ETUDES

dans les

ECRITURES

 

 

“ Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, qui va croissant jusqu'à ce que le plein jour soit établi ”

 

VOLUME III

 

QUE TON RÈGNE VIENNE

 

“ Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les Cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. ”

Daniel 7 : 27 ; Apoc. 5 : 10

 

 

Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque

R. G. JOLLY, Fondé de pouvoir

Philadelphie, Pie, E.U.A.

Edition Française 1954

 

 * * *

 

CETTE OEUVRE EST DEDIEE

Au Roi des Rois et Seigneur des seigneurs

dans l'intérêt de

SES “ SAINTS ” CONSACRES

qui attendent l'adoption

- et de -

“ TOUS CEUX QUI, EN QUELQUE LIEU QUE CE SOIT, ”

“ INVOQUENT LE NOM DE NOTRE SEIGNEUR ”,

“ A LA FAMILLE DE LA FOI ”

- et à -

LA CREATURE QUI SOUPIRE ET SOUFFRE LES

DOULEURS DE L'ENFANTEMENT, EN ATTENDANT

LA REVELATION DES FILS DE DIEU.

“ Pour qu'il apparaisse clairement à chacun, quelle est la

dispensation du mystère caché en Dieu dès le commen-

cement des siècles ”, “ selon les richesses de la grâce

de Dieu qu'il a répandue avec abondance sur

nous par toute sorte de sagesse et d'intel-

ligence, nous faisant connaître le secret

de sa. volonté par un effet de sa

bienveillance, selon qu'il l'avait

auparavant résolu en lui-

même qu'à la dispen-

sation des temps

accomplis, il réunît

toutes choses en

Christ. ”

Eph. 3 : 4, 5, 9 ; 1 : 8-10

 

 Copyright 1937

 

 Propriété littéraire

 du Mouvement Missionnaire Intérieur laïque

 R. G. Jolly Fondé de pouvoir

 Philadelphie (Pie) E.U.A.

 

 

 

 INTRODUCTION DE L'EDITEUR

 

 Le vaste champ de Vérité parcouru dans le présent Volume, le troisième des ETUDES DANS LES ECRITURES, est principalement un champ de prophétie non pas celui de toute la prophétie, mais spécialement des parties de la prophétie traitant de la période s'étendant entre les années 1799 et 1914. Le livre fut commencé en 1889, immédiatement après que le Volume II eut été mis sous presse. A part quelques légers changements (*)(*) [ Dans l’édition anglaise – Trad. ] que permirent les clichés, il donne donc les vues de l'Auteur telles qu'elles furent développées jusqu'au moment de son impression, en 1891. Il expose une étonnante portion de nombre des prophéties dont il traite — celles de la période pertinente accomplies avant que l'Auteur écrive, celles d'entre elles en voie d'accomplissement au moment où il écrivait et celles qui devaient encore s'accomplir vers 1914. Les positions générales du volume, avec la plupart de leurs détails, ont résisté avec succès à l'épreuve du temps, parce que véridiques, ce dont ses amis se réjouissent.

 Que des pensées prématurées y aient été exprimées, il fallait s'y attendre, d'autant plus qu'il fut écrit à une époque où à, peine un tiers du temps de la moisson s'était écoulé, durant laquelle la vérité (Prov. 4 : 18) comme nourriture au temps convenable se développait rapidement et cela sur une échelle d'une ampleur inaccoutumée. Au fur et à mesure que la moisson progressait, la compréhension des sujets traités dans ce volume s'accroissait chez l'Auteur et il put remarquer la plupart de ces “ immaturités ”, l'une après l'autre et les rectifier dans le livre même, dans la mesure où les clichés le permettaient. Certaines ne purent être corrigées par lui sur les clichés. Il le fit à un moment propice dans THE TOWER (La Tour – Trad.), dans ses sermons publiés et dans des discussions verbales. Son ministère étant limité à la Parousie et à sa partie chevauchant l'Epiphanie, il n'eut pas le privilège de pénétrer et de corriger ces immaturités qui ne pouvaient être clarifiées que pendant l'Epiphanie. Le Seigneur les redresse maintenant, dans l'Epiphanie, au fur et à mesure que le temps les révèle. Les principales d'entre-elles sont rendues claires dans les notes et indubitablement, si certaines restent encore confuses, elles deviendront plus claires au propre temps dans le développement de l'Epiphanie.

 La nouvelle composition typographique a fourni l'occasion d'incorporer au texte les interprétations plus mûres de l'Auteur partout où cela a été possible sans trop d'altération de la rédaction. Quand cela n'a pu être fait, par exemple aux trois pages 223-225 (dans le texte anglais Trad.) traitant de la parabole du denier, la chose est expliquée dans les notes réunies dans l'Appendice. L'Editeur pense que ces notes augmenteront la valeur du livre très profond et très utile auquel elles sont annexées. [Suivent douze lignes qui n'intéressent que l'édition anglaise Trad.].

 L'Editeur éprouve beaucoup de joie d'avoir le privilège, par la providence du Seigneur, de donner de nouveau à l'Eglise ce volume d'ETUDES DANS LES ECRITURES, et il le fait en priant le Seigneur de le bénir pour le Petit Troupeau, la Grande Foule, les Jeunes Dignes et les sympathisants non-consacrés, prière à laquelle il invite les lecteurs à participer. Avec ses fraternelles salutations, l'Editeur signe lui-même comme

 Leur frère et serviteur,

 PAUL S. L. JOHNSON

 

 Philadelphie, Pie, 1er janvier 1936.

 

 PREFACE DE L'AUTEUR

 CE VOLUME fut écrit en 1890 ; depuis de nombreuses éditions se sont succédées en diverses langues ; nous espérons que d'autres éditions suivront. Des milliers d'enfants consacrés de Dieu ont attesté que, grâce à ce volume, ils ont bu à longs traits à la source des Eaux Vives la Parole de Dieu. Nous croyons que la bénédiction continuera à se répandre jusqu'à ce que, par le moyen du Royaume, la connaissance de la gloire de Dieu remplisse toute la terre comme les eaux couvrent le fond des mers.

 Quoique nous niions tout ce qui s'apparente à l'inspiration dans le contenu des ETUDES DANS LES ECRITURES, néanmoins nous sommes heureux que, du fait que nous sommes à l'aurore de la Nouvelle Dispensation, la lumière de la Vérité luit si clairement et le Plan de Dieu est si manifeste qu'il y aurait à peine besoin de changer un mot de ce Volume si on l'écrivait aujourd'hui, c'est-à-dire 26 ans plus tard [1916].

 Le Temps de la Fin a confirmé cela au fur et à mesure que les années se sont écoulées et spécialement depuis que nous sommes entrés chronologiquement dans le grand Septième Jour. L’œuvre de la Moisson a progressé et progresse toujours, bien qu'à un moment donné nous supposions qu'elle aurait été complètement terminée avec la fin des Temps des Nations. Cela était une simple supposition qui s'est trouvée non fondée ; car, depuis octobre 1914, la faucille de la Vérité a continué d'être lancée et le grain mûr a continué d'être rassemblé comme jamais auparavant. En vérité, la grande Guerre Mondiale a réveillé l'humanité à un degré remarquable et l'indépendance de la pensée s'est accentuée plus que jamais auparavant. Tout ceci contribue à briser les liens de l'ignorance, de la superstition et des préjugés, à libérer ceux qui désirent connaître et faire la volonté du Seigneur et marcher sur les traces de Jésus.

 Nous sommes heureux de toutes les occasions de servir notre grand Roi dans le rassemblement des Elus avec Lui, et dans la Vérité. Nous sommes heureux de voir que d'autres viennent à la Vérité et se préparent pour les “ noces ”. Evidemment la “ porte ” n'est pas encore fermée bien que nous présumions qu'avant longtemps (un ou deux ou trois ans peut-être), le nombre des Elus sera au complet, que tous auront passé au-delà du Voile et qu'alors la porte sera fermée.

 Nous reconnaissons que le rétablissement d'Israël ne s'est pas accompli aussi rapidement que nous le pensions. Néanmoins, les Juifs de Palestine semblent jusqu'ici avoir trouvé un excellent refuge dans leur pays et assurément, nombre de leurs coreligionnaires des pays ravagés par la guerre, en particulier la Pologne, auraient été heureux d'être rentrés en Palestine quand ils le pouvaient, Il est difficile de dire quelle sera l'influence finale de la guerre sur les intérêts d'Israël, c'est pourquoi, nous devons attendre et observer. Les rudes épreuves par lesquelles passent les Juifs paraissent devoir décider un nombre considérable d'entre eux à se diriger vers leur véritable patrie. Nous n'avons cependant jamais pensé que tous les Juifs y rentreraient, mais seulement une partie représentative d'entre eux, comme ce fut le cas lors du retour de la captivité de Babylone - seulement 52 000 Juifs rentrèrent alors, bien que le nombre de ceux qui avaient été emmenés captifs à Babylone eût été très grand.

 Les Juifs qui rentreront représentent la classe de ceux qui ont une entière foi dans le Seigneur et dans Ses promesses ; certainement, ils seront traités par Dieu comme s'ils formaient la nation tout entière. Nous rappelons à nos lecteurs que lorsque ce Volume fut écrit, les Juifs ne pensaient guère à retourner en Palestine. Depuis lors, le Sionisme a pris naissance et s'est implanté profondément dans le cœur des Israélites. Au début, ce mouvement était purement profane, mais graduellement il est devenu religieux par ses sentiments et ses espérances. La Grande Pyramide d'Egypte expliquée dans ce Volume n'a rien perdu de son intérêt pour l'auteur. Son Passage Descendant représente toujours figurément la marche descendante de l'humanité sous le règne du péché et de la mort.

 Le Premier Passage Ascendant représente toujours la Dispensation de la Loi, l'Alliance de Dieu faite avec Israël au Sinaï et la conduite de ce peuple sous la domination de cette Loi. La Grande Galerie représente toujours les hauteurs élevées des enseignements de Christ et de Ses disciples durant l'Age de l'Evangile. La marche à l'extrémité supérieure de la Grande Galerie représente toujours un changement marqué dans les affaires du monde, élevant l’homme à un plan plus élevé. La liaison entre le sommet de la Grande Galerie et les espaces situés au-dessus de la Chambre du Roi représente toujours la présence spirituelle de notre Seigneur dans la Moisson de cet Age qui commença en 1874.

 Nous n'avons jamais essayé de mettre la Grande Pyramide, appelée parfois la Bible en pierre, en parallèle ou sur un pied d'égalité avec la Parole de Dieu telle qu'elle est représentée par les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testaments les Ecritures ayant toujours la prédominance sous le l'apport de l'autorité. Nous croyons toujours, cependant, que la structure de cette Pyramide, si différente de celle de toutes les autres fut, dans le dessein et l'intention du Seigneur, une Pyramide et un témoin au milieu et sur la frontière du pays d'Egypte (Esaïe 19 :19). Elle raconte certainement une histoire très différente de tout autre art ou relique transmis par son lointain passé.

 Sa merveilleuse corroboration du Divin Plan des Ages est étonnante pour, quiconque la saisit vraiment. Elle devrait être lue avec un intérêt aussi vif que dans la première édition, parce que ses leçons n'ont été ni retouchées ni changées. Nous croyons que les nouveaux lecteurs de ce Volume en retireront autant de riches bénédictions que les premiers lecteurs, et qu'ainsi, ensemble, nous pourrons glorifier Dieu et nous réjouir des trésors de lumière et de réconfort qu'Il nous accorde sur le chemin qui mené à l'inauguration du glorieux Royaume de Son Fils bien-aimé.

 Le Royaume du Messie est parfois appelé le Royaume de Dieu, car si ce royaume est strictement sous la direction du Messie, toutes ses lois, ses règlements et ses jugements sont rigoureusement conformes à l'arrangement divin qui est invariable. Ainsi donc, lorsque nous prions : “ Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ”, nous devrions exprimer le désir que la Loi et le Gouvernement parfaits de notre Père céleste s'établissent et dire notre espoir et notre attente de la venue du règne millénaire de Christ qui triomphera de la rébellion de la terre et ramènera l'humanité à une harmonie parfaite avec Dieu, comme le sont les anges des cieux dans leur perfection.

 L'inauguration du règne messianique se déroule suivant différentes étapes. Tout d'abord, pendant Sa Parousia (présence), le Jésus glorifié réveille ou ressuscite les membres du Corps de Christ qui dorment. Cet acte est la première manifestation exécutive de la grande Personnalité que Dieu a souverainement élevée, l'héritier de la grande promesse abrahamique. Ses membres doivent être au complet avant qu'Il assume officiellement ses fonctions de Roi du monde. La Parole inspirée nous dit en effet : “ Quand Christ, notre Vie, paraîtra, alors nous paraîtrons aussi avec Lui dans la gloire ” (Col. 3 : 4). Après cette première étape, le Maître s'occupera des membres encore vivants de Son Corps, l'Eglise. La parabole des mines et celle des talents nous ; font voir comment le Maître jugera tous Ses disciples consacrés, pour déterminer ceux qui sont dignes ou indignes d'entrer dans le Royaume ; et le nombre complet sera atteint et glorifié, “ changé ” par la résurrection, car “ la chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume de Dieu ”, (1 Cor. 15 : 50). Alors sera assumée la domination du monde ; Celui qui est glorifié demandera à son Père et recevra de Lui toutes les nations pour héritage et les extrémités de la terre pour possession. “ Il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie ” - Ps. 2 ; Apoc. 2 : 27.

 Le moment où le Fils de l'homme se révélera au monde en prenant possession de son pouvoir et le moment où il laissera le monde passer par la grande épreuve de l'anarchie est proche certainement. Il y aura, après la guerre, un grand triomphe de l'église établie. Catholiques et protestants participeront à ce triomphe et les princes de la finance et les politiciens l'encourageront, espérant par là maintenir leur propre pouvoir. A ce moment-là, nous pouvons attendre une forte opposition de l'église établie contre les vrais fidèles disciples de Jésus ayant pour résultat de sérieuses persécutions, peut-être même jusqu'à, la mort. Mais ce triomphe de Babylone sera de courte durée. Bientôt la sentence déjà prononcée sera exécutée, et Babylone tombera comme une grande meule de moulin dans la mer, dans l'anarchie, dans la destruction pour ne plus réapparaître.

 Peu de temps après, selon la figure de la Bible, nous pouvons attendre l'effondrement total de notre civilisation actuelle. Mais le moment de la détresse suprême des humains sera le moment propice où Dieu interviendra. Le Messie, les Elus de Dieu, prendront la direction de toutes choses et diront paix aux peuples déchaînés ; Ils feront jaillir l'ordre de la confusion, ils remplaceront les pleurs par la joie et le désespoir par des actions de grâces. Le Royaume du Messie naîtra ainsi dans un terrible travail ; néanmoins les résultats glorieux compenseront et bien au-delà le “ temps de détresse, tel qu'il n'y en a point eu depuis qu'il existe une nation ”. Il nous est dit ainsi que “ l'objet du désir de toutes les nations viendra ”. Aggée 2 : 7.

 Puissent ces pages apporter encore une bénédiction aux enfants de Dieu, et honorer son nom, telle est la prière de l'auteur.

 Charles Taze Russell.

 Brooklyn, N.-Y. , 1er octobre 1916

1

QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE I

“ QUE TON RÈGNE VIENNE ”

* * *

 

Importance du Royaume. --- Les classes de personnes qui s'y intéressent. — Les classes qui s'y opposent et leurs motifs. — La proximité du Royaume. — Sa gloire céleste. — Son établissement actuel.

* * *

 L’ Evènement le plus important de l'histoire du monde est l'établissement du Royaume de Dieu parmi les hommes par notre Seigneur Jésus et par ses cohéritiers, les élus, les vainqueurs de l'Eglise de l'Evangile. Dans les précédents Volumes des Etudes dans les Ecritures, nous avons vu que toutes les promesses de Dieu et tous les types de la Bible convergeaient vers ce grand événement qui, aujourd'hui, est non seulement proche, mais imminent. Tous ceux qui ont conscience de ces faits, qui les comprennent en tout ou en partie, qui se réjouissent du grand divin Plan des âges, qui voient que le grand remède de Dieu pour le péché, la misère et la mort de la création gémissante doit être appliqué par ce Royaume, ne peuvent faire autrement que d'éprouver un intérêt profond dans le fait, le temps et la manière de, son établissement.

 Tous ceux qui ont véritablement foi en l'accomplissement de la prière que nous a enseignée notre Seigneur Lui-même : “ Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ”, doivent désirer toujours plus ardemment la réalisation de leur prière, exprimée du fond du cœur, en esprit et en vérité.

 Nous sommes certain que si le monde lui-même pouvait comprendre le véritable caractère de ce Royaume, il l'acclamerait de suite comme il le fera, mais plus tard seulement, lorsqu'il comprendra que c'était là la bénédiction si longtemps cherchée, les précieuses faveurs de l’ âge d'or millénaire si longtemps désirées.

2

 Mais il est possible qu'une classe générale de gens pourrait être opposée à ce gouvernement de Justice ; ce sont ceux qui n'aiment pas la règle d'or, et qui, au lieu d'aimer leur prochain comme eux-mêmes, préfèrent l'opprimer, le pressurer, méconnaître ses droits, le frustrer de son salaire légitime, et le priver du confort dû équitablement au travailleur, afin de jouir luxueusement et égoïstement de leurs richesses au-delà de tout désir légitime du cœur et de toute raison (Jacq. 5 : 1-9). Ceux-là se cramponnent désespérément à l'ordre social actuel et redoutent instinctivement le Royaume promis du Messie. Leur désir finit par engendrer la pensée que ce Royaume ne viendra jamais. David avait déjà dit “ Ils s'imaginent que leurs maisons seront éternelles, que leurs demeures subsisteront d'âge en âge, eux dont les noms sont honorés sur la terre... Telle est leur voie, leur folie et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours ”. Ps. 49 : 12, 14.

 Nombre de ces gens ignorent le témoignage unanime des prophètes à l'égard de ce Royaume, ou n'y croient pas, cependant la Parole dit de ce Royaume que “ Dieu en a parlé anciennement par la bouche de tous ses saints prophètes ” (Actes 3 : 21). Nombreux Sont ceux qui craignent ce Royaume, et qui instinctivement se rendent compte que si Dieu établit son Royaume, ce sera un règne de justice ; or, si la justice régnait il est probable que beaucoup de dirigeants et souverains actuels prendraient la place de leurs sujets ou même seraient jetés en prison ; beaucoup de grands, de dominateurs et de riches de ce monde seraient probablement dépouillés de leurs honneurs et de leurs richesses mal acquises ; contemplés sous leur véritable aspect, ils apparaîtraient vils.

3

Tous ceux-ci craignent le Royaume et cependant ils ne croient pas au témoignage qu'il n'y a “ rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu ” (Matth. 10 : 26). Ces indignes personnages sont les intendants injustes de richesses et de pouvoirs qu'ils ne savent finalement pas gérer prudemment comme l'économe dont le Seigneur loue la prudence (Luc 16 : 1-9). A cette classe de personnes vient s'ennnnnnnnnnnnnnnutre plus nombreuse sans laquelle elle tomberait. Cette dernière classe est composée de ceux qui, actuellement peut-être, ne possèdent que des honneurs, des fonctions et des richesses modestes, mais qui espèrent (si invraisemblable cela soit-il) parvenir un jour au luxe, devenir les chefs enviés des “ vulgaires ”. Combien sont vils ces gens-là ! ils sont les esclaves de leur vanité égoïste et les jouets de leur fortune instable. Et parmi eux — ce n'est que trop vrai, hélas ! — il y en a qui portent le nom de Christ, l'ami du pauvre, et qui des lèvres seulement demandent le pain quotidien et prient avec une dérision solennelle “ Ton Royaume vienne ”, tandis que tous leurs regards, leurs actes et leur conduite avec leurs semblables montrent combien ils aiment le présent ordre de choses injuste et comment, se plaisant dans l'injustice, ils ne verraient pas avec joie venir le règne de Christ.

 En contraste frappant avec l'attitude de nombreuses personnes qui se déclarent enfants de Dieu, n'est-il pas étrange de trouver souvent des “ Socialistes ” et d'autres qui rejettent le christianisme et avec lui trop fréquemment la Bible, et toute foi dans une religion révélée, et qui cependant saisissent quelques-uns des principes fondamentaux de la justice et reconnaissent la fraternité commune des hommes, etc., ainsi que certains de leurs écrits le montrent de très belle façon.

4

 Ils semblent — en luttant pour les obtenir — espérer l'égalité sociale et les conditions généralement favorables que les Ecritures annoncent à différentes reprises comme devant être réalisées sur la terre par l'établissement du Royaume de Christ, lorsque la volonté de Dieu sera faite sur la terre. Et cependant, pauvres socialistes, nous devons convenir que l'attitude de beaucoup d'entre eux provient essentiellement de leur pauvreté, du fait qu'ils se sentent privés du confort et des avantages de la richesse, plutôt que de leurs principes proprement dits, car le jour où ils héritent ou acquièrent une grosse fortune, ils abandonnent généralement leurs théories socialistes.

 Que les saints qui prient : “ Que ton règne vienne que ta volonté soit faite sur la terre ” se conduisent avec beaucoup de circonspection de peur que leurs prières ne soient de vaines redites hypocrites, à l'accomplissement desquelles leur cœur et leurs aspirations sont opposés. “ Je te jugerai sur tes paroles ” Est l'expression d'une des sentences les plus sévères et les plus pénétrantes prononcées par le Juge contre de nombreux individus qui ont prétendu être ses serviteurs et affirmé leurs désirs de voir l'établissement de son Royaume de justice et d'amour. Ainsi donc, que tous ceux qui prononcent cette prière et qui croient à la venue du règne de la justice mettent leurs actions et leurs paroles en harmonie avec ses justes préceptes.

5

 Ceux qui ont saisi la force des enseignements des volumes précédents savent que le Royaume de Dieu n'aura pas une apparence extérieure et visible de splendeur terrestre, mais de puissance et de gloire divines. Ce royaume est déjà entré dans la phase de sa réalisation pratique, bien qu'il n'ait encore conquis ou renversé aucun des royaumes de ce monde dont la permission de régner n'est pas encore à son terme ; il n'est donc pas encore entré en pleine possession de la royauté sur la terre. L'établissement du Royaume progresse cependant, comme l'indiquent les signes des temps, aussi bien que les prophéties examinées dans le volume précédent et d'autres qui le sont dans ce volume-ci.

 Dans les chapitres suivants, nous présenterons des prophéties indiquant diverses phases de la préparation de l'Eglise nominale et du monde en vue du Royaume, et nous attirerons l'attention sur quelques-uns des changements prodigieux qui, selon la Parole, doivent avoir lieu pendant l'établissement du Royaume. Rien ne saurait avoir une importance et un intérêt comparables aux yeux des saints vivant actuellement ; leur ardent désir est d'avoir une part dans ce Royaume, ils s'efforcent d'être engagés par le Maître, le Chef moissonneur et Roi pour travailler avec lui dans l’œuvre qui doit s'exécuter maintenant et qui progresse rapidement.

 

SORS DE TA TRISTESSE !

 

Fille de Sion, viens, sors de ta tristesse !

Car de tes oppresseurs l'étreinte a cessé ;

Sur les monts luit l'astre de l'allégresse,

Debout ! car la nuit de ton deuil a passé.

Forts ils étaient tous, mais plus puissante encore

Fut la main qui réduisit leurs légions ;

Les dispersant tels balle au vent d'aurore,

Malgré leurs chariots, leurs vifs étalons.

Fille de Sion, le Dieu qui t'a sauvée

Par luth et tambourin doit être exalté.

Chante ! les fers qui t'avaient entravée

Se sont rompus ; Sion voit sa liberté !

* * *

 

QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE II

 

“ LE TEMPS DE LA FIN ” OU

“ LE JOUR DE SA PREPARATION ”

 

Daniel XI

* * *

Le temps de la fin. — Il commence en 1799. — Il finit en 1914. — Que sont les préparatifs, quel est leur objet, leur but ? — L'histoire du monde a été décrite prophétiquement dans la personne de ses principaux souverains. — La période allant de l'an 405 avant J. C. jusqu'au jour de préparation. — Le commencement du temps de la fin est bien délimité, quoique sans noms ni dates.

* * *

Le Temps de la Fin est une période de cent quinze (115) ans comprise entre les années 1799 et 1914 de notre ère ;  cette période est spécialement marquée dans les Ecritures ; elle est aussi appelée le “ Jour de sa préparation ” car pendant ce laps de temps, une augmentation générale des connaissances amenant des découvertes et des inventions, etc., aplanit les difficultés en vue du prochain Millénium de faveur, préparant les inventions mécaniques qui économiseront la main-d’œuvre et le temps des humains en général, leur procureront nombre de facilités, ce qui sera, pendant le règne de justice de Christ, une bénédiction pour tous, et contribueront à remplir la terre de la connaissance de l'Eternel. C'est un jour ou une période de préparation, dans un autre sens également ; car par l'augmentation du savoir au sein des masses populaires, donnant à tous le goût de la liberté et du luxe, avant que le gouvernement de Christ soit bien établi pour diriger le monde, ces bénédictions deviendront des moyens de puissance de classe et auront pour résultat le soulèvement des masses et la destruction des trusts, etc., avec lesquels s'effondreront également les pouvoirs actuels civils et religieux de la terre. Le jour actuel est donc un jour de préparation (par le moyen d'un tel bouleversement) pour l'établissement du règne universel du Royaume de Dieu pour la venue duquel on a prié depuis si longtemps.

8

 Les quarante dernières années du Temps de la Fin sont appelées la “ fin ” ou “ moisson ” de l'Age de l'Evangile ; nous lisons en effet : “ La MOISSON est la FIN de l'âge ”, (Matth. 13 : 39). Nous attirerons bientôt spécialement l'attention sur le caractère général et les événements prédits de cette période réservant toutefois les traits spéciaux de la moisson pour un chapitre suivant.

 Bien que ce soit la prophétie de Daniel qui nous fournisse le renseignement indiquant la date de cette période, nous savons que Daniel ne comprit rien du tout à cette prophétie, ainsi qu'il le dit : “ J'entendis, mais je ne compris pas ” (Dan. 12 : 8). En réponse à ses demandes inquiètes, il lui fut répondu que ces paroles étaient tenues secrètes et scellées jusqu'au Temps de la Fin. Il s'ensuit donc que personne ne pouvait comprendre la prophétie avant 1799 ; et avant de quitter ce sujet nous montrerons qu'elle ne commencerait pas à être comprise avant 1829 et qu'elle ne serait pas clairement révélée avant 1875 [1874].

 Le chapitre XI de la prophétie de Daniel a trait aux événements principaux qui se succédèrent jusqu'au Temps de la Fin, tandis que le chapitre XII nous conduit depuis ce moment-là jusqu'à la fin de l'âge ou Moisson. Ceux qui étudient la prophétie remarquent de quelle manière particulière est donnée la date du commencement du Temps de la Fin, manière remarquable à la fois par son exactitude dans la fixation de la date, et aussi par sa tenue secrète jusqu'au temps marqué pour la comprendre. Et après que ce moment est ainsi particulièrement marqué dans le chapitre XI, quoique sans indication de noms ou de dates, le chapitre XII mentionne trois périodes, 1260, 1290 et 1335 jours prophétiques qui viennent confirmer et établir les enseignements du chapitre XI et montrer que le commencement du Temps de la Fin était l'année 1799.

9

 Bien que le chapitre XI touche à quelques-uns des personnages et faits les plus remarquables de l'histoire comme nous le montrerons, son témoignage cependant reste scellé pour beaucoup de ceux qui étudient la prophétie, parce que le trait central de cette prophétie, duquel dépendent beaucoup de choses, a déjà eu un semblant d'accomplissement. Cette manière de couvrir ou de cacher une prophétie jusqu'au temps où elle doit être révélée n'est pas rare. Et dans le passé, certains de ceux qui étudient les prophéties ont été si persuadés que ce trait central a déjà été accompli, que la Bible anglaise (version commune) indique même en marge : “ Accomplie de 171 à 168 av. J.-C. ”. Nous lisons dans Daniel 11 : 31 : “ Les troupes envoyées par lui seront victorieuses, et profaneront le sanctuaire, la forteresse, et ôteront le sacrifice [ litt. le continuel ] et introduiront [ ou établiront ] l'abomination qui cause la désolation [ ou l'abomination de la désolation ] ”.

 On prétend que cette prophétie fut accomplie par le roi de Syrie, Antiochus Epiphane, lorsqu'il entra de force à Jérusalem et interdit d'offrir à Dieu des sacrifices dans le temple où il érigea même l'idole de Jupiter.

 Cet accomplissement prophétique apparent peut satisfaire le chercheur superficiel qui accepte tout ce qu'on lui dit, et l'amène à perdre l'intérêt dans la prophétie comme étant accomplie dans le passé, et n'ayant pour lui aucun intérêt spécial. Mais l'étudiant sérieux remarquera (verset 14), que les hommes violents du peuple de Daniel tenteraient vraiment, d'accomplir la vision ou sembleraient l'accomplir, mais qu'ils échoueraient ; en outre il constate que le Temps de la Fin était une période nettement marquée (verset 35), et qu'une interprétation complète et correcte ne pouvait être obtenue avant ce moment-là. Il s'ensuit que ceux-là ne s'attendront à aucune interprétation exacte venant du passé. Le chercheur sincère constate aussi que notre Seigneur attira l'attention sur cette prophétie même et cela deux cents ans après son prétendu accomplissement et nous montra que celui-ci est encore futur, disant : “ Quand donc vous verrez l'abomination de la désolation établie dans le lieu saint ” (Matth. 24 : 3, 15). Notre Seigneur nous recommanda de la prudence à l'égard de cette prophétie pour bien discerner la véritable abomination, il ajoute “ Que celui qui lit, comprenne ! ”.

10

 Les preuves présentées dans le volume précédent auront, nous l'espérons, clairement démontré que le grand système papal n'est autre que l'abomination de la désolation qui, pendant des siècles, a dépouillé à la fois le monde et l'Eglise, au nom du Royaume de Christ. Voici longtemps, en effet, qu'elle a été “ établie dans le lieu saint ”, dans de temple de Dieu, l'Eglise chrétienne. Remercions Dieu de nous avoir permis de voir ses traits caractéristiques abominables toujours plus clairement afin de pouvoir ainsi échapper à toutes ses erreurs. Grâce à Dieu ses jours sont comptés et le sanctuaire purifié (Dan. 8 : 14) sera bientôt grandement élevé et rempli de la gloire de Dieu.

 Examinons maintenant le chapitre XI de Daniel dans l'ordre où il est écrit.

 Le verset 2 commence par l'empire Médo-Perse, dont le quatrième et dernier roi fut Darius III Codoman.

11

 Le puissant roi dont parle le verset 3 est Alexandre le Grand de Grèce, dont on lira avec intérêt un fragment d'histoire d'après Willard.

 “ Alexandre le Grand, ayant envahi la Judée, ordonna que Jérusalem approvisionnât son armée et lui fournît des troupes. Jaddus, le souverain sacrificateur, répondit qu'ayant déjà juré fidélité au roi de Perse, il ne pouvait pas abandonner sa cause tant qu'il vivrait. Dès qu'Alexandre eut terminé le siège de Tyr, il marcha sur Jérusalem pour se venger de son refus. Ayant appris cela, le souverain sacrificateur dans sa détresse, implora le ciel pour obtenir protection ; pendant la nuit, il eut une vision lui indiquant qu'il devait ouvrir les portes de la ville et répandre des fleurs sur le chemin. Revêtu du splendide costume sacerdotal, le souverain sacrificateur alla au-devant du conquérant suivi de tous les sacrificateurs vêtus de robes blanches. Alexandre alla à sa rencontre, fléchit le genou et l'adora. A son ami étonné, lui demandant pourquoi, lui, qui était adoré par les autres, adorait le souverain sacrificateur, Alexandre répondit : “ Ce n'est pas lui que j'adore, mais le Dieu dont il est le ministre ; je l'ai reconnu aussitôt que j'ai vu ses vêtements, c'était le même que j'avais vu en vision en Macédoine quand je songeais à conquérir la Perse et il m'assura alors que son Dieu irait devant moi et me donnerait le succès ”. Alexandre embrassa ensuite les sacrificateurs et marchant au milieu d'eux entra à Jérusalem où il offrit des sacrifices solennels dans le temple. Le souverain, sacrificateurs lui montra alors la prophétie de Daniel et l'interpréta comme annonçant la destruction de l'empire perse par son armée. ”

 Quoique Alexandre conquit le monde en le court espace de treize ans, le royaume ne subsista pas comme une seule nation dans sa famille après sa mort, mais il fut partagé entre ses quatre généraux et, d'une manière générale, fut subdivisé comme l'indique le verset 4.

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 Remarquons ici que cette prophétie correspond avec celle de Dani. 8 : 3-9, 20-25. Nous voyons ici que d'une des parties de l'empire d'Alexandre (voir versets 8, 9 et 21) surgit une “ petite corne ” ou puissance qui devait devenir excessivement grande. Il s'agit assurément de Rome qui s'éleva en puissance sur les ruines de la Grèce. Après avoir été un pays assujetti insignifiant dont les ambassadeurs se hâtèrent de reconnaître la suprématie des Grecs et de devenir une partie de l'empire aux pieds d'Alexandre le Grand, Rome s'éleva d'une manière graduelle jusqu'à la suprématie.

 Les événements historiques brièvement relatés dans Dan. 8 : 9, 10, sont développés avec plus d'ampleur dans le chapitre 11 : 5-19. Dans ce récit détaillé il est parlé de l'Egypte comme du Roi du Midi, tandis que le Roi du Nord représente les Grecs, et après eux les Romains qui leur succédèrent en puissance, c'est-à-dire la nouvelle corne surgissant de la Grèce. Dans ce récit, l'histoire du peuple de Dieu, le peuple de Daniel est mélangée avec celle des autres peuples et Daniel avait une foi absolue dans les bénédictions finales qui, un jour, seraient déversées sur son peuple, selon la promesse faite par Dieu. Il serait fastidieux et inutile de retracer en détails toute cette période historique, les luttes entre les généraux d'Alexandre et leurs successeurs, jusqu'au verset 17 qui se rapporte à Cléopâtre, reine d'Egypte. Et puisque tous sont d'accord jusque là, il est inutile d'aller plus loin dans le passé,

 Ceux qui prétendent que le verset 31 se rapporte à Antiochus Epiphane, veulent aussi que les versets à partir du 18 e jusqu'à la fin du chapitre aient trait aux conflits et luttes qui eurent lieu entre Séleucus Philopater, Antiochus Epiphane et Ptolémée Philométor ; c'est d'ailleurs ainsi que les Juifs avaient évidemment coutume de l'appliquer. Ces derniers en poursuivant cette interprétation en Dan. 12, auraient donc eu d'excellentes bases pour attendre une délivrance très prochaine par le Messie ; nous lisons, en effet, qu'au temps de la naissance de notre Seigneur tout le peuple était dans l'attente du Messie, espérant être délivré par lui du joug romain. Quant à nous, qui comprenons ce qu'est la véritable “ abomination ”, nous divergeons de leur interprétation à partir du verset 18 jusqu'à la fin du chapitre ; pour nous cette fin de chapitre décrit les principaux personnages historiques qui se sont succédé jusqu'à la papauté, l'identifie et passe à la fin de son pouvoir persécuteur et marque avec force détails un des plus remarquables personnages de l'histoire, Napoléon Bonaparte.

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 On se demandera peut-être pourquoi le mode de présentation de la prophétie change à partir du verset 18 et se borne à effleurer simplement les grands faits de l'histoire. Nous répondons que cela rentre dans la méthode de Dieu de sceller et de cacher la prophétie. De plus, tout dans la prophétie était arrangé de manière à ne pas être une pierre d'achoppement pour Israël au premier avènement. Si la minutie et le détail de vingt siècles avaient été développés comme l'est cette prophétie contenue dans les versets 3 à 17 de ce chapitre, cela eût été long, ennuyeux, incompréhensible et aurait permis aux Juifs et l'Eglise primitive de se rendre compte de la longueur de la période qui devait encore s'écouler jusqu'à l'établissement du Royaume, et cela, Dieu ne voulait pas le permettre.

 Reprenons la prophétie. Nous comprenons que les versets 17 à 19 ont trait à l'époque et aux incidents dans lesquels figuraient Marc Antoine et Cléopâtre, lorsque Antoine tomba et que l'Egypte, le Roi du Midi, fut absorbée par l'Empire romain. Nous appliquons le verset 20 à César Auguste, réputé pour les lourds impôts qu'il préleva systématiquement sur les nations tributaires, et dont les exactions des impôts en Judée sont signalées dans l'Ecriture en rapport avec la naissance de notre Seigneur (Luc 2 : 1). Il est dit : “ Un édit parut de César Auguste ordonnant le recensement de tous les habitants de la terre ”. Cette déclaration s'harmonise parfaitement avec la description de Daniel : “ il s'en élèvera un à sa place qui fera passer l'exacteur par la gloire du royaume ”. La dernière partie de la description est vraiment bien adaptée, car le règne de César Auguste est noté dans l'histoire comme la plus glorieuse période du grand empire romain ; il est appelé l'âge d'or de Rome.

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 Voici une autre traduction du verset 20 “ Il s'en élèvera un à sa place qui fera passer l'exacteur de taxes dans le glorieux pays du royaume ”. Cette désignation semble se rapporter à la Palestine spécialement, et est en parfait accord avec la description de Luc. Ces deux variantes sont correctes, car ce fut bien la glorieuse époque de l'empire romain, et les percepteurs d'impôts passaient par la Palestine, le pays glorieux du royaume. Remarquons en outre que César Auguste fut le premier souverain qui établit dans le monde un système d'impôts.

 La prophétie dit encore de ce souverain “ en quelques jours il sera brisé, non par colère, ni par guerre ”. Or, on dit que César Auguste mourut d'une mort paisible, alors que son prédécesseur et ses sept successeurs sur le trône impérial périrent de mort violente. Il mourut peu d'années après être arrivé à l'apogée de sa puissance et après avoir ordonné à “ l'exacteur d'impôts de passer dans le glorieux pays du royaume ”.

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 Le verset 21 décrit de façon exacte Tibère César, le successeur d’Auguste. Un homme méprisé s'élèvera à sa place, auquel on ne donnera pas l'honneur du royaume ; mais il entrera paisiblement et prendra possession du royaume par des flatteries ”. Remarquons ici comment l'histoire de Tibère confirme la prophétie ci-dessus :

 L'historien White dit : “ Tibère monta sur le trône à 56 ans, manifestant une grande répugnance à assumer de tels devoirs... Dès que tout obstacle fut écarté de son chemin ce tyran donna libre cours à ses passions cruelles et sensuelles ”.

 L'historien Willard dit : “ Au début, Tibère dissimula et parut gouverner avec modération, mais il ne tarda pas à jeter le masque... Le sénat auquel il transféra tous les droits politiques du peuple était tombé dans l'avilissement et sanctionnait servilement tous ses actes, lui offrant l'encens de ses flatteries continuelles pendant qu'il remplissait les rues de sang. Ce fut sous le règne de cet homme profondément perverti, que notre Seigneur Jésus-Christ fut crucifié en Judée ”.

 Ces descriptions correspondent exactement à celle de la prophétie, et sont en outre confirmées par le verset 22 qui dit : “ Les troupes [ de ses adversaires ] venues comme un torrent, seront submergées devant lui et seront brisées, aussi bien que le Prince de l'Alliance ”. Cette dernière déclaration semble se rapporter sans équivoque à notre Seigneur Jésus qui, selon l'histoire, fut crucifié sous Tibère par son représentant Pilate, gouverneur romain de la Judée, et par des soldats romains.

 “ Dès qu'il se sera associé à lui [ le Sénat le reconnaissant comme empereur ] il agira avec fraude ; il montera et sera fort avec peu de gens ”. [ Tibère organisa la garde prétorienne forte de 10.000 hommes au début, puis doublée plus tard. Ce petit noyau de troupes formant la garde impériale, était continuellement Rome et sous son autorité. Il terrorisa le peuple et le sénat, abolit les élections populaires, les assemblées, etc.]. “ En pleine paix, il entrera dans les lieux les plus riches de la province, et il fera ce que ses pères et les pères de ses pères n'ont pas fait ; il leur distribuera du butin, des dépouilles et des richesses et il tramera ses desseins contre les places fortes, et cela pour un temps ”. Versets 23, 24-D.

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 Auguste et ses successeurs cherchèrent à maintenir pacifiquement leur domination sur les pays conquis, plutôt que de poursuivre de nouvelles conquêtes. Dans ce dessein, ils partageaient ces pays conquis et désignaient des gouverneurs locaux ayant dignité et autorité ; ces derniers conservaient leur position honorée aussi longtemps qu'ils maintenaient l'ordre dans leur province, restaient fidèles aux Césars et levaient les impôts avec diligence. On ne cherchait plus, comme au début, à piller et à dépouiller le monde pour emmener ses dépouilles à Rome. Par cette politique habile et prudente, en tramant ainsi ses desseins. Rome domina alors le monde plus complètement et avec un plus grand prestige qu'au temps où ses armées parcouraient incessamment les provinces.

 Si la prophétie est entrée dans certains détails précis, spécialement à l'égard d'Auguste et de Tibère ce fut dans un but déterminé, pour bien marquer la période pendant laquelle l'empire universel passa de la Grèce à Rome des quatre généraux d'Alexandre le Grand (représentés par les quatre cornes du “ bouc ” grec mentionné dans Daniel 8 : 8) à l'empire romain lequel à cette époque et antérieurement, était une partie de la Grèce. La prophétie (*), [ La division entre ces quatre est nettement indiquée en Daniel 8 : 8 et 11 : 4,5. ] comme l'histoire, a nettement marqué les quatre généraux d'Alexandre qui lui succédèrent.

 L'historien dit : (**) [ Willard's Universal History, page 100 ] “ L'empire [grec] était maintenant divisé en quatre royaumes, répartis entre les quatre généraux qui formaient la ligue. Ptolémée devint roi d'Egypte, Séleucus obtint la Syrie et la Haute Asie, Lysimaque reçut la Thrace et l'Asie Mineure jusqu'au Taurus ; Cassandre enfin prit la Macédoine ”.

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 Dans ce partage l'Italie était placée sous l'administration de Cassandre, laquelle était la division septentrionale, désignée par l'expression “ Roi du Nord tandis que l'Egypte était la division méridionale désignée par l'expression “ Roi du Midi ”. L'influence de Rome s'éleva graduellement et, province par province, les territoires autrefois occupés par Séleucus, Lysimaque et Cassandre passèrent aux mains de Rome qui était une partie de la division septentrionale. l'Egypte seule, la division méridionale, restait en dehors. Au temps de Cléopâtre, d’Antoine et de César Auguste l'Egypte (le Roi du Midi) tomba sous le pouvoir romain (le Roi du Nord). Cette conquête fut due en partie au fait que le père de Cléopâtre à sa mort, ses enfants étant en bas-âge, laissa le royaume sous la protection du Sénat romain et en parti, à la défaite de Marc-Antoine par Auguste. Il est vrai que, pendant un certain temps, Ie “ Roi du Midi ” (l'Egypte) fut presque aussi puissant que le “ Roi du Nord ” (Rome). Les historiens disent, que l'Egypte était la plus grande nation commerciale d'alors, qu'elle comptait “ 33.000 villes ”, et ses revenus annuels se montaient à 14.800 talents d'argent soit environ 7 milliards de francs.

 Lorsque nous saisissons le sens et le but de la prophétie, nous ne devrions pas espérer obtenir des rapports détaillés sur les monarques de ces royaumes, mais par “ Roi du Nord ” nous devrions comprendre le représentant de l'empire romain, et par “ Roi du Midi ”, un représentant du royaume égyptien. Après cette explication, reprenons la prophétie au verset 25 : “ A la tête d'une grande armée il [Rome] emploiera sa force et son ardeur contre le Roi du Midi [Egypte]. Et le Roi du Midi s'engagera dans la guerre avec une armée nombreuse et très puissante ; mais il ne résistera pas, car on méditera contre lui de mauvais desseins ”.

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 Depuis la conquête de l'Egypte par César Auguste, en l'an 30 av. J. C., il n'y eut aucune hostilité entre les deux pays jusqu'à ce que vers 269 après J.-C. la reine Zénobie, une descendante de Cléopâtre, reprit le pouvoir et l’exerçât. Son règne fut bref, Aurélien l'empereur romain l'ayant vaincue en l'année 272. L'historien déclare : “ La Syrie, l'Egypte et l'Asie Mineure reconnurent la souveraineté de Zénobie, reine de Palmyre. Mais cette dernière eut à faire face aux forces supérieures de l'empire et à l'habileté consommée du premier capitaine de l'époque. Aurélien écrivit d'elle : “ Le peuple romain parle avec dédain de la guerre que je fais à une femme. Il ignore à la fois le caractère et la renommée de Zénobie. Il est impossible de dépeindre toute la puissance de ses préparatifs de guerre et son courage désespéré ”. Firmus, l'allié de Zénobie en Egypte, fut rapidement vaincu et mis à mort, et Aurélien revint à Rome couvert d'honneurs et de richesses, selon la description du verset 28 de la prophétie : “ Il retournera dans son pays avec de grandes richesses; il sera, dans son cœur, hostile à l'alliance sainte, il agira par ses exploits [ variés ], puis retournera dans son pays.

 Comme preuves des richesses qu'il accumula, notons un extrait du récit de Gibbon sur sa marche triomphale à travers les rues de Rome :

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 La richesse de l'Asie, les armes et les enseignes des nations conquises, la vaisselle magnifique et la garde-robe somptueuse de la reine de Syrie étaient disposées dans une symétrie parfaite ou bien dans un désordre artistique... La belle Zénobie était chargée de chaînes d'or, un esclave portait la chaîne d'or qui entourait son cou et elle défaillait sous le poids accablant des joyaux. Elle marchait à pied devant le char superbe dans lequel elle avait espéré autrefois franchir victorieuse les portes de Rome ”.

 Au sujet de la déclaration du prophète, à savoir qu'à son retour Aurélien serait dans son cœur hostile à l'alliance sainte [ le christianisme ], l'historien Mosheim déclara :

 “ Pendant quatre ans, Aurélien, qui était très idolâtre et détestait cordialement les chrétiens, ne les persécuta cependant pas. Mais dans la cinquième année de son règne, sous l'influence soit de sa propre superstition, soit de celle des autres, il se prépara à les persécuter. L'influence exercée sur Aurélien par les prêtres païens et les admirateurs des dieux était telle que ses persécutions auraient été pires que les précédentes, s'il avait vécu, surtout avec les dispositions cruelles et féroces qu'étaient  les siennes. Mais avant que ses nouveaux édits eussent atteint toutes les provinces, il fut assassiné ; et il n'y eut donc que peu de chrétiens qui souffrirent pour leur piété sous son règne. ” (*)[ History of Christianity, Vol. 11, Page 101 ].

 Comme la prophétie l'indique, c'est après son retour de son expédition victorieuse qu'Aurélien fut animé de l'esprit de persécution contre les chrétiens. Il était un adorateur du soleil, et il attribua à cet astre sa victoire sur Zénobie. Immédiatement après la bataille, il se rendit au temple magnifique dédié au soleil pour le remercier de ses faveurs. Comme les chrétiens jugeaient le soleil indigne d'être adoré, il est à présumer que leur refus de participer à cette adoration provoqua chez lui cette soudaine, et violente opposition.

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 Verset 26 : “ Ceux qui mangeaient des mets délicats le briseront et son armée débordera, et beaucoup de gens seront tués. ” Aurélien fut assassiné par ses propres généraux ; son armée fut victorieuse, bien qu'il y eût beaucoup de soldats tués.

 Le verset 27 ne s'applique pas à Rome et à l'Egypte, mais aux deux rois ou pouvoirs existant dans l'empire romain, — le pouvoir impérial qui mourait graduellement, et le pouvoir clérical qui se formait peu à peu et manifestait son ambition. Chacun  de ces pouvoirs se servait de l'autre pour satisfaire son ambition égoïste tout, en niant de semblables desseins. Nous lisons : “ Ces deux rois auront à cœur de faire du mal, et diront des mensonges à une même table. Mais il ne viendra pas, [ alors ], car la fin sera encore pour le temps déterminé ”. Ou, pour exprimer la pensée plus clairement, une certaine période de 1.260 années avait été fixée par Dieu comme étant la durée de la puissance persécutrice de la papauté ; c'est pourquoi ou alliance du clergé avec le pouvoir civil “ ne ” pouvait “ pas prospérer ” alors, parce que si les 1.260 années avaient commencé à cette date, la fin serait survenue trop tôt ; la chose fut donc différée, retardée et réalisée graduellement par l'effondrement progressif de l'empire en Italie. L'histoire ecclésiastique nous montre les intrigues des évêques chrétiens pour s'emparer du pouvoir dans  l'empire romain ; il est évident que les empereurs discutèrent beaucoup la question de savoir s'il serait avantageux pour eux de reconnaître la nouvelle religion. Ce que Constantin fit, à un moment donné plus favorable, avait déjà été longuement étudié par d'autres. Cependant même Constantin fut empêché par le peuple de réaliser de suite et aussi rapidement que désiré, l'union des pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat.

21

 Nous considérons les versets 29 et 30 comme une parenthèse, disposée pour cacher le sens de la prophétie pendant un certain temps, en rompant l'ordre de la narration ; nous croyons qu'ils ont trait à un conflit bien postérieur entre les pouvoirs représentant l'empire romain et l'Egypte. Aucun conflit postérieur entre eux ne surgirait, excepté un, et ce serait jute au “ temps marqué ”, le temps de la fin, 1799. Pour cette raison, nous ne reprendrons l'examen de ces versets qu'après avoir considéré cette dernière lutte entre eux, telle qu'elle est détaillée aux versets 40 à 45.

 Le verset 31 se rattache à la pensée du verset 27, et nous reconnaissons qu'il a trait à celui des deux pouvoirs de l'empire romain qui l'emporta, la Papauté. Après avoir marqué l'histoire au moyen de dirigeants individuels remarquables jusqu'à Aurélien, et nous avoir présentés aux deux pouvoirs rivaux — le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique — qui surgirent peu après le précédent, il nous est montré ensuite la prédominance de la papauté, son caractère et son oeuvre dans ses rapports avec la vérité divine et l'Eglise, — ce système étant représenté sous la figure d'un roi ou pouvoir, sans tenir compte de ses papes ou chefs divers et changeants. Nous savons que, dans le conflit entre les pouvoirs civil et religieux, la papauté l'emporta ; la prophétie dit “ des forces se tiendront là de sa part [ “ des puissants sortiront de son sein ” — traduction de Young ] et profaneront le sanctuaire, la forteresse et ôteront le [ sacrifice ] continuel, et elles PLACERONT l'abomination qui cause la désolation. ”

 Nous interprétons ceci dans le sens que des “ puissants ” surgirent à un moment donné, qu'ils souillèrent les principes fondamentaux du pouvoir civil et aussi ceux de la vraie religion, bien que ni l'Eglise ni le pouvoir civil ne réussirent à être complètement absorbés l'un par l'autre, comme cela parut probable une fois. “ Le sanctuaire, la forteresse ”, les droits sacrés de l'autorité civile que pour le moment Dieu avait confiés aux nations, aux royaumes de ce monde furent sapés par ceux qui, dans l'Eglise, avaient soif de domination présente et cherchaient, par tous les moyens, à accaparer le pouvoir civil afin de favoriser leurs intrigues cléricales. Le sanctuaire de Dieu (son habitation sacrée, l’Eglise) fut souillé et avili par les efforts persistants de ces “ puissants qui cherchaient à partager le pouvoir avec les autorités civiles, à croître en nombre et à dominer sur le peuple. Tels furent les débuts de la Papauté qui cherchait à arriver au pouvoir comme empire sacerdotal.

22

 Nous ne pouvons nous étonner que ces “ puissants ” entêtés, n'ayant tenu aucun compte du plan de Dieu qui prévoit notre soumission présente aux “ autorités existantes ” (lesquelles sont ordonnées de Dieu pour notre épreuve actuelle et notre préparation à l'exaltation future au pouvoir, à la gloire et à la domination du monde), et ayant décidé de régner, si possible avant le temps de Dieu, se trouvèrent tellement en désaccord avec le plan de Dieu qu'ils perdirent l'essence même, la valeur intrinsèque de la vérité, et n'en retinrent que la forme, l'apparence extérieure. Un pas des plus décisifs de l'apostasie consista à “ ôter le sacrifice continuel ”. Ce fut là le point culminant de la dégénérescence doctrinale sous la forme des doctrines romaines de la transsubstantiation et du sacrifice de la messe que nous ne faisons que nommer ici, nous réservant de les examiner dans un autre chapitre, à propos d'une autre prophétie. A cause de l'introduction de cette erreur fatale et blasphématoire, Dieu appelle le système une abomination ; et son élévation au pouvoir qui allait suivre est désignée dans la prophétie par l'expression “ placer l'abomination qui cause la désolation ”. La papauté a véritablement mérité ce nom, son influence a été dégradante et destructive au plus haut degré, comme l'atteste l'histoire de l'“ âge des ténèbres ” dont nous avons donné quelques aperçus dans le Volume précédent.

 23

Verset 32 : “ Et par de douces paroles il entraînera à l'impiété ceux qui agissent méchamment à égard de l'alliance ”. Les membres de l'Eglise qui ne vécurent pas selon leur alliance avec le Seigneur, succombèrent facilement aux flatteries, aux honneurs, aux titres que leur offrit la hiérarchie papale lorsqu'elle commença à s'élever en influence. Mais quoique beaucoup eussent succombé aux erreurs, tous ne tombèrent point, car nous lisons encore dans ce verset 32 : “ Mais le peuple qui connaît son Dieu sera fort et agira, et les sages du peuple enseigneront la multitude ”. Nous voyons ici l'Eglise séparée en deux classes désignées dans Daniel 8 : 11-14 par les noms le sanctuaire et l'armée ; ceux qui formaient cette dernière classe avaient été séduits par les distinctions honorifiques du monde, ils avaient violé leur alliance avec Dieu ; ceux qui formaient l'autre classe, furent fortifiés par les persécutions auxquelles leur fidélité à Dieu les exposa. Dans cette dernière classe, quelques-uns comprirent la situation et enseignèrent aux fidèles que, selon les Ecritures, l'Antichrist ou l'homme du péché se développerait par une grande apostasie dans l'Eglise.

 Ceux qui abandonnèrent l'alliance acquirent le nombre et la puissance, et s'associèrent à l'empire quant aux quelques fidèles, ils furent persécutés pourchassés, emprisonnés, torturés et mis à mort sous des centaines de formes odieuses. L'histoire atteste toutes ces choses que le prophète avait déjà prédites au verset 33 “ et ils tomberont par l'épée, par la flamme, par la captivité et par le pillage, plusieurs jours ”, [ Le verset 34 et une partie au verset 35 sont une autre parenthèse ] “ jusqu'au Temps de la Fin ; car elle n'arrivera qu'au temps [ futur ] marqué ”. La durée de cette période de persécutions n'est pas indiquée ici ; il était dit qu'elle serait terminée au Temps de la Fin. D'autres passages des Ecritures nous apprennent que cette période devait durer 1.260 ans qui prirent fin en 1799, date signalée d'une manière frappante par Daniel, par l'auteur de l’Apocalypse aussi bien que dans l'histoire.

 24

Versets 34 et 35 : “ Et quand ils tomberont, ils seront secourus avec un peu de secours ”. La période complète de la puissance persécutrice (la Papauté), 1.260 années, ne devait prendre fin qu'en 1799. Avant sa fin, Dieu accorda un peu de secours ; par le mouvement de la Réformation qui, bien qu'amenant au début une recrudescence de persécution, finit par procurer quelque soutien et quelque protection à ceux qui tombèrent victimes de leur fidélité à la Parole de Dieu. La Réformation empêcha la vérité d'être complètement extirpée du monde. Mais hélas ! avec le “ petit secours ” les “ flatteurs ” réapparurent. Aussitôt que la persécution diminua, l'adversaire Satan, eut recours aux mêmes stratagèmes par lesquels il avait réussi auparavant à corrompre et à dégrader l'Eglise, pour maîtriser maintenant les mouvements de réforme. Des rois et des princes distribuèrent des honneurs et des titres aux protestants, et s’unirent au protestantisme. Cet état de choses conduisit à de tristes résultats, et à l'abandon de l'alliance comme nous le lisons : “ Plusieurs se joindront à eux par des flatteries. Et d'entre les sages [ les conducteurs, réformateurs, instructeurs, etc., qui avaient été capables d'en instruire beaucoup sur les erreurs de la Papauté ] il en tombera pour les éprouver [ les rares fidèles ], et pour les purifier et pour les blanchir ”.

25

En suivant plus loin la prophétie, nous trouvons que de même que les versets précédents décrivent expressément les personnalités en vue qui prirent part au transfert du pouvoir à la Grèce, puis à Rome, ensuite la formation, la croissance graduelle, habile et dissimulée de la Papauté qui devint une puissance, naissant au sein de la Rome civile, ainsi est-il logique qu'en arrivant au point où la domination papale fut brisée (*) [ Il est exact de dire que la domination papale disparut au commencement du XIXè siècle ; car, après la Révolution française, l'autorité de Rome sur les souverains, les royaumes (et même son propre territoire en Italie), ne fut plus que nominale. On doit rappeler aussi que jusque là, la France avait été parmi toutes les nations, la plus fidèle et la plus obéissante à l'autorité papale : ses rois, ses princes, ses nobles et son peuple avaient organisé des croisades, soutenu des guerres, etc., afin d'obéir à l’ordre du pape, et ils avaient été si loyaux qu'ils ne permirent à aucun protestant de vivre sur le sol français après le massacre de la nuit de la Saint-Barthélemy, Aucune autre nation, par conséquent, n'aurait pu frapper la Papauté d'un coup aussi terrible et aussi destructeur que celui de la France. ], la prophétie mets en relief Napoléon, le personnage principal associé à ce changement, et cela non par une description de sa personnalité, mais de ses caractéristiques particulières, exactement de la même manière qu'Auguste et Tibère César avaient été indiqués.

 C'est cette description que nous trouvons et la carrière de Napoléon Bonaparte y correspond exactement. Les versets 31 à 35 décrivent la Papauté, ses erreurs et ses abominations, et la Réformation et son “ petit secours ” qu'elle apporta, son échec partiel par le fait des flatteries, et ces versets amènent au “ Temps de la Fin ”, et nous montrent que, malgré le petit secours qu'elle apporta, plusieurs succomberaient encore sous les persécutions jusqu'au Temps de la Fin. Tel fut bien le cas ; la terrible Inquisition ravagea tous les pays soumis à la Papauté, l'Espagne, la France, etc., jusqu'à ce qu'elle fût effectivement brisée par Napoléon.

 26

Les versets suivants dépeignent Napoléon, l'instrument employé par la Providence pour briser la puissance de la Papauté, pour commencer la série de tourments qui ne finira plus qu'à sa destruction, laquelle aura lieu lorsque “ le Seigneur l'anéantira par le brillant éclat de sa présence ” 2 Thess. 2 : 8.

 La description prophétique de la carrière publique de Napoléon, reconnu de son propre jour comme “ l'homme du destin ”, est si nette que nous pouvons, d'après elle, déterminer avec assurance le “ temps marqué ”. Cette méthode de fixation d'une date est correcte ; et si nous montrons que les événements mentionnés ici dans la prophétie, cadrent avec la carrière de Napoléon dans l'histoire, nous pouvons déterminer la date aussi certainement que nous pourrions le faire avec le commencement du règne de César Auguste, ou de Tibère, ou de Cléopâtre, décrit dans les versets 17, 20 et 21. Dans la carrière de Napoléon, la prophétie marque l'année 1799 comme la fin des 1.260 ans de la domination papale et le commencement de la période appelée le “ Temps de la Fin ”.

 Verset 36 : “ Le roi agira selon son bon plaisir et s'exaltera et s'élèvera contre tout Dieu et proférera choses impies contre le dieu des dieux ; et il prospérera jusqu'à ce que l'indignation soit accomplie ; car ce qui est déterminé sera fait ”. Napoléon n'était pas un roi, mais ce titre indique simplement un chef d'Etat puissant. Plus qu'aucun autre homme, peut-être, Napoléon agit selon son bon plaisir ; sa volonté et sa détermination remarquables lui firent vaincre des difficultés presque insurmontables. Dans le passage cité, rappelons-nous que le terme “ dieu ” signifie “ un puissant ” ; et dans les Ecritures ce terme désigne fréquemment des rois et des chefs d'Etat tel est le cas de l'expression “ dieu des dieux ” contenue dans ce verset. (*) [ Voir Etudes dans les Ecritures Vol. 2, chap. 9. ] Ici le mot “ dieux ” désigne des dirigeants des rois et des princes, et l'expression “ dieu des dieux ”, ou chef des chefs, désigne le pape. La plupart des hommes ont reconnu quelque chef religieux, Napoléon n’en reconnut aucun. Sa volonté, son plan seuls existaient et ce plan était de s'élever au-dessus de tout autre monarque même à l'égard du “ dieu des dieux ”, (c'est-à-dire le chef des chefs, le pape) Napoléon se comporta d'une manière étonnante, exigeant de lui l'obéissance comme d'un serviteur et il choqua le monde superstitieux d'alors, aussi bien que la dignité de la hiérarchie papale elle-même. Selon la prophétie, il prospéra jusqu'au moment où il eut accompli sa mission consistant à flageller la papauté et à briser son influence sur les esprits des gens. L'histoire (*) [ Campaigns of Napoléon, pp. 89, 95, 96. ] dit comme preuve à l'appui :

 27

“ Les princes laïques, qui avaient conclu des traités avec les Français, les respectèrent de bonne foi et payèrent les contributions qui avaient été stipulées ; le souverain pontife, lui, se rendit coupable des plus déraisonnables violations de ses engagements. Entouré de prêtres qui étaient ses seuls conseillers, le pape recourut à ses anciens artifices et à ses fraudes pieuses ; il fit de grands efforts pour enflammer les esprits des gens contre les Français... Les prêtres prétendirent que le ciel était intervenu, et on affirma positivement que divers miracles avaient été accomplis dans les différentes églises pour défendre la sainte foi catholique de la suprématie papale et montrer la désapprobation céleste à l'égard des Français. Comprenant que la Cour de Rome était aveuglée par son orgueil, et voyant que ses efforts pour la paix seraient inutiles, Bonaparte prit des mesures immédiates pour ramener “ Sa Sainteté ” à ses sens.

 28

“ Il ordonna au général Victor d'envahir les Etats pontificaux ; les armées du pape furent dispersées comme de la paille par le vent, et ce fut une panique générale dans tous les Etats ecclésiastiques... Constatant que saint Pierre ne lui avait pas fourni l'aide espérée, Sa “ Sainteté ” envoya à la hâte des plénipotentiaires à Bonaparte pour implorer la paix. La paix fut obtenue mais à des conditions très humiliantes. Outre les obligations du traité provisoire conclu antérieurement et violé par le Pape, ce dernier fut contraint de céder une partie de son territoire et de payer une somme de 30 millions de livres françaises comme indemnité de rupture ”.

 — Cette dernière indemnité, ajoutée à celle due antérieurement porta à cent cinquante millions la somme que le Pape paya en or et en argent à la France ; il dut en outre livrer des trésors artistiques de grande valeur, des statues, des tableaux, etc. Un écrivain catholique romain déclare que “ l'exécution de ces conditions amena le Pape au bord de la ruine ”. Ce traité fut conclu le 19 février 1797.

 On pourrait penser que ce renversement sommaire et complet du pouvoir papal suffirait à prouver au monde que les prétendus droits divins du Pape à régner sur les rois, etc., n'étaient que de simples suppositions ; sinon, les événements de l'année suivante confirmèrent la chose. Le général français Berthier entra à Rome, y organisa une République le 15 février 1798, et cinq jours plus tard emmena le Pape prisonnier en France, où il mourut l'année suivante. Depuis ce moment jusqu'à ce jour, la domination exercée par la papauté sur les royaumes de la terre n'a plus été que l'ombre de ce qu'elle était autrefois. Depuis lors, la papauté n'a que rarement fait allusion à son prétendu droit d'introniser ou de détrôner les rois. En fait, le Pape qui monta en 1800 sur le trône pontifical, Pie VII, publia une encyclique dans laquelle il déclara que, selon la doctrine de l'Evangile, tous devaient obéir aux gouvernements établis, ce qui, naturellement, s'appliquait aussi à lui-même.

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Verset 37 : “ Et il n'aura point égard au dieu [ souverain ] de ses pères, et il n'aura point égard à l'objet du désir des femmes, ni à aucun dieu [ souverain ] ; car il s'agrandira au-dessus de tout ” (*).[ Comme la véritable Eglise est appelée symboliquement l'Epouse de Christ, et comme l'Eglise de Rome, par le fait de son alliance infidèle avec l'empire terrestre est appelée une prostituée, de même les diverses sectes protestantes sont des “ femmes ”.]

 Non seulement Napoléon ne respecta pas le dieu de ses pères, la Papauté, mais il ne favorisa pas davantage les sectes protestantes, représentées ici sous la figure de femmes. En fait Napoléon ne se laissa jamais diriger que par son ambition personnelle

 Verset 38 : “ Et à sa place [ au lieu d'aucun de ces dieux ], il honorera le dieu des forteresses [ la puissance ou force militaire ] avec de l'or, et avec de l'argent, et avec des pierres précieuses, et avec des choses désirables, il honorera un dieu que n'ont pas connu ses pères ”.

 D'autres grands capitaines attribuèrent à certains pouvoirs surnaturels les victoires qu'ils avaient remportées. Alexandre le Grand se rendit dans des temples païens pour y célébrer ses victoires ; les Césars firent de même ; dans la suite, sous la Papauté, les belligérants en présence en appelèrent à Dieu, aux saints, à la Vierge et, aux papes pour obtenir des bénédictions et la victoire ; tout au moins prétendirent-ils accepter la victoire comme un don de Dieu. Napoléon, lui, ne fit rien de pareil ; il attribua tous ses succès à lui-même et à son propre génie. Il se confia dans ses généraux armés, dans ses vaillants soldats, dans ses généraux capables et habiles manœuvriers c'est à eux qu'il adressa ses proclamations. La forme du serment qu'il prêta au “ Conseil des Anciens ” de France, à son retour d'Egypte, lorsqu'il prit le commandement des armées françaises, montre qu'il se confiait en lui-même et en ses armées. Il ne jura, ni par Dieu, ni par la Bible, ni par le Pape, ni par la France, il dit simplement. “ Je le jure - Je le jure en mon propre nom et au nom de mes braves camarades ! ” Tout en servant son ambition, il prétendait servir le peuple ; les trésors de Rome et des autres pays qu'il dépouilla furent livrés au peuple français dont lui-même, et ses soldats faisaient partie.

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Verset 39 : “ Et il agira dans les lieux forts des forteresses, avec un dieu étranger : à qui la reconnaîtra, il multipliera la gloire, et il les fera dominer sur la multitude et leur partagera le pays en récompense ”.

 Napoléon plaça ses amis et ses fidèles généraux à des positions très élevées dans toutes nations d'Europe qu'il avait conquises. Ces positions étaient ses dons ; toutefois elles n'étaient occupées que sous la condition de lui rester fidèle. Elles étaient accordées gratuitement, et cependant elles étaient le prix de la fidélité que Napoléon exigeait en retour. L'Histoire (*) [ Willard's Universal History, p. 452.] dit à ce sujet :

 “ Les projets ambitieux de Napoléon devinrent plus apparents encore. La Hollande érigée en royaume l'année précédente avait été donnée à son frère Louis Bonaparte ; Naples était maintenant donnée à son frère aîné Joseph Bonaparte, qui reçut le titre de Roi des Deux-Siciles. Plusieurs provinces furent érigées en duchés ou grands fiefs de l'empire et accordées, aux parents de l'empereur et à ses favoris ; sa sœur Pauline devint princesse de Guastalla ; son beau-frère Murat devint grand-duc de Berg et de Clèves, tandis qu'Eugène de Beauharnais, le fils de l’impératrice Joséphine par un premier mariage, fut envoyé comme vice-roi en Italie. Quatorze provinces du sud et de l'ouest de l'Allemagne furent réunies sous le nom de Confédération du Rhin. Elles furent séparées de l'empire germanique, et reconnurent Napoléon comme leur chef, avec le titre de Protecteur... La Suisse tomba aussi sous la domination française, Napoléon s'étant constitué son Médiateur ”.

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La politique de Napoléon l'amena également à créer différents ordres de distinctions honorifiques pour ses officiers et ses soldats : par exemple “ la Légion d' Honneur ”, “ l'Ordre de la Couronne de Fer ”, etc., etc.

 La prophétie nous ayant fourni les données nécessaires pour reconnaître la personnalité de Napoléon dont les actes marquèrent le commencement du “Temps de la Fin ”, nous montre maintenant l'événement particulier de cette époque qui marqua la date exacte du commencement du “ Temps de la Fin ”. Cet événement se révèle être l'invasion de l'Egypte par Napoléon, laquelle dura un an et presque cinq mois. Napoléon s'embarqua en mai 1798 et rentra en France le 9 octobre 1799 ; cette campagne est décrite brièvement dans les versets 40 à 44.

 Verset 40 : “ Et au Temps [ fixé ] de la Fin, la roi du midi [ l'Egypte ] heurtera contre lui, et le roi du nord [ l'Angleterre ] fondra sur lui comme une tempête, avec des chars et des cavaliers, [ les Mamelucks égyptiens, etc. ] et avec beaucoup de navires [ les forces anglaises étaient constituées par une flotte sous le commandement de l'Amiral Nelson ] et il [ Napoléon ] entrera dans les pays et inondera et passera [ victorieusement ] ”.

 L'histoire nous apprend que l'armée égyptienne de Mourad Bey “ fut repoussée après une lutte acharnée... les succès des Français portèrent la terreur au loin en Asie et en Afrique et les tribus indigènes du pays firent leur soumission au conquérant... Cependant le destin lui préparait un terrible revers ; sa flotte composée de treize vaisseaux de ligne et quelques frégates, fut attaquée par Nelson, l'amiral anglais, dans la rade d'Aboukir ; cette attaque eut lieu le 1er août 1798 et fut conduite avec une furie, une ardeur [“ comme une tempête ”], qui ne fut jamais dépassée dans une guerre navale ”.

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Versets 41 à 43 “ il viendra dans le pays de beauté [la Palestine], et plusieurs [pays] tomberont ; mais ceux-ci échapperont de sa main, Edom et Moab, et les principaux des fils d'Ammon. [Il longea la côte mais n'entra pas dans ces pays et passa au-delà]. Et il étendra sa main sur les pays et le pays d'Egypte n’échappera pas. Et il aura sous sa puissance les trésors d'or et d'argent et toutes les choses désirables de l'Egypte, et les Lybiens et les Ethiopiens suivront Ires pas ”.

 Versets 44 à 45 “ Il plantera les tentes de son palais entre la mer et la montagne de sainte beauté ”. Cette description se rapporte soit au mont Tabor soit au mont Sinaï qui tous deux peuvent être appelés beaux et saints. Le mont Tabor vit la transfiguration de notre Seigneur, il est certainement glorieux et saint, Pierre l'appelle la “ sainte montagne ”. Napoléon y fit dresser ses tentes et y livra une de ses plus importantes batailles. Le mont Sinaï est aussi glorieux et saint, car c'est là que fut ratifiée l'Alliance de la Loi entre Dieu et Israël. Napoléon visita aussi cette montagne avec sa garde et en compagnie de son corps scientifique.

 “ Mais des nouvelles de l'orient et du nord l'effrayeront et il sortira en grande fureur pour exterminer et détruire entièrement beaucoup de gens [des nations] ”. “ Et il arrivera à sa fin et il n'y aura personne pour le secourir ”.

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 Pendant qu'il était en Egypte Bonaparte apprit qu'une nouvelle alliance avait été formée contre la France, c'est pourquoi il rentra aussitôt en France. A ce sujet, l'histoire nous dit : “ Des nouvelles d'Europe le poussèrent à abandonner l'Egypte ” (*).[ Willard - Universal History, p. 446.] Il laissa le commandement de ses armés à Kléber ; il retourna en France hâtivement et en grand secret... Des revers s'étaient abattus sur la France et une seconde coalition s'était formée contre elle : il y avait l'Angleterre, la Russie, Naples, l'Empire ottoman et l'Autriche. La prophétie ne dit-elle pas en effet, que “ des nouvelles de l'orient et du nord l'effrayeront et il sortira en grande fureur pour exterminer et détruire entièrement beaucoup de gens [des nations] ”.  “ Et il arrivera à sa fin et il n'y aura personne pour le secourir ”. Chacun connaît également la fureur et l'acharnement que déploya Napoléon pour détruire les nations de l'Europe ; il sembla même avoir réussi dans ses desseins ambitieux ! Néanmoins, comme le prophète l'avait annoncé, au bout de peu d'années, cet homme, le plus remarquable de son époque, mourut en exil, abandonné par tous.

 Comme le verset 40 déclare que cette invasion de l'Egypte se produirait au Temps de la Fin ou, ainsi que le rend la version de Douay, au temps fixé d'avance, ainsi le font les versets 29 et 30 qui se rapportent au même événement et ont été préalablement présentés sous forme de parenthèse. On se souvient que les versets 25 à 28 parlaient d'une première invasion de l'Egypte ; les versets 29 et 30 laissent entendre que la grande invasion suivante de l'Egypte aurait lieu au temps marqué, c'est-à-dire “ au Temps de la Fin ” dont parlent les versets 40 à 45.

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 Le verset 29 dit : “ Au temps déterminé, il retournera et viendra dans le midi ; mais il n'en sera pas la dernière fois comme la première. ” L'invasion de l'Egypte par Napoléon n'aboutit pas aux mêmes résultats que celle des jours de Cléopâtre ou comme celle des jours de sa descendante, la reine Zénobie. Napoléon fut, il est vrai, victorieux en Egypte comme général, mais le résultat de ses victoires, à l'inverse de ses prédécesseurs, fut nul, “ car ” nous dit le verset 30, “ les navires de Kittim [ “ des Romains ” version Douay (voir Notes Syn. - Cr. - Gl. et V.) ] viendront contre lui ”. La flotte anglaise bloqua Napoléon et empêcha sa conquête. Le qualificatif de romains peut parfaitement être appliqué aux navires anglais, car l'Angleterre comme la France avait fait partie de l'ancien empire romain et, en somme, au moment da la campagne d'Egypte, la France faisait la guerre à tous les autres états qui formaient cet empire. “ Et il sera découragé et retournera et sera courroucé contre la sainte alliance, et il agira ” [v. anglaise : réussira - trad.].

 A son retour de l'Egypte, Napoléon cessa de s'opposer violemment à la Papauté et signa même un Concordat avec le pape ; par cet acte, la religion catholique était rétablie en France. Un tel acte était une manifestation dirigée contre la vérité mais il lui semblait voir que, par cette politique, il pourrait plus aisément renverser la République et se faire proclamer empereur ; et c'est en cela qu'il réussit en effet. Cependant cette ligne de conduite ne dura pas ; bientôt après, l'établissement de l'empire, Napoléon s'opposa de nouveau à ce système appelé l'Homme de Péché ; c'est ce que la prophétie indique par les paroles  suivantes : “ Et il retournera, et portera son attention contre ceux qui abandonnent la sainte “ alliance ”, c'est-à-dire : il commença à élaborer de nouveaux desseins contre l'église apostate de Rome ; il les exécuta et en cela il réussit également.

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 Le chapitre XI de Daniel retrace donc l'histoire du monde en mettant en relief les principaux caractères (ou personnages - trad.), depuis le royaume de Perse jusqu'à la chute de la puissance dominatrice de la Papauté. Cette relation qui s'étend sur une longue période de 24 siècles accomplit un dessein déterminé, celui de marquer l'année du commencement du Temps de la fin, l'an 1799. C'est en cette année-là que prit fin la puissance oppressive de la Papauté qui a duré 1.260 années et le Temps de la Fin commença. Cette même année fut aussi la fin du millénium papal qui commença en l'an 799 lors du couronnement de  Charlemagne. L'année 1799 ne fut que le commencement du Temps de la Fin dans les limites duquel tout vestige de ce système disparaîtra.

 Nous avons vu en quelques mots aux versets 34 et 35, le déclin de la Réformation et ses causes. L'amour du monde, le désir de posséder le pouvoir, l'influence et l'aisance furent les pièges qui séduisirent d'abord l'église et amenèrent la formation de la Papauté ; et les mêmes causes, les mêmes aspirations empêchèrent la Réformation de continuer sa marche. Luther et ses compagnons dénoncèrent d'abord hardiment, entre autres erreurs de la Papauté, l'union de l'Eglise et de l'Etat ; mais après quelques années de vaillante lutte contre l'opposition toute puissante, la Réformation acquit une certaine influence par le nombre de ses adeptes, quand les rois et les princes commencèrent à flatter les réformateurs et les chemins conduisant aux honneurs politiques et sociaux s'ouvrirent à eux et ces derniers ne reconnurent plus du tout les méfaits de l'union de l'église et de l'état qu'ils avaient vus et combattus dans la Papauté. Les églises réformées d'Allemagne, de Suisse et d'ailleurs marchèrent sur les traces de Rome et se montrèrent disposées à favoriser un parti politique, un prince ou un gouvernement et à s'unir même avec lui si ce dernier voulait les reconnaître et les accepter. Dés ce moment-là, quelques conducteurs de marque de la Réformation sortirent du chemin, et au lieu d'être des conducteurs de réforme ils conduisirent leurs troupeaux dans les tentations. C'est ainsi que le mouvement de la Réformation bien commencé, fut grandement mis en échec.

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Ceci ne pouvait cependant entraver le plan de Dieu, qui, dans sa sagesse, fit concourir toutes ces choses au bien. Ces événements, tout comme l'erreur de la Papauté, servirent à éprouver à fond les véritables saints afin de faire voir s'ils étaient disciples des hommes ou de Dieu. Tel a été le dessein de ces événements et de ces épreuves pour les fidèles, tout au long des siècles jusqu'à aujourd'hui, “ pour les éprouver, les purifier et les blanchir ”.

 Si nous sommes dans le vrai en plaçant le commencement du Temps de la Fin en 1799, nous devrions nous attendre à ce que la chute dans l'erreur de l'union de l'Eglise et de l'Etat cesserait dans une certaine mesure, bien qu'il pourrait se passer de longues années avant la délivrance complète de ce piège du diable. En jetant un coup d’œil en arrière, nous voyons que les faits confirment pleinement notre attente. Depuis cette date, en effet, il y eut des séparations entre des gouvernements et des églises, mais pas de nouvelles unions. Cette date marque en réalité une nouvelle réformation sur une base plus solide. L'influence de la Papauté sur les royaumes de l'Europe avait été si grande auparavant, que les nations craignaient prodigieusement les anathèmes prononcés par le pape et recherchaient au contraire ses bénédictions pour leur prospérité nationale. Lorsque les Protestants se séparèrent de la Papauté, le monde les considéra simplement comme un système moins corrompu substitué à la Papauté, et on rechercha fréquemment, d'une manière analogue, leurs faveurs, leur appui et leurs conseils. Napoléon dédaigna souverainement les bénédictions, comme les anathèmes du pape, et prospéra néanmoins considérablement ; ce fait affaiblit grandement l'autorité de la Papauté sur les gouvernements civils par contre-coup, l'influence des diverses sectes protestantes dans les domaines civil et politique fut amoindrie, et certes elle était devenue forte au cours des deux siècles et demi qui précédèrent.

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La nouvelle réformation qui commença au jour de Napoléon, ne fut pas moins décisive que celle inaugurée par Luther et ses collègues, quoique ce ne fût pas un mouvement religieux, ni dû au zèle religieux ; ses auteurs ignoraient d'ailleurs qu'ils accomplissaient une oeuvre, dont le programme avait été marqué dans la prophétie bien des siècles auparavant. Napoléon et ses associés étaient des hommes impies guidés uniquement par leurs propres ambitions égoïstes pour le pouvoir. Mais Dieu, à leur insu, dirigeait leurs actions, les faisant concourir à l'accomplissement de ses propres desseins. Si la réformation que Dieu avait fait naître au début au sein de l'église avait continué son oeuvre si les réformateurs et leurs descendants étaient restés fidèles à la vérité, les grands desseins de Dieu auraient pu être accomplis par leur ministère. Mais lorsqu'ils eurent succombé aux flatteries du monde, Dieu montra qu'il avait d'autres moyens et d'autres voies pour accomplir ses desseins.

 L’œuvre de Napoléon et celle de la Révolution française brisèrent l'influence de la superstition religieux humilièrent l'orgueil des aristocraties religieuses hautaines, réveillèrent les peuples à une notion plus nette des pouvoirs et prérogatives de l'homme. La puissance papale, qui avait antérieurement déjà reçu un coup fatal lors de la Réformation et s'en était guérie (Apoc. 13 : 3), fut brisée et perdit sa puissance dominatrice. La période achevée en 1799 et marquée par la campagne d'Egypte de Napoléon, désagrégea la domination papale sur les nations et y mit un terme. A ce moment-là, au temps marqué, au terme des 1260 années de domination, le jugement qui avait été prononcé contre ce système commença et il se poursuivra “ pour la détruire et la faire périr jusqu'à la fin ”. — Dan. 7 : 26.

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 Cette date (1799), marque le début d'une nouvelle ère dans laquelle la liberté de la pensée, la reconnaissance des droits et des privilèges de l'homme, etc., ont amené de rapides et visibles progrès dans l’œuvre qui devait s'accomplir au Temps de la Fin. Nous constatons, par exemple, l'apparition et le travail des diverses Sociétés Bibliques, appelées par Rome des Sociétés Bibliques pestiférées. Rome ne peut entraver leur oeuvre et le livre sacré qu'elle avait autrefois enchaîné, maintenu caché sous le manteau des langues mortes, le livre, dont elle avait interdit la lecture à ses adeptes trompés, est maintenant répandu par millions dans toutes les nations et en toute langue. La Société biblique britannique et étrangère fut fondée en 1804, la Société biblique prussienne de Berlin en 1806, la Société biblique de Philadelphie en 1808, la Société biblique de New-York en 1809, et la Société biblique d'Amérique en 1817. L’œuvre accomplie par ces diverses Sociétés pendant le siècle écoulé est merveilleuse. Chaque année on publie des millions dé Bibles qui sont vendues à bas prix et données aux pauvres par milliers. Il est difficile d'apprécier l'influence mondiale de cette œuvre. Si beaucoup de ce travail est perdu, le résultat général a pourtant, été obtenu, les liens de l'esclavage et de la superstitions dans les domaines politique et ecclésiastique ont été brisés. Son enseignement calme et serein que papes, ecclésiastiques et laïques, rois, généraux et mendiants doivent tous rendre compte de leurs actes à un seul Seigneur, est le plus grand des niveleurs et des égalisateurs.

