés, entre les mains d'un grand nombre enfants de Dieu. Une multitude de lettres nous disent quel grand secours prodiguèrent ses pages dans l’élucidation de la Vérité divine — dans l'explication de la Bible certains ont trouvé une aide spéciale sur un point, d'autres sur un autre et d'autres encore sur tous les Points. Le chapitre intitulé : “ Celui qui fut sans souillure ”, et relatif aux exigences terrestres que notre Seigneur accepta quand II naquit enfant de Bethléhem retenu spécialement l'attention, et beaucoup ont déclaré qu'il projetait une vive lumière sur un grand nombre de sujets scripturaux et scientifiques.

Pour un système de théologie qui reconnaît sa propre faillibilité, sollicite et attend la direction et illumination divines jusqu'à la fin du pèlerinage de l'Eglise il semble remarquable que ce volume écrit il y a dix-neuf ans préface écrite en 1916 — Trad.) réclame peu de corrections Pour être pleinement d'accord avec la plus récente opinion de ceux qui étudient la Bible touchant les enseignements de la Parole de Dieu.

 L'idée dominante de ce Volume est le prix de la Rançon. Apparemment cette doctrine, de laquelle découlent toutes les autres doctrines intéressant notre salut, a été dans une grande mesure, perdue de vue, obscurcie depuis le temps où les Apôtres s'endormirent dans la mort jusqu’a maintenant. Ceux qui étudient la Bible ont trouvé que la Rançon est la clef qui ouvre la Bible entière qui distingue immédiatement ce qui est vérité de ce qui est erreur

Il n'est pas surprenant qu'en appréciant le sujet et en l'étudiant avec tant de soin, nos vues qui s y rapportent soient devenues de plus en plus claires. Les affirmations de la Bible concernant la Rançon n'ont changé en aucune façon, pas plus que notre confiance en elles ; mais elles sont plus lumineuses, nous les comprenons mieux. Nous soutenons que les exposés de la Bible sur le sujet sont infaillibles, et que c'est parce que nous ne sommes pas infaillibles que nos vues sont susceptibles d’approfondissement quand nous sondons les Ecritures et sommes guidés dans leur compréhension, comme cela fut promis par le Saint Esprit. Nous n'objectons rien à l'idée que


le Plan divin se révèle graduellement, nous nous en réjouissons au contraire. Nous n'avons rien à regretter. La Rançon nous apparaît toujours plus distinctement avec chaque nouveau rayon de la lumière divine. Nous voyons maintenant que notre Seigneur Jésus quitta la gloire céleste afin d'accomplir une œuvre de rançon pour Adam et sa race. Nous comprenons que Son changement de nature d'être spirituel (littér. : être-esprit — Trad.) en être humain Lui permit d'être le prix de la Rançon — un homme parfait pour un homme parfait — Antilutron — un prix correspondant. Nous discernons maintenant que Jésus se donna, à l'âge de trente ans, au Jourdain, au moment de Sa consécration, pour être le prix de la Rançon pour tous. Il continua à donner ce prix de la Rançon en faisant le sacrifice de Sa vie, laquelle, au propre temps, constituerait le prix de la Rançon pour Adam, le père, et sa race. Il acheva l'œuvre de laisser Sa vie, de l'abandonner, de la sacrifier, en permettant qu'elle Lui, soit enlevée,. quand II s'écria sur la croix : “ Tout est accompli ! ” Rien de plus ne pouvait être donné que ce qu'il donna — une Rançon (un prix correspondant) pour Adam, le père. Mais elle ne fut pas payée en vue de réaliser la liquidation du compte d'Adam, autrement Adam et toute la race pécheresse auraient été, alors et sur l'heure, transférés à Jésus. Le prix fut simplement déposé entre les mains de la Justice divine comme un dépôt, au crédit de Celui qui était mort, afin qu'il puisse l'appliquer plus tard en accord avec le Plan divin. Notre Seigneur Jésus passa de l'état de mort à celui d'être-esprit de nature divine, en récompense de Sa fidélité et de Sa loyauté envers Dieu par l'abandon qu'il fit en sacrifice de Sa vie terrestre. “ Lui, que Dieu a souverainement élevé et auquel II a donné un nom au dessus de tout autre nom ”.

 Jésus ne pouvait faire aucun usage du prix de la Rançon tant qu'il était sur la terre. Il ne pouvait même pas amener Ses disciples en communion avec le Père. C'est pourquoi II déclara : “ Je monte vers mon Dieu et votre Dieu, vers mon Père et votre Père ”. Il déclara aussi : “ Si je ne m'en vais, le Saint Esprit ne viendra pas”. Dix jours après l'Ascension de notre Seigneur, Ses disciples s'étant assemblés, suivant Ses instructions, dans la chambre haute, reçurent la bénédiction de la Pentecôte, preuve qu'ils avaient été acceptés par le Père, grâce aux mérites du sacrifice de Jésus. Jésus avait employé à titre d'imputation les mérites de la Rançon qu'il avait déposée

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dans les mains de son Père ; mais II ne les donna pas à Ses disciples. Ce n'est pas à eux qu'ils étaient destinés comme possession, mais au monde — “ une Rançon pour tous”. Tous les disciples de Jésus ont renoncé à participer aux bénédictions de la Rançon qui seront répandues sur le monde au Second Avènement de notre Seigneur, afin qu'ils puissent goûter avec le Rédempteur à une bénédiction plus grande encore — l'honneur et l'immortalité. Le prix de la Rançon est destiné à apporter, à Adam et à sa race, la vie sur la terre et les droits et honneurs terrestres, qui furent perdus par Adam le père, lorsque, par sa désobéissance, il devint un pécheur, cette perte, étant, par voie de conséquence, subie ensuite par toute sa famille, la race humaine entière. Le temps de profiter des résultats de la Rançon, autrement dit du Rétablissement d'Adam et de sa race, commence après le Second Avènement du Seigneur, quand II établira Son Royaume dont le dessein même est de ramener la race rebelle à la communion totale avec le Père et à la vie éternelle — pour tous ceux qui le voudront.

 L'appel de l'Eglise n'a pas pour objet de donner un prix de Rançon supplémentaire, ni d'ajouter par conséquent, à ce que Jésus donna, car ce qu'il donna est suffisant. L'invitation est faite aux membres de l'Eglise de démontrer qu'ils ont le même esprit, la même disposition, que Jésus avait, de faire la volonté du Père coûte que coûte — jusqu'à la mort même ; ceux qui font cette démonstration peuvent être acceptés par le Père comme membres d'une sacrificature royale dont Jésus est la Tête, le Chef, comme membres de la classe de l'Epouse, dont Jésus est le Glorieux Epoux céleste. Il est exigé de ceux-là qu'ils reviennent à Dieu sous la même alliance faite par Jésus : “ Assemblez-moi mes saints, qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice ”. — PS. 50 : 35.

Ce ne sera pas avant que ceux-ci aient été appelés, choisis et trouvés fidèles et qu'ils aient été glorifiés, que le moment viendra pour Christ et la classe de l'Epouse de prendre la direction du monde pour le relever : et ce n'est pas avant cela, qu'il sera légitime pour le Seigneur de transférer à la Justice divine les mérites de Sa mort, mérites qu'il plaça comme un dépôt entre les mains du Père lorsqu'il mourut. “ Père, je remets [grec : dépose] mon esprit entre Tes mains ” — ma vie et tous ses droits. Quand ce prix de la Rançon aura été, en bonne et due forme, versé à la Justice divine, à la fin de l'Age, il ne sera plus désormais un dépôt à la disposition du Sauveur,

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mais il aura été donné en échange d'Adam et de sa race, qui seront immédiatement remis au Fils par le Père, afin que le Règne millénaire du Rédempteur puisse commencer et que toutes les familles de la terre lui soient assujetties pour être élevées par lui des conditions du péché et de la mort à tout ce qui fut perdu par Adam — à tout ce pour quoi Jésus mourut afin de le restituer à l'homme.

Mais les membres de la classe de l'Eglise, dont le choix s'effectue depuis près de dix-neuf siècles, ne pouvaient constituer des sacrifices acceptables pour Dieu, comme le fut leur Rédempteur Jésus parce que Lui seul était saint, innocent, sans souillure — tandis que nous sommes imparfaits et pécheurs, et Dieu ne peut accepter des sacrifices imparfaits, défectueux, entachés de péché. Que pouvait-on faire alors pour que nous fussions des sacrifices acceptables et pour nous permettre d'être associés avec Jésus sur le plan de l'esprit ? La chose qui convenait fut faite — une imputation des mérites de Jésus fut accordée par la Justice divine en faveur de tous ceux qui voudraient entrer dans une Alliance de Sacrifice, et pour lesquels Jésus deviendrait l'Avocat, ou le Garant. Cette imputation par Jésus des mérites de Son sacrifice en faveur de l'Eglise, pourrait être assimilée à une hypothèque, ou à une opposition, sur le sacrifice pour la Rançon qui retarderait son application au bénéfice du monde jusqu'à ce que son application à celui de l'Eglise fût achevée.

 L'Alliance des membres de l'Eglise est fondée sur le sacrifice de toute leur vie et de leurs droits terrestres, afin qu'ils puissent devenir de Nouvelles-Créatures en Christ et Ses cohéritiers sur le plan spirituel.

Ce fut sur la base de cette imputation de nos bénédictions futures de Rétablissement et de notre propre consécration personnelle à l'Eternel, que notre Rédempteur, agissant pour nous comme Souverain Sacrificateur et Avocat, nous mit en relation avec le Plan du Père, ce qui nous permit d'être engendrés du Saint Esprit, de cesser de faire partie de la famille humaine et de devenir membres de la famille spirituelle dont Jésus est le Chef. Tous les membres de l'Eglise prennent donc part avec Jésus à cette œuvre de sacrifice de soi-même, en ce que nous nous présentons à l'Eternel, et Lui, en qualité de Souverain Sacrificateur de Dieu, nous offre comme une partie de Son propre Sacrifice. Ainsi “ nous achevons ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ ”. De

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même, nous souffrons avec Lui afin que nous puissions aussi régner avec Lui. Ce n'est que lorsque tous les engendrés de l'esprit auront passé par la mort que les mérites du Christ, remis à Sa mort en dépôt entre les mains de la Justice et mis en gage dans l'intérêt de l'Eglise, seront libérés de cette contrainte et prêts à servir au rachat d'Adam et de toute la race humaine, sous les termes de la Nouvelle Alliance.

 S'il nous fallait à nouveau écrire ce Volume, nous apporterions ça et là des retouches de peu d'importance dans l'expression et en harmonie avec ce que nous avons présenté ici. Nous prions nos lecteurs de s'en souvenir. Ces différences dans l'expression ne sont pas assez importantes pour nous permettre de considérer les expressions de ce Volume comme inexactes — elles sont simplement moins précises et moins claires qu'elles le seraient si cet ouvrage devait être rédigé aujourd'hui.

 Pour les plus récents commentaires sur la Nouvelle Alliance, nous invitons les nouveaux lecteurs à se reporter au Volume VI des “ ETUDES ” à la préface de l'auteur.

Votre serviteur dans le Seigneur,

 CHARLES T. RUSSELL.

A Brooklyn (N. Y.), le 1" Octobre 1916.

 

LES FAITS REELS ET LA DOCTRINE PHILOSOPHIQUE

 DE LA

 RECONCILIATION (*)

 ETUDE 1

 

 

Elle est le fondement même de la doctrine chrétienne du point de vue de la Bible. — Trois manières de voir le sujet : “ vue orthodoxe ”, “ vue hétérodoxe ”, vue biblique qui unit et harmonise les deux. — La théorie de l'évolution est contraire à la Vérité sur ce sujet. — La réconciliation de la Justice est accomplie. — La réconciliation de l'Eglise est en cours. — La réconciliation du monde est future. — Le grandiose résultat final quand le gouvernement et le Royaume du Médiateur auront achevé leur œuvre.

LA DOCTRINE de la Réconciliation est le fondement même de la religion chrétienne. Ce sujet étant le plus Important de la théologie, il est tout à fait indispensable d'en avoir une claire compréhension, et ceci est généralement admis dans les milieux chrétiens. Néanmoins, bien que l'on croie à la Réconciliation, on la comprend peu ; les diverses idées et théories qui la concernent sont aussi incohérentes que vagues, et la foi édifiée sur de telles opinions incohérentes et vagues de la doctrine fondamentale doit être, nécessairement et dans les mêmes proportions, instable, faible et vague. Au contraire, si l'on saisit clairement, dans toute l'ampleur que lui confère la Parole de Dieu, cet important sujet comme étant le fondement du divin plan de salut, non seulement il établira la foi, l'enracinera et la fondera

(*) ” At-one-ment ”. — rad.


 

2 La réconciliation

sur des principes exacts, mais il servira de guide pour discerner la vérité et l'erreur en ce qui concerne toutes les particularités de la foi. Quand on aura bien posé et clairement discerné le fondement, et que sur lui et en parfaite harmonie avec lui, on aura édifié chaque article de la foi, l'édifice tout entier de la foi sera parfait.

 Comme nous le montrerons par la suite, chaque doctrine, chaque théorie peut être mise en contact avec cette pierre de touche qui déterminera rapidement la part d'or et d'impuretés qu'elle renferme.

 Il y a deux conceptions générales de la Réconciliation :

La conception dite conception orthodoxe à savoir, que l'homme transgresseur de la loi divine, tomba sous la condamnation divine, “sous la colère”; que Dieu, tout en étant empêché par la Justice d'acquitter le pécheur, a pourvu à une juste rédemption pour lui et par là au pardon de ses péchés, par la sacrifice de Christ. Toute cette œuvre destinée à satisfaire aux exigences de la Justice et à placer le pécheur dans une position acceptable par Dieu, est appelée l'œuvre de la Réconciliation.

(2) La conception dite conception hétérodoxe de la Réconciliation (enseignée jadis surtout par les Unitariens et les Universalistes, mais qui s'est récemment répandue avec rapidité et d'une manière générale dans chaque partie de la Chrétienté), aborde la question sous l’angle opposé : Elle ne présuppose aucune exigence de la part de la justice divine d'un sacrifice pour la transgression du pécheur ; elle ignore la colère de Dieu qui s'exprimerait dans une quelconque sentence spéciale de mort, elle ignore la “malédiction”. Elle soutient que Dieu désire et attend que l'homme s'approche de lui, qu'il ne place aucun obstacle sur sa voie, n'exige aucune réconciliation pour le péché de l'homme, mais simplement qu’il abandonne le péché, recherche la justice (*), et revienne ainsi en harmonie avec Dieu - en union (“at-one”) avec

3 Les faits réels et la doctrine philosophique 3

Dieu. II s'ensuit que cette conception est généralement appelée Réconciliation, et qu'on entend par là qu'elle signifie l'harmonie avec la justice sans se préoccuper des méthodes par lesquelles l'humanité puisse être amenée à cette condition ; selon cette doctrine, c'est le pécheur lui-même qui fait l'expiation de ses propres péchés, ou sinon c'est Dieu qui pardonne sans condition. D'après cette conception, notre Seigneur Jésus et tous ses disciples participent à la réconciliation en ce qu'ils ont enseigné et exhorté l'humanité à se détourner du péché et à rechercher la justice (*), et non dans le sens d'offrande pour le péché ou de rançon.

 (3) La conception que nous acceptons comme la seule scripturale mais qu'ont perdue de vue très généralement les théologiens, embrasse et combine les deux conceptions précédentes. La doctrine biblique de la Réconciliation, ainsi que nous allons nous efforcer de le montrer, enseigne clairement ceci:

 (a) L'homme fut créé parfait, à l'image de Dieu, mais il déchut de cet état par sa désobéissance volontaire et tomba sous la sentence de la colère, “ la malédiction ”, et ainsi tous les membres de la race devinrent “ des enfants de colère ”. — Eph. 2 : 3.

 (b) Si, contre sa créature désobéissante, Dieu a appliqué en toute justice la sentence de Sa loi, la mort, et cela sans miséricorde pendant plus de quatre mille ans, néanmoins, l'esprit d'amour et de compassion faisant corps avec cette justice et cette fidélité aux principes de justice, conçut le dessein d'un arrangement ultime par voie de substitution ou plan de salut par lequel Dieu, tout en restant juste et en exécutant ses justes lois contre les pécheurs, serait cependant le justificateur de tous ceux qui croient en Jésus (Rom. 3 : 26). Grâce à ce plan,

 (*) “ righteouaness ” : disposition et conduite conformes au modèle divin du droit et de la justice (dict.).


 

4 La réconciliation

tous les condamnés pourraient être libérés de la sentence sans aucune violation de la Justice, et avec une telle manifestation d'amour, de sagesse et de puissance divine, que cela honorerait le Tout-Puissant et se trouverait être une bénédiction pour toutes ses créatures humaines et angéliques, en leur révélant à toutes, d'une manière plus grandiose que jamais, la sagesse et la grâce infiniment diversifiées de Dieu. — Eph. 3 : 10 — Diaglott.

 (c) Ce fut dans l'exécution de ce programme de Réconciliation avec la loi divine à cause de sa transgression par le père, Adam, que notre cher Rédempteur mourut, “ en rançon pour tous, témoignage [qui devait être rendu] en son propre temps ”. — 1 Tim. 2:6 — D.

 (d) Mais le sacrifice pour les péchés n'accomplit pas l'œuvre entière de la Réconciliation, car ce sacrifice a simplement satisfait aux exigences de la Justice. En vertu de la rançon donnée à la Justice, un transfert total du compte de l'homme est effectué, et sa cause, sa dette, etc., sont entièrement portées au compte du Seigneur Jésus-Christ qui donne à la Justice pleine satisfaction pour ses exigences contre Adam et sa race. Ainsi, en raison de ce “ rachat ” par son précieux sang, Jésus est donc maintenant, le propriétaire, le maître, le “ Seigneur de tous ”. — Rom. 14 : 9.

 (e) L'un des buts de cet arrangement en faveur d'Adam et de sa race était d'annuler la sentence de mort qui les frappait. L'Amour ne pouvait en effet sauver les condamnés avant que cette sentence fût enlevée, car leurs privilèges de vie future étaient de toutes manières entièrement abrogés, détruits.

 (/) Un autre but était de soustraire la race déchue aux exigences de la Justice divine, et de la placer sous la surveillance de Jésus qui, en tant que représentant du plan du Père, se propose non seulement de satisfaire aux exigences de la Justice, mais se charge aussi d'instruire, de corriger et de rétablir tous ceux des membres de la

5 Les faits réels et la doctrine philosophique

race déchue qui manifesteront leur désir d'être en harmonie avec la Justice. Ceux-là, il les replacera à la fin sous la Justice de la loi divine, mais alors, ils seront parvenus à un état de perfection tel qu'ils seront capables de faire face à toutes les exigences parfaites de cette loi.

 (g) A l'origine, la seule influence tendant à séparer Dieu et l'homme provenait de la sentence divine ; mais aujourd'hui, après six mille ans de chute, de dégradation et d'éloignement de Dieu à cause des mauvaises œuvres, de l'ignorance, de la superstition et des ruses de l'Adversaire, et parce que" le caractère et le plan divins ont été présentés sous un faux jour aux hommes, nous constatons que le message de grâce et de pardon ne retient pas l'attention. Dieu déclare ouvertement que, la rançon ayant été acceptée, il est maintenant prêt à accueillir les pécheurs qui reviennent en harmonie avec lui et vers la vie éternelle par les mérites du sacrifice de Christ; malgré cela, la majorité des humains a de la peine à ajouter foi à la bonne nouvelle et, en conséquence, à en accepter les conditions. Certains ont été tellement abusés par les sophismes dont Satan s'est servi pour égarer toutes les nations (Apoc. 20 : 3), qu'ils ne croient pas qu'il y ait un Dieu ; d'autres qui croient en Dieu voient en lui un grand et puissant adversaire, dépourvu d'amour et de sympathie, prêt et empressé à les tourmenter éternellement ; d'autres encore ont l'esprit embrouillé par la Babel des informations contradictoires qui leur parviennent au sujet du caractère divin, et ne savent pas ce qu'il faut croire ; cherchant à s'approcher de Dieu, ils en sont empêchés par la crainte et par l'ignorance. En conséquence, c'est un fait que le nombre de ceux qui ont jusqu'ici profité de l'occasion de s'approcher de Dieu par Christ, est comparativement peu élevé — “ un petit troupeau ”.

 (h) Néanmoins, le sacrifice pour les péchés ne fut pas pour quelques-uns, mais pour “ beaucoup ”, pour “ tous ”.


 

6 La réconciliation

Selon le programme divin, celui qui les rachète tous par son propre précieux sang fera connaître en fin de compte à tous les hommes, “ à toute créature ”, la bonne nouvelle de leur privilège, de rentrer par la grâce divine, en Réconciliation avec leur Créateur. .

 (i) Jusqu'ici, l'Eglise seule a bénéficié directement de la Réconciliation ; mais les Ecritures enseignent que cette Eglise constituera un Royaume de prêtres, ou “ sacrificature royale” avec Christ comme Souverain Sacrificateur royal et que, durant l'Age millénaire, cette classe du Royaume céleste, cette sacrificature royale, délivrera pleinement et complètement l'humanité de l'aveuglement dont Satan, l'erreur et la dégradation ont frappé les hommes, et qu'elle ramènera à la réconciliation totale avec Dieu quiconque, parmi toutes les familles de la terre, le voudra. ;

 (j) D'accord avec cette même pensée, l'Apôtre déclare que nous, les croyants, l'Eglise, avons obtenu la Réconciliation. Dieu pourvut à la réconciliation, il y a dix-huit siècles, et cela pour tous, mais seuls, les croyants l'ont reçue dans le sens qu'ils n'ont pas manqué l'occasion que leur offrait ainsi la grâce de Dieu, tandis que le reste des hommes est aveuglé. “ Le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence des incrédules pour que la lumière de l'évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu, ne resplendît pas pour eux ”. — 2 Cor. 4:4.

 (k) D'accord également avec cette pensée est la déclaration des Ecritures selon laquelle le premier travail de Christ, lors de son règne millénaire, sera de lier ou d'entraver Satan afin qu'il ne séduise plus les nations pendant mille ans (Apoc. 20 : 3) ; les nombreuses déclarations des prophètes abondent dans le même sens et nous montrent que lorsque le Royaume de Dieu sera établi sur la terre entière, celle-ci sera remplie de la connaissance de l'Eternel comme les eaux couvrent le fond des mers, et personne n'aura plus besoin de dire à son prochain :

7 Les faits réels et la doctrine philosophique 7

“ Connais l'Eternel” (Héb. 8 : 11) ; la prière du Seigneur exprime la même pensée en ces termes : “ Ton règne vienne, Ta volonté soit faite sur la terre ” — parce que tout cela implique ce que l'Apôtre déclare expressément que “ Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la Vérité ”. — 1 Tim. 2 : 4.

 (l) La Réconciliation, dans l'une et l'autre de ses phases — la satisfaction des exigences de la Justice, et le rétablissement de l'harmonie ou la réconciliation entre Dieu et toutes celles de ses créatures qui, avec une lumière et une connaissance complètes, désireront profiter des privilèges et des occasions de la Nouvelle Alliance — sera achevée à la fin de l'Age millénaire. A ce moment-là, tous ceux qui, volontairement et sciemment, rejetteront la faveur divine offerte par Christ, seront “ exterminés d'entre le peuple ” d' “ une destruction éternelle de devant la présence du Seigneur et de devant la gloire de sa force”, d'une destruction de laquelle il ne subsistera aucune espérance de sortir par une résurrection future. — Actes 3 : 23 ; 2 Thess. 1:9.

 (m) Alors sera achevée la grande œuvre de la Réconciliation, et toutes choses dans les cieux et sur la terre se trouveront en harmonie avec Dieu, le louant pour toute sa munificence et sa grâce par Christ ; et il n'y aura plus là, ni mort, ni cri, ni douleur, parce que les premières choses auront disparu. Tel sera le résultat de l'œuvre de Réconciliation commencée par le Sacrifice de notre Rédempteur pour satisfaire à la Justice, et s'achevant par la pleine réconciliation de tous ceux qui auront été trouvés dignes de la vie éternelle.

 Quel que soit le sens accordé au terme Réconciliation, on est obligé de concéder que si l'on parle de réconciliation entre Dieu et l'homme, c'est qu'il y a une difficulté, une divergence, une opposition existant entre le Créateur et la créature, sinon ils seraient unis (“at-one”), et une œuvre de réconciliation serait inutile à tous points de


 

8 La réconciliation

vue. C'est ici surtout que nous saisissons l'opposition extrême existant entre la Bible et la doctrine moderne de l'évolution qui, dans les trente dernières années (écrit en 1899 — Trad.) en particulier, a imprégné la foi des chrétiens de toutes confessions, et s'est imposée de façon plus marquée dans les facultés de théologie et dans les principales chaires de la chrétienté.

 La théorie de l'évolution nie la chute de l'homme ; elle nie qu'il ait jamais été à l'image et à la ressemblance de Dieu ; elle nie qu'il ait jamais été dans une condition lui permettant d'être à l'épreuve devant la barre de la stricte Justice ; elle nie qu'il ait jamais péché dans une telle épreuve et qu'il ait jamais été condamné à mort. Elle prétend que la mort, loin d'être un châtiment, n'est qu'une autre étape dans la marche de l'évolution ; elle soutient que l'homme, au lieu d'être tombé de l'image et de la ressemblance de Dieu dans le péché et la dégradation, ne cesse de s'élever de plus en plus de la condition du singe vers l'image et à la ressemblance de Dieu. Dès lors, et logiquement, cette théorie ne peut pas admettre que Dieu pouvait, en toute justice, condamner l'homme parce qu'il s'élève d'un plan inférieur à un plan supérieur ; elle ne peut en conséquence admettre non plus que la Justice pourrait accepter une offrande pour le péché de l'homme, puisqu'il n'y a aucun péché en lui qui exige une telle offrande. Conformément à cette idée, elle prétend que Christ ne fut pas une offrande pour le péché, ni un sacrifice pour les péchés, à moins que son sacrifice, pourrait-on dire, ne soit assimilé à celui d'un patriote donnant sa vie en sacrifice pour son pays ; autrement dit, que Jésus a donné sa vie pour aider au relèvement de la race vers de plus larges libertés et privilèges.

 Or, nous trouvons que la Parole de Dieu contredit absolument cette théorie entière, de sorte qu'aucun accord n'est possible entre l'enseignement des Ecritures et l'enseignement de la théorie de l'évolution, science ainsi

9 Les faits réels et la doctrine philosophique9

faussement dénommée. Quiconque croit à la théorie de l'évolution, rejette dans la même mesure la théorie de l'Ecriture ; et pourtant, nous trouvons un très grand nombre de chrétiens qui luttent et s'efforcent en vain d'harmoniser ces enseignements si opposés. Quelle que soit la mesure dans laquelle ils soutiennent la théorie de l'évolution, dans la même mesure ils s'éloignent du seul fondement de la foi fourni par Dieu ; et à ce même degré, ils sont préparés pour accepter de nouvelles erreurs dans lesquelles sûrement l'adversaire les attirera ; ces erreurs leur seront présentées d'une manière si plausible, selon la sagesse de ce monde qu'elles séduiraient, si possible, même les élus. Mais ceux-ci auront “ la foi donnée une fois aux saints ” ; ils s'attacheront fermement à la doctrine de la Réconciliation, telle que la présentent les Ecritures et seront ainsi protégés contre chaque détail et chaque aspect de la théorie de l'évolution : car les élus mêmes seront enseignés de Dieu, spécialement sur cette doctrine de la Réconciliation qui est le fondement même de la religion révélée et de la foi chrétienne.

 Les Ecritures témoignent sans équivoque que Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance — mentale et morale ; que l'homme, être terrestre, était l'image ou ressemblance morale et intellectuelle de son Créateur, être-esprit. Selon les Ecritures, au commencement, l'homme était en communion avec son Créateur qui l'avait reconnu et accepté comme son ouvrage, et le trouvait “ très bon ”, très agréable, très plaisant ; elles montrent qu'Adam, parfait, eut à choisir la vie ou la mort, et que lorsqu'il devint transgresseur, son acte était pleinement conscient et délibéré, car il nous est dit qu'Adam “ ne fut pas séduit ”.- Elles rapportent la première mise à exécution de la peine de mort, puis l'action continue de cette sentence de mort sur la race au cours des siècles. Elles indiquent comment Dieu révéla au fidèle Abraham son dessein, son intention d'apporter, non tout de suite,

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mais plus tard, une bénédiction à la race qu'il avait déclaré avoir frappée de malédiction par la sentence de mort. — Gen. 1: 31; 2: 17; 3: 23; 1 Tim. 2: 14; Gen. 12 : 3 ; 18 : 18 ; 3 : 17.

 Puisque la malédiction ou le châtiment du péché fut la mort, les bénédictions, promises impliquaient un retour de la mort à la vie, à une vie plus abondante ; et la promesse faite à Abraham était que de quelque manière inexpliquée, le Sauveur qui accomplirait cette œuvre de bénédiction du monde devait sortir de la postérité d'Abraham. Avec plus ou moins de clarté, cette promesse fut réitérée à Isaac, à Jacob et à tous les enfants d'Israël.

Les prophètes déclarèrent aussi que le Messie qui viendrait serait un Agneau immolé, une offrande pour le péché, quelqu'un qui répandrait son âme dans la mort” pour nos péchés et non pour les siens. Ils dépeignirent aussi le résultat de son sacrifice pour les péchés, dans la gloire et la bénédiction qui devaient suivre ; exposant comment, en dernier lieu, son Royaume prévaudra, et comment lui le Soleil de Justice, il apportera dans le monde le nouveau jour de bénédiction, de vie et de joie, qui dispersera les ténèbres, la tristesse et le chagrin de la nuit de pleurs qui domine maintenant comme résultat du péché originel et de la chute, avec toutes les tendances mauvaises qu'ils ont transmises. — Es. 53 : 10 - 12, 35 ; 60 ; 61. .

 Bien loin de nous dire que l'homme avait été créé sur le plan d'un singe, s'était élevé à son degré de développement actuel, et parviendrait en fin de compte à la perfection par le même processus d'évolution, l'Apôtre Pierre, parlant sous l'inspiration du saint Esprit, enseigne au contraire, une leçon inverse ; il nous dit que Christ mourut pour nos péchés et que, grâce à la rédemption accomplie par son sacrifice, il viendra pour l'humanité, à la fin, au second avènement de notre Seigneur, de grands temps de rafraîchissements — des temps du rétablissement

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de toutes choses, dont déclare-t-il, “ Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes de tout temps” (Actes 3: 19 - 21). Quiconque peut penser que l'Apôtre Pierre était en train de prêcher une doctrine d'évolution, alors qu'il prêchait l'évangile du rétablissement, doit certainement s'être bouché les yeux et avoir cessé de raisonner ; car si la condition de l'homme à l'origine était celle d'un singe, ou si elle était en quoi que ce soit inférieure à notre condition présente, l'Apôtre aurait été le plus insensé des insensés de présenter des temps de rétablissement comme une grande espérance et perspective, car rétablissement signifie restitution ou restauration de cette condition existant antérieurement.

 Au contraire, les paroles de l'Apôtre sont en désaccord complet et en opposition avec la théorie de l'évolution, et en parfait accord avec la doctrine de la Réconciliation, du rétablissement ; elles sont en parfaite harmonie avec l'enseignement des Ecritures que l'humanité fut vendue au péché, que ses membres devinrent esclaves du péché et souffrirent la dégradation du péché provenant de la désobéissance originelle d'Adam, le père, et de sa condamnation à mort. Le Rétablissement, la bonne nouvelle prêchée par Pierre, Implique que quelque chose de bon de grand, de précieux fut perdue, puis rachetée par le précieux sang de Christ, et qu'elle sera restituée, comme résultat de cette rédemption, au second avènement de Christ. De plus, la référence de l'Apôtre aux prophètes, déclarant que ces temps de rétablissement furent mentionnés par eux tous qui étaient saints, implique clairement que l'espérance du rétablissement est la seule espérance offerte à l'humanité par inspiration divine. (*)

 Tous les Apôtres ont, d'une manière semblable, attiré l'attention en remontant dans le passé, sur la perte de la faveur divine, et sur la croix de Christ comme point

(*) Voir : Old Theology Tracts n° 41 (non traduit en français).


 

12 La réconciliation

de réconciliation à l'égard de la Justice divine, et en regardant vers l'avenir, sur l'Age millénaire comme temps de bénédiction de tous les humains par des occasions de connaissance et d'assistance dans leur réconciliation avec Dieu. Ils indiquent tous que l'âge actuel est le temps du rassemblement des membres de l'Eglise élue qui doit être associée avec le Messie (sa “ sacrificature royale ”, et son “peuple particulier”). En sa qualité d'“ Epouse”, de “ corps de Christ ”, elle participera avec son Epoux à l'œuvre bénie du rétablissement des humains, obtenue grâce au sacrifice achevé au Calvaire.

 Remarquez bien les paroles de l'Apôtre Paul à ce sujet : “ Comme par la désobéissance d'un seul homme, le péché est entré dans le monde ” — et par le péché la mort ; et qu'ainsi la mort a passé sur tous les hommes [par le fait du péché, et hérité des tendances au péché transmises par hérédité] en ce que tous ont péché”. Il est bien évident que l'Apôtre Paul n'était pas plus évolutionniste que l'Apôtre Pierre et les prophètes. Notez bien l'espérance qu'il indique comme constituant l'essence même de l'Evangile lorsqu'il dit : “ Dieu prouve (Seg. — Trad.) son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. A plus forte raison donc, ayant été maintenant justifiés par Son sang, serons-nous sauvés de la colère par lui ” (Rom. 5 : 8, 9).

 Voilà une déclaration précise que la race était sous la colère divine, que la puissance qui nous sauve était le sang de Christ, le sacrifice qu'il fit en notre faveur, et que ce Sacrifice était une expression de l'amour divin et de la grâce divine. L'Apôtre poursuit en montrant l'œuvre de Réconciliation, et le rétablissement qui en résultera, disant : “ Comme par une seule faute [la désobéissance d'Adam] la condamnation [la sentence de mort] a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie [la cassation de la sentence] s'étend à tous les hommes, car

13 Les faits réels et la doctrine philosophique 13

comme par la désobéissance d'un seul homme [Adam] plusieurs ont été constitués pécheurs [tous ceux qui étaient en lui], ainsi par l'obéissance d'un seul [Jésus] plusieurs [tous ceux qui en fin de compte se prévaudront des privilèges et occasions de la Nouvelle Alliance] seront constitués justes ”. — Rom. 5 : 12, 18, 19.

 Le même Apôtre, dans beaucoup d'autres de ses discours magistraux et logiques, exprime l'idée que la Réconciliation, en ce qui concerne Dieu, est une chose du passé, terminée, quand “ nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils ”, alors que nous étions encore des pécheurs (Rom. 5 : 10). Il ne parle évidemment pas ici d'une œuvre accomplie dans le pécheur et le réconciliant avec Dieu, car il déclare, au contraire, qu'elle a été accomplie non pas en nous, mais par Christ pour nous et dans un temps où nous étions des pécheurs. Remarquons aussi que, dans divers de ses discours savants et logiques, il décrit une œuvre de bénédiction du monde que doit accomplir l'Eglise glorifiée, sous Christ, sa Tête divinement désignée ; il montre que cette œuvre aura pour objet d'amener le monde à la connaissance de la grâce de Dieu en Christ, et qu'ainsi tous ceux du monde racheté qui le voudront, pourront être réconciliés avec leur Créateur pendant le Règne millénaire, être rétablis dans la faveur divine perdue en Eden.

 En manière d'illustration de ce point, notez l'argument de Rom. 8 : 17-24. L'Apôtre sépare ici nettement le salut de l'Eglise d'avec le salut subséquent (ou délivrance) du monde ou “ création gémissante ”. Il attire, l'attention sur l'Eglise appelée à hériter avec Christ ; si elle lui est fidèle en souffrant avec lui présentement, elle aura finalement part à sa gloire dans son Royaume. Il nous assure que ces souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'être comparées à la gloire à venir qui sera bientôt révélée en nous. Puis il poursuit en disant que cette gloire qui sera révélée dans l'Eglise après que ses souffrances


 

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seront toutes passées, est la base de tous les ardents désirs de la création gémissante, dont les aspirations et les espérances attendent nécessairement leur réalisation au temps où les fils de Dieu seront révélés ou manifestés.

 Actuellement, les fils de Dieu ne sont pas encore révélés ; le monde ne les connaît pas, comme il n'a pas connu leur Maître ; et bien que les humains, il est vrai, attendent, avec une vague espérance, un âge d'or de bénédiction, l'Apôtre fait remarquer que tous leurs ardents désirs ne peuvent se réaliser avant le temps où l'Eglise, les fils de Dieu, seront glorifiés et manifestés, comme rois et sacrificateurs établis par Dieu qui régneront sur la terre durant l'Age millénaire pour bénir toutes les familles de la terre, selon les richesses de la grâce divine telles que les révèle la promesse de Dieu à Abraham, en ces termes : “ En ta semence, toutes les familles de la terre seront bénies ”. — Gal. 3 : 8, 16, 20.

 L'Apôtre continue en montrant que, selon la providence divine, l'humanité en général, la création terrestre intelligente, a été assujettie à la faiblesse (“ vanité (*) ”) par hérédité, à la suite de la transgression d'Adam le père ; néanmoins, elle n'est pas laissée sans espérance, du fait que par l'arrangement divin également, un sacrifice pour les péchés a été fourni, et une disposition prise afin que finalement l'humanité en général puisse être émancipée, libérée de l'esclavage du péché et de sa pénalité, la mort, et qu'elle puisse obtenir la glorieuse libération (de la maladie, de la douleur, des tribulations et du chagrin) qu'est la liberté de tous ceux qui sont les fils de Dieu. C'est cette condition de fils et cette “ liberté ” que l'humanité perdit par la désobéissance, et c'est à cette même condition de fils humains que tous auront le privilège de revenir, grâce à la grande offrande pour le péché au Calvaire et à l'achèvement en eux de

(•) Rom. 8 : 20. Trad.


 

15 Les faits réels et la doctrine philosophique 15

l'œuvre de la Réconciliation, les ramenant en harmonie avec la loi divine par le Rédempteur, le Grand Prophète, l'antitype de Moïse (Actes 3: 22-23). L'Apôtre montre également que l'Eglise qui, déjà, a été réconciliée avec Dieu (a accepté l'arrangement divin), est rentrée en harmonie avec Dieu, et a reçu les prémices de l'esprit, gémit aussi néanmoins, à cause du milieu où elle vit, et attend pour participer à l'œuvre achevée de la Réconciliation, en recevant complètement la faveur divine, la délivrance du corps de Christ, l'Eglise, à la première résurrection. — Rom. 8 : 23-25.

 Ces deux aspects de la Réconciliation : (1) la satisfaction accordée à la Justice, et (2), le rétablissement de l'accord entre ceux qui avaient été désunis, sont montrés dans la proposition divine d'une Nouvelle Alliance dont le médiateur est Christ Jésus notre Seigneur. Lorsque le père, Adam, était parfait, en complet accord avec Son Créateur et obéissant à tous ses commandements, une alliance existait implicitement entre Dieu -et lui sans avoir été expressément formulée ; Adam avait reçu la vie parfaite et, en outre, il lui avait été remis autorité sur tous les animaux, poissons et oiseaux, et sur toute la terre qui était son empire ; d'autre part, Adam fut averti que s'il devenait infidèle au Grand Roi, Jéhovah, en lui désobéissant, il perdrait sa vie et annulerait tous ses droits et bénédictions qui lui avaient été conférés. Ces faits impliquaient donc que Dieu avait établi une alliance, un accord avec sa créature, lui assurant une vie éternelle, à moins que par désobéissance, elle n'attirât sur elle une sentence de mort.

 La désobéissance d'Adam et sa condamnation à mort le laissèrent sans aucun secours, sauf que le Tout-Puissant pourvut au rétablissement de la race par la Nouvelle Alliance, et la Nouvelle Alliance, comme le dit l'Apôtre, a un médiateur— Dieu, d'une part, est en relation avec le médiateur, et non avec le pécheur ; le

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pécheur, d'autre part, est en relation avec le médiateur, et non avec Dieu. Mais avant de pouvoir devenir le Médiateur, notre Seigneur Jésus devait accomplir pour l'humanité une œuvre qui, dans cette figure, est représentée comme l'apposition d'un sceau sur la Nouvelle Alliance avec son propre précieux sang, — “ le sang de la Nouvelle Alliance ” (Matth. 26 : 28 ; Marc 14 : 24 ; Héb. 7 : 22 ; 9 : 15-20). En d'autres termes, Dieu ne peut en toute Justice recevoir le pécheur ou traiter avec lui ni directement, ni indirectement par l'entremise d'un médiateur en vue de libérer le pécheur de la sentence de mort, ni le réconcilier avec Dieu en lui accordant la bénédiction qui accompagne cette réconciliation, savoir, le don de la vie éternelle, avant que la Justice divine soit d'abord reconnue et satisfaite. C'est pourquoi notre Seigneur Jésus, en payant notre condamnation par sa mort, rendit possible le sceau de la Nouvelle Alliance entre Dieu et l'homme ; aux termes de cette alliance, tous ceux qui viendront à Dieu par lui, le médiateur, seront agréés.

 La Réconciliation avec Dieu, le retour à l'unité avec lui était impossible avant que la rédemption eût d'abord été garantie par le précieux sang, afin que celui qui cherche la réconciliation puisse s'approcher de Dieu par le médiateur de la Nouvelle Alliance : “ Je suis le Chemin, la Vérité, et la Vie ; nul ne vient au Père que par moi ” (Jean 14 : 6). C'est pour cette, raison que le privilège suprême accordé aux humains les plus favorisés, avant le début du sacrifice de Christ était celui de “ serviteurs ” et d' “ amis ” de Dieu. A aucun de ceux-là ne pouvait être accordé le grand privilège d'être un “ fils ” (avec tout ce que cela implique de faveur divine et de vie éternelle), et aucun d'eux ne fut reconnu dans cette position (Jean 1 : 12 ; Matth. 11 : 11). On voit ainsi que ceux qui ne tiennent pas compte de l'offrande pour le péché ni de l'aspect expiatoire de la Justice dans la Réconciliation, en négligent ainsi des élément? importants et

17 Les faits réels et la doctrine philosophique 17

indispensables — des aspects primordiaux et fondamentaux. D'autres n'errent pas moins qui, tout en reconnaissant le sacrifice de Christ comme celui de la Réconciliation pour le sceau (*) de la Nouvelle Alliance, ne tiennent pas compte de l'œuvre de la réconciliation envers les hommes, œuvre par laquelle ces derniers doivent être ramenés, grâce à la mise en vigueur de la Nouvelle Alliance, en harmonie avec Dieu.

 Cette œuvre de la Réconciliation ne peut pas non plus, en ce qui regarde l'humanité, être accomplie instantanément et par la foi. Elle peut commencer en un instant et par la foi, et le retour à l'accord. (“ at-one-ment ”) peut être “ considéré comme ” accompli entre le pécheur et le Tout-Puissant, par la foi ; mais la Réconciliation, que Dieu se propose d'accomplir, a une portée beaucoup plus grandiose et plus élevée que cela. Selon les dispositions ou arrangements de Dieu, les humains qui désirent être réconciliés avec lui (et avec sa juste loi) seront “ considérés comme ” acceptés par l'intermédiaire de leur Médiateur ; en fait, ils ne seront pas pleinement et complètement reçus (par le Père) tant qu'ils seront en réalité imparfaits. L'œuvre du Médiateur (Tête et “ corps”) consiste à proclamer à l'humanité que Dieu a pourvu à une offrande pour le péché, qui lui permet de rester juste et de recevoir néanmoins à nouveau les pécheurs en harmonie avec lui ; que Dieu est disposé dès maintenant à accorder la bénédiction d'être des fils en leur donnant la vie éternelle et, en les affranchissant de la corruption. L'œuvre du Médiateur est aussi de faire comprendre à tous les hommes que cette œuvre de salut est un don magnanime qui doit être accepté avec empressement, et que les conditions posées ne sont qu'un service raisonnable ; outre cette mission, le Médiateur, qui représente le Père, devra exécuter le rétablissement effectif

(*) L'action de sceller (dict. Littré. — Trad.).


 

18 La réconciliation

des humains — dans le domaine moral et physique — tous ceux d'entre eux qui accepteront son ministère et lui obéiront C'est ainsi qu'à la fin, l'œuvre du Médiateur aura pour résultat une réelle réconciliation entre Dieu et ceux que Christ rétablira à la perfection.

 Cette œuvre grandiose du Médiateur exigera l'Age millénaire tout entier; c'est dans ce dessein que le Royaume du Messie sera établi sur la terre en puissance et en autorité absolues comme c'est dans ce dessein qu'il doit régner afin de pouvoir annihiler toute influence mauvaise susceptible d'empêcher les humains de venir à la connaissance de cette gracieuse vérité de la miséricorde et de l'amour divins ; c'est une disposition prévue sous la Nouvelle Alliance à savoir que “ quiconque voudra” pourra revenir à Dieu. Mais si le grand Médiateur recevra, bénira et rétablira ainsi, selon les dispositions de la Nouvelle Alliance, tous ceux qui désireront la communion avec Dieu par lui, par contre, il exterminera du milieu du peuple par une destruction éternelle, tous ceux qui, dans les conditions favorables du Royaume millénaire, refuseront l'offre divine de la réconciliation. — Act. 3 : 23 ; Matth. 25 : 41, 46 ; Apoc. 20 : 9, 14, 15 ; Prov. 2 : 21, 22.

 L'Age millénaire prendra fin lorsque sera achevée toute l'œuvre de médiation à laquelle il a été destiné et pour laquelle il a été réservé. A ce moment-là, les fonctions de Christ, comme médiateur, cesseront parce qu'il n'y aura plus de rebelles, ni de pécheurs. Tous ceux qui désiraient rentrer en harmonie avec Dieu, l'auront alors atteinte dans sa perfection, et tous les pécheurs invétérés auront été retranchés de la vie pendant le même temps.

 Alors sera accomplie la prophétie de notre Seigneur, disant que toutes choses dans les cieux et sur la terre donneront gloire à Dieu ; et alors sera réalisée la promesse divine qu'il n'y aura plus ni mort, ni gémissement, ni cri, car les premières choses seront passées. — Apoc. 21 : 4 ; PS. 67.

19 Les faits réels et la doctrine philosophique 19

 Quand le grand Médiateur-Roi remettra au Père son œuvre terminée, lui rendra sa charge et son Royaume comme l'Apôtre l'explique en 1 Cor. 15: 24-28, quels résultats durables pourrons-nous espérer voir de l'œuvre rédemptrice du grand Médiateur envers l'humanité ?

 Cette œuvre accomplie sera :

 (1) Le sceau de la Nouvelle Alliance avec son sang précieux, rendant accessibles, à toute l'humanité, les dispositions miséricordieuses qu'elle contenait.

 (2) La réconciliation ou le retour à l'harmonie avec Dieu des membres d'un “ petit troupeau ”, d'une “ sacrificature royale”, zélés pour de bonnes œuvres, disposés à déposer leur vie pour le service de Dieu et qui, étant ainsi à la ressemblance de leur Sauveur auront, selon les dispositions divines, le privilège d'être ses cohéritiers dans le Royaume millénaire et participante de sa nature divine. — 1 Pierre 2 : 9, 10 ; Tite 2 : 14 ; ROM. 8 : 29.

 (3) La réconciliation, le rétablissement complet d'une terre remplie d'être humains parfaits, heureux — tous des humains trouvés désireux de recevoir la faveur divine dans les conditions divines ; tous ceux-là, le Médiateur les remettra au Père, non seulement pleinement rétablis, mais aussi pleinement instruite dans la justice et l'empire sur soi-même, et remplis de l'esprit de fidélité a Dieu, de l'esprit de sainteté, et en possédant les fruits bénis — la douceur, la patience, la bienveillance, la piété — l'amour. Dans cette condition, ils seront vraiment irrépréhensibles et irréprochables, capables de résister à toute épreuve.

 (4) La destruction de tous les autres membres de la race, comme étant indignes de toute faveur supplémentaire ; ceux qui occupent inutilement la terre (*), dont

(*) Matt. 13 : 7. — Trad.


 

20 La réconciliation

l'influence ne pourrait être profitable aux autres, et dont l'existence prolongée ne glorifierait pas leur Créateur.

 Ainsi, à la fin de l'Age millénaire, le monde sera complètement rentré dans la faveur divine, complètement en harmonie avec Dieu, telle que l'humanité était représentativement, dans la personne d'Adam, en harmonie avec Dieu, avant que la transgression n'eût fait son entrée dans le monde ; mais en plus, les hommes posséderont une expérience de grande valeur avec le mal ; car par lui, ils auront appris combien le péché est exécrable, et combien il est sage, profitable et désirable de pratiquer la droiture. De plus, ils posséderont aussi une connaissance plus vaste et la pratique plus étendue des divers talents et capacités que possédait l'homme à l'origine de la création, mais sans les avoir développés. Cette leçon sera profitable, non seulement à l'homme, mais aussi aux saints anges qui auront pu contempler l'équilibre parfait de la Justice, de l'Amour, de la Sagesse et de la Puissance de Dieu, réalisé à un degré qu'ils n'eussent pu autrement le concevoir comme possible. La leçon pleinement apprise par tous, nous pouvons le présumer, durera à toujours, elle servira à d'autres races, non encore créées sur d'autres planètes du vaste univers.

 Et quel sera le point capital de cette histoire qui sera racontée durant l'éternité ? Ce sera l'histoire de la grande rançon achevée au Calvaire et de la Réconciliation basée sur le don du prix correspondant, démontrant ainsi que l'Amour de Dieu est bien égal à sa Justice. En raison de l'importance de ce sujet de la Réconciliation, et aussi du fait qu'il est si imparfaitement compris par le peuple du Seigneur, en raison aussi des erreurs soutenues sur d'autres sujets qui empêchent d'avoir une conception convenable de cette importante question, nous nous proposons de la discuter dans toute son ampleur dans le présent volume, et de nous Informer concernant :

 (1) Jéhovah, l'Auteur du plan de la Réconciliation,

21 Les faits réels et la doctrine philosophique 21

 (2) le Médiateur qui accomplit le sacrifice de Réconciliation ; il est le dispensateur de toutes ses gracieuses dispositions qui doivent être appliquées à l'homme déchu,

 (3) le Saint Esprit, le canal ou moyen par lequel les bénédictions de la réconciliation avec Dieu seront apportées à l'humanité,

 (4) l'humanité, les hommes en faveur desquels ce grand plan de Réconciliation fut projeté,

 (5) la Rançon, le point central ou le pivot de la Réconciliation.

 En prenant ces sujets dans cet ordre que nous croyons être convenable et logique, nous espérons que la parole divine les rendra si clairs, si convaincants, si satisfaisants, qu'elle débarrassera nos esprits du brouillard, du mystère et des conceptions erronées qui ont jusqu'ici obscurci ce sujet de la Réconciliation, très important de l'avis général. Mais pour obtenir ces résultats désirables, il ne faut pas que nous abordions ces études, étant empêtrés dans les credo et les opinions des hommes. Il faut que nous nous considérions libres de tout préjugé, prompts, bien disposés et sans inquiétude, pour être enseignés de Dieu, désireux de désapprendre ce que nous avons accepté jusqu'ici simplement de nos propres conjectures ou des suggestions des autres, et qui n'est pas d'accord avec la Parole de Dieu ; désireux aussi d'avoir tout le conseil de Dieu sur chaque détail de ce sujet. A tous ceux qui viennent ainsi, qui cherchent ainsi, qui frappent ainsi, le grand Instructeur ouvre la voie, et tous, “ ils seront enseignés de Dieu ” — Esaïe 54 : 13.

 

La Parole De Dieu

 

O PAROLE de Dieu, merveilleuse science !

Que de sagesse en ses feuillets ;

Bien que lus mille fois, de leur insénescence

Ils ne sont jamais dépouillés !

Chaque ligne est plaisir, perle chaque assurance

Pour quiconque aime ses discours.

Si le temps et le monde auront leur échéance,

Sa Parole dure à toujours.

 

O Parole de Dieu, merveilleuse et vivante !

Lampe que notre Père un jour

Alluma pour marquer la route captivante

Qui mène aux bras de son Amour !

Ses avis, ses. conseils sont droits et véritables ;

Ses jugements purs, sans détours ;

Si le monde et le temps ne sont point immuables,

Sa Parole dure à toujours.

 

O Parole de Dieu, merveilleuse et féconde !

En elle est notre seul salut ;

Elle met dans le cœur conviction profonde

Et montre d'où l'homme déchut.

Elle indique un Sauveur et sa croix efficace

Et le pardon notre secours ;

Si le monde et le temps disparaissent sans trace,

Sa Parole dure à toujours !

 

(Poème de l'Aurore N” 7)


ETUDE II

 L'AUTEUR DE LA RECONCILIATION

 

 

Le Tout-Puissant, Jéhovah. — Le Sauveur des pécheurs, par Christ. — “ Digne est l'Agneau ”. — “ Celui qui existe par lui-même ”. — Le “ Je suis ”. — Une fausse tradition. — Basée sur un faux. — L'unité du Père et du Fils vue scripturalement. — L'emploi scriptural du mot Jéhovah et du titre Eternel. — Le mot Dieu dans l'Ancien, Testament. — Dans le Nouveau Testament. — Le témoignage harmonieux de la Bible. — “ Celui qui m'a vu a vu le Père ”. — “ II n'a pas considéré comme une proie à ravir l'égalité avec Dieu ”. — “ Pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus- Christ”.

JÉHOVAH Dieu déclare qu'il est lui-même l'auteur du grand plan de Réconciliation maintenant en vole de développement, ainsi que nous venons de le voir ; cette œuvre commença au Calvaire et ne sera achevée qu'à la fin de l'Age millénaire, lorsque le Seigneur Jésus Christ, le médiateur de la Réconciliation, remettra au Père, la domination de la terre restaurée et entièrement soumise. De nombreuses déclarations des Ecritures sont d'accord avec cela, par exemple :

 “Je suis Jéhovah (*), ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Sauveur ”. “ Je suis Jéhovah, et hors de moi, il n'y a point de Sauveur ”. “ Je suis Jéhovah, ton Sauveur, et ton Rédempteur, le Saint de Jacob ”. “ Je suis Jéhovah, ton Dieu, dès le pays d'Egypte ; et tu n'as pas connu d'autre Dieu que moi, et il n'y a pas de Sauveur hors de moi”. “ Au seul Dieu, notre Sauveur, gloire, majesté, force et pouvoir dès avant tout siècle, et maintenant, et pour tous les siècles ! Amen ! ”

 Et encore :

(•) Référence Strong N° 3068 (Yehôvâh). — Trad.

24 La réconciliation

“ Nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants ”.— Esaïe 43 : 3, 11 ; 60 : 16 ; Osée 13 : 4 ; Jude 25 ; 1 Tim. 4 : 10 ; Tite 1 : 3 ; 2 : 10.

Si cette pensée était pleinement acceptée — à savoir que le Tout-Puissant, Jéhovah lui-même, est le Sauveur, l'Auteur du grand plan de salut et l'exécuteur de ce plan au moyen de ses agents et représentants de bonne volonté — elle libérerait beaucoup de gens des conceptions erronées ayant trait aux rapports qui existent entre le Père céleste et son Fils céleste dans l'œuvre du salut de l'humanité. Elle ne laisserait aucune place à l'opinion presque blasphématoire sur la question, soutenue par un nombre considérable de chrétiens de nom, d'après laquelle le Père céleste se serait mis en colère, cherchant à faire mourir ou à torturer l'homme pécheur ; le Fils céleste, notre Seigneur Jésus, plein d'amour et de miséricorde (qui feraient défaut au Père, selon cette conception) se serait interposé et aurait satisfait à la rancœur et au courroux du Père en recevant les coups de la colère à la place de l'homme ; Jéhovah serait maintenant apaisé, simplement parce qu'étant juste, il ne peut pas exiger de nouveau du pécheur ce qui a déjà été payé par le précieux sang de Christ. Plus vite ceux qui soutiennent cette conception erronée et horrible s'en seront débarrassé, et plus favorable sera la perspective de leurs progrès dans les choses spirituelles, dans la connaissance, la grâce et l'amour du vrai Dieu.

Le point de vue exact de la question nous présente le Père céleste parfait dans tous les attributs de noblesse du caractère ; partait dans sa justice, car lui-même ne peut enfreindre la juste sentence de sa loi de justice ; parfait en sagesse, de sorte que son plan et ses dispositions non seulement à l'égard de la création de l'homme mais aussi en ce qui concerne le salut de l'homme, la

25 L'Auteur de la réconciliation

Réconciliation, etc., furent tous si complets qu'aucune éventualité ou qu'aucun échec ne pourrait survenir, que rien ne nécessitera un changement quelconque du plan divin ; n'est-il pas écrit “Je suis le même, je ne change pas, dit l'Eternel ”, et, “ De tous temps le Seigneur connaît toutes ses œuvres ” ; il est parfait aussi dans son amour, en ce qu'il n'est pas possible qu'un plus grand amour existe, et encore, que cet amour est en équilibre parfait avec les autres attributs divins, de manière qu'il ne lui est possible d'épargner le pécheur que d'accord avec le programme de justice tracé par la sagesse divine ; Dieu est parfait également en puissance, de telle sorte que tous ses bienveillants desseins, ses bonnes intentions, son juste programme et ses projets pleins d'amour, parfaitement coordonnés, seront exécutés et produiront les résultats prévus à l'origine ; ainsi qu'il est écrit : “ Ma parole qui sort de ma bouche... ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira. ce pour quoi je l'ai envoyée ”. — Es. 55 : 11 : Mal. 3 : 6 ;Actes 15 : 18.

Quand nous voyons ainsi, du point de vue scriptural, que le grand Jéhovah lui-même est l'Auteur du salut qui nous est apporté par notre Seigneur Jésus, cela nous conduit à mieux honorer et à mieux aimer notre Dieu Tout-Puissant, sans diminuer en rien l'honneur, l'amour et l'estime dans lesquels nous tenons et par lesquels nous révérons notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Nous voyons, en effet, dans le Fils céleste, l'image du Père céleste et reconnaissons en Lui “ le Messager de l'Alliance ” par qui toutes les bénédictions renfermées dans le contrat d'alliance de Jéhovah doivent être apportées à l'humanité, et sans qui on ne peut obtenir aucune des bénédictions divines. D'accord avec cette pensée que notre Seigneur Jésus agit en toutes choses comme le représentant du Père, Jéhovah, dans l'œuvre de salut, notons les déclarations suivantes des Ecritures :

26 La réconciliation

“ Lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été manifestés. II nous a sauvés (5.)... par le lavage de la régénération et le renouvellement de l'Esprit saint qu'il a répandu richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur” (D).). — Tite 3 : 4-6.

 “ C'est Lui que Dieu a exalté par sa droite, prince et Sauveur, afin de donner la repentance à Israël, et la rémission des péchés ”. — Actes 5 : 31.

“ Et nous avons vu et témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde ”. — 1 Jean 4 : 14.

 “ Paul, apôtre de Jésus Christ, selon le commandement de Dieu notre Sauveur et de Jésus Christ, notre espé rance ”. — 1 Tim. 1:1.

“ Cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur... car il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Christ Jésus”. — 1 Tim. 2 : 3, 5.

Notons aussi les propres paroles de notre Seigneur Jésus sur ce sujet :

“ Le Père n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu'il condamnât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par Lui ”. — Jean 3 : 17 (Voir note Crampon — Trad.).

“ Je ne puis rien faire, moi, de moi-même, je juge selon ce que j'entends”. — Jean 5 : 30.

“ Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous [les disciples] envoie ”. — Jean 20 : 21.

 “ Mais quant à ce jour-là et à l'heure [où le Royaume céleste serait établi], personne n'en a connaissance, pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais le Père ”. — Marc 13 : 32.

“ Les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ”. — Actes 1 : 7.

 “ Les œuvres que moi, je fais au nom de mon Père, celles-ci rendent témoignage de moi ”. — Jean 10 : 25 (D.)

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“J'envoie sur vous la promesse de mon Père”. — Luc 24 : 49.

“ Je suis venu au nom de mon Père ”. — Jean 5 : 43.

“ C'est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme mon Père me les a dites”. — Jean 12 : 50 (S.).

“ Mon Père est plus grand que moi ”. — Jean 14 : 28-

“ Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ”. — Jean 20 : 17.

DIGNE EST L'AGNEAU QUI FUT IMMOLE ”

 Notre Seigneur Jésus nous a lui-même donné, dans le dernier livre de la Bible, la “ Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée, pour montrer à ses serviteurs ” (Apoc. 1:1), un magnifique tableau de ce sujet de la Réconciliation, illustrant le plan général de la rédemption de l'homme par l'affranchissement du péché et de sa malédiction. On le trouve en Apoc. 5. On y voit le Père céleste, l'Ancien des Jours, assis sur le trône céleste, ayant dans sa main un rouleau écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux. Ce rouleau représente le plan divin connu du Père seul, Jéhovah lui-même ; il le garde en son pouvoir seul — dans sa propre main — jusqu'à ce que quelqu'un soit prouvé digne de le connaître, et d'en devenir l'exécuteur comme agent et représentant honoré de Jéhovah. Le tableau symbolique continue en montrant que jusqu'au moment où notre Seigneur Jésus souffrit pour nous au Calvaire, “ le juste pour les injustes” afin qu'il nous amenât à Dieu”, personne n'avait jamais été trouvé (prouvé) digne de prendre en main le plan de Dieu et même d'en comprendre le contenu.

 Mais lorsque notre Seigneur Jésus eut prouvé sa fidélité au Père céleste par son obéissance, non seulement en

28 La réconciliation

s'humiliant pour prendre la nature humaine afin de souffrir la mort, mais aussi en obéissant “ même jusqu'à la mort” et, qui plus est, “ même jusqu'à la mort [ignominieuse] de la croix ”, alors et par ce moyen, Il se prouva digne de toute confiance et de tout crédit .Comme l'Apôtre le déclare ; “ C'est pourquoi aussi Dieu l'a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus, se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres” (Phil. 2: 9-11). C'est à cette étape que le tableau que nous considérons (Apoc. 5 : 9-13) montre notre Seigneur Jésus comme l'Agneau qui avait été immolé, à qui l'hommage fut rendu, et qui fut proclamé :

 “ Digne est l'Agneau ! ”. “ Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation ”. Ainsi nous est dépeinte l'élévation suprême accordée au représentant du Père céleste, au

“ Messager [serviteur] de l'Alliance ”. A cause de son humilité, de sa complète soumission et de sa totale obéissance à la volonté du Père, il est désormais proclamé participant au trône du Père, et par le propre arrangement du Père, la proclamation fut faite à travers toutes les armées célestes : “ Digne est l'Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse et force, et honneur, et gloire, et bénédiction ”, et finalement, “ toute créature ” saisira la pensée que Jéhovah a très hautement élevé son Fils, l'unique Engendré, qu'il l'a associé même avec Lui dans le Royaume et a publié leur approbation en disant : “ A celui qui est assis sur le trône [de l'univers — Jéhovah] et à l'Agneau, la bénédiction, et l'honneur, et la gloire, et la force — aux siècles des siècles ! ”. Il n'est donc pas surprenant que, désormais, selon les Ecritures, tous les hommes honoreront le Fils élevé comme ils honorent le Père qui l'a ainsi hautement élevé. — Jean 5 : 23.

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L'Apôtre déclare que cette glorification de Jésus fournit un exemple de la loi divine disant que “ Celui qui s'abaisse sera élevé ”. Mais notons aussi dans cette figure symbolique (v. 13) que l'exaltation de notre Seigneur Jésus Christ à la gloire, à l'honneur, à la puissance et à la domination, n'implique pas que le Père céleste abdique le trône céleste en sa faveur, ni que le Père et le Fils sont une seule et même personne, car deux personnes sont identifiées, le Père, comme toujours, ayant la première place en honneur et en gloire. Ceci nous rappelle encore les paroles de notre Seigneur : “ Je vous [mes disciples] confère un Royaume comme mon Père m'en a conféré un” (Luc 22 : 29). Il dit encore à ses fidèles disciples : “Celui qui vaincra.., je lui donnerai de, s'asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j'ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône” (Apoc. 3 : 21).

 Comme preuve supplémentaire que toute l'œuvre de rédemption est du Père, bien que par le moyen du Fils notons la déclaration de l'Apôtre que Dieu, “ aux fins de ces jours-là, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses [promises] par lequel aussi, il a fait les mondes, qui, ...ayant fait par lui-même la purification de nos péchés, s'est assis à la droite de la Majesté [Jéhovah] dans les hauts [lieux] étant devenu d'autant plus excellent que les anges ”. Le même Apôtre ajoute : “ Nous avons un tel Souverain Sacrificateur qui s'est assis à la droite de la Majesté des cieux [Jéhovah] comme ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur [Jéhovah] a dressé, non pas l'homme ” Le même Apôtre déclare encore : “ Cet homme [notre Seigneur Jésus] ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis à perpétuité à la droite de Dieu” (Heb. 1 : 2-4 ; 8 : 1 ; 10 : 12).. Il nous exhorte encore à “ fixer les yeux sur Jésus, le Chef (*) [“ Starter ”, celui qui

(*) Voir note Darby. — Trad.

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donne le départ. — Trad.] et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu ”. En outre, il nous exhorte à considérer “ le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire ” et ” l'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l'opération de la puissance de sa force, qu'il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d'entre les morts ; — et II l'a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir : et II a assujetti toutes choses sous ses pieds” (Héb. 12 : 2 ; Eph. 1 : 17-22). L'Apôtre Pierre dit encore de notre Seigneur Jésus “ qu'il est à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges et autorités, et puissances lui étant soumis [par le Père] ”. — 1 Pierre 3 : 22.

Tous ces divers passages de l'Ecriture indiquent très clairement que la très haute exaltation de notre Seigneur Jésus Christ, est la récompense du Père accordée au Fils pour son obéissance extraordinaire et pour avoir fait la preuve qu'il possédait l'esprit d'amour du Père, en se sacrifiant en faveur des pécheurs ; mais ils n'indiquent ni que le Seigneur Jésus était le Père, ni qu'il a été élevé pour se substituer au Père sur le trône céleste, ou dans l'affection et l'adoration rendues par ses créatures intelligentes. Au .contraire, ils montrent expressément que le Père céleste est supérieur en honneur et en puissance, qu'il est le bienfaiteur qui a glorifié et exalté ainsi le Fils, et l'a fait asseoir à sa droite même, c'est-à-dire à la place de faveur éminente, et l'a appelé à prendre part à son trône ou domination du royaume céleste, les anges et toutes les armées des cieux lui étant assujettis. En vérité, le langage quelquefois employé au sujet de la haute exaltation de notre Seigneur Jésus et de la plénitude de pouvoir que lui accorda le Père est si fort, qu'en

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une occasion l'écrivain inspiré estima très opportun d'appeler l'attention sur le fait qu'aucune de ces déclarations relatives à sa haute élévation n'impliquait en aucun sens qu'il était ou l'égal du Père ou son supérieur ; c'est pourquoi, parlant du règne millénaire de Christ, il dit : “ Car il faut qu'il [Christ] règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds : le dernier ennemi qui sera aboli, c'est la mort. Car, il [le Père] a assujetti toutes choses sous ses pieds [ceux du Fils]. Or, quand il [le Père] dit que toutes choses lui sont assujetties [au Fils], il est évident que c'est à l'exclusion de celui [le Père] qui lui a assujetti toutes choses [au Fils]. Mais quand toutes choses [terrestres] lui [au Fils] auront été assujetties, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui [le Père] qui lui [au Fils] a assujetti toutes choses, afin que Dieu [le Père] soit tout en tous”. — 1 Cor. 15 : 25-28.

 “ CELUI QUI EXISTE PAR LUI-MEME ”

 Le Dieu Tout-puissant s'est attribué personnellement le nom de Jéhovah et l'a proclamé. Jéhovah signifie “Celui qui existe par lui-même” ou “l'Immortel”. C'est ainsi que nous lisons sa déclaration faite à Moïse :

“ Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme [sous le nom de] le Dieu Tout-Puissant [Supérieur] mais je n'ai pas été connu d'eux par mon nom Jéhovah ” (Ex. 6:3). Dieu fut plus tard reconnu parmi son peuple sous ce nom, Jéhovah. Ce dernier est employé des centaines de fois dans l'Ancien Testament, mais il est caché dans une grande mesure au lecteur anglais par une erreur des traducteurs qui l'ont rendu par “ Lord ” (Seigneur — Trad. (*)). Cependant, lorsque ce mot désigne

 (*) En langue française, les versions Crampon, Pirot et Clamer (cath. rom.) traduisent bien par Jéhovah (Yahweh : voir Note 4 - Cr. Gen. 2 : 4) partout dans l'Ancien Testament. Ajoutons que, dans le N,T. quand le mot “ Seigneur ” s'applique à Dieu, Jéhovah de l'A.T., la version de Darby le signale par un astérisque * devant le mot Seigneur (Ex. Matth 1 : 20). Voir note : SIGNES ET ABREVIATIONS, avant Genèse (D. — éd. De 1916 ou celle de 1908 —- Trad.). Voir aussi les notes de bas de pages, par ex. : Gen. 1 : 1 (a) ; Gen. 2 : 4 (b) ; .Gen. 14 : 18 (f), etc., etc... Nous utilisons donc Crampon dans cette partie du sujet. — Trad.