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 Quoique le mouvement de réformation religieuse en Europe eût gravement ébranlé l'influence de la Papauté, les églises réformées avaient cependant si bien imité sa politique d'administration de l'état, d'affiliation aux empires terrestres, et ses prétentions à l'autorité cléricale sur le peuple (à savoir que le “ clergé ” constitue un gouvernement spécial et divinement désigné dans le monde), que le premier effet de cette réformation se modifia considérablement et laissa le peuple et les gouvernants civils sous la crainte superstitieuse et la subordination à tout ce qui s'appelle autorité religieuse. Beaucoup des superstitions et de la vénération malsaine du papisme passèrent, lors de la réforme, au sein de plusieurs sectes protestantes. Mais la réforme politique accomplie pendant le dix-neuvième siècle, à partir de 1799, le “ Temps de la Fin ”, est bien une véritable réformation, quoique différant beaucoup de la première. La révolution et l'indépendance des colonies d'Amérique, la fondation heureuse d'une République prospère avec un gouvernement par le peuple et pour le peuple, sans intervention d'une royauté ou d'une politique temporelle cléricale, tout cela était une nouvelle leçon pour les peuples qui se réveillaient après avoir dormi des siècles durant dans l'ignorance de leurs droits accordés par Dieu, ayant supposé qu'Il avait établi l’église pour exercer l'autorité suprême sur la terre et qu'ils étaient tenus d'obéir aux rois et aux empereurs investis dans leurs fonctions par l'église, malgré toutes leurs injustices, et cela parce que l'église, avait déclaré qu'ils étaient choisis par Dieu, par son intermédiaire.

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 L'Amérique devint un sujet pour les peuples depuis longtemps opprimés et asservis par le clergé. Elle était véritablement la “ Liberté éclairant le monde ”. Finalement, exaspéré par l'oppression cléricale et par les turpitudes insensées de la royauté, etc. auxquelles vinrent s'ajouter à plusieurs reprises de mauvaises récoltes qui l'appauvrissaient et l'acculaient presque à la famine, le peuple de France se souleva de désespoir et accomplit la plus terrible des révolutions, qui dura quinze ans, de 1789 à 1804.

 Les scènes d'anarchie et de violence furent terribles ; elles n'étaient cependant que la conséquence logique, la réaction inévitable, dues au réveil d'un peuple depuis longtemps opprimé qui comprenait enfin son état d'abjection et de dégradation. Les pouvoirs civils et religieux récoltaient la tempête parce que, au nom de Dieu et de la vérité, ils avaient aveuglé et enchaîné des gens pour lesquels Christ était mort, et cela pour satisfaire leur propre ambition.

 Dans ces conditions, une telle réaction, provenant d'une telle cause, conduisit directement à l'incrédulité ; subitement, la France devint tout à fait incrédule sous l'influence de Voltaire et de ses associés qui inondèrent le pays de leurs ouvrages dans lesquels ils couvraient de mépris et de ridicule le seul Christianisme que le peuple français connaissait, l'Eglise apostate de Rome ; ils en firent ressortir les erreurs, les hypocrisies, les immoralités, les cruautés et tous les méfaits, si bien que le peuple français devint aussi enflammé dans son zèle à détruire le catholicisme et toute religion, qu'il avait mis de zèle autrefois à défendre cette religion. Après avoir subi pendant mille ans l'influence déprimante de la papauté, la pauvre France induite en erreur et croyant que son exécrable oppresseur avait été le vrai Christ et non l'Antichrist, répéta les mots de Voltaire :

 “ A bas l’infâme ! ” Tous les efforts déployés pour détruire l'exécrable Antichrist amenèrent les terribles excès de la Révolution française. Ce fut un merveilleux exemple de justice rétributive, lorsqu'on considère en comparaison les effrayants massacres de la Saint-Barthélemy et autres atrocités dont la papauté s'était réjouie.

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La France incrédule se souleva avec puissance, elle démolit la Bastille proclama la déclaration des droits de l'homme, exécuta le roi et la reine, puis déclara la guerre à tous les rois et sa sympathie pour tous les révolutionnaires en tout pays. Pendant ces événements, les souverains de l'Europe, remplis de terreur, craignant de voir le mouvement révolutionnaire se propager dans leurs propres états, redoutant une anarchie universelle, formèrent des alliances entre eux et contre, leurs propres sujets qu'ils eurent de la peine à contenir. La France ayant répudié le christianisme, confisqua toutes les immenses propriétés et les énormes revenus de l'Eglise catholique romaine ainsi que ceux du roi et de la noblesse. Les rues de Paris furent de nouveau inondées de sang, mais c'était celui des prêtres, des nobles et de leurs partisans, au lieu d'être celui des protestants. On évalue à environ 1.022.000 le nombre de ceux qui furent exécutés par toutes sortes de procédés inventés pour la circonstance. Pendant les poursuites et les exécutions, les prêtres furent insultés, en leur rappelant l'attitude des papistes à l'égard des Protestants et leur propre doctrine que “ la fin justifie les moyens ”. Les révolutionnaires proclamaient que la fin, le but poursuivi, était la liberté humaine, politique et religieuse, et que l'unique et sûr moyen d'y parvenir, était de mettre à mort ceux qui s'y opposaient.

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 Comme tous les événements analogues la Révolution française fut une grande calamité qui causa beaucoup de détresse à des millions d'individus ; cependant, comme d'autres malheurs, elle vint partiellement redresser de grandes injustices et comme certains autres événements, elle fut contrôlée par Dieu qui la fit concourir au bien, à l'augmentation de la connaissance et à l'avancement de ses plans, selon les indications de la prophétie. Nous remarquerons en passant que la Révolution française est nettement mentionnée dans l'Apocalypse qui montre clairement que ce règne de la terreur est une image de ce que sera la détresse finale qui vient sur toutes les nations de la “ Chrétienté ”. L'incrédulité et l'anarchie, ces pestilences qui, de France, se répandirent dans le monde entier, furent grandement favorisées et aidées par les fausses doctrines antiscripturales et les pratiques de la “ Chrétienté ”, représentée, non seulement par la Papauté, mais par l' “ Orthodoxie ” en général. La Chrétienté nominale a été incapable de guérir cette maladie et ne peut pas davantage détourner sa prochaine crise annoncée par les Ecritures comme étant la plus grande détresse qui ait jamais eu lieu sur la terre.

 L'influence des incrédules français fut propagée en Europe par les armées de Napoléon, et elle affaiblit considérablement le pouvoir des rois et des prêtres. Mais, lorsque Napoléon, le chef et le représentant de la France incrédule, malmena rudement la Papauté, ce fut le comble, et ce fait contribua plus que tout autre à briser les chaînes de la vénération superstitieuse par laquelle le “ clergé ” avait pendant si longtemps asservi le “ commun peuple ”.

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Mais lorsque l'audacieux Napoléon, non content de mépriser les anathèmes du pape Pie VI, lui infligea des amendes pour avoir violé ses ordres (ceux de Napoléon), et finalement le contraignit même à rendre à la France les territoires pontificaux accordés mille ans auparavant par Charlemagne (dont Napoléon se prétendait le successeur), tout cela ouvrit les yeux des peuples aussi bien que des monarques de l'Europe, en leur faisant comprendre la fausseté des prétentions papales à l'autorité. Un autre fait amena aussi un changement considérable dans l'opinion publique à l’égard de l'autorité papale, lorsque Napoléon s'arrogeant le titre et se proclamant Empereur romain et successeur de Charlemagne (*), [ Les grandes guerres de Napoléon eurent pour but de reconstituer cet empire tel qu'il existait, sous Charlemagne.] n'alla pas à Rome pour se faire couronner par le pape, comme le firent Charlemagne et d'autres, mais il ordonna au pape de venir en France pour assister au couronnement. Même alors, le chef victorieux, qui avait plus d'une fois pillé, ruiné, et humilié la papauté, ne voulut pas être couronné par le pape et ainsi recevoir de lui sa dignité impériale et reconnaître par là l'autorité papale, mais il voulut simplement que le pape (Pie VII) fût présent pour sanctionner et reconnaître la cérémonie, et pour bénir la couronne que Napoléon prit alors sur l'autel et plaça lui-même sur sa tête. L'historien déclare “ il plaça ensuite le diadème sur la tête de son impératrice, comme pour bien montrer que son autorité provenait de ses propres actions ” et mérites, de ses propres succès civils et militaires. Depuis cette date le pape n'a jamais été sollicité par personne pour couronner un empereur romain. Parlant du couronnement de Napoléon, un écrivain catholique romain dit : (**) Chair of St Peter, p. 433.

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 “ A l'inverse de Charlemagne et d'autres monarques qui étaient allés à Rome dans de semblables circonstances Napoléon, dans son arrogance exigea que le saint père vînt à Paris pour le couronnement. Le pape éprouva une répugnance extrême à déroger aux anciens usages. Il considéra même cela comme incompatible avec sa dignité et ses fonctions élevées ”.

 L'histoire relatant les nombreuses humiliations infligées à la Papauté par Napoléon dit : (*) [Campaigns of Napoléon pp 89, 90]

 Un armistice fut conclu [le 23 juin, 1796] avec le Pape [Pie VI] ; les conditions imposées au chef de l'Eglise, jadis le plus puissant souverain de l'Europe, furent suffisamment humiliantes. La pape qui, jadis, foulait aux pieds les rois, intronisait les souverains et les détrônait disposait à son gré des Etats et des royaumes et qui, en qualité de souverain pontife, de vicaire du Tout-Puissant sur la terre, s'arrogeait une autorité extraordinaire et régnait sur les autres souverains, dut boire la coupe de l'humiliation jusqu'à la lie. Si le contenu en était amer, c'était pourtant celui-là même que ses prédécesseurs aient si libéralement distribué aux autres. Le pape dut ouvrir ses ports aux vaisseaux français et les fermer à toutes les marines des Etats en guerre avec la République française ; il dut permettre l'occupation de Bologne et de Ferrare par les troupes françaises, il dut leur livrer la citadelle d'Ancône et donner à la France 100 tableaux, statues, bustes et vases qui devaient être choisis par des commissaires français ainsi que 500 manuscrits (anciens et de grande valeur). Pour combler la mesure, sa sainteté dut payer à la République 21.000.000 de livres françaises, la majeure partie en espèces, ou lingots d'or et d'argent ”.

 Les conditions de ce traité n'ayant pas été remplies, l'amende infligée fut portée à 50.000.000 de livres et le pape dut céder certains de ses Etats à la France ; il fut finalement fait prisonnier et emmené en France où il mourut.

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Même Pie VII qui avait été rétabli aux honneurs pontificaux, et qui en 1804 avait assisté au couronnement de Napoléon fut plus tard, par décret de Napoléon (1808-1809), dépouillé de tout pouvoir temporel ; les monuments et les trésors artistiques de Rome furent mis sous la protection française. Napoléon déclara : “ La donation de territoires consentie au Saint Siège par notre illustre prédécesseur, Charlemagne, sera transféré... Urbino, Ancône, Macerata, seront réunis pour toujours au royaume d'Italie ” .

 Un écrivain catholique (*) [Chair of St Peter pp. 439, 440.] fait ressortir l'importance de ces faits :

 “ Aux conditions précédentes, on ajouta que le pape continuerait d'être l'évêque de Rome, d'exercer ses fonctions spirituelles, comme ses prédécesseurs l'avaient fait autrefois, jusqu'au règne de Charlemagne. L'année suivante, enhardi par ses succès militaires, l'empereur résolut d'enlever au pape sa souveraineté maintenant nominale, qui n'était plus que l'ombre même du pouvoir temporel qu'il avait encore conservé dans sa capitale et dans les districts avoisinants. [La Papauté avait exercé cette souveraineté depuis l'an 539 de notre ère, longtemps avant le don de Charlemagne]. En conséquence, Napoléon  promulgua un nouveau décret, signé dans le palais des Césars d'Autriche, qui faisait de Rome une ville libre et impériale, dont l'administration civile serait confiée à un conseil nommé alors par l'Empereur ; les monuments et trésors artistiques de la ville seraient, placés sous la protection de la France. En outre, le pape ayant cessé de régner, une pension serait accordée, à sa sainteté ”.

 A la suite de ces événements, Pie VII lança une bulle d'excommunication contre Napoléon ; ce dernier le fit prisonnier, le fit emmener en France où le pape dut finalement signer le Concordat de Fontainebleau, le 25 janvier 1813 ; cet acte accordait à Napoléon le droit de nommer les évêques et les archevêques sans que le pape pût s'y opposer. De ce fait, Napoléon avait acquis l'autorité d'un pape, ce qu'il désirait depuis longtemps.

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 Les catholiques romains ont parfaitement remarqué l'importance des événements qui inaugurèrent le dix-neuvième siècle. Ils admettent non seulement toutes les pertes et humiliations subies, mais ils déclarent que le règne millénaire de la papauté (depuis que Charlemagne donna au pape les Etats pontificaux en l'an 800) fut aboli par Napoléon ; car, depuis ce dernier, la Papauté ne conserve plus que l'ombre du pouvoir. La Papauté prétend que, comme le Royaume de Christ, elle a accompli le règne prédit sur les nations, mentionné en Apoc. 20 : 1-4 ; elle déclare que le temps actuel de tribulations qui est descendu sur elle n'est autre que le “ peu de temps ” pendant lequel Satan est délié (versets 7 et 9). Seuls ceux qui voient dans la papauté la contrefaçon du véritable Christ édifiée par Satan, et reconnaissent la véritable Eglise et le véritable règne de Christ, peuvent pleinement comprendre cela.

 Le lecteur aura pu se convaincre, par ce qui précède, que la période de la Révolution française et de la puissance de Napoléon fut une période remarquable dans l'histoire de la Papauté ; et l'influence papale qui fut alors brisée n'a jamais été reconquise. Malgré quelques faveurs accordées de temps en temps, ce ne fut que pour peu de temps et elles furent suivies de nouveaux outrages jusqu'à ce qu'en 1870, tout pouvoir temporel des papes cessa de nouveau. Nous croyons qu'elle ne reverra plus jamais sa splendeur passée. Rappelons-nous aussi que ce furent les soldats de Napoléon qui mirent fin aux Inquisitions, aux tortures et exécutions publiques pour cause de convictions religieuses.

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 La destruction partielle de la domination cléricale et de la superstition a conduit à l'incrédulité ouverte ; par contre, la disparition de la vénération superstitieuse envers des hommes a amené chez les véritables enfants consacrés de Dieu des pensées plus nobles, plus intelligentes ; beaucoup d’hommes n'osaient pas autrefois penser par eux-mêmes, ou étudier par  eux-mêmes les Ecritures. Cette révolution favorisa donc le développement de la vérité et de la véritable chrétienté en provoquant du zèle pour l'étude de la Bible. Elle fit réellement progresser la bonne oeuvre commencée par la Réformation au temps de Luther car cette dernière avait été grandement entravée par l'ignorance et la servilité des masses ainsi que par l'amour du pouvoir, des situations honorifiques et du bien-être de la part du “ clergé ”.

 Nous avons ainsi montré que 1799 commença la période appelée le Temps de la Fin, pendant laquelle la Papauté doit être détruite pièce par pièce, et que Napoléon lui enleva non seulement les dons de territoires de Charlemagne mille ans après qu'ils eurent été faits mais aussi plus tard la juridiction civile de la Papauté sur Rome ; juridiction qui avait été instituée nominalement par la promulgation du décret de Justinien en l’an 533 de notre ère et, d'une manière effective lors du renversement de la monarchie des Ostrogoths en l'an 539, exactement 1.260 années avant 1799. Cette dernière date fut la limite exacte du temps, des temps et de la moitié d'un temps de sa puissance, comme la prophétie l'indiqua à plusieurs reprises. Quoique, dans une certaine mesure, elle l'ait encore prétendu depuis, la Papauté a perdu tout vestige d'autorité temporelle ou civile ; elle a été entièrement “ consumée ”. L'Homme du Péché, privé de son pouvoir temporel, maintient ses affirmations et affiche toujours de grandes prétentions, mais, privé de toute puissance civile, il va au-devant d'une destruction absolue dans un temps très rapproché par les coups des masses populaires déchaînées (agents inconscients et involontaires de Dieu) selon les claires indications de l'Apocalypse.

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 Le Temps de la Fin, ou jour de la préparation de Jéhovah, commence, en 1799 et se en 1914 ; il est caractérisé par une grande augmentation de la connaissance si on le compare aux âges passés et doit se terminer par un temps de détresse tel que le monde n'en a jamais connu ; il est néanmoins la préparation conduisant à l'âge béni depuis si longtemps promis, lorsque le véritable Royaume de Dieu, sous la direction du véritable Christ, établira pleinement un ordre gouvernement à l'opposé même de celui de l’Antichrist. Puisque cette période prépare et conduit l'humanité au Royaume, elle mène aussi au grand conflit entre le vieil ordre de choses et le nouvel ordre de choses par lequel ce dernier sera introduit, et quoique le vieil ordre de choses doive disparaître et être remplacé par le nouveau, le changement rencontrera l'opposition violente de toutes les classes sociales privilégiées actuellement. Une révolution universelle en résultera amenant la destruction complète de l'ancien ordre et l'établissement du nouveau.

 Toutes les découvertes, inventions et avantages qui établissent la supériorité de notre époque sur les précédentes, ne sont que des éléments concourant en ce jour à la préparation de l’âge millénaire qui commence et dans lequel la véritable, et saine réforme et de rapides et positifs progrès seront la règle générale dans tous les domaines, en tout et pour tous.

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 NOTE 1 - POUR CETTE ETUDE “ LE TEMPS DE LA FIN ”

 Notre première note est relative à la longueur du Temps de la fin [en français Chap. II pp. 7-48. — Réd.]. Lorsqu'il écrivit le livre, croyant que 1914 verrait non seulement la destruction totale des royaumes de ce monde, mais aussi l'établissement complet du royaume clé Dieu, notre pasteur espérait naturellement que le Temps de la Fin ne dépasserait pas octobre 1914, et présenta ainsi le sujet à la page 7. A cette page et à la page suivante en haut il enseignait que l'état, l'église et le capital tels qu'ils existent actuellement auraient été renversés vers la clôture du Temps de la Fin. A la page 35, § 1, il expose que vers sa clôture chaque vestige de la papauté sera anéanti. Il avait raison de placer ces événements dans le Temps de la Fin ; mais les faits prouvent qu'ils ne s'accomplirent pas en 1914. Pourquoi ? Parce que, fait ignoré de notre pasteur, les quarante ans du temps de moissonnage, la Parousie, devaient être suivis des quarante ans du temps de détresse, l'Epiphanie, au cours de laquelle ces institutions doivent être détruites. Par conséquent le Temps de la Fin doit être de quarante ans plus long que ne le supposait notre pasteur. Quand, comme le montrent les précédentes citations, il discerna en 1904 que la détresse ne se terminerait pas, mais commencerait en 1914, il enseigna quelque chose qui impliquait que le Temps de la Fin irait au-delà de 1914 bien qu'il ne s'exprima jamais ainsi sur ce sujet, autant que nous le sachions. De son point de vue, que le Temps de la Fin verrait le renversement complet des royaumes de ce monde et de Babylone, il est évident que nous sommes encore dans le Temps de la Fin, puisque ces royaumes n'ont pas encore été définitivement renversés, et c'est le but de cette note de prouver que nous y serons jusqu'en 1954.

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Puisque le Temps de Détresse et l'Epiphanie sont une seule et même chose, que pendant l'Epiphanie la papauté doit être détruite (2 Thess. 2 : 8) ainsi que les royaumes de ce monde et Babylone (Apoc. 16 : 18-20 ; 18 : 21), si nous pouvons prouver que l'Epiphanie est une période de quarante ans, il s'ensuivra que le Temps de Détresse, par lequel se termine le Temps de la Fin, est une période de quarante ans et par conséquent que le Temps de la Fin dure de 1799 à 1954. Les considérations suivantes prouvent que l'Epiphanie, est une période de quarante ans :

 (1) Dans les mêmes connexions la Parousie et l'Epiphanie sont appelées des jours, et chacune est séparément appelée un jour — un jour symbolique (Luc 17 : 22) — la Parousie était “l'un ” des deux “ jours ” du Fils de l'Homme ; 26, “ jours ” ; 28, “ jour ” — l'Epiphanie est le jour de la révélation de notre Seigneur ; 2 Tim. 3 : 1 ; 2 Pi. 3 : 3. Puisque chacune est appelée un jour et qu'il est parlé des deux ensemble comme des jours, et puisque le jour de la Parousie est de quarante ans, il s'ensuit que le jour de l'Epiphanie est pareillement de quarante ans.

 (2) Le double séjour de quarante jours de Moïse sur la montagne typifie ces deux périodes : les quarante jours de chaque séjour typifiant quarante ans, quarante pour la Parousie et quarante pour l'Epiphanie, la montagne représentant le royaume, que Le Christ gravit de deux points de vue, ceux de la Parousie et de l'Epiphanie.

 (3) Les périodes de quarante ans chacune pour à la fois la Parousie et l'Epiphanie sont exigées pour étendre, la nuit symbolique de 1799 à 1954, afin que le minuit exact soit en avril 1877, (le même laps de temps existe d'octobre 1799 à 1877 et d'avril 1877 à octobre 1954) exigé par la parabole des vierges sages et des vierges folles et par les faits accomplis concernant avril 1877 comme étant le moment où retentit le cri : Voici l'Epoux.

 (4) Quarante ans semblent être la période biblique pour l'épreuve conformément aux lignes de certains principes, comme les quarante ans de l'épreuve-type dans le désert, les quarante ans des règnes de Saül, de David et de Salomon, comme temps d'épreuves-types, et les quarante ans d'épreuve pendant les Moissons judaïque et évangélique, typifiés par les quarante jours d'espionnage du pays, etc,, etc., etc, ; en conséquence, nous devrions nous attendre à ce que la Grande Foule et les Jeunes Dignes comme classes aient similairement quarante ans — l'Epiphanie (2 Tim. 4 : 1 ; Apoc. 7 : 14) — réservés pour leur période d'épreuve selon les lignes des principes pertinents.

 (5) Le Seigneur assignant douze heures pour un jour ouvrable (Jean 9 : 4 ; 11 : 9) et prévoyant un soir dans la parabole du denier, et par conséquent une nuit pour suivre le jour (de quarante ans) du moissonnage (Matt. 20 : 8), montre que la période symbolique (les douze heures de nuit qui suit le jour du moissonnage de la Parousie (les douze heures du jour de quarante ans) doit être d'égale longueur, prouvant ainsi que l'Epiphanie l'est pareillement de quarante ans, la première étant non seulement le jour et la dernière la nuit de la parabole, mais aussi le jour et la nuit des Ps. 91 : 5, 6 et 121 : 6.

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(6) Les faits accomplis de six des Huit grands jours prodigieux prouvent qu'ils sont de huit décades (quatre vingt ans), et prouvent pareillement que leurs premiers quarante ans, 1874 à 1914, couvrent la Parousie, et que les seconds quarante ans couvrent l'Epiphanie, 1914 à 1954.

 (7) En Lév. 12 la purification de la mère d'un fils pendant quarante jours représente la purification de la Vérité, développant le Petit Troupeau et ses serviteurs pendant les quarante ans de la Parousie, tandis que la purification de la mère d'une fille pendant quatre-vingts jours représente la purification de la Vérité développant la Grande Foule et ses serviteurs pendant les quatre-vingts ans de la Parousie et de l'Epiphanie ensemble, ce qui prouve par conséquent que l'Epiphanie est une période de quarante ans.

 (8) Parce que le temps de la présence secrète de notre Seigneur (la Parousie et l'Epiphanie) est une période de ténèbres pour le monde (Es. 60 : 1, 2 ; Thess. 5 : 1-5 ; Luc. 17 : 26-30 ; Matt. 24 : 37-39), elle est symboliquement appelée une nuit (Ex. 11 : 4 ; 12 : 29) dans laquelle la grande tribulation commencerait au milieu exact et ainsi commencerait à tuer le premier-né antitype, ce qui prouve que 1914 est ce milieu exact, d'où 1954 doit être sa fin, puisque 1874 fut son commencement.

 (9) Les quarante ans de pérégrinations d'Israël dans le désert ont une double application selon notre pasteur : Ceux-ci se prouvent être (1) l'Age de l'Evangile comme un temps de pérégrinations symboliques du peuple de Dieu (excepté les Fidèles) à cause de son incrédulité dans le temps du moissonnage judaïque, et (2) la période de l'Epiphanie comme un temps de pérégrinations symboliques du peuple de Dieu (excepté les Fidèles) à cause de son incrédulité dans le temps du moissonnage évangélique. Par conséquent l'Epiphanie est une période déterminée de quarante ans dans la petite figure de ce type, comme un Age de l'Evangile en miniature. Ces points, de l'identité entre l'Epiphanie et le Temps de Détresse, prouvent donc que le Temps de Détresse dure quarante ans et, puisque sa fin marque la clôture du Temps de la Fin, que celui-ci se termine en 1954.

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 (10) Sous le paragraphe (3) nous donnions une preuve que l'Epiphanie est de quarante ans, paragraphe qui demande en cette connexion un plus ample commentaire pour montrer toute la force de l'argument ainsi qu'un autre sous le même rapport, lequel sera notre dixième point, montrant que le Temps de la Fin dure jusqu'en 1954. L'argument pivote sur plusieurs passages. Le premier de ceux-ci est Matt. 25 : 1-13 particulièrement le v. 6 qui nous dit qu'à minuit le cri retentit, Voici l'Epoux ! Ce fut en avril 1877 qu'une campagne fut concertée pour proclamer que la seconde présence de notre Seigneur était un fait accompli. Cette campagne fut l'accomplissement du cri de minuit de la parabole. Les faits suivants prouvent que cette campagne commença en avril 1877. Vers octobre 1876, fr. Russell était pleinement convaincu que le second avènement de notre Seigneur était survenu en automne 1874. Il eut cette conviction au cours de ses études avec Mr. N. H. Barbour pendant les soirées à la fin du printemps et pendant les soirées de l'été de 1876, à Philadelphie, où, profitant de l'Exposition du Centenaire, il dirigeait un magasin (Z' 16, 171 §10). Ce fut au commencement de l'automne que notre pasteur finança et dirigea la préparation de la brochure, Les Trois Mondes, écrite par Mr. Barbour (§ 12) et publiée en avril 1877 (Vol. II, 223, § 1, éd. fse 1953, p. 238 § 2). Cette brochure constituait les principaux moyens littéraires d'annoncer le message, Voici l'Epoux. Immédiatement dès sa sortie de presse elle fut mise en circulation. Le lendemain de la clôture de l'Exposition du Centenaire, le 11 nov. 1876, notre pasteur commença à liquider ses affaires à Philadelphie, préparant son retour à Allegheny. Il y passa l'hiver en préparant son travail, ses conférences, etc... pour la part qu'il allait prendre dans la campagne de proclamation de la présence de l'Epoux. Soutenus par la vente de la brochure et par la bourse de notre pasteur (§ 13), celui-ci et fr. Barbour débutèrent en avril 1877 comme pèlerins à prêcher et à, faire des conférences sur ce message, et ainsi commença l'accomplissement du cri de minuit de Matt. 25 : 6. En conséquence, les faits accomplis prouvent que le minuit de cette parabole est avril 1877. Cela étant prouvé, examinons les choses qui s'y rapportent.

 Mais quand commença cette nuit et quand se terminera-t-elle ? Nous répondons : Elle commença en oct. 1799 et finira en oct. 1954. Nous arrivons à cette conclusion de la manière suivante : Il n'y a pas moins de cinq nuits symboliques  mentionnées dans la Bible : la nuit du péché, d'une durée de 6.000 ans (Ps. 30 : 5) la nuit du Temps de Détresse (Es. 21 : 11, 12 ; Ps. 91 : 5, 6) ; la nuit du Temps de la Fin (Matt. 25 : 1-13 ; Marc 1 3 : 35 Luc 17 : 34-36) ; la nuit de l'Age de l'Evangile (Ex. 12 : 12 — voir Commentaire) et la nuit de la Parousie et de l'Epiphanie (Ex. 12 : 29.). La nuit mentionnée en Luc 17 : 34-36 ne peut pas être la nuit du Temps de Détresse, c'est-à-dire l'Epiphanie parce que le moissonnage qui y est décrit est un sujet de la Parousie. Ce n'est pas la nuit de l'Age de l'Evangile, pour la même raison ; ni la nuit de la Parousie et de l'Epiphanie, car cette dernière est appelée un jour en cette connexion (v. 28). Ce doit être par conséquent une nuit laquelle, entre autres périodes, renferme la Parousie, qui en elle-même seule est appelée un jour, dont la nuit est l'Epiphanie (Ps. 91 : 5, 6). Evidemment ce n'est pas la nuit du péché, car Jésus, vivant et parlant pendant ce temps n'en aurait pas parlé comme de “ cette nuit-là ”, c'est-à-dire comme une nuit éloignée. Par conséquent, la nuit de Luc 17 : 34-36 est la nuit du Temps de la Fin, laquelle, d'un autre point de vue, c'est-à-dire celui de l'augmentation de la connaissance est appelée le jour de la préparation. La nuit de Matt. 25 : 1-13 ne peut pas être la nuit du péché, puisque c'était juste avant, et après, la fin de cette nuit, dont traite la parabole. Elle ne peut pas être la nuit de l'Epiphanie parce que quand ces vierges se levèrent (pendant cette nuit), ce fut 85 ans avant que commence l'Epiphanie, et parce que son minuit était à 37 ans 1/2 avant l'Epiphanie. Par conséquent la nuit de la parabole des dix vierges fut celle du Temps de la Fin. De même, la parabole des serviteurs veillant au retour du maître (Marc. 13 : 34-36) ne pourrait pas symboliser la nuit de l'Epiphanie, parce que notre Seigneur devait venir au commencement de la Parousie. Cela ne pourrait signifier non plus la nuit du péché, puisque, au temps de Jésus ils avaient déjà dépassé le commencement de la veille du chant du coq — 2 heures du matin, ni la nuit de veille du l'Age de l'Evangile, puisque Jésus savait qu'il viendrait à sa fin, tandis que Jésus fait allusion à une nuit dont la première veille — le “ soir ”, 6 heures du soir — n'était pas encore venue. Cela ne peut signifier non plus la nuit de l'Epiphanie, car il devait venir au commencement de la Parousie, ni la nuit de la Parousie-Epiphanie, puisque sa présence devait être reconnue longtemps avant son minuit. Par conséquent, la nuit de ce passage doit donc être celle du Temps de la Fin. Mais puisque cette nuit commença en oct. 1799 et son minuit en avril 1877 c'est-à-dire 77 ans ½ après son commencement, sa fin doit survenir 77 ans ½ après son minuit, c'est-à-dire en octobre 1954. Jésus, naturellement, savait qu’il viendrait quelque part pendant le Temps de la Fin. Il savait aussi qu'il viendrait avant son minuit, le milieu de sa seconde veille, il sut que sa présence serait proclamée (Matt. 25 : 6) mais à quelle heure de cette nuit il ne le connaissait pas (Marc 13 : 32) ; et aucun de ses disciples, ne connaissait l'heure, ni même pendant laquelle de ses quatre veilles (Matt. 13 : 32, 35) il viendrait. Par conséquent la nuit de Marc. 13 : 35 est la nuit du Temps de la Fin. Ces considérations exposées dans ce paragraphe prouvent que le Temps de la Fin se termine en oct. 1954.  * * *

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QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE III

 

LES JOURS D'ATTENTE DU ROYAUME

 

Daniel XII

 

* * *

Résumé de l’œuvre du Royaume. — La période d'attente est marquée par une grande augmentation des connaissances et des voyages. — Sir Isaac Newton avait prévu les chemins de fer. — Les 1260 jours. — Le fleuve sortant de la bouche du Dragon. — Les 1290 jours marquent la date à laquelle on commence à comprendre la vision, partiellement vérifiée. — Le désappointement, l'épreuve et leurs conséquences. — Les 1335 jours. — La bénédiction descend alors sur les fidèles qui “ attendent ”. “ Le Seigneur fait allusion à ces jours d'attente dans la parabole des Dix Vierges.

* * *

 Le chapitre onze de Daniel nous ayant amené au “ Temps de la Fin ”, le chapitre douze porte l'attention sur le Royaume lui-même et nous parle de l'attente, etc., qui précéderait son établissement pendant le “ Temps de la Fin ”. Les trois premiers versets montrent en quelques mots la grande issue finale du Plan de Dieu.

 “ En ce temps-là se lèvera Micaël, le grand Chef qui tient pour les fils de ton peuple ; et ce sera un temps de détresse, tel qu'il n'y en a pas eu depuis qu'il existe une nation jusqu'à ce temps-là. Et en ce temps-là, ton peuple et plusieurs qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour être un objet de honte éternelle. Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur de l'étendue [du soleil — Matth. 13 : 43], et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité ”.

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 Si dans le onzième chapitre, l'histoire du monde pendant 2.300 ans était brièvement mais nettement résumé, celle du Règne millénaire du Messie en trois versets l'est encore davantage, et cependant tout est là. Micaël (ce, qui signifie “ qui est comme Dieu ” ou représentant Dieu) est le nom désignant ici notre grand Rédempteur, celui qui est vraiment le grand Prince  établi par Dieu pour se lever et délivrer le peuple de Daniel, le peuple de Dieu — tous ceux qui aiment Dieu en vérité et en sincérité — les véritables Israélites (Rom. 9 : 6, 25, 26 ; Gal. 6 : 16). Il les délivrera du péché, de l'ignorance, de la douleur et de la mort ainsi que de toutes les persécutions et tentations que les serviteurs aveugles de Satan leur ont fait subir, jusqu'à les anéantir presque dans le passé. Tous ceux dont les noms seront inscrits dans le livre de vie de l'Agneau seront délivrés à toujours de tous leurs ennemis, aussi bien ceux qui furent inscrits comme dignes pendant les âges patriarcal et judaïque, que ceux inscrits pendant l’Age de l'Evangile et ceux qui le seront pendant l'âge millénaire. Bien que tous les enfants de Dieu (tous ceux qui, après l'avoir connu, l'aimeront et lui obéiront) seront délivrés, il faut cependant remarquer que les honneurs accordés à quelques-uns, aux vainqueurs, sont d'un degré plus élevé. Remarquons aussi que quelques grands hommes du passé, Alexandre, Néron, Napoléon, les Césars, les papes, etc., qui employèrent très mal leurs talents, opprimant le monde en l'éblouissant, seront vus alors sous leur véritable caractère, ils porteront la honte et le déshonneur pendant cet Age millénaire. Dans ce chapitre 12, l'inauguration du règne de Christ est aussi nettement marquée par un temps de détresse comparable à nul autre de ceux qui l'ont précédé depuis qu'il y a des nations ; même la Révolution française sera petite comparée à cette détresse, mais ensuite il n'y aura jamais plus de tels événements, car ce grand Prince Micaël, conquerra le monde entier et sa domination sera éternelle. La justice est le fondement de son trône et quand l'humanité en aura goûté, les avantages, la grande majorité des humains ne voudront plus d'autre Royaume et celui-là sera bien “ le désiré de tous les peuples ”.

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 Avec le troisième verset, cette prophétie prend fin et le reste du chapitre sert à établir certaines périodes, respectivement 1.260, 1.290 et 1.335 jours symboliques. Ces données numériques étaient destinées non pas à Daniel et à ses compagnons de service d'alors, mais aux enfants de Dieu, ses compagnons service vivant au Temps de la Fin, afin qu'au temps marqué nous puissions avoir la pleine certitude que le temps dans lequel nous vivons, est bien celui de la moisson ou “ fin ” de l'Age de l'Evangile.

 Après avoir entendu le long récit des guerres devant survenir entre les royaumes de ce monde et après avoir vu le triomphe final du Royaume de Dieu gouverné par Micaël le Grand Chef, Daniel désirait ardemment savoir quand, le peuple de Dieu serait délivré ; mais il lui est dit au verset 4 : “ Et toi, Daniel, cache les paroles et scelle le livre jusqu'au Temps de la Fin. Plusieurs courront [alors] çà et là et la connaissance sera augmentée ”.

 Non seulement l'augmentation générale de la connaissance confirme le chapitre onze de Daniel et montre bien que 1799 est le commencement du Temps de la Fin, mais les voyages fréquents et rapides des hommes qui courent çà et là confirment aussi ce qu'enseigne la prophétie. Tout cela appartient au Temps de la Fin ; le premier bateau à vapeur fonctionna en 1807 ; le premier train partit en 1831 ; le premier télégraphe fut installé en 1844. De nos jours, des milliers de trains énormes et de grands paquebots à vapeur transportent “ çà et là ” des multitudes de gens.

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 Sir Isaac Newton, le célèbre astronome du dix-septième siècle, s'intéressait beaucoup à cet exposé prophétique et était convaincu que la connaissance humaine s'accroîtrait tellement que les hommes pourraient trouver des moyens de locomotion leur permettant de voyager avec une vitesse de quatre-vingts kilomètres à l'heure.

 A ce sujet, Voltaire, le grand incrédule français déclara ironiquement :  “ Considérons un peu Newton, ce grand esprit, le grand philosophe, qui découvrit les lois de la gravitation ; lorsqu'il devint vieux, il retomba dans l'enfance et se mit à étudier le livre appelé la Bible. Pour nous donner de la confiance dans ses énormes stupidités, il voudrait nous faire croire à une telle augmentation de la connaissance des hommes que bientôt nous pourrons voyager en faisant quatre-vingts kilomètres à l'heure ! Pauvre radoteur ! ”

 Ces deux hommes moururent longtemps avant que le Temps de la Fin vint apporter sa prodigieuse augmentation de connaissance laquelle accomplit surabondamment la prédiction du philosophe chrétien basée sur la révélation divine.

 La conversation relatée dans les versets 5 à 7 n'était pas destinée à Daniel lui-même, mais aux enfants, de Dieu vivant pendant le Temps de la Fin : “ Et moi, Daniel, je regardai, et voici, deux autres [personnages] se tenaient debout, l'un en-deçà du bord du fleuve [impétueux] et l'autre au-delà, sur le bord du fleuve. Et il dit à l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve : “ Jusques à quand la fin de ces merveilles ? Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve, et il leva sa main droite et sa main gauche vers les cieux, et jura par Celui qui vit éternellement que ce serait la fin dans un temps, des temps, et la moitié d'un temps ”.

 

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L'objet spécial de la question posée était l'“ abomination de la désolation ” du chapitre 11 : 31-33, et que Daniel associait justement avec le terrible personnage qu'il avait vu dans ses visions antérieures rapportées en Dan. 7 : 8-11 , 21, 24-26 et 8 : 10-12, 24-26.

 Le temps, des temps et la moitié d'un temps, soit trois temps et demi ou trois années et demie (360 X 3 1/2 = 1.260 jours, en temps symbolique soit 1260 années littérales), mentionnées ici, sont indiquées ailleurs comme étant la durée du pouvoir de la Papauté. Comparer Dan. 7 : 25 ; 12 : 7 et Apoc. 12 : 14 avec Apoc. 12 : 6 ; 13 5. Le “ fleuve ” dans lequel, pendant qu'il coulait, se termina la période des 1.260 années de la puissance papale — comme l'indique l'ange qui se tenait au-dessus du fleuve, déclarant la fin des temps — symbolise un état de choses qui eut lieu pendant la Révolution française et dont nous avons déjà parlé. Ce “ fleuve ” symbolique est le même que celui indiqué plus explicitement dans Apoc. 12 : 15, 16 où nous le voyons sortant de la bouche du serpent ou dragon, et où son véritable objet, du point de vue de Satan, était d'engloutir la “ femme ” (l'Eglise de Dieu qui protestait) lorsque, au terme de ses trois temps et demi (1260 années) d'exil dans désert, cette femme rentrait visiblement sur la scène du monde “ appuyée sur [le bras de] son bien-aimé ” La Parole de Dieu — Cant. 8 : 5.

 Symboliquement, l'eau représente généralement la vérité ; ce symbole conserve sa signification même si cette eau sort de la bouche du dragon ou serpent. Dans ce dernier symbole, nous voyons que la vérité sort de canaux ou d'agents mauvais et cela dans une intention malfaisante. C'est ce qui eut lieu effectivement ; la puissance de la Révolution française provenait du fait qu'à sa base, il y avait un certain nombre de dures vérités à l'égard des procédés du clergé et de la royauté et des droits et libertés individuels de tous. “ LES DROITS DE L'HOMME ”, telle était la devise de révolte contre l'oppression civile et ecclésiastique. Nous sommes même surpris de constater qu'à cette époque d'ignorance, de superstition et de servilité dans lesquelles les masses avaient, si longtemps vécu, les vérités relatives aux droits de l'homme fussent exprimées avec une puissance et une profondeur remarquables. Nombre des vérités qui, à ce moment-là, passèrent sur la France comme un “ fleuve faisant couler des torrents de sang, sont aujourd'hui universellement acceptées parmi tous les peuples civilisés. Mais ces vérités étaient trop fortes, trop soudaines pour ce temps-là.

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 La prophétie montre, en vérité, que le serpent, Satan, n'avait pas du tout désiré et voulu les résultats effectivement obtenus, grâce à la providence divine, mais bien le contraire. En cette occasion, comme en beaucoup d'autres, il s'était dupé lui-même. Satan n'enverra jamais les eaux de la vérité pour bénir, réconforter et libérer de l'esclavage ; au contraire, ses efforts ont toujours tendu à aveugler et à bien enchaîner l'humanité dans l'ignorance et la superstition c'est pourquoi ce fleuve, subitement déchaîné, des eaux de la vérité, avait pour but d'agir comme un vomitif pour amener à rejeter la nourriture de liberté déjà apportée au peuple par la Bible à la suite de la Réformation, et ainsi à forcer les gouvernements et les éducateurs à s'opposer à la vérité par crainte de l'anarchie.

 En provoquant la Révolution française, Satan devait alarmer toute l'Europe, surtout les classes supérieures et dirigeantes peu sympathiques à la liberté, et démontrer par l'exemple de la France qu'en rejetant les superstitions romaines et en répandant la liberté partout, on provoquerait la fin rapide de toute loi et de tout ordre. C'était là un coup de maître, digne de son auteur, et destiné, selon la prophétie, à écraser la “ femme ” (l’Eglise réformée), et à pousser tous les gouvernements, tous les éléments conservateurs et amis de la paix, gouverneurs et gouvernés, à s'unir de nouveau à la Papauté. Si ce plan échoua, ce ne fut pas faute de ruses et d'artifices de la part de Satan, mais parce, que la puissance de Dieu qui surveille et dirige toutes choses, fait toujours concourir toutes choses ensemble au bien.

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 Dans ce cas, on suit clairement le plan de Dieu pour protéger la “ femme ” (l'Eglise) contre les maléfices de Satan et pour faire concourir le mal projeté au bien en exact accomplissement de la prédiction faite dix-sept cents ans avant : “ Et la terre vint en aide à la femme et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche ” (Apoc. 12 : 16). La “ terre ”, en symbole, comme nous l'avons déjà expliqué, représente la société — les gens amis de l'ordre — et c'est un fait de l'histoire que le courant de vérité qui se répandit sur la France fit voir aux masses les causes responsables de leur pauvreté, de leur ignorance, et de leurs superstitions ; ces causes étaient les artifices et les méfaits de la Papauté, du clergé intrigant, de la monarchie et de son aristocratie parasite. Tous ces flots de vérité furent absorbés en général par les peuples de l'Europe (la “ terre ” romaine). Cela était si vrai que bien que la Papauté et l'Aristocratie royale fussent complètement alarmées, elles étaient également complètement séparées par la chute de l'influence papale et par les armées de Napoléon. Lorsque “ l'homme du destin ” fut définitivement écrasé et que les souverains en Europe formèrent ce qu'on appela “ La Sainte-Alliance ” dans le but de supprimer les libertés populaires et de perpétuer leurs propres trônes, il était trop tard pour enchaîné le peuple qui, ayant bu aux eaux du fleuve, ne voulut plus se soumettre. C'était aussi trop tard pour songer au rétablissement de la Papauté qui avait été si profondément humiliée et dont les anathèmes contre la liberté et contre les Français s'étaient retournés contre elle-même. Le pape ne fut pas même invité à faire partie de la “ Sainte-Alliance ” dont il eût été autrefois le chef reconnu. Ainsi la “ femme ”, l'Eglise de Dieu réformée et progressante fut secourue, sauvée de l'engloutissement, et la liberté et la vérité se dressèrent davantage encore aux yeux des hommes. C'est depuis cette époque que l'esprit de liberté et la Parole de Dieu ont amené tous ceux qui étaient bien disposés à marcher dans toujours plus de lumière et de vérité.

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Voilà donc ce qu'était ce “ fleuve ” qui marquait à la fois la fin de la puissance papale et le commencement du “ Jour de la Préparation ” de l'Eternel ou “ Temps de la Fin ”. C'est sur les eaux de ce fleuve que le messager de l'Eternel se tint debout prophétiquement pour annoncer la fin du temps, des temps et de la moitié d'un temps. Cette annonce était la réponse à la question : “ Jusques à quand la fin de ces merveilles ? ” Les “ merveilles ” (ou “ étranges choses ”) dont il est question ici n'étaient pas les choses relatées dans les versets 1 à 3 du chapitre 12 qui parlent du Royaume de Dieu. Celles-là n'étaient pas “ étranges ” car on les attendait. Ces “ merveilles ” étaient les tribulations, les persécutions et les épreuves du saint peuple de Dieu et spécialement celles dues à la suprématie de la puissance particulière ou “ corne ”, la Papauté au sujet de laquelle Daniel avait déjà demandé des informations (Dan. 7 : 19-22). La question était : Pendant combien de temps Dieu permettrait-il ces prodigieuses perversions de la vérité, cette étonnante tromperie de ses enfants et des nations. La réponse donnée, indique la durée de la puissance papale, fixe d'une manière précise le terme de cette période et ajoute : “ Lorsqu'il aura [ainsi] achevé de briser la force du peuple saint, toutes ces choses [étranges] seront achevées .

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Au verset 5, Daniel voit une personne de chaque côté du “ fleuve ” ; ces deux personnes demandent quand les choses étranges prendraient fin. Cette question semble indiquer que même au terme du pouvoir papal, les gens se demanderaient encore, comme auparavant, si le pouvoir papal de persécuter et d'opprimer est vraiment disparu. Il n'y a rien d'étonnant à cela si nous nous rappelons que même après la destruction de sa puissance, après que sa “ domination lui eut été enlevée ”, et même pendant qu'elle était consumée, cette “ corne ”, comme plus près de nous, en 1870, prononça des paroles arrogantes au sujet de son infaillibilité. Daniel, personnifiant les saints, dit (Dan. 7 : 11) : “ Je vis alors [après que sa domination fut passée, et qu'elle était impuissante à écraser la vérité, la force du peuple saint] à cause de la voix des grandes [arrogantes - trad.] paroles que la corne proférait — je vis [qu'elle n'avait plus aucun pouvoir contre le peuple saint et la vérité, mais qu'elle avait bien un autre effet] jusqu'à ce que la bête, fut tuée ; et son corps fut détruit et elle fut livrée pour être brûlée au feu ” — l'anarchie générale,. C'est ainsi que nous est montrée la destruction du reste des gouvernements de l'ancien Empire romain, par suite de l'influence trompeuse des paroles arrogantes de la Papauté, même après la disparition de sa domination.

 Puisque le terme de la puissance papale est ainsi non seulement avec clarté fixé au temps de la Révolution française, mais aussi par les événements relatés dans le chapitre 11 : 40-44 qui marquent l'année 1799 même, nous pouvons rapidement compter en arrière 1.260 ans et nous verrons si la puissance pontificale commença à ce moment-là. Si nous pouvons constater que ce fut ainsi, la preuve est faite aussi clairement et aussi fortement que pourrait le désirer notre foi. Vérifions donc :

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 Remontant 1.260 années en arrière à partir de 1799, nous arrivons en l'an 539 de notre ère où nous montrerons que commença la puissance papale. Mais le système papal a été un tel mélange de politique d'état et de politique religieuse, ses débuts ont été si petits et si graduels, de même que sa fin est graduelle, que les diverses opinions quant à son commencement et à sa fin pourraient être à la fois raisonnables et possibles, jusqu'à ce que nous connaissions les dates de son élévation et de sa chute fixées par Dieu et puissions nous rendre compte de leur exactitude. La Papauté a prétendu à la suprématie dans les affaires de l'Eglise et de l'Etat, elle s'est mêlée à la politique avant que ses adversaires s'en aperçoivent, elle a même essayé d'exercer l'autorité civile et a déclaré son chef infaillible, depuis la période dans laquelle la prophétie montre que sa puissance était brisée et sa destruction commencée. Mais la Papauté n'a pas été reconnue par le peuple italien de la province de la Romagne, depuis que la carapace à d’ignorance et de vénération superstitieuse fut brisée pendant la Révolution française.

 Parfois, entre les révolutions, le pape a siégé comme gouverneur nominal des Etats pontificaux ; il l'a fait simplement comme un envahisseur étranger, le représentant de l'Autriche ou de la France, dont les troupes tour à tour le protégeaient dans sa charge.

 Sachant maintenant que les 1.260 ans commencèrent en 539, il nous est possible de découvrir ce qui n'aurait pu être reconnu auparavant. Les papistes eux-mêmes sont plus enclins à dater leur prise de pouvoir, soit de la conversion de Constantin, et de la christianisation nominale de l'Empire romain, en 328 ap. J.-C. ou de la confirmation des Etats pontificaux à l'Eglise par Charlemagne en l'an 800 ap. J.-C. Remarquons d'abord que Constantin ne reconnut jamais à l'Eglise la possession ou le droit d'exercer un pouvoir civil quelconque. Au contraire, bien qu'il favorisât le christianisme, ce fut plutôt l'Eglise qui fit de l'empereur au moins son chef associé, de sorte que l'empereur convoquait les conciles, se mêlait des affaires de l'Eglise qui, elle, ne pouvait nullement s'occuper d'affaires civiles. La date 539, déterminée par “ la canne à mesurer ” prophétique de 1.260 années, est à mi-chemin entre cette union de l'Eglise et de l'empire en 328, d'une part, et l'an 800 date à laquelle Charlemagne reconnut pleinement la papauté comme pouvoir suprême — le dispensateur de toute autorité civile et religieuse, d'autre part.

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Depuis le règne de Constantin, les évêques de Rome avaient occupé une place éminente devant le monde et commencèrent bientôt à revendiquer une autorité sur tous les autres, dans l'Eglise aussi bien que dans le monde, exigeant qu'une seule personne fût reconnue comme autorité ou chef de l'Eglise et que l'évêque de Rome, fût celle-ci. Ils prétendirent que Pierre ainsi que Paul avaient vécu à Rome et que Rome constituait donc le siège de l'autorité apostolique, et aussi qu'en raison de ce qu'elle avait été longtemps le siège des Césars et du gouvernement civil, elle conservait dans l'esprit du peuple une place d'autorité.

Ces allégations pour obtenir la suprématie ne furent cependant pas facilement admises. L'esprit de rivalité était, général et d'autres évêques d'autres grandes villes prétendirent aussi à la suprématie, les uns pour une raison, les autres pour une autre.

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Ce ne fut pas avant l'an 533 que l'évêque de Rome fut ainsi reconnu par l'empereur Justinien 1er. Ce fut à l'occasion d'une chaude discussion religieuse que l'empereur prit le parti de l'évêque de Rome reconnaissant le bien-fondé de l'adoration de la vierge Marie, et contre certains dissidents, les Eutychiens et les Nestoriens au sujet de la distinction et du mélange des natures dans la personne de notre Seigneur Jésus. L'empereur craignait que la discussion divisât l'Eglise et divisât ainsi l'empire, qu'il désirait unir l'un et l'autre plus fermement ; car même dans ces premiers jours l'Eglise nominale et l'empire formaient déjà une seule et même “ Chrétienté ”. Il désirait établir une autorité suprême pour trancher la dispute et dire au peuple ce qu'il fallait croire ou ne pas croire ; estimant que l'évêque de Rome était déjà le plus populaire des prétendants à la primauté (papauté ou direction), aussi bien que le plus “ orthodoxe ” — celui qui était le plus en harmonie avec l'empereur sur les questions — Justinien, par des documents, non seulement condamna les doctrines des Eutychiens et des Nestoriens, mais s'adressant à l'évêque de Rome comme au Chef de toutes les saintes églises et de tous les saints prêtres de Dieu, il le reconnut ainsi, et désira aider le pape à abattre l'hérésie et à établir l'unité de l'Eglise.

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 Pour confirmer la chose, l'Empereur adressa au pape Jean, patriarche de Rome, le message suivant : (*)“ Victor Justinianus, pius, felix, inclytus, triumphator, semper Joanni sanctissimo Archiepiscopo almae Urbis Romae et Patriarchae.

 “ Reddentes honorem apostolicae sedi, et vestrae sanctitati (quod semper nobis in voto et fuit et est), et ut decet patrem honorantes vestram beatitudinem, omnia quae ad ecclesiarum statum pertinent festinavimus ad notitiam deferre  vestrae sanctitatis ; quoniam Semper nobis fuit studium, unitatem vestriv apostolicae sedis, et statum sanctarum Dei ecclesiarum custodire, qui hactenus obtinet et in nulla contrarietate. Ideoque omnes sacerdotes universi Orientalis tractus et subjicere et unire sedi vestrae sanctitatis properavimus, In praesenti ergo quae commota sunt (quamvis manifesta et indubitata sint et secundum apostolicae vestrae sedis doctrinam ab omnibus semper sacertotibus firme custodita et pradicata) necessarium duximus, ut ad notitiam vestrae sanctitatis perveniant. Nec enim patimur quicquam, quod ad eccIesiarum statum pertinet, quamvis manifestum et indubitatum sit, quod movetur, ut non etiam vestrae innotescat sanctitati quae caput est omnium sanctarum ecclesiarum. Per omnia enim (ut disturn est) properamus honorem et auctoritatem crescere vestrae sedis. ”

 “ Justinien le vainqueur, le pieux, le favorisé, le célèbre, le triomphant et le très auguste, à Jean le très saint archevêque de la ville mère nourricière de Rome — et patriarche — Nous présentons nos hommages au siège apostolique et à votre Sainteté (ce qui toujours fut et est notre désir) ; nous avons la plus profonde révérence pour votre personne bénie, comme il convient à l'égard d'un père ; c'est pourquoi nous nous hâtons de porter à la connaissance de votre Sainteté toutes choses concernant la condition des Eglises, car notre ardent désir a toujours été de préserver l'unité de votre Siège Apostolique et la position des saintes églises de Dieu qui subsistent toujours par elles-mêmes et demeurent inébranlables sans que rien puisse prévaloir contre elles. C'est ainsi que nous nous sommes hâté d’assujettir et d'unir au Siège de votre Sainteté tout le clergé de l'orient de l'empire. Maintenant, nous estimons nécessaire que votre Sainteté prenne connaissance de toutes les questions contestées, même si en réalité elles sont parfaitement évidentes et certaines, même si elles ont toujours été fermement maintenues et prêchées par tous les prêtres conformément à la doctrine de votre Siège Apostolique. Nous ne permettons pas, en effet, que la plus petite question concernant les affaires des églises soit soulevée, sans que votre Sainteté qui est la tête, le chef de toutes les saintes églises en soit informée, même si la chose est parfaitement claire et certaine ; car en toutes choses (comme nous l'avons dit) nous désirons ardemment accroître l'honneur et l’autorité de votre Siège ”.

 Cette lettre parle ensuite de certaines doctrines jugées hérétiques, qui avaient causé des dissensions, et montre la foi de l'Empereur en harmonie avec celle de l'Eglise de Rome. Elle se termine comme suit (*) : “ Suscipimus autem sancta quatuor concilia : id est, trecentorum decem et octo sanctorum patrum qui in Nicaena urbe congregati sunt : et centum  quinquaginta sanctorum patrum qui in hac regia urbe convenerunt : et sanctorum patrum qui in Epheso primo congregati sunt : et sanctorum patrum qui in Chalcedone convenerunt : sicut vestra apostolica sedis docet atque praedicat, Omnes ergo sacerdotes sequentes doctrinam apostolicae sedis vestrae ita credunt et praedicant.

 “ Unde properavimus hoc ad notitiam deferre vestrae sanctitatis per Hypatium et Demetrium, beatissimos episcopos,  ut nec vestram sanctitatem lateat, quae et a quibusdam paucis monachis male et Judaice secundum Nestorii perfidiam denegata sunt. Petimus ergo vestrum paternum afectum ; ut vestris ad nos destinatis literis, et ad sanctissimum episcopum hujus almae urbis, et patriarcham vestrum fratrem (quoniam et ipse per eosdem scripsit ad vestram sanctitatem, festinans in omnibus sedem sequi apostolicam beatitudinis vestrae, manifestum nobis faciatis, quod ommes qui praedicta recte  confitentur, suscipit vestra sanctitas, et eorum qui Judaice aussi sint rectam denegare fidem, condemnat perfidiam. Plus enim ita circa vos omnium amor, et vestrae sedis crescet auctoritas ; et quae ad vos est unitas sanctarum ecclesiarum inturbata servabitur, quando per vos didicerint omnes beatissimi episcopi eorum, quae ad vos relata sunt, sinceram vestrae sanctitatis doctrinam Petimus autem vestram beatitudinem orare pro nobis, et Dei nobis adquirere providentiam. ” Nous admettons [la validité de] quatre conciles sacrés, ceux des 318 saints pères qui se réunirent dans la ville de Nicée, [Concile de Nicée], des 150 saints pères qui s'assemblèrent dans cette ville royale, [Concile de Constantinople], et des saints pères qui se réunirent à Ephèse, et des saints pères qui s'assemblèrent à Chalcédoine [Concile de Chalcédoine] comme votre Siège Apostolique l'enseigne et l'affirme. Tous les prêtres, par conséquent, qui suivent la doctrine de votre Siège Apostolique, croient, confessent et affirment cela. C'est pourquoi nous nous empressons de porter à la connaissance de votre Sainteté, par l'intermédiaire de Hypatius et Démétrius, les très vénérés évêques, qu'on ne peut laisser ignorer à votre Sainteté ce qui [les doctrines] a été méchamment renié par quelques moines, à la manière des Juifs, d'après l'hérésie de Nestorius. Nous faisons donc appel à votre paternelle attention [priant] que par une lettre adressée à nous et à la plupart des saints évêques de cette belle ville et au patriarche votre frère (qui, lui-même aussi, a écrit par la même occasion à votre Sainteté, dans sa hâte de suivre en tous points le Siège Apostolique de votre Sainteté) vous nous manifestiez que votre Sainteté accepte tous ceux qui confessent droitement ce qui est ordonné, et condamnent l'hérésie de ceux qui ont osé, à la manière des Juifs, renier la vraie foi. C'est ainsi que l'amour de tous pour vous-même et pour l'autorité de votre Siège deviendra très grand ; c'est ainsi que l'unité des saintes églises, un moment troublée, vous sera conservée, puisque tous les évêques les plus vénérés auront appris par vous la véritable doctrine de votre Sainteté sur toutes les questions qui ont été soumises à votre approbation. Nous demandons maintenant à votre Sainteté de prier pour nous et d'obtenir pour nous la bénédiction céleste ”.

63

 Le Pape Jean répondit le 24 mars 534 à la lettre ci-dessus (*) Nous citons de sa réponse ce qui suit :

 “ Gloriosissimo et clenientissimo filio Justiniano Augusto,

 “ Johannes Episcopus Urbis Romae.

 “ Inter claras sapientiae ac mansuetudinis vestrae laudes,

 Christianissime principum, puriore luce tanquam aliquod sydus irradiat, quod amore fidei, quod charitatis studio edocti ecclesiasticis disiplinis, sedis reverentiam conservatis, et ei cuncta subjicitis, et ad ejus deducitis unitatem, ad cujus auctorem hoc est apostolorum primum, Domino loquente praeceptum est, Pasce oves meas : Quam esse omnium vere ecclesiarum caput et patrum regulae et principum statuta declarant, et pietatis vestrae reverendissimi testantur affatus... Proinde serenitatis vestrae apices per Hypatium atque Demetrium, sanctissimos viros, fratres et coepisco pos meos reveirentia consueta sescepimus : quorum etiam relatione comperimus, quod fidelibus populis proposuitis edictum amore fidei pro submovenda haereticorum intentione, secundum apostolicam doctrinam, fratrum et coepiscoporum nostrorum interveniente consensu. Quod, qui a apostolicae doctrinae convenit, nostra auctoritate confirmamus. ”

 A cette même occasion, l'Empereur écrivit au Patriarche de Constantinople. Nous citons le premier paragraphe de sa réponse (**) :

 (**) Epiphanio sanctissimo et beatissimo Archiepiscopo Regiae hujus Urbis et Ecumenico Patriarchae.  “ Cognoscere volentes tuam sanctitatem ea omnia ad ecclesiastium spectant statum : necessarium duximus, hisce  ad jam rnoveri coepta sunt, quamquam et illa eandem cognoscere sumus persuasi. Cum itaque comperissemus quosdam  alienos a sancta, catholica, et apolostolica ecclesia, impiorum Nestorii et Eutychetis sequutos divinum antehac promulgavimus edictum (quod et tua novit sanctitas) per quod haereticorum furores reprehendimus ita ut nullo quovis omnino modo immutaverimus, immutemus aut paetergressi simus eum, qui nunc usque, coadjuvante Deo, servatus est, eccIesiasticum statum (quernadmodum et tua novit sanctitas) sed in servato statu unitatis sanctissimarum ecclesiarum cum ipso S. S. Papa veteris Romae, ad quem similia hisce perscripsimus. Nec enim patimur ut quicquam eorum, quae ad ecclesiasticum spectant statum, non etiam ac ejusdem referatur beatitudmem : quum ea sit caput onmium sanctissimorum Dei sacerdotum ; vel eo maxime quod, quodiies in eis locis haeretici pullularunt, et sententia et recto judicio illius venerabilis  sedis coerciti sunt. ”

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“ Epiphane, le très saint et bienheureux Archevêque de cette ville royale, et Patriarche oecuménique : Désirant faire connaître à votre Sainteté toutes les questions relatives à la condition de l’Eglise, nous avons jugé nécessaire d'utiliser ces abrégés ecclésiastiques afin que soit manifesté quels sont les mouvements qui sont déjà lancés, quoique nous soyons persuadé que vous les connaissez aussi. Et comme nous avons pu établir que certains étrangers à la Sainte Eglise Catholique et Apostolique avaient suivi l'hérésie des impies Nestorius et Eutychus, nous avons promulgué un édit ecclésiastique (comme votre Sainteté le sait aussi) dans lequel nous avons censuré la folie des hérétiques. Nous n'avons changé d'aucune manière, ni ne changerons, ni (comme votre Sainteté le sait) n'avons fermé les yeux sur cette position de l'Eglise qui, grâce à Dieu a jusqu'ici été préservée ; mais, à tous égards, l’unité des très saintes églises avec Sa SAINTETE SUPRÊME, LE PAPE DE L'ANCIENNE ROME (à qui nous avons écrit les mêmes choses) a été maintenue. Nous voulons que toute question concernant l'état de l'Eglise soit soumise à SA SAINTETE, puisqu'il est la tête, le chef de toutes les très saintes églises de Dieu, cela d'autant plus que des hérétiques ont surgi nombreux dans ces pays et qu'ils ont toujours pu être réprimés [littéralement retranchés comme les rameaux d'un arbre] par la sagesse et les justes jugements de ce vénérable Siège. ”

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 Les lettres dont nous avons donné les extraits précédents sont au complet avec l'Edit de Justinien (*) auquel il a été fait allusion précédemment, dans le Volume de la Loi Civile (Codicis lib. I., tit. 1).

 (*) Nous lisons comme me suit un extrait de cet édit :

 “ Imp. Justinian. A. Constantinopolitis.

 “ Cum Salvatorem et Dominum omnium Jesum Christum verurn Deum nostrum colamus per omnia, studemus etiam (quatenus datum est humanae menti assequi) imitari ejus condescensionem seu demissionem. Etenim cum quosdam invenerimus morbo atque insania detentos impiorum Nestorii et Eutychetis. Dei et sanctae cathoIicae apostolicae ecclesiae  hostium, nempe qui detrectabant sanctam gloriosam semper virginem Mariam Theotocon sive Deiparam appellare proprie et  secundum veritatem : illos festinavimus quae sit recta Christianorum fides edocere. Nam hi incurabiles cum sint, celantes  errorem suum passim circumeunt (sicut didicimus) et simpliciorum animos exturbant et scandalizant, ea astruentes quae  sunt sanctae catholicae ecclesiae contraria. Necessarium igitur esse putavimus, tam haereticorum vaniloquia et mendacia  dissipare, quam omnibus insinuare, quomodo, aut sential sancta Dei et catholica et apostolica ecclesia, aut praedicent  sanctissimi ejus sacerdotes ; quos et nos sequuti, manifesta constituinus ea quae, fidei nostrae sunt ; non quidem innovantes  fidem (quod absit) sed coarguantes eorum insaniam qui eadem cum impiis haeriticissentiunt. Quod quidem et nos in nostri  imperii Primordiis pridem satagentes cunctis fecimus manifestum. ”

Dans la suite, Phocus et d'autres empereurs confirmèrent et accentuèrent encore cette première reconnaissance officielle des prétentions de la Papauté.

 Mais même après avoir été reconnu comme chef d'Etat, un empereur sacerdotal, le Pape n'avait encore qu'un simple titre sans valeur ; car Justinien résidait loin de Rome, à Constantinople, sa capitale. Rome, comme l'Italie en général, dépendait alors d'un autre royaume, celui des Ostrogoths, qui ne reconnaissait pas l'évêque de Rome comme souverain pontife car pour la plupart, ils étaient de la foi des Ariens. C'est pourquoi la Papauté, reconnue par l'Empereur, n'avait en somme qu'une puissance et une situation honorifiques tout à fait nominales jusqu'à la chute de la monarchie des Ostrogoths où son exaltation devint une réalité. En vérité, comme à la suite d'un arrangement concerté auparavant, l'empereur envoya de suite (534 ap. J. C.) Bélisaire et une armée en Italie, et six ans après la reconnaissance du pape par l'empereur, la puissance des Ostrogoths fut vaincue en 539 ; leur roi Vitigès et la fleur de ses soldats furent pris avec d'autres trophées et amenés aux pieds de Justinien. C'est donc de l’année 539 que nous devons faire partir l'établissement de l' “ Abomination de la Désolation ” ; c'est à ce moment-là que la Papauté eut son petit commencement. C'est alors que la petite “ corne ” caractéristique, décrite dans la prophétie Daniel (Daniel 7 : 8, 11, 20-22, 25), commença à se développer sur la bête Romaine. Elle avait commencé à se former ou à prendre racines deux siècles auparavant, et deux siècles après sa petite apparition, son “ aspect était plus grand que celui des autres ” — les autres cornes ou puissances occupant le territoire du vieil empire — et ses yeux, et sa bouche qui prononçait des paroles arrogantes commencèrent à croître, et elle finit par régner sur les autres cornes en prétendant que ce droit lui était accordé par Dieu.

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 Le prophète avait dit que trois cornes seraient dépouillées, ou arrachées, pour faire place à cette “ corne ” ou puissance particulière. Et c'est bien ce que nous trouvons : Constantin bâtit Constantinople et en fit sa capitale ; cet événement quoique favorable au développement de la Papauté dans le siège des Césars fut, par contre funeste à l'empire et bientôt on jugea bon de diviser ce dernier en deux parties : l'Italie forma l'empire d'Occident dont le siège ou la capitale fut Ravenne. Ce fut l'une des “ cornes ” ; elle fut arrachée en l’an 476 par les Hérules, une autre des cornes, sur les ruines de cet empire. Le Royaume des Ostrogoths, une autre “ corne ”, renversa les Hérules et s'établit en l’an 489, comme maître de l'Italie. Comme nous venons de le voir, ce fut pendant le règne de cette “ corne ”, (la troisième à extirper pour faire place à la corne papale) que Justinien reconnut la suprématie pontificale, et ce fut par ses ordres, par son général et son armée qu'elle fut déracinée. Comme nous l'avons vu, il était nécessaire que cette dernière corne fût arrachée pour permettre l'arrivée au pouvoir de la Papauté formée par un mélange particulier de puissances politique et religieuse — une “ corne ” spéciale différant de toutes les autres. En vérité, il ne semble pas improbable que la Papauté ait désiré la ruine de chacune de ces “ cornes ” ou puissances, espérant ainsi ouvrir le chemin pour sa propre élévation, exactement comme cella eut lieu à la fin.

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 Avec la chute des Ostrogoths, l'empereur romain fut reconnu pendant quelque temps comme le souverain de l'Italie ;  ses représentants étaient des exarques qui résidaient non à Rome mais à Ravenne, afin de bien marquer par ce fait, qu'ils reconnaissaient la suprématie de la Papauté de la manière montrée ; il s'ensuit donc que c'est bien à partir de l'an 539 que la Papauté devint la première autorité de Rome. A partir de cette date (lorsque la Papauté fut “ établie ”) elle commença à se  développer et à s'agrandir comme une puissance ou “ corne ” au milieu des autres “ cornes ” ou puissances, représentant le pouvoir autrefois unifié de Rome. Aux environs de cette époque l'Italie, et spécialement Rome, fut grandement bouleversée, soumise au pillage des envahisseurs venus du Nord, aussi bien qu'aux lourds tributs des maîtres de l'heure quels qu'ils fussent. Cet état de choses aida à ruiner peu à peu en Italie le pouvoir de l'empereur qui résidait à Constantinople, de sorte que les chefs de l'Eglise, qui résidaient dans le pays, qui en parlaient la langue, qui participaient à ses malheurs et à ses succès, furent aisément acceptés par le peuple comme les conseillers, les protecteurs et les souverains de la cité de Rome et de ses environs.

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 Il n'est pas douteux que le but de Justinien en reconnaissant les prétentions de l'évêque de Rome à la supériorité sur les autres était aussi, en partie, de s'assurer sa coopération dans la guerre qu'il était sur le point d'engager contre les Ostrogoths, pour reconquérir l’Italie comme partie de l'Empire Romain d'Orient ; car l'influence du pape et de l'Eglise n'était, même alors, nullement à dédaigner ; et les avoir de son côté dans la guerre était, dès le point de départ, la victoire à moitié gagnée.

 Bien que les Goths se fussent révoltés contre l'empire et eussent pillé Rome, ils ne purent rétablir leur pouvoir, et son seul gouvernement fut celui de l'Eglise. Quoique le royaume des Lombards s'établît bientôt en Italie et dominât sur la plus grande partie du pays, détruisant même la puissance de l'empire d'Orient fondé par Justinien, et confié aux exarques, il faut cependant noter avec soin que les Lombards reconnurent l'autorité du pape à Rome. Ce ne fut que vers la fin de ce royaume, au huitième siècle, que de sérieuses tentatives contre l'autorité papale furent faites. L'histoire de ces événements montre bien que les papes furent tour à tour les véritables maîtres de Rome, “ les successeurs des Césars ”, comme ils le prétendaient, les “ Césars spirituels ”, ce qui ne les empêcha pas, d'ailleurs, de réclamer la protection du gouvernement de Constantinople, aussi longtemps qu'elle leur fut utile. Lorsque les Lombards voulurent finalement s'emparer de Rome, le pape appela le roi des Francs pour protéger l'Eglise (la Papauté), et maintenir son autorité sur ce qu'ils appelaient le “ Patrimoine de SAINT-PIERRE ”, qu'ils prétendaient (*) avoir été donné à l'Eglise par Constantin. (*) [Cette prétention était fausse et reposait sur documents falsifiés, “ les Fausses Décrétales ”. Aujourd'hui même des auteurs catholiques romains reconnaissent la chose. Constantin n'accorda jamais un pareil don à la Papauté qui établit graduellement son autorité et son pouvoir sur comme nous venons de le décrire.]

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 Les rois des Francs, Pépin et Charlemagne, envoyèrent successivement leurs armées protéger la domination de la Papauté contre les Lombards qui furent vaincus. C'est Charlemagne qui en l'an 800 donna formellement à la Papauté les territoires appelés “ Etats Pontificaux ” dont nous avons déjà parlé, qui furent ajoutés à la ville et à la banlieue de Rome que la Papauté possédait déjà depuis l'année 539. Nous voyons ainsi que le royaume Lombard ou “ corne” ne supplanta pas la corne papale comme certains l'ont supposé ; elle n'empêcha pas son développement, bien qu'elle l'ait parfois entravé.

 Au sujet de cette attaque par les Lombards, Gibbon dit :

 “ Un exemple mémorable de repentance et de piété fut donné par Lutiprand, roi des Lombards. En armes, à la porte du Vatican, le conquérant écouta la voix de Grégoire 1er, retira ses troupes, abandonna sa conquête, visita avec respect l'église de SAINT-PIERRE et, après avoir accompli ses dévotions, offrit son épée et sa dague, sa cuirasse et son manteau, sa croix d'argent et sa couronne d'or, sur la tombe de l'apôtre ”. Mais “ son successeur Astolphe se déclara ennemi également de l'empereur et du pape... Rome fut sommée de reconnaître le victorieux Lombard comme son souverain légal... Les Romains hésitèrent, ils implorèrent, ils se plaignirent et les barbares menaçants furent mis en échec par les armes et les négociations jusqu'à ce que les papes se soient assuré l'amitié d'un allié et vengeur au-delà des Alpes ”.

 Le pape (Etienne Ill) visita le pays des Francs et il réussit à obtenir le secours nécessaire ; Gibbon raconte qu'il retourna en conquérant à la tête d'une armée franque conduite par le roi [Pépin] en personne. Les Lombards, après une faible résistance, obtinrent une paix ignominieuse et jurèrent de restituer les possessions de l'Eglise romaine et de respecter sa sainteté.

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Comme exemple des prétentions papales et de la nature du pouvoir en vertu duquel ils prétendaient avoir droit à régner temporellement, il suffit de citer à nouveau de Gibbon une lettre du Pape Etienne III adressée à ce moment-là au roi des Francs. Peu de temps après le départ de l'armée franque, les Lombards étaient revenus attaquer Rome, et le pape demandait de nouveau du secours. Il écrivit au nom de l'apôtre Pierre, disant :

 “ L'Apôtre certifie à ses fils adoptifs, le roi, le clergé et les nobles de France, que, quoique mort dans la chair, il est toujours vivant en esprit ; que maintenant il leur fait entendre sa voix, à laquelle ils doivent obéir, la voix du fondateur et gardien de l'Eglise romaine ; que la Vierge, les anges, les saints, les martyrs et toutes les armées des cieux sont unanimes à appuyer cette requête et reconnaissent qu'elle est une obligation; que les richesses, la victoire et le paradis seront la récompense de leur pieuse entreprise ; et que la damnation éternelle sera le châtiment de leur négligence, s'ils souffrent que son tombeau, son temple et son peuple tombent entre les mains des perfides Lombards ”. Et Gibbon ajoute :

 “ La seconde expédition de Pépin fut aussi rapide et heureuse que la première : SAINT-PIERRE fut satisfait et Rome de nouveau sauvée ”.

 Il nous a paru important de marquer nettement comme nous l'avons fait ci-dessus, le début de la domination papale qui était obscur, c'est pourquoi, comme preuve dernière et corroborative, un auteur catholique romain montre que l'élévation de la puissance romaine commence à partir de Justinien, soit à partir de l'an 539, date prophétiquement indiquée. Citons-le :

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 “ Après la chute de l'empire romain d'Occident, l'influence politique des papes s'accrût considérablement en Italie, car ils durent prendre sous leur protection ce malheureux pays, mais tout spécialement Rome et sa banlieue, qui changeaient si souvent de maîtres et étaient constamment exposés aux invasions de conquérants rudes et brutaux. Pendant que les successeurs de Saint-Pierre se dépensaient puissamment pour assurer le bien-être des populations italiennes, les empereurs romains d'Orient qui prétendaient toujours régner sur le pays, ne s'occupaient guère de leurs sujets. Même lorsque Justinien ler  eut en partie reconquis l'Italie [en 539] et qu'il en eut fait une province grecque, le sort des habitants du pays ne fut pas meilleur ; en effet, les empereurs de Byzance se bornaient à écraser de taxes leurs sujets de l'Exarchat de Ravenne, sans pouvoir leur accorder en retour la protection nécessaire.

 “ Dans ces circonstances, il arriva que... les empereurs... perdirent tout pouvoir effectif, et ne furent plus que les maîtres nominaux du gouvernement ; par contre, par le fait des exigences de la situation, les papes acquirent la domination effective sur le territoire ou domaine romain… Ce résultat spontané, conséquence naturelle de la ligne de conduite généreuse des papes, fut dans la suite reconnu comme une acquisition légale [par Pépin et Charlemagne]... Selon le langage des écrivains contemporains, Pépin “ restitua ” le territoire conquis au Siège Apostolique. La donation ou restitution de Pépin fut confirmée et agrandie par son fils Charlemagne qui, en l'an 774, mit fin à la domination lombarde en Italie. C`est par ces moyens légitimes que la PUISSANCE TEMPORELLE ET LA SOUVERAINETE DES PAPES fut graduellement établie par la divine providence. ”

 Ce qui précède est extrait de “ L'Histoire de l'Eglise Catholique ” de H. Brueck, D. D., Vol. I, pages 250 et 251. Cet ouvrage fait autorité chez les catholiques romains ; il est en usage dans leurs universités et séminaires, il a reçu l'approbation des dignitaires pontificaux (l'imprimatur - trad.) et son témoignage a de la valeur lorsqu'il montre la croissance graduelle du pouvoir temporel de la Papauté, et l'époque à laquelle elle commença, à la suite de circonstances favorables. Il prouve que la chute du royaume Ostrogoth en 539, est le point de départ exact, tel qu'il est indiqué par la mesure prophétique (1.260 années) où cette désolation, système abominable aux yeux de Dieu, fut “ établie ”.

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Dans le même ordre d'idées, et pour s'efforcer de démontrer clairement que l'autorité papale commença avant l'époque de Charlemagne, voici ce que dit à ce sujet un autre ouvrage catholique, La Chaire de Saint Pierre, dans un chapitre sur “ la croissance du pouvoir temporel ” (page 173) : “ Rome était gouvernée nominalement par un Patricien nommé par l'empereur, mais en réalité par la force des circonstances, les papes devinrent les maîtres suprêmes de la ville ”. Pour prouver cette autorité et cette domination, l'auteur pouvait en citant des preuves historiques du pouvoir des papes et de l'impuissance des dirigeants nominaux citer l'exemple du Pape Grégoire le Grand qui, en l'an 590, (cinquante années seulement après que la puissance papale fut “ établie ”), fait bien voir la puissance que possédaient déjà les papes. Il dit :

 “ Nous voyons le pape envoyer Léontius comme gouverneur à Népi, en Etrurie, ordonnant aux habitants de cette ville d'avoir à lui obéir comme à lui-même. Il nomme ensuite Constantius au poste important de gouverneur de Naples. Puis il écrit aux évêques relativement aux mesures de défense et d'approvisionnement de leurs cités respectives ; il envoie des ordres aux chefs militaires... En un mot, il devient le véritable souverain et protecteur de l'Italie ; c'est pourquoi il a pleinement raison de dire : “ Quiconque veut remplir mon poste comme pasteur a de graves soucis à l’égard des devoirs et des charges extérieures ; au point qu'il lui arrive fréquemment de se demander s'il remplit les fonctions d'un pasteur ou celles d'un prince temporel ”.

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C'est dans de telles proportions que s’accrût la puissance temporelle, cinquante ans seulement après ses modestes débuts de l'an 539 ap. J.-C, Nous avons bien ainsi la preuve que les 1260 années ou trois temps et demi, de la domination  papale sont nettement et clairement marquées aux deux extrémités.

 Daniel qui avait entendu la limite impartie à la puissance de l'abomination qui désola l'Eglise, étouffa la vérité et opprima la force du peuple de Dieu, vit que ce fait n'amènerait pas encore l'inauguration du royaume de Micaël (Christ), ainsi que l'élévation des saints en puissance ; il vit simplement leur délivrance des mains de leur oppresseur ; c'est pourquoi il désirait en savoir davantage : “ J'entendis, mais je ne compris [toujours] pas. Et je dis : “, Mon Seigneur, quelle sera l'issue de ces choses [que viendra-t-il ensuite] ? Et il dit : Va, Daniel [il inutile que tu comprennes ces choses] ; car ces paroles sont cachées et scellées jusqu'au temps de la fin ”. Depuis le temps où le sacrifice continuel sera ôté et où l'abomination qui cause la désolation aura été placée [539 ap. J.C.], il y a 1.290 jours [années. Alors] plusieurs seront purifiés [séparés] et blanchis et affinés et les méchants agiront méchamment et aucun des méchants ne comprendra ; mais les sages comprendront [alors]. Bienheureux celui qui attend et qui parvient à mille trois cent trente-cinq jours [1335]. Et toi, va jusqu'à la fin et tu te reposeras et tu te tiendras dans ton lot [ta récompense] [après] la fin des jours ”. (*) [Concernant cette traduction voir les remarques dans la Préface.] Dan. 12 : 8, 9, 11, 10-13.

 Celui qui étudie soigneusement constatera que les 1290 et 1335 jours prophétiques, ou années littérales, ont le même point de départ que les 1260 années de la puissance persécutrice des papes, c'est-à-dire à partir du temps où l'abomination de la désolation fut “ établie ” en l'an 539. Lorsque deux événements se passent à des époques différentes comme c'est ici le cas — l'enlèvement du sacrifice continuel et l'établissement de l'abomination — il faut toujours prendre comme point de départ de leur chronologie commune le moment ou les deux événements sont tous deux en voie de réalisation. L'enlèvement du “ sacrifice continuel ”, comme nous le verrons au chapitre suivant, eut lieu quelques années avant l'établissement de l'abomination — en 539, et il en fut le trait le plus important qui lui valut le nom d' “ abomination ”. Nous devons donc compter, et nous le faisons, “ l'établissement ” de l'abomination, du dernier de ces deux événements.

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 Il est à remarquer, en outre, que ces deux mesures sont indiquées à Daniel pour répondre à sa question relative aux événements qui surviendraient après que les saints de Dieu verraient leur pouvoir (la vérité) délivré de l'oppression papale (c'est-à-dire après 1799), et avant l'établissement du royaume du Messie, Micaël. La réponse, en substance fait comprendre à Daniel qu'il ne lui sera pas donné de connaître ce qui viendra dans la suite ; il lui est simplement dit que trente ans après le commencement du Temps de la Fin (1260 + 30 =1290), il y aurait une œuvre de purification, de nettoyage et d'affinage qui se poursuivrait dans le peuple saint pour le préparer à comprendre la prophétie. Cette compréhension serait accordée aux sages, qui font partie de cette classe éprouvée, purifiée et séparée. Quant aux impies, à ceux qui ne sont pas purifiés, ils ne pourraient pas ajouter foi à la connaissance ainsi apportée. Il fut montré de plus que la compréhension exacte de la vision serait loin d'être complète ; en fait, elle serait encore privée de quelques-uns de ses principaux éléments pendant 45 ans (1290 + 45 = 1335), soit 75 ans après le commencement du Temps de la Fin, en 1799 (1260 + 75 =1335). Ce fait est nettement indiqué dans le texte hébreu qui dépeint la vision en montrant les sentinelles qui ont déjà vu quelque chose, qui continuent à attendre patiemment et qui, soudainement, (quand les “ 1335 jours ” sont écoulés), obtiennent une vue complète et nette dans une mesure qui dépasse toutes leurs attentes - “ Bienheureux celui... qui parvient à 1335 jours ! ”

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 En calculant à partir de l'année 539, les 1290 jours symboliques se terminent en 1829 et les 1335 jours à la fin 1874. Que le lecteur juge avec soin la précision avec laquelle ces dates permette de déchiffrer la vision ainsi que toutes les prophéties qui ont trait au Temps de la Fin, à la séparation, à la purification, à l'affinage comme par le feu qui doivent amener les enfants de Dieu à une condition d'esprit et de cœur, d'humilité, de confiance semblable à celle de l'enfant afin qu'ils puissent être prêts à recevoir et à apprécier sa valeur l’œuvre de Dieu, selon Ses voies et au temps qu'Il a marqué.

 Un mouvement religieux eut son apogée en 1844 ; ses adeptes étaient alors et sont encore connus sous le nom de “ Seconds Adventistes ” ou “ Milleristes ”, parce qu'ils attendaient le second avènement du Seigneur à cette date, et parce qu'un M. William Miller en était le chef et l'initiateur. Ce mouvement commença vers 1829 ; déjà avant 1844, date fixée pour le retour du Seigneur, il avait attiré sur lui l'attention de toutes les classes de chrétiens et produit même une certaine agitation dans les Etats de l'Est et du Centre des Etats-Unis. Longtemps déjà avant cela, le professeur Bengel, de Tübingen, en Allemagne, avait attiré l'attention sur les prophéties et sur la venue du Royaume du Messie, tandis que de son côté le célèbre missionnaire Wolff en faisait autant en Asie. Ce fut néanmoins l'Amérique qui resta le centre de ce mouvement, car dans ce pays, les conditions sociales, politiques et religieuses étaient plus favorables que partout ailleurs pour permettre une étude indépendante de la Bible ainsi qu'une liberté complète dans d'autres domaines. Ce fut comme au temps du premier avènement où le mouvement était resté limité à la Judée, quoique, à ce moment-là, tous les Israélites pieux avaient, partout, plus ou moins entendu parler du message. — Actes 2 : 5.

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 Nous savons tous que les événements attendus par Frère Miller ne s'accomplirent pas. Le Seigneur ne vint pas en 1844 et le monde ne fut pas consumé par le feu comme il l'avait pensé et enseigné. Ce fut une profonde déception pour ce “ peuple saint ” qui avait attendu avec tant de confiance l'apparition de Christ (“ Micaël ”) qui devait venir les élever avec Lui à la gloire et la puissance. Pourtant, malgré le désappointement, le mouvement produisit les résultats voulus par Dieu : il éveilla l'attention de beaucoup de gens sur la venue du Seigneur et il discrédita cet événement aux yeux de beaucoup de personnes par le fait des espérances non réalisées. Nous disons “ résultats voulus par Dieu ” car la main du Seigneur y était présente. Non seulement ce mouvement fit un travail correspondant à celui du premier mouvement adventiste lors de la naissance de Jésus, lorsque les mages vinrent d'Orient et quand tout “ le peuple était dans l'attente [du Messie] ” (Matth. 2 : 1, 2 ; Luc 3 : 15), mais il lui correspond également quant au temps : la naissance de Jésus eut lieu trente ans avant son onction, à l’âge de trente ans, au début de son oeuvre de Messie. Ce “ mouvement Miller ”, comme il est appelé quelquefois par dérision, apporta aussi une bénédiction individuelle au “ peuple saint ” qui y prit part ; on sonda plus profondément les Ecritures, on reprit confiance dans la Parole de Dieu que l'on replaça au-dessus des traditions des hommes. Il se produisit l'union des cœurs chez les enfants de Dieu qui furent réchauffés et nourris dans une communion dégagée de toute forme sectaire ; en effet, ceux qui s'intéressèrent à ce mouvement appartenaient à toutes les confessions, bien qu'ils fussent surtout des Baptistes. Lorsque ce mouvement prit fin, plusieurs de ceux qui y prirent part s'organisèrent et s'enchaînèrent les uns aux autres pour former de nouvelles sectes, se privant ainsi de lumière et, par suite, des bénédictions qui allaient arriver au temps de la “ moisson ”.

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Comme on le voit, bien que nous ne soyons nullement d'accord avec la plupart des interprétations et des conclusions de M. Miller relatives à la venue de notre Seigneur, au but de cette venue, à la manière dont elle s'accomplit et au temps où elle a lieu, nous reconnaissons cependant que ce mouvement figurait dans le programme de Dieu et avait pour but de séparer, de purifier, d'affiner, de préparer, et de rendre ainsi prêt un peuple dans l'attente pour le Seigneur. Outre ce but-là, ce mouvement eut pour résultat de jeter le discrédit sur l'étude de la prophétie et sur la doctrine annonçant la seconde venue de Christ ; c'est pour cela que depuis cette époque ce discrédit, cet opprobre a servi à mettre à l'épreuve les consacrés, même ceux qui ne participent en rien aux doctrines et aux espérances de M. Miller. De nos jours, le seul fait de parler des prophéties, de la venue de notre Seigneur, de l'établissement de son Royaume millénaire provoque le mépris des sages du monde, surtout de ceux appartenant à l'église nominale. Tous ces faits étaient évidemment voulus du Seigneur, et cela dans un dessein analogue à celui qui fit envoyer l'enfant Jésus pendant quelques années à Nazareth, afin qu'Il fût “ appelé Nazaréen ”, quoique né dans l'honorable ville de Bethléem. Ceci avait évidemment pour but de séparer par la vérité les “ véritables Israélites ” d'avec la paille de la nation choisie par Dieu. Cette paille fut éliminée par le simple fait que notre Seigneur était considéré comme un Nazaréen ; ces gens disaient en effet : “ Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? ” De nos jours, beaucoup de personnes disent aussi avec mépris : “ Peut-il venir quelque chose de bon de l'Adventisme ? ”, et mettent de côté à la légère le témoignage du Seigneur, des apôtres et des prophètes. Mais les humbles, les saints, les sages aux yeux de Dieu bien que fous aux yeux du monde, n'ont pas une telle attitude.

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Mais le “ mouvement de Miller ” avait une signification plus profonde : il était la première étape de la compréhension véritable des visions de Daniel, et il arrivait au temps marqué pour l'accomplissement de la prophétie. M. Miller fit pratiquement la même application que nous de la période des trois temps et demi (1260 années) ; par contre, il fit l'erreur de ne pas faire partir du même point les 1290 et les 1335 jours (années), ce qui lui aurait permis d'arriver juste. Il prit, au contraire, le point de départ de ces deux périodes trente ans trop tôt, en l'an 509 au lieu de 539, ce qui amena le terme des 1335 jours en 1844 au lieu de 1874(*).[Nous n'avons pu nous procurer les ouvrages de M. Miller pour comparer ses interprétations. Nous avons seulement eu connaissance des dates auxquelles il appliquait les nombres prophétiques.] Ce fut néanmoins le commencement de la compréhension exacte de la prophétie, car en définitive, la période de 1260 jours qu'il discerna clairement était la clef. La prédication de cette vérité (malgré les erreurs qui y étaient mêlées, malgré de fausses application et déductions) eut pour effet d'en purifier et d'en mettre à part “ plusieurs ” au temps même prédit par le Seigneur.

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Miller ne comprit pas le but du retour du Seigneur, ni la manière dont il aurait lieu ; il attendait une venue apparente soudaine, il pensait que tout serait terminé en un jour et il supposa, dès lors, que toutes les prophéties de temps devaient aboutir à ce point-là ; c'est pourquoi il s'efforça, de les faire converger toutes vers ce point unique, ce qui amena son insuccès, Dieu n’ayant fourni qu'une certaine mesure de lumière, car le temps fixé pour la pleine lumière n'était pas encore arrivé.

 M. Miller était un membre de l'Eglise baptiste sincère et estimé. Il étudia les Ecritures avec un zèle sincère, c'est pourquoi les prophéties commencèrent à lui être dévoilées. Ayant acquis la conviction absolue de l’exactitude de ses recherches, il répandit ses vues d'abord parmi les ministres, principalement les baptistes et ensuite parmi toutes les assemblées et dénominations. Son oeuvre s'agrandit ; lui-même, en compagnie de nombreux collaborateurs, voyagea et prêcha beaucoup. C'est en 1829 environ, d'après ses mémoires, que son oeuvre commença chez les ministres baptistes, Fuller, l'ancien de l’Eglise baptiste de Poultney (Vermont) étant le premier converti qui prêchât ses doctrines. Voici ce que disait M. Miller, dans une lettre, trois ans plus tard :

 “ Le Seigneur répand la semence. Je peux compter maintenant huit ministres qui prêchent cette doctrine, plus ou moins, Outre moi-même. Je connais plus de cent frères laïques qui ont adopté ma manière de voir. Advienne que pourra, la vérité est puissante et triomphera. ”

 On voit ainsi que l’œuvre séparatrice du “ mouvement, Miller ”, commença au temps prédit, à la fin des 1290 jours, soit en 1829.

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Que dirons-nous maintenant de ceux qui ont attendu avec patience que les 1335 jours eussent été écoulés. Quels sont-ils ?

 Quelques enfants de Dieu, le “ peuple saint ” du nombre desquels l'auteur, quoique non-associés au mouvement Miller ni à la dénomination organisée subséquemment qui s'appela elle-même l' ”Eglise du Second Avènement ” ont cherché et “,  attendu patiemment ” le Royaume de Micaël. Comme nous sommes heureux de rendre témoignage d'avoir été bénis par les clairs et merveilleux développements du plan de notre Père 1874 et depuis, cette date étant le terme des 1335 jours.

 Les mots nous font défaut pour exprimer cette bénédiction ! Seuls ceux qui, spirituellement, ont été rafraîchis par ce vin nouveau du Royaume pourraient le comprendre, si nous avions le pouvoir de l'exprimer par des paroles. C'est donc quelque chose qui se sent plutôt qu'on l'exprime. Ce fut à partir du terme des 1335 jours prophétiques, symboliques que l'on commença à discerner les précieuses indications de la présence du Seigneur, et que nous vivons maintenant même au temps de la moisson de cet Age de l’Evangile et au temps de l'établissement du Royaume de Micaël (Christ).

 Oh ! la félicité de ce temps de faveur ! Combien le plan de Dieu apparut harmonieux, splendide lorsqu'il se révéla graduellement quand furent “ atteints ” les 1335 jours ! Nous avons écrit les ETUDES DANS LES ECRITURES, dans le dessein d'exprimer, autant qu'un humain peut le faire, cette félicité et le développement plus complet du plan de Dieu car nous sommes au temps marqué pour être compris par tout le “ peuple saint ” de Dieu. Seuls ceux qui forment “ peuple saint ”, le comprendront ; cela leur est accordé comme une faveur. “ Aucun des méchants ne comprendra ”. Les membres du “ peuple saint ” qui restent en communion avec le monde fréquentant inconsidérément les assemblées des méchants s'asseyant au siège des moqueurs ne comprendront pas et ne pourront pas expérimenter ces bénédictions, qui maintenant sont destinées aux seuls “ saints ” seulement aux véritables “ sages ” qui “ prennent plaisir dans la Loi de l'Eternel et la méditent [l'étudient] jour et nuit ” — Ps. 1 : 1, 2.

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 Dans l'Apocalypse (chap. 10 : 2, 8-10), il est parlé du message du Royaume de Micaël qui se dévoila graduellement  à partir de 1829, représenté symboliquement par un “ petit livre ” que les “ sages ” du “ peuple saint ” figurés par Jean, sont invités à manger. L'expérience de Jean, rapportée au verset 10, est celle de ceux qui reçoivent ces vérités. Elles sont merveilleusement douces : Oh ! la félicité ! Mais dans la suite, elles sont un mélange de l'amertume de la persécution avec de la suavité. Ces épreuves purifient, épurent et affinent ceux qui les supportent patiemment jusqu'au bout et, préparent ainsi l'épouse de Christ pour le mariage et l'élévation qui aura lieu vers la fin du Jour de la Préparation.

 Le prophète Habakuk parlant de ce désappointement qui, nous l'avons vu, fut cependant une bénédiction et un commencement de l'interprétation correcte de la vision, dit une parole encourageante disant (Chap. 2 : v. 2) : “ Ecris la vision et grave-la sur des tablettes [fais un plan graphique, une, carte], de manière qu'on [celui qui le désire] la lise couramment... Si elle diffère, attends-la [“ Bienheureux celui qui attend et qui parvient à 1335 jours ! ”], car elle arrivera certainement, elle ne tardera pas ”. Ce retard ou ce délai apparent n'en était pas un ; il y avait là simplement une erreur partielle de la part de Miller, erreur connue d'avance et permise par le Seigneur pour éprouver son “ peuple saint ”.

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Ce mouvement engendra néanmoins l'étude de la Bible, la consécration et la foi, nous en avons la preuve par l'extrait suivant d'une lettre que Miller adressait après 1844 à ceux qui avaient été déçus avec lui :

 “ Nous remercions donc, toujours Dieu à votre sujet, car nous avons appris que votre dernière déception, qui fut aussi la nôtre, a produit dans vos cœurs, comme dans le nôtre aussi nous l'espérons, une profonde humiliation et nous a amenés à examiner sérieusement nos cœurs. Nous sommes, il est vrai, humiliés et jusqu'à un certain point nous souffrons des railleries d'une génération perverse et méchante, cependant nous ne sommes pas épouvantés, ni abattus. Si l'on vous demande les raisons de votre espérance, vous pouvez tous ouvrir votre Bible et montrer avec douceur et respect pourquoi vous espérez dans la glorieuse apparition du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Vous n'avez nullement besoin de renvoyer votre interlocuteur à votre pasteur pour indiquer la raison de votre foi. Les Ecritures sont votre credo ; ... votre philosophie est la sagesse qui vient de Dieu ; le lien de votre union est l'amour et la communion des saints votre instructeur est le Saint-Esprit et votre professeur le Seigneur Nous vous exhortons, par tout l'amour et la communion des saints, de vous attacher fermement à cette espérance ; elle est garantie par toutes les promesse de la Parole de Dieu ; elle vous est assurés par deux choses immuables : le conseil et le serment de Dieu dans lesquels il est impossible qu'Il mente. Elle est ratifiée et scellée par la mort, par le sang par, la résurrection et la vie de Jésus-Christ ... Ne craignez rien, frères, Dieu vous a dit ce qu'il faut dire. Faites ce qu'il vous a commandé et il se chargera Lui-même des résultats. Dieu a dit : “ Dis-leur : les jours approchent ainsi que l'accomplissement de toute vision ”. [Ez. 12 : 22, 23] ... Quant à moi, je vois la démonstration que la main de Dieu est dans cette affaire. Des milliers de personnes ont été amenées à étudier les Ecritures, par la prédication du temps… La sagesse de Dieu a, dans une large mesure, tracé notre voie qu’il avait lui-même disposée en vue du bien qu'il accomplira en son propre temps et de sa manière. ”

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Une des paraboles de Jésus fut destinée formellement à dépeindre la période d’attente depuis la déception de 1844 jusqu’aux réalisations qui suivirent après les 1335 jours. Nous voulons parler de

 LA PARABOLE DES DIX VIERGES

 Matth. 25 : 1-12

 Cette parabole commence “ alors ”, indiquant ainsi qu'elle n'était pas applicable de suite, au jour du Seigneur, mais que son accomplissement était encore futur : “ Alors le Royaume des cieux [dans sa Période embryonnaire, où il est représenté par quelques-uns ou par tous les saints qui, sont candidats à l'héritage dans ce Royaume] sera fait semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre de l'Epoux. Cinq d'entre elles étaient prudentes [ou sages - “ wise ” Trad.], et cinq folles (*) [“ étourdies (version catholique cardinal Liénart).]

 Les nombres ne signifient rien, les proportions non plus. La parabole montre un mouvement qui se manifeste parmi les héritiers du Royaume dans l'attente de rencontrer l'Epoux. Au sein de ce mouvement, deux classes se seraient manifestées, les unes appelées ici “ sages ” et les autres “ folles ”. Le terme “ vierge ” qui leur est appliqué à toutes indique qu'elles sont pures et forment ensemble le “ peuple saint ”. Il est certain que ceux qui aiment l'Epoux, qui aspirent à le rencontrer ne peuvent aimer le péché, même si nombre d'entre eux sont des “ insensés ”(**).[ “ étourdis ” (version catholique cardinal Liénart).]

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 Le mouvement, dépeint par notre Seigneur dans la Parabole, correspond exactement à celui qui commença avec le mouvement Miller et se continue maintenant encore. Ce mouvement, bien que commencé par un Baptiste, fut un mouvement non sectaire car les chrétiens les plus pieux et les plus fidèles de toutes les confessions s'y rattachèrent. Les récits de l'époque, de leur zèle fervent, etc,, nous poussent à une profonde admiration pour ces hommes ,et ces femmes qui furent assez honnêtes pour agir selon leurs convictions, même si nous ne partageons pas celles-ci. Ils versèrent libéralement leur fortune pour faire imprimer des traités et des journaux en diverses langues, et pour répandre le message dans le monde entier. Il y eut, dit-on, dans les églises de toutes confessions un réveil religieux dans certaines assemblées qui avaient accepté les enseignements de Miller, des fidèles apportaient leur argent et le plaçaient devant la chaire, et tous ceux qui en avaient besoin pouvaient en prendre ; il y avait une telle sincérité, un tel zèle chez ces croyants qu'il n'y avait pas besoin, dit-on, de garder cet argent ; ceux qui n'en avaient pas besoin n'y touchaient pas.

 Les vierges de la parabole sont montrées comme ayant toutes des lampes préparées et leur donnant de la lumière. Ces lampes symbolisent les Ecritures (“ Ta parole est une lampe à mon pied ”). Il n'y eut probablement jamais d'études dans les Ecritures poussées plus à fond qu'à ce moment-là chez tous les chrétiens ; ce fut un apprêt général des lampes. L'huile représente l'esprit de la vérité. Il y en avait alors dans les lampes de tous ; tous cependant ne possédaient pas l'esprit de la vérité en eux-mêmes, les “ vases ”.

 Le désappointement de 1844 est brièvement rapporté dans la parabole par l'expression “ l'époux tardait ” ; c'est-à-dire paraissait en effet tarder à ceux qui étaient dans l'attente. La confusion et les ténèbres qui les environnèrent, ainsi que les nombreuses théories fausses et imaginaires propagées par certains qui étaient déçus figurent aussi dans la parabole qui dit “ Comme l'époux tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent ”. Dans leurs ténèbres et leur assoupissement rêvèrent des choses, étranges et déraisonnables.

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 Mais, la parabole indique, parmi ces mêmes vierges, un second mouvement quelque peu analogue au premier mais cependant différent. C'est de la même classe générale de personnes qu'il est parlé, mais pas nécessairement des mêmes individus. Le premier mouvement fut le résultat de la lumière jetée sur la prophétie concernant le moment du second avènement du Messie en qualité d'Epoux de l'Eglise ; en cela, le second mouvement fut semblable au premier, dont il différait  cependant sur plusieurs points. Dans le premier, les lampes de toutes les vierges brûlaient également, et ceux qui attendaient l'Epoux formaient un mélange de diverses classes ; lors du second mouvement, par contre, tous sont bien réveillés, mais,  seuls, ceux qui possèdent l'esprit de la vérité dans leur cœur ainsi que la connaissance de la Bible, une lampe préparée, sortent pour aller à la rencontre de l'époux. Pour le premier mouvement, une déception fut prédite, car il était nécessaire d'attendre jusqu'aux 1335 jours ; mais au second mouvement, il n'y eut pas de déception, l'attente n'était plus nécessaire, car l'accomplissement de la prophétie eut lieu exactement à la fin des 1335 jours prophétiques en octobre 1874. Ce fut, en effet, au terme des 1335 années de la période d'attente, que l'on commença à reconnaître le fait de la présence de notre Seigneur, selon les indications des prophéties antérieures. Ce moment-là était le tout premier début du matin du nouvel âge ; mais c'était le “ milieu de la nuit ” pour les vierges profondément assoupies.

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Lorsqu'on entendit le cri (qui retentit encore) : “ Voici l'Epoux ! ” - non pas Voici, l'Epoux vient (*) [Les plus anciens manuscrits (Sinaï, Vatican) omettent vient (voir note Darby) et disent : “ Voici l'Epoux ” Plusieurs versions, par exemple : Martin, Osterwald, Lausanne, etc., rendent : Voici, l'Epoux vient. C'est à tort - Trad.] mais il est venu et nous vivons maintenant dans la présence [parousia] du Fils de l'homme ”. Depuis cette date, ce qui caractérise le second mouvement (qui est actuel), c'est la proclamation de la présence du Seigneur et de l’œuvre du Royaume qui se poursuit maintenant. L'auteur du présent volume, et ses collaborateurs, proclamèrent la présence du Seigneur, ils la démontrèrent, par la prophétie, au moyen de plans ou graphiques comme ceux contenus dans le présent volume, jusqu'à l'automne de 1878 où les dispositions nécessaires furent prises pour publier la “ TOUR DE GARDE DE SION et Messager de la Présence de Christ ”. Grâce à la bénédiction du Seigneur, des millions d'exemplaires de cette publication ont répandu au loin la nouvelle de l'accomplissement des temps et de l'établissement actuel du Royaume de Christ qui se poursuit pendant l'écroulement graduel des royaumes et organisations des hommes, voués à une destruction complète.

 La parabole nous prévient que toute la classe des vierges prépare ses lampes, mais que toutes ne peuvent pas voir. Seules, ceux qui ont de l'huile dans leur vase (en eux-mêmes, — les pleinement consacrés), peuvent recevoir la lumière de leur lampe et se rendre compte de ces choses. Les autres (tous les purs, les vierges), obtiendront de l'huile et de la lumière à un certain moment et en retireront de grandes bénédictions. Seuls cependant, ceux qui sont remplis de l'huile, de l'esprit de la vérité, auront la lumière au temps voulu et obtiendront la grande bénédiction. Seuls, ces derniers entreront avec l'Epoux aux noces. L'huile, ou l'esprit de consécration, et la lumière qui en dépend ne peuvent pas se communiquer d'une vierge à l'autre. Chacun doit être rempli lui-même de l'esprit ; chacun doit avoir sa propre provision d'huile (la Vérité, avec l'esprit de consécration et de sainteté). Le coût en est considérable ; il faut beaucoup de renoncement à soi-même, il faut endurer de rudes épreuves, la calomnie. L'expérience dans le grand Temps de détresse sera le marché où les vierges “ folles” achèteront leur huile. A ce moment-là, il sera trop tard pour entrer aux noces en qualité de membre de l'épouse, la femme de l'Agneau. Les Ecritures montrent, cependant, que ces vierges repentantes de leur “ folie ” ne seront pas détruites, mais que, étant des vases pour “ un honneur moindre ”, elles seront rendues aptes à servir le Maître dans son temple.

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 Revenons aux paroles adressées par l'ange à Daniel dans le verset 13 du chapitre 12 “ Et toi, va jusqu'à la fin, et tu te reposeras et tu te tiendras dans ton lot [ta récompense], à [après] la fin des jours [des 1335 jours] ” pendant la moisson qui commençait alors.

 Dans l'expression “ Toi, va jusqu'à la fin ”, la fin dont il est question n'est pas le “ Temps de la Fin ”, “ la moisson est la fin de l'âge ” et comme nous l'avons déjà vu, la moisson est la période de 40 années allant de l'automne 1874, qui est le terme des “ 1335 jours ”, jusqu'à l'automne de 1914. Daniel doit recevoir son héritage ou sa récompense ou son lot dans le royaume de Micaël (Christ), avec tous les saints prophètes et avec les saints de l'Age de l'Evangile, à la fin de cette période de la moisson, les saints étant les premiers récompensés et les plus honorés dans ce Royaume (Héb. 11 : 40.

 Voir aussi ETUDES DANS LES ECRITURES, Vol. I, page 345.

 

UN PEU DE TEMPS

 

“ Encore un peu de temps, nos luttes passeront ;

Nos combats, nos douleurs, nos larmes cesseront ;

Encore un peu de temps, le Puissant, l'Eternel,

Changera notre deuil en brillant jour du ciel.

Encore un peu de et tous nos mauvais jours,

Nos craintes, nos soucis auront fui pour toujours ;

Encore un peu de temps, et, l'amour éternel

Aura changé nos pleurs en joyeux chants du ciel.

Encore un peu de temps, chrétien lève les yeux :

Vois les premiers rayons du matin glorieux.

Rends plus vif à nos cœurs ce jour resplendissant

Et, guide-nous dans ce sentier brillant.

Encore un peu de temps, fidèles, attendons.

Rends-nous patients et forts, Seigneur, nous t'en prions.

Quel doux pressentiment fait ployer nos genoux !…

Voici, voici Jésus, notre céleste époux ! ”

(Traduction libre)

 

 

 

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QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE IV

LA PURIFICATION DU SANCTUAIRE

Les 2300 jours - Daniel 8 : 10-26

* * *

 Le vrai sanctuaire. — La souillure, quelle en fut la base ou fondement. — Comment elle “ fut jetée par terre ”. — Les écrits d'auteurs catholiques romains en fournissent les preuves. — La purification ne sera pas accomplie avant les 2.300 ans qui suivent la vision. — Comment et où elle commença et quand elle serait achevée ?. — “ Les vases d'or ”, les vérités, doivent être remis en place.

* * *

DANS les chapitres précédents, nous avons identifié la “ petite corne ” spéciale présomptueuse, mentionnée en Dan. 7 : 8, 11, 20-26 comme étant “ l'Homme de Péché ” (2 Thess. 2 : 3), et “ l'Abomination de la Désolation ” annoncée par notre Seigneur en Matth. 24 : 15 ; nous avons vu aussi qu'il est question de la puissance papale en Dan. 8 : 9, 10, 23-25. Nous avons examiné, suffisamment pour le but que nous nous proposons, son élévation, son caractère, l'anéantissement de sa force écrasante et sa destruction finale et complète, qui est encore future.

 Maintenant nous désirons étudier une autre prophétie qui indique nettement la fausse doctrine spéciale, ou l'erreur fondamentale, qui amena le rejet total de tout ce système religieux par notre Seigneur et qu'il considéra comme l'abomination de la désolation. La prophétie que nous allons étudier maintenant montre la date à laquelle la véritable Eglise — la classe des consacrés, le Sanctuaire — sera purifiée des souillures, en abomination, introduites par la Papauté.

 Alors que le chapitre précédent nous indiquait certains jours d'attente, et une purification de cette classe sainte ou classe du Sanctuaire, cette prophétie fixe une date à laquelle un noyau de saints croyants serait entièrement libéré des souillures papales, erreurs, etc., et à laquelle les “ vases d'or ”, ou précieuses vérités, si mal utilisés, commenceraient à être restitués à cette classe sainte ou classe du Sanctuaire.

 90

Nous lisons en Dan. 8 : 10-26 : “ Et elle grandit [gouverna] jusqu'à l'armée des cieux [toute l'Eglise] ; et fit tomber à terre une partie de l'armée et des étoiles, et les foula aux pieds. Et elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée [Il s'attribua des honneurs et des dignités et s'appliqua des prophéties et des titres qui n'appartiennent qu'à Christ Jésus, le véritable Chef, le Prince ou Tête de l'Eglise]. Et il lui enleva [à Christ] le SACRIFICE CONTINUEL et la DEMEURE [base] DE SON SANCTUAIRE fut abattue. Et un temps de détresse fut assigné au [sacrifice] continuel, pour cause de transgression. Et elle jeta la vérité par terre, et agit (voir note Darby trad.) et prospéra. Et j'entendis un saint qui parlait et un autre saint dit au personnage qui parlait : jusqu'où [va] la  vision du sacrifice continuel et de la transgression qui désole, pour livrer le lieu saint et l'armée pour être foulés aux pieds ? Et il  me dit : Jusqu'à 2.300 soirs et matins alors le lieu saint [le Sanctuaire] sera purifié.

“ Et il arriva que, lorsque moi, Daniel, j'eus vu la vision, j'en cherchai l'intelligence ; et voici, comme l'apparence d'un  homme se tint vis-à-vis de moi ; et j'entendis la voix d'un homme au milieu de l'Ulaï [fleuve] ; et il cria et dit : “ Gabriel, fais  comprendre à celui-ci la vision ”. Et il vint près du lieu où j"étais, et, quand il vint, je fus effrayé et je tombai sur ma face ; et il me  dit : “ Comprends, fils d'homme, car la vision est pour le Temps de la Fin ”.

91

“ Le bélier que tu as vu, qui avait deux cornes, ce sont les rois de Médie et de Perse, et le bouc velu c'est le roi de Javan [de Grèce] ; et la grande corne qui était entre ses yeux, c'est le premier roi ; et qu'elle ait été brisée et que quatre autres cornes se soient élevées à sa place, c'est que quatre royaumes s'élèveront de la nation, mais non avec sa puissance. Et au dernier temps de leur royaume, quand les transgresseurs auront comblé la mesure [Gen.15 : 16], il s'élèvera un roi [la Papauté] au visage audacieux, et entendant les énigmes. Et sa puissance sera forte [rendue puissante], mais non par sa propre force [la Papauté se fortifia en utilisant la force des différentes nations de l'Europe]. Et il détruira merveilleusement, et il prospérera et il agira ; et il détruira [ou corrompra] les hommes forts et le peuple des saints ; et par son intelligence, il fera prospérer la fraude dans sa main ; et il s'élèvera dans son cœur ; et par la prospérité il corrompra [détruira] beaucoup de gens ; et il se lèvera, [comme l'Antichrist] contre le Prince des princes, mais il sera brisé sous sa main. Et la vision des soirs et des matins [qu'il y en aurait 2.300, jusqu'à la purification], qui a été dite, est vérité. Et toi, serre la vision, car elle est pour beaucoup de jours ”.

Nous ne donnerons pas une explication détaillée du bélier, du bouc, des cornes, etc. ; nous avons déjà expliqué ces figures précédemment (voir page 12). Nous avons déjà vu, au chapitre VII, Rome sous la figure d'un animal spécial ayant ses propres cornes et, comme les jambes et les pieds de la statue au chapitre Il. Ici, au chapitre VIII, elle est considérée comme une des cornes du “ bouc ” grec qui, après s'être agrandie vers le sud et vers l'est comme Rome impériale et civile, subit un changement, et devint la Rome papale, “ grandit jusqu'à l'armée des cieux ”, c'est-à-dire qu'elle devient un empire ou puissance ecclésiastique au-dessus de l'armée, le peuple. Cette même méthode de traiter l'empire romain comme une branche ou développement de l'une des divisions de l'empire grec est suivie dans la prophétie historique du chapitre XI.

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 On croit généralement que le sacrifice continuel dont il est parlé ici, n'est autre que l'holocauste continuel des Juifs, à Jérusalem. On croit aussi, comme cela a déjà été rapporté, que c'est Antiochus Epiphane qui enleva le sacrifice continuel. Si cependant on examine soigneusement la prophétie, on voit qu'elle ne s'occupe pas du temple-type ou Sanctuaire, pas plus que des holocaustes-types ; elle parle uniquement du Sanctuaire-antitype ou Temple de Dieu, l'Eglise Chrétienne (2 Cor. 6 : 16) ; elle parle aussi de l'holocauste antitype, le sacrifice méritoire de Christ accompli une fois pour toutes et pour toujours, lequel est continuel, efficace à toujours pour les péchés du monde entier.

 Le sacrifice continuel de Christ ne fut pas réellement aboli ou supprimé par la Papauté, mais il fut mis de côté par le moyen d'une fausse doctrine avancée par ce système – qui, graduellement, mais à la fin complètement, mit de côté le mérite du sacrifice de Christ, comme sacrifice continuel et toujours efficace. Cette fausse doctrine est connue comme la Messe ou le  Sacrifice de la Messe.

 Généralement, les protestants ne comprennent pas du tout ce prétendu sacrement. Ils croient que ce n'est qu'un mode différent de célébrer le Dernier Souper du Seigneur, adopté par les catholiques romains. D'autres croient même que ce n'est qu'une sorte de prière spéciale. Toutes ces conceptions sont complètement erronées. Voici ce qu'est la doctrine catholique romaine de la Messe : la mort de Christ aurait effacé le péché adamique ou originel, mais elle n'est pas applicable à nos imperfections, nos faiblesses et nos péchés et omissions de chaque jour, elle n'est pas un sacrifice continuel efficace pour tous nos péchés, pour recouvrir comme d'une robe chaque pécheur et chaque péché de manière à permettre au pécheur repentant de rentrer en communion et en association avec Dieu. Le sacrifice de la Messe fut institué pour ces péchés-là ; les catholiques croient que la Messe est la continuation du sacrifice du Calvaire. Chaque fois que la Messe est offerte en sacrifice, ils prétendent que c'est un nouveau sacrifice de Christ pour des personnes et des péchés auxquels le prêtre officiant l'applique mentalement.

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 Le Christ que l'on sacrifice ainsi de nouveau, est tout d'abord “ créé ” au moyen du pain et du vin par le prêtre qui officie ; c'est du pain et, du vin ordinaires qui sont déposés sur l’autel ; lorsque certaines paroles sacramentelles ont été prononcées, on prétend que le pain et le vin sont devenus la chair et le sang véritables de Christ. Quoique ayant toujours la même apparence, ces substances ne sont plus du pain et du vin : le changement intervenu est appelé transsubstantiation ou changement de substance. C'est en prononçant les cinq mots latins magiques “ Hoc est autem corpus meum ” que le prêtre est supposé avoir produit le changement du pain et du vin en chair et sang véritables de Christ. On prétend que tout prêtre peut ainsi créer de nouveau Christ en chair pour être sacrifié de nouveau. Lorsque Christ a été ainsi créé, on sonne une cloche, les prêtres et le peuple s'agenouillent et adorent le pain et le vin qui, pour eux constituent à ce moment-là, le Christ même. Après cela, le pain (la chair même de Christ voilée aux sens charnels, déclarent-ils) est rompu. Christ est ainsi souvent mis à ou sacrifié de nouveau pour les péchés spéciaux que l'on cherche à effacer par ce moyen.

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 Pour soutenir cette théorie absurde, pour lui donner une apparence de logique, les conciles catholiques romains ont publié de nombreux et longs décrets et explications, et de sages (?) théologiens ont écrit des milliers d'ouvrages. Dans ces derniers, on enseigne que, si une goutte du “ sang ” (vin) a été répandue, il faut la recueillir soigneusement, la brûler et ensevelir les cendres en terre sainte ; pareillement, pas une miette du pain (ou chair de Christ) ne doit être perdue. On prend même toutes les dispositions possibles pour qu'une mouche ne puisse tomber dans le sang (vin) ou pour qu'une souris ou un chien ne mange pas une miette de la chair (pain) rompue. Le docteur Dens, un des principaux théologiens catholiques, déclare  qu'en effet une souris ou un chien mangeant les espèces sacramentelles ne les mange pas sacramentellement, ce qui prouve bien, dit-il, que le corps de Christ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ne pas malgré cela d'exister sous la forme des espèces. (*) [Dens, Traité de Euchar., No 20, p. 314.] Le catéchisme catholique romain (d'Amérique) présente cette doctrine comme suit :

 Question : Qu'est-ce que la sainte eucharistie ?

 Réponse : C'est le sacrement qui contient le CORPS, le SANG, l'AME et la DIVINITE de Jésus-Christ sous les formes et les apparences du pain et du vin.

 Question : N'est-ce pas du pain et du vin qui ont été placés tout d'abord sur l'autel pour la célébration de la Messe ?

 Réponse : Si, ces substances sont toujours du pain et du vin, jusqu'au moment où le prêtre prononce les paroles de consécration, pendant la Messe.

 Question : Quel est l'effet produit par ces paroles ?

 Réponse : Le pain est changé en CORPS de Jésus-Christ et le vin en son SANG.

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Question : Comment appelle-t-on ce changement ?

 Réponse : On l'appelle transsubstantiation, ce qui veut dire le changement d'une substance en une autre.

 Question : Qu'est-ce que la Messe ?

 Réponse : La Messe est le sacrifice perpétuel [“ quotidien ” ou “ continuel ”] de la nouvelle loi, dans lequel Christ notre Seigneur, s'offre lui-même à son Père céleste par les mains du prêtre, d'une manière non sanglante, sous les apparences du pain du vin, comme autrefois il s'offrît lui-même sur la croix d'une manière sanglante.

 Question : Quelle est la différence entre le sacrifice de la Messe et celui de la Croix ?

 Réponse : Le sacrifice de la Messe est essentiellement le même sacrifice [de même nature ou sorte] que celui de la Croix ; la seule différence réside dans la manière dont ils sont offerts.

 Question : Quels sont les effets de la Messe comme sacrifice de propitiation [de satisfaction] ?

 Réponse : Par la Messe, nous obtenons, de la miséricorde divine, première ment, les “grâces de la contrition et de la repentance pour le pardon des péchés ; et secondement, la rémission de châtiments temporels mérités pour les péchés.

 Question : A qui les fruits [bénéfices] de la Messe sont-ils destinés ?

 Réponse : Les fruits d'ordre général sont appliqués à toute l'Eglise, ceux qui sont vivants et ceux qui sont morts ; les fruits spéciaux sont destinés, d'abord et essentiellement, au prêtre qui célèbre la Messe, ensuite à ceux pour lesquels il l'offre et enfin, à ceux qui y assistent avec dévotion [c'est-à-dire à ceux qui assistent à la Messe comme fidèles] ”.

 Le même catéchisme nous dit : “ Celui qui sacrifie est un prêtre ; la chose sensible sacrifiée est appelée la victime ;  l'endroit où elle est sacrifiée est appelée l'autel. Le prêtre, la victime, l'autel et le sacrifice sont quatre choses inséparables, chacune d'elles exigeant les autres ”.

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Relativement à la cérémonie, il nous est encore dit du prêtre officiant :

 “ Ensuite, il prononce les mystérieuses paroles de consécration, il adore, il fléchit le genou, et élève le Corps Sacré et le Sang Sacré au-dessus de sa tête. Lorsque la cloche sonne, le peuple adore à genoux et se frappe la poitrine en signe de repentance pour ses péchés. Les prêtres demandent à Dieu, dans sa grâce, d'ACCEPTER LE SACRIFICE ”.

 Voici pour terminer le témoignage sur ce sujet, un bref extrait des canons du concile de Trente (*)[Concil. Trid, Sess. 22, De Sacrificio Missae] :

 Canon 3 : “ Si quelqu'un déclare que la Messe n'est qu'un simple service d'actions de grâce, de remerciements ou une simple commémoration du sacrifice accompli sur la Croix, s'il dit qu'elle n'est pas [par elle-même] une offrande propitiatoire [c'est-à-dire un sacrifice qui, par lui-même, fait satisfaction pour les péchés], s'il dit encore que ce sacrifice ne profite qu'à celui qui le reçoit et ne devrait pas être offert pour les vivants et les morts, pour les péchés, les châtiments, la satisfaction et toute autre nécessité, qu'un tel individu [qui renie ainsi la puissance de ce sacrifice] soit maudit ”.

 Nous voyons ainsi nettement qu'en lieu et place du véritable sacrifice éternel et complet du Calvaire, accompli une fois pour toutes (pour n'être jamais répété), la Papauté a substitué un sacrifice faux ou simulé. C'est ainsi que la Papauté enleva à l’œuvre de Christ le mérite qui en fait le véritable Sacrifice Continuel, en lui substituant une fraude, une imposture, accomplie par ses propres prêtres.

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Il est inutile de relever ici en détail les raisons pour lesquelles la Papauté renie et met de côté le véritable Sacrifice Continuel, et le remplace par “ l'abomination ”, la Messe, car la plupart de nos lecteurs savent que cette doctrine par laquelle le prêtre fait dans la Messe un sacrifice pour les péchés qui ne peuvent être effacés sans elle, ou pour les châtiments auxquels on ne peut échapper sans elle, est à la base même de toutes les pratiques dont l'Eglise de Rome se sert pour extorquer de l'argent au peuple, afin de pouvoir satisfaire à son luxe et à ses extravagances de toute nature. Les “ absolutions ”, les “ indulgences ”, les divers bénéfices, faveurs, privilèges et immunités que l'on pense obtenir pour la vie présente ou future, pour les vivants ou pour les morts, sont basés sur cette doctrine blasphématoire de la Messe qui est la doctrine, fondamentale de l'apostasie. C'est en vertu du pouvoir et de l'autorité que le sacrifice de la Messe impose aux prêtres, que leurs autres prétentions blasphématoires d'avoir et d'exercer les différentes prérogatives qui n'appartiennent qu'à Christ seul, sont subies par le peuple.

 Pour prouver le caractère essentiel, fondamental de cette erreur, qu'il soit rappelé que si la Réformation en Allemagne et en Suisse commença par l'opposition aux indulgences, bientôt elle devint une discussion concernant la transsubstantiation — le sacrifice de la Messe. La pierre angulaire de la Réformation était que le pardon des péchés fut accompli par Christ seul, comme conséquence de son sacrifice sur le Calvaire et non par des indulgences, le confessionnal et des Messes. En fait, cette question de Messe fut la cause essentielle de presque toutes les persécutions de Rome. L' évêque Tilotson remarque : “  Ceci [la transsubstantiation — la Messe] a été, dans l'Eglise romaine le grand article brûlant ; et, si absurde et déraisonnable que cela soit, c'est pour avoir renié la Messe, plutôt que pour tous les autres points de leur religion, que la plupart des chrétiens persécutés ont été mis à mort ”.

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Naturellement, les catholiques romains déclarent que la Messe fut instituée par Christ et ses apôtres. Cependant la première mention de la Messe que nous avons pu constater n'eut lieu qu'au Concile de Constantinople, en l'an 381. La prophétie ne marque pas spécialement d'ailleurs la date de l'introduction de cette erreur ou souillure. Elle montre cependant que, par le fait de cette erreur fondamentale, la Papauté devint l'“ Abomination de la Désolation ”, avant l'époque où elle fut, comme telle, “ établie ” au pouvoir, c'est-à-dire en l'an 539 ap. J.C., ainsi que nous l'avons vu.

 La prophétie déclare : “ ...et le sacrifice continuel fut ôté à celui-ci [Christ] ” ; nous lisons plus loin : “ le lieu [base] de son sanctuaire fut renversé ”. La base, ou vérité fondamentale, sur laquelle les vrais consacrés, ou classe du sanctuaire sont édifiés est que notre Seigneur Jésus a racheté tous les humains par le sacrifice, de lui-même qu'il sauvera entièrement tous ceux qui viendront à Dieu par Lui, sans aucun autre médiateur, prêtre, évêque ou pape ; sans qu'ils aient besoin d'un autre sacrifice — tout autre sacrifice étant une abomination aux yeux de Dieu, car il sous-entend alors l'insuffisance du grand sacrifice de la rançon de Christ — Héb. 7 : 25 ; 10 : 14.

La doctrine de la rançon est la base du Sanctuaire, ou saint temple — l'Eglise des consacrés. Lorsque ce sacrifice continuel fut mis de côté, rendu illusoire, ou renversé par la Messe, c'est alors qu'arrivèrent les malheurs annoncés par le prophète. L'armée (les chrétiens de nom) fut livrée à l'erreur et aisément conduite par le système falsifié qui se glorifia (dans la personne de son chef, le pape) allant jusqu'à s'établir comme Prince ou souverain de l'armée. “ Et elle jeta la vérité par terre ”,  ainsi que les membres de l'armée et les instructeurs, ou lumières brillantes, qui s'attachaient solidement à la vérité et ne voulaient pas s'associer à lui dans la voie de transgression qu'il suivait. Comme nous l'avons vu précédemment, ce système eut un succès phénoménal dans ses entreprises.

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Le fondement même de la vraie foi chrétienne ayant été ainsi mis de côté, faut-il s'étonner que la grande apostasie soit descendue dans les profondeurs de l'iniquité où elle tomba ? Une erreur en amena une autre, jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'un formalisme extérieur de piété et de vérité ; l'abomination de la désolation s'installa, s'assit dans le temple de Dieu, souillant à la fois le Sanctuaire et l'armée, et proclamant son chef vicaire ou représentant de Christ.

 Au milieu des scènes de succès de l'Abomination de la Désolation, Daniel entend la question posée par les saints : “ Jusqu'où va la vision du Sacrifice continuel et de la transgression qui désole, pour livrer le lieu saint et l'armée pour être foulée aux pieds ?” Depuis que l'abomination a été établie, il y a eu des saints qui en ont plus ou moins reconnu le caractère et les souillures, et qui, avec un ardent désir, ont demandé à Dieu pendant combien de temps la vérité serait foulée dans la boue, et l'erreur, le blasphème et les abominations admis à prospérer ? Pendant combien de temps l'Antichrist “ enivré du sang des saints et des martyrs de Jésus ”, avec son succès phénoménal, continuerait-il à enivrer et à tromper les nations ? (Apoc. 17 : 2, 6 ; 14 : 8 ; 18 : 3). Devançant leurs questions et celles de Daniel et les nôtres, Dieu y répondit, par son messager. Quoique les termes de cette réponse ne pussent même pas commencer à être compris, avant le Temps de la Fin, toutefois, la fixation ou limitation du temps donna aux autres aussi bien qu'à Daniel l'assurance que Dieu avait le plein contrôle de la situation, de sorte que rien ne pouvait se produire qu'il n'ait pu ou ne voulût contrôler et faire tourner finalement au bien. La réponse donnée indiquait non pas le commencement de l’œuvre de purification, mais une période pendant laquelle elle serait dans une certaine mesure terminée ; voici ce qu'elle disait :

 100

Jusqu'a deux mille trois cents (2.300) jours, alors le sanctuaire sera purifié ”

 En examinant cette période, le chercheur studieux voit immédiatement qu'il ne peut s'agir ici de jours littéraux, car 2.300 jours littéraux formeraient une période inférieure à huit années, et l'on voit cependant d'une manière évidente que la prophétie s'accomplit pendant toute la longue période au cours de laquelle le Sanctuaire est souillé et la vérité jetée à terre. Il est aussi annoncé que ces 2.300 jours prendront fin pendant la période appelée le “ Temps de la Fin ”, car Gabriel dit : “ Comprends, fils d'homme, car la vision est pour le Temps de la Fin ; et encore : “ Voici, je te fais connaître ce qui aura lieu à la fin de l'indignation ; car à un temps déterminé sera la fin ” (Dan. 8 : 17, 19).

Dans son explication, Gabriel parcourt toute la vision, expliquant partiellement les divers symboles, et il termine en donnant la certitude que les 2.300 jours en sont la durée totale exacte.

 Daniel songeait spécialement à Israël et à l'accomplissement des promesses de Dieu aux pères ; il comprit que tout ce qu'il avait entendu ne pouvait pas se réaliser en 2.300 jours littéraux ; Gabriel lui avait d'ailleurs dit :

101

“ Et toi, serre la vision car elle est pour beaucoup de jours ”(*) [Dan. 8 : 26]. Daniel ne connaissait pas la durée de chaque jour symbolique ; la seule pensée que tant de malheurs allaient s'abattre sur le peuple de Dieu le rendit malade, Il ne vit cependant pas que le terme “ peuple de Dieu ” désignait, non plus Israël selon la chair, mais Israël selon l'esprit. Nous lisons : (**) [Dan. 8 : 27.]“ Et moi, Daniel je défaillis et je fus malade, quelques jours ” et “ je fus stupéfié de la vision, mais personne ne la comprit ”. Ce fut fort heureux, pour Daniel et pour tous les enfants de Dieu depuis lors jusqu'au Temps de la Fin, qu'ils ne comprissent pas davantage la terrible signification de cette vision qui montrait la puissance papale persécutrice et les souffrances subies par les saints. Notre Père Céleste est miséricordieux ; s'Il éprouve son peuple dans la fournaise de l'affliction et de la persécution, afin de le préparer à recevoir au-delà de toute mesure le poids éternel de gloire promis, toutefois il agit avec nous d'après le principe : “ A chaque jour suffit sa peine ”.

 Daniel qui s'intéressait davantage à Israël qu'au “ bélier ” perse ou au “ bouc ” grec, savait par la prophétie de Jérémie que la captivité en Babylone, pendant soixante-dix (70) ans, était un châtiment pour les péchés d'Israël ; c'est pour cela qu'au moment où il reçut la vision annonçant des persécutions futures, (au lieu de la gloire et de l'élévation qu'il avait attendues), Daniel crut qu'elle annonçait le péché d'Israël et la colère de Dieu. Aussi pria-t-il ardemment pour obtenir le pardon des péchés d'Israël et l'accomplissement des promesses faites aux pères. C'est ce qui nous est dit en peu de mots en Dan. 9 : 2-19. Daniel ne vit pas l'étendue du plan de Dieu comme nous pouvons la voir aujourd'hui. Néanmoins, son ardente sincérité et sa foi dans les promesses furent agréables à Dieu qui, de ce fait, lui révéla quelque chose de plus au sujet de cette vision. Il lui montra le développement de quelques-unes des phases qui concernaient spécialement Israël selon la chair, Daniel avait supposé que la fin des soixante-dix ans de désolation du pays d'Israël, pendant que son peuple serait à Babylone, serait retardée ou prorogée pendant de nombreux (2.300) jours. Dieu rectifia cette erreur en envoyant Gabriel annoncer à Daniel qu'au terme des soixante-dix (70) ans, la captivité serait achevée, que la ville de Jérusalem et le temple seraient rebâtis quoique dans des temps troublés, etc.

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Daniel priait au sujet de la vision des 2.300 Jours qui, croyait-il à tort, allait prolonger les 70 ans de captivité à Babylone ; c'est à ce moment-là que Gabriel fut envoyé pour expliquer plus amplement, comme suit cette vision incomprise (Dan. 9 : 21-27) : “ Et il me fit comprendre, et me paria, et dit : Daniel, je suis maintenant sorti pour éclairer ton intelligence. Au commencement de tes supplications, la parole est sortie, et je suis venu pour te la déclarer, [savoir le plan de Dieu à communiquer maintenant], car tu es un bien-aimé. Comprends donc la parole [plus claire] et sois intelligent dans [comprends] la vision [des 2.300 jours] : soixante et dix semaines [70 X 7 = 490 jours] ont été déterminées [séparées, mises à pars, ou fixées] sur ton peuple [Israël] et sur ta ville sainte [Jérusalem], etc.* [Pour l'examen de cette voir Vol. II, p. 57.]

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 Remarquons spécialement ici que les 490 jours font partie des 2.300 jours — partie qui intéressait le plus Daniel en réponse à ses prières, demandant la délivrance d'Israël de Babylone (vers. 12, 16 -18). Comme ces soixante-dix (70) semaines, ou 490 jours, formaient la première partie des 2.300 jours, leur accomplissement non seulement sert à nous montrer où commencèrent les 2.300 jours, mais il nous fait voir également ce qu'était le temps (littéral ou symbolique) employé. (Voir 1 Pi. 1 : 11). Outre, ce (qui précède, l'accomplissement prophétique des soixante-dix semaines devait servir à apposer un sceau sur Daniel comme vrai prophète, et sur toutes ses prophéties, et, spécialement qu'il scellerait cette “ vision ” des 2.300 jours. Ainsi fut-il annoncé d'avance que les 70 semaines serviraient, en particulier, à sceller la vision et le prophète ”.

 Dès lors, comprenant que les soixante-dix semaines symboliques, ou 490 jours, sont des années, sachant que cette période est la première partie des 2.300 jours et la marque d'approbation de Dieu confirmant toute la vision, nous commençons à compter à partir de ce point pour voir où la période complète aboutira à son accomplissement final. Retranchons la période de 490 (accomplie au premier avènement de Christ), de 2.300 et il nous reste 1.810. Dès lors, ces 1.810 ans (jours prophétiques symboliques) doivent être la durée de la période allant de la fin des soixante-dix semaines jusqu'au moment où la classe du Sanctuaire sera purifiée des souillures de la Papauté — l'abomination de la désolation qui a souillé le temple de Dieu pendant tant de siècles.

 La mort du Messie eut lieu comme nous l'avons montré *[Voir vol. II p.62.] au printemps de l'an 33. Cette date était le milieu de la dernière des 70 semaines qui furent ainsi achevées une demi-semaine ou 3 ans et demi plus tard à l'automne de l'an 36. Si donc nous reportons les 1.810 ans depuis l'automne de l'an 36, nous arrivons à l'automne de 1846 qui est le terme de la vision des 2.300 Jours, et la date à laquelle le Sanctuaire devait être purifié.

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 Cette prophétie étant accomplie nous devrions ici comme dans les autres cas de prophéties accomplies, nous attendre à trouver dans les pages de l'histoire, des faits prouvant clairement son accomplissement : car, si les historiens sont souvent des incrédules concernant la Bible et le Dieu de la Bible, Dieu, à leur insu, a dirigé leurs travaux, afin que partout où il y eut un accomplissement prophétique, les faits fussent enregistrés clairement dans l'histoire par une autorité indiscutable. Tel a été le cas de la purification du Sanctuaire.

 Nous trouvons que les historiens modernes les plus qualifiés parlent d'une grande Réformation qui commença au seizième siècle — sauf les historiens catholiques qui l'appellent la grande sédition. C'est par cette Réformation que la purification du Sanctuaire commença. Rappelons-nous que le Sanctuaire fut souillé par l'apport de diverses erreurs avec leurs tendances mauvaises correspondantes. Ces erreurs arrivèrent à leur comble lorsque fut introduite la Messe ; à la suite de cette dernière erreur vint une profonde dégradation au sein de l' “ armée ”, (les masses de l'église nominale). La vente éhontée des  “ indulgences ” vint couronner le tout et provoqua en partie la Réformation. La classe du Sanctuaire avait aussi été souillée dans une certaine mesure, c'est-à-dire avait aussi partagé cette erreur dont les résultats terrifiants ouvrirent les yeux sur elle. En conséquence, nous voyons que l'idée dominante de la Réformation, la Justification par la foi dans le “ sacrifice continuel ” de Christ, qui n'a pas besoin d'être répété, était en opposition au prétendu pardon obtenu par les pénitences et les Messes célébrées sur les autels souillés de l’Antichrist.

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La Réformation commençait bien à la bonne place, c’est-à-dire à la fondation, la justification [purification] par la foi dans le “ continuel ”. Cependant, remarquons que la prophétie n'indique pas qu'il y eut une purification de l’armée en ce temps-là  mais seulement de la classe du Sanctuaire. L'armée ne fut pas non plus purifiée Les membres de cette armée conservèrent les erreurs jusqu'à aujourd'hui. Quant à la classe consacrée, le Sanctuaire, elle renonça à l'erreur et souffrit pour la vérité, beaucoup même jusqu'à la mort.

 Ce n'était pourtant là que le commencement du processus de la purification, car cette classe, qui s'était réveillée, vit bientôt que les erreurs s'étaient accumulées au cours des siècles de la puissance et de la prospérité papales. Luther, l'esprit conducteur de la Réformation, ne releva pas simplement une erreur, il essaya, au contraire, d'en rejeter beaucoup d'autres. Le 31 octobre 1517, il afficha à la porte de l'église de Wittemberg 95 thèses qui, toutes, étaient opposées aux doctrines papales. Ces propositions ayant été déclarées comme hérésie par le Pape Léon X, Luther, dans sa réponse (1520), dénonça, en termes violents, les doctrines de la transsubstantiation, de l'immortalité humaine et la prétention du pape au titre d'“ Empereur du monde, roi des cieux, et Dieu sur la terre ” et les désigna comme de “ MONSTRUEUSES OPINIONS TROUVEES DANS LE TAS DE FUMIER ROMAIN DES DECRETALES ".

Cette oeuvre de “ purification commencée avec tant de courage et de nobles sentiments, était, hélas ! trop profonde, trop radicale pour être populaire. Les amis et admirateurs de Luther et de ses associés finirent par limiter l'action de ces derniers ; ils l'entravèrent, ils les accablèrent par la politique, la prudence, les “ flatteries ” : les promesses de secours et de succès si les réformateurs voulaient conformer leur ligne de conduite aux règles de la sagesse de ce monde (Dan. 11 : 34, 35).  Plusieurs des princes allemands devinrent des admirateurs ardents des courageux réformateurs qui avaient à la fois le discernement et le courage pour attaquer le système devant lequel avaient tremblé les rois pendant des siècles. Ces princes vinrent en aide aux réformateurs qui la crurent indispensable au succès du mouvement. En échange de leur aide, ils reçurent des réformateurs la reconnaissance de leurs droits (?) royaux .

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 Nous devrions aussi nous rappeler que la Réformation fut un soulèvement non seulement contre la tyrannie religieuse, mais aussi contre la tyrannie politique. Les deux classes de réformateurs sympathisèrent et s'associèrent plus ou moins. Voici ce que dit le professeur Fisher au sujet de cette ère de la Réformation (*) [Fisher's Universal History, pp. 402 - 412.]

 De la Suisse : “ Zwingle associait son oeuvre de réforme religieuse à la régénération morale et politique de la Suisse, avec un zèle patriotique ”.

 Du temps de Calvin et du gouvernement genevois :

 “ Une révolution ecclésiastique suivit la révolution civile. Le Protestantisme fut établi légalement en 1535. Calvin devint en fait le législateur de cette ville. Ce fut un Etat ecclésiastique ”.

 De la Scandinavie : “ Dans les pays scandinaves, le pouvoir monarchique, s’édifia par le moyen de la Réformation ”.

 Du Danemark : “ La nouvelle doctrine [protestante] se répandit dans le pays. Elle fut adoptée par les nobles qui convoitaient les possessions de l'Eglise [Catholique Romaine] ” .

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De la Suède : “ Une grande révolution politique s'accomplit, et amena également une révolution religieuse ”.

 De l'Allemagne “ Le danger commun amena les princes protestants à former pour leur défense mutuelle la Ligue de  Smalcalde. On finit par voir l'impossibilité de réprimer le mouvement luthérien ”. La Paix Religieuse fut conclue à la Diète d'Augsbourg, en 1555. Chaque prince pouvait choisir entre la religion catholique et la Confession d'Augsbourg [des Réformateurs]. La religion du prince devait être celle du pays où il régnait. Ainsi chaque gouvernement avait à choisir les croyances de ses sujets ”.

 En fait, les circonstances politiques du temps, combinées avec le fait que même les chefs de la réforme commençaient seulement à ouvrir l’œil sur les mœurs et sur quelques-unes des erreurs doctrinales de la Papauté, nous conduisent à être étonnés des pas rapides faits vers le droit, plutôt que de les condamner sévèrement pour n'avoir pas opéré la purification plus complète. Mais lorsque les églises protestantes furent unies à l'Etat, progrès et réforme s'arrêtèrent. Bientôt, il se forma des confessions de foi presque aussi rigides et opposées au développement de la connaissance, que les dogmes romains, bien que plus près de la vérité que ceux de Rome — des esclavages de plus grande latitude.

 Ainsi la même espèce d'union de l'Eglise et de l'Etat qui avait causé tant de torts à la vérité sous la Papauté, fut le piège dont se servit Satan pour empêcher et entraver la “ purification du sanctuaire ” si noblement commencée. La Réformation et la purification s'arrêtèrent pendant un certain temps ; au lieu de progresser dans la purification, les réformateurs s'occupèrent de s'organiser ; ils raccommodèrent et remirent à neuf le nombre des anciens dogmes papaux qu'ils avaient tout d'abord si hautement condamnés. C'est ainsi que Satan attira les réformateurs dans la “ prostitution ” (union de l'Eglise et de l'Etat) qu'ils avaient condamnée dans l'Eglise de Rome. Par là, la blessure mortelle reçue par la Papauté fut guérie pour un certain temps (Apoc. 13 :3).

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Mais la “ purification ” ainsi commencée, puis interrompue, devait cependant reprendre son cours et continuer son oeuvre car, au terme de 2.300 ans, le Sanctuaire devait être purifié. Et il en fut ainsi. La réformation commença son oeuvre en recourant à la Bible comme seule autorité en matière de foi. Ce principe s'implanta profondément et poussa des rameaux à, maintes reprises, amenant de temps à autre de nouvelles réformes malgré l'opposition de certains réformateurs réputés, qui essayèrent d'empêcher la réforme au-delà de certaines limites, en créant des confessions et des remparts de foi, en dehors desquels, au mépris de la Bible, il n'était pas permis d'aller sans risquer d’être considéré comme un “hérétique”.

 En considérant le sentier de l'Eglise, depuis Luther jusqu'à aujourd'hui, nous pouvons voir que la réforme ou purification a néanmoins progressé pas à pas ; cependant les mêmes tendances se retrouvèrent toujours. En effet, après avoir accompli leur petite oeuvre de purification, les réformateurs de toute nuance s'arrêtèrent, s'associèrent aux autres dans l'opposition à toute réforme ou purification subséquente.

 Ainsi, l'Eglise anglicane, après avoir rejeté quelques-unes des plus grossières erreurs de doctrine et de pratique de Rome, se proclama et se prétend toujours la seule véritable Eglise, prétendant que ses évêques ont la succession apostolique, et, par conséquent le contrôle suprême de l'héritage de Dieu.

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Cette “ fille ” de Rome, quittant la “ mère ”, accepta le bras que lui offrait l'Angleterre, elle fit du souverain de l'empire le chef de cette Eglise Cependant comme pour la fille luthérienne, même cela était une réforme, et dans la bonne direction — une purification partielle. Calvin, Knox et d'autres virent que la préconnaissance de Dieu quant aux événements avait été plus ou moins perdue de vue sous les décombres papaux ; dès lors, ces réformateurs comprenant que le succès des plans de Dieu ne dépendait en aucune manière des efforts d'hommes faillibles, leurs doctrines aidèrent à montrer que l'Eglise ne dépendait pas de l'appui de l'Etat pour obtenir ce succès par des armes charnelles. Ces hommes accomplirent une oeuvre grande et de valeur, qui, depuis lors, a porté plus de fruits que l'on ne pouvait présumer. Néanmoins, aveuglés par beaucoup d'autres erreurs corruptrices, qu'ils ne discernèrent pas comme telles, ils furent amenés à soutenir l'erreur que tous les non-élus à la nature céleste étaient condamnés au tourment éternel. Leurs doctrines se cristallisèrent bientôt sous le nom de Presbytérianisme ; et en dehors de l'immutabilité des décrets et décisions divins, peu de chose fut fait pour aider à la réforme et à la purification. Comme ses autres sectes sœurs le Presbytérianisme a considérablement empêché et entravé l’œuvre de purification.

 Les Wesleys et leurs collaborateurs voulurent s’affranchir du formalisme glacé de leur époque, provenant de l’union de l’Eglise et de l’Etat et ils montrèrent la nécessité de la sainteté individuelle par une foi personnelle et l’union avec Christ ; ils enseignèrent que le fait d’être né sous un gouvernement soi-disant chrétien et d’être considéré dès sa naissance comme un membre d’une telle Eglise d’Etat n’avait rien de commun avec le Christianisme. Excellent et nécessaire jusque là, ceci faisait partie de l’œuvre de “ purification ”, mais au lieu de progresser vers la perfection, dans la simplicité de l'Eglise primitive, Wesley aussi arriva vite à la conclusion que l’œuvre de purification et de réformation était achevée ; il s'associa à d'autres pour organiser le Méthodisme, et ainsi pour l'encercler par le credo, les formules et les règlements méthodistes qui empêchèrent toute purification et tout progrès futurs L'Unitarisme et l’Universalisme, bien que renfermant également des erreurs ont été aussi des tentatives de rejeter des erreurs corruptrices, ce en quoi peut-être ils ont proportionnellement enregistré comme les autres des succès et des revers.

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Ceux qu'on appela des Baptistes s'efforcèrent aussi de purifier le sanctuaire en rejetant une autre erreur introduite par la Papauté relative au baptême ; ils refusèrent de croire que l'aspersion d'un enfant incroyant constitue le baptême d'un croyant, ou que cette aspersion symbolise même d'une manière quelconque une doctrine quelle qu'elle soit de Christ. Cependant, en dehors de l'enseignement correct du symbole ou forme extérieure, les Baptistes ont fait peu de progrès, et maintenant, comme d'autres, ils sont au nombre de ceux qui s'opposent à toute autre purification.

 Une tentative de réformation plus récente est connue sous le nom d'“ Eglise Chrétienne ” ou des “ Disciples ”. Cette secte fut organisée en 1827, par Alexandre Campbell. Les réformes qu'ils préconisèrent pour leur organisation étaient la simplicité apostolique dans le gouvernement de l'Eglise, la Bible seule pour credo , l'égalité de tous les membres de Christ sous Lui comme la Tête ou Chef de tous ; et en conséquence l'abrogation des titres ecclésiastiques tels que Révérend, Docteur en Théologie, etc., comme étant romains et contraire à l'esprit de Christ et du pur qui déclare : “ Un seul est votre Maître (Christ) et vous êtes tous frères ”.

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 Le but poursuivi et la purification réalisée étaient bons et ont produit de bons fruits dans les esprits et des libertés chez certains dans toutes les dénominations ou confessions. Mais cette dénomination comme les autres, a cessé de tenter de plus amples réformes, et son esprit réformateur est déjà mort, car tout en proclamant que la Bible est le seul credo, elle s'est arrêtée dans l'ornière où elle tourne sans faire de progrès dans la vérité. Se prétendant affranchie, des confessions de foi et des chaînes des traditions humaines, elle n'utilise pas la liberté ; c' est pourquoi elle est en réalité enchaînée spirituellement et en conséquence, ne peut pas croître en grâce et en connaissance. Bien que n'étant pas liée par un credo écrit, cependant par son respect pour les traditions et pour honneur des hommes autant que par la satisfaction de soi, elle fut bientôt fixée, et s'endormit à l'égard de l’œuvre d'une plus grande purification du sanctuaire, et même rétrograda de sa première position.

 Bien que nous n'ayons cité que quelques-uns des réformateurs et des mouvements de réforme, nous ne rejetons ni n'ignorons les autres cependant. Loin de là ! car la réforme a été générale ; tous les chrétiens sérieux et véritables ont pris une certaine part à l’œuvre de purification. La grande difficulté réside dans le fait que, prévenus par leur éducation antérieure et terrifiés par les bruyantes orgueilleuses prétentions de l'erreur, peu d'entre eux pouvaient se rendre compte de l'importance de celle-ci et de la nécessité qui en découlait de poursuivre la purification. Satan, notre grand adversaire, sut promptement se servir de cet état de choses pour lier les saints et paralyser l’œuvre de purification.

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La plus importante à maints égards, de toutes ces réformes et la plus complète commença peu après celle, que nous venons de citer ; nous en avons parlé dans le chapitre précédent. Ce fut Mr. William Miller du Massachusetts, appartenant à la confession des Baptistes, qui fut l'instrument employé pour lancer cette réforme ; il montra à l'Eglise que la Bible révèle quelque chose relativement au temps, aussi bien qu’à l'ordre du Plan de Dieu. Il vit des périodes indiquées par les prophètes et, accompagnées de la déclaration qu'au temps marqué les vrais sages les comprendraient ; il s'efforça lui-même d'appartenir à cette classe décrite. Il chercha, et découvrit certaines choses d'un haut intérêt, restées enfouies sous les traditions romaines, entre autres choses que la seconde venue de notre Seigneur avait pour but d'apporter aux croyants la bénédiction du don de Dieu qu'est la vie, car le but de la première venue fut le rachat du monde(*),[“ Le dépôt de la rançon du monde ” (édit. fr. Johnson : voir Introduction du vol.1) .] , en fait, que la rançon et le rétablissement sont deux parties du plan unique de la rédemption.

 Un cœur honnête et sincère qui avait discerné d'aussi bonnes nouvelles, ne pouvait avoir de plus ardent désir que de les proclamer ; c'est ce que fit Miller. La découverte de cette vérité fit mettre de côté certaines erreurs et accomplit ainsi une oeuvre de purification chez tous ceux qui subirent son influence. Par exemple, puisque la seconde venue de notre Seigneur a pour but “ d'établir ” son royaume et d'élever à la gloire son Eglise, il est évident que les prétentions des églises associées aux royaumes terrestres (lesquels séparément prétendent être les royaumes de Dieu et par conséquent autorisés maintenant à régner) doivent être des présomptions sans fondement ; car si le Royaume de Christ n'a pas encore été “ établi ”, les royaumes actuellement “ établis ” doivent avoir été formés et élevés à la puissance par le “ prince de ce monde ” (Satan), et doivent travailler pour une large part dans son intérêt, même si leurs souverains sont inconscients de la chose.

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 Mr Miller contribua aussi, par sa prédication, à l'enlèvement d'une autre erreur, celle de l'immortalité naturelle de l'homme. Selon la croyance depuis longtemps admise, l'homme est un être immortel par nature, c'est-à-dire que dès qu'il est créé il ne peut plus mourir, la mort n'étant qu'une illusion trompeuse, l'homme paraissant seulement mourir, sans mourir effectivement, se bornant à changer de forme et à “ évoluer” un peu plus. Mr Miller croyait aussi à cela ; cependant les vérités sur lesquelles il attira l'attention, en particulier la venue du Seigneur et la résurrection des morts, mettait puissamment en évidence cette erreur funeste qui est la négation de la résurrection, puisqu'elle enseigne que personne n'est mort, et de ce fait, que la seconde venue de notre Seigneur et une résurrection des morts ne sont pas nécessaires. L'examen critique de ce sujet sera fait dans un autre volume dans lequel on montrera que la vie éternelle et l'immortalité sont des faveurs qu'on ne peut obtenir que par Christ, qu'elles ne sont ni promises ni accordées aux méchants. C'est sur l'immortalité de l'homme que naquirent et grandirent la doctrine romaine du purgatoire et la doctrine protestante, plus horrible encore, du tourment éternel dans un lieu de tortures sans fin ; car, raisonnent-ils, si l'homme doit vivre à toujours (et, s'il est immortel, Dieu lui-même ne pourrait le détruire), il doit vivre soit dans une félicité éternelle, soit dans une souffrance éternelle. Puisque, disent-ils, l'homme, à sa mort, retourne à sa condition éternelle, la plupart d’entre les humains doivent alors commencer une éternité de torture parce que, dans les brèves années de la vie actuelle, ou bien ils ne purent obtenir la connaissance du véritable chemin à suivre ou bien, le connaissant, ils furent incapables d'y marcher à cause de leurs faiblesses et imperfections héréditaires, etc.

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 La grande racine de nombreuses erreurs graves commença à être arrachée et abandonnée par la prédication de la seconde venue de Christ et de la résurrection des morts déclarée comme devant se produire alors. Des gens intelligents et réfléchis commencèrent à se demander pourquoi le Seigneur devait ressusciter les morts, s'ils étaient au ciel ou en enfer, et si leur destin était fixé à toujours. Ensuite, ils commencèrent à se demander pourquoi les morts étaient appelés morts s'ils sont réellement vivants. Ils se demandèrent encore pourquoi notre Seigneur et les apôtres ne dirent rien au sujet des morts qui seraient toujours vivants ; pourquoi, au contraire, ils déclarèrent toujours que la seule espérance est une résurrection, déclarant même que s'il n'y a pas de résurrection tous ont “ péri ” (1 Cor. 15 : 13-18). On commença alors à comprendre les paroles de notre Seigneur promettant que “ tous ceux qui sont dans les sépulcres ” seraient réveillés. On finit peu à peu par voir que les morts ne sont pas vivants, mais que la mort signifie le contraire de la vie. Ceux qui sondèrent les Ecritures virent qu'elles étaient en parfaite harmonie avec elles-mêmes sur ce sujet, mais étaient directement opposées aux traditions courantes actuelles reçues de la Papauté.

 La racine de l'erreur étant ainsi arrachée, les divers rameaux qu'elle portait commencèrent à se dessécher. On ne tarda pas à voir que le châtiment du méchant n'était pas la vie éternelle (dans la misère), mais le contraire, c'est-à-dire la mort, conformément à la Bible et au plan de Dieu qui affirment que la vie éternelle est la récompense de ceux qui sont droits, tandis que la mort, ou le retranchement de la vie, est le châtiment de ceux qui pèchent volontairement.

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On commença à comprendre alors ce qu'était la malédiction de la mort qui descendit sur toute la race humaine par le fait de la désobéissance d'Adam, savoir que toute la race avait été condamnée à l'extinction. Alors, aussi, le voile commença à se lever, permettant de voir l'objet de la valeur de la mort de notre Rédempteur, comme le paiement du châtiment frappant la race afin qu'il pût y avoir une résurrection, une restitution de la vie et de ses droits. Ah ! c'est alors qu'on commença à apprécier le sens du terme rançon, lorsqu'on vit que celui qui n'avait jamais connu le péché fut traité comme celui qui était maudit ; que Jésus, s'étant substitué à notre place, fut fait malédiction pour nous, traité comme un pécheur pour nous, et qu'il mourut, le juste, pour l'injuste.

 Ainsi le grand système et réseau d'erreur corruptrice, qui avait commencé par l'enlèvement du sacrifice continuel fut enfin ôté, et le Sanctuaire en fut débarrassé ou purifié ; on vit de nouveau, dans une fraîcheur renouvelée et dans toute sa puissance et sa beauté, la valeur du “ sacrifice continuel” de Jésus.

 Si nous disons que le Sanctuaire fut purifié de ces souillures, nous devons nous rappeler que les Ecritures désignent fréquemment une partie de l’Eglise pour représenter le tout. Un petit nombre, un groupe, avaient été délivrés de ces souillures ; et depuis Dieu y a ajouté, jour après jour, ceux qui se laissent entièrement conduire et enseigner par Lui.

 Dans ses évaluations des événements à venir , Mr Miller fut loin de voir exactement les choses ; il crut que la purification du Sanctuaire signifiait une purification de la terre débarrassée du mal par un feu littéral dans lequel elle serait brûlée. Ces prédictions, qui ne se réalisèrent pas, furent une rude épreuve pour tous ceux qui, selon ses enseignements, attendaient le Seigneur venant des cieux pour accomplir la prière : “ Que ton règne vienne ! ”.

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Cependant, bien que l’ Epoux, eût tardé et qu'ils eussent été déçus, ils furent grandement bénis. Leur expérience, en sondant les Ecritures, fut précieuse et ils apprirent à mettre la Parole de Dieu au-dessus des traditions humaines. Ils s'étaient affranchis dans une certaine mesure de la servilité à l'honneur et au respect des hommes dans les différentes dénominations desquelles ils avaient été retranchés, car ils avaient dû quitter ces sectes pour obéir à leurs convictions touchant le sujet de la venue du Seigneur. L'honnêteté dans la conviction apporte toujours quelque bénédiction et, comme Paul allant à Damas nous rencontrons le Seigneur sur notre route.

 C'est pour cela que quelques-uns parmi ceux-ci firent des progrès plus considérables dans l’œuvre de purification ou de réformation que tous ceux qui les précédèrent. Ainsi, 1846, terme des 2.300 jours, comme nous l'avons montré plus haut, trouva un noyau de chrétiens sans organisation, et qui, non seulement furent d'accord avec les Disciples, touchant la simplicité du gouvernement de l'Eglise, la mise de côté de tous les credo en dehors de la Bible et l'abolition de tous titres pour leurs ministres, mais Il furent aussi avec les “ Baptistes ” concernant la forme extérieure du baptême, et avec Luther, pour considérer le système papal comme l'Homme de Péché et l'Eglise dégénérée comme la mère des prostituées et des abominations. Ces chrétiens restèrent à l'écart de tout compromis et de toute affinité avec le monde. Ils enseignaient une piété vitale, une confiance simple dans le Dieu omnipotent ainsi que la foi dans ses décrets immuables. Et tout en reconnaissant, en outre, Christ comme Seigneur de tous et maintenant devenu participant de la nature divine, ils mirent de côté la théorie antiscripturale (*) [Ces sujets sont discutés à fond dans le Vol. V des ETUDES DANS LES ECRITURES et tous les passages s'y rapportant entièrement examinés et trouvés en harmonie absolue.] et absurde que Jéhovah est son propre fils et notre Seigneur Jésus son propre père. Ils commencèrent à voir que la vie éternelle et l'immortalité ne sont pas en notre possession actuellement, mais ne doivent être attendues que comme des dons de Dieu par Christ à la résurrection.

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Comme si Dieu avait arrangé qu'après ces choses, il y aurait toujours une classe représentant son Sanctuaire purifié, séparé des diverses sectes, cette même année 1846 fut témoin de l'organisation des sectes protestantes en un grand système appelé L'Alliance Evangélique. Cette organisation, préoccupée des vues nouvelles (celles du Sanctuaire purifié) définit clairement sa foi dans l'immortalité humaine, l'ajoutant à son credo comme neuvième article. Elle écarta ainsi, et a depuis tenu écarté des autres chrétiens, un groupe d'enfants de Dieu — le Sanctuaire purifié du Seigneur — un sanctuaire de vérité. D'autres enfants fidèles et humbles de Dieu vinrent s'ajouter journellement à cette classe, tandis que ceux qui perdirent l'esprit d'humilité et l'amour de la vérité en furent éliminés. Pour conserver leur place, comme Sanctuaire purifié, contre l'opposition organisée du plus grand nombre, ils doivent Subir une rude épreuve de courage et de foi que peu de personnes semblent capables de supporter : la plupart des autres se comportent comme ceux qui les ont précédés et cherchent à se rendre respectables aux yeux du monde. Les personnes formant le sanctuaire étant devenues relativement nombreuses, quelques-unes d'entre elles, voulant éviter la haine et l'opprobre, organisèrent un nouveau système, élaborèrent un credo et adoptèrent un autre nom sectaire, en s'appelant les Seconds Adventistes. Ces derniers crurent que ce qu'ils avaient appris était tout ce qu'il y avait à apprendre, et depuis ils n'ont plus fait aucun progrès ; et comme d'autres qui n'ont plus suivi le sentier où la lumière augmente son éclat jusqu'au plein jour, beaucoup d'entre-eux sont tombés dans des erreurs insensées.

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Mais bien que plusieurs de ceux qui, au début, avaient représenté le Sanctuaire purifié, furent alors plongés de nouveau dans les liens de l'esclavage ceux qui continuèrent à rester libres, et à avancer dans la connaissance du Seigneur représentèrent toujours son Sanctuaire purifié. Il les reconnut toujours comme siens et les bénit grandement par ses directions.

 Si les immondices et les abominations corruptrices étaient entièrement enlevés en 1846, depuis ce moment-là le temps devrait être consacré à la mise en ordre des choses qui restent, et à la révélation et au développement du glorieux plan de Dieu, vérités qui devraient prendre la place des erreurs qui ont été enlevées.

 Cette oeuvre du dévoilement de la vérité, de son examen et de l'appréciation de sa beauté, est maintenant à échéance et en vue d'être accomplie. Nous remercions Dieu de nous avoir accordé le privilège d'avoir été engagé avec d'autres dans cette oeuvre bénie consistant à rapporter les vases d'or de la maison de l'Eternel (les précieuses vérités) de la captivité de (la symbolique) Babylone la Grande (Esdras 1 : 7-11 ; 5 : 14 ; 6 : 5), et de les replacer dans le Sanctuaire. Dans cette grande oeuvre, nous envoyons notre fraternel salut à tous les collaborateurs et membres du Corps Oint. Heureux ces serviteurs que leur Seigneur, lorsqu'Il sera venu, trouvera donnant la nourriture au temps convenable aux gens de la maison.

 

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 QUE TON RÈGNE VIENNE

 ETUDE V

LE TEMPS DE LA MOISSON

 

 * * *

 

 Situation chronologique de la moisson. — Son but et sa grande importance. — Le point convergent des temps  prophétiques. — Les préparatifs de la moisson. — Signification de la convergence du témoignage prophétique. — La présence du Seigneur. — Réponse à quelques objections raisonnables. — L'entrée dans les joies de notre Seigneur. 

 “ La Moisson est la fin de l'âge ” Matth. 13 : 39

* * *

 Le chercheur studieux aura observé que la période appelée le “ Temps de la Fin ” mérite bien ce nom, puisque non seulement l'Age de l'Evangile prend fin pendant cette période, mais aussi en elle toutes les prophéties relatives à la fin de cet âge se terminent en s'accomplissant. On aura déjà remarqué aussi l'importance spéciale des 40 dernières années (de 1874 à 1914) du Temps de la Fin dont la durée totale est de 115 ans et que l'on appelle “ la Fin ” ou “ Moisson ”.