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le nom sacré, Jéhovah, on peut le reconnaître facilement, parce que “ LORD ”, dans ce cas, est toujours imprimé en petites capitales maigres.

Ainsi, dans le premier Commandement donné à Israël, l'Eternel dit : “ Je suis Jéhovah, ton Dieu... Tu n'auras point d'autres dieux [puissants] devant ma face [comme mes égaux] car moi Jéhovah, ton Dieu; je suis un Dieu jaloux” — Ex. 20 : 2-5.

Moïse déclare encore : “ Ecoute Israël : Jéhovah, notre Dieu, est seul Jéhovah. Et tu aimeras Jéhovah, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme et de toute ta force” (Deut. 6: 4-5). Ce passage est précisément celui que notre Seigneur Jésus lui-même recommanda comme étant l'essence même de la vérité. Quand on lui demanda quel était le plus grand commandement, il dit en citant ce passage : “ Tu aimeras le Seigneur [Jéhovah], ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée : c'est là le grand et premier commandement ” (Matth. 22 : 38). Nous lisons encore : “ Je suis Jéhovah ; c'est là mon nom ; et je ne donnerai pas ma gloire [honneur] à un autre ” (Es. 42 : 8). Que le contexte n'échappe pas à notre attention, car cette déclaration positive que le nom Jéhovah est exclusivement celui du “ Père des Lumières en qui il n'y a aucune ombre de variation ”, suit immédiatement sa proclamation prophétique du Messie comme Fils-serviteur honoré et élu de Jéhovah, disant : “ Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon esprit sur lui ; il fera valoir le jugement à l'égard des nations... Il ne se lassera pas, et il ne sera pas brisé (D. — note) jusqu'à ce qu'il ait établi le juste jugement sur la terre ;

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et les îles s'attendront à sa loi. Ainsi, dit Jéhovah, l'Eternel, moi, Jéhovah, je t'ai appelé en justice ; et je tiendrai ta main, et je te garderai, et je te donnerai pour être une alliance du peuple, pour être une lumière des nations, pour ouvrir les yeux aveugles, pour faire sortir de la prison [la mort] le prisonnier, et du cachot ceux qui sont assis dans les ténèbres, Je suis Jéhovah : C'EST LA MON NOM ”. — ES. 42 : 1 à 8.

 LE NOM JEHOVAH S'APPLIQUE UNIQUEMENT AU PERE DE GLOIRE

 On prétend parfois que le nom Jéhovah s'applique dans l'Ecriture à notre Seigneur Jésus et qu'il n'est donc pas le nom distinctif et spécial du Père céleste. C'est une erreur ; mais dans l'intérêt général, nous allons examiner ici les passages que d'aucuns supposent appuyer cette prétention. Nous montrerons que ces textes ne contredisent pas les passages des Ecritures cités précédemment et déclarant que le nom Jéhovah est le nom véritable et exclusif du grand “ JE suis”.

(1) Le texte sur lequel on s'appuie principalement pour prouver que Jéhovah peut être à bon droit considéré comme étant le nom de Christ Jésus, est : “ Je susciterai à David un Germe juste, et il régnera en roi et prospérera et exercera le jugement et la justice dans le pays... Et c'est ici le nom dont on l'appellera : “ L'ETERNEL NOTRE JUSTICE ”. — Jér. 23 : 5, 6.

Il s'agit évidemment ici de notre Seigneur Jésus (Voir note D. — Trad.) et de son Règne millénaire et le nom en hébreu est Jéhovah-Tsidkenu. Comment expliquer cela ? Simplement comme ceci : Les traducteurs, dans leur zèle à trouver un passage où le nom Jéhovah fût appliqué à Jésus comme lui appartenante*), nous ont

 (*) Voir la note “ trinitaire ” suggestive de Glaire et Vigoureux, au v. 5 — Trad.

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donné une interprétation médiocre. Aucune difficulté n'apparaîtrait s'il avait été traduit par : “ C'est ici le nom dont on l'appellera : Notre Justice de Jéhovah ”. Et comme ce nom convient à l'œuvre et à la charge de notre Seigneur Jésus ! N'a-t-il pas été le représentant de la Justice de Dieu et n'a-t-il pas souffert le châtiment infligé par la Justice pour payer la rançon de l'homme, afin que Dieu puisse être juste tout en étant le justificateur de celui qui croit en Jésus ? Sûrement aucun nom ne pourrait être mieux approprié [Note 1].

On ne devrait pas perdre de vue que ce même nom précisément, Jéhovah Tsidkenu, se retrouve ailleurs dans les écrits du même prophète. Mais nos amis n'attirent jamais l'attention sur lui, et les traducteurs, quoique le rendant toujours par les mêmes mots français, ne les font pas ressortir en grandes majuscules comme dans l'autre cas. Pourquoi ? Parce que les passages connexes montrent que Jéhovah-Tsidkenu sera le nom de l'Eglise entière, la Nouvelle Jérusalem : “ C'est ici le nom dont on l'appellera [Jéhovah Tsidkenu] notre Justice de Jéhovah”. — Jér. 33: 16. [Note 1].

Ce nom conviendra à l'Eglise glorifiée, ainsi que tous peuvent s'en rendre compte : non seulement elle participe aux souffrances de son Seigneur pour la justice, “ accomplissant ce qui reste des afflictions du Christ ” (Col. 1 : 24 ; 1 Pi. 5 : 9), mais selon la promesse, elle aura part à toute la gloire de son Seigneur, comme une femme participe aux honneurs et au nom de son époux, exactement comme l'Eglise porte le nom de Christ comme membres de son Corps. — Apoc. 3 : 12 ; 19 : 17 ; 21 : 9.

Ces exemples-ci ne sont pas les seuls où le nom de Jéhovah est employé pour composer un autre nom.. Notez que la montagne sur laquelle Abraham offrit Isaac et où Dieu pourvut à un bélier pour le sacrifice à la place d'Isaac fut appelée par lui :

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“ Montagne de la Providence de Jéhovah“ . (“ L'Eternel pourvoira ”. S. — “ En la montagne de l'Eternel — Jéhovah — Il y sera pourvu ”. D. — Trad.) Jéhovah-Jîreh (Gen. 22: 14). Moïse appela l'autel qu'il avait édifié Jéhovah-Nissi, ou Bannière de Jéhovah (Exode 17 : 15). Gédéon bâtit un autel et lui donna le nom de Jéhovah-Shalom, La Paix de Jéhovah (Juges 6 : 23-24). Ezéchiel prophétisa d'une ville future dont le nom sera Jéhovah-Shammah — La Merveille de Jéhovah — Ezéch. 48 : 35 [Note 1].

(2) On a suggéré que lorsqu'il est rapporté que Jéhovah apparut à Abraham (Gen. 18: 1), puis à Moïse (Ex. 3 : 3-15), il s'agissait là de Jésus dans son existence pré-humaine et que, par suite, ce nom serait le sien. Nous répondons que ce raisonnement est sans fondement, que si le nom s'appliquait à un autre qu'au Père lui-même, cela ne ferait qu'indiquer qu'un tel serviteur était hautement estimé de Jéhovah et réellement traité pour la circonstance comme un économe ou représentant chargé d'exercer avec compétence la puissance divine. En Exode 3 : 2, il nous est dit clairement que celui qui représentait Jéhovah et se présenta sous le nom le plus distingué du Père “ Je suis ”, était l'ange [messager] de Jéhovah. Nous ne doutons pas un seul instant que ce messager honoré était “ la Parole” de Jean 1:1, notre Seigneur Jésus, dans sa condition pré-humaine. Mais on ne doit pas confondre le messager le plus élevé et le plus honoré avec celui qu'il représente, au nom de qui il parle et dont il exerçait la puissance qu'il transmit à Moïse.

(3) Esaïe 40 : 3 fait allusion à la mission de Jean-Baptiste : “ Préparez le chemin de Jéhovah ”. On nous prie de considérer ceci comme une preuve que Jésus n'est qu'un autre nom de Jéhovah. Mais nous répondons encore : Pas du tout ! Jésus fut effectivement le serviteur honoré de Jéhovah, et son représentant parmi les hommes

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dans toute l'acception du terme ; mais lui-même déclare : “ Le Père m'a envoyé ” ; “ Je juge selon ce que j'entends ” ; “ Je ne fais rien de moi-même ” ; “ Mon Père est plus grand que moi”. Nous devons croire le messager. Le fait est, comme nous l'avons déjà montré (*), que Jean-Baptiste ne faisait que préfigurer un plus grand Messager, à savoir l'Eglise chrétienne entière dans la chair, laquelle à son tour, introduirait le Christ, Tête et Corps, — dans la gloire spirituelle ; l'œuvre de ce Christ glorifié sera encore une nouvelle étape de la même grande œuvre qui doit préparer le chemin de Jéhovah et rendre glorieuse la place de ses pieds. — Voir 1 Cor. 15 : 24-28 ; Jean 6 : 57 ; 5 : 30 ; 8 : 18 ; 10 : 28.

(4) L'Apôtre parle du Seigneur Jésus comme du “ Seigneur de Gloire” (1 Cor. 2 : 8), et l'on nous demande de considérer cela comme une preuve qu'il est le Père, Jéhovah, parce qu'au PS. 24 : 7-10, ce dernier est appelé le “ Roi de Gloire ”. Nous répondons que des arguments mesquins du genre de celui-ci ne prouvent que la faiblesse de la théorie qu'ils prétendent soutenir. Notre Seigneur Jésus sera, en effet, dans toute sa majesté, un Roi de Gloire lorsque, pendant l'Age millénaire, il tiendra le sceptre de la terre au nom de Jéhovah et par sa puissance ; mais le même Apôtre inspiré montré clairement dans la même épître où il déclare Jésus “ Le Seigneur de gloire ”, que lorsque son Royaume aura atteint sa gloire suprême, il le remettra au Père “ qui lui a [au Fils] assujetti toutes choses afin que Dieu [le Père] soit tout en tous ”. — 1 Cor. 15 : 28.

(5) Dans deux des descriptions prophétiques imagées du Royaume millénaire de Christ, il est déclaré : “ Et il arrivera, à la fin des jours, que la montagne [royaume] de la maison de Jéhovah sera établie sur le sommet des montagnes [dominera les autres royaumes]... et beaucoup

(*) Vol. II, chap. 8.

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de peuples diront : Venez et montons à la montagne [royaume] de Jéhovah... et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers ”... “ Et il jugera au milieu des nations”.—Es. 2 : 2-4 ; Mich. 4 : 1-3,

On prétend que puisque Christ doit régner, juger et posséder le Royaume pendant le Millénium, le nom Jéhovah devrait être ici considéré comme celui de Christ. Nous répondons : Non, pas du tout ! Il ne faut pas oublier que toutes les bénédictions viennent du Père, quoique, toutes, elles soient par le Fils (1 Cor. 8:6). C'est ainsi que notre Seigneur Jésus nous a enseigné dans sa prière modèle : “ Notre Père qui es aux cieux, que Ton Règne vienne, ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ” (Matt. 6 : 10). Cela est également montré dans d'autres passages en rapport (Mich. 4:8) où le Christ “ tête ” et “ corps ” — la Nouvelle Jérusalem est appelée la “ Tour du troupeau” à qui reviendra la domination première — perdue par Adam en Eden et rachetée par Jésus au Calvaire.

 (6) “ Et toi, Béthléem, Ephrata, ...de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, dont les origines ont été d'ancienneté, dès les jours d'éternité” (Mich. 5:2).

On nous demande d'accepter ces paroles comme preuve que Jésus était Jéhovah, d'éternité en éternité, parce que Moïse dit : “ Jéhovah... d'éternité en éternité tu es Dieu ”. — PS. 90 : 1, 2.

Nous répondons que cela revient à demander de tirer une déduction déraisonnable, en contradiction non seulement avec les centaines d'exemples de l'emploi du nom de Jéhovah dans d'autres passages des Ecritures, mais en contradiction également avec les parties du contexte dans lesquelles on trouve ces paroles. En lisant plus loin en Mich. 5 : 4, nous trouvons qu'il est dit du Messie : “ II se tiendra et paîtra son troupeau [le troupeau de Jéhovah — PS. 23 : 1] avec la force de Jéhovah, dans la majesté du nom de Jéhovah, son Dieu ”.

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Rien ne saurait être plus explicite sur ce sujet. Que signifient donc les paroles de Mich. 5 : 2 ? Nous répondons que c'est comme suit qu'on peut les bien comprendre : “ dont les origines ont été [prédites] d'ancienneté, d'éternité en éternité, [sa venue et son rôle messianique furent prévus et préparés dans le plan divin].

(7) On nous donne comme référence la prophétie du Royaume millénaire en Es. 25 : 6-9, et on nous demande d'accepter ce texte comme preuve que le nom Jéhovah est applicable à notre Seigneur Jésus, parce qu'il y est dit : “ Jéhovah des Armées fera, en cette montagne [royaume] à tous les peuples, un festin de choses grasses... Il engloutira la mort en victoire ; et le Seigneur, Jéhovah, essuiera les larmes de dessus tout visage ”.

 Non, répondons-nous ! Ce texte est loin de prouver une telle chose ! Il nous faut noter, en effet, que notre Seigneur, le Christ glorifié, est représenté comme la personne qui parle, et son œuvre de l'Age millénaire est brièvement résumée dans le premier verset de ce chapitre : “ Jéhovah, tu es mon Dieu, je t'exalterai [honorerai], je célébrerai ton nom ”. Ceci sera le résultat du règne millénaire, et à sa fin, toutes choses seront de nouveau assujetties à Jéhovah, dont la puissance, agissant par le Christ, lui assujettira toutes choses. Le Messie vient sur la terre comme le puissant serviteur et intendant de Jéhovah, Emmanuel, “ Dieu avec nous ”. Cette opinion est pleinement confirmée par l'Apôtre Paul, qui, après avoir cité cette prophétie et indiqué son accomplissement par la destruction de la mort adamique durant le Millénium, dit : “ Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire, [la délivrance, le triomphe] par notre Seigneur Jésus-Christ ”. — 1 Cor. 15 : 57.

 (8) On nous demande de considérer comme preuve que le nom Jéhovah appartient bien à notre Seigneur Jésus, le fait qu'il est appelé Merveilleux, Conseiller [ou guide ou modèle miraculeux], Dieu Fort, Père du siècle (ou d'éternité — Note D. — Trad.), Prince de Paix”. — Es. 9:6.

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 Nous examinerons plus loin la signification complète de ce verset ; nous faisons simplement remarquer sur ce point que rien de ce qu'il traite ne nous justifie à appliquer le nom Jéhovah à notre adorable Seigneur et Maître, Jésus. Remarquons, toutefois, que si telle avait été la pensée, il n'y aurait pas eu de meilleure occasion que celle-là pour ajouter le nom de Jéhovah aux autres titres.

Tout au contraire, le verset suivant même déclare : “ Le zèle de Jéhovah des armées fera cela [accomplira cette prophétie] ”. — v. 7.

 (9) “ Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur [Adonaï] Jéhovah viendra avec puissance et son bras dominera pour lui... comme un berger, il paîtra son troupeau”. — Es. 40 : 9, 10, 11.

 On nous dit qu'ici il s'agit sûrement d'un passage dans lequel notre Rédempteur est appelé Jéhovah. Mais nous répondons : Non, il est appelé ici le “ bras ” de Jéhovah, comme en d'autres endroits : le puissant Bras de Jéhovah “ dominera pour lui”, jusqu'à ce qu'il ait abattu toute autorité et tout pouvoir opposé à Jéhovah et à sa juste loi, jusqu'à ce qu'il ait “ produit en victoire le jugement ”, jusqu'à ce qu'il ait rendu glorieuse la place des pieds de Jéhovah [la terre est son marchepied] et ait remis le Royaume à Dieu, le Père ”. — 1 Cor. 15 : 24-28 ; Matt. 12 : 20.

Voici d'autres exemples dans lesquels notre seigneur Jésus est prophétiquement désigné comme le “ bras droit ” ou la force de Jéhovah :

 “ Qui a cru à ce que nous avons fait entendre [notre prédication] ? Et à qui le BRAS de Jéhovah a-t-il été révélé ? [Peu d'humains reconnaissent le bras de l'Eternel, durant cet Age — “ II n'y a pas beaucoup de grands ”, etc.] ... “ II est méprisé et délaissé des hommes ”. — Es. 53 ; Jean 12 : 38. 40

40 La réconciliation

“ Les îles s'attendront à moi et auront leur attente en mon BRAS ”. — ES. 51 : 5, 9. -

 “ Jéhovah a mis à nu le BRAS de sa sainteté aux yeux de toutes les nations [à l'établissement de son Royaume] et tous les bouts de la terre verront le salut de notre Dieu ”. — Es. 52 : 10.

“ Et son BRAS [celui de Jéhovah] le sauvera.. Et le Rédempteur viendra à Sion, et vers ceux qui en Jacob, reviennent de leur rébellion, dit Jéhovah” - Es. 59 : 15-20.

(10) En Jean 12 : 41, nous lisons : “ Esaias [en grec pour Isaie] dit ces choses parce qu'il vit sa gloire et qu'il parla de lui”. On nous demande de concéder que ceci s'applique probablement à Es. 6 : 1. Nous répondons que nous le croyons aussi, mais nous faisons remarquer que le mot hébreu rendu par Eternel (le Seigneur (D) — Trad.) dans ce verset n'est pas Jéhovah, mais Adonaï (*) Notre présente thèse est que le nom de Jéhovah ne s'applique vraiment qu'au Père céleste, bien qu'il puisse être appliqué à ses messagers spéciaux lorsqu'ils parlent ou agissent pour lui, en son nom, comme ses représentants.

Nous ne contestons pas non plus qu'Adonaï est parfois employé comme l'un des nombreux titres du Père céleste. Nous prétendons que, dans ce texte, il ne s'applique pas au Père, mais au Fils. D'une manière semblable, le même mot Adonaï est employé en allusion à Christ et à son royaume millénaire dans le PS. 2 : 4-9.

“ Le Seigneur [Adonaï] (Note D. — Trad.) s'en moquera. Alors II leur parlera dans sa colère, et, dans sa fureur il les épouvantera”... L'Eternel Jéhovah (voir Note de Gl. et Vig.) m'a dit : “ Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré ”.

Mais quelqu'un pourrait peut-être prétendre qu'Adonaï de Es. 6 : 1 concerne certainement la même personne que

 (*) Référence Strong N° 136 — Trad.

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Jéhovah des versets 3 et 5. Nous répondons : non : “ Le Messager de l'Alliance ”, le représentant de Jéhovah avait le droit d'être salué, avec des louanges, au nom du Père qu'il représentait. Remarquez encore qu'au verset 8, ce n'est pas Jéhovah qui donne le message et prononce le jugement, mais Adonaï, car le Père “ a remis tout jugement au Fils ”. — Matt. 23 : 34, 36, 38 ; Jean 5 : 22-27.

On pourrait citer d'autres exemples d'allusions faites à notre Seigneur Jésus en rapport étroit avec le nom de Jéhovah, et pourtant avec un autre terme employé en hébreu mais traduit par Seigneur dans la Version Commune (et dans nos versions françaises, par Seigneur ou par Eternel — Trad.). Notons la déclaration de Malachie : “ Voici, j'envole mon messager et il préparera le chemin devant moi et le Seigneur [Adon(*), de la même racine qu'Adonaï] que vous cherchez viendra soudain à son temple, et l'Ange (Messager — Trad.) de l'alliance en qui vous prenez plaisir, — voici, il vient, dit l'Eternel Jéhovah des armées... Il purifiera les fils de Lévi, et les affinera comme l'or et l'argent, et ils apporteront à l'Eternel [Jéhovah] une offrande en justice ”. — Mal. 3 : 1 à 4.

Une autre allusion familière de ce genre se trouve dans le magnifique Psaume messianique qui déclare : “ Tu es plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres ; c'est pourquoi Dieu t'a béni à toujours... Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité, c'est un sceptre de droiture, que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice et tu as haï la méchanceté ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons”. Puis l'Eglise est appelée la fille du Père, et l'Epouse, la femme de l'Agneau, et elle est exhortée à la révérence envers le Fils du Roi, son Seigneur. “ Le Roi désirera ta 'beauté, car II est ton Seigneur,

(*) Référence Stronq N” 113 — Trad.

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[Adon, non pas Jehovah] : adore-le ” Ps 45 :2 11 - Héb. 1: 8, 9 ; 1 Cor. 11 .- 3 ; Eph. 5 : 23 ; Jean 5 :23.

 (11) On nous prie de considérer la déclaration faite par Esaïe (8: 13, 14) comme une preuve que le nom de Jehovah s'applique convenablement à notre Seigneur Jésus. On lit : “ L'Eternel [Jehovah des armées] lui, sanctifiez-le, et que lui soit votre crainte et lui, votre frayeur” L’accent est porté sur le verset suivant qui, sans spécifier QUI, déclare: “II sera pour pierre d'achoppement et rocher de trébuchement aux deux maisons d'Israël”.

 Nous ne pouvons admettre ceci comme preuve, car tout au contraire, le contexte montre une troisième partie (entre Jehovah et le Prophète), à savoir notre Seigneur Jésus qui dit : “ Lie le témoignage, scelle la loi parmi mes disciples. Et je m'attendrai à Jehovah... Me voici, moi et les enfants que Jehovah m'a donnés ”. — Es. 8 : 16-18 comparer avec Héb. 2 : 13.

 (12) On présente le Ps. 110 comme preuve que notre Seigneur Jésus est appelé Jehovah dans l'Ecriture Nous répliquons qu'aucun argument ne pourrait être avancé qui y soit plus étranger ou plus faux. Au contraire c'est l'inverse qu'il prouve : “ Jehovah dit à Adon : Assieds-toi a ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds... Adonaï à ta droite, [celle de Jehovah] brisera ”, etc., et encore : “ Jehovah a juré et ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours selon l'ordre de Melchisédec ”. — Ps. 110 : 1, 4, 5.

Quiconque ne peut voir que le personnage dont il est parlé est exalté à la droite de Jehovah ou position de faveur suprême, et fait sacrificateur d'un nouvel Ordre est certainement aveuglé par son préjugé. Nous le renvoyons pourtant à l'interprétation de ces paroles par notre Seigneur Jésus, montrant qu'il est lui-même l'Adon le Seigneur de David, exalté par son Seigneur, Jehovah — Matt. 22 : 44, 45.

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 L'Apôtre Pierre, parlant sous l'influence Ai saint Esprit à la Pentecôte, fit la même application de ces paroles. Et l'Apôtre Paul, y fait aussi allusion dans le même sens. Actes 2 : 34 ; Héb. 1 : 13 ; 10 : 12, 13.

 (13) Notre Seigneur Jésus étant reconnu comme le Grand Instructeur, on prétend que c'est lui qui a accompli la prédiction : “ Tous tes fils seront enseignés de Jéhovah” (Es. 54 : 13). En réponse et contradictoirement, nous renvoyons aux propres paroles de notre Seigneur Jésus. Il cita ces paroles mêmes du Prophète dans son discours, et montra clairement qu'il n'était pas et ne prétendait pas être le Jéhovah de cette prophétie. Ses paroles furent : “ II est écrit dans les prophètes : Et ils seront tous enseignés de Dieu. Quiconque a entendu le Père, et a appris de lui, vient à moi”.— Jean 6 : 45.

 Le Père lui-même, le grand Jéhovah, n'est pas seulement le grand Législateur mais aussi le Grand Instructeur de sa propre loi. Tous ses fils intelligents verront enfin que son propre grand plan de salut de l'homme renferme les plus sublimes manifestations possibles de ses attributs de Justice, d'Amour et de Sagesse combinés entre eux, chacun d'eux restant pourtant parfait, inviolé.

 Notre Seigneur Jésus fut et est encore le Grand Instructeur des hommes établi par le Père céleste, qui est lui-même le Maître-Instructeur suprême au-dessus de tous. C'est précisément ce que proclama et enseigna notre cher Rédempteur. Ne déclara-t-il pas publiquement que ses enseignements étaient des choses qu'il avait déjà apprises du Père, disant : “ Moi, je dis ce que j'ai vu chez mon Père ”? “ Ma doctrine [enseignement] n'est pas mienne, mais de celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine, si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même... mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai ”. “ La parole que vous entendez, n'est pas la mienne, mais celle “ du Père qui m'a envoyé”. “ Je leur ai donné ta parole”.

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 “Ils on gardé ta parole.. “Sanctifie-les par ta (Darby, note) vérité, ta parole est la vérité ”. — Jean 7 : 16-18 ;8 : 38 ; 14 : 24 ; 17 : 6, 14, 17.

Notre Seigneur désigna également des instructeurs spéciaux, sous sa direction, les Apôtres; et d'autres encore dans l'Eglise pour être des instructeurs et des bergers subalternes du troupeau de l'Eternel, leur enjoignant ceci: “Paissez mes brebis”; “paissez mes agneaux”. “ prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l'Esprit saint vous a établis surveillants, pour paître l'Eglise de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre [Fils bien-aimé] ” (Actes 20: 28). Toutefois aucun de ces instructeurs ne devait enseigner de doctrine de son cru qui serait forcément de la “sagesse de ce monde”. Les membres du peuple de Dieu devaient être tous enseignés de Jéhovah et nul ne peut être un véritable instructeur s'il ne présente aux hommes les paroles, le plan et le caractère de Jéhovah comme les idéaux de vérité et d'excellence. Ce faisant, on attire nécessairement l'attention sur “les doctrines de Christ” et “les doctrines de l'Apôtre” qui toutes n'étaient que l'expression et les enseignements de la grande et éternelle loi du Père.

 Contrairement à certains qui s'intitulent aujourd'hui instructeurs, ni notre Seigneur Jésus, ni ses apôtres n’essayèrent l'originalité et n'y prétendirent. Notre Seigneur Jésus ne dit-il pas humblement et d'une manière si admirable : “ Je ne fais rien de moi-même, mais que selon que le Père m'a enseigné, je dis ces choses” (Jean 8 : 28). Pouvons-nous être étonnés si quelqu'un qui fut trouvé si humble et si loyal envers Jéhovah pouvait être, et le fut, récompensé par de si grands honneurs et par une élévation si souveraine en puissance à la droite du Père ? Le témoignage inspiré nous montre que notre Seigneur- Jésus apprît admirablement les leçons enseignées par le Père : “ quoiqu'il fût Fils, a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes”. — Héb. 5:8; Phil. 2 : 8.

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 De plus, l'Eternel montra par les prophètes que Jésus, le Grand Instructeur nommé par le Maître-Instructeur, Jéhovah, serait lui-même enseigné de Jéhovah ; et afin qu'il pût devenir “ un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle ” pour l'humanité, et faire la preuve qu'il était digne d'être “ le chef de notre salut ”, il était nécessaire qu'il fût rendu parfait par les expériences des choses qu'il a souffertes (Héb. 2 : 9, 10). Notez avec quelle clarté les prophéties suivantes déclarèrent longtemps à l'avance que notre Seigneur serait enseigné de Jéhovah, qu'il apprendrait bien les leçons, et manifesterait l'amour pour la loi et l'obéissance au Législateur ” :

 “ Le Seigneur Jéhovah [Adonaï Jéhovah] m'a donné la langue des savants [instruits], pour que je sache soutenir par une parole en sa saison celui qui est las. Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour" que j'écoute comme ceux qu'on enseigne. Le Seigneur Jéhovah [Adonaï Jéhovah] m'a ouvert l'oreille et moi, je n'ai pas été rebelle et je ne me suis pas retiré en arrière [de ses enseignements]. J'ai donné mon dos à ceux qui frappaient, et mes joues à ceux qui arrachaient le poil ; je n'ai pas caché ma face aux opprobres et aux crachats ”. — Es. 50 : 4-10 ; 53 : 11 ; Matt. 26 : 67 ; 27 : 26, 30.

 Ecoutez encore à ce sujet le témoignage de l'Eternel concernant la préparation de notre Seigneur Jésus à la haute fonction de Souverain Sacrificateur royal pour l'humanité :

 “ L'esprit de Jéhovah reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte [révérence] de Jéhovah. Et son plaisir sera la crainte de Jéhovah ; et Il ne jugera pas selon la vue de ses yeux ” ; car il a été ému de compassion de nos infirmités et c'est pourquoi Il est à même de secourir tous ceux qui s'approchent de Dieu par lui — son Eglise maintenant, et bientôt le monde, pendant son Règne millénaire. — Es. 11 : 1 à 10 ; Héb. 2 : 18.

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Une prophétie montre aussi le Messie disant : “ Tu me feras connaître le chemin de la vie ”. “ Je bénirai Jéhovah qui me donne conseil ”. Ces expressions se trouvent dans des passages cités par les Apôtres comme s'appliquant à notre Sauveur, “l'homme Christ Jésus” (PS. 16: 7-11). La prophétie confirme ainsi l'exposé de l'Evangéliste : “L'enfant [Jésus] croissait et se fortifiait en esprit (note Darby) étant rempli de sagesse : et la faveur [bénédiction] de Dieu était sur lui... Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes ”. — Luc 2 : 40, 52.

Ayant examiné les textes les plus convaincants de la Bible avancés sur ce sujet, nous avons la certitude que les Ecritures n'autorisent pas l'usage du grand nom Jéhovah pour l'appellation d'aucun autre être que notre Père Céleste ; nous sommes certains qu'elles en restreignent l'emploi et interdisent qu'il soit appliqué à un autre.

Chacun peut comprendre combien il convient que le Tout-Puissant ait décrété qu'il soit reconnu comme le centre de l'autorité, de la sagesse, de la justice, de l'amour et de la puissance, car telle est la vérité ; toute autre chose serait faux et dans cette mesure, mauvais, nuisible. Nous venons de voir d'après les citations des propres paroles de notre Seigneur, et de celles des Apôtres Instruits spécialement par lui et inspirés du saint Esprit après la Pentecôte, qu'aucun d'entre eux ne laissa jamais entendre que le Père Céleste et le Fils céleste étaient un, en une personne [être], ni qu'ils étaient égaux en gloire et en puissance, comme l'enseignent, sans l'autorité divine, les confessions de foi et les catéchismes des hommes.

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Néanmoins, le Père Céleste n'a manifesté aucune jalousie devant la grandeur de son grand Serviteur en Chef, le “ Messager de l'Alliance, en qui vous prenez plaisir ” ; au contraire, il l'a hautement exalté afin qu'il fût le plus élevé après lui-même en dignité et en honneur. Ecoutons les paroles de notre Seigneur Jésus lui-même : “ Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci (le Père) fasse, cela, le Fils aussi de même le fait. Car le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu'il fait lui-même, et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'admiration. Car comme le Père réveille les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu'il veut ; car aussi le Père ne juge personne, mais Il a donné tout le jugement au Fils ; afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père qui l'a envoyé ”. — Jean 5 : 19-23.

Ce n'est seulement qu'après avoir clairement compris la déclaration scripturale concernant le grand Auteur du Plan de Réconciliation, Jéhovah, et saisi la distinction qu'il y a entre Lui et son Serviteur honoré, “ L'Unique Engendré du Père ”, son “ Fils bien-aimé ”, dans l'œuvre de la Réconciliation, que nous sommes bien préparés à comprendre le sens philosophique de la Réconciliation. C'est en grande partie à cause de la confusion des idées au sujet du Père et du Fils qu'un très grand nombre de chrétiens sont tout à fait embrouillés sur la question de la Réconciliation, et par suite, en danger de perdre leur foi en cette doctrine fondamentale et de la. plus haute importance de la révélation divine.

L'Apôtre Paul présente très clairement et avec force la question de la relation entre le Père et le Fils à l'égard de notre rédemption, en disant : “ II n'y a point d'autre Dieu qu'un seul ”... “ pour nous, Il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour Lui, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui” (1 Cor. 8 : 4, 6). Autrement dit, il n'y a

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que le seul et éternel Dieu Tout-Puissant, l'Auteur et la Source de toutes choses, à qui nous appartenons, et il n'y a qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui le Père Céleste exécute toutes les diverses parties importantes de son plan. C'est en notre Seigneur Jésus et par lui seul que nous avons obtenu la rémission des péchés, par la foi en son sang ; c'est par lui que nous avons accès auprès du Père et que nous avons la grâce dans laquelle nous demeurons fermes, nous réjouissant dans l'espérance de la gloire de Dieu. — Rom. 5:1.

UNE TRADITION DES PERES REPOSANT SUR UNE “INVENTION “ (UN FAUX) — UNE INTERPOLATION

 Nous examinerons dans d'autres chapitres la grandeur et la dignité de notre Seigneur Jésus-Christ par qui l'œuvre entière de la Réconciliation a été et sera accomplie, et le grand honneur qui lui échoit, non seulement depuis qu'il a racheté le monde, mais aussi le grand honneur et la haute dignité qui lui appartenaient avant qu'il devînt le Rédempteur du monde. Nous cherchons, maintenant, à distinguer clairement quelque chose qui concerne le grand Auteur du plan ; cependant, étant donné que les conceptions générales de la chrétienté sont fortement embrouillées par ce qui est connu sous le nom de “ Doctrine de la Trinité ” — doctrine que ses défenseurs les plus déclarés admettent ne pas comprendre et qu'ils ne peuvent ni comprendre ni expliquer —, il convient donc que nous examinions ici les textes de l'Ecriture qui, suppose-t-on, donneraient quelque apparence de Vérité ou un certain support à cette doctrine des hommes si confuse, à laquelle la Parole de Dieu n'accorde aucune autorité. Nous avons déjà attiré l'attention sur divers passages des Ecritures qui déclarent expressément qu'il n'y a qu'un seul Dieu Tout-Puissant, et non deux, ni trois, ni davantage. Nous attirons maintenant l'attention sur le fait que le terme “ Trinité ” ne

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se trouve pas dans les Ecritures, pas plus qu'aucun mot d'une signification équivalente ; on n'y rencontre même pas la moindre déclaration, qui, même déraisonnablement, puisse être interprétée comme signifiant une telle chose. En vérité, ceux qui soutiennent la doctrine de la Trinité, en essayant d'expliquer leur idée personnelle, s'embrouillent désespérément eux-mêmes et embrouillent aussi leurs auditeurs. Ils déclarent tout d'une haleine qu'il n'y a qu'un seul Dieu (parce que les Ecritures insistent si positivement sur ce point qu'on ne peut l'ignorer) et, cependant dans le même temps, ils déclarent qu'il y a trois Dieux (parce qu'ils sont engagés dans cette théorie par les “ traditions des pères ” transmises depuis les origines de la Papauté).

 Mais comment pourrait-il y avoir trois Dieux et cependant n'y en avoir seulement qu'un seul ? S'il y a trois Dieux “ égaux en puissance et en gloire ” comme l'enseignent les catéchismes, il est donc inexact de dire qu'il n'y a qu'un Dieu. S'il n'y a qu' “ un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses ”, comme l'affirme St Paul, et si, comme Jésus l'a déclaré, le Père est plus grand que son Fils honoré ; et si le Père a ressuscite des morts son Fils bien-aimé et l'a exalté, honoré, et lui a destiné un Royaume, et si finalement le Fils remettra le Royaume au Père, afin que le Père puisse être tout en tous, alors il ne peut pas être vrai qu'il y ait plusieurs Dieux d'égale puissance. Néanmoins, nous montrerons d'une manière décisive dans le chapitre suivant que notre Seigneur Jésus-Christ est un Dieu, mais que, s'il est vrai qu'il doit être honoré, comme le Père est honoré, et qu'en l'honorant, nous honorons le Père qui l'a exalté, cependant toutes les Ecritures sont unanimes pour affirmer péremptoirement qu'il n'y a qu'un seul Dieu Tout-Puissant, le Père de tous. Comme le déclare l'Apôtre : “ Le Chef de la femme, c'est l'homme, le chef de l'homme c'est Christ, et le chef de Christ, c'est Dieu ”. — 1 Cor. 11:3.

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On ne trouve dans la Bible qu'un seul passage, et un seulement, qui paraît vaguement impliquer la doctrine d'une Trinité de Dieux, et tous les érudits admettent aujourd'hui que ce passage est apocryphe, qu'il est une Interpolation. C'est pourquoi il est omis dans la Version révisée (anglaise — trad.) du Nouveau Testament, bien que chacun des traducteurs de cette version était un trinitaire, pour autant que nous le sachions. Bien qu'ils eussent aimé conserver ce passage, leur unique appui scriptural (et dans ce cas, bien vague quant à son expression), ils ne purent en toute conscience, le faire.

Les traducteurs de la Version Commune (anglaise) ne méritent d'ailleurs aucun blâme d'avoir inséré cette Interpolation, parce qu'à l'époque de cette traduction il était impossible de reconnaître son caractère apocryphe. Depuis cette traduction, des centaines de manuscrits grecs anciens ont été découverts, mais aucun de ceux qui sont antérieurs au septième siècle ne contient ce passage qui soutient la Trinité. Les érudits, sans égard aux tendances des confessions de foi, ne nient donc pas que les mots apocryphes furent insérés pour étayer la doctrine de la Trinité, à une époque où la discussion de cette doctrine était générale dans l'Eglise et où ses défenseurs étaient embarrassés devant leurs contradicteurs, parce qu'ils n'avaient aucune preuve biblique à produire pour justifier leur théorie. Les termes apocryphes furent sans aucun doute interpolés par quelque moine zélé outre mesure, qui, convaincu personnellement de la vérité de la doctrine, pensa que le saint Esprit avait commis une erreur en omettant cette question dans les Ecritures ; sans aucun doute, son intention fut de venir en aide, à Dieu et à la vérité pour vaincre une difficulté au moyen d'une fraude. Mais toutes suggestions de ce genre, à l'effet que Dieu ne nous a pas donné une révélation complète “ afin que l'homme dé Dieu soit parfaitement accompli ”, et qu'il est nécessaire d'y ajouter, proviennent de l'Adversaire

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comme le fut cette suggestion qu'il serait convenable de commettre une falsification, une invention pour produire un bien et rectifier l'erreur du Tout-Puissant. Le moine copiste ou le prêtre qui commit cette falsification, apparemment au début du septième siècle, aura beaucoup à répondre pour avoir ajouté à la Parole de Dieu et pour la mauvaise influence qu'une telle adjonction a exercée sur le peuple de Dieu qui, cherchant la vérité sur cette question, a été ainsi égaré par sa fraude.

 On trouve l'interpolation apocryphe en 1 Jean 5 : 7, ainsi conçue : “ car il y en a trois dans le ciel qui rendent témoignage, — le Père, la Parole et le saint Esprit, et ces trois sont un; et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre ”. Ces expressions, enlevées du texte, le laissent simple et facile à comprendre et tout à fait d'accord avec le reste des Ecritures ; mais si on laisse subsister cette adjonction telle qu'elle est demeurée pendant des siècles, il en résulte la confusion, car elle soutient une absurdité. Par exemple, si l'on conserve cette adjonction dans le texte, le sens serait que le Père, le Fils et le saint Esprit sont d'accord pour rendre témoignage dans le ciel que Jésus est le Christ. Quelle absurdité ! Qui, dans le ciel, est Ignorant du fait que Jésus est le Christ ? A qui seralt-il donc nécessaire au Père, au Fils et au saint Esprit de rendre ce témoignage ? A personne. Seulement, l'Adversaire avait là une bonne occasion de poursuivre son œuvre de corruption de la Vérité et il trouva un serviteur disposé à le servir.

Non seulement la Version Révisée omet ce verset, mais également toutes les versions modernes — l'Emphatic Diaglott, la traduction de la Bible Young, celle de l'Union Américaine de la Bible, la Version améliorée (*). Cette dernière déclare :

 (*) Versions françaises : Crampon (cath. rom.) Note : “ on ne trouve les mots entre [ ] dans aucun manuscrit grec antérieur au 15e siècle, et

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 “ Ce texte concernant les Témoins célestes ne se trouve dans aucun MS grec écrit antérieurement au cinquième siècle. Il n'est cité par aucun des auteurs ecclésiastiques grecs, ni par aucun des premiers pères latins, même quand les sujets dont il traite auraient pu les conduire naturellement à faire appel à son autorité : il est donc, de toute évidence, apocryphe ”.

 Le Commentaire critique de Lang, parlant de ce passage apocryphe, dit :

 “ Ce passage manque dans tous les MSS (*) grecs, et également dans le Codex Sinaïticus [le plus ancien des MSS. grecs connus] et dans toutes les anciennes versions, y compris les latines, jusqu'au huitième siècle ; [dans les MSS., écrits] depuis cette époque on trouve ce texte, sous trois variantes. Malgré les controverses trinitaires, pas un seul Père grec, ni aucun des anciens Pères latins de l'Eglise ne le cite ”.

La Concordance grecque et anglaise d'Hudson dit : “ Ces expressions ne se trouvent dans aucun MS. Grec avant le 15° ou le 16e siècle, ni dans aucune version antérieure ” 

Le passage en question est considéré comme une interpolation par les érudits en matière biblique de compétence

dans aucun manuscrit de la Vulgate antérieur au 8ème ”. La version catholique romaine PIROT ET CLAMER (reprise également par l'édition dite du Cardinal LIENART) note : “ 7b - 8a. Les mots entre parenthèses n'existent pas dans le texte original ; ils ne sont pas antérieurs au IV° siècle ”. Le nouveau Testament du chanoine E. OSTY indique en note : Certains manuscrits portent ici un verset longtemps considéré comme authentique : “ dans le ciel... terre ”.

Le Nouveau Testament catholique romain du Père BUZY déclare en note : “ Les mots entre [ ], qui expriment d'une manière splendide le dogme de la Trinité, sont tenus aujourd'hui pour non authentiques ” (Le lecteur tirera la conclusion qui s'impose ! — Trad.) La version catholique romaine de MAREDSOUS porte en note : Quelques manuscrits seulement, et de date récente, ajoutent : Ils sont trois... ciel... saint Esprit ”. [souligné par le Trad.] Les versions cathol. Sad (éd. 1759) et Glaire et Vigoureux les insèrent DANS le texte. DARBY, SYNODALE, SECOND ; N.T. RILLIET et N.T. de GOGUEL et MONNIER (protestantes) les omettent. Voir leurs notes très documentées. Les autres versions prot. : OST., MARTIN (1867), LAUS. les insèrent. — Trad.

(*) MSS. = manuscrits - Trad.

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reconnue : Sir Isaac Newton, Benson, Clark, Horne, Griesbach, Tischendorf, Trégelles, Lachman et Alford. Ce dernier déclare :

 “ A moins de se livrer à de pures fantaisies dans la critique du texte sacré, il n'y a pas l'ombre d'une base sérieuse pour admettre l'authenticité de ce passage ”.

 Le Dr. Constantin Tischendorf dit :

 “ Je considère comme une impiété le fait de continuer la publication de ce texte apocryphe comme s'il faisait partie de l'épître ”.

 Le Prof. T.B. Wolsey demande :

 “ La vérité et l'honnêteté n'exigent-elles pas qu'un tel passage soit extirpé de nos Bibles anglaises ? C'est un passage que Luther n'a pas voulu insérer dans sa traduction, et qui ne s'est glissé dans la Bible allemande qu'environ cinquante ans après sa mort”.

 Le Dr. Adam Clark, commentant ce passage, déclare :

“ II est probable que ce verset n'est pas authentique. Il n'existe dans aucun manuscrit de cette épître écrite avant l'invention de l'imprimerie, à l'exception du Codex Monfortii, appartenant au Collège de la Trinité de Dublin. Les autres, qui omettent ce verset, sont au nombre de cent douze. Il est omis dans les deux Syriaques, dans tous les MSS. arabe, éthiopien, sahidique, arménien, slave, etc., en un mot dans toutes les versions anciennes, à l'exception de la Vulgate ; et, même beaucoup de copies les plus anciennes et les plus correctes de cette version ne l'ont pas. On ne le trouve pas non plus dans aucun des Pères anciens grecs, et même dans la plupart des latins ”.

 Wesley, le fondateur du Méthodisme, s'efforça de défendre la, doctrine de la Trinité ; pourtant dans un de ses sermons portant sur ce texte, il cita les paroles de Servet :

“ J'hésite à employer les mots “ Trinité ” et “ personnes ”, parce que je ne trouve pas ces termes dans la Bible”, et à cette citation, Wesley ajoute : “ Je voudrais insister

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seulement sur les termes exacts, inexpliqués, tels qu'ils se trouvent dans le. texte”. Il s'attacha à prouver la doctrine de la Trinité, parce qu'il croyait à l'authenticité de ce passage falsifié ; l'on n'avait pas, à ce moment-là, l'information positive des MSS. anciens de la Bible dont la découverte est plus récente. Par exemple, à l'époque de la préparation de notre Version Commune (anglaise — Trad.) du Roi Jacques en 1611 ap..J.C., les traducteurs ne disposaient que de huit MSS. grecs et n'en avaient aucun de date antérieure au dixième siècle. Il existe maintenant (*) environ sept cents MSS., dont certains, spécialement le MS; du Sinaï et celui du Vatican N° 1209, sont très anciens, remontant à l'an 350 ap. J.C., environ.

 

 CE QU'ENSEIGNE L’ECRITURE AU SUJET DU PERE, DU FILS ET DE LEUR UNITE

 On doit faire une nette distinction entre une confession de foi en une Trinité et une confession de foi en l'Unité du Père Céleste, Jéhovah, du Fils Céleste, notre Seigneur Jésus-Christ, et du saint Esprit. La doctrine de la Trinité soutient que le Père, le Fils et le saint Esprit “ sont un en personne, égaux en gloire et en puissance ”, ainsi qu'on le trouve dans les confessions des Eglises. La Bible, tout en montrant l'Unité absolue, entre le Père et le Fils et le saint Esprit au cours des diverses étapes du grand plan de salut, s'oppose par contre catégoriquement à l'idée que le Père et le Fils sont un en personne, et nie qu'ils soient égaux en majesté et en puissance nous avons, en effet, montré précédemment, que c'est le Père qui a glorifié le Fils, l'a souverainement élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout autre nom, à l'exception toutefois du sien, le faisant son agent et représentant pour exercer “ tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ”.

(*) Ecrit en 1899 — Trad.

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 Tous les divers passages des Ecritures s'accordent à exposer que c'est le Père qui a envoyé le Fils dans le monde, et que le Fils, en vue de la joie qui lui était offerte par le Père, a souffert la croix et méprisé l'ignominie, qu'il fut le premier et l'unique Fils engendré du Père Céleste, et que lorsqu'il aura achevé l'œuvre que le Père lui a donné à faire, il rendra au Père le Royaume de la terre, à la fin de l'Age millénaire ; tous ces passages montrent en outre, ainsi que nous l'avons porté à l'attention, que le Fils reconnaît pleinement et avec joie qu'il est “ venu du Père ” ; qu'il “ n'est pas venu pour faire sa propre volonté ”, mais la volonté du Père ; que la puissance qu'il exerçait n'était pas la sienne propre, mais celle du Père ; il déclare en outre : “ Le Père est plus grand que Moi ”. Le prophète annonce qu'il est le Messager ou serviteur de l'Alliance, et non l'Auteur de l'Alliance ; le Nouveau Testament déclare, à maintes reprises, qu'il est le Médiateur de la Nouvelle Alliance — le seul Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Christ-Jésus qui se donna lui-même en rançon pour tous. Ces divers passages des Ecritures enseignent tous, d'une manière logique et harmonieuse, qu'il existe une distinction d'êtres, de gloire et de puissance, entre le Père; Céleste et le Fils Céleste ; par contre, ils enseignent une unité absolue et profonde dans le plan, dans la volonté, dans les desseins, car le Fils était digne d'être .l’exécuteur du plan grandiose de Jéhovah, parce qu'il n'avait aucune volonté propre, mais avait abandonnée sa propre volonté afin de pouvoir être rempli de l'esprit du Père et faire la volonté du Père en toutes choses ”—: Jean 6 :38,39

De plus, les mots mêmes de “ Père et de” Fils impliquent une différence et contredisent "les idées de Trinité et d'unité de personne, parce que le mot “ Père” Signifie “qui donne la vie”, tandis que le mot “ Fils ” désigne quelqu'un qui a reçu la vie d’un autre. Le Père Céleste n'a reçu la vie de personne ; Il est la source de vie,

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non seulement pour notre Seigneur, son Fils unique, mais par lui, la source de la vie pour toutes les autres de ses créatures. Tout ceci est entièrement d'accord avec le passage de l'Ecriture qui figure en tête de ce chapitre dans lequel l'Apôtre nie clairement que le Père et le Fils soient un seul et même être et égaux en puissance: “ Pour nous il y a un seul Dieu, le Père, de qui sont toutes choses... et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses ”. — 1 Cor. 8:6.

Le lecteur réfléchi discernera immédiatement l'harmonie et la simplicité scripturales de l'opinion présentée ici, tandis que tous admettront que la doctrine de la Trinité n'est susceptible d'aucune compréhension ou explication raisonnable. Ses plus ardents défenseurs l'admettent et, au lieu de s'efforcer de faire l'impossible chose de l'expliquer, ils éludent la discussion, prétendant que c'est “ un grand mystère” inexplicable. Cependant, si étrange que cela paraisse, cette doctrine, de trois Dieux en un seul Dieu, qui, non seulement, n'a aucune base biblique, mais est condamnée par la Bible de la Genèse à l'Apocalypse, à la fois directement et indirectement, et qui est si opposée à la raison qu'elle en est même insensée, est pourtant une doctrine fortement retranchée parmi les chrétiens, même parmi les protestants, qui affirment leur foi en la Bible et qui protestent contre tous enseignements qu'on ne trouve pas en elle. Pourquoi en est-il ainsi ? C'est là, répondons-nous, un des mystères ténébreux dont s'est servi Satan par le moyen de la Papauté, pour obscurcir la Parole, le caractère et le plan de Dieu. Ainsi qu'il est écrit : “ Le dieu de ce monde a aveuglé les pensées des incrédules, pour que la lumière de l'évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu, ne resplendît pas pour eux ”. — 2 Cor. 4 : 4. Satan a plongé obscurcissant les desseins et falsifiant les mystères pour le pauvre monde dans l'aveuglement, et voilé la doctrine, empêcher ceux qui ont trouvé l'Eternel de parvenir à une claire connaissance de la vérité.

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 Satan pourrait-il d'ailleurs avoir un intérêt quelconque à faire briller la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ ? Ne chercherait-il pas plutôt à rabaisser la gloire de Christ ? Nous répondons que la politique de Satan a toujours été de dénaturer la vérité, de présenter la Bible sous un faux jour, et de faire paraître déraisonnables et contradictoires ses enseignements afin d'empêcher d'humanité de voir la grande beauté, le caractère raisonnable et l'harmonie qui existent dans le plan divin et dans la Parole de Dieu. Plus Satan peut faire pénétrer d'absurdités dans les conceptions humaines relatives au Créateur, mieux il réussira à éloigner du service de Dieu ceux qui sont d'esprit raisonnable et logique ; et plus il réussira à rendre déraisonnables les credo des hommes, plus il détruira, dans la même proportion, la foi chez ceux qui défendent ces credo et plus il favorisera la simple crédulité, au lieu de la foi authentique.

Ainsi, pendant des siècles, le grand Adversaire a travaillé avec le plus grand succès à éliminer de l'Eglise les gens les plus raisonnablement disposés, et à y rassembler la classe des plus crédules, des plus superstitieux, de ceux qui ne savent pas raisonner. Il a couvert et a caché certaines des vérités les plus précieuses sous les erreurs les plus spécieuses et les plus abjectes, empêchant ainsi le peuple de Dieu de faire des progrès rapides. Mais, grâce à Dieu, nous vivons aujourd'hui à une époque où le voile de l'ignorance se désagrège, et où les enfants de Dieu apprennent à détourner leurs regards des credo formés pour les asservir durant les Siècles de ténèbres, et à s'adresser directement à la Parole de Dieu elle-même.

Cette lumière, hélas ! vient trop tard pour beaucoup, surtout pour les sages de ce monde : ils ont tellement confondu les credo et la Bible qu'en rejetant les premiers, ils rejettent aussi cette dernière et, au lieu de chercher la lumière de la Parole de Dieu, ils sont davantage enclins

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à l'ignorer ou à la rejeter, pour s'appuyer sur leurs propres conceptions, sur des philosophies humaines. Le résultat est que la haute-critique (ou critique historique — Trad.), l'évolution, la science chrétienne, la théosophie et les autres théories qui rejettent la Bible, font aujourd'hui de rapides progrès, tandis que les credo anciens s'écroulent ou sont abandonnés. Une minorité seulement de gens ont appris que l'erreur n'est pas dans la Bible mais dans les credo, et cherchent les “ anciens sentiers ” et “ la foi qui a été une fois enseignée aux saints ”. — Jér. 6 : 16 ; Jude 3.

Comment la doctrine de la Trinité a-t-elle jamais pu prendre une telle extension parmi les chrétiens si elle n'était pas l'enseignement de l'Eglise primitive ? N'est-elle pas l'une des plus anciennes doctrines de l'Eglise qui remonte au troisième siècle ? Si, répondons-nous, la doctrine de la Trinité prit naissance, eut son petit commencement dans les second et troisième siècles. Il est tout à fait évident à quiconque veut sonder les Ecritures sans parti-pris, que la doctrine de la Trinité ne fut acceptée en aucun sens et à aucun degré durant le premier siècle, les écrits des Apôtres le montrent clairement dans le Nouveau Testament. La doctrine de la Trinité s'éleva d'une manière très naturelle, tout d'abord à cause de l'esprit combatif.

Au premier siècle, les apôtres enseignèrent avec force que Christ était non le Père, ni Jéhovah, mais le Fils, de Jéhovah, le Messie envoyé dans le monde pour le bénir, et pour établir le Royaume de Dieu, et finalement pour faire sortir l'ordre de la condition du péché et du désordre. A la déclaration qu'il était le Fils de Dieu d'autres déclarations furent opposées : les unes que Jésus était un imposteur, d'autres qu'il était seulement un homme de bien ; certaines qu'il avait eu une naissance miraculeuse, mais n'avait jamais eu de pré-existence, d'autres enfin soutinrent la vérité, à savoir qu'il avait eu une

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pré-existence comme Fils de Dieu sur un plan spirituel, qu'il devint le Fils de Dieu sur le plan humain, afin de racheter l'humanité et qu'il est maintenant souverainement élevé au point que tous ont l'ordre d'honorer “ le Fils comme ils honorent le Père ”. Mais, fait bien connu, des dispositions agressives conduisent .à l'exagération ; par suite, il arriva que beaucoup de ceux qui essayaient de réfuter les diverses vues erronées relatives à notre Seigneur allèrent à l'autre extrême, ils prétendirent qu'il était le Père, Jéhovah lui-même.

Le Dictionnaire religieux dont le Rév. Dr. Lyman Abbott, trinitaire déclaré, fut l'un des compilateurs et éditeurs dit à la page 944 :

 “ Ce ne fut qu'au début du quatrième siècle que l'idée trinitaire commença à être élaborée et formulée comme doctrine, que l’on s'efforça d'harmoniser avec la croyance de l'Eglise en un Dieu unique... En essayant de résoudre ce problème, on fit jaillir la doctrine de la Trinité... La Trinité est un aspect caractéristique très marqué de l'hindouisme, et on la retrouve dans les mythologies perse, égyptienne, romaine, japonaise, indienne et dans les mythologies grecques les plus anciennes”.

La conception de l'existence de plus d'une divinité était commune dans les temps anciens chez toutes les nations, à l'exception d'une seule, Israël. Comme chacun le sait, la mythologie grecque est pleine de divinités dont beaucoup ont pratiquement la même puissance. La conception juive d'un seul Dieu semblait ridicule aux Grecs et impliquait une pénurie de dieux. Il semblait donc que la conception trinitaire serait rapidement acceptée parmi les Gentils convertis. Elle était un compromis entre la conception générale du monde, appelée polythéisme (la croyance en plusieurs dieux) et le monothéisme (la doctrine d'un seul Dieu) soutenu par Israël. L'idée de déclarer qu'il y a (rois Dieux et de prétendre dans le même temps qu'ils ne sont qu'un seul et même Dieu, fut sans aucun

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doute considérée comme un coup de maître par les théologiens d'alors ; cela permettait d'harmoniser les vues de nombreux convertis parmi les Juifs avec les sentiments généraux des Gentils qui, ainsi le désirait-on, devaient être satisfaits et introduits dans l'Eglise. D'une manière semblable, la “ mariolâtrie ” (culte de la Vierge Marie) fut Introduite pour se concilier, satisfaire et adapter la superstition qui, depuis longtemps, était en honneur chez les païens à l'égard d'Isis, de Diane et d'autres déesses qui avaient leurs millions d'adorateurs. On doit se rappeler qu'à l'époque où ces doctrines furent introduites, les conducteurs de l'Eglise avaient abandonné leur espérance en la seconde venue du Seigneur pour établir son Royaume, et avaient acquis une nouvelle espérance, à savoir, celle de convertir le monde et d'établir par ce moyen l'Eglise terrestre en Hiérarchie, ou Royaume de Dieu, dans lequel un représentant ou pape régnerait à la place de Christ comme son vicaire (*).

 L'acceptation générale de la doctrine de la Trinité et la ténacité avec laquelle elle est soutenue, proviennent de la crainte superstitieuse inculquée au peuple par le clergé romain, et plus tard par le clergé protestant également, sous la menace impliquée que quiconque nie la Trinité s'engage tout droit sur le chemin de la torture éternelle. En même temps, on admet que cette doctrine est incompréhensible, et que, par conséquent, personne n'y croit réellement, parce que personne ne peut véritablement croire à une chose incompréhensible. Diverses doctrines et pratiques, non seulement du protestantisme, mais aussi du catholicisme, sont un démenti à la doctrine de la Trinité : notez, par exemple, que tous les protestants prient le Père, “ au nom de Jésus ”, “ pour l'amour de Jésus”, etc., reconnaissant ainsi qu'ils sont deux

 (•) VOIR ETUDES DANS LES ECRITURES, VOL. II, CH. 9 ET VOL. III, CHAPITRE 4. /

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personnes séparées, et non un seul être. Les catholiques romains admettent, d'une manière semblable, la distinction de personnes, car ils prient les saints inférieurs d'intercéder pour eux auprès de Marie ami qu'elle puisse intercéder pour eux auprès de Jésus, et que Jésus, à son tour, intercède pour eux auprès du Père.

 Les protestants ont reçu de la papauté, cette fausse doctrine au cours des Siècles de ténèbres. Ils y sont si fermement attachés et la soutiennent avec tant de ténacité, que la croyance en cette doctrine incompréhensible, déraisonnable et antibiblique, constitue un critérium d'orthodoxie. Quiconque la repousse est considéré comme un hérétique, non seulement par l'Eglise de Rome, mais par la plus haute autorité protestante, l'Alliance évangélique. La Vérité est puissante et finira par triompher ; néanmoins, Dieu a laissé subsister, jusqu'aujourd'hui des conditions telles qu'elles sont des épreuves de caractère et de loyauté envers Dieu, et envers sa Parole chez ceux qui déclarent être ses enfants, enseignés de lui. Il appartient donc à tout chercheur de vérité d'agir honnêtement envers lui-même et envers la Parole du Père Céleste, laquelle est seule capable de nous rendre sages à salut. Rappelons-nous que seule, la vérité sanctifie, et qu'au contraire, l'erreur tend toujours au mal.

 DIEU LE PERE ET DIEU LE FILS

 Voici peut-être le moment propice de présenter et d'examiner quelques textes des Ecritures que l'on suppose être en faveur de la doctrine de la Trinité, quoiqu'ils ne la formulent pas.

 (1) On prétend qu'il est parlé de Jésus comme de Dieu, et qu'il n'y a qu'un seul Dieu ; qu'en conséquence Dieu le Père et Dieu le Fils sont deux noms désignant le même être. Examinons cette question à la lumière de la

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Parole divine, en n'acceptant rien à l'avance comme définitif, mais en faisant à chaque pas la preuve de notre démonstration. Nous travaillons avec le désavantage que presque tous les traducteurs de l'Ancien Testament n'ont pas été exacts ou uniformes en traduisant les divers noms de la divinité (*). Par exemple :

 APPELLATIONS DE LA DIVINITÉ DANS L'ANCIEN TESTAMENT

 (1) Le nom “ Jéhovah ” n'est convenablement rendu que quatre fois, là où il semblait impossible de faire autrement (Ex. 6 : 3 ; PS. 83 : 18 ; Es. 12 : 2 ; 26 : 4); il est traduit en anglais par God (Dieu) 298 fois, et par Lord (Seigneur ; les vers, fses par Eternel — Trad.) plus de 5.000 fois.

 (2) Le titre Adonaï, généralement bien traduit par Lord (Seigneur et en français par Seigneur ou Eternel — Trad.) l'est une fois par God (Dieu).

 (3) Le titre Adon est traduit par Sir, Master, Lord (Maître, Seigneur).

 (*) II semble que les Trinitaires qui ont traduit la Version commune (anglaise —, Trad.) craignirent de rendre partout le nom de Jéhovah comme un nom propre, de peur que les gens ne se rendent compte du fait que nie la théologie, savoir : que le titre Jéhovah n'appartient qu'au grand “ JE SUIS ”, le Père. De même, la traduction anglaise de Leeser, faite à l'intention des Juifs, voile le mot, peut-être par crainte que certains juifs ne soient choqués par quelques-uns des rares emplois du mot examiné précédemment.

Le Juif préfère et emploie le mot Seigneur, espérant probablement que ses correligionnaires juifs reconnaîtront que le mot Seigneur ne s'applique qu'à Jéhovah, qu'ils éprouveront de ce fait quelque ressentiment envers ceux qui parlent de Jésus comme “ notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ”, expression que ces Juifs considèrent comme un blasphème.

 Les traducteurs trinitaires ont probablement préféré employer le mot Seigneur au lieu de Jéhovah, afin que les chrétiens habitués a se servir du mot Seigneur comme un titre de notre Sauveur Jésus, puissent, en lisant l'A.T., penser que c'est généralement de lui et non du Père, Jéhovah, qu'il y est question.

[Les versions Crampon et l'édition Liénart (cath. rom.) conservent “ Yahweh ” Dieu à partir du chapitre 2 de Genèse. Voir note intéressante de l'Abbé Crampon sur Gen. 2 : 4. Lire (en anglais) le chapitre IV, pp. 22 à 29 (“Le nom incommunicable ”) de The Emphasized Bible (version Rotherham) — Trad.]

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(4) Le mot elohim avec ses modifications eloah, elah et el se rencontre plus de 2.500 fois. Les plus fréquentes allusions sont à Jéhovah, mais dans beaucoup de cas, avec une bonne exactitude évidente, ils sont appliqués à d'autres, les contextes déterminant donc, de qui il s'agit. Nous donnerons des exemples tirés des Ecritures qui rendront la chose parfaitement claire et prouveront qu'elohim signifie puissant. Ce nom est appliqué, d'une manière tout à fait appropriée, à Jéhovah, parce qu'il est Tout-Puissant. Il est appliqué convenablement à tous les anges, parce qu'ils sont puissants, et que, lors de leurs visites à l'homme, rapportées dans l'Ancien Testament, ils étaient spécialement puissants, parce qu'ils représentaient Jéhovah, le Tout-Puissant. De grands hommes, des personnages influents furent également appelés à propos des elohim — puissants. Le terme elohim {*) est employé soit au singulier, soit au pluriel selon les exigences du texte.

Ce sont là des faits, et nos citations de la Version Commune de la Bible les justifieront entièrement; ainsi seront démontrées la convenance et la conformité avec la Bible de parler de notre Seigneur Jésus-Christ comme Dieu [elohim}, comme Adon [Maître, Seigneur] et comme Adonaï [mon Seigneur], et cependant jamais comme Jéhovah.

 ELOHIM [PUISSANTS] TRADUIT PAR “ ANGES ”

 Psaumes 8 : 5 “ Tu [Jéhovah ”, v. 1] l'as fait de peu inférieur aux anges [élohim], et tu l'as couronné de gloire et d'honneur”.

Nous avons ici une traduction exacte d'élohim, car l'Apôtre inspiré le traduit ainsi par le grec aggelos [pron. Angelos] lorsqu'il parle de l'humiliation à laquelle

 (•) Référence Strong N° 430 — Trad.

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notre Seigneur consentit : “ Tu l'as fait un peu moindre que les anges ”. — Héb. 2 : 7, 9.

 ÉLOHIM [PUISSANTS] TRADUIT PAR ” DIEUX ”

 En parlant des faux dieux des païens, le mot élohim '[puissants] est employé 196 fois, et fort à propos, car ils étaient puissants et exerçaient de l'influence sur leurs. adorateurs.

 JÉHOVAH LE [TOUT-PUISSANT] ÉLOHIM COMPARÉ AVEC D'AUTRES “ ÉLOHIM ” [PUISSANTS]

PS. 86 : 6-8 : “ JÉHOVAH ” ! prête l'oreille à ma prière... quel d'entre les dieux [élohim — puissants] est comme toi ”.

PS. 95 : 3 : “: JÉHOVAH est un grand Dieu [el — un puissant] et un grand Roi au-dessus de tous les dieux [élohim— des puissants].

 PS. 50 : 1 : “Le Dieu fort [litt. Dieu des dieux — et élohim — le puissant des puissants] JÉHOVAH a parlé ” [voir Note Darby à Genèse 14 : 18 — Trad.].

 PS. 29 : 1 : ” Rendez à JÉHOVAH, vous fils des forts [el— des dieux], rendez à JÉHOVAH la gloire de son nom, adorez JÉHOVAH dans la beauté de la sainteté ”.

Gen. 17 : 1 : ” JÉHOVAH apparut à Abraham et lui dit : Je suis le Dieu [el] Tout-Puissant ”.

Exode 15 : 11 : “ Qui est comme toi parmi les dieux [el, les puissants] ô JÉHOVAH ?”

Gen. 14: 22 : “ Abraham dit... j'ai levé ma main vers JÉHOVAH, le Dieu très-Haut [el] possesseur des cieux et de la terre ”.

PS. 96: 4 : “ JÉHOVAH est grand, et fort digne de louange ; il est terrible par-dessus tous les dieux [élohim — les puissants] ”.

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Ces cas suffisent comme exemples ; d'autres peuvent être trouvés par ceux qui les désirent et les recherchent.

 ÉLOHIM APPLIQUÉ A DES HOMMES

Dans les 196 traductions mentionnées plus haut du mot élohim par le mot dieux, la moitié probablement se rapporte à des hommes — à des puissants : rois, princes, nobles, etc., mais maintenant, nous allons relever quelques cas où le mot élohim est appliqué au peuple de l'Eternel.

 Gen. 23 : 6 : Abraham est appelé élohim, le mot traduit par puissant dans la Version commune anglaise [prince dans D. — Trad.] : “ Tu es un puissant [élohim] prince parmi nous ”.

Ex. 7 : 1 :Moïse est appelé le dieu [elohim] de Pharaon : “ Je t'ai fait un Dieu [élohim] pour le Pharaon”.

Ex. 21 : 6 : Les juges d'Israël [gouverneurs, les puissants d'Israël étaient appelés élohim : “ Son maître le fera venir devant les juges [élohim] ” (Voir note Darby — Trad.).

Ex. 22 : 8, 10 : “ Si le voleur n'est pas trouvé, le maître de la maison sera amené devant les juges [élohim]... l'affaire des deux parties viendra devant les juges [élohim] ; celui que les juges [élohim] condamneront, fera compensation au double à son prochain”.

Ex. 22 : 28 : “ Tu n'outrageras pas les dieux (D. : les juges) [élohim]. Remarquez la confirmation de cette traduction par l'Apôtre Paul. — Act. 23 : 5.

 LES SAINTS APPELÉS ÉLOHIM

 PS. 82 : 6 : “ Moi j'ai dit : Vous êtes des dieux [élohim— des puissants], et vous êtes tous fils du Très-Haut. Mais vous mourrez tous comme un [autre] homme et

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vous tomberez comme un des princes [chefs] ”. Les saints doivent tous mourir, mais comme Christ Jésus leur “ Chef” (ou “ Tête”), en sacrifice, et non comme Adam pour son propre péché.

Ce passage fut cité par notre Seigneur Jésus, et appliqué à ceux qui ont reçu la Parole de Dieu de ses lèvres — ceux qui ont des oreilles pour “ entendre ”, et il s'applique toujours à la même classe (*). “ Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, considérés comme tels, en attendant par la grâce divine de “ devenir Participants de la nature divine ”. — Jean 10: 34, 35 ; 1 Jean 3 : 2 ; 2 Pi. 1 : 4. ,

 ÉLOHIM, TRADUIT PAR “ GRAND ”, “ FORT ”, ETC.

Ce mot est parfois Tendu par fort, puissance, grand, etc., quand il s'agit de choses inanimées, comme : “ grands [élohim — puissants] tremblements (1 Sam. 14 : 15 — version anglaise seulement — Trad.) ” : “ j'ai fortement [élohim] lutté ” (Gen. 30: 8) — Martin) ; “ Hautes [el — puissantes] montagnes ” (PS. 36 : 6 — S., D.) ; “ les forts .[el] d'entre les puissants (Ezéch. 32 : 21 — 0.) ; “ J'ai en ma main le pouvoir [el] ” (Gen. 31 : 29). .