 Cette courte période est la plus importante, est la plus riche en événements de tout l'Age, car c'est pendant son cours que tous les fruits de l'Age doivent être rassemblés et utilisés, et que le champ qui est le monde (Matth. 13 : 38), doit être nettoyé, labouré et préparé pour d'autres semailles et une autre moisson — l'Age Millénaire. On ne saurait trop apprécier l'importance des événements de ce temps de moisson ; néanmoins, le monde ne les connaîtra pas avant le moment où les agents puissants bien qu'ignorés auront achevé le travail qui leur a été fixé. En vérité, il est bon de se rappeler que cette moisson n'est pas celle du monde entier, mais celle de l'Eglise chrétienne. Les mahométans, les brahmanes, les bouddhistes, etc., n'y participent pas, mais seulement la véritable Eglise de Christ et tous ceux qui ont plus ou moins de rapports avec elle sous le nom de “ chrétienté ”.

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 Mais si durant la période entière, le monde en ignorera totalement le caractère, bien qu'il craigne et redoute l'issue finale de ses événements étranges (Es. 28 : 21), le petit troupeau de disciples consacrés du Seigneur qui vivent maintenant jouissent de lumières beaucoup plus grandes que tous leurs prédécesseurs, car c'est pendant cette période que les rayons du témoignage prophétique se concentrent sur un grand foyer, illuminant aux yeux de la foi le plan de Dieu dans tous ses développements passés, présents et futurs.

 Depuis le commencement (1799) du Temps de la Fin, Dieu a préparé son “ peuple saint ” consacré, son “ Sanctuaire ”, en vue des grandes bénédictions qu'Il a projeté de déverser sur cette classe de personnes pendant ces quarante années de moisson. Ces bénédictions sont destinées aussi à préparer ces fidèles à entrer dans la joie avec Christ, comme ses cohéritiers, comme son épouse. Au “ temps marqué ” exact, en 1799, terme des 1260 jours, le pouvoir de l'Homme de Péché, du grand persécuteur de l'Eglise, fut brisé et sa domination lui fut enlevée. D'un seul geste de Sa puissante main, Dieu brisa les fers de Sion et libéra les opprimés. C'est alors que les fidèles, formant le “ Sanctuaire ”, sortirent et sortent encore, le “ peuple saint ”, faible, hésitant, infirme, presque nu et aveugle hors du cachot d'obscurité, de corruption et de misère de l'esclavage papal. Pauvres âmes ! Elles s'étaient efforcées de servir fidèlement Dieu au milieu même des flammes dévorantes de la persécution ; elles s'étaient fortement attachées à la croix de Christ, à une époque où presque toute autre vérité avait été emportée, et courageusement elles s'étaient efforcées de délivrer les “ deux témoins ” de Dieu (l'Ancien et le Nouveau Testaments) qui avaient été si longtemps enchaînés, et n'avaient pu prophétiser que revêtus du sac des langues mortes - Apoc. 11 : 3.

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Dans sa sagesse, Dieu ne les accabla pas par un flot de lumière aussi intense que celui qui éclaire aujourd'hui les saints. Doucement, Dieu les conduisit pas à pas. Il les purifia d'abord des souillures papales qui restaient encore attachées à eux. Comme Dieu les attirait ainsi, la classe du Sanctuaire suivit, reconnaissant la voix du Bon Berger, dans les accents de vérité qui démasquaient les anciennes erreurs, jusqu'en 1846, date à laquelle, selon la prophétie, un noyau du “ peuple saint ”,  le “ Sanctuaire ”, serait délivré des erreurs papales, purifié des souillures, et préparé à remplacer les théories impures des hommes par les purs et admirables principes de vérité, sur lesquels le Seigneur et ses apôtres avaient fondé l'Eglise.  Graduellement, ces fidèles furent conduits à attendre la grande apogée de la bénédiction, lorsque le Seigneur lui-même viendrait, dans la moisson de l'Age. Leur étude diligente de la Parole de Dieu, ainsi que leur désir recommandable de connaître les choses dans lesquelles même les anges désiraient plonger leurs regards (1 Pi. 1 : 12), furent grandement bénis, bien que leurs désirs n'eussent pas été pleinement satisfaits.

 De cette manière, quelques fidèles furent instruits dans la Parole de vérité, remplis de son esprit, purifiés, et plus complètement séparés du monde, débarrassés de l'orgueil et amenés à s'appuyer toujours plus humblement sur Dieu, grâce aux leçons apportées par la déception de 1844. L'Epoux qui tardait, selon l'indication prophétique, et qui ne vint que trente ans plus tard, mit ainsi à l'épreuve ses disciples, il développa leur patience, leur humilité, leur soumission dans l'amour jusqu'au moment où ceux qui veillaient à la fin des “ 1335 jours ”, (1874, temps de la Moisson), reçurent le joyeux message et furent envoyés pour le proclamer à toute la classe, du Sanctuaire : “ Voici l'Epoux ! ” Tous ceux de cette classe qui entendent, quand ils en reconnaissent l'importance, élèvent aussi la voix disant : Voici l’Epoux ! ”. Ce message de la moisson aux saints, continue et retentira jusqu'au moment où il aura atteint tous les consacrés et fidèles. Cette nouvelle n'est pas pour le monde, mais seulement pour l'Epouse en perspective de Christ. Notre Seigneur n'est l'Epoux d'aucune autre classe. Le monde connaîtra sa présence plus tard et d'une autre manière. Seuls, les consacrés, la classe du “ Sanctuaire ”, sont préparés à recevoir cette vérité. Pour l'“ armée ” des chrétiens de nom, aussi bien que pour le monde, tout cela est de la folie ; ils ne se sentiront pas non plus les dispositions nécessaires pour vérifier et examiner les preuves énoncées dans les volumes de ces séries d'Etudes.

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 Le Seigneur a non seulement préparé les cœurs de ses enfants et les a conduits par des voies qu'ils ignoraient, mais dans cette période spéciale de besoin Il leur a donné des guides merveilleux pour étudier la Bible sous forme de concordances, de traductions des Ecritures de haute valeur, ainsi que d'étonnantes facilités pour imprimer, publier et expédier la vérité, avec les avantages d'instruction générale de sorte que tous peuvent lire, étudier pour eux-mêmes et vérifier par eux-mêmes toutes les doctrines énoncées et tout cela dans des conditions de paix, de telle sorte que nul ne peut les molester ou leur faire craindre d'exercer, ce faisant, une totale liberté de conscience.

 Après une lecture attentive des chapitres précédents du présent Volume et du précédent, le lecteur réfléchi constatera que tandis que chacune des prophéties de temps accomplit un dessein séparé et distinct, l'objet central de leur témoignage unanime et harmonieux a été de marquer avec justesse et précision, soit par la preuve directe, soit par la preuve indirecte, ou par le témoignage corroboratif, la date du second avènement de notre Seigneur et de l'établissement de son Royaume sur la terre, et également de marquer les diverses phases et les moyens de son établissement, durant la période de moisson.

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Pour comprendre la puissance de ces diverses lignes de prophétie relativement à leur convergence sur ces vérités centrales, rassemblons-les en un foyer et examinons les rayons lumineux de leurs témoignages respectifs. Nous voyons que tous ces rayons de témoignage, harmonieusement unis, nous révèlent clairement le fait béni, non pas que notre Seigneur vient ou qu'Il viendra bientôt, mais qu'Il est venu, présent, qu'Il est maintenant un Roi spirituel ; il établit un royaume spirituel pendant la moisson ou fin de l'Age de l'Evangile lequel empiète sur l'Age millénaire qui, maintenant, point. Nous avons vu qu'il viendra des “ Temps de Rétablissement de toutes choses ”, “ des Temps de Rafraîchissement ” (Actes 3 : 19) ; nous avons vu aussi que l’Eternel, Jéhovah, “ a fixé un jour ” [l'Age millénaire] dans lequel Il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'Il a désigné, ce dont Il a donné à tous une preuve certaine, en le ressuscitant des morts ” (Actes 17 : 31) Nous avons vu que l'Age  de l'Evangile a été le jour du jugement ou temps d'épreuve de l'Eglise, et qu'il se termine par une moisson et par la glorification de ceux qui doivent vivre et régner mille ans avec Christ — pendant le jour du jugement du monde, les Temps de Rétablissement. Nous avons vu aussi que les royaumes de ce monde, dirigés par le prince de ce monde, Satan, doivent faire place au Royaume de Dieu, gouverné par le Roi de gloire. Tous ces événements considérables doivent être retenus jusqu'au second avènement de notre Seigneur, le Roi, l'Epoux et le Moissonneur qui, par sa présence et son oeuvre, les accomplira comme prédit.

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Les cycles du Jubilé-type indiquaient 1874 ap. J.- C. comme étant la date du retour de notre Seigneur; cependant cette date était si bien dissimulée qu'elle ne put être découverte avant le “ Temps de la Fin ”. Deux preuves vinrent confirmer ce témoignage, la Loi et les Prophètes, chacun étant indépendant de l'autre et pourtant également clair et convaincant.

 Le merveilleux parallélisme des dispensations judaïque et évangélique nous enseigna cette même vérité avec des détails complémentaires. Le second avènement de notre Seigneur à la fin ou moisson de l'Age de l'Evangile qui commença à l'automne de 1874 est un point chronologique exactement parallèle à la date du premier avènement, à la fin de l'Age judaïque (Voir la Table des Correspondances du Vol. II, pages 264-265). Chaque événement saillant de la dispensation de l'Evangile a son parallèle dans cette dispensation-type, aussi trouvons-nous que le mémorable événement annoncé par le jubilé a son parallèle correspondant. Dans les deux dispensations, nous voyons la présence de notre Seigneur comme Epoux, Moissonneur et Roi. Même le mouvement des vierges qui allèrent à la rencontre de l'Epoux, leur déception aussi, et le retard de trente ans de l'Epoux trouvent leur parallèle à la fois dans le temps et dans les circonstances. Le parallélisme continue jusqu'à la fin complète de la moisson de cette dispensation, jusqu'au [point de départ du*](*)[ Edition fr. Paul S. L. Johnson.]  renversement des royaumes soi-disant chrétiens, en réalité des “ royaumes de ce monde”, jusqu'à l'établissement complet (*)[Edition fr. Johnson … “ et le lever du Royaume de Dieu ”.] du Royaume de Dieu sur la terre après 1914, terme du Temps des Nations (Voir Vol. II, chap. 4). [Des parties de] cette détresse et de ce renversement ont eu, nous l'avons vu, leurs parallèles dans la destruction de Jérusalem et le renversement complet de la politique judaïque, en l'an 70 ap. J.-C. autre parallèle , correspondant à la fois dans le temps et dans les circonstances.

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Nous avons encore trouvé que le second avènement de notre Seigneur fut indiqué dans Daniel 12 : 1, mais d'une manière voilée, car la prophétie ne devait être comprise qu'après l'accomplissement des événements qui précédaient cette venue ; c'est alors que nous avons été amenés à voir que celui qui était voilé sous le nom de Micaël est en vérité le Représentant de Dieu (telle est la signification du terme Micaël), le “Grand Chef”. Oui, nous le reconnaissons bien : “ le Prince de l'Alliance ”, “ le Dieu puissant”, [souverain], “le Père Eternel [Dispensateur de vie] ” (Dan. 11 : 22 ; Es. 9 : 6), celui qui “ se lève ” avec puissance et autorité, pour accomplir le grand rétablissement de toutes choses et offrir la vie éternelle aux millions d'humains, morts et mourants, rachetés par son propre sang précieux. Ayant suivi les 1335 jours de Daniel XII jusqu'à leur fin à cette même date, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi l’ange qui indiquait ainsi la date en question s'exprimait en des termes exubérants : “ Bienheureux celui qui attend [qui est dans une attitude d'attente ou de vigilance] et qui parvient à mille trois cent trente-cinq jours à 1874 (**)[L'année, selon le comput juif commence en octobre ; en conséquence, octobre 1874 était réellement le commencement de 1875.]

 En calculant les temps symboliques ici donnés, nous nous sommes, servi de la clef fournie par les indications annonçant la manière dont se ferait le premier avènement : un jour symbolique représentant une année littérale. Par cette méthode, nous avons clairement trouvé que le second avènement de notre Seigneur eut lieu en 1874, au mois d'octobre (Vol. II, chap. 6).

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Mais ce n'est pas tout. Certains obstacles raisonnables à la foi dans la présence de Christ pourraient encore apparaître même aux esprits d'étudiants réfléchis, et notre désir est de les voir tous disparaître. Par ex : on pourrait raisonnablement demander : Comment se fait-il que la Chronologie exacte de la Bible indique octobre 1872 comme point de départ du septième millier d'années, ou Millénium, tandis que les Cycles du Jubilé marquent octobre 1874, comme date du retour de notre Seigneur et le commencement des Temps du Rétablissement ?

 Ce désaccord apparent entre la date du second avènement et celle indiquant le commencement de la septième période de mille ans semblait à première vue, comme quelque chose qui cloche [angl. “ screw loose ”: un écrou qui “ foire ” - terme de mécanique (*)[V. Larousse, au mot foirer.] - Trad.] dans le calcul chronologique. Toute cette question fut reprise et examinée à fond, mais le résultat fut toujours le même ; toutefois en y réfléchissant davantage encore on a la preuve que Dieu est un chronométreur précis et que ce point n'est pas une exception à sa précision mathématique. On doit se rappeler que le calcul de la chronologie remonte à la création d'Adam et qu'il s'écoula quelque temps avant qu'Adam et Ève eussent transgressé la loi divine. Quelle fut la durée exacte de cette période, nous ne le savons pas, mais il est fort possible que ce soit deux ans. Avant qu'Ève fut créée, Adam avait déjà vécu assez longtemps pour comprendre(**)(Angl. to realize : se rendre compte - Trad.) qu'il lui manquait un compagnon (Gen. 2 : 20). Il avait fait la connaissance de tous les animaux et leur avait donné des noms ; il avait appris à connaître les divers arbres et plantes d'Eden. Ève fut alors créée et le premier couple humain vécut certainement un certain temps dans la jouissance de toutes les merveilles dont il était entouré avant que la malédiction du péché fît son apparition.

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En songeant à toutes ces circonstances, il est très raisonnable d'admettre que deux ans s'écoulèrent dans l'innocence parfaite, loin du péché, l'intervalle entre le terme des six premiers mille ans et le commencement des temps du rétablissement, nous porte à croire que la période comprise entre la création d'Adam et l'entrée du péché dans le monde, ne fait pas partie des six jours millénaires du règne du mal, car, pendant cette période du début, le Royaume de Dieu existait effectivement dans le monde, représenté en Adam. Les six mille ans, pendant lesquels Dieu a permis le règne du mal avant le début du septième grand millénaire ou sabbat, ou Temps du Rétablissement, commencèrent lors de l'entrée du péché dans le monde. Les Temps du Rétablissement de toutes choses ayant commencé en octobre 1874, cette date doit marquer la fin du règne de six mille ans du péché. Ainsi le laps de temps qui sépare cette date d'avec les six mille ans écoulés depuis la création d'Adam, selon la chronologie, représente la période de l'innocence en Eden qui appartient réellement au règne de la justice.

 Une autre différence pourrait encore apparaître, à première vue, à savoir que le Seigneur serait présent à la fin de 1874 et que le Temps des Nations ne se terminerait pas avant 1914, mais cet écart se trouve, au contraire, être en accord parfait et absolu avec les développements du Plan de Dieu pour la campagne de la Bataille du Grand Jour, exactement, comme le prédit Daniel (2 : 44) qui déclara : “ Dans les jours de ces rois, le Dieu des cieux établira un Royaume, .... ; Il [le royaume - Trad.] broiera et détruira tous ces royaumes ”.

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Il faut (must, sens de nécessité, d'obligation - Trad.) donc que ce soit exactement comme nous l'avons trouvé : notre Seigneur doit (sens de falloir -Trad.) nécessairement être présent, doit nécessairement mettre à l'épreuve les membres vivants de son Eglise ; Il doit nécessairement les exalter, les glorifier et les associer avec Lui à la puissance et à l'autorité qui doivent être exercées pendant le règne millénaire (Apoc. 5 : 10 ; 20 : 6) ; il faut que notre Seigneur mette en branle tous les facteurs et agents qui (bien qu'inconsciemment) exécuteront ses ordres — en jouant ainsi leur rôle dans la “ bataille du Grand Jour du Dieu Tout-Puissant ” — sapant et enfin renversant toutes les prétendues “ nations chrétiennes ” actuelles. Les “ royaumes de ce monde ” même pendant qu'ils seront broyés par le Royaume de Dieu, ignoreront complètement la véritable cause de leur chute, jusqu'au moment où, à la fin de ce “ jour de la colère ”, les yeux de leur compréhension s'ouvriront de sorte qu'ils verront alors qu'une nouvelle dispensation a commencé et ils apprendront qu'Emmanuel a pris son grand pouvoir et qu'Il a commencé son règne glorieux et juste.

 Tandis que les prophéties de temps indiquent ainsi 1874 et s'harmonisent avec cette date comme étant celle de la date de la seconde présence de notre Seigneur, nous assurant du fait avec une exactitude mathématique, nous nous trouvons nous-mêmes submergés par des preuves d'une autre sorte ; car certains signes particuliers, prédits par le Seigneur, les apôtres et les prophètes, lesquels devaient précéder sa venue sont maintenant clairement reconnus comme accomplis réellement. Nous voyons que l'Elie promis est venu effectivement, que ses enseignements ont été rejetés, comme la chose avait été prédite, et que, dès lors, il faut que le temps de détresse suive. l'Homme de Péché, l'Antichrist, dont la venue était annoncée est également déjà venu ; son règne a été long et terrible et, au “ temps marqué ” (en 1799), sa domination lui a été enlevée. La purification du Sanctuaire fut aussi accomplie selon la prophétie et suffisamment avant 1874 pour permettre de tenir prêt “ un peuple préparé pour le Seigneur ” ; un peuple en attente pieuse de Sa venue, exactement comme ce fut le cas au premier avènement, où un peuple avait été préparé pour le recevoir.

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Nous constatons que la date de 1874 s'harmonise aussi avec la prophétie (Daniel 12 : 1), qui fixe la venue de “ Micaël ” au “ Temps de la Fin ”, c'est-à-dire quelque part entre 1799 et 1914 et comme cause et précurseur du temps de détresse. Lorsque soixante-quinze ans de ce “ Jour de préparation ” eurent amené toutes choses au point pour commencer son grand travail, alors le Maître se présenta sur la scène du monde — tranquillement, sans manifestation extérieure ”, “ de la même manière ” qu'Il s'en était allé. Les quarante dernières années de ce “ Jour de la préparation ”, dont seize (*)[Ecrit en 1890 - Trad.] sont déjà dans le passé, accompliront l'établissement de son Royaume en puissance et en grande gloire.

 Le point de convergence de la prophétie de temps relative à la moisson et aux sujets en rapport avec la présence de notre Seigneur et à l'établissement du Royaume sera mieux saisi par l'intelligence en étudiant avec soin les deux diagrammes qui suivent. L'un d'entre eux montre le parallélisme ou la correspondance des Ages judaïque le type, et évangélique, et comment les divers événements principaux de la moisson sont marqués par les grandes prophéties. Le deuxième diagramme montre en quelques traits, l'histoire du monde dans ses rapports avec les Eglises-type et réelle de Dieu (judaïque et de l'Evangile) ainsi que les mesures prophétiques qui y sont relatives.

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Ainsi tous les rayons de la prophétie convergent sur le “ Temps de la Fin ” dont le point focal est la “ Moisson ” — le temps de la présence de notre Seigneur et de l'établissement de son règne promis depuis si longtemps. Lorsque nous considérons la grande importance de ces événements, les prodigieux changements de dispensation qu'ils amènent, lorsque nous examinons la valeur et le caractère du témoignage prophétique qui les marque, lorsque nous voyons avec quel soin nous avons été instruits au sujet du caractère et de la nature de sa manifestation de telle sorte qu'aucune pierre d'achoppement n'existe pour notre foi en la présence du Maître, nous sentons nos cœurs déborder d'une joie inexprimable. Nous avons un témoignage dix fois plus grand affirmant la seconde présence de notre Seigneur, que celui qu'il avait accordé aux premiers disciples, lors du premier avènement, bien qu'à ce moment-là ce témoignage ait été tout à fait suffisant pour les “ véritables Israélites ” qui attendaient la consolation d'Israël.

 Pendant près de deux mille ans, les consacrés, persécutés, souffrants, se sacrifiant eux-mêmes, ont attendu avec ardeur la venue du Maître. De fidèles Pauls, de bouillants Pierres, d'affectueux Jeans, de dévoués Etiennes, de douces Maries, de tendres et généreuses Marthes, toute une lignée de braves confesseurs de la vérité au péril de leur vie, en bravant les tortures et en subissant le martyre, et outre ceux-là, quelques-uns des pères, des mères, des frères et des sœurs fidèles en Israël qui marchèrent humblement avec Dieu dans d'autres temps moins agités, n'ayant ni honte, ni crainte de confesser Christ, de porter son opprobre et d'être associés à ceux qui étaient frappés pour la cause de la vérité (Héb. 10 : 33), — tous ceux-là ont combattu jusqu'au bout le bon combat de la foi, puis ont déposé leur armure pour attendre la récompense promise, lors de l'apparition du Maître — 2 Tim. 4 : 8.

 

 insertion des deux graphiques prochainement

 

133

 Et maintenant, Il est venu ! Le Seigneur est vraiment présent ! Le temps de l'établissement de son Royaume est imminent. Il va bientôt élever et glorifier son Epouse fidèle. Les jours d'attente de Sa présence sont désormais passés, et la félicité promise depuis longtemps à ceux qui ont attendu est maintenant nôtre. La présence de notre Seigneur est aujourd'hui révélés aux yeux de la foi par la lampe prophétique (2 Pi. 1 : 19). Bientôt, avant que la moisson soit complètement achevée (*) [La “ fin ” de la moisson comprendra probablement la destruction de l'ivraie par le feu.] notre foi et les joies présentes de cette foi feront place à la complète félicité de la pleine réalisation de nos espérances, lorsque ceux qui auront été jugés dignes d'être élus seront devenus semblables à Lui et le verront tel qu'il est, face à face.

 Comme l'indique la parabole illustrant cela (Matth . 25 : 14-30), la première tâche de notre Seigneur, à son retour, est d'appeler ses serviteurs et de régler les comptes avec eux. Certains serviteurs ont été fidèles dans l'emploi des talents qui leur avaient été confiés ; ils se sont efforcés de connaître et d'exécuter la volonté du Maître, aussi ce dernier, après les avoir examinés et éprouvés, leur dit d'“ entrer dans la joie de leur Seigneur ”, avant qu'il reçoive la domination promise. Nous voyons maintenant l'accomplissement, de cette parabole, et cela avant que nous ayons eu une part dans le règne qui commence. Avant même que les ennemis soient vaincus, chaque fidèle disciple peut avoir une vue claire et nette du Royaume glorieux qui vient et de la grande oeuvre du jour millénaire qui commence à poindre. Cette vue du grand Rétablissement de toutes choses, pour les hommes que Christ et son Eglise glorifiée auront le privilège d'accomplir, est la joie du Seigneur, dans laquelle ses serviteurs peuvent entrer.

 Tandis que nous nous tenons ainsi, sur les hauteurs du Pisgah pour ainsi dire et contemplons cette grande perspective, nos cœurs débordent, se réjouissent d'une joie indicible en voyant le grand plan de Dieu. Nous savons cependant que l'Eglise est toujours dans le désert de son humiliation, et que l'heure de son triomphe effectif n'a pas encore complètement sonné ; néanmoins, nous la voyons rapidement approcher ; nous discernons déjà par la foi la présence de l’Epoux, nous levons nos têtes, nous nous réjouissons, sachant que notre délivrance approche. Oh ! quelle plénitude de bénédictions, et quelle cause de joie et de reconnaissance cette vérité contient ! En vérité, le Seigneur a mis un cantique nouveau dans nos bouches, C'est la grande hymne dont les anges chantèrent la première note à la naissance de Jésus : “ Voici, Je vous apporte une bonne nouvelle de GRANDE JOIE qui sera pour tout le peuple ”. Grâce à Dieu, les accords harmonieux de cette hymne rempliront bientôt le ciel et la terre de leur éternelle mélodie, au fur et à mesure que l’œuvre bénie du salut, — le Rétablissement — qu'il vient pour accomplir progressera vers son achèvement glorieux.

 

 “ Joie au monde ! le Seigneur vient !

 Reçois ton Roi, ô terre !

 Il vient ! chaque cœur le contient,

 L'adore et le révère.

 Son règne est grâce et vérité.

 Les nations heureuses

 Eprouveront son équité,

 Ses bontés merveilleuses ”.

 [Voir Notes Il et III].

 

 NOTE II — POUR LES PAGES 128-134

427

 Nous désirons, en cette seconde note, prouver que la position prise dans le Volume III, 1re éd. française 112 -118 ; 2e éd. 115 -121, éd. 1954, p. 128 -134, que le moissonnage commença en 1874 et se termina en 1914, est entièrement exacte. Si avant qu'elle soit finie la durée du glanage n'était pas connue, elle le devint plus tard comme finissant à la Pâque de 1916, le 16 avril. Comme ces dates ont été controversées, nous donnerons une longue liste d'arguments qui les prouvent, les numérotant chacun, et ensuite nous donnerons d'autres faits corroboratifs. Malheureusement notre pasteur rejeta la date de 1914 comme la fin de la moisson dans un article en Z' 16, 263, 265, comme aussi un mois et demi plus tard il fit de même dans la préface du Volume III.

 (1) En Jean 9 : 4, selon la Version Améliorée nous trouvons la première de ces preuves, en ces mots : “ Nous devons faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient en laquelle personne ne peut travailler ”. Le travail que Jésus et les Apôtres faisaient alors était un travail de moissonnage. En conséquence le travail dont il est question dans ce texte est un travail de moissonnage qui ne pourrait plus être fait quand viendrait la nuit. La nuit c'est le Temps de la Détresse (Es. 21 : 11, 12) lequel commença dans chaque pays de la chrétienté dès son entrée dans la guerre mondiale. En conséquence, après que la guerre eut funestement affecté toute la chrétienté, celle-ci fut plongée dans la nuit. Cela fut vrai avant l'automne de 1916. En conséquence aucun travail de moissonnage ne pouvait être exécuté par la suite. Donc le moissonnage (*)[Ou fauchage - Trad .] et le glanage se terminèrent avant l'automne de 1916.

428

(2) Les élus dans chaque pays devaient tous être scellés au front, moissonnés (**)[Litt. fauchés - Trad.], avant la Détresse, laquelle commença par la Guerre mondiale, entraînant ce pays (Apoc. 7 : 1-3). Chaque pays de la chrétienté fut entraîné (non nécessairement comme belligérant) dans la guerre avant l'automne de 1916. En conséquence tous les Elus furent scellés au front, moissonnés (**)[Litt. fauchés - Trad.] avant l'automne de 1916.

(3) Selon Es. 66 : 7, en chaque lieu où était Sion nominale, avant qu'elle y fût en travail, le Petit Troupeau l'aurait quittée. Son travail commença par la guerre mondiale et rapidement s'étendît jusqu'à ce qu'au printemps de 1916 il fut universel pour la chrétienté, ce qui prouve que vers ce moment-là, le moissonnage et le glanage étaient terminés.

(4) Selon Apoc. 6 : 9-11, tous les saints devaient être tués sous l'autel [consacrés sous Christ, leur Tête] avant que la vengeance vînt sur la chrétienté. Mais la vengeance débuta avec la guerre de tranchées, le 21 sept. 1914. En conséquence, avant le 21 sep. 1914, toute la classe de Christ avait été consacrée et engendrée de l'esprit, ce qui terminait le moissonnage distinct du glanage.

(5) Selon Amos 9 : 13 le laboureur et le vendangeur surprirent le faucheur et le semeur et mirent un terme à leur travail. Le laboureur surprit (et ainsi rendit impossible son travail ultérieur) le faucheur (y compris le glaneur) et celui qui foule les raisins surprit celui qui répand la semence partout, aussitôt que toute la chrétienté fut engagée dans la Guerre mondiale, ce qui eut lieu au printemps de 1916. Par conséquent, au printemps de 1916, tout moissonnage et tout glanage étaient terminés.

 (6) Tous les saints devaient partager l'honneur d'exécuter la vengeance et les punitions (spirituelles) sur les nations et les peuples et de lier leurs rois et leurs nobles (Ps. 149 : 5-9). Cela eut lieu de l'automne de 1914 à celui de 1916. Par conséquent, pour avoir participé à ce travail tous les saints devaient avoir été moissonnés avant la fin de cette période.

429

(7) Le dernier travail d'Elie-antitype avant de perdre son manteau fut de frapper le Jourdain (2 Rois 2 : 8), ce qui fut fait de l'automne de 1914 à celui de 1916. Pour être membre d'Elie-antitype chacun devait avoir eu la Vérité, être moissonné à temps pour participer dans son dernier travail avec le manteau. Par conséquent, tous furent moissonnés avant l'automne de 1916.

(8) La Bible enseigne (Lév. 16 : 20, 21) que le dernier travail général du Souverain Sacrificateur du monde en ce qui concerne la chrétienté serait d'agir avec le Bouc pour Azazel en confessant sur lui les péchés de la chrétienté, le conduisant à la porte, le livrant à l'homme prêt et l'abandonnant pour Azazel. Par conséquent avant que la première de ces oeuvres fût achevée tous les membres du Souverain Sacrificateur du monde devaient avoir eu la Vérité pour prendre part à ce travail, lequel, étant le dernier, devait être accompli par tous ses membres. La première de ces oeuvres fut commencée à l'automne de 1914, et achevée à l'automne de 1916. Par conséquent le dernier membre de cette prêtrise sacerdotale eut la Vérité, fut moissonné, avant l'automne de 1916.

(9) La séparation d'Elie et d'Elisée-antitypes, laquelle débuta le 27 juin 1917, prouve qu'avant ce temps, tous les “ Vrais Elus ” eurent la Vérité ; car avant ce temps, ils devaient achever leur travail avec le manteau envers Israël spirituel nominal, avant de le perdre pour cet Age.

(10) La première distribution du Denier (Matth. 20 : 8, 9), accordant le privilège de prendre part au premier frappement du Jourdain, devait être achevée avant l'automne de 1916, quand ce travail cessa. Par conséquent, tous devaient être moissonnés avant ce temps, car leur moissonnage précéda leur réception du Denier.

(11) Le soir de la parabole du denier termina le moissonnage, parce qu'à ce moment l'intendant commença à, donner le denier aux moissonneurs, comme salaire du travail du jour achevé. Mais le denier fut le privilège de frapper le Jourdain, ce qui commença le 20 sept. 1914 ; par conséquent le moissonnage cessa avant le 20 sert 1914.

(12) Seuls les cinq criblages du temps du moissonnage venant pendant la fin (temps du moissonnage) du second des deux Ages (1 Cor. 10 : 11), la Moisson doit avoir cessé avant que survienne le sixième criblage, lequel commença en automne de 1916 en Angleterre et dans l'été de 1917 en Amérique. Par conséquent, la fin de l'Age (moissonnage) doit être venue avant l'automne de 1916.

 430

(13) “ Ce serviteur ” avait la charge du travail pour la maison toute entière (Matt. 24 : 45-47) ; par conséquent tous furent moissonnés et servaient sous sa direction avant le 31 octobre 1916, date de sa mort.

(14) Comme le conducteur de la classe représenté par l'homme à l'écritoire (Ez . 9 : 2-5, 11), notre pasteur, dans la scène de la toge, le 30 octobre 1916, commença le rapport de cet homme symbolique, montrant que son travail était fini, c.-à-d. celui de marquer à l'encre tous ceux qui soupiraient et gémissaient dans la ville, scellant les élus, les moissonnant tous. Par conséquent, avant le 30 octobre 1916, le moissonnage était achevé.

(15) L'annonce par la Grande Foule de l'achèvement du moissonnage (Apoc. 16 : 17) le 27 mars 1918, avec ses événements antérieurs, prouve que le moissonnage était fait avant l'automne de 1916.

(16) Son travail, décrit en Apoc. 19 : 1, 2, qui commença à l'automne de 1917, prouve que quelque temps avant l'automne de 1916, le Petit Troupeau avait été entièrement moissonné.

(17) La première bataille de Gédéon-antitype, commençant en 1914, comme la montre le type, avant la fin des sept ans-antitypes (Juges 6 : 1), les Temps des Gentils, et finissait à l'automne de 1916, prouve que tous les vrais élus avaient été antérieurement moissonnés ; car tous avant pris part à cette bataille, avaient eu la Vérité avant de pouvoir y participer.

(18) Les Mérarites et les Guershonites-antitypes (Nombres 7 : 1-8) ayant reçu leurs six chariots symboliques, organisations, qui commencèrent à être donnés en 1916, le Tabernacle-antitype doit avoir été achevé et oint, auparavant, ce qui implique l'achèvement du travail de moissonnage.

(19) Puisque la dernière fois que “ Ce serviteur ” reprit le sujet de la justification vitalisée fut la période de 1915 jusqu'à sa mort, quelque temps auparavant l'opportunité pour l'engendrement de l'esprit, dont la fin acheva le moissonnage, et qui est précédé par la justification vitalisée, cessa, c-à-d. lorsque la porte symbolisant l'entrée dans la justification viabilisée fut fermée (Ez. 44 : 1, 2). Cela montre que le moissonnage, distinct du glanage, cessa quelque temps avant 1915.

(20) “ L'heure de moissonner ” (le moissonnage dans le sens le plus large du terme, lequel implique aussi le glanage Apoc. 14 : 15, Diaglott ; Matt. 24 : 36 ; 25 : 13) le 1/24 d'un jour de mille ans, c.-à-d. 41 ans et 8 mois, prouve que vers le 2 mai 1916, tout le moissonnage avait été fini.

(21) Gen. 15 : 7-21 prouve par les âges des animaux et des oiseaux que le moissonnage et le glanage furent achevés vers le 16 avril 1916.

 

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 Nous présenterons maintenant brièvement d'autres raisons bibliques prouvant que le moissonnage et le glanage sont passés.

(22.) Le jour de 2 Rois 2 : 3 — un jour de 40 ans, de 1878 à 1918 — ayant été accompli et ne s’achevant, comme prédit, que lorsqu'Elie et Elisée eurent été séparés, prouve que le moissonnage était passé quelque temps avant 1918 ; car tous devaient être moissonnés avant qu'Elie-antitype disparût temporairement de la scène, laissant son manteau à l'Elisée-antitype

(23) L'heure de la tentation — 41 ans et 8 mois (temps lunaire) — de la Pâque de 1878 au 6 décembre 1919, étant passée, est une preuve que le moissonnage, comprenant le glanage, était alors depuis quelque temps passé ; car tous devaient être moissonnés quelques années plus tôt pour subir les épreuves spéciales adéquates à cette période.

(24) La séparation très nette de la société humaine en deux classes les conservateurs et les radicaux (*)[Ceci fut écrit en février 1936 - Trad. ] prouve que les deux frappements du Jourdain avaient été terminés et que le moissonnage avait été antérieurement achevé.

(25) L'activité de Jéhu et d'Hazaël-antitypes prouve pareillement que nous sommes au-delà du temps où Elie-antitype  perdit son manteau, puisque Elisée-antitype en possession du manteau veilla à leur onction, et par conséquent, nous sommes depuis plusieurs années au-delà du temps du moissonnage

(26) La manifestation du méchant serviteur est survenue depuis de nombreuses années, et devait suivre l’œuvre achevée du serviteur fidèle et prudent (Matt. 25 : 45-47, 48-51) ; nous sommes par conséquent depuis longtemps au-delà du temps du moissonnage (Ez. 9 : 11). (27) Le fait qu'il y a plus de 17 ans (**) [Radicaux : Ce mot désigne ici, comme dans tous les articles de fr. Johnson, ceux qui sont opposés au présent ordre des choses et veulent le déraciner de fond en comble.] les adhérents de la Société dirent une seconde fois “ Alléluia ! ” (Apoc. 19 : 3), et furent rejoints en cela par d'autres groupes de la Grande Foule, prouve que depuis plus de 17 ans, nous sommes au-delà du temps du moissonnage

(28) Les trois groupes de Lévite-antitvpes, sous la figure des hommes de Nephtali, Aser et Manassé, étant entrés en guerre il y a 19 ans contre les Madianites-antitypes, prouvent que le moissonnage alors passé ; car le moissonnage était terminé avant que finît la première bataille de Gédéon-antitype, tandis que ces trois groupes entrèrent par la suite en guerre, la commençant en 1917.

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(29) La manifestation des Jeunes Dignes, les hommes antitypes d'Ephraïm, au commencement de 1917 (Juges 7 : 24 à 8 : 3.), est une autre preuve que le moissonnage était achevé il y a plus de 19 ans (*)[Voir note (**) précédente — Trad.]  ; car ils ne pouvaient être connus comme classe jusqu'à ce que le moissonnage et le glanage fussent passés.

(30) La manifestation des Lévites en huit groupes sous de mauvais conducteurs prouve l'achèvement du moissonnage ; car le Petit  Troupeau devait être complet avant que ceux-ci pussent être manifestés par leur révolutionnisme en opposition au Petit Troupeau.

(31) La seconde bataille de Gédéon-antitype maintenant engagée depuis 1920, le moissonnage, ayant été achevé  avant que Sa première bataille fût terminée, doit avoir été fini depuis au moins 20 ans.

(32) La section du bouc pour Azazel de l'Eglise nominale étant traitée maintenant depuis 16 ans, suivant le travail du Souverain Sacrificateur avec la section du bouc pour Azazel de la Vérité sous de mauvais conducteurs, il s'en suit, naturellement, que le moissonnage qui était fini avant que commençât le travail exclusif avec la section du bouc pour Azazel de la Vérité, doit être fini depuis plusieurs années.

 (33) Le dernier membre du Souverain Sacrificateur du monde ayant été engendré de l'esprit immédiatement après que le mérite lui eut été imputé (Lév. 16 : 16-19), et cela précédant la conduite envers le bouc pour Azazel, laquelle comme nous l'avons montré, commença, le 20 septembre 1914, le moissonnage dans le sens étroit du mot — non le glanage — était alors achevé.

(34) La dernière nouvelle créature qui devait perdre sa couronne l'ayant perdue avant que la dernière créature eut été engendrée de l'esprit, le travail du moissonnage dans le sens étroit de ce terme était terminé depuis quelques années.

(35) La réapparition d'Elie-antitype, survenant après sa disparition temporaire, ayant commencé depuis environ 16 ans, le moissonnage devait être terminé quelques années auparavant.

(36) Le témoignage de la Pyramide serait manifesté comme tel le 27 Juin 1917, et l'événement s'accomplissant à cette date, le moissonnage était terminé avant cette date.

(37) Le témoignage de la Pyramide que la réapparition d'Elie-antitype surviendrait le 18 juillet 1920, et cet événement s'accomplissant à cette date, il s’ensuit, naturellement, que le moissonnage avait été achevé quelques années auparavant.

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 QUARANTE ANNEES DE MOISSONNAGE, UN ENSEIGNEMENT BIBLIQUE.

 Avant de donner le reste des preuves sur ce point, nous désirons appeler l'attention sur le fait que tout le peuple de la Vérité croyait, antérieurement, et cela avec raison que le moissonnage commença en 1874, mais maintenant quelques-uns nient qu'il ait eu une durée de quarante ans, prétendant que notre pasteur, peu avant sa mort, abandonna l'idée que cette pensée était enseignée dans les parallèles. Autant qu'il est question des parallèles, on doit reconnaître que nous ne connaissons pas maintenant positivement l'événement exact de l'année 69 ap. J, C. qui clôtura le moissonnage de la moisson judaïque . Bien que nous ne puissions pas connaître avec certitude un tel événement, il fut signalé par les frères (Luc 21 : 21) fuyant de Judée et de Jérusalem en Oct. 69 ; car il y eut deux encerclements de Jérusalem, l'un de loin, par lequel les Romains prirent possession du territoire à environ 30 “ miles ” (50 kms) de Jérusalem en tous sens, à l'automne de 69, et qui, cependant, laissa assez d'ouverture pour que des chrétiens s'échappent vers Pella au-delà, du Jourdain, et l'autre, au printemps de 70, à une faible distance de la ville et si étroit qu'il empêcha toute fuite. Nous sommes en possession de nombreux faits prouvant que les parallèles de la moisson continuèrent à opérer jusque 66 et 69 ap. J. C. en ce qui concerne la véritable Eglise, et les dispensations parallèles jusque 73 ap. J. C. en ce qui a trait à l’église juive d'état.

 Toutefois, nous ne sommes pas limité aux parallèles pour prouver que la période du moissonnage qui précédait le glanage dura quarante ans ; car les Ecritures et la Pyramide nous donnent d'autres preuves, du point de vue d'une moisson de quarante ans, que le moissonnage distinct du glanage finit en 1914, toutes preuves qui sont en harmonie avec la pensée que le moissonnage est maintenant terminé. Nous les énumérerons avec des chiffres continuant ceux donnés plus haut. Nous continuons notre discussion des preuves avec la 38e raison :

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(38) Le jour de la parabole du denier, période de quarante ans, est prouvé par les faits comme étant la période du moissonnage de 1874 à 1914 ; par conséquent, le moissonnage distinct du glanage, lequel était fini le 16 avril 1916, se termina à de 1914

(39) Le voyage de quarante jours d'Elie vers la montagne de Dieu (1 Rois 19 : 5-8), après les seconds réveil et repas, typifie les quarante ans, du moissonnage, distinct du glanage, s'étendant jusqu'au temps où le dernier membre fut engendré, et ainsi Elie-antitype était considéré comme ayant pleinement et immuablement atteint la montagne-antitype de Dieu, le Royaume de Dieu, événement qui marque la fin du moissonnage à l'exclusion du glanage.

(40) Les quarante jours d'espionnage dans le pays, de Nomb. 13 : 1-25, représentent la période de 1874 à 1914, au cours de laquelle les conducteurs gardeurs-de-couronnes et les conducteurs perdeurs-de-couronne dans et hors de la Vérité, recherchaient leur héritage, et où ils furent empêchés de toute nouvelle investigation de nouvelles choses de la Parousie dès le début de la guerre. Le premier travail en ce qui les concerne comme groupes distincts, commença avec la confession des péchés sur le Bouc pour Azazel, 1914-1916. Cela prouve que le moissonnage, à l’exclusion du glanage, finit en 1914.

 (41) Les 40 jours d'Ezéchiel couché sur son côté pour Jérusalem (Ez. 4 : 6) symbolisent la vraie Eglise assiégeant le protestantisme pendant 40 ans, de même que les 390 jours pendant lesquels il fut couché sur son autre côté symbolisent la véritable Eglise assiégeant le romanisme pendant 390 ans. Ces 40 jours représentent le temps du moissonnage, pendant lequel, par un siège du protestantisme, la véritable Eglise obtint d'elle les frères et sœurs moissonnés (distincts des glanés) . Ce siège commença en opposant au protestantisme la vérité de la Moisson, “ La Manière du Retour de notre Seigneur ” laquelle fut claire à notre pasteur en sept. 1874, et il commença immédiatement à l'opposer au Second Avènement de notre Seigneur dans la chair, comme maniement de la faucille de Moisson, ce qui prouve que ce siège, moissonnage, finit en 1914.

 (42) Le point précédent implique la pensée que notre pasteur fut le premier grain de blé moissonné dans la Moisson évangélique, et ce, vers oct. 1874 prouvant ainsi que les 40 ans de moissonnage finirent en 1914.

(43) Goliath défiant Israël 40 jours (1 Sam 17 : 16) typifie la théorie de l'évolution pendant le temps de la toute entière se pavanant en défiant le peuple de  Dieu ; mais la Guerre comme vent symbolique (Apoc. 7 : 1) termina ses fanfaronnades sur le progrès de la civilisation moderne comme étant une preuve positive de sa véracité, ce que présenta notre pasteur avec son argument effectif final contre l'évolution. Par conséquent les 40 ans de moisson (moissonnage) finirent en 1914.

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(44) Le premier séjour de 40 jours de Moïse sur la montagne typifie les premiers 40 ans de la possession de l'autorité du royaume de Christ, autorité qu'il reçut juste avant Son Second avènement (Ps. 45 : 3-6). Moïse descendant à la fin des 40 jours typifie Christ débutant par la guerre de tranchées, comme commencement de la colère, à affaiblir la chrétienté pour son complet renversement. Mais le moissonnage  (distinct du glanage) devait se terminer avant que la colère eût commencé. Par conséquent avant le 21 sept. 1914, quand la guerre de tranchées commença, le moissonnage était passé.

(45) Le ministère de 40 ans de Jérémie (Jér. 1 : 2, 3 comparé avec les longueurs des règnes contemporains de Josias, de Jéhoïakim et de Sédécias, Vol. 2 p. 50 ; 1re éd. fse, p. 46 ; 2e d.  p. 36 ; 3e éd. p. 44 - édition 1953, p. 44 Trad.) comme le prouve le parallèle des 2520 ans (double), est en parallèle avec la période de 1874 à 1914 ; et son ministère à la fois comme type et comme parallèle, représente le ministère de moissonnage de l'Eglise de 1874 à 1914. Par conséquent les 40 ans de moissonnage finirent en 1914.

 (46) Les 40 jours du ministère de notre Seigneur avant Son ascension, rendant témoignage aux choses du Royaume (Act. 1 : 3) typifient les 40 ans du ministère de moissonnage de l'Eglise par le message du Royaume, lequel finit pour l'Eglise en 1914, parce qu'immédiatement après cette date, au lieu de donner le message du Royaume comme le message de moissonnage, les Fidèles laissant ce message à la Grande Foule et aux Jeunes Dignes pour leur travail de glanage, commencèrent à frapper le Jourdain, à confesser les péchés de la Chrétienté sur le Bouc pour Azazel, à exécuter le jugement écrit, c'est-à-dire prouvèrent la chrétienté coupable de nombreux péchés volontaires et prononcèrent sur elle la sentence de destruction, et livrèrent la première bataille de Gédéon-antitype. Par conséquent la fin des 40 jours du ministère de notre Seigneur avant Son ascension typifie l'Eglise finissant son ministère de moissonnage en 1914.

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(47) Jésus étant tenté 40 jours dans le désert, tandis qu'Il étudiait la Parole de Dieu, représente les 40 années de tentation de l'Eglise dans le désert-antitype  de 1874 à 1914, tandis qu'elle étudiait la Parole de Dieu, cette période correspondant avec le ministère de moissonnage de l'Eglise, pendant laquelle elle fut spécialement tentée.

(48) Les 40 jours de purification que la mère d'un fils devait subir (Lév. 12 : 2-4) représentent les 40 ans (de 1874 à 1914) pendant lesquels la Vérité développant le Petit Troupeau et les serviteurs qui l'appliquèrent au Petit Troupeau furent, purifiés. Cette purification commença en oct. 1874 en purifiant la première Vérité de la Moisson et le premier grain de blé de l'erreur du Second avènement de Christ en chair, en lui donnant la Vérité sur la manière du retour de notre Seigneur. Par conséquent cette considération prouve que le moissonnage commença en 1874 et finit en 1914.

 (49) L'annonce par Jonas de la punition sur les Ninivites typifie les porte-parole de l'église nominale prêchant qu'il n'y a aucune épreuve future mais le tourment éternel comme colère à venir à la fin de la Moisson (“ 40 jours ”). Dieu renversant cette prédication par le message de la Moisson d'une épreuve future — rétablissement — de 1874 a 1914 est typifié par Dieu rejetant le message de Jonas, ce qui prouve que le message de la moisson d'un rétablissement gagna des adhérents — des moissonnés — durant 40 ans à partir de 1874, ce qui prouve que les 40 ans de moissonnage furent de 1874 à 1914, et qu'à cette dernière date le moissonnage distinct du glanage, se termina.

 (50) Le Souverain Sacrificateur, immédiatement après avoir fait l'imputation pour le dernier engendré de l'esprit (Lév. 16 : 16-19), commençant à confesser les péchés sur le Bouc pour Azazel, laquelle confession débuta en l'automne de 1914, le moissonnage distinct du glanage, était fini quarante ans après son commencement.

(51) Le fait que l'hiver symbolique du Temps de Détresse, lequel commença en 1914 par englober une partie de la chrétienté et en 1916 à l'englober toute — signalait qu'alors seuls les perdeurs-de-couronne n'avaient pas encore été sauvés de l'erreur, prouve qu'antérieurement tous les fidèles avaient été délivrés de Babylone, comme l'atteste Jérémie (Jér. 8 : 20).

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(52) Le fait que le glanage fut fait par la Grande Foule (“ le pauvre ”, ainsi nommé parce que privé des richesses du haut-appel) et par les Jeunes Dignes (“ l'étranger ”, ainsi nommé parce que non de l'Israël spirituel) (Lév.19 : 9, 10), tandis que le Petit Troupeau exécutait le jugement écrit, frappait le Jourdain en son premier frappement, prenait part à la première bataille de Gédéon-antitype et confessait les péchés sur le Bouc pour Azazel de l'automne de 1914 à, celui de 1916, prouve que le moissonnage, distinct du glanage, dura quarante années, et que le glanage seul ne dura pas tout à fait deux ans.

53) L'heure de la tentation commençant le 18 avril 1878 et finissant le 6 déc. 1919, en comparaison avec l'heure du moissonnage prouve que le glanage était terminé au printemps de 1916 et cela est d'accord avec la pensée que le moissonnage, distinct du glanage, finît quarante ans après qu'il eut commencé.

 (54) La Pyramide, indiquant la date du 16 sept. 1914, comme le temps du dernier engendrement de l'esprit, corrobore la preuve scripturale que le moissonnage, distinct du glanage, dura quarante ans et finit vers oct. 1914.

(55) Le progrès constant des groupes lévitiques vers leurs 60 divisions prédites, desquelles plus de 50 existent maintenant (1936), commençant à l'automne de 1916, prouve que le Petit Troupeau avait été antérieurement moissonné.

(56) Le développement de la Vérité de l'Epiphanie commençant en 1916 prouve qu'antérieurement la Vérité de la Parousie avait été achevée et que par conséquent elle avait fait son travail de moissonner (faucher - Trad.) l'Eglise.

 VAINES TENTATIVES DE REPONSE

 Mais comment quelques-uns essaient-ils d'éluder le plus possible les arguments donnés plus haut ? En reniant les explications de notre pasteur sur lesquels ils sont basés et en offrant en leur place de “ nouvelles vues ”. Mais nous croyons que les 56 raisons données plus haut comme preuve que le moissonnage et le glanage finissent respectivement en 1914 et 1916 résisteront. Les sophismes et l'accumulation de paroles déclamatoires et des idées sans rapport et des “ nouvelles vues ” pour contredire celles de notre pasteur, comme c'est la coutume de quelques-uns, pourront être apportés contre elles ; mais elles ne résisteront pas, car leur folie sera bientôt reconnue (2 Tim. 3 : 9) ; car le Seigneur a promis à ses porte-parole des arguments irréfutables (Es. 54 : 17 ; Luc 21 : 15) contre tous leurs adversaires. Et comme dans la Parousie Il a accompli ces promesses promesses envers notre pasteur, ainsi pendant l’Epiphanie Il les accomplit gracieusement envers nous comme le prouve chaque controverse dans laquelle nous avons été engagé. Jannès et Jambrès-antitypes n'ont pas été capables et ne seront pas capables de résister très longtemps aux porte-parole de Moïse-antitype.

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 Pour justifier leur vue que le moissonnage commença en 1878 et finit en 1918, ils citent continuellement un article de notre pasteur, de la Tower du 1er sept. 1916, intitulé : “ La Moisson [moissonnage] n'est pas Terminée ”. Mais cet article ne donne ni la date de 1878 comme commencement du moissonnage, ni 1918 pour sa fin, ni ne s'attache à la longueur de 40 ans pour le moissonnage. En deux endroits de cet article notre pasteur mentionne 1918, mais il le fait pour démontrer, mettre en relief les parallèles de la vengeance en ce qui concerne l'Eglise Judaïque nominale et l'Eglise Chrétienne nominale, et nie avec raison que la dispensation parallèle affectait les vrais Israëls selon la chair et selon l'esprit dans les dernières 36 années 1/2 de leurs Moissons, et par conséquent il nie avec raison qu'elles indiquent la fin du moissonnage 40 ans après son début. Le point qu'il y discute n'est pas le moissonnage des saints, mais les châtiments des deux maisons nominales. Ces références se trouvent en Z'16, 264, col. 2, § § 2 et 6. Nulle part ailleurs dans cet article, il ne mentionne 1918, et quiconque veut mêler dans les parallèles un trait de vengeance avec un trait de grâce comme l'est le moissonnage est ou ignorant ou confus, ou malhonnête sur le sujet. Notre pasteur exposait expressément dans l'article qu'il ne savait pas quand finirait la Moisson évangélique, le moissonnage, — “ Nous ne connaissons ici aucune limite de temps ” . A la page 263, au §2 de l'article, il donne deux raisons montrant pourquoi il changea d'avis sur la fin de la Moisson en 1914. La première de ces raisons est que trop de nouvelles-créatures étaient en train d'entrer dans la Vérité pour constituer un glanage. Pour de très sages raisons, le Seigneur lui cacha la compréhension que la majorité de ces nouvelles - créatures constituait Lot-antitype s'échappant de Sodome-antitype en Amérique, avant que Sodome-antitype tombe en ruine dans ce pays, les glanés étant ainsi peu nombreux.

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 La seconde de ces raisons, donnée aussi dans ce paragraphe, est qu'il pensait que durant le frappement du Jourdain, lequel dit-il expressément dans le paragraphe suivant prendrait probablement au moins trois années des grains de blé seraient gagnés. Par conséquent, il impliquait que le moissonnage pouvait aller au moins jusqu'à l'automne de 1919, sinon plus longtemps. Mais dans le dernier paragraphe en question, il prévient les frères de se rappeler qu'il s'abstient de donner une date pour la fin du frappement du Jourdain qu'il s'attendait être un travail de moissonnage, disant qu'il ne connaissait aucun trait de temps pour l'Eglise au-delà de la date de son article, donnant comme preuve Elie et Elisée allant vers un lieu non défini. Par conséquent dans cet article, il ne fixe pas avril 1918, ni aucune autre date, comme fin du moissonnage. Avril 1918, comme fin du moissonnage, est une pure conjecture, contraire à son enseignement formel. Mais ces conjectures, disent les auteurs de la fin du moissonnage en 1918, nous devons les lire entre les lignes et conclure que notre pasteur entendait 1918 comme la fin du moissonnage. A cela nous répliquons que celui qui prétend lire entre les lignes une pensée qui contredit ce qui est écrit dans les lignes, ne lit pas entre les lignes, mais insère une pensée de son propre crû — évidemment contraire à ce qui est dans et entre les lignes. Quand notre pasteur dit : (Z'16, 264, col. 2, § 2) que les “ 3 ans et 1/2 du ministère de Jésus furent plus [nous mettons en italique] un temps de préparation des apôtres pour être des instruments de la moisson et une préparation pour aiguiser la faucille de la Vérité, pour le travail ultérieur qui commença à la Pentecôte ”, il dit certainement la vérité ; mais les termes mêmes qu'il emploie prouvent bien que si le travail avant la Pentecôte fut comme tel le principal, “ plus ”, il ne le fut pas exclusivement comme tel, mais qu'il fut sur une plus petite échelle un autre travail, c.-à-d. un travail de moissonnage, comme le prouvent les Ecritures et les faits qu'il donne.

 Fr. Russell dans l'article en discussion (Z'16, 264 § 5) établit expressément que 1874 fut le commencement du temps et de l’œuvre de la Moisson : “ depuis lors [1874] un nouveau cantique [le message de la Moisson] est dans la bouche du peuple du Seigneur [le travail de la Moisson], qu'il a appris de Sa bonté par le Divin Plan des Ages ” Ce passage montre que le peuple du Seigneur a toujours accompli le travail de la Moisson depuis 1874. Mais remarquez le sophisme qui est employé pour éluder ici et ailleurs dans l'article pertinent l'enseignement clair de notre pasteur savoir que le message de la Moisson commença à être proclamé depuis la fin des 1335 jours, 1874 ! C'est prétendre que 1874 fut la date pour le commencement du temps de la Moisson, mais que 1878 fut celle pour le commencement du travail de la Moisson. Le fait que toujours depuis 1874, un nouveau cantique a été dans la bouche du peuple du Seigneur, c.-à-d. que depuis 1874, il a prêché le message de la Moisson, prouve que toujours, depuis 1874 il a accompli le travail de la Moisson ; car quel fut le travail de la Moisson sinon de chanter le nouveau cantique (Apoc. 15 : 2-4), de prêcher le message de la Moisson ? Cette distinction appliquée ici, est du sophisme, contredisant la date donnée par notre pasteur, et ce qui avait été fait jusqu'en 1914 depuis cette date. Quand le temps vient pour Dieu de faire une chose, Il la fait promptement, comme dans ce cas cela est montré d'une manière formelle en Apoc. 14 : 15 : “ Lance ta faucille et fauche ; car le temps DE FAUCHER [le temps du moissonnage] est venu, car la Moisson de la terre est mûre ”. Si quelqu'un force l'exposé de notre pasteur sur la résurrection de Jésus “ avant que le moissonnage commence ” comme une preuve que le moissonnage commença à Pâques ou à, la Pentecôte, l'an 33 après J. C., et par conséquent que notre moissonnage commença en 1878, nous répliquons deux choses : (1) Puisque l'article en question nie toutes dispensations  parallèles entre le travail envers les vrais Israëlites dans la Moisson judaïque et les Israëlites spirituels dans la Moisson de l'Age  de l'Evangile, notre pasteur n'entendait pas que cette remarque devait être prise pour prouver que la Moisson évangélique commençait à Pâques, ou à la Pentecôte 1878. (2) Naturellement, le moissonnage, de l'Eglise ne pouvait pas avoir commencé avant la Pentecôte, car le terme même implique le rassemblement des nouvelles-créatures comme l'Eglise, de laquelle il n'y eut personne jusqu'à la Pentecôte. Mais le moissonnage des vrais Israëlites, commençant avec notre Seigneur, le premier grain de blé (Jean 12 : 24) et se poursuivant avec les apôtres, les 70 et d'autres jusqu'à ce qu'au moins 500 disciples fussent rassemblés (1 Cor. 15 : 6) continua d'oct. 29 à la Pentecôte, sans fonction de nouvelle-créature excepté dans le cas de notre Seigneur Jésus-Christ. Notre pasteur nia justement que les dispensations parallèles opéraient envers Israël réel selon la chair, après l'an 33 et envers Israël réel selon l'esprit après 1878. Bien cite ceux-là n'agirent pas alors, les parallèles de la Moisson opérèrent de 29 à 69 et de 1874 à 1914. L'omission de noter la différence entre ces deux genres de parallèles amena la confusion en ce qui concerne quelques pensées de notre pasteur dans l'article “ La Moisson n'est pas Terminée ” de la Tour de sept. 1916.

 441

L'article en discussion de frère Russell n'abandonne pas 1874 comme date du commencement du moissonnage. Il l'affirme comme étant cette date. Il ne nie pas non plus oct. 29 après J. C. comme date marquant le début du moissonnage de la Moisson judaïque. Ce que l'article nie c'est que la Moisson judaïque finit en 69 ap. J. C. et la Moisson de l'EvangiIe en 1914. Il déclare que dans chaque cas le moissonnage se continua d'une manière indéfinie au-delà de ces dates respectives. En d'autres termes, l'article rejette les 40 ans comme étant la durée du moissonnage. Dans ce désaveu, notre pasteur, alors un homme malade, affaibli et mourant, abandonna une vérité qu'en meilleure santé et par conséquent en meilleure force Intellectuelle, il prouva par les Ecritures et par des faits probants être vraie, comme le firent aussi les frères Edgar. Le fait que ce désaveu survint après 1914, au moment où la vérité développant le Petit Troupeau était complètement libre d'erreur se prouve être une erreur, puisque les deux vérités impliquées sont des vérités développant le Petit Troupeau. Par conséquent nous soutenons les présentations pertinentes que notre pasteur enseigna fidèlement pendant de nombreuses années avant et près de deux années après oct. 1914. Nous soumettons maintenant une série d'arguments qui prouvent que le moissonnage de la Moisson judaïque commença l'an 29 ap. J. C. se poursuivant au-delà de la Pentecôte.

LE MOISSONNAGE COMMENÇA EN L'AN 29   ET EN 1874 APRÈS J. C.

 (1) Jésus comme premier grain de blé fut moissonné à l'automne de l'an 29 ap. J. C. Pour vaincre la force de cet argument on nia que Jésus fût un grain de blé, en prétendant qu'un grain de blé devait être un membre déchu de notre race. Jésus diffère de cette prétention et de cette définition sur ce point, car Il s'appela Lui-même un grain de blé (Jean 12 : 24). Un grain de blé mûr est un caractère, qu'il soit parfait ou imparfait, disposé à la Vérité de la Moisson dans le temps du moissonnage. Tel fut Jésus, et Jéhovah Le moissonna en oct. 29 ap. J. C.

 442

(2) Les 12 et les 70 furent moissonnés un temps assez considérable avant d'être envoyés comme messagers de l'Evangile pour moissonner les autres — Matt. 4 : 18-22 ; 9 : 9 ; Jean 1 : 35-51 ; Matt. 9 : 37 à 10 : 7 ; Luc. 10 : 1-9.

 (3) Beaucoup d'autres Israélites furent moissonnés pendant le ministère de notre Seigneur, parmi lesquels plus de 500 demeurèrent fermes malgré le criblage sévère attaché à Ses dernières expériences terrestres. — Luc 6 : 13 ; 1 Cor. 15 : 6.

 (4) L'exposé de Jésus en Jean 4 : 34-38 fait environ sept mois après Son baptême, dit expressément que non seulement ils étaient dans le temps de la Moisson, mais que les disciples avaient déjà, fait du moissonnage “ Je vous ai envoyés moissonner ce à quoi vous n'avez pas travaillé ; d'autres ont travaillé, et vous, vous [avez (1)) Passé composé - Trad.] êtes entrés dans leur travail “ . Ce passage réfute aussi la vue que tandis qu'en l'an 29 ap. J. C. commença le temps de la Moisson, le travail de la Moisson, le moissonnage, ne commença pas avant la Pentecôte de l'an 33 ap. J. C.

 (5) D'autres passages formels montrent très longuement que Jésus et Ses disciples firent un travail de moissonnage entre l'an 29 et l'an 33 ap. J. C. (Matt. 9 :35-10 : 77 ;Luc 9 : 1-6 ; 10 : 1-9 ; Marc 3 : 13-19).

 (6) Jean-Baptiste employant la figure de l'Epoux, de l'Epouse et de l'Ami de l'Epoux, et montrant après que Jésus fut entré dans Son ministère, qu'il cherchait et gagnait quelques membres de l'Epouse de Jésus, fit un travail qui est appelé sous une autre figure un travail de moissonnage. Jean 3 : 29-30.

 (7) Avant la Pentecôte, lorsque commença la rentrée au grenier, dernière opération de la Moisson, les six précédentes, dont la première est le moissonnage, avaient été mises en oeuvre. Les cinq autres sont : la mise en gerbes (le rassemblement en classes), le séchage développement en grâce, en connaissance et en service), le battage (épreuve pour fortifier le caractère), le vannage (séparation d'avec les profanes), et le criblage (séparation d'avec les membres de la Seconde Mort et la Grande Foule). Des passages antérieurement cités prouvent que le travail du moissonnage, la première des sept opérations de la Moisson, fut fait au commencement du ministère de notre Seigneur ; et Luc. 22 : 31 montre que Pierre fut criblé ; tandis que les derniers récits de la carrière de notre Seigneur impliquent que tous les apôtres et beaucoup d'autres furent criblés avant la Pentecôte. Le criblage est la sixième opération de la Moisson ; par conséquent les opérations précédentes furent effectuées avant que notre Seigneur eût été trahi. Le fait que la dernière opération de la Moisson, la rentrée au grenier commença à s'effectuer à la Pentecôte (Z' 16, 264, col. 2 § 2), prouve que toutes les autres opérations eurent lieu avant la Pentecôte, et que la première de celles-ci, le moissonnage, doit avoir commencé un temps considérable avant la Pentecôte, précisément, comme nous l'avons prouvé, en l'an 29 ap. J. C.

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 Ayant déjà vu que le moissonnage, y compris le glanage, était fini au printemps de 1916, et ayant déjà donné des arguments qui prouvent en partie que le moissonnage commença en 1874, nous allons maintenant prouver par quelques autres considérations que le moissonnage commença en oct. 1874, comme notre cher pasteur l'enseigna jusqu'à la fin de sa vie ; car bien qu'en Z'16, 263-265 il enseigna que le moissonnage n'était pas encore passé et pourrait durer trois ans, il enseigna néanmoins dans cet article (p. 264, col. 1, dernier parag.) que le moissonnage commença en 1874.

 (1) Le moissonnage ayant été en activité pendant plus de 3 ans 1/2 avant la Pentecôte de l'an 33 ap. J. C., il s'ensuit des Moissons parallèles que le moissonnage fut en activité dès oct.. 1874 et non dès avr. 1878.

 (2) Les 1335 jours de Daniel (Dan. 12 : 12), comme nous le savons, finirent en oct.. 1874. A partir de ce moment la faucille de la Vérité, selon ce passage, bénit avec plus d'illumination le cœur réjoui des Fidèles, et elle les moissonna. Antérieurement, notre cher pasteur avait appris à, comprendre la rançon, le rétablissement et l'objet du retour de notre Seigneur. A la fin de septembre de cette année, il apprit à comprendre la manière du retour de notre Seigneur, et avec ces doctrines et d'autres comme faucille il commença immédiatement une campagne active sur ces sujets, parmi d'autres en mettant en circulation ces pensées en 1875 dans la première publication de la Moisson (*) [Entièrement traduite en français, dans “ La Bonne Nouvelle ”, de Janv.-Avril 1925. - Trad.] “ L'objet et la Manière du Retour de notre Seigneur ” (Z' 16, 171, col. 1, § § 1-3). Par conséquent les 1335 jours de Daniel et leurs faits accomplis prouvent que le moissonnage commença en oct. 1874.

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 (3) Le second réveil d'Elie et le second repas (1 Rois 19 : (5-8) prouvent pareillement que le moissonnage commença en 1874. Les premiers réveils et repas d'Elie-antitype commencèrent en 1829 ; son second assoupissement commença juste après le désappointement de 1844 ; et ses seconds réveil et repas commencèrent en 1874 (Matt. 25 : 1-6). La première partie du second repas se composa en partie des vérités mentionnées dans le paragraphe précédent. Les 40 jours de marche représentent les 40 ans de moissonnage (Z' 08, haut de la page 223), lesquels finirent en 1914, et furent suivis par une période de glanage de 19 mois. Les faits mentionnés dans le paragraphe précédent prouvent la date de 1874 comme commencement du travail de moissonnage du point de vue des seconds réveil et repas d'Elie-antitype.

 (4) Le cri de minuit (Matt. 25 : 6) comme premier travail de moissonnage concerté précédé de 2 ans 1/2 d'un travail de moissonnage individuel, et commençant en avril 1877, exactement au milieu de la nuit de 155 ans — 1799 à 1954 — prouve que le moissonnage commença avant avril 1877.

 (5) Les faits symbolisés dans le jour de la parabole du Denier enseignent la même pensée ; car ils montrent entre autres choses que Jésus établit notre pasteur pour travailler dans la vigne en oct. 1874.

 (6) Le récit du Moissonneur couronné et de Son oeuvre (Apoc. 14 : 14-16) prouve que le moissonnage commença en 1874. La couronne d'or représente comme symbole l'autorité divine comme roi. (Z' 11, 120, col. 1, § 3). Jésus reçut cette autorité juste avant son Second avènement (Ps. 45 : 3, 4). La faucille tranchante c'est la Vérité de la Parousie. La raison pour laquelle “ quelqu'un semblable au Fils de l'homme ” est demandé pour moissonner est “ parce que l'heure [les premiers 41 ans 2/3 des 1.000 ans] de moissonner(**)[To reap, faucher - Trad.] est venue ”. Dans les moissons de Dieu le temps du moissonnage implique l'opération du travail de moissonnage. Par conséquent, le temps du moissonnage et le travail du moissonnage sont contemporains. Cette heure, commençant avec le jour de 1000 ans, s'établit en oct. 1874 ; par conséquent, le moissonnage commença alors, car Dieu est ponctuel.. Quand le moment de faire une chose arrive, Il la fait et ne diffère pas. (Hab.. 2 : 3). Cela répond à la prétention que le temps de la Moisson, mais non le travail de la Moisson, commença en 1874. Le cri de l'ange — “ Lance ta faucille et moissonne ” — représente les prières du peuple du Seigneur pour qu'il envoie et fasse prospérer ce qui se prouva être des vérités de la Parousie, et cela commença avant les premières présentations de ces vérités. Le lancement de la faucille commença, comme nous l'avons montré plus haut, à l'automne de 1874 ; par conséquent le moissonnage commença en cette année. On doit donner ici un avertissement ; ne confondons pas la possession de la couronne, l'autorité divine comme Roi, avec l'exercice de cette autorité royale. Jésus possédait cette autorité avant Son Second avènement (Ps. 45 : 3, 4), et bien qu'en possession de cette autorité, il commença à moissonner en 1874, trois ans et demi avant de commencer d'exercer cette autorité royale, en rejetant Babylone et en réveillant les saints endormis, avril 1878. — Es. 52 : 7.

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(7) Les faits prouvent abondamment que le moissonnage se poursuivit d'oct. 1874 à avril 1878. Le processus du moissonnage implique deux choses (1) que la faucille de la Vérité de la Moisson soit maniée (2) qu'elle coupe les épis, c'est-à-dire les sépare du lieu où ils croissent. Les faits suivants prouvent que ces deux choses opérèrent à partir d'oct. 1874 : (a) pendant le temps en question les vérités suivantes de la Moisson furent proclamées dans les conversations, les conférences et les études bibliques : “ La Mortalité de l'Ame ” ; “ Le Salaire du Péché, c'est la Mort, non le Tourment Eternel ” ; “ La Rançon ” ; “ Le Rétablissement ” ; “ Le Temps, la Manière et l'Objet du Retour de notre Seigneur ” ; “ l'Election de l'Eglise ” ; “ le Règne millénaire de Christ ” ; “ l'Epreuve Future ” ; la Permanence de la Terre ” ; etc., etc... (b) Outre la proclamation orale de ces vérités pendant ces années, les publications suivantes de ce temps apportèrent à beaucoup ces mêmes vérités par la page imprimée : Les brochures, “ l'Objet et la Manière du Retour de notre Seigneur”, par notre pasteur, publiée et mise en circulation en 1875 ; et “ Les Trois Mondes ”, par M. Barbour, mise en circulation à partir d'avril 1877, et le périodique mensuel “ Héraut du Matin ”, édité par les frères Barbour, Russell et Paton, enseignant entre autres choses dans le numéro de janvier 1876 que le Second Avènement du Seigneur avait très probablement eu lieu vers oct.. 1874. (c) Comme résultat de cette propagande des centaines de frères furent gagnés par ces vérités et se séparèrent de Babylone. Ainsi des grains de blé furent séparés des tiges sur lesquelles ils croissaient par la faucille de la Vérité, c'est-à-dire le moissonnage fut en action à, partir de 1874. (d) De plus, le fait qu'il y eut un certain nombre d'ecclésias du peuple de la Vérité qui se formèrent pendant ces années prouve que la seconde opération de l’œuvre de la Moisson était en action, C'est-à-dire la mise en gerbe. Il y eut une ecclésia à Allegheny, Pie., une autre à Rochester, N.-Y., et une troisième à Almont, Mich., une quatrième à Danville, N.-Y., et ailleurs il y eut de petits groupes de frères et sœurs. (e) Le fait qu'il y eut un criblage d'individus mécontents commençant à la Pâque 1875 (correspondant à Christ purifiant le temple la première fois, Jean 2 : 13-17), parmi les frères désappointés qui espéraient voir Christ apparaître dans la chair en 1874, prouve la même chose. Un criblage implique un moissonnage préalable. (f) De plus, le fait que, comme sixième opération de la Moisson, le premier criblage général de la Moisson Evangélique commença à la Pâque de 1878, parallèle du criblage en rapport avec la mort de notre Seigneur, prouve qu'avant la Pentecôte de 1878 six des opérations de la Moisson avaient été en activité et que, par conséquent, la, Moisson Evangélique commença un temps assez considérable avant 1878. Ainsi les faits prouvent que le moissonnage commença en 1874. (g) Ces faits sont corroborés par la Pyramide ; par ex. la mesure de la ligne du sol de la Grande Galerie dans la Grande Pyramide, se terminant avec 1914, symbolisant la fin de l'engendrement de l'Esprit, c'est-à-dire des invitations au Haut Appel, prouve que les 40 années du travail de la Moisson commencèrent en 1874. Ces arguments sont suffisants pour prouver que les faits montrent que le moissonnage a commencé en 1874.

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NOTE III - POUR LES PAGES 128-134

 Dans la discussion précédente nous faisions allusion à, différentes reprises aux moissons parallèles et aux dispensations parallèles comme séparées et distinctes. Dans notre troisième note, nous donnerons quelques détails à ce sujet qui se prouveront utiles en clarifiant quelques ambiguïtés qui s'élèvent par la lecture dans l'article sur “ La Moisson n'est pas Terminée ” (Z'16, 263-265), et dans la préface du Volume III, de choses qui n'y sont ni déclarées, ni impliquées. Le pasteur Russell avait raison de situer la mort de notre Seigneur en l'an 33 de notre ère comme étant le commencement de la seconde des dispensations parallèles, de même que la mort de Jacob, exactement 1845 ans auparavant, fut le commencement de la première des dispensations parallèles. Par conséquent, le premier membre des dispensations parallèles fut seul en opération jusqu'à la mort de notre Seigneur, 10-14 Nisan, 33 ap. J. C. avant de commencer comme tel à chevaucher pendant 40 ans l'Age de l'Evangile ; et le second membre de ce parallèle fut seul en opération jusqu'au 10-14 Nisan 1878, avant de commencer à chevaucher comme tel pendant 40 ans l'Age Millénaire. Bien qu'Israël ait été éprouvé pendant 3 ans 1/2, d'octobre 29 ap. J. C. jusque avril 33 ap. J. C. (période de faveur), la colère ne s'abattit pas sur lui avant le 10 Nisan, 33 ap. J.C., lorsque la faveur fut retirée d'Israël comme maison nominale, quoique pendant 3 ans 1/2 encore, cette faveur ait été réservée aux Israélites individuellement. Ainsi la faveur fut-elle accordée à la maison nominale chrétienne jusque avril 1878, bien que d'oct. 1874 à avril 1878 (3 ans 1/2) cette dernière eût été mise à l'épreuve, mais comme une sorte de faveur, quoique pendant 3 ans 1/2 cette faveur ait été réservée aux membres individuels de l'Eglise. Les parties des dispensations parallèles concernant la colère vont donc du 10-14 Nisan, 33 ap. J. C. au 10-14 Nisan, 73 ap. J. C.; et du 10-14 Nisan 1878 au 10-14 Nisan 1918. Par conséquent, comme le montre exactement notre pasteur dans les citations précédentes, nous ne devons pas considérer comme parallèles la maison d'Israël allant vers la destruction de 33 à, 73 ap. J.C. et les faveurs montrées à la vraie Eglise chrétienne à partir de 1878. En fait on ne doit jamais mettre en parallèle des actes de colère et des actes de faveur, parce qu'ils ne sont pas des actes parallèles ; en effet, la colère est mise en parallèle avec la colère, et la faveur l'est avec la faveur. Par conséquent, la période de colère de la maison nominale judaïque de 33 à 73 ap. J. C., doit être mise en parallèle avec la période de colère de la maison chrétienne nominale, de 1878 à 1918. Ainsi, dans la mesure où il est question des parallèles des dispensations  jusqu'en 33 ap. J. C. des actes constructifs de grâce, des actes correctifs de grâce et des actes de colère doivent être mis en parallèles respectivement avec des actes constructifs de grâce, des actes correctifs de grâce et des actes de colère, 1845 ans plus tard, jusqu'en 1878. Ces périodes, alors, sont les parallèles des dispensations sans leurs périodes de colère exclusives de 40 ans qui les suivent. Si les parallèles des dispensations sont ainsi envisagés et limités, nous avons correctement la vue de notre pasteur sur ces parallèles. Jamais notre pasteur ne rejeta ces parallèles ni leurs périodes de colère.

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 Mais en plus des parallèles des dispensations nous avons beaucoup d'autres parallèles dans la Bible, par exemple, les parallèles de 2520 ans, et d'autres également comme les montrent les cartes d'Edgar sur la chronologie de la Bible béréenne, p. 12. A ces nombreux autres parallèles appartiennent également ceux de la Moisson, de 29 à 69 ap. J. C. et de 1874 à 1914 respectivement. St-Paul indique en 1 Cor. 10 : 1-14 que ces temps de moissonnage sont parallèles. Dans ce passage il fait allusion à des actes de grâce constructifs et correctifs ou, purifiants, et à des actes de colère comme étant des parallèles pendant toutes leurs 40 années respectives, “ les Fins des Ages ”. Les actes constructifs de grâce pour les deux Moissons sont décrits dans les versets 1-4, et les actes correctifs et purifiants de grâce et certains actes de colère sont indiqués dans les versets 5-10. Le v. 6 nous montre que les deux séries d'actes sont typifiées dans les types de l'Eglise et le v. 11 les applique comme les types de l'Eglise dans les fins des Ages — les deux Moissons, les moissonnages. Les actes constructifs de grâce, en particulier s'appliquent aux privilèges, opportunités et expériences relatifs aux cinq appels de la Moisson et à certains égards aux cinq criblages de la Moisson. Les faits tels que les rapportent les Evangiles et le livre des Actes montrent que ces deux séries d'actes sont dans leurs cinq divisions à 1845 ans d'intervalle, ce qui prouve que les parallèles de Moisson ainsi que ceux des dispensations sont à 1845 ans d'intervalle.

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 Les tables suivantes montrent ceci pour les deux séries d'actes :

LES APPELS  DE LA MOISSON  JUDAÏQUE

LES APPELS  DE LA MOISSON EVANGELIQUE

 

Jésus, les Apôtres, etc, à la première invitation, appellent des Israélites seuls, d'oct. 29 ap. J. C. à juin 36 ap. J. C

. Jésus, fr. Russell, etc., à la première invitation, appellent des membres de l'Eglise exclusivement d'oct. 1874 à  juin.1881.

Jésus, les Apôtres, etc,, au second appel invitent des  Juifs et des Gentils d'oct. 36 ap. J. C. à oct. 39 ap. J. C.,  commençant par Corneille.

Jésus, fr. Russell, etc., au second appel, invitent des personnes, dans et hors de l'église nominale, d'oct. 1881 à oct. 1884.

Jésus, les Apôtres, etc., spécialement par les premiers  et second voyages missionnaires de Paul d'oct. 46 à oct.  49 ap. J. C., invitent par le troisième appel, des Juifs et des  Gentils [L'histoire profane montre qu'Hérode Agrippa  mourut en 44 (Act. 12 : 23). La fin du premier voyage  missionnaire de Paul eut lieu moins de 14 ans après sa  conversion, laquelle eut lieu à l'automne de 34 ap. J. C.   (Gal. 2 : 1-10 ; Act. 15 : 1-4) ; donc le concile de Jérusalem  fut tenu en oct. 48 ap. J. C. - Act. 15 : 40 à 18 : 22.]

Jésus, fr. Russell, etc., lancent le quatrième appel,  d'oct. 1901 à oct. 1904

 

Jésus, les Apôtres, etc., spécialement par le troisième  voyage missionnaire de Paul, lancent le quatrième appel  d'oct. 56 à oct. 59 ap. J. C. (Act. 20 : 1 à 27 : 1 comparé  avec 28 : 11, 12. [l'histoire romaine (Ramsey's Pauline  Studies, — les Etudes Pauliniennes de Ramsey : Trad. —  352-360) montre que de juin 57 juin 59 ap. J. C. s'étendent  les deux dernières années de Félix dans sa charge de  procurateur - Act. 24 : 27.]

Jésus, fr. Russell, etc., lancent le troisième appel d'oct.  1891 à oct. 1894.

Jésus, les Apôtres, etc., lancent le cinquième appel  moins d'un an après la libération de Paul de fév. 63 à juin 66  ap . J. C.

Jésus, fr. Russell, etc., lancent le cinquième appel, de  fév. 1908 à juin 1911.

 

 

 Les dates pour le cinquième appel de la Moisson judaïque sont plus ou moins hypothétiques, mais les quatre premiers appels ayant eu lieu 1845 ans avant leurs correspondants de la Moisson évangélique, nous avons l'assurance que le cinquième eut lieu 1845 ans avant son parallèle de la Moisson évangélique. C'est une question de foi.

LES CRIBLAGES DE LA MOISSON  JUDAÏQUE

LES CRIBLAGES  DE LA MOISSON  EVANGELIQUE

Le premier criblage commença les 9-14 Nisan 33 ap. J. C. (Jean 12 : 1-8 Matt. 26 : 6-16 ; Luc 22 : 31) et continua jusque juin 36 ap. J. C., dans une négation de la Rançon par Judas, le haut-clergé juif, etc.

La conduite de Mr Barbour, 9-14 Nisan 1878, introduisit le criblage de la négation de la Rançon, lequel continua jusque juin 1881.

 

Le second criblage — l'infidélisme — commença en oct.  36 ap. J. C. (Act. 9 : 23-26 ; comparer vs. 20 à 22 avec Gal.  1 : 17, 18 et aussi Act. 11 : 2) et finit en oct. 39 ap. J. C.

Le second criblage — l'infidélisme — commença en oct. 1881 et finit en oct. 1884.

 

Le troisième criblage — l'unionisme — (amalgame de la chrétienté avec la loi juive — Act. 15: 1 ; Gal. 3 : 1-13, 4 : 8 à 5 :12) dura d'environ oct. 46 à oct. 49 ap. J. C.

Le troisième criblage — l'unionisme — eut lieu d'oct.  1891 à oct. 1894.

 

Le quatrième criblage — le réformisme — eut lieu d'environ oct. 56 à oct. 59 ap. J. C. Paul y fait allusion dans son discours aux anciens d'Ephèse (Act. 20 : 17 : 38). Ce criblage se concentra dans ses expériences en Judée - Act. 21 : 15 à 27 : 1.

Le quatrième criblage, — le réformisme — eut lieu d'oct. 1901 à oct. 1904, se concentrant dans une certaine instance en divorce, capturant (restreignant) symboliquement “ce serviteur ”.

 

Le cinquième criblage — la contradiction — eut lieu de fév. 63 à juin 66 ap. J. C. sa principale production de Vérité étant l'épître aux Hébreux, sur les Alliances, l'Offrande pour le péché et le Médiateur, écrite en 64 (Héb. 13 : 23, 24) après la libération de Paul de l'emprisonnement à Rome au printemps ou à l'été de l'an 62 - Act. 28 : 11, 30.

Le cinquième criblage — la contradiction — eut lieu de fév. 1908 à juin 1911 sur le Médiateur, les Alliances et l'Offrande pour le péché, après l'insuccès de l'appel de fr.  Russell contre le verdict du tribunal, acte qui réellement le libéra de la contrainte pertinente.

 

451

  Nous avons déclaré plus haut que les dates concernant le cinquième appel de la Moisson judaïque étaient en partie  hypothétiques et la même remarque s'applique avec moins de force au cinquième criblage. Le livre des Actes ne donne aucun renseignement sur les cinquièmes appel et criblage, parce que, suivant le parallèle de la Moisson évangélique, ces derniers ne devaient commencer que huit mois environ après la période des Actes. Mais Hébr. 13 : 23, 24 prouve que Paul avait été libéré de sa première captivité à Rome avant qu'il écrivit cette épître ; autrement, étant donné qu'il écrivit d'Italie où il demeura quelque temps après sa libération il n'aurait pu avoir promis aux frères de Palestine une visite après que Timothée serait venu à lui. Ainsi, cette épître qui fut la principale production de Vérité dans le criblage de contradiction dans la Moisson judaïque, n'aurait pu avoir été écrite avant l'été de 62. La date qui lui est souvent assignée est 64 ap. J. C. et se trouve juste à, 1845 ans avant les principales productions de Vérité dans le criblage de contradiction de la Moisson évangélique. Ce sont ces faits qui nous font déclarer que les dates des cinquièmes appel et criblage de la Moisson judaïque sont en partie hypothétiques, la date de l'appel plus encore que celle du criblage.

452

 On notera que dans le premier tableau ci-dessus, sous le troisième appel, nous avons déclaré que Paul fut converti en 34 ap. J. C. Nous basons cela sur le fait que fr. Russell fut fait “ ce serviteur ” chargé du dépôt, et de cette manière fut fait la personne ayant la charge de quelques-unes de ses plus grandes vérités, par ex. sur Lév. 16, en 1879. Appliquant ce raisonnement au passé, nous disons que Paul étant fait Apôtre fut l'un des Douze et à partir de ce moment, chargé des parties les plus grandes et les plus importantes de la Vérité. Ceci met fr. Russell en 1879, comme l'Eléazar de l'Age de l'Evangile, dans la même position relative à l'égard du dépôt que les Douze, l'Eléazar de la Moisson judaïque, l'assumèrent en 34 ap. J. C. quand l'étendue de leurs pouvoirs comme Eléazar-antitype fut augmentée par l'accession de Paul à leur nombre ; et il est à noter en effet qu'avant que fr. Russell en 1879 devînt “ ce serviteur ” Il avait seul la charge exécutive de l’œuvre, c'est-à-dire à partir de la Pentecôte 1878 quand fut achevée la rupture avec Mr. Barbour, bien qu'il eût collaboré dans la charge exécutive avant la Pentecôte 1878 — oct.1876 et plus tôt encore. Les pouvoirs parallèles qui échurent à fr. Russell en 1879 et qui échurent aux Apôtres quand Paul augmenta leur nombre, nous font conclure des parallèles des Moissons que Paul fut converti en 34 ap. J. C. Nous espérons un jour, D. v. , donner en détails les parallèles entre les Douze et notre pasteur, les Eléazars parallèles-antitypes, tels que les révèlent les Moissons parallèles, dans les oeuvres apostoliques racontées dans les Actes et dans l’œuvre de fr. Russell dans la Parousie.

 Notre pasteur n'abandonna jamais les parallèles de la Moisson d'oct. 29 à avril 33 ap. J. C. et d'oct. 1874 à avril 1878. Ce qu'il fit dans l'article, “ La Moisson n'est pas Terminée ”,fut de passer sous silence le reste des parallèles des Moissons comme touchant la véritable Eglise d'avril 33 ap. J. C. à oct. 69 ap. J. C. et d'avril 1878 à oct. 1914 (car il ne les renia jamais quoiqu'il rejeta certaines de leurs perversions), mais il abandonna la Moisson (le moissonnage) comme durant 40 ans. Les faits ci-dessus des tableaux prouvent que les parallèles des moissons continuèrent après 33 ap. J. C. et 1878. En B 235 (Vol. II 1e éd. 242, 243, 2e éd. 174 ; 3e 250 ; édit. 1953, p. 252 (Trad.), notre pasteur mit en parallèles l'appel adressé à Corneille, etc., avec les appels spéciaux lancés en 1881 à certains dans le champ, c.-à-d. hors de l'église nominale, de même que Corneille était en dehors de l'église judaïque. Certainement ces faits viennent sous les parallèles des Moissons, et non sous ceux des dispensations. Les faits suivants prouvent que tandis que la dispensation judaïque chevaucha l'Age de l'Evangile de 33 à 73 ap. J. C., l'Age de l'Evangile chevaucha en arrière l'Age judaïque d'avril 33 à oct. 29 ap. J. C. couvrant l'engendrement spirituel de Christ, Son développement spirituel et Sa naissance spirituelle. Ceux-ci ne peuvent appartenir à l'Age judaïque qui était un Age charnel sous la Loi, sous laquelle notre Seigneur ne se trouvait pas comme nouvelle créature. Comme nouvelle-créature Jésus appartient à l'Age de l'Evangile. Si la faveur du, royaume offerte entre oct. 29 et avril 33 ap . J. C.  appartenait sans nul doute aux parallèles des dispensations et également aux parallèles des Moissons, l'acceptation de cette faveur, qui constituait le moissonnage (ou fauchage - Trad.) de quelqu'un, n'appartient pas aux parallèles des dispensations mais à ceux des Moissons. Ceci est très évident du, fait que non seulement Jésus fut à l'épreuve pour la vie comme nouvelle-créature dans ces 3 ans 1/2, mais les 12 et les 70 (Jean 17 : 20 Luc ; 10 : 20) en possédant la pré-onction (Matt. 10 :1 ; Marc 3 : 14, 15 ; Luc 10 : 1, 6, 17, 19) furent mis à l'épreuve pour la vie, quoique non encore comme nouvelles - créatures comme le cas est évident pour Judas, l'un de ces 82, qui alla à la seconde mort sans engendrement spirituel. Tandis que le reste de plus de 500 grains de blé moissonnés avant la Pentecôte (1 Cor. 15 : 6), n'ayant pas la pré-onction ne furent pas à l'épreuve pour la vie, eux, comme grains de blé en vertu de leur fauchage, appartenaient à, l'âge de l'Evangile dans les parallèles des Moissons car les deux séries de parallèles sont séparées et distinctes. Naturellement, les dispensations parallèles ne peuvent pas nous donner les expériences de la vraie Eglise de la Moisson judaïque en parallèles avec celles de la vraie Eglise de l'Age de l'Evangile, car ceci jetterait une confusion sur les parallèles des Moissons et des dispensations. Mais les parallèles des Moissons nous donnent bien comme parallèles les expériences de la vraie Eglise dans la Moisson judaïque et celles de la Moisson évangélique.

135

 QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE VI

L'ŒUVRE DE LA MOISSON

 

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 Caractère de l’œuvre de la moisson. — Rassemblement du froment. Rassemblement de l'ivraie. Sa mise en gerbes pour la brûler. — Provenance de l'ivraie, sa croissance prolifique. — Elle fut brûlée comme la paille lors de la moisson judaïque. — Parallélisme chronologique des deux moissons. — Le rejet, la chute graduelle et la destruction finale de Babylone. — Les serviteurs de Dieu marqués du sceau avant que les plaies descendent sur Babylone. — Le jugement ou épreuve frappe les individus et les systèmes ou organisations. — L'épreuve du système judaïque fut un type. — L'épreuve et le criblage du froment. — Séparation des Vierges sages d'avec les Vierges folles. L'entrée au festin. — “ Et la porte fut fermée ”. — Second examen et rejet de certains. — Pourquoi et comment ?. — Fin du Haut-Appel. — Le temps est court. — “ Que personne ne prenne ta couronne ”. — Les serviteurs et vainqueurs de la onzième heure.

 

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 Le terme “ moisson ” donne une idée générale du genre d’œuvre dont on devait attendre l'accomplissement entre 1874 et 1914. C'est une période pendant laquelle on récolte plutôt qu'on ne sème, un temps d’épreuve, d'estimation, de fixation et de rétribution. La moisson de l'Age judaïque étant un type de celle de cet Age, en observant et en comparant les diverses phases de la moisson judaïque, nous aurons des idées plus claires sur l’œuvre qui doit être accomplie pendant la moisson actuelle. Dans la première, notre Seigneur donna des instructions spéciales pour rassembler le froment, c'est-à-dire ceux qui en étaient déjà, puis séparer la balle de la nation juive d'avec le froment. Les doctrines du Maître devinrent aussi les semences de la nouvelle dispensation, qui commença (peu de temps après le rejet d'Israël) à la Pentecôte.

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 Lorsque, pendant son ministère, le Seigneur envoya ses disciples auprès de la nation-église juive, il leur adressa les paroles suivantes que nous devons retenir avec soin car elles fournissent la preuve que le travail spécial des disciples était alors de moissonner et non de semer : “ Levez vos yeux et regardez les campagnes, elles sont déjà blanches pour la moisson : celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle ” (Jean 4 : 35, 36). Lui-même était le Chef-moissonneur de cette moisson-là (comme il l'est aussi dans la moisson actuelle) ; il dit à ceux qui moissonnaient sous ses ordres : “ Moi, je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé ; d’autres [ les patriarches, les prophètes et d'autres saints hommes d'autrefois ] ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail ”, pour moissonner les fruits de ces siècles de labeur et pour éprouver ce peuple par le message: “ Le Royaume des Cieux est proche ”, et le Roi est présent : “ Voici, ton Roi vient à toi ”. Matth. 10 : 7 ; Jean 12 : 15 ; Zach. 9 : 9.

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 Pendant la moisson judaïque, le Seigneur ne chercha pas à transformer les boucs en brebis, il chercha les brebis perdues et aveuglées d’Israël, et appela toutes celles qui étaient déjà ses brebis afin qu'elles pussent entendre sa voix et le suivre. En observant le type, nous y trouvons des indications sur le caractère de l’œuvre qui doit s'accomplir pendant le temps actuel de la moisson ou moissonnage (“ reaping ” fauchage. Trad.). D'autres semailles beaucoup plus grandes auront bientôt lieu dans les conditions bien meilleures de l'Age millénaire et du Royaume. Nous pourrions même dire que les semences de la vérité relatives au Rétablissement, etc., semences destinées à produire la récolte millénaire, sont déjà déposées çà-et-là dans les cœurs avides de vérité. Mais ce dernier travail est seulement accidentel maintenant, car à l'image du type judaïque, la moisson actuelle est un temps pour moissonner la prétendue église (de celle qui s'intitule la Chrétienté), afin que les vrais saints, recueillis du milieu d'elle, soient exaltés et associés avec leur Seigneur, non seulement pour prêcher la vérité, mais aussi pour commencer l’œuvre considérable du rétablissement pour le monde.

 Pendant cette moisson, le froment et l'ivraie doivent être séparés, mais avant la séparation, ces deux classes forment l'Eglise nominale. Le froment est formé des véritables enfants du Royaume, des véritables consacrés, des héritiers, tandis que l'ivraie est formée par l'Eglise nominale qui n'est pas véritablement l'Eglise, de Christ ou future Epouse. L'ivraie renferme la classe de chrétiens dont parle Jésus dans Luc 6 : 46 ; ceux-ci disent “ Seigneur, Seigneur ”, mais ils ne lui obéissent pas. Extérieurement, les deux classes se ressemblent quelque peu et il faut les observer de près pour les distinguer. Le “ monde chrétien ” ou “ chrétienté ”, comme on l'appelle parfois, forme ce que la parabole désigne par l'expression “ le champ, c'est le monde ” ; c'est, en un mot, le froment et l'ivraie réunis (l'ivraie étant beaucoup plus nombreuse). L'ivraie est formée par des personnes fréquentant plus ou moins régulièrement les services religieux ; elles s'appellent des chrétiens, elles pratiquent certains rites et cérémonies ; elles font partie plus ou moins directement de quelque système religieux ; cette ivraie ressemble à des enfants consacrés de Dieu qui passent parfois pour être tels. Dans les prétendus “ pays chrétiens ”, tous sont considérés comme des chrétiens à l'exception des Juifs et des incrédules. Le nombre total de ces chrétiens (y compris les quelques véritables consacrés, les saints) se monte approximativement à 180 millions de catholiques romains et grecs et 120 millions de protestants.

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Notre Seigneur avait indiqué que, pendant l'Age de l'Evangile, il ne fallait pas essayer de séparer les véritables enfants du Royaume d'avec ce qui n'était que de l’imitation ; car une séparation complète provoquerait un bouleversement général du monde (le “ champ ”), ainsi que le désarroi, aussi bien dans le froment que dans l'ivraie. Il avait donc dit : “ Laissez-les  croître ensemble jusqu'à la moisson ”. Mais il avait ajouté : ” Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs [ anges messagers ] Cueillez d'abord l'ivraie et mettez-la en bottes pour la brûler, mais assemblez le froment dans mon grenier ” (Matth. 13 : 30). Par suite, au temps de la moisson, nous devons nous attendre à une oeuvre générale de séparation, oeuvre  qui avait été interdite auparavant. Les personnes symbolisées par le froment sont encouragées à demeurer fermes dans la liberté par laquelle Christ les a affranchies ; elles doivent éviter de s'associer d'une manière quelconque avec les transgresseurs délibérés ou avec les loups en habits de brebis ; cependant, elles n'ont pas à tracer elles-mêmes la ligne de démarcation entre les véritables consacrés (le froment, les saints) et l'ivraie qui, à un certain degré, se réclame du nom et des doctrines de Christ, permet dans une certaine mesure à ces doctrines d'influencer sa conduite extérieure, mais dont les aspirations du cœur sont éloignées du Seigneur et de son service. Juger les cœurs et les mobiles du cœur est une oeuvre qui ne nous appartient pas et que le Seigneur nous a recommandé de laisser entièrement de côté ; c'est pourtant cela même que les sectes se sont continuellement efforcées de faire essayant de séparer, de déceler le froment et d'éliminer comme ivraie ou hérétiques par de rigoureux credo de fabrication humaine, tous ceux se réclamant du christianisme et dont la foi ne cadrait pas exactement avec leurs diverses et fausses unités de mesure. Cependant, quelle faillite fut celle de toutes ces sectes ! Elles ont instauré des règles et des doctrines fausses et antiscripturales qui ont développé, en réalité beaucoup d'ivraie et étouffé et isolé le froment, entre autres la doctrine du tourment éternel pour tous ceux qui ne sont pas membres de l'Eglise. Bien que grandement modifiée aujourd'hui, à la lumière croissante de nos jours, quelle multitude d'ivraie cette doctrine, n'a-t-elle pas produite, et combien elle a étouffé, aveuglé et empêché le froment d'obtenir une connaissance convenable du caractère et du plan de Dieu ? Aujourd'hui, nous voyons quelle erreur commirent les différentes sectes en ne suivant pas le conseil du Seigneur de laisser croître ensemble le froment et l'ivraie, les saints et ceux qui prétendaient l'être, sans essayer de faire une séparation. Dans toutes les sectes, des cœurs honnêtes admettront que leur confrérie renferme beaucoup d'ivraie, de chrétiens de nom qui ne sont pas des saints et qu'en dehors de leur secte il y a beaucoup de saints. C'est ainsi qu'aujourd'hui, aucune secte ne peut prétendre ou ne prétend que tous ses membres sont du froment et qu'elle ne renferme point d'ivraie. Aucune organisation terrestre (à l'exception des Mormons et des Christadelphiens) n'oserait encore moins prétendre qu'elle renferme tout le froment. Dès lors, pourquoi donc toutes ces organisations, toutes ces barrières théologiques ? Aucune excuse n'existe de les établir. Elles n'arrivent pas à séparer le bon grain d'avec l'ivraie, et rien ne peut accomplir complètement et entièrement cette séparation des cœurs, si ce n'est par le moyen que le Seigneur a choisi pour être employé au temps de la moisson. Ceci nous montre qu'il est nécessaire de savoir quand le temps est proche, et quand doit commencer le moment propre à l’œuvre de séparation de la moisson. Jésus, fidèle à sa promesse, ne nous a pas laissés dans les ténèbres, mais il nous donne la connaissance propre au temps actuel, à tous ceux, du moins, dont le cœur est prêt à la recevoir : Vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres [ ni endormis] pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ”. — 1 Thess. 5 : 4.

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La vérité du temps convenable actuel est la faucille de cette moisson ; elle est analogue à celle qui fut employée dans la moisson judaïque. Les moissonneurs, les anges(*)(*) [ Le mot “ ange ” signifie messager.] ou messagers, sont aujourd'hui les disciples du Seigneur au temps de la moisson judaïque, les moissonneurs étaient une classe exactement identique. Tout au long de l'Age de l'Evangile, il fut dit à d'autres de ne pas essayer de séparer le froment d'avec l'ivraie ; maintenant, ceux qui sont prêts, obéissants et dignes, reçoivent du Seigneur la connaissance de Son plan et de Son arrangement d'une manière si claire qu'ils reconnaissent sa voix qui dit au temps de la moisson : “ Lancez la faucille ” de la vérité présente et “ assemblez-moi mes saints qui ont fait alliance avec moi par [un] sacrifice ”. “ Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l'Eternel des armées, au jour que je ferai (Ps. 50 : 5 ; Mal. 3 : 17).

Non seulement ce temps de la moisson est pour le rassemblement des saints par la vérité (dans l'unité avec leur Seigneur et avec leurs frères, évitant toute communion avec les chrétiens de nom, l'ivraie), mais c'est aussi le temps de nettoyer le champ en brûlant l'ivraie, la balle, les mauvaises herbes, etc., en prévision des nouvelles semailles. Dans un sens, le “ froment ” est rassemblé du milieu de l'ivraie — parce que l'ivraie est beaucoup plus nombreuse — comme quand le Seigneur, dit : “ Sortez du milieu d'elle, mon peuple Cependant, dans un autre sens, la séparation est fort bien représentée par l'ivraie éliminée du froment. En réalité, c'est le froment qui a droit à toute la place dans le champ ; ce dernier est un champ de froment et non un champ d'ivraie (le monde ou l'humanité est le sol hors duquel sortent et croissent le froment et l'ivraie), de sorte que l'ivraie n'est pas à sa place dans ce champ et doit en être enlevée. Le Seigneur mit en culture et ensemença le champ avec du froment, et le froment représente les Fils du Royaume (Matth. 13 : 38). Or le champ ou le monde doit leur être donné et leur appartient déjà par la promesse ; c'est pour cela que, selon la parabole, c'est l'ivraie qui est rassemblée, sortie du champ pour être brûlée, abandonnant au froment le champ et tout ce qu'il renferme. L'ivraie retourne dans le sol (le monde), d'où elle était sortie, et les prémices du froment sont rassemblées dans le grenier, afin que la terre soit préparée pour une autre récolte.

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 Le froment ne devait pas être bottelé : au début les grains avaient été plantés, séparés et indépendants les uns des autres pour être associés seulement comme une seule espèce dans des conditions semblables. Mais la parabole nous dit que l'un des résultats de la moisson consistera à rassembler l'ivraie, à la lier en bottes, avant de la jeter dans le feu ou “ temps de détresse ”. Cette oeuvre se poursuit tout autour de nous ; de toutes parts, nous voyons surgir des syndicats ouvriers, des trusts capitalistes, des associations pour la défense des intérêts de toute sorte.

 Le monde civilisé est le “ champ ” de la parabole. Pendant la Réformation, ce champ fut le théâtre de disputes religieuses, en tous pays rassemblant pêle-mêle le froment et l'ivraie dans de grandes associations ou confessions religieuses qui poussèrent les uns dans une direction doctrinale, les autres dans une autre. Ceci assembla pêle-mêle froment et ivraie et fit disparaître en grande partie la personnalité des individus. Les tempêtes doctrinales sont passées depuis longtemps, mais les divisions subsistèrent par la force de l'habitude, et çà et là seulement, une tête de froment a essayé de s'élever elle-même vers la droiture malgré le poids de la masse.

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 Mais au temps de la moisson, le froment s'affranchit graduellement du fardeau et des entraves de l'ivraie. La faucille de la vérité prépare cette classe à la liberté par laquelle tous avaient été affranchis par Christ au début, alors que cette même faucille produit un effet opposé sur l'ivraie. L'esprit de cette dernière pousse ceux qui la forment à rechercher la grandeur et l'ostentation sectaires plutôt que l'obéissance et la fidélité individuelles à Dieu. En conséquence, les vérités présentes dont elles découvrent de suite la tendance à condamner tout sectarisme et à éprouver chaque individu, sont énergiquement rejetées et combattues par elles. Et, bien que disposés à s’unir les unes aux autres, toutes les sectes font bloc contre les tendances désagrégeantes de la vérité présente, à telle enseigne qu'elles mettent leur emprise lentement, avec précaution, mais avec force autour de toute pensée et étude individuelle sur des sujets religieux, par crainte que leurs organisations ne tombent en ruine et que tout le froment s'échappa ne laissant plus que l'ivraie.

 Chaque membre de la classe de l'ivraie est plus ou moins conscient que, s'il subissait un examen personnel, il n'obtiendrait aucune part dans l'héritage du Royaume promis aux vrais disciples de l'Agneau. Ceux qui constituent l'ivraie préféreraient voir les sectes jugées comme autant de groupements et en comparaison de l'une avec l'autre, espérant ainsi pouvoir se faufiler dans la gloire du Royaume d'après les mérites du froment avec lequel ils sont associés. Cependant, ceci ne saurait avoir lieu, car l'épreuve qui déterminera si nous sommes dignes des honneurs du Royaume sera individuelle : c'est une épreuve de fidélité individuelle envers Dieu et envers sa vérité et non pas une épreuve de sectes pour savoir laquelle est la vraie. A la lumière plus intense d'aujourd'hui qui dissipe les brumes du fanatisme et de la superstition, chaque secte semble discerner que les autres sectes ont autant (et aussi peu) de droits qu'elle-même de se proclamer la seule véritable Eglise. Ayant dû admettre ceci, elles ont cherché à persuader chacun qu'il était essentiel pour être sauvé de se joindre à l'une d'elles, peu importe laquelle. C'est ainsi qu'elles combinent la notion de responsabilité individuelle avec l'esclavage sectaire.

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 Voici un exemple d'un de ces liens populaires récemment serré par le sectarisme autour de ses adeptes. Nous voulons parler des Leçons de l'Ecole du Dimanche Internationale, lesquelles laissent l'impression d'une coopération non sectaire à l'étude de la Bible parmi tous les chrétiens. Elles paraissent ainsi comme étant un grand pas en avant sur les anciennes méthodes d'enseignement des catéchismes des sectes. Ces leçons uniformes ont l'apparence d'abandonner le sectarisme et de réunir tous les chrétiens pour étudier la Bible à sa propre lumière ce qui est, comme tous le reconnaissent la seule véritable manière d'étudier la Bible, mais que toutes les sectes refusent de faire d'une manière effective ; car, notons-le ces Leçons de l'Ecole du Dimanche Internationale ont un caractère non sectaire, seulement en apparence ; c'est en apparence seulement qu'elles ont l'air de donner toute liberté à l'étude de la Bible. En réalité, chaque dénomination commente à sa manière les passages bibliques contenus dans les leçons. Le comité qui choisit ces leçons ayant pour but l'union et l'harmonie apparentes et extérieures des sectes, ne choisit que les passages bibliques où il n'y a guère de divergences d'opinions. Les passages et doctrines sur lesquels elles sont en désaccord, les seuls ayant le plus besoin d'être discutés afin que les erreurs et les vérités de chaque secte puissent être manifestées et qu'une véritable union puisse se faire sur la base “ d'un seul Seigneur, d'une seule foi et d'un seul baptême ”, tout cela est ignoré dans les leçons, mais toujours fermement soutenu comme avant, par chaque secte.

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L'effet de ces leçons et d'autres méthodes similaires d'union est de rendre le Protestantisme plus imposant en apparence, et de dire aux gens, en fait sinon en paroles : il faut que vous fassiez partie d'une de ces sectes, à défaut de quoi vous ne pourrez pas être un enfant de Dieu. Dans la réalité, il ne s'agit pas d'une union en une seule église, mais d'une combinaison d'organisations séparées et distinctes dont chacune est aussi préoccupée de garder sa propre organisation comme secte ou gerbe, mais chacune désireuse de s'allier avec les autres pour présenter aux yeux du monde une apparence plus grande et plus imposante. Cela ressemble à l'empilage des gerbes dans une meule. Chaque gerbe conserve son propre lien ou organisation ; l'enchaînement devient encore plus étroit lorsque la gerbe est fixée, solidement réunie aux autres, pour former une grosse et imposante meule.

 Le système des Leçons Internationales, ainsi que les méthodes modernes de “ diriger ” les Ecoles du Dimanche, contribuent grandement au développement de l'esprit de secte en empêchant toute croissance dans la connaissance de la vérité d'une manière différente. Une leçon, présentée en liaison avec les “ exercices ” de l'école, est si générale qu'il reste trop peu de temps pour examiner les questions réservées imprimées avec des réponses toutes préparées ; et aucun moment n'est laissé pour l'étudiant de la Bible affamé de vérité ou le moniteur zélé occasionnel pour soulever d'autres questions, de plus grande importance et renfermant de la nourriture pour l'esprit et la discussion fructueuse.

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Autrefois, des classes d'études de la Bible avaient lieu pour approfondir certaines questions, elles n'étaient entravées que par les liens de leurs propres préjugés et superstitions ; les chercheurs studieux et sincères pouvaient toujours faire quelques progrès dans la vérité. Mais à présent, alors que la lumière augmente de toutes parts, éclairant tous les sujets, dissipant les brumes de la superstition et des préjugés, ce sont précisément les Leçons Internationales elles-mêmes qui l'empêchent de briller sur l'étudiant de la Bible tout en prétendant l'aider. Son temps réservé à l'étude biblique est habilement dirigé de manière qu'il ne puisse obtenir de nouvelles idées, mais qu'il soit si continuellement occupé à utiliser “ le lait de la Parole ” (copieusement dilué dans les traditions des hommes) qu'il en perde tout appétit pour la “ nourriture solide ” de la vérité plus avancée (Héb. 5 : 14). Dans ces classes, tout le temps et l'occasion de goûter, d'apprendre à apprécier la nourriture substantielle sont sacrifiés par l'obéissance à ces paroles : “ Il faut nous en tenir à notre leçon, car l'heure va bientôt sonner ”. Pour comprendre la valeur des doctrines de Dieu, si nécessaires à notre croissance dans la grâce, dans la connaissance et dans l'amour de Dieu, combien il est nécessaire,  selon le prophète et l'apôtre, de laisser de côté les premiers rudiments et de progresser vers la perfection après avoir été “ sevrés du lait, ôtés de la mamelle ” — Héb. 6 : 1 ; Es. 28 : 9.

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 Récemment, il est vrai, on a amélioré les méthodes des Ecoles du Dimanche, mais elles laissent encore beaucoup à désirer. Il y a dans ces milieux quelques enfants de Dieu et des plus dignes, qui s'efforcent de servir Jésus et sont plus ou moins perplexes devant le déploiement du nombre et de l'apparence de “ l’œuvre pour le Seigneur ”. Nous concédons que quelque bien est accompli, mais il a ses compensations. Les personnes sincères sont détournées de leurs propres devoirs, empêchées de progresser, parce qu'elles font ce que Dieu avait chargé les parents de faire ; la négligence de ces devoirs fait du tort aux parents comme aux enfants. Quant aux personnes moins développées, elles trouvent que les courtes réunions et les “ exercices ” sont plus agréables que l'étude de la BIble. Elles en viennent à trouver qu'elles ont accompli un devoir elles se dédommagent d'ailleurs du sacrifice, de quelques moments en s'occupant de bavardages mondains et du changement qu'ils procurent. Quant aux enfants, ils aiment mieux aussi, les “ exercices ”, les cantiques et mieux encore, les livres de contes, les pique-nique, les fêtes et les parties de plaisir. Les enfants, comme les mamans, éprouvent aussi une grande compensation à la peine qu'ils ont prise de s'habiller en ayant ainsi l'occasion de pouvoir étaler aux yeux de chacun leurs beaux habits. La responsabilité des parents dans l'éducation religieuse de leurs enfants à la maison est très généralement abandonnée en faveur de l'instruction fausse et mécanique de l’Ecole du Dimanche. On a donné avec raison à l'Ecole du Dimanche le nom de garderie d'enfants de l'église, et les petits ainsi élevés dans l'éducation et les conseils de l'esprit du monde sont les jeunes pousses pour l 'abondante récolte d'ivraie qui infeste complètement la grande Babylone.

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Partout, ici et là, où existe une réunion d'études bibliques pour adultes, si celui qui enseigne est assez sincère et indépendant pour s'écarter des leçons prescrites et s'occuper de sujets plus importants, propres à faire luire la vérité qu'elle soit ou non favorable à la confession de la secte, il est certain que son pasteur ou son supérieur immédiat, le considérera comme un moniteur indigne de confiance. Il est vrai que ceux qui enseignent ainsi sont dangereux pour l'élément sectaire et bientôt on leur retire le droit d'enseigner. Il est certain que, s'il y avait beaucoup de personnes enseignant en toute indépendance et proclamant les vérités qu'elles ont reconnues, elles ne tarderaient pas à couper les liens des gerbes sectaires et à disperser ces dernières. C'est pourquoi elles deviennent bientôt indésirables. On préfère en choisir d'autres capables de tenir en bride les pensées et les tendances des assemblées qu'ils dirigent. On les prive de la “ nourriture solide ”, on les maintient à l'état de petits enfants non sevrés, trop faibles pour marcher seuls, obligés de se lier aux systèmes qu'ils ont appris à aimer, et croyant qu'ils seraient perdus s'ils n'étaient pas rattachés à eux. La véritable place de celui qui enseigne fidèlement, la place du véritable étudiant de la Bible est en dehors de tous les liens humains, là où l'on est libre d'examiner la bonne Parole de Dieu et de se nourrir de tout ce qu'elle contient, là où l'on est libre aussi de suivre l'Agneau partout où il va. Jean 8 : 36 ; Gal. 5 : 1.

 Alors qu'on doit prendre en apparence la liberté individuelle en considération, comme jamais auparavant, nous voyons que jamais, à aucun moment, les liens n'ont été plus fortement serrés dans le but de lier ensemble le froment et l'ivraie dans les nombreuses gerbes. Jamais auparavant on n'avait mieux réussi qu'aujourd'hui à entraver et limiter les libertés individuelles.  Chaque heure de loisir d'un sectaire zélé est consacrée à l'une des nombreuses réunions ou des nombreux projets de sorte qu'il ne reste aucun moment pour penser et pour étudier la Bible en toute liberté. Le but principal de ces réunions, distractions etc., est de développer et de fortifier l'esprit sectaire ; le résultat final est d'amener l'asservissement dont nous avons parlé et qui empêche le véritable développement des enfants consacrés de Dieu, le froment. Ces liens deviennent de plus en plus forts, comme le prophète l'avait annoncé (Es. 28 : 22). Les gerbes sont formées par un peu de froment et beaucoup d'ivraie et chaque jour, il devient plus difficile d'en sortir.

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 Du fait que nous avons vu la petite quantité de froment vraiment consacré par opposition à la grande masse des “ baptisés de profession ” (suivant la description de la classe de l'ivraie qu'en avait donnée avec force un évêque Méthodiste) il est évident que l'embrasement de l'ivraie sera un événement d'importance. Beaucoup de personnes supposent que l'ivraie sera brûlée dans une fournaise ardente où il y aura des pleurs et des grincements de dents (Matth. 13 : 42). C'est une erreur complète de croire qu'il s'agit d'un feu littéral, ou d'une détresse qui se prolongera au-delà de la vie présente. La parabole tout entière s'accomplit pendant l'âge présent. Non seulement ce feu est un symbole tout comme le froment et l'ivraie, mais il symbolise la destruction de l'ivraie, pendant le grand temps de détresse qui termine l'âge actuel et de laquelle, la classe du froment a la promesse d'être épargnée (Mal. 3 : 17 ; Luc 21 : 36). La fournaise ardente symbolise le “ grand temps de la détresse ” qui, à la fin de cette moisson, vient sur la classe indigne de l'ivraie de la Chrétienté.

La destruction de l'ivraie ne signifie pas non plus qu'il y aura une destruction individuelle présente ou future de ceux qui composent cette classe. Ce sera plutôt la destruction des fausses prétentions de cette classe. Ces gens prétendent être chrétiens alors qu'ils sont toujours des enfants de ce monde. Quand ils seront brûlés ou détruits comme l'ivraie, ils seront reconnus sous leur vrai caractère, comme des gens du monde et ils n'imiteront plus désormais les chrétiens comme membres nominaux de l'Eglise de Christ.

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 Notre Seigneur explique que lui-même a semé la bonne semence du Royaume, la vérité, de laquelle sort toute la classe du vrai froment après avoir été engendrée par l'esprit de vérité. Par la suite, pendant la nuit, les âges de ténèbres, Satan sema l'ivraie. L'ivraie fut certainement semée de la même manière que l'a été le froment. Ceux qui la forment sont les fruits de l'erreur.

 Nous avons déjà vu comment l'adversaire, Satan, et ses serviteurs aveuglés souillèrent grandement le “ sanctuaire ” et “  l'armée ” et comment les précieux vases (doctrines) furent profanés et faussement utilisés par la Papauté, et ceci n'est qu'une autre démonstration de la même chose. Les fausses doctrines engendrèrent de fausses ambitions et aspirations dans le champ de blé de Dieu ; de ce fait beaucoup entrèrent au service de Satan pour semer des erreurs de doctrine et de pratique qui ont fait surgir l'ivraie en abondance.

 Le champ paraît être splendide et florissant à beaucoup car ils dénombrent les centaines de millions de prétendus chrétiens qui le composent. En réalité, il y a bien peu de froment, et pour ce blé qui a été étouffé et grandement entravé dans son développement par l'ivraie, il eût été préférable que l'ivraie animée de l'esprit du monde ne fût pas entrée dans l'Eglise, mais fût restée à sa place dans le monde en laissant les consacrés du “ Petit Troupeau ” comme seuls représentants de l’esprit et de la doctrine de Christ dans le champ. Alors il se serait bientôt manifesté une différence marquée entre l'Eglise et le monde et la croissance de l'Eglise, en apparence moins rapide, aurait été plus saine. Le grand succès apparent que manifestent le nombre, la richesse et la position sociale, desquels se glorifient un si grand nombre, cause en réalité un grand préjudice à l'Eglise et n'est en aucun sens une bénédiction ni pour elle, ni pour le monde.

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 En examinant ce sujet, nous trouvons que beaucoup d'éléments de cette ivraie ne sont pas entièrement responsables de leur fausse situation d'imitation du froment. Beaucoup d'entre eux ne savent pas que l'ivraie n'est pas la véritable Eglise ; car ils considèrent le Petit Troupeau des consacrés comme des extrémistes et des fanatiques. Si l'on compare la grande masse de l'ivraie avec notre Seigneur et les apôtres et tout le froment, certainement ces derniers paraissent être des extrémistes, des fanatiques, si la majorité, l'ivraie a raison.

 On a si souvent et si parfaitement affirmé à ceux qui constituent l'ivraie qu'ils sont des chrétiens que tous sont des chrétiens sauf les Juifs, les incrédules, et les païens — qu'il serait difficile d'attendre d'eux qu'ils sachent que le contraire est la vérité. Les fausses doctrines leur ont enseigné qu'il n'y a que deux classes, et que tous ceux qui échappent au tourment éternel doivent être des cohéritiers avec Christ. Dans tous les services funèbres, sauf dans le cas d'individus notoirement débauchés ou malfaisants, on certifie aux amis et parents du défunt que ce dernier est entré dans la jouissance de la paix, de la joie et de la gloire célestes. Pour prouver la chose, on se sert de citations bibliques lesquels, d'après le contexte, ne s'appliquent qu'aux véritables consacrés, aux saints.

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 Naturellement enclins à se blâmer, niant consciemment être des saints et ne prétendant pas aux riches promesses des Ecritures faites à ces derniers, ils sont persuadés de les revendiquer par leurs compagnons ivraie, à la fois dans les chaires et sur les bancs. Ils ont conscience — et sont même certains — de n'avoir rien fait qui puisse les envoyer au tourment éternel leur foi dans les fausses doctrines de la “ chrétienté ” les conduit à espérer et à prétendre qu'eux-mêmes et tous les gens moraux sont des membres de l’Eglise auxquels appartiennent toutes les riches promesses. Ainsi sont-ils de l'ivraie par le fait des fausses doctrines et non seulement leur situation spirituelle est fausse mais ils rabaissent le véritable idéal noble et élevé de la sainteté. Illusionnés par cette erreur, ils éprouvent un certain sentiment de sécurité et de satisfaction ; car en comparant leur conduite et leur vie avec celles de la grande majorité des membres de l'Eglise nominale, de leurs amis défunts dont on a dit tant de bien lors de leurs funérailles, ils sont persuadés qu'ils sont dans la bonne moyenne, peut-être même supérieure à celle de plus d'un prétendu chrétien. Cependant tous ont conscience de n'avoir jamais fait une véritable consécration de leur cœur, leur vie, leur temps, leurs moyens, leurs talents, leurs ambitions à Dieu et à son service.

 Mais comme la classe de la “ balle ” de la nation juive fut consumée au terme de la moisson judaïque (Luc 3 : 17), il en sera de même de cette classe de l'“ ivraie ” à la fin de la moisson actuelle. Comme la balle perdit toute prétention à la faveur divine comme Royaume de Dieu triomphant avant que cette moisson se fût terminée dans le grand feu des disputes religieuses et politiques qui consuma ce système, ainsi en sera-t-il de la classe de l'ivraie de la prétendue “ Chrétienté ”. Ils seront consumés ; ils cesseront d'être de l'ivraie ; ils cesseront de se tromper sur eux-mêmes les autres ; ils cesseront de s'approprier les très grandes et très précieuses promesses qui n'appartiennent qu'aux saints vainqueurs. Lorsque leurs divers royaumes dits chrétiens et leurs diverses organisations religieuses, déchirés par les discordes produites par la lumière croissante de la vérité, seront consumés par le feu déjà allumé, “ le feu de la jalousie de Dieu ” (le temps de détresse qui termine l'âge actuel - Soph. 3 : 8, ils cesseront de revendiquer pour leurs systèmes mondains, le nom de “ chrétienté ”.

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 Après avoir parlé de la destruction de l'ivraie par le feu, la parabole poursuit : “ Alors les justes [le froment] luiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ”. [Quel meilleur témoignage que celui-ci pourrions-nous avoir, que la véritable Eglise n'a pas encore été établie en puissance comme Royaume de Dieu, et qu'elle ne sera pas élevée ainsi à la gloire avant l'achèvement de la moisson ? ] Alors se lèvera le soleil de justice (dont Christ-Jésus sera toujours le glorieux point central), portant la santé dans ses rayons, pour bénir, rétablir, purifier et nettoyer du péché et de l'erreur toute l'humanité, les pêcheurs incorrigibles étant détruits dans la seconde mort.

 Rappelons-nous que dans la moisson judaïque-type, les véritables Israélites ainsi que les Israélites de nom formaient ensemble la maison juive ou charnelle d'Israël. Seuls, les véritables Israélites furent choisis et rassemblés dans le grenier de la dispensation évangélique ; seuls, ils eurent l'honneur de recevoir les vérités appartenant à l'Age de l'Evangile. Tous les autres membres de cette nation (la “ balle ”) ne furent pas littéralement et physiquement détruits (bien qu'il y eût beaucoup de tués lors de leur détresse), mais ils furent dépouillés de toutes les faveurs du Royaume auxquelles ils avaient cru avoir droit antérieurement, et dont ils s'étaient même vantés. Nous pouvons dès lors délimiter l'événement parallèle et correspondant de la moisson actuelle et comprendre ce que sera le traitement de “ l'ivraie ” dans le temps brûlant actuel.

153

 Dans la “ moisson ” actuelle, le Seigneur nous a non seulement montré les événements qui doivent survenir et comment nous devions y participer en nous séparant du monde et en employant comme des “ moissonneurs ” la faucille de la vérité pour aider les autres à arriver à la liberté en Christ et à se séparer aussi des faux systèmes et des liens humains, mais afin de nous rendre doublement sûrs que nous sommes du bon côté et que le temps de séparation est arrivé, il nous a fourni des preuves sur l'année où commença l’œuvre de la moisson, sur sa durée et sur le moment de sa fin. Ces preuves, déjà examinées, montrent que la fin de 1874 marqua le commencement, comme la fin de 1914 marquera la clôture de ces 40 ans de moisson, tandis que toutes les particularités relatives à l'ordre et au travail de cette moisson furent décrites dans celle de l'Age judaïque, son type. Nous allons examiner maintenant quelques détails remarquables relatifs au temps de cette moisson-type, et prendrons note des leçons qu'ils enseignent, actuellement applicables, et que notre Seigneur prépara évidemment dans ce dessein afin que nous ne puissions être ni dans le doute ni dans l'incertitude, mais que nous puissions connaître son plan et être capables d'agir en conséquence, avec force, comme co-ouvriers avec lui dans l'exécution de sa volonté révélée.

 Tous les détails de temps se rattachant à la moisson judaïque (bien qu'ils aient parfois trait indirectement aux fidèles) concernaient directement la grande masse des Israélites de nom ; ils marquaient la durée du temps d'épreuve des Juifs, leur rejet, leur renversement et leur destruction en tant que système ou nation-église. Ainsi, en l'an 29 de notre ère, le Seigneur vint comme Epoux et moissonneur, non seulement vers les véritables Israélites, mais aussi vers toute la masse de la nation (Jean 1 : 11). A ce moment-là, les progrès réalisés dans l’œuvre de la moisson montrèrent qu'il y avait peu de grains de froment mûrs pour le grenier (la dispensation évangélique) et que la grande masse n'avait que l'apparence du froment, c'était en réalité de la “ balle ” seulement, ne contenant en elle aucun des véritables principes du froment. Lorsque, en l'an 33, soit trois ans et demi plus tard, notre Seigneur assuma la charge de Roi et permit au peuple (chose qu'il avait défendue auparavant, Jean 6 : 15) de l'installer sur un âne et de l'acclamer comme roi, cet événement servit à marquer, dans la moisson actuelle-antitype, un événement beaucoup plus important que celui du type. Comme nous l'avons vu, le parallèle de celui-ci montre que 1874 est le temps de la seconde présence de notre Seigneur comme Epoux et Moissonneur, et qu'avril 1878 est celui où il commença à exercer en fait Sa charge de Roi des rois et Seigneur des seigneurs, cette fois comme Roi spirituel, présent dans toute sa puissance, quoique invisible aux hommes.

154

 Les actes accomplis par notre Seigneur, pendant les quelques heures où Il agit typiquement comme Roi d'Israël, ont une profonde signification pour nous, préfigurant incontestablement les événements correspondants actuels. Lorsque Jésus entra comme Roi à Jérusalem, monté sur le petit d'une ânesse, le peuple le vit chasser du temple avec un fouet, les changeurs d'argent. Cet acte pour nous est le type d'un événement correspondant actuel qui s'accomplit sur une échelle beaucoup plus grande, bien que le Roi, le fouet de cordes et la proclamation de son autorité royale soient manifestés maintenant d'une manière très différente, et aux yeux de la foi seulement. Mais le type judaïque sert à attirer notre attention sur cet accomplissement, qu'autrement nous n'aurions pas été capables d'apprécier. La première oeuvre du roi-type fut de rejeter toute la nation-église d'Israël comme indigne de former son Royaume et d'être considéré plus longtemps comme son héritage spécial. Tout cela était contenu dans les paroles du Maître : “ Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous est laissée déserte ” ! — Matth. 23 : 37-39.

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 Ceci, lorsqu'on l'applique à la moisson actuelle, enseigne que, de même qu'en l'an 33 ap. J. C., après avoir été reconnu par Dieu comme son peuple pendant 1845 ans, par des faveurs, des châtiments, etc., Israël type fut rejeté par le Roi parce que trouvé indigne après avoir été mis à l'épreuve et jugé pendant 3 ans 1/2, ainsi dans la moisson actuelle, après un examen correspondant de 3 ans 1/2 , au terme d'une période de 1845 années de faveur et de châtiment, la chrétienté nominale serait rejetée par le Roi comme indigne de recevoir de Lui d'autres faveurs ou d'être reconnue par Lui, d'une manière quelconque.

 Comme le rejet d'Israël nominal selon la chair n'impliqua pas le rejet individuel des “ véritables Israélites ” en qui il n'y avait point de fraude, mais plutôt une faveur plus grande encore pour ces derniers (qui furent délivrés de leurs “ conducteurs aveugles ” et reçurent des enseignements directs et parfaits par les nouveaux canaux spirituels de Dieu — les apôtres), c’est ce à quoi nous devons nous attendre de nos jours. Les faveurs spirituelles, accordées autrefois par Dieu aux masses nominales appartiennent désormais aux seuls fidèles et obéissants. Désormais, la lumière venant au temps marqué, “ la nourriture au temps convenable pour la maison de la foi ”, doit être attendue non plus des anciens canaux à un degré quelconque, mais par des individus fidèles n'appartenant à aucun des systèmes déchus et rejetés.

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 Pendant son ministère et jusqu'au moment où, en sa qualité de Roi, il rejeta le système judaïque, notre Seigneur reconnut les scribes et les pharisiens comme les instructeurs légitimes du peuple, malgré les sévères réprimandes qu'il adressa à ces hypocrites qui trompaient le peuple. Nous en voyons la preuve dans les paroles du Seigneur en Matth. 23 : 2 : “ Les scribes et les pharisiens se sont assis dans la chaire de Moïse. Toutes les choses donc qu'ils vous diront, faites-les et observez-les ”. Nous voyons aussi que, pendant quelque temps, les hauts dirigeants religieux de la chrétienté nominale, dans leurs synodes, leurs conférences, leurs conciles, etc., se sont assis dans une certaine mesure, dans la chaire de Christ, comme instructeurs du peuple comme jadis le Sanhédrin juif occupait la chaire de Moïse. Mais de même qu'après l'an 33, le Seigneur ne reconnut plus les scribes et les pharisiens comme ses serviteurs à un titre quelconque et que les véritables Israélites ne furent plus, dès lors, instruits et enseignés par eux, mais par Dieu lui-même, qui se servit d'autres instruments plus dignes, plus humbles et sans titres, qui furent choisis dans le peuple et spécialement enseignés de Dieu, ainsi c'est une chose analogue que nous devons attendre et que nous devons trouver aujourd'hui, dans la moisson parallèle actuelle.

 La prise en charge de l'office royal par notre Seigneur, en l'an 33 et son premier acte officiel, le rejet de l'Eglise nationale d'Israël selon la chair considérés en rapport avec tous les parallèles frappants des deux âges, indiquent très clairement qu'au point parallèle de temps de la moisson présente, 1878, la Babylone mystique, autrement nommée Chrétienté, l'antitype du judaïsme, fut rejetée ; dès ce moment-là retentit le message : “ Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande et elle est devenue la demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable ”. — Apoc. 18 : 2.

157

 La chute, les plaies, la destruction, etc., de la Babylone mystique telles qu'elles avaient été annoncées, furent préfigurées par les grands bouleversements et la destruction nationale du peuple d'Israël selon la chair, événements qui finirent par la ruine complète de cette nation en l'an 70 [69-73(*)]. (*)Voir Introduction du volume II, page III. - Trad. La période de la chute correspond aussi, car depuis le moment où le Seigneur proclama que sa demeure serait laissée déserte, en l'an 33 jusqu'en l'an 70 [69 (*)] il s'écoula 36 ans 1/2 ainsi, depuis [avril] 1878 jusqu'à la fin en [octobre] 1914, il y a 36 ans ½. Et à la fin de [en octobre] 1914, ce que Dieu appelle Babylone, que les hommes appellent chrétienté aura disparu, [commencera à disparaître] comme la prophétie l'a déjà montré.

 Le judaïsme était un type établi par Dieu du Royaume millénaire de Christ qui dirigera, ordonnera et surveillera toutes choses ; en conséquence le judaïsme était légitimement une union de l'Eglise et de l'Etat, d'un gouvernement religieux et d'un gouvernement civil. Mais, comme nous l'avons déjà montré, l'Eglise de l'Evangile ne devait rien avoir de commun avec les gouvernements de ce monde, ni s'associer à eux jusqu'à ce que son Seigneur, le Roi des rois, vienne prendre en main les rênes du pouvoir, élève son Eglise comme épouse pour lui faire partager ce règne de la justice. Le grand système appelé Chrétienté, négligeant, les avertissements du Seigneur, se conforma à la sagesse, aux théories et aux plans des hommes, comprit tous les gouvernements, toutes les confessions prétendant être de Christ (mais n'étant qu'une misérable contrefaçon du véritable Royaume de Christ), fut organisé avant le temps, sans le Seigneur, et avec des éléments tout à fait impropres. La chute de Babylone comme système impropre d'Etat- Eglise, et le rassemblement du bon grain correspond donc admirablement bien à la chute du judaïsme qui lui sert de type.

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 Primitivement, le terme Babylone signifiait portail de Dieu ; plus tard, par dérision, sa signification changea et désigna un mélange ou une confusion. Dans le livre de l'Apocalypse ce terme s'applique spécifiquement à l'Eglise nominale, laquelle, de portail à la gloire, devint un portail à l'erreur et à la confusion, à un pitoyable mélange renfermant surtout de l'ivraie, des hypocrites, une masse confuse de gens du monde dans laquelle sont ensevelis les joyaux du Seigneur, et cachés leur véritable beauté et leur éclat. Dans la prophétie symbolique, le terme Babylone désigne parfois seulement l'Eglise romaine, appelée “ Babylone la Grande, la Mère des Impudiques ”. Pendant des siècles, ce nom s'appliqua à l'Eglise romaine seule, car elle était alors le seul système de confusion existant qui n'en tolérait pas d'autres autour de lui. Dans la suite, d'autres systèmes ecclésiastiques qui ne furent pas aussi grands que la “ mère”, ni aussi mauvais, ni aussi radicalement faux surgirent de son sein à la suite de divers essais de réformes imparfaites. Les erreurs, l'ivraie et l'esprit du monde finirent également par y prédominer largement, c'est pourquoi le nom de Babylone est employé comme un terme général ou nom de famille pour désigner non seulement l'Eglise romaine mais les sectes protestantes. La Papauté étant le système-mère, obligation nous est faite de considérer les divers systèmes protestants qui sortirent d'elle, comme ses filles — fait très généralement admis par les protestants, et parfois avec orgueil.

159

 Antérieurement au temps de la moisson, nombre d'enfants de Dieu dans la Grande Babylone découvrirent que son caractère prédominant était grossièrement antichrétien (notamment les Vaudois, les Huguenots et les réformateurs du seizième siècle). Ils attirèrent l'attention sur ce fait, puis ils se séparèrent du système-mère en entraînant avec eux beaucoup d'autres personnes qui étaient en grande partie de l'ivraie, ainsi que l'avait prédit le prophète disant que “ plusieurs se joindraient à eux par des flatteries ” (Dan. 11 : 34). Il y eut les divisions provenant des tempêtes politiques et doctrinales avant le temps de la moisson. Au milieu de ces tempêtes, l'ivraie toujours prédominante, forma de nouveaux systèmes babyloniens quoique d'un caractère moins critiquable.

 Ainsi le froment, en essayant de temps à autre de s'affranchir de l'incube de l'ivraie (et spécialement de se libérer des plus grossières erreurs qui engendraient l'ivraie et la faisaient prospérer) fut béni par ces efforts, mais il continua à subir l'influence de l'ivraie, à rester mêlé, l'élément ivraie prédominant. Cependant, grâce à ce froment, la faveur de Dieu se répandit même sur ces gerbes mélangées ou systèmes babyloniens. Ce ne fut qu'au temps marqué par Dieu — au temps de la moisson, en 1878 — qu'intervint une séparation complète et finale de tous ces systèmes complètement rejetés de toute faveur et condamnés à une destruction rapide, et que tous les enfants de Dieu furent explicitement et impérativement invités à sortir de ces systèmes. Au commencement même de l'Age de l'Evangile, le peuple de Dieu fut mis en garde contre les séductions de l'Antichrist ; il lui fut recommandé de se séparer de ce système. Cependant, dans le dessein d'éprouver ses enfants, de les mettre à l'essai, Dieu permit qu'ils fussent plus ou moins trompés par lui et plus ou moins mélangés avec lui. Chaque réveil à la constatation de principes, doctrines et actes antichrétiens conduisait à des mesures de réforme, mit à l'épreuve et établit la classe du froment, et aida ses membres à se purifier de plus en plus des souillures de l'Antichrist. Mais ce dernier appel positif d'épreuve, associé au rejet final de ces systèmes ne recevant plus la faveur divine (comme ils la recevaient à cause du froment qui se trouvait en eux), a pour objet de séparer définitivement la classe du froment de tous les systèmes et principes antichrétiens. Toutes les vérités que possédaient autrefois ces systèmes en sont emportées rapidement, étant remplacées par des théories des hommes, subversives de tout élément de la vérité divine ; la piété vivante et l'amour des choses divines s'évanouissent rapidement aussi et font place à l'amour des plaisirs et à l'esprit du monde.

160

 En même temps que la déclaration de la chute de Babylone, tous les enfants de Dieu, qui sont encore en elle, reçoivent aussi l'ordre d'en sortir : “ J'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle , mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous ne receviez pas de ses plaies ” (Apoc. 18 : 4). Dans l'expression : “ Elle est tombée, Babylone... Sortez du milieu d'elle mon peuple ”, il y a deux pensées distinctes dont il faut se rappeler. On voit tout d'abord qu'à un moment donné Babylone n’était pas tombée, déchue de la faveur divine, car, pendant un certain temps, elle conserva une mesure de faveur, malgré son caractère de mélange ; que, malgré mélange la grande proportion d'erreur qu'elle renfermait malgré le peu d'esprit de Christ qu'elle possédait, elle n'était pas encore totalement rejetée loin de la faveur divine, car la séparation complète ne devait avoir lieu qu'au temps de la moisson. La proclamation indique qu'à un moment donné Babylone serait soudainement et entièrement rejetée quand toute faveur divine lui serait à jamais retirée, quand les jugements suivraient leur cours accomplissant le rejet qui eut lieu, comme nous l'avons vu, au temps marqué, en 1878. Elle montre également qu'au moment du rejet de Babylone, cette dernière renfermerait beaucoup d'enfants de Dieu encore associés avec elle, car c'est après le rejet de Babylone, après qu'elle est tombée, déchue de la faveur que ceux-ci sont appelés par ces mots : “ Sortez du milieu d'elle, mon peuple ”.

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 Il y a lieu de discerner clairement le contraste existant entre les nombreux mouvements de réforme graduelle des quatre derniers siècles et la séparation finale d'aujourd'hui : ces mouvements furent des tentatives de réformer Babylone, tandis que cette dernière montre que tout espoir de réformer Babylone est perdu : “ Babylone a été une coupe d'or dans la main de l'Eternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son vin, c'est pourquoi les nations sont devenues insensées [intoxiquées par ses erreurs]. Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée : “ Hurlez sur elle, prenez du baume pour sa douleur ; peut-être qu'elle guérira ! Nous avons traité Babylone mais elle n'est pas guérie ; abandonnez-la, et allons-nous-en, chacun dans son pays [la vraie Eglise ou le monde, suivant le cas, selon que chacun se prouve être du froment ou de l'ivraie] car son jugement atteint aux cieux et s'est élevé jusqu'aux nues ” Jér. 51 : 7-9 ; comparez avec Apoc. 17 : 4 ; 14 : 8 ; 18 : 2, 3, 5, 19.

 Babylone incurable est maintenant condamnée à la destruction : le système tout entier, système de systèmes, est rejeté, et tous les enfants de Dieu qui ne peuvent accepter ses fausses doctrines et pratiques sont maintenant invités à se séparer d'elle. Le prophète indique pourquoi Babylone est rejetée et il montre que certains manqueront de le comprendre. Il dit : (*) Jérémie 8 : 7.

162

 “ Même la cigogne dans les cieux connaît sa saison et la tourterelle et l'hirondelle, grue, prennent garde au temps où elles doivent venir, mais mon peuple ne connaît pas le jugement de l'Eternel. [On ne reconnaît pas qu'un temps de moisson, de séparation complète et totale du froment d'avec l'ivraie doit venir. En ceci, les hommes montrent moins de discernement que les oiseaux migrateurs]. Comment dites vous : Nous sommes sages et la loi de l'Eternel est avec nous [quand vous êtes incapables de discerner le temps de la moisson et le changement de dispensations maintenant à échéance] ? Mais voici, la plume menteuse des scribes [en] a fait une fausseté [parce que la Parole de l'Eternel par ses prophètes et ses apôtres est rendue nulle, mise de côté négligemment, et que les confessions de foi des “ âges des ténèbres ” sont les lanternes sans lumière de ceux qui marchent dans les ténèbres]. Les sages (?) [savants] sont couverts de honte, ils ont peur [par suite de la faillite de leurs plans humains favoris] et sont pris ; voici, ils ont méprisé la Parole de l'Eternel, et quelle sagesse ont-ils [aujourd'hui] ? [Comparer avec Esaïe 29 : 10]. C'est pourquoi je donnerai leurs femmes [leurs églises] à d'autres, et leurs champs [de travail] à ceux qui les posséderont ; car depuis le petit jusqu'au grand [d'entre eux], ils sont tous adonnés au gain déshonnête ; depuis le prophète [l'orateur] jusqu'au sacrificateur [au ministre], tous usent de fausseté [Comparez Esaïe 56 : 10-12 ; 28 : 14-20]. Et ils ont pansé la plaie de la fille de mon peuple [Sion nominale, Babylone] légèrement, disant : Paix, Paix ! et il n'y avait point de paix [quand son système tout entier est malade et a besoin d'être nettoyé à fond avec le remède de la Parole de Dieu, la vérité]. Avaient-ils honte, parce qu'ils avaient commis l'abomination ? Ils n'ont eu même aucune honte, et ils ne savent pas ce que c'est que d'être confus ; c'est pourquoi ils [ceux qui enseignent] tomberont avec ceux qui tombent ; au temps de leur visitation [ou inspection, au temps de la “ moisson ”], ils trébucheront, dit l'Eternel Je les ôterai entièrement, dit l'Eternel Il n'y aura plus de raisins à la vigne, ni de figues au figuier et les feuilles se flétriront ; ce que je leur avais donné [ tous les privilèges et faveurs] leur échappera “ — Jér. 8 : 7 -12, D. et 13 -S.

163

 Le verset suivant montre que beaucoup de ceux qui ont été rejetés se rendront compte des bouleversements qui s'approchent, cependant ils resteront aveuglés quant à leur cause réelle. Ils diront : Assemblons-nous et entrons dans les villes fortes [gouvernements], et là, nous garderons le silence. Ils comprendront quelque peu que ni la raison ni l'Ecriture ne soutiennent leurs fausses doctrines, et que la méthode la plus sage est de garder le silence, à l'ombre des vieilles superstitions et sous la protection des prétendus gouvernements chrétiens. Ils sont représentés ici comme disant très opportunément “ L'Eternel nous a réduits au silence et nous a fait boire de l'eau de fiel ”. Le seul rafraîchissement qu'ils puissent avoir est la coupe dans laquelle ils ont fait le mélange (du poison de l'erreur amère, la “ doctrine des démons ”, avec l'eau pure de la vie, la vérité de la Parole de Dieu). Ceux qui appartiennent à Babylone, qui l'aiment et ne désirent pas obéir au commandement : “ Sortez du milieu d'elle ”, ne seront-ils pas obligés de boire la coupe qu'ils ont eux-mêmes préparée ? Ne seront-ils pas obligés d'admettre la fausseté de leurs doctrines ? Assurément, et ils en seront eux-mêmes profondément écœurés. Le verset suivant parle de la ruine de leurs espérances qui étaient que leurs doctrines amères (eau empoisonnée) auraient converti le monde et amené le millénium. Ils disent : “ On attend la paix, et il n'y a rien de bon, — le temps de la guérison et voici l'épouvante ! ” — La maladie de la Sion nominale empirera rapidement dès le temps de sa visitation et de son rejet, lorsque les “ véritables Israélites ”, obéissant à l'appel divin, commenceront à sortir des systèmes nominaux.

164

 Certains se demandent pourquoi le Seigneur n'inaugure pas une réforme d'une plus grande envergure que toutes celles du passé qui eurent des résultats assez maigres et de peu de durée. Ils demandent : Pourquoi Dieu n'accorde -t- il pas une  bénédiction à toutes les grandes sectes et ne les fusionne-t-il pas en une seule, ou encore pourquoi ne purifie-t-il pas l'une d'entre elles de toutes ses scories et n'attire-t-il pas toutes les autres dans celle-là. Mais demandons-nous : Pourquoi ne pas amalgamer tous les royaumes de la terre en un seul et le purifier ?

 Quant à tous les enfants de Dieu, il doit leur suffire de savoir qu'un tel programme n'est pas celui que Dieu a révélé comme étant Son Plan. Un peu plus de réflexion nous montre combien une telle suggestion serait peu sensée, peu conforme à la Parole de Dieu. Considérez le nombre des adhérents de l'Eglise soi-disant chrétienne (400 millions) et demandez-vous : Combien y a-t-il parmi eux de véritables consacrés, corps et âme au Seigneur et au service de son Plan ? A votre constatation personnelle vous arriverez à la conclusion qu'en séparant le froment d'avec l'ivraie en enlevant celle-ci, il ne resterait dans la plupart des cas que bien peu de fidèles, même dans les plus vastes cathédrales ou temples.

165

 Dieu ne veut pas purifier les systèmes nominaux parce qu'aucune purification ne pourrait amener la masse des non-consacrés de la Chrétienté ainsi que leurs organisations civiles et ecclésiastiques à être utilisés dans l’œuvre du Seigneur qui va bientôt commencer sur la terre. Pendant les dix-huit siècles écoulés, Dieu a choisi les véritables consacrés, ceux qui étaient jugés dignes, et, tout ce qui reste à faire maintenant est de choisir, parmi les vivants, ceux de la même classe — et ils sont peu nombreux — car seuls quelques-uns manquent pour compléter le nombre préordonné des membres du corps de Christ.

 Dieu met donc de côté toutes les organisations humaines, et ne réforme même pas les moins mauvaises pour y faire entrer les membres des autres systèmes. La raison de ce mode d'action est indiquée par la ligne de conduite observée par le Seigneur à l'égard des diverses sectes juives pendant la moisson qui termina leur dispensation ; alors, comme aujourd'hui, toutes furent rejetées, et les “ véritables Israélites ” furent appelés à en sortir pour aller à la liberté et pour être instruits sur la volonté et le Plan de Dieu par divers vases choisis par Dieu lui-même.

 Illustrant ce sujet aux Juifs par deux paraboles, Jésus expliqua la sagesse de sa manière de faire : (1) qu'un morceau d'étoffe neuf pour réparer un très vieux vêtement ferait seulement ressortir davantage l'usure de ce dernier et amènerait une déchirure plus grande ; (2) qu'en versant du bon vin nouveau dans de vieilles outres qui n'ont plus ni force ni élasticité, il en résulterait un dommage plutôt qu'un avantage, car non seulement les vieilles outres ne tarderaient pas à se rompre, à être détruites, mais il résulterait la perte du précieux vin nouveau.

 Les nouvelles doctrines de notre Seigneur étaient le vin nouveau, tandis que les sectes juives étaient les vieilles outres. Que serait-il arrivé si notre Seigneur s'était associé à l'une de ces sectes et avait commencé à la réformer ? Il est certain que les nouvelles vérités, si elles avaient été acceptées, auraient démoli complètement cette secte. La force de son organisation reposant en grande partie sur l'orgueil sectaire, cimenté par des erreurs, des superstitions et des traditions humaines, se serait effondrée et les nouvelles doctrines auraient été délaissées, considérablement entravées par les vieilles erreurs et traditions de cette secte, et tenues par le monde en général pour responsables des faits connus du passé de cette secte.

166

 Pour les mêmes raisons, dans la moisson actuelle, en présentant la lumière plus grande de la vérité, à l'aube de l’Age millénaire, le Seigneur ne veut pas rapiécer aucun des vieux systèmes, ni mettre du vin nouveau dans de vieilles outres. En premier lieu, aucun de ces systèmes n'est en mesure d'être rapiécé ou de recevoir de nouvelles doctrines ; en second lieu, si ces systèmes avaient reçu les nouvelles vérités, ces dernières auraient commencé leur œuvre et auraient développé une force qui aurait disloqué et brisé toutes les sectes, si parfaitement organisées et enchaînées qu'elles fussent. Si l'on mettait à l'essai toutes les sectes, les unes après les autres, le résultat serait le même et en définitive le vin nouveau (doctrines) ne trouverait plus un récipient ou secte qui pût le contenir et le conserver.

 La meilleure ligne de conduite qui convînt fut celle que suivit notre Seigneur à sa première venue. Il fit un vêtement entièrement neuf avec de la nouvelle étoffe et Il mit le vin nouveau dans de nouvelles outres, c'est-à-dire qu'Il appela à Lui les véritables Israélites (non sectaires) et Il leur confia la vérité du temps marqué. Ainsi en est-il : ceux qui ont faim de vérité sont aussi appelés par Lui à sortir d'Israël spirituel nominal et ils sont heureux d'accepter la vérité selon les voies du Seigneur, heureux de collaborer de tout cœur avec Lui dans l'exécution de son Plan, sans s'inquiéter de savoir lesquelles, ou combien, des anciennes outres (sectes) sont laissées de côté et rejetées comme étant indignes de contenir le vin nouveau. Réjouissez-vous, plutôt, d'avoir été jugés dignes de recevoir le témoignage de ce vin nouveau de la vérité présente, et dès qu'il est reconnu authentique, acceptez-le et agissez joyeusement d'après lui.

167

 A la première venue, ceux qui attendirent de connaître l'opinion des principaux des sectes d'alors et qui demandèrent : “ Aucun d'entre les chefs ou d'entre les pharisiens a-t-il cru en lui ? ”, ne reçurent pas la vérité parce qu'ils suivaient les hommes plutôt que Dieu. Les membres les plus considérés des sectes d'alors n'acceptèrent pas les enseignements de Christ, et aujourd'hui comme alors et depuis, ceux de cette même classe sont les pires aveugles des conducteurs d'aveugles. Au lieu d'accepter la vérité et d'en être bénis, ils “ tombent ” au moment de leur épreuve. Le vieil habit et les vieilles outres sont tellement hors d'état qu'ils sont complètement impropres à tout usage futur.

 Puisque c'est le Seigneur qui appelle son peuple à sortir de Babylone, nous ne pouvons douter que tous ceux qui en sont vraiment entendront son appel, quels que soient les moyens employés pour le faire retentir. Cet appel est pour eux une première épreuve non seulement de leur obéissance, mais également de leur amour pour Babylone et ses erreurs. S'ils approuvent ses doctrines, ses méthodes, etc., au point de regretter de la quitter, ils montreront qu'ils sont indignes de la vérité présente et ils mériteront d'avoir part à ses fléaux futurs. Mais les termes de l'appel indiquent que les membres du vrai peuple de Dieu dans Babylone ne doivent pas être considérés comme impliqués dans les péchés d'esprit du monde de cette dernière, ainsi qu'à son ignorance de la vérité jusqu'au moment où ils apprendront que Babylone est tombée, a été rejetée. Dès ce moment, s'ils restent en elle, ils sont considérés comme lui appartenant, dans le sens qu'ils approuvent ses méfaits et ses fausses doctrines du passé et du présent. Ils seront considérés comme participant à ses péchés et mériteront, de ce fait, d'avoir part à son châtiment, aux fléaux qui viennent sur elle. — Voir Apoc. 18 : 4.

168

 Combien est forte l'expression : “ Elle est devenue la demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable ”. Comme cela est vrai que les plus exécrables de la société recherche et arborent les dehors de la profession et du cérémonial chrétiens dans certaines des différentes divisions ou sectes de Babylone. Chaque principe et chaque doctrine impurs sont plus ou moins représentés en elle. Elle est une “ cage ” qui retient bien enfermés non seulement les douces et affectueuses colombes du Seigneur, mais aussi un grand nombre d'oiseaux impurs et odieux. Parmi tous ces transgresseurs et séducteurs d'hommes et de femmes combien sont de prétendus membres de l'Eglise de Christ ! Combien d'entre eux se servent même du titre de chrétien comme d'un manteau sous lequel ils poursuivent de mauvaises intrigues ! Il est bien connu que la majorité même des criminels les plus endurcis que l'on exécute meurent dans la communion catholique romaine.

 Babylone a renfermé, à la fois, le meilleur et le pire, la fleur et la lie de la population du monde civilisé. La fleur est le petit nombre des vraiment consacrés tristement mélangé à la grande masse des prétendus chrétiens et de la lie des souillés, des criminels. Mais pendant la moisson actuelle, dans des conditions favorables, la classe, la fleur, sera séparée du reste, afin d'être préparée pour sa glorification.

169

 Pour se rendre compte de la proportion des oiseaux impurs et odieux qui sont dans et hors de Babylone, examinons le rapport officiel qui suit sur l'état de la société dans une partie du champ de blé où l'orthodoxie ” s'est vantée, pendant des siècles, de posséder un froment d'une qualité et d'une pureté supérieures et peu d'ivraie, et où “ l'Eglise ” — ainsi appelée — a été associée au gouvernement pour élaborer les lois et gouverner le peuple :

 ETAT DE LA SOCIETE EN ANGLETERRE ET AU PAYS DE GALLES

Rapport présenté au Parlement en 1873

CONFESSIONS RELIGIEUSES

POPULATION

CRIMINELS EN PRISON

Catholiques romains

Anglicans

 Dissidents (Protestants  autres que les Episcopaux

Incrédules

Juifs

TOTAUX

1.500.000

6.933.935

7.234.158

 

7.000.000

57.000

22.725.093

37.300

96.600

10.800

 

350

0

145.050

 

NOMBRE DE  CRIMINELS PAR 100.000 ÂMES

PROPORTION DES CRIMINELS

Catholiques romains

Anglicans

Dissidents

 Incrédules

Juifs

2.500

1.400

150

 5

0

1 sur 40

1 sur 72

1 sur 666

1 sur 20.000

 

 

170

 

 La Parole indique la cause d'un pareil état de choses en déclarant : “ Babylone a abreuvé tous les peuples du vin [esprit, influence] de sa prostitution ” — de son association avec le monde (Apoc. 18 : 3). De faux enseignements sur le caractère et la mission de l'Eglise et la prétention que le temps de son élévation et de son règne en puissance était venu (spécialement après ses prodigieux succès temporels et mondains au temps de Constantin quand elle prétendit être le Royaume de Dieu établi pour régner en puissance et en gloire), amenèrent dans Babylone beaucoup de personnes qui n’y seraient jamais entrées si elle avait continué à suivre le chemin étroit du sacrifice. L'orgueil et l'ambition amenèrent l'Eglise primitive à s'emparer de la puissance mondaine. Pour arriver au pouvoir il était nécessaire d'avoir le nombre et les influences du monde. Pour obtenir le nombre, lequel n'aurait pas été attiré dans les conditions présentés par la vérité, de fausses doctrines furent fabriquées qui, finalement, prirent l'ascendance sur toutes les autres, et même les vérités retenues furent défigurées et tordues. Le nombre augmenta, il atteignit même des centaines de millions, et la véritable Eglise, le froment qui n'était toujours qu'un “ petit troupeau ”, fut cachée au milieu de ces millions d'individus formant l'ivraie. Dans un tel milieu, comme, des brebis parmi les loups dévorants, le véritable Royaume de Dieu en formation souffrit la violence ; les violents le prirent de force. A l'image de leur Sauveur dont ils suivaient les traces, les vrais disciples furent méprisés, rejetés des hommes, hommes de douleur habitués à la souffrance.

 Mais aujourd'hui, aux premiers rayons du Matin millénaire, les erreurs doctrinales de la sombre nuit du passé sont dévoilées, les véritables joyaux de la vérité sont mis en lumière, c'est pourquoi une séparation complète doit intervenir entre le froment et l'ivraie. Et comme de fausses doctrines produisirent le développement anormal et impropre, ainsi le développement de la vérité dans la lumière de la moisson produira la séparation. Toute l'ivraie et quelques-uns du froment sont cependant dans l'appréhension. Il leur semble que l’écroulement de Babylone va amener le renversement de l’œuvre de Dieu, la faillite de sa cause. Il n'en est rien ; jamais l'ivraie ne fut du froment, et Dieu ne veut pas l'accepter comme tel. Il permit simplement au froment et à l'ivraie de croître ensemble jusqu'à la moisson. C'est de la “ cage ” des oiseaux impurs de Babylone que les enfants de Dieu sont appelés à sortir, afin de jouir à la fois de la liberté et d'avoir part à la lumière et à l’œuvre de la moisson, et de montrer qu'ils sont complètement affranchis des erreurs de doctrine et de pratique et d’échapper ainsi à Babylone, à ses châtiments — aux fléaux qui vont s'abattre sur tous ceux qui demeurent en elle.

171

 Ces fléaux, ou troubles, préfigurés par ceux qui s'abattirent sur la maison juive rejetée, sont dépeints dans le livre de l'Apocalypse par des symboles tellement sombres que beaucoup de chercheurs se sont fait des idées très exagérées et désordonnées à ce sujet et, par suite, ne sont pas préparés pour les réalités tout à fait imminentes actuellement. Ils interprètent souvent à la lettre les symboles et, de ce fait, ne sont pas à même de les voir s'accomplir comme ils le seront, par des mouvements, controverses, soulèvements, réactions, révolutions, etc., religieux, sociaux et politiques.

 Mais un autre détail se présente ci. Entre le rejet et la déchéance de Babylone, en 1878, jusqu'au moment où les fléaux ou troubles descendront sur ce système, il y a un bref intervalle pendant lequel les fidèles enfants de Dieu sont tous informés à ce sujet et rassemblés hors de Babylone. Ceci est clairement indiqué dans le même verset, car, avec le message “ Babylone est tombée ”, est lié l'appel : “ Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que... vous n'ayez point de part à ses fléaux [qui viennent] ”. Il est aussi parlé en symbole dans Apoc. 7 : 3 de ce même laps de temps et de cette même oeuvre qui doit s'accomplir pendant sa durée. Le messager de la colère reçoit l'ordre suivant : “ Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons SCELLE au front les esclaves de notre Dieu ”. La marque du sceau sur le front indique que cette empreinte ou ce sceau est une compréhension mentale de la vérité qui séparera et distinguera les serviteurs de Dieu d'avec les serviteurs et les adorateurs de Babylone. Ceci est d'accord avec le témoignage de Daniel disant : “ Aucun des méchants [infidèles à leur alliance] ne comprendra, mais les sages [de ton peuple] comprendront ” (Dan. 12 : 10). Ainsi, les classes d'individus doivent être marquées et séparées avant que les fléaux s'abattent sur Babylone, rejetée, déchue.

172

 Cette connaissance est à la fois un instrument de scellement et de séparation comme cela est clairement impliqué dans le verset précédemment considéré, car il y est dit tout d'abord : “ Babylone est tombée ”, et certains fléaux ou châtiments viennent sur elle avant qu'il soit attendu des enfants de Dieu qu'ils obéissent au commandement : “ Sortez du milieu d'elle ”, basé sur cette connaissance. Nous savons en effet que tous doivent être bien “ marqués au front ” — avoir été informés intelligemment du Plan de Dieu — avant d'apprécier exactement ce commandement et d'y obéir.

 N'est-il pas apparent que cette oeuvre même consistant à sceller les serviteurs de Dieu progresse rapidement ? N'avons-nous pas la marque du sceau sur nos fronts et cela également au propre temps ? Ne sommes-nous pas conduits pas à pas, par la propre main de Dieu — par sa Parole — à une appréciation de la vérité et des choses en général, selon sa manière de voir, changeant nos anciennes opinions et idées de provenances diverses sur maints sujets ? N'est-il pas vrai que ce scellement ne provient pas des enseignements des sectes ou confessions de Babylone qui nous ont entravés, et ont retardé son plus rapide accomplissement ? N'en voyons-nous pas la convenance et celle de la déclaration du Seigneur qu'une séparation du froment et de l'ivraie, doit s'accomplir pendant la moisson ? Ne voyons-nous pas que son plan est de révéler toutes ces choses à ses fidèles, et alors de s'attendre à les voir démontrer leur ardente sympathie pour ce plan en y obéissant promptement ? Qu'importe si, pour obéir et sortir nous devons perdre la considération des hommes, un salaire important, des appuis financiers dans nos affaires, notre paix domestique et d'autres choses encore ? Que craindrions-nous donc ? Celui qui nous dit : “ Viens ! ” est le même qui dit à Pierre “ Viens ! ” quand il marchait sur la mer. En obéissant à cet ordre, Pierre aurait sombré si le bras du Seigneur ne l'avait retenu ; or, c'est ce même bras qui maintenant soutient tous ceux qui, à son ordre, sortent de Babylone. Ne regardons pas à la mer agitée des difficultés mais regardons directement au Seigneur et ayons bon courage.

173

 Le commandement est, viens, et non pas, va parce qu'en sortant de notre esclavage aux traditions, aux credo, aux systèmes et aux erreurs des hommes, nous venons directement à notre Seigneur pour être enseignés et nourris par Lui, pour être fortifiés et façonnés afin de faire toute sa volonté, et pour rester debout et pour ne pas tomber avec Babylone.

174

 La Parole de Dieu montre que l'Eglise nominale, après être tombée et déchue de la faveur et de son rôle de porte-parole (Apoc. 3 : 16), tombera graduellement dans une condition d'incrédulité ; en fait, la Bible finira par être mise entièrement de côté bien que nominalement on la conservera toujours ; et les spéculations philosophiques de toute nature deviendront les véritables articles de foi. Seuls les fidèles marqués du sceau échapperont à une telle chute, car ils seront “ estimés dignes d'échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de tenir ” — de ne pas tomber au temps de la présence du Seigneur (Luc 21 : 36). Il est certain que beaucoup de personnes sont déjà dans une triste situation spirituelle ; elles ont conservé quelque forme d'un culte superficiel, une certaine foi en un Créateur et en une vie future, mais elles considèrent toutes ces choses principalement au travers de philosophies et de théories humaines personnelles ou autres et ne voient pas que. la Bible est l'instructeur infaillible des desseins de Dieu. Tout en conservant la Bible, elles ne croient plus à ses récits, et spécialement à celui d'Eden et  de la chute. Ces gens s'attachent encore au nom de Jésus, elles l'appellent le Christ et le Sauveur, mais elles le considèrent simplement comme un homme exemplaire, excellent mais non infaillible, et rejettent totalement son sacrifice pour notre rançon — sa croix. Soutenant que la paternité de Dieu s'étend aux pécheurs, elles repoussent à la fois la malédiction et le Rédempteur.

 On a, d'une manière générale, omis d'observer qu'au premier avènement, le ministère de Jésus, durant trois ans et demi, jusqu'au rejet de la nation judaïque (leur Eglise et leur nation étant une) fut une épreuve ou un test de cet Etat ou système dans son ensemble plutôt que de ses membres individuels. La classe ecclésiastique des sacrificateurs, pharisiens et scribes, représentait l'ensemble de ce système. Eux-mêmes prétendaient ainsi représenter le judaïsme (Jean 7 : 48, 49), et le peuple admettait la chose ; aussi comprenons-nous toute la force de la question suivante : “ Y a-t-il quelqu'un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ? ” Notre Seigneur les reconnaissait ainsi. Il réprimanda rarement le commun peuple de ne pas l'accepter, mais à maintes reprises, il en rejeta la responsabilité sur les “ conducteurs aveugles ” qui ne voulaient ni entrer dans le Royaume, ni permettre non plus au peuple, qui, autrement, aurait accepté Jésus comme Messie et comme Roi, de le faire.

175

 Notre Seigneur chercha constamment à éviter la publicité ; il ne voulait pas que ses miracles et ses enseignements soulevassent le peuple, de peur qu'il ne le prît de force et ne le fît roi (Jean 6 : 15). Toutefois c'est au clergé juif que Jésus présenta constamment les témoignages ou preuves de son autorité et de sa qualité de Messie, jusqu'au moment où leur mise à l'épreuve, comme nation-église étant terminée, leur maison — ou système — fut rejetée, “ laissée déserte ”. A partir de ce moment-là, sous sa direction et sous les enseignements des apôtres, tous les efforts se portèrent vers le peuple individuellement, et le système église rejeté et ses chefs furent, comme tels, totalement ignorés.

 Comme preuve que, durant son ministère et jusqu'à ce que leur système fût rejeté, les docteurs de la loi et les sacrificateurs le représentaient, remarquons l'attitude du Seigneur vis-à-vis du lépreux purifié, telle que la définit Matthieu 8 : 4. Jésus lui dit : “ Prends grade de ne le dire à personne mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu'il LEUR serve de témoignage. La preuve, ou témoignage, devait être cachée un certain temps au peuple ; par contre, elle devait être donnée de suite à leurs “ chefs ” qui représentaient l'Eglise judaïque dans l'épreuve en cours.