 (*) Ce Psaume 62 tout entier paraît se rapporter à notre Seigneur Jésus comme le Libérateur et le Juge de la chrétienté, établi par Dieu, maintenant, au temps de sa Parousie. Nous Lui appliquons les paroles : “ Dieu [élohim. Christ nommé par le Père pour juger le monde mainte'nant] se tient dans l'assemblée des puissants [parmi les princes financiers, politiques et ecclésiastiques] ; il juge au milieu des (de ces] dieux [élohim —puissants]. II est d'abord représenté comme réprouvant ces princes et réclamant l'équité, mais “ils ne connaissent ni ne comprennent, ils marchent dans les ténèbres [car ce sera le résultat de leur politique] ; tous les fondements de la terre [la société] chancellent ”, telle est sa décision ; il est inutile de tenter de rapiécer les institutions actuelles, il faut qu'elles soient toutes “dissoutes”, afin que les nouveaux cieux et la nouvelle terre — le monde social nouveau — puissent les remplacer. Puis les vs. 6 et 7 s'adressent à son fidèle “ petit troupeau ”. Quand ils seront rassemblés — quand,, en mourant, tous les “ élus ” de l'Eglise auront passé au-delà du voile — alors Christ sera appelé; “Lève-toi, ô Dieu [élohim], juge la terre, car toutes les nations t'appartiennent ” (S). Ce sera pour établir son royaume qu'il mettra en branle* ses jugements, afin que, dans “ un grand temps de détresse, tel qu'il n'y en a jamais eu depuis qu'il existe une nation ”, il abaisse les orgueilleux, élève les humbles et inaugure les temps du rétablissement ” longtemps promis par tous les saints prophètes. — Actes 3 : 19-23.

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DIEU ” ET “ SEIGNEUR ” DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

 Dans le Nouveau Testament, la question est simplifiée par l'emploi de moins de mots ; mais on peut dire qu'il n'y a absolument rien dans les termes utilisés qui distingue le Père du Fils, lorsque ces termes sont traduits par Seigneur et Dieu(*). La question est souvent laissée au jugement du lecteur, et souvent indiquée par la forme de la phrase — sauf que là où le mot Théos est employé deux fois dans la même phrase, l'article prépositif grec est parfois utilisé de manière à donner le Dieu en contraste avec un Dieu. On trouve un exemple de ceci en Jean 1 : 1 : “ La Parole était avec le Dieu [ho theos] et la Parole était un Dieu [theos] ”. Mais l'étudiant attentif (sans préjugés) n'aura généralement aucune difficulté à déterminer la pensée de l'Apôtre ; le langage est en vérité si explicite que nous sommes étonnés d'avoir été aussi longtemps aveugles à cet égard.

Le mot Dieu, dans le Nouveau Testament, qu'il s'agisse de notre Père Céleste ou de son Fils Céleste, notre Seigneur Jésus, ou de faux dieux, est presque invariablement la traduction du mot grec Theos. Les exceptions sont celles du mot kurios, une fois traduit par Dieu, alors qu'il aurait dû l'être par Seigneur ou Maître, savoir en Actes 19 : 20 : et en Actes 17: 18 où daimonion est traduit par dieux, et aurait dû l'être par démons (**).

Le titre “ Seigneur ” (Lord, en angl.) appliqué à

 (*) En Matt. 1 : 20 (“ ...un ange du Seigneur ”), Darby porte en note : “ Seigneur, sans l'article dans le grec, pour Jéhovah (l'Eternel), ici et ailleurs ” — Trad.

(* *j Nos versions françaises traduisent correctement par Seigneur en Actes 19 : 20, et inexactement par divinités, en Actes 17 : 18, mais voir notes D., L. et S. — Trad. "'

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Jéhovah, ou à Christ, ou à l'homme, ou aux anges, est généralement la traduction du mot grec kurios qui signifie Maître, ou Seigneur. Il y a exception aux cinq endroits où “ Seigneur” est la traduction de despotes (*), alors qu'il aurait été beaucoup mieux rendu par Souverain ou Autocrate. Voici ces cinq cas :

(1) Luc 2: 29: “Maintenant, Seigneur [despotes], tu laisses aller ton esclave en paix” (Voir notre D. — Trad.).

(2) Actes 4: 24 (D.) : “ O Souverain ! [despotes] toi, tu es le Dieu qui a fait le ciel et la terre... Les chefs se sont réunis ensemble contre le Seigneur [kurios(*1)] et contre son Christ... car, en effet, contre ton Saint Serviteur Jésus que tu as oint... se sont assemblés ”.

(3) 2 Pi. 2 : 1 : “ des sectes reniant aussi le Seigneur [despotes] qui les a achetés ” ; (Voir note D.)

(4) Jude 4 : “ qui renient notre seul maître et Seigneur [despotes] Jésus-Christ” (Voir note D.).

(5) Apoc. 6 : 10 : “ Jusque à quand, ô Seigneur [despotes]... ne juges-tu pas et ne venges-tu pas notre sang ? ” (Bien traduit par Souverain, dans D. — Trad.).

Rhabboni [maître] est traduit une fois par Seigneur (en anglais: Lord), — Marc 10: 51 (voir Darby — et note S. —Trad.) (**).

Kurieuo [être des seigneurs] est traduit une fils par seigneurs”. — 1 Tim. 6: 15 — S. (Référence Strong N° 2961 — Trad.).

 LA DIVINITÉ (***) ;

Les traducteurs de notre Nouveau Testament firent un choix très malheureux en employant trois fois ce mot

(*) Référence Strong N° 1203 — Trad.

(*1) Kurios: Réf. Strong N” 2962 — Trad.

(**) Référence Strong N” 4462 — Trad.

(***) Ce § manque dans Ia première édition française du Volume V.

69 L'Auteur de la réconciliation

“ divinité ” pour traduire trois mots différents dont aucun n'a la signification qu'il suggère à l'esprit du lecteur ordinaire anglais [ou français — Trad.] à savoir, celle d'un Dieu ayant plusieurs corps mais une seule tête. Voici ces cas :

(1) Ho Theios est traduit par Divinité (*) en Act. 17 : 29 où l'on aurait dû le rendre par “ la Déitêé ”. “ Nous ne devons pas penser que la divinité [ho Theios (**) — la Déité] soit semblable à de l'or, ou à de l'argent, ou à de la pierre ”. Le même mot est traduit par divine dans les deux seuls exemples du Nouveau Testament, c'est-à-dire en 2 Pi. 1 : 3 et 4.

(2) Theiotès (***) est traduit par Divinité (en angl. Godhead) (*) en Rom. 1 : 20 où il devrait être rendu par Divinité (*) ou Déité (*) — “ sa puissance éternelle et sa divinité — [Theiotès — Déité ; voir note D.] ”. C'est la seule fois où l'on trouve ce mot dans le Nouveau Testament.

(3) Theotès (****) est traduit par dette CD.), divinité (S.), (en angl.: Godhead (*)) en Col. 2:9: “Car en lui habite toute la plénitude de la Déité [Théotès — Déité] corporellement ”. C'est le seul exemple de ce mot dans le Nouveau Testament.

Dans le Christ glorifié qui est le Chef, la Tête de l'Eglise, habite toute plénitude de sagesse, de grâce et de puissance, non seulement pour diriger toutes les affaires de l'Eglise, son corps, mais aussi comme le représentant du Père pour faire tout ce qui doit être fait pour poursuivre, jusqu'à achèvement complet, le grand plan divin commis à ses soins.

(•) Godhead : “ Etat ou qualité d'être un dieu. Dieu lui-même ”. _ Divinité : Larousse : “ Nature, Essence divine — Dieu lui-même, par extension”.

 Déité.: Nouveau Dict. des Synonyme” A. Sardou : “exprime l’idée de nature divine ”.

(**) Référence Strong, N° 2304 — Trad.

(***) Référence Strong, N° 2305 — Trad.

(****) Référence Strong, N” 2320 — Trad.

70 La réconciliation

TU ADORERAS LE SEIGNEUR TON DIEU ET TU LE SERVIRAS LUI SEUL ”

 (Matth, 4 : 10)

Certains prétendent que le fait que Jésus recevait l'adoration sans la repousser signifie qu'il est JEHOVAH. On imagine que les paroles citées plus haut impliquent qu'il est mal pour tout être, autre que Jéhovah, de recevoir l'adoration. Nous répondons qu'il n'en est rien ! Interpréter ainsi ces paroles, c'est leur donner une signification qu'elles n'ont pas, et les mettre en contradiction avec les enseignements d'autres passages. Le décret de Jéhovah. relatif à Christ : “ Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui t'appartiennent ” (S). Ce sera pour établir son royaume qu'il mettra en branle* ses jugements, afin que, dans “ un grand temps de détresse, tel qu'il n'y en a^ jamais eu depuis qu'il existe une nation ”, il abaisse les orgueilleux, élève les humbles et inaugure les temps du rétablissement ” longtemps promis par tous les saints prophètes. — Actes 3 : 19-23.

, avait déjà été rapporté par les prophètes, de même que celui-ci : “ Que tous les anges de Dieu l'adorent (PS. 2.: 7; 97: 7; Héb. 1 : 5, 6). Notre Seigneur Jésus le savait. Il savait aussi que les messagers angéliques de Jéhovah avaient, dans le passé, été adorés comme représentants de Jéhovah ; et que lui-même était le messager principal, le Fils unique engendré, “ le Messager de l'Alliance ” que le Père avait sanctifié et envoyé dans le monde : il savait, par conséquent, que quiconque l'honorait, honorait le Père également.

Ses propres paroles furent en effet : “ Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père qui l'a envoyé ”. — Jean 5 : 23 ; Mal. 3:1.

Le mot grec traduit par adorer (ou honorer) dans le Nouveau Testament est proskuneo (*) qui signifie “ baiser la main”, comme le chien lèche là main de son maître. La signification est celle de vénérer (“révérence”).

Dans l'Ancien Testament, adorer se dit shaw-kaw (**) et signifie se prosterner avec le sens de respect religieux (“révérence”). Ce mot s'y trouve 170 fois et, dans la.

(*) Référence Strong M” 4352 — Trad

('*) Référence Stronç N” 7812 — Trnd.

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moitié environ des cas, concerne l'adoration de Dieu. Mais ce fait est caché au lecteur anglais (comme au lecteur français — Trad.) par la traduction qui en est donnée 74 fois de se courber, s'inclina, révéra, rendit hommage, etc., quand il se rapporte à l'hommage rendu aux grands de la terre. Nous en donnerons quelques exemples : Abraham “ se prosterna ” [shaw-kaw] en terre, et dit : Seigneur (la vers. angl. donne “ Mes Seigneurs ” — Trad.) [Adonaï] ...qu'on prenne un peu d'eau, et vous laverez vos pieds et vous vous reposerez sous l'arbre”. Ces paroles et actions se placent au moment où il pensait qu'ils n'étaient que “ trois hommes”. — Gen. 18 : 2-4.

Lot “ se prosterna [shaw-kaw]” le visage en terre devant deux des mêmes hommes. — Gen. 19 : 1.

Abraham “ se prosterna [shaw-kaw]” devant le peuple du pays de Canaan. — Gen. 23 : 7, 12.

Isaac bénit Jacob, disant : “ Que des peuplades se prosternent [shaw-kaw] devant toi ; ...et que les fils de ta mère se prosternent [shaw-kaw] devant toi ”. — Gen. 27 : 29.

David “ s'inclina le visage contré terre et se prosterna [shaw-kaw]” devant Saùl. — 1 Sam. 24 : 9. (v. 8 dans la version anglaise — Trad.).

Abigaïl “ se prosterna [shaw-kaw] contre terre ” devant David, et aussi devant les représentants de David. — 1 Sam. 25 : 23, 41.

La femme de Thékoa “ tomba sur son visage contre terre et se prosterna ” (angl. rendit obéissance — [shaw-kaw] au roi David. Et Joab et Absalom firent de même, se prosternèrent [shaw-kaw]”. — 2 Sam. 14 : 4, 22, 33.

 “ Et Mephibosheth... vint vers David, “ tomba sur sa face et se prosterna [shaw-kaw]”. — 2 Sam. 9:6.

Ces preuves feront comprendre à tous que l'interdiction du premier commandement “ Tu ne les adoreras point [shaw-kaw] et ne les serviras point ” ne visait nullement

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et ne devait pas être interprétée comme visant la révérence ou l'hommage, etc., dû à des personnes honorables ou à ceux qui occupaient des positions honorées parmi les hommes. Les Juifs ne se trompèrent pas non plus en rendant hommage [shaw-kaw] aux anges qui vinrent avec des messages au nom de Jéhovah et en le faisant connaître. Un tel hommage était approuvé, et ne fut jamais réprouvé. Le commandement mettait en garde contre l'adoration des statues ou contre toute adoration de dieux rivaux. Jéhovah ne pouvait le tolérer. Il n'y avait donc aucune inconvenance de la part de tout Juif qui reconnaissait Jésus comme “ l'Envoyé de Dieu ”, à le révérer, à lui rendre hommage ; une telle attitude sied encore bien davantage à tous ceux qui reconnaissent notre Seigneur Jésus avec ses droits et titres — en sa qualité de Fils de Dieu.

En vérité, nous pouvons être sûrs que ces pharisiens qui prirent des pierres pour tuer notre Seigneur parce qu'il affirmait être le Fils de Dieu, auraient été d'une violence déchaînée, et auraient lapidé non seulement notre Seigneur Jésus, mais aussi ses adorateurs en les proclamant idolâtres, si les conceptions du peuple juif relatives à l'adoration et à la vénération (proskuneo) avaient été semblables à celles des personnes dont nous combattons les vues extrêmes sur ce terme adorer et que nous venons de prouver comme étant fausses.

 Il y aurait des exceptions à cette liberté dans les cas où l'homme, auquel le respect religieux ou la vénération sont rendus, est le représentant reconnu d'un faux-dieu — tel un pseudo-Christ ou faux Christ — un Antichrist. L'hommage rendu aux papes viendrait, croyons-nous, sous ce chef de fausse ou mauvaise adoration parce que, dans sa fonction, il prétend faussement être le “ Vicaire de Christ ”. Ce fut pour cette raison que notre Seigneur Jésus refusa de reconnaître Satan et son grand pouvoir dans le monde. Il s'agissait d'une puissance active et

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mauvaise, délibérément opposée aux lois de Jéhovah. C'est pourquoi aussi la proposition faite à Jésus de ne pas s'opposer au mal, de respecter ou de révérer des coutumes mauvaises déjà établies sous le régime de Satan, afin d'obtenir la coopération de Satan dans l'établissement de son royaume, fut rejetée immédiatement, et la réponse de Jésus signifiait : Je suis en plein accord avec Jéhovah Dieu, et par suite en plein accord avec la déclaration prophétique : “ Tu adoreras (révéreras) Jéhovah ton Dieu et tu le serviras lui seul ” ; puisque tu es son adversaire déclaré, je ne puis te révérer ni révérer tes méthodes et ne puis servir ta cause ou collaborer avec toi. Nos causes sont tout à fait différentes. Je ne veux en rien avoir affaire à toi. — Matt. 4 : 10 ; Deut. 10 : 20, 21.

Si Jésus s'était posé en rival de Jéhovah au lieu de rester son Fils et serviteur, tout hommage adressé à lui aurait été un manque de respect envers le Père, un péché, une idolâtrie. Au contraire, cependant, tout en acceptant la révérence dans sa qualité de Fils de Dieu, il déclara très positivement et publiquement : “ Le Père est plus grand que moi”, enseignant à ses disciples d'adresser leurs prières au Père en leur disant : “ Toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera ”. — Jean 16 : 23.

 “ MOI ET LE PERE, MOUS SOMMES UN ”

 — Jean 10:30 —

 Ce texte est considéré comme une preuve que notre Seigneur Jésus a droit au nom de Jéhovah, qu'il était à la fois le Père et le Fils, ou qu'il n'avait pas de Père et n'était pas un Fils.

Ayant des idées vagues et mystérieuses concernant la “ trinité ”, un nombre remarquablement important de gens, par ailleurs intelligents, semblent oublier qu'il y a un autre genre d'unité que l'unité dans la personne. Au

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contraire, dans tous les autres emplois du mot, la pensée est celle d'harmonie, d'unité de plan, de but, de volonté de disposition d'esprit. La manière dont une théorie peut nous rendre aveugles est très bien illustrée par le fait que la propre explication de Jésus et l'illustration de la manière dans laquelle lui et le Père sont UN sont très généralement perdues de vue. En priant le Père, II dit : “ Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi... Ce n'est pas seulement pour eux, mais encore pour ceux qui croiront en toi par leur parole, afin que tous soient UN comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient UN EN NOUS..., afin qu'ils soient UN, comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi : afin qu'ils soient PARFAITEMENT UN ”. — Jean 17 : 9, 20-23 (S).

Ici l'unité de l'Eglise pour laquelle le Seigneur pria, est spécialement établie pour être la même que l'unité entre le Père et le Fils. Il n'est point besoin d'aucune discussion sur le point que l'unité de l'Eglise est une unité d'esprit, et non une unité de personne. Il est évident que la pensée dans l'esprit du Rédempteur était l'unité de cœur, l'unité de dessein, l'unité de volonté chez ses disciples ; et cette unité est identique à l'unité entre le Père et lui-même. Cette unité devait être atteinte de la part de l'Eglise de la même manière que fut atteinte l'unité entre le Père et le Fils. Le Fils était un avec le Père parce qu'il avait entièrement accepté comme sa propre volonté la volonté du Père, disant : “ Non pas ma volonté, mais la tienne soit faite”. Ainsi, chaque membre de l'Eglise doit venir en parfaite harmonie avec le Père, et avec le Fils, en ne faisant pas sa propre volonté, mais en mettant de côté sa propre volonté et en acceptant la volonté de Christ qui est la volonté du Père. De cette manière, et de cette manière seulement, l'Eglise viendra toujours dans l'unité pour laquelle notre Seigneur pria et à laquelle il fait allusion quand il la dit de même nature que l'unité entre

75 L'Auteur de la réconciliation

le Père et lui-même. Combien il est étrange que l'on doive essayer de mal employer et de travestir ces paroles de notre Seigneur pour appuyer la doctrine déraisonnable et antiscripturale d'une Trinité — trois Dieux en un seul être. Combien, au contraire, est belle et raisonnable l'unité de l'esprit du Père et du Fils et de l'Eglise, selon la Bible!

 “ CELUI QUI M'A VU A VU LE PÈRE”

Après que Jésus eut déclaré qu'il était le Chemin, la Vérité et la Vie, et ajouté que personne ne pouvait venir au Père que par lui et que quiconque le connaîtrait, connaîtrait aussi le Père, Philippe dit à Jésus : “ Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit ” Jésus lui répondit : “ Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe? Celui qui m'a vu a vu le Père ; et comment toi, dis-tu : Montre-nous le Père ? Les paroles que moi, je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même, mais le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres ”. — Jean 14 : 7-10.

On nous demande d'accepter ces paroles de Jésus comme une preuve qu'il est Jéhovah (et non le Fils de Jéhovah) et que, comme tel, le nom de Jéhovah lui est convenablement applicable. Mais tous devraient remarquer que le contexte tout entier établit une telle distinction entre le Père et le Fils, qu'aucune personne raisonnable ne voudrait s'en servir si elle voulait donner l'impression que les Trinitaires cherchent à tirer d'elle. Toute la question est donc : Que voulait nous faire comprendre Jésus par ses paroles : “ Celui qui m'a vu a vu le Père ” ? Nous répondons qu'il voulait nous faire comprendre qu'il est impossible à l'homme (être charnel, terrestre) de voir Dieu qui est un être-esprit. Ainsi l'Apôtre Jean donnait ce témoignage : “ Personne ne vit jamais Dieu : le Dieu seul engendré — Celui qui est dans le sein du Père — lui,

76 La réconciliation

l'a fait connaître”. — Jean 1 : 18 (version Rotherham). Il voulait qu'ils comprennent ce que l'Eternel déclara à Moïse : “ Nul ne peut voir ma face et vivre ”, et qu'en conséquence, si le Père désirait se montrer lui-même à l'humanité, ce ne pourrait être qu'en ouvrant miraculeusement les yeux de l'homme pour qu'il discerne la gloire spirituelle (exposant ainsi l'homme à la mort), ou autrement par Dieu se manifestant dans un corps de chair (*), de telle manière que les hommes puissent discerner quelque chose de son caractère par un contact et des rapports humains.

 Et n'est-ce pas exactement ce que Dieu fit ? L'esprit, la volonté de Dieu, fut pleinement représenté dans son unique Fils engendré, Jésus, quand il fut fait chair et habita parmi les hommes. Il était donc la meilleure, la plus proche, la plus positive représentation de Dieu qu'il était ou qu'il serait jamais possible de donner aux humains. Voyant et connaissant Jésus intimement, Philippe et les autres apôtres connaissaient le Père dans le sens le plus absolu possible de le connaître pour des humains. Ils le connaissaient dans le sens le plus absolu possible pour le Père de se révéler à l'humanité. Il n'y avait pas, II n'y aurait jamais, il ne pourrait jamais y avoir une manifestation plus claire, plus absolue et plus complète de Dieu à l'homme que dans la personne de Jésus-Christ ; car il fut “ fait chair ”, il fut “ Dieu manifesté [grec (**) : rendu apparent] en chair” (1 Tim. 3:16). L'Apôtre déclare de même en parlant de l'Eglise, des fidèles membres de Christ : Nous sommes toujours livrés à la mort, “ afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée [grec (**) : rendu apparente] DANS NOTRE CHAIR MORTELLE ”. — 2 Cor. 4 : 11.

 L'homme parfait est une image parfaite du Dieu invisible et, de ce fait, la meilleure conception ou illustration

(*) “ By God's manifesting himself in a body of flesh ” — Trad

(**) Référence Sfrong N° 5319 — Trad.

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qui pouvait être offerte. Ainsi, pendant le Millénium, les anciens dignes rendus parfaits [“ perfected ”] seront les meilleurs représentants du Père Céleste, du Fils Céleste et de l'Epouse Céleste de Christ. Quiconque les verra, verra Dieu manifesté en chair — la ressemblance de Dieu dans la chair. Tous ceux qui le voudront de la création gémissante auront le privilège d'atteindre cette condition sublime, sous la direction du Sacrificateur Royal et de “ ses frères ”, les prêtres subalternes, exerçant leur ministère par l'entremise des anciens dignes qui, en qualité de représentants en chair du Royaume, seront des “ princes ” sur la terre. — PS. 45 : 16.

 LE BIENHEUREUX ET SEUL SOUVERAIN, LE ROI DES ROIS ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS QUI, SEUL, POSSEDE L’IMMORTALITE

 — 1 Tim. 6 : 15, 16 —

Beaucoup considèrent ce passage comme signifiant qu'à son apparition, à sa seconde venue, Jésus exposera ou fera connaître au monde la grandeur du Père Céleste.

 Bien que cette opinion ait quelques aspects raisonnables, nous inclinons, dans l'ensemble, à appliquer ce passage à la gloire et à l'honneur de Christ, à dater du commencement de l'Age millénaire. En vérité, il sera l'agent par lequel tous ceux qui accepteront sa voie, reconnaîtront Dieu Jéhovah aussi, mais ce ne sera pas à son apparition, mais à la fin de son règne, quand il “ remettra le Royaume de Dieu entre les mains du Père ”. — 1 Cor. 15 : 24-28.

 Appliquer ce passage au Père équivaudrait à nier que notre Seigneur possède l'immortalité, alors que les Ecritures enseignent explicitement que lui et tous ceux qui auront part à la Première résurrection, obtiendront par elle l'immortalité et qu'ainsi, le Père qui a la vie inhérente (l'existence en soi-même — l'immortalité) donna au Fils d'avoir la vie inhérente (l'existence en soi-même — l’immortalité). — 1. Cor. 15 : 42-44, 53, 54 ; Jean 5 : 26

78 La réconciliation

Mais appliquer au Fils ce passage paraît remplir chaque condition parfaitement, sans ignorer le Père, Jéhovah, en aucun sens, ni sans prouver que notre Seigneur Jésus est le Père, car nous devons nous rappeler, dans tous les cas, la règle invariable posée par l'Apôtre, à savoir que dans les comparaisons, les honneurs, etc., mentionnés en ce qui concerne le Fils, le Père est toujours excepté comme étant suprêmement au-delà de toute comparaison. Ses paroles sont : “ II est évident que c'est à l'exclusion de celui [du Père] qui lui a assujetti toutes choses ” et qui ne doit pas être inférieur ou soumis à notre Seigneur Jésus et aux divers pouvoirs que le Père lui a conférés, alors que “ le Fils aussi lui-même sera assujetti à Celui [au Père] qui lui a assujetti [au Fils] toutes choses. —1 Cor. 15 : 27.

Une autre déclaration très similaire de la gloire du Royaume donné par le Père à notre Seigneur Jésus est qu' “ II est le chef (ou la tête — note D.) de toute principauté et autorité ” (Col. 2 : 10). La réponse à ceci est identique. Le gouvernement et l'autorité du Père ne sont jamais mis en contraste avec ceux du Fils, car ce dernier est d'accord (at-one — en unité, Trad.) avec le premier et il est son représentant.

 “ IL N'A PAS CONSIDERE COMME UNE RAPINE D’ETRE EGAL A DIEU ” (D. — note)

 En Philip. 2 : 6 la version commune anglaisé (et, pour ainsi dire, toutes nos versions françaises — Trad.) représentent l'Apôtre Paul comme faisant la déclaration étonnante que Christ “ étant en forme de Dieu, ne pensait pas qu'être égal à Dieu était une rapine (une usurpation — Trad.) ”. On remarquera tout d'abord que ce passage n'enseigne sûrement pas la doctrine de la Trinité, ni que

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notre Seigneur est le Père, Jéhovah, car s'il en était ainsi, où y aurait-il lieu de méditer une rapine (un vol — Trad.)' ou de considérer une égalité ? ”. Les mots “ rapine ” et “ égalité ” indiquent positivement que le Père et le Fils ne sont pas un en être (en personne) mais deux. Combien il semble étrange que les paroles de l'Apôtre puissent paraître si différentes de celles de notre Seigneur à ce sujet. Il déclare : “ Le Père est plus grand que moi ”. “ Je ne peux rien faire de moi-même”. Jésus perdit-il son humilité, demanderons-nous, pour en arriver à conclure qu'il était égal à Dieu, le Père ?

Mais, en second lieu, nous remarquerons combien une telle idée est en contradiction avec la leçon que l'Apôtre cherchait à inculquer. L'Apôtre voulait-il que l'Eglise aspirât à l'honneur du Père ou à l'honneur de l'un ou l'autre de ses membres et s'en emparât ? Sûrement pas ! Au contraire, il met en garde contre la vaine gloire et met l'accent sur l'humilité d'esprit par laquelle chacun devrait estimer l'autre comme meilleur que lui-même. Il assure ses lecteurs que cette humilité d'esprit était la disposition de notre Seigneur Jésus, et dit : “ Qu'il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi en Christ Jésus ”. Si la disposition d'esprit qui était en Christ Jésus avait été de s'emparer de la gloire et de l'honneur du Père, en pensant que le faire n'était pas une usurpation, alors la même disposition d'esprit dans l'Eglise du Seigneur signifierait que chacun de nous devrait s'efforcer d'accaparer toute la gloire et tout l'honneur qu'il lui est possible d'atteindre; chacun devrait ensuite considérer cela comme une opération convenable, et nous aurions ainsi le même esprit ou la même disposition que Christ manifesta.

Mais tout cela est entièrement faux. C'est la traduction qui est en faute. Elle est défectueuse, et donne tout le contraire de la pensée de l'Apôtre. Le mot grec-

80 La réconciliation

harpagmos (*), traduit ici par “rapine” ne se trouve qu'une fois dans le Nouveau Testament, et renferme l'idée de vol, d'acquisition illégale, mais la pensée de l'Apôtre est rendue en sens inverse par la mauvaise construction de la phrase. Elle pourrait se traduire presque avec les mêmes mots, mais avec une signification opposée, de la manière suivante : “ Qui n'a pas cherché, par une usurpation, à être égal à Dieu ”. La conduite de notre Seigneur Jésus est ainsi mise en contraste avec celle de Satan qui tenta d'usurper la position et, l'honneur de Dieu (Es. 14 ; 12-14). Cela est clairement montré par les parties précédente et suivante du contexte, que rien ne soit fait par vaine gloire, que Christ était d'esprit très humble, et que nous aussi devons être dans ce même esprit et ainsi marcher dans les traces de Christ. Notons les traductions suivantes de ce terme harpagmos, préférées par d'éminents érudits de diverses confessions religieuses (de langue anglaise — Trad.) :

“ Ne pensa pas que cela devait être sérieusement désiré ”. — Clarke.

“ Ne pensa pas à retenir avidement ”. — Wakefleld.

“ Ne considéra pas... comme l'objet d'un ardent désir ”. — Stewart.

“ Qui, subsistant en forme de Dieu, n'estima pas une chose à ravir d'être égal à Dieu”. — Rotherham.

“ Qui, étant [en marge : originellement] en forme de Dieu, n'a pas considéré comme un avantage [en marge : une chose à saisir] d'être à égalité . avec Dieu ”. — Revised Version.

"Qui, existant dans la forme de Dieu, n'estima pas la position d'égalité avec Dieu comme une chose à saisir”. — Amer. Rev. Committee.

“ Ne pensa pas... une chose à saisir ”. — Sharpe.

“ Ne saisit pas avec passion ”. — Neeland.

(*) Référence Strong N° 725 — Trad.

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“ Ne fit pas d'efforts violents ”. — Dickenson. [versions françaises : Darby :

“ ...n'a pas regardé comme un objet à ravir (en note : ou une rapine) d'être égal à Dieu. N.T. Goguël et Monnier, — Payot, Paris 1929 (*) “ ...il n'a pas considéré l'égalité avec Dieu comme une proie à saisir ”].

“ Ne médita pas une usurpation ”. — Turnbull.

Cette dernière définition paraît mieux conforme au contexte et elle est celle préférée et donnée dans l’Emphatic Diaglott qui rend ainsi tout le passage : “ Qui, bien qu'étant en forme de Dieu, ne médita pas cependant une usurpation d'être semblable à Dieu, mais se dépouilla lui-même en prenant la forme d'un esclave ”.

Cette traduction est logique, non seulement avec les faits en cause, mais également avec l'argumentation de l'Apôtre dont ce passage fait partie. Son raisonnement amplifié est : quand Jésus était un être-esprit, quand il avait une forme et une nature ressemblant à celles de Dieu, il né fut pas rempli d'un esprit d'ambition et d'un désir d'usurper l'autorité, la puissance, et la gloire et l'hommage appartenant à Dieu — il n'avait pas l'esprit de Satan qui lutta pour s'exalter lui-même disant : “ Je serai semblable au Très-Haut ”. Au contraire, bien qu'il occupât la plus haute position après le Père, il fut de disposition

 (*) Nous donnons ici l'intéressante note de ces traducteurs : “ L'égalité avec Dieu est-elle le butin dont le Christ aurait pu s'emparer ou le butin qu'il aurait pu garder ? .il était originairement un être divin [theos, un puissant “ en forme de Dieu : une forme spirituelle, une condition élevée et glorieuse ” — Bible commentée. Voir discussion précédente sur la “; divinité ” — Trad.], mais de là à l'égalité avec Dieu, il y avait loin. Il est donc préférable d'admettre l'interprétation suivante : Le Christ aurait pu avoir l'ambition de devenir l'égal de Dieu II ne l'a pas voulu. Il n'a pas cédé, lui le second Adam, à la tentation à laquelle le premier Adam avait succombé. Il n'a pas imité Satan, l'archange (chérubin — Trad.) déchu, précipité du ciel, pour avoir voulu usurper la royauté divine. Cette interprétation est bien en harmonie avec le contexte, .où Paul combat cette gloriole (vaine gloire — Trad.) qui est proprement la manie de se parer de titres. Et ce sens du mot, gloriole, se concilie mieux avec l'idée d'une usurpation ”.

La version française de Darby et celle de Goguel et Monnier sont les seules versions françaises correctes. Toutes les autres a, notre connaissance sont trinitaires, tant catholiques que protestantes — Trad.

82 La réconciliation

si humble que, par obéissance à la volonté du Père, il se dépouilla lui-même de la gloire et de la majesté de sa condition spirituelle, échangeant ces plus hautes nature et gloire pour une condition inférieure, une condition humaine, (“ un peu inférieur aux anges”). L'Apôtre poursuit en montrant que, non seulement, cette humilité fut manifestée, mais que plus tard, une humilité plus grande encore fut montrée en ce que notre Seigneur Jésus, comme l'homme Christ Jésus, fut soumis à la mort, même la mort ignominieuse de la croix. Toute cette humiliation de lui-même, déclare l'Apôtre, fut consentie par obéissance à la volonté divine, la volonté du Père. Puis, l'Apôtre en indique le résultat : “ C'est pourquoi [à cause de sa démonstration de loyauté, humilité, obéissance jusque et y compris la mort]. Dieu [le Père] l'a souverainement élevé, lui donnant un nom au-dessus de tout autre nom, afin qu'au nom de Jésus, tout genou fléchisse et toute langue confesse... à la gloire de Dieu, le Père ”. — Héb. 2 : 7, 9 ; 1 Tim. 2 : 5, 6 ; Phil. 2 : 11.

Vu sous cet angle, le texte, loin d'être une aide ou un soutien pour la doctrine de la Trinité, s'y oppose très fortement, et s'harmonise complètement avec toute la Parole de Dieu, .et avec le sens commun et la raison sanctifiés.

Nous quittons cet aspect de notre sujet avec une appréciation plus intense de la longueur, de la largeur, de la hauteur et de la profondeur de la noblesse de la personne, du caractère et du plan du Père céleste ; nous apprécions plus que jamais son noble Fils, dont le merveilleux amour, la loyauté et la confiance en la sagesse, la grâce et la puissance du Père ont été si royalement récompensés, et nous nous réjouissons, en vérité, d' “ honorer le Fils comme nous honorons le Père ”. Après un examen complet et explicite de la révélation qui nous est donnée dans la Parole de Dieu, nous nous disons entièrement d'accord avec le témoignage inspiré de l'Apôtre Paul : “ Pour nous,.

83 L'Auteur de la réconciliation

il y a un seul Dieu [suprême], le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui ”. — 1 Cor. 8 : 6 — D.

 “ Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ ! Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ... nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ... le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de Gloire, vous donne l'esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance”. — Eph. 1 : 2-18.

84 La réconciliation

Le Désiré de toutes les nations

 

DE Jésus chantons la victoire ;

Anges, prosternez-vous !

A Lui soit la plus haute gloire,

Oui, salut ! salut ! salut !

Au Seigneur de tous.

 

Saints transformés, pincez la lyre

Aux accords les plus doux.

Courbés vers Celui qu'on admire,

Oui, chantez ! chantez ! chantez !

Le Seigneur de tous.

 

Vous, de son peuple saint le reste,

Rachetés d'Israël

Louez sa grâce manifeste.

Oui, louez ! louez ! louez !

Notre Emmanuel !

 

Vous, Gentils de tout territoire,

De tous lieux descendus,

Chantez aussi le Roi de gloire !

Saluez Jésus ! Jésus !

Le Seigneur de tous.

 

(Hymne 268)

 

 

 


ETUDE III

LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR

 DE LA RECONCILIATION

 L'UNIQUE ENGENDRE

 

 

 “ Qui est-il ?” — Le Logos, un Dieu. — L'Unique Engendré de Jéhovah. — Le Témoignage de la Bible — “ Celui qui était riche ”. — “ Avant qu'Abraham fût, je suis ”. — “ Le Premier et le Dernier ”. — “ Jéhovah m'a possédé au commencement”. — Le Logos a été fait chair. — Ce ne fut pas une incarnation. — II s'est humilie. — “ Celui qui était riche et qui, pour nous s'est fait pauvre”. — Nulle hypocrisie dans ce témoignage. — La conduite de notre Seigneur ne fut pas trompeuse. — Le saint, innocent, sans souillure et sépare des pécheurs.

 . “ II y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Christ Jésus qui s'est donné lui-même en rançon-”. —1 Tim. 2:56.

DANS LA MESURE où nous apprécierons l'œuvre de la Réconciliation (“ At-one-ment ”) avec Dieu, et le sacrifice pour le péché par lequel elle est accomplie, nous estimerons celui que le Père Céleste envoya pour être la propitiation pour nos péchés, notre Régénérateur et Donateur de vie. Ainsi, en abordant la question : Quelle est donc cette grande personnalité que Jéhovah Dieu a si hautement honorée, et qui, par la grâce de Dieu, est notre Rédempteur et Sauveur ?, il convient que nous nous rendions d'abord compte de notre ignorance personnelle du sujet et de notre incompétence à arriver à une conclusion si nous ne sommes pas instruits par la Parole de Dieu. En second lieu, il est opportun qu'au début même de nos recherches, nous nous souvenions du témoignage de l'Apôtre au sujet de la grandeur de ce Sauveur, et de

86 La réconciliation

l'honneur qui lui revient. Il dit : “ Celui que Dieu a souverainement élevé ”, et auquel il “, a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus se ploie tout genou”. Il est écrit aussi : “ Afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père ”. — Phil. 2: 9 ; Jean 5 : 23.

En sondant avec soin les Ecritures pour noter exactement ce qu'elles disent, et ce qu'elles ne disent pas, concernant notre Seigneur Jésus, nous trouvons que leur témoignage est très explicite, très harmonieux et très satisfaisant. Nous allons présenter d'abord, sous une forme synoptique, ce que nous estimons être l'enseignement scriptural, et nous en donnerons ensuite les preuves au fur et à mesure :

(1) Notre Rédempteur existait comme être-esprit avant qu'il fût fait chair et habitât parmi les hommes.

(2) A cette époque, aussi bien que par la suite, il était à juste titre reconnu comme “un dieu”, un puissant.- Comme chef des anges et prenant rang après le Père, il était connu comme l'Archange (l'ange ou messager le plus élevé) dont le nom Micaël signifie “ qui est comme Dieu ”, ou représentant de Dieu.

(3) De même qu'il était le plus éminent de toute la création de Jéhovah, il était aussi la première et directe création de Dieu, “ l'Unique Engendré ”, et par la suite, comme représentant de Jéhovah, et dans l'exercice du pouvoir de Jéhovah, et en son nom. il créa toutes choses : anges, principautés et puissances, aussi bien que la création terrestre.

(4) Quand il fut fait chair, pour être notre Rédempteur, ce ne fut pas par contrainte, mais délibérément, comme suite à son accord complet avec le Père et à son joyeux acquiescement à accomplir chaque détail de la volonté divine, volonté qu'il avait appris à respecter et à aimer comme l'essence même de la Justice, de la Sagesse et de l'Amour.

87 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation

 

(5) Cette humiliation à la condition d'homme ne devait pas avoir un caractère perpétuel. Elle accomplit son dessein lorsque notre Seigneur se fût donné comme être humain pour notre rançon, ou “prix correspondant”. Il ne ressuscita donc pas en chair, mais ainsi que l'Apôtre le déclare: “II fut mis à mort chair et rendu vivant esprit”. — 1 Pi. 3 : 18 (grec litt. — Diaglott — Trad).

(6) Sa résurrection ne lui donna pas seulement une nature d'être-esprit (*), mais elle lui conféra, en outre, un honneur plus élevé encore, comme récompense du Père à sa fidélité, elle le rendit participant de la nature divine, la plus haute de toutes les natures d'esprits (**), dotée de l'immortalité.

 (7) Ce grand Etre, qui a été si hautement exalté et honoré par Jéhovah, est celui que nous nous plaisons à honorer, à adorer et à servir, parce qu'il est un avec le Père Céleste, en parole, en œuvre, en dessein et en esprit (disposition — Trad.).

 TEMOIGNAGE DE L’ECRITURE CONCERNANT LE FILS DE DIEU

Considérons maintenant les preuves scripturales qui appuient ces positions. Nous commencerons par le premier chapitre de l'Evangile de Jean. Il est parlé ici de notre Seigneur dans son existence préhumaine comme étant “ la Parole ” (en grec : Logos) *", “ Au commencement était le Logos ”T Le Dr. Alexandre Clarke dit au sujet de ce mot Logos : “ Ce terme ne devrait pas être traduit, pas plus qu'on ne traduit les noms Jésus et Christ. De même que tous les titres donnés au Sauveur du monde indiquent certaines excellences de sa personne,

(*) Par opposition o “ un être de chair”. — Trad.

(**) Vol. 1, Chap; X.

(***) Référence Strong N” 3056 — Trad.

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de sa nature ou de son œuvre, ainsi l'épithète Logos qui signifie parole, parole exprimée, discours, éloquence, doctrine, raison ou la faculté de raisonner, lui est attribuée fort à propos”. Dans son épître, l'Evangéliste emploie encore le même titre à l'égard de notre Seigneur, le dénommant “ la Parole de vie” bu le “ Logos de vie”. — 1 Jean 1:1.

Le titre “ Parole de Dieu ” ou “ Logos de Dieu ” est tout à fait celui qui convient pour décrire l'œuvre importante ou la charge de notre Maître avant sa venue dans le monde. Le Logos fut l'expression directe de la création par le Père Céleste, tandis que toutes les expressions ultérieures de la sagesse, de la puissance et de la bonté divines se manifestèrent au moyen du Logos. On rapporte que, dans les temps anciens, certains rois s'adressaient à leurs sujets par le truchement d'un mandataire ; le roi se tenait assis derrière un voile ou paravent, tandis que sa “parole”, son porte-parole, se tenait debout devant l'écran et répétait à haute voix au peuple ce que lui chuchotait le roi invisible. Celui qui parlait ainsi s'appelait le “ Logos du Roi ”. Que la légende soit vraie pu non, elle illustre bien l'emploi de ce mot “ Logos ” dans l'existence préhumaine de notre Seigneur et Maître et sa très grande charge de représentant du Père, que les Ecritures, à cette occasion et ailleurs, définissent comme ayant été sa charge.

On notera que l'Apôtre, écrivant sous l'inspiration, nous dit que “ Au commencement, le Logos était avec le Dieu, et le Logos était un Dieu ”.

Telle est la traduction littérale du grec, ainsi qu'on peut le vérifier rapidement, que l'on soit ou non un helléniste. L'article grec ho précède le premier mot “ Dieu ”, dans ce verset, et ne précède pas le second mot “ Dieu ”, indiquant ainsi intentionnellement Dieu le Père et un Dieu le Fils, dans un cas où, en l'absence de l'article, le

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lecteur pourrait être laissé dans la confusion. De même, dans le second verset, l'article précède le mot “ Dieu ”. Le passage entier se lit ainsi :

 “ Au commencement était la Parole et la Parole était auprès du Dieu [ho théos], et la Parole était un Dieu [théos]. Elle était au commencement auprès “du” (en français, mis pour de le — Trad.) Dieu [ho théos] ”. — Jean 1 : 1, 2. ,

De quel “ commencement ” s'agit-il ici ? Certainement pas de celui de l'existence de Jéhovah, le Dieu, le Père, car “ il est d'éternité en éternité ”, et n'eut jamais de commencement (PS. 41 : 13; 90: 2 ; 106: 48). Mais l'œuvre de Jéhovah eut un 'commencement, et c'est de celui-ci qu'il est question ici — le commencement de la création. Ainsi entendue, la déclaration implique que notre Seigneur Jésus, dans son existence préhumaine, comme le Logos, était avec le Père aux tout premiers débuts de la création. Cela confirme le récit inspiré que le Logos lui-même était “ le commencement de la création de Dieu ” ; telle est précisément la déclaration de l'Apôtre qui nous assure que notre Seigneur n'est pas seulement “ le Chef, la Tête du corps, de l'Eglise ”, et “ le premier-né d'entre les morts ”, mais aussi, le commencement de toute création — “ afin qu'en toutes choses, il puisse avoir la prééminence ”. Ses paroles sont :

 “ II est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création, car par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités : toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui ” (Col. 1 : 15-18),

Ecoutez aussi la parole prophétique concernant l'Unique Engendré ; non seulement elle proclame sa future élévation comme Roi des rois de la terre, mais elle le

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décrit comme étant déjà le premier-né de Jéhovah, disant : . “ Je ferai de lui, mon premier-né, le plus élevé des rois de la terre ” (PS. 89 : 27). Notez également que notre Seigneur (faisant allusion à sa propre origine), déclare lui-même qu'il est “ le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu ” (Apoc. 3 : 14).

L'Evangéliste, d'accord avec cette pensée de la prééminence de notre Seigneur, dès le commencement même, comme le “ premier-né de toutes créatures ” et d'accord aussi avec la, pensée qu'il était en toutes choses le Logos ou l’Expression du Père Céleste, poursuit au verset suivant :

 “ Toutes choses furent faites par lui et sans lui, pas une seule chose ne fut faite, de ce qui a été fait ” (Jean 1 : 3 — D. et Rotherham).

 Quelle haute idée ceci nous donne de la majesté de l'Unique Fils Engendré de Dieu, le Logos ! Considérant ce point de vue de sa grandeur et de sa prééminence originelles, nous avons une idée plus claire que d'aucun, autre point de vue, de l'importance des paroles de l'Apôtre :

“ Lui qui était riche, il s'est fait pauvre pour nous, afin que par sa pauvreté nous fussions rendus riches •” (2 Cor. 8 : 9). De ce point de vue, nous pouvons voir combien riche il était quant à l'honneur et à la gloire dont il fait lui-même mention dans sa prière, disant : “ Glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût* (Jean 17 : 5). Bien que tout ce qui se rattache au plan divin de rédemption soit merveilleux, et que l'amour de Dieu, Sa miséricorde et Sa sympathie .pour les hommes déchus qui s'y manifestent nous remplissent d'étonnement, cependant, de ce point, dé vue-ci, tout est raisonnable, compatible avec le caractère et les déclarations de Dieu.

Ceux qui soutiennent que notre Seigneur Jésus n'eut jamais d'existence avant de naître comme l'enfant de

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Béthlehem, ont une médiocre idée du plan divin pour le salut de l'homme. Ils omettent de se servir des nombreux passages bibliques, cités plus haut, et d'autres, relatifs à la gloire, de notre Seigneur auprès du Père avant que le monde fût, et relatifs à son grand abaissement, à son humiliation allant jusqu'à abandonner une nature supérieure à celle des anges, et a, accepter une nature un peu moindre que la leur. Le point de vue scriptural nous débarrasse de toutes les théories déraisonnables et fausses des hommes, par lesquelles, en essayant d'honorer le Fils, ils sont allés plus loin que la Parole de Dieu, et ont déshonoré la Parole du Seigneur et les Apôtres qui déclarent qu'il était le Fils (ou qu'il provenait) de Dieu, et que lé Père est plus grand que le Fils. La fausse conception a entraîné ses millions de partisans dans des difficultés inextricables en tous sens :

 La vérité seule est raisonnable : “ Cela est vrai : “ Seule elle peut nous satisfaire ”. Ces exposés concernant notre Seigneur Jésus, à savoir qu'il fut le Commencement de la création de Dieu et que, par conséquent, il eut une existence longtemps avant de venir dans le monde comme homme, pour être notre Rédempteur, sont pleinement confirmés par divers passages des Ecritures dont voici un exemple :

 “ Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui” (1 Jean 4 : 9).

Ces paroles nous affirment positivement qu'il était le Fils de Dieu avant de venir dans le monde et que, comme Fils de Dieu, il reçut une mission à accomplir dans le monde. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu'ici, de même que dans beaucoup d'autres exemples, le Logos est appelé “ le Fils unique engendré ” de Dieu. La pensée renfermée dans cette expression est que le Logos fut lui-même la seule création directe, le seul Etre engendré du

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 Père Céleste, tandis que tous les autres fils de Dieu (anges aussi bien qu'hommes), furent sa création indirecte par le moyen du Logos. De là, l'application convenable, la véracité de la déclaration qu'il est le Fils “unique” (version anglaise : le Seul Fils engendré de Dieu — Trad.) (*).

 Prenons un autre exemple :

“ Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu'il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui” (Jean 3 : 17).

 Ici aussi, le fait qu'il fût envoyé dans le monde pour y accomplir une mission Implique son existence pré-humaine. Ces déclarations, relatives au Logos, sont en plein accord avec l'histoire de l'événement présenté par Jean qui déclare : “ II était dans le monde, et le monde fut fait par lui ; et le monde ne l'a pas connu ”. De même : “ Le Logos fut fait chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d'un. fils unique de la part du Père) plein de grâce et de vérité ” (Jean 1 : 10, 14). Les propres déclarations de notre Seigneur concernant sa préexistence sont indiscutables. Il n'a jamais reconnu Joseph comme son père, pas plus qu'il ne reconnut jamais son existence terrestre comme étant le commencement de son existence.

Au contraire, remarquez qu'il parlait toujours de Jéhovah en l'appelant son Père. Souvenez-vous de ses paroles : “ Dites-vous à Celui que le Père a sanctifié et qu'il a envoyé dans le monde : Tu blasphèmes, parce que j'ai dit: “Je suis le Fils de Dieu?” (Jean 10: 36). A Marie, sa mère terrestre, il dit: “ Ne saviez-vous pas qu'il me faut être aux affaires de mon Père ? ” (Luc 2 : 49).

 (*) L expression Fils unique dans nos versions françaises est moins précise que celle du texte grec, dont la lecture mot à mot donne • “ son propre Fils ou le Fils de lui-même, le seul ou unique engendré ” L accent emphatique grec porte sur les mots “ seul fils engendré ” et signalé en PETITES CAPITALES MAIGRES dans le texte de la version Diaglott * — Trad.

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A ses disciples, il déclare : “ Je suis descendu du ciel ”, “ Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ” (Jean 6 : 38, 51). Beaucoup de gens de son temps ne crurent pas cela, et beaucoup ne le croient toujours pas, mais la vérité de cet enseignement demeure. Quelques uns de ceux qui écoutaient disaient : “ Comment cela peut-il se faire ? ”. Certains de ses disciples dirent en l'entendant : “ Cette parole est dure, qui peut l'ouïr ? ”. Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient là-dessus, leur dit : Ceci vous scandalise-t-il ? Si donc vous voyez le Fils de l'homme monter .où il était auparavant? “ Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent ; et ils ne marchaient plus avec lui ”, parce qu'il prétendait être d'origine céleste et avoir eu une existence pré-humaine. — Jean 6 : 60-66.

 Ecoutez-le encore” lorsque devant les Pharisiens, il proclame la même vérité, disant : “ Je sais d'où je suis venu et où je vais... Je suis d'en-haut... Je ne suis pas de ce monde... Je procède de Dieu et je viens de lui, car je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé... moi je le connais et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur”. Alors les Juifs lui dirent: “Es-tu plus grand que notre père Abraham ?”. Jésus répondit :“ Abraham, votre père, a tressailli de joie de voir mon jour : et il l'a vu et s'est réjoui”. Abraham vit le jour de Christ avec l'œil de la foi, croyant à la promesse divine relative au Messie. Il peut avoir vu son jour de sacrifice, typifié dans l'offrande d'Isaac, son fils unique, mais en tout cas, il vit venir le jour de gloire du Messie, le Millénium et ses bénédictions pour toutes les familles de la terre, par cette Semence promise. Il n'est pas étonnant que cette perspective le rendit heureux. Par l'œil de la foi. il vit la cité céleste, la Nouvelle Jérusalem, l'Eglise glorifiée, la classe du Royaume, et également la patrie céleste — le monde béni par ce Royaume. — Héb., 11 : 10, 16 ; 12 : 22 ; 13 : 14.

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 “ Les Juifs donc lui [Jésus] dirent : Tu n'as pas encore cinquante-ans et tu as vu Abraham ! [Abraham était mort depuis deux mille ans]. Jésus leur dit : “ ...En vérité, en vérité, je vous le dis": Avant qu'Abraham fût, je suis".—Jean 8 :14,23, 42-58, .

 Il ne peut y avoir aucune confusion sur la signification de ces paroles. Notre Seigneur affirme qu'il existait avant Abraham. Nulle part non plus, les Ecritures ne laissent entendre que l'Unique Engendré ait jamais cessé d'exister depuis “ le commencement de la création de Dieu ”, jusqu'au Calvaire où il mourut pour trois jours ; après quoi, il fut ressuscité des morts pour ne plus mourir, la mort n'ayant plus de pouvoir sur lui (Rom. 6 : 9). L'épisode de Sa naissance comme être humain, “un peu moindre que les anges ”, dans le dessein de se sacrifier pour racheter l'homme tombé dans le péché, n'entraîna pas une mort à la nature spirituelle avant cette naissance comme petit enfant humain, mais simplement un transfert de sa vie d'une nature d'être-esprit plus élevée, à une nature inférieure, la nature humaine. Les paroles de nôtre Seigneur “avant qu'Abraham fût, je suis* signifient donc qu'il n'avait jamais cessé d'exister dans l'intervalle, et identifient positivement Jésus, le Fils de Dieu, dans la chair, avec le Logos, le premier-né de toute création. Bien entendu, le témoignage de Jésus ne fut pas accepté par beaucoup de ceux qui l'entendirent, pas plus qu'il ne le fut par beaucoup depuis. Il semble qu'il y ait chez les humains une tendance opiniâtre à rejeter les déclarations simples et claires de la Parole du Seigneur, et à préférer considérer notre Seigneur, ou bien comme un membre pécheur de la race déchue, ou bien comme étant son propre père. Seuls les débonnaires sont prêts à “ recevoir avec douceur la parole implantée” qui est capable .de rendre vraiment sage, et le témoignage de la Parole de Dieu est à l'intention de ceux-là seulement (Es. 61 : 1; Jacq. 1 : 21). De même que ceux qui

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entendirent le Maître, rejetèrent son témoignage et lancèrent des pierres au Maître, ainsi certains aujourd'hui, qui entendent la vérité et la rejettent sont prêts à lapider, au figuré, tous ceux qui acceptent et enseignent les paroles du Maître dans toute leur simplicité. Maintenant comme alors, la raison en est qu'ils ne connaissent ni le Père, ni le Fils comme ils devraient les connaître, tels qu'ils se révèlent.

Les paroles de notre Seigneur sont toujours applicables en cette matière : “ Personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n'est. le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler” (Matt. 11 : 27). Le monde ne l'a pas connu ; il n'a rien su de son origine élevée, ni de la grande humiliation qu'il subit pour l'humanité. Lorsque nous nous souvenons qu'une longue période de temps s'écoula probablement entre le commencement de la création dans la personne de notre Seigneur, et le moment où il fut chair, et quand, de plus, nous nous souvenons que durant toute cette période il était auprès du Père, et qu'il faisait “ ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui ”, nous ne pouvons être surpris que le Fils connaissait le Père comme ses disciples et le monde ne l'ont point connu, comme nous apprenons à le connaître par le moyen, de sa Parole de révélation et du développement de son merveilleux plan des Ages. .Ecoutons-le encore déclarer : “ Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu ”. — Jean 17 : 25. • '

La déclaration suivante nous donne la clef de cette merveilleuse connaissance des choses célestes : “ Celui qui est de la terre est de la terre, et parle [comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, [et] de ce qu'il a vu et entendu, de cela il rend témoignage ” (Jean 3 : 31,32).

Il n'est donc pas étonnant que même ses adversaires aient demandé : “ D'où lui vient cette sagesse?” (Matt. 13 : 54 — S.).

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Ce furent sa connaissance des choses célestes et son intime et longue association avec le Père qui engendrèrent une foi entière dans les promesses du Père et le rendirent capable, lui, homme parfait, de vaincre le monde, la chair et le diable, et de présenter un sacrifice agréable pour nos péchés. Ainsi, fut-il écrit d'avance par le Prophète : “ Par sa connaissance, mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes et il se chargera de leurs iniquités ” (Es. 53: 11 — S.).

Actuellement, ceux qui marchent par la foi, à la lumière de la Parole divine, peuvent connaître soit le Père, soit le Fils, ou apprécier clairement et convenablement la grande œuvre de réconciliation qu'ensemble ils accomplissent pour l'humanité. Mais, d'ici peu(*), après que la sélection (ou le choix — Trad.) de l'Eglise aura été achevée, après que l'Epouse, la Femme de l'Agneau aura été associée avec son Seigneur. dans la gloire et que le Royaume sera venu, alors il sera donné à la connaissance de l'Eternel de remplir toute la terre ; la puissance du Père, qui, par l'entremise du Logos, créa toutes choses, sera exercée par lui, le Sauveur, pour rétablir et ramener à la perfection ceux qui, ayant le privilège de la connaître, se plieront à ses justes exigences ; ainsi, finalement, la puissance de notre Seigneur, comme agent de Jéhovah dans la création, sera-t-elle pleinement égalée et illustrée par sa puissance comme agent de Jéhovah, dans le rétablissement et la bénédiction du monde ; ainsi sera accomplie la prédiction du Psalmiste : “ Du sein de l'aurore, vient à toi la rosée [fraîcheur, vigueur] de ta jeunesse”. — PS. 110 : 3 (Gl. et Vig. — Note — Trad.) ;

 “ Tu as la rosée de la jeunesse ” — Vers. angl. — Trad.).

Prêtez l'oreille aux paroles de notre Seigneur à Nicodème qui cherchait à connaître quelque chose des choses célestes, mais à qui cela fut refusé parce qu'il n'avait

(") Ecrit en 1899 — Trod.

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pas encore cru aux choses terrestres. En lui expliquant ce qu'il connaissait des choses célestes, notre Seigneur dit : “ Personne n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'Homme” (*). Notre Seigneur poursuit alors en montrant à Nicodème les dispositions que Dieu a prises en ce qui concerne le monde, afin que les hommes ne périssent point mais qu'ils aient la vie éternelle, disant : “ Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils Unique (engendré — Trad.), afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle ”. — Jean 3 : 13, 16.

Le Logos, le commencement de la création de Dieu. appelé aussi par Esaïe, le Merveilleux, Conseiller, Dieu Puissant, etc. (Es. 9 : 6), nous le trouvons décrit par Salomon et représenté sous le nom de Sagesse, et cependant avec tous les détails qui mettent en harmonie le récit et le compte rendu de Jean l'Evangéliste (Jean 1:1, 18) : “ Jéhovah m'a possédée au commencement de sa voie, avant ses œuvres d'ancienneté. Dès l'éternité je fus établie, dès le commencement, dès avant les origines de la terre. Quand il n'y avait pas d'abîmes [mers], j'ai été enfantée, quand il n'y avait pas de sources pleines d'eau. Avant que les montagnes fussent établies sur leurs bases, avant les collines, j'ai été enfantée, lorsqu'il n'avait pas encore fait la terre et les campagnes, et le commencement de la poussière du monde. Quand il disposait les cieux, j'étais là ; quand il ordonnait le cercle qui circonscrit la face de l'abîme, quand il établissait les nuées en haut, quand il affermissait les sources des abîmes, quand il imposait son décret à la mer, afin que les eaux n'outrepassassent point son commandement, quand il décrétait les fondements de la terre : j'étais à côté de lui, son nourrisson (ou son artisan

 (*) Les mots “ qui est dans le ciel ” sont apocryphes : on ne les trouve pas dans les anciens MSS.

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- Note Darby - Trad.) ; j'étais ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui”. — Prov. 8 : 22-30.

Nous avons noté ici que le Logos était non seulement le commencement de la création de Dieu et le premier-né, mais aussi son Unique Fils engendré, et que toutes les autres créations furent par lui et par son intermédiaire ; nous trouvons, en outre, une belle déclaration corroborative dans les propres paroles de notre Seigneur : “ Ne crains point : Je suis le premier et le dernier, et le vivant et j'ai été mort, et voici je suis vivant au siècle des siècles ”, et encore : “ Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort et qui a repris vie ” (Apoc. 1 : 17 ; 2 : 8). Si ce n'est dans le sens d'être la seule d'unique) création directe de Dieu, par qui toutes les autres furent créées, Jésus ne pouvait être le premier et le dernier de la création de Dieu. Toute autre conception serait, par conséquent, inexacte, et en opposition avec toutes les citations des Ecritures qui précèdent.

 “ LE LOGOS A ETE FAIT CHAIR ET A HABITE PARMI NOUS ”

 —— JEAN 1 : 14 —

 Le mot incarnation exprime d'ordinaire l'idée qu'on se fait en général de la manifestation en chair de notre Seigneur. Cette idée est, croyons-nous, tout à fait inexacte, contraire aux Ecritures. Selon la théorie de l'Incarnation, le corps humain de Jésus; qui naquit de Marie, était simplement un vêtement, une enveloppe pour le corps spirituel. Selon cette conception, notre Seigneur, durant sa vie terrestre, Aurait donc toujours été un être-esprit; exactement comme auparavant, avec la différence qu'il se serait servi de la chair qui était née de Marie, chair qui était connue comme l'homme Jésus, en guise de voile ou de moyen de communication avec le genre humain, selon la manière des anges qui apparurent autrefois sous une forme humaine, à Abraham, à Manoah, à

 99 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 99

Lot et à d'autres (Gen. 18 : 1; 2 ; 19 : 1 ; Juges 1.3 : 9-11, 16). A cause de cette fausse prémisse, beaucoup d'idées confuses et non-scripturales ont été émises au sujet des divers incidents de la vie, et de la mort dé notre Seigneur. Par exemple, cette théorie prétend que la fatigue de notre Seigneur n'était pas réelle, mais feinte, parce qu'en tant qu'être-esprit, il ne pouvait connaître aucune fatigue. S'il en est ainsi, pour être logique, il faudrait aussi prétendre que les prières de notre Seigneur étaient simulées, puisque, selon cette doctrine, Jésus était Dieu lui-même, sa prière aurait donc été adressée à lui-même, ses prières auraient donc été simplement pro-forma, afin de faire impression sur ses disciples et sur la foule qui les entourait. La même théorie est forcée de supposer que la mort de notre Seigneur ne fut qu'une mort apparente, puisqu'elle argue que Jésus était Dieu le Père, qui, étant d'éternité en éternité, ne peut mourir ; par suite, l'agonie et le cri “ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ” n'auraient été qu'apparents et pro-forma, afin de frapper l'esprit des témoins qui entendirent et virent.

 La conclusion logique à laquelle -.on aboutit avec cette conception, c'est donc qu'il n'y aurait pas eu de mort réelle pour les péchés de l'homme, mais simplement un simulacre de mort, une mise en scène théâtrale, une exhibition dramatique, une représentation cinématographique, une tromperie effectuée dans une bonne intention, afin d'exercer une bonne influence sur la sympathie et la sensibilité des hommes.

Tout cela est faux, et en violente opposition à la vérité sur le sujet, telle que la présente la Parole de Dieu. Les .Ecritures ne nous disent pas que Jésus revêtit un corps de chair en guise d'enveloppe pour recouvrir un corps spirituel comme le firent antérieurement les anges, mais qu'il mit effectivement de côté, ou, comme l'exprime le grec, “ se dépouilla de sa nature pré-humaine, et prit réellement notre nature, ou, comme notre texte

100 La réconciliation

ci-dessus le déclare, “ le Logos fut fait chair ”. Il n'y eut là ni duperie, ni supercherie ; il ne fit pas semblant de s'humilier tout en conservant réellement sa gloire et sa puissance ; ce n'est pas en apparence qu'il devint pauvre pour nous, alors qu'en réalité il serait demeuré toujours riche, possédant la nature spirituelle plus élevée ; il ne revêtit pas seulement la tenue, la livrée d'un serviteur. Non, mais il devint vraiment un homme — “ l'homme Christ Jésus, qui se donna lui-même en rançon pour tous ” — 1 Tim. 2:5. Nous verrons plus loin, quand nous considérerons en détail l'aspect de son œuvre qui concerne la rançon, qu'il était absolument nécessaire qu'il devînt un homme — ni plus ni moins qu'un homme parfait — parce que ce fut un homme qui pécha, un homme qui devait être racheté, et que la loi divine exigeait que la vie d'un homme payât le prix de rédemption de la vie d'un homme. “ Car puisque la mort est par l'homme, c'est par l'homme aussi qu'est la résurrection des morts ” (1 Cor. 15 : 21). Mais que personne ne nous interprète mal comme si nous disions que notre Rédempteur devint un homme tel que nous sommes, plein d'imperfections et de défauts héréditaires. Bien au contraire : la même Parole de Dieu déclare qu'il était “ saint, innocent, séparé des pécheurs”. — Héb. 7 : 26,28 ; Luc 1 : 35.

 Sa séparation d'avec les pécheurs est, pour beaucoup, l'un des. points difficiles à accepter. Comment pouvait-il être un homme, et cependant être exempt de la souillure héréditaire qui affecte la famille humaine tout entière ? Nous espérons pouvoir faire comprendre exactement comment cela était possible et comment la chose fut réalisée dans le plan divin ; mais nous avons besoin, d'abord de bien graver dans notre esprit, l'enseignement suivant : un homme imparfait, un homme taré, quelqu'un qui, par hérédité, a participé de la souche adamique et dont la vie faisait en quelque sorte partie de notre vie,

101 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 101

ne pouvait être notre Rédempteur. Il y avait suffisamment de pécheurs dans le monde, sans que Dieu envoyât son Fils pour qu'il y en eût un de plus. Il y en eut beaucoup de ces hommes imparfaits qui consentirent a donner leur vie pour accomplir la volonté du Père. Cela est pleinement attesté par le récit d'Hébreux 11, où il nous est rapporté clairement que beaucoup “ n'estimèrent pas leur vie comme précieuse ” dans leur fidélité à l'Eternel. Mais ce qui était nécessaire, ce n'était pas simplement un sacrifice pour les péchés, mais un sacrifice exempt de péchés qui pourrait ainsi payer ,la peine (châtiment — Trad.) du pécheur. Et puisque “ tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ”, et qu' “ il n'y a pas de juste, non pas même un seul ”, en conséquence, ainsi que les Ecritures le déclarent encore : “ Un homme ne pouvait en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu, sa rançon” (Rom. 3 : 10, 23 ; PS. 49 : 7). C'est parce que l'Eternel observa et vit qu'aucun homme n'était compétent pour racheter le monde qu'il fit appel à quelqu'un qui est puissant pour sauver — capable de sauver entièrement ceux qui viennent au Père par lui —. PS. 89 :19 ; Es. 63 : 1 ; 59 : 16; Héb. 7 : 25.

 Ensuite, nous désirons, si possible, comprendre clairement comment notre Seigneur Jésus s'identifia avec notre race et en devint un membre par sa mère Marie, sans hériter d'elle en aucune manière la corruption ou la flétrissure du péché, sans tomber sous le coup de la malédiction, de la mort ; en effet, si, en quelque manière, ou à quelque degré, il avait participé à la vie d'Adam, il aurait aussi eu part à la sentence de mort qui frappa la vie d'Adam, et se serait ainsi trouvé sous la sentence de mort ; étant de ce fait, imparfait, frappé par la sentence de mort, il n'aurait eu aucun des droits à la vie à donner pour prix de la rançon de l'homme, il n'aurait pu racheter Adam, le père, et sa race qui étaient sous le coup de la sentence de mort imposée par la Justice


divine.

102 La réconciliation

Nous nous proposons d'examiner cette question dans notre chapitre suivant. Nous espérons y prouver que notre Seigneur ne fut contaminé en aucun sens ou degré, par le péché ou l'imperfection à cause de sa mère.

 

 


ETUDE IV

 LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR

 DE LA RECONCILIATION

 “ SANS SOUILLURE ” .

Accord entre passages bibliques en apparence contradictoires. —La doctrine catholique romaine de l'immaculée conception de Marie est sans fondement. — La naissance de Jésus séparé des pécheurs est essentielle à l'arrangement divin. — Pas de rançon possible autrement. — Les dernières déductions de la science, sur l'union de la vie et du protoplasme. — Le Logos fait chair. — Né d'une femme et pourtant sans souillure. — Comment la mère imparfaite pouvait-elle donner et donna-t-elle naissance à celui qui fut “ sans souillure ” ? Ce même principe opère dans d'autres traits du plan divin, ainsi qu'en témoignent les Ecritures.

 Qui peut tirer le pur de l'impur? Personnes. — Job 14 : 4 (Cr.).

 “ Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n'y a point en lui de péché ”; “ Un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, SÉPARÉ des pécheurs ”. —, 1 Jean 3 : 5 ; Héb. 7 : 26.

NOUS voici en présence de passages des Ecritures, apparemment en contradiction: le premier déclare, conformément à notre expérience, que toute la postérité d'Adam est affectée par le virus du péché provenant de la source, empoisonnée ; les derniers affirment que notre Seigneur Jésus fut un homme différent des autres hommes, sans défaut, sans souillure, sans tache. Puisque toute la conception de la Réconciliation, présentée dans les Ecritures, exige que de toute nécessité, notre Rédempteur soit un homme pur et sans tache, de notre race et

104 La réconciliation

cependant séparé d'elle, cette question constitue un point de première importance, que tout chrétien sensé devrait examiner sérieusement. Comment Dieu s'y prit-il pour accomplir dans le cas de notre Seigneur Jésus ce qu'il est impossible à l'homme de faire, conformément à toute l'expérience humaine et au témoignage de Job?, Dans le présent chapitre, nous allons avoir la tâche agréable de montrer, en le prouvant abondamment, par quelle disposition divine fut accomplie cette chose désirée, et apparemment impossible, de faire naître un membre de la race qui fût pourtant sans aucune des tares de cette race, pour être sa rançon, pour donner un prix correspondant (ou équivalent — Trad.) au premier homme parfait dont le péché et la malédiction qui en résulta, flétrissent le race humaine.

 Ce n'est pas qu'une connaissance de la manière (*), soit essentielle à la foi ou au salut du vrai disciple enseigné de Dieu ; mais à la lumière de la critique destructrice (raisonnable ou non) du temps actuel, il est utile que cette vérité, si intimement identifiée à la Réconciliation, le point essentiel et le fondement même du vrai Christianisme, soit solidement étayée, afin que, la foi du peuple de l'Eternel puisse être capable de résister aux assauts que l'Adversaire lance contre la doctrine de la rançon, au moyen de la chaire, de la presse et des bancs des églises (**). Grâce à Dieu, les affirmations des Ecritures ont été bien suffisantes pour prouver aux saints des siècles passés la pureté parfaite de notre Seigneur, mais aujourd'hui comme “ nourriture au temps convenable ” pour la maison de la foi, la science et la philosophie viennent attester que tout ce que prétend la Parole à ce sujet est possible et en harmonie complète avec “ les lois de la nature ”.