176

Nous devons noter spécialement le but et les résultats de l'épreuve de l'Eglise juive en tant que système, à cause de leur répercussion comme types sur l'épreuve actuelle de l'Eglise de l'Evangile, et de leur apparentement avec tout le plan de Dieu. Conformément aux promesses de Dieu, les Juifs prétendaient être le peuple prépare pour recevoir le Messie, peuple qu'il organiserait, auquel il donnerait le pouvoir, le dirigerait et dont il se servirait comme son “ propre peuple ” pour bénir toutes les autres nations de la terre en les amenant toutes à une pleine connaissance de Dieu et à ses possibilités de rentrer en harmonie avec ses justes lois. Dieu savait d'avance qu'Israël selon la chair ne serait pas digne de la haute position offerte dans cette grande oeuvre. Néanmoins, Dieu leur accorda toutes les occasions et tous les avantages comme s'Il avait ignoré les résultats. Dans l'intervalle, Il révéla sa prescience dans des exposés prophétiques qu'ils ne pouvaient pas comprendre, de peur que nous supposions qu'il avait échoué dans ses transactions avec le peuple juif.

 Aussi longtemps qu'Israël, comme nation-église, prétendit être prêt et désireux d'accomplir sa part dans le programme divin, il n'était que juste qu'il fût mis à l'épreuve avant que l'étape subséquente du plan de Dieu prenne effet. Lorsque la postérité charnelle d'Abraham eût échoué dans son épreuve perdant le principal honneur qui lui avait été promis et qu'elle recherchait, alors commença la partie suivante du plan de Dieu, celle de l'élection ou sélection, pendant l'Age de l'Evangile, de quelques individus dignes du grand honneur d'être la postérité promise d'Abraham et cohéritiers avec le Messie dans le Royaume promis, dont l’œuvre serait de régénérer et de bénir toutes les familles de la terre. — Gal. 3 : 16, 27-29,14.

177

 Les “ soixante-dix semaines (490 ans) de faveur divine promises au peuple juif devaient s'accomplir ; c'est pourquoi, ni Gentils, ni même Samaritains, ne pouvaient être invités à devenir des disciples, ni à être associés en aucune façon au Royaume que Christ et les apôtres prêchaient (Act. 3 : 26). “ C'est à vous premièrement qu'il fallait annoncer la Parole de Dieu [ou invitation d'avoir part au Royaume] ”, déclara Paul aux Juifs (Act. 13 : 46). Le Maître avait déjà dit lorsqu'Il envoya ses disciples : “ Ne vous en allez pas sur le chemin des nations et n'entrez dans aucune ville de Samaritains ; mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël ! ” Et encore : “ Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël ”. — Matth. 10 : 5 ; 15 : 24.

Christ mourut au milieu de la “ soixante-dixième semaine ” de sept ans qui commença avec le début de son ministère et se termina le jour où Pierre fut envoyé prêcher à Corneille, le premier Gentil converti. Cette semaine avait été spécialement disposée dans l'arrangement de Dieu pour l'épreuve d'Israël. Mais au lieu d'éprouver la nation dans son ensemble (comme nation-église) pendant ces sept ans, l'épreuve fut “ abrégée en justice ”, autrement dit, non à leur désavantage, mais à leur avantage. Il est certain, en effet, qu'aux yeux de Dieu et des hommes, ce furent les pharisiens, les sacrificateurs et les scribes qui, non seulement rejetèrent Jésus, mais finirent même par le haïr et cherchèrent à le faire mourir ; c'est pourquoi, quand le temps fut venu pour Jésus de se présenter publiquement comme Roi, s'avançant vers eux sur le petit d'une ânesse, il ne fut pas accepté par les représentants de la nation-église ; alors le Roi désavoua vite ce système, bien que le commun peuple L'eût accepté avec joie, voulant Le reconnaître comme Roi (Marc 12 : 37). C'est donc à ce moment-là que le Seigneur abrégea la première épreuve, devenue inutile, afin que le reste de la “ soixante-dixième semaine ” fût consacré spécialement et exclusivement à l'épreuve du peuple, des individus de ce système rejeté, avant que les ministres de la nouvelle dispensation  puissent aller porter l'Evangile aux nations. Et il en fut ainsi, car après sa résurrection, notre Seigneur avait déclaré à ses disciples que leurs efforts ne seraient plus désormais limités aux Juifs seuls, mais seraient exercés au bénéfice de “ toutes les nations ”, ajoutant particulièrement “ en commençant par Jérusalem ” (Luc 24 : 47). Il savait bien que les conceptions juives de ses disciples les empêcheraient d'aller vers d'autres que les Juifs, avant qu'il eût ouvert la voie, au temps marqué, comme Il le fit à la fin de leur faveur par l'envoi de Pierre vers Corneille. Depuis ce moment-là, les Juifs et les païens ont eu à titre individuel, le privilège d'avoir une part égale à la faveur de Dieu, étant devenus, les uns et les autres, acceptables par Dieu en et par Christ ; car, dans le présent appel, il n'y a pour Dieu “ aucune différence ”, la différence défavorable au Juif étant son propre préjugé contre l'acceptation, comme un don par Christ, des bénédictions qui lui avaient été offertes autrefois à la condition d'obéir réellement à l'esprit et à la lettre de la loi de Dieu, ce qu'aucun humain déchu ne pouvait faire.

178

 Cette “ soixante-dixième semaine ”, avec toutes les particularités de l'épreuve d'Israël selon la chair, servit non seulement à éprouver ce système, mais aussi et spécialement à nous donner une représentation typique d'une épreuve analogue de l'Eglise nominale de l'Age de l'Evangile, ou Israël selon l'esprit appelé la “ chrétienté ” et “ Babylone ” pendant sept années correspondantes qui commencèrent la moisson de l'Age de l'Evangile, période allant d'octobre 1874 à octobre 1881. La “ Chrétienté ” ou “ Babylone ” prétend connaître la faillite de son prototype, Israël selon la chair. Elle prétend être la véritable semence spirituelle d'Abraham, être prête et désireuse de convertir le monde païen, de gouverner selon la justice, d'enseigner toutes les nations et de les bénir, toutes choses que le système judaïque prétendait aussi faire. L'âge actuel est semblable à l'âge typique, également, dans le fait que les conducteurs d'alors avaient en général, fini par considérer les promesses de la venue d'un Messie comme des expressions figurées ; seule la partie la plus commune du peuple attendait un Messie personnel. Les gens instruits parmi eux ne croyaient pas à un Messie individuel ; ils espéraient que leur nation-église triompherait des autres, grâce à ses lois supérieures, et ils croyaient que, de cette manière, pourrait s'accomplir tout ce que le commun peuple pensait devoir être accompli par un Messie personnel. (Ce point de vue est encore celui des Juifs “ cultivés ”  d'aujourd'hui ; les éducateurs juifs, ou rabbins, interprètent les prophéties messianiques en les appliquant à leur nation-église, et non à un Sauveur individuel du monde. Ils croient même que les prophéties qui ont trait aux souffrances de Christ s'appliquent en réalité à leurs propres souffrances comme peuple). Mettant à exécution leur théorie, les Juifs envoyèrent des missionnaires dans le monde pour le convertir à la loi de Moïse ; c'est ainsi qu'ils croyaient arriver à “ bénir toutes les familles de la terre ”,  sans le secours d'un Messie personnel. Ils étaient allés si loin dans ce domaine que notre, Seigneur leur en fit la remarque disant : Vous parcourez la mer et la terre pour faire un prosélyte ”.

180

 Aujourd'hui, la théorie de la “ chrétienté ” nominale est analogue à celle des Juifs. Lorsqu'on attire l'attention des gens du peuple sur le fait que notre Seigneur a promis de revenir et que les apôtres et les prophètes ont prédit que le Millénium ou Temps du Rétablissement de toutes choses (Act. 3 : 19-21), serait le résultat de la Seconde venue du Seigneur, ils sont tout disposés à accepter la vérité et à s'en réjouir, exactement comme le fit une classe similaire à la première venue. Mais, aujourd'hui, comme il y a dix-huit siècles, les conducteurs spirituels et les dirigeants du peuple ont des idées plus avancées (?). Ils prétendent que les promesses de félicité millénaire, de paix sur la terre et de bonne volonté parmi les hommes, peuvent être et seront réalisées par leurs efforts, leurs missions, etc., sans la venue personnelle du Seigneur Jésus ; et ainsi annulent-ils les promesses du second avènement et du Royaume qui vient.

 Les principaux prêtres et conducteurs spirituels d'aujourd'hui, le “ clergé ” de la “ chrétienté ” se trompent eux-mêmes et trompent le peuple ; ils prétendent et, en apparence, croient que les efforts de leurs missions sont sur le point de réussir et qu'ainsi, sans le Seigneur, ils ne tarderont pas à apporter dans le monde toutes les bénédictions millénaires dépeintes dans les Ecritures.

 Le fondement de cette chimère repose en partie sur le fait que l'augmentation de la connaissance et le “ courir ” çà et là sur la terre qui accompagnent le “ Jour de Sa préparation ” ont favorisé tout spécialement le commerce des nations civilisées et accru la prospérité du monde. Babylone s'attribue froidement le mérite de ces progrès, déclarant qu'ils proviennent de ses influences christianisantes et vivifiantes. Babylone montre avec fierté la “ nation chrétienne de Grande-Bretagne et elle déclare que sa richesse et sa prospérité sont dues à ses principes chrétiens. Mais quels sont les faits ? Tous les progrès accomplis par cette nation ou par n'importe quelle autre nation, l'ont été dans la mesure où elles se sont efforcées de rejeter le joug de l'oppression de Babylone. Plus la Grande-Bretagne s'est débarrassée des chaînes de l'asservissement papal et plus elle a prospéré ; et dans la mesure où elle continua à soutenir et à être influencée par elles, les doctrines papales de l'union de l'Egidius et de l'Etat, de l'autorité oppressive divinement instituée du roi et du clergé, et de se soumettre à la tyrannie de l'égoïsme et de la rapacité, dans cette mesure, elle se dégrada.

181

 La soif de l'or, l'ambition de la puissance amenèrent par force l'ouverture à regret des ports des pays païens au commerce des nations soi-disant chrétiennes. L' Angleterre et l'Allemagne purent ainsi exporter leur rhum et leur opium et les Américains leur whisky et leur tabac. L'amour de Dieu et la bénédiction des nations païennes ne tenaient aucune place dans ces efforts. Voici à cet égard un petit fait d'histoire courante qui devrait réveiller la conscience des prétendues nations chrétiennes, si toutefois elles en ont une. L'Emir mahométan de Nupé, dans l'Afrique occidentale, a envoyé récemment le message qui suit à l'évêque Crowther, de la mission du Niger :

 “ Ce que j'ai à dire est court ; il s'agit du barasa [rhum]. Le rhum, le rhum, le rhum ! Il a ruiné notre pays, il a beaucoup ruiné nos gens, il les a rendus fous. Je vous en supplie, Malam Kip n'oubliez pas ce message, car nous vous en prions, qu'il  [Crowther] demande aux grands prêtres [ le Comité de la Société des Missions de l'Eglise anglicane ] de prier la reine d'Angleterre [qui est le chef de l'Eglise anglicane] d'interdire l'introduction du barasa dans ce pays.

182

 “ Pour l'amour de Dieu, pour l'amour du prophète ! Au nom de Dieu et du prophète qui est son messager, il doit nous aider dans une telle situation, dans cette question du barasa ! Dites-lui que Dieu le bénisse dans son oeuvre ! Voilà le message qui sort de la bouche de Maliké, Emir de Nupé. ”

 Commentant ceci un journal baptiste remarque :

 “ Cet humble monarque nègre manifeste dans sa lettre qu'il porte à ses sujets un intérêt tel que n'en ont jamais porté des monarques et des gouvernements chrétiens. En effet, aucun chef d'Etats européen et chrétien, aucun président des Etats-Unis, n'ont jamais adressé un appel aussi émouvant en faveur de leur peuple. Dans tous les discours d'ouverture des Parlements, dans tous les messages présidentiels, on n'a jamais rien trouvé de semblable. Nos dirigeants chrétiens devraient en être honteux ! Le lucre, la maudite soif de l'or, voilà la loi des exportateurs, et ces derniers sont les favoris et les maîtres des gouvernements. ”

 Nous nous demandons alors : Pourquoi ces gouvernements se disent-ils chrétiens ? La gouvernement des Etats-Unis ne fait d'ailleurs pas exception à cette règle bien que tant de gens persistent à le dénommer gouvernement chrétien alors que, avec raison, il ne reconnaisse pas ce titre immérité, malgré que des sectaires zélés l'engagent à le faire. On exporte continuellement de Boston d'énormes cargaisons du rhum pour l'Afrique ; le gouvernement ne s'y oppose nullement, il le permet entièrement ; n'accorde-t-il pas d'ailleurs à des milliers de personnes des licences pour fabriquer et vendre à ses propres citoyens eux-mêmes la terrible “ eau de feu ” rendue doublement nuisible et séduisante par ce qu'on appelle la rectification, c'est-à-dire par son mélange légal avec les poisons les plus violents ? Ces choses et beaucoup d'autres sont approuvées et autorisées par des hommes d'Etat “ chrétiens ” et par des monarques de nations prétendues chrétiennes dans le but d'obtenir des revenus, car c'est une des méthodes les plus aisées pour faire contribuer le peuple aux dépenses nécessaires du gouvernement. Une telle manière d'agir est certainement une prostitution du degré le plus bas et le plus vil. Tout homme qui réfléchit doit comprendre combien le terme chrétien est déplacé lorsqu'on l'applique même au meilleur des gouvernements actuels. Le fait d'avoir voulu appliquer le nom de chrétien aux caractères des “ royaumes de ce monde ” dirigés par le “ prince de ce monde ”, par Satan, et imprégnés de “ l'esprit du monde ”, a rendu perplexes tous les vrais cœurs chrétiens, par l'erreur de supposer que les gouvernements actuels du monde sont à un titre quelconque le Royaume de Christ.

183

 Voici ce que nous lisons dans la Contemporary Review, sous la signature du chanoine Farrar :

 “ La rapacité de la traite des esclaves d'autrefois a été suivie par la rapacité plus avide et plus ruineuse du vendeur d’alcool. Nos pères avaient délivré l'Afrique du joug du fouet nous, nous avons soumis les races nègres un à joug de scorpions. Nous avons ouvert au commerce les fleuves de l'Afrique uniquement pour y déverser des torrents d'alcool dévastateur et aucun des fleuves de l'enfer n'est davantage teinté de sang ou maudit. La conscience de la nation est-elle morte ? ”

 Non ! répondons-nous. La nation ne fut jamais chrétienne et, par conséquent n'eut jamais une conscience chrétienne ou un esprit chrétien. Le plus que l'on peut dire, c'est que la lumière des véritables enfants consacrés de Dieu a éclairé, affiné le sentiment publie des nations dans lesquelles ils “ brillent comme des flambeaux ” et cela a conduit à une certaine mesure de réforme morale.

184

 D'une manière analogue, on a vu les mêmes gouvernements chrétiens (?) imposer à la Chine et au Japon un hideux trafic analogue, malgré les protestations de ces derniers. En 1840, la Grande-Bretagne entreprit une guerre appelée “ Guerre de l'opium ”, avec la Chine pour obliger le gouvernement chinois qui souhaitait protéger son peuple de ce terrible fléau, à recevoir cet article. Le résultat de la guerre fut favorable au parti de Satan dans cette affaire. Les navires de guerre britanniques détruisirent des milliers de vies et de maisons, et obligèrent les hommes d'Etat de la Chine païenne à ouvrir leur empire à la mort lente de l'opium — le poison toxique de la Chine. Le revenu net de cette drogue pour le gouvernement britannique, déduction faite des gros frais de recouvrement, totalisait, d'après les rapports officiels publiés en 1872 plus de 37.000.000 de dollars (185.000.000 de francs d'alors) pour l'année précédente. Ces 37.000.000 de dollars annuels étaient la cause inspiratrice de cette guerre, le contraire même de l'amour du bien-être présent ou futur des Chinois. La clause du traité prévoyant la protection des missions chrétiennes n'était qu'un morceau habilement jeté pour apaiser les consciences des gens amis De la justice — pour faire paraître un grand crime comme une grâce obligeamment accordée. Le traité signé à la fin de la guerre ouvrit librement certains ports au commerce britannique ; des traités semblables avec d'autres nations suivirent, et certains effets bénéfiques en découlèrent. L'un de ceux-ci fut l'ouverture de la Chine aux influences de la civilisation. Mais si quelques véritables chrétiens vinrent enseigner aux Chinois certains principes de justice, il ne faut pas imputer ce fait au crédit de la nation britannique qui n'avait qu'un objectif, le commerce, et qui, par amour de l'or, et non pour le bien des Chinois ou pour la gloire de Dieu, avait entrepris une guerre injuste et impie contre un peuple moins habile dans l'art diabolique.

185

 En même temps que d'autres vices, la “ chrétienté ” a enseigné aux païens les pires formes de l'idolâtrie de soi-même, l'idolâtrie de la richesse et de la puissance pour lesquelles des hommes et des nations se prétendant chrétiens n'hésitent pas à se dépouiller les uns les autres, à se nuire, et même à s'entre-tuer. La chrétienté a aussi, dans toutes les langues, appris aux païens le blasphème et le sacrilège, car chaque équipage de navire de toutes les nations dites chrétiennes, blasphème le nom de Christ. Cependant, si telle a été l'influence des prétendues nations chrétiennes, de leur sein sont sortis de nobles missionnaires de la croix, certains de vrais serviteurs de Dieu, et aussi d'autres moins nobles, en petit nombre, il est vrai, serviteurs des hommes pour annoncer Christ aux païens et leur montrer la véritable civilisation.

 Ce ne sont pas les véritables missionnaires mais plutôt les chefs optimistes des sociétés missionnaires résidant en Europe qui n'ont souvent qu'une faible idée de la véritable situation en pays étrangers, qui ne s'en intéressent souvent que bien peu et dont les opinions sont basées surtout sur le chiffre des grandes sommes collectées et dépensées annuellement. Ils pensent que le monde païen est près d'être convertir et que leurs efforts vont finir par amener les bénédictions millénaires promises, sans la seconde venue du Seigneur. Les missionnaires qui sont allés dans le champ même montrent souvent un grand découragement, sauf ceux qui conservent opiniâtrement une espérance hors de toute proportion avec les résultats acquis et avec le sobre sens. Ainsi, un de ces derniers — Le Rév. J. C. R. Ewing, D.D. qui avait travaillé neuf ans comme missionnaire aux Indes, reconnut au cours d'un discours à l'Association chrétienne de Jeunes Gens de Pittsburg (Pie.) qu'actuellement la civilisation et le travail missionnaire non seulement abattaient les religions païennes mais détruisaient aussi toute foi religieuse, transformant les païens en incrédules. Mais ce missionnaire espérait fortement que la prochaine étape amènerait les incrédules au christianisme. Cette espérance est certainement déraisonnable, comme nous le voyons par la longue expérience acquise ici dans les pays civilisés. Voici un extrait de son discours tiré de la presse ; (*) (*)Cet extrait n'a pas été traduit dans les éditions françaises antérieures. Trad.

186

 “ L'Inde doit plus aux influences directes et indirectes du christianisme qu'à toute autre chose. Ce dernier a fait beaucoup pour détrôner la vieille idée de dieux matériels, et pour édifier à la place l'idée d'un seul Dieu suprême, telle que l'ont les peuples de l'Occident [Europe et Amérique]. [Cet exposé serait plus exact en déclarant qu'ils reçoivent l'idée, commune a l'athéisme, que la Nature est le seul Dieu suprême].

 “ Parmi les 263.000.000 de gens de ce pays, il y a 10.000.000 de jeunes gens qui parlent la langue anglaise et sont instruits dans les idées qui nous sont enseignées en Occident. Ceux de la caste la plus élevée sont tout à fait experts dans la littérature, la religion et les sciences qui sont la base de la culture des gens de ce pays. La vieille idée d'un Dieu vengeur qu'il faut apaiser par de nombreux dons et beaucoup de prières, a fait place à l'esprit moderne d'incrédulité. Les hommes instruits de l'Orient ne croient plus dans les dieux de leurs pères. Ils les ont abandonnés pour toujours, et les ont remplacés par les enseignements du colonel Robert G.Ingersoll, de Paine, de Voltaire, de radlaugh et de tous autres instructeurs athées et panthéistes. Cet âge sceptique disparaîtra bientôt, et de même que l'Occident a donné à l'Inde ses idées, il lui donnera sa religion du Dieu chrétien.

187

“ Les jeunes gens de l'Inde sont bien instruits, observateurs sagaces, intelligents, bien informés dans toutes les affaires des autres nations, et, aussi étrange que cela puisse paraître, bien au courant de notre Bible. En vérité, ils la connaissent si bien que seul un homme parfaitement versé dans ses enseignements et avec la théologie chrétienne peut espérer répondre avec succès à toutes les objections qu'ils lui opposent. L'idée populaire qu'un missionnaire est assis à l'ombre d'un arbre et enseigne des sauvages nus, rassemblés autour de lui est passée de mode. Dans l'Inde le missionnaire rencontre des gens intelligents et instruits, et il doit être bien compétent pour les influencer. Outre leur intelligence, ils sont beaux, aimables, courtois, distingués, et traitent tous les étrangers avec la plus grande considération et le plus grand respect. ”

 Les faits constants que ce monsieur cite n'autorisent certainement pas ses espérances déraisonnables. Il est certain que l'expérience a prouvé que les arguments embrouillés des sectes dont les erreurs défigurent et vicient toute vérité qu'elles possèdent ont rarement converti les sceptiques honnêtes ou railleurs. Il n'y a que des aveugles qui ne peuvent voir sûrement que si le milliard de païens de la terre était converti à la condition des quatre cent millions (*) d'âmes de la prétendue chrétienté, la question resterait ouverte comme elle l'était à la fin de l'âge judaïque (Matth. 23 : 15), à savoir s'ils ne seraient pas deux fois plus propres à la destruction qu'ils ne l'étaient dans leurs superstitions païennes primitives. Aucune personne saine d'esprit ne pourrait sûrement prétendre que la conversion du monde à la condition de la chrétienté répondrait à la description faite de la paix et de la bonne volonté prédites par les prophètes pour le Millénium et brièvement résumées dans la prière “ Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ”. Luc 11 : 2. (*) De ces 400 millions, les catholiques romains et grecs en revendiquent 280, tandis que les protestants en revendiquent pour eux 120.

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 Il ne faut donc pas être surpris que le Seigneur ait désavoué cette masse de quatre cent millions d'individus, qui prétendent constituer l'Eglise de Christ, qui disent être son Royaume ou la “ chrétienté ”, laquelle est appelée par le Seigneur du nom plus approprié de Babylone (mélange, confusion). Il n'est pas étonnant non plus qu'avec leurs conceptions du Royaume de Christ, sur le mode de son établissement et sur les effets qu'il aura sur le monde, ce dernier ne soit pas préparé pour le véritable Royaume, soit mal disposé, peu désireux de recevoir le nouveau Roi ; c'est pour des raisons analogues que les dirigeants de la maison type ne furent pas préparés à la première venue. On ne peut non plus douter que ces empereurs, ces rois et ces princes qui actuellement emploient leur influence et leur pouvoir pour leur gloire personnelle et qui équipent et maintiennent des millions d'hommes armés pour se protéger et se permettre de continuer leurs extravagances impérialistes et conserver leurs positions seigneuriales préféreraient voir massacrer des millions d'individus, voir d'autres millions de femmes et d'enfants devenir respectivement veuves et orphelins plutôt que de renoncer à leurs avantages et à leurs privilèges actuels. Il n'est donc pas étonnant que tout ce monde-là ne désire pas, n'attend pas le Royaume, tel qu'il est promis dans les Ecritures ; ils n'y croient pas ; comment peuvent-ils admettre un Royaume dans lequel les grands, les orgueilleux, les puissants seront abaissés et les humbles élevés jusqu'au niveau général convenable assigné aux humains dans ce Royaume ? Il n'y a rien d'étonnant que ceux qui ont une sympathie quelconque pour l'oppression sous toutes ses formes, politique, capitaliste, patronale ou socialiste soient lents à croire à un Royaume de justice, dans lequel toute injustice et tout abus seront interdits, car ces gens espèrent conserver et obtenir encore d'injustes avantages et privilèges sur leurs semblables. Pouvons-nous donc être étonnés si tous ceux-là sont lents à croire au Royaume qui est proche, à nos portes ?

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 Est-il surprenant que les grands, les principaux prêtres et les conducteurs de la “ chrétienté ”, qui tous dans leur secte ou quartier respectif cherchent à satisfaire leur intérêt (Esaïe 56 : 11), ne reconnaissent pas le présent Roi spirituel et le rejettent comme le firent les instructeurs de la maison d'Israël selon la chair. Le Seigneur rejeta alors Israël selon la chair, lui enleva sa faveur, jeta dans un feu de détresse la plupart des “ branches naturelles ” de l'olivier, ne conservant comme branches que les seuls véritables Israélites. Ne voyons-nous pas dans la moisson de l’age actuel, la même sagesse mettre à l'épreuve “ les branches sauvages ” (Rom. 11 : 21, 22), et retrancher de sa faveur et de la graisse de la racine [la promesse abrahamique] la grande masse de branches nominales dont le caractère, les aspirations et les dispositions sont étrangers à Dieu, sauvages même, n'ayant rien de commun avec la promesse et le Plan de Dieu représentés par la racine ?

 Il n'est pas étrange que, dans la moisson actuelle, se produise la séparation entre les véritables et les prétendus chrétiens, comme cela eut lieu dans la moisson judaïque lorsque les vrais Israélites furent séparés des Israélites de nom seulement. C'est bien cela, et cela seulement que nous pouvions raisonnablement voir s'accomplir, même s'il n'y avait eu aucune révélation de Dieu pour nous dans Sa Parole exposant le fait du rejet de la masse comme Babylone. — Comparer Rom. 11 : 20-22 et Apoc. 3 : 16 ; 18 : 4.

 Le rejet de Babylone (la “ chrétienté ”), en 1878, fut le rejet de la masse des prétendus chrétiens — de “ l'armée ”, selon l'expression de Daniel, qui les différencie ainsi d'avec le sanctuaire ou classe du temple. La classe du sanctuaire ne sera pas abandonnée, ni laissée déserte. Non, grâces soient rendues à Dieu, le sanctuaire sera glorifié ; la gloire de l'Eternel est de remplir son temple, lorsque sa dernière pierre vivante aura été polie, acceptée et mise en place (1 Pi. 2 : 5, 6). Nous avons vu comment une telle classe du sanctuaire a existé pendant tout l'âge, comment elle fut souillée, ses vases précieux (doctrines) profanés, et comment elle fut purifiée graduellement de l'erreur. C'est cette classe qui avait toujours été la véritable Eglise même lorsque, dans une certaine mesure, les systèmes nominaux étaient encore reconnus et utilisés quelque peu. Après le rejet des systèmes nominaux, cependant, maintenant comme dans la moisson judaïque, la véritable Eglise ou classe du sanctuaire est seule reconnue et utilisée par Dieu pour être son porte-parole. Caïphe, un souverain sacrificateur d'Israël selon la chair, fut employé par Dieu pour enseigner aux Juifs une grande leçon qui était aussi une prophétie, quelques jours seulement avant le rejet de ce système (voir Jean 11 : 50, 51, 55 ; 18 : 14). Par contre les Ecritures ne disent nullement qu'après son rejet, Dieu se servit encore de cette nation-église, de ses dirigeants et représentants, ni qu'Il les reconnut. Il en est de même à l'égard de Babylone. Elle a été “ vomie de la bouche” du Seigneur, et ni la voix de l'Epoux, ni celle de l'épouse ne seront plus jamais entendues chez elle. — Apoc. 18 : 23.

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 C'est en vain que certaines personnes essaient de plaider la bonne cause de leur quartier (ou secte) de Babylone, et tout en admettant l'exactitude de la description de Babylone dans ses grandes lignes, elles prétendent que leur secte ou leur assemblée particulière fait exception au caractère général de Babylone ; et que, par suite, il n'est pas possible que l'Eternel puisse les inviter à en sortir formellement et publiquement, comme elles y étaient entrées autrefois.

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Que ceux-là considèrent que nous sommes aujourd'hui au temps de la moisson, ou de la séparation, et se souviennent que notre Seigneur nous dit expressément de sortir de Babylone “ afin que vous ne participiez point à ses péchés ”.  Considérez, encore, pourquoi Babylone est ainsi nommée : évidemment, à cause de ses nombreuses erreurs de doctrine lesquelles, mélangées à quelques éléments de vérité divine ont amené une grande confusion, et à cause du mélange des adeptes attirés par ce mélange de vérités et d'erreurs. Du fait qu'ils retiennent les erreurs au prix du sacrifice de la vérité, cette dernière est rendue vaine et sans signification. Ce péché, consistant à garder et à enseigner l'erreur en sacrifiant la vérité, est commun à toutes les sectes de l'Eglise nominale ; elles en sont toutes coupables sans exception. Où est la secte qui vous aidera à sonder diligemment les Ecritures pour croître par elles en grâce et en connaissance de la vérité ? Où est la secte qui ne gênera pas votre croissance, et par ses doctrines et par ses pratiques ? Où est la secte dans laquelle vous pouvez obéir aux paroles du Maître et laisser briller votre lumière ? Nous n'en connaissons point.

 Si certains enfants de Dieu qui sont dans ces systèmes religieux ne s'aperçoivent pas des liens qui les emprisonnent, c'est parce qu'ils n'essaient pas de faire usage de leur liberté, parce qu'ils sont endormis à leur poste du devoir, au lieu d'être des intendants actifs et des sentinelles fidèles (1 Thess. 5 : 5, 6). Qu'ils s' éveillent et essayent de se servir de la liberté qu'ils croient posséder ; qu'ils montrent aux autres membres de leur secte les points de leurs doctrines contraires au divin plan ; qu'ils leur montrent comment Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, goûta la mort pour tous, comment ce fait et les bénédictions qui en découlent seront donnés en témoignage à tout homme “ au temps marqué ”, comment, aux “ temps de rafraîchissement ”,  les bénédictions du rétablissement seront déversées sur toute la race humaine ; qu'ils montrent également le haut-appel de l'Eglise de l'Evangile, les conditions rigides imposées pour faire partie de ce corps, qu'ils montrent la mission spéciale de l'Age de l'Evangile qui devait permettre à Dieu de se choisir un peuple particulier “ qui portât son nom ” afin qu'au temps marqué il soit glorifié et règne avec Christ. Ceux qui essaieront ainsi de se servir de leur liberté pour prêcher cette bonne nouvelle de l'Evangile dans les synagogues de notre époque, ou bien convertiront des assemblées entières, ou bien soulèveront une tempête d'opposition. Ils vous chasseront sûrement de leurs synagogues, vous élimineront de leur société et diront faussement de vous toute sorte de mal à cause de Christ. Ce faisant, beaucoup d'entre eux croiront rendre service à Dieu. Mais si vous êtes fidèles, vous serez réconfortés au-delà de toute expression par les précieuses promesses d'Esaïe 66 : 5 et Luc 6 : 22 : “ Ecoutez la Parole de l'Eternel, vous qui tremblez à sa Parole : vos frères qui. vous haïssaient, qui vous rejetaient à cause de mon nom, disaient : Que l'Eternel soit glorifié [par nos actes en son honneur] ! Mais il apparaîtra à votre joie et eux seront confus ”. “ Heureux serez-vous quand les hommes vous haïront et quand ils vous chasseront et qu'ils vous insulteront, rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l'homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie, car voici votre récompense est grande dans le ciel ; car leurs pères ont fait de même aux prophètes ”. Mais, “ malheur à vous, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car leurs pères en ont fait de même aux faux prophètes ! ”

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Si ceux qui se réunissent avec vous pour le culte sont des saints, si tous sont du froment, s'il n'y a point d'ivraie parmi eux, vous avez là une assemblée remarquable, qui acceptera avec joie les vérités de la moisson. Si tel n'est pas le cas, vous devez vous attendre à ce que la vérité présente sépare l'ivraie d'avec le froment, et de plus, vous avez le devoir de présenter ces vérités mêmes qui accompliront la séparation.

 Si vous voulez devenir un des saints qui vaincront, vous devez être maintenant un des “ moissonneurs ” qui lancent la faucille de la vérité. Si vous êtes fidèles au Seigneur, si vous êtes dignes de posséder la vérité, dignes d'avoir part à l'héritage avec lui dans la gloire, vous serez heureux de travailler avec le Chef moissonneur dans la moisson présente — même si, par nature, vous êtes enclins à vous laisser vivre à votre aise dans le monde.

 Si, dans l'assemblée dont vous faites partie, il y a de l'ivraie, comme c'est toujours le cas, la situation dépendra de la majorité. Si le froment est plus nombreux, la vérité présentée avec amour et sagesse plaira à tous ceux qui en font partie et l'ivraie finira assez rapidement par s'en aller. Mais si la majorité de l'assemblée est formée par l'ivraie — comme le sont généralement les neuf dixièmes ou même davantage la présentation la plus soignée et la plus bienveillante de la vérité de la moisson soulèvera néanmoins de l'amertume et une forte opposition. Si vous persistez à annoncer la bonne nouvelle à dévoiler les erreurs depuis longtemps établies, vous serez bientôt “ rejetés ”, mis à la porte pour le bien de la cause sectaire, ou bien vos libertés seront si entravées, que vous ne pourrez pas faire luire votre lumière dans cette assemblée. Dans ce cas, votre devoir est clair et net : Donnez pleinement votre témoignage d'amour, montrant la bonté et la sagesse du Seigneur manifestées dans son grand plan des âges, puis retirez-vous d'eux publiquement en exposant vos motifs avec sobre bon-sens et avec humilité.

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Les diverses sectes de Babylone (de la chrétienté) sont asservies à des degrés divers. Certains de ceux qui repousseraient avec indignation l'esclavage absolu de la conscience et de la raison individuelles dans l'Eglise romaine sont tout à fait disposés à se laisser enchaîner par les confessions de foi et les dogmes de l'une ou l'autre des sectes protestantes et désireuses d'amener d'autres personnes dans ces mêmes liens. Il est vrai que leurs chaînes sont moins lourdes et moins longues que celles de Rome et des âges des ténèbres ; c'est déjà un progrès — une réformation en vérité — un pas de plus vers la pleine liberté, vers la condition de l'Eglise du temps des apôtres. Mais pourquoi porter encore des chaînes ? Pourquoi lier et limiter nos consciences ? Pourquoi ne pas demeurer fermes dans la pleine liberté par laquelle Christ nous affranchit ? Pourquoi ne pas rejeter tous les efforts d'humains faillibles, qui veulent enchaîner notre conscience et empêcher toute recherche ? — non seulement les efforts d'un passé lointain, des âges des ténèbres, mais les efforts des divers réformateurs d'un passé plus récent ? Pourquoi ne pas vouloir en revenir à ce qu'était l'Eglise des apôtres ? — libre de croître en connaissance, aussi bien qu'en grâce et en amour lorsque “ le temps marqué ” du Seigneur révèle de plus en plus pleinement son plan gracieux ?

 Chacun sait certainement qu'en s'unissant à une de ces organisations humaines, en acceptant sa Confession de Foi il s'engage à croire ce qui est exprimé dans cette confession, rien de plus, rien de moins. Si malgré l'esclavage ainsi accepté volontairement, il voulait penser pour soi-même et recevoir la lumière d'autres sources, et plus développée que la lumière dont jouit la secte à laquelle il s'est joint, ou bien il doit se prouver malhonnête à l'égard de celle-ci et envers son alliance avec elle de ne rien croire de contraire à sa Confession, ou bien il doit en toute honnêteté abandonner et rejeter la Confession qu'il a dépassée et sortir d'une telle secte. Pour faire cela, la grâce est nécessaire et les efforts sont coûteux, entraînant souvent la rupture de relations agréables, et le chercheur honnête de la vérité se voit sottement accusé d'être un “ traître ” à sa secte, un “ renégat ”, un “ mal affermi ”, etc. Lorsque quelqu'un se joint à une secte, son esprit est censé s'abandonner entièrement à elle et il ne lui appartient plus. La secte se charge de décider pour lui ce qui est vérité et ce qui est erreur et s'il veut être un membre fidèle, sincère et zélé, il doit accepter les décisions de sa secte, dans le futur comme dans le passé, sur toute question religieuse ; il doit ignorer ses opinions personnelles, éviter de faire des recherches personnelles, car il ne doit pas croître en connaissance, de peur que sa secte ne perde un membre de plus. Cet esclavage de la conscience, à une secte à une confession est souvent admirablement dépeint lorsque quelqu'un déclare qu'il “ appartient ” à telle secte.

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Loin d'être considérés comme des fers et des entraves, ce qu'ils sont en réalité, ces liens sont estimés et portés comme des marques de respect et des signes de caractère. La tromperie a été si forte que beaucoup d'enfants de Dieu seraient honteux d’être connus comme dépourvus de quelques-unes de ces chaînes légères ou pesantes, longues ou courtes en ce qui concerne la liberté personnelle accordée. Ils ont honte d'avouer qu'ils ne sont esclaves dans aucune secte ou confession, mais qu'ils “ appartiennent ” à Christ seulement.

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 C'est pourquoi nous voyons parfois un enfant de Dieu honnête et chercheur de vérité qui progresse graduellement, passant d'une secte à l'autre, comme un enfant passe de classe en classe dans une école. S'il est dans l'Eglise romaine, lorsque ses yeux commencent à s'ouvrir il en sort, pour tomber probablement dans quelque branche des systèmes méthodiste ou presbytérien. Si sa soif de la vérité n'est pas complètement apaisée, si ses sens spirituels ne sont pas engourdis par l'esprit du monde, vous pouvez le trouver quelques années plus tard dans quelqu'une des branches baptistes ; et s'il continue encore à croître en grâce et en connaissance, et aime la vérité, s'il apprend à apprécier la liberté par laquelle Christ nous a affranchis, il se peut que vous le trouviez bientôt en dehors de toute organisation humaine, associé simplement au Seigneur et à ses saints, lié seulement par les liens tendres mais solides de l'amour et de la vérité, comme l'Eglise primitive. — 1 Cor. 6 : 15, 17 ; Eph. 4 : 15, 16.

 Le sentiment de malaise et d'insécurité, S'il n'est pas lié par les chaînes d'une secte quelconque, est général. Il provient, à l'origine, de la fausse idée romaine, promulguée par la papauté, qu'il est nécessaire, vital même, d'être membre d'une organisation terrestre si l'on veut plaire au Seigneur et obtenir la vie éternelle. Ces diverses organisations terrestres et humaines, si différentes des simples associations sans entraves, du temps des apôtres, sont considérées involontairement et presque inconsciemment par les chrétiens comme autant de compagnies d'assurance pour le ciel ; l'on croît qu'il faut régulièrement payer, consacrer à l'une de ces compagnies, quelque argent, un peu de temps et de respect, etc., pour obtenir le repos du ciel et la paix après la mort. Avec des idées aussi fausses et aussi ancrées dans le cœur, la plupart des gens qui sortent d'une secte n'ont rien de plus pressé que de s'enchaîner à une autre secte, comme si, à l'expiration d'une police d'assurance, il fallait se dépêcher de la renouveler auprès d'une autre compagnie respectable.

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 Il n'appartient cependant à aucune organisation terrestre de garantir un passeport pour la gloire céleste. Même le sectaire le plus bigot (en dehors du catholique romain) ne prétend pas que le fait d'appartenir à sa secte procurera la gloire céleste. Tous sont forcés d'admettre que la véritable Eglise est celle dont les membres ont leur nom inscrit dans les cieux et non sur la terre. Les systèmes religieux trompent le monde en prétendant qu'il est nécessaire de venir à Christ par eux, qu'il est nécessaire de devenir membre de quelque corps ou organisation sectaire pour devenir membre du “ corps de Christ ”, la véritable Eglise. Au contraire, si le Seigneur n'a jamais refusé d'accepter aucun disciple qui vint à Lui en passant par une secte, il n'a jamais renvoyé à vide un véritable chercheur de la vérité, et il nous dit que nous n'avons pas besoin de telles entraves, que nous aurions pu venir à Lui directement et beaucoup plus aisément. Il dit : “ Venez à moi ”. “ Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi ” ; “ mon joug est doux et mon fardeau léger, et vous trouverez du repos pour vos âmes ”. Nous aurions dû avoir écouté ses avertissements plus tôt, nous aurions évité les lourds fardeaux de ces sectes, leurs impasses du désespoir, leurs châteaux du doute, leurs foires de vanité, leurs lions de l'esprit du monde, etc.

 Beaucoup de personnes, ayant toujours vécu dans les différentes sectes, sans s'informer sur ces systèmes, ne sont cependant pas entièrement asservies, elles sont restées libres de cœur et, inconsciemment, elles ont franchi les limites et les liens des confessions auxquelles elles déclarent appartenir et qu'elles appuient de leurs moyens et de leur influence. Un petit nombre de ces personnes ont reconnu les avantages de la pleine liberté ou les entraves de l'asservissement sectaire. La pleine séparation n'avait jamais été ordonnée aux fidèles avant le temps de la moisson actuelle. Maintenant on entend retentir les paroles du Seigneur : “ Sortez du milieu d'eux, purifiez-vous (de toute fausse doctrine, de toute oeuvre mauvaise) vous qui portez les vases (les vérités, doctrines) de l'Eternel. — Es. 52 : 11(*)(*) Devant le fait que certains ne comprennent pas, et que d'autres dénaturent volontairement la position de ceux qui tiennent pour le Seigneur et pour la vérité, nous avons préparé des “  Lettres de Démission ”, qu'il suffit de dater, de signer et d'envoyer. Nous fournissons lettres, enveloppes et tracts à joindre, gratuitement une pour chaque membre de l'assemblée. Demandez-nous en un exemplaire, ou autant qui peuvent être employés.

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 Déjà la cognée est mise à la racine du système chrétien nominal — Babylone, la “ chrétienté ” — comme elle le fut pour le système judaïque nominal au premier avènement. Ce grand système, que les “ oiseaux du ciel ” habitent et souillent profondément, est devenu en fait le repaire de tout oiseau impur et odieux (Luc 13 : 18, 19 ; Apoc. 18 : 2) ; il va être abattu et ne trompera plus le monde. A sa place, il y aura le véritable olivier, dont les racines sont les promesses de Dieu, dont les branches sont les vrais et fidèles consacrés de l'Age de l'Evangile dont les noms sont “ écrits dans les cieux ” ; chacun verra qu'ils sont les seuls véritables cohéritiers et la femme de l'Agneau. Apoc. 17 : 14.

 L'EPREUVE ET LE CRIBLAGE DE LA CLASSE DU SANCTUAIRE

 Sortit de Babylone est un pas et un long, vers la victoire complète, mais ce n'est en aucun sens le dernier et gardons-nous de nous reposer sur nos lauriers après chaque pas en avant dans cette voie.

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“ Au gain tu ne dois croire,

Au repos te livrer,

Tant que ton front, de la victoire,

N'ait porté le laurier.

“ Toute une foule de témoins

Vigilamment te garde :

Le chemin fait importe moins,

Mais, devant toi, regarde ! ”

 La sortie de Babylone a été généralement précédée par d'autres étapes d'obéissance, qui avaient à leur tour exercé et fortifié le caractère en vue des batailles et des victoires subséquentes. D'autres possibilités, d'autres épreuves suivent encore pour que nous ayons la possibilité d'en triompher. Paul dit à cet égard : “ Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant ; tenez-vous donc fermes et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude ” (Gal. 5 : 1). Toute personne qui comprend ce qu'est la liberté des enfants de Dieu et l'affranchissement complet des liens de Babylone, doit s'attendre à ce que le grand adversaire essaie de le mettre dans d'autres chaînes ou de le faire trébucher. Le Seigneur permet ces dures épreuves afin que la classe qu'Il choisit maintenant puisse être manifestée et préparée pour son service dans le Royaume de gloire.

 Dans la moisson judaïque, il y a un bel exemple de cette épreuve et de ce criblage préfigurant ce que nous pouvons attendre au temps actuel. Au premier avènement, notre Seigneur et ses disciples représentaient le temple ou le sanctuaire duquel il dit : “ Vous n'êtes pas tous purs ”. Lorsque Israël nominal eût été rejeté, en l'an 33, alors une dure épreuve vint frapper ceux qui représentaient le temple de Dieu, afin de séparer les purs d'avec les impurs. Pierre fut criblé et fut sur le point de succomber (Luc 22 : 31 ; Matth. 26 : 74, 75 ; Jean 21 : 15-17), mais comme il était “ pur ”, honnête de cœur, il put finalement triompher. Judas également fut éprouvé, montra qu'il était impur, disposé à vendre la vérité pour un avantage terrestre, qu'il était prêt à renier son Maître pour de l'argent, alors même qu'il l'embrassait pour faire croire qu'il l'aimait.

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 Il y a précisément ici dans cette moisson, un sanctuaire purifié auquel sont étroitement associés quelques éléments impurs. Depuis le rejet de Babylone en 1878 et l'appel qui fut adressé aux fidèles encore en elle pour en sortir, une oeuvre d'épreuve et de criblage s'est poursuivie parmi ceux qui sont sortis d'elle. Sans aucun doute, Pierre et Judas étaient des types des classes correspondantes dans la moisson actuelle, parmi ceux qui sont sortis de Babylone et ont été purifiés de beaucoup de ses souillures doctrinales — une classe de ceux qui restent fidèles au Seigneur et à la vérité, et une autre classe dont les membres se prouvent infidèles et ne cherchent plus à connaître le Seigneur, mais s'engagent dans de mauvaises et fausses doctrines, souvent pires que celles d'où ils sont sortis autrefois.

 Cette épreuve et ce criblage de ceux qui forment le temple dans la moisson actuelle, depuis 1878, furent préfigurés par l’œuvre-type de purification accomplie par notre Seigneur dans le temple-type d'Israël, après être entré comme Roi à Jérusalem et après avoir annoncé le jugement contre l'Eglise juive nominale. Après avoir déclaré à Israël que sa maison lui serait laissée déserte, Jésus se rendit au temple, qui était un type du temple véritable ou sanctuaire, il prit un fouet de cordes, chassa les changeurs d'argent et renversa les tables de ceux qui vendaient des colombes.

 Le fouet de cordes employé dans cet acte-type représentait les diverses vérités qui, dans la moisson actuelle, corrigent, éprouvent ceux qui forment la classe du temple afin de séparer les éléments impurs. Les vérités, qui maintenant se manifestent, révèlent avec clarté la parfaite volonté de Dieu, l'importance d'une pleine consécration à son service ainsi que les difficultés du chemin qu'il faut parcourir pour suivre les traces du Maître ; ceux qui se sont associés aux véritables consacrés avec des mobiles impurs sont continuellement flagellés par la vérité, jusqu'à ce qu'ils soient forcés de se séparer de la classe du sanctuaire.

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Bien que plusieurs des paraboles de notre Seigneur montrent la séparation générale de la classe du “ sanctuaire ” de “ l'armée ” ou la grande masse de la prétendue chrétienté, il y en a deux qui vont plus loin et montrent une nouvelle séparation, l'épreuve et le criblage ultérieurs de ceux qui forment le sanctuaire, la séparation des vainqueurs qui hériteront le Royaume (Apoc. 3 : 21), d'avec d'autres des consacrés honnêtes qui, vaincus par l'esprit du monde, ont négligé de sacrifier les présents avantages et honneurs des hommes en faveur des honneurs plus élevés de Dieu.

 La parabole des Dix Vierges montre, il est vrai, la classe consacrée tout entière ou des vierges, séparée d'avec Babylone, mais elle montre surtout une épreuve et une séparation qui doivent intervenir aussi dans cette classe : des vierges sages, remplies de foi, d'un amour ardent et de l'esprit de prompte obéissance d'avec les vierges folles qui laissent refroidir leur premier amour, leur esprit de zèle ardent et, par suite, se réduire leur foi et leur promptitude à obéir. Les sages vivant en pleine harmonie avec leur alliance d'entière consécration à Dieu, et veillant avec vigilance en ce qui concerne le retour promis du Seigneur, sont prêtes à apprécier le joyeux message de la moisson à reconnaître les indications prophétiques de la présence du Maître, et à supporter toutes les épreuves que le Seigneur juge bon de leur imposer pour prouver le degré de leur loyauté et de leur fidélité. Ces vierges sages qui veillent, entendent le Maître frapper à la porte à travers les paroles des prophètes annonçant sa présence ; elles acceptent avec joie les pertes et les croix actuelles et les supportent humblement à cause de la vérité, les considérant comme des indices précurseurs d'une paix, d'une joie, de la gloire et de la bénédiction à venir plus durables.

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Lorsque le frappement de la prophétie fut entendu annonçant la présence du Seigneur en automne 1874, il commença presque immédiatement à être reconnu et rapidement le cri fut poussé : “ Voici l'Epoux ! allez à sa rencontre ”. Ce cri retentit toujours et retentira jusqu'à ce que toute la classe des vierges consacrées aient entendu et jusqu'à ce que leur foi et leur loyauté aient été éprouvées par lui. Les sages, avec leur lampe (la Parole de Dieu) préparée et allumée, et de l'huile (le saint esprit) dans leur vase (leur cœur), reconnaîtront toutes la présence de notre Seigneur. Disposant leurs affaires et leur conduite en accord avec leur foi, elles iront à la rencontre de l'Epoux bien-aimé et elles prendront place avec lui au festin des noces.

 La coutume du mariage chez les Juifs constituait une belle illustration des fiançailles et du mariage de l'Eglise avec Christ, son Seigneur. Les fiançailles étaient un contrat formel réciproque avec de solennels serments de fidélité de part et d'autre. La femme demeurait chez son père jusqu'au moment où elle était conduite à la demeure de son époux, soit environ une année après les fiançailles ou mariage. La consommation de l'union consistait dans la réception de la femme par l'époux dans la demeure préparée pour elle par ce dernier ; on la célébrait par une grande fête qui durait plusieurs jours qu'on appelait la Fête Nuptiale. A une heure déterminée, l'époux allait chercher son épouse, qui l'attendait, prête à le recevoir, à le suivre dans leur future demeure et à participer à la fête qu'il avait préparée, suivie de ses compagnes qui étaient d'autres vierges portant des lampes et tous les apprêts nécessaires.

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 Dans la parabole, il n'est pas parlé de l'épouse, mais il est dit que l'Epoux vient pour les “ vierges sages ” et que celles-ci l'accompagnent et entrent avec Lui dans la salle des réjouissances préparées. Combien cette figure est appropriée et nécessaire ; en effet, l’épouse de Christ est composée de nombreux membres ou personnes fort bien représentées par les vierges sages. Les vierges folles qui recevront la lumière et l'expérience plus tard, mais ne pourront obtenir l'élévation glorieuse des “ sages ”, la classe de l'épouse fidèle, formeront la classe mentionnée dans le Ps. 45 : 14,15 (D.), comme les vierges ses compagnes qui la suivent et qui, au temps marqué, seront favorisées, mais moins hautement par le Roi.

 L'attitude des vierges sages prêtes, veillant et attendant la venue de l'Epoux, représente à propos la seule attitude convenable de la fiancée du Seigneur, l'Eglise vraiment consacrée. Une épouse qui négligerait ses préparatifs pour l'événement le plus important de sa vie, montrerait qu'elle n'est pas digne de cet honneur ; il en est de même pour l'Eglise : “ Quiconque a cette [si grande] espérance en, lui se purifie ”, S'efforce d'être dans une attitude de cœur et de vie agréable à l'Epoux, et attend et désire ardemment l'union et la fête bénies promises par celui qui a dit: “ Je vais vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi ”.

 Dans cette parabole, deux choses sont évidentes tout d'abord que cet aspect spécial de la vérité (la connaissance de la présence de l'Epoux) n'est pas destiné au monde en général, ni à l'Eglise nominale en général, mais seulement aux vierges ou classe consacrée ; ensuite, il est évident que ce message de la présence de l'Epoux causera la séparation qui éprouvera chaque membre de la classe des vierges et manifestera les sages, les fidèles et les dignes d'avec les vierges folles, infidèles.

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 Oh ! que de trésors de grâce sont renfermés dans ce glorieux message: “ Voici l'Epoux !” Jusqu'ici, c'est un grand secret connu seulement des saints, car le monde ne peut pas le recevoir. C'est une folie pour lui et il en sera ainsi jusqu'au moment où toutes les vierges auront entendu l'appel et où les sages parmi elles seront toutes entrées dans la salle des noces jusqu'à ce que “ la porte soit fermée ” et que “ le feu dévorant ” du grand temps de détresse qui s'ensuivra fasse voir (reconnaître) à chacun que le Seigneur est présent et son règne commencé.

 Avec quelle grâce royale le message de Jéhovah vient à ses humbles serviteurs et servantes : “ Ecoute, fille ! et vois et incline ton oreille, et oublie ton peuple et la maison [la parenté, les espérances, les ambitions, les projets humains] de ton père [d'Adam]. Et le Roi [le Seigneur Jésus] désirera ta beauté ; car il est ton Seigneur, adore-le ” (Ps. 45 : 10,11-D.). Quels sont donc ceux qui recevront une telle faveur ? Ce sont “ les appelés, et élus, et fidèles ”. “ La fille du Roi [la fille de Jéhovah car tel est le titre possédé par l'épouse de Christ] est toute gloire à l'intérieur ”. Sa beauté est celle de la sainteté. Extérieurement, aux yeux du monde, elle n'est pas glorieuse et comme son Seigneur dans son humiliation, elle est méprisée et rejetée des hommes. Mais il n'en sera pas toujours ainsi, et comme son Seigneur, l'ayant suivi dans l'humiliation, elle aura aussi part à sa gloire. Comme nouvelle créature, elle sera au propre temps revêtue de sa nature divine. “ Son vêtement [quand elle sera glorifiée] est de broderies d'or ” — l'or étant le symbole de la nature divine. “ Elle sera amenée au Roi en vêtements de brocart ” — dans la simple robe blanche de la propre collection du Seigneur, la robe de sa justice, sur laquelle elle aura brodé avec beaucoup de soin les magnifiques ornements des grâces chrétiennes. Grande sera la joie dans les cieux et sur la terre lorsque l'entrée dans le palais du Roi lui sera richement accordée (2 Pi. 1 : 5-8, 11). Plusieurs diront : “ Réjouissons-nous et tressaillons de joie et donnons lui gloire ; car les noces de l'Agneau sont venues et sa femme s'est préparée ” (Apoc. 19 : 7). “ Et, avec une offrande, la fille de Tyr [les puissants de la terre], les plus riches du peuple rechercheront ta faveur... Je rappellerai ton nom dans toutes les générations : c'est pourquoi les peuples te célébreront à toujours et à perpétuité. — Ps. 45 : 12-17 - D.).

205

 Combien se prouveront véritablement “ sages” les consacrés qui, laissant de côté les attraits du monde, les espérances et les valeurs terrestres, attendant le Bien-aimé et le désirant de tout leur cœur, seront prêts et jugés dignes de la grandiose élévation promise comme l'Epouse, la femme de l'Agneau.

 “ Oh ! puissions-nous, Epouse de l’Agneau

 Avoir une part de tes charmes. ”

 Puisque prendre leur lampe et suivre l'Epoux, signifie pour eux tout abandonner pour suivre Christ au temps actuel de sa présence, cela équivaut à quitter Babylone où, jusqu'alors, les vierges étaient principalement demeurées ; car la vérité manifestée à la lumière de la moisson indique clairement cette séparation du froment d'avec l'ivraie. Une préparation soigneuse de la lampe révèle ce fait aux vierges sages qui possèdent le saint esprit de consécration et d'obéissance. Celles qui possèdent cette “ huile ” auront aussi la lumière et, appréciant leur privilège, suivront joyeusement et promptement “ l'Agneau partout où il va ”.

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 Les vierges folles, au contraire, manquant d'huile, n'obtiennent pas une claire lumière au sujet de la présence de l'Epoux et étant surchargées par les soucis et les plans, etc., de la vie présente, n'approfondissent pas pleinement ce sujet, et, en conséquence, s'arrêtent, hésitent à quitter Babylone, et sont, dans une certaine mesure, indifférentes, ne croyant guère à la présence de l'Epoux. Si d'autres les pressent d'accélérer le pas, elles partent avec regret ; telle la femme de Lot, elles sont constamment disposées à regarder en arrière. C'est à celles-là que le Seigneur dit : “ Souvenez-vous de la femme de Lot ” (Luc 17 : 32). Il leur dit encore : “ Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au Royaume de Dieu ”.

 Dans la parabole, rien n'indique que les vierges folles se rendent compte de leur “ folie ” (*),(*) [ Dans le sens moins fort de “ sottise ”. – Trad. ] jusqu'au moment où il n'est plus possible d'entrer au festin. Alors elles comprennent toute leur sottise d'avoir pu croire que le Seigneur voulait les reconnaître comme des membres de son épouse, des cohéritiers, alors qu'elles étaient tout au plus des disciples tièdes et indifférents. Beaucoup de gens, aujourd'hui, “ hautement estimés des hommes ” et connus pour leurs “ miracles ”, seront au nombre des désappointés.

 ET LA PORTE FUT FERMEE

 La proclamation de la présence de l'Epoux, le départ pour aller à sa rencontre, l'entrée avec lui dans la salle des noces, se poursuivent toujours et se poursuivront jusqu'à ce que toutes les vierges sages soient “ marquées du sceau sur leurs fronts ” par une connaissance suffisante de la vérité de la moisson pour les séparer de Babylone, et pour les rendre capables d'entrer avec l'Epoux au festin préparé. A ce moment là, lorsque toutes les vierges auront été éprouvées par cette vérité présente, la porte de l'opportunité sera fermée, et personne désormais ne pourra entrer au festin, car dit le Maître, je suis celui “ qui ouvre et nul ne fermera, qui ferme et nul n'ouvrira ” (Apoc. 3 : 7). Et lorsque les vierges folles viendront frapper à la porte après sa fermeture, cherchant à entrer, elles diront : “ Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ”. Il leur répondra : “ Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. ” De ceux qui ont honte du Maître et de sa Parole maintenant, et sont en somme indifférents à leur égard, il aura aussi honte d'eux lorsqu'il paraîtra en gloire et en puissance, avec tous ses saints et fidèles messagers, les vierges sages élevées et glorifiées avec lui.

207

 La porte fermée, comme on le voit, ne concerne en rien les gens du monde. C'est la porte du banquet des noces ; elle ne fut jamais ouverte qu'à des consacrés, à la classe des vierges. Aucune autre classe ne fut jamais invitée à y entrer et la porte se ferme lorsque les vérités de la moisson ont criblé et séparé tous les bouillants et les sincères qui ont observé leur contrat d'alliance des froids, des tièdes, de ceux qui sont surchargés de soucis et qui négligent de remplir les obligations de leur contrat. Grâce à Dieu, cette porte n'est pas celle de la miséricorde divine, ni même la porte de toute faveur, mais c'est la porte d'accès à la plus haute et unique faveur du cohéritage avec Christ comme son Epouse. Mais lorsque cette porte se ferme pour ne plus jamais s'ouvrir à leur frappement devant les vierges folles, bien qu'elles restent ainsi au dehors, exposées à la grande tribulation du “ mauvais jour ”, où il y aura des pleurs, des lamentations et des grincements de dents, elle les laisse toujours dans les bras de l'amour et de la miséricorde de Dieu et même dans sa faveur et à son soin spécial car les grandes tribulations par lesquelles elles passeront sont destinées à purifier et à nettoyer ces vierges alors repentantes et par là, à les rendre propres comme vases d'honneur pour l'usage du Maître, mais pas du principal honneur auquel elles avaient été appelées à l'origine mais duquel elles se montrèrent indignes. Participant à un certain degré à l'esprit de Babylone, lui accordant une certaine mesure, si petite soit-elle, de leur influence, Dieu les reconnaît comme ayant part à ses péchés et, de ce fait, comme indignes d'échapper aux plaies qui viennent sur elle. Ces plaies sont nécessaires non seulement pour la destruction de Babylone, mais aussi pour la purification et la séparation du “ froment ” imparfaitement mûr jusqu'ici restant en elle, les vierges folles, intoxiquées et accablées à un certain degré par le vin de Babylone.

208

 L'entrée avec le Seigneur dans la salle des noces fut magnifiquement illustrée par le joyeux cortège nuptial qui escortait l'épouse juive jusqu'à la demeure de son époux, au son de la musique, les lampes allumées au milieu des démonstrations de joie. C'est ainsi que l'épouse entrait dans la joie de son Seigneur et au festin qu'il avait préparé pour elle. C'est ainsi que les vierges sages y entrent maintenant. Leur joie commence lorsqu'elles apprennent pour la première fois la présence de l'Epoux. Dès lors elles abandonnent avec joie toute autre chose pour jouir de sa compagnie et du festin préparé. Par la foi elles jouissent déjà du festin qui vient où l'Epoux présent leur fait savoir ce que sont les très grandes et très précieuses choses qu'Il a en réserve pour son Epouse élue et leur révèle la grande oeuvre consistant à bénir et à rétablir le monde à laquelle l'Epouse aura le privilège de participer. Certainement, alors que nous pénétrons dans la salle de réception et que nous voyons ce que sera le festin des faveurs du Royaume, nous entrons déjà dans les joies de notre Seigneur. Déjà, nous avons un avant-goût des bonnes choses à venir. Déjà, nous nous délectons par la pensée, des riches trésors de sa grâce. Par la foi, nous sommes déjà assis à la table du Maître, et lui-même, selon sa promesse (Luc 12 : 37) est venu et nous sert.

209

 Ce festin par la foi dans les vérités précieuses découvertes dans cette moisson commença en 1875 [1874], à la fin des 1335 jours (Dan. 12 : 12), au début de la moisson. Il est la félicité prédite par le prophète disant : “ Bienheureux celui qui attend et parvient à mille trois cent trente-cinq jours ! ”

 L'EPREUVE DE LA ROBE DE NOCE

 Une autre des paraboles de notre Seigneur (Matth. 22 : 1-14) montre une épreuve plus poussée encore de la classe du sanctuaire, une épreuve et une séparation même parmi ceux qui ont entendu et reconnu le message de la moisson. Les “ vierges sages ”, d'une des paraboles, qui entrent aux noces avec l'Epoux et les “ invités ” de cette parabole sont la même classe de consacrés qui, jusque là, sont restés fidèles et obéissants. En fait, cette classe est représentée sous de nombreuses figures différentes dont chacune a sa propre force particulière d'illustration. Ils sont représentés comme des vierges sages, comme des serviteurs attendant le retour des noces de leur Maître, comme des convives à une noce, et comme une épouse. Ils sont le Corps de Christ, l'épouse future de Christ, les soldats de Christ sous la direction de leur Chef, des sarments en Christ, le cep, des rameaux d'olivier en Christ, des pierres vivantes du temple dont Christ est la principale pierre angulaire, des élèves dont Christ est le Maître, des brebis dont Il est le Berger, etc. En examinant ces figures, nous devons nous souvenir que toutes sont des illustrations distinctes entièrement indépendantes les unes des autres, et nous devons chercher à découvrir dans chacune l'enseignement qui y est contenu. Si nous essayons de mélanger ces figures, de nous demander comment une pierre dans le Temple peut être un sarment de cep, comment des brebis peuvent être des soldats, ou comment des convives d'une noce peuvent être les serviteurs, ou l'épouse, nous n'arriverons jamais à les comprendre. En réalité, nous ne sommes pas appelés à être des convives au banquet des noces de l'Agneau, ni des serviteurs attendant son retour des noces, mais nous sommes appelés à être l'épouse, quoique, à certains égards, nous dussions être comme des serviteurs et comme ces convives — comme de fidèles serviteurs par notre vigilance, par notre zèle attentif, et comme des convives à d'autres égards.

210

 Cette parabole sert à montrer ce qui ne pourrait pas être bien illustré sous la figure de l'épouse qui représente l'Eglise élue dans son ensemble comme la cohéritière de Christ. Cette parabole montre à la fois le caractère de la préparation requise ainsi que l'inspection personnelle des convives, inspection par laquelle quelques-uns sont éliminés et d'autres acceptés. Ceux qui sont ainsi inspectés sont représentés comme étant déjà dans la salle des invités. Ils sont le froment rassemblé ou séparé de l'ivraie, les vierges sages séparées d'avec les folles. Ils ont entendu et accepté les vérités de la moisson, et par la foi ils se réjouissent à l'avance de la gloire et de la bénédiction qui feront suite à leur union complète avec le Seigneur. Jusqu'à ce moment-là, ils ont tous bien couru, mais jusqu'à ce qu'ils aient atteint la fin de cette course : “ Que celui qui croit être debout, prenne garde de tomber ”.

 Dans cette parabole, la condition imposée pour être accepté, pour être reconnu prêt est symbolisée par la robe de noces. Dans les noces juives, l'hôte, selon la coutume, fournissait à tous les convives l'habit de cérémonie — des robes blanches de lin. Le convive qui aurait mis de côté la robe de noces offerte par l'hôte et se serait présenté dans ses propres vêtements, aurait commis une grave inconvenance, faisant preuve d'orgueil et de manque de respect à l'égard de son hôte.

 Comme symbole, la robe ou habit de noces illustre clairement la justification de Christ à laquelle notre hôte, Jéhovah Lui-même (Rom. 8 : 30-34), a pourvu ; elle est imputée à tous ceux qui croient en Lui ; sans elle, nul ne peut être accepté aux noces de l'Agneau, et sans elle aucun convive ne sera admis. L'invitation et la robe de noces sont toutes deux nécessaires et la parabole montre que, seuls ceux qui sont ainsi attirés sont admis même dans l'antichambre de la préparation spéciale, dans la lumière de la vérité où l'épouse se prépare définitivement (Apoc. 19 : 7). La robe et l'invitation, reçues et acceptées, ces convives passent le court laps de temps (le temps de la moisson) qui précède le festin du mariage, à ajuster leurs robes et à se donner mutuellement les dernières retouches. Pendant qu'ils sont ainsi au travail, ils se délectent déjà, par la foi, de la perspective qu'ils ont devant eux. L'Epoux, la grande oeuvre future, leur héritage glorieux et leur travail de préparation actuel, sont les thèmes constants de leurs pensées et de leur conversation.

211

 Dans cette antichambre (ce temps et cette condition de faveur), brillamment illuminée par l'exposition claire de la vérité divine maintenant du temps marqué, à la fois les facilités et les suggestions en vue de la pose finale de la parure et de la mise au point complète pour le festin de noces sont accordées. Néanmoins malgré ces conditions spécialement favorables, la parabole indique que quelques-uns, sous la figure d' un homme ” feront affront à leur hôte, le Roi, en méprisant et en enlevant leur robe de noces.

212

 L'enseignement clair de cette parabole est alors que l'épreuve générale et finale de ces “ vierges sages ” qui, jusqu'alors, avaient été prêtes et dignes de leur appel, qui avaient donc eu accès à une grande partie de la lumière de la moisson, sera une épreuve de l'appréciation qu'elles ont du fait souvent rappelé dans les Ecritures, à savoir qu'elles sont acceptées au festin non dans leur propre mérite, uniquement, mais, en premier lieu parce que leur nudité et leurs nombreuses imperfections sont couvertes par le mérite de celui qui donna sa vie pour leur rançon, et dont la justice imputée, telle une robe, leur permet seule d'être présentables et acceptables devant le Roi. Toutes doivent porter la robe. Chacun peut broder la sienne avec bonnes oeuvres.

 N'est-il pas remarquable et significatif que cette épreuve soit l'épreuve générale, la plus importante et la dernière ? Notre Père Céleste veut évidemment que personne ne fasse partie de la phalange épouse de Son Fils si, auparavant il ne se rend parfaitement compte de sa propre nullité, et s'il ne discerne pas clairement que le grand Epoux est son Rédempteur, comme aussi son Seigneur et son Instructeur.

213

 Il semble étrange, aussi, que quiconque a bien couru jusqu'ici dans la lice, puisse tomber lorsqu'il est à la veille de voir ses espérances se réaliser ; pourtant, quand on est averti qu'une telle possibilité existe, il appartient à tous les consacrés de veiller et de prier, de peur de tomber dans la tentation ; car dans ces derniers jours, il y aura les temps périlleux prédits par l'Apôtre (1 Tim. 4 : 1 ; 2 Tim. 3 : 1 ; 4 : 3-5). Néanmoins le danger ne sera pas tel que la grâce divine soit incapable de soutenir tous ceux qui s'appuient avec confiance sur le Bras Tout-Puissant. En effet, ceux qui suivent humblement la voie étroite du sacrifice ne furent jamais mieux soutenus qu'en ces derniers temps, ou mieux équipés avec toute l'armure de Dieu. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, les abondantes faveurs divines, la révélation claire des plans gracieux de Dieu (en vue d'employer l'Eglise à bénir toutes les familles de la terre pendant, le Millénium), au lieu de les conduire à l'humilité et à une plus grande appréciation du merveilleux prix de rançon par lequel la libération de la condamnation est accomplie et notre appel à la nature divine et au cohéritage avec Christ assuré, paraissent avoir un effet opposé sur certains. Ceux-ci perdent de vue leur indignité personnelle aussi bien que la perfection sans tache du Seigneur ; au lieu de comprendre qu'ils sont tout au plus des serviteurs inutiles ”, ils semblent voir dans leurs petits renoncements personnels pour la cause de la vérité, quelque chose de — remarquable l'équivalent de ce que fit notre Seigneur Jésus — et trouvent qu'autant que lui ils sont devenus indispensables à l'exécution du grand plan des âges révélé par les Ecritures. Ceux-là sont coupables de ne pas “ tenir ferme la tête ” (Col. 2 : 19 D. note - trad.) et sa grande oeuvre de rédemption dans un respect convenable. Ils sont condamnés parce qu'ils ont “ tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel ils ont été sanctifiés ” (et acceptés) (Héb. 10 : 29). Ils méprisent l'esprit même de la faveur divine lorsqu'ils rejettent le “ chemin ” — le seul chemin — et le seul nom donné sous le ciel et parmi les hommes, par lequel nous devons être sauvés de la condamnation adamique et pleinement réconciliés avec Dieu.

214

 Ces gens sont représentés dans la parabole par celui qui fut lié, empêché de faire un pas de plus vers le banquet des noces, ou même vers plus d'appréciation de sa valeur et de ses bénédictions et joies. Ils seront en fin de compte, entièrement rejetés de la lumière et tomberont dans les “ ténèbres du dehors ” du monde et participeront à l'inquiétude et aux désagréments du grand temps de détresse. C'est pourquoi les vérités mêmes qui se développent maintenant en vue de notre bien et de notre développement deviennent pour eux une occasion de chute du fait qu'ils ne les exercent pas droitement. De même qu'Israël si longtemps spécialement favorisé par Dieu devint orgueilleux, commença par se croire réellement digne de ces faveurs, et indispensable au plan divin, de sorte que Dieu lui retira toute faveur, il en sera de même de ceux qui, aujourd'hui, après avoir bien couru un certain moment, ne restent plus humbles, commencent à se croire dignes de se présenter devant Dieu dans leur propre justice et prétendent avoir le droit de participer aux noces sans la robe de noces de la justice imputée de Christ.

 Si particulièrement triste qu'il soit, ce trait prophétique montré dans la parabole que nous examinons maintenant, nous le voyons s'accomplir actuellement et être avec beaucoup d'autres une nouvelle preuve du fait que nous sommes dans la “ moisson ”. Certains de ceux qui jouissaient des présentes faveurs spirituelles ont ainsi dédaigné et mis de côté la robe de noces; ils parlent toujours de Christ comme le Seigneur, mais ils méprisent et renient l'importance et l'efficacité de l'acte même par lequel il devint leur Seigneur, et par lequel ils furent jugés dignes de recevoir une invitation au mariage (Rom. 14 : 9 ; 5 : 2). Ils prétendent impudemment n'avoir pas besoin de Rédempteur ; puis, par des sophismes subtils et des textes bibliques tordus, ils se persuadent et persuadent d'autres qu'ils peuvent entrer dans la bergerie par une autre porte que par celle de la rançon, se revêtent de leur propre justice que les Ecritures appellent un “ vêtement souillé ” ; et certains prétendent qu'ils n'ont besoin ni d'Avocat ni de rançon., mais qu'ils ont été immuablement élus par Dieu à la gloire céleste.

215

 L'enlèvement de la robe de noces par le rejet de la valeur du sacrifice — rançon payée par Christ, fit son apparition pour la première fois au cours de l'été 1878 parmi ceux qui étaient dans la lumière de la vérité présente. Depuis ce moment-là, tous ceux qui sont entrés dans la lumière de la chambre des convives, la lumière de la moisson, ont été mis à l'épreuve sur ce point-là. En présence même de l'Epoux, l'erreur a pris pied et quelques-uns rejettent les robes de noces indispensables. Quel émoi parmi les convives ! quelle division ! quel criblage ! Ceux qui rejettent la robe désirent que d'autres fassent de même ; ils contestent quand les fidèles font des remontrances et la division continue dans la chambre même des convives et, sans doute, se poursuivra jusqu'à la dernière heure avant le mariage.

 Pendant ce temps, le Roi-Epoux invisible, mais présent, marque du sceau les fidèles méritants qui prendront part à son festin ; et il permet cette épreuve finale que, dans la parabole, il avait prédite. Le Roi s’informe auprès de chacun de ceux qui ont abandonné la robe, disant : “ Mon ami [camarade], comment es-tu entré ici en habit de noces ? ” C’est là un rappel bienveillant mais énergique à savoir que le port de la robe était la condition même de son admission aux faveurs reçues, et qu’il avait été fourni gratuitement. Nous mettons au défi ceux qui, aujourd'hui, nient la valeur de la mort de Christ comme leur rançon, de dire qu'ils sont arrivés à la lumière actuelle — la connaissance de la présence du Seigneur et les autres choses profondes de Dieu, vues si clairement aujourd'hui — sans avoir été revêtus de la robe au moment de leur entrée dans la vérité. Personne n'a jamais pu entrer sans la robe : les autres ne peuvent pas voir les choses profondes de Dieu (1 Cor. 2 : 7-14). Aujourd'hui, comme dans la parabole, si l'on pose la question à ceux qui ne portent plus la robe, ils restent “ la bouche fermée ”. Ils ne peuvent nier que c'était pendant qu'ils portaient la robe qu'ils furent admis, et ils n'aiment pas avouer cela.

216

 “ Alors le Roi dit aux serviteurs : Liez-le pieds et mains, emportez-le et jetez-le dans les ténèbres du dehors ”. Les “ ténèbres du dehors ” sont celles qui enveloppent les sages de ce monde, les ténèbres du raisonnement humain qui n'est pas guidé par la Parole de Dieu, et qui n'est pas réglé par son Plan révélé de la rançon et du rétablissement. Les chaînes ou entraves dont ils sont liés font de ceux-là un exemple pour les consacrés, et cela aide tous ceux qui sont vraiment fidèles à voir plus clairement la nécessité et la valeur de la robe aux yeux du Roi. Les serviteurs chargés de lier le serviteur sans robe sont ceux qui possèdent la vérité sur le sujet, et qui peuvent lier l'influence de telles gens au moyen des témoignages des Ecritures sur la valeur et la nécessité du précieux sang et de la robe de justice qu'il a achetée pour nous. En luttant contre ces arguments des Ecritures, ceux qui ont ôté la robe sont poussés hors de la lumière et jetés dans “ les ténèbres du dehors ” par leurs propres arguments et par leurs tentatives de se justifier eux-mêmes. Pour eux, comme pour le monde, la croix de Christ est désormais une pierre d'achoppement et une folie ; mais pour les fidèles, pour le consacrés, par contre la croix est toujours “ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu ”.

217

 Ne perdons cependant pas de vue que ceux de la parabole qui sont “ liés ” et “ jetés dans les ténèbres du dehors ”,  doivent d'abord avoir été dans la lumière de la vérité de la moisson, et qu'ainsi, leur responsabilité et leur châtiment sont plus grands que la responsabilité et le châtiment de personnes n'ayant jamais possédé une telle faveur. Dans l'église nominale, des milliers suivent les enseignements de leurs principaux conducteurs spirituels et mettent de côté toute foi dans l'efficacité du précieux sang de Christ, qui est le prix de la rançon du pécheur ; ces personnes-là ne sont pas entièrement responsables de la chose, parce qu'elles n'ont pas été suffisamment éclairées sur ces questions-là. ”

 Des milliers de prétendus chrétiens n'ont jamais cru en Christ comme étant leur rançon ou comme celui qui se substitua à eux pour payer leur dette à la justice divine qui les condamnait à mort ; ces gens-là n'ont jamais porté la robe de sa justice imputée, aussi n'est-il pas question d'eux dans la parabole. Dans cette dernière en effet, il est parlé uniquement de personnes qui avaient auparavant clairement apprécié la valeur de la rançon et qui, de ce fait, avaient obtenu la grâce d'entrer dans la lumière spéciale du temps de la moisson — temps de la présence du Roi, juste avant le festin des noces. Avec quel soin ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances de l'âge à venir, devraient-ils se garder de la moindre suggestion à s'engager dans une voie qui est celle de la déloyauté, de l'injustice et de la destruction. — Héb. 10 : 26-31 ; 6 : 4-8.

218

 Dans l'étude de ces paraboles, nous ne devons pas commettre l'erreur de supposer que toutes les vierges sages sont déjà entrées pour le mariage — qu'elles ont pénétré dans la chambre des convives où s'achèvent les derniers préparatifs spéciaux ; n'allons pas croire, non plus, que la porte est fermée avant que l'inspection générale dont parle la parabole ait commencé. La porte de l'opportunité reste encore ouverte à tous les consacrés, revêtus par la foi de la robe de noces de la justice de Christ, car le message “ voici l'Epoux ! ” retentit toujours ; les vierges sages sortent encore à la rencontre de l'Epoux et entrent avec Lui pour le mariage ; quant aux vierges folles, elles ne sont pas encore de retour avec de l'huile dans leurs vases. Mais, depuis le moment où le “ Roi entra ” (depuis 1878, date parallèle correspondant à celle où notre Seigneur prit possession de ses fonctions de Roi des Juifs — Matth. 21 : 1-13), l'inspection des convives et leur mise à l'épreuve relativement à la manière dont ils apprécient leur robe de noce, se sont poursuivies sans interruption. De nouvelles vierges sages apprennent encore que l'Epoux est présent et se rendent joyeusement à la fête. Par contre, quelques-unes de celles qui étaient déjà entrées dans la salle, ont montré qu'elles étaient indignes de rester dans cette chambre des convives et ont été liées pieds et poings. On s'aperçoit, en effet, que leur connaissance et leur compréhension de la vérité présente — de la présence du Seigneur, de son oeuvre présente et future — commencent par devenir toujours plus vagues ; ces personnes sont de plus en plus entraînées dans de faux raisonnements reposant sur des bases fausses, elles retombent graduellement ou rapidement, selon leur tempérament, dans la manière de voir et les conceptions du monde ; ce sont bien là les “ ténèbres du dehors ” du monde lorsqu'on les compare à la lumière intérieure, maintenant accessible aux saints décemment vêtus de la robe de noces. Il est certain que toutes les vierges qui entrent doivent être mises à l'épreuve sur ce point fondamental. Ils sont heureux et sans crainte pendant cette épreuve, ceux qui peuvent dire du fond du cœur :

219

“ Mon espoir a son édifice

Sur Jésus, son sang, sa justice

Je ne me fie en rien de plus

Qu'au sûr et seul nom de Jésus.

“ Je tiens sur Christ le Roc puissant,

Autre sol est sable mouvant. ”

Et ceux là peuvent chanter avec allégresse

“ Le Prince de ma paix est présent,

Sur moi son visage rayonne ;

Bien-aimé, dit-il attendrissant,

Ma douce paix, je te la donne

La croix couvre ma misère,

Le passé est sous le sang ;

En Jésus, ma foi est entière

Et j'obéis au Dieu vivant. ”

 

220

 Une “ Porte ” ouverte symbolise une occasion d'avoir accès à certaines conditions, à certains privilèges ; une porte fermée représente la fin, le terme de ces privilèges ou opportunités. Le privilège, l'invitation ou l'opportunité de l'Age de l'Evangile accordant, sous certaines conditions, aux croyants en Christ, l'entrée dans un héritage commun avec lui dans le Royaume céleste et à la nature divine constitue la “ porte ” par laquelle nous “ avons accès à cette grâce [faveur], dans laquelle nous demeurons fermes ”, à savoir, l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu (Rom. 5 : 2). Cette porte, qui est restée ouverte pendant l'Age tout entier, doit se fermer à un moment donné, et la parabole des vierges marque cette fermeture ; — la fin de toutes ces faveurs et opportunités, Cette parabole des vierges dépeint simplement les événements qui se déroulent à la fin de l'Age actuel parmi les membres de la véritable Eglise vivant à ce moment là. La “ porte ” dans cette parabole représente certains privilèges spéciaux, l'accomplissement final et le but de toutes les faveurs de l'Age de l'Evangile, seront ouverts aux “ vierges sages ” au temps de la moisson ; la fermeture de la porte, lorsque tous les membres de cette classe auront eux-mêmes profité de ces privilèges, représente la cessation de toute la faveur et de tous les privilèges de l'Age de l'Evangile, car le festin représente en totalité les avantages et privilèges de l'Evangile, étant une figure de la grande consommation à laquelle toutes les autres faveurs aboutissent — les gloires promises du Royaume.

 Considérez cette “ porte ” d'occasion et de privilège qui doit bientôt se fermer. Notre Seigneur l'appela une porte, et déclara que, pendant l'Age de l'Evangile, il serait difficile de la trouver et d'y entrer; il nous recommanda de faire tous nos efforts pour y entrer, si nous voulons avoir part à l'immortalité et aux honneurs du Royaume auxquels elle mène, car nulle autre porte n'y conduit. “ Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, beaucoup, je vous le dis chercheront à entrer, et ne le pourront pas quand le Maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte ” (Luc 13 : 24, 25). Comme nous l'avons déjà vu, (*)(*) [ Vol. 1. p. 244.] la voie étroite est celle du sacrifice de soi-même au service et du plan et de l’œuvre de Dieu. Ce chemin est rendu étroit par les circonstances du temps actuel, par l'opposition de l'esprit du monde contre la vérité et la justice, de sorte que tous ceux qui veulent suivre les traces de notre Conducteur et Précurseur trouveront le chemin étroit ou difficile et doivent souffrir la persécution. Suivre les traces de notre Seigneur dans cette voie étroite implique non seulement une conformité passive à sa disposition ou esprit, mais aussi déployer un zèle actif et énergique pour proclamer sa vérité en toute circonstance. Tous ceux qui suivent ce chemin étroit, qui sont fidèles comme le fut Jésus, jusqu'à la mort, participent à ses souffrances et, au temps marqué, ils auront part à sa gloire lors du festin des noces, dans la gloire qui sera révélée à son apparition et à son Royaume. – Phil. 3 : 10 ; 1 Pi. 4 : 13.