 (*) Manière de faire, méthode, moyen — Trad

(**) autrement dit : au moyen du clergé, de l’imprimé et des t laïcs dans les églises – Trad.

105 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 105

Par sa doctrine de “ l'immaculée conception ” de Marie, l'église catholique romaine essaie de fonder la foi en la mère de notre Seigneur, comme immaculée, sans tache, parfaite, et par là, de prouver que Jésus pouvait naître pur et séparé des pécheurs, mais nous n'avons pas cette prétention. Nous admettons que là mère de Jésus fut un membre de la race d'Adam au même titre que tous ses autres membres, que sa vie provenait de la souche adamique, qu'elle hérita des faiblesses et des imperfections humaines, et fut inévitablement comme tous les autres, sous la sentence de mort. Nous soutenons que “ l'homme Christ Jésus ” fut une exception, la seule exception. Dieu — ne l'oublions surtout pas — manifeste fréquemment sa sollicitude providentielle à l'égard des enfants des hommes à travers des phénomènes qui constituent des exceptions aux lois de la nature. Par exemple : II est de règle dans la nature que la chaleur dilate les corps, tandis que le froid les contracte ; mais il est heureux pour l'humanité que l'eau soit une exception à ce principe : l'eau, contrairement à la loi générale, se dilate sous l'action du gel. Si elle obéissait à la loi naturelle générale de la dilatation des corps, et se contractait en gelant, la densité de la glace serait plus grande que celle de l'eau à l'état liquide ; la glace s'enfoncerait alors au fond des cours d'eau lesquels seraient transformés en un bloc de glace que la chaleur même de l'été ne parviendrait pas à faire fondre. C'est un bonheur, aussi, que parmi les minéraux, l'antimoine soit également une exception à cette loi de la nature, autrement il nous serait impossible d'obtenir des caractères d'imprimerie dont les bords des lettres soient nettement découpés ; ce résultat est atteint en mélangeant ce métal qui se contracte avec d'autres métaux qui se dilatent à la chaleur. Ainsi, celui qui fut la seule exception parmi les humains, celui qui ne fut pas souillé par le péché, fut la


 

106 La réconciliation

seule espérance de notre race — sa rançon, son salut par la providence divine. Après ces considérations, nous allons examiner comment le “ Logos ” “ fut fait chair ”, “né d'une femme”, “de la semence d'Abraham ”, sans toutefois être contaminé, et comment il put, de ce fait, être une rançon convenable et acceptable pour Adam et sa race.

 Les Ecritures enseignent que toute existence, toute énergie vivante, ou être vivant, vient du père et non de la mère. La mère reçoit le sperme ou semence de vie du père, lui fournit un noyau cellulaire qui produit graduellement la forme ou corps ; la mère nourrit le germe de l'être jusqu'à ce qu'il soit capable d'entretenir une existence indépendante, autrement dit, jusqu'à ce qu'il puisse s'approprier pour sa subsistance, les éléments nécessaires à la vie qui sont fournis par la terre et l'air ; alors il naît. Le mot père signifie celui qui donne la vie. Il s'ensuit que Dieu fut le “ Père”, ou dispensateur de la vie d'Adam et par là, de tous les humains; la terre fut la mère d'Adam, et par conséquent de la race humaine (Luc 3 : 38). La forme ou l'organisme d'Adam fut et provint de la terre (qui lui servit ainsi de mère) ; mais son étincelle de vie, qui le constitua homme, vint de Dieu (qui fut ainsi son Père ou dispensateur de vie). Depuis lors, le pouvoir de transmettre cette étincelle de vie ou semence vivante pour la procréation appartient au sexe masculin de l'espèce humaine.

 En harmonie avec ce principe, on dit que les enfants viennent au père et sont enfantés- par la mère (Gen. 24: 47): Ainsi, les enfants de Jacob, par l'intermédiaire de ses fils, furent au nombre de soixante-dix quand il descendit en Egypte. Toutes ces soixante-dix âmes, ou êtres, sont expressément désignées comme étant issues de ses reins (Gen. 46 : 26, 27 ; Ex. 1 : 5). Il est dit aussi de Salomon qu'il sortait des reins de David (1 Rois 8 : 19 ;

107Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation ' 107

2 Chron. 6: 9). De même, l'Apôtre Paul, et les Israélites en général ont affirmé qu'ils étaient tous issus des reins d'Abraham; et de Lëvi, il est écrit ,qu' “ il, était encore dans les reins de son père, quand Melchisédec le rencontra ”.—Héb. 7 : 5, 10.

 Toute la race humaine était donc contenue en Adam et est issue de lui ; il en est le père. Ce fut par le moyen de notre mère Eve que naquit notre race, mais elle ne provint pas d'elle. C'est pourquoi il est écrit que “ tous en Adam meurent”, et non tous en Eve. La race, provenant d'Adam, fut éprouvée dans son épreuve (à lui), condamnée dans son échec (à lui) et renfermée dans sa condamnation (à lui).

 Voilà ce qu'enseigne la Bible, et ce sont également les plus récentes conclusions de la science touchant la procréation dé l'espèce humaine et de tous les mammifères. Les savants trouvent dans la nature la preuve abondante et concluante que la vie où l'existence provient toujours du mâle. L'exemple le plus simple est celui d'un œuf de poule : de lui-même, à l'origine, il ne contient aucune vie, mais il est simplement une cellule germinative renfermant sa réserve d'éléments nutritifs nécessaires pour former un organisme, dès que cette cellule aura été vivifiée, fécondée ou imprégnée du germe de vie ou semence de vie de l'oiseau mâle.

 L'œuf contient non seulement la cellule germinative, mais aussi les éléments appropriés de nutrition, en proportion convenable, adaptés au minuscule organisme engendré en elle par le sperme ou semence de vie et dans les conditions voulues pour qu'il se développe. La cellule germinative, le “ vitellus formatif ”, (partie formative du jaune de l'œuf), ou protoplasme, reçoit le germe de vie ou sperme, et cela devient l'embryon du poussin, lequel absorbe pour son propre développement le “ jaune alimentaire ” et l'albumine, jusqu'à ce qu'il brise la coquille et soit capable de s'alimenter seul en mangeant


 

108 La réconciliation

des éléments nutritifs non élaborés. Les principes régissant le développement de l'embryon de l'homme et des autres animaux sont identiques. Devant ces témoignages harmonieux de la Bible et de la science, la déduction raisonnable est que si le père était parfait, l'enfant le serait également. Même dans des conditions médiocrement favorables, un sperme ou semence de vie parfaite, s'unissant avec la cellule, germinative de la femelle, produirait un embryon vivant si vigoureux et si bien portant qu'il serait capable de s'approprier les éléments nutritifs convenables et d'évacuer, de rejeter ou de neutraliser les éléments impropres. L'être parfait, ainsi formé, posséderait aussi le pouvoir de neutraliser ou de repousser, par ses fonctions parfaites et sans dommage ou inconvénient pour lui, tous les éléments non profitables. Au contraire, dans la proportion où le sperme ou la semence de vie est imparfaite, l'embryon vivant sera faible et incapable de surmonter les conditions défavorables dans lesquelles il se trouve, et s'appropriera ce que sa mère lui donnera — bon ou mauvais — et il sera la proie de la maladie. Etant imparfait, il est incapable d'éliminer complètement les éléments nocifs, et le résultat en est la faiblesse et la maladie.

 Le vieux proverbe (anglais — Trad.) “ Ce qui est nourriture pour l'un est poison pour l'autre ”, repose sur le principe que nous venons d'énoncer. Une personne possédant un appareil digestif en bon état peut manger, et extraire de sa nourriture les éléments nutritifs qui lui donneront sa force ; d'autre part, cette même nourriture occasionnerait rapidement une maladie et éventuellement la mort chez un autre dont l'appareil digestif serait en mauvais état. La personne la plus vigoureuse s'assimile les bons éléments et se débarrasse de ceux qui sont nuisibles ; la plus faible est incapable de le faire, s'empoisonne réellement et souvent jusqu'à en tomber malade.

109 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 109

Souvenons-nous encore qu'aucun membre de notre race n'est près de la perfection ; nul n'est capable de défendre son organisme imparfait contre les myriades d'ennemis qui l'assaillent par le moyen de la nourriture, de la boisson et de l'air. De ce fait, personne ne naît parfait et personne ne peut éviter longtemps les attaques de la maladie. Elle s'en prend d'abord aux organes les plus faibles, et bientôt, tout s'écroule.

 D'après cette manière de voir, il s'ensuit donc que, si seule, notre mère Eve avait péché, la race ne serait pas morte, car si Adam était resté parfait, sa vie conservée et intacte; sa progéniture serait née sans défaut. Même si la sentence de mort avait frappé mère Eve, lui apportant des imperfections personnelles, celles-ci n'auraient pas dégradé sa progéniture ; étant parfaits, ses descendants. auraient assimilé les bons éléments et auraient neutralise, éliminé ou mis de côté naturellement et sans inconvénient, tout élément malsain et capable de nuire. D'autre part, supposez qu'Adam ait péché et qu'Eve fût restée sans pécher ; la condamnation et la mort d'Adam auraient affecté toute la descendance, exactement comme cela eut lieu. Même si les cellules germinatives de notre mère Eve et la nourriture pourvue par elle avaient été parfaites, les êtres qui seraient nés eussent été imparfaits, soumis à l'action de la mort, parce qu'ils étaient issus du sperme ou semence de vie malade d'Adam. Elle est donc très juste, cette déclaration scripturale : “ Tous en Adam meurent et, “ par la désobéissance d'un seul homme... la mort a passé sur tous... ” — 1 Cor. 15-22 ; Rom. 5 : 12-19- Combien est magnifique l'analogie qui existe entre le premier et le second Adam et leurs épouses respectives ! La mort de la race est la conséquence du péché d'Adam seul et non de celui d'Eve, cependant Eve participa à ce péché ; de même la restitution de la vie à l'humanité rachetée proviendra non de l'Epouse de Christ, mais de Jésus le Rédempteur ; cependant, par une faveur divine


 

110 Réconciliation

et selon le plan de Dieu, son épouse prendra part à l'œuvrè du rétablissement de “ ce qui était perdu”. Adam, la source, ayant été contaminé par le péché et la mort, aucun membre de sa postérité ne peut être exempt de la contamination ; car “ Qui peut tirer le pur de l'impur? Personne ”. Ce verset s'applique obligatoirement à l'homme et non à la femme :. personne venant ou sortant de la source polluée ne peut être pur. C'est pourquoi, “ il n'y a pas un seul juste, non pas même un seul”. Personne ne peut racheter sa propre vie, encore moins donner à Dieu une rançon pour son frère — Rom. 3 : 10 ; PS. 49 : 7.

 C'est un fait bien connu que la disposition d'esprit d'une mère a, au cours de la période de gestation, une grande influence sur le caractère et la disposition de son enfant, soit pour le bien, soit pour le mal. Les “ tares de naissance ”, soit mentales, soit physiques, sont nombreuses. A quel degré — si toutefois cela est possible — ou dans quelle proportion. un embryon parfait, engendré d'un germe de vie parfait, pourrait être endommagé par un mauvais état d'esprit chez la mère, il serait impossible à l'humanité de le savoir dans les conditions actuelles, car nous n'avons aucun moyen d'en faire la preuve. Il n'est pas non plus nécessaire à notre argumentation que nous le sachions, car ce ne fut pas dans de telles conditions que naquit “ l'homme Christ Jésus ”. Les Ecritures enseignent clairement (1) que l'Eternel choisit pour être la mère de Jésus une sainte femme, “ bénie entre les femmes”, qui avait “ trouvé grâce (faveur) auprès de Dieu” (Luc 1 : 28, 30, 42) ; (2) Marie avait une grande foi et était la joie de l'Eternel, pour être un instrument dans son plan ; et (3) sans craindre ni les reproches de la part de Joseph, ni ceux du monde, elle vivait se réjouissant en Dieu et disant : “ Mon âme magnifie Jéhovah, et mon esprit s'est réjoui en Dieu, mon Sauveur” (Luc 1 : 45-47). Ainsi, nous voyons que la disposition d'esprit de la mère

 111 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation

de Jésus, loin d'être un obstacle à son parfait développement, y contribua. Il s'ensuit donc que le seul obstacle à la génération d'un homme parfait par le moyen d'une mère imparfaite, ayant des défauts mais bien disposée, est l'absence d'un père parfait apte à fournir un spermatozoïde parfait. De là, la logique de l'enseignement, de l'Ecriture savoir que, dans le cas de Jésus, une vie parfaite (ne provenant pas de la source adamique) fut transférée par la puissance de Dieu d'une condition préexistante à la condition d'un embryon humain, et l'être naquit “ saint ” (pur et partait) bien que d'une mère Imparfaite (Luc 1 : 35). Il est donc tout à fait raisonnable et, comme nous venons de le voir à l'instant, en parfait accord non seulement avec les Ecritures mais avec les dernières découvertes scientifiques, que Jésus ait été ainsi indemne des imperfections mentales, morales et physiques que sa mère partageait avec toute la race humaine.

 Un autre fait démontré par les savants semble concorder avec le témoignage des Ecritures : bien que la vie (ou existence) provienne du père, la forme et la nature proviennent de la mère. Les preuves scientifiques, de ce fait sont plus abstruses et plus difficiles à saisir pour une intelligence ordinaire, et cela parce que, dans Sa sagesse, Dieu a non seulement séparé les diverses natures, mais il les a circonscrites dans une grande mesure, de manière qu'elles ne puissent se mélanger au-delà de certaines limites, sans perdre leur pouvoir de fécondation. On donne communément comme exemple le mulet, animal hybride qui ne peut se reproduire.

 On a abandonné aujourd'hui l'ancienne théorie disant que la forme et la nature proviennent du mâle: les savants naturalistes modernes sont aujourd'hui d'accord que la femelle donne l'organisme et le sustente— en fait, elle donne tout, excepté la semence de vie ou sperme qui | vient du père ou dispensateur de vie. Prenez âne illustration


 

112 La réconciliation

biblique de ce qui précède, l'union contre nature entre “ les filles des hommes ” et les anges qui ne conservèrent point leur propre origine ou condition (Gen. 6 : 2, 4 ; Jude 6 ; 2 Pi. 2 : 4). Lorsque ces anges prirent la forme humaine, ils avaient une vitalité parfaite, et ils engendrèrent des enfants bien supérieurs à ceux de la race d'Adam qui en ce temps-là, étaient profondément dégénérés. Les êtres issus de ces anges, possédaient une grande intelligence et une grande force physique, c'est pourquoi, selon le récit, il furent appelés “ des hommes de renom ”. Ces hommes étonnants naquirent, rappelons-nous, de mères imparfaites, et vouées à la mort, mais ils avaient été engendrés de pères vigoureux dont la puissance était intacte.

 La race mourante d'Adam aurait eu dans ces puissants Nephilim (en hébreu : êtres déchus) des maîtres durs qui ne furent jamais reconnus par Dieu, ni par une mise à l'épreuve pour la vie, ni par une condamnation à mort. Leur existence n'ayant pas été autorisée, ce fut en vérité un acte de miséricorde de les anéantir par les eaux du déluge ; d'épargner ainsi comme une sorte de nouveau commencement à la race, Noé et sa famille, avec cette appréciation : “ Noé était parfait dans sa génération (*) ” ; ces paroles impliquent que la majorité de la postérité d'Adam avait été grandement contaminée et était devenue plus ou moins une nouvelle race en s'associant avec les anges à forme humaine. Nous disons une nouvelle race, à cause de leur nouvelle vie et de leur nouvelle vigueur provenant de nouveaux pères.

 La renommée des Nephilim fut si grande, la terreur qu'ils inspiraient était telle qu'on en retrouve la trace dans des mythologies païennes jusqu'à nos jours, et que des siècles après leur destruction par le déluge, le faux

 (*) “ Héb. toledaw : descendance, famille. Etait de pure souche adamique ” (Bible commentée : -Genèse 6:6 — Trad.).

113 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 113

bruit courait que quelques-uns d'entre eux vivaient encore, ce qui causa une panique parmi les Israélites, enhardis pourtant par la victoire de récents combats (Nombres 13: 33; 14: 36, 37). Il y, avait certainement en Canaan des hommes de haute stature, comme d'autres passages bibliques le montrent, mais jamais, sauf dans ce “ rapport fâcheux ” ils ne sont appelés Nephilim. Ce qui confirme ce principe que la vie (vitalité) provient du père, et l'organisme (nature) de la mère, c'est que Jéhovah qui possède la nature divine, a engendré des fils de diverses natures. Il est le père ou dispensateur de vie de ces fils de nature angélique (Job 2 : 1 ; 38 : 7 ; Héb. 2: 9), aussi bien que des fils de nature humaine (Luc 3 : 38), il l'est également des “ Nouvelles-créatures” qui, dans la première résurrection, seront faits participantes de sa propre nature divine (2 P. 1 : 4). L'esprit ou énergie de Jéhovah, opérant sur des substances-esprits, produisit et développa des anges ; la même énergie ou esprit, s'exerçant sur des substances terrestres, produisit l'homme et les animaux inférieurs (Gen. 2 : 7 ; 1 Cor. 15 : 47). Pour nous donner une claire conception de la génération des nouvelles-créatures à la nature divine. Dieu les représente comme engendrées par la parole de la promesse dans le sem (”) de l'Alliance qu'il fit avec Abraham ; cette Alliance fut symbolisée par une femme, Sara, ce qui nous enseigne que si Isaac fut l'héritier d'Abraham et l'enfant de la promesse (par Sara), nous aussi comme Isaac sommes des entants de Dieu, étant, enfants de la promesse, ou de l'Alliance de Sara. — Gal. 4: 23-31—, 1 Pi. 1 : 3, 23; 2 P1. 1:4).

 Le même principe est illustré par le fait que dans la dispensation typique judaïque précédant l'âge évangélique, un enfant héritait des bénédictions et des privilèges de son père, selon le rang de la mère et la considération

(*) “ Womb ” : matrice — Trad.


 

114 La réconciliation

que son mari avait pour elle, ce qui montre ainsi de nouveau que l'enfant possédait la nature de la mère, ses droits, privilèges et libertés, mais pas nécessairement ceux du père. — Gen, 21 : 10 ; Ex. 21 : 4 ; Gal. 4 : 30.

 Les preuves précédentes sont confirmées par le fait que notre Seigneur Jésus naquit d'une femme. La “ sainte chose ” née d'une femme participa de la nature de la femme, la nature humaine, “ de la terre et terrestre ”. Tout en conservant toute la pureté et la perfection de l'état préexistant (celui d'un être-esprit), le germe de vie ou d'existence (conformément à la loi que nous examinons) fut transféré, participa de la nature de la mère et fut “ fait chair ” en “ naissant d'une femme ”. Cependant, la “ chose pure ” ne sortit pas de la race impure, mais elle “ procéda et sortit de Dieu ” et fut simplement développée et nourrie dans le sein de Marie. — Jean 8: 42; Gal. 4; 4,

 C'est encore en harmonie avec ce même principe que, bien que notre Seigneur Jésus ait été, depuis, hautement élevé à la nature divine et ne soit plus désormais un être humain, les Ecritures déclarent cependant qu'il sera le “ dispensateur de vie ” ou le “ père” de toute la race humaine ; elles enseignent aussi que son œuvre pour la race est de la rétablir dans la perfection de la nature humaine, qui fut perdue pour tous par le péché d'Adam. Ainsi, tandis que leur “ père ” ou dispensateur de vie sera sur le; plan divin, ses enfants seront sur le plan humain, nés d'une Alliance de Rétablissement, illustrée par Kétura, la troisième femme d'Abraham. Si nous considérons l'ensemble de cette question, nous reconnaissons que la naissance “ miraculeuse ” de notre Seigneur Jésus, parfait, sans défaut, issu d'une mère imparfaite, ne fut pas contraire au procédé habituel des arrangements du Créateur, mais en plein accord avec eux ; nous voyons que similairement Adam, le père, naquit en être parfait parce que né de Dieu, quoique sa, mère

115 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 115

(la terre) fût encore imparfaite, à l'exception du Jardin d'Eden préparé dans un but spécial. Donc, si les Ecritures nous assurent que notre Seigneur eut une existence préhumaine dont le principe de vie fut transféré dans le sein de Marie et que l'être qui naquit fut “ saint ”, les mêmes Ecritures nous assurent aussi pleinement qu'il fut “ saint, Innocent, sans souillure, séparé des pécheurs ”. C'est précisément un tel homme qui “ devint nous”(*), ou “nous convenait” (D.), convenait aux exigences de notre situation ; un tel homme pouvait être accepté par la Justice comme prix de notre rançon ; et étant alors établi Souverain-Sacrificateur pour l'humanité dans les choses se rapportant à Dieu, il serait capable d'avoir compassion des humains faibles et chargés — ayant été lui-même ému de compassion devant les infirmités humaines, lorsque dans son amour il se chargea de nos maladies. — Matth. 8 : 16, 17 ; Héb. 7 : 26.

 Nous passons maintenant à l'étude suivante : Comment Jésus pût-il être ainsi sans péché et cependant être “ fait . semblable à ses frères ”?

(•) Cette lecture de la V.A. angl. est. celle des MSS du vatican .d'Alexandrie (voir le N.T. de C. Tischendorf a Heb. 7 : 26). Aucune version française ne la donne — Trad.


 

 

115 La réconciliation

,

Demeure doux Esprit

 

DOUX Esprit, colombe céleste,

Demeure avec la paix d'en-haut.

Guide en nous fait, parole ou geste,

Préside à nos efforts mentaux.

 

Rends-nous la Vérité plus vive,

Qu'à nous s'impose ton chemin,

Plante en nous la crainte qui rive

La main du Père à notre main.

 

Conduis-nous dans les saints parages

Où l'on vit auprès du Seigneur,

Et fais que de ses pâturages

Rien ne détourne notre cœur.

 

Enseigne-nous veiller et prière

Pour attendre les temps voulus,

Et parfais notre caractère

Pour le triomphe des élus.

 

DOXOLOGIE

Louons le Dieu de toute grâce,

Vous qu'il créa, louez-le tous,

Cœurs et voix emplissez l'espace,

En son Fils, réjouissons-nous !

 

(Hymne 1)

 

 

 

 

 

 


 ETUDE V

 LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR

 DE LA RECONCILIATION

 “ RENDU SEMBLABLE A SES FRERES ”

 PEUT

 “ COMPATIR A NOS INFIRMITES”

 

Oui sont “ ses frères”'? - En quoi consista la ressemblance ? - Comment fut-Il “ tenté en toutes choses comme nous, sans commettre le pèche” ? – Les tentations au désert — Leur ressemblance aux nôtres — Certains d'entre elles séduiraient s'il était possible les Elus mêmes ”. - En quel sens notre Seigneur fut-Il rendu parfait par les souffrances ? — Quoique Fils, il apprit obéissance, - Comment fut-il fait en. ressemblance de chair de péché, et cependant sans péché ?

 “ II s'est chargé de nos infirmités ”. — Comment fut-il “ touché ” (de compassion) ?

 C'est pourquoi il dut, en toutes choses être rendu semblable à ses frères, afin qu'il fut un miséricordieux et fidèle Souverain Sacrificateur dans choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation (réconciliation) pour les péchés du peuple ”. — Heb. 2 : 17.

 IL EXISTE deux conceptions populaires opposées, qui, toutes deux, entrent en conflit avec toutes les diverses déclarations de la Bible concernant les rapports de notre Seigneur avec l'humanité ; une troisième, savoir l'opinion de la Vérité, est seule capable de concilier les divers passages des Ecritures, ou de satisfaire la raison sanctifiée des deux conceptions fausses, mais populaires, l'une prétend que notre Seigneur Jésus était le Dieu Tout-Puissant, Jéhovah, qui se revêtit simplement de chair humaine, sans éprouver réellement la sensibilité des épreuves des tentations et des conditions ambiantes de


 

118 La réconciliation

la nature humaine. L'autre prétend qu'il était un pécheur, ayant part aux imperfections de notre race, comme les autres humains, mais qu'il combattit le péché et lui résista avec plus de succès que les autres humains. Nous allons essayer de montrer que ces deux conceptions sont erronées, et que la vérité se trouve entre les deux : en effet, le Logos “ étant en forme de Dieu ”, un être-esprit, fut réellement un homme quand il fut “ fait chair ”, l'homme Christ Jésus ”, mais “ séparé des .pécheurs ”, un homme parfait préparé pour être le “ prix correspondant” du premier homme parfait dont la chute engloba notre race, et dont la rédemption englobe également la race.

 Il est donc tout à fait convenable, sous ce rapport, en cherchant à démontrer la vue biblique exacte sur ce sujet, que nous examinions diverses citations des Ecritures qui ont été faussées et mal employées pour prouver que notre Seigneur avait des défauts, et était sujet aux mêmes passions que les membres de la race déchue. Nous soutenons que s'il avait été dans cette condition, il lui aurait été Impossible, comme il l'est pour nous, d'observer parfaitement chaque détail de la loi divine qui déterminait la pleine mesure des capacités de l'homme parfait ; cette loi ne pouvait donc être observée par des humains imparfaits. C'est pourquoi, le fait même qu'en notre Seigneur il n'y avait pas de péché, le fait même qu'il plaisait au Père, et fut acceptable comme offrande pour le péché, comme prix de la rançon d'Adam (et la race perdue en lui), prouvent indirectement sa perfection, comme nous soutenons que la Bible l'enseigne partout. Mais les “ frères” de notre Seigneur n'étaient pas immaculés, ils n'étaient pas séparés des pécheurs. Comment, dans ces conditions, pouvait-il à la fois .être “ fait semblable à ses frères ”, et être séparé des pécheurs? On trouve la réponse à cette question lorsque l'on reconnaît le fait que ce ne sont pas les humains, les

 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 119

pécheurs en général, qui sont visés comme étant “ ses frères”. Adam, à la vérité, fut reconnu comme fils de Dieu à sa création, et jusqu'au moment de sa transgression (Luc 3: 38), mais pas après. Tous les membres de sa race sont appelés dans les Ecritures des “ enfants de colère” (Eph. 2:3). Seuls, ceux qui ont “ échappé à la condamnation qui est sur le monde”, et qui sont rentrés en accord avec Dieu, par Christ, sont autorisés par les Ecritures à se considérer des fils de Dieu (Jean 1 : 12):. Des autres, notre Seigneur déclare : “ Vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père” (Jean 8: 44). Notre Seigneur Jésus ne se compta jamais comme l'un des enfants du diable, ni comme un des “ enfants de colère ”, mais il déclara qu'il “ procédait et venait de Dieu ”. Il ne reconnut pas non plus comme “ ses frères ” aucun de ceux qui étaient encore des “ entants de colère ”. Les seuls considérés comme “ les frères du Seigneur” sont ceux qui, ayant échappé à la condamnation qui pèse sur le monde, ont été rapprochés du Père par le sang de Christ, ont reçu “ l'esprit d'adoption ”(*) dans la famille de Dieu, et la promesse de la “ filiation” complète à l'établissement du Royaume (Rom 8 : 15, 23 ; Gal. 4:5). Puisqu'ils sont justifiés, considérés comme libérés de la culpabilité adamique, considérés comme rendus justes par le sang de Christ, ils sont semblables à notre Seigneur Jésus, “ ses frères ” dans tous les sens du mot, dans une position analogue de faveur divine et de séparation du monde. Des consacrés de cette classe, notre Seigneur déclare : “ Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde ”. “ Je vous ai choisis du monde” (Jean 15 : 19 ; 17 : 16). On peut voir aisément de ce point de vue que notre Seigneur fut “ fait semblable à ses frères”, exactement, en tout point. Non pas que ses “ frères ” fussent dans cette condition au

 (*) “ Sonship ” — grec : huiothesias” : “ filiation ” Diaglott (Référence Strong N° 5206 — Trad.).

120 La réconciliation

moment où il s'humilia et fut fait chair, car il n'avait aucun frère à cette époque, sauf que cette classe était préconnue de Dieu (Eph. 1: 5, 11; Rom. 8:9); mais l'arrangement divin était tel que Dieu prévit qu'il pouvait être juste, et cependant justifier ceux de la race des pécheurs qui accepteraient sa grâce par Christ ; de ce fait leurs péchés seraient couverts, ne leur seraient plus imputés, mais seraient imputés à celui “ qui porta nos péchés en son corps sur le bois”. Dieu arrangea d'avance, préconnut, son dessein d'appeler les membres de l'Eglise de l'Evangile pour être “ cohéritiers avec Jésus-Christ, notre Seigneur ”, d'un héritage incorruptible, sans tache, immarcescible, réservé dans les cieux. C'est en considération de ce plan arrangé d'avance, que les prophètes parlèrent, par anticipation, de tous ceux qui constitueraient cette classe, comme étant les “ frères ” de Christ. Prophétiquement, notre Seigneur est représenté comme disant au Père : “ J'annoncerai ton nom à mes frères ; je te louerai au milieu de l'Eglise ” (PS. 22 : 22 ; Héb. 2. : 12). Puisque le programme divin était que notre Seigneur fût non seulement le Rédempteur du monde, mais aussi un modèle pour les “ frères qui seraient ses cohéritiers, il était donc convenable en accomplissant le programme divin, que dans toutes ses épreuves et expériences, il fût “ fait semblable à ses frères ”.

 “ IL A ETE TENTE EN TOUTES CHOSES COMME NOUS, A PART LE PECHE”.

 — Héb. 4 : 15 —

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 On remarquera que cette expression ne veut pas du tout dire que Jésus fut tenté en toutes choses comme le monde est tenté, mais bien comme nous, ses disciples, le sommes. Il ne fut pas tenté, dans le domaine des appétits dépravés pour des choses coupables, reçus par hérédité, d'une lignée terrestre ; mais étant saint, innocent, sans souillure et séparé des pécheurs, il fut tenté de la même manière que le sont ses disciples de cet Age de l'Evangile qui marchent non selon la chair, mais selon l'esprit, et qui sont jugés, non selon les infirmités de leur chair, mais selon l'esprit de leur entendement, selon leur nouvelle volonté, leur nouveau cœur. — Rom. 8 : 4 ; 2 Cor. 5 : 16 ; Jean 8 : 15.

 On voit cela très clairement à propos des tentations de notre Seigneur dans le désert, immédiatement après sa consécration et son baptême au Jourdain. — Matth. 4:1-11.

 (1) La première tentation fut la suggestion présentée par Satan qu'il fît usage du pouvoir divin qu'il venait de recevoir au Jourdain, pour satisfaire ses propres besoins, en changeant les pierres en pains. Ce n'était pas là une tentation imputable en aucun sens à l'hérédité ou à l'imperfection. Notre Seigneur avait passé quarante jours sans prendre de nourriture, étudiant le plan divin, cherchant à la lumière du saint Esprit qu'il venait de recevoir, à déterminer quelle serait sa propre ligne de , conduite dans la vie, afin d'accomplir la grande mission pour laquelle il était venu dans le monde, savoir la rédemption du monde. La suggestion qui lui était faite d'employer le pouvoir spirituel qui lui avait été conféré et qu'il savait être en sa possession, pour satisfaire aux nécessités de sa chair, pouvait, à première réflexion, paraître raisonnable ; mais notre Seigneur discerna immédiatement qu'un tel usage de son don spirituel serait mauvais, ce don ayant une autre destination ; aussi repoussa-t-il la suggestion en disant : “ II est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ”. Les “ frères” du Seigneur ont parfois de semblables tentations de l'Adversaire, des suggestions d'utiliser des dons spirituels pour la poursuite d'intérêts temporels. Des suggestions de ce genre sont insidieuses, et constituent dès canaux par lesquels très souvent le peuple


 

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consacré de Dieu est détourné par l'Adversaire vers des abus de plus en plus grands de bénédictions divines.

 (2) L'Adversaire suggéra à notre Seigneur des moyens de fakir pour inaugurer sa mission envers le peuple : il se précipiterait du pinacle du temple au fond de la vallée, aux yeux de la multitude qui, le voyant sain et sauf, aurait ainsi la preuve de son pouvoir surhumain, serait amené à l'accepter comme Messie et à collaborer avec lui à l'œuvre à accomplir. Mais notre Seigneur vit de suite que de pareilles méthodes étaient entièrement en désaccord avec le plan divin ; il réfuta même l'emploi abusif d'un passage des Ecritures cité par Satan (apparemment pour mieux insinuer le mal). Rien ne put faire dévier notre Seigneur des principes de justice. Il répliqua immédiatement qu'une telle manière de faire serait tenter la providence divine de façon totalement injustifiable, et partant, indigne de la moindre considération. Lorsque le devoir ou le danger l'appelait, le Maître n'hésitait pas, mais se rendait compte de la capacité du Père de préserver ses intérêts ; toutefois la vraie confiance en Dieu n'implique pas de s'exposer au danger, sans l'ordre divin, et uniquement pour une exhibition, et dans un esprit de fanfaronnade.

 Les frères du Seigneur ont aussi des tentations de cette nature ; ils ont besoin de se rappeler cette leçon et cet exemple donnés par le Prince de notre Salut. Nous ne devons pas nous précipiter sans réflexion dans le danger, et nous estimer ainsi de vaillants soldats de la croix; Des “ exploits téméraires peuvent ne pas paraître insensés aux enfants du malin, mais ils sont totalement inconvenants chez des enfants de Dieu. Ces derniers soutiennent une guerre qui exige un courage encore plus grand. Ils sont invités à accomplir des services auxquels le monde n'applaudit pas, qu'il n'apprécie même pas, mais souvent persécute. Ils sont appelés à endurer l'ignominie, les sarcasmes du monde ; et même à supporter que les -

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incirconcis de cœur “ disent toute sorte de mal” faussement contre eux, à cause de Christ. A cet égard, les disciples du Chef de notre salut suivent le même chemin que leur Maître, et marchent sur les traces de leur Chef. Il faut un plus grand courage pour surmonter la honte et l'ignominie subies dans le monde, où le service de Dieu est si peu en honneur, que pour quelque grand et merveilleux exploit qui provoquerait l'étonnement et l'admiration de l'homme naturel.

 L'un des plus importants combats de ceux qui marchent dans "ce sentier étroit est celui qu'ils mènent contre leur propre volonté, afin de l'amener à la plus complète soumission à la volonté du Père céleste et de l'y maintenir c'est la lutte pour gouverner leur propre cœur, pour écraser les ambitions qui naissent et sont naturelles même chez un homme parfait, pour éteindre ces feux ardents, et pour présenter leur corps et tous les intérêts terrestres en sacrifices vivants au service de Dieu et de sa cause. Telles furent les épreuves dans lesquelles notre Chef gagna la victoire et ses lauriers, et telles sont également les épreuves de ses “frères”. “ Qui gouverne son esprit [l'amenant en complète soumission à la volonté de Dieu] est plus fort que celui qui prend une ville * (•) ; il est aussi plus grand que celui qui, par une fausse conception de la foi, sauterait du pinacle d'un temple, ou ferait quelque autre chose d'une folle témérité. La véritable foi en Dieu ne consiste pas en une crédulité aveugle et en suppositions extravagantes touchant sa sollicitude providentielle ; mais elle consiste, au contraire, en une confiance tranquille dans les infiniment grandes et précieuses promesses que Dieu a faites, confiance qui rend les fidèles capables de résister aux divers efforts tentés par le monde, la chair et le diable pour détourner leur attention, confiance qui suit avec soin les lignes de la foi et de l'obéissance tracées pour nous dans la Parole divine.

(•) Prov. 16 : 32.


 

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(3) La troisième tentation présentée à notre Seigneur par l'Adversaire avait trait à la domination terrestre qui lui était offerte avec la perspective d'un succès rapide dans l'établissement de son royaume, sans avoir à souffrir, ni à mourir — sans la croix, à la condition de passer un compromis avec l'Adversaire. Ce dernier prétendait— et sa prétention ne fut pas contestée — qu'il possédait le gouvernement du monde ; il offrait sa collaboration pour que le Royaume de Justice que notre Seigneur venait pour établir, puisse l'être rapidement. Satan sous-entendait qu'il était las de conduire le monde dans le péché, l'aveuglement, la superstition, l'ignorance ; que dès lors, il éprouvait de la sympathie pour la mission de notre Seigneur qui consistait à venir en aide à la pauvre race déchue. Ce qu'il désirait conserver, toutefois, c'était une influence maîtresse ou directrice dans le monde ; c'est pourquoi le prix à payer pour qu'il le ramenât dans la voie de la justice, le prix de sa collaboration avec Jésus dans une œuvre de bénédictions du rétablissement, était que Jésus le reconnût lui, Satan, comme le gouverneur suprême du monde, dans sa condition régénérée ; de ce fait, Satan voulait que notre Seigneur lui rendît hommage. Nous devons nous souvenir que la. rébellion de Satan contre l'autorité divine avait eu pour cause l'ambition d'être lui-même un monarque — “ semblable au Très-Haut ” (Es. 14 : 14). Nous rappelons que ce fut là le principal mobile des assauts qu'il livra avec succès à nos premiers .parents en Eden, en vue de les aliéner, de les séparer de Dieu, et d'en faire ainsi ses esclaves. Nous pouvons aisément supposer qu'il aurait préféré être le monarque de sujets plus heureux que “ la création gémissante ” : il aurait préféré des sujets ayant la vie éternelle. Il semblerait même que, jusqu'ici, il n'ait pas discerné le fait que la vie éternelle et le vrai bonheur ne sont possibles

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qu'en vivant en harmonie avec la loi divine. Satan voulait donc devenir un réformateur dans tous les domaines, à l'exception d'un seul; il voulait satisfaire son ambition, il ne voulait rien de moins que d'être le maître suprême des hommes ; n'était-il pas déjà “ le Prince de ce monde” et reconnu comme tel par l'Ecriture Sainte ? (Jean 14 : 30 ; 12 : 31 ; 16 : 11 ; 2 Cor. 4:4). Non, pas qu'il eût reçu une charge divine quelconque pour être “ le prince de ce monde ”, mais il prit possession de l'humanité en faisant régner l'ignorance, en présentant l'erreur pour la vérité, les ténèbres pour la lumière, le mal pour le bien ; il avait si bien su déconcerter, égarer, aveugler les humains qu'il lui a été facile d'accaparer la position de maître ou “ dieu de ce monde, agissant maintenant dans le cœur des enfants de la désobéissance” qui forment la grande majorité.

 Ainsi, la suggestion de Satan renfermait-elle une tentation particulière en paraissant offrir une nouvelle solution à la question du rétablissement de l'homme, par la délivrance de ce dernier de sa condition de péché. Et qui plus est, elle semblait impliquer au moins une repentance partielle chez Satan, et la possibilité d'un retour à une vie de justice, à la condition toutefois que son ambition fût satisfaite, qu'il pût régner sur des sujets plus heureux et plus prospères que lorsqu'il maintenait les hommes dans l'erreur et dans l'esclavage du péché pour conserver leur fidélité à sa cause. Il est certain que plus les humains rejettent le péché et apprécient la sainteté, et plus ils sont désireux de servir et d'adorer Dieu. Notre Seigneur Jésus n'hésita pas longtemps. Il avait une confiance absolue que la Sagesse du Père avait adopté le meilleur plan et le seul adéquat. C'est pourquoi, non seulement il ne discuta ni avec la chair ni avec le sang, mais il ne voulut pas davantage négocier avec l'Adversaire une collaboration dans l'œuvre de relèvement du monde.


 

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 Nous voyons là aussi un des assauts spéciaux de l'Adversaire contre les “ frères ” du Seigneur. Il a réussi rapidement à tenter l'Eglise nominale, l'amenant à abandonner le chemin de la croix, le chemin étroit de la séparation d'avec le monde, et à s'associer avec les pouvoirs civils, à acquérir ainsi graduellement une influence dans la politique du monde. En collaboration avec les “ princes de ce monde ”, encouragée et aidée secrètement par l'Adversaire, elle a cherché à établir le règne de Christ sur la terre, par le truchement d'un représentant, d'un pape qu'on prétendit être le vicaire 'de Christ. Nous avons vu quelles influences pernicieuses en résultèrent : comment cette contrefaçon du Royaume de Christ devint réellement un royaume du diable, accomplissant son œuvre. Nous avons vu les fruits, au cours des “ siècles de ténèbres ”, de ce règne que Dieu appelle le système Antichrist” (•).

 Bien que la Réformation eût un départ énergique, nous trouvons que l'Adversaire présenta de nouveau la même tentation aux Réformateurs, qui ne résistèrent; qu'en partie, étant disposés à compromettre la vérité pour gagner la protection et l'assistance des “ royaumes de ce monde ”, dans l'espoir que ces royaumes deviendraient de quelque manière le Royaume de notre Seigneur. Mais nous constatons que la combinaison de l'Eglise et de l'influence du monde, telle qu'elle est représentée par le Protestantisme, bien que moins néfaste dans ses résultats que celle de la Papauté, est néanmoins très nuisible, et constitue une lourde entrave à tous ceux qui subissent son influence. Nous voyons que la lutte constante des “ frères ” a pour objet de vaincre cette tentation de l'Adversaire et de tenir terme dans la liberté par laquelle Christ nous a rendus libres — n'étant pas du monde, mais séparés de lui.

 (*) Voir vol. II, Chap. IX. Référence Strong N° 500 : “ antichristo” ”, un adversaire du Messie — Trad'.

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 En outre, nous trouvons que, bien que la même tentation se présente à tous les “ frères ”, elle vient de temps en temps sous une forme légèrement modifiée ; dans chaque cas, le grand Adversaire essaie avec une habileté très subtile de faire avec nous comme avec le Seigneur : il se présente comme un chef à propos de réformes qu'il défend ; il semble manifester une sympathie sincère pour l'œuvre qui doit bénir le monde. Sa dernière tentation de ce genre se présente sous la forme de “ relèvement social” qu'il fait miroiter avec succès aux yeux de beaucoup de “frères”. Il suggère maintenant que, si nécessaire qu'il était autrefois de marcher dans le “ sentier étroit ”, le sentier de la croix, il n'est plus nécessaire de le faire maintenant, mais que nous en sommes venus à un point où toute l'affaire peut être facilement et rapidement faite, et le monde en général élevé à un plus haut niveau ou “ standing social, intellectuel, moral et religieux. Toutefois, les plans qu'il propose entraînent toujours la coopération avec lui : ici, par exemple, il recommande à tous ceux qui voudraient être des collaborateurs dans le relèvement social de se joindre aux mouvements sociaux et politiques qui amèneront le résultat désiré. Il est devenu si hardi et si confiant dans l'appui de la majorité, qu'il ne préconise plus comme réforme la conversion individuelle des pécheurs, leur salut hors de la condamnation, et leur réconciliation avec le Père par une foi et une consécration personnelles au Seigneur Jésus Christ : sa proposition est un relèvement social qui ignore les responsabilités et les péchés individuels, qui ne considère seulement que les conditions sociales et l'édification d'une Société dont l'extérieur est “ purifié ”. Il voudrait que nous laissions de côté l'enseignement du Seigneur que seuls ceux qui viennent au Père par Jésus sont des “ fils de Dieu ”, et ses “ frères ”. Au lieu de cela, il voudrait nous faire croire que tous les hommes sont frères, que Dieu est le Père de toute l'humanité


 

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qu'il n'y a point d' “ enfants de colère ”, et qu'il est criminellement antichrétien et peu charitable d'ajouter foi aux paroles de notre Seigneur, savoir, que certains ont pour “ père, le diable”. Satan voudrait ainsi, sans toujours le dire aussi formellement, nous faire ignorer et nier la chute de l'homme dans le péché, ignorer et nier la rançon pour le péché, et toute l'œuvre de la réconciliation en se servant d'expressions spécieuses et illusoires telles que : “ la paternité de Dieu et la fraternité des hommes ”, et la Règle d'Or. Cette tentation de l'Adversaire qui assaille “ les frères” aujourd'hui, en séduit beaucoup, et probablement les séduira tous, sauf les “ vrais élus ” (Matth. 24 : 24). Ces “ frères ” ces vrais élus sont ceux qui marchent fidèlement sur les traces du Maître et qui, au lieu de prêter l'oreille aux suggestions de l'Adversaire, s'en tiennent à la Parole de l'Eternel. Ces “ frères” ces vrais élus, au lieu de se fier à leur propre intelligence et aux sophismes de Satan, ont foi en la sagesse supérieure de Dieu et en son divin plan des âges. C'est pourquoi ceux-là sont tous “ enseignés de Dieu”, et par là, savent que l'œuvre de l'Age actuel est la sélection des “ frères ” de Christ, leur mise à l'épreuve et finalement leur glorification avec le Seigneur dans le Royaume, en devenant la semence ou postérité d'Abraham pour bénir le monde ; ils savent que, dans l'Age prochain, viendra le “ propre temps ” de Dieu pour le relèvement mental, moral et physique du monde. Les élus ne peuvent donc être trompés par aucun des arguments spécieux ou des sophismes de leur ennemi rusé. De plus, les frères ” n'ignorent pas ses desseins, car ils ont été mis en garde à ce sujet, et ils regardent à Jésus qui, non seulement est l'Auteur de leur foi, par son sacrifice, mais doit en être aussi le consommateur, lorsqu'il leur accordera une part à la première résurrection, et les rendra participants de sa gloire sublime et de la nature divine.

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 Tels sont les points essentiels de tentation des “ frères ”, et tels furent ceux de leur chef. Il fut “ tenté en toutes choses comme nous le sommes ” ; il sait comment secourir ceux qui sont tentés, et qui désirent recevoir son secours sous la forme où il le donne, par les enseignements de sa Parole et par ses infiniment grandes et précieuses promesses. ' Aucune des tentations de notre Seigneur ne provint de faiblesses héréditaires analogues aux nôtres ; il n'eut pas les penchants d'un buveur, ni la passion d'un meurtrier, ni la cupidité d'un voleur ; il était saint, innocent, séparé des pécheurs. Ses “ frères ” n'ont pas non plus des tentations de cette nature. Ceux qui sont devenus ses “ frères ” par la foi, la consécration et l'engendrement du saint esprit de filiation, ont perdu la disposition qui les porte à nuire aux autres ; ils ont reçu à la place le nouvel esprit, la pensée de Christ, l'esprit de Christ, l'esprit de sobre bon sens, le saint Esprit — l'esprit d'amour, qui recherche avant tout la volonté du Père, et qui cherche ensuite à pratiquer le bien envers tous les hommes, en toute occasion, particulièrement à la maison de la foi. — Gal. 6: 10.

 Ces “ nouvelles-créatures ”, en possession de la nouvelle disposition ou nouvelle volonté, ont encore dans la chair certaines faiblesses héréditaires, une tendance à la passion ou à la querelle, de sorte que continuellement, ils ont besoin de s'en garder et peuvent occasionnellement être surpris en faute, contrairement à leur volonté ; néanmoins, ces faiblesses non intentionnelles ne leur sont pas comptées comme péchés, ni comme des actes de la “ nouvelle-créature ”, mais simplement comme des imperfections de la vieille nature. Aussi longtemps que la nouvelle nature s'y oppose, ces imperfections sont considérées comme couvertes par le mérite de la rançon, la grande offrande pour le péché offerte par le Chef de notre Salut. C'est la “ nouvelle-créature ” seule qui est éprouvée, examinée, perfectionnée, polie et préparée pour l'héritage


 

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avec Christ dans son Royaume, et non. le corps de chair qui, pour ceux-là, est considéré comme mort.

 “ RENDU PARFAIT PAR LA SOUFFRANCE ”

 “ II convenait pour lui [le Père], à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât (*) le Chef de leur salut par la souffrance ”. — Héb. 2 : 10-

 En se rappelant ce qui précède, il est facile de voir que Jésus ne fut pas rendu parfait comme homme par les choses qu'il souffrit comme homme, ni qu'il souffrit quoi que ce fût avant de devenir un homme. La pensée exprimée dans ce passage est que notre Seigneur, quand il était dans le monde alors qu'il était déjà parfait comme homme, l'image même du Père dans la chair, saint, innocent, sans souillure et séparé des pécheurs, atteignit par ses expériences et ses souffrances, une autre perfection, une perfection sur un autre plan d'existence, et qu'il réalisa complètement depuis lors. C'était une chose que le Logos fût parfait quand il était avec le Père avant que le monde fût, parfait dans son être, dans son cœur et dans sa volonté, parfaitement loyal envers le Père ; ce fut une autre chose que, lorsqu'il s'humilia volontairement pour être fait chair et prendre notre nature, une nature inférieure, il fût parfait comme homme, séparé des pécheurs et c'est encore une troisième chose qu'il soit maintenant parfait dans sa condition de haute exaltation, participant de la nature divine. C'est à cette dernière que notre texte se rapporte. Avant d'accorder une si haute élévation à “ la gloire, l'honneur et l'immortalité de “ la nature divine ”, la sagesse divine trouva convenable d'appliquer certaines mises à l'épreuve dont l'ensemble

 (•) . consommer ; ou rendre parfait, dans l’épître aux Hébreux. c'est faire tout ce qui est nécessaire pour rendre propre à remplir un office” (Note D.).

131 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 131

rendrait parfait le titre de Fils Unique Engendré de Dieu pour participer à toutes les richesses de la grâce divine, “ afin que tous les hommes honorent le Fils comme ils honorent le Père ”.

 Nous devons nous souvenir qu'en regard de ces mises à l'épreuve de son obéissance au Père, il y avait aussi pour Jésus la perspective d'une certaine joie ou récompense, comme il est écrit : “ A cause de la joie placée devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte” (Héb. 12 : 2). Nous pouvons raisonnablement supposer que cette joie offerte était :

 (1) La joie de rendre un service qui serait agréable au Père.

 (2) La joie de racheter l'humanité, et de rendre possible sa délivrance du péché et de la mort.

 (3) La joie à la pensée que, par l'accomplissement de cette rédemption, il serait estimé digne par le Père d'être le puissant gouverneur et bienfaiteur, le Roi et Sacrificateur du monde, de révéler au monde la connaissance du plan divin et d'élever de la condition du péché à la faveur divine quiconque accepterait les conditions de la Nouvelle Alliance.

 (4) La joie que le Père lui avait promise : non seulement un retour à la gloire de l'être-esprit qu'il avait auprès du Père avant que le monde fût, mais une gloire plus excellente, celle d'être élevé bien au-dessus des anges, principautés, puissances et de tout nom qui se nomme, et d'être fait associé dans le Royaume de l'Univers, auprès du Père, — à la droite de la majesté dans les cieux, et participant de la nature divine avec sa vie inhérente ou immortelle. Mais toute cette joie proposée à notre Seigneur était conditionnelle ; elle dépendait de son entière obéissance à la volonté du Père. En fait, il avait toujours été obéissant au Père, et avait trouvé ses délices dans les voles du Père, mais jamais auparavant, il


 

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telle épreuve. Jusque là il avait toujours estimé agréable et honorable de faire la volonté du Père ; à présent, l'épreuve était de savoir s'il ferait ou non cette volonté dans des conditions affligeantes, pénibles, humiliantes ; des conditions qui l'amèneraient finalement non seulement à mourir, mais à mourir ignominieusement sur la croix. Il sortit vainqueur de cette épreuve, et jamais il ne chancela, ni ne trembla, mais il manifesta dans tous les détails et jusqu'au bout, la foi dans la Justice, l'Amour, la Sagesse et la Puissance du Père ; il endura sans hésiter toutes les oppositions et les contradictions des pécheurs contre lui-même, avec toutes les autres attaques de l'Adversaire ; par ce moyen, par la souffrance, il “ rendit parfait ” son titre à toutes les joies placées devant lui, et, en conséquence, fut rendu parfait comme un être du plus élevé de tous les ordres, à savoir de “ la nature divine ”. Ainsi, fut-il vrai de l'Unique Engendré du Père que :

QUOIQU'IL FUT FILS, IL A APPRIS L’OBEISSANCE PAR LES CHOSES QU'IL A SOUFFERTES, ET AYANT ÉTÉ CONSOMME (RENDU PARFAIT), IL EST DEVENU POUR TOUS CEUX QUI LUI OBEISSENT, L'AUTEUR DU SALUT ETERNEL ”

 — Héb. 5 : 8-10 —

 C'est ainsi que l'Apôtre inspiré explique que notre Seigneur, déjà sans tache, parfait, qui était déjà un “ Fils ”, qui obéissait déjà parfaitement au Père dans des conditions favorables, apprit ce qu'était l'obéissance dans les conditions les plus adverses. Après cette mise à l'épreuve, il fut jugé digne de recevoir la perfection sur le plan d'existence le plus élevé, la nature divine, qu'il obtint sur ce plan quand le Père le ressuscita d'entre les morts. Il eut la gloire excellente qui lui avait été promise, savoir

133 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 133

d'être d'abord le Libérateur de l'Eglise qui est son corps, et, plus tard “ au propre temps”, le Libérateur de tous ceux qui, étant amenés à la connaissance de la Vérité, lui obéiront.

 Remarquez l'accord parfait entre ceci et le témoignage de l'Apôtre Pierre : “ Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus... Lui que Dieu a exalté par sa droite. Prince et Sauveur ”. — Actes 5 : 30, 31.

 Ainsi, notre Seigneur Jésus démontra devant le Père, devant les anges et devant nous ses “ frères”, sa fidélité au Père et aux principes du gouvernement du Père. Ce faisant, il magnifia la loi du Père et la rendit honorable, démontrant qu'elle n'était pas trop exigeante, qu'elle n'était pas au-dessus de la capacité d'un être parfait, même dans les conditions les plus défavorables. Nous, ses disciples, pouvons bien nous réjouir avec toutes les créatures obéissantes et intelligentes de Dieu, en disant : “ Digne est l'Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction ”. — Apoc. 5 : 12.

 Notre Seigneur glorifié étant le Chef de notre Salut, cela implique que tous ceux qui veulent- être des soldats de la croix, des disciples de ce Chef et ses cohéritiers dans le Royaume, doivent obligatoirement être rendus parfaits comme “ nouvelles-créatures ”, par l'épreuve et la souffrance. De même que toutes les souffrances, par lesquelles le Chef fut rendu parfait comme nouvelle-créature, furent les choses qu'il endura à cause de l'opposition du monde, de la chair et du diable, et par le fait de la soumission de sa propre volonté à la volonté du Père, ainsi en est-il pour nous : nos souffrances ne sont pas les souffrances habituelles des maux de la “ création gémissante” et que nous partageons dans une certaine mesure, comme membres du monde. Les souffrances qui comptent dans le développement de la “nouvelle-créature ” sont celles endurées de propos délibéré à cause


 

134 La réconciliation

du Seigneur, de sa Parole et de son peuple — les difficultés que nous endurons comme de bons soldats du Seigneur Jésus Christ, tandis que nous cherchons à faire, non pas notre propre volonté, mais à rendre parfaite en nous, la volonté de notre Chef, la volonté de notre Père céleste. Ainsi, devons-nous marcher dans ses traces, nous rendant compte de ses soins vigilants, et recourant au trône de la grâce céleste pour y trouver du secours au cours de notre route ; nous avons confiance en Sa promesse que toutes choses concourront ensemble à notre bien, et qu'il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces, mais qu'il pourvoira au moyen d'échapper dans chaque tentation, et nous accordera, dans chaque épreuve, la grâce suffisante, au moment du besoin. Ainsi, ses “ frères ” sont-ils aussi à l'épreuve maintenant pour être rendus parfaits comme nouvelles-créatures en Christ, “ rendus capables de participer à l'héritage des saints dans la lumière ”. — Col. 1 : 12 (S.).

 “ EN RESSEMBLANCE DE CHAIR DE PECHE ”

Ce que la Loi ne pouvait accomplir parce qu'elle était impuissante à cause de la chair [parce que la chair était dépravée par la chute et incapable de rendre une obéissance absolue à la Loi], Dieu l'a accompli en envoyant son propre Fils dans une chair semblable à celle de l'humanité [qui était tombée sous la domination du Péché] comme une offrande pour le péché, laquelle, bien qu'elle condamnât le péché dans la chair, ouvrit un nouveau chemin de vie dans lequel la justice de la Loi pût être accomplie en nous [qui marchons non selon la chair, mais selon l'Esprit]. Pour ceux-là, il n'y a donc maintenant aucune condamnation, parce que la Loi de l'esprit de vie en Christ Jésus [sous le précieux sang] nous a libérés de l'Alliance de la Loi qui convainquait tous les

135 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 135

hommes. Imparfaits de péché, et les condamnait à mort. Rom. 8: 1-4, paraphrasé. Ceux qui sont plus ou moins disposés à considérer notre Seigneur comme un pécheur, un membre de la race déchue, se sont emparés de ce passage de l'Ecriture, et ont essayé de prouver qu'il est en désaccord avec la raison et en contradiction avec les autres passages des Ecritures pour appuyer leur théorie, pour prouver que christ fut fait exactement “ chair de péché ”, et non comme une chair qui n'avait pas péché, c'est-à-dire comme celle d'Adam avant sa transgression. Cependant, d'après le texte paraphrasé ci-dessus, la pensée de l'Apôtre est clairement exposée devant l'esprit du lecteur. Notre Seigneur quitta la gloire de la nature-esprit, et fut “ fait chair ”, fait d'une nature semblable à celle de la race qu'il venait racheter ; cette race dont la nature ou la chair était tombée dans l'esclavage du pèche, fut vendue au péché par la désobéissance de son premier parent, Adam. Rien ne laisse entendre ici (sauf dans l'interprétation qui est donnée par la traduction) que notre Seigneur était lui-même un pécheur. C'est, à la vérité, une des plus simples propositions imaginables que, s'il avait été un pécheur ou, en un sens quelconque, un participant de la malédiction qui pesait sur la famille humaine, il n'aurait pu être notre offrande pour le pèche, car un pécheur ne peut être une offrande pour un autre pécheur. Sous la loi divine, le “ salaire du péché, c'est la mort”. Si notre Seigneur avait été en un sens ou à un degré quelconque un pécheur, il aurait perdu sa propre vie, et aurait été sans valeur comme prix de rançon pour Adam ou pour tout autre pécheur.

 “ IL A PRIS NOS INFIRMITES ”

 — Matth. 8 : 17 (S.) —

 “ Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées. C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé. Et nous l'avons


 

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considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié. .Mais il était blessé pour nos péchés ; brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui. Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ”. —Es.53:4,5(Segond).

 La perfection est l'opposé de l'infirmité, et le fait que Jésus avait des infirmités pourrait, logiquement, être invoqué comme une preuve qu'il n'était pas parfait, qu'il avait hérité certaines des imperfections de la race déchue. On se souviendra que la nuit de son agonie, au Jardin de Gethsémané, notre 'Seigneur sua “ comme des grumeaux de sang”. Ceci est considéré par certaines autorités médicales comme une maladie qui, bien que très rare, a été constatée chez d'autres membres de la famille humaine. Elle est la preuve d'une grande tension et d'une grande faiblesse nerveuses. La tradition rapporte aussi que, sur le chemin de Golgotha, notre Seigneur fut contraint de porter sa croix, qu'il fléchit sous son poids, et qu'à cause de cela Simon le Cyrénéen fut obligé de la porter sur le reste du parcours (Matth. 27 : 32). On prétend encore que la mort de notre Seigneur sur la croix, survenue beaucoup plus rapidement que d'ordinaire, fut occasionnée par une rupture littérale de son cœur, des muscles du cœur, et que cela est confirmé par l'écoulement à la fois de sang et d'eau sortant de la blessure faite à son côté par la lance, après sa mort. En tout cas, notre Seigneur ne manifesta pas cette plénitude de vigueur qui fut manifestée par Adam, le premier homme parfait, dont la vitalité était telle qu'elle lui permit de vivre neuf cent trente ans. La question se pose : Toutes ces preuves d'infirmité (*) chez notre Seigneur n'étaient- elles un indice d'imperfection, que, soit par hérédité, soit de toute autre manière, il manquait des forces d'un homme parfait et était donc un homme imparfait ?

 (*) “ infirmity ” (au pluriel : -ties ”) : “ 1. faiblesse, 2. maladie ” (dict. américain — Trad.).

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 En apparence, il semble qu'il en soit ainsi et ce n'est que sous la direction de la Parole divine qu'il nous est possible d'expliquer, d'une façon satisfaisante pour notre esprit ou pour celui des autres, l'harmonie entre ces faits et l’assurance de la Bible qu'il était saint, Innocent, sans souillure et séparé des pécheurs”. La solution nous en est fournie dans le texte de l'Ecriture que nous examinons Le prophète déclare, comme nous et d’autres le penserions aussi à première vue que notre Seigneur, comme tout le reste de la race, fut battu, fut sous a sentence de mort, qu'il fut frappé de Dieu et affligé la sentence de mort semblait destinée autant a lui qu’au reste de la race humaine; mais Esaïe nous montre ensuite que ces faits qui nous apparaissent ainsi ne sont pas la réalité ; il explique que ce fut pour nos pèches et non pour les siens propres que notre Sauveur souffrit ; que ses infirmités provenaient de ce qu'il portait nos afflictions et supportait te poids de nos douleurs; qui mourut parce qu'il prit notre place devant la loi de Dieu et qu'il souffrit, lui le “ juste pour les injustes, afin qu’il puisse nous amener à Dieu”. Parlant pour le peuple réel d'Israël au premier avènement, le Prophète déclare : “ Nous l'avons considéré comme battu, frappé de Dieu et affligée et expliquant qu'une telle opinion était inexacte, il ajoute : “ Mais il a été blessé pour nos pèches, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui. Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ”.

 Matthieu attire l'attention sur l'accomplissement de cette même prophétie, déclarant : . On lui apporta beaucoup de démoniaques ; et il chassa les esprits par une parole, et guérit tous ceux qui se portaient mal ; en sorte que fut accompli ce qui a été dit par Esaïe le prophète disant : “ Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies ”. — Matth. 8 : 16, 17.

 


 

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La relation existant entre la guérison de la maladie, par notre Seigneur, et le fait qu'il prit sur lui le fardeau as nos infirmités, n'apparaît pas très clairement à la majorité de ceux qui lisent le récit. On suppose généralement que notre Seigneur exerça simplement un pouvoir de guérison qui ne lui coûtait rien, qu'il disposait d'un pouvoir inépuisable provenant d'une source spirituelle, invisible, permettant toutes sortes de miracles sans la moindre déperdition de sa propre force, de sa propre vitalité.

 Nous ne mettons pas en doute que “ la puissance du Très-Haut ”, accordée sans mesure à notre Rédempteur lui aurait permis de faire beaucoup de choses tout à fait “surnaturelles et, par conséquent, n'entraînant aucun épuisement de ses forces ; nous ne doutons pas davantage que notre Seigneur se servit de ce pouvoir surhumain, par exemple, lorsqu'il changea l'eau en vin et lorsqu'il nourrit miraculeusement des foules. Mais, d'après le récit des Ecritures, nous comprenons que la guérison des malades, telle que l'opérait notre Seigneur n'avait pas lieu par le moyen du pouvoir surhumain mis à sa disposition, mais qu'au contraire, en guérissant les malades, il dépensait pour eux une partie de sa propre vitalité ; de sorte que plus il en guérissait, plus importante était sa perte de vitalité, de force. Comme preuve qu'il en fut bien ainsi, souvenez-vous comment, dans le récit, la pauvre femme qui avait “ une perte de sang depuis douze ans, et qui avait beaucoup souffert d'un grand nombre de médecins, et avait dépensé tout son bien, et n'en avait retiré aucun profit, mais plutôt allait en empirant ”, etc. Rappelez-vous comment, avec foi, elle s'approcha de très près de notre Seigneur et toucha le bord de son vêtement, se disant : “ Si je touche ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie ”. Le récit dit : “ aussitôt son flux de sang tarit, et elle connut en son corps qu'elle était guérie du fléau. Et aussitôt Jésus, connaissant en lui-même la puissance [vitalité] qui était sortie de lui, se retournant dans

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la foule, dit : Qui a touché mes vêtements ? Et Ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse et tu dis : Qui m'a touché ? Et il regardait tout à l'entour pour voir celle qui avait fait cela... et il lui dit : “ Ma fille, ta foi t’a guérie ; va en paix et sois guérie de ton fléau ”. — Marc 5 : 25-34.

 Notez aussi le récit de Luc (6 : 19) qui déclare “ et toute la foule cherchait à le toucher, car il sortait de lui de la puissance [vitalité] et elle les guérissait tous”. C'est donc dans ce sens que notre cher Rédempteur prit les infirmités de l'humanité, se chargeant de nos maladies. Le don de sa propre vitalité, jour après jour, pour la guérison des autres, ne pouvait avoir pour résultat qu'un effet débilitant sur sa propre force, sa propre vitalité. Nous devons nous rappeler que cette œuvre de guérisons, cette dépense de vitalité à profusion, se faisait en même temps que ses prédications et ses voyages, et que ce fut là l'œuvre presque continuelle de notre Seigneur durant les trois ans et demi de son ministère. Ceci ne nous semble pas tellement étrange non plus lorsque nous considérons nos propres expériences : quel est celui qui, ayant une nature profondément compatissante, n'a pas, à certaines occasions, constaté qu'il est possible de partager les difficultés d'un ami, et de soulager dans une certaine mesure l'affligé par la sympathie, de lui communiquer à un certain degré, une nouvelle vitalité et de ranimer son moral ? Mais une telle influence bienfaisante et un tel sentiment des infirmités des autres, dépendent très largement de l'intensité de la compassion qui anime celui qui visite le malade ou l'affligé. Non seulement cela, mais certains animaux éprouvent de la sympathie à des degrés divers ; la colombe, par exemple, étant un des oiseaux les plus doux et les plus sympathiques, fut une des représentations types de notre Rédempteur dans la dispensation mosaïque. On a remarqué qu'il a été utile, en de nombreux-


 

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cas, d'introduire des colombes dans la chambre de malades qui y ont trouvé quelque soulagement. Peut-être qu'en raison de sa nature sympathique, la colombe prend une certaine part de la maladie et communique en retour une certaine mesure de sa propre vitalité. On constate cela du fait que les oiseaux deviennent malades (leurs membres se raidissent comme s'ils avaient des rhumatismes, etc.), tandis que le malade est soulagé dans une mesure correspondante.

 Quand nous nous souvenons que notre amour et notre sympathie ne sont que ce qui a survécu de ces sentiments-là, au cours de six mille ans de chute, et sachant, par contre, que notre Rédempteur était parfait et que de ce fait, cette qualité d'amour compatissant abondait en Lui dans la plus grande mesure, nous pouvons comprendre, faiblement, il est vrai, comment il “ était ému de compassion à la vue de nos infirmités”. Sa compassion était émue, parce qu'il était de nature distinguée, parfaite, sensible, douée; elle n'avait pas été endurcie par l'égoïsme et le péché, que ce fût par hérédité ou par acquisition personnelle. Nous lisons encore à son sujet qu'il était “ ému de compassion” et “qu'il eut compassion de la foule ” et ailleurs quand il vit les Juifs pleurer et Marthe et Marie et larmes, il fut profondément ému : “ Jésus pleura”. Loin que cette sympathie eût été un signe de faiblesse de caractère, elle indiquait le contraire, car le véritable caractère de l'homme, à l'image et a la ressemblance du Créateur, n'est pas dur, sans pitié et insensible, mais tendre, aimable, affectueux, sympathique. Toutes ces choses concourent donc à nous montrer que celui qui parla “ comme jamais homme n'a parlé”, compatissait aux conditions de déchéance aux détresses et aux afflictions de l'humanité, comme aucun des membres de la race déchue ne pourrait le faire. Indépendamment de cela, nous devons nous rappeler l'objet même de la venue de notre Seigneur dans le

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monde. Ce ne fut pas seulement pour manifester une puissance sans qu'il ne lui en coûtât rien, mais, ainsi qu'il l'expliqua lui-même, le Fils de l'Homme vint pour servir les autres et pour donner sa vie en rançon pour beaucoup. En vérité, le salaire du péché n'était pas la souffrance, mais la mort ; c'est pourquoi souffrir de la part de notre Seigneur n'aurait pas payé pour nous le salaire du péché ; il était absolument nécessaire qu'il goûtât la mort pour tous “.C'est pourquoi nous lisons que “ Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures” (1 Cor. 15: 3). Néanmoins, il convenait que, prenant la place du pécheur, notre Seigneur fît l'expérience de tout ce qu'impliquait la malédiction, la peine de mort ; et étant donné que la famille humaine meurt par un processus de perte graduelle de la vie, par suite de faiblesses, de maladies, d'infirmités, il était approprié que, d'une manière correspondante, notre cher Rédempteur passât aussi par cette expérience. Puisqu'il n'était pas lui-même le pécheur, tous les châtiments du péché qui pouvaient tomber sur lui, devaient l'être du fait qu'il prenait la place du pécheur et supportait pour nous les coups de la Justice.

 Notre Seigneur fit cela, en ce qui concerne la maladie, la douleur et la faiblesse, de la manière la meilleure et la plus utile, c'est-à-dire en répandant volontairement sa vie, jour après jour, durant les trois ans et demi de son ministère, faisant le don de sa vitalité à ceux qui n'appréciaient pas ses mobiles (sa grâce, son amour). Ainsi est-il écrit : “ II a livré son âme [son être, son existence] à la mort ”. “ II a livré son âme [son être] en sacrifice pour le péché” (Es. 53 : 10, 12). Nous pouvons voir rapidement que depuis le moment de sa consécration, à l'âge de trente ans, lorsqu'il fut baptisé par Jean dans le Jourdain, jusqu'au Calvaire, il répandit constamment son âme ; sa vitalité sortait continuellement de lui pour aider et guérir ceux qu'il servait. Et bien que tout cela n'aurait

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pas été suffisant pour payer le prix de nos péchés, toutefois cela faisait partie de l'action graduelle de la mort s'exerçant sur notre cher Rédempteur, action qui atteignit son point culminant au Calvaire lorsqu'il s'écria : “ Tout est accompli ”, et que sa dernière étincelle de vie s'éteignit.

Il semblerait qu'il fût tout aussi nécessaire que Jésus sacrifiât, dépensât ses forces vives et fût touché par les expériences de notre processus de mort, qu'il fût, d'autre part, obligé d'expérimenter, ne fût-ce qu'un instant, la condition de séparation complète du pécheur d'avec le Père Céleste, sans aucun secours divin, lorsqu'il s'écria : “ Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ? ” S'étant substitué au pécheur, il devait supporter le châtiment infligé à celui-ci dans tous ses détails ; sa mission de sacrifice ne pouvait être achevée avant que tout cela eût été accompli — avant qu'il ait passé par toutes les épreuves estimées nécessaires par le Père Céleste pour son élévation au-dessus des anges, principautés et puissances et son association avec le Père sur le trône de l'Univers.

 Toutes ces expériences par lesquelles le Père Céleste fit passer son Fils Bien-aimé avant de relever à la droite de sa majesté et de lui confier la grande œuvre de bénir toutes les familles de la terre, n'étaient pas simplement des épreuves (“ tests ”) de la fidélité de l'Unique Engendré, du Logos. Les Ecritures nous assurent qu'elles étaient également nécessaires afin que notre Seigneur pût compatir aux faiblesses de ceux qu'il rachetait ainsi, afin qu'il pût éprouver de la compassion pour tous ceux qui voudraient revenir à une pleine communion avec Dieu par lui, et les “ secourir ” ': l'Eglise durant l'Age actuel, et le monde pendant l'Age millénaire : “ Afin qu'il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu”, “ qui a été tenté en toutes choses comme nous le sommes”,

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quelqu'un qui pût avoir compassion des ignorants et de ceux qui sont égarés ; puisque lui-même a été assiégé de faiblesses ”. “ C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui ”. Vraiment, “ il nous convenait," en effet, d'avoir un Souverain Sacrificateur comme lui ”, — saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs et plus élevé que les cieux”. — Héb. 2 : 17, 18 ; 4 : 15, 16 ; 5 : 2 ; 7 : 25, 26. — (D. et S.).

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Echec aux Doutes

Christ est ton sûr Rocher ;

De ce bon fondement pas un instant ne doute.

Ne crains pas la fureur des vagues en déroute,

De ce Roc aucun vent ne saurait t'arracher.

 

Christ est ton seul Ami.

Il connaît ta faiblesse et fait Sa force tienne.

Crois ! En son nom puissant la victoire est certaine

II combattra pour toi, tu gagneras par Lui.

 

Christ est ta douée Paix :

C'est Lui qui te sauva de la mort et du vice,

Et qui, par le manteau de sa haute justice,

T'épargne le courroux des célestes décrets.

 

Christ est ta SURETE,

Renonce donc à toi et fais-Lui confiance,

Et tu pourras entrer contre toute émergence,

Dans les lieux bienheureux de la félicité.

 

(Extrait du Poème de l'Aurore N3 25)

 

 

 


ETUDE VI

 LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR

 DE LA RECONCILIATION

 FILS DE DAVID ET SEIGNEUR DE DAVID

 

Comment est-il le Fils de David ? — Généalogie de Joseph par Salomon. — Généalogie de Marie par Nathan. — Ce qui est élevé sera abaissé ; ce qui est abaissé sera élevé. — D'où vient que Christ a le titre de Seigneur de David ? — Comment fut-il à la fois la racine et le rejeton de David ? — Signification de son titre “ Le Père Eternel ”. — Comment a-t-il obtenu ce titre et comment deviendra-t-il une réalité ? — Quels sont les entants de Christ ? L'Eglise, ses “ frères ”. — Les enfants du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

 “ Jésus les interrogea, en disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le fils ? Ils lui disent : de David. Il leur dit: Comment donc David, en esprit, [par l'inspiration] l'appelle-t-il Seigneur, disant : Le Seigneur [Jéhovah] a dit à mon seigneur [ADON, maître, gouverneur] : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds ? Si donc David l'appelle Seigneur [ADON, maître], comment est-il son fils ?” —Matt. 22 : 42-45.

ON DEVRAIT noter tout d'abord, que la discussion, dont fait l'objet ce passage, ne concerne pas la préexistence de notre Seigneur, mais simplement sa parenté avec la famille humaine. Il s'apparente à la famille humaine, ainsi que nous l'avons vu, en prenant notre nature par sa mère Marie. La généalogie de Marie, tracée par Luc, remonte à David, par son fils Nathan

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(Luc 3 : 31) (*) tandis que la généalogie de Joseph, telle que la donne Matthieu, remonte aussi à David, par son fils Salomon (Matth. 1 : 6, 16). Joseph ayant accepté Marie pour femme, et adopté Jésus, le fils de Marie, comme son propre fils, cette adoption donnait à Jésus le droit de se réclamer de la généalogie de Joseph ; mais il n'était pas nécessaire de remonter à David par cette lignée généalogique du fait que sa mère descendait de David, par une autre branche, comme nous l'avons vu.

On remarquera cependant que la prétention de Jésus au trône d'Israël ne repose pas sur le fait de l'union de sa mère avec Joseph, comme certains l'ont supposé. Au contraire, s'il avait été le fils de Joseph, il aurait été privé de tout droit ancestral au trône de David. En effet, les successeurs de David sur le trône royal étaient bien issus de la lignée de son fils Salomon, et non de celle de son fils Nathan, néanmoins certains passages des Ecritures Indiquent clairement que le grand héritier du trône de David ne devait pas venir par la lignée royale de Salomon. Si nous démontrons cela, nous aurons du même coup renversé les prétentions de ceux qui affirment que notre Seigneur était forcément le fils de Joseph aussi bien que de Marie. Examinons donc avec soin cette question :

La proposition divine clairement établie, fut d'abord que, sans aucune équivoque et discussion possibles, le grand héritier du trône du monde, le grand Roi d'Israël, devait venir de la lignée de David. Ensuite, il fut également déclaré qu'il devrait venir de la lignée de Salomon, de la famille régnante, mais seulement à certaines conditions. Si ces conditions étaient remplies, il viendrait par cette lignée ; sinon, il viendrait par quelque autre lignée,

 (•) Joseph est appelé ici (v. 3) “ le fils d'Héli ”, c'est-à-dire le fils. d'Eli, père de Marte par mariage, ou légalement, ou comme nous dirions : le beau-fils d'Eli. Par sa naissance, Joseph était le fils de Jacob, comme l'indique Matth. 1 : 16.

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mais en tout cas il devait venir par la lignée de David et être à la fois fils de David et Seigneur de David.

 Notons la déclaration scripturale : “ L'Eternel a juré À David [en] vérité, il n'en reviendra pas : Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône. Si tes enfants gardent mon alliance et mes témoignages que je leur enseignerai, leurs fils aussi seront assis à perpétuité sur ton trône”. — PS. 132 : 11, 12 (D>.).

 “ Et d'entre tous mes fils, (car l'Eternel m'a donné beaucoup de fils), il a choisi Salomon, mon fils, pour s'asseoir sur le trône du royaume de l'Eternel sur Israël. Et il m'a dit : Salomon, ton fils, c'est lui qui bâtira ma maison... et j'affermirai son royaume à toujours, s'il est ferme pour pratiquer mes commandements et mes ordonnances, comme aujourd'hui. — 1 Chron. 28 : 5-7 (D).).

“ Si tes fils prennent garde à leur voie, pour marcher devant moi en vérité, de tout leur cœur et de toute leur âme, tu ne manqueras pas d'un [il ne te sera pas retranché — Note D. — Trad.] homme, sur le trône d'Israël ”. — 1 Rois 2 : 4 (D.).

 La promesse du Royaume messianique, par la lignée de Salomon et par celle de sa postérité selon la chair, est.ainsi rendue clairement et spécifiquement conditionnelle ; elle dépendait d'une certaine fidélité à l'Eternel, et suivant toutes les règles d'interprétation du langage, cela implique que l'infidélité à l'Eternel exclurait certainement la postérité, selon la chair, de Salomon et sa lignée du trône d'Israël, se rapportant au Royaume messianique.

La question se pose donc : Salomon et ses successeurs au trône d'Israël prirent-ils garde à leurs voies pour marcher devant moi [Dieu] en vérité, de tout leur cœur et de toute leur âme ” ? S'ils ne le firent pas, lis sont rayés de la lignée ancestrale du Messie, selon la chair. C'est aux Ecritures qu'il nous faut aller pour nous assurer de la réponse sûre à cette question. Et là, nous

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trouvons sans aucun risque d'erreur, que Salomon et sa descendance royale ne marchèrent pas selon les préceptes divins. En conséquence, nous savons avec certitude que cette lignée fut retranchée et abandonnée comme lignée messianique, et que cette dernière devait venir par une autre lignée issue de David. Ecoutons la parole de l'Eternel :

 “ Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le avec un cœur parfait... si tu le cherches, il se fera trouver de toi ; mais si tu l'abandonnes, il te rejettera pour toujours”. — 1 Chron. 28 : 9 (D.).

 “ Et l'Eternel eut de la colère contre Salomon, parce que son cœur s'était détourné de l'Eternel, le Dieu d'Israël. Et l'Eternel dit à Salomon : Parce que tu as fait cela, et que tu n'as pas gardé mon alliance et mes statuts, que je t'ai commandés, je t'arracherai certainement le royaume... Seulement, je ne le ferai pas dans tes jours, à cause de David, ton père... mais je l'arracherai de la main de ton fils. Toutefois, je ne lui arracherai pas tout le royaume ; je donnerai une tribu à ton fils, à cause de David, mon serviteur, et à cause de Jérusalem, que j'ai choisie ”. — 1 Rois 11 : 9-13.

D'accord avec ceci, le récit expose que les dix tribus furent arrachées de la lignée de Salomon, directement après la mort de ce dernier — dix des tribus ne reconaissant pas l'allégeance à Roboam, fils et successeur de Salomon. Mais écoutons la parole de l'Eternel touchant la tribu de Juda et celle de Benjamin qui restèrent, pendant un temps, fidèles à la lignée de Salomon et, par là, paraissant s'associer au Royaume-antitype promis, et au Messie, le grand Roi. Les trois derniers rois de la lignée de Salomon qui s'assirent sur son trône furent Jéhoïakim, son fils Jéhoïakin (appelé aussi Jéconias et Conla), et Sédécias, frère de Jéhoïakim. Remarquons le témoignage de l'Eternel contre ces hommes, et son assurance qu'aucun

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membre de leur postérité ne s'assiérait jamais plus sur le trône du Royaume de l'Eternel — réel ou typique. Nous lisons :

 “ Je suis vivant, dit l'Eternel, que quand même Conia fils de Jéhoïakim, roi de Juda, serait un cachet à ma main droite, je t'arracherai de là... Cet homme, Conia, est-il un vase d'argile méprisé et mis en pièces ? un ustensile auquel on n'a point de plaisir ? Pourquoi ont-ils été jetés loin, lui et sa postérité, et lancés dans un pays qu'ils ne connaissent point ? Terre, terre, terre, écoute la parole de l'Eternel ! Ainsi dit l'Eternel : Inscrivez cet "homme comme privé d'enfants, comme un homme qui ne prospérera pas pendant ses jours ; car, de sa semence, nul ne prospérera, assis sur le trône de David, en dominant encore en Juda ”. — Jér. 22 : 24-30 (D.) (Voir note — Trad.).

“ C'est pourquoi, ainsi dit l'Eternel touchant Jéhoïakim, roi de Juda : II n'aura personne qui s'asseye sur le trône de David”. — Jér. 36 : 30 (D.).

Concernant Sédécias, nous lisons :

“ Et toi, profane, méchant prince d'Israël, dont le jour est venu au temps de l'iniquité de la fin, ainsi dit le Seigneur, l'Eternel : Ote la tiare, et enlève la couronne ; ce qui est ne sera plus. Elève ce qui est bas, et abaisse ce qui est élevé. J'en ferai un renversement, un renversement, un renversement !... Jusqu'à ce que vienne celui à qui appartient le juste jugement, et je le lui donnerai ”. — Ezéch. 21 : 30 à 32 (D. — note).

Ici, le renversement complet de la lignée de Salomon est annoncé : elle était la lignée élevée qui, désormais, serait abaissée, tandis que la lignée abaissée ou obscure de Nathan, qui n'avait jamais eu de prétentions au trône, devait être élevée au propre temps dans la personne de son représentant, le Messie né de Marie, selon la chair.

 Qui pourrait demander un témoignage plus positif que

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celui-ci : Le Messie ne pouvait pas venir de la lignée de Salomon, tous les droits et prétentions de cette lignée, sous les promesses et conditions divines, ayant été perdus par la méchanceté de ces rois et par leur rébellion contre Dieu ? Il est donc absolument faux d'affirmer que Jésus devait être le fils de Joseph, et ainsi, avoir hérité de ses droits et prétentions par Joseph, car aucun homme de cette branche ne s'assiéra jamais sur le trône de l'Eternel.

Ce transfert du royaume de la branche de Salomon à une autre branche de la maison de David est clairement prédit dans d'autres passages des Ecritures, où nous lisons : '

“ Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, et je susciterai à David un GERME JUSTE ; et il régnera en roi, et prospérera... Dans ses jours, Juda sera sauvé et Israël demeurera en sécurité ; et c'est ici le nom que Jéhovah lui donnera : Notre Justice ”. — Jér. 23 : 5, 6 — Voir la traduction de Young.

Marie, la mère de Jésus, paraît avoir saisi cette pensée exacte, ou bien elle fut poussée par le saint esprit à parler prophétiquement quand elle exprima le remarquable cantique d'actions de grâce cité par Luc (1 : 46-55) : II (Dieu) a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur ; il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les petits ; il a rempli de bien ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide ”. Ici la famille favorisée de Salomon est mise en contraste avec celle plus humble de Nathan. Le diadème et la couronne furent enlevés à Sédécias et à la lignée de Salomon pour être donnés à celui à qui appartient le droit — le Germe (ou branche — Trad.) juste de la souche de David.

Nous avons vu comment notre Seigneur est le Germe, le rejeton ou fils de David, la lignée par laquelle sa généalogie doit être convenablement tracée, et la concordance exacte des Ecritures avec ceci. Voyons maintenant

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dans quel sens il fut le Seigneur de David. Comment Jésus pouvait-il, être à la fois le Fils et le Seigneur de David?

Nous répondons qu'il n'est pas le Seigneur de David du fait de sa préexistence comme être-esprit avant qu'il fût “, fait chair ” et habitât “ au milieu de nous ”, pas plus qu'il fut le Germe ou Fils de David dans son existence préhumaine. Notre Seigneur devint le Seigneur ou le supérieur de David, aussi bien que le “ Seigneur de tous ” (Actes 10 : 86) par la grande œuvre qu'il accomplit comme Souverain Sacrificateur de la Réconciliation “ Car si Christ est mort et s'il a repris vie, c'est pour être le Seigneur des morts et des vivants”. — Rom. 14: 9 (Diaglott; N.T. Goguel et Monnier ; Cr. — Trad.).

Le Logos aurait pu, en vérité, être appelé avec raison un Seigneur, une haute personnalité de grande autorité comme il est appelé un Dieu, un personnage puissant ou influente*). De même, l'homme Christ Jésus, avant sa mort, pouvait avec raison être appelé un Seigneur et ses disciples l'appelaient ainsi, comme nous le lisons : “; Vous m'appelez Seigneur et Maître, et vous faites bien, car je le suis” (Jean 13: 13). Comme messager spécial de l'Alliance, que le Père avait sanctifié et envoyé dans le monde pour racheter ce monde, et que le Père honorait de toute manière, en donnant ce témoignage : “ Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai mis toute mon affection ”, il était éminemment convenable que tous ceux qui contemplaient Sa gloire comme la gloire d'un Unique Engendré du Père, plein de grâce et de vérité, l'eussent révéré, écouté, lui eussent obéi et l'eussent adoré — lui eussent rendu hommage — comme étant le représentant du Père. Mais ainsi que nous l'avons vu dans le texte

 (*) On se rappellera que nous ne discutons pas ici le terme “ léhovah ””, si fréquemment traduit par “Seigneur” dans l'Ancien Testament. Nous discutons d'autres mots rendus par “ Seigneur ” comme dans le texte cité ci-dessus. “ Le Seigneur [Jéhovah] a dit à mon Seigneur [adon, mon maître].: Assieds-toi à ma droite”, etc.

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cité ci-dessus, ce fut dans un sens particulier et différent que notre Seigneur Jésus devint un Seigneur ou Maître, en vertu de Sa mort et de Sa résurrection.

Ce sens particulier dans lequel le Christ ressuscité fut “ Seigneur de tous ”, ” Seigneur à la fois des morts et des vivants”, se rattache d'une manière essentielle à Sa grande œuvre de Souverain Sacrificateur de la Réconciliation. C'est dans ce dessein même qu'il devint un homme. L'humanité dépravée, “ vendue au péché ” par la désobéissance d'Adam, le père, était sans secours sous la domination du Péché et la sentence de mort, et sa délivrance de ces maux, conformément à la loi divine, exigeait que le châtiment d'Adam imposé à sa famille fût pleinement subi. La race avait besoin d'être rachetée du péché, et Christ devint son acheteur, son propriétaire ou possesseur, “ Seigneur de tous ”. C'est dans ce dessein même qu'il laissa la gloire de sa condition préhumaine, et devint l'homme Christ Jésus. Les. Ecritures déclarent qu'il se donna lui-même en rançon, comme prix de rachat de la race condamnée en Adam. Ainsi, le monde entier fut-il “ acheté à prix, à savoir par le sang précieux [la vie] de Christ ”.

Bien qu'en achetant la race il devînt, aux yeux de la Justice, le propriétaire, le maître de cette race, “ Seigneur de tous ”, il ne fit pas ce rachat dans le dessein de mettre l'humanité en esclavage mais au contraire, afin de libérer du péché et de la mort tous les humains qui accepteront par lui le don gracieux de Dieu. L'objet même de l'établissement du Royaume messianique est d'accorder à l'homme les droits et privilèges des fils de Dieu, perdus en Eden, rachetés, achetés à prix au Calvaire. Ce fut pour obtenir ce droit de délivrer l'homme que notre Rédempteur devint l'acheteur, le possesseur, le Seigneur de tous. Ainsi, par sa mort, le Messie devint-il le Seigneur de David, parce que David fut un membre de la race rachetée par le sang précieux du Sauveur.

153 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 153

 “ LA RACINE ET LE REJETON (*) DE DAVID ”

 — Apoc. 22 : 16 —

Ces paroles adressées par notre Seigneur à l'Eglise renferment presque la même pensée. Quant à la chair, Jésus était, de par sa mère, le fils, le germe, le rejeton ou la postérité de David. Ce fut par le sacrifice de sa vie pure qu'il devint la “ racine ” de David, aussi bien que son Seigneur : car la pensée suggérée par le mot “ racine” diffère quelque peu de celle renfermée dans le mot “ Seigneur ”. La “ racine ” de David signifie l'origine, la source de la vie, et du développement de David.

Les Ecritures déclarent que David fut un “ rameau de Jessé” (Isaï) : son père était donc sa racine, selon la génération naturelle. Quand et comment Christ devint-il la racine, le père de David ? Nous répondons : pas avant qu' “ il fut fait chair ” ; ce fut lorsqu'il fut fait chair, qu’il devint comme l'homme Jésus, apparenté à la race d'Adam, par sa mère (Héb. 2 : 14-18). Dans cette parenté avec la race, et avec David, il était la “ branche ” (rameau) et non la “ racine ”. Comment et quand devint-il la “ racine ” ? Nous répondons : Par le même moyen et au moment même où il devint “ Seigneur de David ” ; le moyen fut sa mort, par laquelle il acheta les droits de vie d'Adam et de toute sa race, y compris ceux de David ; le moment fut lorsqu'il ressuscita des morts. Rédempteur d'Adam, Rédempteur de la race et par suite Rédempteur de David.

Il s'ensuit que ce ne fut pas le Logos préhumain, ni l'homme Jésus qui fut le Seigneur de David et la Racine de David, mais le Messie ressuscité. Lorsque David en esprit (c'est-à-dire parlant sous l'influence de l'esprit ou influence prophétique) appela Jésus Seigneur, en ces

(*) La racine et la postérité (Ost. Martin Trad.).

155 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 155

termes : “ Jéhovah a dit à mon Seigneur [Jésus] : “ assieds-toi à ma droite ”, etc., il ne parlait pas de celui qui sacrifiait, de “ l'homme Christ Jésus ”, qui n'avait pas encore achevé son sacrifice, mais du Jésus victorieux, le Seigneur de vie et de gloire, le “ premier-né d'entre les morts, le prince dès rois de la terre ” (Apoc. 1:5). C'est de celui-ci que Pierre dit : “ Dieu l'a ressuscité le troisième jour... Il est le Seigneur de tous ” (Actes 10 : 36, 40). De celui-ci aussi, Paul déclara qu'à sa seconde venue, Il se manifesterait comme “ Roi des rois et Seigneur des seigneurs” (•). — 1 Tim. 6 : 15.

 “ LE SECOND ADAM ”

 Par suite de sa désobéissance à Dieu, la première racine ou le premier père de la race humaine, Adam, ne put engendrer une famille à sa propre ressemblance, l'image de Dieu ; non seulement, il manqua de lui donner la vie éternelle, mais il perdit son propre droit à cette vie, et transmit à sa postérité une succession, une hérédité de péché, de faiblesse, de dépravation et de mort. Le Logos fut fait chair, devint l'homme Christ Jésus, afin d'être le Second Adam, de prendre la place du premier Adam, et de lui donner, ainsi qu'à sa race (ou à tous ceux d'entre eux qui accepteront les conditions posées par Dieu), la vie plus abondante, la vie éternelle, dans des conditions favorables, perdues par la désobéissance.

C'est toutefois une erreur chez certains de supposer que “ l'homme Christ Jésus ” fut le “ second Adam ”. Non ! comme l'Apôtre le déclare en 1 Cor. 15 : 47 : “ Le second Adam est le Seigneur du Ciel”, le Seigneur qui viendra du ciel, et qui, à son second avènement, assumera les fonctions et les devoirs d'un père pour la race d'Adam qu'il racheta sur le Calvaire par son propre sang. Le

(•) Voir page 77

154 La réconciliation

rachat de la race d'Adam, pour la délivrer de la sentence de mort de la Justice était nécessaire, avant qu'il fût possible à notre Seigneur Jésus d'être le Dispensateur de vie ou Père de la race ; c'est cette grande œuvre seule qui fut accomplie par notre Seigneur à sa première venue. Il vient, à son second avènement, pour relever l'humanité par un rétablissement graduel, pour lui donner la vie éternelle, tous les privilèges et bénédictions perdus par le premier Adam. Le temps compris entre les deux venues du Seigneur est consacré, selon le programme du Père, au choix, parmi le monde racheté, d'une classe de personnes dont les qualifications furent prédestinées — à savoir, qu'elles devraient être toutes “ semblables à l'image de son Flis ” (Rom. 8 : 29). Cette classe est diversement appelée la sous-sacriticature de la Sacrificature royale, le corps ou Eglise de Christ, l'Epouse de Christ, la femme de l'Agneau, et cohéritière de tous les honneurs, bénédictions et service de son Royaume.

 En conséquence, l'œuvre de l'avenir, l'œuvre de l'Age millénaire, le grand objet pour lequel le Messie régnera, est exprimé par le mot régénération: Le monde fut procréé une première fois par Adam le père, mais il ne put obtenir la vie ; il ne fut procréé qu'au péché et à son salaire, la mort. Mais le nouveau Père de la race, le second Adam, veut accomplir une régénération générale. Le temps ou cette régénération sera valable pour le monde, est clairement indiqué par les paroles de notre Seigneur à ses disciples, comme étant l'Age millénaire. Il déclara : “ Vous qui m'avez suivi, — dans la régénération... serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël ”, etc. (Matt. 19 : 28. D. — M. — Sa. — Gl. et V.). Il est généralement reconnu par ceux qui étudient la Bible que l'Eglise, choisie pendant cet Age de l'Evangile, expérimente une régénération, mais beaucoup ont perdu de vue le fait qu'une autre régénération nettement distincte de la première, est prévue et qu'elle a été préparée pour le

156 La réconciliation

monde dans son ensemble : non pas que tous parviendront à la régénération complète, mais tous en auront la possibilité s'ils obéissent.

Il est bon, à ce propos, de remarquer d'une façon toute particulière la profonde différence entre la régénération de l'Eglise et celle du monde. Dans le cas de l'Eglise, beaucoup sont appelés à la régénération offerte pendant cet Age de l'Evangile, et peu sont choisis (ou élus — Trad.), peu expérimentent la régénération complète à laquelle ils sont invités, à savoir, de devenir de nouvelles- créatures en Christ Jésus, participants de la nature divine. La régénération préparée pour le monde, ainsi que nous l'avons déjà vu, ne lui donnera pas une nouvelle nature, mais une restauration, un rétablissement de la nature humaine dans sa perfection.

Ainsi est-il écrit : “ Le premier Adam devint une âme vivante [un être animal (*)], le dernier Adam, un esprit vivifiant. Mais ce qui est spirituel n'est pas le premier, mais ce qui est animal ; ensuite ce qui est spirituel (1 Cor. 15 : 45-47 — Diaglott, D.). En vérité, aux jours de sa chair, notre Seigneur Jésus prit la cause du premier Adam et de sa race, (ou s'identifia avec eux), par la semence d'Abraham (Héb. 2 : 16) — voir note D>.), et fut fait “ un peu moindre que les anges, pour la passion de la mort, afin que par la grâce de Dieu il goûtât la mort pour tous”. Mais, ayant accompli cette œuvre, il fut ressuscité des morts et devint participant de la nature divine : il était devenu le possesseur de la famille humaine qu'il venait de racheter, dont Il ne faisait plus partie, n'étant plus ” de la terre et terrestre ”, mais étant devenu Seigneur céleste, le Second Adam, un esprit donnant la vie.

Le premier Adam fut la “ racine ” originelle de laquelle toute la famille humaine a été produite ; par conséquent,

(*) “ animal ” “ charnel, opposé à spirituel ” (dict.). — Trad.

157 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 157

notre Seigneur dans la chair, fils de Marie, fils de David, fils d'Abraham, fut dans le même sens un rejeton ou rameau sorti d'Adam (mais ayant reçu, comme nous l'avons vu, une vie Intacte d'en-haut, qu’Il maintint toujours séparé des pécheurs). Ce fut son propre sacrifice comme homme (par obéissance au plan du Père) qui, non seulement, lui assura son élévation personnelle à la nature divine., mais lui acquit toute la race d'Adam et le droit d'Adam comme père ou “ racine” de la race. Ainsi, en rachetant la place et les droits d'Adam, notre Seigneur est le Second Adam. En donnant sa vie humaine pour celle d'Adam, il sacrifia aussi en faveur des enfants d'Adam toute perspective Humaine de procréer une race engendrée d'une, manière naturelle, afin qu'il pût au propre temps, accepter “ tous ceux qui le voudront” de la famille d'Adam comme ses propres enfants, les régénérant, leur donnant la vie éternelle à des conditions raisonnables. N'étant plus désormais un rameau, sorti de la racine d'Isaï (Jessé), et de David, Jésus est une nouvelle racine, préparée pour donner une vie nouvelle et les moyens d'existence à l'humanité — à Adam, Abraham, David et à tous les autres membres ou branches de la famille humaine tarée et altérée par le péché, qui voudront accepter cette vie aux conditions de la ” Nouvelle Alliance ”.

 Telle fut la première œuvre de Jésus pour son Eglise pendant l'Age de l'Evangile, telle sera son œuvre pour tous les membres de l'humanité qui l'accepteront durant l'Age millénaire. Actuellement (*) sa première œuvre pour Son Eglise est la justification donnant droit à la vie (la vie humaine) en harmonie avec Dieu, en communion avec Dieu ; c'est la même vie dont jouissait l'homme parfait Jésus avant sa consécration à la mort, lors de son baptême ; la même aussi dont bénéficia le premier

(*) Ecrit en 1899 Trad.

158 La réconciliation

homme parfait Adam avant sa transgression, — sauf que la vie parfaite de Jésus et d'Adam fut réelle tandis que la nôtre est simplement une perfection de vie considérée comme telle (C'est pourquoi Il est déclaré que nous sommes “ justifiés — par la foi”).

Notre Seigneur se dépeint, lui et son Eglise, sous la figure d'une vigne, montrant ainsi admirablement ce que sont les sarments et le cep. Adam et sa race furent le cep et les sarments originels, attaqués par le virus du pèche produisant de mauvais fruits et la mort. Notre Seigneur devint un nouveau sarment, fut greffé sur le cep adamique et il porta une espèce de fruit différente. Une particularité de la vigne, c'est que ses sarments peuvent être mis en terre et devenir des racines. Ainsi, notre Seigneur, le sarment greffé sur la souche adamique, fut mis en terre, cessa d'être un sarment et devint une racine ou cep Durant l'Age actuel, les membres de son Eglise sont des “ sarments ” en lui, et doivent pareillement porter leur ” fruit dans la sainteté ” (Rom. 6 : 22), leur vie nouvelle venant de lui. Il est encore demandé à tous les sarments de cet Age, non seulement de porter “ beaucoup de fruits ” comme sarments, ainsi qu'il le fit, mais également, comme lui, d'être éventuellement ensevelis et de devenir avec lui des parties de la racine (ou souche — Trad.) qui, durant l'Age millénaire, fortifiera et nourrira la race humaine régénérée.

La racine déchue, Adam (avec la première Eve, sa compagne), engendra la famille humaine dans l'esclavage du péché et de la mort ; le Second Adam, Christ (avec son Epouse et Compagne), ayant racheté les droits du premier Adam, ainsi qu'Adam lui-même et sa race, sera préparé pour régénérer tous les humains bien disposés et obéissants. Cette œuvre est appelée la “ restitution” (ou le rétablissement) (Actes 3: 19-23), qui rendra à ceux qui en seront dignes les privilèges et bénédictions terrestres perdus par le premier Adam, afin que l'humanité

159 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 159

rétablie, comme vigne de l'Eternel, puisse porter du fruit à la louange de Dieu. Notons que ce privilège de devenir la ” racine ” est réservé au Christ, Tête et corps, formé des,“ élus selon la prescience de Dieu, par la sanctification de l'esprit et la foi en la vérité” pendant cet Age de l'Evangile (1 Pi. 1:2). David et d'autres dignes du passé (qui moururent avant que le “ sarment ” eût été mis en terre et fût devenu le “ cep ”, ne pourront jamais faire partie de la racine, ou cep, et les fidèles de l'Age millénaire non plus. Tous, cependant, seront satisfaits lorsqu'ils atteindront sa ressemblance, que ce soit la terrestre ou la céleste. L'humanité aura le privilège de parvenir à la ressemblance de l'homme parfait Christ Jésus, le saint “ sarment ”, tandis que l'Eglise, son “ épouse ”, “ son corps ”, ses fidèles sacrificateurs, qui maintenant (•) achèvent ce qui reste des souffrances de Christ et sont devenus “ une même plante avec lui par la conformité de sa mort ”, porteront son image céleste. — 1 Cor. 15 : 48, 49 ; Héb. 11 : 39, 40.

“ LE PÈRE ÉTERNEL ”

 “ On appellera son nom Merveilleux, Conseiller, Dieu Fort, Père d'Eternité, Prince de Paix ”. — Es. 9 : 6 — (D. note).

Nous avons déjà fait remarquer la convenance du titre “ Le Dieu Fort” (ou puissant — Trad.) appliqué à notre Seigneur Jésus ; peu de gens contesteront qu'il est vraiment le Merveilleux de toute la famille du Père céleste ; personne ne contestera qu'il est un grand Conseiller, un grand Maître ; malgré le fait que son Royaume doit être inauguré par un temps de détresse et de trouble causés par la destruction des Institutions mauvaises actuelles, personne ne contestera que notre Seigneur est néanmoins

 (*) Ecrit en 1899 — Trad. *

160 La réconciliation

le Prince de Paix qui établira une paix sûre et durable sur la seule base convenable — la justice — la conformité au caractère et au plan divins. Examinons maintenant le titre “ Père de l'Eternité ” ; nous le .trouverons aussi approprié et aussi significatif que les autres.

Ce titre ne contredit pas, comme certains le supposent, les multiples passages des Ecritures qui déclarent que Jéhovah est le Père Eternel, “ le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ”, comme Pierre l'exprime (1 Pi 1 : 3). Au contraire, les Ecritures montrent clairement que ce titre s'appliquera à notre Seigneur à sa seconde venue d'une manière toute particulière ; car il sera le Père de la race humaine régénérée durant le Millénium. En vérité, ce titre est simplement l'équivalent de ceux que nous venons d'examiner ; le nouveau “ Seigneur ” de David et de l'humanité, la nouvelle “ Racine ”, le Second Adam, ces titres signifient simplement le Père éternel, le Père qui donne la vie éternelle.

Puisque notre Seigneur a racheté le monde des humains au prix de sa propre vie, que c'est en vertu de ce rachat qu'il devint son Seigneur, son Dispensateur de vie, celui qui le rétablira, et puisque l'idée centrale même renfermée dans le mot père est celle de donateur (ou dispensateur — Trad.) de vie, notre Seigneur ne pouvait prendre un nom ou titre plus approprié que celui de ” Père éternel ” pour représenter ses liens de parenté avec le monde sur le point d'être régénéré — né de nouveau d'entre les morts par le processus de rétablissement, de résurrection. Les humains recevront la vie directement du Seigneur Jésus qui, ainsi que nous le verrons bientôt, racheta cette vie selon les dispositions divines, et "en versa à la Justice le prix complet. Néanmoins, après l'achèvement du processus de rétablissement, le monde rétabli reconnaîtra Jéhovah comme étant la grande source originelle de vie et de bénédictions, l'auteur du grand plan de salut exécuté par notre Seigneur Jésus, le Père suprême

161 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 161

(“ grand ”) et super-Seigneur de tous. — 1 Cor. 15 : 24-28 ; 3 : 23 ; Matth. 19 : 28.

 Pendant des siècles, le sage et l'insensé, l'érudit et le commentateur, aussi bien que l'étudiant, ont été embarrassés par la déclaration prophétique suivante qui est en plein accord avec ce que nous venons de voir, savoir :

 “ AU LIEU DE TES PERES, TU AURAS TES FILS ; TU LES ETABLIRAS POUR PRINCES DANS TOUT LE PAYS ”

 — PS. 45 : 16 (note D.) —

Les patriarches et les prophètes, spécialement ceux qui furent de la lignée généalogique de laquelle notre Seigneur descendit selon la chair par sa mère Marie, furent longtemps honorés du titre de “ pères ”, ou ancêtres du Messie ; comme le déclarent les textes cités, précédemment, David était la racine d'où devait sortir le Messie, le Rameau Juste, et le Messie devait être le fils de David. Mais tout cela devra changer lorsque l'Eglise, le corps de Christ, sera (•) complète et unie à Jésus le Chef (ou Tête) dans la gloire, et lorsque le Père Eternel des humains commencera la régénération du monde. Ceux qui étaient auparavant les pères seront alors les enfants. Abraham, Isaac, Jacob, David ne possédèrent pas la vie dans le sens réel du terme : ils étaient tous des membres de la race condamnée à mort. Lorsque Jésus prit notre nature humaine, s'identifia avec la semence d'Abraham et de David, et accomplit l'œuvre de la rédemption, cela s'appliquait non seulement au monde en général, mais également à tous ses ancêtres selon la chair. Il les a rachetés tous, et nul ne peut obtenir la vie (complète, parfaite, éternelle) que par lui. “ Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils ne verra point la vie ” (Jean 3 : 36). C'est pourquoi Abraham, Isaac, Jacob, David, tous les

(•) Ecrit en 1899 — Trad.

162 La réconciliation

prophètes, et le reste du monde entier, doivent recevoir de Christ la vie future et éternelle, ou pas du tout ; sans lui, il n'y a que condamnation. Il est donc vrai que lorsque, au propre temps de Dieu, ils seront réveillés de la mort, ce sera par le grand Dispensateur de vie, Jésus, qui sera ainsi leur Père ou Celui qui donne (ou dispense — Trad.) la vie.

A ce propos, il est bon de noter également que les Ecritures désignent clairement le Père Céleste comme l'auteur de l'engendrement dans la régénération de l'Eglise, de l'Epouse de Christ. Comme preuve de ceci, remarquez les déclarations scripturales à ce sujet : l'Apôtre Pierre déclare : “ Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ... nous a engendrés” (1 Pi. 1:3). L'Apôtre Jean dit aussi : “ que nous sommes engendrés de Dieu ” (1 Jean 5 : 18). L'Apôtre Paul déclare également : “ Pour nous, il y a un seul Dieu, le Père ” (1 Cor. 8 : 6). Il a envoyé son esprit dans nos cœurs, par lequel nous crions : “ Abba, Père”(*) (Rom. 8: 15). Notre Seigneur Jésus rendit le même témoignage, disant, après sa résurrection : “ Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ” (Jean 20 : 17). L'Evangile de Jean rend un témoignage identique : “ A tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit de devenir enfants de Dieu ”, et déclare de ceux-là qu'ils sont “ engendrés non pas du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu” (Jean 1 : '12, 13 — D. note).

L'Apôtre Jacques déclare du Père des lumières que “ De sa propre volonté, il nous a engendrés par la Parole de vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures ”. Jacq. 1 : 18.

En effet, tout ce qui concerne l'Eglise indique que les fidèles de cet Age de l'Evangile sont, non pas les enfants de Christ, mais les enfants de son Père, engendrés de

(*) Mon Père, Mon Père ; version de Sacy. — Trad.

163 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 163

l'esprit du Père et à la nature du Père, et destinés à être “ héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui ”. — Rom. 8 : 17. D.

La parenté qui nous unit à notre Seigneur Jésus est, au contraire, spécifiquement et à maintes reprises indiquée comme celle de frères, et non de fils. Parlant de l'Eglise, l'Apôtre. dit : “ II n'a pas honte de les appeler frères”, ainsi qu'il avait été dit prophétiquement : ” J'annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l'assemblée (*) je chanterai tes louanges ”. Et encore : “ Me voici, moi, et les enfants [de Dieu] que Dieu m'a donnés ”. Ces derniers sont les “ plusieurs fils ” que le Père amène à la gloire, sous la conduite du Chef de leur Salut, Christ Jésus, et il est encore écrit au sujet de cette Eglise, que notre Seigneur Jésus, à sa résurrection, fut “ le premier-né entre plusieurs frères ”. — Rom. 8 : 29 ; Héb. 2 : 10-13.

Cette œuvre, consistant à donner la vie au monde en général, est différée jusqu'à ce que le Corps du Dispensateur de vie ait été achevée*), jusqu'à ce que les “ frères ”, avec leur Seigneur et Rédempteur aient été reçus comme fils de la gloire, et aient inauguré l'œuvre de rétablissement. Même dans le cas de ceux du monde (les Anciens Dignes) dont la foi et la loyauté à la volonté de Dieu ont déjà été mises à l'épreuve et approuvées, il ne peut y avoir de don de la vie jusqu'à ce que le corps du grand Moïse-antitype (l'Eglise) ait été rassemblé en entière (**) (Actes 3: 22, 23), ainsi qu'il est écrit: “afin qu'ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous [les vainqueurs de l'Age de l'Evangile, le Corps de l'Oint] ” n'ayant pas hérité les bonnes choses terrestres qui leur avaient été promises — Héb. 11 : 39, 40.

Ainsi, en considérant que la rédemption fut accomplie

(*) Grec : acclésia. Eglise - Trad.

(**) 'Ecrit en 1899 — Trad.

164 La réconciliation

par Christ Jésus, et que par cette œuvre Il obtint l'autorité ou la domination de la terre perdue par Adam et rachetée ainsi par Christ, par son précieux sang, nous comprenons que Christ ait droit au titre et à la charge de Dispensateur de vie et de Père de tous ceux de la race d'Adam qui accepteront les bénédictions du rétablissement sous les conditions de la Nouvelle Alliance ; ce n'est même que de ce point de vue seulement que nous pouvons comprendre comment notre Seigneur Jésus pouvait être à la fois la Racine et le Rejeton de David, à la fois le Fils de David et le Père de David, le Seigneur de David.

Dans cet ordre d'idées, il peut être bon de soulever cette question : Comment se fait-il que les membres de l'Eglise de cet Age de l'Evangile, une fraction du monde, des “ entants de colère comme les autres” (Eph. 2: 3), et ayant besoin de recevoir autant que les autres le pardon des péchés par le mérite de la grande réconciliation soient, dans un juste sens quelconque, séparés et distincts du monde, de sorte qu'on devrait les appeler des “ fils de Dieu ”, tandis qu'on devrait appeler les hommes de ce monde du nom de fils du Dispensateur de vie, du Christ ?

 La distinction provient du fait que le monde, non seulement a eu ses droits de vie humaine rachetés par le Seigneur Jésus, mais cette vie rachetée sera rendue, par lui, aux humains obéissants au cours du processus graduel de l'Age millénaire. L'Eglise, au contraire, n'obtient pas la restitution de la vie humaine que son Seigneur racheta pour elle. Cette vie du rétablissement est simplement considérée comme étant donnée aux croyants de cet Age de l'Evangile, en ce sens qu'ils sont justifiés (ou rendus parfaits, rétablis comme êtres humains) par la foi et non réellement. Cette perfection humaine, considérée comme telle par la foi, est donnée dans un but spécial : afin que ceux-là puissent sacrifier, dans le service divin, cette vie humaine considérée comme telle ou imputée, et les droits

165 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 165

et privilèges de la vie humaine, et recevoir en échange l'espérance d'avoir part à la nature divine.

La vie terrestre et les bénédictions terrestres furent perdues par Adam, et ce sont ces choses, et celles-là seulement qui furent rachetées pour les hommes, par notre Seigneur; c'est cette vie et ces bénédictions terrestres seules qu'il accordera dans la suite pendant le temps de rétablissement. Mais l'Eglise (le corps, l'Epouse de Christ) est d'abord appelée à sortir du monde ; c'est une classe spécialement ” élue”, appelée à un ” appel Céleste” un “haut-appel” pour être cohéritière de Jésus Christ son Seigneur et Rédempteur. De même que Jésus offrit son sacrifice parfait, . l'homme Christ Jésus”, et fut récompensé par le don de la nature divine, ainsi est-il permis aux croyants de cet Age de l'Evangile, d'offrir leur moi imparfait (justifié ou considéré comme parfait par les mérites du précieux sang de Jésus) sur l'autel de Dieu ; ce faisant, is sont engendrés de l'esprit pour être de ”nouvelles-créatures”, des ”fils du Très-Haut”, acceptés comme frères de Christ, comme membres de la ”sacrificature royale” dont Il est le Souverain Sacrificateur. C'est par le Père que ceux-ci sont attirés, et non par le Fils comme ce sera le cas pour le monde durant le Millénium (comparer Jean 6 : 44 et 12 : 32). Ceux que le Père attire à Christ sont reçus comme ses ” frères ” par ce dernier, leur frère aîné qui les aide à marcher sur ses traces dans l'étroit sentier du sacrifice, même jusqu’à la mort. Ils peuvent ainsi devenir morts avec lui, être considérés comme ses co-sacrificateurs, et de ce fait, être également jugés dignes d'hériter avec lui du Royaume et de l'œuvre qui consistera à bénir le monde et à donner la vie éternelle à tous ceux qui voudront la recevoir. Il nous est dit clairement de ceux-là, (ses frères - Trad.) qu’ils doivent “ accomplir ce qui reste [encore à souffrir] des afflictions du Christ”, “ souffrir avec lui afin qu'ils puissent aussi régner avec lui” (Col. 1 : 24 ; 2 Tim. 2 : 12).

166 La réconciliation

Ainsi, la position de l'Eglise est particulièrement différente de celle du monde en général, de même que leur appel est un haut-appel, un appel céleste, dont la récompense doit être la nature divine. — 2 Pi. 1 : 4.

C'est là le grand “ mystère ” ou secret qui, ainsi que l'Apôtre le déclare, est la clef sans laquelle il est impossible de comprendre les promesses et les prophéties de la Parole divine (Col. 1 : 26). Le Père Céleste s'est proposé de créer une race humaine, un peu Inférieure aux anges, de la terre et terrestre, et adaptée à la terre dans sa condition paradisiaque, mais il préconnut aussi le résultat de la chute et, de ce fait, l'occasion qu'il aurait de manifester sa Justice divine, ainsi que son amour, sa sagesse et sa puissance. De même qu'il disposa d'avance que son Fils Unique Engendré, le Logos, aurait l'occasion de prouver sa fidélité au Père et aux principes de justice, en devenant le Rédempteur de l'homme et ainsi l'héritier de toutes les richesses de la grâce divine, et le chef de tous, après le Père, afin qu'en toutes choses il pût avoir la prééminence, ainsi a-t-il également projeté qu'avant le rétablissement général des humains par leur Rédempteur, il ferait une sélection d'après le caractère et d'après la fidélité, d'un “ petit troupeau ”, pour que ses membres soient cohéritiers de l'Unique Engendré, et ses associés dans le Royaume, bien au-dessus des anges, principautés et puissances, et de tout nom qui se nomme.

En conséquence, l'Apôtre déclare que nous sommes “ élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'esprit” (1 Pi. 1:2). L'Apôtre Paul corrobore la pensée, disant : “ Ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, pour qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères” (Rom. 8 : 29, 30). De plus, il désirait que les yeux de notre intelligence pussent être éclairés de façon à pouvoir connaître “ l'espérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints, et quelle est

167 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 167

l'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons”. Il déclare que cette miséricorde envers nous se manifesta sans que nous ayons fait quoi que ce soit pour la mériter ; ” Dieu... alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ... et nous a ressuscites ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, afin qu'il montrât dans les siècles (âges) à venir, les immenses richesses de sa grâce dans sa bonté envers nous, dans le Christ Jésus... Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres”. — Eph. 1 : 17-19 ; 2 : 4-10.

168 La réconciliation

 

La terre est au Seigneur

 

BIENTOT le joyeux chant va naître

Chez tous les êtres sous le ciel ;

Ce chant vainqueur qui fait connaître

Que la terre est à l'Eternel.

 

Que tous les royaumes du monde

Te soient soumis, puissant Rempart !

Que dans l'air, sur terre .et sur l'onde

Flotte partout ton étendard !

 

Bientôt l'immense ritournelle

Dira l'accent triomphateur,

Qu'il ne demeure aucun rebelle,

Que sur tous règne le Sauveur.

 

(Hymne 271)

 

 

 ETUDE VII

 LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR DE LA RECONCILIATION

 “ LE FILS DE L'HOMME ”

 

Ce que ne signifie pas ce titre. — Sa signification. — Nul autre ne peut revendiquer les honneurs indiscutables qu'il comporte. — Le Fils de l'Homme vu par le monde. — Les opinions de Pilate, de Rousseau, de Napoléon. — Signification des expressions : “ II n'avait ni beauté, ni éclat qui nous le fasse désirer” ;. et “ Tellement son visage était défait ”, “ II se distingue entre dix mille ”, “ Toute sa personne est pleine de charme ”.

BEAUCOUP de titres sont appliqués à Jésus et parmi eux, l'un des plus fréquemment employés par lui-même est celui de “ Fils de l'Homme ”. Certains ont tendance à croire qu'il s'agit de l'admission par Jésus qu'il était un fils de Joseph ; mais cela est entièrement faux, car il ne reconnut jamais que Joseph était son père. Au contraire, on remarquera que ce titre qu'il s'applique à lui-même est relatif non seulement à sa vie terrestre, mais également à sa condition et à sa gloire présentes. De ce fait, certains autres ont sauté à l'extrême opposé pour prétendre que cette appellation indique que notre Seigneur est maintenant un homme dans le ciel, possédant toujours sa nature humaine. Ceci, comme nous allons nous efforcer de le démontrer, est une pensée absolument sans fondement, une fausse interprétation du titre “ Le Fils de l'Homme ”. En attendant, notons qu'une telle idée est en désaccord complet avec l'enseignement général de la Bible. Les Ecritures déclarent avec force que l'abaissement de notre Seigneur jusqu'à prendre la nature humaine ne devait pas durer éternellement, mais avait simplement pour objet d'accomplir la rédemption de

170 La réconciliation

l'homme en payant le châtiment à sa place ; ce faisant, notre Seigneur prouva accessoirement sa fidélité personnelle au Père, ce qui lui valut, immédiatement après, d'être élevé hautement, non seulement à la gloire qu'il avait auprès du Père avant que le monde fût, mais à une gloire plus excellente, bien au-dessus des anges, principautés et puissances— à la nature divine et à la droite, à la place de faveur, de la Majesté dans les lieux très hauts.

Notez avec soin quelques-uns des emplois suivants de ce titre par notre Seigneur :

” Le Fils de l'Homme enverra ses anges ”, à l'époque de la moisson de cet Age de l'Evangile. — Matth. 13 : 41. (D.)

“ Ainsi sera la présence du Fils de l'Homme ”, à la moisson, à la fin de cet Age. — Matth. 24 : 27, 37. (0.)

“ Quand le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire, et tous les saints anges avec lui ”. — Matth. 25 : 31. (D.)

“ Le Fils de l'Homme aura aussi honte de lui, quand Il viendra dans la gloire de son Père ”. — Marc 8 : 38. (D.)

“ Si donc vous voyez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant ”. — Jean 6 : 62. (D.)

“ Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'Homme ”. — Jean 3 : 13. (D.) (•).

Ces passages identifient “ Le Fils de l'Homme ” avec le Seigneur de gloire, avec l'homme Christ Jésus qui se donna lui-même, et avec le Logos préhumain qui est descendu du ciel et fut fait chair. Et il est évident que les Juifs n'avaient pas à l'idée que le titre “ Le Fils de l'Homme” signifiait le fils de Joseph ou, dans le sens ordinaire, le fils d'un homme, celui qui reçoit la vie d'un père humain : cela est montré par le fait qu'ils s'informèrent

 (*) Les mots “ qui est dans le ciel ” sont omis par les plus anciens MSS. — (Voir N.T. Goguel et Monnier ; N.T. Rilliet ; Diaglott, leurs textes et notes — Trad.).

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en ces termes : “ Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement : et comment, toi, dis-tu qu'il faut que le Fils de l'Homme soit élevé ? Qui est ce Fils de l'Homme ? ” (Jean 12 : 34). Les Juifs identifiaient évidemment l'expression “ le Fils de l'Homme” avec leur Messie espéré, basant sans aucun doute leurs espérances, dans une grande mesure, sur la déclaration de Dan 7 : 13 : “ Je voyais dans les visions de la nuit, et voici, quelqu'un comme un fils d'homme vint avec les nuées des cieux, et il avança jusqu'à l'Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. Et on lui donna la domination, et l'honneur, et la royauté, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servissent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit ”.

 Notre Seigneur s'identifia avec cette description en Apoc 14: 14, où il se représente lui-même comme étant quelqu'un “ semblable au Fils de l'Homme, ayant sur sa tête une couronne d'or, et dans sa main une faucille tranchante” — le Moissonneur de la moisson de l'Age de l'Evangile.

Néanmoins, même si nous sommes assurés que ce titre ne concerne en aucun sens le Fils de Joseph, même si la preuve est faite que la nature humaine, prise dans ce dessein, fut à jamais sacrifiée, et que maintenant, il est un être-esprit vivifiant de l'ordre le plus élevé (Heb. 2 : 9, 16 ; 1 Pi. 3 : 18 ; Jean 6 : 51 ; Phil. 2:9), la question se pose toujours : Pourquoi notre Seigneur choisit-Il pareil nom, pareil titre ? Ne sommes-nous pas en droit de croire qu'il doit certainement y avoir quelque motif particulier à cela, sinon ce choix spécial n'aurait eu lieu, étant donné que chacun des titres de notre Seigneur (lorsqu'on les comprend) a une signification particulière ?

 Il y a une raison très importante à l'usage de ce titre : il est très honorable, parce qu'il rappellera à perpétuité la

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grande Victoire de Jésus : son obéissance humble et fidèle à tous les arrangements du Père Céleste, même jusqu'à la mort et même jusqu'à celle de la croix ; par son sacrifice il acquit le titre à tous les honneurs présents et futurs à la gloire, à la dignité, à la puissance et à la nature divine. Ce titre “ Le Fils de l'Homme ” rappelle d'une manière directe, à la fois aux anges et aux hommes, la grande démonstration de l'humilité de l'Unique Engendré du Père, et le principe qui est à la base du gouvernement divin : celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. Ainsi, chaque fois que ce titre est employé il exprime tout un volume d'instructions de haute valeur pour tous ceux qui veulent être enseignés de Dieu, qui ont le désir de l'honorer, et de faire les choses qui sont agréables à ses yeux.

Si nous pouvons dire que notre Seigneur fut fait “ de la semence (•) de David”, et “ de la semence d'Abraham d’Isaac et de Jacob”, Il fut également de la semence d'Adam, par Eve la mère ; et pourtant, comme nous l'avons vu, Il fut “ sans souillure et séparé des pécheurs ”.

 “ La semence de la femme ” est mise en antagonisme avec la semence du serpent ; cependant, il n'est nullement laissé a entendre qu'Eve aurait eu quelque semence que ce soit en dehors de son mari, Adam. Et, s'il est juste de penser et de dire que notre Seigneur est la semence de David, Il est également juste de penser qu'il est la semence d'Adam, par Eve. Nous croyons que telle est l'idée cachée derrière ce titre ” Le Fils de l'Homme ”.

Adam, en sa qualité de chef de la race, et chargé de lui donner la vie, ne put, à cause de sa désobéissance, donner la vie éternelle à sa postérité ; néanmoins, selon la promesse divine, le temps viendrait où le Messie, s'identifiant avec la race d'Adam, rachèterait ce dernier et toute sa descendance. Adam fut l'homme par excellence parce

 (*) ou “ postérité ” — Trad.

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qu'il fut la tête (chef) de la race humaine, et qu'en lui résidait le titre donnant droit à la possession de la terre et à sa domination. Notez l'allusion prophétique faite à Adam : “ Qu'est-ce que l'homme, que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme que tu le visites ? tu l'as fait de peu intérieur aux anges, et tu l'as couronné de gloire et d'honneur. Tu l'as fait dominer sur les œuvres de tes mains ; tu as mis toutes choses sous ses pieds ; les brebis et les bœufs, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, l'oiseau des cieux, et les poissons de la mer, ce qui passe par les sentiers des mers ”. — PS. 8 : 4-8.

Ce droit (royauté, domination) terrestre sombra dans la confusion, fut perdu par la chute, mais fit intégralement partie de ce qui fut racheté par la grande offrande pour le péché. C'est ainsi qu'il fut écrit de notre Seigneur : “ Et toi, Tour du Troupeau... à toi arrivera et reviendra la domination première ” (Michée 4 : 8) Nous voyons ainsi que l'espérance du monde, d'après l'arrangement divin, reposait sur la venue d'un fils illustre et héritier d'Adam, d'un fils illustre d'Abraham, d'un fils illustre de David” d'un fils illustre de Marie. Cela n'impliquait pas non plus que la vie de ce fils proviendrait soit d'Adam, soit d'Abraham, soit de David ou de Marie, Comme nous l'avons vu précédemment, un beau-fils ou gendre, sous l'arrangement divin, est considéré comme un membre de la famille, et a la capacité de racheter un héritage abandonné et d'en reprendre possession. Dans le cas de notre Seigneur, nous avons vu clairement que d'une parenté terrestre ne provenait pas sa vie, mais seulement son organisme physique — que la vie procédait et venait de Dieu, et qu'à l'origine il était connu comme le Logos.

Plus nous étudions ce sujet, et plus tout ce que nous venons de dire paraît clair, car celui qui étudie le grec peut, dans tous les exemples où notre Seigneur emploie cette expression “ Le Fils de l'Homme ”, se rendre compte sans peine, qu'il le fait d'une manière emphatique, forme

174 La réconciliation

qu'on ne discerne pas dans les traductions anglaise et française et qui, pour être appréciée devrait être exprimée en appuyant, en soulignant les deux mots ” le ”, comme ceci : ”Le Fils de ('Homme ”. Notre Seigneur avait un droit indiscutable à ce titre. Comme Adam seul fut parfait et que tous ses descendants furent une race dégénérée, à l'exception de ce seul Fils qui, de lui-même, consentit à devenir un membre de la race d'Adam, pour être le Rédempteur de toutes ses possessions perdues, de même, lorsque Jésus accomplit l'acte de rédemption de la race et qu'il la libéra ainsi de la malédiction ou sentence de mort, il acquit d'une manière légale et indiscutable le titre ou droit d'être le fils de l'homme.

Ce titre n'appartint pas en toute légitimité à Jésus seulement pendant le temps où Il donna sa vie en rançon pour tous”, mais il lui appartient encore légitimement pendant le présent Age de l'Evangile, alors que progresse (*) la sélection de ceux qui travaillent avec lui à réaliser le programme grandiose du rétablissement de toutes choses. Et ce titre appartiendra légitimement bien plus encore à nôtre Seigneur, durant la période de son Règne millénaire, lorsque lui, le Fils (maintenant hautement élevé et changé) de l'homme (Adam), poursuivra l'œuvre du rétablissement, “ la rédemption [délivrance] de la possession acquise ”. — Eph. 1 : 14 ; Ruth 4 : 1-10.

 “ L'HOMME CHRIST JESUS ” VU PAR DES INCROYANTS

Les disciples dévoués du Seigneur Jésus Christ ne furent pas les seuls à reconnaître sa sagesse et sa grâce, et à remarquer qu'il était “ rempli de toute la plénitude de Dieu”, mais même ses adversaires le reconnurent comme de beaucoup supérieur au commun de notre race. Nous lisons en effet : “ Et tous lui rendaient témoignage

(*) Ecrit en 1899 — Trad.

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et s'étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ” (Luc 4 : 22). D'autres disaient : “ Jamais homme n'a parlé comme cet homme” (Jean 7 : 46). Pilate, répugnant de détruire la vie du plus noble Juif qu'il eût jamais vu, tenta, comme un dernier recours, d'apaiser la malveillance de la multitude ; car il se rendait compte qu'elle était excitée par les scribes et les pharisiens, envieux et jaloux de la popularité de notre Seigneur. Finalement, Pilate fit amener Jésus devant ses accusateurs, évidemment avec l'idée qu'un regard sur les nobles traits de Jésus détournerait leur haine et leur méchanceté. Pilate présenta Jésus et s'exclama : “Voici ('Homme!”, en mettant sur les mots, une insistance qui ne ressort pas de nos traductions, à moins que l'on puisse appuyer sur l’

C'est comme s'il avait dit : “ L'homme que vous me demandez de crucifier n'est pas seulement le Juif supérieur à tous les autres Juifs, mais il est l'Homme supérieur à tous les autres hommes. C'est au sujet de la condition d'homme de Jésus que Jean déclare : “ Le Logos fut fait chair et... nous vîmes sa gloire, une gloire comme d'un fils unique de la part du Père, pleine de grâce et de vérité ”. — Jean 1 : 14 ; 19 : 5.

A cet égard, rappelons ici l'éloge souvent cité et bien connu sûr ” Le Fils de l’Homme” et ses enseignements, par (Jean-Jacques) Rousseau, le célèbre écrivain français, dans son ouvrage “ Emile ”(•)... Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe ; qu'ils sont petits près de celui-là ! (l'Evangile — Trad.) Se peut-il qu'un livre à la fois si sublime et si simple soit l'ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont il fait l'histoire ne soit qu'un homme lui-même? Est-ce là le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle pureté dans ses mœurs ! Quelle grâce touchante dans ses instructions ?

 (*) Extrait des œuvres complètes, tome 2, page 597 (Furne et Cie - Paris, éd. 1852).

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Quelle élévation dans ses maximes ! Quelle profonde sagesse dans ses discours ! Quelle présence d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses réponses ! quel empire sur ses passions ! où est l'homme, où est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation ? Disons-nous que l'histoire de l'Evangile est Inventée à plaisir? Mon ami, ce n'est pas ainsi qu'on invente, et les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ. Jamais des auteurs juifs n'eussent trouvé ni ce ton, ni cette morale ; et l'Evangile a des caractères de vérité si grands, si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus étonnant que le héros ”.

L'éloge qui suit sur “ le Fils de l'Homme ” est attribué au célèbre Napoléon Bonaparte.

 “ Du commencement jusqu'à la fin, Jésus est le même, toujours le même : majestueux et simple, infiniment sévère et infiniment bienveillant. Dans toute sa vie entièrement connue du public, il ne fut jamais pris en faute. La prudence de sa conduite excite notre admiration, par son mélange de force et de douceur. Dans ses discours comme dans ses actes, il est éclairé, logique et calme. Le sublime est, dit-on, un des attributs de la divinité : quel nom donnerons-nous donc à celui dont le caractère réunissait tous les éléments du sublime ?

“ Je connais les hommes, et je puis vous dire que Jésus n'était pas un homme. Chez lui tout me confond. Il est impossible de le comparer avec tout autre être humain. Il est véritablement un être unique. Ses idées, ses sentiments, la Vérité qu'il proclame, la manière dont il parle, tout cela dépasse ce qui est humain et l'ordre naturel des choses. Sa naissance, l'histoire de sa vie, la profondeur de sa doctrine qui surmonte toutes les difficultés et donne leur solution complète, son Evangile, la singularité de cet être mystérieux, et son aspect extérieur, son empire, les progrès qu'il a accomplis au cours des siècles et des

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royaumes, tout cela est pour moi un prodige, un mystère insondable. Je ne vois rien en lui d'un homme. Je puis m'approcher aussi près que possible, et le scruter aussi profondément que je puis, tout demeure au-dessus de toute comparaison, tout reste grand d'une grandeur qui m'écrase. J'ai beau réfléchir, tout demeure inconcevable ! Je vous mets au défi de citer une autre vie analogue à celle de Christ ”.

En vérité, la réalité dépasse la fiction, et l'homme parlait Christ Jésus, oint de l'esprit du Très-Haut, fut si différent de la race imparfaite dont il s'occupa en vue de sa rédemption, que le monde est certainement excusable lorsqu'il se demande si Jésus n'était pas plus qu'un homme. Assurément, il fut plus, beaucoup plus qu'un simple homme — beaucoup plus qu'un homme pécheur : il fut séparé des pécheurs, et, comme homme parfait, il était l'image et la ressemblance mêmes du Dieu invisible. ,

IL N'AVAIT NI BEAUTE NI ECLAT QUI NOUS LE FIT DESIRER ”

“ II montera devant lui comme un rejeton et comme une racine sortant d'une terre aride. Il n'a ni forme ni éclat ; quand nous le voyons, il n'y a point d'apparence en lui pour nous le faire désirer. Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c'est que la langueur, et comme quelqu'un de qui on cache sa face ”. — Es. 53 : 2, 3.

D'aucuns ont insinué que ce passage biblique indique que l'apparence personnelle de Jésus était inférieure à celle des autres hommes, et ont donc vu là la preuve qu'il n'était pas séparé des pécheurs, mais était un pécheur, qu'il subissait le châtiment, la dégradation du pécheur. Nous ne sommes pourtant pas du tout de cet

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avis, car cette conception est contraire à l'orientation générale du témoignage scriptural ; nous sommes enclin, au contraire, à faire accorder cette déclaration avec le témoignage général des Ecritures sur ce sujet, si cela peut être fait en respectant les principes corrects d'interprétation, et nous croyons que cela peut se faire et se démontrer.

Il y a divers types d'honorabilité, de beauté, de grâce, et les idéaux diffèrent d'une manière frappante, selon les peuples, et même ceux du même peuple selon les circonstances. L'idéal de beauté qui satisfait des barbares provoque la répulsion des gens plus civilisés. Le guerrier indien, peint de rouge et de jaune, paré de coquillages et de plumes colorées, et muni d'une ceinture de scalps sanglants, serait l'idéal désirable à l'esprit de certains sauvages. Le boxeur sur le ring, presque nu pour le combat, est l'idéal de la forme virile pour certains dans ce que l'on appelle “ l'art noble ”. Pour d'autres, le matador ou le toréador, richement vêtu, est l'idéal suprême du développement viril qui provoque l'admiration et les applaudissements de la foule. Ainsi, les idéaux varient selon les époques, les circonstances et les conditions. Puisque ce passage de l'Ecriture traite de notre Seigneur Jésus à son premier avènement, on doit le comprendre comme signifiant que Jésus ne réalisait pas l'idéal que se faisaient les Juifs du Messie. Ce qui le prouve bien, c'est que celui que Pilate leur présenta en s'exclamant : “ Voici l'Homme ! ”, était celui-là même contre qui les Juifs hurlèrent : “ Crucifie-le ! Crucifie-le ! nous n'avons pas d'autre roi que César ! ”.

Nous devons nous souvenir que lors du premier avènement, la nation juive était ”sous le joug des Romains, et qu'elle avait été “ foulée aux pieds des Gentils ” pendant plus de six cents ans. Nous devons nous souvenir aussi des espérances d'Israël, basées sur les promesses faites par Dieu à Abraham, à Isaac et à Jacob, et renouvelées

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par tous les prophètes, qu'au propre temps de Dieu, celui-ci leur enverrait son Oint, un législateur plus grand que Moïse, un général plus grand que Josué, et un Roi plus grand que David ou Salomon. Nous ne devons pas oublier qu'à cette époque même, les Israélites attendaient un Messie, mais un Messie selon l'idéal qu'ils avaient imaginé ; selon le récit, tous étaient dans l'attente du Messie. Mais lorsqu'on annonça que Jésus était le Messie, son apparence était tellement différente de tout ce qu'ils avaient attendu, que leur cœur orgueilleux en éprouva de la honte, et pour ainsi dire ils lui cachèrent leur visage — lui tournèrent le dos — en particulier les chefs et les hautes personnalités de cette nation dont le commun peuple suivait les directives. — Luc. 3 : 15.

Celui qu'ils attendaient devait être à la fois un grand général, un grand roi et un grand législateur, plein de dignité, très hautain et fort ambitieux, imbu d'orgueil, d'opiniâtreté, d'arrogance et en imposant par ses paroles et par ses actes. C'était là pour eux l'idéal des qualifications nécessaires au Roi qui conquerrait le monde, et ferait d'Israël la nation dirigeante. Ils étaient témoins de l'orgueil, de l'insolence, de l’arrogance d'Hérode, désigné par l'Empereur romain pour être leur roi ; ils avaient appris à connaître les généraux, les gouverneurs et les centurions, etc. de Rome; ils s'imaginaient que l'empereur romain élevé au-dessus de tous dans l'empire avait obtenu sa place parce qu'il possédait au plus haut degré les qualités qu'ils préféraient eux-mêmes : s'inspirant de ces qualités, ils s'attendaient à ce que le Messie en possédât beaucoup et à un degré plus élevé encore puisqu'il devait représenter la dignité, la gloire et l'honneur bien plus grands encore de la Cour céleste dont il devait exercer l'autorité sur la terre.

Il n'est donc pas étonnant qu'avec de telles espérances relativement au Messie, ils ne fussent pas préparés à recevoir l'humble et doux Nazaréen qui accueillait pour

180 La réconciliation

compagnons des publicains et des pécheurs, et dont la seule arme pour conquérir le monde fut “ l'épée de sa bouche”. Il n'est pas étonnant que lorsqu'on proclama qu'il était l'espérance d'Israël, le Roi des Juifs, le Messie, on lui tourna le dos. On comprend aussi que les Juifs aient été douloureusement déçus dans leurs fausses espérances si longtemps chéries et qu'ils aient eu honte de reconnaître “ Jésus, le Roi des Juifs ”, disant : “ II n'a pas l'espèce de beauté, d'honneur et de gloire que nous désirions. Il n'est pas le soldat idéal, l'homme d'état et le roi qui réponde aux besoins de notre nation, ou qui puisse réaliser ses espérances tant attendues. Eh oui ! les Juifs, semblables en cela à la classe de personnes qui, de nos jours, attend le second avènement du Messie, étaient persuadés que leurs attentes basées sur les “ traditions des anciens” étaient justifiées, et ils négligèrent en conséquence de sonder honnêtement et sérieusement les Ecritures qui les auraient rendus “ sages à salut ”.

Il semble évident que c'est bien à cette apparence de Jésus, peu désirable aux yeux des Juifs, à ce manque d' “ honneur ” (de beauté) de Jésus, que le prophète fait allusion. Il serait illogique de traduire et d'interpréter la prophétie, contrairement aux faits de l'histoire admis comme étant son accomplissement, ni sans tenir logiquement compte de l'affirmation répétée de sa pureté, comme l'Agneau de Dieu (saint, innocent, sans souillure et séparé des pécheurs) qui ôte le péché du monde.