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Lorsque nous contemplons son achèvement glorieux, l'occasion de marcher dans le chemin étroit du sacrifice de soi-même pour la cause de la vérité est la plus grande faveur qui fût jamais offerte à une créature quelconque. Le privilège de souffrir avec Christ et pour sa cause après l'avoir d'abord reconnu comme notre Rédempteur, est donc la porte et la seule porte d'accès par laquelle la gloire future réservée à l'épouse et cohéritière Christ peut être atteinte.

 La fermeture de cette porte pourrait être indiquée de trois manières : tout d'abord par une déclaration définie de la Bible indiquant la date exacte ; secondement par un changement complet du sentiment public à l'égard de la vérité, changement qui ferait cesser toute opposition à la vérité et supprimerait toute souffrance avec Christ pour la cause de la vérité (Rom. 8 : 17) ou troisièmement, par un état de choses survenant dans le monde et empêchant toute occasion d'un tel travail, ne permettant plus à des candidats d'entrer dans l’œuvre de développer et de prouver leur amour et leur fidélité par leur activité et leur endurance.

 222

Bien que nous soyons informés avec précision que la porte se fermera à un certain moment au cours de cette période de la moisson ou fin de l'Age, la Bible n'en fixe pas la date exacte ; et bien qu'après le grand temps de détresse, il y aura un grand changement du sentiment public à l'égard de la vérité et de la justice, cependant, nulle part il n'est indiqué qu'un tel état de choses sera réalisé avant l'achèvement complet de la moisson. Nous avons cependant tout lieu de croire que la porte sera fermée par le temps de grande détresse, car, selon, les Ecritures, avant que le jour millénaire soit véritablement levé, il y aura une sombre nuit où personne ne petit travailler : “ Le matin vient et la nuit aussi ” . — Es. 21 : 12. Voir aussi Vol. 2, chap. 8.

 Le chemin étroit qui nous est ouvert est le privilège et l'occasion de travailler avec notre Seigneur maintenant, pendant que la mise en pratique de son esprit de douceur, de zèle et de fidélité envers Dieu et la vérité nous coûtera nos avantages terrestres, pendant que la défense de sa cause et des vérités qu'il enseigna, nous rendront, pour dire le moins, impopulaires, pendant que nous serons blâmés, censurés, calomniés et persécutés sous une forme ou sous une autre, parce que nous nous serons efforcés d'honorer son nom, de bénir nos semblables par la vérité, le faire luire notre lumière. Si la porte étroite ouverte indique le privilège de tout sacrifier fidèlement jusqu'à la mort, il s'ensuit que la fermeture de toute opportunité semblable d'une telle communion dans le service et la souffrance doit être aussi la fermeture de la porte, la fermeture du chemin étroit qui conduit à la gloire et au cohéritage futurs, notre règne avec Christ étant conditionné par notre fidélité à son service qui, aujourd'hui, signifie souffrir avec Lui. — Rom. 8 : 17 ; 6 : 8.

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 Souffrir avec Christ, nous l'avons vu, n'a rien de commun avec les souffrances ordinaires qui sont le partage de tous les humains déchus ; il s'agit seulement des souffrances qui résultent, plus ou moins directement, du fait de suivre l'exemple de Christ, en proclamant des vérités impopulaires et en démasquant des erreurs populaires. Telles furent les causes des souffrances de Christ, et telles seront les causes des persécutions, des souffrances et des pertes qu'éprouveront tous ceux qui suivent ses traces. Ils auront part à ses souffrances maintenant et, à la fin, ils seront jugés dignes d'avoir part à la récompense d'une telle fidélité au principe. Pendant tout l'Age de l'Evangile, c'est avec une telle fidélité qu'ils ont semé et arrosé la bonne semence des doctrines de Christ par un travail de sacrifice et ont fait preuve d'endurance sous l'opprobre. De nos jours, à la fin de l'âge, ils doivent faire preuve d'une fidélité et d'une endurance analogues dans l’œuvre de la moisson qui suit son cours, à savoir, donner leur vie, soit selon les exigences d'une manière graduelle jusqu'à l'épuisement complet au service du Maître, une mort journalière, soit d'une manière plus rapide, une mort soudaine en martyrs.

 Le mérite pour l'Eglise vierge de devenir l'épouse, la femme de l'Agneau, consiste non simplement dams l'innocence quoiqu'elle sera sainte et “ sans tache, ni ride, ni rien de semblable” (Eph. 5 : 27) , rendue “ plus blanche que la neige” dans la source débordante de l'amour qui rachète, le mérite de son Rédempteur. Ceci est nécessaire à tous ceux qui seront jugés dignes d'obtenir la vie éternelle, sur quelque plan que ce soit. Cependant, pour être l'épouse de l'Agneau, l'Eglise doit être non seulement une vierge par sa pureté, elle doit être non seulement débarrassée de toute alliance et intimité coupables avec le monde, mais elle doit être plus, -beaucoup plus que tout cela : elle doit ressembler de si près à son Seigneur, et suivre ses traces et ses enseignements si complètement qu'elle acceptera à cause de cela de souffrir, de subir le martyre comme le fit Jésus en défendant les mêmes principe de vérité et de justice. Elle doit prouver qu'elle est animée d'un amour dévorant (“ consuming ”) pour l'Epoux, faire preuve d'un dévouement infatigable au service de son nom et de ses principes, jusqu'à être méprisée, rejetée par le monde comme il le fut pour avoir obéi à ses doctrines.

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 Pour former un tel caractère et le rendre manifeste, il faut qu'elle soit mise à l'essai et éprouvée. Sa confiance, son endurance, sa fidélité au Seigneur, dans l'ignominie comme dans la bonne réputation, doivent être établies et manifestées. Ceux-là seulement qui auront atteint un tel développement, subi de telles épreuves et auront été trouvés fidèles, seront pour toujours possédés et reconnus comme l'épouse et la cohéritière du Seigneur, l'héritier de toutes choses. Il est écrit en effet: “ Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car après avoir été [ainsi] éprouvé, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment ” - à un tel degré. Ainsi, si nous avons une juste compréhension de ces choses, nous devrions accepter avec joie toute mise à l'épreuve de notre fidélité, la considérant comme une nouvelle occasion de montrer à l'Epoux la profondeur et la force de notre amour, et aussi une autre preuve que nous sommes dignes de son amour, de sa confiance et de la glorieuse élévation qu'il nous a promise. Ceux qui auront part avec le Seigneur à la gloire à venir doivent non seulement être appelés et acceptés, mais également fidèles jusqu'à la mort. — Apoc. 17 : 14.

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Ainsi, la porte de l’opportunité de s'engager, avec Christ notre Seigneur dans l’œuvre de l'Age de l'Evangile, sera fermée quand viendra la nuit “ où personne ne peut plus travailler ”. Alors, tous ceux dont le caractère n'aura pas été suffisamment développé par un service fidèle, qui n'auront pas fait la preuve de leur affection, de leur dévouement, de leur amour et de leur zèle envers le Seigneur et sa vérité ne pourront plus le faire (Matth. 10 : 37 ; Marc 8 : 38). Selon l'indication, de la parabole, ils montreront qu'ils sont des “ vierges folles ”, car ils ont laissé échapper la grande et glorieuse occasion de souffrir avec lui et pour la cause de celui avec lequel ils auraient été heureux de régner. A ce moment-là, le nombre complet, prédestiné par Dieu, de ceux qui doivent constituer et compléter l'Eglise aura été atteint, tous ceux qui seront compris dans ce nombre auront été appelés, choisis et auront démontré, dans les épreuves, qu'ils sont fidèles et “ semblables à l'image de son Fils ” (Rom. 8 : 29). La moisson sera alors achevée, la saison de l'été de faveur sera terminée, et il ne restera plus qu'à brûler l'ivraie, à nettoyer le champ (le monde, l'humanité) et à le préparer complètement pour les semailles millénaires beaucoup plus grandes.

 La fermeture par cette nuit, arrêtera évidemment tout travail de diffusion de la vérité ; le public, en général, ne la comprenant pas, l'accusera probablement d'être la cause principale de l'anarchie et de la confusion qui règneront alors, au lieu de la voir sous son jour véritable, comme un signe précurseur de la pensée et de la révélation divines concernant les prochains troubles du monde et leurs vraies causes. Nous ne pensons pas non plus que la venue de la nuit et la fermeture de la porte seront soudaines, mais plutôt que l’œuvre de la moisson se terminera par le fait d'empêchements et d'obstacles graduels.

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Le temps présent est consacré à la marque du sceau sur le front des serviteurs de Dieu avant les bourrasques de la tempête (Apoc. 7 : 2, 3). Chaque vierge sage devrait apprécier le privilège de ce temps présent qui lui permet à la fois d'être marquée du sceau intellectuel de la vérité présente et de s'engager dans l’œuvre de la moisson qui consiste à sceller d'autres personnes appartenant à la classe du froment, à les réunir dans le grenier de la sécurité, avant que la nuit soit arrivée et que la porte de toute occasion de travail soit fermée.

 Que l'opportunité favorable actuelle soit très courte, cela est manifeste du fait qu'il ne reste qu’une période de vint-quatre ans (*)(*) [Ecrit en 1890. - Trad.] pour que la moisson soit achevée ; lorsqu'elle sera complètement terminée, le règne du mal aura pris fin et le glorieux jour millénaire sera inauguré. Après cette période, nous verrons descendre la sombre nuit et la plus grande détresse du monde aura lieu. Les ténèbres épaisses qui doivent précéder le jour glorieux s'approchent : “ Le matin vient et la nuit aussi ” ; ce sera “ un temps de détresse telle, qu'il n'y en a point eu depuis qu'il existe une nation ”.

 Observons que lorsque la nuit viendra, lorsque les moissonneurs devront cesser leur travail, cela prouvera que l’œuvre  finale de l'Age de l'Evangile est achevée, que les membres de l'Epouse de Christ au nombre élu ont tous été “ scellés ” et “ rassemblés ” dans une condition de séparation d'avec le monde, dans la condition du grenier (Matt. 13 : 30). Dieu ne permettra pas à quoi que ce soit d'entraver son oeuvre avant qu'elle soit finie. A ce moment-là, tous les vrais et fidèles serviteurs de Dieu auront été scellés sur leur front, l’œuvre de l'Age de l'Evangile étant terminée, personne ne pourra plus désormais entrer dans cette oeuvre ou récolter sa riche récompense prédite dans les “ très grandes et très précieuses promesses ” comme devant être la récompense des fidèles qui entrent pendant que la “ porte” est ouverte. 2 Pier. 1 : 4.

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 Mais il ne faudrait pas conclure de ceci que tous les élus entreront en possession de leur récompense dès qu'ils auront fait preuve de leur fidélité. Il est possible que plusieurs d'entre eux soient appelés à vivre jusqu'à une heure avancée dans la nuit sombre de la détresse, bien que nous pensions plutôt le contraire. “ Ici est la patience des saints ; [ici], ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus ”. Ayant revêtu toute l'armure de Dieu, ayant résisté hardiment à l'erreur en présentant et en défendant courageusement la vérité pendant le mauvais jour, lorsque de gigantesques erreurs s'étalent effrontément partout, l'exhortation adressée aux saints est de “ tenir ferme après avoir tout surmonté ”, étant recouverts de l'armure complète, munis de l'épée de l'esprit toujours prête à la défense, en veillant, en persévérant et en priant pour tous les saints. Tous auront besoin de patience, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, ils obtiennent ce qui est promis. — Apoc. 14 :12 ; Eph. 6 : 13 ; Héb. 10 : 36.

 Il doit être clairement compris que la fin du haut-appel invitant au cohéritage avec notre Seigneur Jésus dans le Royaume de Dieu n'est pas la fermeture de la porte de la parabole des vierges. L'“ appel ” général à cette faveur prit fin il est vrai, en 1881, néanmoins, la “ porte ” est encore ouverte. L'appel est l'invitation générale adressée par Dieu à tous les justifiés croyant au Rédempteur ; ils sont invités à suivre Jésus dans ses pas de sacrifice de soi-même jusqu'à la mort et à montrer ainsi qu'ils sont dignes de régner avec Lui dans la gloire. Cette faveur commença à un moment bien déterminé : les disciples qui étaient dans l'attente y furent admis le jour de la Pentecôte en l'an 33 de notre ère. Cette faveur prenait fin, comme nous l'avons déjà vu à un moment déterminé, en octobre 1881 (*).(*)Voir Vol. Il, Chapitre VII.

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D'autre part, dans la parabole de Matth. 25, la fermeture de la “ porte ” indique la fin de toute opportunité, même pour les “ appelés ”, d'obtenir encore le prix du haut-appel. C'est la fin de toute occasion de prouver sa dignité au prix par la fidélité dans le service, car, dans la “ nuit ” où personne ne peut travailler (Jean 9 : 4), toute occasion de service cessera. On voit par là que la porte, ou l'occasion d'affermir notre vocation et notre élection, ne se ferme pas nécessairement quand l'appel, ou invitation générale pour entrer adressé à tous les croyants, cesse d'être proclamé. Pendant que la porte reste ouverte, elle indique que tout croyant désireux d'entrer et de remplir les conditions peut entrer bien que l'“ appel ” général, ou invitation ne soit plus adressé. C'est un fait positif que la porte ou l'occasion de travailler, de se sacrifier n'est pas encore fermée, n'est pas passée, bien que l'appel général ait cessé en 1881.

 L'Age de l'Evangile fut le temps de l'appel, tout d'abord pour appeler des pécheurs à la repentance et à la foi en Christ le Rédempteur et, secondement, pour appeler ces justifiés au privilège considérable du cohéritage avec Christ dans son Royaume, à la condition de suivre maintenant sa voie du sacrifice de soi-même jusqu'à la mort, car telle est la condition à remplir pour avoir part à l’œuvre et aux honneurs du Royaume dans l'âge millénaire. Le Seigneur nous ayant indiqué que la fin de l'âge serait un temps de moisson, ce fait nous indique clairement un changement radical — des semailles à la moisson, de l'appel à l'épreuve des appelés et à l'achèvement de l' oeuvre commencée par l'appel.

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Pour illustrer le changement caractéristique de l’œuvre à la fin de l'Age de l'Evangile, notre Seigneur se servit de la parabole du filet (Matt. 13 : 47-50) : “ Le Royaume des cieux est semblable à une seine jetée dans la mer et rassemblant des poissons de toute sorte ; et quand elle fut pleine, ils [les pêcheurs] la tirèrent sur le rivage et s'asseyant, ils mirent ensemble les bons dans des vaisseaux et jetèrent dehors les mauvais. Il en sera de même à la consommation du siècle (âge) [de la moisson, Matth. 13 : 39] : les anges [les messagers, les serviteurs de Dieu] sortiront et sépareront les méchants du milieu des Justes et les jetteront dans la fournaise de feu [le grand temps de détresse] ; là seront les pleurs et les grincements de dents ”.

 Dans cette parabole, le filet jeté dans la mer (le monde) représente l'Eglise chrétienne nominale comme le royaume de Dieu nominal en perspective ; le filet recueillit des poissons (des hommes — Matt. 4: 19) de toutes espèces (de véritables chrétiens, des chrétiens à demi-trompés et dupés et une multitude d'hypocrites). Lorsque le filet est rempli (à la plénitude du temps de Dieu), il est amené sur le rivage. On voit alors que “ toutes les espèces ” de poissons réunies dans l'Eglise nominale ne sont pas propres au Royaume, quelles que soient d'ailleurs leurs aptitudes ; à d'autres égards ; on voit aussi qu'à la fin de l'âge — au temps de la moisson — l'appel ou l'invitation à avoir part au Royaume cesserait, selon l'arrangement de Dieu, ce qui est représenté par le filet tiré sur le rivage. Les pêcheurs commenceraient alors un travail tout différent, ils feraient une oeuvre de séparation, réunissant les poissons de l'espèce désirée, puis rejetant les autres, ceux qui sont indignes de la faveur à laquelle ils avaient été appelés, car il y a “ beaucoup d'appelés, mais peu d'élus ”. — Matt. 22 : 14.

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 L’œuvre séparatrice de cette parabole est la même que celle de la parabole du froment et de l’ivraie ; elle nous enseigne qu'il y aura un arrêt complet dans les semailles l'appel qu'il y aura un changement dans le travail, la moisson ayant succédé aux semailles. Les serviteurs du Seigneur qui, sous sa direction, changeront ainsi de travail sont, dans les deux paraboles, appelés des anges, c'est-à-dire des messagers spéciaux de Dieu. Ce sont ses disciples fidèles qui, marchant humblement près de leur Seigneur, s'efforçant avec sincérité de connaître son plan et de collaborer à son oeuvre, ne sont pas laissés dans les ténèbres au sujet des temps et des saisons de Dieu (Matt. 13 : 11 ; 1 Thess. 5 : 4 ; Jér. 8 : 7-12). Naturellement, cette moisson — ce rassemblement — ne concerne que ceux qui vivent au temps de la moisson et non ceux qui moururent auparavant. Chacun de ces derniers, au terme de sa course, fut noté, mis à part, en attendant sa position convenable dans le petit troupeau glorifié, le Royaume proprement dit, ou en dehors. — 2 Tim. 4 : 8.

 Le filet n'était pas destiné à recueillir tous les poissons de la mer. Notre Seigneur, le grand Pêcheur en Chef, voulait attraper un certain nombre de poissons d'une espèce particulière, sans s'inquiéter de toutes les autres variétés qui entreraient dans le filet avec eux. Lorsque le nombre des poissons de l'espèce particulière désirée fut au complet et entré dans le filet, ce dernier fut tiré au rivage afin de trier et de séparer les poissons. Nous devons comprendre que la mission donnée au commencement de l'âge de jeter le filet dans la mer (Matt. 28 : 19 ; 24 : 14) est terminée au moment où l'ordre est ainsi donné de l'amener sur le rivage. Tous ceux qui veulent travailler encore avec le Seigneur doivent maintenant obéir à ses directives et ne plus s'occuper de la pêche en général, mais, par contre, prendre part à l’œuvre actuelle de sélection et de rassemblement. Comme la vérité d'alors fut l'agent de l'appel, de nos jours, ainsi c'est la vérité, la “ vérité présente ”, la vérité de la moisson qui est l'agent du Seigneur pour éprouver et séparer.

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Aussi, lorsque les serviteurs du Seigneur entendent sa voix par sa Parole, déclarant qu'il est temps d'arrêter les semailles et de commencer la moisson, d'arrêter la pêche et de commencer le triage des poissons, de cesser l'appel et de prêcher le message de la moisson, dont le temps est arrivé, à ceux déjà appelés, c'est avec joie et promptitude qu'ils suivront cet ordre s'ils sont fidèles. Dès lors, ceux que le Maître a instruits touchant son plan des âges, ne sont pas dans les ténèbres quant aux temps et aux saisons dans lesquels nous vivons aujourd'hui ; ils ne devraient donc plus désormais chercher à semer la bonne semence du Royaume dans le champ, dans le monde, mais devraient “ donner la nourriture au temps convenable ” à la famille de la foi ” répandant parmi ceux qui prétendent être des enfants du Seigneur, la bonne nouvelle du Royaume tout proche, et de la grande joie et des bénédictions qu'il va bientôt apporter à tout le peuple.

 Il est étrange de dire que c'est ce message des mesures d'amour prises par Dieu, dans la rançon, pour le rétablissement de toutes choses par et au moyen du Christ Jésus et de son corps glorifié, l'Eglise, le Royaume de Dieu (ce message qui devrait réjouir, rafraîchir et unir tous les tendres cœurs chrétiens) qui doit développer et rassembler dans l'union de cœur ceux de la classe fidèle seulement pour les éprouver et les séparer de la masse nominale.

232

 La moisson sera bientôt terminée; alors celui qui sème et celui qui moissonne se réjouiront ensemble. Aujourd'hui, les moissonneurs doivent se hâter dans leur travail dont l'achèvement doit leur tenir tant à cœur, qu'ils prieront le Seigneur de la moisson, le Moissonneur en Chef d'envoyer plus d'ouvriers dans sa moisson. Bientôt, le laboureur de la nouvelle dispensation (la grande détresse annoncée qui préparera le monde pour les semailles millénaires atteindra le moissonneur de la dispensation actuelle. — Amos. 9 : 13. [Voir note IV].

 LA SOIXANTE-DIXIÈME, SEMAINE D'ISRAEL EST UNE FIGURE DE LA FIN DE LA FAVEUR DE L'AGE DE L'EVANGILE

 On se souviendra que la “ soixante-dixième semaine ” d'Israël — les sept dernières années de leur temps de faveur — fut très exactement marquée à son début, à son milieu et à sa fin ; nous croyons qu'il en fut ainsi afin que nous eussions des dates précises à la fin de l'Age de l'Evangile de faveur à l'égard d'Israël spirituel. Nous avons vu que le commencement de cette semaine fut pour Israël charnel la date du commencement de son épreuve pendant sa moisson en l'an 29. Elle commença par le baptême de notre Seigneur, lorsqu'Il fut reconnu comme le Messie au Jourdain ; le travail de la moisson commença à ce moment-là, le parallèle étant la reconnaissance de la présence du Seigneur en 1874, au commencement de la moisson actuelle.

 Le milieu de cette semaine d'alliance, l'an 33, fut la date à laquelle Israël fut rejeté comme système ou nation-église ; ce point chronologique fut marqué par la mort de notre Seigneur sur la croix, et par les paroles qu'il prononça quelques jours avant sa mort:. “ Votre maison vous est laissée déserte ”. L'événement correspondant actuel est le rejet, la fin de la faveur et la chute des systèmes sectaires appelés la chrétienté ou “ Babylone ”, en 1878.

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La seconde moitié de la semaine d'alliance d'Israël charnel (3 ans 1/2, de l'an 33 à l'an 36) ne fut pas une période de faveur nationale ou sectaire, mais une période de faveur individuelle, accordant aux Israélites (non plus comme auparavant par les canaux de l'Eglise nominale, mais individuellement à qui, personnellement, désirait les recevoir), toutes les faveurs et les privilèges spéciaux de l'alliance abrahamique jusqu'à la fin des soixante-dix semaines symboliques qui étaient le terme de leur faveur marqué par le don de la faveur à Corneille et aux nations (Gentils) en général. Ainsi, dans le parallèle d'aujourd'hui, les 3 ans 1/2 depuis avril 1878 (date du rejet de la prétendue chrétienté ou “ Babylone ”), conduisant à octobre 1881, furent le terme de la faveur du haut-appel limité aux croyants individuellement [dans Babylone]. Ainsi “ l'appel ” général (la faveur de cet Age de l'Evangile) cessa en octobre 1881, exactement comme cela avait eu lieu à la date correspondante, en octobre de l'an 36, lorsque la faveur judaïque prit fin.

 La faveur judaïque consistait dans l'offre (exclusive) du Royaume à Israël, l'appel aux enfants charnels d'Abraham à profiter des privilèges et des opportunités qui leur avaient été accordés sous l'alliance de la loi. Cet appel, faveur ou privilège cessa totalement et définitivement au terme de leur semaine d'alliance, La faveur de l'Evangile consistait dans l'offre du Royaume (faite exclusivement) aux croyants en Christ — le “ haut appel ” de tous ceux qui étaient réconciliés avec Dieu sous l'alliance de la grâce, qui pouvaient profiter de l'occasion ainsi offerte (et devenir des membres de la “ postérité ” d' Abraham qui doit bénir le monde) en s'associant avec Christ Jésus, leur Rédempteur, dans son alliance par le sacrifice de soi-même, épreuve qui doit démontrer s'ils sont dignes d'avoir part à l’œuvre et à la gloire à venir de Christ. C'est cette faveur, cet “ appel ” ou invitation qui, nous l'avons vu, cessa complètement et pour toujours en octobre 1881, point de temps parallèle à la fin de l'appel ou faveur judaïque.

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 Il faut noter que la fin de la faveur ou appel judaïque fut suivie par un autre appel général qui ne tenait plus compte des Juifs et de leur faveur passée, mais qui comprit néanmoins dans la suite, ceux des Juifs qui voulurent profiter de cet appel mondial en devenant des croyants, en se rendant dignes de l'honneur du Royaume. La fin de leur faveur passée était aussi réelle que s'ils n'avaient été invités à quoi que ce soit après la fin de leur faveur ; tout aussi réelle que s'ils avaient été invités après cela à une faveur inférieure ; mais elle est moins remarquable du fait que l'appel général de l'Evangile, qui ne les excluait pas, était le même appel élargi et approfondi, rendu applicable à tous les croyants en Christ, de toutes les nations.

 La fin de la faveur ou “ appel ” , en 1881, est suivie ou plutôt chevauchée par l'appel général de toute l'humanité aux bénédictions et aux faveurs millénaires à des conditions de foi et d’obéissance volontaires (non pas cependant un sacrifice jusqu'à la mort). Cet appel est toutefois d'une nature inférieure, c'est une faveur inférieure à celle qui venait de prendre fin, un appel à jouir des bénédictions sous le Royaume, mais ce n'est plus un appel à faire partie de la classe ointe du Royaume, Ce changement — cet arrêt, de la faveur élevée et ce commencement d'une faveur inférieure sera peu remarqué au temps présent, parce que le grand prix du Royaume et le co-héritage avec Christ comme participants à la nature divine, ont été généralement perdus de vue dans l'Eglise. La conception la plus haute des chrétiens relativement à la récompense future, consiste généralement depuis des siècles, à croire qu’à leur résurrection il leur sera donné des corps parfaits et qu'alors affranchis de la maladie, des douleurs et des tristesses, ils jouiront de la faveur de Dieu et auront la vie éternelle. Cette conception, quoique bien éloignée des véritables privilèges offerts par le “ haut appel ” de l'Age de l'Evangile, est en réalité une juste conception des privilèges bénis qui seront accordés à l'humanité en général pendant l'âge millénaire, à tous ceux des humains qui voudront obéir et rentrer en harmonie avec Dieu.

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Il est un fait certain, c'est que les seuls qui voient clairement les traits élevés et importants de l'appel de l'Age de l'Evangile, les seuls qui pourraient annoncer ou exposer cet appel, sont ceux-là mêmes qui voient dans la Parole de Dieu que la limite du temps de cet appel fut atteinte en octobre 1881. D'autres, qui citent les paroles de l'apôtre au sujet d'un “ haut-appel de Dieu en Christ ”, expliquent en réalité l'appel inférieur, qui appartient à l'âge millénaire. Il en résulte que l'appel général de l'Evangile, le vrai, est terminé ; personne ne peut le prolonger, les uns parce qu'ils ne le comprennent pas et ne peuvent l'exposer, les autres parce qu'ils savent qu'il doit avoir une fin.

 Mais, si l' “ appel ” général est terminé, la “ porte ” n'est pas encore fermée, car la fin de l'“ appel ” et la fermeture de la “ porte ” sont deux faits distincts et séparés. La “ porte ” reste ouverte pour permettre à certains d'entrer dans la course pour le grand prix du co-héritage dans le Royaume après que l' “ appel ” général a cessé. Dieu avait fixé d'avance le nombre de ceux qui devaient former l'Eglise le “ corps de Christ ”. Il n'y aura donc ni un membre de plus ni un membre de moins (ceci est enseigné dans les types décrits en Lev. 21 : 17-23). Dieu ne pouvait donc appeler ou inviter à cet honneur plus de personnes que celles qui devaient compléter le nombre fixé d'avance. En octobre 1881, sa Parole le montre, ce nombre était au complet. Depuis cette date cependant, certains de ceux qui avaient répondu à l'appel général et fait alliance avec Dieu, ont manqué d'observer leur contrat ; ils n'ont pas couru de manière à obtenir le prix. La “ porte ” reste donc ouverte après la fin de l'appel général, pour permettre à quelques-uns d'entrer dans la course, de se sacrifier au service de la vérité, afin de remplacer ceux qui, pendant l'inspection, peuvent rejeter la robe de noce de la justice de Christ ; et aussi pour en remplacer d'autres qui, après avoir fait l'alliance du sacrifice personnel dans le service, aiment le présent monde et se laissent accaparer par ses préoccupations ou ses plaisirs, et manquent d'observer les clauses de leur alliance.

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On remarquera encore que la fin de l'appel, en 1881, ne supprima en rien les privilèges des milliers de gens qui avaient déjà accepté l'appel, et étaient devenus des serviteurs consacrés de Dieu : cette fin d'appel ne mit à la porte aucun de ceux qui étaient déjà entrés ; elle n'implique pas davantage que personne ne peut plus entrer : ce fut simplement l'arrêt de l'invitation générale de Dieu.

 Si, depuis peu seulement, vous êtes arrivé à une connaissance très nette des très grandes et très précieuses  promesses des choses que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment, cela ne prouve pas que vous n'avez pas été appelé et accepté comme un coureur pour ce grand prix, longtemps avant que vous eussiez compris la grandeur et la magnificence de ce prix. Il est certain que personne, acceptant cet appel, ne comprend au début toute la rugosité et l'étroitesse du chemin ni la grandeur du prix à obtenir au bout du chemin. La clarté de notre compréhension des promesses est pour nous la puissance de Dieu travaillant en nous, pour nous fortifier et nous rendre capables de surmonter les épreuves et les obstacles présents. Les très grandes et très précieuses promesses nous sont dévoilées graduellement au fur et à mesure de notre fidélité et de nos progrès afin que, par la force et par le courage qu'elles nous donnent, nous devenions capables de courir pour obtenir le prix. — 2 Pier. 1 : 4.

 237

La classe des personnes qui obtiendront le prix est non seulement appelée et choisie (acceptée), mais aussi fidèle. Bien que l'appel général ait cessé, il est évident que l'épreuve de la fidélité des appelés n'est pas encore achevée. Les fidèles sont scellés et séparés de ceux qui ne sont pas fidèles à leur alliance de sacrifice de soi-même. Les vierges sages sont séparées d'avec les folles dont la folie consiste à supposer qu'elles peuvent courir pour les récompenses d'honneur, de richesses du monde, etc., et en même temps courir fidèlement pour obtenir le grand prix de gloire, d'honneur et d'immortalité — conditions mêmes qui rendent Impossible une telle double course : “ L'homme dont le cœur est partagé est inconstant [instable] dans toutes ses voies ” ; “ Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ”. — Jacq. 1 : 8 ; Matth. 6 : 24.

 Lorsque toutes les fidèles “ vierges sages ” auront achevé leur épreuve avec succès, et seront entrées dans la joie du Seigneur, la “ porte ” de l'opportunité de faire partie de cette classe sera fermée, et personne ne pourra plus entrer. Lorsque toutes les sages seront entrées, le nombre prédestiné sera au complet alors le Maître se lèvera et fermera la porte (Luc 13 : 24, 25 ; Matth. 25 : 10). Notre Seigneur lui-même nous dit qu’à ce moment là beaucoup de gens commenceront à voir les choses différemment — elles verront quels privilèges et quelles occasions elles avaient autrefois de sacrifier et qu'elles ont perdus.  Lorsqu'elles chercheront à entrer, le Maître leur dira : Je ne vous reconnais pas comme mon Epouse ; elle est au complet et je n'en ai qu'une seule. Cependant, grâces à Dieu, d'autres textes des Ecritures montrent que les vierges folles, bien que rejetées du haut-appel, leur conduite durant l'épreuve les en ayant prouvées indignes, seront néanmoins favorisées et seront reconnues dans une plus humble capacité dans la famille du Seigneur.

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C'est pourquoi avant que la porte se ferme, avant que le nombre déterminé des fidèles soit au complet, que chacun s'efforce d'affermir son appel et son élection. A cette fin laissons le Seigneur produire en nous par ces précieuses promesses et ces paraboles explicatives le vouloir et le faire selon son bon plaisir.

 Quelques-uns diront peut-être : “ Je crains de ne pas être l'un de ces appelés avant la fin de l'appel général, en 1881, car, à ce moment-là, non seulement j'ignorais totalement les choses profondes de Dieu mais plus encore : j'étais absolument un étranger pour Dieu, et même j'étais un de ses ennemis, ne désirant nullement faire alliance avec Lui et entrer à son service. Depuis peu seulement je connais Dieu, depuis peu j'ai pris sur moi le joug de Christ pour apprendre de lui ; et plus récemment encore, j'ai appris le privilège de souffrir avec Christ, maintenant dans le renoncement à soi pour son service, et j'ai appris aussi que seuls ceux-là seront faits cohéritiers avec lui dans l’œuvre glorieuse du Millénium. Et maintenant, après avoir contemplé ces gloires, admiré ces précieuses choses, après m'être disposé à courir cette course pour ce merveilleux prix, dois-je conclure que ces merveilles ne sont pas pour moi parce qu'il y en a déjà suffisamment d'autres déjà appelés pour compléter le nombre fixé ? Je ne penserais certes pas à contrarier l'arrangement divin, ou à demander qu'un autre nombre soit ajouté au-delà de la limite déterminée par la sagesse divine, mais je ressentirais douloureusement mon infortune,

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A ceux-là nous répondons : Courez ! Votre cas n'est pas aussi désespéré que vous le pensez. La “ porte ” n'est pas encore “ fermée ”. N'oubliez pas que si tous ceux qui avaient accepté l’appel lorsqu'il se termina étaient restés fidèles à leur alliance, il n'y en aurait pas un de trop, mais juste assez. Souvenez vous aussi que votre observation, aussi bien que les Ecritures, indiquent que si beaucoup ont accepté l'appel, peu seront choisis parce qu'il n'y a qu'un petit nombre seulement qui reste fidèle à l'alliance pendant l'épreuve. Au fur et à mesure que des appelés deviennent infidèles, leurs opportunités, leurs places de travail et leurs couronnes de récompense sont transférées à d'autres. L'une de ces places de labeur et l'une de ces couronnes de récompense peuvent être transférées à vous-même, et votre nom peut être inscrit dans le livre de vie comme membre-candidat de l'Epouse de Christ en remplacement d'un autre effacé comme indigne. — Voir Apoc. 3 : 5 ; Héb. 12 : 23.

 Ceux qui peuvent saisir ces précieuses promesses et qui désirent travailler dans la vigne, ont une forte preuve qu'ils ont été engendrés de l'esprit (*)(*) [Voir Vol. 1, p. 270.] ; en effet, l'esprit (“ mind ”) humain, même justifié, ne peut saisir les choses profondes que Dieu destine à ceux-là seuls qui se sont consacrés et ont été acceptés (1 Cor. 2 : 6-16). Le Seigneur est trop plein d'amour, trop juste pour laisser germer dans n'importe quel cœur des espérances irréalisables. L'engendrement de l'esprit par la Parole de vérité est un fait qui logiquement doit être suivi plus tard d'une naissance à la nature spirituelle, à moins toutefois que la personne qui a été engendrée ne devienne indigne, infidèle.. “ N'abandonnez donc pas votre confiance, qui doit avoir une si grande récompense ”.

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 LA ONZIÈME HEURE

 Matth. 20 : 1-16

 Cette parabole paraît avoir été donnée spécialement pour enseigner une leçon pour le temps actuel. Les ouvriers sont les sérieux enfants consacrés de Dieu qui, pendant tout l’Age de l'Evangile — le “ jour ” de la parabole — emploient fidèlement leur temps et leur énergie au service de Dieu et non au service de leur propre personne, au service de Mammon. Seuls les fidèles sont donc représentés par les ouvriers qui, tous, obtiennent la même récompense, les honneurs du Royaume figurés dans la parabole par le “ denier ”.

 Les quatre appels ou invitations montrent qu'il y avait bien un appel général et qu’il fallait des ouvriers. Il y eut un appel le matin de bonne heure, puis un second à neuf heures, un troisième à midi, et enfin un quatrième à trois heures de l'après-midi. Quant à la compréhension exacte, claire de ce que serait le salaire, c'est seulement au début du jour qu'il devait en être parlé : le Maître de la maison “ convint ” alors de leur donner un denier pour le service. Ceci nous explique pourquoi l'Eglise primitive comprit très bien la promesse du Royaume, mais plus tard celle-ci fut en général perdue de vue et confusément énoncée. Les membres vivants de l'Eglise de Christ travaillant dans la vigne au cours de l'Age de l'Evangile, représentent tous les ouvriers. La parabole montre, comme trait particulier, une classe de serviteurs qui entrent au service du Seigneur quand le travail de la journée est à peu près terminé, la “ onzième [ou dernière] heure ”. Ils sont représentés par quelques-uns désireux d'entrer au service du Maître ; mais trop tard, l'appel général étant terminé. Ils disent : “ Personne ne nous a loués ”, nous sommes arrivés trop tard pour entrer au service pendant l'appel.

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Le Maître leur répond que la porte de l'opportunité de servir et de souffrir à son service n'est pas encore “ fermée ”, car cette fermeture n'aura lieu qu'à la venue de “ la nuit où personne ne peut travailler ”, mais il ne dit rien de ce que sera la récompense, bien que pendant l'appel général, il ait dit aux autres ouvriers : “ Et je vous donnerai ce qui sera juste ” (*) une partie du salaire “ convenu ” au début. (*) Les plus anciens manuscrits grecs, celui du Sinaï et celui du Vatican, omettent de Matth. 20 : 7 les mots : “ et vous recevrez ce qui sera juste ”.

 Ainsi, au cours de l'Age de l'Evangile, notre Seigneur par l'organe de ses porte-parole dans l'Eglise, a invité tous les croyants à entrer à son service. La récompense complète — la nature divine et les gloires du Royaume — fut nettement indiquée et parfaitement comprise au début ; mais bien que répétée au cours de l'âge, elle n'a pas depuis lors été clairement comprise à cause du grand abandon de la vérité. Mais à présent nous sommes parvenus à la fin du jour de travail de l'Age de l'Evangile, — à la “ onzième heure ”. Le temps est passé pour appeler des ouvriers pour ce jour-là cependant quelques-uns sont là sur la place disant : Nous n'avons pas été appelés à ce travail, “ personne ne nous a loués ”; personne ne nous offre du travail, ni un salaire au cas où nous en trouverions ; l'appel est terminé, l’œuvre du jour est presque achevée, il y a suffisamment d'ouvriers sans nous. Mais, le Maître fait dire à ceux-là par nous ses porte-parole : “ Allez aussi à ma vigne ”; je ne vous promets rien, car l'appel général est terminé, le temps est court,on ne peut bientôt plus travailler, “ la nuit vient où personne ne peut travailler ” ; entrez cependant, montrez votre amour et votre zèle, confiez-vous à ma générosité en ce qui concerne votre salaire.

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 Et c'est là tout ce que nous pouvons dire ; la seule espérance que nous pouvons présenter, est que tout homme qui a travaillé pour notre Maître recevra beaucoup plus qu'il ne pourrait demander ou espérer. Nous savons aussi qu'un certain nombre de places dans l’œuvre deviendront vacantes, parce que plusieurs ne resteront pas fidèles et que les couronnes ou récompenses qui leur étaient destinées seront données à d'autres qui, par leur fidélité, par le sacrifice d'eux-mêmes, se prouveront dignes de l’œuvre et de la récompense.

 Si donc quelqu'un a appris récemment à connaître et à aimer notre Seigneur, s'il désire le servir, lui et sa vérité, qu'il ne se décourage pas du fait que le haut appel prit fin en 1881. Si vous voyez la “ porte ” de l'opportunité, de l'occasion de vous sacrifier, de servir le Seigneur, ouverte devant vous, entrez-y, mais entrez rapidement, car bientôt une nuit de ténèbres et d'opposition intense à la vérité descendra sur nous et vous empêchera d'entrer dans le service. “ Le matin vient et la nuit aussi ! ”, “ La nuit vient, où personne ne peut travailler ”. Quand ces faits seront devenus une réalité, vous pourrez savoir que la porte est fermée, que toutes les vierges sages sont entrées, que toutes ont été éprouvées et que toutes les places vacantes ont été pleinement remplies. Tous les “ serviteurs ” spéciaux “ de Dieu ” ayant été “ marqués du sceau sur leur front ” (auront eu une compréhension intellectuelle du plan de Dieu) , les quatre vents seront déchaînés (Apoc. 7 : 1-3), amenant le formidable “ tourbillon ” de détresse au milieu duquel les derniers membres de la classe d'Elie seront “ changés ” et élevée à la gloire du Royaume.

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Quelle grande leçon il y a là pour ceux qui se sont engagés par leur alliance avec le Seigneur, à le servir premièrement, par-dessus toutes choses et qui négligent son oeuvre pour consacrer leur temps, leurs pensées et leurs moyens aux joies passagères et aux récompenses futiles que le monde offre. Le Seigneur adjure chacun disant : “ Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie ”. “ Celui qui vaincra [qui triomphera de l'esprit du monde, qui est en lui] sera revêtu de vêtements blancs ; je n'effacerai point son nom du livre de vie, mais je confesserai son nom devant mon Père et devant les anges ”. “ Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne ”. Apoc. 2 : 10 ; 3 : 5, 11.

 

245

 

 QUE TON RÈGNE VIENNE

ETUDE VII

LA DELIVRANCE ET L'EXALTATION DE L'EGLISE

 

 

 * * *

 

 La délivrance de l'Eglise est proche. — Elle sera l'avant-coureur de la délivrance de toute l'Humanité. — Sa date approximative. — Comment les saints échapperont-ils à ces choses venant sur le monde ? — Comment et quand Dieu viendra-t-il à son secours ? — Dans quelles circonstances et comment aura lieu sa délivrance finale. — Ceux qui dorment en Jésus seront délivrés les premiers. — Changement des membres vivants de l'Eglise. — Mourront-ils ? — Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur !

 * * *

 “ Redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. ”

 (Luc 21: 28).

LA LAMPE de la prophétie nous a permis de suivre les événements merveilleux la “ moisson ” jusqu'en leur point culminant du grand temps de détresse. Nous nous souvenons que pendant cette période mouvementée aura lieu la délivrance promise et l'exaltation de l'Eglise. Dès lors, pour les saints, une question importante se pose : Quand, comment et dans quelles circonstances seront-ils délivrés ?

 Notre Seigneur nous enseigna que nous devions attendre un accomplissement rapide de notre glorieuse espérance, lorsque nous verrions se dérouler les événements de la moisson. Aussi à présent que nous observons les preuves toujours plus évidentes de ces signes, nous levons nos têtes et nous nous réjouissons dans l'espérance de la gloire qui suivra, car le matin vient, bien qu'une nuit brève et sombre doive auparavant survenir. Notre joie n'a rien d'égoïste, car la délivrance et l'exaltation de l'Eglise de Christ seront l'avant-coureur d'une prompte délivrance de toute la race de la tyrannie et de l'oppression du grand esclavagiste, le péché, des tristesses, des douleurs, de la maladie et de la grande prison de la mort, “ car nous savons que jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement... en attendant... la délivrance de notre corps, le “ corps de Christ ” (Rom. 8 : 22, 23). En effet, selon l'arrangement de Jéhovah, le nouvel ordre de choses ne peut pas être établi avant que le grand Souverain, le Christ complet, tête et corps, soit complètement entré au pouvoir.

246

 Il est certain que la délivrance des saints aura lieu très peu de [quelque] temps après 1914, car la délivrance d'Israël selon la chair doit arriver à ce moment-là comme nous le verrons ; c'est alors que les nations irritées recevront l'ordre de s'apaiser et de reconnaître le pouvoir de l'Oint de Jéhovah. Combien de temps s'écoulera-t-il après 1914, jusqu'au moment ou les derniers membres vivants du corps de Christ seront élevés à la gloire ? Nous n'en sommes pas directement informés, mais cela n'aura certainement pas lieu avant que leur travail dans la chair soit accompli, de même que nous ne pouvons pas raisonnablement penser qu'ils resteront longtemps encore après l'achèvement de leur travail. Ayant ces deux pensées présentés à l'esprit, nous pouvons voir approximativement quand sera le moment de la délivrance.

 Si, d'un côté, de nettes indications montrent que quelques-uns des membres du corps du Christ encore vivants verront les préparatifs de l'ouragan qui vient et auront part à quelques-uns des troubles qu'il causera, il y a d'un autre côté des indications qu'aucun d'eux ne passera au travers de toute la détresse, ni même qu'aucun n'y demeurerait longtemps. Les paroles suivantes du Maître semblent l'indiquer : “ Veillez donc et priez... afin que vous soyez jugés dignes échapper à toutes ces choses qui arriveront ” (Luc 21 : 36). Nous savons cependant que nous passons déjà au travers des premiers troubles (qui accompagnent l'épreuve de l'Eglise nominale) et que nous échappons alors que beaucoup de personnes tombent dans l'erreur et dans l'incrédulité. Nous échappons, non parce que nous sommes enlevée du lieu où s'abat cette détresse, mais parce que nous sommes soutenus, fortifiés et gardés au milieu même de cette détresse par la Parole de l'Eternel, notre bouclier et notre rondache (Ps. 91 : 4). Tout en admettant que, de la même manière, certains membres du corps pourraient rester jusqu'à la fin même du temps de détresse, le traversant entièrement, et cependant échappant ainsi à tout le trouble qui vient, il est néanmoins clair, pensons-nous, que tous les membres du corps seront pleinement délivrés — exaltés à la condition glorieuse avant que les circonstances les plus tragiques de la détresse surviennent, après que le corps sera complet et la porte fermée.

247

 Nous avons vu la tempête en formation au cours des années passées : les puissantes armées ont été passées en revue et préparées pour la bataille ; chaque année à son tour est témoin de l'avance rapide des progrès vers la crise prédite et, quoique nous sachions qu'un désastre inouï plongera bientôt toute loi et tout ordre dans l'abîme de l'anarchie et de la confusion, nous sommes sans crainte ; car “ Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans la détresse toujours facile à trouver. C'est pourquoi nous ne craindrons point, quand la terre [l'organisation actuelle de la société] serait transportée de sa place [agitée et désorganisée], et que les montagnes [les royaumes] seraient remuées et jetées au cœur des mers [les masses sans frein et ingouvernables] ; quand les eaux mugiraient, qu'elles écumeraient [par les querelles des factions adverses] et que les montagnes [les royaumes] seraient ébranlées [trembleraient de crainte et d'épouvante] à cause de son emportement [de sa force menaçante et croissante] ” Ps. 46 : 1-3-D).

248

 “ Il est un fleuve [la Parole de Dieu, source de vérité et de grâce] dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu [le Royaume de Dieu, l'Eglise — même dans sa condition embryonnaire actuelle, avant son élévation à la puissance et à la gloire], le saint lieu des demeures du Très-Haut [le sanctuaire — l'Eglise où le Très-Haut aime à demeurer]. Dieu est au milieu d'elle ; elle ne sera pas ébranlée : Dieu la secourra dès l'aube du matin. ” (Ps. 46 - 4, 5-D)

 Aujourd'hui, nous bénéficions de cette aide promise dans la pleine mesure de nos besoins actuels. Notre Père céleste, en nous confiant ses secrets, nous a fait connaître ses plans et nous a assurés de sa faveur et de sa grâce secourables. Il a même fait de nous ses co-ouvriers. Ce secours nous sera accordé jusqu'au terme de notre course, et à ce moment-là, nous serons secourus plus complètement encore, en étant “ changés ”, élevés à la plus haute position à laquelle nous sommes appelés, et vers laquelle nous nous hâtons de nous diriger.

 Bien que nous puissions être sûrs que ce “ changement ” des derniers membres vivants du corps de Christ n'aura pas lieu avant qu'ils aient achevé dans la chair l’œuvre qui leur avait été confiée, nous sommes informés, comme on l'a vu précédemment, qu'avant longtemps, notre travail sera interrompu — graduellement d'abord, puis complètement et définitivement, lorsque “ la nuit vient où personne ne peut travailler ” (Jean 9 : 4). Les tristes brumes de cette “ nuit ” ne seront chassées que par le soleil levant millénaire. Lorsque notre travail sera achevé, lorsque la nuit nous enveloppera, nous pourrons espérer non seulement voir les nuages orageux devenir beaucoup plus sombres, mais aussi entendre et sentir les “ vents ” qui se lèveront et se transformeront en un violent ouragan de la passion humaine — un tourbillon de détresse. Alors, notre travail assigné étant achevé, nous devrons “ tenir ferme ”, être patients jusqu'à ce que nous soyons “ changée ”. — Eph. 6 : 13.

249

Combien de temps peut-il plaire au Seigneur de laisser ses saints dans une inaction forcée en ce qui concerne son oeuvre ? Nous ne le savons pas, mais ce sera probablement pendant un temps suffisamment long pour permettre à la foi et à la patience de parfaire leur œuvre. Là, ces vertus seront pleinement développées, éprouvées et rendues manifestes. Cette épreuve de patience sera l'épreuve finale de l'Eglise. Alors “ Dieu la secourra dès l'aube de [son] matin ” (Ps. 46 : 5 - Version Leeser). Ce n'est pas le matin qui doit luire sur le monde, lorsque la radieuse et brillante clarté de l'Eglise, avec son Seigneur se lèvera sur le monde comme le soleil de justice ; mais à l'aube de son matin, le moment où elle doit être “ changée” à la nature et à la ressemblance de son Seigneur. Son matin doit précéder le matin millénaire.

 Nous voyons cette sombre nuit qui s'approche déjà, non seulement par les Ecritures, mais aussi par les signes des temps. Le sort de l'Eglise, en ce qui concerne sa carrière humaine, semble esquissé dans les dernières étapes de la vie d'Elie et de Jean-Baptiste dont on a déjà parlé (*). [Voir Vol. Il, pages 266-286 (Edition1953).] La décapitation de l'un, le tourbillon et le chariot de feu qui enleva l'autre, indiquent probablement que les derniers membres du corps de Christ subiront la violence. Cependant Sion ne doit avoir aucune crainte, car Dieu est au milieu d'elle et la secourra. Elle est consacrée à la mort et son privilège consiste à prouver sa fidélité: “ Le disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d'être comme son maître et au serviteur comme son seigneur ”. Matth. 10 : 24 25.

 250

Lorsque “ Babylone, la grande ” — la “ chrétienté ” —verra l'effondrement de son pouvoir politique et religieux ainsi que la disparition de la superstition, elle voudra probablement tenter un effort suprême pour sa conservation en arrêtant l’œuvre de la diffusion de la vérité, la considérant comme nuisible à son système. Et probablement, à ce moment-là, la classe d'Elie, persistant à proclamer la vérité jusqu'au bout, subira la violence, entrera dans la gloire et échappera aux épisodes les plus tragiques du grand temps de détresse qui vient — au sein même de la crise des affaires où les hommes s'apercevront qu'ils doivent avoir recours à des mesures désespérées pour maintenir l'édifice chancelant de la chrétienté.

 Bien que le moment exact de la délivrance ou du “ changement ” des derniers membres du corps du Christ ne soit pas indiqué, le moment approximatif est cependant clairement montré : c'est peu de temps après que la “ porte ” est fermée (Matth. 25 : 10) ; après que la vérité, que Babylone commence maintenant à considérer comme son ennemie et comme calculée pour effectuer sa destruction, sera beaucoup plus connue et beaucoup plus répandue, après que la “ grêle ” aura dans une très large mesure balayé le refuge du mensonge, et après que la haine de la vérité qui couve et menace actuellement aura tourné en une opposition si violente et si générale qu'elle mettra effectivement un terme aux progrès ultérieurs du grand travail dans lequel les saints sont engagés. Dieu permettra ces choses aussitôt que les élus auront été “ scellés ”. Néanmoins, quels que soient les tribulations ou les désastres apparents qui pourraient frapper les saints encore dans la chair et arrêter l’œuvre dont l'accomplissement est pour eux la nourriture et la boisson de chaque jour, rappelons-nous, pour notre réconfort, que rien ne peut nous arriver sans que notre Père le sache et le permette. Dans toute épreuve de foi et de patience, sa grâce suffit à ceux qui demeurent en Lui et en qui sa Parole demeure. Regardons au-delà du voile : que notre oeil de la foi reste fixé sur le prix de notre haut-appel que Dieu a en réserve pour ceux qui l'aiment — les appelés, fidèles et choisis selon son dessein. — Apoc. 17 : 14 ; Rom 8 : 28.

 251

Alors que nous pouvons ainsi estimer approximativement, d'une manière raisonnable et scripturale, le moment et les circonstances de la délivrance complète de l'Eglise, il est aussi très intéressant pour nous de savoir comment elle sera glorifiée, de nouveau nous nous adressons aux oracles de Dieu pour nous informer.

 Tout d'abord Paul déclare : “ Nous serons tous changés [les saints vivants comme les saints morts]... Car il faut que ce corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité, parce que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu et que la corruption non plus n'hérite pas de l'incorruptibilité ”. Paul nous assure que ce “ changement ” de ce qui est mortel contre l'immortalité ne sera pas accompli par un développement graduel ; mais il sera instantané, “ en un instant, en un clin d’œil ”, au son de la “ dernière trompette ” — qui retentit déjà (*) [Voir Vol. II, Chap. 5.] (1 Cor. 15 : 53, 50,  52).

 De plus un certain ordre sera observé : les uns seront glorifiés ou “ changés ” les premiers, d'autres le seront après. Précieuse aux yeux de l'Eternel a été la mort de ses saints (Ps. 116 : 15), et bien que la plupart d'entre eux ont dormi pendant longtemps, aucun d'entre eux n'a été oublié. Leurs noms sont inscrits dans les cieux comme de dignes membres de l'Eglise  des Premiers-nés. L'apôtre déclare que les vivants qui demeureront jusqu'à la présence du Seigneur ne précéderont pas ceux qui sont endormis (1 Thess. 4 : 15). Ceux qui dorment en Jésus ne doivent pas attendre dans le sommeil que les derniers membres encore vivants aient achevé leur course, mais ils sont ressuscités immédiatement ; c'est l'un des premiers actes du Seigneur lorsqu'il prend son grand pouvoir. Ainsi, les membres du Christ qui ont dormi dans le sépulcre entreront dans la gloire les premiers.

 252

La date exacte du réveil des saints qui dorment n'est pas fixée d'une manière directe, mais elle peut être clairement déduite de la parabole de notre Seigneur sur l'homme de haute naissance. Après avoir été investi de l'autorité royale, il revint, et le premier travail de cet homme de haute naissance (qui représentait notre Seigneur Jésus) consista à régler ses comptes avec ses serviteurs (avec son Eglise) auxquels il avait confié la vigne pendant son absence et à récompenser les fidèles. Or, puisque l'apôtre nous dit que les morts en Christ recevront leur salaire les premiers, il est raisonnable d'en conclure que le règlement de compte de ces derniers eut lieu aussitôt après le retour de notre Seigneur, dès qu'il eut pris en mains son grand pouvoir.

 Si donc nous avons la date à laquelle notre Seigneur commença a exercer son autorité, nous saurons alors du même coup la date à laquelle ses saints qui dormaient furent éveillés pour la vie et pour la gloire. Pour cela, il nous suffit de nous rappeler le parallélisme des dispensations judaïques et de l'Evangile. Retournant au type, nous voyons qu'en l'an 33 de notre ère, trois ans et demi après le commencement de la moisson judaïque en l'an 29, notre Seigneur prit possession typiquement de son pouvoir et exerça l'autorité royale (Voir Matth. 21 : 5-15). Le seul dessein de cet acte du Seigneur fut évidemment d'indiquer un point parallèle de temps dans la moisson actuelle, où il assumerait effectivement l'autorité et les fonctions de roi, autrement dit au printemps de 1878, trois ans et demi après son second avènement, au début de la période de moisson à l'automne de 1874. L'année 1878 marquant ainsi la date de la prise de possession du pouvoir par notre Seigneur Jésus, il est raisonnable d'en déduire que ce fut là le début de l'établissement de son Royaume dont la première oeuvre serait la délivrance de son corps, l'Eglise, à commencer par les membres endormis.

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Puisque la résurrection de l'Eglise doit avoir lieu pendant cette période de la “ fin ” ou “ moisson ” (Apoc. 11 : 18) ,  nous trouvons qu'il est très raisonnable, et conforme à tout le plan de Dieu, que les saints apôtres et les autres “vainqueurs” de l'Age de l'Evangile qui dormaient en Jésus fussent ressuscités au printemps de 1878 comme êtres spirituels, semblables à leur Seigneur et Maître. Nous en concluons donc que leur résurrection est maintenant un fait accompli, et que par conséquent ils sont présents sur la terre avec le Seigneur ; si nous ne les voyons pas, c'est qu'ils sont maintenant comme leur Seigneur, des êtres spirituels, invisibles comme lui aux humains, et rien dans tout cela n'est contraire à notre foi. Qu'ils soient invisibles, que leurs tombeaux n'aient pas été trouvés ouverts et vides, et qu' on ne les ait pas vu sortir des cimetières, ces faits ne sont nullement des objections pour ceux qui ont appris ce qu'ils devaient attendre, qui discernent que notre Seigneur ressuscité ne perfora pas les parois de la chambre haute lorsqu'il entra et sortit alors que les portes étaient fermées, qui se souviennent que personne ne vit le Rédempteur ressuscité sauf les quelques disciples auxquels il se montra d'une manière spéciale et miraculeuse, afin qu'ils pussent être des témoins de sa résurrection, qui se souviennent que notre Sauveur apparut sous diverses formes charnelles, afin de montrer à ces témoins-là qu'il n'était plus dans la chair, afin aussi de leur faire comprendre que les diverses formes charnelles qu'il revêtit n'étaient pas son véritable corps spirituel glorieux. Ceux qui se souviennent que, seul, Saul de Tarse vit le corps spirituel de Christ, et cela par un miracle, alors que ceux qui étaient avec lui ne vivent rien, et que cette vision coûta la vue à Paul, saisiront rapidement que le fait de n'avoir pas vu, de leurs yeux charnels, les saints ressuscités, ne constitue pas plus une objection à leur résurrection que le fait de n'avoir pas vu le Seigneur durant cette moisson, et de n'avoir jamais vu des anges qui, pendant tout l'Age de l'Evangile, ont été “ des esprits... envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ”.(*) Voir Vol. II, Chap. 5.

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Notre croyance que le Royaume commença à être établi, ou amené au pouvoir en avril 1878 repose, on le voit, exactement sur le même fondement que notre croyance que le Seigneur devint présent dès octobre 1874, et que la moisson commença à ce moment-là. Alors, “ la montagne [le royaume] de la maison de l'Eternel ”, l'Eglise, commença à être “ exaltée au sommet des montagnes ” [les royaumes] de la terre ; alors commença le jugement de “ Babylone ”, la chrétienté, et de toutes les nations du monde entier, préalablement à leur renversement final.

 255

Rien n'est opposé à la pensée que la plupart des membres de l'Eglise sont exaltés alors que quelques-uns des derniers membres de cette sacrificature royale sont encore “ vivants et demeurent ”, car, selon la prédiction de l'apôtre, les événements se succèdent dans cet ordre même. Être parmi ceux qui restent n'est pas un déshonneur, et être le dernier même de ceux qui doivent être “ changés ” ne sera nullement une marque de désapprobation. Plusieurs textes des Ecritures montrent que les derniers membres du Corps de ce côté-ci du voile ont une oeuvre importante à accomplir, aussi importante et aussi essentielle que celle accomplie par les membres glorifiés de l'Eglise, de l'autre côté du voile. Tandis que le Chef glorifié et les membres de son corps déjà ressuscitée ont la haute direction des grands changements en cours et sur le point d'être inaugurés dans le monde, les membres demeurés dans la chair sont les agents du Royaume qui publient par des imprimés, par la parole, par la plume, par des livres et des traités, la “ bonne nouvelle d'une grande joie qui sera pour tout le peuple ”. Ils disent aux hommes la bonne nouvelle du gracieux plan divin des âges, et annoncent que le moment du glorieux achèvement de ce plan est proche ; ils leur montrent non seulement la grande détresse imminente, mais aussi les bénédictions qui vont la suivre comme résultat de l'établissement du Royaume de Dieu dans le monde. Une grande oeuvre importante est donc à accomplir par les membres qui, restent : c'est véritablement l’œuvre du Royaume, accompagnée des joies et des bénédictions du Royaume. Quoique toujours dans la chair, ces fidèles poursuivent lieur tâche désignée au prix du sacrifice d'eux-mêmes, et devant beaucoup d'opposition, ils entrent déjà dans la joie de leur Seigneur — joie d'une appréciation complète du plan divin et des privilèges d'y collaborer et, en liaison avec leur Seigneur et Rédempteur, joie d'offrir la vie et les bénédictions éternelles à toutes les familles de la terre.

256

 C'est à eux et à leur message que fait allusion le prophète Esaïe (52 : 7) lorsqu'il parle des “ pieds ” ou derniers membres du corps du Christ dans la chair, proclamant : “ Combien sont beaux sur les montagnes [royaumes] les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut [la délivrance], qui dit à Sion : Ton Dieu règne [le règne de Christ commence : c'est lui qui apportera la délivrance à Sion d'abord, puis à toute la création gémissante] ! La voix de tes sentinelles retentit ; elles élèvent la voix, elles exultent ensemble avec chants de triomphe elles verront clairement face à face (litt. oeil à oeil Trad.) quand l'Eternel restaurera Sion ”.

 Pauvres “ pieds ” meurtris, méprisés des hommes d'aujourd'hui, personne, sinon vous-mêmes, ne peut véritablement apprécier vos privilèges ! Personne ne connaît la joie que vous ressentez en proclamant la vérité présente, en disant à Sion que le Royaume va bientôt être établi, en déclarant que le règne de justice d'Emmanuel va bientôt être inauguré, afin de bénir toutes les familles de la terre. Mais, quoique méprisés des hommes, les “ pieds ” de Christ et leur mission actuelle sont hautement appréciés de l'autre côté du voile par leurs compagnons de service glorifiés ainsi que par leur glorieux Chef (ou Tête) qui veut confesser de tels fidèles devant son Père et devant tous ses saints messagers.

 La mission des “ pieds ” qui est une partie importante de l’œuvre du Royaume sera accomplie. Le message proclamé est, il est vrai, haï et méprisé du peuple. Le monde les considère comme des fous “ à cause de Christ ”. Il en a été de même pour tous ses fidèles serviteurs pendant tout l'Age de l'Evangile, avant qu'ils soient “ changés ”, avant qu'ils aient rejoint, les membres glorifiés au delà du voile. Ils devront, comme agents du Royaume avoir laissé de tels rapports sur ce Royaume et son oeuvre présente et future que cela constituera la plus précieuse information pour le monde et pour les enfants de Dieu non développés et surchargés qui, bien que consacrés à Dieu auront manqué de courir ainsi pour obtenir le prix de notre haut-appel.

 257

N'oublions pas que tous ceux qui font partie des “ pieds ” seront occupés à publier cette bonne nouvelle et à dire à Sion : “ Ton Dieu règne ! Le Royaume de Christ est commencé ! Et tous ceux qui veillent fidèlement peuvent voir alors distinctement comme un seul homme, et chanter ensemble en parfait accord le nouveau cantique de Moïse et de l'Agneau — le cantique du Rétablissement de toutes choses si clairement enseigné non seulement dans la loi de Moïse, “ laquelle était l'ombre des biens à venir ”, mais également dans les révélations plus claires de l'Agneau de Dieu contenues dans les écrits du Nouveau Testament. Ils peuvent chanter : “ Tes voies sont justes et véritables”, “ toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi ” — Apoc. 15 : 3, 4.

 Un à un, les membres de la classe des “ pieds ” passeront de la condition présente dans laquelle ils se réjouissent toujours quoique souvent fatigués, -blessés à celle de l'autre côté du voile ; — “ changés ” en un instant, en un clin d’œil, de la condition mortelle à l'immortalité, de la faiblesse à la puissance, du déshonneur à la gloire, de la condition humaine à la condition céleste, du corps animal au corps spirituel. Leur oeuvre ne cessera pas avec ce changement, Car tous ceux qui seront jugés dignes de ce changement à la gloire seront déjà enrôlés au service du Royaume de ce côté-ci du voile ; seul, l'aspect fatigue du labeur, cessera avec le changement. “ Ils se reposent de leurs travaux, mais leurs oeuvres les suivent ” — Apoc. 14 : 13.

258

Le “ changement ” de ces membres - “ pieds ” les amènera dans la même communion, la même gloire et le même pouvoir où sont déjà entrés les membres qui ont dormi. Ils seront “ enlevés ” des conditions terrestres, pour être unis “ tous ensemble ” avec “ le Seigneur en l'air ” — dans le gouvernement spirituel du monde. Comme nous l'avons déjà vu, (*)[Vol. 1, p. 381.] “ l'air ” dont il est question ici symbolise la domination ou le pouvoir spirituel. Pendant longtemps, Satan a été le “ prince de la puissance de l'air ” (Eph. 2 : 2) ; il a employé comme collaborateurs et comme associés dans sa domination, beaucoup des grands de Babylone qui, aveuglés par ses erreurs, sont persuadés de servir Dieu. Au temps marqué cependant, le “ prince ” actuel “ de l'air ” sera lié et ne pourra plus séduire les humains ; les cieux d'à présent, le grand système de l'Antichrist, “ passeront avec fracas, ” et alors le nouveau prince de l'air, le véritable souverain spirituel, Christ Jésus, prendra complètement possession du pouvoir et établira les “ nouveaux cieux ”. Il associera à lui-même, dans cette puissance de “ l'air ” son Epouse, les “ vainqueurs ” de l'Age de l'Evangile. C'est de cette manière que les “ nouveaux cieux ” prendront la place des puissances de l'“ air ” d'à présent.

 Mais tous les membres - “ pieds ” qui vivront alors et qui seront restés pour la présence du Seigneur devront-ils tous mourir ? Oui ; tous se sont consacrés “ jusqu'à la mort ” et il est clairement écrit que tous doivent mourir. Aucun texte biblique ne contredit cette pensée. Dieu déclare par son prophète : “ J'ai dit : Vous êtes des dieux [des puissants]. Vous êtes tous fils du Très-Haut [Dieu] ! Cependant vous MOURREZ TOUS comme des hommes, vous tomberez comme un des princes ” — Ps. 82 : 6, 7.

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Le mot traduit ici par “ princes ” signifie chefs ou têtes. Adam et notre Seigneur Jésus sont les deux têtes ou princes auxquels il est fait allusion. Tous deux moururent, mais pour des raisons différentes : Adam mourut pour son propre péché, Christ mourut en sacrifice volontaire pour les péchés du monde. Tous les membres de l'Eglise de Christ, justifiés par la foi dans son sacrifice, sont considérés par Dieu comme affranchis du péché d'Adam et aussi de la condamnation à mort frappant ce péché, afin qu'ils puissent avoir part avec Christ comme co-sacrificateurs. C'est comme sacrificateurs avec Christ que la mort des saints a du prix aux yeux de l'Eternel (Ps. 116 : 15). A leur mort, les membres du corps de Christ sont reconnus comme “ morts avec Christ ”, devenus “ conformes à lui dans sa mort ”. Ils tombent comme l'un des princes, non comme le premier, mais comme le second Adam, comme membres du corps de Christ, achevant ce qui manque aux souffrances de Christ (Col. 1 : 24).

 Le terme “ dieux ” dans ce passage veut dire des puissants. Il désigne tous les Fils du Dieu Très-Haut qui seront cohéritiers de Christ Jésus, l'héritier de toutes choses ; notre Seigneur Jésus y fait clairement allusion (Jean 10 : 34-36).

 “ Vous mourrez tous comme des hommes ” , mais “ voici, je vous dis un mystère : nous ne dormirons pas tous ”. Mourir est une chose, “ dormir ” ou rester inconscient dans la mort est une tout autre chose. Selon le témoignage de Dieu, tous les saints doivent donc mourir, mais tous ne dormiront pas. Notre Seigneur mourut, puis il dormit jusqu'au troisième jour, et alors le Père le ressuscita. Paul et les autres apôtres moururent et “ s'endormirent ” pour se reposer de leurs travaux et de leurs fatigues ; ils “ s'endormirent en Jésus ” et attendirent la résurrection promise, ainsi qu'une part dans le Royaume, au second avènement du Seigneur. En conséquence, lorsque le temps de l’établissement du Royaume fut arrivé, ce fut pour eux le moment de leur réveil du sommeil de la mort. Pourquoi attendraient-ils davantage et dormiraient-ils encore après que le Maître est présent, lorsque le temps de son Royaume est venu ? Il n'y aurait aucune raison à cela ; c'est pourquoi nous croyons qu'ils ne “ dorment ” plus, mais sont maintenant ressuscités et avec leur Seigneur, rendus semblables à lui. Si la prolongation de leur sommeil de mort n'est plus nécessaire, il n'est pas non plus nécessaire qu'un seul des saints qui meurent maintenant, au temps de la présence du Seigneur et de l'établissement de son Royaume, aille “ dormir ” ou attendre dans la mort une résurrection future. Non, grâces à Dieu, le Dispensateur de vie est présent ; et depuis 1878, depuis le moment où il prit possession de sa grande puissance et commença à exercer son autorité, aucun des membres de son corps n'a plus besoin de dormir. C'est pourquoi tous les membres - “ pieds ” qui meurent depuis cette date sont “ changés ” au moment de leur mort. Ils meurent comme des hommes et à la manière des hommes ; mais au même instant, ils sont rendus semblables à leur Seigneur, de glorieux êtres spirituels. Ils sont enlevés des conditions terrestres pour être à toujours avec leur Seigneur — “ en l'air ” — dans la puissance et la gloire du Royaume.

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 Ce fut après que notre Seigneur eut accompli le sacrifice de sa nature humaine et qu'il eut été ressuscité des morts et changé en un être-esprit qu'il déclara : “ Toute autorité m'a été donnée, dans le ciel et sur la terre ” (Matth. 28 : 18). Et ce n'est pas avant que tous les membres de Christ aient suivi l'exemple de la Tête et achevé le sacrifice dans la mort que le Christ sera complet et entièrement revêtu de l'autorité en vue de la grande oeuvre subséquente de rétablir toutes choses.

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En examinant ces choses, nous comprenons toute la portée de la déclaration : “ Bienheureux les morts qui dorénavant meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'esprit, afin qu'ils se reposent de leur travaux, car leurs oeuvres les suivent ” (Apoc. 14 : 13). Nulle part dans les Ecritures, la mort n'est représentée comme une bénédiction, sauf dans ce seul exemple. Nous remarquons même que dans ce dernier cas, cette promesse bénie est nettement délimitée et circonscrite, elle ne s'applique qu'à partir d'un moment déterminé, “ dorénavant ”. (*)[ Quand, dans un volume suivant, nous examinerons les merveilleuses visions de l'Apocalypse, nous montrerons clairement que le temps indiqué ici par le mot “ dorénavant ” marque une date déterminée par les événements en rapport étroit avec 1878, date notoire dans les prophéties étudiées jusqu'ici.] Et même alors, remarquons que cette bénédiction n'est destinée qu'à une classe spéciale : “ les morts qui meurent ”. Cette expression n'est pas une bévue, mais une description puissante et concrète de la petite classe pour les membres de laquelle la mort sera une bénédiction. Ceux-là forment les “ pieds ” de Christ. Nous avons déjà vu que chaque membre de corps de Christ doit achever son sacrifice dans la mort réelle.

 Seuls ceux-là sont les morts qui meurent, Dieu les considère comme déjà morts et la Parole les exhorte à se considérer comme tels : “ Regardez-vous comme morts au péché ”. On ne peut dire d'autres humains morts qu'ils doivent mourir ; cette désignation ne s'applique donc qu'à cette classe de morts qui doivent achever leur vie de sacrifice dans la mort effective.

 Ainsi Dieu secourra Sion à l'aube de son matin — au matin du jour éternel du triomphe de Christ. Ainsi l'aide-t-il déjà maintenant. L'un après l'autre, à l'insu du monde, les saints sont changés au temps actuel et vont rejoindre l'assemblée de l'Eglise triomphante. Ceux qui restent jusqu'au bout proclament l'évangile éternel, jusqu'au moment où la porte sera fermée et où toute opportunité de travail sera terminée. A ce moment-là, ils auront à “ tenir ferme ” dans la foi, dans la patience, et à attendre leur changement. Ils accepteront leur délivrance avec joie, quelle qu'en soit la forme permise par Dieu.

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Ils seront ainsi épargnés du grand ouragan de détresse qui suivra leur départ, comme ils le seront dans la première partie de la bataille, dans laquelle mille tomberont dans l'infidélité et seront vaincus par les diverses pestes de l'erreur, pour un seul qui pourra “ tenir ferme ” (Ps. 91 : 7)

 Comme le temps de détresse s'approche, nous devons donc nous attendre à ce que la véritable Eglise dans sa condition présente décroisse en nombre et en influence, pendant que le Christ glorifié et triomphant, le même corps de l'autre côté du voile, s'accroîtra selon le témoignage prophétique de Jean-Baptiste (Jean 3 : 30). [Voir Note VI].

 NOTE VI -

Dans cette sixième note, nous désirons, comme une illustration intéressante du principe que la Vérité avance  graduellement de vues obscures vers des vues toujours plus claires (Prov. 4 : 18), décrire la croissance progressive de la Vérité dans l'esprit de notre pasteur sur le temps de la délivrance de l'Eglise. Quand il écrivit le Volume III, basant sa pensée sur la mesure de la ligne du sol de la Grande Galerie de la Grande Pyramide, de son mur nord à la marche et le long de la façade et sommet de la marche, il conclut que l'Eglise quitterait la terre en oct.1910 (pp. 396-400). Plus tard, il vit que les Ecritures ne donnant nulle part une telle date la pensée devrait être abandonnée. En 1903, croyant néanmoins que la détresse commencerait probablement entre 1910 et 1912 et finirait en oct. 1914 (F. 579, § 2 ; Vol. VI p. 158, 1re col. § 2 Trad.), (*) [ Supprimer le mot “ après ” [oct. 1914] qui n'existe pas dans le texte anglais - Trad. ] il en conclut quelque temps entre 1910 et 1914, plutôt plus, proche de la dernière date que de la première, l'Eglise quitterait le monde. Quand, en 1904 (Z'04,197-199, 229, 230), il vînt à discerner que la détresse commencerait au lieu de finir en 1914, sa position — que quelques-uns de l'Eglise  demeureraient quelque temps pendant la troisième phase ou phase anarchique de la détresse, impliquait que l'Eglise demeurerait ici jusqu'à oct.1914 ; cependant ni alors, ni pendant huit années encore, il ne tira cette conclusion de cette constatation, mais conclut que l'Eglise demeurait ici jusqu'en oct.1914, pensée qu'il soutint jusqu'en 1912 environ.

 Il y eut spécialement trois choses qui le conduisirent en 1912 à conclure que l'Eglise demeurerait ici jusque quelque temps après 1914 : (1) Puisque le moissonnage était seulement le premier acte du processus de la moisson et qu'il devait se terminer en 1914, l'achèvement des autres opérations de la moisson exigeait que l'Eglise demeurât sui la terre quelque temps après oct.1914. (2). En 1912, la Palestine n'était pas suffisamment occupée par le retour de sa population juive, spécialement dans le retour des juifs riches, et dans son progrès et sa prospérité, ni ne pouvait par des moyens normaux être suffisamment développée sous ces rapports dans les deux années restant jusqu'en 1914, pour garantir les conditions décrites en Ez. 38 : 11 - 13 vers 1914. (3). La détresse commençant en 1914, implique que l'Eglise demeurerait ici quelque temps au-delà, puisqu'elle devait rester ici dans la dernière phase de la détresse, l'anarchie. Ces trois considérations lui prouvaient que le point de vue prophétique des choses exigeait que l'Eglise demeurât sur la terre après cet. 1914. En conséquence, il fit les changements nécessaires dans les divers Volumes des Etudes. Par la suite, il enseigna à maintes reprises qu'il ne connaissait pas la date ou l'année de la délivrance de l'Eglise quittant la terre. Ne sachant pas que l'Epiphanie durerait aussi longtemps que nous l'avons appris depuis — quarante ans — Il ne s'imaginait pas que l'Eglise demeurerait sur la terre aussi longtemps après oct.1914, comme elle y demeura et y demeurera encore. Cela ne doit nous causer aucune surprise, puisque son ministère était limité à la Parousie, y compris sa période de chevauchement dans l'Epiphanie, d'où son manque d'information sur les détails de l'Epiphanie et le temps pour l'Eglise de quitter le monde, chose que nous n'escomptons que plusieurs années après 1949, selon la figure des Huit grands jours prodigieux, quand l'Eglise commencera son travail public final. L'année exacte pour cela, en ce qui concerne les membres restants de l'Eglise en général, nous ne la connaissons pas ; mais nous avons l'assurance que cela surviendra entre 1949 et oct. 1954, avec au moins un de ses membres demeurant jusqu'à la fin du chevauchement de l'Epiphanie sur le Basileia, le Royaume. Certainement l'approche croissante de notre pasteur vers la vérité complète sur ce sujet est une illustration splendide du développement graduel de la Vérité au temps convenable. Prov. 4 : 18.

 

 * * *

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 QUE TON RÈGNE VIENNE

- ETUDE VIII

LE RETABLISSEMENT D'ISRAËL

LE MYSTÈRE D'ISRAËL

 

 * * *

 

 Le rétablissement d’Israël en Palestine est un événement attendu au cours de cette période de la moisson. - Comment, dans quelle mesure et pour quelle classe devrons-nous attendre ce rétablissement ? - Date à laquelle commença ce rétablissement et preuves de son développement actuel. - Pourquoi les bénédictions millénaires destinées à toute l'humanité atteindront-elles et régénéreront-elles d'abord les Juifs ? - Le réveil des espérances judaïques. - Appréciations d'écrivains éminents juifs et gentils. - Leur harmonie avec la prophétie. - L’aveuglement d’Israël à l'égard de Christ commence déjà à disparaître. - Diffusion et importance de ce mouvement. - Dieu les secourra.

 

 * * *

 “ En ce jour-là je relèverai le tabernacle de David qui est tombé, et je fermerai ses brèches et je relèverai ses ruines et je bâtirai comme aux jours d'autrefois... Et je rétablirai les captifs de mon peuple d’Israël et ils bâtiront les villes dévastées et y habiteront et ils planteront des vignes et en boiront le vin et ils feront des jardins et en mangeront le fruit. Et je les planterai sur leur terre et ils ne seront plus arrachée de dessus leur terre que je leur ai donnée, dit l'Eternel ton Dieu ” (Amos 9 : 11, 14, 15).

Parmi les reliques que l'Antiquité nous a léguées aucune autre que le peuple juif ne présente un objet d'aussi grand intérêt. Les savants spécialisés dans les recherches de l'Antiquité ont inlassablement interrogé chaque objet inanimé afin de découvrir un indice d'information historique ou scientifique. Les monuments, les autels, les tombes, les vestiges d’édifices publics et privés, les peintures, les sculptures, les hiéroglyphes et les langues mortes ont tous été mis à contribution ; certains se sont efforcés patiemment de découvrir la somme de pure vérité qui inspira probablement les nombreuses traditions, légendes fantastiques, chants, etc., qui nous sont parvenus des siècles passés, afin d'apprendre tout ce qu'il est possible de savoir sur l'origine, l'histoire et la destinée de l'humanité. Mais, le peuple juif est la plus intéressante relique et la seule dont l'histoire peut être le plus fidèlement déchiffrée et comprise. Il est un monument antique dont la valeur est incomparable et sur lequel nous pouvons lire, en caractères très lisibles, l'origine, le développement et la destinée finale de toute la race humaine, un témoignage vivant et intelligent de l'accomplissement graduel d'un plan merveilleux relatif aux affaires de l'humanité, en exacte conformité avec les prédictions des prophètes et des voyants divinement inspirés.

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Comme peuple, il reste marqué et à part par les événements de leur histoire nationale, leur foi religieuse commune, aussi bien que par chaque élément de leur caractère national, leur mentalité et leurs coutumes. Les traits distinctifs nationaux sont les mêmes aujourd'hui qu'il y a plusieurs siècles, ils aiment toujours les poireaux, les oignons et l'ail d'Egypte et sont toujours des gens obstinés au col roide. Comme peuple, ils eurent certainement beaucoup d'avantages de toutes manières. Les oracles de Dieu développèrent chez eux des poètes, des juristes, des hommes d'état et des philosophes, et les amenèrent graduellement de la condition de peuple esclave à celle - comme au temps de leur plus grande gloire sous le règne de Salomon et suscitant l'étonnement et l'admiration du monde ? d'une nation honorée et élevée parmi toutes les autres. (Rom. 3 : 1, 2 ; 1 Rois 4 : 30-34 ; 10 : 1-29).