“ TELLEMENT SON VISAGE ETAIT DEFAIT ”

 — Esaïe 52 : 14, 15 —

 Ici encore, une traduction défectueuse a suscité des idées erronées relativement à l'apparence de notre Seigneur, et pourtant, même les lecteurs les plus négligents qui ont vu des visages de créatures humaines sérieusement

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défigurés par la débauche, par la maladie ou déformés à la suite d'un accident, ont trouvé qu'il était impossible de se faire à l'idée que le visage ou l'aspect de notre Seigneur “ était défait plus que celui d'aucun homme, et sa forme plus que celle d'aucun fils d'homme”. Evidemment, il y a quelque chose d'anormal dans cette déclaration, car Pilate n'aurait pas présenté au peuple un homme répondant à une telle description en disant : “ Voici l’homme ! ”. Ce n'est pas quelqu'un ayant cet aspect que la foule aurait acclamé comme Fils de David, et pensé le prendre de force pour le faire roi. En outre, n'avons-nous pas l'assurance qu'aucun de ses os ne fut rompu ? Mais combien cet exposé prophétique est mieux rendu, plus en harmonie avec les faits de l'histoire biblique et les déductions logiques de sa sainteté et de sa pureté, quand il est traduit ainsi : “ Comme beaucoup ont été stupéfaits (tellement son apparence a été défigurée par l'homme et sa forme par les fils des hommes), ainsi il fera tressaillir d'étonnement beaucoup de nations ”. De même que les gens de son temps furent surpris de ce qu'il put se soumettre aux injures de ceux qui le couronnaient d'épines, le frappaient, lui crachaient au visage, le crucifiaient et le perçaient, ainsi, les autres, dans toutes les nations, maintenant et dans l'avenir, en entendant parler d'une “ telle contradiction des pécheurs contre lui-même ” (Héb. 12 : 3) ont été et seront étonnés d'une telle patience et d'une telle humilité.

Les rois fermeront leur bouche en le voyant, car ils verront [illustré en lui par l'exemple] ce qui ne leur a pas été raconté [par les autres] ; ils comprendront ce qu'ils n'avaient jamais entendu dire par eux ”. Jamais les grands de la terre n'ont entendu parler d'un roi se soumettant à de semblables insultes de la part de ses sujets, et dans le dessein de leur faire du bien. En vérité, “ son amour surpasse celui d'un frère ”. Il n'est pas surprenant que tous soient étonnés “ au propre temps ”.

182 La réconciliation

Il n’y a pas de doute non plus que le visage de notre cher Rédempteur portait les traces de la douleur, car ainsi que nous l'avons vu, son cœur profondément sympathique fut ” ému ” de compassion par nos infirmités ; nul doute que la douleur creusa des sillons de plus en plus profonds jusqu'à là fin de son ministère, au Calvaire. Nous devons nous souvenir que plus l’organisme est fin, et délicate sa sensibilité, et plus il est susceptible de souffrir. Nous pouvons aisément discerner que les spectacles de désordres, de maladies, de douleurs et de dépravation, auxquels nous nous habituons plus ou moins parce-que nous subissons aussi nous-mêmes les conséquences de la chute et parce que nous sommes en contact permanent avec les maux humains, tout cela doit avoir été beaucoup plus pénible à supporter par celui qui est parfait — saint, innocent, sans souillure et séparé des pécheurs. Nous voyons la même chose illustrée à un certain degré dans notre propre expérience. Si des personnes de sensibilité plutôt délicate, qui ont été habituées au luxe, à la distinction, à la beauté, à un entourage bienveillant, visitent les quartiers déshérités d'une ville, et remarquent la déchéance, les conditions défavorables, les mauvaises odeurs, les bruits désagréables, les spectacles lamentables de saleté repoussante, elles sont sûres d'avoir le cœur profondément remué ; involontairement leur visage se tire, et elles pensent : Qu'il serait terrible de vivre dans de pareilles conditions ; mieux vaudrait mourir ! Et cependant, tout en faisant ces réflexions, peut-être ces personnes aperçoivent-elles des enfants qui s'amusent gaiement, et peut-être la lavandière qui reprend un air de chanson tout en travaillant, ou un homme lisant son journal d'un air satisfait, ou encore un gamin essayant de tirer des sons d'un vieil instrument. Ces choses montrent que ceux qui sont accoutumés à vivre dans de

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semblables conditions, à voir de tels spectacles, à entendre ces Bruits, à respirer ces odeurs, en souffrent beaucoup moins que ceux qui, depuis leur enfance, sont habitués à vivre dans un milieu distingué;

Cette leçon illustre, cependant, dans une bien faible mesure, la différence entre l'opinion de notre Seigneur sur la condition de péché et d'affliction de la terre, et la notre. Etant un être parfait qui avait quitté les parvis de la gloire céleste et s'était humilié pour partager les maux de l'homme, pour lui montrer sa sympathie et pour le racheter, il ressentit certainement beaucoup plus que nous, les misères de “ la création gémissante”. Quoi de surprenant, alors, à ce que le poids de nos afflictions ait jeté une ombre sur la magnifique beauté de Son visage parfait ! Quoi d'étonnant à ce que le contact avec les détresses de la terre, et sa participation volontaire aux faiblesses et aux maladies humaines (au prix de sa vie, de sa vitalité, comme nous l'avons vu) aient marqué profondément le visage et le corps du Fils de l'homme ! Et pourtant, nous ne pouvons douter un seul instant que le visage de notre Rédempteur n'ait eu une expression calme, dans laquelle on remarquait un mélange de joie et de douleur, d'affliction et de paix ; son intimité avec le Père Céleste, la communion du saint Esprit et l'approbation de sa propre conscience, le sentiment d'avoir accompli toutes choses dans le but d'être agréable à Dieu, tout cela était la cause de la sérénité qui se lisait sur le front de notre Sauveur. La connaissance qu'il avait du plan du Père Céleste l'avait certainement rendu capable de se réjouir dans les choses dont il souffrait, complètement persuadé que dans un court laps de temps elles produiraient non seulement une bénédiction pour lui-même; mais aussi “ le salut jusqu'aux extrémités de la terre”. Si donc les souffrances des hommes avaient assombri son visage, noùs pouvons avoir l'assurance que Jésus n'en conservait pas moins une expression de foi et

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d'espérance.; la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardait son cœur et lui permettait de se réjouir sans cesse au milieu des plus grandes contradictions qu'il endurait de la part des pécheurs.

 “ IL SE DISTINGUE ENTRE DIX MILLE ”

Tout ce qui s'apparente à la beauté, à la bonté, à la vérité et à l'amour, déplaît au cœur corrompu, envieux, haineux, de la nature déchue ; il n'y découvre rien de beau, rien de désirable — tout est pour lui comme un reproche, un blâme. Notre Seigneur exprima cela avec force lorsqu'il déclara : “ Les ténèbres haïssent la lumière et ceux qui sont des ténèbres ne viennent pas à la lumière, parce que la lumière manifeste leurs ténèbres” (Jean- 3 : 19, 20 — V.A.). Ainsi, an cœur mauvais peut-il parfois haïr et mépriser un visage splendide, un visage aimable ; nous en avons un exemple supplémentaire, non seulement parce que notre Rédempteur fut ainsi méprise par ceux qui criaient : ”Crucifie-le ! ” mais aussi dans d'autres cas. Considérez les divers récits de martyre pour la cause de la Vérité et remarquez combien les persécuteurs furent peu touchés par la douceur, la tendresse que reflétait le visage de ceux qui pouvaient dominer leurs souffrances personnelles et prier pour la bénédiction de leurs persécuteurs. Le témoignage se rapportant au premier martyr chrétien, Etienne, déclare que son visage était rayonnant et beau, au point d'être comparable même à celui d'un ange : “ Tous ceux qui étaient assis dans le sanhédrin ayant les yeux arrêtés sur lui, virent son visage comme le visage d'un ange” (Actes 6 : 15). Et pourtant, leur cœur était si dur que loin d'aimer son visage angélique (lequel devait être beaucoup moins angélique que celui du Maître), et au lieu de prêter attention à ses merveilleuses paroles (qui devaient être moins merveilleuses

185 Le Souverain Sacrificateur de la réconciliation 185

que celles du Grand Instructeur), “d'un commun accord, ils se précipitèrent sur lui... et ils lapidèrent Etienne ”, de même qu'ils avaient crié à Pilate de crucifier le Seigneur de gloire.

 “ Oui, toute sa personne est désirable ”.

186 La réconciliation

 

La Gloire de Dieu

 

“ Les cieux content ta gloire, ô Dieu,

A travers l'insondable espace ;

Si l'esprit l'explore en tout lieu,

Partout, il peut trouver ta trace.

 

“ Auteur des lois de l'Univers,

Et Préservateur de sa grâce,

A toi, nos saluts sont offerts,

Cause première. Esprit sagace.!

 

“ ; Quand tout en Christ sera parfait,

Choses des cieux et de la terre,

La terre et les cieux à souhait,

Chanteront ta louange altière.

 

“ Voyant ta gloire par la foi,

Dieu de sagesse, amour et grâce,

Nous nous inclinons devant Toi

Et languissons de voir Ta face.

 

(Hymne 283)

 

 

 ETUDE VIII

 

 LE CANAL DE LA RECONCILIATION

LE SAINT ESPRIT DE DIEU

L'action du saint Esprit. — Maintenant et pendant le Millénium. — Divers noms descriptifs du saint Esprit : “ Esprit d'amour ”, “ Esprit dé Vérité ”, etc. — En contraste avec I' “ esprit impie ”, “ l'esprit d'erreur ”, “ l'esprit de crainte ”, etc. — Application de pronoms personnels. — Signification du mot “ esprit ”. — “ Dieu est un Esprit ”. — “ Le saint Esprit n'avait pas encore été donné ”. — Les dons de l'Esprit. — La puissance de transformation du saint Esprit. — L'Esprit avec mesure et sans mesure. — “ L'esprit du monde ”, Antichrist. — La lutte entre celui-ci et le saint Esprit. — Les combats de l'Esprit, intérieurs et extérieurs. des saints. — l'esprit qui porte à l'envie. — Enseignés par l'Esprit. — Le parakietos, le Consolateur. — II vous conduira dans toute la Vérité et à la Réconciliation complète. — L'influence directrice de l'Esprit n'a pas diminué depuis que les dons miraculeux ont cessé d'être accordés.

 

 “ Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu... Vous avez reçu l'esprit d'adoption par lequel nous crions : Abba, Père ! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu •” — Rom. 8 : 14-16.

 “ Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit pour toute chair ” — Joël 2 : 28.

LA GRANDE œuvre de la Réconciliation ne pourrait pas être considérée comme il convient, ni clairement comprise, si l'on négligeait ou si l'on ignorait l'œuvre du saint Esprit sur ce point. Le saint Esprit exerce sur le croyant une grande influence lorsqu'on lui présente la Réconciliation, car li lui montre clairement le pardon

188 Le Canal de la réconciliation

divin, aussi bien qu'il le conduit à Dieu par une pleine réconciliation de cœur. Ce fut sous l'influence de l'engendrement du saint Esprit, reçu par notre Seigneur à son baptême, au début de son ministère, que son cœur consacré fut rendu capable de voir clairement et nettement la volonté du Père, la conduite à suivre, le chemin étroit du sacrifice, et d'apprécier les promesses si grandes et si précieuses qui devaient s'accomplir après son humiliation, son ignominie et sa mort au Calvaire. C'est donc grâce au saint Esprit que notre Rédempteur fut rendu capable d'accomplir sa grande œuvre, étant guidé par ce moyen pour faire ce qui était agréable et acceptable au Père, en donnant la rançon pour toute l'humanité. Le saint Esprit remplit un rôle analogue à l'égard de l'Eglise : tous ceux qui ont accepté les mérites de la grande offrande pour le péché, qui sont venus au Père par le mérite du sacrifice du Fils, et qui se sont présentés en sacrifices vivants, selon les conditions du haut-appel à la nature divine à eux offert durant l'Age de l'Evangile, ont eu besoin de l'aide du saint Esprit et l'ont reçue. Ce n'est que dans la mesure où quelqu'un reçoit le saint Esprit de Dieu qu'il peut entrer dans une communion convenable avec le Père, et avec le Fils, de manière à être capable d'éprouver “ quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite ”, et de la faire. Ce n'est que par le saint Esprit que nous sommes guidés au-delà de la compréhension du témoignage divin selon la lettre ; c'est alors que nous apprécions vraiment “ les choses profondes de Dieu” et toutes ces choses que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment, que l'œil humain n'a pas vues, que l'oreille humaine n'a pas entendues et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme pour les comprendre et les apprécier. — 1 Cor. 2 : 9, 10. •

Les fonctions du saint Esprit seront également importantes durant l'Age millénaire pour ramener l'humanité en harmonie avec Dieu, sous les conditions de la Nouvelle

189 Le saint Esprit

Alliance, par les mérites du sacrifice du cher Rédempteur. C'est pourquoi, par le prophète Joël (2 : 28, 29), l'Eternel a attiré l'attention sur ce fait, indiquant que s'il ne répandra son Esprit que pour ses serviteurs et ses servantes pendant cet Age de l'Evangile, il le répandra toutefois d'une manière générale, “ après cela, pour le monde, pour “toute chair ”(*)'. Pendant l'Age millénaire, donc, les progrès réalisés par le monde seront en plein accord avec le saint Esprit, et dans la proportion où les hommes viendront en pleine harmonie avec le saint Esprit, ils deviendront dignes d'avoir part aux conditions éternelles de vie, de joie et de bénédiction qui existeront au-delà de l'Age millénaire. Le fait que le saint Esprit coopérera avec l'Eglise glorifiée à la bénédiction de toutes les familles de la terre est également attesté par notre Seigneur. Après nous avoir dépeint les gloires du Millénium et ses abondantes sources de vérité, comparées à un puissant fleuve d'eau de la vie, claire comme le cristal, il dit : “ Et l'Esprit et l'Epouse disent : “ Viens !... Que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie”. — Apoc. 22 17.

Mais ce sujet du saint Esprit, de ses fonctions et de son action a été grandement Incompris de beaucoup parmi le peuple de Dieu, depuis des siècles ; c'est seulement à la lumière du Soleil de la Justice qui se lève, à la lumière de la parousie du Fils de l'Homme, que ce sujet est devenu tout à fait clair et raisonnable, tel qu'il l'était évidemment pour l'Eglise primitive, et en harmonie avec tous les divers témoignages scripturaux qui s'y rapportent. La doctrine de la Trinité qui, nous l'avons vu, commença à se dessiner au second siècle, et atteignit un développement considérable au quatrième,

 (* ) L'ordre de cette bénédiction est renversé dans la déclaration prophétique, très probablement afin de voiler le sujet jusqu'au propre temps, et de cacher ainsi une partie de la longueur, de la largeur de la hauteur et de la profondeur, du plan divin, jusqu'au temps convenable pour le faire connaître et apprécier.

190 Le Canal de la réconciliation

est responsable, dans une très grande mesure, des ténèbres qui se mélangèrent " à la Vérité et embrouillèrent nombre d'esprits chrétiens, en grande partie à leur désavantage, sur toutes ces questions, en faussant et en mystifiant toutes leurs convictions religieuses.

Comme nous venons de le voir, les Ecritures sont logiques lorsqu'elles enseignent que le Père et le Fils sont en pleine harmonie et en unité de dessein et d'action. Egalement logique est l'enseignement des Ecritures concernant le saint Esprit, savoir qu'il n'est pas un autre Dieu, mais l'esprit, l'influence ou la puissance exercée par le seul Dieu, notre Père, et par son Fils, l'Unique Engendré, par suite, en unité absolue avec les ceux qui sont également en plein accord (“ at one”). Mais combien diffère cette unité du Père, du Fils et du saint Esprit de celle soutenue et enseignée sous le nom de doctrine de la Trinité qui déclare (dans les questions 5 et 6) selon les termes du Catéchisme (américain — Trad.) : “ II y a trois personnes en un seul Dieu : le Père, le Fils, et le saint Esprit”. “ Ces trois sont un seul Dieu, ils sont de la, même substance, égaux en pouvoir et en gloire ”. Cette manière de voir convenait bien “ aux siècles de ténèbres” qu'elle a contribué à produire. Le temps (l'époque) où les mystères étaient adorés au lieu d'être éclaircis, en trouva un des mieux choisis dans cette doctrine aussi contraire aux Ecritures qu'à la raison. Comment les trois pourraient-ils être un en personne, en substance ? S'ils sont seulement “ un en substance ”, comment pourraient-ils être “ égaux ” ?

 Toute personne intelligente ne sait-elle pas que si Dieu est un en personne, il ne peut être trois ? Et que s'il est trois en personne, 'II ne peut y avoir qu'un seul sens dans lequel les trois pourraient être un, non pas en personne, mais en dessein, en pensée, en volonté, en coopération? En vérité, n'était le fait que ce non-sens trinitaire nous fut seriné dès notre plus tendre enfance,

191 Le saint Esprit

et le fait qu'il est sérieusement enseigné dans les séminaires de théologie par des professeurs aux cheveux gris, qui, à beaucoup d'autres égards sont apparemment sages, personne ne lui accorderait un instant de considération. Le mystère réel, qui ne sera probablement pas dévoilé avant que nous soyons dans la gloire, quand “ nous connaîtrons comme nous avons été connus ”, réside dans l'artifice mis en œuvre par Satan, le grand Adversaire, pour introduire avec un tel succès cette erreur dans le peuple, de Dieu afin de l'égarer, de le mystifier, et pour rendre sans effet une grande partie de la Parole de Dieu. Celui qui a étudié attentivement les chapitres précédents a trouvé dans les Ecritures un témoignage abondant affirmant qu'il n'y a qu'un seul Dieu Tout-Puissant, Jéhovah, et qu'il a hautement exalté son Premier Fils engendré. Son Unique Fils Engendré à sa propre nature et à son propre trône de l'univers ; et qu'après eux dans l'ordre de préséance viendra l'Eglise glorifiée, l'Epouse, la femme cohéritière de l'Agneau, autrement appelée “ses frères”. Ceux-ci seront faits les associés de sa gloire, de même que dans l'Age actuel il est exigé d'eux d'être associés à ses souffrances. Ceux qui étudient ont aussi remarqué que toutes les citations s'harmonisent et s'accordent avec le témoignage ci-dessus, et qu'en outre il n'existe aucun passage de l'Ecriture, quel qu'il soit, ni directement, ni indirectement, ni réellement ni en apparence, en contradiction avec ces conclusions. Nous nous demandons alors : Qui est le Saint Esprit ? Ou est le Saint Esprit et qu'est-ce que le Saint Esprit ?

Suivons, pour cette question, la même méthode d'investigation que celle que nous avons suivie pour les questions précédentes. Allons à la loi et au témoignage de Dieu pour y trouver toutes nos informations ! N'allons pas à l'homme. N'acceptons pas les doutes et les spéculations de braves gens qui ont vécu autrefois ou qui vivent encore, ni même les nôtres. Souvenons-nous que

192 Le Canal de la réconciliation

la Parole de Dieu, d'après là déclaration de l'Apôtre, est donnée avec l'intention, “ que l'homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ” ,(2 Tim. 3: 17). Plaçons notre confiance entièrement en l'Eternel, et cherchons à connaître la signification de ce qu'il déclare concernant le saint Esprit, en mettant en harmonie chaque témoignage de l'Ecriture, étant assurés que la vérité, et la vérité seule, résistera à un examen approfondi de ce genre. Ce faisant, avec prière et avec soin, nos efforts seront récompensés. A celui qui frappe, la porte de la connaissance sera ouverte ; à celui qui cherche, la connaissance du saint Esprit sera révélée. — Es. : 8 : 20 ; Matt. 7 : 7, 8.

 Le saint Esprit est défini de diverses manières dans les Ecritures, et pour comprendre exactement le sujet, on doit examiner ces diverses définitions ensemble, afin qu'elles puissent projeter leur lumière les unes sur les autres. Notons que le saint Esprit est diversement appelé ; il y a “ l'Esprit de Dieu”, “ l'Esprit de Christ”, “ l'Esprit de sainteté”, “ l'Esprit de vérité”, “ l'Esprit de sobre bon sens ”, “ l'Esprit de liberté ”, “ l'Esprit du Père ”, “ le saint Esprit de la promesse”, “l'Esprit de douceur”, “ l'Esprit d'intelligence ”, “ l'Esprit de sagesse ”, “ l'Esprit de gloire ”, “ l'Esprit de conseil ”, “ l'Esprit de grâce ”,“ l'Esprit d'adoption ”, “ l'Esprit de prophétie ”.

 Ces diverses appellations, répétées maintes fois et employées d'une manière interchangeable, nous donnent l'assurance complète et convenable qu'elles se rapportent toutes au même saint Esprit ; en vérité, le mot “ saint ” y est fréquemment ajouté, combiné, comme par exemple : “ le saint Esprit de Dieu ”, “ le saint Esprit de la promesse”, etc. Il, nous faut rechercher une solution à ces questions, qui ne rejettera aucune de ces appellations, mais les harmonisera toutes. Il est impossible d'accorder ces diverses expressions avec l'idée courante d'un troisième Dieu ; mais il est tout à fait logique de

193 Le saint Esprit

le faire avec chacune d'elles en comprenant que ces diverses expressions décrivent l'esprit, la disposition et la puissance d'un seul Dieu, notre Père, ainsi que l'esprit, la disposition et la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ, parce qu'il est un (“ at one”) avec le Père; c'est également, à un certain degré, l'esprit ou la disposition de tous ceux qui sont véritablement au Seigneur, anges ou hommes, dans la mesure où ils sont venus en unité ou en harmonie avec lui.

Il peut être utile à certains de remarquer qu'un autre esprit est fréquemment mentionné par des termes contraires dans toutes les Ecritures, à savoir : “ l'Esprit de crainte ”, “ l'Esprit d'esclavage ”, ” l'Esprit du monde ”, “l'Esprit d'erreur”, “l'Esprit de divination ”, “ l'Esprit de l'Antichrist ”, “ l'Esprit d'assoupissement ”. Personne ne pense que ces diverses définitions, considérées ensemble, justifieraient l'idée qu'il existe deux Satans ou davantage. Tous d'une manière naturelle et assez convenable, reconnaissent la signification de ces termes qui désignent, en général, le mauvais esprit, l'esprit, la disposition ou la puissance dont le principal exemple se trouve en Satan, cet esprit se manifestant chez tous ceux qui vivent en accord avec le péché et avec Satan. Avec juste raison également, personne ne pense qu'il s'agit d'esprits en personnes. Personne ne devrait considérer non plus que les diverses applications du mot “ esprit ” dans un bon sens signifient différents êtres-esprits, ni comme signifiant ensemble un autre Dieu. Ces termes, pris dans leur ensemble, représentent divers traits du caractère, de la disposition, de l'Esprit, de notre Dieu, Jéhovah, et, toutes proportions gardées, l'esprit ou disposition de tous ceux qui ont reçu son Esprit, qui deviennent participants de sa disposition et qui viennent en accord avec la pensée (“ mind”) divine.

194 Le Canal de la réconciliation

Certaines idées non conformes aux Ecritures, et par conséquent de fausses idées concernant l'esprit de l'homme, que nous examinerons dans un chapitre suivant, se trouvent a la base même de l'idée non scripturale et fausse du saint Esprit qui prévaut de nos jours d'une manière si générale. Les pensées inexactes relatives au saint Esprit et à l'esprit de l'homme se sont intensifiées et approfondies par le fait que les traducteurs dé la Version Autorisée (angl. — Trad.) ont, sans la moindre autorité, employé quatre-vingt-douze fois l'expression “ Holy Ghost ” comme traduction du mot grec original pneuma, esprit. Le mot “ ghost ” a, pour les ignorants, une signification très vague qu'on identifie néanmoins, d'une manière très positive à l'idée de personnalité. Il est digne de remarque que dans la Version Révisée (angl. — Trad.) du Nouveau Testament, vingt et une fois le mot “ Ghost ” a été remplacé par le mot “ Esprit ”, et que le Comité américain de Révision consigna par écrit sa protestation au sujet de l'emploi du mot “ Ghost ” dans les soixante et onze autres cas. Et pourtant, à la fois le Comité anglais et le Comité américain étaient composés de trinitaires rigides.

Il n'y a absolument aucune raison de penser ou d'affirmer que le saint esprit est un autre Dieu, une autre personnalité distincte du Père et du Fils. Tout au contraire, remarquez le fait que ce fut l'Esprit du Père qui fut communiqué à notre Seigneur Jésus, comme il est écrit : “ L'Esprit de l'Eternel Dieu est sur moi parce qu'il m'a oint pour annoncer de bonnes nouvelles ” (Luc 4 : 18). Allant à la prophétie qui renferme cette citation, nous y lisons, dans l'hébreu : “ l'Esprit du Seigneur, Jéhovah, est sur moi, parce que Jéhovah m'a oint pour apporter de bonnes nouvelles aux débonnaires ” (Es. 61: 1). C'est dans un sens analogue que nous lisons encore : “ L'Esprit de Jéhovah reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte (révérence) de Jéhovah” (Es.' 11 : 2, 3). De la même manière, le même

195 Le saint Esprit

Esprit en Christ est appelé “ l'Esprit de Christ ”, la pensée (“ mind ”) de Christ : “ Qu'il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus”. — Phil. 2:5.

Quelques personnes croient que les paroles de notre Seigneur, en Jean 14 : 26 prouvent que le saint Esprit est une personne ; nous lisons : “ Mais le Consolateur, l'Esprit saint, que le Père enverra en mon nom” vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce .que je vous ai dit ”. Certaines versions remplacent le pronom que par les termes celui-là ou lui qui font croire à une personne. Un seul regard sur le texte grec fait voir que les traducteurs ont été influencée par leurs propres conceptions. La même critique est applicable au verset 17, du même chapitre, ainsi qu'aux passages de Jean 16: 13 et 14 et a d'autres passages (voir note en bas de page) et rien ne justifie l'emploi de pronoms personnels équivoques (•).

 SIGNIFICATION DU MOT “ ESPRIT ”

 La question se pose donc naturellement : quels sens ou significations s'attachent aux mots “ saint Esprit ” tels qu'ils sont employés dans les Ecritures ? Quelles

 

 (*) Moto du traducteur :' Les trois pages (170 a 172) qui suivent dans le texte anglais sont consacrées à une critique grammaticale très intéressante du procédé de traduction qu'ont employé les traducteurs influencés par leurs préjugés trinitaires. Contrairement à la langue française, la langue anglaise comporte trois genres, le masculin, le féminin pour les personnes, et le neutre pour les animaux et les objets inanimés à quelques exceptions près. Les pronoms personnels neutres sont, en conséquence, différents des pronoms personnels masculins et féminins. Or, imbus de l'idée de personne attribuée au saint Esprit, les traducteurs ont substitué aux pronoms neutres, des pronoms personnels. La version Oiaglott corrige cette grave erreur. Les pronoms français sont les manies pour les ^personnes, les animaux et les choses, ce qui ajoute encore à la confusion. Les questions béréennes relatives à ces trois pages seront donc supprimées dans la présente édition française. La critique porte sur la traduction des textes suivants : Jean 14: 26, 17 ; 16 : 13, 14 ; 1 Cor. 11 : 5 ; Apoc. 2 : 20 ; 1 Cor. 13 : 5 ; 1 Cor. 11 : 31 ; 16 : 15 ; Luc 22 : 17 : lean : 6: 53; Matt. 6: 34; Marc 3: 24, 25; Jean 15: 4; Rom. 14: 14; Eph. 4 : 16 ; Jacq. 2 : 17 ; Luc 10 : 12 ; Jean 20 : 15 ; Matt. 24 : 43 ; 1 lenn 5 : 16 ; Luc 20 : 1 ; Jean 5: 9 ; Matt. 17 : 18, et comment sont rendus les mots grecs heautou et ékinos.

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qualités ou qualifications du caractère divin ou de la puissance divine sont-elles représentées par le mot “ esprit ” ? On trouvera le mieux la réponse en examinant tout d'abord la signification exacte du mot “ esprit ”, et en considérant ensuite toutes les différentes méthodes de son emploi d'un bout à l'autre des Ecritures.

(1) Le mot “esprit”, dans l'Ancien Testament, est la traduction du mot hébreu ruach (Strong l'écrit “ rûwach ”. Voir références '7306 et 7307 — Trad.) dont la signification première ou le sens étymologique est vent (ou souffle — Trad.). Le mot “esprit”, dans le Nouveau Testament, vient du mot grec pneuma dont la signification première ou le sens étymologique est également vent (ou souffle — Trad.). Que personne ne se hâte cependant de conclure que nous allons essayer de prouver que le saint esprit est, un vent ou souffle sacré, saint, car rien ne pourrait être plus éloigné de notre pensée ! Nous désirons présenter ce sujet obscur d'une manière utile à la fois au savant et à l'ignorant ; c'est pourquoi nous commençons par la signification admise de la racine de ces mots, afin que nous puissions déterminer comment et pourquoi ils furent employés dans cet ordre d'idées.

Le vent étant à la fois invisible et puissant, ces mots ruach et pneuma prirent graduellement des significations plus étendues, et en vinrent à signifier toute force ou influence invisible, bonne ou mauvaise. Et du fait que la puissance divine est exercée par des voies et moyens hors de portée de la vue humaine, ce mot ” esprit” fut de plus en plus appliqué à toutes les transactions de l'Eternel. Par extension, son usage commun en vint à se rapporter à toutes les influences invisibles humaines, comme le “souffle (respiration) de vie”; la puissance par laquelle l'homme vit et qui est invisible désigne l'“ esprit” ou “souffle de vie”, également la puissance de l'intelligence (“ mind ”) qui est invisible,

197 Le saint Esprit

appelée ”l'esprit d'intelligence ”. La vie elle-même est une puissance (force) invisible, et de ce fait fut appelée esprit par les anciens. Quelques illustrations de ces divers emplois du mot hébreu ruach et du mot grec pneuma peuvent être utiles.

 Dans l'Ancien Testament, ruach est traduit par “ souffle ”, “ esprit ”, “ flairer ”, “ sentir ”, “ vent ”, “ baleine ” et “ tempête ” (selon les versions françaises — Trad.) dans chacun des cas, la pensée renfermée dans ce mot est celle de puissance (force) ou influence invisible. Voici des exemples de ces traduction de ruach :

“ Par le souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées ”. — Ex. 15: 8.

“ Toute chair en laquelle il y a un esprit de vie ”. — Gen. 6 : 17 ; 7 : 15.

“ Lui, dans la main duquel est... l'esprit de toute chair d'homme ”. — Job 12 : 10.

“ Ils ont tous un même souffle, et l'homme n'a point d'avantage sur la bête”. — Eccl. 3 : 19.

“ Elles frent une amertume d'esprit pour Isaac ”. — Gen. 26 : 35.

“ Et l'Eternel flaira une odeur agréable ”. — Gen. 8 : 21.

“ Elles ont un nez et ne sentent pas”. — PS. 115 : 6.

“ Dieu fit passer un vent sur la terre”. — Gen. 8: 1.

” Tu as soufflé de ton souffle ”. — Ex. 15 : 10.

 “ ...vent de tempête qui exécutes sa parole ”. — PS. 148 : 8.

“ Les arbres de la forêt sont agités devant le vent ”. — Es. 7:2.

Pneuma, dans le Nouveau Testament, est traduit (indépendamment de “ghost” en anglais et ” esprit” en français), par “ respiration”, “ spirituel” et “ vent”. En voici quelques exemples :

198 Le Canal de la réconciliation

“ De donner la “ respiration ” (ou “ souffle ” ; note Darby — Trad.) à l'image de la bête. — Apoc. 13 : 15.

“ Puisque vous aspirez aux dons spirituels (5), de l'esprit (D.)”. — 1 Cor. 14: 13.

“ Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit”. — Jean 3 : 8.

N’oublions pas que toutes ces diverses traductions furent faites par des trinitaires. Nous ne soulevons pas d'objections à ces traductions qui sont tout à fait exactes, mais nous attirons l'attention sur elles comme étant des preuves que les mots ruach et pneuma rendus par “ esprit ”, n signifient pas une personnalité, mais bien une force ou influence invisible.

 “ DIEU EST UN ESPRIT ”

(2) “ Dieu est un Esprit ”, c'est-à-dire un être puissant mais invisible ; de même, les anges sont appelés des esprits parce que, dans leur condition naturelle, ils sont eux aussi invisibles aux hommes, à moins de se révéler par un pouvoir miraculeux. Pendant qu'il était homme, notre Seigneur Jésus ne fut pas désigné comme un être-esprit (*), mais depuis son élévation, il est écrit de lui : “ Or, le Seigneur est cet Esprit” ; il est maintenant un être puissant et invisible. L'Eglise de cet Age de l'Evangile a la promesse d'un changement de nature, à la ressemblance de son Seigneur, ainsi qu'il est écrit:

 (*) Anglais littéral : “ spirit being . (non “ spiritual being ”) = Un être-esprit dont le corps est fait de substance d'origine céleste de substance esprit (immatérielle), par opposition à un être-chair d’origine terrestre (matérielle) — 1 Pi. 3 : 18: ...mis à mort (être “ de) chair (et dos”; Gen. 2: 23, 24), rendu vivant (être “ d')esprit .. — Jean 3- 6- “ Ce qui Est né de l'esprit est esprit ”. — Voir 1 Cor. 15 : 40-44. La traduction française, comme la traduction anglaise, perpétue l'erreur de la résurrection de la chair, l'être ressuscite recevant seulement des dispositions spirituelles, alors que le corps est esprit et les dispositions spirituelles, de même que l'homme est chair et ses dispositions chamelles. — Voir aussi E. Vol. 2, pp 72-73 – Trad.)

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“ Nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu'il est”. Il est parlé de l'Eglise comme étant spirituelle, étant donné qu'elle est en harmonie avec le Seigneur, et déclarée être engendrée de nouveau par l'Esprit à une nouvelle nature, une nature d'esprit, avec l'assurance que ce qui est engendré de l'Esprit, naîtra de l'Esprit à la résurrection. Cet usage du mot esprit, on le voit, se rapporte à la personnalité — aux êtres-esprits. — 2 Cor. 3 : 17 C");/! Jean 3 : 2 ; Jean 3 : 6.

(3) Le mot esprit est encore employé dans le sens de pouvoir générateur ou de fécondité, comme en Gen. 1: 2: “L'Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux”, autrement dit, la puissance de Dieu, son “ véhicule ” d'énergie fécondait les eaux ou les rendait fécondes, prolifiques. De même “ Des saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés (mus) par le saint Esprit ” ; la sainte influence, ou puissance de Dieu, féconda leurs esprits, leur faisant exprimer des pensées que Dieu souhaitait voir exprimer (2 Pi. 1 : 21). D'une manière similaire, les ouvriers habiles, que Moïse choisit pour préparer les ornements du Tabernacle, furent placés sous l'influence de la puissance de Dieu qui excita ou vivifia leurs facultés naturelles sans les affecter en aucun sens moral, de même que les eaux des abîmes ne furent pas affectées au sens moral. Ainsi, il est écrit : ” L'Eternel a appelé Bethsaléel... et il l'a rempli de l'Esprit dé Dieu, en sagesse, en intelligence, et en connaissance et pour toute espèce d'ouvrages ; et pour faire des inventions, pour travailler en or, en argent et en airain ; et pour tailler des pierres à enchâsser, et pour tailler le bois, afin d'exécuter des dessins de toutes sortes d'ouvrages. Et il (lui) a mis au cœur d'enseigner; et il

(*) Or, le Seigneur est esprit ” (Sa.) ; “ Or, le Seigneur est cet esprit-là ” (M.). Note du M.T. Goquel et Monnier : “ Paul identifie nettement le Seigneut et l'Esprit. On sait qu'il ne veut pas connaître le Christ selon la chair (2 Cor. 5: 16), mais seulement le Christ spirituel dont l'action se confond avec celle de l'Esprit de Dieu” — Trad.

200 Le Canal de la réconciliation

les a remplis (lui ,et Oholiab) de sagesse de cœur pour faire tout ouvrage de graveur et d'inventeur et de brodeur”. — Ex. 35 : 30-35 ; 28 : 3 ; 31 : 3, 4.

 Nous sommes aussi informés que Jéhovah Dieu mit son Esprit sur Moïse et sur les anciens d'Israël avec le pouvoir spécial de juger les affaires d'Israël, de maintenir l'ordre; etc. (Nomb. 11 : 17-26). L'Esprit de Dieu fut de même sur les rois d'Israël, aussi longtemps qu'ils lui restèrent fidèles. Remarquez, par exemple, le cas de Saül (1 Sam. 11 : 6) : cet Esprit de sagesse ou de jugement se rapportant au gouvernement d'Israël fut retiré à Saul, et conféré à David dont on remarque spécialement le jugement sage dès ce moment-là (1 Sam- 16: 13, 14). Après cela, au lieu de l'Esprit de sagesse, de courage et de confiance, comme serviteur de l'Eternel, Saul eut un mauvais esprit, plus littéralement un esprit de tristesse, de découragement, une perte de confiance en constatant qu'il n'était plus reconnu comme le représentant de l'Eternel sur le trône. Il est dit que cet esprit d'abattement, qui ne songeait qu'aux calamités, provenait de l'Eternel — probablement dans le sens que Dieu ne reconnaissait plus Saul et lui avait enlevé son puissant soutien ainsi que la direction des affaires d'Israël.

 “ L'ESPRIT N'ÉTAIT PAS ENCORE [DONNÉ] ”

Pourtant, aucune des manifestations de l'Esprit de Dieu, avant la première venue de notre Seigneur Jésus, ne fut exactement la même que la manifestation et l'action de l'Esprit de l'Eternel sur notre Seigneur Jésus depuis le moment de son baptême jusqu'à sa crucifixion, et sur l'Eglise de Christ depuis le jour de la Pentecôte jusqu'à maintenant — jusqu'à l'extrême fin de cet Age de l'Evangile, et l'achèvement de la course de l'Eglise dans la première résurrection. D'accord avec ceci, nous lisons que : ” Le saint Esprit n'était pas encore donné [sauf à notre Seigneur Jésus], parce que Jésus n'avait pas encore été “ glorifié ”. — Jean 7 : 39.

201 Le saint Esprit

L'action de l'Esprit de Dieu durant cet Age de l'Evangile est grandement différente de celle qui fut exercée au cours des temps antérieurs, et cette différence est exprimée par les expressions “ Esprit d'adoption ”, “ Esprit de filiation ”, ” Esprit de sainteté ”, “ Esprit de vérité” et autres expressions semblables. Ainsi que nous l'avons déjà vu, après la chute d'Adam, pas un seul de ses descendants ne fut accepté comme Fils de Dieu avant la première venue : le plus haut titre donné au père des fidèles, Abraham, fut celui d'ami : “ Abraham fut appelé l'ami de Dieu”. Mais comme l'explique l'Apôtre Jean, lorsque le Logos fut fait chair, Il se présenta à son propre peuple, Israël, et à tous ceux qui le reçurent (alors et depuis) il leur a donné le pouvoir (le privilège, l'occasion) de devenir enfants de Dieu ; de ceux-là, il déclare qu'ils ont été engendrés de Dieu — engendrés de l'Esprit, car ” ce qui est né de l'Esprit est esprit ”. — Jean 1 : 12, 13 ; 3 : 3-8 (S.)

 Le saint Esprit, dans ce sens, n'est assuré qu'à la maison des fils, et celle-ci demeura inconnue jusqu'à ce que le Fils Bien-Aimé eût été manifesté dans la chair et qu'il eût racheté le monde, conférant à ceux qui l'acceptent l'occasion de recevoir la filiation (Gai. 4 : 5 ; Eph. 1:5). Cet état de fils, nous dit l'Apôtre, fut tout d'abord l'héritage d'Israël, mais il ne se trouva pas en Israël un nombre suffisant de personnes prêtes pour compléter le nombre prédestiné des fils à adopter ; c'est pourquoi après avoir accepté le “ reste ” d'Israël, “ Dieu a visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom”, pour être fils de Dieu, cohéritiers de Christ, et cela fut connu d'avance et prédit par les prophètes. — Rom 9 : 4, 29-33 ; Actes 15 : 14.

202 Le Canal de la réconciliation

Mais à quels points de vue cette manifestation de la puissance (ou de l'influence ou de l'Esprit de Dieu) durant le présent Age de l'Evangile, diffère-t-elle de la manifestation de l'Esprit dans les temps antérieurs ? L'Apôtre Pierre répond à cette question en nous assurant que les Anciens Dignes, quoique hautement honorés de Dieu, et poussés par son saint Esprit, parlèrent et écrivirent des choses qu'ils ne comprenaient pas. Dieu les employa comme serviteurs pour écrire des choses qui ne devaient pas être comprises par eux, mais qui, au temps convenable, seraient révélées à la maison des fils, par l'action du même saint Esprit ou sainte puissance de Dieu sur ceux engendrés de Son Esprit. Dans le passé, l'action de l'Esprit fut surtout machinale; pour nous, elle est surtout explicative et compatissante, exposant le plan divin par les apôtres et les instructeurs spécialement établis dans l'Eglise ”, de temps en temps, en vue de permettre aux fils de “ comprendre avec tous les saints la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur ” de la sagesse et de la miséricorde de Dieu manifestées dans le plan divin et dans sa révélation. En vérité d'après les paroles de l'Apôtre, Il est évident que même les anges (qui furent occasionnellement employés par l'Eternel comme ses canaux de communication avec les prophètes, les intermédiaires de son saint Esprit) ne furent pas autorisés à comprendre la signification de leurs communications, pas plus que les prophètes qui écrivirent les révélations pour notre profit. Remarquez les paroles de l'Apôtre :

 “ Duquel salut les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui vous était destinée, se sont informés et enquis avec soin, recherchant quel [temps] ou quelle sorte [littérale ou symbolique] de temps l'esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances de Christ et des gloires qui suivraient ; et il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour nous (note D. — Trad.) qu'ils

203 Le saint Esprit

administraient ces choses qui vous sont maintenant annoncées par ceux qui vous ont annoncé la bonne nouvelle par le saint Esprit envoyé du ciel, dans lesquelles les anges désirent de regarder de près ”. — 1 Pi. 1 : 10-12 ; 2 Pi. 1 : 21.

 DONS DU MEME ESPRIT, DU MEME SEIGNEUR, DU MEME DIEU

  Or, il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit : et il y a diversité de services, et le même Seigneur ; et il y a diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun [dans l'Eglise] est donnée la manifestation de l'Esprit en vue de l'utilité. Car, à l'un est donnée par l'Esprit, la parole de sagesse ; et à un autre la parole de connaissance, selon le même Esprit ; et à un autre la foi, par le même Esprit ; et à un autre des dons de grâce de guérison, par le même Esprit ; et à un autre des opérations de miracles ; et à un autre la prophétie ; et à un autre des discernements d'esprits ; et à un autre [diverses] sortes de langues ; et à un autre l'interprétation des langues. Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît”. — 1 Cor. 12 : 4-11.

 Ici, sont énumérés quelques-uns des dons concédés à l'Eglise par le saint Esprit, mais nous devons distinguer nettement entre le saint Esprit lui-même et ces dons ou manifestations accordés à l'Eglise primitive. De même que les fidèles devaient comprendre qu'il ne s'agissait pas d'esprits différents agissant dans les différents membres de l'Eglise, à cause de la diversité de leurs dons, ainsi devaient-ils comprendre qu'il n'y avait pas différents Seigneurs ou Maîtres qui accordaient ces dons, mais que tous ces dons provenaient de la seule sainte influence répandue par le seul .Seigneur, représentant du seul Dieu au-dessus de tous, Jéhovah, et devaient être

204 Le Canal de la réconciliation

expliques comme des “diversités de ministères” ou de modes d'action. Non seulement cela, mais l'Esprit de Dieu, le saint Esprit, a varié son ministère dans l'Eglise ; car si les “ dons ” de l'espèce mentionnée ici furent communs dans l'Eglise primitive, le jour vint où, selon les indications de l'Apôtre, la prophétie devait prendre fin. le don des langues devait cesser, et les inspirations spéciales de la connaissance devaient disparaître (1 Cor. 13: 8). Tous ces “.dons” furent évidemment nécessaires à l'établissement de l'Eglise, au début du nouvel Age, mais ils devinrent inutiles lorsque l'Eglise fut établie et que le canon des Ecritures inspirées fut complet, Ces dernières, déclare l'Apôtre, sont suffisantes pour “que l'homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ”, — 2 Tim. 3 : 17.

 De ces dons, il est vrai, tous n'ont pas disparu; et la cessation de ceux qui disparurent ne prouve pas non plus que l'Eternel soit moins puissant aujourd'hui qu'il y a dix-huit siècles, pas plus qu'elle ne prouve que les enfants de Dieu soient moins dignes ou moins favorisés par l'Eternel. Au contraire, cela indique une “diversité de manifestations” et implique que le peuple de Dieu n'a plus besoin de ces méthodes rudimentaires d'instruction et de ces preuves de son acceptation par l'Eternel. Aujourd'hui, au lieu de ces dons miraculeusement accordés, l'action de l'Esprit ou puissance de Dieu paraît agir sur chacun des membres de son peuple consacré — d'une part, en proportion de leurs aptitudes naturelles et d'autre part, dans la mesure de leur zèle à son service. C'est pourquoi nous trouvons que l'Apôtre, dans ce texte et dans ses épîtres ultérieures, incite l'Eglise à chercher à développer des dons, facultés et capacités spirituels, dans et pour le service de l'Eternel, de son peuple et de sa Vérité.

205 Le saint Esprit

Ces dons développés personnellement doivent être estimés plus hautement que ceux accordés miraculeusement; et c'est pourquoi l'Apôtre dit : ”Je vous montre encore un chemin bien plus excellent”; “Poursuivez l'amour, et désirez et [cultivez! avec ardeur les [dons] spirituels, mais surtout de prophétiser [exposer en publie]” (1 Cor. 12: 31; 14 : 1). L'Apôtre fait ressortir que le don des langues était simplement un “ signe ”, afin d'attirer l'attention des incrédules sur l'Eglise et ses méthodes (1 Cor. 14: 22). Il fait ressortir également que ce don, si grandement estimé par certains Corinthiens, était l'un des moins spirituels — servant peu au développement de l'Eglise spirituelle, et surtout utile dans les rapports avec le monde non régénéré. Ce don, et d'autres d'une catégorie quelque peu similaire, disparurent rapidement de l'Eglise dès qu'elle eut pris pied dans le monde et fut reconnue par lui.

 Au contraire, les “ fruits de l'Esprit doivent être encouragés et de plus en plus cultivés, afin qu'ils puissent produire la récolte complète et parfaite de l'amour envers Dieu, de l'amour les uns pour les autres, et de l'amour compatissant pour le monde. L'Apôtre déclare que ces fruits de l'Esprit sont “ l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance” (Gal. 5: 22, 23). On remarquera que le mot “ fruit” comporte une double pensée : c'est d'abord un don, mais ensuite il y a le travail nécessaire au développement jusqu'à la maturité. Ainsi en est-il des dons de l'Esprit : “ Tout don parfait et toute grâce excellente descendent d'en-haut, du Père ”, mais de pareils fruits ne sont pas des dons miraculeux, ce sont des dons graduels et indirects, que font naître et développer en nous les promesses de notre Père et les instructions de notre Seigneur transmises par les Apôtres et les prophètes. Plus nous sommes en harmonie avec l'Esprit de notre Père, plus nous lui obéissons en pensée, en paroles et dans nos actions, plus aussi nous développerons ces

206 Le Canal de la réconciliation

fruits conformes à l'Esprit du Père, par lequel nous sommes engendrés. Si nous sommes obéissante, cet Esprit produit de plus en plus en nous les fruits de sainteté, les fruits du saint Esprit ou la disposition à là ressemblance du cher Fils de Dieu, notre Seigneur et Rédempteur. C'est ainsi par le ministère du saint Esprit de la Vérité, que les fidèles sont formés et préparés pour “ naître de l'Esprit à la première résurrection, comme êtres-esprits (*), car ils furent engendrés de l'Esprit lors de leur consécration. Devenus ainsi des êtres-esprits parfaits, lés membres de l'Eglise seront héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ, notre Seigneur, en plénitude d'unité et de communion avec le Père et avec te Fils, complets en celui qui est la tête de toutes principautés et puissances et l'associé du Père dans le Royaume, et remplis de l'Esprit du Père et du Fils qui est le saint Esprit.

 D'après les conceptions générales qui précèdent, on remarquera que c'est l'Esprit ou puissance du Père céleste, Jéhovah, qui exécuta la création du monde, et qui opéra d'une manière différente sur ses serviteurs du passé ; c'est ce même Esprit qui agit encore d'une autre manière pendant cet Age-ci pour développer l'Eglise, pour l'amener en harmonie avec Dieu, et pour la former et ta, préparer comme “ Corps de Christ ” à une co-participation au Royaume. Ce sera le même saint Esprit ou influence de Dieu qui agira encore d'une manière diftérente pendant l'Age millénaire, par l'intermédiaire de Christ et l'Eglise glorifiés, pour amener le monde en harmonie et en unité avec les principes de la justice et avec le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Rien de ce qui concerne cette œuvre ne nécessite, en aucun sens et à aucun degré, un autre Dieu. Tout au contraire. Le fait

(') Etres-esprit”, par opposition à êtres-chair, comme dans “ mis A mort chair, rendu vivant esprit” (1 Pi. 3 : 18) — Vol. II. note pp. 108, 109 — Trad.

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que c'est le Dieu unique qui opère dans des circonstances et des conditions diverses, et par des moyens divers, pour l'accomplissement de son seul propos, nous donne d'autant plus l'assurance que tous ses bienveillants desseins seront accomplis, et que, selon ses propres déclarations “ ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche ; elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir et accomplira ce pourquoi je l'ai envoyée ” — Es. 55 : 11.

VOLONTE, INFLUENCE, PUISSANCE, ESPRIT — DE DIEU

 D'après ce qui précède, nous constatons qu'une définition large des expressions “Esprit de Dieu”, ou “saint Esprit ”, pourrait être celle de : volonté, influence ou puissance divine exercée partout, et pour tout dessein en harmonie avec la volonté divine, laquelle étant sainte, implique que l'action graduelle et l'œuvre du saint Esprit seront en accord avec la sainteté. Dieu exerce son Esprit ou énergie de beaucoup de manières, utilisant divers agents intermédiaires pour accomplir divers résultats. Tout ce qui est accompli par l'Eternel au moyen d'agents mécaniques (ou Inconscients — Trad.) ou d'agents intelligents, est aussi véritablement son ouvrage que s'il en était l'auteur direct, puisque tous ces agents sont sa création. C'est exactement ce qui se passe chez les hommes : l'entrepreneur de bâtiment peut ne pas travailler réellement à chaque partie de la construction, mais chaque ouvrier est son représentant et travaille sous sa direction ; l'édifice, dans son ensemble, est l'œuvre de l'entrepreneur, même s'il n'a jamais manié un seul outil pour y participer. Il le fait avec ses matériaux et par ses représentants et agents. Ainsi, par exemple, lorsque nous lisons : “ Jéhovah Dieu créa les cieux et la terre ” (Gen. 2: 4), nous ne devons pas supposer qu'il manipula personnellement les

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éléments. Il employa divers agents: “ II a parlé et la chose a été faite ” [II a donné des ordres et ils furent promptement exécutés] ; II a commandé, et elle s'est tenue là” (PS. 33 :6, 9). La création ne jaillit pas instantanément, complètement ordonnée, car nous lisons qu'il fallut du temps, soit six jours ou époques. Tandis que nous sommes clairement informés que “ Toutes choses sont du Père ” — par son énergie, sa volonté, son Esprit, cependant cette énergie, comme nous l'avons vu .précédemment, fut exercée par l'intermédiaire de son Fils, le Logos.

 La puissance de transformation du saint Esprit de Dieu, agissant pendant cette dispensation de l'Evangile pour amener son peuple en parfaite réconciliation ( at-one-ment*) avec le Père, est une action plus abstruse, moins facile à comprendre que l'exercice de sa puissance mentionnée en Genèse 1 : 2. Dans ce cas particulier, l'esprit opère sur un sujet d'ordre plus élevé qui a une mentalité (“ mind ”) et un libre arbitre ; il ne s'agit plus de matière inerte.

 A la lumière des Ecritures, nous pouvons comprendre que le saint Esprit signifie :

 (a) La puissance de Dieu exercée de toutes manières, mais toujours selon la justice et l'amour, donc toujours une sainte puissance.

 (b) Cette puissance peut être une énergie de vie, un pouvoir créateur dans le domaine physique, ou une puissance de pensée, créant et inspirant des pensées et des paroles, ou un pouvoir vivifiant ou générateur de vie, comme celui qui fut manifesté pour la résurrection de notre Seigneur, et qui le sera (*) encore pour celle de l'Eglise, son corps.

 (c) La puissance ou influence d'engendrement ou de transformation due à la connaissance de la Vérité. Sous cet aspect, on l'appelle ” L'Esprit de Vérité”. Dieu règle

209 Le saint Esprit

sa propre conduite conformément à là vérité et à la droiture ; pour cette raison, la Parole de Dieu, la révélation de sa conduite s'appelle la Vérité : “ Ta Parole est la Vérité”. On dit aussi, avec raison, que tous ceux qui viennent sous l'Influence du plan et de la droiture de Dieu sont sous l'influence de l'Esprit ou disposition de la Vérité : la Parole déclare à juste titre qu'ils sont engendrés de la Vérité à une nouveauté de vie. Le Père attire des pécheurs à Christ au moyen d'une illumination générale de l'intelligence (“ mind”), qui les convainc de péché et de leur besoin d'un Rédempteur. Ceux qui acceptent Christ comme leur Sauveur et leur Avocat, et en viennent au point de se consacrer entièrement à Dieu par Christ, sont dénommés des engendrés de Dieu, “ engendrés par la parole de vérité ”, engendrés par l'Esprit de Dieu à une vie nouvelle (•), Autrement dit,, ces personnes étant venues en harmonie avec des conditions et des règles divines. Dieu accepte cette attitude consacrée comme étant la bonne et, couvrant la faiblesse de la chair de la robe de justice de Christ — la justification par la foi, il accepte comme “ nouvelles-créatures en Christ Jésus ”, ceux qui désirent être guidés par son Esprit dans toute la vérité, et être conduits par cette sainte disposition ou saint Esprit à la pleine obéissance jusqu'au point du sacrifice de soi-même même jusqu'à la mort. La Parole dit de ceux-là qu'ils ont reçu “ l'Esprit de filiation ”, parce que, dorénavant, Dieu fait une alliance spéciale avec eux par Christ, les acceptant comme fils. Par le Chef de leur Salut, le Père leur garantit. que, s'ils demeurent dores l'Esprit de la Vérité, il fera concourir ensemble toutes les affaires et Incidents de la vie pour leur bien — pour développer en eux, toujours davantage, l'esprit de justice, de vérité, de paix, de joie ils auront de plus en plus le saint Esprit, au fur et a

(•) Ecrit en 1899 — Trad.

210 Le Canal de la réconciliation

mesure qu'ils obéissent mieux à l'Esprit de Vérité. De ce fait, l’exhortation à leur égard se formule ainsi : “ Soyez remplis de l'Esprit ”, marchez dans (ou selon) l'Esprit ” ; “ que l'Esprit de Christ habite richement en vous, et il ne vous laissera point oisifs, ni stériles ”. Ce saint Esprit, agissant chez le croyant dès le moment de sa consécration totale au Seigneur, est le même saint Esprit ou disposition sainte du Père qui agissait en notre Seigneur Jésus-Christ ; pour cette raison, on l'appelle également “ l'Esprit de Christ ”, et nous avons la certitude que “ si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui ”. Rom. 8:9.

 L'ESPRIT AVEC “ MESURE ” ET “ SANS MESURE ”

 Notre Seigneur Jésus fut engendré du saint Esprit à son baptême, à sa consécration ; il en est de même des membres de son corps, son Eglise qui, nous l'avons vu, sont engendrés à leur “ baptême en sa mort ” au moment de leur pleine consécration ; mais il y a, cependant, une distinction dont il faut toujours se souvenir; à savoir que notre Seigneur, le Chef ou Tête de l'Eglise, reçut le saint Esprit sans mesure, d'une manière illimitée (Jean 3 : 34), alors que ses disciples le reçoivent avec mesure, ou d'une manière limitée — une mesure de l'Esprit est donnée à chacun (dans l'Eglise) (1 Cor. 12 : 7 ; Rom. 12: 3). Cette différence provient de ce que notre Seigneur était un homme parfait, tandis que nous, ses disciples, bien que nous ayons été acceptés par Dieu qui nous considère comme parfaits (justifiés par la foi), nous sommes en réalité très Imparfaits. L'homme parfait, étant l'image même de Dieu, pouvait être dans la plus complète harmonie avec Dieu et avec son Esprit de sainteté dans les moindres détails ; par contre, dans la mesure de la dégradation causée par la chute, notre harmonie avec Dieu et son Esprit de sainteté s'est trouvée bien altérée ;

211 Le saint Esprit

néanmoins, le devoir et le privilège de chacun est de chercher à connaître à fond la volonté de Dieu, à la faire et à ne s'y opposer en aucune circonstance: Aucun membre de la race déchue n'est capable, toutefois, de recevoir l'Esprit de Dieu dans sa plénitude — d'être en harmonie absolue avec Dieu sur tous les points. C'est pourquoi nous trouvons que parmi ceux qui croient, se consacrent et reçoivent le saint Esprit de filiation, il y a des degrés divers : les uns en ont plus, les autres moins selon l'intensité plus eu moins grande de notre déchéance qui nous éloigne plus ou moins de l'image divine, et selon le degré plus eu moins élevé de grâce et de foi atteint depuis notre entrée dans le corps de Christ (*). Nous pouvons acquérir avec une certaine rapidité une plus grande mesure du saint Esprit, pour notre croissance en connaissance et en accord toujours plus complet avec chacun des détails du plan divin ; cette rapidité dépend largement de notre sincérité à reconnaître toutes nos imperfections, et du degré de notre consécration au: Seigneur, qui nous pousse à chercher sa volonté dans sa Parole, afin de la mettre en pratique dans les affaires de la vie. Dans la mesure où les croyants consacrés se soumettent à l'Éternel et, ignorant leur propre volonté et leurs préférences, cherchent à marcher dans sa voie, ils sont “ conduits par l'Esprit ”, “ enseignés par l'Esprit ”, et peuvent ” servir l'Eternel en nouveauté d'Esprit ”. Pour continuer à marcher sous cette direction et cette instruction, il faut qu'ils aient un “ Esprit de douceur (Gal. 5 : 22, 23 ; 6 : 1), afin que le “ Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire ”, puisse leur donner l' “ Esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de leur intelligence étant éclairés pour qu'ils sachent quelle est l'espérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints”. — Eph. 1: 17, 18.

 (•) Ecrit eta 1899—Trad.

212 Le Canal de la réconciliation

Dans ces diverses présentations de l'œuvre du saint Esprit, et dans beaucoup d'autres, qui viendront à l'attention de ceux qui étudient la Bible, rien ne saurait être trouvé pour justifier l'existence ou la nécessité d'un autre Dieu. Tout au contraire, une conception convenable du Dieu unique montre que sa puissance et ses ressources omnipotentes sont pleinement suffisantes, et que celui qui a dit à Israël : “ Ecoute, Israël, Jéhovah, ton Dieu, est un seul Dieu ”, n'a nul besoin d'assistance. .Vraiment, pour être logiques, ceux qui prétendent qu'un autre Dieu est nécessaire pour s'occuper des questions signalées comme étant l'œuvre du saint Esprit de Dieu, pourraient avec une égale logique, prétendre à beaucoup de Dieux-esprits : esprit de filiation, esprit de douceur, esprit de Christ, esprit du Père, esprit d'amour, esprit de justice, esprit de miséricorde, esprit de sainteté, esprit de vérité, esprit de patience, esprit de gloire, esprit de connaissance, esprit de grâce — ce serait autant de dieux distincts, chacun ayant sa tâche spéciale. Mais, explique l'Apôtre, toutes ces opérations différentes appartiennent au seul Esprit du seul omnipotent Jéhovah.

L ESPRIT DU MONDE L'ESPRIT DE L'ANTICHRIST

L'esprit du monde est l'opposé de l'Esprit de Dieu. Le monde entier étant dans une condition déchue soumis aux influences aveuglantes et séduisantes de l'Adversaire, son esprit (ou disposition) est nécessairement en conflit constant avec l'Esprit (ou disposition) saint, vrai, juste et aimable de Dieu ; cet esprit est donc en conflit avec le Saint Esprit reçu par son peuple au moyen de Sa Parole, et avec toutes ses Saintes Influences diversement exercées sur eux. L'esprit de Satan est un esprit d'égoïsme, de haine, d'envie et de querelle ; il agit sur les enfants de ce monde qu'il dirige presque entièrement. Le saint Esprit de Dieu, par contre, est un Esprit d'amour, de

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douceur, d'humilité, de patience, de bonté, d'affection fraternelle qui agit sur les enfants de Dieu et les dirige dans une large mesure. Ces deux esprits (ou dispositions) l'un d'amour et de bonté, l'autre d'égoïsme et de mal sont en antagonisme continuel, et complètement irréconciliables.

 Les Ecritures désignent sous le nom d' “ esprit de l'antichrist ” cet esprit qui agit dans le monde et s'oppose au saint Esprit; c'est l'esprit (ou disposition) qui est opposé à Christ. D'abord, cet esprit veut l'ignorer totalement contestant qu'il soit jamais venu dans le monde ; puis s'il échoue en cela, il prétendra que notre Seigneur Jésus était un homme ordinaire, un homme pécheur ; si cette position est désapprouvée, il prétendra encore que de toute manière, il n'accomplit rien ou qu'il fut simplement un homme exemplaire et non un Rédempteur. C'est la raison pour laquelle les Ecritures nous enjoignent d'examiner, de mettre à l'épreuve, d'éprouver les esprits (les doctrines qu'on nous présente comme étant de l'esprit de vérité). Nous devons les éprouver, non pas simplement d'après leur apparence extérieure et leurs prétentions mais par la Parole de Dieu. “ Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits [pour voir] s'ils sont de Dieu... connaissons l'Esprit de vérité et l'esprit d'erreur ”. — 1 Jean 4 : 1, 6.

 GUERRE ENTRE INFLUENCES SAINTES ET IMPIES .

Les perfections du caractère de Dieu sont les modèles de sainteté, de justice et de vérité pour toutes ses créatures. Toute chose et toute créature opposées à ces modèles, ou qui ne sont pas en plein accord avec eux, sont impies, fausses, injustes. Ces influences adverses sont parfois attribuées à Satan parce qu'il est l'ennemi juré de Dieu ; il fut le premier conspirateur contre la droiture (“ righteousness ”), la cause première de l'erreur,

214 Le Canal de la réconciliation

“ le père du mensonge ” et de la tromperie. Mais nous devons distinguer entre des dêtres-esprits méchants et de mauvaises influences des esprits, de même que nous différencions de saints êtres-esprits et de saintes influences d'esprits. La tendance de la pensée évolutionniste des milieux cultivés (y compris les soi-disant Critiques supérieurs), qui témoignent de l'indifférence pour la Bible, est de vouloir ignorer la personnalité de Satan et des esprits mauvais, ses associés dans les lieux célestes (Eph. 6 : 12), de soutenir qu'il n'existe aucune influence mauvaise en soi, et que l'homme lutte seulement contre sa propre ignorance et la direction défectueuse de ses bonnes qualités. D'une manière semblable, d'autres personnes encore plus avancées (dans l'erreur), encore plus hautement cultivées (dans les contre-vérités), encore plus armées de philosophies (faussement ainsi appelées) en arrivent à la conclusion qu'il n'y a aucun Dieu personnel, mais simplement de bonnes influences qui, prétendent-ils, sont inhérentes à l'homme et évoluent graduellement jusqu'à la perfection.

 Quant à nous, nous prêtons attention à l'oracle de Dieu, Sa Parole, qui, selon l'Apôtre, peut nous rendre sages à salut, et qui est une source de vie, de lumière et de saint Esprit de vérité avec lesquels les théories et les lumières humaines ne peuvent être comparées. Elle nous montre que Dieu est un Esprit (être) saint, et que son saint Esprit (influence) s'exerce toujours d'accord avec la droiture, (“ righteousness”), et que tous ceux qui sont en harmonie avec Dieu et en unité (“ at-one-ment ”) avec lui, ont obligatoirement son Esprit de sainteté : L'Unique Fils engendré en qui habite la plénitude de l'Esprit divin, les saints anges qui n'ont pas d'autre volonté que la sainte volonté (ou l'Esprit saint) du Père et enfin les membres de l'Eglise qui, dans le monde, ont une certaine mesure de la disposition (“ mind ”) ou Esprit de leur Tête ou Chef (autrement ils ne seraient pas des

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siens), et qui s'efforcent d'acquérir une mesure toujours plus grande de cet Esprit de sainteté et de se dépouiller de toutes dispositions et influences impies. La Parole nous enseigne de même que Satan est un esprit (un être) et qu'il a un esprit (ou mentalité ou disposition) impie, qu'il exerce un esprit (ou influence) impie au moyen de divers canaux et agents (*). Les anges déchus, des êtres-esprits également, tombèrent en perdant leur esprit de sainteté et de dévotion envers Dieu et envers son idéal, son modèle de justice ; ils sont maintenant animés d'un esprit (ou disposition) impie, et ils exercent une mauvaise influence (ou esprit) en toute occasion (**). Les humains, déchus du fait d'Adam, sont devenus des esclaves du péché ; les uns pèchent volontairement pour le plaisir de pécher, les autres pèchent Involontairement, quoique “ cherchant Dieu” (***), mais aveuglés et trompés par l'Adversaire, et dirigés par l'esprit d'erreur. L'humanité .(la disposition ou le “cœur” humain) constitue le champ de bataille sur lequel le saint Esprit de lumière, d'amour, de justice, de vérité, de sainteté l'Esprit de Jéhovah et de son Fils, le Rédempteur de l'homme, combat contre l'esprit mauvais de Satan, le péché, les ténèbres, le mensonge, la haine, l'envie, la malice, etc. Vendus au péché par notre premier père Adam, les membres de sa famille devinrent des “ esclaves du péché ” en raison de “ la vanité ”, causée par la faiblesse de l'hérédité (Rom. 5 : 12, 21 ; 6 : 16-23 ; 7 : 14 ; 8 : 20, 21). Dans cette condition de captivité, ils ont été aveuglés par le dieu (maître) du présent monde (ou état social) mauvais, qui présente à leur esprit le mal comme étant le bien, et les ténèbres comme étant la lumière (2 Cor. 4 : 4 ; Eph. 6 : 12 ; Es. 5 : 20) ; Satan a ainsi perverti la grande majorité des humains, ayant rendu le

(*) ZlON'S WATCH TOWER (1" août 1894) — Trad. en français.

(**•) LE SPIRITISME ANCIEN ET MODERNE : Prix : 0,40 W.

(**) Actes 17 : 27 — Trad.

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mal facile à exécuter, et le bien difficile à faire ; il a disposé et rangé tous les avantages du temps présent du côté du mal et il a créé un état de choses tel, qu'il est impossible d'obtenir ces avantages sans se conformer à son esprit impie, à “ l'esprit du monde” ; Satan détient la direction générale, d'abord des masses par l'ignorance, ensuite des plus intelligents par l'orgueil, l'égoïsme, etc... Le combat ne commença pas avant la première venue de notre Seigneur, car l'Esprit de Vérité vint d'abord sur lui, notre Seigneur Jésus, et à la Pentecôte sur son Eglise (*). Le monde était dans l'obscurité lorsque notre Seigneur Jésus y apparut rempli de l'Esprit de Dieu, de la lumière de la vérité divine qui fit de Lui “ La lumière du monde ” ; immédiatement, le combat commença ; la vraie lumière, le saint Esprit, depuis la Pentecôte, était représenté non pas les églises nominales, mais par les véritables membres du corps de Christ, possédant le saint Esprit de leur Chef ou Tête. Le combat ne pouvait pas commencer plus tôt, parce qu'aucun des humains (tous étant pécheurs) ne pouvait être le canal du saint Esprit de Dieu, son représentant, son ambassadeur de la justice et de la vérité, ou un soldat de la croix. La réconciliation pour le péché de l'homme devait être faite en premier lieu, avant que le saint Esprit eût une œuvre à accomplir, avant qu'il eût à combattre pour quelque chose. Les humains étaient condamnés à mort — à la destruction éternelle, comme ennemis de la droiture : Pourquoi des condamnés auraient-ils combattu ? Pourquoi essayer de les pousser vers la justice, quand on ne pouvait leur offrir aucun espoir de récompense pour leurs efforts ? Il était

 (*) Le combat de la loi de Justice (ou droiture — Trad.) fut limité à la seule petite nation, Israël, .et comme Dieu l'avait prévu “ la Loi n'a rien amené a la perfection ”, aucun membre de la race déchue ne pouvait gagner ou n'avait la perspective d'être victorieux dans ce combat. Le but de cette Loi fut en réalité de manifester Christ Jésus, le seul observateur de la Loi, comme étant le canal de la miséricorde divine ; et incidemment, de discipliner un peuple et d'en faire ” un reste ” préparé pour la dispensation de l'Esprit et ses luttes, en leur montrant Christ.

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donc convenable que la rançon vînt d'abord ; et ce fut comme résultat de l'acceptation de cette rançon par le Père que le saint Esprit fut accordé à ceux qu'il adopta dans sa famille comme des fils, par Christ. -

 Mais quelqu'un peut faire observer que le combat, depuis ses débuts, semble dirigé contre le saint Esprit et en faveur de l'esprit du mal : aujourd'hui eu effet, par suite de l'accroissement naturel de la population, les serviteurs du péché sont considérablement plus nombreux qu'ils ne l’étaient lorsque le combat commença, et même leur nombre continue à s'accroître davantage que celui des chrétiens nominaux, bien que le combat se poursuive depuis près de dix-neuf siècles (•).

 En outre, l'esprit du mal, de la méchanceté et de l'erreur l'emporta contre le saint Esprit qui était en notre Seigneur au point de crucifier ce dernier, et, d'une manière similaire, il a triomphé de tous les fidèles membres du corps de Christ, les dénigrant, les calomniant et les maltraitant diversement, selon l'époque, le lieu et les circonstances. L'objet de ces attaques de l'esprit du mal et de ses serviteurs contre l'Esprit de sainteté et ses fidèles est toujours le même: détruire l'influence de l'Esprit de la vérité ; faire paraître impie ce qui est saint ; faire paraître égoïste et impur ce qui est désintéressé et pur ; faire passer les ténèbres pour la lumière. Les serviteurs de l'impiété ne se rendent pas toujours compte de ce qu'ils font ; devenant pénétrés de l'esprit du mal (haine, malice, envie, querelle), cela les aveugle au point qu' “ ils ne savent ce qu'ils font ” et souvent, évidemment, ” ils pensent rendre un culte à Dieu ”. Pourquoi cette défaite de l'Esprit de sainteté ? En sera-t-il toujours ainsi ?

 Nous répondons que cette défaite de l'Esprit de sainteté n'est qu'une défaite apparente et non une défaite réelle.

(*) Ecrit en 1899 — Trad.

218 Le Canal de la réconciliation

En réalité, l'Esprit de sainteté a toujours triomphé depuis le début du combat. Sa double mission durant cet Age de l'Evangile a bien été accomplie :

 (1) L'Esprit de sainteté devait exister chez les enfants de Dieu, selon le degré de leur consécration et de leur zèle pour Dieu et pour sa justice ; à cause de l'influence et de la puissance de l'esprit du mal dominant dans le monde autour des chrétiens, cet Esprit dé sainteté devait se prouver être une épreuve de leur caractère, les conditions présentes exigeant que quiconque veut vivre pieusement au temps actuel doit souffrir la persécution ; il doit accepter que l'on dise faussement “ toute sorte de mal” contre lui, et néanmoins faire preuve de patience, comme le fit son Maître, et continuer à rester fidèle au Seigneur et à sa cause, à n'importe quel prix, n'estimant pas sa vie terrestre comme précieuse. — 2 Tim. 3 : 12 ; Matt. 5 : 11 ; 1 Pi, 2 : 23 ; Actes 20 ; 24.

 (2) La lumière de l'Esprit de sainteté chez les entants de Dieu, devait tellement briller sur le monde qu'elle attirerait tous ceux qui ne seraient pas entièrement aveuglés par l'esprit pervers de l'Adversaire. Elle devait luire dans les ténèbres du péché pour le réprouver, en témoignant contre toute injustice, afin de réveiller la conscience des plus aveuglés mêmes et les amener à se rendre compte de leur responsabilité devant Dieu, et à savoir qu'il y aura un jour pour le règlement des comptes. Ainsi, notre Seigneur enseigna-t-il à ses disciples qu'après avoir reçu le saint Esprit, ils devraient rendre témoignage à la Vérité parmi les nations, que les gens les écoutent ou qu'ils s'en abstiennent.

 Le saint Esprit a triomphé dans les deux missions pour lesquelles il fut envoyé. Il a choisi un fidèle “ petit troupeau ” de ”vainqueurs ”, marchant dans le chemin de la justice et composé de Jésus le Chef et de sa fidèle troupe de soldats de la croix qui se consacrèrent “ jusqu'à

219 Le saint Esprit

la mort ”. La récompense du Royaume leur sera bientôt (•) donnée, lorsque les derniers membres auront été complètement éprouvés et rendus parfaits par des souffrances pour la cause de la justice. Il a aussi triomphé en ce qui concerne le témoignage rendu au monde. Notre Seigneur prédit que l'effet du témoignage serait de convaincre le monde de péché, de justice et d'un jour de juste jugement à venir, dans lequel les mauvaises actions de la vie présente recevront une juste rétribution, selon le degré de lumière dont a joui le transgresseur.

 Ce témoignage a été porté au loin et au près, et aujourd'hui, le monde, dans son ensemble, reconnaît ces trois points que l'Esprit de sainteté, agissant dans l'Eglise, a exposés devant le monde : le péché, la justice et le jugement. En fait, le monde n'a pas une idée claire et exacte de la justice, ni du péché, et il ne comprend pas non plus le caractère et le but du jugement à venir ; il ne sait pas que ce sera un jour de mille ans ; il ne comprend pas d'une manière plus claire que pendant l'Age actuel, l'appel de l'Eglise permet d'échapper au jugement du monde et de devenir les juges de ce monde au jour de son jugement. Pour cela il faut sacrifier volontairement, et maintenant, les intérêts terrestres pour la cause de la justice, en marchant sur les traces du Rédempteur. Il n'est pas nécessaire que le monde connaisse ces particularités, car elles ne le concernent pas. Elles sont au nombre des “ choses profondes de Dieu ” que nul ne peut apprécier sauf ceux qui deviennent sincèrement obéissants à l'appel du Seigneur pour la justice. En se consacrant, ces derniers reçoivent l'Esprit du Père et, comme fils, ils apprennent à connaître les moindres détails du divin plan. — 1 Cor. 2 : 10, 11.

 (•) Ecrit en 1899 — Trad.

220 Le Canal de la réconciliation

En réponse à la question : En sera-t-il toujours ainsi ? nous disons : Non. Aussitôt que le “ petit troupeau ”, appelé à être cohéritier de Christ, aura été formé au cours de l'Age actuel, cela cessera. L'œuvre suivante du saint Esprit ou puissance de Dieu sera l'établissement du Royaume, pendant lequel le saint Esprit agira selon les règles du Royaume, rendant ses jugements et faisant régner la justice sur la terre. Le saint Esprit fera de la droiture une règle et de la justice un niveau, et le mensonge et la tromperie de tout genre feront place à la claire connaissance de la Vérité. Au lieu de continuer à témoigner au monde un “ jugement à venir ”, le saint Esprit témoignera que le jugement a commencé et que toute transgression recevra promptement une juste rétribution de punition. Au lieu du témoignage donné aux membres de l'Eglise : “ Ne jugez rien avant ,le temps ”, l'Esprit saint témoignera au contraire que, dans leur qualité d'instruments de Dieu, ils ont été spécialement qualifiés pour juger le monde par un jugement droit. Au lieu qu'il soit requis de ceux qui sont en harmonie avec Dieu et possesseurs de son Esprit de justice et de vérité, de souffrir à cause de la justice, ceux-là seront couronnés rois et sacrificateurs de la justice ; ils seront chargés de régner sur la terre pour la bénir et la rétablir à la perfection, à la justice, et pour “ retrancher de la vie ” dans une “ destruction éternelle ” tous ceux qui, volontairement, rejetteront les occasions du bienheureux jour de jugement assuré par l'amour de Dieu au moyen de la rançon donnée par notre Seigneur Jésus. Ce sera ainsi le triomphe définitif du grand Jéhovah, de son Esprit de sainteté et de tous ceux qui s'y uniront ; le péché, Satan et l'esprit du mal seront anéantis pour toujours et il n'y aura plus de malédiction. — Es. 28 : 17 ; 1 Cor. 4 : 5 ; 6 : 2 ; Actes 3 : 23 ; 2 Thess. 1 : 9 ; Apoc. 22 : 3.

221 Le saint Esprit

COMBATS SPIRITUELS DES SAINTS AVEC LES ENNEMIS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS

Nous avons considéré la bataille dans son aspect général jetons un regard sur certaines de ses phases actuelles. Bien qu'elle puisse être considérée comme la lutte de toute l'Eglise, elle est néanmoins une lutte individuelle contre le péché. S'il est vrai que l'Eglise comme un tout sortira victorieuse, elle ne sera composée seulement que de vainqueurs individuels. Et comme la victoire dans l'Eglise est une victoire du saint Esprit de Dieu (de la puissance ou influence de Dieu) contre l'esprit du mal, de l'Injustice, il en est de même pour la victoire individuelle de chaque saint. Dans leur majorité, les chrétiens (les chrétiens nominaux, y compris, même les soi-disant “ combattants de l'esprit ”, “ sanctificationnistes ”, etc.) connaissent peu les réels combats spirituels et les victoires de l'esprit, parce que la majorité n'a jamais fait une véritable consécration et n'a jamais reçu le saint Esprit de la Vérité. Certains se sont consacrés à une secte et ont reçu un esprit sectaire d'amour pour la secte, de dévotion à la secte, de service et de sacrifice pour la secte, etc. D'autres ont reconnu un ou plusieurs principes moraux et se sont consacrés à ne jamais violer semblables principes : ceux-là reçoivent l'esprit de moralité, un esprit de Satisfaction de soi, un esprit de prétention à la justice personnelle. D'autres ont choisi une certaine vertu qu'ils adorent et dont ils reçoivent l'esprit : par ex. la patience, et ils sont pleinement satisfaits quand ils ont atteint un bon degré de patience et ont cet esprit-là. D'autres se consacrent à “ travailler ” pour Jésus et ne paraissent satisfaits que dans le tourbillon d'une activité fiévreuse ; peu leur importe de quelle sorte de travail il s'agit, pourvu qu'il ne serve pas ouvertement Satan, et que ce travail soit abondant avec une place bien en vue pour eux-mêmes ; ce n'est pas tant des résultats qu'ils recherchent que du travail; il s'ensuit qu'ils sont tout à fait contents de “battre l'air”, espérant qu'en fin de compte, ils trouveront qu'ils n'ont pas fait grand mal. Prendre le temps

222 Le Canal de la réconciliation

d'étudier la Parole de Dieu pour connaître quel genre d'ouvriers il cherche et quelle espèce de travail il désire voir accomplir, serait pour ceux-là une violation de leur alliance de consécration, car ils se sont consacrés pour travailler et n'ont le cœur satisfait que dans une fièvre d'activité débordante. D'autres, plus sages, mais sans l'être véritablement non plus, se consacrent à un genre particulier de service pour Dieu et pour l'homme, le service qui, pensent-ils, a le plus besoin d'eux. S'ils se consacrent à “ l'œuvre de la tempérance ”, ils reçoivent l'esprit de cette œuvre et ont quelque bénédiction qui s'y rattache. Ou bien, s'ils se consacrent à l'œuvre de réforme sociale, ils acquièrent l'esprit de réforme sociale et les bénédictions qui en découlent.

 Toutes ces consécrations, et les esprits ou dispositions qui en résultent, produisent à la fois de bonnes et de mauvaises influences. N'importe laquelle de ces consécrations est bien meilleure qu'une consécration au mal et à l'esprit du mal. Chacune d'elles vaut mieux également qu'une consécration à soi-même et à l'esprit d'égoïsme qui l'accompagne. L'une ou l'autre vaut beaucoup mieux qu'une vie, sans but, consacrée à ne rien faire du tout. Mais aucune de ces consécrations ne peut être comparée en aucun sens à la consécration enseignée dans les Ecritures et dont notre Seigneur Jésus Christ, le Rédempteur du monde, est l'exemple et le modèle pour son corps, l'Eglise. Cette consécration — la vraie — est la seule qui apporte au cœur le saint Esprit, l'Esprit de la Vérité, que le monde ne peut recevoir.

 Cette consécration convenable et véritable diffère de toutes les autres ; elle ne s’incline que devant un seul autel, qui est la volonté de Jéhovah ; elle exige le renoncement à soi-même et à sa propre volonté en un sacrifice vivant sur l'autel de l'Eternel, ce qui est un culte raisonnable. Elle ne pose ni conditions, ni réserves. Le langage du Souverain Sacrificateur est celui de chaque membre

223 Le saint Esprit

de la “ sacrificature royale ” : “ Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé ”. “ Voici, je viens .(il est écrit de mol dans le rouleau du livre) pour faire, ô Dieu, ta volonté”. Ceux-là sont rendus participants du saint Esprit.

 Ceux qui ont consacré leur volonté et accepté sans réserve la Parole et la volonté de Dieu par Christ, ont des dispositions célestes ou spirituelles. Ils sont si transformés, si entièrement différents de ce qu'ils étaient dans leur existence terrestre avant leur consécration, qu'ils sont appelés de “ Nouvelles-Créatures” ; cette appellation ne serait pas déplacée si elle ne signifiait rien de plus que le changement radical du cœur (ou de la volonté) qu'ils ont expérimenté, mais, en fait, elle signifie davantage: à savoir que ceux qui sont maintenant tirés du monde (*) par le saint Esprit de Vérité et qui s'approchent de Dieu par la voie nouvelle et vivante qu'ouvrit le grand sacrifice pour les péchés, sont réellement de nouvelles-créatures à l'état embryonnaire lesquelles atteindront te perfection dans la nature divine qui leur sera donnée à la première résurrection, à la fin de cet âge. Ce changement est toutefois conditionnel: il dépend de leur fidélité, comme nouvelles-créatures, aux directions du saint Esprit. Cependant, cette nouvelle-création mentale (ou cette disposition ou mentalité transformée, l'embryon de la nouvelle-créature qui viendra pleinement à l'existence à la résurrection), est toujours unie à un corps humain et, de ce fait, l'Apôtre dit de cette classe : “ Nous avons ce trésor [la nouvelle mentalité, la nouvelle nature] dans des vases de terre” (2 Cor. 4:7). Parlant du même sujet, l'Apôtre nous assure que, lorsque la maison terrestre sera dissoute, sacrifiée, morte avec Christ, nous aurons néanmoins une habitation de Dieu, une nouvelle maison, un corps glorieux et en tout point approprié pour qu'il puisse

(*) Dans le sens de Actes 15 : 14 — Trad.

224 Le Canal de la réconciliation

recevoir dans l'harmonie la nouvelle mentalité et son Esprit de sainteté (2 Cor. 5 : 1), si nous faisons partie des fidèles vainqueurs qui persévèrent jusqu'au terme du pèlerinage dans l'étroit sentier, dans l'empreinte des pas de notre Chef.

 Le mot saint (*) signifie complet, d'où il découle que le saint Esprit est un esprit entier ou complet. Nous constatons ainsi, sans surprise, que ceux qui ont reçu le saint Esprit ou esprit complet en quelque bonne mesure ont, de ce fait, leur caractère poli sur tous les points : mieux équilibrés que jamais auparavant dans leur jugement, ils ont “l'Esprit de sobre bon sens” (D . note), même si l'esprit aveuglé et adverse du monde peut, en parlant d'eux, déclarer : “ Tu as un démon, tu es fou ”, parce qu'ils vivent et travaillent pour les choses jusqu'ici invisibles, mais éternelles dans les cieux et qu'ils s'en réjouissent. — 2 Tim. 1 : 7 ; Jean 10 : 20 ; 6 : 27.

 Considéré du point de vue individuel, l'un des ennemis les plus sérieux de ceux qui ont été engendrés à la sainteté d'esprit par les .promesses et les desseins divins, c'est le mauvais esprit de crainte. Il voudrait nous persuader qu'il y a probablement quelque erreur, soit que Dieu n'inspira pas les plus grandes et les plus précieuses promesses, soit qu'elles ne sont pas pour nous ou que, pour certaines raisons, nous ne pourrons jamais les obtenir. Tous les enfants de Dieu sont exposés aux attaques faites avec plus ou moins de persistance par ce mauvais esprit de doute et de crainte, et tous ont besoin de terrasser courageusement ce mauvais esprit et de le détruire, de peur qu'il n'anéantisse les fruits du saint Esprit et finalement ne l'éteigne (ne l'extirpe complètement d'eux). Cependant, “ l'esprit de crainte ” n'est ni un dieu-

(•) Holy anglo-saxon, halig, de hâl, anglais: whole : tout entier, complet. Notre mot correspondant, l'adjectif saint, est l'adjectif participial sanctum (du verbe latin sancire) ; il signifie : sans pèche, pur, établi. accompli, parfait — Trad.

225 Le saint Esprit

esprit, ni un diable-esprit qui serait entré dans nos cœurs ; c'est simplement une influence mentale naturelle à chaque être humain déchu rempli d'humilité. Cet esprit naît dans les cœurs qui se rendent compte de leur imperfection personnelle et de leur indignité d'avoir part aux faveurs divines. L'antidote de cet esprit de crainte est le saint Esprit de Vérité dont on accepte et maintient les instructions en pleine assurance de foi. L'Esprit de Vérité nous montre qu'il y avait de bonnes raisons pour que nous entretenions l'esprit de crainte ; mais que ces raisons n'existent plus depuis que nous sommes entrés en Christ comme nouvelles-créatures. Cet esprit nous fait détourner les yeux, de nos faiblesses involontaires pour les reporter vers la grande Réconciliation accomplie par notre Seigneur Jésus ; il nous cite les paroles de l'Apôtre inspiré : ”Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Celui même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré [à la mort] pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses [nécessaires] avec lui ? Qui Intentera accusation contre des élus de Dieu ? — C'est Dieu qui justifie ; qui est celui qui condamne ? — C'est Christ qui est mort [payant leur condamnation, suppléant à toutes leurs déficiences], mais plutôt qui [le Christ glorifié et hautement exalté] est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi Intercède pour nous ”, — Rom. 8 : 31-34.

 Si l' “ Esprit de foi ”, l'une des manifestations ou modes d'action de l' “ Esprit de sainteté ”, de l' “ Esprit de la Vérité ”, s'affirme ainsi et qu'il est accepté et entretenu par la nouvelle-créature, la victoire sur l'esprit de crainte est rapidement gagnée, et il en résulte la paix et la Joie dans le saint Esprit de foi, d'amour et de confiance en Dieu. Néanmoins, ces luttes doivent être livrées sans cesse dans chaque expérience du chrétien. En vérité, ” l'esprit de crainte” peut devenir un serviteur précieux de la nouvelle-créature, alors qu'il ne doit être toléré ni comme un

226 Le Canal de la réconciliation

maître, ni comme un ami, ni comme un habitant du cœur. Faisons-en le chien de garde, que sa niche soit placée juste en dehors de la porte du cœur, et il pourra nous être très utile en attirant l'attention sur les larrons et les voleurs qui s'approchent furtivement pour nous dérober nos trésors de sainteté, de joie, de paix, d'amour et de communion avec notre Père et avec les frères. Ainsi que l'Apôtre nous y exhorte, “ craignons ” les attaques du dehors, après nous être mis en règle et en accord avec Dieu, en chassant de notre cœur toutes les influences adverses et en y recevant à leur place son Esprit. Craignons, de peur que, au moment d'aller vers l'Epoux, de grand matin, quelqu'un d'entre nous soit vaincu par un esprit de paresse, d'insouciance, de sommeil et, qu'ainsi, à l'instar des “ vierges folles ”, il ne soit pas préparé pour le grand événement, “ le mariage ”, en vue duquel tous nos préparatifs ont été faits. Souvenons-nous donc, que quelque utile qu'il puisse être comme serviteur, l'esprit de crainte n'est pas de Dieu, et ne doit jamais être admis dans la citadelle du cœur chrétien ; celle-ci doit être entièrement occupée par les divers membres de la famille du saint Esprit : l'amour, la joie, la paix, etc. L'amour parfait bannit en effet la crainte, aussi bien que tous les membres de la famille de l'esprit impie : la colère, la malice, la haine, la jalousie, la crainte, le mécontentement, l'orgueil, les ambitions mondaines, etc... L'Apôtre déclare : “ Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d'amour et de conseil (de sobre bon sens — note D. — Trad.) ”. — 2 Tim. 1:7. '

 Parfois, les attaques viennent par derrière et non de front — c'est la crainte des amis, la crainte du monde, etc., c'est une répugnance à admettre que Dieu veut sauver autrui, alors que l'on se confie en lui pour son propre salut. C'est là aussi une situation sérieuse, car elle chasse grandement l'esprit de paix et de joie, et

227 Le saint Esprit

dirige mal les énergies. “ L'esprit de crainte ” dit : c'est une grave erreur de penser que Christ mourut pour tous, et c'est une grande présomption de croire que tous pourront un jour obtenir quelque bénédiction ou possibilité d'obtenir la vie, grâce à la rançon. Ou bien, si la crainte ne peut nous gagner, c'est son mauvais compagnon, l' “ esprit d'erreur qui peut tenter de nous entraîner dans la direction opposée, de nous amener à croire au salut universel, à la vie éternelle pour tous, en suggérant que par orgueil. Dieu ne détruirait pas ceux qui font le mal volontairement.

 L' “ esprit d'erreur prétend être plus sage que la Parole de Dieu, et suggère à la raison humaine qu'elle devrait juger Dieu selon l'idéal ou les modèles humains, plutôt que de corriger son propre idéal selon la Parole de la révélation divine. Ainsi, de diverses manières, l'esprit d'erreur, l'esprit de crainte et l'esprit de servitude, qui sont autant d'éléments de l'esprit de l'Adversaire, de l'esprit impie, accusent de mensonges et renient les affirmations de l'Esprit de Vérité qui déclare que “ Christ Jésus, par la grâce de Dieu, goûta la mort pour tous”, et que, sous les conditions de la Nouvelle Alliance, l'occasion bienheureuse de venir en harmonie avec Dieu s'étendra finalement à tous les humains ; que lorsque chacun sera amené à la connaissance de la Vérité, il sera jugé par elle et, soit approuvé pour la vie éternelle, soit condamné à la destruction éternelle, la seconde mort : “ A cela nous connaissons l'Esprit de Vérité, et l'esprit d'erreur”. — 1 Jean : 4 : 5, 6 ; Actes 3 : 23.

 L'Esprit de Dieu, l'Esprit de sainteté, est un esprit de joie et de paix chez tous ceux qui le reçoivent, dans la mesure où ils le reçoivent, dans la mesure où ils viennent en accord avec le Père céleste et avec le Rédempteur qui a le même esprit, la même disposition. L'Esprit de l'Eternel conduit à la foi dans les promesses de Dieu ; l'esprit d'erreur mène dans la direction

228 Le Canal de la réconciliation

contraire, à l'incrédulité dans les promesses de Dieu, aux spéculations humaines, à la crédulité et à la superstition, c'est-à-dire à croire des choses dont Dieu n'a point parlé, et qui sont déraisonnables pour ceux qui ont le “saint Esprit. l'Esprit de sobre bon sens ”. L'Esprit de Vérité conduit à l'activité et à l'énergie au service de la cause de Dieu, en faisant apprécier le privilège de collaborer avec Dieu à quelque degré que ce soit ; l'esprit d'erreur, au contraire, est un “ esprit d'assoupissement ”, de négligence ou de nonchalance à l'égard des choses célestes, et de sollicitude pour les choses terrestres ; c'est un esprit de négligence envers la véritable Eglise et ses liens d'amour et, au contraire, d'attention pour les organisations humaines et leurs liens confessionnels. — Rom. 11:8.

L'ESPRIT QUI PORTE A L'ENVIE (•)

 Comme nous l'avons déjà signalé, les enfants consacrés de Dieu, des nouvelles-créatures engendrées de l'esprit, sont maintenant des êtres présentant une certaine dualité ; la nouvelle-créature, non encore “ née”, n'ayant aucun corps adéquat, vit dans le vieux corps de chair considéré comme mort et maintenant captif par la nouvelle volonté pour l'usage et le service de cette dernière durant la période de son développement. (Toutefois ceci n'implique pas que les chrétiens possèdent deux natures car une telle conception est contraire à la science de la Bible). Le nouvel esprit (l'Esprit de Christ, la sainte disposition ou volonté) est seul reconnu par Dieu et devrait seul être reconnu par les “ frères saints, participants du haut-appel ”. Néanmoins, il y a une lutte continuelle entre cette nouvelle disposition engendrée par la Parole de Dieu et l'ancienne vieille volonté (esprit ou disposition de notre

 (*) V. Lausanne : “ L'esprit... a-t-il des désirs qui tendent à l'envie ? Voir Note Crampon — Trad;

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chair déchue). Parfois, dans les Ecritures, la volonté, ou la disposition contraire, de notre chair est assimilée à notre esprit, ainsi, nous lisons: “Pensez-vous que l'Ecriture dise en vain : l'esprit qui demeure en nous [“ Rien de parfait n'habite en notre chair ”] désire-t-il avec envie ? ” — Jacq. 4: 5 (voir note Crampon). Le nouvel esprit, la nouvelle-créature (celle engendrée du saint Esprit d'amour) n'envie pas, car il est écrit : “L'amour n'est point envieux, il ne s'enfle point, etc.” (1 Cor. 13 : 4). Donc, toutes les fois que nous trouvons l'esprit d'envie, de haine, de querelle ou de vaine gloire, gouvernant en quelque mesure nos actes, paroles, ou pensées, c'est un signe certain que notre ancien esprit mauvais remporte une victoire sur notre nouvelle-créature. Dans la mesure où nous pouvons rejeter toutes ces choses, et où nous le faisons, et où nous sommes remplis des éléments du saint Esprit (la douceur, la bonté, l'humilité, l'affection fraternelle; la charité), nous croissons à l'image de Christ, qui est celle du Père, dans cette proportion, nous sommes remplis du saint Esprit. Nous ne sommes pas remplis d'une personne-esprit, mais de l'esprit, de l'influence, de la volonté d'une personne, à savoir de notre Père Jéhovah ; c'est le même esprit qui était et qui demeure encore dans le Fils Unique engendré. L'Apôtre Paul écrit aussi au sujet de ce même combat entre l'esprit (disposition ou mentalité) de notre chair et le nouvel esprit (disposition ou mentalité) auquel nous avons été régénérés. Seulement, il traite le sujet comme si notre chair n'était plus nous-mêmes mais notre ennemie, et nous, ”considérés comme ” de nouvelles-créatures, le saint Esprit étant notre seul esprit ou disposition. Il déclare : “ Mais je dis : Marchez selon l'Esprit et vous n'accomplirez point la convoitise [désir] de la chair. Car la chair convoite [désire] contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l'une à l'autre, afin que vous [les nouvelles-créatures] ne

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pratiquiez pas les choses que vous voudriez” : l'opposition et les séductions continuelles de la chair sont en effet un empêchement à l'accomplissement d'actions parfaites, quoique, par la grâce de Dieu, ceci n'empêche pas notre acceptation par Dieu comme “ nouvelles-créatures ” don’t le cœur, l'esprit, l'intention sont saints et agréables au Père, dans le Bien-aimé. — Gal. 5 : 16, 17.

 ENSEIGNES DE DIEU PAR L'ESPRIT

Nous avons maintenant une certaine connaissance de l'Esprit de l'Eternel, de son action sur ses enfants, par son influence éclairante sur leur esprit, son enlèvement des erreurs, et son illumination de la Parole qui donne la vérité vivante ; nous sommes ainsi préparés pour comprendre et apprécier les paroles de l'Apôtre : “ Ce que l'œil n'a pas vu, et que l'oreille n'a pas entendu, et qui n'est pas monté au cœur de l'homme [l'homme naturel], ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. Mais Dieu nous l'a révélé par son Esprit, car l'Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu” (1 Cor. 2 : 9, 10) ; autrement dit, ayant soumis notre volonté à l'Eternel afin que nous soyons enseignés de lui et que nous puissions marcher dans ses voies, nous sommes entrés en harmonie avec sa volonté, avec ses dispositions, avec son Esprit, et nous sommes ainsi préparés, de ce nouveau point de vue — celui d'un esprit nouveau, droitement dirigé — à voir les choses sous un jour nouveau : toutes choses nous deviennent nouvelles. Le nouvel esprit (la nouvelle volonté) nous pousse à sonder les choses profondes de Dieu, à étudier la Parole de Dieu, afin que nous puissions connaître et faire sa volonté, en fils obéissants. Ayant la mentalité ou l'Esprit de notre Père, nous prêterons attention à ses Instructions, dans tous les détails, et chercherons à marcher en accord avec lui.

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“ Car, qui des hommes connaît les choses [l'esprit (*), la volonté, les desseins] de l'homme, si ce n'est l'esprit [“mind”] de l'homme qui est en lui. Ainsi, personne ne connaît les choses de Dieu non plus, si ce n'est l'Esprit de Dieu” (1 Cor. 2 : 11). En d'autres termes : de même qu'aucun homme ne peut connaître la pensée et le plan d'un autre homme, s'ils ne lui sont révélés, ainsi, nul ne peut comprendre la pensée et le plan de Dieu s'il ne vient en harmonie avec la pensée de Dieu, s'il ne reçoit le saint Esprit.

 “ Mais nous, nous avons reçu... l'Esprit [la pensée, disposition ou volonté] de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu ; ...mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu'elles se discernent spirituellement ”. Elles ne sont comprises que par ceux qui ont l'Esprit ou la mentalité de Dieu, l'Esprit de son plan, l'Esprit de la Vérité. Tous ceux-là doivent avoir des dispositions en accord avec la justice et la vérité, dans toute la mesure où ils comprennent ces principes, et ils doivent de même chercher chaque jour à connaître davantage de la pensée de Dieu, de sa volonté, et à avoir plus de son Esprit, de sa disposition. De pareils fils obéissants sont de plus en plus “ remplis de l'Esprit ” de Vérité, et de l'Esprit d'obéissance à cet Esprit. Toutefois, ils n'arrivent pas à cette condition en comparant des choses spirituelles avec des choses naturelles, ainsi que l'homme naturel est disposé à le faire, mais en suivant le conseil de Dieu d'exprimer “ les choses spirituelles par des moyens spirituels” (1 Cor.; 2: 13 — Voir notes Darby et celle de Crampon). L'homme spirituel [qui a reçu la sainte mentalité ou le saint Esprit] au contraire juge toutes choses [il est

 (*) Darby ' donne cette traduction fort exacte du sens de l'anglais mind : “ la faculté intelligente avec ses pensées ” en note sur 1 Cor. 2 : 16 — C'est bien ce que signifie notre mot mentalité ou état d'esprit — Trad.

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capable de comprendre et d'estimer convenablement à la fois les choses humaines et les choses spirituelles à la lumière du plan divin], mais il n'est lui-même jugé par personne” (Cr.). Aucun homme naturel (ou charnel — Trad.) ne peut comprendre ou juger correctement les mobiles qui poussent la nouvelle-créature spirituellement disposée à sacrifier volontairement des choses ayant de la valeur aux yeux de l'homme naturel en échange d'espérances et de perspectives qui, pour ce dernier paraissent imaginaires et déraisonnables. C'est la raison pour laquelle les disciples du Seigneur sont ”considérés comme fous” par ceux qui ont la mentalité du monde, par ceux qui ont l'esprit du monde. — 1 Cor. 2 : 12-16 ,4: 10.

LE PARAKLETOS, LE CONSOLATEUR

Le terme grec parakletos est rendu par consolateur en Jean 14 : 16, 26, mais l'idée qu'exprime habituellement le mot consoler, c'est-à-dire celle d'adoucir, d'apaiser, n'est pas ici la pensée véritable. L'idée juste est celle d'assistance, d'encouragement, d'aide, d'affermissement (*).

Ainsi, la promesse de notre Seigneur impliquait que le saint Esprit que le Père enverrait au nom de Jésus et en qualité de représentant de Jésus serait, auprès de ses disciples, une aide présente à tout moment du besoin ; ce serait la sainte puissance par laquelle il guiderait et dirigerait son peuple et le rendrait capable de “ marcher par la foi et non par la vue ”. En vérité, notre Seigneur nous donne à comprendre que tous les ministères de l'Esprit sont les siens propres, lorsqu'il dit : “ Je ne vous laisserai point orphelins, je viendrai à vous” (v. 18) : il Identifie ainsi le saint Esprit avec lui-même. “ Si quelqu’un

(*) Voir notes .D. et Cr. — Trad.

233 Le saint Esprit

n'a pas l'Esprit de Christ il n'est point à lui ” — et n'a pas le parakletos, l'aide divine. Cette puissance de Dieu est avec l'Eglise tout entière ; toutefois chacun, personnellement, reçoit sa part de la sainte influence — par relation individuelle avec les canaux de l'Esprit. La Vérité elle-même est le principal canal de l'Esprit de la Vérité ; mais tous ceux qui sont étroitement reliés à la Vérité et ont son esprit, sont également dans cette mesure, des canaux par lesquels l'Esprit exerce son influence sur d'autres et les aide. La puissance ou Esprit de Dieu est invisible aux hommes ; mais ses effets sont tangibles et visibles. On peut très bien comparer cet esprit au courant électrique, qui passe dans le fil de cuivre ; il est invisible, mais au moment où le tramway, convenablement équipé d'un moteur, touche le fil avec son bras ou “ trolley ”, la puissance se manifeste dans la mise en mouvement du tram. Grâce à un autre dispositif le même courant éclaire la voiture, et toujours par un autre dispositif, lui fournit le chauffage, tandis que par une autre installation, il permet d'utiliser le télégraphe ou le téléphone: Avec un fonctionnement normal et favorable, ce sont tout autant de bénédictions dues au courant électrique ; par contre, ce même courant peut être utilisé de façon à provoquer la mort, comme c'est le cas pour la chaise électrique. Ainsi, le saint Esprit est-il l'énergie ou la puissance spirituelle de Dieu : il fait marcher, éclaire, réchauffe et instruit tous ceux qui, remplissant en eux-mêmes les conditions, sont mis en contact avec lui par ses propres canaux ; mais il peut aussi occasionner la mort — la Seconde mort de tous les pécheurs volontaires. Comme il est nécessaire alors que chaque membre du peuple de l'Eternel possède l'équipement convenable et les Maisons ou communications qu'il faut, afin d'être remplis de l'Esprit et rendu” actifs pour toute bonne œuvre ! Il n'y a rien dans ce rôle de consolateur, de soutien ou

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de réconfort qui indique que le saint Esprit soit un autre Dieu ou une autre personne d'une trinité de Dieux. Le contexte montre, au contraire, que le saint Esprit qui console ou fortifie est l'Esprit du Père et l'Esprit du Fils Aux versets 18 et 23 il est fait allusion au Père et au Fils comme étant ceux qui fortifient, guident et réconfortent l'Eglise par l'Esprit. Ainsi, notre Seigneur déclare encore : “ Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation du siècle (âge — Trad.) ” — par le saint Esprit, et non dans la chair (*).

 “ IL VOUS CONDUIRA DANS TOUTE LA VÉRITÉ ”

 Notre Seigneur Indiqua le canal par lequel cette puissance de Dieu, ” l'Esprit de la Vérité ”, parviendrait à son peuple, en disant : “ Les paroles que je vous dis sont esprit et vie ”, autrement dit : Mes paroles expriment la pensée, la volonté, l'Esprit de Dieu. Nous voyons donc qu'il est absolument nécessaire pour remporter notre victoire, d'étudier la Parole de Vérité. Nous entendons l'injonction de notre Seigneur : “ Sondez les Ecritures ”. Nous entendons l'Apôtre Paul recommandant la noble conduite des Béréens, “ qui examinaient chaque jour les Ecritures ”. Nous l'entendons encore, disant que “ nous devrions porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues”, et nous avons son exhortation à Timothée qui nous assure que “ la Parole de Dieu est utile, afin que l'homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ”. Nous entendons aussi l'exhortation de Pierre que “ nous avons la parole prophétique plus ferme [de la révélation divine] à laquelle nous faisons bien de prêter attention”. — Jean 5 : 39 ; Actes 17 : 11 ; Héb. 2:1:2 Tim. 3 : 17 ; 2 Pi. 1 : 19.

(*) le paragraphe suivant et la note II de l'Appendice qui s'y rattache constituent une discussion intéressant uniquement le lecteur anglais Elle porte sur le pronom neutre it (lui ou elle pour les choses) que les Trinitaire ont remplacé frauduleusement par les pronoms personnels him (lui) ou her (elle) laissant croire ainsi qu'il s'agit du saint Esprit (. Holy Ghost ”) leur troisième personne de Dieu. _ Trad.

235 Le saint Esprit

Pour être “ remplis de l'Esprit ” (mentalité ou disposition) de Dieu, selon la promesse, il ne suffit pas de posséder la Parole de Dieu, ou de la lire simplement, mais il faut la sonder avec empressement en cherchant à la comprendre, et après l'avoir comprise, il faut vouloir, et même ardemment, lui obéir. Si nous voulons être remplis de l'Esprit de Dieu, il faut que nous buvions à longs traits à la source de Vérité qui est sa Parole. Comme nos vases terrestres sont imparfaits, fêlés, il est facile de laisser les choses spirituelles s'échapper (Héb. 2 : 1) ; dans ce cas, l'esprit du monde qui nous entoure constamment, se précipite vivement pour combler le vide. En vérité, il y a une pression constante de l'esprit du monde sur ceux du peuple de l'Eternel, tendant à supplanter le nouvel esprit, la nouvelle mentalité, l'Esprit ou disposition de sainteté. En conséquence, il appartient à toutes les nouvelles-créatures fidèles de l'Eternel de vivre très près de la source de Vérité, le Seigneur, et très près de sa Parole, de peur que l'Esprit de Dieu ne s'éteigne et qu'à sa place nous soyons remplis de l'esprit du monde.

 Il paraît opportun de mettre en garde certaines personnes en leur montrant que, bien qu'une connaissance de la Vérité, une connaissance des Ecritures soit importante, essentielle à la possession de l'Esprit de la Vérité, néanmoins quelqu'un pourrait avoir une grande connaissance de la Parole de Dieu sans avoir quoi que ce soit de son Esprit. Recevoir l'Esprit de la Vérité, c'est entrer de tout cœur en accord avec la Vérité, venir en accord mental et en collaboration avec la volonté divine exprimée dans la Parole. Cette condition ne peut être réalisée que d'une seule manière : il faut d'abord accepter le Seigneur Jésus comme notre Rédempteur et comme celui qui nous justifie, et il faut ensuite nous consacrer sans réserve pour chercher à connaître et à faire sa volonté.

236 Le Canal de la réconciliation

Mais on ne doit pas confondre cet “Esprit de la Vérité ”, ce “ saint Esprit ” ou disposition mentale en harmonie avec Dieu et Sa justice, avec les “ dons de l'Esprit ”, ni encore avec les “ fruits de l'Esprit ” bien que ces derniers soient un produit de cet esprit : “ les fruits paisibles de la justice” (la douceur, la patience, l'amabilité, l'affection fraternelle, l'amour). Il faut que l'Esprit de la Vérité soit nôtre, avant qu'il puisse produire dans notre vie quotidienne ces fruits de l'Esprit : chez certains la période de développement de fruits mûrs, de grosseur suffisante et de saveur agréable est plus longue que chez d'autres ; mais chacun devrait se souvenir des paroles de notre Seigneur : “ C'est en ceci que mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup, de fruits afin que vous soyez mes disciples”. Nous devrions nous souvenir aussi de la parabole de la Vigne dans laquelle les sarments représentent individuellement ses disciples consacrés. De ceux-ci, il déclare : “ Tout sarment en moi qui porte du fruit, le Père l'émonde afin qu'il porte plus de fruits, et tout sarment qui ne porte pas de fruits, il l'ôte”. —Jean 15: 8, 2.

 Le chrétien est un sarment dès le moment de sa consécration, et il participe à la sève de la racine, il participe au saint Esprit, et pourtant on ne doit pas s'attendre à ce qu'il porte instantanément tous les fruits de l'Esprit, ni aucun d'eux dans leur perfection. Les premières preuves de la parenté du chrétien avec la Vigne-Eglise seront son association avec les autres sarments, son attachement au cep, et des preuves de vie. Ensuite, viendront les antennes ou vrilles au moyen desquelles les progrès seront cherchés et obtenus. Puis viendront les feuilles, les professions de foi ; on s'attend ensuite à la fleur, et plus tard, au fruit. Tout d'abord, celui-ci est extrêmement

237 Le saint Esprit

petit et vert ; il lui faut du temps pour former des grappes de grosseur et de saveur agréables au grand Vigneron. Tels sont “les fruits de l'Esprit” de Christ, que tout sarment de la Vigne, tout membre du corps de Christ, l'Eglise, doit porter. A moins que n'apparaissent au temps convenable ces fruits de l'Esprit — la douceur, l'amabilité, la patience, l'affection fraternelle, la foi, l'espérance, l'amour — le sarment cessera d'être considéré comme tel et il sera retranché comme un “ gourmand”, de toute association et de tout privilège ultérieurs. Nous avons déjà vu que “ les dons de l'Esprit ” accordés au début de l'Age de l'Evangile, pour l'établissement de l'Eglise, différaient “ des fruits de l'Esprit ”. Les dons ” étaient conférés par l'imposition des mains des apôtres ; ils ne se manifestaient spontanément que dans des cas exceptionnels (Actes 2 : 4 ; 10 : 45). Simon le magicien, bien que baptisé et possesseur d'un don pour son propre usage, était Incapable de conférer les dons à d'autres et fut réprimandé par Pierre pour avoir offert de l'argent afin d'obtenir ce pouvoir purement apostolique (Actes 8 : 13-21). Le même récit indique clairement que même Philippe l'Evangéliste, bien que capable d'accomplir des ”prodiges et de grands miracles”, ne pouvait pas conférer les dons de l'Esprit, mais il était obligé de quérir les apôtres pour qu'ils accordent ces dons à ses convertis. Tout ceci est entièrement d'accord avec la déclaration de l'Apôtre Paul que beaucoup des dons “ cesseraient *, “disparaîtraient”; il en fut forcément ainsi, lorsque tous les Apôtres étant morts, tous ceux auxquels ils avaient conféré ces “ dons ” moururent aussi. Les dons de la foi, de l'espérance et de l'amour que l'Apôtre déclarait devoir demeurer n'étaient pas des dons miraculeux, mais des produits — des “ fruits ”, ainsi qu'il les décrit ailleurs. — 1 Cor. 13 : 8 ; Jean 15 : 16.

 Parmi les dons de l'Esprit, l'Apôtre spécifie celui (1) des ; Apôtres, (2) des prophètes, (3) des docteurs (instructeurs – Trad)

238 Le Canal de la réconciliation

Nous avons encore avec nous le don des Apôtres, en ce sens que nous avons leurs enseignements dans le Nouveau Testament, si parfaits et si complets qu'ils n'exigent aucune adjonction ; et c'est pourquoi les douze apôtres n'ont pas de successeurs, et n'en ont pas besoin, puisqu'il n'y a que “ douze apôtres de l'Agneau ” ; ils sont les ”douze étoiles ”, la couronne de l'Eglise ; ils sont les “ douze fondements ” de l'Eglise glorifiée, la Nouvelle Jérusalem (Jean 6 : 70 ; Apoc. 12 : -1 ; 21 : 14). Nous avons encore également, dans l'Eglise, les dons de prophètes ou commentateurs et des instructeurs, des serviteurs de Dieu et de son Eglise, parlant diverses langues ; mais désormais l'Esprit ne leur accorde plus ces dons instantanément et miraculeusement par l'imposition des mains des Apôtres sans qu'ils soient instruits et possèdent les talents nécessaires. Ces miracles ne sont plus nécessaires et ne sont plus employés — assurément plus au même degré qu'autrefois. Au lieu de cela, le Seigneur choisit en général, certaines personnes qui, par leurs aptitudes naturelles et leur instruction, sont compétentes pour ce service ; néanmoins, nous devons nous souvenir que la condition du cœur est beaucoup plus importante aux yeux du Seigneur que toutes les autres qualifications combinées, et qu'il est tout à fait capable d'employer ceux qu'il choisit (parce que remplis de son Esprit) pour être ses serviteurs et ambassadeurs spéciaux ; il peut leur procurer providentiellement une assistance sous la forme qu'il lui plaît ; tel fut le cas, par exemple, de Moïse, son serviteur spécial qui avait une élocution difficile : Dieu lui donna Aaron pour être son porte-parole.

 Le peuple du Seigneur ne doit pas oublier que, bien que l'administration ou la méthode ait changé, le même Seigneur par le moyen du même saint Esprit, dirige toujours les affaires de son Eglise d'une manière moins apparente, moins extérieurement visible, mais non moins

239 Le saint Esprit

réellement, non moins soigneusement et dans chacun des détails de ses affaires. Tous ceux qui appartiennent au troupeau du Seigneur, qui sont conduits par son Esprit et sont enseignés par sa Parole, doivent exercer un juge ment discriminatoire à l'égard de ceux qui paraissent être des Instructeurs et des évangélistes, et se présentent comme tels. Le peuple de Dieu ne doit pas accepter tels quels tous ceux qui font profession d'être des instructeurs et des évangélistes, mais seulement ceux chez qui ils discernent l'empreinte du Seigneur, marquée par la possession de ces dons; l'une de ces mises à l'épreuve à trait à leur fidélité à la Parole de Dieu, car ils ne doivent pas se prêcher eux-mêmes, mais prêcher Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié, la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu pour tous ceux qui croient. Si quelqu'un vient à nous avec un autre évangile, il nous est particulièrement enjoint de ne pas le recevoir comme instructeur de la Vérité, mais de le considérer comme un serviteur conscient ou inconscient de l'erreur.

 Ainsi l'Esprit ou influence de Dieu, le saint Esprit ou influence de la Vérité, instruit-il son peuple, en guidant les membres (directement ou indirectement) dans la connaissance de Dieu. C'est ainsi qu'il est le canal de la réconciliation (“ at-one-ment ”) actuellement (•) pour l'Eglise, et qu'il sera d'une manière un peu analogue, le canal de la réconciliation pour le monde dans l'âge prochain, quand l'Epoux et l'Epouse [l'Eglise glorifiée] diront : “ Viens... que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie 2.. — Apoc. 22 : 17.

(*) Ecrit en 1899 — Trad.

240 Le Canal de la réconciliation

 

Le Puissant Sauveur

A JESUS, soit toute la gloire :

Vie et salut sont dons gratuits.

Il lave. II absout qui veut croire,

Moi-même fus sauvé par Lui.

CHŒUR

Puissant est Jésus Christ qui sauve,

Son salut est pour tout pécheur,

Son mérite m'est sûr et Son sang me rénove,

De la neige, oui, j'ai la blancheur !

 

Il m'a porté du sombre abîme

Dans la clarté de Son amour,

Et fait héritier légitime

Du céleste et royal séjour.

 

Ô sommets bénis de Sa grâce !

De Son amour, vastes torrents !

Mon cœur ardent que rien ne lasse

Vers Lui dirige ses élans !

 

En Lui, j'ai tout en abondance,

Ici-bas, c'est déjà mon ciel ;

Son sang me rend par l'innocence

Blanc comme neige du Carmel.

 

(Hymne 9)

 

 ETUDE IX

 LE BAPTEME, LE TEMOIGNAGE ET LE SCEAU

 DE L'ESPRIT DE RECONCILIATION

 

Le baptême de l'Esprit : un seul, en trois parties. — La signification de ce baptême. — “ Les clefs du Royaume des Cieux”. — Un autre baptême de l'Esprit promis “ pour toute chair ”. — Sa signification. — Prière pour [recevoir] l'Esprit. — Le témoignage de l'Esprit. — Son importance. — Pas de paix avec Dieu sans l'Esprit. — Peu de personnes savent si elles le possèdent ou non. “ C'est un point que je voudrais connaître ”. — Comment reconnaître le témoignage de l'Esprit. — Différences d'administration. — Le témoignage de l'Esprit. — “ Sanctifiés par l'Esprit ”. — “ Remplis de l'Esprit”. — “ Le sceau de l'Esprit”. — ” La promesse” qu'il scelle. — Jusqu'au jour de la délivrance. — Parvenir au plus haut degré d'harmonie avec le Père et s'y maintenir, voilà le but :

Et comme le jour de la Pentecôte s'accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d'un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous ensemble remplis de l'Esprit Saint, et commencèrent à parler d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'énoncer ”. — Actes 2 : 1-4.

 LE JOUR de la Pentecôte fut un des jours les plus remarquables dans l'histoire de l'Eglise de l'Evangile. Il révélait que notre Rédempteur avait paru pour nous en la présence de Dieu, comme notre Souverain Sacrificateur, qu'il avait présenté au Père les mérites de son sacrifice achevé au Calvaire cinquante jours auparavant ; que le Père avait pleinement accepté le sacrifice

242 L'Esprit de la réconciliation

et que, par conséquent, les apôtres et les croyants qui avaient accepté Jésus, qui étaient désireux de s'approcher du Père, et de devenir des fils de Dieu (Jean 1 : 12), étaient maintenant reconnus comme tels — le saint Esprit témoignant ainsi de leur acceptation. C'est pourquoi on l'appelle “l'Esprit d'adoption” (ou mieux: “l'Esprit de filiation” (•) — Trad.) dans la famille de Dieu. Il était juste qu'une question si importante fût clairement démontrée : il importait non seulement que les apôtres et les croyants reçussent le saint Esprit, l'Esprit de la faveur divine dans leur cœur, mais aussi qu'il y eût une manifestation extérieure qui serait une preuve satisfaisante, non seulement pour eux-mêmes mais pour tous les croyants après eux, que Dieu avait pleinement accepté les membres de l'Eglise comme des fils et des cohéritiers de Christ.

 Rien, pourtant, dans le récit de cet événement, ne nécessite en aucun sens du mot la pensée d'un Saint Esprit en personne, séparé du Père et du Fils. Tout au contraire, le fait que le saint Esprit était reçu en eux tous, implique de lui-même que le saint Esprit n'est pas une personne, mais une influence, un pouvoir exercé par une personne — la puissance ou l'influence de Dieu exercée dans et sur ceux dont il vient de faire ses enfants. Ceci est au surplus prouvé par le fait que les diverses capacités et aptitudes des apôtres furent rendues agissantes, vivifiées et amplifiées par cette influence. L'Apôtre explique que ce fut ici que notre Seigneur Jésus ”fit des dons aux hommes” — des dons spirituels (PS. 68: 18; Eph. 4:8— voir note Cr. — Trad.). Le grand don de sa propre vie avait déjà été fait et constituait le prix de la rédemption pour le monde entier ; une portion des myriades rachetées — un petit troupeau — avait été spécialement donnée à Christ pour être ses

(•) “ Sonship DiogIott

243 Son baptême,, son témoignage et son sceau 243

cohéritiers et associés dans le Royaume, et la sélection de ce petit troupeau avait déjà commencé, ce dernier étant représenté dans ceux qui attendaient la bénédiction de la Pentecôte ; le temps était donc venu pour qu'ils fussent reconnus. Ce fut à ce moment-là que le Père reconnut l'Eglise de Christ, dans le sens que le don de son saint Esprit, comme influence et pouvoir, impliquait la réconciliation des croyants, de sorte qu'ils n'étaient plus désormais considérés comme des pécheurs et des étrangers, ni même comme des serviteurs ; ils étaient maintenant, comme des fils, faits “ participants du don céleste ”. Nous sommes informés que ce saint Esprit, cette sainte influence, ce saint pouvoir qui émane de sa source, le Père, fut néanmoins répandu comme il convenait par le représentant honoré de Dieu, par qui toutes les bénédictions de Dieu sont venues et viendront, c'est-à-dire par Christ Jésus notre Seigneur et Chef (Tête).

 L'apôtre Pierre, parlant sous l'influence inspiratrice du .saint Esprit, expliqua la chose, que c'était du Père et par le Fils, disant : “ Jésus — ayant été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père la promesse de l'Esprit saint, il a répandu ce que vous voyez et entendez ” (Actes 2 : 33 — voir note D.). On ne saurait donc trop faire ressortir l'importance de ce baptême du saint Esprit, sachant qu'il manifeste l'acceptation de l'Eglise, et que sans lui, il n'existerait aucune preuve de l'acceptation du Sacrifice de notre Seigneur et de notre justification. Il faut pourtant que nous nous opposions très énergiquement à l'idée commune mais erronée et entièrement anti scripturale qui prévaut parmi de nombreux chrétiens très sincères, que l'on doit s'attendre à de fréquents baptêmes du saint Esprit et qu'il faut les rechercher. Non seulement aucune des promesses de la Parole de Dieu ne nous garantit une telle attente, mais celle-ci est entièrement

244 - L'Esprit de la réconciliation

en contradiction avec les dispositions divines prises à ce sujet. On devrait remarquer que les Ecritures ne mentionnent seulement que trois baptêmes du saint Esprit ; la nécessité que chacun d'eux ait lieu, et pas un de plus, est manifeste : les trois étant des parties ou divisions du seul baptême : (1) Le baptême de notre Seigneur Jésus, (2) Le Baptême de la Pentecôte, (3) Le baptême de Corneille, le premier Gentil converti accepté comme ” fils”. Examinons ces baptêmes de l'Esprit dans le même ordre :

 (1) Le baptême du saint Esprit de notre Seigneur lui était nécessaire personnellement, afin qu'il pût être participant de la puissance divine, il l'était aussi comme agent divin, et comme gage de son héritage, son engendrement à la nature divine ; mais en outre, il était convenable également qu'il y eût une telle manifestation extérieure ou reconnaissance de sa personnalité qui permît aux autres de le connaître comme l'Oint de Dieu. La manifestation eut lieu sous la forme d'une colombe qui descendit et se posa sur lui. Dans ces circonstances, nous serions enclins à comprendre que le peuple en général fut témoin de cette manifestation de la faveur divine. La pensée est plutôt que Jean-Baptiste, qui faisait alors une œuvre de réformation en Israël, et qui était reconnu comme prophète, serviteur de l'Eternel, fut le seul témoin de la descente de l'Esprit sur Jésus, et il rendit témoignage du fait. La déclaration est conçue en ces termes : “ Et Jean rendit témoignage, disant : J'ai vu l'Esprit descendant du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui. Et pour mol, je ne le connaissais pas [je ne savais pas qu'il était le Messie] mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit : “ Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer sur lui, c'est celui-là qui baptise du saint Esprit. Et moi, j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu ” — Jean 1 : 33.

245 Son baptême, son témoignage et son sceau

 (2) Le baptême de l'Eglise à la Pentecôte, ainsi que Jean l'explique ici, devait être fait par Christ, “ c'est celui-là qui baptise du saint Esprit ”. Pierre le confirme, comme nous l'avons vu, déclarant que Christ répandit son saint Esprit. Lui seul peut baptiser ainsi, parce qu'il a racheté le monde, nous ayant tous rachetés par son précieux sang, et que nul ne peut venir au Père que par lui ; c'est aussi parce que le Père ne juge personne mais qu'il a remis tout jugement au Fils, et parce que le Fils, hautement exalté, agit comme le représentant du Père pour introduire dans la pleine communion avec le Père ceux qui viennent au Père par lui. Nous avons déjà vu que ce baptême de l'Eglise avec le saint Esprit était nécessaire pour être une attestation, un témoignage, comme il avait été nécessaire que le baptême de l'Esprit sur notre Seigneur Jésus fût témoigné et attesté. Le vent impétueux qui remplit la salle, et les “ langues séparées qui semblaient de feu ” qui “se posèrent sur chacun d'eux ” (probablement sur les onze apôtres seulement, les désignant comme les représentants spéciaux du Seigneur, et les porte-parole du saint Esprit, v. 14) n'étaient pas le saint Esprit, mais simplement des manifestations visibles de ce qui est invisible. De même, la colombe vue par Jean n'était pas l'Esprit, mais une manifestation pour ses sens. La colombe, emblème de la paix et de la pureté, représentait parfaitement la plénitude de l'esprit d'amour de Jéhovah en Jésus ; de même les flammes en forme de langues représentaient très bien la mission des apôtres qui, sous le saint Esprit, étaient chargés de “ déposer ” comme des “ témoins ”. – Actes 2 : 32 ; 3 : 15 ; 5 : 32 ; 10 : 39, 41 ; 13 : 31.

 (3) Une manifestation spéciale de la puissance divine à l'occasion de l'acceptation de Corneille, le premier Gentil converti, était nécessaire, parce que jusque là les Gentils avaient été des déshérités, inacceptables par Dieu, même comme serviteurs ; c'est pourquoi les croyants juifs n'auraient pu admettre que les Gentils fussent acceptés à la haute position de Fils de Dieu, à moins que ne fût accordée à cet effet quelque claire manifestation de la faveur divine.

246 L'Esprit de la réconciliation

Ainsi que nous l'avons déjà vu, il n'était pas dans le programme divin qu'aucun des Gentils fût accepté avant la fin des “ soixante-dix semaines ” de faveur spéciale accordée aux Juifs, trois ans et demi après la Pentecôte (*) ; par conséquent, le fait que des convertis d'entre les Gentils étaient appelés à être des co-héritiers (sur un pied d'égalité) avec des convertis d'entre les Juifs, ne pouvait être indiqué dans le baptême de l'Esprit à la Pentecôte. En raison des préjugés profondément enracinés des apôtres aussi bien que d'autres Juifs, il était très à-propos que l'acceptation de Corneille fût manifestée aux sens des apôtres par les mêmes preuves que celles données à la Pentecôte. Par contre, il n'est pas nécessaire de supposer que les “ langues en forme de flammes ”, se posèrent sur Corneille : en commun avec les convertis du judaïsme, il reçut probablement certains des “ dons” de l'Esprit qui vinrent sur tous à la Pentecôte. Comment donc, aurions-nous jamais pu savoir que les Gentils étaient acceptés par l'Eternel ? Si le baptême de l'Esprit et les bénédictions de la Pentecôte n'étaient venus que sur les croyants de la postérité naturelle d'Abraham, nous aurions pu rester dans le doute à travers tout l'Age de l'Evangile au sujet de la situation véritable du peuple de Dieu qui, par descendance naturelle, étaient des Gentils. Mais, par le baptême de l'Esprit descendu sur Corneille, l'Eternel fit voir manifestement qu'il n'existait plus désormais aucune différence entre Juif et Gentil, esclave et libre, homme et femme. en ce qui concerne son acceptation en Christ. Personne n'est acceptable par lui-même, dans sa propre injustice ; c'est pourquoi il n'y a que ceux qui viennent au Père par le Fils bien-aimé qui sont acceptés en lui. — 1 Cor. 12 : 13.

 (*) Voir Etudes dans Ies Ecritures, Vol. II, Chap. 7.

247 Son baptême, son témoignage et son sceau 247

 En dehors de ces trois baptêmes du saint Esprit, il ne se trouve aucune autre allusion à ce sujet dans les Ecritures ; en conséquence, l'idée de beaucoup de membres du peuple de Dieu, qu'il leur faut attendre, travailler et prier en vue d'un autre baptême ou de baptêmes répétés du saint Esprit, est tout à fait injustifiée. De tels baptêmes sont totalement inutiles parce que le seul baptême de la Pentecôte, complété par celui de Corneille, satisfait toute exigence. Ces baptêmes ne vinrent pas simplement sur les individus qui reçurent la bénédiction, mais, d'une manière représentative, ils étaient destinés à l'Eglise et sur l'Eglise, le Corps de Christ considéré comme un tout. Le fait que cette œuvre représentative pour l'Eglise fut faite en deux parties — sur les premiers croyants juifs à la Pentecôte, et sur les premiers croyants Gentils dans la maison de Corneille — est simplement en accord avec la déclaration de notre Seigneur à Pierre sur ce sujet, avant sa crucifixion, lorsqu'il dit : ” Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux” (Matt. 16: 19). Une clef implique le pouvoir d'ouvrir une serrure, d'ouvrir une porte, et les clefs, au pluriel, sous-entendent qu'il y a plus d'une porte à ouvrir. En fait, .il y avait tout juste deux portes, et tout juste deux clefs ; l'Apôtre Pierre se servit des deux clefs pour ouvrir à la fois aux Juifs et aux Gentils, comme le Seigneur l'avait prédit. Il se servit de la première clef à la Pentecôte, où il fut le premier, le chef, le principal orateur qui ouvrit la nouvelle dispensation de l'Esprit aux trois mille qui, séance tenante, crurent et franchirent la porte (Actes 2 : 37-41). De plus, lorsque le temps convenable pour prêcher l'Evangile aux Gentils fut arrivé, le Seigneur, selon son choix, envoya Pierre pour faire ce travail, disant à Corneille de demander Pierre et à Pierre d'aller vers Corneille, et d'annoncer les paroles de l'Evangile à lui et à sa famille. A cette occasion, Pierre se servit de la seconde clef, ouvrant la porte de l'Evangile aux Gentils, Dieu attestant le fait par les manifestations miraculeuses de son saint Esprit sur Corneille et sur les autres croyants gentils consacrés qui se trouvaient avec lui.

48 L'Esprit de la réconciliation

La pensée exacte quant au baptême du saint Esprit est celle d'une effusion, d'un épanchement, d'une onction qui, toutefois, est si complète, (couvrant chaque membre du corps) qu'elle peut proprement être appelée une immersion, ou ”baptême ”. Cette même onction, ou baptême, continue à descendre sur l'Eglise durant tout l'Age, couvrant, pénétrant, sanctifiant, bénissant, oignant, depuis ce moment-là jusqu'à nos jours chacun de ceux qui entrent dans le “corps ” oint. Et cela se poursuivra jusqu'à ce que le dernier membre ait été reçu et complètement oint (•). L'Apôtre Jean, parlant également de ce baptême, l'appelant une onction, déclare : “ L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous ” (1 Jean 2 : 27 ; PS. 133 : 2). Il ne dit pas : les nombreuses onctions que vous avez reçues, mais fonction, l'unique onction, toute autre onction serait tout à fait superflue et contraire à l'arrangement divin.

 Du point de vue divin, l'Eglise entière est reconnue comme une seule unité — comme un tout, car “ de même que le corps est un, et qu'il a plusieurs membres... ainsi aussi est le Christ... Vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier” (1 Cor. 12: 12, 27).

Cette pensée est bien exprimée également par les Ecritures qui nous montrent que si, d'une part, le Seigneur nous considère individuellement, et agit à maints égards avec nous individuellement, d'autre part, notre position devant le Père n'est pas tellement en tant qu'unités, mais comme des membres ou parties d'une unité qui est le Christ, tête et corps. C'est pourquoi nous sommes informés qu'après avoir cru, le pas suivant à faire est d'entrer dans le corps de Christ — d'être baptisé dans son corps (*). . . „

(*) Ecrit en 1899 — Trad.

249 Son baptême, son témoignage et son sceau 249

 Nous ne discuterons pas ici du baptême en général, laissant cela pour un examen futur, mais nous prenons acte du fait que les croyants sont invités à être baptisés en Christ, afin qu'ils puissent venir dans ou sous son baptême du saint Esprit. Le saint Esprit n'étant pas une personne, mais un saint Esprit ou une sainte puissance possédée par l'Eglise, tous ceux qui veulent avoir cette bénédiction, doivent entrer dans la parenté de cette Eglise, le corps de Christ. Elle ne peut être obtenue autrement. Par ceci, nous ne voulons pas dire qu'il faut être membre d'une église terrestre (d'un corps méthodiste, d'un corps presbytérien, d'un corps luthérien, d'un corps catholique romain ou de tout autre corps d'organisation humaine). Nous entendons l'appartenance à l’ecclésia dont les membres peuvent, d'une manière certaine, être reconnus seulement par leur possession du saint Esprit d'amour — attesté par ses divers fruits et dont il est rendu témoignage comme nous l'avons vu précédemment.

 Quiconque devient vraiment uni avec Christ, et par suite vraiment uni avec tous les membres du corps de Christ, n'a pas besoin de prier pour obtenir de nouvelles bénédictions présentes ou futures de la Pentecôte, mais il peut regarder en arrière avec joie et confiance à la bénédiction de la Pentecôte originale et à celle qui vint sur Corneille, comme étant les preuves que le Père donna, par Christ, pour montrer qu'il acceptait l'Eglise comme un tout. Et avec ces dispositions divines de Dieu, (ou “ arrangement” — Trad.), tous devraient être pleinement satisfaits. Nous ne disons pas que notre Seigneur est courroucé contre ceux qui, à cause de conceptions erronées, demandent contrairement à sa volonté d'avoir de nombreuses Pentecôtes ; nous voulons plutôt supposer qu'il aura compassion de leur ignorance et de leurs prières mal dirigées, et que, sans changer ses plans et arrangements, il leur accordera une bénédiction — dans la mesure où le permettront leurs fausses espérances et leur

250 L'Esprit de la réconciliation

négligence de sa Parole — il acceptera les soupirs de leur esprit demandant la communion céleste. Il est étrange que ces chers amis qui prient continuellement pour des baptêmes de l'Esprit n'aient jamais remarqué que les Apôtres ne prièrent pas pour d'autres Pentecôtes, et qu'ils n'instruisirent pas l'Eglise à le faire. Ces amis pensent-ils être plus sages que les apôtres inspirés, ou plus saints qu'eux, ou plus désireux qu'eux d'être remplis de l'Esprit ? Nous voulons croire qu'ils n'ont pas de pareilles idées d'égoïsme et de présomption, et que leurs sentiments sont simplement ceux d'enfants ignorants qui, étourdiment et parfois d'une manière irritable, importunent des parents indulgente pour obtenir des bénédictions et des grâces inutiles qui n'ont pas été promises, et ne peuvent pas leur être accordées.

 LE BAPTEME GENERAL DE L'ESPRIT

 “ Après cela, je répandrai mon esprit pour (•) toute chair ”. — Joël 2 : 28.

 C'est le saint Esprit qui sera le canal (ou “ voie ”, “ moyen ”, “ intermédiaire ” — Trad.) de réconciliation entre le Tout-Puissant et la race des pécheurs rachetés par la précieuse vie de Christ. De même que l'objet du sacrifice de Christ fut d'ouvrir la voie par laquelle Dieu pourrait être juste, et cependant être le justificateur de tous ceux qui croient en Jésus et qui cherchent à venir au Père par lui, ainsi, son œuvre, comme Souverain Sacrificateur glorifié, sera de ramener dans la pleine communion avec Dieu tous les membres de la race rachetée qui désireront revenir lorsqu'il leur sera accordé la pleine connaissance et l'occasion pleinement favorable. Nous avons vu que cette œuvre qui consiste à ramener les membres de la race déchue en harmonie avec Dieu se

(*) Bien rendu dans le texte anglais, p. 218, § 1, ligne 7 — Trad.

251 Son baptême, son témoignage et son sceau 251

divise en deux parties : (1) l'Eglise de cet Age de l'Evangile, et (2) tous ceux des autres humains qui le voudront durant l'Age millénaire prochain. Nous avons vu que l'accord ne se fonde pas sur le fait que Dieu ferme les yeux sur le péché, l'excuse et nous permet de revenir à ses faveurs en restant des pécheurs. Il, faut, au contraire, que les pécheurs rejettent leurs péchés, acceptent de tout cœur le modèle divin de la droiture (“ righteousness ”) et reviennent en pleine harmonie avec Dieu ; dans ce but, ils chercheront et obtiendront, par des canaux désignés, et sous la surveillance de Christ, le saint Esprit — la mentalité, la volonté, la disposition — du Père Céleste qu'ils recevront comme leur propre mentalité, volonté ou disposition, et ils seront ainsi transformés par le renouvellement de leur mentalité. Tel est, ainsi que nous l'avons vu, le programme de Dieu pour l'Eglise d'une part et aussi, d'autre part, pour la réconciliation du monde avec Dieu par Christ, pendant l'Age prochain. Pas un iota de la loi divine ne sera modifié: le péché et l'imperfection ne seront pas excusés ni considérés comme perfection et justice. Le monde des humains sera entre les mains du Christ pour être réformé et rétabli à l'image de Dieu qu'Adam, le père, perdit par sa transgression. L'un des moyens de ramener le monde en accord avec Dieu, sera de faire disparaître l'influence de Satan qui agit maintenant sur le monde, enchaînant et aveuglant les humains (2 Cor. 4 : 4 ; Apoc. 20 : 2) ; après quoi, au lieu que le monde soit sous l'influence ou sous l'esprit de tromperie, d'erreur, d'ignorance et de superstition, il sera au contraire sous l'influence ou sous l'esprit de vérité, de justice et d'amour. Au lieu que les influences extérieures exercent une pression sur le cœur des hommes pour le remplir de colère, de malice, de haine, de querelle et d'égoïsme, cette influence ou esprit sera bridée et finalement détruite, et l'influence ou esprit contraire de

252 L'Esprit de la réconciliation

justice, de bonté, de miséricorde, de sympathie, d'amour sera développé. Ainsi; par Christ, le saint Esprit de Dieu sera répandu pour le monde des humains — en premier lieu, afin de leur donner la lumière ; en second lieu, pour leur assurer l'aide, l'assistance, la force de vaincre leurs propres penchants hérités et, en troisième lieu pour les instruire et les ramener à l'image et à la ressemblance de Dieu, perdues par la désobéissance de leur père Adam. Alors que ces privilèges et bénédictions futurs pour le monde sont glorieux et réjouissent nos cœurs bien au-delà de tout ce que le peuple de l'Eternel a vu dans les temps passés, ils n'offrent néanmoins aucune cause de satisfaction aux ennemis de l'Eternel, ni à ceux qui, lorsqu'ils en ont l'occasion, refusent de recevoir de son Esprit et d'en être remplis. Il sera répandu pour toute chair, mais il sera nécessaire à ceux qui voudront en jouir et en profiter, de tirer parti de ses privilèges ; de même qu'il est nécessaire aux croyants de cet Age de l'Evangile qui voudraient venir sous le saint Esprit et être bénis par lui, de faire usage des moyens nécessaires, c'est-à-dire de se consacrer et de manger la vérité afin d'en acquérir “ l'Esprit de la vérité ”. Lorsque le grand Prophète et Dispensateur de Vie, le Souverain Sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec (le Christ, tête et corps au complet) se présentera pour bénir le monde, cela signifiera une bénédiction pour tous ceux qui recevront les paroles de ce prophète et obéiront ils obtiendront la bénédiction de la vie éternelle par l'obéissance ; cela signifiera aussi la destruction par la Seconde Mort de tous ceux qui refuseront de l'écouter, ainsi qu'il est écrit : Toute âme qui n'écoutera pas [n'obéira pas] à ce prophète sera exterminée du milieu du peuple ”. — Actes 3 : 23.