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 La prophétie qui figure en tête de ce chapitre nous annonce formellement que le rétablissement d'Israël dans la terre de Palestine est un des événements qui doivent s'accomplir dans le Jour du Seigneur, au temps actuel. On remarque de suite que cette prophétie ne peut pas être interprétée dans un sans symbolique quelconque. Il ne leur est pas destiné un pays de Canaan céleste, mais bien un pays de Canaan terrestre. Ils doivent être plantés sur “ leur terre ”, le pays que Dieu. déclare leur avoir donné, le pays qu'Il avait promis à Abraham en lui disant : “ Lève les yeux et regarde du lieu où tu es vers le nord, vers le midi, vers l'orient et vers l’occident ; car tout le pays QUE TU VOIS, je te le donnerai et à ta semence pour toujours, et je ferai que ta semence sera comme la poussière de la terre, en sorte que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre, ta semence sera aussi comptée. [ Une indication d'un temps futur alors très éloigné permettant dans l'intervalle la multiplication suffisante de sa semence ]. “ Lève-toi et promène toi dans le pays, en long et en large, car je te le donnerai ”. “ Et je te donne, et à ta semence après toi, Ie pays de ton séjournement - tout le pays de Canaan, en POSSESSION PERPETUELLE ”. (Gen. 13 : 14-17 ; 17 : 8). C'est un pays dans lequel les Juifs eurent le privilège d'entrer autrefois et qu'ils habitèrent pendant des siècles. Mais pendant ce temps, ils furent souvent dépouillés, emmenés en captivité, dans d'autres pays, pendant que des étrangers dévastaient leurs villes, buvaient le vin de leurs vignes et mangeaient le fruit de leurs jardins. Finalement, ils furent complètement arrachés de leur pays, leurs villes furent détruites et ravagées, et ils furent chassés comme des vagabonds errants et exilés de pays en pays, dans le monde entier. Lorsqu'ils seront rétablis dans leurs pays, selon la promesse, “ Ils ne seront plus arrachés de dessus leur terre ”, du pays que Dieu leur a donné et “ ils bâtiront les villes dévastées [celles où ils avaient vécu autrefois] et les habiteront ”. Quoique dispersés, sans patrie, affligés et persécutés, les Juifs sont toujours un peuple distinct et homogène. Ils sont unis entre eux par les liens solides de la parenté et d'un même sang, par des espérances communes, inspirés par une même foi dans les merveilleuses promesses de Dieu qu'ils ont cependant bien peu comprises. Ils sont en outre liés entre eux par une sympathie réciproque provenant de leurs souffrances et privations communes dans l'exil. Aujourd'hui encore, comme peuple, ils s'attachent fortement à l'espérance d'Israël. Comme peuple, ils ont toujours foi en Dieu bien que dans leur aveuglement et leur orgueil de cœur, ils aient trébuché et soient tombés sur la pierre d'achoppement qu'était l'humilité du Messager choisi par Dieu pour le salut du monde ; de sorte qu'au lieu de recevoir le Sauveur, le Seigneur de gloire, ils le crucifièrent. Et cependant, les apôtres et les prophètes nous montrent que ce crime odieux, dû à leur orgueil et à leur opiniâtreté, leur sera pardonné. A cause de ce crime, ils ont été punis et sévèrement punis. Lorsqu'ils condamnèrent le Seul Juste et dirent : “ Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ”, ils ne s'attendaient pas à la terrible rétribution qui allait suivre.

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La terrible détresse et la perte de vies, la destruction, de leur sainte cité et de leur temple, la fin complète de leur existence nationale, la dispersion des survivants comme exilés parmi toutes les nations achevèrent l’œuvre de leur période de moisson. Elle débuta par l'émeute et la lutte civiles, puis une armée romaine envahit le pays. Le feu, l'épée et la famine accomplirent sur eux un terrible châtiment.

 Depuis cette époque, Israël a toujours été une nation dispersée et dépouillée. chassés de Pays en pays comme des exilés, les Israélites furent privés de presque tous les droits et privilèges dont jouissaient les autres hommes. Rejetant la chrétienté, aussi bien sous sa forme corrompue que sous sa forme pure, ils devinrent l'objet du mépris et des persécutions inexorables de l'Eglise de Rome. L’historien déclare :

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“ En Allemagne, en France, en Angleterre et en Italie, leurs droits furent limités par des décrets et par des lois des autorités ecclésiastiques aussi bien que des autorités civiles. Ils furent exclus de toutes les positions honorables, chassés de lieu en lieu, réduits à subsister presque entièrement par des occupations mercantiles, par l'usure ; on les imposait durement dans les villes, on les maintenait dans une véritable abjection, on les reléguait dans des quartiers étroits ; leurs vêtements portaient des insignes de leur condition dégradante, ils étaient dépouillés par des barons pillards et par des princes sans argent, ils étaient une proie facile, à la merci de tous, pendant les guerres civiles ; on les volait, on s'emparait d'eux et on les vendait comme des esclaves, la populace en émeute et les paysans révoltés les massacraient, les moines les pourchassaient et finalement on les brûlait par milliers dans des croisades spéciales ; les croisés, d'ailleurs, brûlèrent aussi leurs frères à Jérusalem dans leurs synagogues, les tourmentèrent par le mépris, par des sermons injurieux, par des accusations et des épreuves monstrueuses. Ils furent menacés, on voulut les convertir de force... Ils ne pouvaient posséder aucune propriété foncière, ils ne pouvaient s'occuper d'aucun métier d'artisan, d'aucune profession artistique. Ils en étaient réduits presque exclusivement au commerce. Voyant que toute l'humanité se dressait contre eux, leur orgueil national et leur fierté ne furent certes pas adoucis ; aussi, le fossé s'élargit-il grandement entre Juifs et Gentils vivant ensemble en tout lieu ”.

 Ainsi, étrangers vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis des autres humains de toutes les nations, leur condition a été en vérité misérable, leur sort triste et pitoyable. Au cours d'implacables persécutions papales, ils ont souffert en commun avec les saints et les martyrs de Jésus, le Chrétien pour avoir rejeté l’Antichrist, le Juif pour avoir rejeté Christ et l'Antichrist. Si Dieu a permis que ces afflictions et ces persécutions fussent le châtiment des Juifs pour leur crime national de rejet de l'Evangile et la crucifixion du Rédempteur, néanmoins au temps marqué, il récompensera la constance de leur foi dans ses promesses, auxquelles ils sont attachés depuis si longtemps, avec une telle persévérance. Dieu connut d'avance l'orgueil et la dureté de leur cœur. Il l'annonça d'avance ainsi que les malheurs qui allaient s'abattre sur eux. Il a aussi indiqué d'avance que leur aveuglement prendrait fin et qu'alors s'accompliraient toutes les promesses terrestres faites depuis longtemps à Abraham et répétées successivement par tous les saints prophètes.

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Aujourd'hui que nous approchons du moment où, selon la promesse, la faveur de Dieu retournera à Israël, nous voyons les préparatifs faits dans ce but. Au cours du siècle passé, il s'est manifesté parmi eux un criblage et une séparation les partageant en deux classes : les Juifs orthodoxes et les non-orthodoxes. Les premiers s'attachant toujours aux promesses de Dieu, ils espèrent toujours que le temps marqué de la rentrée en faveur de Sion viendra bientôt. Les seconds ont perdu la foi en un Dieu personnel, aussi bien que dans les promesses abrahamiques et sont entraînés vers la libre-pensée, le rationalisme et l'incrédulité. Chez les orthodoxes, nous trouvons la plupart des Juifs pauvres et opprimés, ainsi que quelques-uns des riches et des gens cultivés ; ils sont beaucoup plus nombreux que les non-orthodoxes, bien que ces derniers soient beaucoup plus influents et respectés, car ils sont souvent des commerçants, des financiers, des éditeurs, etc.

 Voici un bref résumé de la foi des Juifs orthodoxes :

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“ Je crois avec une foi parfaite et véritable

(1) que Dieu est le Créateur, le Souverain et l'Auteur de toutes les créatures et que toutes choses ont été créées par Lui ;

(2) que le Créateur est un et que, seul, Il a été notre Dieu, qu’Il l'est, le sera à toujours ;

(3) que le Créateur ne possède pas de Corps, ne contient en lui aucune des propriétés corporelles et qu'aucune essence corporelle ne peut lui être comparée ;

(4) que rien n'existait avant Lui et qu'Il demeurera à toujours ;

(5) qu’on doit l'adorer et personne d'autre ;

(6) que toutes les paroles des prophètes sont vraies ;

(7) que les prophéties de Moïse étaient vraies, qu'il fut le plus grand de tous les sages qui vécurent avant lui ou qui vivront après lui. [Nous pouvons considérer que les Juifs sont quelque peu excusables d'avoir Pareillement surfait un aussi noble et aussi admirable caractère].

(8) que toute la loi que nous possédons à ce jour fut donnée par Dieu Lui-même à notre maître Moïse ;

(9) que cette même loi ne sera jamais changée et que Dieu ne nous en donnera jamais une autre ;

(10) que Dieu comprend toutes les pensées et toutes les œuvres des hommes, selon qu'il est écrit dans les prophètes : “ C’est lui qui forme leur cœur à tous, qui prend connaissance de toutes les œuvres ” (*) Ps. 33 : 15 - Trad. ; (11) que Dieu récompensera ceux qui gardent ses commandements et qu'il punira ceux qui les transgressent ;

(12) que le Messie doit toujours venir et quoique sa venue tarde, “ j'attendrai Jusqu'à ce qu'il vienne ” ;

(13) que les morts reviendront à la vie quand Dieu le Créateur le jugera bon. Que son nom soit béni et sanctifié et sa mémoire célébrée à toujours. Amen ”.

 Depuis la destruction de leur temple et leur dispersion, les sacrifices ont été interrompus. Mais, à beaucoup d'autres égards, les prescriptions de la loi de Moïse sont toujours observées chez les Juifs orthodoxes. Comme autrefois, leur culte comprend la lecture des Ecritures, la prière et la louange. Le second jour de leur fête des trompettes, ils lisent le récit de l'offrande par Abraham de son fils Isaac et de la bénédiction par Dieu d'Abraham et de sa postérité. Puis ils font retentir la trompette et prient Dieu de les ramener à Jérusalem.

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Les Juifs non-orthodoxes ou réformés, les “ radicaux ” diffèrent grandement des orthodoxes. Beaucoup d'entre eux sont des athées reniant un Dieu personnel ; ils nient que le Messie doive venir et s'ils ne nient pas entièrement la prophétie, ils expliquent que la nation juive est elle-même le Messie dont la tâche est de réformer graduellement le monde, et que les souffrances prédites du Messie sont accomplies par leurs persécutions et leurs souffrances comme peuple. D'autres déclarent que la civilisation est le seul Sauveur du monde qu'ils attendent.

 Ce sera sans aucun doute les orthodoxes qui seront rassemblés et bénis quand le Messie viendra une seconde fois, en gloire et en puissance, et qui diront : “ Voici c'est ici notre Dieu ; nous l’avons attendu et il nous sauvera ; c'est ici l'ETERNEL, nous avons attendu ; égayons-nous, et réjouissons-nous dans sa, délivrance ” (Esaïe 25 : 9). A la lumière plus claire de l'enseignement du Messie, toute foi dans les vaines traditions qu'ils tiennent toujours comme étant des adjonctions de grande valeur à la Loi de Dieu disparaîtra. Le temps est très proche où Dieu parlera de paix à Israël, le consolera et enlèvera son aveuglement. Nous ne voulons pas laisser entendre par là que ceux qui se sont égarés dans l'incrédulité n'auront jamais les yeux ouverts, Dieu nous en garde. Les yeux de tous en toutes les nationalités, seront ouverts et toutes les oreilles des sourds seront débouchées. Mais aucune faveur spéciale ne viendra pour ces Juifs incrédules au moment du retour de la faveur, “ car celui-là n’est pas Juif qui l'est au dehors ” simplement par sa parenté de famille et son expression faciale. Les Juifs que Dieu reconnaît comme les enfants d'Abraham sont ceux qui s'attachent à la foi d'Abraham et ont confiance dans les promesses divines.

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 LES ANGLO - ISRAELITES

 Nous devons exprimer ici notre divergence de vues d’avec ceux qui prétendent que les Anglo-Saxons sont l'Israël de la promesse des Ecritures. Ils prétendent, en somme, que les Anglo-Saxons, la population des Etats-Unis, etc. sont les descendants des dix tribus d'Israël qui se séparèrent des tribus de Juda et de Benjamin, après la mort de Salomon, et qu'on appelle souvent “ les dix tribus perdues ”, parce qu'après la captivité (des douze tribus au complet) en Babylone, les dix tribus ne rentrèrent jamais dans le pays de Canaan comme “ Israël ”, mais demeurèrent disséminées comme tribus et individuellement parmi les diverses nations. Ceux dont nous critiquons la théorie prétendent qu'ils peuvent retracer leur voyage jusqu'en Grande-Bretagne et que la grandeur et l'influence des peuples de langue anglaise du monde sont imputables au fait qu'ils appartiennent à Israël et héritent des promesses faites à Israël.

 A ceci nous répondons : Certaines des preuves avancées pour soutenir qu'ils font partie des “ tribus perdues ” semblent loin d'être fortes ; mais si nous les admettions, cela ne prouverait, nullement leur position, savoir que la grandeur de la race anglo-saxonne provient du fait qu'elle appartient à la race juive par voie de génération naturelle, pas plus qu'elle n'est “ perdue ”. Leur grandeur est due à leur liberté et à leur intelligence qui proviennent, non du fait qu'ils ont été perdus, ni de ce qu’ils sont nés Israélites selon la chair, mais des doctrines de Christ - à la lumière que certains membres de la postérité spirituelle d'Abraham font briller parmi eux.

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 Le fait que les dix tribus se dispersèrent loin des deux autres n'est pas un témoignage en leur faveur, tout au contraire. Il prouve qu'elles étaient disposées à rejeter les promesses de Dieu : c'est un signe d'infidélité, d'incrédulité ; car elles savaient bien que le Législateur, le Sauveur, le Libérateur, le Roi en qui et par qui les promesses devaient être accomplies devait sortir de Juda. La tribu de Benjamin fut donc la seule, outre celle de Juda, qui eut foi dans les promesses de Dieu au temps de la révolte. Mais lors du retour de la captivité de Babylone, ceux qui montrèrent leur foi persévérante en Dieu et ses promesses, en retournant au pays de Canaan, appartenaient surtout aux tribus de Juda et de Benjamin ; cependant, tous ceux qui revinrent n'appartenaient pas uniquement à ces deux tribus. Il y avait parmi eux des personnes des autres tribus, qui aimaient l'Eternel, le recherchaient avec des sentiments de repentance, se confiant toujours dans ses promesses. Cependant, la grande majorité des dix tribus, comme celle des membres des deux autres tribus, ne se soucièrent pas de rentrer au pays de la promesse, préférant Babylone et d'autres pays. Beaucoup d’entre eux étaient même tombés dans l'idolâtrie et avaient perdu leur respect pour les promesses de Dieu.

 Nous devons nous souvenir qu'un petit nombre de ceux qui rentrèrent dans leur pays sous la conduite de Zorobabel et aucun de ceux qui revinrent sous Esdras étaient de ceux qui avaient été emmenés captifs autrefois, car presque tous ceux qui avaient été emmenés captifs à Babylone y étaient morts. Ceux-ci étaient leurs enfants, dont le cœur brûlait toujours de la foi de leurs pères et qui espéraient toujours dans les bénédictions et les honneurs promis à la semence d'Abraham. Ainsi les petites troupes de moins de cinquante mille hommes qui s'en retournèrent étaient tous les Israélites restant alors de toutes les tribus, dont l'acte de retour dans la terre promise montrait qu'ils tenaient toujours à la foi d'Abraham. Ce fut aux descendants de cette élite triée de toutes les tribus d'Israël (quoique principalement des deux tribus) et tous appelés Juifs, selon la tribu royale et prédominante, que notre Seigneur se présenta lui-même et offrit le Royaume au premier avènement, comme les représentants de la sainte nation, de tout Israël.

 273

Jésus parlant du peuple juif, l'appela Israël, le considéra comme Israël tout entier et non comme Juda seulement. Il parle de ceux qui, de son temps, étaient toujours attachés aux promesses et étaient restés unis entre eux, comme de “ brebis perdues de la maison d'Israël ”, parce qu'ils s'étaient égarés loin de la vérité, en suivant les traditions de faux bergers qui les avaient conduits dans leur propre chemin et non dans les voies de Dieu. Jésus dit : “ Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d’Israël ”. Son ministère fut en effet consacré à la maison d'Israël uniquement, conformément à sa propre déclaration, il montra ainsi que les Juifs de son temps étaient les seuls représentants reconnus de la “ maison d'Israël ”, comme l'indiquent les termes : “ tout Israël ”, “ nos douze tribus qui servent Dieu continuellement ”, ainsi que d'autres expressions analogues de notre Seigneur et des apôtres. Rappelons aussi que notre Seigneur, voulant marquer que son ministère était destiné Israël seul, interdit à ses disciples d'aller vers quiconque en dehors des Juifs de la Palestine. (Matth. 10 : 5, 6 ; 15 : 24).

 Notez également que les apôtres employèrent aussi le terme “ Israël ” et non “ Juda ” lorsqu'ils parlèrent de ceux qui vivaient à cette époque en Palestine (Actes 2 : 22 ; 3 : 12 ; 5 : 35 ; 13 : 16 ; 21 : 28) ; et parlant aussi de la prophétie d'Esaïe, ils reprirent l’expression un reste d'Israël, pour désigner le nombre comparativement petit des Juifs qui reçurent l'Evangile (Rom. 9 : 4, 27, 29, 31-33 ; 10 : 1-4 ; 11 : 1, 7-14, 25, 26-31), et parlant de tout le reste, ils les considéraient comme des aveugles, trébuchants. Si donc il pouvait même être démontré que les Anglo-Saxons étaient une partie des “ dix tribus perdues ”, nous voyons clairement qu'aucune faveur n'aurait pu leur être accordée à ce titre, car ils avaient abandonné l'alliance d’Israël et étaient devenus idolâtres, incrédules et pratiquement des Gentils. Du reste, comme on l'a déjà vu (*), tous ceux reconnus comme la postérité naturelle d'Abraham, qui continuèrent à rejeter Christ, furent privés de toute faveur depuis la mort de Christ jusqu'en 1878, date à laquelle la faveur de Dieu devait commencer à leur revenir et leur aveuglement commencer à disparaître. En conséquence, la grandeur des Anglo-Saxons au cours des siècles passés ne saurait être en aucune manière assimilée au retour de la faveur à ceux à qui la faveur fut enlevée, parce qu'ils avaient rejeté et crucifié le Seigneur et qui sont ceux auxquels la faveur doit retourner maintenant. A ce moment, et jusqu'à nos jours, Israël a toujours été représenté par le “ Juif ” (Rom. 2 : 9, 10), et c'est maintenant au Juif que la faveur sera rendue parce qu'il est la “ semence naturelle d'Abraham ”. Cette postérité ainsi que la “ semence ” spirituelle (choisie pendant l'Age de l'Evangile, un reste d'Israël, des Juifs et un complément tiré des Gentils) deviendront les agents de Dieu pour bénir toutes les familles de la terre.

 (*) Vol. Il, Chapitre 7

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La faveur venant sur Israël ne sera pas non plus exclusive. Tous les croyants dans les promesses de l’alliance pourront participer à la faveur qui revient à la postérité naturelle d'Abraham comme tout Juif qui acceptait Christ pouvait avoir part aux bénédictions et avantages spirituels offerts pendant l'Age de l'Evangile. De même qu'un petit reste seulement crut à l’Evangile et accepta les faveurs au début, ainsi à part des Juifs, un petit nombre seulement d'humains sera prêt à accepter les nouvelles lois et le nouvel état de choses de l’Age millénaire, sous la juste administration de notre Seigneur glorifié et de son Eglise glorifiée ; c'est pourquoi, au début, peu de gens en dehors des Juifs seront bénis par elle.

 Autrefois, le Juif accoutumé depuis longtemps à l'effort pour accomplir la Loi et se confiant dans ses oeuvres d'obéissance, à la loi pour obtenir la bénédiction divine, vint trébucher sur le premier trait de la dispensation évangélique - la rémission des péchés, sans les oeuvres, pour tous ceux qui croient à l’œuvre parfaite de Jésus et dans son sacrifice suffisant pour le péché. Mais le respect du Juif pour la Loi tournera à son avantage à l'aurore de l'Âge millénaire ; et personne ne sera plus prêt que lui pour le faire lorsqu'il faudra accepter et pratiquer strictement les lois et dispositions de cet âge futur, son aveuglement quant au Christ et à son sacrifice pour les péchés ayant disparu ; car des œuvres seront exigées après la foi en Christ, bien qu’elles, ne fussent pas acceptées avant. En acceptant l'amour et les faveurs de Dieu en Christ, le Juif ne perdra pas de vue la justice de Dieu, comme le font beaucoup d'autres aujourd'hui d'autres, au contraire, seront aveuglés pendant un certain temps et ne seront guère bien disposés à reconnaître les règles du Royaume dans lequel la droiture sera posée comme règle et la justice comme niveau.

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Comme le Juif fut aveuglé par sa fausse conception de la Loi rendue vaine par de faux enseignements, ainsi beaucoup de Gentils auront de grandes difficultés à se rendre compte des nouvelles conditions millénaires de faveur, parce qu'actuellement, ils ont des fausses notions sur la doctrine de la grâce dans le pardon des péchés, des faux prédicateurs et instructeurs du temps présent, lesquels rendent vains l'Evangile de la grâce de Dieu, par divers sophismes, “ reniant même le Maître qui les a rachetés ” (2 Pi. : 2 : 1), niant même qu'un prix d'une rançon fut payé ou était nécessaire pour le salut de l'homme. Ils prétendent que l'erreur est humaine, et le pardon, divin ; en déduisant de là que le péché occasionnel est parfaitement excusable et qu'un châtiment strict n'a pas plus de raison d'être qu'une rançon, ils disent que s'il n'y avait pas de péchés à pardonner, cela priverait Dieu de la joie et du ministère du pardon. Perdant la notion de la justice de Dieu, ils ne comprennent pas la philosophie de son plan de réconciliation avec Dieu par le sang de la croix qui garantit la rémission des péchés par un sacrifice de rançon, à ceux qui acceptent Christ et luttent contre le péché. Aveuglés par leurs conceptions relâchées sur la justice et la rigueur de Dieu, bien peu seront prêts comme les Juifs à accepter l'obéissance stricte qui sera exigée de tous dans l'âge prochain.

 Pour illustrer la préparation du Juif à reconnaître la mort de Christ comme sa rançon - le prix correspondant - la satisfaction légale du péché de l'homme, nous citerons ces lignes d'un jeune Hébreu converti à Christ, à l'occasion de la commémoration annuelle du “ Grand Jour de Réconciliation ”, tel qu'il est observé actuellement par les Juifs orthodoxes ; cet article parut dans le journal “ Le Chrétien Hébreu ”

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 “ Le Yom Kippur, ou le Grand Jour de Réconciliation, était un jour solennel chez mon père, car non seulement il jeûnait, priait, mortifiait sa chair en ce saint jour d'expiation, mais il passait réellement en dévotions la nuit entière à la synagogue. Ce grand jour-là, j'ai souvent vu mes parents pieux pleurer lorsqu'ils répétaient la confession émouvante qui suivait l'énumération des sacrifices exigés par Dieu pour les péchés d'omission et de commission. Souvent je versais des larmes de sympathie lorsque je me joignais à mon père quand il se lamentait que nous n'avions plus aujourd'hui ni temple, ni souverain sacrificateur, ni autel, ni sacrifices. La veille de ce jour solennel, mon père, en compagnie des autres Juifs de la communauté, prenait un coq, et pendant qu'on répétait certains genres de prières, il tournait l'oiseau vivant trois fois au-dessus de sa tête en répétant les paroles suivantes : “ Que cet animal me soit substitut, qu'il soit mon remplaçant, qu'il soit mon expiation; que cet oiseau meure et que j'obtienne une vie bénie ”. il posait ensuite ses mains sur l'oiseau, comme on le faisait dans les acrifices-types et immédiatement après le coq était mis à mort, C'est là, aujour­d'hui, le seul sang répandu en Israël. Le sang des taureaux et des boucs ne ruisselle plus aux côtés de l'autel d'airain.

 “ Mon père faisait tous ses efforts pour se procurer un coq blanc, il évitait d'en prendre un rouge, et lorsque je lui en demandai la raison, il me dit qu'un coq rouge est déjà couvert de péché, car le péché est rouge selon qu'il est écrit : “ Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils seront comme la laine ”(Es. 1 : 18). Mon père continuait : Vous trouverez que les Rabbins l'ont déposé dans le Talmud ; si le coq est blanc, il n'est pas infecté de péché et peut par conséquent porter les péchés des Juifs ; mais s'il est rouge, il est alors couvert de péchés et impropre pour porter nos iniquités ”.

 “ Pourquoi les Juifs se servent-ils d'un coq, plutôt que d'une autre créature ? C’est parce que l'homme, en langue hébraïque, est appelé gever. Les Juifs disent alors : Si gever (l’homme) a péché, gever doit aussi subir le châtiment du péché. Or, comme le châtiment (la mort) est plus lourd que ce que les Juifs peuvent porter, les rabbins leur ont substitué un coq, qui dans le dialecte chaldéen est appelé gever et ainsi la justice divine est présumée satisfaite, car gever ayant péché, gever (un coq) est sacrifié.

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 “ Cette vaine parodie est cependant une preuve remarquable du fait plus frappant qu'aujourd'hui parmi les Juifs (dont beaucoup nient tout à fait la propitiation), la masse de la nation conserve toujours la notion de la nécessité absolue d'un sacrifice pour le péché et sait que sans une propitiation, la repentance ne sert de rien pour le salut. Si au lieu de lire les fables des rabbins, les Juifs voulaient étudier la Bible, ils trouveraient que notre Seigneur Jésus, le véritable Messie, a accompli dans sa propre personne sanctifiée la propitiation même pour le péché, laquelle certains Juifs, dans leur ignorance, s'imaginent avoir accomplie par le sacrifice d'un coq. “Gever (l'homme) ayant péché, gever (l’homme), Jésus-Christ homme livra son âme en sacrifice pour le péché ” (Es. 53 : 10).

 AU JUIF PREMIÈREMENT

Nous voyons donc que la prédiction divine, à savoir qu'Israël (à l'exception de quelques fidèles) serait aveuglé par sa Loi (Rom. 11 : 9), s'est accomplie d'une manière naturelle, et aussi que selon sa prédiction ultérieure que les faveurs et conditions de l'âge millénaire béniront beaucoup d'entre eux plus rapidement que les autres, doit également s'accomplir d'une manière parfaitement naturelle et produire des résultats de causes raisonnables.

 Ainsi, les faveurs millénaires iront aux Juifs premièrement, de même qu'en raison des alliances, etc. les faveurs de l'Evangile leur furent offertes premièrement. Et ainsi en sera-t-il comme Siméon l'avait prophétisé : “ Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël ”. Aujourd'hui, le temps du relèvement de cette nation, si longtemps déchue de la faveur, est proche.

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Cependant, ne partageons pas l'erreur trop commune faite par beaucoup de personnes qui voient quelque chose de ces promesses, de supposer qu'il faut prendre à la lettre les paroles suivantes : “ Après ces choses, je retournerai et je réédifierai le tabernacle [maison] de David qui est tombé, et je réédifierai ses ruines et je le relèverai ”. Et : “ Le Seigneur Dieu, lui donnera le trône de David, son père ”. “ Et mon serviteur David sera roi sur eux ”. (Actes 15 : 16 ; Luc 1 : 32 ; Ez. 37 : 24). S'il est parfaitement certain que le retour effectif d'Israël dans son propre pays s'accomplira, selon la promesse, ainsi que la reconstruction de Jérusalem sur ses ruines, nous pouvons être également persuadés que par les expressions maison ou trône de David, il n'est pas question de pierres, de bois, etc... au sens littéral. Le relèvement de la maison de David, dont il est parlé, a trait au rétablissement de la royauté et de la domination entre les mains d'un membre de la postérité de David. Christ-Jésus est le rejeton promis de la maison de David, l'héritier de son trône ; lorsque son autorité commencera à s'établir, alors commencera le relèvement (l'établissement permanent) de la maison temporaire ou tabernacle de David qui fut renversée, demeurant dans la poussière pendant de nombreux siècles. D'une manière analogue, “ le trône de David ” sur lequel le Messie doit s'asseoir n'est pas le trône littéral de bois, d'or et d'ivoire sur lequel David s'asseyait, mais la dignité, le pouvoir et l'autorité de la charge qu'il exerça. Cette autorité - charge ou titre - que David assuma pendant quelques années, doit l'être dans des proportions bien plus grandes par l'Oint de Jéhovah, notre Seigneur Jésus.

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Mais quelle autorité possédait et exerçait David ? Nous répondons : C'était l'autorité de Jéhovah, car David était “ assis sur le trône de Jéhovah ” (1 Chron. 29 : 23) ; et c'est la même autorité qui soutiendra Christ dans son Règne millénaire. Lorsque l'on voit la chose correctement, il est évident que David et son trône ou autorité divine établie au sein de la nation­ type d'Israël, n'étaient que des figures-types de Christ et de son Royaume. L'honneur principal de David, s'il est jugé digne, consistera à être l'un des “ princes ”auxquels Emmanuel confiera la phase terrestre de son Royaume. - Ps. 45 : 16.

 Le nom de David aussi bien que son Royaume étaient des types. Le nom David signifie Bien-aimé, et c'est le Fils bien-aimé de Dieu qui sera roi sur toute la terre en ce jour-là, et non pas le bien-­aimé David-type d'autrefois. Il est bon également de distinguer nettement la Nouvelle Jérusalem, qui est céleste ou spirituelle de laquelle les apôtres sont les douze fondements, d'avec la Jérusalem de jadis qui sera reconstruite sur ses ruines terrestres. Le rétablissement promis de la Jérusalem d'autrefois comporte non seulement la reconstruction matérielle de la ville, mais surtout la réorganisation du gouvernement d'Israël ; car, dans la prophétie, une ville est toujours un symbole représentatif d'un gouvernement. C'est pourquoi la reconstruction promise de Jérusalem sur ses anciens fondements implique une réorganisation nationale d'Israël sur une base analogue à celle qu'elle possédait autrefois comme peuple sur lequel l'oint de Jéhovah exerçait son autorité. La Nouvelle Jérusalem représente l'Eglise de l'Evangile glorifiée et la puissance du Royaume spirituel, invisible aux humains et néanmoins tout-puissant. Sa descente sur la terre (Apoc. 21 : 2) accomplit la prière du Seigneur “ Que ton règne vienne ” ; sa “ venue ” sera graduelle et non soudaine ; elle “ descend ” déjà maintenant ; le Royaume s'établit et comme résultat nous voyons les premières étapes du relèvement de la Jérusalem d'autrefois. Plus tard aura lieu l'accomplissement intégral de la prière de notre Seigneur : Que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel. La Nouvelle Jérusalem et les Nouveaux Cieux sont des expressions synonymes, qui désignent le nouveau pouvoir spirituel régnant.

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Selon les prophéties déjà examinées, l'année 1878 est la date à laquelle le “ double ” temps d'attente du Roi s'est accompli et à partir de laquelle leur retour à la faveur et l'éloignement de leur aveuglement devaient commencer : le temps après lequel il serait propre de “ parler au cœur de Jérusalem ” et lui “ crier que son temps marqué [son temps d'attente son “ double ”] est accompli, que son iniquité est acquittée, qu'elle a reçu de la main de l'Eternel le [son] double pour tous ses péchés ” (Es. 40 : 1, 2).

 Depuis ce temps, en effet, nous constatons selon notre attente des indications caractéristiques du retour graduel de la faveur à Israël ; il se crée un mouvement pour les “ replanter ” dans leur pays, pour les rétablir comme une grande nation, selon les nombreuses promesses de Dieu : “ Ainsi, dit l’Eternel, le Dieu d'Israël : Comme tu vois ces bonnes figues, ainsi je me souviendrai, en bien, des transportés de Juda, que j'ai envoyés hors de ce lieu au pays des Chaldéens [ Babylone, la Babylone mystique, la Chrétienté, comme cela est montré au verset 9 ; car, depuis leur renversement, ils ont été dispersés parmi toutes les nations de la soi-disant Chrétienté ] pour leur bien [ pour leur discipline et leur châtiment: une bonne chose sous une forme déguisée ]. “ Car je mettrai mes yeux pour leur bien, et je les ferai retourner dans ce pays ! Et je les bâtirai et je ne les renverserai pas, et je les planterai et ne les arracherai pas. [ Ceci ne peut se rapporter au retour de la captivité en Babylone selon la lettre, puisque après leur retour, ils furent à nouveau abattus et déracinés ]. Et je leur donnerai un cœur pour me connaître, car moi je suis l'Eternel, et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur ”. (Jér. 24 : 5-7).

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 Ainsi, dit l'Eternel : Voici, je rétablirai les captifs des tentes de Jacob, et j'aurai compassion de ses demeures, et la ville [Jérusalem] sera rebâtie sur le monceau de ses ruines, et le palais [le temple] sera habité selon sa coutume... Et ses fils seront comme jadis, et son assemblée sera affermie devant moi, et je punirai tous ses oppresseurs. Voici, je les fais venir des pays du Nord [ la Russie où près des deux tiers des Juifs actuellement vivants demeurent ] et je les rassemble des extrémités de la terre... tous ensemble, une grande congrégation : ils retourneront ici. Ils viendront avec des larmes, et je les conduirai... Nations, écoutez la parole de l'Eternel, et annoncez-la aux îles, éloignées, et dites : Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le gardera comme un berger son troupeau. Car l'Eternel a délivré Jacob et l'a racheté de la main d'un plus fort que lui. Et ils viendront et exulteront avec chant de triomphe sur les hauteurs de Sion, et ils afflueront vers les biens de l'Eternel, au blé et au moût et à l'huile et au fruit du menu et du gros bétail ; et leur âme sera comme un jardin arrosé et ils ne seront plus languissants ” (Jér. 30 : 18, 20, 21 ; 31 : 8-12).

 Non seulement le grand Rédempteur, autrefois rejeté par eux, rétablira et régénérera les générations vivantes d'Israël, mais les morts aussi seront rétablis car, “ ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai monter hors de vos sépulcres, mon peuple, et Je vous ramènerai dans la terre d'Israël. Et vous saurez que je suis l'Eternel lorsque j'aurai ouvert vos sépulcres... Et je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez ; je vous placerai dans votre terre, et vous saurez que c'est moi l'Eternel qui ai parlé et qui l'ai fait, dit l'Eternel ”. (Ez. 37 : 12-14).

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Ces merveilleuses promesses ne s'accompliront pas dans un jour de vingt-quatre heures, mais pendant le jour millénaire. Elles commencèrent à se réaliser en 1878 comme résultat du Congrès international de Berlin. Aujourd'hui les Juifs jouissent dans le pays de leurs ancêtres de plus grands privilèges que pendant les siècles précédents. Ils ne sont plus considérés comme des “ chiens ” par les Turcs insolents.

 On ne sait pas en général, pensons-nous, que l'Angleterre a déjà exercé un protectorat sur la Palestine, et aussi sur toutes les provinces de la Turquie d'Asie, dont elle est l'une d'elles. L'Angleterre a, depuis longtemps, senti la nécessité de protéger la Turquie pour trois raisons : Premièrement, parce que les financiers anglais détiennent une quantité considérable des obligations et des titres de rente de la Turquie ; deuxièmement, si la Turquie devait être annexée aux nations voisines ou si elle était partagée entre elles, l'Angleterre ne retirerait que peu de choses ou rien de ce butin, et ainsi les autres nations rivales s'accroîtraient plus que l’Angleterre en puissance et en influence dans la direction des affaires européennes ; troisièmement et principalement, l'Angleterre sait très bien que le jour où le gouvernement turc serait mis à l'écart, l'influence de la Russie serait grandement accrue en Asie méridionale et dans un temps assez court absorberait l'empire des Indes duquel la reine d'Angleterre est l'impératrice, et duquel l'Angleterre tire des revenus énormes dans le commerce, etc... Telles sont les raisons pour lesquelles le parti royal ou parti Tory d'Angleterre appuyait chaudement les Turcs. Aussi lorsqu'en 1878, la Russie était sur le point d'entrer à Constantinople, l'Angleterre s'interposa et envoya une flotte de guerre dans le port de cette ville. Le résultat fut la Conférence de Berlin le 13 juin 1878, dans laquelle la personnalité la plus marquante de ce congrès était un Juif, lord Beaconsfield, Premier ministre d'Angleterre. Les affaires de la Turquie furent réglés de façon à préserver son existence nationale pour le présent, mais on désigna cependant les provinces turques qui, en cas d'un démembrement futur, reviendraient aux grandes puissances. C'est à ce moment-là que la Turquie accorda une plus grande liberté religieuse à toutes ses provinces et que, par un traité secret avec la Turquie, l'Angleterre devint la protectrice des provinces asiatiques. Voici ce que dit l'historien Justin Mc Carthy :

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“ Le gouvernement britannique entreprit de garantir à la Turquie ses possessions d'Asie contre toute invasion... L’Angleterre s'engagea formellement à défendre la Turquie contre toute attaque ou invasion et occupa Chypre afin d'avoir un avantage du terrain plus effectif à partir duquel elle pourrait mettre ses projets à exécution ”.

 On voit donc que la Palestine, comme l'une de ces provinces asiatiques, est déjà sous la protection britannique et ceci, à cause du plus grand relâchement de la part du gouvernement turc à exiger l'application de ses lois défavorables aux intérêts des Juifs. Cette ouverture providentielle de la Palestine aux Juifs fut suivie par de nouvelles persécutions dans “ le pays du septentrion ” - en Russie et en Roumanie - dans le dessein de provoquer l'émigration juive vers la Palestine. Le résultat de ce concours de circonstances est la rentrée rapide et croissante en Palestine, et spécialement à Jérusalem, de nombreux Juifs du type “ orthodoxes ”. Maintenant déjà, à Jérusalem, les Juifs l'emportent par le nombre sur toutes les autres nationalités réunies, alors que, pendant des siècles, ils n’étaient qu'une petite minorité.

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 Voici un extrait du New York Herald qui commentait, il y a quelque temps, l'acquisition par l'Angleterre, de l’île de Crète, son occupation de l'Egypte et la condition de la Turquie et de ses provinces en général :

 “ Nous vivons dans l'âge de la rapidité, et même l’histoire se forge à une plus grande vitesse. Autrefois, les guerres duraient des dizaines d'années, la civilisation avançait lentement, les communications entre nations étaient lentes, le commerce peu actif. Aujourd'hui, les inventions réalisées dans un Pays sont rapidement connues à des milliers de kilomètres au loin, et le monde entier peut en profiter en même temps. La politique en particulier révèle à l’évidence un esprit de rapidité. Autrefois, les plans des hommes d'état exigeaient des générations pour être menés à bonne fin ; maintenant, les plans les plus audacieux sont exécutés par ceux qui les ont conçus, et on change la carte d'un continent en une semaine. Les événements marchent et l'histoire se forge, rapidement. On le constate à l'évidence dans cette fameuse question d'orient si passionnante... Au milieu même du théâtre du conflit de tant d'intérêts divers, il y a la Palestine, chère aux Juifs, aux Chrétiens et aux Mahométans. L'homme d'Etat déclare que ce pays est la clef de toute la situation internationale, car il connaît les avantages matériels que ses compatriotes pourraient retirer de la possession de ce pays dont la fertilité est prodigieuse et a nourri autrefois des millions d'habitants, dont le commerce a un grand avenir. C'est lui, en effet, qui autrefois fit de ses ports maritimes des centres d'activité et de richesse et a rendu Tyr et Sidon des cités proverbiales jusqu'à ce jour. La Palestine est aussi le véritable trait d'union de l’Europe et de l’Asie ; sa situation est donc des plus privilégiée ; c'est pourquoi pour l’homme d'Etat la possession de la Palestine est, à son cœur de patriote, des plus désirable. L'historien déclare : Le premier épisode relaté de l'histoire internationale fut l'invasion de la Palestine et, depuis ce jour-là jusqu'à nos jours, la Palestine est restée un centre d'intérêt ; c'est pourquoi l’historien s'intéresse à l'avenir de la Palestine. L'homme religieux ne peut trouver les mots pour exprimer tout l'intérêt que, de son point de vue, IL prend à ce qu'il appelle la Terre Sainte : pour lui, chaque pierre est une épopée, chaque arbre un poème Le commerçant habile comprend toute l'importance commerciale de ce pays, le jour où le réseau des chemins de fer asiatiques aura été établi, ce qui arrivera dès qu'un gouvernement stable aura été installé ; car la situation géographique de la Palestine fera de cet état le point de convergence des grandes lignes de chemins de fer amenant les produits de l'Asie sur les marchés européens et américains et vice-versa. En effet, de même que le commerce de trois continents aboutissait dans ce pays au temps de Salomon, ainsi le futur commerce des mêmes continents déferlera-t-il de nouveau sur cette terre favorisée. Rien ne saurait abattre les espérances du commerçant bien que la réalisation de ce programme paraisse lointaine. Se souvenant, en effet, de la croissance rapide de Chicago ou de San-Francisco, se rappelant comment les déserts de l'ouest américain furent rapidement convertis en états populeux, il remarque simplement : “ Les événements vont vite de nos jours ” et il attend.

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 “ Cependant, au moment où les grandes puissances chrétiennes avancent une main rapace et armée pour saisir ce pays convoité et tentant, au moment où la Turquie agonisante laisse échapper son pouvoir, une figure historique s'avance au premier plan et déclare : Ce pays m'appartient ! Et lorsque les puissances, se retournent pour dévisager l'interlocuteur, ils reconnaissent le Juif - l'enfant du patriarche qui vécut en Palestine, lorsque ce pays fut envahi pour la première fois, et qui serait bien aise lui aussi d’être présent pour recevoir ce pays qui lui appartient, au moment où beaucoup s'en disputent la possession trente-six siècles [trente-neuf] après la première invasion!

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“ Quelle merveilleuse coïncidence ! Non pas, dit le Juif ; “ ce n'est pas une coïncidence, c'est là ma destinée ”. Examinons maintenant rapidement la situation du Juif dans cette question de l'avenir de la Palestine. Les nations sont nées des idées. De l'idée de l'unité germanique sortit dans les faits l'empire allemand proclamé au monde à Versailles au son du canon français répondant amen à la prière allemande pour sa prospérité. Du cri de “ Italia irredenta. ” naquit la nouvelle Italie d'aujourd'hui, dont le tonnerre ébranlera de nouveau les rives méditerranéennes. La Grèce moderne fut créée par la tradition de l'ancienne Grèce. Ainsi les chrétiens comprennent comment les aspirations longtemps chéries des Juifs pourront être réalisées. Ils admettent pleinement que la Palestine appartient avant tout au Juif qui d’ailleurs, possède toutes les aptitudes nécessaires pour développer l'avenir de cette contrée fertile. D'autre part, la possession de ce pays par lui mettrait fin aux craintes des puissances jalouses ; ce serait d'ailleurs là un acte de justice et une expiation bien justifiée par les terribles injustices commises à l'égard du Juif, le martyr de l'histoire.

 288

“ Quant aux Juifs eux-mêmes, il est bien inutile de dire combien ils désirent ardemment leur rétablissement. Chaque année, le neuvième jour de leur mois d'Ab, ils jeûnent en souvenir de la destruction de leurs temples et des calamités nationales qui s'abattirent sur eux à cette occasion. Il n'y a pas un matin et pas un soir qu'ils ne prient : “ Rassemble-nous des quatre extrémités de la terre ”, “ Rétablis notre peuple comme autrefois ”, “ Demeure au sein de Jérusalem ”. Toutes ces paroles sont exprimées dans chaque ville où il y a des Juifs, c'est-à-dire dans le monde entier. Une telle constance est absolument merveilleuse ; aujourd'hui encore les Juifs espagnole dispersés dans tous les pays (même aux Etats-Unis), répandent un peu de poussière de la Palestine ou “ tierra santa ” comme ils l'appellent, sur les yeux de leurs morts, ce qui est une marque poétique et touchante de leur amour pour le soi sacré.

 “ Quand le chemin de fer atteindra Jérusalem, le Messie viendra ”, disent-ils, faisant allusion à Es. 66 : 20, où le prophète dans sa vision assiste au retour des exilés qui rentrent au pays par tous les modes de locomotion possibles, y compris celui qu'il a désigné par le terme hébreu kirkaroth. Ce mot a été rendu parfois par animaux rapides, ce qui est trop vague, ou dromadaires, ce qui est certainement inexact. Les philologues dérivent le terme kirkaroth de kar qui veut dire fournaise et de kakar qui veut dire se mouvoir. Ils prétendent que le prophète chercha à exprimer par un mot qu’il créa ce qu'il avait vu dans sa vision, c'est-à-dire un train se mouvant avec rapidité. “ Quand Nicolas règnera, la rédemption viendra ” est une allusion à Es. 63 : 4, texte sur lequel les hébraïsants s'appuient pour interpréter le terme hébreu rashe-teboth par la sentence : Tout Juda entendra et contemplera la chute de Nicolas, empereur de Moscovie (Russie), parce que les enfants de Juda ont été opprimés. Après notre chute, notre véritable rédemption viendra et les enfants de Juda recevront bientôt la bonne nouvelle par le prophète Tischbite [Elie] ”. Toutes ces indications, ainsi que d'autres analogues, sont importantes, car elles montrent la pensée d'Israël ”.

 Nous sommes surpris parfois de voir comment des hommes du monde s'approchent de la vérité, sans la connaître, par l'expression déjà citée que le patriarche Abraham “ serait bien aise lui aussi d'être présent pour recevoir ” le pays de la promesse qui lui appartient ainsi qu'à sa postérité trente-six siècles [trente-neuf] après sa mort. Ce que certains pensent peut-être être une envolée poétique n'en est pas, car les Ecritures déclarent que ce seront des faits réels. Nous avons déjà vu (*) qu'Abraham, Isaac, Jacob, Daniel et tous les saints prophètes seront “ rendus parfaits ”, réveillés de la mort à la perfection humaine, après la glorification de l'Eglise de l'Evangile (Hébr. 11 : 40), et qu'ils seront les “ princes sur toute la terre ” (Ps. 45 : 16) ; ils seront les représentants visibles et terrestres du Christ, le Souverain spirituel, invisible. Le pays de la promesse fut donné en possession éternelle à Abraham et à sa postérité, il doit donc recevoir ce pays dans l'avenir, car, jusqu'à présent, il n'en a jamais possédé une seule parcelle (Actes. 7 : 5).

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Voici une lettre publiée dans un journal de Chicago qui nous apporte un témoignage remarquable sur les progrès graduels du rétablissement en Palestine et sur la préparation en vue de la bénédiction divine future pour ce pays et son peuple :

 Jérusalem, le 23 novembre 1887.

 “ Je suis très content de vous parler des choses glorieuses que nous avons contemplées depuis six ans que nous vivons ici. Lorsque nous arrivâmes, il y a six ans, nous étions quatorze adultes et cinq enfants. En montant de Jaffa à Jérusalem, nous fûmes profondément impressionnées par la désolation du pays. On ne pouvait voir nulle part un brin d'herbe verte. Les oliviers et les vignes étaient tellement couverts de poussière grise pendant un été chaud et sec, qu'on ne pouvait s'imaginer qu'il pût y avoir encore quelque chose de vert sous cette poussière. Toute la terre semblait desséchée dans toute sa profondeur. Depuis lors, nous ne l’avons plus vue dans cet état. Chaque année, elle apparaît plus verte, et maintenant, beaucoup de ces coteaux stériles sont couverts de vignes et d'oliviers qui en changent complètement l'aspect.

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“ Quelle est la cause de ce grand changement, demanderez-vous ? Dieu a promis que de même qu'il a apporté tout ce mal dans ce pays, ainsi il y apportera plus tard de grandes bénédictions. Ces bénédictions ont manifestement commencé en envoyant plus de pluie que pendant de nombreux siècles passés. Dieu envoie de belles averses et de lourdes rosées dans un pays qui n'en recevait pas. Il envoie des nuages en été, fait totalement inconnu il y a vingt ans. Cela tempère la chaleur qui ne dessèche pas autant le sol. Il y a cinq ans, en juillet et août (mois dans lesquels il ne pleuvait jamais) il plut pendant trois heures à Jaffa et pendant seize heures à Damas, ainsi que dans toute la contrée avoisinante. Les journaux américains commentèrent la chose et virent là la preuve d'un changement de climat en Palestine. Lorsque nous vînmes ici, il y avait très peu de Juifs qui rentraient dans ce pays, mais les persécutions de Russie, d'Allemagne et d'autres pays commencèrent à les chasser, et malgré les édits du Sultan, ils commencèrent à rentrer en Palestine. Ils achetèrent du terrain, plantèrent, construisirent et accaparèrent le commerce de la ville ; c'est pourquoi, aujourd'hui, il y a des milliers de Juifs de plus qu'à notre arrivée.

 “ Aujourd'hui, Jérusalem est entre les mains des Juifs au point de vue commercial. Le Juif n'est plus foulé aux pieds par le Musulman comme autrefois. Aujourd'hui, ils bâtissent rapidement une nouvelle ville, conformément à la description contenue dans Jér. 31 : 38-40 ; 32 : 43-44. Même les Turcs qui sont encore au pouvoir remarquent ces choses et ils se disent les uns aux autres : “ C'est Dieu ; Que pouvons-nous faire ? ” Nous-mêmes, que pouvons-nous dire de tout cela, sinon que Dieu accomplit rapidement sa parole de nos jours, ainsi que l'alliance qu'Il fit avec Abraham. Nous sommes témoins de toutes ces choses ”.

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Ainsi, malgré l'oppression et la tyrannie qui ont écrasé les Juifs dans la poussière même, nous trouvons que beaucoup d'entre eux, pendant ces dernières années, se sont enrichis et élevés aux honneurs bien au-dessus de leurs voisins, les Gentils. Disposant dès lors de tels moyens et de telles influences, ils ont pu fréquemment les mettre au service de la race juive pour la relever ; des efforts sages et bien dirigés ont accompli de grandes choses dans ce domaine. L'attention des hommes réfléchis, tant parmi les Juifs que parmi les Gentils, se porte sur ce tournant dans les affaires du peuple juif.

 Il est certain, d'après les principaux journaux juifs, et d'après les divers mouvements actuellement en cours pour la colonisation de la Palestine, et pour le progrès des choses déjà réalisées, que des milliers d'entre eux tournent des yeux avides vers le pays de la promesse. C'est depuis 1878 que ce renouveau a pris naissance dans les affaires juives. La tournure des événements, depuis ce moment-là, a provoqué, et provoque encore un réveil remarquable sur cette question ; ce fait en lui-même est un signe des temps important. Voici, par exemple, un extrait du journal Jewish World (Le Monde Juif), du 20 août 1886) :

 “ Il y a des éclaircies dans les nuages qui ont assombri si longtemps la Terre Sainte. L'avenir de cette contrée malheureuse, si longtemps enveloppé de ténèbres impénétrables, commence à luire faiblement et les rayons lumineux d'un état de choses meilleur sont nettement visibles à chacun. Il existe deux institutions qui doivent jouer un rôle essentiel dans l'amélioration des conditions des Juifs de la Palestine : ce sont l'Ecole d'Agriculture de Jaffa et l'Institut Lionel de Rothschild, près de Jérusalem. Nous pourrions encore citer une troisième institution utile, le Fonds Testimonial de Montefiore, qui par son assistance apportée à des sociétés de construction d'immeubles et par son édification d'habitations à bon marché, a fait beaucoup pour encourager l'économie et pour réduire considérablement les misères et les difficultés de la vie domestique dans la Cité Sainte... Nous sommes heureux de constater aujourd'hui que les perspectives des Juifs en Palestine ne sont plus désormais attristantes. D'un côté, il y a des forces considérables à l’œuvre, qui cherchent à améliorer les conditions de nos frères selon un plan très sage et ingénieusement organisé, maintenant mis à exécution avec persévérance ; d'un autre côté, les habitants de ce pays sont fatigués de leur misère et de leur inactivité et manifestent un désir croissant de tirer parti de tous les efforts accomplis pour leur venir en aide. Un tel état de choses aura des conséquences heureuses et tout Juif en éprouvera du plaisir ”.

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Dans un autre numéro du même journal, l'éditorial, portant sur “ L’Avenir de la Palestine ”, se terminait ainsi :

 “ La dernière arrivée en Palestine d'éléments cultivateurs et ruraux, implantés dans les colonies organisées grâce aux fonds Montefiore, Hirsch et Rothschild, permettra d'obtenir une main-d’œuvre bien disposée pour travailler à la transformation du pays, afin que, selon la promesse, le désert fleurisse comme la rose, des mains actives et des cœurs bien disposés qui devront faire sortir la Terre Sainte de sa longue nuit de mort et rendre à la vie et à la lumière la demeure nationale des Juifs ”.

 Un autre journal, The Jewieh Messenger (Le Messager Juif) s'exprime comme suit :

 “ Tandis que les hommes sont absorbés par leurs petites difficultés, alternativement poussés par des espérances et par des craintes, la grande et majestueuse marche des événements humains progresse irrésistiblement jusqu'à l'achèvement complet, dans l'accomplissement d'une loi inexorable qui contrôle toutes les actions humaines. Ici et là, les hommes élèvent leurs faibles voix pour tenter d'arrêter cette marée de progrès et s'opposer au décret de l'Eternel. Ils pourraient tout aussi bien essayer de s'opposer aux lois qui gouvernent l'univers. Les races ont une destinée fixée d'avance, qu'elles doivent suivre comme les étoiles qui scintillent dans la voûte des cieux, et la race d'Israël est parmi elles la brillante étoile fixe. Dans toutes ses pérégrinations, elle est restée fidèle à sa course. Sa mission a été prévue et annoncée. Son rétablissement final dans la Terre Sainte a été prophétisé. Cette prophétie est en train de s'accomplir, les signes des temps l'indiquent son accomplissement se fait d'une manière si calme et si graduelle, que seuls ceux qui ont prêté attention à la chose, comprennent l'importance de l’œuvre accomplie.

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 “ Pour la race juive, la Palestine est une nécessité politique. La fondation d'une nation dans la Terre Sainte signifie une fois de plus l'exaltation de tout Israël ; il redevient une nation parmi les nations de la terre. Le Juif obtient de nouveau, par sa nation reconstituée, ce pouvoir politique et ce droit souverain qui lui assurent la protection. Il redevient un citoyen de son pays, ce qui lui donne un passeport parmi toutes les nations de la terre... Ces idées peuvent paraître impraticables à l'homme absorbé dans ses livres, dans son cabinet de travail ; au marchand dans son magasin occupé à calculer ses profits et ses pertes ; à l'homme occupé de ses plaisirs sociaux ; mais elles sont aussi claires que le soleil en plein midi à celui qui étudie l'horoscope politique.

 “ Lorsque leur autonomie politique sera un fait accompli, les Juifs dispersés dans le monde entier ne se rendront pas en foule en Palestine ; il y en a 300.000 en Asie, 400.000 en Afrique et 5.000.000 en Europe. C’est de ces derniers que la Palestine tirera la sève vitale de son rétablissement. Le Juif né en Amérique restera très probablement un Américain, et si jamais il se rend en Terre Sainte, ce sera, pour son plaisir, pour voyager en touriste et contempler un pays si célèbre, principal berceau de sa race héroïque.

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 “ Géographiquement parlant, la Palestine peut paraître trop petite pour exercer une grande influence parmi les nations de la terre. A cela nous répondons qu'autrefois la Grèce était une puissance, et qu'aujourd'hui la petite île de la Grande-bretagne est une puissance. Au point de vue géographique, que sont-elles ? C’est la puissance intellectuelle et morale, ainsi que l'orgueil national qui font la grandeur d'une nation et non l'étendue de son territoire. C'est la puissance intellectuelle et morale qui feront le prestige d'Israël parmi les nations ”.

 Le journal Jéwish Chronicle (La Chronique Juive) s'exprime comme suit :

 “ Le mouvement est irrésistible. Nous ne saurions rester les bras croisés devant ce nouvel exode. Pendant près de deux mille ans, nous, les Juifs, avons cru que la consommation des âges de souffrance serait atteinte le jour où nous serions de nouveau en possession du pays de nos pères. Est-ce que cette espérance va s'éteindre au moment même où elle semble devoir s'accomplir ? Ou, pensons-nous que le retour sera réalisé par des moyens mystérieux sans la collaboration d'êtres humains ? Dieu accomplit sa volonté par la volonté des hommes ; et si l'accomplissement des prophéties doit avoir lieu, ce sera par des volontés et des énergies humaines. Ces considérations peuvent paraître trop élevées pour avoir une relation quelconque avec un plan d'exécution pratique en vue de la colonisation juive en Palestine. Mais c'est par de petits commencements comme ceux-ci que de grands événements se sont souvent produits. Le retour d'un petit groupe de Juifs en Terre Sainte ne saurait manquer de démontrer la possibilité et la réalisation pratique d'un retour plus massif pleinement justifié par toute l'histoire et les aspirations juives concentrées sur cet objet ”.

 Outre les Juifs, d'autres personnalités éminentes dans le monde voient la future élévation d'Israël et ils en parlent ; voici par exemple comment s'exprime le journal The Central Presbyterian :

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“ Au lieu de mourir, le peuple juif fait preuve d'une vitalité croissante. Les Juifs ne peuvent être écrasés, ni absorbés. Ils vont de pays en pays et, partout où ils vont, ils y deviennent pratiquement les maîtres. Ils accaparent la terre en Allemagne et en Hongrie ; ils deviennent riches en Russie, ils sont les plus grands banquiers de Londres et de Paris, ils centralisent entre leurs mains le commerce européen. Dans les dix années récentes, les Rothschild ont prêté 100.000.000 de livres sterling [au cours de l'époque -Trad.] à l'Angleterre, à l'Autriche, à la Prusse, à la France, à la Russie et au Brésil ”.

 Voici ce que disait récemment un Anglais, lord Shaftesbury :

 “ On est très jaloux des Juifs, de ce peuple étonnant qui, aujourd'hui, vient au premier plan. Un signe indiscutable des temps, c'est que partout où il y a des Juifs, ou bien ils sont les plus persécutés des hommes ou bien les personnalités les plus éminentes dans les diverses branches de l'activité humaine ! On demandait à une haute personnalité de Berlin :“ Pourquoi, à Berlin et dans toute l'Allemagne, y a-t-il un mouvement antisémite aussi accentué ? “ Elle répondit : “ Je vais vous le dire : dans le commerce, les Juifs sont les premiers marchands ; dans la finance, ils sont les premiers banquiers ; dans le corps des juristes, ils sont les premiers avocats et dans tous les divers genres littéraires, ils sont plus forts que nous tous ; quelle que soit la carrière qu'ils entreprennent, ils supplantent les gentils et je puis vous assurer, Monsieur, que nous ne voulons pas supporter un tel état de choses ”. “ Les persécutions contre les Juifs en Russie et en Pologne ne sont nullement causées par la question de religion ou de nationalité. Les Russes persécuteraient tous ceux qui occuperaient une situation analogue à celle des Juifs ; ces derniers possèdent, en effet, des hypothèques considérables sur une grande partie des terres de la Russie ; ils sont les créanciers d'une grande partie des paysans russes et même des négociants de ce pays. C'est pourquoi, en toute occasion, le peuple russe maltraite les Juifs et les dépouille. En mettant à mort les Juifs et en détruisant leurs titres, les Russes se débarrassent ainsi de documents par lesquels ils sont liés et qui les enchaînent devant la loi. Aussi longtemps que les Juifs mettront la main sur les terres des Russes, on peut être sûr que ces derniers se soulèveront contre les Juifs ”.

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 Voici un extrait d'une lettre d'un journal anglais signée par Charles Reade, le romancier bien connu dans les cercles littéraires, qui se convertit à Christ et aux doctrines de la Bible il y a quelques années :

 “ La nation juive, aujourd'hui si déshéritée, rentrera finalement en possession de son ancien territoire qui, visiblement, semble avoir été tenu en réserve pour elle. Les prophéties démontrent clairement deux choses : d'abord que les Juifs doivent posséder de nouveau la Palestine et régner du Liban à l'Euphrate, et ensuite, que cet événement sera le début d'une série de grands changements qui amèneront de grandes améliorations dans les conditions d'existence de la pauvre humanité souffrante et de toute la création même. Aujourd'hui, nous avons la perspective prochaine d'un glorieux événement, cela est aussi certain que le lever du soleil demain. La seule différence est que le soleil ne lèvera à une heure déterminée, tandis que les Juifs occuperont la Syrie et retrouveront leur ancienne gloire nationale à une date indéterminée. Le faible des humains est de croire qu’une date indéterminée est forcément lointaine, ce qui est peu raisonnable. L'homme sage et prudent doit veiller et reconnaître les indices précurseurs de ces événements et y apporter son humble collaboration si ce grand privilège lui est offert.

 “ Cette persécution soudaine des Juifs dans la nation même où ils sont les plus nombreux n'est-elle pas un indice et un avertissement de la Providence qui rappelle aux Juifs que leur patrie véritable n'est pas la Tartarie d'Europe (Russie) ? Aujourd'hui, c'est de la Russie seulement que la Palestine peut être effectivement colonisée ; car, dans ce pays, il y a trois millions de Juifs qui tremblent pour leur vie et pour leurs biens ; quand ceux-là auront commencé le mouvement, les autres suivront. L'histoire est un miroir derrière nous. Elle nous apprend que tout ce que les Juifs ont fait, ils peuvent le faire ; ils possèdent du génie, et le génie n'est pas limité par la nature, mais bien par la volonté, par l'habitude ou par l'accident. Ces gens ont-ils jamais échoué dans leurs entreprises ? Leurs hommes de guerre, leurs écrivains, leurs constructeurs, leurs marchands, leurs législateurs, leurs agriculteurs ont toujours été les premiers en toutes choses ! Dans ce domaine, l'histoire se répète.

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 “ Ils occuperont le premier rang dans les arts de la paix et de la guerre, et leurs ennemis fondront devant eux comme la neige d'un fossé. Si au début, ils ont besoin du secours d'une autre nation, bénie sait celle qui leur offrira l’aide nécessaire ; par contre, la nation qui les persécutera recevra un châtiment exemplaire d'une manière ou d'une autre. Si donc les dernières persécutions décident les conducteurs des Juifs de Russie à venir coloniser la Palestine, offrons leur gratuitement des bateaux, des marins, de l'argent et tout ce qui sera demandé ; ce placement sera infiniment meilleur que, les obligations ou titres de rente d'Egypte, du Brésil ou du Pérou ”.

 Un proverbe juif, de date récente, déclare : “ Lorsque le chemin de fer atteint Jérusalem, le Messie vient ” ; ce dicton est en parfaite harmonie avec la représentation symbolique du chemin de fer décrite par les prophètes Nahum et Esaïe (Nah. 2 : 3-5 ; Es. 66 : 20). Le proverbe n'a certainement pas manqué son but de beaucoup, car le chemin de fer atteindra Jérusalem “ au jour de sa préparation ”, au temps de la présence du Messie. Or, voici ce que publiait récemment un journal quotidien :

 “ Galilée avait raison : le monde se meut. On doit construire un chemin de fer, sur une distance de 31 miles [50 km. environ - Trad.] de Jérusalem à Jaffa, l'ancien port de la capitale juive sur la Méditerranée et le lieu où l'on débarquait les cèdres qui servirent à la construction du temple. Un Juif de Jérusalem, nommé Joseph Nabon, sujet turc, a obtenu du Sultan une concession dans ce but. Cette concession a une durée de 71 ans. Le coût de cette ligne est estimé à 250.000 dollars [au cours d'alors Trad.]. La civilisation pénètre donc en Palestine. Le dix-neuvième siècle paraîtra dans ce pays lorsque la première locomotive lancera des jets de fumée à Jérusalem ”.

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Voici une lettre d'un correspondant de la Pittsburgh Dispatch (La Dépêche de Pittsburgh) qui nous confirme les progrès actuels réalisés en Palestine et à Jérusalem :

 Jérusalem, le 12 juillet 1889.

 “ A Jérusalem, sur quarante mille habitants, trente mille sont des Juifs. Le gouvernement turc qui, pendant si longtemps, les empêcha de séjourner plus de trois semaines à la fois en Terre Sainte, a levé cette interdiction, et maintenant les Juifs viennent par centaines. Ils se livrent au commerce et ont accaparé presque tout celui de Jérusalem Certains d'entre eux croient que le jour où, selon la Bible, ils doivent habiter de nouveau leur pays est très prochain. Une curieuse tribu du sud de l'Arabie prétend avoir reçu une révélation l'engageant à quitter son pays désert pour rentrer en Palestine. Ces Juifs vivaient en Arabie, dans le Yémen depuis 2.500 ans; ils appartiennent à la tribu de Gad et ils quittèrent la Palestine 700 ans avant la naissance de Christ. Ils ont apporté avec eux beaucoup de documents de valeur démontrant leur origine. Ils sont maintenant engagés dans des occupations agricoles près de Jérusalem. Les persécutions subies par les Juifs en Russie et en Autriche en font rentrer beaucoup en Palestine, ainsi que nombre de Juifs polonais et espagnols. Les Juifs peuvent maintenant rester plus longtemps en Palestine ; on ne les empêche pour ainsi dire plus du tout de résider à Jérusalem. Il y a cinquante ans, il y avait seulement 32 familles juives dans cette ville et 3.000 Juifs au total dans toute la Palestine. Maintenant ils sont près de 50.000 en Terre Sainte et les trois-quarts de la population de Jérusalem sont des Juifs.

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“ C'est un peuple curieux ; ces gens ne ressemblent pas aux autres Juifs de la terre, ils se rapprochent davantage de l'ancien type juif ; le grand nombre de ceux qui ont été amenés ici par les persécutions sont presque entièrement entretenus par les diverses églises juives du monde entier.

 “ Une des plus grandes curiosités de Jérusalem est le mur des lamentations, à l'extérieur de la mosquée d'Omar, sur l'emplacement du temple de Salomon; tous les vendredis, certaines sectes judaïques s'y rendent et, la tête appuyée contre la muraille, ces gens se lamentent sur la ruine de Jérusalem et prient Dieu de rendre le pays à son peuple élu. Cette coutume existe depuis le moyen-âge et c'est un spectacle des plus émouvants. Je l'ai visité la semaine dernière : on voit une étroite allée entourée de demeures misérables, recouverte de dalles de pierres usées parle frottement des pieds nus de milliers de Juifs ; cette allée longe le pied d'une ancienne muraille faite de grands blocs de marbre. Ce mur a une hauteur d'environ 15 mètres. Une longue file d'hommes en robes longues et de femmes à la tête recouverte d'un châle, sont inclinés, prient et pleurent. Beaucoup sont des hommes à barbe blanche et ils portent de longs cheveux blancs bouclés. Il y a aussi des jeunes gens ; il est difficile de ne pas être surpris en voyant le visage de ces gens, parfois convulsé d'émotion, Chacun d'eux a une Bible hébraïque usagée à la main. De temps à autre, tous ensemble entonnent une sorte de chant que dirige un vieillard à cheveux blancs ; ce dernier chante seul, puis les autres répondent par un refrain. En voici les paroles :

Le vieillard.- Pour le palais en ruines –

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

Le vieillard. - Pour les murailles détruites –

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

Le vieillard. - Pour notre majesté disparue -

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

Le vieillard. - Pour nos grands hommes morts -

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

Le vieillard. - Pour nos sacrificateurs qui ont trébuché

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

Le vieillard. - Pour nos rois qui l'ont méprisé –

Réponse - Nous sommes dans la solitude et le deuil.

300

 “ On ne peut se rendre compte de l'effet produit par ce chant si on ne l'a pas entendu. Les vieillards et les femmes en larmes baisent les pierres de la muraille qui les sépare de l'emplacement où se trouvait autrefois le temple de Salomon, et qui aujourd'hui encore est, pour les Juifs, la partie la plus sainte de la terre. Les sentiments sincères et profonds exprimés par tous ces gens, la foi dont ils font preuve en venant dans cet endroit, semaine après semaine, année après année, toutes ces choses sont impressionnantes au suprême degré. C'est vraiment l'un des étranges spectacles de la plus étrange des villes.

 “ Il y a huit colonies agricoles dans les différentes parties de la Palestine. Une de ces écoles d'agriculture, près de Jaffa, a plus de 700 élèves, et le domaine d'une étendue de 11.200 hectares environ est situé dans les plaines du Saron où vécurent les Philistins ; il renferme maintenant des milliers de plants de vignes et d'oliviers. Les Turcs n'aiment pas vendre les terres aux Juifs, mais ces derniers sont aussi bons fermiers qu'hommes d'affaires ; un simple coup d’œil sur l'état actuel des coteaux qui entourent Jérusalem montre que la Terre Sainte est beaucoup mieux cultivée par les Juifs que par les Musulmans. Une grande partie du terrain avoisinant Jérusalem appartient maintenant à des Juifs ou à leurs institutions philanthropiques. M. Béhar, le directeur des écoles Rothschild me déclara que, dernièrement, leur institution avait acheté l'Hôtel de Jérusalem pour l'annexer à leur école. Sir Moïse de Montefiore, qui administrait les fonds laissés par un riche israélite de la Nouvelle-Orléans, a bâti un grand nombre de maisons, bien conditionnées pour des Juifs, le long de la route, entre Bethléem. et Jérusalem, ainsi qu'un certain nombre d'hôpitaux juifs.

301

 “ Au nombre de ceux qui croient fermement que les Juifs posséderont bientôt la Palestine de nouveau, il y a une colonie comprenant une quinzaine de personnes qui vivent dans une maison très confortable, sur les murailles mêmes de Jérusalem, et qui sont connues sous l'expression “ les Américains ”. Ces gens ne sont pas des Juifs ; ce sont des Chrétiens venus de différentes parties des Etats-Unis et spécialement de Chicago pour attendre l'accomplissement de la prophétie annonçant que Dieu commencerait la régénération du monde à Jérusalem. [Ces personnes ne comprennent pas qu'auparavant l'élection de l'Eglise doit être achevée].

 “ Il est certain que de très grandes améliorations se réalisent à Jérusalem ; la plupart des rues sont maintenant bien pavées et les conditions sanitaires de la ville ont été grandement améliorées. La ville, qui s'étend au dehors des murailles, est bientôt aussi considérable que la ville intérieure proprement dite, et l'on me dit que le terrain a prodigieusement augmenté de valeur ainsi que tous les immeubles. J'apprends que le long de la route de Jaffa, en dehors de la porte de la ville, les propriétés foncières ont triplé, quadruplé ou décuplé de valeur dans l'espace d'une seule année. Un morceau de terrain appartenant à une institution charitable fut acheté quelque temps auparavant pour 500 dollars [de cette époque - Trad.]. Il vaut maintenant 8.000 dollars et ne serait pas cédé pour ce prix. Une ligne télégraphique relie maintenant la ville au littoral ; une compagnie de chemin de fer a été fondée pour construire une ligne de Jaffa à Jérusalem. Pour la première fois dans son histoire, Jérusalem a une véritable police organisée qui assure un service aussi effectif que celui de New-York. ”

 Voici encore, extrait du journal The Hebrew Christian (Le Chrétien Hébreu) de juillet 1889, le récit d'un Juif américain qui a visité le mur des lamentations à Jérusalem :

302

 “ J'avais passé plusieurs jours à visiter des Juifs avec mon ami, un vieux rabbin de Kovno (Russie), lorsque ce dernier me demanda si je voulais l'accompagner au mur des lamentations pour pleurer la désolation de Jérusalem et prier pour obtenir le retour d'Israël à sa gloire d'antan. “ J'irai avec vous ”, lui dis-je, “ et je prierai Dieu de tout mon cœur pour qu'il hâte le jour où Juda reviendra à l'Eternel ”. C'était un vendredi après-midi, à l'heure où de nombreux Juifs se réunissent pour prier devant la muraille de l'ancien temple et je me joignis à eux C'était en vérité un spectacle mémorable. Il y avait des Juifs de toutes nations, dans leurs costumes orientaux particuliers, quelques-uns même avec leur Talith (vêtements de prière), Ils lurent le Psaume 22 à très haute voix. Des femmes criaient ardemment et du fond du cœur, s'adressant à Dieu et disant: Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-tu, abandonné, te tenant loin de mon salut, des paroles de mon rugissement ? ô mon Dieu, je crie le jour mais tu ne l'entends point, et de nuit, et il n'y a point de repos pour moi ”. Les hommes pleuraient aussi et répétaient des psaumes, des litanies et des prières. La plupart d'entre eux pressaient leurs lèvres contre les pierres de la muraille et les baisaient. En entendant leurs prières émouvantes, je me souvins de ce que les rabbins disaient dans le Talmud : “ Depuis la destruction du temple, les portes de la prière ont été fermées et seules les portes des pleurs sont ouvertes ”. Le rabbin répétait d'une voix triste :

 “ Pour le palais en ruines... etc.

 “ C'est dans les demeures des Juifs pieux que l’on entend les complaintes les plus touchantes sur Jérusalem. A minuit, ils s'enveloppent dans leurs vêtements de prières, ils répandent des cendres sur leur tête et s'agenouillent sur le sol. Alors ils répètent mélancoliquement les paroles suivantes :

 “ Un cri de malédiction retentit du haut de la tour antique de Rama, une voix de lamentation retentit du haut de la colline sainte de Sion; hélas ! - je me souviens toujours de mon diadème, de ma dot de reine et des honneurs de ma jeunesse. Combien sombre est la demeure solitaire pour moi qui autrefois étais assise sur un trône de splendeur ”.

 303

“ J'étais appelée la plus belle fiancée de Jéhovah ; mais aujourd'hui je suis opprimée, désertée et désolée ; je dois subir la colère et la vengeance de Dieu ; ma joie s'est envolée, mon cœur est désolé. Venez et pleurez â mes côtés, vous mes filles, car personne ne s'approche de moi pour consoler mes chagrins ”.

 “ Je suis déchue d’une situation sans égale, je suis victime de mon orgueil et de ma vanité volontaire; mon cœur agité bat violemment d'une misère sans espoir. Juda se lamente dans ses pénitences pleines de larmes je suis une veuve en deuil dans la captivité”.

 “ J'étais une reine brillante dans Solyma, j'étais un nuage d'or, la montagne de Dieu: mais maintenant dépouillée par les infidèles, je pense qu'aucun pèlerin plus pauvre que moi ne s'achemine dans le désert. Tous mes petits enfants ont été arrachés de mon sein, les plus âgés ont été tués, le sol a été trempé de leur sang”.

 “ Personne dans son cœur ne prendra-t-il pitié, de ma misère ? Personne n'essuiera-t-il les pleurs qui coulent de mes yeux ? Personne n'adoucira-t-il la douleur aiguë qui me transperce l'âme ? Personne ne dira-t-il que les païens n'osent plus appeler Dieu mon Epoux ? Oh ! quels traits empoisonnés ! Quelles cruelles moqueries je dois supporter ”.

 “ Père des miséricordes, viens, rentre avec grâce dans la demeure de Sion de nouveau magnifique. Que les yeux d'Israël contemplent ta demeure restaurée ; écoute ensuite le chœur des alléluias et les cantiques d'actions de grâces d'une race rachetée, souhaitant la bienvenue aux murailles de ce temple éternel qui s'élève de nouveau.

 “ Après cela, plusieurs psaumes sont lus et l'on prie. En se relevant, tous s'écrient : “ Secoue ta poussière, lève-toi, mets-toi sur ton séant, ô Jérusalem ! Détache les liens de ton cou, ô captive, fille de Sion ”.

 “ A cette occasion, ils offrent une prière remarquable en rapport, sans doute, avec Esaïe 7 : 14 :

 “ Seigneur, dans ta miséricorde, exauce la prière de ton peuple, accorde à Israël dans le deuil ses désirs. O bouclier d'Abraham ! - Envoie-nous notre Rédempteur et appelle son nom glorieux, Emmanuel ”.

 304

Plus tard, lorsque d'autres persécutions auront chassé un plus grand nombre de Juifs plus pauvres vers la Palestine, lorsque la civilisation moderne y sera encore plus avancée, les classes plus riches de Juifs y seront attirées ; ce sera alors pour des motifs essentiellement égoïstes, lorsqu'au temps de grande détresse générale les richesses ne seront plus en sécurité dans d'autres pays. Alors, la Palestine, éloignée du socialisme et de l'anarchisme, apparaîtra comme un port de refuge aux Juifs fortunés. Mais à la vitesse actuelle du progrès dans ces différents domaines, les prochaines quinze années seront témoins de beaucoup de choses en Palestine.

 L’AVEUGLEMENT DISPARAÎT

 Nous verrons bientôt s'accomplir une autre partie de la prophétie relative à Israël selon la chair. L'apôtre Paul avait dit : “ Un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée ”, c'est-à-dire jusqu'à ce que le nombre complet des élus, choisis d'entre les Gentils, qui, ensemble avec le reste d'Israël, constitueront la phase spirituelle du Royaume, soit arrivé à cette faveur suprême dont Israël fut éliminé en tant que nation et sur les avantages de laquelle en tant que nation, il a continué à être aveuglé. Dans le sens complet du terme, par conséquent, l'aveuglement d'Israël charnel, parfois appelé Jacob, ne pourra pas cesser avant que la sélection d'Israël spirituel ait été achevée. Paul nous dit expressément (Rom. 11 : 26) que le salut d'Israël charnel, la délivrance de son aveuglement et de ses préjugés, viendra de (la Montagne de) Sion, l'Eglise glorifiée ou le Royaume. Mais comme le Royaume de Sion commença, dans une certaine mesure, en 1878, lorsque notre Roi prit possession de son grand pouvoir pour régner, bien que les membres formant la classe des “ pieds ” ne fussent pas encore entièrement développés et glorifiés, ainsi la faveur de Dieu envers “ Jacob ” manifestée par Sion commença là, mais n'atteindra pas son développement complet avant que les membres “ pieds ” du corps de Christ soient également glorifiés. De même que 1881 fut la date parallèle à celle où la lumière de l'Evangile se tourna de Jacob vers les Gentils, ainsi elle marque également le début du retour de la lumière spéciale aux Juifs depuis longtemps aveuglés. Conforme à son modèle juif, aujourd'hui l'Eglise chrétienne nominale trébuche dans son aveuglement tandis que seul un petit reste de chrétiens sont bénis. Combien sont actuelles les paroles de l'apôtre : “ Ne t'enorgueillis pas, mais crains car si Dieu n'épargna pas les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus... ” (v. 21- S.).

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Mais Israël en général reconnaîtra sans doute le véritable Messie et son Royaume par le ministère des patriarches et des prophètes rétablis, dont le rétablissement parfait sera le premier travail du Christ après que tout le “ corps ” aura été glorifié. Cependant l'aveuglement d'Israël commencera à disparaître avant cela. Déjà un grand mouvement a commencé vers Christ, au sein des Juifs russes en particulier.

 Si nous examinons ce qui se passe sous cet angle, les signes des temps sont très avancés et même surprenants. Il y a un remarquable mouvement religieux parmi les Juifs de la Russie méridionale qui, par milliers, reconnaissent Jésus-Christ comme le Messie depuis longtemps promis ; ils reconnaissent aussi leur péché national commis en le rejetant et en le crucifiant. Ce mouvement ne provient en aucune manière de l'activité missionnaire chrétienne ; il est indépendant et a jailli spontanément du milieu même des Juifs. Le chef de ce mouvement est un Juif, M. Joseph Rabinowitch, autrefois négociant, plus tard avocat, et jouissant d'une haute réputation parmi ses coreligionnaires. M. Rabinowitch n'était pas un rabbin juif, et ni lui ni aucune des autres personnes éminentes associées avec lui n'étaient des ecclésiastiques d'une secte ou confession de foi quelconque. Relativement à ce mouvement, nous citerons ce qui suit tiré d'un article du Harper's Weekly (Hebdomadaire du Harpiste) et d'autres rapports :

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“ Ce mouvement s'est développé avec une telle extension que l'on peut avec certitude déclarer qu'il ne s'agit pas là d'une simple expérience dont les conditions d'existence sont problématiques. On a constaté sa vitalité remarquable ; sa croissance a été constante et saine, d'un caractère positif, sans aucune hâte irraisonnée, sans exaltation dangereuse. Les autorités russes l'ont reconnu comme une religio licita (religion autorisée). Il a donc maintenant une existence et des droits légaux. Son caractère le marque comme l'un des phénomènes des plus uniques dans le kaléidoscope bigarré des intérêts nationaux, sociaux et religieux qui divisent les cœurs et les esprits des cent seize millions de sujets du Czar.

 “ La foi de cette nouvelle communauté est d'une forme particulière en ce sens que ses membres ne veulent s'associer à aucune confession chrétienne existante. Leur but bien déterminé est d'ignorer le développement des doctrines depuis le temps des apôtres jusqu'à nos jours et de tirer leurs enseignements directement à la source du Nouveau Testament, sans s'inquiéter autrement des formules et des doctrines des églises orthodoxes de notre époque. Ils prétendent que leur organisation s'inspire de celle des assemblées judéo-chrétiennes du temps des apôtres.

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“ M. Rabinowitch est énergique et son ambition est d'améliorer et de faire progresser son peuple dans le domaine politique, social et moral. Il y a quelques années, cet homme se fit connaître comme l'ami zélé de diverses réformes au sein des Juifs orientaux. Possédant une instruction et un esprit d'initiative bien supérieurs à ceux de ses frères, il chercha le moyen et les instruments nécessaires pour réaliser son idéal et ses desseins. Il fit tous ses, efforts pour faire obtenir de meilleurs droits politiques aux Juifs, mais il ne put les protéger contre les persécutions cruelles qui s'abattirent sur les pauvres Israélites en Russie, en Roumanie et dans les pays voisins. Il étudia les conceptions philosophiques de l'Europe occidentale, espérant par elles élever le niveau moral de son peuple, lui donner un idéal et un but plus nobles. Cependant, il ne tarda pas à comprendre que l'efficacité de ces moyens était plus que douteuse dans leur application à un peuple que des siècles de persécution et d'ultra-conservatisme avaient endurci sur les principes se présentant comme si différents de leurs idées traditionnelles. Il s'efforça encore de détourner les Juifs de leur rapacité pour le gain laquelle, avec leur formalisme religieux, dirige et dégrade le cœur et la mentalité du Juif oriental. Mais ses efforts pour fonder des colonies agricoles pour les Juifs, soit en Russie, soit dans la Terre Sainte, furent stériles. Pendant son séjour en Palestine, M. Rabinowitch étudia d'une manière absolument indépendante) le Nouveau Testament, en le mettant en parallèle avec l'Ancien Testament, et il arriva à la conviction qu'Israël avait commis une erreur nationale, qu'il avait été infidèle à sa mission historique, en rejetant Jésus-Christ.

 “ Cette conviction que la personnalité de Christ est l'accomplissement des anciennes prophéties et la réalisation des aspirations et des ambitions nationales d'Israël constitue la base essentielle sur laquelle repose ce mouvement tout entier. Les principes enseignés par l'humble Nazaréen sont reconnus comme les seuls qui puissent permettre à ce peuple de réaliser ses destinées et d'arriver au but pour lequel il avait été mis à part comme peuple choisi. Ils sont persuadés qu’il y eut une véritable rupture dans le développement normal et historique d'Israël lorsqu'il y a dix-neuf siècles, ce peuple refusa d'accepter les doctrines et les principes qui, pour tous les chrétiens et aussi pour M. Rabinowitch et ses adeptes, sont l'aboutissement légitime et véritable du développement historique antérieur du peuple juif. C'est pour réparer cette brèche d'Israël que le réformateur de Kischinew veut poser une nouvelle base, celle qui fut rejet