 La prophétie de Joël, il faut le remarquer, est exposée dans l'ordre inverse de son accomplissement ; la bénédiction pour toute chair est énoncée la première et celle pour l'Eglise ensuite.

253 Son baptême, son témoignage et son sceau 253

 Ce fut sans nul doute le dessein de l'Eternel de présenter les choses dans cet ordre, de manière à cacher certains des glorieux traits de cette grande promesse, jusqu'à ce que le temps soit venu de la comprendre (Dan. 12 : 9, 10). Bien qu'elle ait été lue pendant des siècles, elle ne pouvait être ouverte et dévoiler ses merveilleux trésors avant le “ propre temps ” de Dieu. Tout au long de cet Age de l'Evangile, l'Eternel a répandu son Esprit sur ses serviteurs et ses servantes seulement ; bénie a été l'expérience de tous ceux qui l'ont reçu, de tous ceux qui ont été immergés dans le corps de Christ et faits participants de son onction comme fils. C'est à ce point important que l'Apôtre Pierre en fit allusion dans son discours de la Pentecôte. Il cita les deux parties de la prophétie, mais, sous la direction du saint Esprit, il n'expliqua pas, n'éclaira pas la première partie, parce que le temps où elle devait être comprise n'était pas encore venu. C'est pourquoi, au lieu d'expliquer la différence entre le saint Esprit pour les serviteurs et les servantes durant cet Age de l'Evangile (“ en ces jours-là”), et le saint Esprit pour toute chair “après cela” dans l'Age prochain, il dit simplement, parlant du saint Esprit sur lui-même et les autres croyants : “ C'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël ” — une partie, le commencement de ce qui fut annoncé. Ce ne sera pas complet avant l'effusion de l'Esprit pour toute chair, ce qui n'a pas encore eu lieu. En outre, le prophète mentionne d'autres choses qui ne sont pas encore accomplies. Il fait allusion à l'obscurcissement du soleil et de la lune, et à la venue du grand et très important jour de l'Eternel, événements maintenante) imminents; c'est le grand jour de la colère qui intervient et établit une séparation entre la dispensation où l'effusion du saint Esprit a lieu pour l'Eglise, “ les serviteurs et les servantes ”, “ en ces jours-là,

(•) Ecrit en 189” — Trod.

254 L'Esprit de la réconciliation

et la dispensation suivante où le saint Esprit sera répandu pour “toute chair”, “'après cela”. Comme nous l'avons vu, il n'y aura aucune différence entre l'Esprit de Dieu, quand il viendra pour le monde dans l'Age prochain et l'Esprit de Dieu tel qu'il vient pour l'Eglise pendant cet Age-ci, parce que c'est le même Esprit de vérité, de justice, de sainteté, de sanctification, d'harmonie avec Dieu, c'est-à-dire l'Esprit ou l'influence que Dieu exercera en faveur de la justice, de la bonté et de la vérité. Toutefois, cela ne signifiera pas la même chose qu'aujourd'hui dans tous les détails. Recevoir le saint Esprit de Dieu maintenant, et vivre en accord avec lui, cela signifie nécessairement entrer en conflit avec l'esprit du monde qui abonde de toutes parts. C'est pour cette raison que ceux qui reçoivent le saint Esprit maintenant et qui marchent en harmonie avec lui, sont avertis de s'attendre à la persécution et à l'opposition de tous ceux qui n'ont pas l'Esprit, c'est-à-dire la grande majorité. Recevoir le saint Esprit dans l'avenir n'impliquera pas la persécution parce que l'ordre l'arrangement, le gouvernement — de l'Age prochain sera très différent du présent ; alors que le prince du monde actuel est Satan, le prince du monde ou âge à venir sera Christ ; et alors que la majorité des humains est maintenant sous l'influence de Satan, volontairement ou involontairement, le sachant ou l'ignorant, dans l'Age prochain le monde entier sera sous l'influence de Christ et de son gouvernement juste. La Vérité sera alors rendue libre et tous la posséderont depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Etant donné que la loi de l'Age prochain sera la loi de justice, de vérité, de bonté, et celle qui gouvernera, comme Royaume de Dieu, ceux qui se mettront d'accord avec ce gouvernement et sa loi, et qui auront l'Esprit de Vérité, ne souffriront pas, de ce fait. la persécution, mais au contraire, ils connaîtront la faveur et les bénédictions et progresseront selon la part qu'ils auront de cet Esprit de sainteté.

255 Son baptême, son témoignage et son sceau255

La possession du saint Esprit, durant l'Age millénaire, ne signifiera pas, comme durant cet Age-ci, un engendrement de l'Esprit à une nature-esprit, pas plus qu'une acceptation comme cohéritiers de Christ dans le Royaume. Cette promesse n'appartient qu'à cet Age de l'Evangile, à la classe des serviteurs et des servantes qui reçoivent le saint Esprit et sont animés par lui durant cet âge où, en raison de la prévalence du mal, ils sont obligés de souffrir pour la cause de la justice ; c'est pourquoi, ” l'Esprit de gloire et de Dieu repose sur eux ” — 1 Pi. 4 : 14.

 Avoir le saint Esprit, pendant l'Age millénaire, signifiera simplement vivre en harmonie avec Christ, le Médiateur, et de ce fait être en communion avec Dieu ; être digne de recevoir les bénédictions que Dieu a préparées pour l'humanité en général. Ces bénédictions ne sont pas un changement de nature (à la nature divine), mais un rétablissement à tout ce qui a été perdu par la chute du premier Adam (Actes 3 : 19-21). La possession du saint-Esprit par ceux-là sera une preuve que l'œuvre de régénération exécutée par le second Adam à la perfection de la nature humaine “ rachetée pour eux par la grande offrande pour le péché a commencé en eux, et que, si elle se poursuit, elle apportera en fin de compte la perfection du rétablissement à la ressemblance humaine du divin Père.

 Nous devons nous souvenir que les bénédictions que Christ, en qualité de régénérateur du monde, donnera aux humains pendant l'Age millénaire, sont celles qu'il racheta pour eux par son sacrifice. Quand il se donna, lui “ l'homme Christ Jésus ”, prix correspondant à l'homme Adam, sur qui reposait la condamnation, ce furent la nature humaine, les droits, les privilèges, la vie et le royaume d'Adam qui furent rachetés par le grand

256 L'Esprit de lu, réconciliation

sacrifice pour les péchés ; ce sont ces choses rachetées qui doivent être restituées aux humains régénérés par leur régénérateur où père. Christ Jésus, notre Seigneur, le second Adam. — Eph. 1 : 14 ; Actes 3 : 19-23.

 Le fait que Jésus ne fut pas le second Adam quand il était en chair, mais qu'il est le second Adam comme être-esprit (depuis sa résurrection), n'Implique pas que lui, comme second père de la race, donnerait à l'humanité la vie ou l'existence spirituelle dans leur régénération. Au contraire, nous devons nous souvenir que la pensée rendue par le mot “père” est simplement celle de “ donateur de vie ”, sans égard à la nature. Ainsi, dans la création d'Adam, le père, il est appelé un fils de Dieu, parce que créé à la ressemblance et à l'image morales de Dieu, ce qui n'implique pas, qu'il ait été créé dans la nature divine, car nous savons qu'il était de la terre, terrestre, tandis que Dieu est un esprit. Les principes fondamentaux de cette puissance par laquelle Dieu, comme donateur de vie, est devenu le Père de toute la création, par l'entreprise de son agent actif, notre Seigneur, sont exposés plus particulièrement dans un chapitre précédent sous le titre : “. Celui qui fut sans souillure ” ; nous appelons simplement l'attention ici sur la question pour prévenir toute méprise. Les desseins de Dieu concernant la création du monde, celle de l'homme qui en est l'habitant et le seigneur, et celle des animaux inférieurs qui sont ses sujets, n'ont pas été changés par le fait que la désobéissance et la chute furent permises : le plan original demeure, tel qu'il fut au début. Après que le mal entrepris par Satan aura été finalement effacé, le plan de Dieu, tel qu'il a été conçu, sera pleinement accompli par Christ. L'Eglise de cet Age de l'Evangile, qui sera comme nous l'avons vu, hautement élevée et glorifiée comme l'Epouse et cohéritière de Christ, fait exception au rétablissement de l'humanité : elle est choisie pour un dessein spécial et elle est spécialement examinée, mise a l'épreuve, formée

 257 Son baptême, son témoignage et son sceau 257

et préparée pour une haute exaltation, pour hériter avec Christ, pour subir un changement de la nature humaine à une nature supérieure à celle des anges (“ bien au-dessus des anges, principautés et puissances ”) ; ses membres seront rendus participants de la nature divine.

 Si nous ne devons pas prier pour de nouveaux baptêmes du saint Esprit qui n'ont jamais été promis, les Ecritures nous enseignent d'une façon très positive à rechercher le saint Esprit et à prier pour l'obtenir comme étant une part d'héritage satisfaisante. ,

 PRIEZ POUR OBTENIR LE SAINT ESPRIT .

 “ SI donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des bonnes choses, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l'Esprit saint à ceux qui le lui demandent ”. — Eue 11 : 13.

 Quoique “ toutes choses soient par le Fils ”, cependant, ici, comme partout, ce dernier rend la gloire et l'honneur au Père, comme étant la source de toute bénédiction. Toute l'œuvre de rédemption et de réconciliation est l'œuvre du Père exécutée par le Fils. Notre Seigneur déclare que c'est le bon plaisir du Père que nous ayons de plus en plus de son Esprit de sainteté. Il nous invite à le rechercher et à le demander comme étant la bénédiction suprême. En ce qui concerne les bénédictions terrestres, notre Rédempteur nous dit que notre Père, céleste sait de quoi nous avons besoin. II sait mieux que nous quelles bénédictions terrestres nous seront utiles,- et celles qui nous seraient nuisibles. Nous n'avons donc pas besoin, comme le font les non-régénérés et les païens, d'avoir envie de bénédictions terrestres et de prier pour les avoir, mais plutôt, ayant acquis la parenté de fils et ayant pleine confiance, en la providence du Père, nous pouvons nous attendre à ce qu'il nous donne ce qui convient, le mieux, et nous pouvons nous reposer satisfaits de cette promesse et de cette foi.

258 L'Esprit de la réconciliation

Il plaît au Père céleste de nous voir désirer et demander une mesure de plus en plus grande de saint Esprit — une disposition de plus en plus en harmonie avec son Esprit. Et tous ceux qui ainsi le désirent, le demandent et le cherchent, auront leurs désirs convenables satisfaits ; le Père se fera un plaisir de disposer les choses qui les concernent afin que tout ce qui, en eux ou dans leur entourage, entravait l'Esprit soit enlevé et que son Esprit d'amour puisse abonder en eux, c'est-à-dire qu'ils puissent être remplis de l'Esprit. Mais il n'y a rien en tout cela qui suggère la nécessité de nouveaux baptêmes du saint Esprit ; le baptême eut lieu au commencement ; tout ce qui reste à faire est d'ouvrir les “ vannes ” dans toutes les directions, de manière que le saint Esprit d'amour et de vérité pénètre et imprègne chaque action, parole et pensée de notre être. Nous avons besoin de l'assistance divine, des indications de la sagesse et de la providence de l'Eternel pour nous montrer ce qui obstrue les “ vannes”, et nous aider à l'enlever.

 L'Esprit de sainteté en abondance ne peut être reçu seulement que par ceux qui le désirent ardemment et le recherchent par la prière et l'effort. Il faut que l'esprit du monde soit chassé de notre cœur dans la proportion où nous voulons que ce dernier soit rempli du saint Esprit, disposition ou influence. La volonté personnelle doit aussi quitter les lieux, car c'est dans la mesure où nous sommes vidés de toutes autres choses que nous sommes prêts à recevoir une bonne mesure du saint Esprit ; le Seigneur voudrait donc que nous venions à cette condition de désir ardent d'être rempli de son Esprit de sainteté, de manière que nous puissions être disposés et désireux de supplanter et d'extirper toute autre influence et volonté contraires. Telle est évidemment la pensée de l'Apôtre dans sa prière pour l'Eglise d'Ephèse que ”le Christ [l'Esprit de Christ] habite dans vos cœurs par la foi [afin que

259 Son baptême, son témoignage et son sceau259

figurativement, il puisse s'asseoir comme roi, gouverneur, directeur de toute pensée, parole et acte] ; afin que vous soyez enracinés et fondés dans l'amour [le saint Esprit ou disposition] ; afin que vous soyez capables dé comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, et de connaître l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu tEph. 3 : 17-19). Celui qui est rempli de l'Esprit de Christ, et de l'appréciation profonde de l'amour qu'il manifesta, aura l'Esprit du Père dans une mesure abondante. Rien dans le passage biblique examiné ne veut dire qu'il plairait au Père céleste que ses enfants lui demandent un autre Dieu — une troisième personne d'une trinité de Dieux égaux entre eux. Le passage et son contexte repoussent pareille pensée, et ceux qui entretiennent une vue erronée de ce genre doivent nécessairement être aveuglés dans la même mesure sur la vraie beauté et la force de cette promesse. Il serait étrange, en vérité, qu'un membre d'une trinité de Dieux égaux entre eux parlât d'un autre Dieu qui aurait la puissance et le désir de donner le troisième Dieu de la même manière que des parents terrestres donnent du pain, du poisson ou des œufs à leurs enfants (Voyez les versets précédents). Le passage entier n'est logique que si l'on comprend convenablement que le saint Esprit est l'influence ou la disposition divine accordée de diverses manières pour réconforter et édifier spirituellement les enfants de Dieu.

 Notre texte fait une comparaison entre de bons parents terrestres qui donnent de la nourriture naturelle à leurs enfants et notre bon Père céleste qui donne son saint Esprit à ceux qui le lui demandent. Mais de même que les parents terrestres placent la nourriture à la portée de leurs enfants, mais ne les forcent pas à la prendre, ainsi, notre Père céleste a mis à la portée de sa famille

260 L'Esprit de la' 'réconciliation

spirituelle les bonnes provisions de sa grâce, mais il n'oblige personne à en prendre. Il faut que nous ayons faim et soif d'elles, que nous les cherchions, non avec doute, mais avec foi, sachant que notre Père céleste veut nous donner de "bonnes choses. Quand donc nous prions pour obtenir le saint Esprit, ou pour être remplis de l'Esprit du Seigneur, nous devons chercher avec soin et trouver la disposition qu'il a prise pour répondre à ces prières qu'il a ainsi inspirées et dirigées.

 Nous trouvons cette disposition dans la Parole de Vérité ; mais il ne suffit pas de trouver où elle est ; si nous désirons être remplis, il faut que nous mangions ; assurément, nous devons prendre effectivement part au festin ou bien nous ne ressentirons pas la satisfaction que la nourriture était destinée à donner. Celui qui ne veut pas manger à une table abondamment servie gardera l'estomac creux et sera affamé aussi certainement que s'il n'y avait pas de nourriture. De même qu'il ne suffit pas de demander la bénédiction sur la nourriture pour nous restaurer, mais qu'il nous faut ensuite la manger, ainsi il ne suffit pas de posséder la Parole de Dieu et d'offrir notre prière pour être remplis de l'Esprit ; il faut que nous mangions la Parole de Dieu, si nous voulons en puiser l'Esprit.

 Notre Maître déclara : “ Les paroles que moi je vous dis sont Esprit et sont vie” (Jean 6 : 63). Ce que dit le prophète est vrai de tous ceux qui sont remplis de l'Esprit : “ Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées” (Jér. 15: 16; Apoc. 10: 9). Il est absolument inutile pour nous de prier : “ Seigneur, Seigneur, donne-nous l'Esprit ”, si nous négligeons la Parole de Vérité que l'Esprit a fournie pour que nous en soyons remplis. Si nous nous bornons à prier pour obtenir l'Esprit et que nous n'employons pas les moyens convenables pour obtenir l'Esprit de vérité, nous continuerons à être tout au plus des' “ petits entants en Christ”, cherchant des signes extérieurs pour prouver notre parenté avec le Seigneur, au lieu du témoignage intérieur que donne la Parole de vérité fournie par lui.

261 Son 'baptême, son. témoignage et son sceau261

LE TÉMOIGNAGE DU SAINT ESPRIT

“ L'Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ”. — (Rom. 8 : 16 — D.).

 Peu de doctrines ont une importance plus grande que celle-ci pour les enfants de Dieu, car c'est de ce témoignage que dépend dans une grande mesure la possession, pour eux, de “ la paix de Dieu qui surpasse toute connaissance ” (Phil. 4:7). Comment peuvent-ils avoir la “ pleine assurance de foi ” (Héb. 10 : 22) s'ils manquent du témoignage de l'Esprit attestant leur filiation, leur adoption dans la famille de Dieu? Et pourtant, combien peu ont la moindre idée de ce que signifie l'expression “ témoignage de l'Esprit ”, ou du genre d'expériences qu'on doit espérer et auxquelles on doit s'attendre et qui constituent le témoignage de l'Esprit à notre filiation ! La question est donc très importante. Comment le saint Esprit nous donne-t-il le témoignage que nous sommes réconciliés avec le Père, que nous sommes devenus des fils de Dieu et que, sous la divine providence, nous sommes en préparation pour les glorieuses choses que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment et qui doivent être cohéritiers de Christ notre Seigneur, dans le Royaume millénaire ? Il y a peu de sujets qui aient plus troublé les chrétiens en général que celui relatif au témoignage de l'Esprit. Ignorant ce qu'est ce témoignage, beaucoup parmi les meilleurs des enfants du Seigneur sont forcés de confesser qu'ils ne savent pas s'ils l'ont ou s'ils ne l'ont pas; D'autres, qui ont plus d'assurance que de connaissance, prétendent qu'ils ont le témoignage du saint Esprit et s'appuient pour le prouver sur leurs impressions de bonheur. Mais tôt ou tard, s'ils sont sincères,

262 L'Esprit de la réconciliation

Ils sont tenus de confesser que le témoignage sur lequel ils se reposent est des moins satisfaisants ; il leur fait défaut lorsqu'ils en ont le plus grand besoin. Quand tous les gens disent du bien d'eux, quand la santé est favorable, quand ils sont financièrement prospères, quand les amis sont nombreux, ils se sentent heureux ; mais dans la proportion où l'une quelconque de ces conditions est renversée, ils se sentent malheureux : ils perdent ce qu'ils supposaient être le “ témoignage de l'Esprit ” et s'écrient dans l'angoisse de leur âme : Où donc est le bonheur que je connus - Lorsque j'eus trouvé le Seigneur ?

 Ces gens sont trompés et égarés par leurs impressions : de temps en temps ils se sentent plus heureux et se pensent plus près de Dieu alors qu'en réalité, ils sont, sous la conduite de l'Adversaire, entraînés tout droit dans des tentations. Ceci explique certaines des “ chutes de la grâce ” fréquentes et soudaines éprouvées par certaines personnes qui en sont étonnées elles-mêmes ainsi que leurs amis. Trompées par un “ témoignage ” indigne de confiance, elles se croyaient en sûreté, n'étaient plus sur leurs gardes et devenaient une proie facile à la tentation, à l'instant même où elles se sentaient “ si heureuses dans le Seigneur” (?). En outre, les épreuves et les déceptions de la vie qui ont pour but de nous rapprocher de notre Père et de nous faire apprécier davantage la tendre sympathie et la sollicitude affectueuse de notre Sauveur, sont en partie sans résultats pour cette catégorie de personnes, car perdant le témoignage de leurs impressions qu'elles considéraient faussement comme étant le témoignage de l'Esprit, elles se sentent si affligées, et si affamées et assoiffées d'un retour des bonnes impressions qu'elles perdent beaucoup de précieuses leçons que l'on ne peut apprendre qu'en se penchant avec confiance sur le sein du Seigneur et en restant en communion avec lui, lorsqu'on passe par les Gethsémanés .de la vie.

263 Son baptême, son témoignage et son sceau 263

 Une autre classe de chrétiens, apprenant que le “ témoignage ” des impressions est indigne de confiance, paraissent en conclure que Dieu a refusé toute preuve valable de sa faveur (pour eux du moins), tout “témoignage” certain de leur acceptation comme “ fils” dans sa famille. Leurs doutes sont exprimés dans le cantique bien connu :

“ II est un point que j'aimerais connaître

Et qui souvent me met dans l'embarras :

Oui ou non, est-ce que j'aime le Maître?

Suis-je sien ou ne le suis-je pas ?”

 Cette incertitude provient aussi en partie d'une incompréhension de la doctrine de l'élection ; cependant, ces amis ont tout à fait raison de conclure que leurs impressions variables ne pourraient être un critère convenable qui leur permette de juger de leur filiation. D'autres personnes croient être des fils de Dieu, parce que les Ecritures déclarent : “ Tu garderas dans une paix parfaite l’ esprit qui s'appuie sur toi”, et qu'elles-mêmes éprouvent la paix de l'esprit, mais quand elles considèrent les païens et les gens du monde et qu'elles voient que beaucoup d’entre eux, ont également, en apparence, la paix de l'esprit, leur conception du témoignage de l'Esprit se prouve être insuffisante pour servir de base à leurs espérances, ou pour leur donner de l'assurance. Alors vient l'heure sombre et elles disent : Qu'il est facile d'être trompées et elles sont tourmentées par crainte d'avoir contristé l’esprit, car ”la crainte porte avec elle du tourment ”. — ; 1 Jean 4 : 18.

 Des personnes de grande crédulité (appelée à tort foi) s'imaginent entendre le “chuchotement” de l'Esprit à une oreille intérieure et elles s'en félicitent en conséquence, même si, plus tard, elles devaient apprendre avec certitude que l'information ”chuchotée ” était absolument fausse. D'antres chrétiens d'esprit plus logique, qui ne peuvent s'abuser ainsi, sont perplexes en constatant que leurs amis affirment avec confiance avoir le témoignage de l'Esprit, alors qu'eux-mêmes n'ont pas une telle assurance.

264 L'Esprit de la réconciliation

La difficulté réside surtout dans la croyance erronée affirmant que l'Esprit est une personne, et cherchant à établir cette (prétendue) personnalité de l'esprit dans ses témoignages. Lorsque l'on a reconnu que l'Esprit de Dieu est toute puissance ou toute influence que Dieu peut trouver bon d'exercer, le sujet devient plus clair et le “témoignage de l'Esprit ” devient une affaire facile à discerner. Ce sera une bénédiction pour ceux qui ont ce témoignage d'en avoir la certitude absolue ; ce sera aussi une bénédiction pour ceux qui ne l'ont pas d'en être certains de manière qu'ils puissent, remplir les conditions requises et obtenir, le témoignage sans lequel nul n'est autorisé, à se considérer comme fils de Dieu dans une position acceptable au père.

 Quelle joie et quelle paix divines sont par contre pour ceux qui ont le vrai témoignage — pour ceux qui ont passé par les véritables expériences et qui ont appris à en comprendre le sens ! C'est pour eux, en vérité la joie dans la douleur, la lumière dans les ténèbres, la consolation dans l'affliction, la force dans la faiblesse. Les directives explicites à ce sujet, comme sur tous les sujets se trouvent dans ce merveilleux livre, la Parole de notre Père, la Bible. C'est dans cet ouvrage et par ses témoignages, que l'Esprit de Dieu rend témoignage à notre esprit.

 “Quels fermes fondements, pour vous, saints du Seigneur,

 Sont posés pour la foi, dans la Sainte Ecriture !

 Que vous eût dit de plus son Tout-Puissanit Auteur

A vous de qui Jésus fut la retraite sûre ? ”

 COMMENT CONNAITRE LE TEMOIGNAGE DE L'ESPRIT

265 Son baptême, son témoignage et son sceau 265”

On peut connaître la pensée (“ mind ”) ou l'esprit d'un homme par ses paroles et sa conduite ; ainsi pouvons-nous connaître la pensée ou l'Esprit de Dieu par ses paroles et par ses actes. Selon le témoignage de sa Parole, quiconque vient à lui (par la foi, en renonçant aux mauvaises œuvres et aux œuvres mortes, par Jésus) est accepté (Héb. 7 : 25). Dès lors, les questions qui se posent d'elles-mêmes à ceux qui cherchent un témoignage de l'Esprit concernant leur filiation sont :

 Ai-je bien été attiré à Christ? — pour le reconnaître comme mon Rédempteur par la justice seule duquel je pourrais avoir accès au Père céleste, et être accepté de lui ?

Si l'on peut répondre affirmativement à cette question, la question suivante serait :

 Me suis-je bien entièrement consacré ? — ma vie, mon temps, mes talents, mon influence, mon tout — à Dieu ?

 S'il peut répondre aussi par l'affirmative à cette question, le chercheur peut demeurer pleinement assuré qu'il a été accepté par le Père, dans le Bien-Aimé, et que Dieu le reconnaît comme fils. SI, scrutant les désirs et les sentiments de son propre cœur, il trouve qu'il a toujours confiance dans les mérites de Jésus, qu'il est toujours consacré pour faire la volonté de Dieu, il peut permettre à une douce confiance et à une douce paix, que cette pensée d'harmonie et de parenté avec Dieu apporte, de posséder entièrement son cœur. Cette conviction de la grâce de l'Eternel envers nous en Christ, édifiée avec des faits de notre propre expérience, bâtie sur le caractère inaltérable de Dieu et de sa Parole, n'est pas instable, ni changeante comme elle le serait si elle était édifiée sur les sables mouvants des impressions. Si des doutes ou des craintes s'introduisent à quelque heure sombre, nous n'avons simplement qu'à prendre la “Lampe” (la Parole de Dieu) et examiner de nouveau les faits et le fondement, et si notre cœur est toujours loyal envers Dieu, la foi, la joie et la paix nous reviendront instantanément ;

266 L'Esprit de la réconciliation

si nous trouvons, par contre, que notre foi dans le ”précieux sang” s'effondre, ou que notre consécration disparaît, nous connaissons alors la vraie condition des choses et nous pouvons faire de suite les réparations nécessaires et rétablir ainsi notre pleine “ assurance de foi ” (Héb. 10: 22). Mais que l'on remarque bien que quiconque voudrait avoir cette assurance doit avoir ”scellé que Dieu est vrai” (Jean 3: 33), que notre Seigneur ne change pas, mais qu'il est “ le même hier, aujourd'hui et éternellement ”. Les membres du peuple du Seigneur peuvent donc rester assurés qu'une fois entrés dans les conditions de la faveur divine, ils peuvent y demeurer aussi longtemps que leur cœur est loyal envers Dieu et leurs désirs en harmonie avec sa volonté ; aussi longtemps qu'ils obéissent de tout cœur à ses commandements —sommairement renfermés dans le mot Amour pour Dieu et pour les hommes. — Héb. 11 : 6 ; 13 : 8.

 Quiconque a franchi les étapes spécifiées a obtenu l'assurance, le “ témoignage” de la Parole de Dieu, qu'il est un enfant de Dieu, et pendant l'Age de l'Evangile, cela signifie qu'il est un sarment du vrai cep, un membre à l'épreuve de la vraie Eglise (Jean 15 : 1). C'est à ceux-là que la Parole de Dieu témoigne qu'ils sont, entrés dans la vraie Eglise qui est le corps de Christ. Ce témoignage est donné à leur esprit, à leur mental, par l'Esprit de Dieu qui témoigne au moyen de la Parole. Le même Esprit de Vérité leur certifie que si leur cœur reste fidèle à l'Eternel jusqu'à la fin de leur épreuve, s'ils se chargent chaque jour volontairement et joyeusement de leur croix, en cherchant de leur mieux à suivre les traces du Maître, leur appartenance provisoire comme membres de l'Eglise de Christ sera bientôt changée en appartenance réelle, après qu'ils auront terminé leur course et été faits participants de la résurrection de Christ, de la première résurrection. — Phil. 3 : 10.

267 Son baptême, son témoignage et son sceau 267

Cependant, l'Esprit de Dieu témoigne, au moyen de la Parole et avec une égale clarté, qu'il est possible à ceux qui sont déjà devenus des sarments de la vraie Vigne d'être retranchés, s'ils sont infidèles, s'ils ne produisent pas les fruits convenables de l'Esprit d'Amour : “ Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il [le Père] l'ôte ; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu'il porte plus de fruits ”. L'Esprit de Dieu, au moyen de la Parole, nous atteste ou nous témoigne ainsi les règles et lois suivies par notre Père céleste dans ses rapports avec ses fils : “ châtiments, émondages, enlèvement des scories, et développement des qualités qui porteront des fruits. Avoir ces expériences après être devenus des sarments de la ” Vigne ”, c'est donc avoir le témoignage de l'Esprit que nous sommes toujours dans la “ Vigne ”, et toujours reconnus comme ses “ sarments ”, dont notre Seigneur prend toujours soin et qu'il discipline. Si, au contraire, quelqu'un ne subit pas ces disciplines, émondages, etc., après être devenu un sarment de la Vigne, il ne possède pas le “ témoignage de l'Esprit ”, et par voie de conséquence il a raison de douter de son acceptation par l'Eternel. — Héb. 12 : 7.

 Si nous étions tous absolument parfaits, après avoir été dûment éprouvés, le cas serait différent. Dieu nous aimerait alors pour notre perfection et notre harmonie avec lui-même ; alors, le châtiment et les expériences amères seraient des signes de sa défaveur. Mais dans la réalité, nous savons tous que tous sont imparfaits, que nous sommes tous bien loin du modèle divin, et que notre nouveau cœur, notre nouvelle volonté, notre mentalité ou notre esprit transformé sont seuls acceptables par Dieu, et cela grâce au mérite de Christ et d'une manière provisoire seulement, car nous sommes à l'épreuve pour acquérir notre développement et notre perfectionnement final. Ce n'est que dans la mesure où nous apprenons à apprécier les perfections divines, et reconnaissons nos propres déficiences, que nous pouvons apprécier les nombreuses et importantes leçons qui doivent être apprises, et la nécessité des expériences pénibles par lesquelles il nous faut passer afin de développer en nous la ressemblance divine,

268 L'Esprit, de la réconciliation

Les Ecritures nous informent que le Père céleste prépare un glorieux Temple spirituel, dans lequel et par lequel le monde doit avoir le privilège de venir en réconciliation (“ at-one-ment”) avec le Père. Nous voyons dans les Ecritures, quel est l'idéal du Grand Architecte à l'égard de ce temple, à savoir que l'idéal de l'ensemble fut représenté dans la personne de notre Seigneur Jésus-Christ, sa pierre angulaire principale, et “ pierre du sommet ”, “ posée dans les cieux ”. Nous pouvons mieux voir, dès lors, ce qui est exigé de tous ceux qui seront acceptables par Dieu comme ” les pierres vivantes ” de ce Temple, pour être édifiés ensemble avec Christ la Tête, ” pour une habitation de Dieu par son Esprit ”. Et nous discernons notre propre rudesse naturelle, notre discordance avec les lignes gracieuses du Temple, dessinées dans sa “ pierre du sommet ”. Nous pouvons rapidement discerner que beaucoup de ciselage et de polissage nous sont absolument nécessaires si nous voulons être préparés et adaptés pour la place à laquelle nous aspirons dans ce temple, par la grâce de Dieu. C'est pourquoi ceux qui constatent qu'ils ne reçoivent pas de l'Eternel les coups de marteau et de ciseau, n'ont pas ce “ témoignage ” que, selon l'Esprit de Dieu exprimé dans la Parole divine doivent recevoir toutes les pierres vivantes de son Temple,' et à cela, même la grande Pierre du sommet n'a pas échappé. Si la providence divine ne trace pas pour nous un ”étroit sentier” avec une certaine somme de difficultés et d'adversité, s'il nous est simplement permis de demeurer sans afflictions, sans épreuves, etc., nous pouvons alors savoir avec certitude que Dieu ne traite pas avec nous comme avec les fils, les pierres vivantes qui formeront quelque partie du Temple, parce que nous

269 Son baptême, son témoignage et son sceau 269

manquons de ce “témoignage” de notre acceptation et de notre préparation. En constatant que telle est notre condition nous devrions aller promptement au Seigneur et lui demander pourquoi nous n'avons ni tribulations, ni adversités ; nous nous “ examinerons nous-mêmes ” afin de savoir si, oui ou non, nous sommes toujours dans la foi (2 Cor. 13 : 5), et si oui ou non, nous nous efforçons toujours de marcher fidèlement sur les traces de notre Maître, par une complète consécration pour faire la volonté dû Père. Mais si, par contre, nous avons ce “ témoignage ” de ciselage, de polissage, d'émondage, de disciplines, de châtiments, acceptons-les avec patience, avec joie, avec appréciation, comme des preuves de l'amour de notre Père, essentielles pour gagner notre haut-appel, en plein accord avec le témoignage ou attestation de l'Esprit, que nous sommes des fils de Dieu, “ des héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus Christ notre Seigneur, si du moins nous souffrons avec lui afin que nous soyons aussi glorifiés avec Lui ”. — Rom. 8 : 17.

“ LES DIFFERENCES D'ADMINISTRATION ” DE L'ESPRIT

 “ Car celui que le Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu'il agrée... Si vous êtes sans la discipline... alors vous êtes des bâtards et non pas des fils” (Héb. 12 : 6, 8).

 Les afflictions et les tribulations viennent sur le monde aussi bien que sur les saints du Seigneur, mais ce ne sont pas là des marques de filiation, saut pour ceux qui sont entièrement consacrés à la volonté et à l'œuvre du Père. L'Esprit et la Parole de Dieu ne “ témoignent” seulement qu'à ses fils. Les émondages et les châtiments ne sont pas non plus toujours les mêmes dans la famille du Seigneur. Il faut aux enfants terrestres divers genres et divers degrés de corrections, il en est de même pour les enfants de Dieu : à certains d'entre eux, un regard de désapprobation suffit ; à d'autres un

270 L'Esprit de la réconciliation

mot de reproche est nécessaire, tandis qu'à d'autres encore, il faudra le fouet, et à maintes reprises pour certains. Un père ou une mère terrestre se réjouit davantage de l'enfant obéissant pour qui le mot ou le regard désapprobateur suffit à faire disparaître le mal. De même, notre Père dans les cieux nous dit qu'il approuve ceux qui “ tremblent à sa Parole ” — Esaïe 66:5.

 De tels individus collaborent avec Dieu au développement de leur propre caractère, en reconnaissant leurs propres défauts et en cherchant à les corriger ; ils prêtent l'oreille à la voix du Père qui les dirige, les instruit ou leur adresse un tendre reproche, et ils recherchent toujours le sourire approbateur du Père ; les paroles suivantes du poète décrivent bien leurs sentiments :

“ Soleil de mon âme, ô mon Père !

 La nuit s'en va quand tu es près.

 Que jamais brouillard de la terre

A mes yeux ne cache tes traits ”.

 Telle est bien la classe de ceux qui, selon l'Apôtre, se jugent eux-mêmes et qui, de ce fait, ont besoin de moins de châtiments de la part de l'Eternel (1 Cor. 11 : 31).

Pour appartenir à cette classe, il faut avoir fait une pleine consécration ; ceux-là sont et seront les vainqueurs qui seront estimés dignes d'hériter avec Christ Jésus leur Seigneur dans son Royaume. A cette classe obéissante et vigilante, l'Eternel déclare : “ Je te guiderai de mon œil ”, “ Tu me guideras de ton conseil et tu me recevras dans la gloire ”. Ceux qui ne peuvent être guidés continuellement que par le fouet ne font pas partie de la classe des vainqueurs ; ils ne seront pas estimés dignes de faire partie de l'Epouse du Seigneur et d'avoir un tel “ témoignage ” du Seigneur par l'Esprit de la Vérité. — PS. 32 : 8 ; 73 : 24 (S.) ; en contraste avec Apoc. 7 : 9, 14.

271 Son baptême, son témoignage et son sceau 271

Les châtiments ne sont pas non plus toujours des preuves de fautes commises, ou un “ témoignage ” de la désapprobation de l'Eternel. Au contraire, comme il en fut pour notre Seigneur, ainsi en est-il aussi de ses fidèles disciples : la providence divine conduit les fidèles et les obéissants dans le sentier de la souffrance et du renoncement à soi ; ce ne sont plus des châtiments frappant une volonté opposée, mais ce sont des mises à l'épreuve du sacrifice de soi-même, destinées à mesurer le degré d'amour et de dévouement à la volonté du Père, et à la cause de la justice. De même que Jésus fut châtié pour nos transgressions à nous et non pour des transgressions personnelles, lorsqu'il porta les péchés de beaucoup, ainsi, à beaucoup d'égards, ses disciples souffrent, non pour leurs propres mauvaises actions, mais à cause des mauvaises actions des autres, 'car ils sont appelés, comme le dit l'Apôtre à “ accomplir ce qui reste des afflictions du Christ, pour son corps qui est l'Eglise. — Col. 1 : 24 (S.).

 CE QUE TEMOIGNE LE SAINT ESPRIT

A la lumière de ce qui précède, que chacun de ceux qui affirment être des fils de Dieu s'examine pour savoir s'il a ou non le “ témoignage de l'Esprit ”, s'il est un des enfants de Dieu ; renouvelons fréquemment cet examen, et ainsi “ veillons ” et demeurons dans l'amour de Dieu, nous réjouissant dans le témoignage de son Esprit. Sommes-nous continuellement émondés ? Passons-nous par des expériences, grandes ou petites, qui nous débarrassent plus ou moins rapidement des tendances charnelles qui font la guerre à l'âme : la colère, la malice, la haine, l'envie, la querelle, l'égoïsme, la rudesse et toutes choses contraires à la loi de l'Esprit de vie en Christ Jésus qui est l'Esprit d'amour ? S'il en est ainsi, dans la mesure où nous pouvons nous rendre compte que ce travail d'émondage progresse, nous serons indubitablement aptes à reconnaître une croissance dans la bonne direction : dans l'humilité, la patience, l'amabilité, l'affection

272 L'Esprit de la réconciliation

fraternelle, l'amour. Quiconque, après un sérieux examen de toutes ces choses, nettement indiquées dans la Parole de Dieu, peut se rendre compte du progrès qu'il a fait dans ces expériences, peut avoir la certitude que Dieu l'accepte encore comme fils, parce qu'il a ce témoignage de l'Esprit.

 L'Esprit témoigne encore que : “ Quiconque est né [engendré] de Dieu, ne pèche pas” (1 Jean 5: 18).

 L'enfant de Dieu peut parfois être vaincu par sa vieille nature (considérée comme morte, mais qui ne l'est pas complètement, réellement) ; il peut être surpris en faute, se tromper dans le jugement ou en paroles, mais il ne transgressera jamais volontairement la loi divine. Ainsi donc, si notre cœur peut assurer que nous prenons tout notre plaisir à faire la volonté de Dieu, que nous ne voudrions pas la violer volontairement, ni en aucune manière nous y opposer, que nous aimerions mieux voir la volonté de Dieu et ses plans s'accomplir, même si cela devait détruire nos espérances les plus chères et rompre nos liens les plus tendres, nous avons alors ce témoignage que notre esprit ou mentalité est d'accord avec le témoignage de l'Esprit de la Vérité dont nous parlons ici.

 Un tel témoignage nous indique, non seulement que nous fûmes acceptés dans la famille de Dieu à un moment donné, mais que nous y sommes encore. L'Esprit témoigne, par la Parole de Dieu, que ceux qui sont membres du peuple de l'Eternel sont séparés du monde : leurs espérances, leurs buts et leurs dispositions d'esprit sont différents : ” SI vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n'êtes pas du monde... à cause de cela le monde vous hait”. “Tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés ”. — Jean 15 :19 ,2 Tim 3: 12.

273 Son baptême, son témoignage et. son sceau 273

Notre cœur peut-il témoigner que ces paroles expriment convenablement notre expérience dans la vie ? S'il en est ainsi, l'Esprit (” mind ”) de Dieu témoigne encore à notre esprit (“mind”) que nous sommes au Père céleste. Nous ne devrions pas oublier non plus que le monde, dont parlait notre Seigneur, comprend tous ceux qui ont la mentalité du monde, en qui l'esprit du monde trouve place. Au temps de notre Seigneur, cela était vrai de l'Eglise nominale juive ; en fait, ce furent les instructeurs religieux qui persécutèrent Jésus. Il ne faut donc pas nous étonner si tous ceux qui marchent sur ses traces doivent faire une expérience semblable de déception et trouver que l'esprit du monde, sous sa forme la plus agressive, sera manifesté dans un milieu où nous pourrions naturellement nous attendre à le moins trouver, savoir : parmi ceux qui font profession d'être des enfants de Dieu. Ce furent les principaux chefs religieux qui, au temps de notre Seigneur, appelèrent le Maître Béelzébul prince des démons. Le saint Esprit témoigna par la Parole de notre Seigneur, disant : S'ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, combien plus les gens de sa maison ! ” (Matt. 10: 25). Si, donc, on nous a calomniés parce que nous sommes dans la Vérité et à son service, nous avons là une preuve ou un témoignage supplémentaire de l'Esprit que nous sommes dans la bonne voie. Si notre Seigneur s'était associé aux conducteurs du peuple dans l'église juive, s'il s'était abstenu de dire la vérité dans l'amour, s'il n'avait pas dénoncé les fausses doctrines de son temps, il n'aurait pas été “ haï ”, ni “ persécuté ” ; au contraire, il aurait probablement été “hautement estimé parmi les hommes”. Mais, comme il le déclara lui-même, une grande partie de “ ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu ”. — Luc 16 : 15.

 Si notre Seigneur était simplement resté tranquille, s'abstenant de démasquer les hypocrisies, les simulacres, les longues prières et les faux enseignements des scribes et des pharisiens, ces derniers l'auraient sans aucun doute

274 L'Esprit de la réconciliation

laissé en paix, ils ne l'auraient pas persécuté, et notre Seigneur n'aurait pas souffert à cause de la Vérité. Ainsi en est-il de ses disciples ; il existe de nos jours une classe d'individus analogues aux scribes et aux pharisiens ; ces gens-là persécuteront et haïront la Vérité et ceux qui ont l'Esprit de la Vérité, qui suivent les instructions du Seigneur, et font briller leur lumière. Si d'aucuns, pour ces raisons et tout en faisant leur mieux pour parler de la vérité dans l'amour, en souffrent, heureux sont-ils, car l’Apôtre dit : “ L'Esprit de gloire et de Dieu repose sur vous ”. Ils ont ce témoignage de l'Esprit rendu à leur fidélité dans l'étroit sentier. — 1 Pi. 4 : 14.

 Le saint Esprit atteste encore, par le témoignage de notre Seigneur, que quiconque a honte de lui et de sa Vérité qu'il enseigna, le Seigneur aura honte lorsqu'il viendra pour rassembler ses joyaux (Marc 8 : 38). Dès lors, quiconque trouve que son cœur est tellement plein d'amour pour le Seigneur et pour sa Parole qu'il prend plaisir, en toute occasion convenable, à reconnaître Jésus comme son Rédempteur et Maître, et à présenter fidèlement la Parole de son témoignage a, aussi longtemps qu'il le fait, ceci comme un autre témoignage de l'Esprit qu'il est un enfant de Dieu et un héritier du Royaume. Celui-là a raison de se réjouir dans la promesse du Maître, sachant qu'il est exactement de la catégorie de ceux qu'il sera heureux de confesser devant son Père et devant les saints anges. Mais si d'autres n'ont pas ce témoignage, si, au contraire, leur cœur témoigne qu'ils ont honte du Seigneur, honte de confesser qu'ils sont ses disciples, honte d'avoir pour “ frères ” les membres de son corps, et honte de confesser les doctrines qu'il enseigna, ceux qui ont de telles expériences ont le témoignage de l'Esprit que si cet état de choses rie change pas, le Seigneur aura honte d'eux à sa seconde venue, et ne les reconnaîtra pas devant le Père et ses saints messagers.

275 Son baptême, son témoignage et son sceau 275

De plus, le saint Esprit témoigne que : “ Quiconque est né [engendré] de Dieu est victorieux du monde : Et c'est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir votre “ foi ” (1 Jean 5: 4). Examinons notre cœur, notre esprit, nos dispositions, à la lumière de ce témoignage du saint Esprit. Sommes-nous des vainqueurs, selon l'idéal présenté par ce témoignage ? L'idéal est que pour appartenir à Dieu, nous devons nécessairement être en désaccord avec le monde, en conflit avec lui — avec ses aspirations, ses espérances, ses ambitions. L'expression “ victorieux du monde” renferme l'idée de conflit. Nous pouvons comprendre aisément que personne ne peut être “ victorieux du monde ”, s'il éprouve de la sympathie pour lui, s'il a des affinités avec lui, s'il participe à son esprit général d'égoïsme, d'orgueil, d'ambition, etc. Avant de déterminer positivement si nous avons ou non triomphé du monde, sachons que nous ne devons pas vaincre le monde par la flatterie, ni en nous associant à lui dans ses démonstrations insensées et en essayant de donner à celles-ci une apparence religieuse ; nous ne devons pas non plus vaincre le monde en nous engageant dans une œuvre morale ou religieuse quelconque, soit en enseignant dans une école du dimanche, soit en nous occupant de l'assistance aux nécessiteux, soit encore en nous rattachant à une église sectaire. Le Seigneur ne montre pas ou ne témoigne ” pas que nous pouvons vaincre le monde par l'une ou l'autre de ces méthodes. Sa déclaration est catégorique : la victoire qui vainc le monde, c'est notre foi. L'Esprit témoigne ainsi que, pour être vainqueurs, il faut que nous “ marchions par la foi et non par la vue”. Nous ne devons pas regarder aux choses visibles comme la popularité, l'étalage mondain, l'importance des dénominations, etc. ; mais nous devons regarder aux choses invisibles, aux choses spirituelles et éternelles (2 Cor. 4 : 18). Nous devons avoir la foi exprimée dans ces paroles :

 “ Je préfère marcher dans la nuit avec Dieu, Que de suivre la foule en des flots de lumière”.

 276 L'Esprit de la réconciliation

Le saint Esprit nous témoigne encore, par la Parole, que si nous sommes les fils de Dieu, nous ne serons pas dans l'ignorance des choses présentes ni des “ choses à venir ”, parce que nous serons éclairés et enseignés de Dieu, par la Parole de sa grâce, la Parole de son Esprit. Au fur et à mesure que nous arrivons à une certaine maturité, que nous : croissons en grâce ”, nous désirons, cherchons et obtenons, outre le lait de la Parole, “ la nourriture solide” qui, selon l'Apôtre est pour ceux dont le développement est plus avancé (1 Pi. 2:2; Héb. 5: 13, 14). La croissance dans les grâces de l'Esprit, la foi, la force d'âme, la connaissance,, le contrôle de soi-même, la patience, la piété, l'amour fraternel, l'amour, nous amènera à une communion plus étroite avec le Père et avec le Seigneur Jésus, de sorte que l'Eternel pourra et désirera nous communiquer de plus en plus clairement une connaissance de ses plans miséricordieux aussi bien que de son propre caractère tout de grâce.

 Faisant allusion à cette croissance, l'Apôtre Pierre dit : Si ces choses sont en vous et y abondent, elles font que vous ne serez ni oisifs, ni stériles pour ce qui regarde la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ ; car celui en qui ces choses ne sont point est aveugle et ne voit pas loin... car en faisant ces choses, vous ne faillirez jamais ; car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée ”. — 2 Pi. 1 : 5-11.

 Chacun devrait se demander s'il a ou non ce témoignage de l'Esprit, ce témoignage de sa croissance comme nouvelle-créature en Christ Jésus et si, oui ou non, il est en train de développer et de mûrir l'espèce de fruit spécifiée ici. Souvenons-nous aussi que notre croissance dans l'amour et dans tous les fruits de l'Esprit dépend beaucoup de notre croissance en connaissance, et que notre croissance en connaissance des choses divines

277 Son baptême, son témoignage et son sceau 277

dépend également de notre croissance dans les fruits de l'Esprit. Chaque pas dans la connaissance entraîne un pas correspondant dans le devoir et l'obéissance, et chaque pas accompli dans le devoir et l'obéissance sera suivi d'un autre pas dans la connaissance, car — l'Esprit le témoigne — ainsi sera l'expérience de tous ceux qui sont enseignés de Dieu à l'école de Christ. Si nous avons ce témoignage de l'Esprit de croissance, à la fois en grâce et en connaissance, réjouissons-nous-en et suivons le même sentier, jusqu'à ce qu'il nous amène, sous la direction divine, à ce qui est parfait, à la fois en connaissance et en grâce.

LE FUTUR TEMOIGNAGE DU SAINT ESPRIT

 Dans l'Age prochain, le saint Esprit rendra aux humains réconciliés un témoignage très semblable quant à la manière, mais très différent quant aux faits. Ceux qui posséderont le saint Esprit ne seront plus les quelques serviteurs et servantes spéciaux, mais ainsi que le prophète Joël le déclare, ce sera “ toute chair ” (Joël 2 : 28). Le “témoignage” de l'Esprit ne sera plus désormais: “ Quiconque vivra pieusement sera persécuté ”, car aucune persécution ne sera alors permise. Il ne “ témoignera ” plus désormais qu'il y a un “; sentier étroit ” de sacrifice, car le jour du sacrifice sera passé : “ Et il y aura là une grande route ”, sur laquelle il n'y aura pas de pierres d'achoppement (Es. 35: 8; 62: 10). Il “ témoignera” que “ ceux qui font le mal seront retranchés, et ceux qui s'attendent à l'Eternel, ceux-là posséderont le pays” (Actes 3 : 23 ; PS. 37 : 7-11). Il “ témoignera” des bénédictions accordées à ceux qui feront le bien, et des châtiments et de la destruction qui frapperont ceux qui feront le mal volontairement. C'est le même Esprit de Dieu mais exerçant des ministères différents.

278 L'Esprit de la réconciliation

Ayant appris comment le saint Esprit “ témoigne ” et quels sont certains de ses témoignages par la sainte Parole de Dieu, nous trouvons vraiment ceux-ci combien plus satisfaisants que toutes les craintes et les doutes inspirés par des conditions mentales et physiques et qui ne sont que des sensations faussement appelées par certains le témoignage du saint Esprit. Néanmoins, nous devons attirer l'attention sur le fait que tous les chrétiens ne peuvent avoir, avec leur esprit ou disposition, les mêmes témoignages de l'Esprit de Dieu. Tous les chrétiens ayant une grande expérience et une grande maturité, devraient avoir le témoignage ou l'attestation sur tous ces points, et sur d'autres mentionnés encore dans les Ecritures ; mais il y a de jeunes chrétiens qui, par contre, n'ont pas encore assez progressé pour avoir tous ces témoignages — il est possible que certains puissent être vraiment engendrés de l'Eternel (*), et n'avoir reçu jusqu'ici que quelques-uns de ces témoignages. Le grand Vigneron n'espère aucune récolte, pas plus de fruits verts que de fruits développés et mûrs, d'une jeune et tendre pousse d'un sarment.

 Le premier témoignage que les nouveaux engendrés peuvent avoir de leur acceptation par le Seigneur, de leur existence comme jeunes sarments dans la vraie Vigne, et de la présence en eux de l'Esprit de la Vigne, est le désir de croître et d'être comme la Vigne et de porter beaucoup de fruits. Il ne devrait pas non plus s'écouler beaucoup de temps après la pousse des sarments, avant que ne se manifestent les feuilles et les bourgeons prometteurs du fruit. L'enfant nouveau-né dans la famille spirituelle manifeste sa parenté avec les membres plus anciens et plus développés de la famille, non en mangeant de la nourriture solide qui pourrait l'étouffer, mais en désirant absorber le lait fortifiant, qui le fera grandir. — 1 Pi. 2:2.

(•) Ecrit en 1899 — Trdd.

279 Son baptême, son témoignage et son sceau 279

 Ceux qui se trouvent être possesseurs de l'un ou l'autre des, témoignages précités de l'Esprit devraient s'en réjouir à l'avenant ; ils devraient chercher à développer chaque trait particulier qui leur manque, de manière qu'ils puissent en définitive avoir le témoignage de l'Esprit en leur faveur sur tous les points où le témoignage des Ecritures indique le sentier a suivre et les expériences à subir par le peuple fidèle de Dieu. Ceux-là n'auront plus besoin désormais de chanter : “ Voilà un point que j'aimerais connaître ”. Au contraire, ils auront la connaissance, auront la pleine assurance de foi et seront enracinés, fondés, édifiés et établis dans la foi. Telle est la voie que Dieu a disposée: en la suivant, nous échappons complètement à la crainte, nous nous évadons “ du Château du Doute ” car notre confiance repose en sécurité sur les promesses divines qui ne font jamais défaut. Cela est vrai en temps d'épreuve, d'adversité et de ténèbres aussi bien que lorsque nous jouissons plus spécialement de la lumière du sourire de notre Père céleste. Le poète exprime la pensée exacte en ces termes :

 “ Lorsque la nuit paraît voiler sa face,

 Je me repose en sa constante grâce.

 Son serment, son contrat et le sceau de son sang

 Sont mon rocher au sein de l'ouragan.

 Quand mon âme voit tout à la dérive

 II est mon espoir et ma force vive”.

 SANCTIFIÉS PAR L'ESPRIT

  Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été Justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l'Esprit de notre Dieu ”. — 1 Cor. 6 : 11

 Sanctification signifie mise à part ou séparation. Tous ceux qui sont sanctifiés, mis à part, pleinement consacrés à Dieu, doivent tout d'abord être lavés ou justifiés -— étant soit réellement, effectivement purifiés du péché,

280 L'Esprit de la réconciliation

soit considérés comme, purifiés — “ justifiés par la foi”. La justification réelle sera la voie suivie par le monde pendant le Millénium pour aller à Dieu, sous la direction du grand Médiateur et avec son assistance ; cette justification fera partie de l'œuvre progressive de la Réconciliation. La justification supposée (considérée comme telle (“reckoned”—Trad.), c'est-à-dire la justification par la foi, constitue l'arrangement qui opère pendant cet Age de l'Evangile, et par lequel nous qui sommes des pécheurs par nature, n'ayant aucune perfection dans la chair, nous sommes considérés comme étant purs, saints, justifiés, et agréables à Dieu parce que nous avons accepté Christ comme notre Rédempteur. Nous croyons le témoignage scriptural disant que “ Christ mourut pour nos péchés selon les Ecritures ” ; et croyant cela, et désirant échapper au péché, nous sommes acceptés par Dieu comme si nous étions parfaits, sans péché, comme si nous étions justifiés par les mérites du précieux sang. Etant ainsi justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, nous pouvons nous approcher de lui, et nous serons reçus par lui ; nous pouvons alors commencer à faire des œuvres agréables au Père par les mérites de notre Seigneur Jésus Christ. La preuve que nous avons de notre justification et de notre sanctification nous vient par le moyen de la Parole ; elle est appelée le “ sceau ” et le témoignage ” de-l'Esprit en nous.

 La puissance qui nous permet de vivre à la hauteur de nos vœux de consécration est le saint Esprit ou la sainte disposition de Dieu que nous recevons comme résultat de notre foi en Christ, et de notre consécration faite pour être “ morts avec lui ”. L'Esprit de la vérité que nous obtenons par l'étude de la Parole de notre Père, en nous soumettant à elle par notre esprit d'obéissance, nous procure la force nécessaire pour vaincre le monde et nos propres appétits pervertis. Voilà pourquoi le texte que nous étudions déclare que toute la purification que nous

281 Son baptême, son témoignage et son sceau281

avons expérimentée, toute notre justification et toute notre mise à part pour la justice (“righteousness”), et notre séparation du péché — toutes les victoires et bénédictions dans ces directions nous sont venues par les mérites de notre Seigneur Jésus et par le canal de l'Esprit de sainteté, de l'Esprit de Dieu, que nous avons reçu. D'autres passages des Ecritures sont en parfait accord avec ces constatations. Le même Apôtre Paul priait pour l'Eglise : “ Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement” (1 Thess. 5 : 23). Il ne contredit pas l'affirmation précédente que c'est le saint Esprit de Dieu qui sanctifie. C'est Dieu qui sanctifie, et le moyen, la méthode ou le canal qu'il emploie est son saint Esprit et non pas une autre personne.

 L'Apôtre Pierre déclara que l'Eglise est “ élue [choisie] par la sanctification [en sainteté— D. Trad.], [mise à part] de l'Esprit pour l'obéissance” (1 Pi. 1 : 2). Selon la pensée exprimée ici, ceux que Dieu reconnaît maintenant comme ses élus (qui sont exhortés à assurer leur appel et leur élection) sont choisis, non pas arbitrairement, mais selon des principes fixés; autrement dit, si le saint Esprit (l'influence de la Vérité) de Dieu opérant sur eux les conduit à une entière obéissance (sanctification) la volonté, au plan et à la Providence du Père, alors, ils constitueront les élus.

 L'Apôtre Paul, dans une autre de ses épîtres (Eph.5 : 26), attribue à la Parole de Dieu, cette puissance de sanctification et de purification agissant dans l'Eglise, disant : Christ a aimé l'Eglise et s'est donné lui-même pour elle, afin qu'il la sanctifiât en la purifiant par le lavage d'eau par la parole”. Nous ne devons pas supposer que l'Apôtre contredit ici sa déclaration antérieure, selon laquelle c'est Dieu qui sanctifie l'Eglise, pas plus qu'il ne contredit son autre affirmation à savoir que c'est l'Esprit de Dieu qui sanctifie l'Eglise. Dans chacun de ces exemples, la pensée claire et sûre de l'Apôtre est que

282 L'Esprit de la réconciliation

 Dieu a voulu que ce fût son saint Esprit, agissant par la Parole de sa vérité, qui produise en nous la purification, la justification, la sanctification. —

 Ainsi, Jésus également pria-t-il: “Sanctifie-les par ta Vérité : Ta Parole est la vérité” (Jean 17 : 17); Nous voyons donc que les divers passages de l'Ecriture à ce sujet, pris ensemble, enseignent que la sanctification de l'Eglise est accomplie par l'Esprit de la Vérité, communiqué aux consacrés par la Parole de Dieu donnée par Dieu dans ce dessein même.

 Tous ceux qui sont ainsi sanctifiés sont désormais de “ nouvelles-créatures en Christ Jésus ”, et c'est à eux qu'il est parlé comme à des gens qui “ sont sanctifiés en Christ” 1 Cor. 1 : 2). Toutefois, cette sanctification en Christ ne se fait pas sans le concours de l'Esprit de Dieu, ni sans celui de la Parole de Dieu ; car c'est parce que nous avons accepté le plan de Dieu et ses dispositions, c'est parce que nous sommes venus à la sanctification de l'Esprit, que nous sommes un avec Christ, notre Seigneur. Ceci est encore confirmé par l'Ecriture qui dit : “ Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d'un [un esprit, une disposition, engendrés de l'Esprit de Vérité] ; c'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères” (Héb. 2: 11). c'est ainsi que nous sommes “ lavés, sanctifiés, justifiés, au nom de notre Seigneur Jésus et par l'Esprit de notre Dieu”, l'Esprit de Vérité.

 SOYEZ REMPLIS DE L'ESPRIT

 “ Soyez remplis de l'Esprit, vous entretenant par des psaumes, des hymnes, et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur, rendant toujours grâces pour toutes choses”.— Eph. 5 : 18-20.

 Ce passage donne à entendre que le. peuple du Seigneur peut avoir un plus ou moins grand degré de son Esprit ou la plénitude de son Esprit. Pour lui appartenir, il faut

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avoir quelque peu de son Esprit, car “ si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui” (Rom. 8 : 9). Il dépend largement de nous, si nous utilisons les moyens que Dieu nous a fournis, d'être plus ou moins remplis de son Esprit, de sa disposition, de son influence, l'Esprit ou influence de sa Vérité qu'il a révélée dans le dessein même de sanctifier notre cœur et notre vie, et de nous séparer de ceux qui ont l'esprit du monde. Rien dans ce texte et dans d'autres semblables ne renferme la pensée d'un saint Esprit en personne, mais bien le contraire. Si le saint Esprit était une personne, il serait illogique d'exhorter le bénéficiaire à en être plus ou moins rempli. La personne qui pourrait entrer dans une autre pourrait seule faire le remplissage ; si elle est grande, elle remplira d'autant plus; si elle est petite, elle remplira d'autant moins. Si le saint Esprit était conçu comme étant une personne, une des personnes d'une trinité de Dieux, égale au Plus Grand, on ne peut imaginer comment il pourrait s'introduire tout entier dans le petit réceptacle d'un homme imparfait, et comment il ne remplirait encore que partiellement ce petit cœur humain. Mais lorsque l'on comprend la pensée exacte que le saint Esprit est la puissance, l'influence de Dieu, alors l'exhortation de l'Apôtre est tout à fait raisonnable. Nous devons toujours nous efforcer d'être remplis du saint Esprit ou de la sainte disposition de notre Dieu, selon l'exemple merveilleux que nous avons dans la personne et l'obéissance de notre cher Rédempteur, son Fils Unique engendré. Cette pensée d'être rempli du saint Esprit est d'accord avec la suggestion de l'Apôtre en un autre passage, à savoir que notre corps mortel est comme un vase fêlé, fendu, défectueux auquel Dieu accorde sa grâce d'être rempli de Son saint Esprit. Connaissant donc toutes nos imperfections et la possibilité de laisser échapper de nous-mêmes la sainte influence inspirée de Dieu par l'Evangile, nous devons donc, selon la suggestion de Paul, prêter

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davantage attention, de crainte que ces choses ne glissent loin de nous, parce que nous avons ce trésor [le saint Esprit, l'esprit renouvelé en harmonie avec Dieu] dans des vases de terre” (Héb. 2: 1 ; 2 Cor. 4:7). Il appartient "à tous ceux qui veulent, marcher sur les traces de notre Maître, qui désirent participer aux souffrances de Christ, et à la gloire qui suivra, de chercher dans la voie du Seigneur, à être remplis de son Esprit. A cette fin, nous devons nous tenir intimement auprès du Seigneur et des compagnons membres de son corps — intimement en sympathie, en amour, en collaboration ; et nous avons aussi besoin de nous tenir près de la Parole, qui est .la source de l'influence sanctifiante pour toute l'Eglise, “ Sanctifie-les par ta Vérité : Ta Parole est la Vérité ”. C'est en vain que nous cherchons à être remplis de l'Esprit, si nous négligeons de prêter attention à l'arrangement divin prévu à cette fin même. Si nous négligeons la Parole de Dieu, nous négligeons cette puissance sanctifiante. Si nous négligeons la prière, nous négligeons un autre privilège, et l'assistance qu'elle apporte. Si nous négligeons de nous rassembler avec ceux qui constituent le peuple du Seigneur, et dans lesquels nous voyons le “ sceau ” de cet Esprit, nous manquerons de tirer les bienfaits et les secours que “ chaque jointure fournit ”, y compris l'appui que Dieu a promis à l'Eglise, dans son ensemble, par divers membres qu'il a placés dans le corps pour exposer sa parole et obtenir par elle son pouvoir ou Esprit sanctifiant. — 1 Cor. 12 : 25-28 ; Eph. 4 : 16.

 L'exhortation: Soyez remplis de l'Esprit” veut donc dire beaucoup : elle implique que nous devrions faire usage des diverses dispositions (ou arrangements ” — Trad.) et ressources que le Seigneur a préparées pour notre développement spirituel. Bien que nous ne puissions avoir de contact personnel avec le Seigneur, nous pouvons avoir des rapports avec lui par la prière, par les membres de son corps, et par les Ecritures. Quoique nous

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ne puissions avoir de contact réel avec les Apôtres, nous pouvons en avoir avec leurs écrits. Si nous ne pouvons avoir de contact effectif et de communion, personnelle avec les membres de l'Eglise, nous pouvons avoir des rapports avec eux par la poste et par le moyen des imprimés. Si nous désirons être remplis de l'Esprit du Seigneur, nous devons obéir à ces instructions, tes siennes.

 LE SCEAU DE L'ESPRIT

 “ En qui [Christ] vous avez espéré, ayant entendu la Parole de la Vérité, l'évangile de votre salut ; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage ”. — Eph. 1 : ],3, 14.

 Autrefois, on utilisait les sceaux à plusieurs fins :

(1)        comme cachet ou signature, comme marque d'authenticité ou de ratification.

(2)        Pour rendre quelque chose secret, pour garantir contre l'indiscrétion, comme par exemple en Matth. 27 : 66 ; Apoc. 10 : 4 ; 20 : 3.

 C'est dans le premier de ces sens qu'il est dit des membres du peuple de Dieu qu'ils sont “ scellés du saint Esprit de la promesse ”. L'Apôtre ne dit pas, comme certains semblent le supposer, que nous avons été scellés par le saint Esprit sous forme d'une personne, la soi-disant troisième personne d'une trinité de Dieux égaux : il déclare que nous avons été scellés “ du saint Esprit de la promesse ”, ce qui est une pensée tout à fait différente, comme chacun s'en rendra, compte. Le saint Esprit vient du Père qui, par Christ, marque du sceau avec le saint Esprit, lequel est lui-même le sceau. Ceci est attesté par l'Apôtre (Actes 2 : 33) et est en plein accord avec l'exposé de la Parole que notre Seigneur Jésus fut le premier membre de la maison des fils à être marqué du sceau de cette manière. Nous lisons en effet: “ C'est lui que le Père, Dieu, a scellé-” (•) avec le saint Esprit. — Jean 6 : 27.

(*) Segond : “ marqué de son sceau ” Trad.

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 L'expression Esprit de la promesse ” a un sens descriptif comme d'autres termes désignant la sainte influence de Dieu, tels que, l’ ” Esprit de sainteté ”, “ l'Esprit dé Vérité ” : elle montre qu'il y a une relation ou liaison entre cette marque du sceau et la promesse que Dieu nous a donnée. C'est une preuve ou attestation faite à l'avance, de l'alliance de Dieu avec celui qui est scellé ”, que “ les excessivement grandes et précieuses promesses ” des choses “ que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment [suprêmement] ” sont vraies et qu'il héritera ces bénédictions promises après qu'il aura enduré fidèlement les mises à l'épreuve auxquelles son amour et son dévouement auront été soumis par Dieu.

 L'Apôtre fait encore allusion à cette même marque du sceau plus loin dans la même épître et là, il identifie la promesse ” avec “ le jour de la délivrance (Eph. 4 : 30). En d'autres termes, donc, le sceau de l'Esprit de la promesse jusqu'au jour de la délivrance n'est qu'une autre forme d'expression de la pensée que nous (l'Eglise) “ avons les prémices de l'Esprit ” — les arrhes pour ainsi dire ratifiant le contrat ou alliance entre l'Eternel et nous, nous assurant que si nous ne nous relâchons point, nous hériterons intégralement de la promesse. Ce sceau de parenté par alliance, ce sceau de la filiation donnant droit à l'héritage, n'est pas un signe extérieur apposé sur notre front, ni une marque ou, manifestation de la faveur de Dieu dans les affaires terrestres, la prospérité selon le monde ; ce n'est pas non plus maintenant, ni ne fut jamais la possession des “ dons ” de guérir, ou de parler en langues, etc., car beaucoup de ceux qui possédèrent ces “ dons” miraculeux manquaient du sceau et du témoignage de l'Esprit. — Actes 8 : 13-23 ; 1 Cor. 13 : 1-3.

 Le sceau ou gage du saint Esprit est dans le cœur de celui qui est scellé ; c'est pourquoi nul ne le sait, si ce n'est celui qui le reçoit (Apoc. 2 : 17), sauf que les autres

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peuvent en voir les fruits dans sa vie quotidienne. “ Or, celui qui nous lie fortement à vous en Christ et qui nous a oints, c'est Dieu qui aussi nous a scellés et nous a donné les arrhes de l'Esprit dans nos cœurs”. — 2 Gor. 1 : 21, 22.

 Ces arrhes ou ce sceau de filiation, c'est l'Esprit d'amour qui est d'accord avec le Père et tous ses saints arrangements, criant : Abba, Père ! mes délices sont de faire ta volonté, ô mon Dieu ! Celui qui a ce sceau ou cette marque de filiation est quelqu'un qui, non seulement cherche à faire la volonté du Père, mais qui, en la faisant, ne la trouve “ point pénible ” mais agréable. — 1 Jean 5:3.

 L'Esprit de filiation ou l'esprit qui scelle les fils (la possession des prémices ou des arrhes de l'héritage futur), c'est .donc un des témoignages les plus formels, (“ advanced”) de l'Esprit — le meilleur même des expériences chrétiennes de la vie présente. Avant d'atteindre ce degré d'expérience, il faut que nous recevions une part de l'onction en entrant dans le corps oint de Christ, l'Eglise, en étant engendrés de l'Esprit de Vérité pour la sanctification de notre esprit afin de connaître et de faire la volonté de l'Eternel. Cette expérience vient après que nous avons été vivifiés de l'Esprit pour le service de la justice : cela constitue une preuve, pour ainsi dire, que nous sommes passés de la condition d'embryon à celle où Dieu peut nous considérer comme les Fils et nous sceller comme tels.

 Comme tous les croyants devraient chercher à venir sous l'influence de l'onction et de l'engendrement du saint Esprit de Dieu, l'Esprit de la Vérité, de même tous ceux qui ont ainsi été engendrés de l'Esprit comme fils devraient chercher à atteindre cette position de l'harmonie parfaite avec le Père, qu'il peut reconnaître et marquer de son sceau. Etant parvenus à cette position, que tous aient soin de ne pas endommager ou obscurcir le sceau, de ne pas éteindre ou détruire ce précieux

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trésor, ni de changer cet esprit d'amour et de joie dans le saint Esprit d'association et de communion en un esprit d'assoupissement, d'obscurité, de chagrin. L'effort constant de tous ceux qui le reçoivent devrait être de ne pas détériorer ce sceau, mais de le garder toujours brillant et Intact.

 

 ETUDE X

 L'ESPRIT DE SOBRE BON SENS